Introduction
I. Généralité sur le contrôle interne
1. Définition du contrôle interne et cadre de référence
1.1.Définitions
Le terme contrôle interne est la traduction littérale de l’expression anglo-saxonne : « Internal
Control » (ou Business Control pour les américains) dans lequel le verbe « to control »
signifie conserver la maîtrise de la situation, alors qu’en français le mot « contrôle » est
davantage compris comme le fait d’exercer une action de surveillance sur quelque chose pour
l’évaluer.
Eu égard ce qui précède, le contrôle interne est ainsi un concept abstrait qui peut être
interprété de diverses manières, Il en existe donc une multitude de définition.
Déjà en 1977 une excellente définition avait été donnée par l’Ordre des experts
comptables :« le contrôle interne est l’ensemble des sécurités contribuant à la maîtrise de
l’entreprise. Il a pour but d’un côté d’assurer la protection, la sauvegarde du patrimoine et la
qualité de l’information, de l’autre l’application des instructions de la Direction et de favoriser
l’amélioration des performances. Il se manifeste par l’organisation, les méthodes et les
procédures de chacune des activités de l’entreprise, pour maintenir la pérennité de celle-ci.
Cette définition est relayée par celle du « Consultative Committee of Accountancy » de la
Grande Bretagne donnée en 1978 : le contrôle interne comprend l’ensemble des systèmes de
contrôle, financiers et autres, mis en place par la Direction afin de pouvoir diriger les affaires
de l’entreprise de façon ordonnée et efficace, assurer le respect des politiques de gestion,
sauvegarder les actifs et garantir autant que possible l’exactitude de l’état complet des
informations enregistrées.
Et par celle de l’American Institute of certified Public Accountants, en la même année 1978 :
le contrôle interne est formé de plans d’organisations et de toutes les méthodes et procédures
adoptées à l’intérieur d’une entreprise pour protéger ses actifs, contrôler l’exactitude des
informations fournies par la comptabilité, accroître le rendement et assurer l’application des
instructions de la Direction.
Les définitions sont variées (dispositifs, moyens, procédés, systèmes) mais elles ne sont pas
fondamentalement contradictoires. On perçoit bien que tous s’accordent pour préciser qu’il ne
s’agit pas là d’une fonction mais d’un « ensemble de dispositifs mis en œuvre par les
responsables de tous niveaux pour maîtriser le fonctionnement de leurs activités ».
A toutes ces définitions, s’en sont ajoutées de nouvelles plus actuelles. Mais l’essentiel est
déjà dit dès l’origine.
L’IFACI (l’Institut Français de l’Audit et du contrôle interne) définit le contrôle interne
comme étant un dispositif de la société, défini et mis en œuvre sous sa responsabilité. Il
comprend un ensemble de moyens, de comportements, de procédures et d’actions adaptés aux
caractéristiques propres de chaque société qui :
contribue à la maîtrise de ses activités, à l’efficacité de ses opérations et à l’utilisation
efficiente de ses ressources, et
doit lui permettre de prendre en compte de manière appropriée les risques significatifs,
qu’ils soient opérationnels, financiers ou de conformité.
Le dispositif vise plus particulièrement à assurer :
la conformité aux lois et règlements ;
l’application des instructions et des orientations fixées par la direction générale ou le
directoire ;
le bon fonctionnement des processus internes de la société, notamment ceux
concourant à la sauvegarde de ses actifs ;
la fiabilité des informations financières.
Le contrôle interne ne se limite donc pas à un ensemble de procédures ni aux seuls processus
comptables et financiers.
1.2. Cadre de référence
2. Les objectifs du contrôle interne
Objectif général
Le Contrôle Interne doit permettre de construire et conserver une image favorable au sein du
secteur et auprès des parties prenantes, présenter des états financiers fiables aux partenaires et
agir en conformité avec les lois et règlements.
Objectifs spécifiques
-La protection et la sauvegarde du patrimoine : un bon contrôle prévoit divers mécanismes
dont notamment des validations systématiques des biens comptabilisés avec les biens
physiques, afin de prévenir les erreurs, la perte et le vol..
-La qualité de l’information financière : l’image d’une organisation se mesure par les
informations qu’elle donne à l’extérieur. Ces informations doivent être fiables et vérifiable
exhaustives, pertinents et disponibles. Et tout cela passe par la mise en place de procédures de
contrôles Internes susceptibles de saisir fidèlement toutes les opérations que l’organisation
réalise ;
-L’amélioration des performances et de l’efficacité opérationnelle : Le Contrôle Interne
vise non seulement la sécurité des transactions et des opérations effectuées par l’organisation
mais aussi leur efficacité ou même leur efficience.
Quelques objectifs généraux suivant les cycles :
a) Cycle achats–fournisseurs
S’assurer que :
- tous les achats sont saisis et enregistrés (exhaustivité)
- toutes les factures enregistrées correspondent à des achats réels effectués dans l’intérêt de
l’entreprise (réalité) - tous les achats enregistrés sont correctement évalués
- tous les achats ainsi que les produits et charges connexes sont correctement imputés
totalisés et centralisés
- tous les paiements sont autorisés et correctement enregistrés
b) Cycle paie – personnel
Les objectifs de ce cycle vise à s’assurer que :
- toutes les charges relatives au personnel sont enregistrées
- toutes les charges relatives au personnel sont réelles, concernant l’entreprise et sont
nécessaires à son exploitation (réalité) ;
- les charges relatives au personnel sont correctement imputées, totalisées et centralisées.
- les charges relatives au personnel sont enregistrées dans la bonne période.
c) Cycle immobilisation
S’assurer que :
- toutes les immobilisations ainsi que les charges et produits annexes sont enregistrés
(exhaustivité).
- toutes les immobilisations ainsi que les charges et produits annexes sont réels, appartiennent
à l’entreprise (réalité).
- sont correctement protégés
- toutes les immobilisations ainsi que les charges et produits correspondants sont
correctement évalués
d) Cycle trésorerie
S’assurer que :
- les paiements sont fait à des fins autorisées et par un nombre limité de personnes (maîtrise
des paiements)
- les encaissements font l’objet d’un suivi (maîtrise des encaissements)
- les opérations de trésorerie sont correctement enregistrées - les actifs liquides sont
correctement protégés
- la gestion de la trésorerie est optimisée sans faire courir de risques indus à l’entreprise.
3. Les composantes du contrôle interne
4. Les acteurs du CI
5. Les limites du CI
II. Généralité sur le commissariat aux comptes
1. Historique et définition
1.1. Historique
Le commissariat aux comptes est une institution plus que centenaire, bien que relativement
récente en tant que profession organisée.
Si une qualification de "commissaire" apparaît pour la première fois en 1863, c'est la loi du 24
juillet 1867 sur les sociétés qui a institué le "commissaire de sociétés" à l'époque de la
Révolution industrielle.
En 1935, les pouvoirs du commissaire aux comptes sont élargis du fait des scandales
financiers de l'époque. Une procédure d'agrément par les Cours d'appel est instituée pour les
commissaires aux comptes contrôlant les sociétés faisant publiquement appel à l'épargne et
obligation est faite au commissaire aux comptes de révéler au procureur de la République les
faits délictueux dont il a eu connaissance.
Après la guerre, la nécessité de promouvoir le marché financier pour soutenir l'expansion
économique a suscité une réforme importante du commissariat aux comptes, réalisée par la loi
du 24 juillet 1966 sur les sociétés commerciales.
Le commissariat aux comptes est érigé en une profession qu'organise le décret du 12 août
1969, créant une Compagnie nationale des commissaires aux comptes, placée auprès du
Ministre de la Justice.
Au cours des récentes années une succession de lois et règlements a modernisé l'ensemble du
système d'informations comptables et financières, compte tenu notamment des directives
d'harmonisation de l’OHADA, du développement des normes internationales et de l'apparition
des difficultés des entreprises.
1.2. Définitions
Le commissariat aux comptes (audit externe légal) est une mission d’audit obligatoire en vertu
de la loi, réalisé par les cabinets d’audit. Ainsi dans les pays membres de l’espace OHADA,
les dispositions de l’acte uniforme sur les sociétés commerciales et le GIE font obligation aux
sociétés anonymes (article 703 et 704), et aux SARL (article (379) ayant un capital social
d’un montant supérieur à 10 000 000 ou un chiffre d’affaire supérieur à 250 000 000 ou un
effectif supérieur à 50), et aux Groupements d’Intérêt Economiques (article 880) de nommer
un ou plusieurs commissaires aux comptes.
2. Cadre légale et règlementaire
La loi a institué un contrôle légal de caractère permanent par un ou plusieurs commissaires
aux comptes ayant pour objectif principal la vérification de la régularité, de la sincérité et de
l’image fidèle des comptes. Voir Art; 710 AUSCGIE
Dans les entreprises qui désignent, volontairement ou obligatoirement, des commissaires aux
comptes, ces derniers certifient, conformément aux dispositions de l’Acte uniforme relatif au
droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique sur la mission de
commissaire aux comptes, que les états financiers sont réguliers et sincères et donnent une
image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat de l’exercice écoulé.
( Article 70 AUSDC)
LA REGULARITE
Il s’agit pour les comptes d’être conformes aux règles et procédures en vigueur. De respecter
les conventions, principes, lois et règlements applicables dans un pays.
LA SINCERITE
Il s’agit de traduire la connaissance que les responsables de l’établissement des comptes ont
de la réalité et de l’importance relative des évènements enregistrés. Sont sincères des
documents financiers tels que les établirait un professionnel, indépendant, de bonne foi.
L’IMAGE FIDELE
C’est l’application de bonne foi des règles comptables. Elle découle de la bonne application
des principes de régularité et de la sincérité.
La présentation des résultats de l’entreprise issus de la comptabilité se fonde sur des
conventions dénommées principes comptables dont le respect est un des éléments de la
sincérité des comptes.
Les textes qui régissent le commissariat aux comptes en Afrique de l’Ouest sont :
Les textes de l’OHADA, notamment l’AUSCGIE (Acte Uniforme Relatif Au Droit
Des Sociétés Commerciales Et Du Groupement D'intérêt Economique)
Les règlements intérieurs des ONECCA et les codes de déontologie de la profession
Les textes du CPPC (Conseil Permanent de la Profession Comptable)
3. Objectifs du CAC
La mission de commissariat aux comptes a pour objectifs
Les objectifs de la mission de commissariat aux comptes sont appelés aussi assertions d’audit.
Les assertions sont des critères retenus par la direction dans la préparation des états financiers.
L’auditeur, tout au long de sa mission, doit s’assurer que les transactions et les éléments qui
constituent les comptes répondent à un ou plusieurs assertions d’audit. Il s’agit également de
critères que doivent appliquer ceux qui élaborent les états financiers. La norme ISA 315 décrit
ainsi qu’il suit les assertions relatives à la présentation des états financiers et aux informations
fournies dans ceux-ci qui peuvent être utilisées par l’auditeur afin de prendre en considération
les différents types d’anomalies potentielles pouvant survenir :
- Survenance, droits et obligations : Les événements, les opérations et les autres informations
fournies se sont produits et se rapportent à l’entité ;
- Exhaustivité : Toutes les informations se rapportant aux états financiers qui doivent être
fournies dans ces états l’ont bien été ;
- Classification des rubriques et compréhension : L’information financière est présentée et
décrite de manière pertinente et les informations fournies dans les états financiers sont
clairement présentées ;
- Exactitude et valorisation : Les informations financières et les autres informations sont
fournies de manière sincère et pour des montants corrects.
4. Les phases de réalisation d’une mission de CAC
III. Rôle du CI dans une mission de CAC
1. Evaluation du CI
2. Outils d’analyse du CI
3. Rôle du CI dans une mission de CAC
Conclusion