Cours Int Generalisees
Cours Int Generalisees
Chapitre 1 2020-2021
[Link]égration 14
Pré-requis
Intégrale d'une fonction continue sur un segment, convergence des sommes de Riemann. Primitive d'une fonction
continue, théorème fondamental du calcul diérentiel.
Objectifs
Donner du sens aux intégrales du cours de physique ou chimie ayant des bornes innies ou des bornes ouvertes.
Servira à étudier la nature de certaines séries numériques. On généralise les propriétés de l'intégrales sur un segment
aux fonctions intégrables sur un intervalle quelconque.
K=R ou K = C
I. Rappels de PCSI : intégration sur un segment
I.1 Intégrales de Riemann
lemme 1. Etant donnés deux réels a < b et f : [a, b] −→ K continue, la limite suivante existe et est nie :
N −1
X b−a k(b − a)
lim f a+
N →+∞
k=0
N N
[a,b] a a
N −1
b−a k(b − a)
Z X
f = lim f a+
[a,b] N →+∞
k=0
N N
Remarque 1. Cette dénition s'étend immédiatement à toute fonction continue sur ]a, b[ et prolongeable par
continuité en a et b : on ne change pas la valeur d'une intégrale en changeant la valeur en l'une de ses bornes.
N −1
1 X b−a k(b − a)
Z
f = lim f a+
[a,b] N →+∞ N N N
k=0
lemme 2. Supposons f : [a, b] → C, est continue sur ]a, b] et telle que la limite suivante existe et est nie :
lim f (x) = `
x→a+
.
Notons f˜ le prolongement par continuité de f sur [a, b].
Les sommes Z de Riemann de f et de f converge vers une même limite, appelée intégrale généralisée de f sur
˜
b
[a, b] et notée f (t) dt.
a
Z 1
sin t
exemple 1. dt converge, par prolongement par continuité.
0 t
Z 1 Z 1
1
exemple 2. dt diverge, par calcul de primitives = ln 1 − ln(α) n'a pas de limite nie en 0+ .
0 t α
II.1 Dénition
Dénition 3.
Soit I = [a, b] un segment. On dit que f : I −→ K est continue par morceaux sur I s'il existe
un entier m, une subdivision x = a < x < . . . x = b de I tels que pour tout i ∈ [[1, m]], en notant
I =]x , x [, on ait :
0 1 n
i i i+1
t2 si
t<1
exemple 3. f : [0, 2] → R, t 7−→ −1 − t si t≥1
est continue par morceaux sur [0, 2]
(prendre la subdivision 0 < 1 < 2 ).
Notation 1. On note CM([a, b], K) l'ensemble des fonctions continues par morceaux sur [a, b] à valeurs dans K.
On peut étendre cette notion aux fonctions dénies sur un intervalle :
Dénition 4.
Soit J =]a, c[ un intervalle. On dit que f : J → F est continue par morceaux sur J si elle est
continue par morceaux sur tout segment I ⊂ J .
t2 si t < 1
exemple 5. f : R → R, t 7−→ −1 − t si t ≥ 1
est continue par morceaux sur R
(prendre la subdivision a < 1 < b sur tout segment [a, b] contenant 1).
Dénition 5.
Soit I = [a, b] un segment, f ∈ CM([a, b], K), m un entier et une subdivision adaptée x = a < x <
. . . x = b de I , i.e. pour tout i ∈ [[0, m − 1]], en notant I =]x , x [, f est continue et se prolonge
0 1
[a,b]
m−1 m N −1 + !!
1 X xi+1 − xi k(xi+1 − xi )
Z XZ X
f= f= lim f xi +
[a,b] Ii N →+∞ N N N
i=0 i=1 k=0
de f sur [a, +∞[Z (impropre au voisinage de +∞) converge lorsque la limite suivante existe et est
FINIE : lim
x
f (t) dt
x→+∞ a
Z +∞
1 1
exemple 6. L'intégrale dt diverge, car f : x 7→ a pour primitive F : x 7→ ln(x) et F (x) n'a pas de
1 t x
limite nie en +∞.
Z +∞
exemple 7. L'intégrale cos(t) − t sin(t) dt diverge, car f : x 7→ cos(x) − x sin(x) a pour primitive F : x 7→
0
x cos(x) et F (x) n'a pas de limite en +∞.
De plus, on a : ∀α > 1, .
Z +∞
1
t−α dt =
1 α−1
. F (x) admet une limite nie (et nulle) en +∞ si et seulement si −α + 1 < 0, ie ssi 1 < α.
−α+1
x
F : x 7→
−α + 1
Proposition 6 (exponentielles ).
Soit β un réel.
L'intégrale généralisée converge si et seulement si .
Z +∞
e−βt dt β>0
0
De plus, on a : ∀β > 0, dt = .
Z +∞
1
e−βt
0 β
pour β 6= 0, on primitive f : x 7→ e en F : x 7→ e−β . F (x) admet une limite nie (et nulle)
−βx
démonstration : −βx
en +∞ si et seulement si β > 0.
III.2 Généralisation à un intervalle quelconque
Dénition 7 (Intégrale impropre convergente sur [a, b[).
Etant donnés deux réels a, b et f ∈ C ([a, b[, K) on dit que l'intégrale généralisée
0
(impropre en b) de
f sur [a, b[ converge lorsque la limite suivante existe et est FINIE : lim
Z x
f (t) dt
x→b− a
on dit que l'intégrale généralisée de f sur I (impropre en les bornes innies ou les bornes nies sans
prolongement par continuité) converge lorsque la limite suivante existe et est FINIE :
Z y
lim f (t) dt
x→α , y→β −
+
x
Remarque 2. Il s'agit d'une généralisation à un intervalle quelconque I , avec α = inf I et β = sup I , on dit que
Z y
l'intégrale de f ∈ C 0 (I, K) converge si lim+ lim− f (t) dt existe et est FINIE.
x→α y→β x
Cela permet de considérer des intervalles de la forme ] − ∞, +∞[, ] − ∞, b], ]a, b], [b, a[, etc...
Remarque 3. Ainsi pour étudier la convergence d'une intégrale généralisée d'une fonction f ∈ CM(I, K) :
1. On détermine les éventuelles bornes innies, et les valeurs éventuelles de discontinuité de f . On détermine
alors le ou les intervalles de continuité de f .
2. Pour chaque segment dans un intervalle de continuité, on justie l'existence d'une limite nie pour les
intégrales dont une borne se raproche d'une borne impropre.
Proposition 7 (Intégrales de Riemann).
Soit γ un réel.
L'intégrale généralisée t dt converge si et seulement si .
Z 1
−γ
γ<1
0
De plus, on a : ∀γ < 1, t dt = 1 −1 γ .
Z 1
−γ
0
Z +∞
exemple 8. L'intégrale e−|t| dt converge, car f : x 7→ e−x est continue sur R+ , se primitive en x 7→ −e−x ,
Z +∞ −∞ Z 0
donc e dt converge, et de même
−t
et dt converge.
0 −∞
Proposition 8 (logarithme).
L'intégrale généralisée converge et vaut .
Z 1 Z 1
ln(t) dt ln(t) dt = −1
0 0
démonstration :
L'intégrale généralisée (impropre en 0) ln(t) dt converge et vaut −1, car f : x 7→ ln x a pour primitive sur
Z 1
x→0+
Remarque 4. Dans le cas d'une fonction continue par morceaux sur un intervalle, les bornes impropres à étudier
sont :
1. les bornes ouvertes de l'ensembles de dénition ( innies ou non)
2. les valeurs de discontinuité.
Proposition 9 (Linéarité).
Soit I =]a, b[. Si f et g sont continues par morceaux et si f et g convergent, alors pour tous
Z Z
I I
λ, µ ∈ K, λf + µg converge et
Z Z Z b Z b b
(λf (t) + g(t))dt = λ f (t)dt + g(t)dt
I a a a
a Z b
i.e. (a < b et f ≥ 0) ⇒ f (t) dt ≥ 0
a
Proposition 11 (critère d'intégrabilité pour une fonction positive sur [a, +∞[).
Etant donnés un réel a et f ∈ CM([a + ∞[, R) à valeurs positives, alors l'intégrale généralisée
Z +∞
f
a
Par positivité de l'intégrale, F : x 7→ f (t) dt est croissante, et à valeurs positives. Elle admet
Z x
démonstration :
une limite ` nie en +∞ si et seulement si elle est majorée, d'après le théorème de la limite monotone, vu en PCSI
a
Proposition 12.
démonstration : cas I = [α, β[, α ∈ R f = f − f , où f : t 7→ max(f (t), 0)Z et f : tZ7→ max(−f (t), 0). On
+ − + −
a pour tout t : 0 ≤ f (t) ≤ |f (t)| et 0 ≤ f (t) ≤ |f (t)|, donc par comparaison, f et f convergent, car
β β
+ − + −
α α
les sont majorées par les |f (t)| donc par |f |. Par linéarité de l'intégrale (sur les segments puis passage à
Zy Z y Z β
α α α
I I
Z +∞
sin x
Remarque 5. La réciproque est fausse : dx est convergente, et non absolument convergente (c.f ; TD :
0 x
suites adjacentes, ou IPP).
Remarque 6. Pour une fonction
Z à valeurs réelles positives, l'intégrabilité sur I est équivalent à la convergence
de l'intégrale généralisée f.
I
t→b−
! I
Z b
en particulier : f ∈ C 0 (I, R), f (t)dt = 0 et ∀t ∈ I, f (t) ≥ 0 ⇒ ∀t ∈ I, f (t) = 0
a
Pour une fonction à valeurs complexes : vrai pour les parties réelles et imaginaires, en remarquant que
0 ≤ | Re(f )| ≤ |f | et 0 ≤ | Im(f )| ≤ |f |
Pour un intervalle I quelconque : le résultat est vrai sur tout segment de I , donc sur I .
Ch.1 Intégrales généralisées 11/15
Intégrales généralisées PC
Maths
M. Roger
strictement monotone.
Alors f (t)dt converge si et seulement si ϕ (u)f (ϕ(u))du converge.
Z b Z β
0
a α
démonstration :
On se place dans le cas f continue; le cas continue par morceaux se traiterait à l'aide d'une subdivision en
intervalles de continuité.
Soit F une primitive de f sur I , et G = F ◦ ϕ.
G est dérivable sur J = [α, β] et pour tout u ∈ J , G (u) = ϕ (u)F (ϕ(u)) = ϕ (u)f (ϕ(u)), donc G est la
0 0 0 0
Ainsi,
ϕ(β)
pour tout β, Z β
.
Z
f (t)dt = F (ϕ(β))−F (ϕ(α)) = G(β)−G(α) = ϕ0 (u)f (ϕ(u))du
th fond. pour F def. de G th fond. pour G
Comme ϕ est une bijection de I sur J , en posant α = ϕ et β = ϕ , on conclut.
ϕ(α) α
−1 −1 −1
(a) (b)
Remarque 7. c'est cette dernière version qui est souvent utile en pratique.
Proposition 21.
démonstration :
La bilinéarité découle de la linéarité de l'intégrale. La positivité découle de la positivité de l'intégrale.
Si f : I → R est continue et vérie < f |f >= 0, alors t 7→ (f (t)) est continue positive d'intégrale nulle,
2
Programme PC :
IV. Intégration
L'objectif de ce chapitre est multiple :
étendre la notion d'intégrale étudiée en première année à des fonctions continues par morceaux sur un intervalle
quelconque par le biais des intégrales généralisées ;
dénir, dans le cadre des fonctions continues par morceaux, la notion de fonction intégrable ;
compléter le chapitre dédié aux suites et aux séries de fonctions par le théorème de la convergence dominée
et le théorème d'intégration terme à terme ;
étudier les fonctions dénies par des intégrales dépendant d'un paramètre.
Les fonctions considérées sont dénies sur un intervalle de R et à valeurs réelles ou complexes.
semi-ouvert de R. Z
Intégrales de référence : t dt, t dt. Les étudiants doivent connaître la nature de
Z +∞ 1 Z 1
−α −α
ln(t)dt
1 0 0
et e dt selon le signe de α.
Z +∞
−αt
0
Intégration par parties surZun intervalle quelconque : L'existence des limites du produit f g aux bornes de l'in-
Z b b
tervalle assure que les intégrales de f g et f g sont de0 0
lument convergente.
Pour f et g fonctions continues par morceaux sur Adaptation au cas d'un intervalle quelconque.
[a, +∞[ :
si |f | 6 |g|, alors l'intégrabilité de g implique celle
de f sur [a, +∞[.
si f (x) = O (g(x)), alors l'intégrabilité de g
implique celle de f sur [a, +∞[.
x→∞
implique f = 0. I