Barrage
Barrage
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Barrage Hoover, États-Unis Barrage de Limmern (canton de Glaris,Suisse) Évacuateur de crues du barrage de Matsumoto (préfecture de Nagano,
Japon
L'écologie des berges des plans d'eau artificiels peut être perturbée par variations brutales de niveau.
Un barrage est un ouvrage d'art construit en travers d'un cours d'eau et destiné à réguler le débit du cours d'eau et/ou à en stocker l'eau pour
différents usages tels que : contrôle des crues, irrigation, industrie, hydroélectricité, pisciculture, réserve d'eau potable, etc.
Par extension, on appelle barrage tout obstacle placé sur un axe de communication et destiné à permettre un contrôle sur les personnes et/ou les
biens qui circulent (barrage routier, barrage militaire). Toutefois, il n'existe pas de définition uniforme du terme « barrage ». Le seul recensement
existant est celui des « grands barrages » régulièrement tenu à jour par la Commission internationale des grands barrages (CIGB).
Quand le barrage est submersible, on parle plutôt de chaussée, seuil ou de digue ; ce dernier terme est également préféré à celui de barrage
lorsqu'il s'agit de canaliser un flot et non de créer une étendue d'eau stagnante.
Un barrage fluvial permet par exemple la régulation du débit d'une rivière ou d'un fleuve (favorisant ainsi le trafic fluvial), l'irrigation des cultures, une
prévention relative des catastrophes naturelles (crues, inondations), par la création de lacs artificiels ou de réservoirs. Un barrage autorise aussi,
sous certaines conditions, la production de force motrice (moulin à eau) et d'électricité - on parle alors de barrage hydroélectrique -, à un coût
économique acceptable, le coût environnemental étant plus discuté ; voir à ce sujet la fragmentation écopaysagère, phénomènes d'envasement à
provoquer à la fois des bouleversements humains en forçant des populations entières à se déplacer, et avoir un impact écologique non négligeable
en changeant fondamentalement l'écosystème local. Dans la plupart des cas, la loi ou le droit coutumier imposent un débit réservé(débit
minimal réservé aux usagers de l'aval et pour le maintien de l'écosystème aquatique et des espèces en dépendant).
Sommaire
1 Histoire
2 Quelques exemples de grands barrages dans le monde
3 Techniques de construction
o 3.1 Généralités
o 3.2 Éléments de calcul
o 3.3 Études hydrauliques
o 3.4 Types de barrages
3.4.1 Barrage poids
3.4.2 Barrage en remblais
3.4.3 Barrage voûte
3.4.4 Barrage contreforts ou
multivoûtes
3.4.5 Barrages mobiles à
aiguilles
3.4.6 Barrages mobiles à
battant
3.4.7 D'autres types de barrages
4 Éléments constitutifs
o 4.1 Machines hydroélectriques
o 4.2 Instrumentation et outils de contrôle
o 4.3 Déversoirs de crue
o 4.4 Bassins dissipateur d'énergie
5 Vie des barrages
o 5.1 Entretien des barrages
o 5.2 Catastrophes
o 5.3 Séismes
o 5.4 Le contrôle des barrages en France
o 5.5 Démantèlement des barrages
6 Conséquences environnementales
o 6.1 Impacts négatifs
o 6.2 Impacts positifs
7 Le saviez vous ?
8 Annexes
o 8.1 Bibliographie
o 8.2 Articles connexes
o 8.3 Liens externes
9 Notes et références
Histoire
Le barrage romain de Cornalvo enEspagne est toujours utilisé après deux millénaires.
Chapelets d'étangs créés par des barrages sur petits cours d'eau, du Moyen Âge au XVIIIe siècle (France, d'après la carte de Cassini)
Les barrages existent probablement depuis la préhistoire (réserve d'eau potable, d'irrigation, viviers, piscicultures).
D'après N. Schnitter-Reinhardt, le plus ancien barrage connu serait un barrage poids construit près de Jawa, en Jordanie, construit vers la fin du
4e millénaire avant J.-C.1 Hérodote cite un barrage construit par le pharaon Ménès, fondateur de la première dynastie, à Kosheish, pour alimenter la
ville de Memphis.
La première rupture de barrage connue est celui de Sadd El Kaffara, sur le Wadi Garawi, 30 km au sud du Caire. Elle se serait produite entre 2650
et 2465 avant J.-C. C'est probablement la rupture de ce barrage qui en a arrêté la construction pendant un millénaire 2.
Les Romains ont construit des barrages : par exemple, deux barrages en Espagne, dans la région de Mérida, les barrages de Proserpina et de
Cornalvo, d'une hauteur de 12 à 19 m, construits vers 25 avant J.-C., ou encore, au Portugal, le barrage romain de Belas.
Mais c'est au Moyen Âge qu'ils se sont fortement développés en Europe pour alimenter les moulins à eau. Il semble qu'ils aient parfois pu
s'appuyer sur des sédiments accumulés en amont d'embâcles naturels, ou sur les lieux de barrages de castors dont la toponymie conserve des
traces (par exemple en France avec le mot bief et bièvre (ancien nom de castor) qui pourraient être liés, ou avec des noms de communes tels
que Beuvry (un des anciens noms de castor) ouLabeuvrière (la « castorière »). Les cartes anciennes, de Cassini par exemple, portent témoignage
des nombreux barrages de petites rivières faits par les paysans ou les moines locaux, pour conserver l'eau et y élever du poisson ou pour le
En conservant des volumes d'eau et une hauteur d'eau plus importante en saison sèche, ces barrages ont également pu tamponner les fluctuations
estivales des nappes (car toutes choses égales par ailleurs, c'est la hauteur d'eau qui contrôle la vitesse de percolation, cf. Loi de Darcy).
Barrage sur la Toutle River (comté de Cowlitz, État de Washington (États-Unis), édifié en 1986-1989 par le génie militaire américain non pas pour retenir de l'eau mais
pour stocker une partie des sédiments provenant de l'éruption majeure du volcan deMont Saint Helens en 1980.
le barrage Hoover aux États-Unis (1931-1935)
les barrages d'Assouan sur le Nil, en Égypte
le barrage d'Inga sur le Congo, en République démocratique du Congo
le barrage d'Itaipu sur le Paraná, à la frontière entre le Brésil et le Paraguay
la centrale Robert-Bourassa au Québec
le barrage de Kapanda sur le Cuanza en Angola
le barrage des Trois Gorges en Chine
le barrage de la Grande-Dixence, en Suisse
le barrage Atatürk sur l'Euphrate en Turquie
le barrage Daniel-Johnson sur la Manicouagan au Québec
le barrage de Gurí au Venezuela
le barrage de Nourek (300 m) au Tadjikistan est le plus haut du monde.
Techniques de construction
Généralités
Un barrage est soumis à plusieurs forces. Les plus significatives sont :
la pression hydrostatique exercée par l'eau sur son parement exposé à la retenue d'eau ;
les sous-pressions (poussée d'Archimède), exercées par l'eau percolant dans le corps du barrage ou la fondation ;
les éventuelles forces causées par l'accélération sismique.
Pour résister à ces forces, deux stratégies sont utilisées :
construire un ouvrage suffisamment massif pour résister par son simple poids, qu'il soit rigide (barrage-poids en béton) ou souple
(barrage en remblai) ;
construire un barrage capable de reporter ces efforts vers des rives ou une fondation rocheuse résistantes (barrage-voûte, barrage à
voûtes multiples…).
Éléments de calcul[modifier]
Un barrage est soumis à une force horizontale liée à la pression exercée par l'eau sur sa surface immergée. La pression hydrostatique p en chaque
point est fonction de la hauteur d'eau au-dessus de ce point.
p = ρgh
où ρ est la masse volumique de l'eau, environ 1000 kg/m³ ; g est la pesanteur, environ 9,81 m/s² ; h est la hauteur d'eau au-dessus du point
considéré.
La force F résultante est l'intégrale des pressions hydrostatiques s'exerçant sur la surface immergée du barrage.
Cette formule ne s'intègre pas « à la main » pour les barrages à géométrie compliquée. En revanche, une expression analytique peut être obtenue
pour un élément de barrage poids (un « plot », de largeur L, et de hauteur immergée constante H) :
d'où :
On voit dans cette formule que la poussée exercée par l'eau sur un barrage augmente avec le carré de la hauteur de la retenue (ce qui est vrai
pour tout type de barrage). Elle ne dépend bien sûr pas du volume d'eau stocké dans la retenue. Le point d'application de cette force se situe
au barycentre du diagramme des pressions, soit généralement au tiers de la hauteur de retenue.
Les calculs ci-dessus ne concernent que les barrages en matériaux rigides (béton, maçonnerie…), quel que soit leur type (poids, voûte,
contreforts…). En revanche l'intégration par plots n'intéresse que les barrages de type poids ou contreforts, qui sont régis par la statique du solide.
Pour les voûtes, les efforts étant reportés latéralement par des mécanismes de flexion et de compression, un calcul par plots ne prenant en compte
que les forces verticales n'est pas suffisant et il est nécessaire de recourir à la résistance des matériaux (théorie de l'élasticité) et souvent à des
méthodes numériques avancées (méthode des éléments finis linéaires voire non-linéaires).
En revanche, en ce qui concerne les barrages en matériaux meubles (sol, terre, enrochements, remblais…), les calculs sont apparentés à des
calculs de stabilité de pente des talus qui doivent prendre en compte l'état saturé ou non de ces remblais.
Études hydrauliques
En hydraulique, le modèle réduit est très utilisé pour les études de mécanique des fluides des ouvrages tels que ports, digues, barrages, etc. On
utilise dans ces cas-là la similitude du nombre de Froude. Des modèles numériques bi- ou tridimensionnels sont également souvent utilisés.
Types de barrages
Barrage poids
Un barrage poids est un barrage dont la propre masse suffit à résister à la pression exercée par l'eau. Ce sont des barrages souvent relativement
épais, dont la forme est généralement simple (leur section s'apparente dans la plupart des cas à un triangle rectangle. On compte deux grandes
familles de barrages-poids, les barrages poids-béton, et les barrages en remblais (ces derniers n'étant d'ailleurs généralement pas qualifiés de
barrage-poids, mais de barrage en remblais).
Même si les barrages voûtes ou à contrefort nécessitent moins de matériaux que les barrages poids, ces derniers sont encore très utilisés de nos
jours. Le barrage-poids en béton est choisi lorsque le rocher du site (vallée, rives) est suffisamment résistant pour supporter un tel ouvrage (sinon,
on recourt aux barrages en remblais), et lorsque les conditions pour construire un barrage voûte ne sont pas réunies (cf. ci-dessous). Le choix de la
technique est donc d'abord géologique : une assez bonne fondation rocheuse est nécessaire. Mais il faut également disposer des matériaux de
construction (granulats, ciment) à proximité.
La technologie des barrages-poids a évolué. Jusqu'au début du XXe siècle (1920-1930), les barrages-poids étaient construits en maçonnerie (il
existe beaucoup de barrages de ce type en France, notamment pour l'alimentation en eau des voies navigables). Plus tard, c'est le béton
conventionnel qui s'est imposé.
Depuis 1978, une nouvelle technique s'est substituée au béton conventionnel. Il s'agit du béton compacté au rouleau. C'est un béton (granulats,
sable, ciment, eau) avec peu d'eau, qui a une consistance granulaire et pas liquide. Il se met en place comme un remblai, avec des engins de
terrassement. Il présente le principal avantage d'être beaucoup moins cher que le béton classique.
Le barrage de la Grande-Dixence en Suisse, exploité par Alpiq, est le plus haut barrage-poids du monde (285 m).
Barrage en remblais
Long de 2 123 m, le barrage KA-5 est un ouvrage en enrochement de 47 m de hauteur qui ferme le bras Ouest de la rivière Caniapiscau, dans le nord du Québec. Le
barrage est formé d'un noyau de moraine, de plusieurs filtres en pierre tamisée, le tout étant recouvert d'une couche de blocs d'un mètre. Son volume est 5 620 000 m33.
On appelle barrages en remblais tous les barrages constitués d'un matériau meuble, qu'il soit très fin ou très grossier (enrochements).
Cette famille regroupe plusieurs catégories, très différentes. Les différences proviennent des types de matériaux utilisés, et de la méthode
employée pour assurer l'étanchéité.
Le barrage homogène est un barrage en remblai construit avec un matériau suffisamment étanche (argile, limon). C'est la technique la plus
ancienne de barrages en remblais.
Le barrage à noyau argileux comporte un noyau central en argile (qui assure l'étanchéité), épaulé par des recharges constituées de matériaux plus
perméables. Cette technique possède au moins deux avantages sur le barrage homogène : (1) les matériaux de recharge sont plus résistants que
les matériaux argileux, on peut donc construire des talus plus raides et (2) on contrôle mieux les écoulements qui percolent dans le corps du
barrage.
Le barrage en à noyau en moraine est souvent utilisé dans les régions marquées par le retrait des glaciers. Ces ouvrages sont généralement
constitués d'un noyau imperméable de moraine, récupérée à proximité du site, qui est protégé par des filtres en granulaire. La coupe type d'un
barrage en enrochement comprend également une zone de transition située entre le filtre et la recharge 4.
Quelques cousins des barrages à noyau : les barrages en remblai à paroi centrale étanche (paroi moulée en béton, paroi en béton bitumineux).
Plus récente, la famille des barrages à masque amont. L'étanchéité est assurée par un « masque », construit sur le parement amont du barrage.
Ce masque peut être en béton armé (il se construit actuellement de nombreux et très grands barrages en enrochements à masque en béton armé),
en béton bitumineux, ou constitué d'une membrane mince (les plus fréquentes : membrane PVC, membrane bitumineuse).
Le barrage de Mattmark en Suisse, celui de Šance en République tchèque sont de ce type. En France, le barrage de Serre-Ponçon (deuxième plus
grande retenue d'Europe) est un barrage en remblai. Les barrages en enrochement sont les plus fréquents dans le parc de barrage d'Hydro-
Québec. Ils représentent 72 % des 600 barrages exploités par l'entreprise en 20025.
Barrage voûte
Article principal : Barrage voûte.
La poussée de l’eau est reportée sur les flancs de la vallée au moyen d'un mur de béton arqué horizontalement, et parfois verticalement (on la
qualifie alors de voûte à double courbure).
La technique de barrage-voûte nécessite une vallée plutôt étroite (même si des barrages-voûtes ont été parfois construits dans des vallées assez
larges, poussant cette technologie à ses limites) et un bon rocher de fondation. Même lorsque ces conditions sont réunies, le barrage-voûte est
aujourd'hui souvent concurrencé par les barrages-poids en béton ou le barrage en enrochements, dont la mise en œuvre peut être davantage
mécanisée.
Par le peu de matière utilisée, c'est évidemment une technique très satisfaisante économiquement.
Cependant, la plus grande catastrophe de barrage vécue en France (Malpasset, au-dessus de Fréjus, le 2 décembre 1959) concernait un barrage-
voûte en cours de mise en eau ; c'est la fondation (et non pas le barrage lui-même) qui n'a pas supporté les efforts appliqués par la retenue.
Avant cet accident (et, pour certains, aujourd'hui encore), la voûte est considérée comme le plus sûr des barrages. Malpasset est le seul cas connu
de rupture d'un barrage-voûte.
On rencontre aussi des barrages avec plusieurs voûtes comme le barrage de l'Hongrin en Suisse.
Barrage contreforts ou multivoûtes
Système Poirée : 1 = aiguille,2 = appui,3 = passerelle, 4 = fermette, 5 = pivot,6 = heurtoir, 7 = radier Barrage à aiguilles de Givet - Dépose d'une aiguille
Le barrage mobile ou à niveau constant, a une hauteur limitée ; il est généralement édifié en aval du cours des rivières, de préférence à l’endroit
où la pente est la plus faible. On utilise généralement ce type de barrage dans l’aménagement des estuaires et des deltas.
Selon le type de construction le barrage mobile peut être :
Le barrage à aiguilles, crée par l’ingénieur Charles Antoine François Poirée en 1834, qui, s’inspirant des anciens pertuis, étendit le
système sur toute la largeur du cours ; améliorant considérablement la navigation fluviale dès la moitié du XIXe siècle. Le premier fut établi par
Charles Antoine François Poirée sur l'Yonne, à Basseville, près de Clamecy (Nièvre). Le système Poirée consiste en un rideau de madriers
mis verticalement côte à côte barrant le lit du fleuve. Ces madriers ou aiguilles d’une section de 8 à 10 cm et longues de 2 à 4 m, selon les
barrages, viennent s’appuyer contre un butoir (ou heurtoir) du radier (sur le fond) et sur une passerelle métallique constituée de fermettes.
Ces fermettes peuvent pivoter pour s’effacer sur le fond en cas de crue et laisser le libre passage aux eaux. Les fermettes sont reliées entre
elles par une barre d’appui qui retient les aiguilles et une barre de réunion, de plus elles constituent la passerelle de manœuvre. Les aiguilles
à leur sommet présentent une forme qui permet une saisie aisée. Néanmoins c’est un travail fastidieux, long et dangereux (il faut plusieurs
heures et le travail de plusieurs hommes pour mener à bien la tâche). Bien que ce type de barrage soit remplacé par des techniques plus
modernes et automatiques ; sur certains barrages encore existants, les aiguilles de bois sont remplacées par des aiguilles en aluminium
remplies depolystyrène (pour la flottabilité en cas de chute dans la rivière), d’un poids bien moindre et plus facilement manœuvrable.
À effacement sur le fond de la rivière (seuil (barrage)) pour permettre l’écoulement total ou en position intermédiaire pour créer
un déversoir.
À battant à axe horizontal avec possibilité d’échapper en aérien lorsque le débit devient critique, ce qui évite de constituer un obstacle à
l'écoulement des eaux en temps de crue. Ce type de barrage est généralement employé pour empêcher l'eau salée de remonter l'estuaire,
Une grande vanne à secteur, qui en position de fermeture totale détermine un battant qui s’appuie sur la plate-forme, pendant
Une vanne à volet, montée sur la génératrice supérieure de la vanne à secteur, qui permet de régler l’écoulement dans
le déversoir et le niveau d’eau désiré en amont du barrage. L'écoulement de l'eau peut se produire par le dessous du battant lorsque la
vanne à secteur inférieure est soulevée (ce qui permet aussi de nettoyer la surface de la plate-forme), ou bien par le dessus en déversoir,
Vanne par gravité : A = lagune, B = mer, 1 = socle béton, 2 = battant de vanne, 3 = air injecté, 4 = eau expulsée
Barrage mobile à gravité, d’un fonctionnement théoriquement très simple, la vanne à gravité ne comporte que peu d’éléments
mécaniques. Il s’agit d’un battant, sorte d’enveloppe creuse articulée autour d’une charnière fixée sur un socle de béton.
En position repos l’enveloppe se remplit d’eau et descend de son propre poids sur le radier.
En position active, de l’air injecté chasse l’eau et permet au battant de remonter par gravité. La hauteur dépend de la quantité
d’air insufflée.
Un tel procédé est en application dans le Projet Mose qui doit protéger la lagune de Venise des hautes eaux de l’Adriatique
(Acqua alta).
Les grands barrages sont de puissants facteurs de fragmentation écologique pour les poissons migrateurs.
Impacts négatifs
Un barrage peut générer une fragmentation écologique, lorsqu'il est un frein ou blocage à la migration d'espèces aquatiques. Il y a dans certains
pays obligation depuis quelques années sur les ouvrages neufs (en France, sur les rivières classées « migrateurs » depuis la Loi « Pêche » n° 84-
512 du 29 juin 1984) de créer des échelles à poissons. Celles-ci sont encore rares sur les ouvrages anciens ou sur les rivières où la présence
d'espèces migratrices n'est pas identifiée. Réciproquement, certains ouvrages sont équipés sans obligation, par la volonté de l'exploitant. Certaines
échelles à poissons mal conçues ou mal construites peuvent se révéler peu efficaces. Le transport des poissons en camion est parfois la solution
alternative retenue, par exemple sur la Garonne entre Carbonne et Camon, où l'enchaînement de cinq barrages importants aurait nécessité des
équipements onéreux, et un trajet très éprouvant pour le migrateur. Les poissons sont donc « piégés » à une extrémité de la chaîne, identifiés et
transportés par camion-citerne à l'autre extrémité.
Un barrage peut générer des modifications hydrauliques, lorsqu'il bouleverse le débit naturel et saisonnier du cours d'eau, affecte le niveau des
nappes et le transfert des matières en suspension et sédiments. Il a des effets différés sur les écosystèmes d'une vaste zone en raison de
l'inondation de la zone amont, et de la forte modification du régime d'écoulement des eaux de la zone aval, ainsi que de la modification de la qualité
des eaux provoquée par la retenue.
Un barrage peut générer une modification des structures écologiques et faciliter des «invasions biologiques». Un écosystème sub-naturel et plus ou
moins équilibré se reconstitue dans ces zones plus ou moins rapidement (en l'espace d'environ 30 ans, l'écosystème serait recréé à 99 %[réf. nécessaire],
y compris en aval dans les anciennes zones asséchées). Néanmoins, cet écosystème n'est jamais identique à celui d'origine : la disparition des
courants en amont, et la très forte diminution du débit en aval, ainsi que la disparition ou le lissage des débits saisonniers provoque généralement
la disparition de certaines espèces autochtones. De plus, une étude13 publiée en septembre 2008 a confirmé aux États-Unis que dans les bassins
versants, les milieux artificiels que sont les lacs de retenues étaient beaucoup plus propices au développement d’espèces aquatiques dites
« invasives » que les lacs naturels, Cette étude a cherché à corréler dans la région des grands lacs l’importance des invasions biologiques avec la
physico-chimie de la masse d’eau, l’intensité et la nature des activités nautiques avec la distribution géographique de cinq espèces non indigènes 14.
L’étude a montré que le risque d’invasion biologique est (pour la région des grands lacs) de 2,4 à 300 fois plus élevé dans les lacs de retenue que
dans les lacs naturels (vers 2005/2008). Ce risque a augmenté avec les temps, et la menace augmente pour les lacs naturels car l’augmentation du
nombre de retenues touchées a presque partout diminué la distance entre eaux « contaminées » et eaux naturelles. C’est dans ce cas l’homme qui
joue le rôle principal de colporteur et en particulier selon Pieter TJ Johnson l'un des auteurs de l'étude, les activités de pêche et de nautisme qui
favorisent la dissémination de nombreux organismes, dont la moule zébrée (accrochée sous les bateaux), lesmyriophylles invasifs accrochés aux
remorques porte-bateaux, et les éperlans arc-en-ciel et une écrevisse invasive qui a été utilisée comme appât (aujourd’hui interdit).
Impacts positifs
Un lac de barrage peut être un accueil d'oiseaux migrateurs, lieux de reproduction de certaines espèces aquatiques,
Un lac de barrage peut améliorer les conditions d'écoulement en étiage. De plus en plus, les barrages hydroélectriques participent à un soutien
d'étiage, permettant une vie estivale de rivières par ailleurs affectées par de nombreux prélèvements (autorisés ou non), d'améliorer le
refroidissement des eaux, et la dilution des pollutions en aval. En France, depuis la même Loi Pêche de 1984, tous les obstacles sur les rivières
françaises doivent obligatoirement laisser dans le cours d'eau 1/40 du module (moyenne de débit), et 1/10 pour tous les ouvrages neufs ou dont le
titre est renouvelé. Afin de mettre fin à cette situation inégalitaire (posant de nombreux problèmes de variation des débits sur un même cours
d'eau), la nouvelle loi sur l'eau et les milieux aquatiques15 a fixé au 1er janvier 2014 la date limite de délivrance de 1/10 pour tous les ouvrages. Cette
LEMA introduit cependant l'exception des barrages de haute chute, assurant le soutien du réseau électrique, auxquels le débit réservé pourra être
limité à 1/20 (une liste devant être fixée par décret). De même, sur justification par une étude adaptée, le débit pourra être modulé sur l'année
(régime réservé).
Un lac de barrage peut être une source de production d'énergie renouvelable, lorsqu'il s'agit d'un barrage hydroélectrique.
Les barrages d'irrigation ou d'eau potable sont aussi construits pour apporter des bienfaits pour l'agriculture et l'alimentation en eau. Ces impacts
doivent donc être pesés au même titre que les inconvénients portés au milieu aquatique ou à la pêche de loisir.
Le saviez-vous ?
Les sections « Anecdotes », « Autres détails », « Le saviez-vous ? », etc. peuvent être inopportunes dans les articles.
Pour améliorer cet article il convient, si ces faits présentent un intérêt encyclopédique et sont correctement sourcés, de les intégrer dans d’autres sections.
Le plus ancien barrage connu, d'une longueur de 115 m, fut construit dans la vallée de Garawi en Égypte vers 3000 av. J.-C.
Dès 560 ap. J.-C., l'historien byzantin Procope de Césarée faisait mention d'un barrage-voûte en amont en maçonnerie (barrage
de Daras).
Le premier barrage-voûte moderne fut construit par François Zola, père d'Émile Zola, entre 1843 et 1859 près d'Aix-en-Provence.
Au XVIe siècle, les Espagnols réalisèrent de grands barrages en maçonnerie. Le plus remarquable fut celui de Tibi, à 18 km au nord
d'Alicante construit en 1594. Haut de 45 m, il est encore utilisé.
Annexes
Sur les autres projets Wikimedia :
« Barrage », sur Wikimedia Commons (ressources multimédia)
Bibliographie
Rios, Jorge L. Paes - Études en modèles réduits du déversoir de l'usine de Tucuruí - in Congrès International des Grands Barrages -
ICOLD - San Francisco, 1986.
Un grand barrage démantelé en France ? article de Martin Arnould du WWF, L'Écologiste n°20, sept-oct-nov. 2006, p. 8
La continuité écologique des cours d'eau
Guide pour la réhabilitation des moulins hydrauliques en vue de la production d'électricité, de Michel Heschung. Master en Architecture et
Développement durable, 2007, 112 pages, FFAM 10 rue de l'Echarpe 31000 Toulouse 16
Hydro-Québec, L'électricité, de la centrale à la maison, Montréal, Hydro-Québec, 2003, 46 p. (ISBN 2-550-40950-7)
Christian Kert, La sécurité des barrages en question, Rapport de l'OPCEST, 9 juillet 2008
Dams and the World's Water, CIGB (Commission internationale des grands barrages).
Société d'énergie de la Baie James, Le complexe hydroélectrique de La Grande Rivière. Réalisation de la première phase, Montréal,
Société d'énergie de la Baie James/Éditions de la Chenelière, 1987, 496 p. (ISBN 2-89310-010-4)
Articles connexes
Énergie hydraulique
Lac de barrage
Liste des lacs de barrage de France
Liste des lacs de barrage de Suisse
Liste des barrages hydroélectriques les plus puissants
Seuil (barrage)
Débit réservé
Projet de barrage de Belo Monte
Liens externes
Annuaire de photos aériennes des barrages
Liste région par région des 200 barrages français à risques sur [Link]
Site sur l’hydroélectricité
Comité français des barrages et réservoirs
Comité suisse des barrages
Notes et références
1. ↑ Patrick Le Delliou, Les barrages, conception et maintenance, Presses Universitaires de Lyon, 2003, 270 pages
2. ↑ Jacques Bonnin, L'eau dans l'Antiquité. L'hydraulique avant notre ère, Paris, Éditions Eyrolles, 1984, 135-149 p.(ISBN 978-2-212-01580-5)
3. ↑ SEBJ 1987, p. 328-329
4. ↑ SEBJ 1987, p. 70
5. ↑ Hydro-Québec 2003, p. 14
6. ↑ (en) « Under the influence - 60 most influential people in the industry », dans International Water Power and Dam Construction Magazine,
6 octobre 2009 [texte intégral [archive] (page consultée le 2010-08-19)]
7. ↑ Paul Paradis, Manic-Outardes, Montréal, Hydro-Québec, 1967, p. 16
8. ↑ Mû par des vérins hydrauliques ou éventuellement par deux treuils étant donné que les efforts sur le clapet sont toujours dans le même sens.
9. ↑ VNF : Barrage des quatre cheminées [archive]
10. ↑ J. C. J. Vlaar, A. J. Wesselink, Aménagement de conservation des eaux et des sols par digues filtrantes; expérimentations dans la région de Rissiam,
Burkina Faso, 1986-1989. Tome I: Aspects techniques et agronomiques, Ouagadougou (BF), Comité Interafricain d'études hydrauliques, 1990, 93-90 p. : ill.,
tab. réf. p.
11. ↑ a et b Christian Kert, La sécurité des barrages en question, Rapport de l'OPCEST (office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et
technologiques), 9 juillet 2008.
12. ↑ Démantèlement du barrage de Kernansquillec [archive]
13. ↑ (en) Pieter TJ Johnson, Julian D Olden et M Jake Vander Zanden, « Dam invaders: impoundments facilitate biological invasions into freshwaters »,
dans Frontiers in Ecology and the Environment, vol. 6, no 7, septembre 2008, p. 357-363 (ISSN 1540-9295) [lien DOI [archive]]
14. ↑ Espèces choisies parce que considérées comme très invasives en Amérique du nord et représentatives de quatre groupes d'organismes aquatiques
(plante, crustacé, poisson, mollusque) ; ce sont un myriophylle eurasiatique, la moule zébrée, un crustacé spiny water fleas(Bythotrephes longimanus) qui
est source d'une réduction de la diversité planctonique (N.D. Yan, R. Girard, S. Boudreau, « An introduced invertebrate predator (Bythotrephes) reduces
zooplankton species richness », Ecology Letters, 5, 2002, p. 481–485), l'éperlan arc-en-cielet une espèce introduite d'écrevisse. Cette étude a porté sur
4 200 lacs naturels et plus de 1 000 lacs de retenue (dans le Wisconsin et leMichigan
15. ↑ LEMA, loi n° 2006-1772 du 30 décembre 2006.
16. ↑ Les ouvrages molinologiques de référence [archive]