ECE 2 - Année 2018-2019
Lycée français de Vienne
Mathématiques - F. Gaunard
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Devoir Maison n°4
Solution
Exercice 1 - (court) Extrait d’ECRICOME 2016
On pose pour tout n ∈ N :
+∞
(ln(1 + x))n
Z
In = dx.
0 (1 + x)2
(1) Pour n = 0, l’intégrale I0 que l’on doit calculer est
Z +∞
dx
I0 = .
0 (1 + x)2
Soit donc A > 0.
Z A A
dx 1 1
2
= − =1−
0 (1 + x) 1+x 0 1+A
−→ 1.
A→+∞
Ainsi, I0 est bien convergente et
I0 = 1.
∗
(2) Soit n ∈ N . La fonction x 7→ ((ln(1 + x))n /(1 + x)2 est continue sur [0 : 1], donc
Z 1
(ln(1 + x))n
dx
0 (1 + x)2
est bien définie. Il reste à vérifier la convergence de l’intégrale à l’infini. Comme la fonction
x 7→ (ln(1 + x))n /(1 + x)2 est positive sur [0; +∞[, que
(ln(1 + x))n
1
=o ,
(1 + x)2 x3/2
et que (par critère de Riemann) l’intégrale
Z +∞
dx
1 x3/2
converge, le critère d’équivalence pour les fonctions positives permet d’affirmer que
Z +∞
(ln(1 + x))n
dx
1 (1 + x)2
2 Solution
est également convergente et ainsi In est bien définie, pour tout n ∈ N.
(3) On fait bien attention à faire l’intégration par partie sur [0; A] après avoir fixé A > 0. Soit donc
A > 0. Les fonctions u(x) = (ln(1 + x))n+1 et v 0 (x) = 1/(1 + x)2 sont bien de classe C 1 sur [0; A]
rendant licite l’intégration par parties. Ainsi, on a
(n + 1)(ln(1 + x))n 1
u0 (x) = , v(x) = −
1+x 1+x
et la formule d’IPP donne
Z A A Z A
(ln(1 + x))n (ln(1 + x))n+1 (ln(1 + x))n
dx = − + (n + 1) dx
0 (1 + x)2 1+x 0 0 (1 + x)2
Z A
(ln(1 + A))n+1 (ln(1 + x))n
= − + (n + 1) dx.
1+A 0 (1 + x)2
Or, par croissance comparée
(ln(1 + A))n
lim =0
A→+∞ 1+A
et, comme on a prouvé la convergence de In pour tout n ∈ N∗ ,
Z A
(ln(1 + x))n
lim dx = In .
A→+∞ 0 (1 + x)2
On a donc bien In+1 = (n + 1)In .
(4) On procède par récurrence sur n ∈ N.
• initialisation: Pour n = 0, on a I0 = 1 = 0! et la relation est bien vérifiée.
• hérédité: Supposons que, pour un certain n ∈ N, on ait In = n!. D’après la question
précédente, on a alors
In+1 = (n + 1)In = (n + 1)n! = (n + 1)!,
HR
et la relation est bien vérifiée au rang (n + 1) ce qui termine la récurrence.
Exercice 2
Soit α > 0. On considère les fonctions f1 et f2 , définie sur R, par
f1 (x) = eαx , f2 (x) = xeαx ,
on note E l’espace vectoriel E = Vect(f1 , f2 ) (E est donc un sous-espace vectoriel est de C 0 (R)) et ∆
l’endomorphisme de E défini par
∆ : g 7−→ g 0 .
(1) Montrons que la famille (f1 , f2 ) est libre en montrant que f1 et f2 ne sont pas colinéaires.
Supposons qu’il existe λ ∈ R tel quel f2 = λf1 , ce qui signifie que
∀x ∈ R, xeαx = λeαx .
Comme une exponentielle ne s’annule jamais, ceci donne
∀x ∈ R, x = λ,
ce qui est clairement impossible (dès que x 6= λ). Ainsi la famille est libre. Comme elle engendre
(par définition de E) l’espace E, elle en forme une base. En particulier, dim(E) = 2.
Devoir Maison n°4 3
(2) Il faut calculer les images des vecteurs de la base
∆f1 (x) = f10 (x) = αeαx
= αf1 (x)
∆f2 (x) = f20 (x) = eαx + xαeαx
= f1 (x) + αf2 (x)
Ainsi, on peut écrire la matrice de ∆ dans la base (f1 , f2 ):
α 1
A = Mat (∆, (f1 , f2 )) = .
0 α
(3) Pour montrer que l’endomorphisme ∆ est un automorphisme, il suffit de justifier que la matrice
précédente est inversible, ce qui peut se faire à l’aide du déterminant (qui vaut ici α2 6= 0 - car
α est supposé strictement positif) ou car la matrice est triangulaire supérieure avec pour seul
coefficient diagonal α qui est non nul.
Remarque. L’endomorphisme ∆ est donc ici un automorphisme de E. On fera bien attention
à comprendre que l’application consistant à dériver est bijective lorsqu’on la regarde sur l’espace
E. Si celle-ci est toujours bien linéaire sur C 0 (R) ou sur Rn [X], elle n’y est plus du tout bijective.
(4) Le calcul donne
2 2 3
2 α 1 α 2α 3 α 3α2
A = = , A = ,
0 α 0 α2 0 α3
de sorte qu’on peut conjecturer que
∗ n αn nαn−1
∀n ∈ N , A = ,
0 αn
ce que l’on va démontrer par récurrence sur n ∈ N∗ . Il n’est nécessaire que de montrer le caractère
héréditaire de la propriété, celle-ci étant déjà initialisée. Supposons donc que, pour un certain
n ∈ N∗ , on ait n
n α nαn−1
A = .
0 αn
Alors, n n+1
n+1 n α 1 α nαn−1 α (n + 1)αn
A =A·A = · = ,
0 α 0 αn 0 αn+1
ce qui est bien la propriété au rang (n + 1) et termine la récurrence.
(5) Dériver n fois
revient
à appliquer ∆n dont la matrice est justement An . Comme f1 a pour
1
coordonnées dans la base (f1 , f2 ), on a
0
n
n n 1 α
∆ f1 = A = = αn f1 + 0f2
0 0
donc
(n)
f1 (x) = αn eαx .
De la même manière,
n−1
n 0 nα
n
∆ f2 = A = = nαn−1 f1 + αn f2
1 αn
et donc
(n)
f2 (x) = nαn−1 + αn x eαx .
4 Solution
Exercice 3 - D’après EDHEC 2013
(1) On note B = (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de R3 et on considère l’endomorphisme f de R3 dont
la matrice dans la base B est
2 1 2
A = −1 −1 −1 .
−1 0 −1
(a) Le calcul donne
1 1 1
A2 = 0 0 0 6= 0, et A3 = 0
−1 −1 −1
(b) On résout
x
X = (x, y, z) ∈ Ker(f ) ⇐⇒ A y = 0
z
2x + y + 2z = 0
⇐⇒ −x − y − z = 0
−x − z = 0
y = 0
⇐⇒
z = −x
⇐⇒ X = (x, 0, −x) = x(1, 0, −1)
Ainsi, posant u = (1, 0, −1), on a Ker(f ) = Vect(u) et u étant non nul, il forme bien une
base du noyau de f qui est alors de dimension 1. Par le théorème du rang, l’image de f est
alors de dimension 2. Il suffit de prendre deux colonnes de la matrice de f qui ne soient pas
colinéaires, disons les deux premières, pour avoir une base de l’image. En posant
v = (2, −1, −1), et w = (1, −1, 0),
on a bien Im(f ) = Vect(v, w) et (v, w) forme bien une base de l’image de f .
(c) D’après le calcul de A2 (qui est la matrice de f 2 dans la base canonique de R3 , il est clair
que (comme trois fois la même colonne qui correspond aux coordonnées de u dans la base
canonique)
Im(f 2 ) = Vect(u) = Ker(f ).
Dans la suite, on considère un endomorphisme g de R3 tel que
g 2 6= 0, et g 3 = 0,
ce qui signifie que g ◦ g n’est pas l’endomorphisme nul, mais que g ◦ g ◦ g est l’endomorphisme
nul. En désignant par M la matrice de g dans la base canonique R3 de R3 on a donc : M 2 6= 0
et M 3 = 0 .
On se propose de montrer, dans ce cas plus général, que Im (g 2 ) = Ker (g).
(2) (a) Comme g 2 6= 0, il existe nécessairement u ∈ R3 tel que g 2 (u) 6= 0 (sinon g 2 enverrait tout
élément sur 0 et serait l’endomorphisme nul).
Devoir Maison n°4 5
(b) Comme on est en dimension 3 et en présence de 3 vecteurs, il suffit de montrer que la famille
est libre. Soient a, b, c ∈ R tels que
au + bg(u) + cg 2 (u) = 0 (?).
2 3 4
En appliquant g à la relation (?), comme g = g = 0, on obtient
g 2 au + bg(u) + cg 2 (u) = ag 2 (u) = 0.
Mais comme g 2 (u) 6= 0, on a nécessairement a = 0. Ainsi, (?) devient
bg(u) + cg 2 (u) = 0.
On applique alors maintenant g et on obtient
g(bg(u) + cg 2 (u)) = bg 2 (u) = 0
et comme précédemment b = 0. Il ne reste dans (?) que cg 2 (u) = 0 qui donne c = 0. On
a bien a = b = bc = 0 ce qui montre bien que la famille est libre et que celle-ci forme une
base de R3 .
(c) Par définition de la matrice d’une application dans une base, et comme g(g 2 (u)) = g 3 (u) = 0,
on a
0 0 0
Mat(g, B 0 ) = 1 0 0
0 1 0
(d) On voit avec la matrice ci-dessus que le rang de g est alors 2 (la dimension de son noyau est
1). Attention, les colonnes ici donnent les coordonnées (et les coordonnées seulement) dans
la base B 0 des vecteurs que l’on va prendre pour l’image et la noyau. On a clairement
Im(g) = Vect(g(u), g 2 (u)), Ker(g) = Vect(g 2 (u)).
La matrice de g 2 dans cette même base est alors
0 0 0
Mat(g 2 , B 0 ) = 0 0 0
1 0 0
0
ce qui permet d’écrire (observant que 0 est le vecteur colonne correspondant aux coor-
1
2 0
données de g (u) dans B )
Im(g 2 ) = Vect(g 2 (u)) = Ker(g),
ce qui est bien la conclusion souhaitée.