0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
30 vues15 pages

Cours Int Generalisees

Transféré par

ala chekili
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
30 vues15 pages

Cours Int Generalisees

Transféré par

ala chekili
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Cours Intégrales généralisées PC

Chapitre 1 2020-2021

Table des matières


I. Rappels de PCSI : intégration sur un segment 2
I.1 Intégrales de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.2 Intégrale faussement impropre sur un segment . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
I.3 Lien entre primitive et dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

II. Cas des fonctions continues par morceaux 4


II.1 Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

III. Intégrales généralisées 6


III.1 Sur un intervalle du type [a, +∞[ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.a) Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.b) Intégrales de référence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
III.2 Généralisation à un intervalle quelconque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
III.3 Fonctions à valeurs réelles positives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
III.4 Fonctions intégrables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.a) Montrer l'intégrabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.b) Propriétés des fonctions intégrables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
III.5 Espaces vectoriels de fonctions intégrables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

[Link]égration 14

Pré-requis
Intégrale d'une fonction continue sur un segment, convergence des sommes de Riemann. Primitive d'une fonction
continue, théorème fondamental du calcul diérentiel.
Objectifs
Donner du sens aux intégrales du cours de physique ou chimie ayant des bornes innies ou des bornes ouvertes.
Servira à étudier la nature de certaines séries numériques. On généralise les propriétés de l'intégrales sur un segment
aux fonctions intégrables sur un intervalle quelconque.

Ch.1 Intégrales généralisées 1/15


Intégrales généralisées PC
Maths
M. Roger

K=R ou K = C
I. Rappels de PCSI : intégration sur un segment
I.1 Intégrales de Riemann
lemme 1. Etant donnés deux réels a < b et f : [a, b] −→ K continue, la limite suivante existe et est nie :
N −1  
X b−a k(b − a)
lim f a+
N →+∞
k=0
N N

Dénition 1 (Intégrale de Riemann).


Etant donnésZdeux réelsZa < b etZf ∈ C([a, b], K) on appelle intégrale de f sur le segment [a, b] le
nombre noté f , ou f , ou f (t) dt , déni par :
b b

[a,b] a a

N −1  
b−a k(b − a)
Z X
f = lim f a+
[a,b] N →+∞
k=0
N N

Remarque 1. Cette dénition s'étend immédiatement à toute fonction continue sur ]a, b[ et prolongeable par
continuité en a et b : on ne change pas la valeur d'une intégrale en changeant la valeur en l'une de ses bornes.

Ch.1 Intégrales généralisées 2/15


Cours Intégrales généralisées PC
Chapitre 1 2020-2021

I.2 Intégrale faussement impropre sur un segment


Cadre : soit [a, b] un segment.
Dénition 2 (Intégrale généralisée convergente sur un segment).
Soit f ∈ C (]a, b], C). on dit que l'intégrale généralisée de f sur Z[a, b] (impropre au voisinage de +∞)
0

converge lorsque la limite suivante existe et est FINIE : lim


b
f (t) dt
α→a+ α

En cas de convergence, on note f ou f (t) dt la valeur de cette limite nie.


Z Z b b

On dit que l'intégrale généralisée diverge sinon.


a a

N −1  
1 X b−a k(b − a)
Z
f = lim f a+
[a,b] N →+∞ N N N
k=0

lemme 2. Supposons f : [a, b] → C, est continue sur ]a, b] et telle que la limite suivante existe et est nie :
lim f (x) = `
x→a+

.
Notons f˜ le prolongement par continuité de f sur [a, b].
Les sommes Z de Riemann de f et de f converge vers une même limite, appelée intégrale généralisée de f sur
˜
b
[a, b] et notée f (t) dt.
a
Z 1
sin t
exemple 1. dt converge, par prolongement par continuité.
0 t
Z 1 Z 1
1
exemple 2. dt diverge, par calcul de primitives = ln 1 − ln(α) n'a pas de limite nie en 0+ .
0 t α

I.3 Lien entre primitive et dérivée


Théorème 3 (théorème fondamental du calcul intégral).
Soient I un intervalle, a ∈ I etZf ∈ C (I, R). 0

i) l'application F : x 7−→ f (t) dt est l'unique primitive de f sur I qui s'annule en a.


x

ii) Pour toute primitive H de f sur I , et tout x ∈ I , on a : f (t) dt = H(x) − H(a).


Z x

iii) Si G ∈ C (I, R), alors pour tout (a, x) ∈ I , .


Z x
1 2
G(x) − G(a) = G0 (t) dt
a

Ch.1 Intégrales généralisées 3/15


Intégrales généralisées PC
Maths
M. Roger

II. Cas des fonctions continues par morceaux

II.1 Dénition
Dénition 3.
Soit I = [a, b] un segment. On dit que f : I −→ K est continue par morceaux sur I s'il existe
un entier m, une subdivision x = a < x < . . . x = b de I tels que pour tout i ∈ [[1, m]], en notant
I =]x , x [, on ait :
0 1 n
i i i+1

f|Ii : Ii → K est prolongeable par continuité sur Ii .

t2 si

t<1
exemple 3. f : [0, 2] → R, t 7−→ −1 − t si t≥1
est continue par morceaux sur [0, 2]
(prendre la subdivision 0 < 1 < 2 ).

Notation 1. On note CM([a, b], K) l'ensemble des fonctions continues par morceaux sur [a, b] à valeurs dans K.
On peut étendre cette notion aux fonctions dénies sur un intervalle :

Dénition 4.
Soit J =]a, c[ un intervalle. On dit que f : J → F est continue par morceaux sur J si elle est
continue par morceaux sur tout segment I ⊂ J .

exemple 4. la partie entière x 7→ E(x) est continue par morceaux sur R


(prendre des subdivision a < E(a) + 1 < · · · < E(b) < b sur tout segment [a, b]).

t2 si t < 1

exemple 5. f : R → R, t 7−→ −1 − t si t ≥ 1
est continue par morceaux sur R
(prendre la subdivision a < 1 < b sur tout segment [a, b] contenant 1).

Ch.1 Intégrales généralisées 4/15


Cours Intégrales généralisées PC
Chapitre 1 2020-2021

Dénition 5.
Soit I = [a, b] un segment, f ∈ CM([a, b], K), m un entier et une subdivision adaptée x = a < x <
. . . x = b de I , i.e. pour tout i ∈ [[0, m − 1]], en notant I =]x , x [, f est continue et se prolonge
0 1

par continuité en ses extrémités.


m i i i+1 |Ii

On appelle intégrale de f sur le segment [a, b] le nombre noté f déni par :


Z

[a,b]

m−1 m N −1  + !!
1 X xi+1 − xi k(xi+1 − xi )
Z XZ X
f= f= lim f xi +
[a,b] Ii N →+∞ N N N
i=0 i=1 k=0

Théorème 4 (théorème fondamental du calcul intégral).


Soient I un intervalle, a ∈ I etZf ∈ CM(I, R).
i) l'application F : x 7−→ f (t) dt est l'unique primitive de f sur I qui s'annule en a.
x

ii) Pour toute primitive H de f sur I , et tout x ∈ I , on a : f (t) dt = H(x) − H(a).


Z x

iii) Si G ∈ C (I, R), alors pour tout (a, x) ∈ I , .


Z x
1 2
G(x) − G(a) = G0 (t) dt
a

Ch.1 Intégrales généralisées 5/15


Intégrales généralisées PC
Maths
M. Roger

III. Intégrales généralisées


III.1 Sur un intervalle du type [a, +∞[
1.a) Dénition
Dénition 6 (Intégrale généralisée convergente sur [a, +∞[).
Etant donnés un réel a et une fonction continue f ∈ C ([a+∞[, K) on dit que l'intégrale généralisée
0

de f sur [a, +∞[Z (impropre au voisinage de +∞) converge lorsque la limite suivante existe et est
FINIE : lim
x
f (t) dt
x→+∞ a

En cas de convergence, on note f ou f (t) dt la valeur de cette limite nie.


Z Z +∞ +∞

On dit que l'intégrale généralisée diverge sinon.


a a

Z +∞
1 1
exemple 6. L'intégrale dt diverge, car f : x 7→ a pour primitive F : x 7→ ln(x) et F (x) n'a pas de
1 t x
limite nie en +∞.
Z +∞
exemple 7. L'intégrale cos(t) − t sin(t) dt diverge, car f : x 7→ cos(x) − x sin(x) a pour primitive F : x 7→
0
x cos(x) et F (x) n'a pas de limite en +∞.

1.b) Intégrales de référence


Proposition 5 (Intégrales de Riemann).
Soit α un réel.
L'intégrale généralisée converge si et seulement si .
Z +∞
t−α dt α>1
1

De plus, on a : ∀α > 1, .
Z +∞
1
t−α dt =
1 α−1

démonstration : pour α = 1 on primitive x 7→ x en x 7→ ln x ; pour α 6= 1, on primitive f : x 7→ x en


−1 −α

. F (x) admet une limite nie (et nulle) en +∞ si et seulement si −α + 1 < 0, ie ssi 1 < α. 
−α+1
x
F : x 7→
−α + 1

Proposition 6 (exponentielles ).
Soit β un réel.
L'intégrale généralisée converge si et seulement si .
Z +∞
e−βt dt β>0
0

De plus, on a : ∀β > 0, dt = .
Z +∞
1
e−βt
0 β

Ch.1 Intégrales généralisées 6/15


Cours Intégrales généralisées PC
Chapitre 1 2020-2021

pour β 6= 0, on primitive f : x 7→ e en F : x 7→ e−β . F (x) admet une limite nie (et nulle)
−βx
démonstration : −βx

en +∞ si et seulement si β > 0. 
III.2 Généralisation à un intervalle quelconque
Dénition 7 (Intégrale impropre convergente sur [a, b[).
Etant donnés deux réels a, b et f ∈ C ([a, b[, K) on dit que l'intégrale généralisée
0
(impropre en b) de
f sur [a, b[ converge lorsque la limite suivante existe et est FINIE : lim
Z x
f (t) dt
x→b− a

Si tel est le cas, on note f , ou f (t) dt la valeur de cette limite.


Z b
Z b

On dit qu'elle diverge sinon. a a

Dénition 8 (Intégrale généralisée convergente sur un intervalle réel qcq).


Etant donnés I un intervalle de bornes α et β réelles ou innies, avec α < β et f ∈ C (I, K) , 0

on dit que l'intégrale généralisée de f sur I (impropre en les bornes innies ou les bornes nies sans
prolongement par continuité) converge lorsque la limite suivante existe et est FINIE :
Z y
lim f (t) dt
x→α , y→β −
+
x

En cas de convergence, on note ou la valeur de cette limite nie.


Z β Z β
f f (t) dt
On dit que l'intégrale généralisée diverge sinon.
α α

Remarque 2. Il s'agit d'une généralisation à un intervalle quelconque I , avec α = inf I et β = sup I , on dit que
Z y
l'intégrale de f ∈ C 0 (I, K) converge si lim+ lim− f (t) dt existe et est FINIE.
x→α y→β x
Cela permet de considérer des intervalles de la forme ] − ∞, +∞[, ] − ∞, b], ]a, b], [b, a[, etc...
Remarque 3. Ainsi pour étudier la convergence d'une intégrale généralisée d'une fonction f ∈ CM(I, K) :
1. On détermine les éventuelles bornes innies, et les valeurs éventuelles de discontinuité de f . On détermine
alors le ou les intervalles de continuité de f .
2. Pour chaque segment dans un intervalle de continuité, on justie l'existence d'une limite nie pour les
intégrales dont une borne se raproche d'une borne impropre.
Proposition 7 (Intégrales de Riemann).
Soit γ un réel.
L'intégrale généralisée t dt converge si et seulement si .
Z 1
−γ
γ<1
0

De plus, on a : ∀γ < 1, t dt = 1 −1 γ .
Z 1
−γ
0

Ch.1 Intégrales généralisées 7/15


Intégrales généralisées PC
Maths
M. Roger

on primitive f : x 7→ x en F : x 7→ −γ . F (x) admet une limite nie (et nulle) en +∞ si


−γ+1
x
démonstration : −γ

et seulement si −γ + 1 > 0, i.e. ssi 1 > γ. 


+1

Z +∞
exemple 8. L'intégrale e−|t| dt converge, car f : x 7→ e−x est continue sur R+ , se primitive en x 7→ −e−x ,
Z +∞ −∞ Z 0
donc e dt converge, et de même
−t
et dt converge.
0 −∞

Proposition 8 (logarithme).
L'intégrale généralisée converge et vaut .
Z 1 Z 1
ln(t) dt ln(t) dt = −1
0 0

démonstration :
L'intégrale généralisée (impropre en 0) ln(t) dt converge et vaut −1, car f : x 7→ ln x a pour primitive sur
Z 1

]0, 1] la fonction F : x 7→ x ln(x) − x et par croissance comparées lim F (x) = 0. .


0

x→0+

Remarque 4. Dans le cas d'une fonction continue par morceaux sur un intervalle, les bornes impropres à étudier
sont :
1. les bornes ouvertes de l'ensembles de dénition ( innies ou non)
2. les valeurs de discontinuité.

Proposition 9 (Linéarité).
Soit I =]a, b[. Si f et g sont continues par morceaux et si f et g convergent, alors pour tous
Z Z

I I

λ, µ ∈ K, λf + µg converge et
Z Z Z b Z b b
(λf (t) + g(t))dt = λ f (t)dt + g(t)dt
I a a a

démonstration : linéarité du passage à la limite. 


III.3 Fonctions à valeurs réelles positives
Proposition 10 (positivité).
SoientZa < b et f appartenant à CM([a, b], R) une fonction positive dont l'intégrale généralisée converge.
Alors f ≥ 0.
b

a Z b
i.e. (a < b et f ≥ 0) ⇒ f (t) dt ≥ 0
a

Ch.1 Intégrales généralisées 8/15


Cours Intégrales généralisées PC
Chapitre 1 2020-2021

Proposition 11 (critère d'intégrabilité pour une fonction positive sur [a, +∞[).
Etant donnés un réel a et f ∈ CM([a + ∞[, R) à valeurs positives, alors l'intégrale généralisée
Z +∞
f
a

converge si et seulement si x 7→ f (t) dt est majorée.


Z x

Par positivité de l'intégrale, F : x 7→ f (t) dt est croissante, et à valeurs positives. Elle admet
Z x
démonstration :
une limite ` nie en +∞ si et seulement si elle est majorée, d'après le théorème de la limite monotone, vu en PCSI 
a

III.4 Fonctions intégrables


4.a) Montrer l'intégrabilité
Dénition 9 (Intégrale absolument convergente).
Soient I un intervalle (borné ou non) de bornes α = inf(I) et β = sup(I), f : I → K continue par
morceaux. On dit que l'intégrale de f sur I est absolument convergente si l'intégrale généralisée
|f | converge.
Z β

Proposition 12.

Soient I un intervalle (borné ou non) de bornes α et β, et f : I → K continue par morceaux. Si


Z β
|f |
α

converge, alors f converge.


Z β

i.e. : toute intégrale généralisée absolument convergente est convergente.


α

démonstration : cas I = [α, β[, α ∈ R f = f − f , où f : t 7→ max(f (t), 0)Z et f : tZ7→ max(−f (t), 0). On
+ − + −

a pour tout t : 0 ≤ f (t) ≤ |f (t)| et 0 ≤ f (t) ≤ |f (t)|, donc par comparaison, f et f convergent, car
β β
+ − + −
α α

les sont majorées par les |f (t)| donc par |f |. Par linéarité de l'intégrale (sur les segments puis passage à
Zy Z y Z β

α α α

la limite aux bornes impropres), (f − f ) converge. 


Z β
+ −
α

Dénition 10 (fonction intégrable).


Une fonction f continue par morceaux sur un intervalle I est dite intégrable sur I si l'intégrale de f sur
I est absolument convergente Z.
Si tel est le cas, on note f ou f (t) dt la valeur de cette intégrale généralisée convergente.
Z

I I

Ch.1 Intégrales généralisées 9/15


Intégrales généralisées PC
Maths
M. Roger

Z +∞
sin x
Remarque 5. La réciproque est fausse : dx est convergente, et non absolument convergente (c.f ; TD :
0 x
suites adjacentes, ou IPP).
Remarque 6. Pour une fonction
Z à valeurs réelles positives, l'intégrabilité sur I est équivalent à la convergence
de l'intégrale généralisée f.
I

Dénition 11 (fonction intégrable).


On note CML (I, K) = l'ensemble des fonctions continues par mor-
 Z 
1
f ∈ CM(I, K); |f | converge
ceaux intégrables sur I . I

Théorème 13 (de comparaison).


Soient I = [a, b[ un intervalle réel, f, g ∈ CM(I, K).
1. Si g est intégrable sur I et si : ∀t ∈ I, |f (t)| ≤ |g(t)|, alors f est intégrable sur [a, b[.
2. Si g est intégrable sur I et si : |f (t)| = O(g(t)), alors f est intégrable sur [a, b[.
3. Si g est intégrable sur I et si : f (t) ∼ g(t), alors f est intégrable sur [a, b[.
t→b−

t→b−

démonstration : 1) On utilise le critère d'intégrabilité pour des fonctions positives.


2) Il existe t et K > 0 tels que : ∀t ≥ t , |f (t)| ≤ K|g(t)|.
3) On se ramène au cas précédent en majorant |f (t)| par 2K|g(t)| , pour tout t dans l'intervalle [t , +∞[
0 0
0
Z +∞  
1
exemple 9. 2 2
e−t dt converge, car f : x 7→ e−x est continue sur R, et f (x) = o 2 donc f est intégrable en
−∞   t→+∞ t
Z +∞
1 1
+∞ et f (x) = o 2 donc est intégrable en −∞, par comp. avec l'intégrale de Riemann convergente dt.
t→−∞ t 1 t2

Ch.1 Intégrales généralisées 10/15


Cours Intégrales généralisées PC
Chapitre 1 2020-2021

4.b) Propriétés des fonctions intégrables


Pour a = inf(I) et b = sup(I)
Proposition 14 (Linéarité).
L'application CM(I, K) ∩ L1 (I, K) −→ FZ est linéaire.
f 7−→ f
IZ
Z b b Z b
2
i.e. ∀(f, g) ∈ CM(I) , ∀λ ∈ K, (λf (t) + g(t))dt = λ f (t)dt + g(t)dt
a a a

démonstration : linéarité du passage à la limite. 


Proposition 15 (croissance).
Soient a < b et Zf, g appartenant à CM(I, R) et intégrables.Z
Si f ≤ g, alors f ≤ g , ∀t ∈ I, f (t) ≤ g(t) ⇒
Z b Z b
i.e. f (t)dt ≤ g(t)dt
I I a a

Proposition 16 (relation de Chasles).


SoientZa < b < Zc trois réels,
Z et f ∈ CM([a,Zc], F ) intégrable sur [a,Z c].
Alors f = f + f , c b c
Z
f (t)dt = f (t)dt + f (t)dt
i.e.
[a,c] [a,b] [b,c] a a b

Proposition 17 (nullité d'une fonction continue, de signe constant et d'intégrale nulle).


Soit f : I → K. Si f est continue intégrable sur I et vérie |f (t)| dt = 0, alors f = 0̃.
Z

! I
Z b
en particulier : f ∈ C 0 (I, R), f (t)dt = 0 et ∀t ∈ I, f (t) ≥ 0 ⇒ ∀t ∈ I, f (t) = 0
a

démonstration : sur un segment pour une fonction positive : vu en PCSI.


Pour une fonction à valeurs réelles de signe quelconque : conséquence des inégalités 0 ≤ f ≤ |f |, et 0 ≤ f + −
,
≤ |f |
avec f = f − f .
+ −

Pour une fonction à valeurs complexes : vrai pour les parties réelles et imaginaires, en remarquant que
0 ≤ | Re(f )| ≤ |f | et 0 ≤ | Im(f )| ≤ |f |
Pour un intervalle I quelconque : le résultat est vrai sur tout segment de I , donc sur I . 
Ch.1 Intégrales généralisées 11/15
Intégrales généralisées PC
Maths
M. Roger

Proposition 18 (Intégration par parties).


Soient I un intervalle, a < b les bornes ou des éléments de I , et u, v de classe C (I, C) et telles que u v 1 0

etZ uv sont intégrables. Alors


b
0
Z b
u0 (t)v(t) dt = lim
+ −
[u(t)v(t)]bt=a − u(t)v 0 (t) dt
a x→a , y→b a

Sur un segment , puis limite. 


Z y Z y
démonstration : [u(t)v(t)]yt=x = (u(t)v(t)) dt = 0
u0 (t)v(t) + u(t)v 0 (t)dt
x x

Notation 2. [u(t)v(t)]bt=a est parfois noté [uv]ba

Théorème 19 (changement de variables bijectif).


Soient I =]a, b[ et J =]α, β[ deux intervalles réels, f ∈ CM(I, F ) et ϕ ∈ C (J, I) une bijection 1

strictement monotone.
Alors f (t)dt converge si et seulement si ϕ (u)f (ϕ(u))du converge.
Z b Z β
0
a α

Si tel est le cas, alors f (t)dt =


Z Z b ϕ−1 (a)
0
ϕ (u)f (ϕ(u))du
a ϕ−1 (a)

démonstration :
On se place dans le cas f continue; le cas continue par morceaux se traiterait à l'aide d'une subdivision en
intervalles de continuité.
Soit F une primitive de f sur I , et G = F ◦ ϕ.
G est dérivable sur J = [α, β] et pour tout u ∈ J , G (u) = ϕ (u)F (ϕ(u)) = ϕ (u)f (ϕ(u)), donc G est la
0 0 0 0

primitive de ϕ × f ◦ ϕ qui vaut F (ϕ(α)) en α.


0

Ainsi,
ϕ(β)
pour tout β, Z β
.
Z
f (t)dt = F (ϕ(β))−F (ϕ(α)) = G(β)−G(α) = ϕ0 (u)f (ϕ(u))du
th fond. pour F def. de G th fond. pour G
Comme ϕ est une bijection de I sur J , en posant α = ϕ et β = ϕ , on conclut. 
ϕ(α) α
−1 −1 −1
(a) (b)
Remarque 7. c'est cette dernière version qui est souvent utile en pratique.

exemple 10. en posant ϕ : u 7→ eu , on a ϕ−1 : t 7→ ln t et :


Z x Z ln(x)
1 1
p dt = √ du = Arcsin(ln x) − Arcsin(0) = Arcsin(ln x).
1 2
t 1 − ln t 0 1 − u2

exemple 11. changement de variable affine Z b Z 1


lorsque J = [0, 1], I = [a, b] et ϕ : J −→ I, u 7−→ (1 − u)a + ub, on obtient : f (t)dt = (b − a)f ((1 − u)a + ub)du
Za b Z0 1  
a+b b−a b−a a+b b−a
lorsque J = [−1, 1], I = [a, b] et ϕ : J −→ I, u 7−→ +u , on obtient : f (t)dt = f +u du
2 2 a −1 2 2 2

Ch.1 Intégrales généralisées 12/15


Cours Intégrales généralisées PC
Chapitre 1 2020-2021

III.5 Espaces vectoriels de fonctions intégrables


Proposition 20.
(CML1 (I, K), +, ·) est un K-espace vectoriel.

Dénition 12 (fonction intégrable).


On note CML (I, K) = f ∈ CM(I, K); l'ensemble des fonctions continues par
 Z 
2
|f | converge
2

morceaux de carré intégrables sur I . I

Proposition 21.

L'application (f, g) 7−→< f |g >= est un produit scalaire sur C L (I, R)


Z
0 2
f (t)g(t) dt
I

démonstration :
La bilinéarité découle de la linéarité de l'intégrale. La positivité découle de la positivité de l'intégrale.
Si f : I → R est continue et vérie < f |f >= 0, alors t 7→ (f (t)) est continue positive d'intégrale nulle,
2

donc identiquement nulle, donc f = 0̃. D'où le résultat. 


Proposition 22 (inégalité de Cauchy-Schwarz).

Pour tous f, g ∈ CML (I, R), on a


Z sZ sZ
2
f (t)g(t) dt ≤ f (t)2 dt g(t)2 dt
I I I

démonstration : On a |f (t)g(t)| ≤ , d'où l'intégrabilité de .


|f (t)|2 + |g(t)|2
fg
dans le cas continu : , en notant la norme associée au produit scalaire
2 p
< f |g >≤ kf k2 kgk2 k k2 : h 7→ < h|h >
< | >. Le cas général se traite d'abord sur un segment à l'aide d'une subdivision adaptée à f et à g , la généralisation
est directe. 
Proposition 23.
(CML2 (I, K), +, ·) est un K-espace vectoriel.

Ch.1 Intégrales généralisées 13/15


Intégrales généralisées PC
Maths
M. Roger

Programme PC :
IV. Intégration
L'objectif de ce chapitre est multiple :
 étendre la notion d'intégrale étudiée en première année à des fonctions continues par morceaux sur un intervalle
quelconque par le biais des intégrales généralisées ;
 dénir, dans le cadre des fonctions continues par morceaux, la notion de fonction intégrable ;
 compléter le chapitre dédié aux suites et aux séries de fonctions par le théorème de la convergence dominée
et le théorème d'intégration terme à terme ;
 étudier les fonctions dénies par des intégrales dépendant d'un paramètre.
Les fonctions considérées sont dénies sur un intervalle de R et à valeurs réelles ou complexes.

Contenus Capacités & commentaires


a) Fonctions continues par morceaux
Fonctions continues par morceaux sur un segment, sur
un intervalle.
Intégrale sur un segment d'une fonction continue par Brève extension des propriétés étudiées en première an-
morceaux. née. Aucune construction n'est exigible.
b) Intégrales généralisées sur [a, +∞[
Si f est une application à valeurs complexes
Z continue par Intégrale divergente.
morceaux sur [a, +∞[ alors l'intégrale f (t)dt est
+∞

dite convergente si f (t)dt a une limite nie lorsque


Z x

x tend vers +∞. Si tel est le cas, on note


Z +∞
f (t)dt
cette limite. a

Si f est continue par morceaux sur [a, +∞[ et à valeurs


positives, f (t)dt converge si et seulement si x 7→
Z +∞

f (t)dt est majorée.


Z x

c) Intégrales généralisées sur un intervalle quelconque

Adaptation du paragraphe précédent aux fonctions conti- Notation f (t)dt.


Z b

nues par morceaux dénies sur un intervalle ouvert ou a

semi-ouvert de R. Z
Intégrales de référence : t dt, t dt. Les étudiants doivent connaître la nature de
Z +∞ 1 Z 1
−α −α
ln(t)dt
1 0 0

et e dt selon le signe de α.
Z +∞
−αt
0

Ch.1 Intégrales généralisées 14/15


Cours Intégrales généralisées PC
Chapitre 1 2020-2021

Contenus Capacités & Commentaires


Propriétés des intégrales généralisées : linéarité, positi-
vité, croissance, relation de Chasles.
Changement de variable :
si ϕ : ]α, β[ → ]a, b[ est une bijection strictement Adaptation au cas où ϕ est strictement décroissante.
croissante de classeZC , et si f : ]a, b[ → C est continue
1

par morceaux alors (f ◦ϕ)(u)ϕ (u)du est convergente


β
0
α

si et seulement si f (t)dt est convergente et, si tel est


Z b

le cas, elles sont égales.


a

Intégration par parties surZun intervalle quelconque : L'existence des limites du produit f g aux bornes de l'in-
Z b b
tervalle assure que les intégrales de f g et f g sont de0 0

même nature. Notation [f g] .


0 b 0
f (t)g (t)dt = [f g] − a f (t)g(t)dt. b
a a a

d) Intégrales absolument convergentes et fonctions intégrables


Intégrale absolument convergente. Pour une fonction à valeurs réelles, on utilise ses parties
La convergence absolue implique la convergence et dans positive et négative.
ce cas la valeur absolue (ou le module) de l'intégrale est
inférieure ou égale à l'intégrale de la valeur absolue (ou
du module).
Une fonction continue par morceaux sur un intervalle I Notations .
Z Z
f (t)dt, f
est dite intégrable sur I si son intégrale sur I est abso- I I

lument convergente.
Pour f et g fonctions continues par morceaux sur Adaptation au cas d'un intervalle quelconque.
[a, +∞[ :
 si |f | 6 |g|, alors l'intégrabilité de g implique celle
de f sur [a, +∞[.
 si f (x) = O (g(x)), alors l'intégrabilité de g
implique celle de f sur [a, +∞[.
x→∞

 si f (x) ∼ g(x), alors l'intégrabilité de f est


équivalente à celle de g sur [a, +∞[.
x→+∞

Si f est continue et intégrable sur I , alors |f (t)|dt = 0


Z

implique f = 0. I

Espace vectoriel des fonctions continues par morceaux


intégrables sur I .
Espace vectoriel des fonctions continues par morceaux Produit scalaire de deux fonctions continues de carré in-
de carré intégrable sur I . tégrable sur I à valeurs réelles.
Le produit de deux fonctions de carré intégrable est in-
tégrable. Inégalité de Cauchy-Schwarz.

Ch.1 Intégrales généralisées 15/15

Vous aimerez peut-être aussi