Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
Rapport final du programme d’échange USOS
Université Antwerpen
Belgique
« Fatima : symbole des défis et horizons
pour l’éducation et l’intégration en
Belgique. »
Elaboré par :
Mr. Moussaoui Mohamed Abdellah
Mlle. Kasami Virginie
Mlle Saibad Widad
Mr. Bisimwa Baraka Crispin
Mlle Kifu Delicia
27 Septembre 2024
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
REMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier du fond du cœur l’équipe USOS chacun par son
Nom pour les efforts déployés afin de nous garantir un voyage et un
séjour confortable.
Nous remercions également nos familles d’accueil pour leur chaleureuse
prise en charge et orientations.
Nous devons aussi de la gratitude pour l’Université Antwerpen à Anvers,
l’Université Mohammed Premier à Oujda et l’Université Catholique de
Bucavu pour leur soutien et facilités.
Nous exprimons énormément de respect et d’amour pour les étudiants
Belges qui nous ont accompagnés durant cette aventure par leur sacrifices
et patience.
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
ACRONYMES
Organisation internationale pour
OIM
les migrations
ONU Organisation des Nations Unies
Commissariat Général aux
CGRA
Réfugiés et aux Apatrides
Centres d’Accompagnement
CARDA Rapproché pour les Demandeurs
d’Asile
les classes d’accueil pour
OKAN
locuteurs d’autres langues
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
Introduction
La thématique de la migration ne peut être abordée sans mettre la lumière sur
les concepts qui s’y attachent. Il n’existe jusqu’à présent une définition unifiée et
standardisée pour le concept «migrant» à l’échelon international. Cependant
l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a considéré le migrant
comme: « toute personne qui quitte son lieu de résidence habituelle pour s’établir à
titre temporaire ou permanent et pour diverses raisons, soit dans une autre région à
l’intérieur d’un même pays, soit dans un autre pays, franchissant ainsi une frontière
internationale »1.
Alors que pour l’Organisation des Nations Unies (ONU), ce terme désigne
« toute personne qui a résidé dans un pays étranger pendant plus d’une année, quelles
que soient les causes, volontaires ou involontaires, du mouvement, et quels que
soient les moyens, réguliers ou irréguliers, utilisés pour migrer »2.
Il est à noter aussi que le sociologue abdelmalek sayad3 a différencié entre le
mot « Émigrer » qui signifie quitter son pays d’origine pour habiter dans un autre,
soulignant la notion de pays de départ. On peut par exemple dire «Certains syriens
émigrent de leur pays à cause de la guerre». Et le mot « Immigrer » (expatriate) qui
signifie venir habiter dans un pays d’accueil, mettant de l'accent sur le pays d'arrivée.
Par exemple, on pourrait utiliser ce terme en disant «Mes amis immigrent en
Belgique» en voulant dire qu'ils viennent habiter en Belgique».
Historiquement la migration est depuis toujours un phénomène central depuis
l’existence de l’humanité. Elle façonne les sociétés et reste un processus complexe,
en constante évolution. Que ce soit pour échapper à la guerre, à la pauvreté, ou tout
simplement pour trouver de meilleures opportunités, des millions de personnes à
travers le monde sont en mouvement. Pourtant, les migrations d’aujourd’hui sont
souvent le résultat de faits historiques comme la colonisation et la décolonisation4.
1
https://www.iom.int/fr/termes-cles-de-la-migration (visité le 22/09/2024 à 15h20)
2
https://refugeesmigrants.un.org/fr (visité le 22/09/2024 à 16h40)
3
Abdelmalek sayad sociologue, directeur de recherche au CNRS et à l'École des hautes études en
sciences sociales (EHESS), assistant, collaborateur et ami de Pierre Bourdieu. Fin connaisseur de la
communauté nord-africaine en France, il a été décrit par ses amis comme le « Socrate d'Algérie ».
4
Quintard M, (2011), Histoire des migrations internationales et des luttes contre les discriminations, e-
Migrinter, 7, 86-88. https://doi.org/10.4000/e-migrinter.908
1
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
À l’époque coloniale, ce sont surtout les besoins des grandes puissances qui
dictaient les mouvements migratoires. Des travailleurs étaient envoyés pour
renforcer les économies des colonies et des métropoles, créant des liens migratoires
durables entre les anciens territoires colonisés et leurs colonisateurs5.
Mais après la décolonisation, les choses ont changé, et la mondialisation a pris
le relais. Les routes migratoires se sont diversifiées, attirant des migrants en quête de
meilleures conditions de vie ou fuyant des situations instables6.
En même temps, le langage autour de la migration a évolué. Les mots sont
devenus un outil puissant pour orienter la perception des migrants et guider les
politiques migratoires. Des expressions comme “demandeur d’asile” ou “réfugié
politique” ne sont pas juste des termes juridiques, ils influencent aussi la manière
dont on voit les migrants7.
D’autre part, la migration présente à la fois des défis et des opportunités pour
les pays d'accueil et d'origine. Les pays d'accueil peuvent faire face à des pressions
sur le marché du travail, des coûts à court terme et une possible augmentation de la
criminalité. Cependant, les migrants contribuent à la croissance économique, à
l'innovation et à l'équilibre budgétaire à long terme. Pour les pays d'origine,
l'émigration peut entraîner une perte de capital humain et de compétitivité, mais elle
génère des envois de fonds et renforce les liens commerciaux8.
La Belgique n’échappe pas à ce paysage migratoire international, puisqu’un
Belge sur quatre a un parent né étranger. L’histoire de l’immigration en Belgique est
aussi vieille que celle du pays. Toutefois, sa forme va changer au fil des époques.
Alors que jusqu’à la fin du 19e siècle, la migration internationale en Belgique se fait
sur une distance relativement courte, les migrants venant principalement des pays
limitrophes, elle se caractérise aujourd’hui par une très grande diversification des
nationalités et des migrants originaires de pays de plus en plus lointains. Entre ces
deux périodes, on a la seconde guerre mondiale et tous les bouleversements qu’elle
5
Ibid
6
De Haas H, Castles S, & Miller, M. J. (2019), The age of migration: International population movements
in the modern world, Bloomsbury Publishing
7
Quintard M. (2011), Op. cit.
8
Koczan Z, Peri G, Pinat M, & Rozhkov, D. (2021), The impact of international migration on inclusive
growth: A review
2
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
va engendrer, mais aussi une constante : l’importance de « la loi de l’offre et la
demande de main d’œuvre »9.
De part, et à propos de l’émigration jusqu’à la fin du 19éme siècle, la Belgique
était un pays d’émigration (France + Argentine et Canada). Par ailleurs de nombreux
flamands sont venus travailler en Wallonie.
D’autre part, l’immigration Mineurs et métallurgistes allemands, manœuvres et
employés de maisons néerlandais, migrants hautement qualifiés des régions urbaines
visant une ascension sociale rapide (gouvernantes anglaises, banquiers allemands,
étudiants étrangers, entrepreneurs juifs d’Ukraine et Biélorussie, domestiques
italiens et français polyglottes pour le secteur hôtelier, diamantaires juifs de Pologne,
sculpteurs italiens,…)10.
En effet, après la 2ème guerre mondiale la Belgique conclut de nouvelles
conventions bilatérales avec l’Espagne (1956), la Grèce (1957), ainsi qu’avec le
Maroc et la Turquie (1964). Ces travailleurs arrivent la plupart du temps seuls, sans
leur famille. Par la suite, ils auront le droit de faire venir leur famille, ce qui
engendrera un nouveau phénomène : le regroupement familial11, surtout lors de la
crise économique 1974-1990.
Et à partir de 1990 jusqu’aujourd’hui, on a eu des nouvelles réformes de la loi
de migration en Europe (application de l'accord de Schengen, Le processus de
Barcelone…). La sécuritisation de la migration prend place en Europe (pensées et
idéologies, discours politique -partis de l’extrême droite-, lois draconiennes…).
C’est dans cette nouvelle ère migratoire que nous allons raconter l’histoire
d’une petite fille Syrienne de 15 ans qui s’appelle Fatima qui vienne sur le territoire
Flandre alourdie par les séquelles de la guerre en Syrie qu’elle fui et la séparation de
ses parents, ainsi que les tentatives de viol et de traite qu’elle a vécue tout au long de
sa route de la Syrie vers la Belgique. Une fois à Anvers, Fatima aperçoit quatre
arabes, de quoi se sentir vraiment mieux. Sans perdre le temps, elle s’adresse à eux,
elle leur parle du pourquoi de son voyage au combien périlleux jusqu’en Belgique.
Ces derniers, touchés dans leur for intérieur n’hésitent pas à entreprendre des actions
en vue d’aider la petite fille de 15 ans à se sentir comme étant chez elle et retrouver
9
Cahier “vivre ensemble” du CIRE, 2009, p. 1
10
Ibid
11
Ibid
3
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
le sourire perdu depuis lors. Mais cela n’a jamais été facile. Quels sont donc les
défis et horizons de Fatima pour accéder au système éducatif et s’intégrer dans
la communauté Flandre en Belgique ?
Afin de répondre à cette problématique nous allons adopter la méthode
descriptive basée sur l’observation faite tout au long des présentations et visites
qu’on a assisté lors de notre programme d’échange USOS à Anvers. Nous utiliserons
aussi la méthode quantitative basée sur des statistiques et chiffres.
4
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
C’est ainsi qu’un arabe, Oussama, qui, depuis 15 ans vit à Anvers, en Flandre
se décide d’accompagner la petite Fatima dans ce processus de demande d’asile en
vue d’acquérir le statut de réfugié en Belgique tout en implorant une protection parce
qu’elle craint d’être persécutée dans son pays d’origine.
La première étape a donc consisté en l’introduction d’une demande d’asile
(fournir les informations personnelles) par Fatima, épaulée par Oussama (qui devient
l’accompagnateur de la petite Fatima qui maitrise déjà son histoire). Alors le
Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides (CGRA) a fourni un avocat
gratuitement à Fatima qui sera toujours près d’elle pendant le processus.
Directement, FATIMA est placée dans le centre de la croix rouge réservé à
l’accueil des demandeurs d’asile à Linkeroever/Anvers, où elle rencontre les autres
personnes étant dans la même situation qu’elle, mais de tout âge puisque ce centre
n’a pas pris en considération l’état exceptionnel de Fatima comme mineur de 15 ans
non accompagnée qui se trouve hébergée avec des adultes et adolescents dans le
même centre.
La deuxième étape a été l’examen de la demande d’asile de Fatima. Au cours
d’un entretien avec l’officier de protection du CGRA, Fatima a eu l’occasion de
raconter son histoire ainsi que de préciser les motifs de sa demande, tout en étant
soutenue par son Avocat et une interprète désignée par le CGRA. L’officier de
protection a demandé des documents et justificatifs à Fatima pour prouver ses
informations personnelles, alors qu’elle a fui la guerre pour sauver sa vie, et la
dernière chose à quoi elle pouvait penser dans de telle situation était de chercher et
préparer ses documents et justificatifs !!
Pendant la longue période d’examen par le CGRA (une durée d’environ 1 ans !),
Fatima reste au centre d’accueil croix rouge de Linkeroever, étant confrontée à des
problèmes psychologiques causés par la guerre dans son pays d’origine, l’absence de
ses parents, alors la croix rouge lui a fourni divers programmes de soutien
psychologique notamment par le biais des Centres d’Accompagnement Rapproché
pour les Demandeurs d’Asile (CARDA), ces centres sont spécialement conçus pour
une aide psychologique aux migrants ayant des besoins spécifiques, tels que le stress
post-traumatique et d’autres problèmes psychologiques et mentaux12, de plus, la
12
Centre d’accueil pour demandeurs d’asile en souffrance mentale, Belgique/ International Federation
of Red Cross and Red Crescent Societies.
5
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
croix rouge propose des formations en premiers secours psychologiques permettant
aux participants d’apprendre à reconnaitre les signes de détresse mentale et à apporter
un soutien adéquat13, elle y a également appris les notions de base en Néerlandais et
familiarisé avec d’autres cultures. Elle et Oussama croisent les doigts pour que tout
se déroule à merveille et qu’elle parvienne à obtenir le statut de réfugié. Le CGRA,
de son côté examine, pendant une période d’environ un an, si les déclarations de
Fatima coïncident avec la réalité!!
En même temps, Fatima doit étudier mais elle est confrontée à un sérieux
problème, elle ne connait pas parfaitement la langue Néerlandaise et pourtant, dans
le système éducatif Flandre, l’accès à l’enseignement primaire et secondaire est
obligatoire, celui-ci se fait en Néerlandais. Il lui faut donc s’inscrire à ATLAS qui
enregistre les enfants migrants arrivés en Belgique pour les répartir sur les centres de
langue par ordre selon les capacités. Alors Fatima, après avoir attendu pendant une
longue durée dans la liste d’attente ATLAS, était orientée vers les classes d’accueil
pour locuteurs d’autres langues (OKAN) à Anvers qui lui servira pendant une ou
deux ans selon le cas, d’apprendre le Néerlandais afin de mieux s’intégrer par la suite
dans l’école secondaire régulière.
Fatima intègre ainsi l’OKAN, bien qu’elle était incapable de payer les 175 Euro
par an pour être inscrite, Oussama a demandé l’aide à d’autres communautés de
migrants, et puis Fatima est accueillie dans une classe pour locuteurs d’autres langues
accueillant un groupe diversifié de jeunes de différentes nationalités âgées de 12 à
18 ans. Une seule chose est commune entre eux, apprendre le Néerlandais afin de
pouvoir passer à l’enseignement régulier après un ou deux ans. Pendant les trois
premières semaines de l’année scolaire, Fatima et ses collègues sont répartis en
différents groupes et reçoivent les mêmes cours. Après cette période, ils passent un
test (triage selon les niveaux de chaque élève) et un conseil de classe est organisé
pour les répartir en groupes de niveaux.
https://migrationsmartpractices.ifrc.org/fr/smart-
Practice/centre-daccueil-pour-demandeurs dasile-en-souffrance-mentale-Belgique/ (visité le 21/09/2024
à 17h20)
13
Formation d’accompagnateur en psychiatrie de l’âge avancé (FAP), Croix-Rouge Valais.
https://www.croix-rouge-valais.ch/organisation-aide/formation-accompagnateur-psychiatrie-avance-
72.html (visité le 22/09/2024 à 13h10).
6
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
Pendant toute l’année scolaire, Fatima reçoit des cours en Néerlandais. Elle y
travaille avec son groupe conçu en fonction du niveau de langue. Fatima et les autres
migrants ont bénéficié d’un soutien psychosocial pour les aider à s’adapter à leur
nouvel environnement scolaire. Cela incluait l’accès à des conseillers scolaires ou à
des psychologues travaillant en collaboration avec les enseignants pour répondre aux
besoins individuels des élèves.14 C’est ainsi que Fatima a terminé son parcours à
OKAN avec succès.
Dans ce sens et selon les statistiques de l’Office des Etrangers, chaque année,
le système éducatif belge accueille plus de 21000 enfants nés à l’étranger. Ces
enfants sont, pour la plupart, âgés entre 12 et 18 ans, ne parlent pas la langue
d’enseignement et, plus important encore, n’ont pas le même niveau d’éducation que
les autres enfants belges de leur âge scolaire. A cela s’ajoute encore des problèmes
d’analphabétisme et des différences de culture et de religion profonde. Le système,
tel qu’il est aujourd’hui, entraine, via le redoublement et le décrochage scolaire, le
regroupement de ces élèves dans des écoles « ghettos », où une grande partie des
élèves défavorisés se retrouvent. Les chances de réussite et d’intégration de ces
élèves deviennent alors très pauvres, ce qui peut entrainer un sentiment de frustration
et d’injustice.15
L’inclusion de Fatima, une élève issue de l’immigration dans l’enseignement
n’a pas du tout été facile vu la présence de plusieurs barrières telles que la langue
(d’où son intégration à OKAN), la couleur de peau et aspect, les convictions
religieuses, l’origine mais également les inégalités éducatives et la fracture
numérique. En se focalisant sur ce dernier point inhérent aux inégalités éducatives et
fracture numérique, Fatima en a été victime à 3 niveaux 16:
Les disparités d’accès aux appareils numériques et à une connexion internet stable
Les disparités de compétences et connaissances pour participer à l’éducation
numérique et pour accéder aux informations trouvées et transmises par des moyens
numériques
14
https://fr.rodekruis.be/wat-kan-jij-doen/leer-eerste-
hulp/volg-een-opleinding/ons-aanbod/ (visité le 22/09/2024 à 11h00).
15
Mayeur P-H, 2016
16 Van Djick 2005, 2012
7
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
Les disparités de compétences et connaissances pour évaluer et appliquer les
informations trouvées et leur utilisation.
Ceci car la petite fille, ne maitrisant pas l’utilisation de nouvelles technologies
d’information et de communication, son accompagnateur, Oussama, ne maitrise non
plus les outils informatiques, en plus il était dans une situation économique
vulnérable et la plupart du temps occupé ne fournissant ainsi pas assez de
connaissances à la petite quant à ce.
Cela a été approuvé par les statistiques en fin d’année 2022, puisque 25% des
élèves d’école primaire issus de l’immigration sont atteints de ces inégalités contre
40 pourcent des élèves de l’école secondaire.17
La dernière étape, celle cruciale a été la décision de la part du CGRA qui,
malheureusement, n’a pas permis à Fatima d’obtenir le statut de réfugié et résider en
Flandre parce que le CGRA a considéré que la guerre en Syrie est finie et que Fatima
n’a pas de justification pour rester en Flandre, malgré que sa vie est en danger si elle
retourne dans son pays d’origine vu qu’elle a su après que son père l’opposant a été
exécuté par le régime Syrien, et ce dernier ne cesse de menacer sa famille…
il est à signaler aussi que la convention de Genève de 1951 relative au statut des
réfugiés18 (ratifiée par la Belgique le 22 Juillet 1953) et sur laquelle le CGRA se base
pour délivrer le statut de réfugié aux demandeurs d’asile, n’englobe pas
explicitement le motif de «la guerre» parmi les 5 conditions (la race, la religion, la
nationalité, l’appartenance à un certain groupe social et les opinions politiques)
nécessaire pour offrir le statut de réfugié (au contraire de la Convention de
l'Organisation de l’Unité Africaine (Union Africaine maintenant) régissant les
aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique de 1969 qui englobe «la
guerre» comme motif de demande d’asile)…
Après cette décision, Fatima déprimée quitte le centre de la croix rouge et
OKAN et redevienne en situation irrégulière perdu dans les rues Flandres… puisque
son accompagnant a déménagé vers un autre pays Européen à cause d’une crise
financière….
17DeSchoolBrug 2023, Digital Inclusion Barometer, 2023.
18
Assemblée générale des Nations Unies, convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés,
28 juillet 1951, Article premier (2).
8
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
Certes la Belgique a fait de grand progrès en matière d’accès des enfants
migrants à l’éducation, cependant quelques observations et points à améliorer sont
à souligner pour développer encore ce progrès :
- La non ratification jusqu’à présent de la convention internationale sur la protection
des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille de 1990
de l’ONU par la Belgique, cette convention comporte des droits et obligations qui
peuvent aider les migrants à mieux s’intégrer en Belgique ;
- le risque de décrochage scolaire causé par l’interdiction du port de symboles
religieux dans les établissements scolaires publics.
- la ségrégation de fait basée sur l’origine sociale des enfants et les difficultés
rencontrées dans les établissements scolaires par les enfants handicapés ;
- la fréquentation irrégulière de l’enseignement maternel et les disparités selon les
régions et les groupes socioéconomiques ;
- l’accès insuffisant de la minorité francophone à une éducation en langue française
dans la Région Flandre ;
- le manque de données sur les enfants ROMS19, notamment pour évaluer
l’efficacité des mesures prises pour faciliter leur accès à l’éducation20 ;
- Les enfants non accompagnés sont logés dans des centres accueillant des
demandeurs d’asile adultes, tandis que les enfants en transit n’ont pas accès à un
hébergement ;
- Les enfants issus de familles socialement et économiquement défavorisées et les
enfants issus de l’immigration font face à des obstacles qui entravent leur accès à
une éducation de qualité, comme les frais de scolarité, la fracture numérique et la
discrimination de la part des autres élèves et des enseignants, ce qui se traduit par
des résultats scolaires insuffisants, une surreprésentation dans les cursus
techniques et professionnels, des abandons scolaires, des exclusions et la sortie du
système scolaire sans diplôme;
19
Les Roms (parfois orthographié Rromsa) sont un groupe ethnique, un ensemble de populations établies
dans divers pays du monde, ayant une culture et des origines communes dans le sous-continent indien. Ils
sont également dénommés par les exonymes Tziganes/Tsiganes,Gitans, Bohémiens, Manouches,
ou Romanichels (chacun de ces noms ayant sa propre histoire).
20
Conseil économique et social ONU, Comité des droits économiques, sociaux et culturels, Observations
finales concernant le cinquième rapport périodique de la Belgique, E/C.12/BEL/CO/5, 26 mars 2020, 56
point, p. 8
9
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
- Les frais de garderies et ceux liés à l’enseignement primaire et secondaire ainsi
que la suppression des allocations scolaires en cas d’absences fréquentes dans les
écoles flamandes ont des répercussions négatives sur les enfants issus des familles
les plus défavorisées d’un point de vue économique et social ;
- Les établissements d’enseignement primaire et secondaire n’ont pas les capacités
d’accueil suffisantes pour répondre à l’augmentation du nombre d’enfants ;
- Le harcèlement et la violence à l’école, de la part des élèves et des enseignants,
restent très répandus21…
21
Convention relative aux droits de l’enfant, Comité des droits de l’enfant, Observations finales
concernant le rapport de la Belgique valant cinquième et sixième rapports périodiques, CRC/C/BEL/CO/5-
6, 28 février 2019, p. 11
10
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
Conclusion
La Belgique étant un pays d’accueil pour les émigrés, est aussi un pays
d’origines22 pour les Belges immigrés résidant à l’étranger, a l’obligation de trouver
un équilibre et une justesse entre la plaidoirie des droits de ses ressortissants
(immigrés) Belges vivant à l’étranger et ceux des émigrés étranger résidant sur son
territoire, surtout en matière d’accès des enfants migrants à l’éducation.
Pour faire face aux problématiques abordées dans ce rapport, nous proposons
quelques suggestions afin d’améliorer l’accès des enfants migrants à l’éducation en
Belgique, et ceci par :
- Redoubler d’efforts pour lutter contre les inégalités et favoriser l’égalité des
chances dans l’éducation tout en facilitant l’intégration des enfants défavorisés ;
- Augmenter la capacité des places pour le centre OKAN, ainsi que pour le centre
de la croix rouge réservé à l’accueil des demandeurs d’asile à Linkeroever/Anvers
(qui ne dépasse pas 260 places, bien qu’il est créé depuis 1998) ;
- Diminuer le délai d’attente dans l’organisation ATLAS qui enregistre et réparti les
enfants migrants sur les centres de langues ;
- Diminuer le délai d’examen de demandes d’asile au CGRA qui dépasse les 6 mois
actuellement ;
- Pression de l’Etat Belge épaulée par les pays Européens pour revoir la convention
de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés pour élargir les conditions et
motifs de délivrance de statut de réfugié puisque le monde connait de nouvelles
causes de demande d’asile (changements et catastrophes climatiques, guerre…) ;
- Prévenir et combattre la discrimination à l’école, et enquêter efficacement sur les
allégations de discrimination et sensibiliser les enfants et leurs parents aux
mécanismes de plainte ;
- Mieux former les enseignants à la gestion de la diversité, aux compétences
interculturelles et à la médiation des conflits afin qu’ils soient en mesure de
22
“Selon les données les plus récentes de notre Service Public Federal, pas moins de 492.147 Belges
(inscrits) vivent actuellement à l’étranger, un nombre légèrement inférieur à la population de la ville
d’Anvers (527.763). Une tendance légèrement à la hausse se dessine. En 2019, seuls
476.653 compatriotes résidaient à l’étranger.”
Royaume de Belgique Service public fédéral Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au
Développement, https://diplomatie.belgium.be/fr/politique/themes-politiques/sous-la-loupe/combien-
de-belges-habitent-letranger (visité le 25/09/2024 à 11H00)
11
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
favoriser l’intégration d’enfants venant d’horizons différents dans un
environnement solidaire et accueillant ;
- Supprimer les frais de scolarité dans toutes les régions de l’État Belge ;
- Revoir la politique Flamande de lutte contre l’abandon scolaire et élaborer
activement des mesures non répressives pour faire en sorte que les enfants
défavorisés restent scolarisés et aient accès aux filières d’enseignement de leur
choix ;
- Augmenter les capacités des écoles ainsi que le nombre de places dans les écoles
régulières de la Région Flandre ;
- Renforcer les mesures de lutte contre le harcèlement, notamment le harcèlement
en ligne, et faire en sorte qu’elles englobent la prévention, la mise en place de
mécanismes de détection précoce, le renforcement du pouvoir d’action des enfants
et des professionnels, l’élaboration de protocoles d’intervention et l’adoption de
directives harmonisées relatives à la collecte de données sur ce type d’affaires ;
- Améliorer la fourniture d’hébergements pour les enfants non accompagnés,
notamment en veillant à ce que ces enfants puissent bénéficier du système de
protection de l’enfance et d’un placement dans une famille, quel que soit leur âge;
- Ne plus détenir d’enfants dans des centres fermés et avoir recours à des solutions
non privatives de liberté ;
- Elaborer et diffuser des outils adaptés aux enfants visant à informer les enfants
demandeurs d’asile de leurs droits et des moyens d’obtenir justice ;
- Encourager les compagnies et sociétés de télécommunication pour faciliter l’accès
des enfants migrants et leur parents aux outils informatiques et internet avec des
prix abordables ;
- Renforcer les mesures prises pour adopter et mettre en œuvre une stratégie
cohérente et inclusive en matière d’éducation, dans toutes les communautés de
l’État Belge, afin de transformer le système éducatif parallèle, qui prévoit un
enseignement spécial, en un système inclusif, de qualité et qui met en place un
accompagnement au sein du système ordinaire pour tous les enfants handicapés, y
compris ceux qui présentent un handicap intellectuel…
En conclusion, faisons de la migration un levier de changement et un
phénomène humain sûre, ordonné et régulier, tout en veillant au respect, à la
protection et à la réalisation des droits de l’Homme de tous les migrants, quel que
12
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
soit leur statut migratoire, leur genre, ethnic, religion et à tous les stades de la
migration.
Certes, on ne peut arrêter définitivement la migration puisqu’elle est attachée à
l’existence de l’être humain, mais on peut la gérer d’une façon plus humaine et
créative…
…Fatima trouvée morte dans une forêt dans son chemin de retour en Syrie, vous
a laissé un message écrit en néerlandais dans un bout de papier à coté de son corps:
“ Laten we migratie heroverwegen met meer humanisering en
minder repressie”…
(Repensons la migration avec plus d’humanisation et moins de repression).
***************************************************************
N.B: l’histoire de Fatima est imaginaire pour sensibiliser sur la situation des
enfants migrants non accompagnés.
13
Moussaoui, Kifu, Saibad, Bisimwa, Kasami
Liste des références
ouvrages et articles:
- Cahier “vivre ensemble” du CIRE, 2009
- DeSchoolBrug 2023, Digital Inclusion Barometer, 2023
- Koczan Z, Peri G, Pinat M, & Rozhkov, D. (2021), The impact of international
migration on inclusive growth: A review
- Mayeur P-H, 2016
- Quintard M, (2011), Histoire des migrations internationales et des luttes contre les
discriminations, e-Migrinter, 7
- Van Djick 2005, 2012
Conventions et Observations des comités conventionnelles ONU :
- Assemblée générale des Nations Unies, convention de Genève de 1951 relative au
statut des réfugiés, 28 juillet 1951, Article premier (2)
- Conseil économique et social ONU, Comité des droits économiques, sociaux et
culturels, Observations finales concernant le cinquième rapport périodique de la
Belgique, E/C.12/BEL/CO/5, 26 mars 2020, 56 point
- Convention relative aux droits de l’enfant, Comité des droits de l’enfant,
Observations finales concernant le rapport de la Belgique valant cinquième et
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Webographie
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