UNIVERSITE ABDELMALEK ESSAADI
FACULTE DES SCIENCES DE TETOUAN
DEPARTEMENT DE PHYSIQUE
Parcours: PC (S1)
Cours de Mécanique du Point Matériel
Chapitre 1
Compléments mathématiques
Prof. Bousselham SAMOUDI
1
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Introduction:
Parmi les outils mathématiques qu’utilise le physicien, le
calcul vectoriel est un instrument fondamental. En effet,
pratiquement dans tous les principaux domaines de la
physique, les phénomènes étudiés sont représentés par des
vecteurs (champ gravitationnel 𝑔, champ électrique 𝐸,
champ magnétique 𝐵, . . )
Il en est ainsi, par exemple, en Mécanique, où les vitesses,
les accélérations, les forces, etc., font appel au formalisme
vectoriel.
2
Objectifs :
Connaître et utiliser les opérations sur les vecteurs.
Savoir dériver un vecteur ”quelconque” par rapport à un
repère de référence donné.
Savoir résoudre une équation différentielle de seconde
ordre
Savoir utiliser les opérateurs différentiels
La maitrise de ces techniques est nécessaire au
développement des calculs lors de l’étude du mouvement
d’un point matériel.
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1. Notions sur le calcul vectoriel
1.1 Définition d’un vecteur :
On appelle vecteur tout être physique se caractérisant
par une origine, une direction, un sens et un module.
● 𝐴 : son point d’application, c’est l’origine du vecteur,
● 𝐴𝐵 : le module du vecteur (distance entre A et B )
● la droite Δ : la direction du vecteur,
● 𝐴 (point origine) vers 𝐵 (point extrémité): le sens du vecteur.
Remarque:
Soient 𝑢 un vecteur quelconque et λ un réel, alors 𝜆𝑢
= 𝜆 𝑢 4
1.2 Vecteur unitaire:
● On appelle qu’un vecteur est un vecteur unitaire 𝑢 si son
module est égal à 1 : 𝑢 = 1.
● Etant donné un vecteur quelconque 𝑈 non nul, on obtient un
𝑈
vecteur unitaire en le divisant par sa norme, soit: 𝑢 =
𝑈
● Pour un vecteur non nul 𝑈 on a: 𝑈 = 𝑈 . 𝑢 avec : 𝑢 =1
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1.3 Types de vecteur :
On distingue trois types de vecteurs :
● Vecteur lié: Un vecteur lié est un vecteur dont le
support et le point d’application sont fixes. Ce vecteur
n’a qu’une représentation possible (exemples : vecteur
vitesse, forces appliquées a un point matériel).
● Vecteur glissant : Un vecteur glissant est un vecteur
caractérisé par son module, son sens et on support. On
peut glisser ce vecteur sur son support sans changer son
effet physique.
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• Vecteur libre : Un vecteur libre est un vecteur dont le
support et le point d’application ne sont pas fixes. Il
existe alors une infinité de point de configuration de ce
vecteur dans l’espace. Toutes ces représentations
vectorielles sont équipollentes a ce vecteur..
Remarque:
● Toutes les grandeurs vectorielles dépendent de repères
d’observation (exemples : vitesse, accélération . . .).
● Les grandeurs scalaires ne dépendent pas de repères
d’observation (exemples : masse, température, . . .).
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2. Repère d’espace :
Il est important de donner a voir la procédure de
modélisation et de représentation de l’espace « physique »,
qui est la « scène de théâtre » de tous les mouvements
mécaniques.
● Un repère d’espace est un ensemble de trois axes (trièdre)
non coplanaires (𝑶𝒙,𝑶𝒚,𝑶𝒛) (n’incluent pas « tous » au
même plan).
◆ Le point O appelé origine du repère
noté ℛ (O, x, y, z)
◆ Si de plus les axes Ox, Oy, Oz sont
deux a deux orthogonaux on dit que
le repère ℛ (O, x, y, z) est orthogonal. 8
2.1. Base orthonormée
Sur chaque axe du repère orthogonal ℛ(𝑂, 𝑥, 𝑦, 𝑧) on
défini un vecteur unitaire (de norme égale à 1) indiquant
l’orientation de l’axe.
Définition : Le trièdre 𝒆𝒙 , 𝒆𝒚 , 𝒆𝒛 forme une base
orthonormée :
si les vecteurs directeurs 𝒆𝒙 , 𝒆𝒚 , 𝒆𝒛 , respectivement des
axes (Ox), (Oy), (Oz) sont unitaires et deux a deux
orthogonaux.
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3. Produit scalaire:
3.1 Définition:
Par définition, le produit scalaire de deux vecteurs 𝑣 1 et
𝑣 2 est le scalaire (nombre) :
𝒗𝟏 ∙ 𝒗𝟐
𝐜𝐨𝐬 𝜶 =
𝒗𝟏 𝒗𝟐
𝒗 𝟏 ∙ 𝒗𝟐 = 𝒗𝟏 𝒗𝟐 𝐜𝐨𝐬 𝜶 . 𝛼 étant l’angle entre les deux
vecteurs.
𝑣2 𝑣2 𝑣1 ∙ 𝑣2 < 0
𝑣2 𝑣1 ∙ 𝑣2 = 0
𝑣1 ∙ 𝑣2 > 0 𝛼 𝛼
𝛼
𝑣1 𝑣1 𝑣1
𝛼 : angle aigu 𝛼 : angle droit 𝛼 : angle obtus 10
Identités remarquables:
2 2 2
𝑣1 ± 𝑣2 = 𝒗𝟏 ± 2𝑣1 ∙ 𝑣 2 + 𝒗𝟐
2 2
𝑣1 + 𝑣 2 ∙ 𝑣 1 − 𝑣 2 = 𝒗𝟏 − 𝒗𝟐
4. Produit vectoriel
Par définition, le produit vectoriel de deux
vecteurs : 𝑣 1 et 𝑣 2 est le vecteur 𝑤 noté:
𝒘 = 𝒗𝟏 ∧ 𝒗𝟐 ayant les caractéristiques
suivantes.
11
Direction : Normale au plan formé par les deux vecteurs
𝑣 1 et 𝑣 2
Sens: tel que le trièdre (𝑣1, 𝑣2, 𝑤) soit direct
Norme: 𝑤 = 𝑣1 ∧ 𝑣2 = 𝒗𝟏 𝒗𝟐 sin 𝛼
Si 𝑣 1 et 𝑣 2 sont colinéaire, alors 𝑣 1 ∧ 𝑣 2 = 0
Cas des vecteurs unitaires d’une base
orthonormée directe 𝑒𝑥 , 𝑒𝑦 , 𝑒𝑧
𝑒𝑥 ∧ 𝑒𝑦 = 𝑒𝑧 ; 𝑒𝑦 ∧ 𝑒𝑧 = 𝑒𝑥 ; 𝑒𝑥 ∧ 𝑒𝑦 = 𝑒𝑧
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☞Antisymétrie : 𝑣1 ∧ 𝑣2 = −𝑣2 ∧ 𝑣1.
☞Non associativité : 𝑣1 ∧ 𝑣2 ∧ 𝑣3 ≠ 𝑣1 ∧ 𝑣2 ∧ 𝑣3.
☞Interprétation géométrique:
𝒗𝟏
La norme du produit vectoriel
𝑺
de deux vecteurs est égale à la ℎ
surface 𝑆 du parallélogramme 𝜶 ∟
𝒗𝟏
construit sur ces deux vecteurs.
hauteur : 𝒉 = 𝒗𝟐 𝒔𝒊𝒏 𝜶
𝑆 = 𝑣1 ℎ = 𝑣1 𝑣 2 sin 𝛼
𝑆 = 𝑣1 ∧ 𝑣2 = 𝑣1 𝑣2 sin 𝛼
13
⌁ Expression analytique:
Soient 𝑣 1 = 𝑥1𝑒𝑥 + 𝑦1𝑒𝑦 + 𝑧1𝑒𝑧 et
𝑣2 = 𝑥2𝑒𝑥 + 𝑦2𝑒𝑦 + 𝑧2𝑒𝑧
alors :
𝑒𝑥 𝑒𝑦 𝑒𝑧
𝑣 1 ∧ 𝑣 2 = 𝑥1 𝑦1 𝑧1 = 𝑦1𝑧2 − 𝑦2𝑧1 𝑒𝑥 − 𝑥1𝑧2 − 𝑥2𝑧1 𝑒𝑦 +
𝑥2 𝑦2 𝑧2
𝑥1𝑦2 − 𝑥2𝑦1 𝑒𝑧
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5. Produit mixte
⌁ Par définition, le produit mixte de deux vecteurs 𝑣1, 𝑣2 et
𝑣 3 est la quantité scalaire notée :
𝑣 1, 𝑣 2, 𝑣 3 = 𝑣 1 ∙ 𝑣 2 ∧ 𝑣 3 = 𝑣 2 ∙ 𝑣 3 ∧ 𝑣 1 = 𝑣 3 ∙ 𝑣 1 ∧ 𝑣 2
𝑣 1, 𝑣2 et 𝑣 3 sont permutés circulairement.
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☞Interprétation géométrique :
Le produit mixte est égal en valeur absolue au volume du
parallélépipède formé par les vecteurs 𝑣1, 𝑣2 et 𝑣3.
𝑆 : aire du parallélogramme
construit sur les vecteurs 𝑣1 et 𝑣2.
ℎ : hauteur : distance de l’extrémité 𝑛
de 𝑣3 au parallélogramme.
𝑣3 ∙ 𝑣1 ∧ 𝑣2 = 𝑣3 ∙ 𝑣1 ∧ 𝑣2 𝑛 𝑛 : vecteur unitaire normal à la
= 𝑣1 ∧ 𝑣2 𝑣3 ∙ 𝑛 surface du parallélogramme.
= 𝑣 1 ∧ 𝑣 2 𝑣 3 cos 𝜃 = 𝑆ℎ = 𝑉 𝑉: volume du parallélépipède
16
.
⌁Expression analytique : Soient 𝑣1 = 𝑥1𝑒𝑥 + 𝑦1𝑒𝑦 + 𝑧1𝑒𝑧 , 𝑣2 =
𝑥2𝑒𝑥 + 𝑦2𝑒𝑦 + 𝑧2𝑒𝑧 et 𝑣 3 = 𝑥3𝑒𝑥 + 𝑦3𝑒𝑦 + 𝑧3𝑒𝑧 , alors :
𝑥1 𝑦1 𝑧1
𝑣1 ∙ 𝑣2 ∧ 𝑣3 = 𝑥2 𝑦2 𝑧2 = 𝑦2𝑧3 − 𝑦3𝑧2 𝑥1 − 𝑥2𝑧3 − 𝑥3𝑧2 𝑦1 +
𝑥3 𝑦3 𝑧3
𝑥2𝑦3 − 𝑥3𝑦2 𝑧1
6. Double produit vectoriel
⌁Le double produit vectoriel 𝑣1 ∧ 𝑣2 ∧ 𝑣3 est égal à :
𝑣1 ∧ 𝑣2 ∧ 𝑣3 = 𝑣1 ∙ 𝑣3 𝑣2 − 𝑣1 ∙ 𝑣2 𝑣3
☞𝑣1 ∧ 𝑣2 ∧ 𝑣3 appartient au plan formé par les deux vecteurs 𝑣2, 𝑣3 .
☞Non associativité : 𝑣1 ∧ 𝑣2 ∧ 𝑣3 ≠ 𝑣1 ∧ 𝑣2 ∧ 𝑣3
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6. Moment d’un vecteur:
6.1 Moment d’un vecteur par rapport à un point
On appelle moment d’un vecteur 𝑣 = 𝐴𝑀 par rapport
à un point 𝑂 le vecteur 𝜎 𝑂, 𝑣 d’origine 𝑂 et
d’expression : 𝜎 𝑂, 𝑣 = 𝑂𝐴 ∧ 𝐴𝑀. 𝜎 𝑂, 𝑣
𝑛 𝑀
𝜎 𝑂, 𝑣 = 𝑂𝐴 𝑣 sin 𝛼 𝑛 = 𝑂𝐻 𝑣 𝑛 𝑣
𝑂
𝑛 : vecteur unitaire normal au plan construit 𝜶
𝐴
par les vecteurs 𝑂𝐴, 𝑣 .
𝐻
𝑂𝐻 : distance entre le point 𝑂 et la droite support du vecteurs 𝑣.
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6.2 Moment d’un vecteur par rapport à un axe
Le moment d’un vecteur 𝑣 = 𝐴𝑀 par rapport à un axe ∆
est égal à la projection orthogonale du moment de ce
vecteur par rapport à un point quelconque 𝑃 de cet axe .
𝜎 ∆, 𝑣 = 𝑢 ∙ 𝜎 𝑃, 𝑣 = 𝑢 ∙ 𝑃𝐴 ∧ 𝐴𝑀
C’est le produit mixte 𝑢, 𝑃𝐴, 𝐴𝑀 .
𝑢 : vecteur unitaire de l’axe ∆ .
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7. Dérivation vectorielle:
7.1 Dérivée d’un vecteur dépendant du temps
Soit un vecteur 𝑢 𝑡 = 𝑥 𝑡 𝑒𝑥 + 𝑦 𝑡 𝑒𝑦 + 𝑧 𝑡 𝑒𝑧 , où les
vecteur de la base 𝑒𝑥 , 𝑒𝑦 , 𝑒𝑧 sont des vecteurs constants par
rapport au temps 𝑡.
La dérivée du vecteur 𝑣 𝑡 par rapport au temps 𝑡 est :
𝑑𝑢 𝑡 𝑑𝑥 𝑡 𝑑𝑦 𝑡 𝑑𝑧 𝑡
= 𝑒𝑥 + 𝑒𝑦 + 𝑒𝑧
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡
20
7.2 Dérivation d’une expression de vecteurs
Soient deux vecteurs 𝑣1, 𝑣2 dépendants du temps et soient 𝛼 et
𝛽 deux scalaires constants.
𝑑 𝛼𝑣1+𝛽𝑣2 𝑑𝑣1 𝑑𝑣2
Linéarité : = 𝛼 + 𝛽
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝑑 𝑣1∙𝑣2 𝑑𝑣1 𝑑𝑣2
Dérivée d’un produit scalaire : = ∙ 𝑣2 + 𝑣1 ∙
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡
Dérivée d’un produit vectoriel :
𝑑 𝑣1∧𝑣2 𝑑𝑣1 𝑑𝑣2
= ∧ 𝑣2 + 𝑣1 ∧
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡 21
7.3 Dérivée d’un vecteur 𝑣 de module constant
2
𝑑 𝑣 𝑑 𝑣∙𝑣
𝑣 = 𝑐𝑡𝑒 ⟹ =0⟹ =0
𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝑑𝑣 𝑑𝑣 𝑑𝑣 𝑑𝑣
⟹𝑣∙ + ∙ 𝑣 = 0 ⟹ 2𝑣 ∙ =0⟹𝑣⊥
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡
Conclusion: Un vecteur de module constant est
perpendiculaire à son vecteur dérivé.
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Dérivée du produit d’un vecteur 𝑢 par une fonction
scalaire f:
𝑑 𝑓𝑢 𝑑𝑓 𝑑𝑢
= 𝑢+𝑓
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡
Dérivée de composé d’un vecteur 𝑣 et d’une fonction 𝜃:
𝑑 𝑣∘𝜃 𝑑𝑢 𝑑𝜃
=
𝑑𝑡 𝑑𝜃 𝑑𝑡
23
7.4 Dérivée d’un vecteur unitaire tournant:
Soit ℛ un repère de référence et 𝑢 un vecteur unitaire tournant
autour d’un axe de vecteur directeur 𝑒𝑧 .
Notons que le vecteur 𝑢 subit
uniquement un changement
d’orientation puisque son
module reste fixe au cours du
temps.
( 𝑢(𝑡) = 𝑢(𝑡 + 𝑑𝑡) = 1) 24
7.4 Dérivée d’un vecteur unitaire tournant:
Ecrivons une petite variation de 𝑢 𝑡 :
𝑢 1 + 𝑑𝑡 − 𝑢 𝑡 = 𝑤 𝑡 = 𝑤 𝑡 . 𝑒𝑥 (∗)
Puisque 𝑑𝜃 est assez petit, on peut écrire:
𝑤 𝑡 = 𝑢 𝑡 . 𝑑𝜃 ( 𝑢 𝑡 = 1)
= 𝑑𝜃
La formule (*) s’écrit: 𝑢 1 + 𝑑𝑡 − 𝑢 𝑡 = 𝑑𝜃. 𝑒𝑥
Divisant par 𝑑𝑡 en on obtient:
𝑢 1+𝑑𝑡 −𝑢 𝑡 𝑑𝜃
= . 𝑒𝑥
𝑑𝑡 𝑑𝑡 25
𝑑𝑡 → ∞, nous obtenons:
𝑑𝑢(𝑡)
= 𝜃. 𝑒𝑥
𝑑𝑡
Avec 𝜃 vitesse de « rotation » angulaire.
Le trièdre (𝑒𝑧 , 𝑢, 𝑒𝑥 ) étant direct, alors:
𝑒𝑥 = 𝑒𝑧 ∧ 𝑢
𝑑𝑢(𝑡)
Donc: = 𝜃𝑒𝑧 ∧ 𝑢
𝑑𝑡
=𝜔∧𝑢
avec 𝜔 = 𝜃 𝑒𝑧 : vecteur rotation angulaire
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Formulaire fondamentales: (à retenir)
La dérivé par rapport au temps, 𝑡, d’un vecteur unitaire 𝑢(𝑡)
en rotation autour de l’axe 𝑒𝑧 par rapport à un repère de
référence ℛ est le vecteur défini par:
𝑑𝑢(𝑡)
= 𝜔(𝑢/ℛ) ∧ 𝑢 (**)
𝑑𝑡 ℛ
𝜔(𝑢/ℛ) = 𝜃 𝑒𝑧 : Désigne le vecteur rotation
instantané de 𝑢 par rapport à ℛ.
𝑑𝜃
𝜃 = : la vitesse angulaire de rotation (rad/s)
𝑑𝑡
La formule (**) affirme que la dérivé par rapport au
temps d’un vecteur unitaire (ou de module constant)
est un vecteur orthogonal a celui ci : 27
Remarque:
Dans la formule précédente et pour des raisons
« simplificatrices », nous avons considéré une seule rotation
d’angle 𝜃 autour de l’axe 𝑒𝑧 . Toutefois dans le cas de deux
rotations d’angles respectivement 𝜃 autour de 𝑒𝑧 et 𝜑 autour
de 𝑒𝑦 ; le vecteur rotation instantanée s’écrit:
𝜔(𝑢/ℛ)=𝜔1 (𝑢/ℛ)+𝜔2 (𝑢/ℛ)
= 𝜃𝑒𝑧 + 𝜑 𝑒𝑦
En pratique on cherche a déterminer le vecteur rotation
instantané puis calculer le produit vectoriel 𝜔 ∧ 𝑢 (en
exprimant les deux vecteurs dans la base demandée.
La formule fondamentale reste valable pour un vecteur de
norme constante (≠ 1). 28
8. Equations différentielles
8.1. Equations différentielles du second ordre à
coefficients constants
Ce sont des équations différentielles de type :
𝑎𝑦′′ 𝑥 + 𝑏𝑦′ 𝑥 + 𝑐𝑦 𝑥 = 𝑓 𝑥 𝐸
′ 𝑑𝑦
où 𝑎, 𝑏, 𝑐, sont des constantes et 𝑦 𝑥 = ,
𝑑𝑥
𝑑2𝑦
𝑦 ′′ 𝑥 = , 𝑦(𝑥) est la fonction inconnue.
𝑑𝑥 2
L’équation correspondant à : 𝑓 𝑥 = 0 est dite équation
homogène ou équation sans second membre :
𝑎𝑦′′ 𝑥 + 𝑏𝑦′ 𝑥 + 𝑐𝑦 𝑥 = 0 𝐻
29
La solution générale de l’équation 𝐸 est la somme de
l’une de ses solutions particulières 𝒚𝒑 et de la solution
générale 𝒚𝒉 de l’équation homogène 𝐻 :
𝑦 𝑥 = 𝑦ℎ 𝑥 + 𝑦𝑝 𝑥 .
8.1.1 Recherche de la solution 𝑦ℎ de l′équation homogène
Cette solution dépend des zéros de l’équation:
𝑎𝑟 2 + 𝑏𝑟 + 𝑐 = 0 𝑒
L’équation 𝑒 est appelée caractéristique de l’équation
différentielle 𝐸 .
Le discriminant de 𝑒 est : Δ = 𝑏 2 − 4𝑎𝑐.
30
Si Δ > 0 alors 𝑒 admet deux solutions réels :
−𝑏+ Δ −𝑏− Δ
𝑟1 = , 𝑟2 =
2𝑎 2𝑎
→ 𝑦ℎ = 𝜆𝑒 𝑟1𝑥 + 𝜇𝑒 𝑟2𝑥
Si Δ < 0 alors 𝑒 admet deux solutions complexes :
𝑟1 = 𝛼 + 𝑖𝜔 , 𝑟2 = 𝛼 − 𝑖𝜔
→ 𝑦ℎ = 𝐴𝑒 𝛼𝑥 cos 𝜔𝑥 + 𝜑
Si Δ = 0 alors 𝑒 admet une solution double :
−𝑏
𝑟= =𝛼
2𝑎
→ 𝑦ℎ = 𝜆𝑥 + 𝜇 𝑒 𝛼𝑥
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𝜆, 𝜇, 𝐴, 𝜑 sont des constantes qu’on détermine à partir
des conditions initiales.
8.1.2. Recherche d’une solution particulière 𝑦𝑝 de
l′équation avec second membre
Cette solution dépend de la nature de l’expression du
second membre 𝑓(𝑥).
Si 𝑓(𝑥) est un polynôme de degré 𝒏 alors on cherche
𝒚𝒑 sous forme d’un polynôme de degré 𝒏 à coefficients
inconnus.
32
☞Exemple : Résoudre l’équation: 𝑦 ′′ − 𝑦 = 𝑥 2 − 2𝑥 𝐸
Equation caractéristique: 𝑟 2 − 1 = 0. Solutions : 𝑟 = ±1
Solution de l’équation homogène :
𝑦ℎ = 𝜆𝑒 𝑥 + 𝜇𝑒 −𝑥 . (𝜆 et 𝜇 sont des ctes)
Solution particulière : 𝑦𝑝 = 𝑎𝑥 2 + 𝑏𝑥 + 𝑐.
on cherche 𝑎, 𝑏, 𝑐
𝑦𝑝′ = 2𝑎𝑥 + 𝑏 ; 𝑦𝑝′′ = 2𝑎 , on remplace dans 𝐸 :
2𝑎 − 𝑎𝑥 2 − 𝑏𝑥 − 𝑐 = 𝑥 2 − 2𝑥
→ 𝑎 + 1 𝑥 2 + 𝑏 − 2 𝑥 = 2𝑎 − 𝑐
→ 𝑎 = −1, 𝑏 = 2, 𝑐 = −2 33
𝑦 = 𝜆𝑒 𝑟1𝑥 + 𝜇𝑒 𝑟2𝑥 − 𝑥 2 + 2𝑥 − 2
Si 𝑓(𝑥) est de la forme : 𝐴 cos 𝛽𝑥 + 𝐵 sin 𝛽𝑥.
Si cos 𝛽𝑥 n’est pas solution de 𝐻 alors:
on peut choisir 𝑦𝑝 = 𝑐 cos 𝛽𝑥 + 𝑑 sin 𝛽𝑥 où
on cherche 𝑐 et 𝑑.
Si cos 𝛽𝑥 est solution de 𝐻 alors on cherche
𝑦𝑝 = 𝑥 𝑐 cos 𝛽𝑥 + 𝑑 sin 𝛽𝑥 .
☞Exemple : Résoudre l’équation : 𝑦 ′′ + 𝑦 = 2 cos 𝑥 𝑬 .
Equation caractéristique: 𝑟 2 + 1 = 0. Solutions : 𝑟 = ±𝑖
34
Solution de l’équation homogène : 𝑦ℎ = 𝜆 cos 𝑥 + 𝜑 .
Solution particulière : 𝒚𝒑 =?
on peut vérifier facilement que cos 𝑥 est solution de
l’équation homogène 𝑦 ′′ + 𝑦 = 0, alors on cherche 𝑦𝑝 sous
forme : 𝑥 𝑐 cos 𝑥 + 𝑑 sin 𝑥
On a: 𝑦𝑝 = 𝑥 𝑐 cos 𝑥 + 𝑑 sin 𝑥 donc:
𝑦𝑝′ = (𝑐 cos 𝑥 + 𝑑 sin 𝑥) + 𝑥 −𝑐 sin 𝑥 + 𝑑 cos 𝑥
𝑦𝑝′′ = −𝑐 sin 𝑥 + 𝑑 cos 𝑥 + −𝑐 sin 𝑥 + 𝑑 cos 𝑥
+ 𝑥 −𝑐 cos 𝑥 − 𝑑 sin 𝑥
= −𝒄𝒙 + 𝟐𝒅 𝒄𝒐𝒔 𝒙 + −𝒅𝒙 − 𝟐𝒄 𝒔𝒊𝒏 𝒙
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On remplace dans 𝑬 : 𝑦 ′′ + 𝑦 = 2 cos 𝑥
𝑬 ∶ −𝑐𝑥 + 2𝑑 cos 𝑥 + −𝑑𝑥 − 2𝑐 sin 𝑥 +
𝑥 𝑐 cos 𝑥 + 𝑑 sin 𝑥 = 2 cos 𝑥
2𝑑 cos 𝑥 − 2𝑐 sin 𝑥 = 2 cos 𝑥 ⇒ 𝑐 = 0, 𝑑 = 1
⇒ 𝑦𝑝 = 𝑥 sin 𝑥
𝑦 = 𝜆 cos 𝑥 + 𝜑 + 𝑥 𝑠𝑖𝑛 𝑥
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9. Opérateurs différentiels
9.1. Gradient d’une fonction
Soit 𝑓(𝑥,𝑦,𝑧) une fonction qui dépend du point 𝑀.
(𝑥,𝑦,𝑧) sont les coordonnées cartésiennes de 𝑀.
Dans un système de coordonnées cartésiennes, le gradient
de la fonction 𝑓(𝑥,𝑦,𝑧) est le vecteur noté 𝑔𝑟𝑎𝑑𝑓 ayant
pour composantes les dérivées partielles de 𝑓 par rapport
𝝏𝒇 𝝏𝒇 𝝏𝒇
aux coordonnées : 𝒈𝒓𝒂𝒅𝒇 = 𝒊 + 𝒋 + 𝒌
𝝏𝒙 𝝏𝒚 𝝏𝒛
où 𝑖, 𝑗, 𝑘 sont les vecteurs unitaires de la base cartésienne.
37
Le gradient est la généralisation à plusieurs variables de
la dérivée d'une fonction d'une seule variable.
Si dans une salle la température est constante, alors son
gradient est un vecteur nul : on dit que dans cette salle la
température n’a pas de gradient.
Le gradient est un champ de vecteurs, il indique comment
une grandeur physique varie dans l'espace.
Il indique la (ou les) direction(s) où la fonction croit plus
dans l'espace.
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Sur l’image ci contre, les flèches représente le gradient de
−𝑥 2 −𝑦 2
la fonction 𝑓 𝑥, 𝑦 = 𝑥𝑒
La fonction représente une
température (bleu = valeur basse =
froid, rouge = valeur haute = chaud).
Le gradient de f est un champ
vectoriel, représenté par les flèches
bleues; chacune pointe dans la
direction où la température croît le
plus vite (Où ça chauffe le plus).
39
Relation avec la différentielle totale 𝑑𝑓 de la fonction 𝑓:
On appelle différentielle totale de 𝑓 l’expression :
𝜕𝑓 𝜕𝑓 𝜕𝑓
𝑑𝑓 = 𝑑𝑥 + 𝑑𝑦 + 𝑑𝑧
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
où 𝑑𝑥, 𝑑𝑦, 𝑑 z sont les variations élémentaires des
coordonnées 𝑥, 𝑦, 𝑧 respectivement.
𝑑𝑥
Notons par 𝑑𝑀 = 𝑑𝑦 le vecteur déplacement élémentaire,
𝑑𝑧
D’où finalement: 𝒅𝒇 = 𝒈𝒓𝒂𝒅𝒇 ∙ 𝒅𝑴
Notation à l’aide de l’opérateur nabla 𝜵 :
40
En coordonnées cartésiennes cet opérateur est défini par
un vecteur ayant des composantes symboliques :
𝜕 𝜕 𝜕
𝛻= , ,
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
Chaque composante correspond à l’opération de dériver
quelque chose par rapport à une variable.
Alors il vient symboliquement :
𝜕𝑓 𝜕𝑓 𝜕𝑓
𝑔𝑟𝑎𝑑𝑓 = 𝛻𝑓 = , ,
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
ça ressemble à une multiplication d’un vecteur par un
scalaire. 41
9.1 Rotationnel d’un champ de vecteurs:
Par définition, le rotationnel d’un champ de vecteurs 𝐴 de
composantes 𝐴𝑥 , 𝐴𝑦 , 𝐴𝑧 dans un repère cartésien est le
vecteur :
𝝏𝑨𝒛 𝝏𝑨𝒚 𝝏𝑨𝒙 𝝏𝑨𝒛 𝝏𝑨𝒚 𝝏𝑨𝒙
𝒓𝒐𝒕 𝑨 = − 𝒊+ − 𝒋+ − 𝒌
𝝏𝒚 𝝏𝒛 𝝏𝒛 𝝏𝒙 𝝏𝒙 𝝏𝒚
Notation à l’aide de l’opérateur nabla 𝜵:
Symboliquement, le rotationnel de 𝐴 peut s’écrire
comme étant le produit vectoriel de 𝛻 et de 𝐴 :
𝑖 𝑗 𝑘
𝜕 𝜕 𝜕
𝑟𝑜𝑡𝐴 = 𝛻 ∧ 𝐴 =
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
𝐴𝑥 𝐴𝑦 𝐴𝑧 42
Signification : le 𝑟𝑜𝑡𝐴 exprime la tendance qu'ont
les lignes de champ du champ vectoriel 𝐴 à tourner autour
d'un point.
𝐴 = (cos 𝑦) 𝑖 + (sin 𝑥) 𝑗
𝑟𝑜𝑡𝐴 = cos 𝑥 + sin 𝑦 𝑘
43
Fin de chapitre 1
Merci pour votre attention
44