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Barrage

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Barrage

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Pour les articles homonymes, voir Barrage (homonymie).

Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (août 2008).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les

références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ». (Modifier l'article)

Barrage Hoover, États-Unis Barrage de Limmern (canton de Glaris,Suisse) Évacuateur de crues du barrage de Matsumoto (préfecture de Nagano,

Japon

L'écologie des berges des plans d'eau artificiels peut être perturbée par variations brutales de niveau.

Un barrage est un ouvrage d'art construit en travers d'un cours d'eau et destiné à réguler le débit du cours d'eau et/ou à en stocker l'eau pour

différents usages tels que : contrôle des crues, irrigation, industrie, hydroélectricité, pisciculture, réserve d'eau potable, etc.

Par extension, on appelle barrage tout obstacle placé sur un axe de communication et destiné à permettre un contrôle sur les personnes et/ou les

biens qui circulent (barrage routier, barrage militaire). Toutefois, il n'existe pas de définition uniforme du terme « barrage ». Le seul recensement

existant est celui des « grands barrages » régulièrement tenu à jour par la Commission internationale des grands barrages (CIGB).

Quand le barrage est submersible, on parle plutôt de chaussée, seuil ou de digue ; ce dernier terme est également préféré à celui de barrage

lorsqu'il s'agit de canaliser un flot et non de créer une étendue d'eau stagnante.

Un barrage fluvial permet par exemple la régulation du débit d'une rivière ou d'un fleuve (favorisant ainsi le trafic fluvial), l'irrigation des cultures, une

prévention relative des catastrophes naturelles (crues, inondations), par la création de lacs artificiels ou de réservoirs. Un barrage autorise aussi,

sous certaines conditions, la production de force motrice (moulin à eau) et d'électricité - on parle alors de barrage hydroélectrique -, à un coût

économique acceptable, le coût environnemental étant plus discuté ; voir à ce sujet la fragmentation écopaysagère, phénomènes d'envasement à

l'amont du barrage, dégradation de la qualité de l'eau.


Toutefois, plus un projet est ambitieux, plus ses conséquences sont lourdes : en noyant des vallées entières, la construction d'un barrage peut

provoquer à la fois des bouleversements humains en forçant des populations entières à se déplacer, et avoir un impact écologique non négligeable

en changeant fondamentalement l'écosystème local. Dans la plupart des cas, la loi ou le droit coutumier imposent un débit réservé(débit

minimal réservé aux usagers de l'aval et pour le maintien de l'écosystème aquatique et des espèces en dépendant).
Sommaire
1 Histoire
2 Quelques exemples de grands barrages dans le monde
3 Techniques de construction
o 3.1 Généralités
o 3.2 Éléments de calcul
o 3.3 Études hydrauliques
o 3.4 Types de barrages
 3.4.1 Barrage poids
 3.4.2 Barrage en remblais
 3.4.3 Barrage voûte
 3.4.4 Barrage contreforts ou
multivoûtes
 3.4.5 Barrages mobiles à
aiguilles
 3.4.6 Barrages mobiles à
battant
 3.4.7 D'autres types de barrages
4 Éléments constitutifs
o 4.1 Machines hydroélectriques
o 4.2 Instrumentation et outils de contrôle
o 4.3 Déversoirs de crue
o 4.4 Bassins dissipateur d'énergie
5 Vie des barrages
o 5.1 Entretien des barrages
o 5.2 Catastrophes
o 5.3 Séismes
o 5.4 Le contrôle des barrages en France
o 5.5 Démantèlement des barrages
6 Conséquences environnementales
o 6.1 Impacts négatifs
o 6.2 Impacts positifs
7 Le saviez vous ?
8 Annexes
o 8.1 Bibliographie
o 8.2 Articles connexes
o 8.3 Liens externes
9 Notes et références

Histoire

Le barrage romain de Cornalvo enEspagne est toujours utilisé après deux millénaires.

Chapelets d'étangs créés par des barrages sur petits cours d'eau, du Moyen Âge au XVIIIe siècle (France, d'après la carte de Cassini)

Les barrages existent probablement depuis la préhistoire (réserve d'eau potable, d'irrigation, viviers, piscicultures).

D'après N. Schnitter-Reinhardt, le plus ancien barrage connu serait un barrage poids construit près de Jawa, en Jordanie, construit vers la fin du

4e millénaire avant J.-C.1 Hérodote cite un barrage construit par le pharaon Ménès, fondateur de la première dynastie, à Kosheish, pour alimenter la

ville de Memphis.
La première rupture de barrage connue est celui de Sadd El Kaffara, sur le Wadi Garawi, 30 km au sud du Caire. Elle se serait produite entre 2650

et 2465 avant J.-C. C'est probablement la rupture de ce barrage qui en a arrêté la construction pendant un millénaire 2.

Les Romains ont construit des barrages : par exemple, deux barrages en Espagne, dans la région de Mérida, les barrages de Proserpina et de

Cornalvo, d'une hauteur de 12 à 19 m, construits vers 25 avant J.-C., ou encore, au Portugal, le barrage romain de Belas.

Mais c'est au Moyen Âge qu'ils se sont fortement développés en Europe pour alimenter les moulins à eau. Il semble qu'ils aient parfois pu

s'appuyer sur des sédiments accumulés en amont d'embâcles naturels, ou sur les lieux de barrages de castors dont la toponymie conserve des

traces (par exemple en France avec le mot bief et bièvre (ancien nom de castor) qui pourraient être liés, ou avec des noms de communes tels

que Beuvry (un des anciens noms de castor) ouLabeuvrière (la « castorière »). Les cartes anciennes, de Cassini par exemple, portent témoignage

des nombreux barrages de petites rivières faits par les paysans ou les moines locaux, pour conserver l'eau et y élever du poisson ou pour le

rouissage du lin ou du chanvre.

En conservant des volumes d'eau et une hauteur d'eau plus importante en saison sèche, ces barrages ont également pu tamponner les fluctuations

estivales des nappes (car toutes choses égales par ailleurs, c'est la hauteur d'eau qui contrôle la vitesse de percolation, cf. Loi de Darcy).

Quelques exemples de grands barrages dans le monde

Article détaillé : Liste des barrages hydroélectriques les plus importants.

Barrage sur la Toutle River (comté de Cowlitz, État de Washington (États-Unis), édifié en 1986-1989 par le génie militaire américain non pas pour retenir de l'eau mais
pour stocker une partie des sédiments provenant de l'éruption majeure du volcan deMont Saint Helens en 1980.
 le barrage Hoover aux États-Unis (1931-1935)
 les barrages d'Assouan sur le Nil, en Égypte
 le barrage d'Inga sur le Congo, en République démocratique du Congo
 le barrage d'Itaipu sur le Paraná, à la frontière entre le Brésil et le Paraguay
 la centrale Robert-Bourassa au Québec
 le barrage de Kapanda sur le Cuanza en Angola
 le barrage des Trois Gorges en Chine
 le barrage de la Grande-Dixence, en Suisse
 le barrage Atatürk sur l'Euphrate en Turquie
 le barrage Daniel-Johnson sur la Manicouagan au Québec
 le barrage de Gurí au Venezuela
 le barrage de Nourek (300 m) au Tadjikistan est le plus haut du monde.

Techniques de construction

Généralités
Un barrage est soumis à plusieurs forces. Les plus significatives sont :
 la pression hydrostatique exercée par l'eau sur son parement exposé à la retenue d'eau ;
 les sous-pressions (poussée d'Archimède), exercées par l'eau percolant dans le corps du barrage ou la fondation ;
 les éventuelles forces causées par l'accélération sismique.
Pour résister à ces forces, deux stratégies sont utilisées :
 construire un ouvrage suffisamment massif pour résister par son simple poids, qu'il soit rigide (barrage-poids en béton) ou souple
(barrage en remblai) ;
 construire un barrage capable de reporter ces efforts vers des rives ou une fondation rocheuse résistantes (barrage-voûte, barrage à
voûtes multiples…).
Éléments de calcul[modifier]
Un barrage est soumis à une force horizontale liée à la pression exercée par l'eau sur sa surface immergée. La pression hydrostatique p en chaque
point est fonction de la hauteur d'eau au-dessus de ce point.
p = ρgh
où ρ est la masse volumique de l'eau, environ 1000 kg/m³ ; g est la pesanteur, environ 9,81 m/s² ; h est la hauteur d'eau au-dessus du point
considéré.
La force F résultante est l'intégrale des pressions hydrostatiques s'exerçant sur la surface immergée du barrage.

Cette formule ne s'intègre pas « à la main » pour les barrages à géométrie compliquée. En revanche, une expression analytique peut être obtenue
pour un élément de barrage poids (un « plot », de largeur L, et de hauteur immergée constante H) :

d'où :

On voit dans cette formule que la poussée exercée par l'eau sur un barrage augmente avec le carré de la hauteur de la retenue (ce qui est vrai
pour tout type de barrage). Elle ne dépend bien sûr pas du volume d'eau stocké dans la retenue. Le point d'application de cette force se situe
au barycentre du diagramme des pressions, soit généralement au tiers de la hauteur de retenue.
Les calculs ci-dessus ne concernent que les barrages en matériaux rigides (béton, maçonnerie…), quel que soit leur type (poids, voûte,
contreforts…). En revanche l'intégration par plots n'intéresse que les barrages de type poids ou contreforts, qui sont régis par la statique du solide.
Pour les voûtes, les efforts étant reportés latéralement par des mécanismes de flexion et de compression, un calcul par plots ne prenant en compte
que les forces verticales n'est pas suffisant et il est nécessaire de recourir à la résistance des matériaux (théorie de l'élasticité) et souvent à des
méthodes numériques avancées (méthode des éléments finis linéaires voire non-linéaires).
En revanche, en ce qui concerne les barrages en matériaux meubles (sol, terre, enrochements, remblais…), les calculs sont apparentés à des
calculs de stabilité de pente des talus qui doivent prendre en compte l'état saturé ou non de ces remblais.
Études hydrauliques
En hydraulique, le modèle réduit est très utilisé pour les études de mécanique des fluides des ouvrages tels que ports, digues, barrages, etc. On
utilise dans ces cas-là la similitude du nombre de Froude. Des modèles numériques bi- ou tridimensionnels sont également souvent utilisés.
Types de barrages
Barrage poids

Un barrage-poids évidé : le barrage amont d'Aussois en Savoie Barrage poids

Un barrage poids est un barrage dont la propre masse suffit à résister à la pression exercée par l'eau. Ce sont des barrages souvent relativement
épais, dont la forme est généralement simple (leur section s'apparente dans la plupart des cas à un triangle rectangle. On compte deux grandes
familles de barrages-poids, les barrages poids-béton, et les barrages en remblais (ces derniers n'étant d'ailleurs généralement pas qualifiés de
barrage-poids, mais de barrage en remblais).
Même si les barrages voûtes ou à contrefort nécessitent moins de matériaux que les barrages poids, ces derniers sont encore très utilisés de nos
jours. Le barrage-poids en béton est choisi lorsque le rocher du site (vallée, rives) est suffisamment résistant pour supporter un tel ouvrage (sinon,
on recourt aux barrages en remblais), et lorsque les conditions pour construire un barrage voûte ne sont pas réunies (cf. ci-dessous). Le choix de la
technique est donc d'abord géologique : une assez bonne fondation rocheuse est nécessaire. Mais il faut également disposer des matériaux de
construction (granulats, ciment) à proximité.
La technologie des barrages-poids a évolué. Jusqu'au début du XXe siècle (1920-1930), les barrages-poids étaient construits en maçonnerie (il
existe beaucoup de barrages de ce type en France, notamment pour l'alimentation en eau des voies navigables). Plus tard, c'est le béton
conventionnel qui s'est imposé.
Depuis 1978, une nouvelle technique s'est substituée au béton conventionnel. Il s'agit du béton compacté au rouleau. C'est un béton (granulats,
sable, ciment, eau) avec peu d'eau, qui a une consistance granulaire et pas liquide. Il se met en place comme un remblai, avec des engins de
terrassement. Il présente le principal avantage d'être beaucoup moins cher que le béton classique.
Le barrage de la Grande-Dixence en Suisse, exploité par Alpiq, est le plus haut barrage-poids du monde (285 m).

Barrage en remblais
Long de 2 123 m, le barrage KA-5 est un ouvrage en enrochement de 47 m de hauteur qui ferme le bras Ouest de la rivière Caniapiscau, dans le nord du Québec. Le
barrage est formé d'un noyau de moraine, de plusieurs filtres en pierre tamisée, le tout étant recouvert d'une couche de blocs d'un mètre. Son volume est 5 620 000 m33.
On appelle barrages en remblais tous les barrages constitués d'un matériau meuble, qu'il soit très fin ou très grossier (enrochements).
Cette famille regroupe plusieurs catégories, très différentes. Les différences proviennent des types de matériaux utilisés, et de la méthode
employée pour assurer l'étanchéité.
Le barrage homogène est un barrage en remblai construit avec un matériau suffisamment étanche (argile, limon). C'est la technique la plus
ancienne de barrages en remblais.
Le barrage à noyau argileux comporte un noyau central en argile (qui assure l'étanchéité), épaulé par des recharges constituées de matériaux plus
perméables. Cette technique possède au moins deux avantages sur le barrage homogène : (1) les matériaux de recharge sont plus résistants que
les matériaux argileux, on peut donc construire des talus plus raides et (2) on contrôle mieux les écoulements qui percolent dans le corps du
barrage.
Le barrage en à noyau en moraine est souvent utilisé dans les régions marquées par le retrait des glaciers. Ces ouvrages sont généralement
constitués d'un noyau imperméable de moraine, récupérée à proximité du site, qui est protégé par des filtres en granulaire. La coupe type d'un
barrage en enrochement comprend également une zone de transition située entre le filtre et la recharge 4.
Quelques cousins des barrages à noyau : les barrages en remblai à paroi centrale étanche (paroi moulée en béton, paroi en béton bitumineux).
Plus récente, la famille des barrages à masque amont. L'étanchéité est assurée par un « masque », construit sur le parement amont du barrage.
Ce masque peut être en béton armé (il se construit actuellement de nombreux et très grands barrages en enrochements à masque en béton armé),
en béton bitumineux, ou constitué d'une membrane mince (les plus fréquentes : membrane PVC, membrane bitumineuse).
Le barrage de Mattmark en Suisse, celui de Šance en République tchèque sont de ce type. En France, le barrage de Serre-Ponçon (deuxième plus
grande retenue d'Europe) est un barrage en remblai. Les barrages en enrochement sont les plus fréquents dans le parc de barrage d'Hydro-
Québec. Ils représentent 72 % des 600 barrages exploités par l'entreprise en 20025.
Barrage voûte
Article principal : Barrage voûte.

Barrage voûte Un barrage-voûte : le barrage de Monteynard

La poussée de l’eau est reportée sur les flancs de la vallée au moyen d'un mur de béton arqué horizontalement, et parfois verticalement (on la
qualifie alors de voûte à double courbure).
La technique de barrage-voûte nécessite une vallée plutôt étroite (même si des barrages-voûtes ont été parfois construits dans des vallées assez
larges, poussant cette technologie à ses limites) et un bon rocher de fondation. Même lorsque ces conditions sont réunies, le barrage-voûte est
aujourd'hui souvent concurrencé par les barrages-poids en béton ou le barrage en enrochements, dont la mise en œuvre peut être davantage
mécanisée.
Par le peu de matière utilisée, c'est évidemment une technique très satisfaisante économiquement.
Cependant, la plus grande catastrophe de barrage vécue en France (Malpasset, au-dessus de Fréjus, le 2 décembre 1959) concernait un barrage-
voûte en cours de mise en eau ; c'est la fondation (et non pas le barrage lui-même) qui n'a pas supporté les efforts appliqués par la retenue.
Avant cet accident (et, pour certains, aujourd'hui encore), la voûte est considérée comme le plus sûr des barrages. Malpasset est le seul cas connu
de rupture d'un barrage-voûte.
On rencontre aussi des barrages avec plusieurs voûtes comme le barrage de l'Hongrin en Suisse.
Barrage contreforts ou multivoûtes

Les voûtes multiples et contreforts du barrage Daniel-Johnson. Barrage contreforts


Lorsque les appuis sont trop distants, ou lorsque le matériau local est tellement compact qu'une extraction s'avère presque impossible, la technique
du barrage à contreforts permet de réaliser un barrage à grande économie de matériaux.
Le mur plat ou multivoûtes (Vézins, Migoëlou ou Bissorte) en béton s’appuie sur des contreforts en béton armé encastrés dans la fondation, qui
reportent la poussée de l’eau sur les fondations inférieures et sur les rives.
Un des exemples le plus important de ce type est le barrage Daniel-Johnson au Québec, complété en 1968 dans le cadre du projet Manic-
Outardes. Haut de214 m et large de 1 312 m, le barrage, conçu par André Coyne6, est soutenu par deux contreforts centraux écartés par 160 m à
leur base. Les 13 voûtes latérales forment des demi-cylindres inclinés qui ont 76 m d'entraxe. Au-delà des considérations esthétiques, Hydro-
Québec a choisi de construire un barrage en voûtes et contreforts pour des raisons économiques. Selon les études de conception, la construction
de l'ouvrage a requis un peu plus de 2,2 millions de m³ de béton, soit cinq fois moins qu'un barrage poids7.

Barrages mobiles à aiguilles

Système Poirée : 1 = aiguille,2 = appui,3 = passerelle, 4 = fermette, 5 = pivot,6 = heurtoir, 7 = radier Barrage à aiguilles de Givet - Dépose d'une aiguille

Le barrage mobile ou à niveau constant, a une hauteur limitée ; il est généralement édifié en aval du cours des rivières, de préférence à l’endroit
où la pente est la plus faible. On utilise généralement ce type de barrage dans l’aménagement des estuaires et des deltas.
Selon le type de construction le barrage mobile peut être :

Barrage à aiguilles, Fumay, Ardennes

 Le barrage à aiguilles, crée par l’ingénieur Charles Antoine François Poirée en 1834, qui, s’inspirant des anciens pertuis, étendit le

système sur toute la largeur du cours ; améliorant considérablement la navigation fluviale dès la moitié du XIXe siècle. Le premier fut établi par

Charles Antoine François Poirée sur l'Yonne, à Basseville, près de Clamecy (Nièvre). Le système Poirée consiste en un rideau de madriers

mis verticalement côte à côte barrant le lit du fleuve. Ces madriers ou aiguilles d’une section de 8 à 10 cm et longues de 2 à 4 m, selon les

barrages, viennent s’appuyer contre un butoir (ou heurtoir) du radier (sur le fond) et sur une passerelle métallique constituée de fermettes.

Ces fermettes peuvent pivoter pour s’effacer sur le fond en cas de crue et laisser le libre passage aux eaux. Les fermettes sont reliées entre

elles par une barre d’appui qui retient les aiguilles et une barre de réunion, de plus elles constituent la passerelle de manœuvre. Les aiguilles

à leur sommet présentent une forme qui permet une saisie aisée. Néanmoins c’est un travail fastidieux, long et dangereux (il faut plusieurs

heures et le travail de plusieurs hommes pour mener à bien la tâche). Bien que ce type de barrage soit remplacé par des techniques plus

modernes et automatiques ; sur certains barrages encore existants, les aiguilles de bois sont remplacées par des aiguilles en aluminium

remplies depolystyrène (pour la flottabilité en cas de chute dans la rivière), d’un poids bien moindre et plus facilement manœuvrable.

 À effacement sur le fond de la rivière (seuil (barrage)) pour permettre l’écoulement total ou en position intermédiaire pour créer

un déversoir.

Barrages mobiles à battant


 À battant ou porte à axe vertical, comme le barrages moderne hollandais (Maeslantkering), ou les portes à la Léonard de Vinci fermant
le port-canal deCesenatico pour empêcher les fortes marées d’envahir les terres.

1 = battant, 2 = déversoir,3 = vanne à volet, 4 = vanne à secteur

 À battant à axe horizontal avec possibilité d’échapper en aérien lorsque le débit devient critique, ce qui évite de constituer un obstacle à

l'écoulement des eaux en temps de crue. Ce type de barrage est généralement employé pour empêcher l'eau salée de remonter l'estuaire,

comme à Volta Scirocco en Italie.

 La partie fixe correspond à une plate-forme (ou radier) étanche.

 Une grande vanne à secteur, qui en position de fermeture totale détermine un battant qui s’appuie sur la plate-forme, pendant

qu'en position de soulèvement complet, il laisse l'écoulement complètement libre.

 Une vanne à volet, montée sur la génératrice supérieure de la vanne à secteur, qui permet de régler l’écoulement dans

le déversoir et le niveau d’eau désiré en amont du barrage. L'écoulement de l'eau peut se produire par le dessous du battant lorsque la

vanne à secteur inférieure est soulevée (ce qui permet aussi de nettoyer la surface de la plate-forme), ou bien par le dessus en déversoir,

lorsque la vanne supérieure à volet est abaissée.

Vanne par gravité : A = lagune, B = mer, 1 = socle béton, 2 = battant de vanne, 3 = air injecté, 4 = eau expulsée
 Barrage mobile à gravité, d’un fonctionnement théoriquement très simple, la vanne à gravité ne comporte que peu d’éléments
mécaniques. Il s’agit d’un battant, sorte d’enveloppe creuse articulée autour d’une charnière fixée sur un socle de béton.
 En position repos l’enveloppe se remplit d’eau et descend de son propre poids sur le radier.
 En position active, de l’air injecté chasse l’eau et permet au battant de remonter par gravité. La hauteur dépend de la quantité
d’air insufflée.
 Un tel procédé est en application dans le Projet Mose qui doit protéger la lagune de Venise des hautes eaux de l’Adriatique
(Acqua alta).

Nouveau barrage à vannes-clapets en construction à Givet.


 Barrage mobile à clapets, d’un fonctionnement comparable au barrage à mobile à gravité ci-avant à la différence près qu'il est mû par
deux vérins hydrauliques8 situés de part et d'autre du clapet. Il respecte parfaitement sa fonction : réguler l'écoulement de la rivière pour
maintenir un niveau sensiblement constant dans le bief amont. Son principal inconvénient est d'être excessivement dangereux pour le touriste
nautique. Les poissons ne peuvent le remonter que lorsque la rivière est en hautes eaux et le clapet complètement baissé 9.
D'autres types de barrages[modifier]

Un barrage fait à la main sur un ruisseau.


Il existe d'autres catégories de barrages, en général de taille plus réduite.
Les barrages de stériles miniers sont des barrages construits avec des résidus d'exploitation minière pour créer une zone de stockage de ces
stériles. Les barrages sont montés au fur et à mesure de l'exploitation de la mine. Ils s'apparentent aux barrages en remblai.
Les barrages de montagne sont des ouvrages destinés à lutter contre les effets de l'érosion torrentielle. Ce sont des ouvrages construits en travers
des torrents. Ils peuvent interrompre (partiellement ou complètement) le transport solide ; ils peuvent également fixer le profil en long d'un thalweg
en diminuant l'agressivité des écoulements.
Les digues filtrantes sont des ouvrages construits en pierres libres à travers un talweg ou bas-fond dans lequel des eaux de ruissellement se
concentrent lors des grandes pluies. La digue sert à freiner la vitesse de l'eau des crues, et elle épand ces eaux sur une superficie au côté amont,
action par laquelle l'infiltration est augmentée et des sédiments sont déposés. La superficie inondable constitue un champ cultivable sur laquelle
sont obtenus de bons rendements grâce à une meilleure disponibilité en eau et en éléments nutritifs pour les cultures comme le sorgho. En même
temps, l'érosion de ravine dans le talweg est arrêtée ou évitée10.
Éléments constitutifs[modifier]
Selon le type d'utilisation auquel il est destiné, le barrage pourra comprendre plusieurs éléments constitutifs parmi les suivants :
Machines hydroélectriques[modifier]
Article détaillé : turbine.
Instrumentation et outils de contrôle[modifier]
Déversoirs de crue[modifier]

Le déversoir du réservoir de Kangaroo Creek en Australie-Méridionale, lors de la crue de novembre 2005.


Le déversoir est une partie du barrage destinée à évacuer un débit depuis le réservoir amont vers un canal de décharge. Il sera notamment utilisé
en cas de crue qui pourrait mettre en péril le barrage en faisant augmenter le niveau amont de manière excessive. Certains déversoirs de crue sont
équipés de système de vannes permettant de contrôler le débit restitué ; les autres déversoirs, dits « à seuil libre », sont plus fiables en regard des
ruptures ou des pannes mécaniques. Le déversoir est l'un des principaux systèmes assurant la sécurité des ouvrages. Il existe plusieurs types de
déversoirs parmi lesquels : le déversoir principal qui permet d'évacuer les crues les plus courantes, les déversoirs auxiliaires qui permettent
d'évacuer les excédents de débit du déversoir principal, le déversoir d'urgence qui est défini pour évacuer les crues exceptionnelles (pouvant aller
jusqu'à des crues d'occurrence très faible, avec des périodes de retour de plus de 10 000 ans pour certains ouvrages). La conception d'un
déversoir doit répondre à arbitrage entre : les dimensions du déversoir, la quantité d'eau stockée et la quantité d'eau évacuée. Plus cette dernière
est grande, plus le déversoir doit être large ou profond. Le déversoir peut être confronté à des problèmes d'érosion, parfois liés à la cavitation ou à
la turbulence, qui peuvent entraîner sa destruction.
La gestion de la crue est un arbitrage entre le débit envoyé en aval, et le risque de noyer l'amont de la retenue par la montée des eaux retenues. La
réglementation française impose de ne pas aggraver le débit maximum (pic) de la crue.
Bassins dissipateur d'énergie
Article détaillé : Bassin de dissipation.
Sert à dissiper l'énergie présente dans l'eau circulant dans le canal de décharge. Le bassin dissipateur d'énergie permet de prévenir l'érosion à
l'aval.
Vie des barrages
Entretien des barrages
Accumulation de débris naturels et anthropiques contre le mur d'un barrage.

Les restes du barrage de Malpasset, détruit le 2 décembre 1959.


Un barrage n'est pas un simple mur plus ou moins solide. Il n'est pas inerte et fait l'objet surveillance sismologique et technique sous plusieurs
critères. L'ouvrage vit, travaille et se fatigue en fonction des efforts auxquels il est soumis.
Tout barrage peut être exposé à 4 types de risque :
 les défauts de maintenance et de contrôle, eu égard à l'obsolescence des matériaux ;
 les crues ;
 les accidents de terrain, mouvements ou glissements ;
 les séismes, celui de référence se situant à 3,5 sur l'échelle de Richter.
L'obsolescence des matériaux est principalement liée à la dégradation du matériau béton, qui peut être sujet à deux maladies : l'alcali-réaction
(dont souffre le barrage du Chambon, en France) et la réaction sulfatique interne (dont souffre le barrage de Bimont, en France) 11.
Généralement, on estime qu'au cours du 20e siècle, 1 % des barrages à travers le monde se sont rompus11.
Pour des raisons de maintenance des ouvrages, les barrages sont régulièrement inspectés. Chaque année, l'aspect extérieur du barrage est
examiné, et périodiquement (tous les 10 ans en France) la retenue d'eau est vidée afin de permettre l'accès à la fois à la partie inférieure de
l'ouvrage et aux équipements (conduites d'eau, grilles, vannes, etc.).
Les ouvrages intéressant la sécurité publique sont également auscultés, par des capteurs permettant de mesurer leurs comportements (mesures
de déplacements, de pression d'eau, de débit…). De son état dépend la sécurité des populations installées en aval.
Pour autant la probabilité de rupture est extrêmement faible : statistiquement, une rupture par an sur un parc mondial de
16 000 barrages, Chine exclue. En Europe, la probabilité est encore plus basse. En fait le danger est le plus élevé au moment du premier
remplissage, le risque étant cependant bien moins élevé pour les ouvrages en béton que pour ceux en remblais.
En France, les dispositions réglementaires relatives à la sécurité et à la sûreté des ouvrages hydrauliques sont assurées par le décret 2007-1735
du 11 décembre 2007. Ce dernier a établi une nouvelle classification des digues et barrages et a clarifié les mesures à prendre pour assurer leur
contrôle, leur mise sécurité et leur maintenance.
Les barrages construits dans les Alpes, dans les années 1950 et 1960, au plus fort de l'âge d'or de la houille blanche, sont aujourd'hui parvenus
dans une phase de vieillissement qui nécessite des frais de maintenance de plus en plus élevés. EDF estime que la plupart des ouvrages
hydrauliques atteignent seulement la moitié de leur espérance de vie mais a annoncé un important programme d'investissements pour la
maintenance et la réhabilitation. Selon le rapport de l'OPCEST (office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) français
du 9 juillet 2009, les principales inquiétudes résident moins dans les grands ouvrages que dans la multitude de petits barrages en France pour
lesquels les niveaux d'entretien et de contrôle sont insuffisants.
Catastrophes[modifier]
Un défaut de conception ou d'entretien peut conduire à une catastrophe : si le barrage cède alors que la retenue d'eau est relativement importante,
un raz-de-marée peut déferler sur les populations vivant en aval, plus ou moins canalisé par la topographie du cours d'eau sur lequel le barrage
était implanté (voir l'article Catastrophe). En France, une telle catastrophe a eu lieu en 1959 près de Fréjus, au Barrage de Malpasset.
Le film La Folie des hommes (2001) relate les déboires du barrage de Vajont, en Italie, au début des années 1960. Tiré d'un fait réel, le film montre
les causes et l'enchaînement des évènements qui conduisirent à un glissement de terrain de 270 millions de mètres cubes dans les eaux du lac de
retenue du barrage. La vague gigantesque qui s'ensuivit fit 2 000 victimes, le 9 octobre 1963.
La principale catastrophe liée a un barrage est la rupture du barrage de Banqiao en Chine en 1975 qui causa la mort de 26 000 personnes
directement à cause de l'inondation.
Séismes[modifier]
Les séismes font partie des événements susceptibles de nuire à la stabilité des barrages.
Cependant, historiquement, les ruptures causées par des séismes sont très peu nombreuses comparées à celles dues à des défauts de
conception.
En France, les grands barrages font l'objet d'une simulation informatique de comportement dans le cas du plus fort séisme historique connu dans la
région (souvent estimé d'après des documents anciens, mais n'allant pas bien au-delà de 500 ans environ). Ainsi le séisme de référence dans les
Pyrénées est celui du 21 juin 1660, de magnitude estimée autour de 6 et dont l'intensité a été de IX à Bagnères-de-Bigorre). Un tel séisme
causerait aujourd'hui des dégâts importants dans les Hautes-Pyrénées, mais serait néanmoins supporté par tous les grands barrages [réf. nécessaire].
Les ruptures les plus fréquentes ont concerné des ouvrages en remblai de taille modérée, construits avec des matériaux sableux ou silteux, ou
fondés sur des sols de cette nature ; il peut en effet se développer dans ce cas un phénomène appeléthixotropie, qui fait perdre toute résistance au
sable ou au silt saturé.
Le contrôle des barrages en France[modifier]
La sûreté de fonctionnement des barrages est de la responsabilité civile et pénale de ses exploitants. Néanmoins, compte tenu du risque et de
l'ampleur des conséquences potentielles, le domaine est contrôlé par des services d'État. Les barrages situés dans les concessions
hydroélectriques font partie du Domaine Public Hydroélectrique. Les DREAL (ex-DRIRE, division Énergie) sont en charge de la tutelle de ces
ouvrages appartenant à l'État et confiés par concession à un aménageur / exploitant. Les MISE (Mission Interservice sur l'Eau, au sein des DDEA)
sont en charge des ouvrages réalisés et exploités sous le régime de l'autorisation (petite hydroélectricité, et ouvrages sans utilisation énergétique).
Après la catastrophe de Malpasset (2 décembre 1959), le Ministère des Travaux Publics a rédigé la circulaire n° 70-15 du 14 août 1970, encadrant
les missions des services de contrôles et les obligations des exploitants. Le ministère de l'Industrie a complété la circulaire 70-15 par une circulaire
BMI (barrages de moyenne importance) le 23 mai 1995, applicable aux seuls ouvrages concédés. Parallèlement, a été créé le CTPB en 1963
(Comité technique permanent des barrages), réunissant les plus grands experts français, et depuis 1992 les plus grands barrages sont soumis à un
PPI (plan particulier d'intervention) où sont analysés les risques (dont les séismes et les glissements de type barrage de Vajont).
Avec l'ouverture du marché de l'électricité et le changement de statut des principaux exploitants (EDF, CNR, SHEM) les circulaires devenaient
inefficaces, et après réflexion commune une réglementation nouvelle a été définie par le décret n° 2007-1735, reprenant en les accentuant les
dispositions mises en place pour ausculter les barrages et analyser leur comportement.
En premier lieu, le début de l'année 2008 voit le classement de tous les barrages, hydroélectriques ou non, en 4 classes :
 A pour les barrages de plus de 20 m de hauteur au-dessus du terrain naturel ;
 B pour les barrages de plus de 10 m et dont le rapport BMI est supérieur à 200 ;
 C pour les barrages de plus de 5 m et dont le rapport BMI est supérieur à 20 ;
 D pour les autres barrages de hauteur supérieure à 2 m.
Ce rapport [Contradiction !] BMI = H2 . V1/2 [Contradiction !], où H est la hauteur maximale au-dessus du terrain naturel et V le volume (en millions de mètres
cubes) retenu par le barrage, conjugue le risque (hauteur) et les conséquences d'une rupture éventuelle (volume). Il a été introduit par André
Goubet, ancien président du CTPB, dès 1995 pour un élargissement du classement de l'époque, dont décembre 2007 est le dernier
développement.
Les barrages de classe A font l'objet tous les 10 ans d'une étude de dangers (EDD), un examen technique complet (ETC, remplaçant l'ancienne
visite décennale) et une revue de sûreté (RPS). Les barrages de classe B font l'objet d'une étude de dangers tous les 10 ans.
Tous les barrages classés (A, B, C et D) doivent disposer :
 d'une consigne de crue ;
 d'une consigne d'auscultation et de surveillance (CSA) ;
 d'un dispositif d'auscultation adapté.
Ils font l'objet :
 d'un rapport annuel de l'exploitant, incluant tous les faits notables pour la sûreté ;
 d'une analyse biennale des mesures d'auscultation ;
 d'une déclaration systématique de tout événement significatif pour la sûreté hydraulique (EISH).
Démantèlement des barrages[modifier]
Le démantèlement d'un barrage n'est pas affaire d'écologie, mais d'atteinte de la limite de vie du barrage, même si cela permet, en partie, aux
écosystèmes fluviaux de fonctionner de manière plus satisfaisante. L'investissement initial réalisé par le constructeur, toujours pour satisfaire un
besoin de service public (eau potable, irrigation, électricité) avec des moyens de développement durable, n'a pas vocation à être abandonné ou
détruit. On notera l'absence de financement de ces démantèlements pour l'usage piscicole (essentiellement de loisir), et l'absence de planification
de moyens durables de remplacement de la production d'énergie ainsi perdue.
En France, le barrage de Poutès (Haute-Loire) pourrait ainsi être démantelé. Le premier barrage hydroélectrique à avoir été démantelé est celui de
Kernansquillec à Plounévez-Moëdec dans les Côtes d'Armor. « En 1996, la démolition du barrage hydro-électrique, une première en France sur
une rivière à saumons, a permis au paysage englouti de refaire surface »12.
De même, parce que ne satisfaisant plus aux obligations de sécurité publique, le barrage du Piney (eau potable, maîtrise d'ouvrage communale) à
Saint-Chamond a été mis en sécurité en 2000 par percement d'un pertuis au pied du barrage.
Conséquences environnementales
Article détaillé : Impact environnemental des barrages.

Les grands barrages sont de puissants facteurs de fragmentation écologique pour les poissons migrateurs.
Impacts négatifs
Un barrage peut générer une fragmentation écologique, lorsqu'il est un frein ou blocage à la migration d'espèces aquatiques. Il y a dans certains
pays obligation depuis quelques années sur les ouvrages neufs (en France, sur les rivières classées « migrateurs » depuis la Loi « Pêche » n° 84-
512 du 29 juin 1984) de créer des échelles à poissons. Celles-ci sont encore rares sur les ouvrages anciens ou sur les rivières où la présence
d'espèces migratrices n'est pas identifiée. Réciproquement, certains ouvrages sont équipés sans obligation, par la volonté de l'exploitant. Certaines
échelles à poissons mal conçues ou mal construites peuvent se révéler peu efficaces. Le transport des poissons en camion est parfois la solution
alternative retenue, par exemple sur la Garonne entre Carbonne et Camon, où l'enchaînement de cinq barrages importants aurait nécessité des
équipements onéreux, et un trajet très éprouvant pour le migrateur. Les poissons sont donc « piégés » à une extrémité de la chaîne, identifiés et
transportés par camion-citerne à l'autre extrémité.
Un barrage peut générer des modifications hydrauliques, lorsqu'il bouleverse le débit naturel et saisonnier du cours d'eau, affecte le niveau des
nappes et le transfert des matières en suspension et sédiments. Il a des effets différés sur les écosystèmes d'une vaste zone en raison de
l'inondation de la zone amont, et de la forte modification du régime d'écoulement des eaux de la zone aval, ainsi que de la modification de la qualité
des eaux provoquée par la retenue.
Un barrage peut générer une modification des structures écologiques et faciliter des «invasions biologiques». Un écosystème sub-naturel et plus ou
moins équilibré se reconstitue dans ces zones plus ou moins rapidement (en l'espace d'environ 30 ans, l'écosystème serait recréé à 99 %[réf. nécessaire],
y compris en aval dans les anciennes zones asséchées). Néanmoins, cet écosystème n'est jamais identique à celui d'origine : la disparition des
courants en amont, et la très forte diminution du débit en aval, ainsi que la disparition ou le lissage des débits saisonniers provoque généralement
la disparition de certaines espèces autochtones. De plus, une étude13 publiée en septembre 2008 a confirmé aux États-Unis que dans les bassins
versants, les milieux artificiels que sont les lacs de retenues étaient beaucoup plus propices au développement d’espèces aquatiques dites
« invasives » que les lacs naturels, Cette étude a cherché à corréler dans la région des grands lacs l’importance des invasions biologiques avec la
physico-chimie de la masse d’eau, l’intensité et la nature des activités nautiques avec la distribution géographique de cinq espèces non indigènes 14.
L’étude a montré que le risque d’invasion biologique est (pour la région des grands lacs) de 2,4 à 300 fois plus élevé dans les lacs de retenue que
dans les lacs naturels (vers 2005/2008). Ce risque a augmenté avec les temps, et la menace augmente pour les lacs naturels car l’augmentation du
nombre de retenues touchées a presque partout diminué la distance entre eaux « contaminées » et eaux naturelles. C’est dans ce cas l’homme qui
joue le rôle principal de colporteur et en particulier selon Pieter TJ Johnson l'un des auteurs de l'étude, les activités de pêche et de nautisme qui
favorisent la dissémination de nombreux organismes, dont la moule zébrée (accrochée sous les bateaux), lesmyriophylles invasifs accrochés aux
remorques porte-bateaux, et les éperlans arc-en-ciel et une écrevisse invasive qui a été utilisée comme appât (aujourd’hui interdit).
Impacts positifs
Un lac de barrage peut être un accueil d'oiseaux migrateurs, lieux de reproduction de certaines espèces aquatiques,
Un lac de barrage peut améliorer les conditions d'écoulement en étiage. De plus en plus, les barrages hydroélectriques participent à un soutien
d'étiage, permettant une vie estivale de rivières par ailleurs affectées par de nombreux prélèvements (autorisés ou non), d'améliorer le
refroidissement des eaux, et la dilution des pollutions en aval. En France, depuis la même Loi Pêche de 1984, tous les obstacles sur les rivières
françaises doivent obligatoirement laisser dans le cours d'eau 1/40 du module (moyenne de débit), et 1/10 pour tous les ouvrages neufs ou dont le
titre est renouvelé. Afin de mettre fin à cette situation inégalitaire (posant de nombreux problèmes de variation des débits sur un même cours
d'eau), la nouvelle loi sur l'eau et les milieux aquatiques15 a fixé au 1er janvier 2014 la date limite de délivrance de 1/10 pour tous les ouvrages. Cette
LEMA introduit cependant l'exception des barrages de haute chute, assurant le soutien du réseau électrique, auxquels le débit réservé pourra être
limité à 1/20 (une liste devant être fixée par décret). De même, sur justification par une étude adaptée, le débit pourra être modulé sur l'année
(régime réservé).
Un lac de barrage peut être une source de production d'énergie renouvelable, lorsqu'il s'agit d'un barrage hydroélectrique.
Les barrages d'irrigation ou d'eau potable sont aussi construits pour apporter des bienfaits pour l'agriculture et l'alimentation en eau. Ces impacts
doivent donc être pesés au même titre que les inconvénients portés au milieu aquatique ou à la pêche de loisir.
Le saviez-vous ?
Les sections « Anecdotes », « Autres détails », « Le saviez-vous ? », etc. peuvent être inopportunes dans les articles.
Pour améliorer cet article il convient, si ces faits présentent un intérêt encyclopédique et sont correctement sourcés, de les intégrer dans d’autres sections.

 Le plus ancien barrage connu, d'une longueur de 115 m, fut construit dans la vallée de Garawi en Égypte vers 3000 av. J.-C.
 Dès 560 ap. J.-C., l'historien byzantin Procope de Césarée faisait mention d'un barrage-voûte en amont en maçonnerie (barrage
de Daras).
 Le premier barrage-voûte moderne fut construit par François Zola, père d'Émile Zola, entre 1843 et 1859 près d'Aix-en-Provence.
 Au XVIe siècle, les Espagnols réalisèrent de grands barrages en maçonnerie. Le plus remarquable fut celui de Tibi, à 18 km au nord
d'Alicante construit en 1594. Haut de 45 m, il est encore utilisé.
Annexes
Sur les autres projets Wikimedia :
 « Barrage », sur Wikimedia Commons (ressources multimédia)
Bibliographie
 Rios, Jorge L. Paes - Études en modèles réduits du déversoir de l'usine de Tucuruí - in Congrès International des Grands Barrages -
ICOLD - San Francisco, 1986.
 Un grand barrage démantelé en France ? article de Martin Arnould du WWF, L'Écologiste n°20, sept-oct-nov. 2006, p. 8
 La continuité écologique des cours d'eau
 Guide pour la réhabilitation des moulins hydrauliques en vue de la production d'électricité, de Michel Heschung. Master en Architecture et
Développement durable, 2007, 112 pages, FFAM 10 rue de l'Echarpe 31000 Toulouse 16
 Hydro-Québec, L'électricité, de la centrale à la maison, Montréal, Hydro-Québec, 2003, 46 p. (ISBN 2-550-40950-7)
 Christian Kert, La sécurité des barrages en question, Rapport de l'OPCEST, 9 juillet 2008
 Dams and the World's Water, CIGB (Commission internationale des grands barrages).
 Société d'énergie de la Baie James, Le complexe hydroélectrique de La Grande Rivière. Réalisation de la première phase, Montréal,
Société d'énergie de la Baie James/Éditions de la Chenelière, 1987, 496 p. (ISBN 2-89310-010-4)
Articles connexes
 Énergie hydraulique
 Lac de barrage
 Liste des lacs de barrage de France
 Liste des lacs de barrage de Suisse
 Liste des barrages hydroélectriques les plus puissants
 Seuil (barrage)
 Débit réservé
 Projet de barrage de Belo Monte
Liens externes
 Annuaire de photos aériennes des barrages
 Liste région par région des 200 barrages français à risques sur [Link]
 Site sur l’hydroélectricité
 Comité français des barrages et réservoirs
 Comité suisse des barrages
Notes et références
1. ↑ Patrick Le Delliou, Les barrages, conception et maintenance, Presses Universitaires de Lyon, 2003, 270 pages
2. ↑ Jacques Bonnin, L'eau dans l'Antiquité. L'hydraulique avant notre ère, Paris, Éditions Eyrolles, 1984, 135-149 p.(ISBN 978-2-212-01580-5)
3. ↑ SEBJ 1987, p. 328-329
4. ↑ SEBJ 1987, p. 70
5. ↑ Hydro-Québec 2003, p. 14
6. ↑ (en) « Under the influence - 60 most influential people in the industry », dans International Water Power and Dam Construction Magazine,
6 octobre 2009 [texte intégral [archive] (page consultée le 2010-08-19)]
7. ↑ Paul Paradis, Manic-Outardes, Montréal, Hydro-Québec, 1967, p. 16
8. ↑ Mû par des vérins hydrauliques ou éventuellement par deux treuils étant donné que les efforts sur le clapet sont toujours dans le même sens.
9. ↑ VNF : Barrage des quatre cheminées [archive]
10. ↑ J. C. J. Vlaar, A. J. Wesselink, Aménagement de conservation des eaux et des sols par digues filtrantes; expérimentations dans la région de Rissiam,
Burkina Faso, 1986-1989. Tome I: Aspects techniques et agronomiques, Ouagadougou (BF), Comité Interafricain d'études hydrauliques, 1990, 93-90 p. : ill.,
tab. réf. p.
11. ↑ a et b Christian Kert, La sécurité des barrages en question, Rapport de l'OPCEST (office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et
technologiques), 9 juillet 2008.
12. ↑ Démantèlement du barrage de Kernansquillec [archive]
13. ↑ (en) Pieter TJ Johnson, Julian D Olden et M Jake Vander Zanden, « Dam invaders: impoundments facilitate biological invasions into freshwaters »,
dans Frontiers in Ecology and the Environment, vol. 6, no 7, septembre 2008, p. 357-363 (ISSN 1540-9295) [lien DOI [archive]]
14. ↑ Espèces choisies parce que considérées comme très invasives en Amérique du nord et représentatives de quatre groupes d'organismes aquatiques
(plante, crustacé, poisson, mollusque) ; ce sont un myriophylle eurasiatique, la moule zébrée, un crustacé spiny water fleas(Bythotrephes longimanus) qui
est source d'une réduction de la diversité planctonique (N.D. Yan, R. Girard, S. Boudreau, « An introduced invertebrate predator (Bythotrephes) reduces
zooplankton species richness », Ecology Letters, 5, 2002, p. 481–485), l'éperlan arc-en-cielet une espèce introduite d'écrevisse. Cette étude a porté sur
4 200 lacs naturels et plus de 1 000 lacs de retenue (dans le Wisconsin et leMichigan
15. ↑ LEMA, loi n° 2006-1772 du 30 décembre 2006.
16. ↑ Les ouvrages molinologiques de référence [archive]

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