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Le réseau régional d’échange d’informations et d’expertise dans

le secteur des déchets dans les pays du Maghreb et du Mashreq

Tunisie Syrie
Liban
Territoires
Palestiniens Jordanie
Algérie
Libye
Maroc Egypte Arabie Saoudite

Mauritanie
Soudan

Yemen

RAPPORT PAYS SUR LA GESTION


DES DECHETS SOLIDES EN

tunisie
avec le soutien de

Juillet 2010
Le réseau régional d’échange d’informations et d’expertise dans
le secteur des déchets dans les pays du Maghreb et du Mashreq

RAPPORT PAYS SUR LA GESTION


DES DECHETS SOLIDES EN

TUNISIE

Juillet 2010
Préparé par avec l’appui de
Ramzi LABIDI
SWEEP-Net en TUNISIE
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Remerciements

Pour leur étroite association aide et collaboration à l’élaboration du présent rapport,


pour leur agréable disponibilité malgré leurs charges, pour la clarté de leurs exposés,
nous tenons à vivement remercier les personnes suivantes dans l’ordre chronologique
où nous les avons consultés :

Mr Mounir FERCHICHI Directeur Général de l’ANGed

Mr Adel GUETAT Chef de Département de la Gestion des Déchets Ménagers à l’ANGed

Mr Ridha BRAHIM Directeur des Études à l’ANGed

Mr Mohamed TOUMI Directeur du Développement des Filières à l’ANGed

Mr Yassine BOUSSELMI Directeur de la Gestion des Déchets Industriels à l’ANGed

Mme Lamia SAMMOUD Directeur du Contrôle de Gestion à l’ANGed

Mme Afef SIALA Sous Directeur du développement des Filières à l’ANGed

Mme Radhia ARFAOUI Ingénieur à la Direction des Etudes de l’ANGed

Mme Myriam JENAYAH Chef de service chargée de la Coopération Internationale à


l’ANGed

Mr Ramzi ABID Chargé Intérimaire de la Direction Communication et Sensibilisation à


l’ANGed.

Mr Saber OUECHTATI de la Direction Générale des Collectivités Publiques Locales au


Ministère de l’Intérieur et du Développement Local

3
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Liste des abbreviations

ANGed Agence Nationale de Gestion des Déchets


DASRI Déchets d’activités de soins à risques infectieux
DMS Déchets municipaux solides
GDS Gestion des Déchets Solides
GIDS Gestion Intégrée des Déchets Solides
IRST Installation de Réception, Stockage et Transfert
PCGD Plan Communal de Gestion des Déchets
PRONAGDES Programme National de Gestion des Déchets Solides
PRONGIDD Programme National de Gestion Intégrée et Durable des Déchets
SGIDD Stratégie de gestion intégrée et durable des déchets

4
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Sommaire

0. Profil du pays 5

1. Résumé analytique 8

2. Introduction 11
2.1. Cadre environnemental et socio-économique 11
2.2. Situation de la gestion des déchets 11

3. Situation actuelle de la gestion des déchets solides 12


3.1. Cadre politique, légal et institutionnel 12
3.2. Stratégie, plans d’action et priorités 18
3.3. Planification et investissements 19
3.4. Financement et recouvrement des coûts 21
3.5. Participation du secteur privé 23
3.6. Sensibilisation du public et participation de la communauté 25
3.7. Renforcement de capacités et besoins en formation 26

4. Gestion des déchets industriels et dangereux 26

5. Gestion des déchets de soins 28

6. Options d’amélioration et de développement 29

7. Assistance technique et financière des partenaires


et bailleurs de fonds 30

8. Opportunités de réseautage et de partenariat 31

9. Besoins en assistance technique


et appui au renforcement des capacités 32

10. Études de cas, bonnes pratiques et leçons apprises 32

11. Priorités d’action pour la GIDS 35

Annexes 36

5
Réseau régional d'échange d’informations et d’expertise dans le
secteur des déchets dans les pays du Mashreq et du Maghreb

profil du pays sur la situation de


la gestion des dechets solides EN Tunisie
Liban Syrie
Maroc Territoires

tunisie
Palestiniens Jordanie
Algérie
Juillet 2010 Egypte

Mauritanie
Yemen

Eléments d’appréciation
• Population : 10,320 millions 8%
• Génération des déchets 2,25 millions Autres
municipaux solides(DMS): de tonnes (2009)
2%
• Génération de DMS Composition
Verre
par habitant: en déchets
zone urbaine 0,815 kg/jour 11%
zone rurale 0,150 kg/jour Plastique
• Taux de croissance des DMS: 2,5%
• Génération des déchets de soins : 18 KT/an 2%
• Génération des Métal
déchets industriels : 7,150 MT/an
9%
• Déchets industriels dangereux : -
Papier/ 68%
• Génération des déchets agricoles : -
carton Organique
Performance technique Cadre législatif
• Déchets municipaux
Cadre juridique général
- Couverture de la collecte des DMS : • Loi cadre 92 – 122 créant Le Fonds de Dépollution (FODEP).
en zone rurale de 50 à 100% • Loi organique des communes 95-68 qui confie aux com-
en zone urbaine de 80 à 100% munes la responsabilité de la GDS au niveau local.
- Destination finale des DMS: • Loi cadre 96 – 41 qui définit les déchets, en spécifie les ca-
- Compostés : Faible tégories, réglemente leurs gestions et institue le principe
de la responsabilité pénale dans toute méprise d’utilisation.
- Recyclés : Faible
• Loi 97 – 11 portant promulgation du code de la fiscalité lo-
- Mis en décharge : 65% par rapport à la cale.
production et • Loi 2001 – 14 fixant les modalités de collecte, transport,
85% par rapport à la stockage et traitements des déchets non dangereux.
capacité installée • Loi 2003 – 80 créant le fonds spécial du trésor intitulé
«Fonds de Propreté de l’Environnement et de l’Esthétique
- Déversés : Difficile à spécifier
des Villes» et modifications ultérieures.
- Nombre de décharges contrôlées • Décret 2005 – 2317 portant création de l’Agence Nationale
- En cours d’étude: 6 de Gestion des Déchets (ANGED).
- En cours construction: 4
- Construites: - Cadre juridique spécifique à certains types de déchets
- Opérationnelles: 10 • Loi 97 – 37 relative au transport par route à travers le terri-
toire des matières dangereuses.
• Décret 97 – 1102 créant le système public de reprise et de
• Déchets dangereux et industriels
valorisation des emballages ECO-lef.
- Nombre d’unités / centres de traitement des déchets • Décret 2002 – 693 relatif aux conditions et modalités de
industriels (traitement physico-chimique) reprise et de traitement des huiles lubrifiantes et filtres à
- En cours construction: 3 huiles usagés.
- Construites: 1 • Décret 2000 – 2339 fixant la liste des déchets dangereux.
• Décret 2005 – 3395 relatif aux conditions de collecte et trai-
- Opérationnelles: 1
tement des accumulateurs et piles usagées.
- Type de traitement
• Décret 2008 – 2745 relatif aux modalités de gestion des dé-
des déchets de soins : - chets d’activité sanitaire.
profil du pays sur la situation
DE La gestion des dechets solides EN tunisie

Cadre Institutionnel
Politique et planification : Ministère de l’Environnement et
du Développement Durable.

Mise en œuvre de la politique :


Agence Nationale de Gestion des Déchets (ANGed). • Financement de la mise en décharge : partagé entre les col-
lectivités locales sur leurs propres ressources à hauteur de
Exercice de la gestion des déchets 20% et l’Etat par l’intermédiaire du FODEP à hauteur de 80%.
• L’ANGed : contrôle et supervision des décharges contrôlées • Le financement couvre l’ensemble des dépenses (situation
dont elle confie la gestion et l’exploitation à des privés. qui peut changer avec l’entrée en exploitation des nouvelles
• Les Communes : politique locale en matière de la gestion décharges).
des déchets, collecte des déchets et leur acheminement
jusqu’aux centres de collecte ou aux décharges munici-
pales par leurs propres moyens ou par l’intermédiaire de
Participation du secteur privé
sous-traitants. Dans la politique et de la planification : études stratégiques
• Le Ministère de l’Intérieur et du Développement Local: et techniques effectuées à travers des bureaux d’études et des
contrôle et financement des communes. consultants.
Pour la collecte et le transport des déchets ménagers :
Contrôle et Application de la réglementation contrats avec le privé sur certaines des communes existantes.
• L’Agence Nationale de Protection de l’Environnement Pour la collecte et le traitement des déchets industriels
(ANPE) : contrôle de la mise en application de la réglemen- spéciaux:
tation en matière de gestion des déchets, pouvoir coercitif. - assurés en totalité par le secteur privé et à la charge des
• Le Ministère des Finances qui participe à l’élaboration et la industriels, intervention subordonnée à l’obtention d’une
mise en place des aspects de financement et de recouvre- autorisation auprès de l’ANGed (150 entreprises actuelle-
ment des écotaxes et coûts de la GDS. ment).
- contrat d’exploitation par un opérateur privé de la station
Institutions partenaires pour la gestion des filières : de JRADOU.
• Le Ministère de la Santé Publique : gestion des déchets des Pour l’exploitation des décharges contrôlées : totalement
établissements de soin. assurée par le secteur privé, contrats d’exploitation d’une durée
• Le Ministère de l’Industrie : filières des huiles usagées, de 5 ans.
Accumulateurs et Piles, Déchets des équipements élec- Pour la mise en place des filières : intégration totale du
triques et électroniques (3E). secteur privé, intervention subordonnée à l’obtention d’une
• Le Ministère du Commerce : filière 3E. autorisation auprès de l’ANGed.

Politique et planification axes d’optimisation


• Programme National de Gestion de Déchets Solides (PRO- Au niveau réglementaire :
NAGDES) : premier cadre stratégique de la gestion des dé- l’élargissement du contrat d’exploitation des décharges
chets pour la période 1995 – 2006. contrôlées à des concessions de durée supérieure à 15 ans.
• Programme National de Gestion Intégrée et Durable des
Déchets (PRONGIDD) : couvrant la période 2007 – 2016 et Au niveau institutionnel :
incluant un système de suivi et de contrôle des réalisations renforcer les moyens de l’ANGed au niveau contrôle et suivi de
à travers un ensemble d’indicateurs. la gestion.
Au niveau opérationnel:
Dispositions financières - rationaliser la gestion et optimiser des moyens des com-
et recouvrement des coûts munes.
- scruter l’ensemble des filières déjà crées pour identifier les
La collecte des déchets ménagers retards et les carences.
• Coût de la collecte :
- par les municipalités : 40 D à 55 D la tonne. Au niveau financier : assister les communes à réaliser une
- par le secteur privé : ~ 35 D la tonne. comptabilité analytique de leur activité de collecte et généra-
• Financement de la collecte : ressources propres des com- liser progressivement l’expérience des plans communaux de
munes composées des taxes foncières et sur le bâti, diverses gestion des déchets (PCGD).
taxes locales et la contribution de l’Etat. Au niveau des compétences : anticiper les besoins en compé-
• Recouvrement des coûts de la collecte : tences en gestion de déchets et renforcer les formations.
avec le soutien de moins de 50%.
Au niveau de la sensibilisation : insister sur les enjeux par-
La mise en décharge contrôlée ticulièrement négatifs afin d’éveiller la craintes des risques
• Le coût moyen actuel de mise en dé- encourus résultant de la négligence disciplinaire du citoyen
charge est de l’ordre de 18 DT/T. en matière de déchets.
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

1. RESUME aNaLYTIQUE

La Tunisie a réalisé de bonnes performances au niveau de la gestion des déchets ménagers par la mise en
place d’une politique de généralisation des décharges contrôlées à travers le territoire, dont le niveau de
couverture actuel est de l’ordre de 70%. En parallèle, une action de réhabilitation et de fermeture de près
de 400 dépotoirs anarchiques de diverses volumes est en cours de réalisation. Parmi ces 400 dépotoirs,
on décompte actuellement presque 130 réhabilités, et l’ANGed estime que vers la fin de l’année 2010 ce
nombre atteindra les 200, soit la moitié.

La création de l’ANGed en tant qu’institution en charge du dossier a permis de réaliser des progrès no-
tables au vue du dernier rapport du pays réalisé en 20041. Mais l’action de l’ANGed reste tributaire à celle
en amont des communes au niveau de la collecte qui conditionne la quantité de matière
première. Or cette partie demeure pour l’instant difficile à cerner du fait de la dispa-
rité dans les moyens des communes.
Le cadre
institutionnel de
Le premier constat au niveau de la collecte de l’information est l’ancienneté
la GDS a connu un
des données disponibles concernant la production des déchets. Celles pro-
progrès notamment avec
duites dans le présent rapport et qui sont encore admises datent de 1995.
la création de l’ANGed,
Plusieurs indices et recoupements de données statistiques concernant
mais l’action de celle-ci
la consommation des ménages mettent en doute la validité actuelle de
reste tributaire de celle
ces données. Il s’avère donc urgent de procéder à la réactualisation de
des communes au niveau
ces données. Le projet de mise en place du système d’information sur
de la collecte. Cette partie
la gestion des déchets actuellement en cours devra inclure cette action
reste difficile à cerner
de réactualisation.
du fait de la disparité
dans les moyens des
Dans le processus de gestion des déchets, la collecte constitue le problème
communes.
le plus épineux puisqu’il découle directement de la conscience citoyenne. La
maîtrise de cette partie constitue un atout majeur pour la réussite de toute poli-
tique de gestion des déchets. C’est le coût de collecte qui est le plus lourd. Même avec
l’intervention du secteur privé et une meilleure optimisation des coûts, il demeure le double
du coût de la mise en décharge.

Le soutien aux communes pour une meilleure gestion des déchets est une priorité et constitue un axe
primordial dans le plan stratégique actuel. La mise en application pilote du PCGD – Plan Communal de
Gestion des Déchets – constitue une étape importante dans l’organisation de la collecte des déchets au
niveau communal. Ce plan s’est concrétisé par la définition d’un processus cohérent de planification et de
gestion de la collecte des déchets aux niveaux administratifs, ressources humaines, maîtrise des coûts,
évaluation des budgets et réalisation d’actions de sensibilisation. L’expérience pilote porte actuellement
sur neufs communes et il est instructif de suivre de près les résultats de son expérimentation.

1 - METAP - Projet Régional de Gestion des Déchets Solides dans les Pays du Mashreq et Maghreb – Rapport du Pays (Tunisie) -
GTZ-ERM-GKW, Janvier 2004.

9
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

L’intervention du secteur privé dans le processus de collecte et peut être d’un premier tri des déchets
pourrait être très fructueuse pour les communes. Mais la réalité du terrain ne le concrétise pas. En effet,
les résultats de la participation du secteur privé sont mitigés. Les communes qui ont fait appel à des en-
treprises structurées et bien équipées semblent satisfaites du service. Celles qui recourent à des sociétés
moins structurées souffrent d’un problème de qualité et de conformité du service.

A ce niveau, la mise en place du PGCD peut aider à rapprocher les points de vue. En effet, la rubrique coût
est développée de manière détaillée, exhaustive et analytique et a intégrée toutes les composantes. Son
expérimentation permettra de mettre un mode d’évaluation des coûts de collecte pouvant constituer une
base de discussion entre les communes et le secteur privé.

Les moyens et ressources des communes constituent un problème tout aussi crucial pour la gestion des
déchets. En effet, l’étude préliminaire à la mise en place des PGCD estime que la gestion des déchets
consomme près de 30% des budgets des communes. La difficulté que les communes éprouvent à recou-
vrer les taxes locales les laisse en quasi-totale dépendance par rapport aux subventions de l’État. Cette
situation est particulièrement contraignante pour les communes à moyens limités.

Un premier effort est à réaliser pour le recouvrement des taxes locales. Mais même en les recouvrant
totalement, le produit ne permet pas de couvrir totalement les coûts de gestion des déchets. Ainsi par
exemple pour la commune de Tunis, le coût total de gestion des déchets pour l’année 2009 est estimé à
12 millions DT contre 5,3 millions DT de taxes recouvrées. Le taux de recouvrement est
estimé à 60%. Dans le meilleur des cas, le produit des taxes serait de l’ordre de 8
millions DT soit 66% du coût de gestion des déchets.

Le coût de la collecte Pour y remédier, l’intégration d’une redevance du citoyen est plausible.
demeure lourd. La mise Une campagne d’information et de sensibilisation est nécessaire afin
en application du PGCD, d’éviter qu’elle ne soit perçue comme une taxe supplémentaire. La
actuellement en cours faiblesse prévisible de cette redevance nécessite d’insister sur l’im-
d’expérimentation, pourrait portance de l’impact d’une faible contribution du citoyen au niveau
définir un processus écologique et économique.
cohérent de la collecte au
niveau des communes Conséquemment, l’amélioration des ressources des communes peut
aidant à diminuer les coûts aider à développer l’intervention du secteur privé. Il faudra cependant
et à améliorer les taux mettre plus l’accent sur la qualité du service et les moyens matériels et
de recouvrement. humains mis à contribution.
La principale faiblesse de la gestion actuelle des déchets ménagers en Tu-
nisie est le retard encore enregistré au niveau de la valorisation et recyclage.
Ainsi, le compostage ne dépasse pas les 0,5% du vivier existant et dont les béné-
fices sont établis particulièrement pour l’agriculture biologique. La méthanisation des
déchets organiques pour produire de l’électricité constitue aussi un autre point de faiblesse alors que la
Tunisie a été un pays précurseur en la matière. Les digesteurs de Sejnane, dont la réhabilitation est en
cours, datent des années 80 sans oublier le digesteur de grande qualité technologique qui a été installé
en 1983 au Complexe Sucrier de Ben Béchir.

Mais la valorisation et le recyclage des déchets est tributaire de la disponibilité de la matière première.
Le tri à la source demeure encore la grande problématique et les compagnes de sensibilisation et les
diverses expériences réalisées semblent buter contre le manque de conscience environnementale du
citoyen tunisien. Des expériences réussies à travers le monde sont à noter notamment dans certains pays

10
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

européens, scandinaves ou en Corée du Sud. Il sera bénéfique d’étudier de près ces expériences et d’ana-
lyser les conditions de leur transposition en Tunisie.

Le taux de couverture actuel par les décharges contrôlées, tout autant que leur exploitation par le secteur
privé, justifient la réussite de la politique engagée dans ce secteur. La nouvelle démarche à valoriser les
biogaz est fructueuse et génératrice de gains, principalement à travers le torchage dans le cadre des
marchés carbone. Mais leurs valorisations sous forme énergétique est tout aussi fructueuse à étudier.
L’encouragement de l’apport des sociétés exploitantes par la mise en place de moyens complémentaires
de tri et de valorisation peut s’avérer rentable puisque générateur de gains et peut ainsi per-
mettre de diminuer la redevance de mise en décharge. Le cadre contractuel actuel
de cinq ans est limite pour permettre la rentabilisation des investissements. Le
projet actuel de transformation du contrat d’exploitation en concession pour La Tunisie
une durée de 15 ans ou plus peut constituer une incitation pour les invi- enregistre encore du
ter à participer à l’investissement. Il faudra cependant insister auprès retard au niveau de la
des exploitants pour développer les filières de valorisation génératrices valorisation des déchets et
de gains substantiels et de ne recourir qu’à l’enfouissement des dé- du traitement des déchets
chets ultimes ce qui permet d’allonger les durées des casiers des dé- industriels et médicaux. Des
charges. filières de valorisation ainsi
que l’unité de traitement de
Le traitement des déchets industriels spéciaux prend un nouveau Jradou sont mises en place
tournant avec l’entrée en fonctionnement de l’unité de JRADOU. pour rattraper ce retard.
L’étape suivante consiste à renforcer l’action d’information et de sen- Reste que leur succès est
sibilisation des industriels. La mise en place de mesures d’encourage- tributaire de l’implication
ment et de soutien des industriels pour l’intégration de la composante des citoyens et des
environnementale dans la gestion de production est primordiale. industriels.
Mis à part plusieurs initiatives déjà réalisées dans ce contexte, le CITET est
actuellement en cours de réalisation d’un projet de mise en place d’un programme
de formation d’auditeurs 14001 pour soutenir les industriels à s’y faire certifier. L’ANGed
pourrait intégrer ce cadre pour toucher les industriels et promouvoir la filière de traitement particulière-
ment avec l’entrée en exploitation prochaine des 3 IRST.
Il faut en même temps consolider la législation dans le sens répressif pour obliger les contrevenants et
les négligents à prendre conscience des enjeux liés à la pollution industrielle.

Il faut noter la lenteur du régime de fonctionnement des déchets d’activités de soins dû au retard de lan-
cement de l’appel d’offres du Ministère de la Santé Publique. Pourtant 21 entités sont actuellement sur les
rangs dont cinq seulement sont fonctionnelles. Le préjudice touche aussi bien l’aspect environnemental
qu’économique.

La filière des piles usagées enregistre encore un retard dans son fonctionnement. Le vivier est potentielle-
ment important et justifie la mise en place de la filière. Mais la collecte en constitue la difficulté principale
malgré l’expérimentation de diverses solutions. Il existe actuellement une installation privée prête pour
le traitement des piles usagées, mais elle est non fonctionnelle à cause du manque de matière première.
Du fait du non fonctionnement de cette unité, l’ANGed dispose actuellement de 350 T de stocks en attente
de prise en charge.
La filière de collecte et de recyclage des batteries usagées est suffisamment soutenue principalement
par l’intervention des deux grands fabricants locaux qui ont eux-mêmes organisés les circuits de collecte
à travers leurs réseaux de vente. La mise en place d’une consigne indexée sur le type d’accumulateur est
une solution efficace qui semble donner un résultat probant.

11
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

2. INTRODUCTION

Tableau 1: Données clés

Population 10.486.300 (année 2009)

RNB par habitant (US$) 4.107 US$ (année2009)

Génération de DMS 2.250.000 Tonnes (2009)

Composition des DMS (%) Organique 68%


Papier/Papier de bord 9%
Plastique 11%
Verre 2%
Métal 2%
Autres 8%
Composition des DMS par générateur (%) Domestique et commercial 24 %
Industriel 76 %
Génération des DMS par habitant (kg/j/h) Rural 0,10 à 0,25
Urbain 0,65 à 0,85
Couverture de la collecte des DMS Rural en moyenne 50 %
Urbain en moyenne 85 %
Gestion de déchets (%) Compostés Faible
Recyclés Faible
Mis en décharge 65%
Déversés Difficile à spécifier
Estimation des dépenses publiques annuelles 20 millions d’EUROS

Croissance annuelle en DMS 2,50%

Déchets de soins 18.000 T/an

Déchets industriels 7,150 MT/an

Déchets dangereux ~ 160.000 T/an

Déchets agricoles -

12
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

2.1. Cadre environnemental et socio-économique


La Tunisie a une superficie de 163.610 km². Elle est dotée d’un climat méditerranéen passant d’un niveau
d’humidité élevé au nord à un climat désertique sec au sud.
La population du pays s’élève 10,48 millions d’habitants (en 2009). La population citadine représente les
deux tiers de la population totale.

Le PIB est composé à 13% de l’agriculture et la pêche, 18% des industries manufacturières, 10% des
produits miniers et hydrocarbures et à 58% des services.

2.2. Situation de la gestion des déchets


Les DMS générés en Tunisie s’élèvent à 2,25 MT. La production par individu est variable selon le milieu :
la production de DMS est 0,10 à 0,25 dans le milieu rural alors qu’elle est de 0,65 à 0,85 dans le milieu
urbain.
La capacité de réception des déchets en décharges contrôlées est actuellement de 1.765.000 T/
an représentant 78% de la production ménagère totale. Une capacité additionnelle entrera bientôt en
exploitation pour 110.000 T/an. Le reste est éliminé en dépotoirs sauvages non contrôlés.
La collecte est assurée par les communes et leurs sous-traitants qui couvrent en moyenne 85% en zone
urbaine mais très disparate en zone rurale.
L’évolution de la production des déchets se fera principalement par le développement des zones urbaines.

ation des DMS


énér
lag
e
ond
i
ct

2025
oje
Pr
e 1:

2020
Figur

2015

2010

2005

2000

0 1 2 3 4

Génération totale
projetée des DMS (MT/an)

13
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

3. SITUaTION aCTUELLE
DE La GESTION DES DECHETS SOLIDES

3.1. Cadre politique, légal et institutionnel

Cadre Politique
Intégrant la maîtrise du devenir des déchets dans le cadre de la protection durable de l’environnement,
l’organisation générale du secteur des déchets a été confiée au Ministère de l’Environnement et du
Développement Durable.

La politique tunisienne en matière de gestion des déchets ambitionne d’assurer la collecte de l’ensemble
des déchets produits pour les acheminer vers des centres spécifiques en vue du traitement.

La pièce maîtresse du système de gestion des déchets tunisien est la décharge contrôlée. Il s’agit d’un
espace géographiquement identifié et délimité, répondant à des critères géologiques et dument équipé
pour recevoir les déchets et les traiter selon des normes strictes préalablement établies. A chaque
décharge est associé un ensemble satellite de centres de transfert qui servent comme point intermédiaires
de centralisation de la collecte des déchets issue d’une zone géographique habitée donnée.

La partie collecte chez le producteur et l’acheminement jusqu’au centre de transfert est du ressort des
services communaux. L’ensemble centre de transfert-décharge est de la responsabilité de l’Agence
Nationale de Gestion des Déchets (ANGed), organisme crée en 2005 et placé sous la tutelle du Ministère
de l’Environnement et du Développement Durable dont la tâche est la conception, la mise en œuvre au
niveau national des plans et programmes de gestion des déchets.

Cadre Légal
En Tunisie, deux types de cadres légaux réglementent et organisent la gestion des déchets :
n Un cadre général qui réglemente globalement le secteur indépendamment de la nature des déchets ;
n Des cadres particuliers à des types de déchets spécifiques.

Le cadre général de gestion des déchets est constitué par les éléments suivants :

• La loi cadre 92-122 du 29 Décembre 1992 portant loi de finances de l’année 1993 et créant le Fonds
de Dépollution (FODEP) dont l’objet est le financement des projets de gestion appropriée des déchets
solides et de traitement de toutes les formes de pollution occasionnée par l’activité économique.
• La loi organique des communes 95-68 du 24 Juillet 1995 qui confie aux communes la responsabilité de
la gestion des déchets ménagers au niveau local.
• La loi cadre 96-41 du 10 juin 1996 qui définit les déchets, en spécifie les catégories, réglemente leurs
gestions et institue le principe de la responsabilité pénale dans toute méprise d’utilisation.
• La loi 97-11 du 3 Février 1997 portant promulgation du code de la fiscalité locale.
• La loi 97 -37 du 2 juin 1997 relative au transport par route à travers le territoire des matières dangereuses.
• Le décret 2000-2339 du 10 octobre 2000 fixant la liste des déchets dangereux.

14
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

• La loi 2001-14 du 30 Janvier 2001 fixant les modalités de collecte, transport, stockage et traitement des
déchets non dangereux.
• La Loi 2002-101 du 17 décembre 2002 portant loi de finances de l’exercice 2003 et instituant la Taxe de
Protection de l’Environnement TPE et textes suivants la modifiant.
• La loi 2003-80 du 29 Décembre 2003 créant le fonds spécial du trésor intitulé « Fonds de Propreté de
l’Environnement et de l’Esthétique des Villes « et modifications ultérieures.
• Le décret 2005-2317 du 22 août 2005 portant création de l’ANGed et lui confiant la mission de la gestion
au niveau national des déchets par l’élaboration et la mise en œuvre de plans, programmes et projets
nationaux relatifs à la gestion des déchets de manière générale.

Les principales dispositions de ces lois et décrets sont exposées dans le tableau suivant.

Tableau 2: Les principales dispositions du cadre législatif général de la gestion des déchets

Loi / Décret Principales dispositions


La loi cadre 92-122 Objet : Création du Fonds de Dépollution FODEP
du 29 Décembre 1992 Article 35 à 37 : Le fonds de dépollution (FODEP) a pour objet d’encourager les
portant création du actions concourant à la protection de l’environnement contre la pollution industrielle
Fonds de Dépollution par la participation ou financement de projets d’unités de collecte et de recyclage
FODEP de déchets. Ce fonds peut concourir au financement d’installations communes
de dépollution, réalisées par des opérateurs publics ou privés pour le compte de
plusieurs entreprises industrielles exerçant les mêmes activités ou génératrices de la
même pollution.
Décret 93-2120 du Objet : Modalités d’intervention du FODEP
25 octobre 1993 fixant Article 1 : Le FODEP peut concourir au financement d’installations communes de
les conditions dépollution réalisées par des opérateurs publics ou privés
et modalités Article 2 : Le FODEP est alimenté par les dotations de l’Etat, les dons obtenus et
d’intervention du crédits contractés pour l’exécution des projets entant de son cadre d’intervention,
FODEP les diverses taxations qui ont trait à la pollution ou l’objet du FODEP, toute autre
ressource réglementairement affectée.
Article 5 : Le concours du FODEP est accordé sous forme de subvention calculée par
référence au coût d'investissement initialement agréé sans que son montant dépasse
20% du coût.
La loi organique des Objet : Rectification de la loi organique des communes de 1975
communes 95-68 Article 74 : Intègre parmi les prérogatives des communes la responsabilité de veiller
du 24 Juillet 1995 à l’interdiction de jeter de manière sauvage tout ce qui peut constituer un désagré-
ment ou une menace à la qualité de vie ou à la santé des citoyens et aux risques de
pollution industrielle des sociétés relevant des communes.
Article 101 : Institut le principe d’intercommunalité pour la mutualisation des moyens
de plusieurs communes afin de renforcer leur capacité dans la réalisation des tâches
qui leurs sont incombées.
Article 129 : Confie aux communes la responsabilité de la collecte des déchets ména-
gers, leur tri, leur traitement et leur enfouissement dans des décharges contrôlées.
Article 136 : Autorise de manière vague la possibilité de contracter avec des privés
pour la réalisation de services selon les procédures réglementaires en vigueur.

La loi cadre 96-41 du Objet : loi spécifique à la gestion des déchets


10 juin 1996 concernant Article 1 : fixe comme objectifs à réaliser par la gestion des déchets : réduction de la
la gestion des déchets production de déchets, réduction de leur nocivité, valorisation par les moyens tech-
niques disponibles, dépôts des déchets en décharges contrôlées après épuisement de
tout moyen de valorisation.
Article 5-6 : Dispositions d’élimination des déchets dangereux ou présentant un
risque de nocivité avec institution de la responsabilité pénale du producteur.
Article 10-15 : Chapitre relatif au traitement des déchets d’emballages.

15
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Loi / Décret Principales dispositions


Article 16-23 : Réglementation relative aux décharges contrôlées : classification des
décharges selon la dangerosité des matières qu’elle prend en charge, soumission
de l’ouverture des décharges et des centres de collecte et de tri à l’autorisation du
ministère de tutelle, autorisation du service privé à prendre part à la prise en charge
et la gestion des déchets sous contrôle.
Article 24-30 : Dispositions générales relatives à la gestion des déchets et leurs
éliminations.
Article 31-38 : Dispositions spécifiques aux déchets dangereux : interdiction de
mélange de déchets dangereux et non dangereux,
interdiction d’enfouissement ou de dépôt des déchets ailleurs que dans des
décharges réservées, obligation faite aux producteurs de déchets dangereux de
contracter des polices d’assurance pur couvrir les risques potentiels liés au transport
de ces déchets.
Article 39-44 : Dispositions relatives à l’exportation, l’importation et le transit des
déchets.
Article 45-51 : Institution du principe de la responsabilité pénale du contrevenant aux
dispositions réglementaires de la gestion des déchets.
La loi 97 – 11 du 3
Février 1997 portant
promulgation du code
de la fiscalité locale
La loi 97 – 37 du 2 juin Objet : loi spécifique au transport par des matières dangereuses à travers le réseau
1997 concernant le routier
transport par route des Article 3 : Classification des matières dangereuses
matières dangereuses Article 4-7 : Conditions concernant les moyens de transport
Article 9-14 : Dispositions relatives à la circulation et l’acheminement des matières
dangereuses
Article 15-22 : Obligations des intervenants dans le processus de transport
Article 23-28 : Dispositions pénales applicables aux contrevenants à la
réglementation.
Le décret 2000 – 2339 Décret d’application de la loi cadre 96-41 fixant la liste des déchets dangereux.
du 10 octobre 2000
fixant la liste des
déchets dangereux
La loi 2001 – 14 du Spécification des cahiers de charges concernant la collecte, le tri, la valorisation et le
30 Janvier 2001 transport des déchets non dangereux.
portant simplification Annexe 1 : Cahier de charges des activités de collecte et de transport des déchets non
des procédures dangereux
administratives Annexe 2 : Cahier de charges des activités de recyclage et de valorisation des déchets
relatives aux non dangereux
autorisations délivrées Annexe 3 : Cahier de charges des activités de magasinage, de traitement et
par le MEAT (Ministère d’élimination des déchets non dangereux.
de l’Environnement
et de l’Aménagement
du Territoire) dans
les domaines de sa
compétence
La loi 2002-101 du Objet : Institution de la Taxe de Protection de l’Environnement TPE
17 Décembre 2002 Articles 58 - 59 : La taxe est instituée au profit du FODEP sur une liste établie de
instituant la Taxe de produits. Elle est calculée sur la base de 5% du chiffre d’affaires des produits listés
Protection de qui sont produits localement et de la valeur en douane quand ils sont importés.
l’Environnement TPE
La loi 2003-80 du Ce fonds est destiné au financement des opérations relatives à la protection de
29 Décembre 2003 l’environnement et l’esthétique des villes. Les tâches qui sont inhérentes à la gestion
portant création du des déchets et qui sont du ressort de ce fonds sont relatives à la lutte contre la
Fonds de Propreté de pollution par le plastique, la propreté générale et la sensibilisation dans le domaine
l’Environnement et de de l’environnement.
l’Esthétique des Villes

16
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Loi / Décret Principales dispositions


Le décret 2005 – 2317 Objet : Décret portant création de l’Agence Nationale de Gestion des Déchets
du 22 août 2005 portant Article 2 : Tâches Assurées en matière de gestion des déchets :
création de l’ANGed • Préparation des programmes nationaux
• Proposition de toute disposition permettant de concrétiser la politique nationale
• Conception et mise en place de mécanismes d’encouragement pour la réalisation
de la stratégie nationale
• Participation à la mise au point des textes de loi
• Participation et aide aux communes pour la réhabilitation des décharges publiques
intercommunales
• Offrir l’aide aux communes en la matière
• Prise en charge de la gestion des diverses filières de déchets antérieurs à sa
création
• Promotion et encouragement du partenariat entre secteur public et secteur privé
• Suivi et développement des filières de recyclage et de valorisation des déchets
• Exploitation et entretien des unités de traitement des déchets dangereux réalisées
par l’Etat
• Amélioration des capacités en la matière.
Article 5 : Possibilité à l’ANGed de sous-traiter une partie de ses activités à des
sociétés publiques ou privés.
Article 13 : Les ressources financières de l’ANGed proviennent de :
• la participation du budget de l’Etat à son fonctionnement
• les redevances provenant de l’exploitation de ces moyens et de ses activités
• les dons et subventions offerts par des personnes physiques ou morales
tunisiennes ou étrangères
• les redevances des affiliés aux diverses filières de valorisation des déchets
• les redevances spéciales de gestion des déchets
• les produits des services offerts au tiers en matière de gestion des déchets.

Les cadres spécifiques constituent les filières qui sont définies à partir de types de déchets de composition
ou de nature homogènes et de procédés de leurs traitements avalisés. La mise en place d’une filière
requiert la spécification des quatre composantes suivantes :

1. La composante réglementaire qui définit la nature et les caractéristiques des déchets de la filière
2. La composante institutionnelle qui spécifie les diverses institutions publiques impliquées dans la
gestion de la filière
3. La composante technique qui définit les conditions d’intervention pour la collecte et le traitement du
type de déchets de la filière
4. La composante financière qui identifie le mode de financement de la filière pour en assurer la
pérennité, une filière doit pouvoir générer de la valeur ajoutée et s’autofinancer indépendamment de
toute subvention.

Les filières existantes actuellement sont décrites dans le tableau suivant.

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RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Tableau 3: Le cadre légal spécifique aux filières de gestion des déchets

Cadres
Filières
Réglementaire Institutionnel Technique Financier
• Programme ECO-lef • Rémunération de
• Collecteurs Privés la collecte au Kg
ANGed • Collecteurs dans le • Ecotaxes/ Loi des
Emballage
Décret n° 97-1102 cadre des mécanismes finances
Plastique
du 2 Juin 1997 Ministère des 32 & 41 pour la création de • Système
ECO-Lef
Finances l’emploi d’adhésion au
• Acheminement au point programme ECO-lef
ECO-lef
• Gestion confiée à • Ecotaxes
la société nationale appliquées aux
SOTULUB dans le cadre pétroliers et
d’une convention avec sociétés de blindage
l’ANGed • Adhérant
Huiles
Décret n° 2002-693 du • Procédé de régénération importateurs
lubrifiantes
1er Avril 2002 ANGed des huiles par distillation et producteurs
et usagés
fractionnée locaux des huiles
Eco-Zit
• Mode de valorisation industrielles
matière et énergie
• 11 sociétés de collecte
sous-traitantes de
SOTULUB
• Batteries de démarrage
à plomb : 2 sociétés
productrices de batteries
Payement d’une
Accumulateurs • Traitement des acidulés
Décret n° 2005-3395 consigne à l’achat
Eco-Batterie ANGed physico-chimique
du 26 Décembre 2005 indexée sur le type
• Traitement des scories
d’accumulateur
par refonte
• Réseau de collecte à
travers les points de vente
• Initiative de collecte
Piles usagées entreprise par l’ANGed Rien encore de
Décret n° 2005-3395
Eco-Piles ANGed • Une société pour les prévu pour le
du 26 Décembre 2005 recyclage des piles
piles alcalines non encore
opérationnelle
• 5 Sociétés constituées
dont 2 seulement en
fonctionnement
• Collecte par les moyens
Transactions entre
Pneus Non encore élaboré propres sans organisation
opérateurs privés
particulière
• Problème
d’éparpillement du
gisement
• Démantèlement et tri
Encore en projet
Matériels • Exportation pour la
Consigne D3E d’un timbre fiscal
Electriques et ANGed partie métallique
en cours d’étude pour les produits à
Electroniques • Recyclage des parties
l’achat
plastiques

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RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Cadre Institutionnel

Niveau politique
C’est Le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD) qui est en charge de la
gestion des déchets dans le cadre global de l’élaboration et de la conduite de la politique générale de la
protection de l’environnement et de son intégration dans le cadre du développement durable. Au niveau
de la gestion des déchets, il est l’organe de réglementation et de légiférassions et assure la supervision
de la budgétisation des plans, programmes et actions entrepris par l’organe de mise en œuvre l’ANGed.

Mise en œuvre de la politique nationale


C’est l’Agence Nationale de Gestion des Déchets (ANGed) qui est l’organe fonctionnel dont les tâches sont :
• La participation à l’élaboration de la stratégie et des programmes nationaux en matière de gestion des
déchets et à la mise au point des textes de loi y afférant ;
• La réalisation pour le compte de l’Etat des plans et programmes de développement et d’investissements
qui permettent la concrétisation de la politique générale en la matière ;
• L’opération des suivis et contrôles en matière de gestion des déchets ;
• Le développement des compétences dans le secteur de la gestion des déchets ;
• La gestion des déchets industriels et dangereux au niveau de l’élaboration du processus d’acheminement
par l’industriel et l’exploitation des installations de traitement.

Exercice de la gestion des déchets


• l’ANGed est l’organe de contrôle et de supervision des décharges contrôlées dont elle confie la gestion
et l’exploitation à des opérateurs privés dans le cadre d’une procédure légale instituée.
• Les Communes mènent la politique locale en matière de la gestion des déchets. Elles assurent la collecte
des déchets et leur l’acheminement jusqu’aux centres de transfert ou aux décharges municipales par
leurs propres moyens ou par l’intermédiaire de sous-traitants. Elles peuvent émettre des circulaires
locales en fonction des besoins si nécessité il y a. Elles peuvent aussi assurer la collecte des taxes
locales. Elles élaborent et gèrent le budget de la commune dont une partie est consacrée aux dépenses
de gestion des déchets.
• Ministère de l’Intérieur et du Développement Local est le ministère de tutelle des communes, il
supervise leurs fonctionnements et assure le financement de l’acquisition des moyens de collecte à
travers la Caisse des Prêts et de Soutien des Collectivités Locales (CPSCL).

Contrôle & application de la réglementation


• l’Agence Nationale de Protection de l’Environnement (ANPE) assure la fonction de contrôle de la
mise en application de la réglementation en matière de gestion des déchets aussi bien auprès des
institutions que des citoyens et industriels. L’ANPE a un pouvoir coercitif puisqu’elle dispose de la
latitude de verbaliser les contrevenants et les pénaliser.
• Le Ministère des Finances participe à l’élaboration et à la mise en place des aspects de financement et
de recouvrement des écotaxes et coûts de la GDS.

Institutions partenaires pour la gestion des filières :


• Le Ministère de la Santé Publique assure pour sa part le contrôle et la gestion des déchets des
établissements de soin.
• Le Ministère de l’Industrie et de la Technologie pour les filières des huiles usagés, accumulateurs et
piles, déchets 3E.
• Le Ministère du Commerce et de l’Artisanat pour la filière 3E.

19
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

3.2. Stratégie, plans d’action et priorités

Le PRONAGDES a constitué le cadre stratégique de la gestion des déchets pour la période 1995 – 2006.
L’élaboration du système de gestion intégrée et durable des déchets a servi de base pour la redirection du
cadre stratégique qui a été rebaptisé PRONGIDD et couvrira la période 2007 – 2016.
Ce nouveau cadre stratégique compte cinq axes directeurs :
1. La réduction à la source de la production des déchets ;
2. La promotion du traitement des déchets et leurs valorisations ;
3. L’amélioration du cadre institutionnel, réglementaire et financier des déchets ;
4. L’amélioration des aspects techniques et organisationnels ;
5. Le développement de la communication et de la sensibilisation à la maîtrise de la production des dé-
chets.

Le tableau suivant donne les objectifs assignés à l’horizon 2016.

Tableau 4: Objectifs assignés à l’horizon 2016

Axe Directeur Principe de mise en œuvre Niveau à


atteindre
Réduction à la source • Changement des modes de consommation -10%
Promotion du traitement • Améliorer le taux de compostage +15%
des déchets
• Améliorer le recyclage des déchets ménagers +20%
• Renforcer le recyclage au niveau des filières pour atteindre
Plastiques 70%
Huiles lubrifiantes usagées 85%
Piles 50%
Batteries 85%
Pneus usagées 50%
D3E 70%
• Mise en décharge des déchets ultimes non valorisables 98%
• Généraliser la couverture des communes par les centres 100%
de transfert et les décharges contrôlées
• Promouvoir la participation du secteur privé dans la 30%
collecte
• Promotion du dégazage des déchets mis en décharge dans 100%
le cadre des MDP (Mécanismes pour un développement
propre)
• Fermeture des dépotoirs sauvages 100%
• Traitement des déchets industriels et spéciaux 70%
Amélioration du cadre • Promouvoir la participation du secteur privé dans les 50%
institutionnel, réglementaire et investissements des infrastructures
financier
Maîtrise des données et promotion • Taux d’indicateurs utilisés dans la SGIDD 50%
de la communication

20
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

3.3. Planification et investissements

La planification de la collecte
La planification de la collecte se fait au niveau des communes. Ces dernières estiment leurs besoins en
ressources matérielles qui sont avalisés par le conseil de communes puis transmis au Ministère de l’Inté-
rieur et du Développement Local qui effectue les arbitrages. Le financement se fait par la Caisse des Prêts
et de Soutien des Collectivités Locales (CPSCL).

Peu de données sont disponibles à propos de l’optimisation des moyens matériels disponibles au niveau
des services communaux ni de leur gestion particulièrement au niveau de la qualité de leurs usages et
entretiens.

L’expérimentation des PCGD au niveau du projet pilote a entre autres avantages d’auditer cet aspect et
de montrer l’éventuel besoin pour un audit général de la gestion des moyens matériels au niveau des
services communaux.

Moyens actuels de gestion des déchets ménagers


Actuellement, 10 décharges contrôlées sont en exploitation justifiant d’une capacité annuelle totale de
1.700.000 T/ an soit de l’ordre de 77% de la production totale actuelle. Les dix décharges couvrant 13 gou-
vernorats sur 24 sont les suivants :

Tableau 5: Les décharges contrôlées opérationnelles

Décharge Capacité annuelle Coût de Centre de Exploitant


l’investissement transfert
JBEL CHAKIR 700.000 T 10,000 MD 3 Groupement PIZZRONO/AMSE
BIZERTE 100.000 T 8,250 MD 5
GABES 65.000 T 6,750 MD 5 Groupement
JERBA 45.000 T 5,750 MD 3 SITA DECTRA
SFAX 180.000 T 9,000 MD 7 SEGOR

MEDNINE 55.000 T 5,000 MD 2


SOUSSE 230.000 T 8,500 MD 2
KAIROUAN 60.000 T 4,500 MD 4 Groupement
DECO
MOUNASTIR 180.000 T 7,000 MD 6 ECOTI
NABEUL 150.000 T 12,000 MD 7
TOTAL 1.700.000 T 76,750 MD

A chaque décharge est associé un ensemble de centres de transfert. Au total 44 centres de transfert exis-
tent à l’état actuel. La moyenne est de 4,4 centres de transfert par décharge.

La collecte des déchets à partir de leurs sources de production est assurée par les services communaux
ou leurs sous-traitants privés.

En 2009, la quantité totale de déchets ménagers admise dans les décharges était de 1.475.000 T. Le mode
actuel de traitement de ces déchets est l’enfouissement.

En outre et dans le but d’atteindre une couverture totale de l’ensemble du territoire, les projets de réalisa-
tion des décharges contrôlées suivantes sont en cours.

21
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Tableau 6: Les décharges contrôlées en cours de construction

Décharge Capacité annuelle Prévision d’entrée en exploitation


MAHDIA 45.000 T 1er Trim 2011
ZAGHOUAN 30.000 T 1er Trim 2011
TOZEUR 22.000 T 1er Trim 2011
KERKENNAH 13.500 T 3ème Trim 2010
TOTAL 110.000 T

Tableau 7: Les décharges contrôlées en cours de d’étude

Décharge Capacité annuelle Prévision entrée en Exploitation


Grand Tunis II 375.000 T 3ème Trim. 2012
GAFSA 75.000 T 2ème Trim. 2013
SIDI BOUZID 40.000 T 2ème Trim. 2013
KASSERINE 50.000 T 2ème Trim. 2013
BEJA / JENDOUBA 130.000 T 3ème Trim. 2013
KEF / SELIANA 90.000 T 3ème Trim. 2013
TOTAL 760.000 T

Réhabilitation des dépotoirs sauvages


Parallèlement à la politique de généralisation des décharges contrôlées, une action soutenue de réhabili-
tation des dépotoirs sauvages est entreprise par l’ANGed. Le nombre total de dépotoirs sauvages à fermer
et réhabiliter est estimé à 400.

Au cours de la période 2007 – 2009, pas moins de 110 dépotoirs sauvages ont été fermés et réhabilités,
soit 25% de l’ensemble. Actuellement 42 dépotoirs sont déjà en cours de réhabilitation et dont la fin des
travaux est prévue pour mi-2010. A ce rythme, il est prévisible que l’ensemble des dépotoirs sauvages de-
vrait être réhabilité à l’échéance 2013 soit pratiquement en même temps que l’entrée en exploitation des
6 nouvelles décharges contrôlées qui sont actuellement en cours d’études, ce qui permettrait de couvrir
ainsi l’ensemble du pays.

Valorisation des déchets


La stratégie tunisienne en matière de gestion des déchets tend à favoriser la valorisation par les moyens
disponibles et financièrement rentables. L’objectif final est de n’enfouir que les déchets ultimes nullement
valorisables. Les filières de valorisation identifiées, ainsi que les réalisations y afférentes sont exposées
dans le tableau suivant.

22
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Tableau 8: Les réalisations des filières de valorisation

Filière Réalisations
Compostage • 22 unités privées fonctionnelles
• 18.000 T / an de compost produits
• Composition
- 70% de déchets verts
- 30% de mélange de fientes de volailles, déchets agro-alimentaires, déchets d’abattoir,
déchets d’agriculture
• Circuit de collecte organisé par les opérateurs eux-mêmes

Bio-stabilisation • En projet réalisé avec la nouvelle décharge contrôlée Tunis II


Méthanisation • En vue de la valorisation de la biomasse en énergie
• Réhabilitation en cours des digesteurs du Nord-Ouest initiés dans les années 80
par le Ministère de l’Agriculture
• Réalisation de digesteurs en cours dans 7 zones rurales
• Projet de réalisation de digesteurs dans quelques domaines agricoles importants
disposant de suffisamment de matière première
• Lancement imminent du projet de valorisation de la biomasse du grand marché
de gros de Tunis
Mécanisme MDP • Intégré avec les décharges contrôlées actuellement fonctionnelles sous forme
de biogaz torchés
• Un projet déjà en fonctionnement depuis fin 2008 dans la grande décharge de Tunis
• Un deuxième projet englobe l’ensemble des 9 autres décharges fonctionnelles
dont l’état d’avancement est comme suit :
- 3 décharges sont fonctionnelles depuis fin 2009
- 2 décharges sont encours de finalisation
- 2 décharges en appel d’offres
- 2 décharges en cours de préparation
• Intégration du mécanisme MDP dans toutes les décharges futures en priorité par
valorisation énergétique si rentabilité assurée sinon torchage des biogaz

3.4. Financement et recouvrement des coûts

Financement des investissements


Le financement des investissements au niveau des installations et des équipements est différencié selon
la composante de gestion.

Pour la partie collecte, les investissements en moyens et équipements sont réalisés :


• Par les communes pour leurs propres besoins par l’intermédiaire de la Caisse des Prêts et de Soutien
des Collectivités Locales ;
• Par le privé qui participe en sous-traitance à la collecte pour le compte des communes.

Pour le traitement, les décharges contrôlées sont en totalités financées par l’Etat à travers le FODEP. Le
total des investissements des 10 décharges contrôlées pour les déchets ménagers s’élève à près 77 mil-
lions DT. Les quatre décharges en cours de constructions sont évaluées à 25 millions DT. Soit un total de
102 million DT, et ce pour traiter environ 1.810.000 T/an.
En considérant une durée d’amortissement de 10 ans, le coût d’investissement par Tonne par an est de
l’ordre de 5,65 DT. En considérant la production annuelle moyenne des zones urbaines – 0,3 T/hab./ an – il
est estimé que le coût d’investissement par citoyen urbain est de l’ordre de 1,7 DT/an.

23
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

En moyenne et pour l’ensemble de la capacité potentiellement disponible, le coût moyen de la tonne de


déchets industriels traités est de l’ordre de 41 DT soit 9 fois plus que la tonne de déchets ménagers. Mais
cela est tout à fait normal compte tenu de la nature des traitements spécifiques à la dangerosité et noci-
vité des déchets industriels.

Coût & financement de la gestion


La gestion des déchets comporte les deux volets : collecte et mise en décharge. Le tableau suivant indique
les coûts approximatifs ainsi que le mode de financement.

Tableau 9: Financement et coûts de la GDS

Partie Exécutant Coût à la Payeur Ressources


Tonne
Collecte • Services 40 à 55 DT • Les Communes Ressources propres des communes
communaux provenant de :
• Sous-traitants • Recouvrement de la fiscalité locale
privés 35 DT • Contribution de l’Etat
à travers le Fonds Commun
• Locations de biens propres
• Divers services à la communauté
• Autres ressources
Mise en • Les sociétés
Décharge d’exploitation Moyenne • 20% Communes • Communes : ressources propres
des décharges de 18 DT • 80% Budget de l’Etat • Etat : FODEP
contrôlées

Ainsi, le coût total de traitement des déchets ménagers collectés et mis en décharge se situe dans la four-
chette de 53 DT/T à 73 DT/T. Rapporté au citoyen urbain, le coût moyen annuel de la production de déchets
est en moyenne autours de 20,5 DT/an correspondant à près de 0,5% du PIB par habitant.

1. La fiscalité locale
Le domaine public tunisien adopte le principe de la comptabilité unique. Les ressources d’une entité
administrative constituent un tout qui est dépensé selon les emplois nécessaires. Les taxes locales dont
l’exposé suit font partie des ressources des communes dues par les citoyens mais qui ne sont ni directe-
ment ni exclusivement affectées à la gestion des déchets.

Les taxes locales sont soit directement recouvrées par le receveur de la commune soit par le receveur
régional des finances pour le compte de la commune. Elles sont répertoriées comme suit :
• Taxe sur les immeubles bâtis par le privé payable annuellement calculée sur la base du prix de la super-
ficie occupée par rapport à un prix unitaire référence du m² selon quatre catégories de bâti et le nombre
de services communaux assurés.
• Taxe sur les terrains non bâtis non agricoles et non enclos à des immeubles sur la base de leur valeur
vénale.
• Taxe sur les établissements à caractère industriel, commercial et professionnel calculée sur la base du
chiffre d’affaires brut local réalisé.
• Taxe hôtelière due par les établissements hôteliers sur la base du chiffre d’affaires global réalisé.
• Taxe sur les spectacles à titre lucratif calculée sur la base des recettes prévisionnelles dont l’acquitte-
ment conditionne l’obtention de l’autorisation de fêtes et spectacles.
• Contribution des propriétaires riverains aux dépenses de premier établissement et aux grandes répara-
tions des voies, trottoirs et conduites calculée sur la base du coût de ces dépenses dans la limite de la
période d’amortissement.

24
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

• Droits de licence sur les débits de boissons dont le tarif tient compte de la catégorie de l’établissement
et est fixé par décret.
• Redevances pour prestations publiques payantes dont l’enlèvement des déchets provenant de l’activité
des établissements commerciaux ou industriels ou professionnels dont les tarifs sont fixés par arrêté
de la collectivité locale et soumise à l’approbation de l’autorité de tutelle.
• Taxes et redevances diverses.

2. Les ressources de l’Etat


Les ressources de l’Etat pour le financement des activités et projets liés à la protection de l’environnement
proviennent des Taxes pour la Protection de l’Environnement : TPE. Elles alimentent deux fonds spéciaux
du Trésor Public : le FODEP (Fonds de Dépollution) et Fonds de Propreté de l’Environnement et de l’Es-
thétique des Villes.

La TPE a été institué par la loi 2002-101 du 17 Décembre 2002, portant loi des finances de l’année 2003 et
dont le champ a été étendu par les lois de finances des années 2004 et 2005. Elle est due par les fabricants
et les importateurs de produits dont l’utilisation comme intrants ou comme finis entraîne une pollution de
l’environnement. Les lois ci-dessus indiquées ont établi les listes des produits soumis à la TPE. Certaines
exonérations ont été prévues afin de réserver le même régime de taxation aux produits finis importés et
ceux localement fabriqués.

Pour les produits qui y sont soumis, cette taxe est de 5% appliquée sur le chiffre d’affaires hors TVA des
produits localement fabriqués et sur la valeur en douane des produits importés. L’ensemble de ressources
de la TPE sont partagées à :
• 70% pour le FODEP
• 30% pour le Fonds de Propreté de l’Environnement et de l’Esthétique des Villes.

2.1. FODEP :
Le fonds de dépollution est alimenté par:
• 70% de la TPE
• Les dons et les prêts accordés à l’Etat tunisien et destinés à lutter contre la pollution et à la protection
de l’environnement.
• Les dotations du budget de l’Etat
• Les sommes provenant du remboursement des prêts accordés par ce fonds
• Toutes autres ressources susceptibles d’être allouées au dit fonds conformément à la législation en
vigueur.

2.2. Le Fonds de Propreté de l’Environnement et de l’Esthétique des Villes :


Ce fonds est alimenté par :
• 30% de la TPE
• Prélèvement de 5 DT sur le timbre fiscal des opérations de délivrance des passeports nationaux
• Ressources du timbre fiscal dû sur les certificats de visite technique des véhicules de transport
• 50% des ressources de la Taxe au profit du Fonds National d’Amélioration de l’Habitat.

3.5. Participation du secteur privé

La réglementation mise en place ouvre la voie à l’intervention du secteur privé dans la gestion des déchets.

Le secteur privé intervient actuellement dans les créneaux suivants avec la couverture indiquée.

25
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Tableau 10: Participation du secteur privé dans la GDS

Tâche Couverture
La collecte et le transport des déchets ménagers Relativement Faible
Le balayage et l’entretien des espaces verts et la collecte des déchets verts Faible
L’exploitation des décharges contrôlées de déchets ménagers Totale
Le transport des déchets industriels et spéciaux Totale
Le recyclage des déchets intégrés dans une filière autre que les huiles usagées Totale
L’exploitation des décharges industrielles Totale

Au total, on compte actuellement environ 385 entreprises privées opérant dans le créneau des déchets
aussi bien ménagers qu’industriels ou spéciaux. Ces entreprises peuvent opérer dans la collecte et le
transport, le recyclage ou les deux à la fois.

L’intervention d’un opérateur privé dans le secteur des déchets est assujettie à l’obtention d’une autorisa-
tion délivrée par l’ANGed à la suite de l’établissement de la conformité du fonctionnement de l’opérateur
par rapport à un cahier de charge établi. Cette autorisation est soumise à un contôle et est susceptible de
retrait lorsque les services de contrôle de l’ANGed estiment que l’opérateur n’est plus en mesure d’assu-
rer la qualité du service selon les exigences du cahier de charge qu’il a signé.

Cependant ce contrôle ne semble pas être réellement effectif et établi pour les décharges contrôlées et le
transport des déchets industriels et spéciaux soumis à des réglementations et procédures rigoureuses.

Le tableau suivant récapitule la participation du secteur privé à la gestion des déchets solides.

Tableau 11: Synthèse de la participation du secteur privé

Activité Type Public Privé


Collecte et Transport des déchets Déchets ménagers 164 100
Déchets plastiques
Déchets de carton, papier & textile
Huiles lubrifiantes usagées 12
Déchets Dangereux 6
Mise en Décharges Transfert & Enfouissement DM 3
Transfert & Enfouissement DI 1
Recyclage déchets non dangereux Compostage des déchets organiques 22
Recyclage des déchets ménagers non dangereux
Recyclage & Valorisation Huiles lubrifiantes 1
déchets dangereux Boues pétrolières 14
Films radiologiques 7
Accumulateurs 4
Piles 1
Appareils électriques & électroniques 2
Alliages de soudure 1
Cartouches d'impression 28
Médicaments et déchets de soin DASRI 19

26
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

L’étude générale élaborée en 2007 sur la participation du secteur privé dans la gestion des déchets a
aboutit aux conclusions suivantes :

• Au niveau de la collecte des déchets ménagers : le peu d’implication du privé dans ce créneau – 54
contrats pour 264 communes – et le nombre faible d’opérateurs structurés capables de répondre aux
exigences. Le manque de maîtrise des éléments financiers de la collecte des déchets au niveau des
communes les empêchent de disposer d’une référence sur la base de laquelle elles peuvent estimer
les performances du secteur privé par rapport à les leurs. Par ailleurs et dans leur majorité, les com-
munes ne disposent pas de la capacité de mener ces évaluations. Conséquemment, les découpages
réalisés ne prennent pas en compte les exigences de rentabilité ce qui ne favorise pas l’intervention du
secteur privé.
• L’exploitation des décharges contrôlées : la prise en charge totale par l’ANGed des choix technologiques
et de la réalisation des investissements l’engage totalement en cas de difficultés techniques et dégage
les exploitants. Par ailleurs, la nature des contrats d’exploitation limités à cinq ans ne favorise pas
l’implication des exploitants dans l’investissement et empêche de bénéficier d’apports technologiques
et financiers.
• Les déchets industriels et spéciaux : l’étude, antérieure à l’entrée en exploitation de l’unité de JRADOU,
a relevé quelques difficultés dans le support des coûts de transfert et de traitement entre privés et
l’Etat. Mais l’entrée en exploitation de l’unité et la montée en charge de son fonctionnement actuelle-
ment à près de 1.000 T/mois soit 12% de sa capacité tend à roder le système.
• Les déchets d’activité de soins : l’étude signale le manque d’organisation de ce programme qui en-
gendre un manque de visibilité pour le secteur privé y opérant conduisant à une sous-capacité d’utili-
sation des ressources installées.
• Les filières : l’étude signale l’absence d’objectifs chiffrés et le financement de la mise en décharge
en majeure partie par l’Etat facilite l’enfouissement non sélectif et limite le champ d’action du tri à la
source. Par ailleurs, l’absence d’un système de suivi favorise les structures artisanales qui consom-
ment dans le vivier au détriment des structures industrialisées.
En somme, l’étude relève le manque d’efficacité de la structure et l’organisation actuelle de l’intervention
du secteur privé dans la gestion des déchets. La nécessité de le réorganiser aussi bien au niveau législatif
que structurel s’avère nécessaire. La prise en considération de la condition de rentabilité financière et
l’atteinte d’une taille critique et un niveau optimum d’activité sont fondamentaux pour le développement
du secteur privé dans la gestion des déchets.

3.6. Sensibilisation du public et participation de la communauté

La citoyenneté environnementale constitue une composante fondamentale dans la facilitation et la réus-


site de tout plan de gestion des déchets. Elle conditionne autant la production de déchets que sa collecte,
son tri et son coût de gestion.

Pour le développement de cette citoyenneté, l’ANGed a mis en place une direction de communication, sen-
sibilisation dont une des tâches majeures est la sensibilisation du public à la problématique des déchets
et l’importance de leur participation à la maîtrise de la production et l’organisation de sa collecte

Les actions de sensibilisation se font par le développement de thèmes, l’identification d’un public cible
et le choix d’un canal d’information. Un intérêt particulier est accordé à l’éducation à la base qui fait des
écoles primaires et secondaires un public cible privilégié d’autant plus qu’il se prête bien à l’action, dis-
ponible, sensible aux manifestations et qui se prête bien au suivi et à l’évaluation des actions. Le tableau
suivant décrit cette action.

27
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Tableau 12: Actions de sensibilisation sur la gestion des déchets

Thème Public Nature de l’action


Déchets recyclables particuliè- • Ecoles primaires et secondaires g Evénementielle
rement le plastique, les piles, les
déchets verts
• ONG actives dans l’environnement g Organisée
• Les Clubs de Scouts g Sensibilisation des jeunes
• L’union des femmes tunisiennes g Formation d’un public cible choisi
La rationalisation de la • Les comités de quartiers à travers g Formation des formateurs
production des déchets les municipalités particulièrement pour les ONG
et comités de quartier
La rationalisation de l’utilisation • Les agriculteurs en collaboration g Mode de gestion et d’utilisation
des pesticides avec Ministère de l’Agriculture des pesticides

Mais l’analyse des actions menées dans le cadre de la politique de sensibilisation met en évidence les
points suivants :
• Les investigations menées auprès de quelques services communaux laissent percevoir une réserve
vis-à-vis des résultats de ces actions et notent que le problème demeure de leurs points de vue entier.
• Il n’existe aucun baromètre ou indicateur permettant d’évaluer et de suivre les répercussions de ces
actions de sensibilisation.
• La direction en question fonctionne avec des ressources humaines limitées - quatre cadres au total –
comparées à l’importance de la tâche et le volume du travail prévisible.

3.7. Renforcement de capacités et besoins en formation

Depuis l’institution du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, et l’intégration de la


préservation de l’environnement en tant qu’axe stratégique majeur, le développement des capacités et des
ressources humaines s’est imposé comme une nécessité.

Deux aspects sont à considérer :


1. Le renforcement de ces capacités au niveau de l’ANGed afin qu’elle puisse pleinement assumer et rem-
plir ses tâches.
2. La création d’un environnement d’expertises permettant d’épauler l’ANGed dans l’élaboration des di-
vers plans et programmes nationaux.

Au niveau de l’ANGed, la part des ressources disposant de qualifications universitaires spécialisées dans
l’ensemble du personnel avoisine les 75%. Ce taux est à comparer avec la moyenne nationale de 14% et la
moyenne de l’administration de 45%.
Au niveau de la formation continue, l’ANGed, à travers sa coopération avec la GTZ (devenue GIZ), la BEI ou
la Banque Mondiale, organise de manière continue des séminaires et des colloques qui permettent à son
personnel de se maintenir informé sur les évolutions du secteur.

Au niveau des expertises externes, le secteur de l’environnement a été investi depuis la moitié des années
90 par plusieurs cabinets qui ont aujourd’hui une notoriété certaine permettant à certains d’entre eux de
faire valoir leur savoir faire à l’échelle internationale étant appelés par des organismes internationaux.
Parmi eux, certains ont développé une expertise dans les déchets solides. La base de données de l’ANGed
fait état de 20 Bureaux d’études et plusieurs consultants à titre privé.

28
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

4. GESTION DES DECHETS INDUSTRIELS


ET DaNGEREUX

Gestion des déchets industriels et dangereux

Théoriquement, la collecte des déchets industriels pose moins de problèmes dans la mesure où la régle-
mentation oblige son producteur d’en faire l’information à l’ANGed et d’en assurer le transport jusqu’à la
décharge spécifiée par cette dernière. A cet effet, une procédure de contrôle, de suivi et de traçabilité a été
mise au point et instaurée par l’ANGed.

La nature des déchets industriels produits, l’estimation des quantités annuellement produites ainsi que
leur devenir sont spécifiés dans le tableau suivant.

Tableau 13: Les déchets industriels produits par type

Type Quantités Annuelles Type de traitement


1.   Margine Quelques KT Filière margine
2.   Déchets miniers 1.000.000 T
3.   Phosphogypse 6.000.000 T Générés par le Groupe Chimique Tunisien (GCT)
et éliminés dans des décharges situées dans les
enceintes des usines. Une grande décharge est en
cours de construction dans la région de Gabès.
4.   Autres 150.000 T : 1/3 liquide • Mise en décharge
et 2/3 solide • Stabilisation / solidification
• Traitement physico-chimique
• Incinération

Une unité de traitement des déchets dangereux, installée à JRADOU, est nouvellement entrée en fonc-
tionnement avec une capacité de traitement de 90.000 T / an. Mise en marche en Novembre 2009, elle
enregistre actuellement le traitement de 1.000 T/ mois. Cette unité traite aussi bien les déchets liquides
que solides.

Les déchets liquides subissent un traitement physique en vue de séparer les parties solides et liquides
puis un traitement chimique pour décomposer et modifier les propriétés chimiques des composants
dangereux afin de diminuer les effets de nature chimique considérés comme à l’origine de leur dan-
gerosité. Les liquides qui ne peuvent être pris en charge par l’unité, tels que les PCB, sont envoyés à
l’étranger pour incinération.

Les déchets solides peuvent être soit directement enfouis s’ils ne présentent pas de risque soit traités
au préalable tel que par la stabilisation puis solidification ou le traitement physico-chimique. Le produit
ultime est ensuite enfoui. La répartition estimée par mode de traitement est comme suit :
• Mise en décharge sans prétraitement : 58.000 T/an
• Stabilisation / Solidification : 34.500 T/an
• Traitement physico-chimique : 27.000 T/an
• Stockage de substances non traitables : 6.000 T/an
• Stockage de substances valorisables : 18.500 T/an

29
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Coût d’Investissement pour les Déchets Industriels & Dangereux


L’entrée en fonctionnement de l’unité de JRADOU pour le traitement des déchets industriels et dangereux
est une avancée importante avec un investissement de 33 millions DT et une capacité annuelle de 90.000
T ou encore de l’ordre de 8.000 T/mois.
Actuellement, l’unité traite l’équivalent de 1.000 T/mois soit encore 12% de sa capacité. Quand son niveau
optimum sera atteint et en considérant une durée d’amortissement de 10 ans, le coût d’investissement
sera de l’ordre de 37 DT/T.
Pour les 3 IRST en cours de construction, le budget total est estimé à 26 millions DT pour une capacité de
traitement globale de 53.000 T/ an. Sur une durée de 10 ans, le coût à la Tonne en régime de croisière est
de l’ordre de 49 DT.

Coût de traitement des Déchets Industriels & Dangereux


Le traitement de ces déchets comporte un coût fixe lié aux frais fixes de fonctionnement de la décharge
et un coût variable associé au traitement proprement dit qui dépend à la fois de la nature du traitement
et de la quantité. Le coût fixe est pris en charge par le budget de l’Etat au niveau de la loi des finances. Le
coût variable est à la charge de l’industriel afin, d’une part de le faire participer dans les charges liées aux
déchets qu’il produit, et d’autre part pour l’inciter à en optimiser la production.

Les coûts actuels de traitement à la tonne sont évalués comme suit :


• Mise en décharge sans prétraitement : 24 DT/ T
• Stabilisation / Solidification : 42 DT/T
• Traitement physico-chimique : 25 à 55 DT/T
Le transport des déchets jusqu’à la décharge ou le centre de traitement est à la charge de l’industriel.

Les projets futurs


La décharge de JRADOU sera épaulée fin 2011 par trois (3) IRST – Installation de Réception, Stockage et
Transfert – chacune couvrant un tiers du territoire national pour une capacité additionnelle de 52.000 T/
an comme suit :
• Bizerte qui couvrira tout le nord avec une capacité de 26.000 T/an
• Sfax pour la partie centre avec 16.000 T/an
• Gabes pour la partie sud avec 10.000 T/an.

Ces installations assureront les opérations de stabilisation, sédimentation et de mise en décharge. Les
déchets liquides seront transférés à la décharge principale de JRADOU.

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RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

5. GESTION DES DECHETS DE SOINS

Génération des déchets de soin

La quantité de déchets de soins actuelle est estimée à 18.000 T/an dont 8.000 T sont des déchets dange-
reux. 40% de l’ensemble de ces déchets sont produits dans le Grand Tunis, soit presque 7.500 T/an.

Cadre légal
Le décret n° 2008 – 2745 du 28 juillet 2008 constitue le cadre législatif du programme de gestion des dé-
chets générés par les activités de soins.
Au niveau des principes de traitement, la réglementation est claire et stricte comme suit :
• Les PCT (Piquant Coupant Tranchant) sont détruits ;
• Les déchets infectieux doivent être stérilisés puis banalisés ;
• Les déchets biologiques subissent une stérilisation aux micro-ondes puis une banalisation ;
• Les médicaments doivent être détruits, broyés et banalisés par ajout d’adjuvants inertes tels que la
chaux.

Gestion des déchets de soin


19 entreprises privées de gestion des déchets de soins existent sont actuellement et disposent chacune
d’une autorisation. Seulement 5 entreprises sont fonctionnelles dont 2 pour le traitement des médica-
ments et 3 pour la gestion des déchets. Le manque d’organisation de la filière, particulièrement du côté
du Ministère de la Santé Publique, est à l’origine de cette situation. Un appel d’offres est en cours de mise
en place pour permettre d’organiser la collecte et l‘alimentation de l’ensemble de ces sociétés.

A part les quantités actuellement traitées et dont on n’a pas pu obtenir des détails, le reste des déchets est
très probablement éliminé de la même manière que les déchets ménagers et enfoui dans les décharges
contrôlées sans aucun traitement préalable avec tous les risques que cela comporte.

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RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

6. OPTIONS D’aMELIORaTION
ET DE DEVELOPPEMENT

Système d’Information

La maîtrise d’information est la première exigence pour le développement et l’amélioration. Aussi, nous
estimons qu’une des premières étapes de développement de la gestion des déchets est la mise en place
d’un système d’information centralisé, global, exhaustif et fiable qui regroupe toutes les composantes de
la gestion des déchets : collecte, moyens matériels, investissements, installations, ressources humaines,
intervenants, législations, études, etc… Ce système doit en plus faire l’objet d’une mise à jour continue afin
de disposer d’une information valable au moment de la consultation.

Il existe actuellement un projet de mise en place d’un système d’information avec l’assistance et l’appui
de la GTZ (devenue GIZ).

Indentification et planification des besoins en compétences

Certains types de compétences techniques sont faibles ou inexistantes en Tunisie. L’assistance étrangère
est indispensable pour y répondre. Il est à notre avis nécessaire de procéder à l’inventaire de ces carences
et estimer l’importance des besoins dans le temps. Des programmes de formations peuvent être ainsi
organisés avec des objectifs de réalisation et des obligations de résultats devant se solder par un apport
et une valeur ajoutée réelle et réalisable. Le chemin parcouru en matière de gestion des déchets, les ex-
périences plus ou moins fructueuses constituent des viviers pour mener la réflexion dans ce sens.

A titre d’exemple, le secteur local justifie d’un manque de maîtrise en matière de traitement des lixiviats
alors que le secteur universitaire regorge de ressources dans les secteurs de la chimie et la biologie qui
sont à cours de sujets de recherches à valeur ajoutée industrielle.

Organisation des filières et participation du secteur privé

La politique générale de privatisation de la gestion des déchets pour mobiliser les ressources institu-
tionnelles à la planification, le suivi et le contrôle est à faire valoir. Mais la privatisation exige aussi une
organisation rigoureuse afin d’en assurer la rentabilité.
La privatisation est assez avancée au niveau de la gestion des décharges. Par contre les filières, qui
constituent à priori le véritable vivier de la privatisation, ne semblent pas toutes avoir suffisamment évo-
luées. Ainsi est le cas de la filière déchets de soins, piles, appareils électriques et électroniques.

La perte essentielle à ce niveau est constituée aussi bien par les sociétés créées qui demeurent non
fonctionnelles du fait d’une incomplétude législative ou organisationnelle ou par carence de la matière
première. Ces dysfonctionnements sont aussi de nature à favoriser la réserve du secteur bancaire et donc
desservent les privés pour l’obtention des financements indispensables à leurs développements.

La création des filières doit dépasser l’identification et la légiférassions pour continuer jusqu’à l’organisa-
tion effective et particulièrement l’organisation du problème épineux de la collecte point essentiel pour la

32
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

gestion des déchets. Ainsi, le secteur des déchets de soins bute-il sur un appel d’offres qui doit organiser
le secteur, les piles ou les appareils EEE sur le problème de la collecte, etc… Pour en assurer l’efficacité
et la rentabilité, le travail du côté institutionnel doit finir la structuration avant d’en faire la promotion et
procéder à la délivrance des autorisations.

La sensibilisation

L’effort de l’ANGed en matière de sensibilisation est louable. Mais force est de constater, suite à quelques
investigations auprès de communes, que la conscience environnementale et la discipline citoyenne de-
meurent encore un problème entier.
Il s’impose donc de procéder à l’évaluation des résultats de l’action jusque-là menée, et évaluer en même
temps le surcoût supporté par rapport au coût de gestion conséquent à un comportement citoyen de ré-
férence. Cela permettra de mesurer la pertinence de l’action actuellement menée et de définir en consé-
quence la feuille de route en spécifiant les moyens humains, matériels et législatifs à mettre à disposition
ainsi que les indicateurs qui permettront le suivi des résultats.

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RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

7. aSSISTaNCE TECHNIQUE ET FINaNCIERE DES


PaRTENaIRES ET BaILLEURS DE fonds

Dans le secteur de la gestion des déchets, la Tunisie par l’entremise de l’ANGed a développé un large
programme de coopération international avec plusieurs partenaires. Deux types de coopérations sont
distingués :
1. La coopération technique sous forme d’assistance et de développement de compétences ;
2. La coopération financière par l’intermédiaire de bailleurs de fonds.

L’assistance technique dans le domaine de la gestion des déchets

On distingue :
n La Coopération Allemande via la GTZ dans le cadre du Programme pour l’Environnement PPE qui com-
porte cinq composantes traitées chacune avec le vis-à-vis adéquat à savoir :
• La prévention et la lutte contre la pollution avec l’ANPE ;
• La décentralisation de la gestion environnementale avec le Ministère de l’Environnement et du Déve-
loppement Durable ;
• La coopération technique avec le CITET ;
• La communication environnementale avec le Ministère de l’Environnement et du Développement
Durable ;
• La gestion des déchets avec l’ANGed.

n La Coopération avec l’Agence Française de l’Environnement et de Maîtrise de l’Energie (ADEME) concré-


tisée par la signature d’un Mémorandum d’Accord pour l’Assistance Technique dans le Domaine de la
Gestion des Déchets avec l’ANGed.

La coopération financière

Principalement développée pour le financement de la réalisation des installations et l’acquisition des


équipements nécessaires à la gestion des déchets comme le montre le tableau suivant.

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RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Tableau 14: Coopération financière dans le secteur de GDS

Bailleur de fonds Projets financés


KFW • Décharges contrôlées pour la gestion des déchets ménagers dans les
gouvernorats de Kairouan, Sousse et Bizerte
• Décharges contrôlées pour la gestion des déchets ménagers dans les
gouvernorats de Sidi Bouzid, Gafsa, Kasserine (Projet)
• Décharges contrôlées pour la gestion des déchets ménagers dans au niveau
du Grand Tunis et des Gouvernorats de Béja/Jendouba, Kef/ Seliana (Projet)
• Centre de traitement des déchets Industriels dangereux à JRADOU
• Trois Installations de Réception, Stockage et Transfert (IRST) dans les
Gouvernorats de Bizerte, Sfax et Gabes
• Un projet de valorisation énergétique à convenir
BEI • Décharges contrôlées pour la gestion des déchets ménagers dans les
Gouvernorats de Nabeul, Sfax, Monastir, Djerba, Médenine, Gabes
Coopération Italienne • Décharges contrôlées pour la gestion des déchets ménagers dans les
Gouvernorats de Mahdia, Tozeur, Zaghouan
Banque Mondiale • Réalisation des installations de récupération et de torchage des biogaz dans
10 décharges contrôlées actuellement en exploitation (dans le cadre du Mécanisme
de Développement Propre MDP- du Protocole de Kyoto)
• Projet de réhabilitation de 7 grands dépotoirs sauvages
• Assistance technique pour le renforcement des capacités des communes
(réalisation des Schémas régionaux pour huit Gouvernorats)
• Assistance pour le renforcement des capacités de l’ANGed
• Gestionnaire pour le compte du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) dans le
projet de gestion des déchets des Activités de Soin (DAS) et des PCB
AFD • Programme d’Elimination et de Prévention des Stocks de Pesticides Obsolètes :
Diagnostic, Elimination et Prévention

35
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

8. OPPORTUNITES DE RESEaUTaGE
ET DE PaRTENaRIaT

Au niveau de la gestion des déchets, la Tunisie a franchi le cap de la conscience de la nécessité et des
enjeux pour l’organisation de ce secteur. Les termes du nouveau plan stratégique prouvent que la Tunisie
s’inscrit aujourd’hui dans une optique de gestion optimale des déchets et de son intégration dans le cadre
du développement durable.

L’optimisation des réalisations implique l’optimisation des ressources disponibles. Sur ce plan, la Tunisie
en dispose aussi bien pour l’exploitation que pour l’expertise. L’énumération des axes d’amélioration ex-
posée plus haut laisse entrevoir l’importance de la charge de travail à réaliser.

L’organisation de l’ensemble du secteur de la gestion des déchets avec toutes ses composantes institu-
tionnelles et privées constitue un élément fondamental pour assurer la réussite de cette étape.
Le groupement et la structuration des ressources disponibles et intervenantes sous une forme à préciser
avec des objectifs assignés permettront de mettre en place un cadre opérationnel cohérent dont les com-
posantes travaillent en phase.

Sur le plan national, un tel cadre aura l’avantage de :


n Épauler l’ANGed dans l’identification des problématiques au niveau opérationnel, l’évaluation de leur
importance et la suggestion de solutions ;
n Créer entre gestionnaires sur le terrain et expertise une symbiose et une synergie dont l’ANGed peut
bénéficier pour mieux baliser et focaliser son action ;
n Aider l’action publique à mieux intégrer et prendre en compte les soucis du secteur privé et ses
contraintes d’efficacité et de rentabilité ;
n Constituer autour de l’ANGed une forme d’organe consultatif pour l’aider à définir et élaborer sa stra-
tégie et planifier ses actions.

Sur le plan international, une telle structure non institutionnelle ni gouvernementale peut représenter
un canal de promotion de l’expérience tunisienne en matière de gestion de déchets. En tant qu’organe
indépendant, il peut constituer un œil critique susceptible de voir dans d’autres expériences des éléments
d’amélioration de l’action locale et par delà jouer le rôle d’éclaireur de la politique locale en la matière.

A ce titre, l’intégration du réseau régional Sweep-Net est plus efficace sous forme de structure nationale
plutôt que sous forme d’individus ou entités éparses.

Il faut cependant concevoir une telle structure avec un projet clair et ambitieux qui offre à tous les inter-
venants des perspectives d’évolution, et éviter qu’il dérape vers une forme de clubs d’intervenants initiés
aux besoins et qui cherchent à partager un butin.

36
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

9. BESOINS EN aSSISTaNCE TECHNIQUE ET aPPUI


aU RENFORCEMENT DES CaPaCITES

Le cap actuel de la Tunisie en matière de gestion des déchets impose la nature des ressources nécessi-
tées et donc la nature de l’assistance technique requise. Les capacités à renforcer concernent les axes de
développement du cadre stratégique actuel qui s’inscrit dans l’optique d’optimisation de la gestion d’une
part et la valorisation tant que se peut des déchets.

Au niveau de la gestion, le principal souci concerne le suivi et le contrôle de l’exploitation des décharges,
tâche qui incombe à l’ANGed. La grande difficulté est le contrôle de la conformité des caractéristiques du
produit enfoui en termes d’humidité, de mélange avec de la matière inerte et de son compactage. C’est la
qualité de cet enfouissement qui, entre autres, conditionne la capacité de collecte des biogaz qui repré-
sente un élèment principal des projets MDP engagés par la Tunisie.

La collecte et le traitement des lixiviats est un autre composant qui semble nécessiter une plus grande
maîtrise d’autant plus que les eaux effluents générées doivent être conformes aux normes de rejet.

Comme indiqué plus haut, la maîtrise de la collecte des biogaz au niveau des décharges est devenue
aujourd’hui un composant important dans la gestion des décharges à la suite de l’engagement de la Tu-
nisie dans les projets MDP qui consistent actuellement en le torchage de ces dégagements et qui à terme
seront valorisés sous forme énergétique. L’optimisation de cette collecte se répercute directement sous
forme de flux financier.

Le suivi, la modélisation de la production des déchets et son évaluation sont aussi un aspect dont il faut
renforcer les ressources aussi bien humaines que matérielles. Au vue d’une certaine imprécision ou d’un
certain retard dans la mise à jour de ces informations, la connaissance aux niveaux quantitatifs et finan-
ciers s’en trouvent altérée.

Cela va conséquemment pour l’évaluation des coûts de dégradation dus à la situation actuelle de la ges-
tion qui est le moyen le plus efficace pour d’une part, évaluer l’efficacité et la pertinence du mode de ges-
tion actuel, et d’autre part calibrer les redevances financières éventuelles.
Enfin, nous avons noté à travers nos interviews le manque de compétences en évaluation des projets
MDP-ables alors qu’il s’agit d’un axe dont l’apport pour la Tunisie peut être considérable. En effet, la Tuni-
sie gère aujourd’hui deux projets à travers les décharges et dispose en pipeline d’au moins d’une dizaine
de projets.

37
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

10. ÉTUDES DE CaS, BONNES PRaTIQUES


ET LEÇONS aPPRISES

Leçons apprises

Tableau 15: Les leçons apprises

Composante de la Leçons apprises


gestion des déchets
solides
Politique, Législatif, La création d’une entité spécifiquement dédiée à la gestion des déchets au niveau
Institutionnel national a permis de réaliser des avancées remarquables. La Légiférassions précise
à travers la typologie des déchets et la spécification des conditions requises pour
la manipulation et le traitement de chacune constitue une voie efficace pour le
traitement et la valorisation de ces déchets.
Planification L’intégration de l’infrastructure MDP dans les projets de décharges contrôlées qui
permettra de valoriser les déchets et de couvrir une partie des coûts de mise en
décharge.
Financement et Les Plans Communaux de Gestion des Déchets permettront d’organiser
recouvrement des coûts l’environnement et le procédé de leur collecte au niveau des collectivités locales.
L’observation des neuf expériences pilotes en cours permettra d’éprouver et de
prouver leurs efficacités.
Participation du secteur Permet de dégager le secteur public de la gestion et de mobiliser ses ressources
privé humaines au suivi et contrôle.
Nécessité de veiller à l’existence d’une taille financière critique pour pouvoir assurer
un bon service.
Sensibilisation du Les écoles primaires et secondaires peuvent constituer un canal efficace pour le
public et participation développement de la citoyenneté environnementale et conduire à répercuter les
communautaire préceptes au niveau de la maison et donc au niveau des parents.
Application de la L’utilisation des divers procédés de méthanisation pour la valorisation énergétique
technologie des biomasses.

Etude de cas

Exemple 1 : Mise en place des filières


• Plastique
• Emballage carton
• Piles et accumulateurs
• Huiles usagées
• Pneus
• Matériel 3E
• Déchets de soins
Leçons apprises
- Leurs organisations à travers des textes et des cahiers de charges permettent d’y intéresser le secteur
privé.
- Ils peuvent constituer un axe de développement de l’emploi.
- Une voie efficace pour développer le recyclage et la valorisation des déchets.

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RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Recommandations
- Assurer la mise en place de tous les aspects pratiques et étudier précisément la question de la collecte
qui constitue l’élément fondamental pouvant faire réussir ou échouer une filière avant d’initier une filière.
- Evaluer le vivier et dimensionner en conséquent la taille du secteur privé à développer. La spécification
de la taille critique pour chaque filière est un élément fondamental pour la réussite du secteur privé dans
le développement de la filière.

Références
• Publications de l’ANGed

Exemple 2: Projet MDP à travers les biogaz des décharges


Leçons apprises
- Filière importante pour la valorisation des décharges
- Source de rentrée de devises
- La valorisation énergétique peut constituer une ressource financière aux exploitants pour amortir les
investissements et minimiser la facture des communes
Recommandations
- Intégrer le processus MDP dans le projet des décharges dès la conception
- Favoriser la valorisation énergétique et étudier avec la STEG d’emblée la possibilité de vente sur son
réseau
- Intégrer les bureaux d’études pour la maîtrise de la technologie
- Associer les universités pour développer ces technologies
Références
• Publications de l’ANGed
• Site [Link]

Exemple 3 : Plans Communaux de Gestion des Déchets – PCGD –


Leçons apprises
- Expériences en cours dans 9 communes
- La disponibilité d’un processus complet décrit dans un guide et facilement applicable sur le terrain
- Comporte une énumération complète des composantes du coût de la collecte qui permettra de l’évaluer
précisément et de ce fait constituer un modèle standard qui peut servir de base de discussion avec le
secteur privé.
Recommandations
- En faire la promotion auprès du Ministère de l’Intérieur et du Développement Local et des communes.
Référence
• ANGed & GTZ

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RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

11. PRIORITES D’aCTION POUR La GIDS

Tableau 16: Priorités d’action


Composante de la GIDS Priorités d’action 1-3 ans Priorités d’action 3-5 ans
Politique/Législatif/ • Finalisation des PCGD • Développer l’intercommunalité de la
Institutionnel et généralisation gestion afin de créer des masses
critiques capables de générer des
économies d’échelle
• Finalisation du système • Dégager les communes de l’activité de
d’information sur la gestion des collecte
déchets
• Finalisation de l’organisation des • Renforcer le cadre réglementaire et fiscal
filières encore peu productives du recyclage et de la valorisation
Financement/ • Amélioration du recouvrement des • Evoluer vers la diminution de
recouvrement des coûts taxes locales l’intervention de l’Etat dans le financement
de la gestion des déchets par le payement
du coût par le citoyen.
• Optimisation des ressources des • Veiller dans ce cadre à l’optimisation
communes et évoluer vers une des coûts par les structures privées afin
comptabilité analytique de leur d’éviter la réalisation de profits exorbitants
gestion des déchets à travers un prix du service non justifié.
Participation du secteur • Finalisation du projet de • Encourager l’émergence de structures
privé transformation des contrats locales ayant le savoir faire pour prendre
d’exploitation en concession pour une en charge la gestion de déchetteries.
durée supérieure à 10 ans
• Renforcement de la participation du • Réalisation de la couverture du territoire
privé dans la collecte par des sociétés privées de collecte au
même titre que les décharges et faire valoir
l’intercommunalité pour la rentabilisation
des moyens.
• Etudier la possibilité de l’outsourcing • Promouvoir l’activité industrielle de
du personnel des communes vers des recyclage et la valorisation
structures privées ou semi-étatiques
privatisables à termes
• Réorganiser les filières afin de
minimiser les structures artisanales
et favoriser l’émergence d’une réelle
industrie de recyclage et de valorisation
Sensibilisation du • Diminution de la production à la • Etudier la possibilité d’une organisation
public et participation source interne de la production au sein des cités
communautaire des comités de quartiers permettant ainsi
une prise de conscience collective.
• Renforcer les campagnes pour le tri à
la source
• Action de sensibilisation des
industriels pour l’acheminement
de leurs déchets vers les centres
appropriés

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RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Composante de la GIDS Priorités d’action 1-3 ans Priorités d’action 3-5 ans
Infrastructure • Finalisation des projets en cours • Valorisation des déchets organiques
à des fins énergétiques au niveau des
décharges
• Auditer les moyens et équipements
matériels des communes pour
identifier le matériel à entretenir afin
d’augmenter leurs capacités

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RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

annexe 1: Cadre juridique de la GDS

Eléments de la gestion des déchets solides


Composante
type d’instrument Nom d’instrument du système de Disponibilité de financement
Types de déchets traités Responsabilités fonctionnelles Rôles institutionnels Autres
gestion des et recouvrement des coûts
déchets
Loi cadre 92-122 du 29- Fonds de Dépollution FODEP Déchets solides et toutes Le FODEP a pour vocation d’encourager Financement Ministère de l’Environnement et du Diverses taxes
12-1992 formes de pollution et financer les projets, installations Développement Durable
causée par l’activité et actions concourant à la protection
économique de l’environnement contre la pollution
industrielle
Dons et prêts accordés dans le cadre de la
protection de l’environnement
Décret 93-210 du 25-10- Modalités d’intervention Ministère des Finances Dotations de l’Etat
1993
Autres ressources allouées
Loi organique des Gestion locale des déchets Déchets solides Responsabilités des communes dans la Collecte et mise Communes Taxes locales
communes 95-68 du solides ménagers et industriels collecte, le tri et la mise en décharge des en décharge
24-7-1995 déchets ménagers et veiller au risque de la
pollution industrielle au niveau local
Contribution de l’Etat par l’intermédiaire du
FODEP
Ministère de l’Intérieur et du
Développement Local
Loi Cadre 96-41 du 10- Loi cadre de la gestion des Déchets solides Loi spécifique à la gestion des déchets au Collecte Ministère de l’Environnement et du
6-1996 déchets solides ménagers et spéciaux niveau local et national Développement Durable
Mise en décharges
contrôlées
Elimination
Loi 97-11 du 3-2-1997 Fiscalité locale Déchets ménagers et Cadre légal d’institution de la fiscalité Financement Ministère de l’Intérieur et du Loi de promulgation de la fiscalité locale
industriels locale au profit des communes Développement Local

Ministère des Finances


Loi 97-37 du 2-6-1997 Transport des déchets Déchets spéciaux et Classification des déchets dangereux Transport Ministère de l’Environnement et du Coût supporté par le producteur des déchets Transporteur
spéciaux et dangereux dangereux Développement Durable soumis à
autorisation
délivrée par
l’ANGed
Décret 2000-2339 Liste des déchets dangereux Dispositions relatives à leurs transports à ANPE
du 10-10-2000 travers le territoire
ANGed
Loi 2001-14 Transport des déchets non Déchets non dangereux Spécification des cahiers de charges Collecte Ministère de l’Environnement et du Filières de valorisation Soumis à cahiers
du 30-1-2001 dangereux relatives à la collecte, le tri, la valorisation Développement Durable de charges
et le transport des déchets non dangereux
Transport ANPE
Tri ANGed

42 43
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

Eléments de la gestion des déchets solides


Composante
type d’instrument Nom d’instrument du système de Disponibilité de financement
Types de déchets traités Responsabilités fonctionnelles Rôles institutionnels Autres
gestion des et recouvrement des coûts
déchets
Loi 2002-101 du 17-12- Taxe de Protection de Produits susceptibles Taxe au profit du FODEP instituée sur une Financement Ministère des Finances Intégré dans le cadre FODEP
2002 l’Environnement TPE de causer une pollution liste de produits
industrielle
Loi 2003-80 du 29-12- Fonds de la Propreté de Fonds spécial prenant en charge le Financement Ministère des Finances Instrument Alimenté en partie
2003 l’Environnement et de financement des actions de propreté et par la TPE
l’Esthétique des Villes d’esthétique des villes
Décret 2005-2317 du Création de l’ANGed Tout déchet Préparation, réalisation et gestion des Institution Ministère de l’Environnement et du ·   Budget de l’Etat
22-8-2005 projets nationaux relatifs à la gestion des Développement Durable
déchets solides
·   Crédits bailleurs de fonds
·   Redevances provenant de l’exploitation de
ses installations
·   Dons et subventions
·   Redevances provenant des divers
programmes de valorisation et recyclage
·   Produits de ses services rendus en matière
de gestion de déchets pour le compte de tiers
Décret 97-1102 du 2-6- Programme ECO-lef Déchets d’emballages Programme de collecte, tri et valorisation Filière Plastique Ministère de l’Environnement et du Écotaxes
1997 plastiques des déchets d’emballages plastiques Développement Durable

ANGed
Décret 2002-693 du Programme ECO-Zit Déchets des huiles Programme de collecte et recyclage des Filière huiles Ministère de l’Environnement et du Écotaxes aux Pétroliers et sociétés de
1-4-2002 lubrifiantes usagées huiles lubrifiantes usagées usagées Développement Durable blindage
Importateurs et producteurs des huiles
industrielles
ANGed
Décret 2005-3395 du Programme ECO-Batteries & Piles et accumulateurs Programme de collecte et recyclage des Filière Ministère de l’Environnement et du Consigne à l’achat d’un accumulateur
26-12-2005 ECO-Piles usagés piles et accumulateurs usagés Accumulateurs Développement Durable
Filière Piles Rien de prévu pour les piles
ANGed

44 45
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

annexe 2: cadre Institutionnel

Institution Fonction Mandats


Niveau National
Ministère de l’Environnement et du Élaboration et conduite de la politique nationale en
Développement Durable matière de protection de l’environnement
Élaboration des réglementations concernant la protection
de l’environnement
Ministère de l’Intérieur et du Autorité de tutelle des communes. Assure le suivi de
Développement Local leurs activités et la gestion des budgets relatifs aux
équipements et moyens de collecte des déchets
Agence Nationale de Gestion des Participation à l’élaboration de la stratégie et des
Déchets (ANGed) programmes nationaux en matière de gestion des déchets
solides.
Réalisation pour le compte de l’État des projets et
investissements en la matière.
Gestion des déchets industriels et dangereux.
Développement des compétences dans le domaine de la
gestion des déchets.
Agence Nationale de Protection de Contrôle et veille à l’application de la réglementation en
l’Environnement (ANPE) matière de gestion des déchets.
Ministère des Finances Participation à l’élaboration et la mise en place des
instruments de financement de la gestion des déchets et
au recouvrement des diverses taxes y afférentes.
Ministère de la Santé Publique Assure le contrôle et la gestion des déchets des
établissements de soins.
Ministère de l’Industrie et de la Participe à l’élaboration et la conduite des programmes
Technologie filières huiles usagées et Piles et Accumulateurs
Niveau Local
Communes Collecte et acheminement des déchets ménagers au
niveau local.
Élaboration de circulaires locales en la matière.
Participation à la collecte des taxes locales.
Gestion des budgets relatifs à la gestion des déchets.

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RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

annexe 3: Stratégies, plans d’action


et priorités
Composante de la Nature de la stratégie/ priorité Articulation de la stratégie/priorité
gestion des déchets
Politique/ Politique de réduction de la production des • Actions de sensibilisation au
Institutionnel déchets à la source. niveau public.
Amélioration du cadre réglementaire et
institutionnel.
Financement/ Promouvoir la participation du secteur privé • Amélioration de la réglementation
recouvrement des dans l’investissement des installations de en la matière.
coûts gestion des déchets.
• Promouvoir l’intercommunalité.
Participation du Améliorer la réglementation afin de promouvoir • Développer les compétences en
secteur privé la participation du secteur privé dans la gestion matière de gestion des déchets.
des déchets.
• Augmenter la participation dans la
collecte.
• Organiser les filières en vue
d’assurer la rentabilisation de
l’activité.
Communauté Mise en place des Projets Communautaires • Suivi de l’expérience pilote
de Gestion des Déchets dans le but d’aider les actuellement sur 9 communes.
communes à maîtriser les composantes de
gestion des déchets à l’échelle locale.
Système de gestion Promouvoir les activités de recyclage et • Amélioration de l’organisation des
de déchets/ valorisation des déchets. circuits de collecte.
Technologies
• Promouvoir le tri.

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RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

annexe 4: Planification
de la gestion des déchets solides
et programmes d’investissement
Investissement prévu
Niveau institutionnel Action Exigence de
l’investissement
projeté
Décharge Tunis II Construction d’une décharge contrôlée de 375.000 T/an
Décharge Gafsa Construction d’une décharge contrôlée de 75.000 T/an Intégration de la
Décharge Sidi Bouzid Construction d’une décharge contrôlée de 40.000 T/an valorisation des biogaz
de dégazage sous
Décharge Kasserine Construction d’une décharge contrôlée de 50.000 T/an forme de torchage ou
Décharge Béja-Jendouba Construction d’une décharge contrôlée de 130.000 T/an énergétique
Décharge Kef-Seliana Construction d’une décharge contrôlée de 90.000 T/an
Accord d’investissement
Secteur/Localité Projet Accord
d’investissement
Décharge Mahdia Construction d’une décharge contrôlée de 40.000 T/an
Décharge Zaghouan Construction d’une décharge contrôlée de 30.000 T/an Financement par la
Décharge Tozeur Construction d’une décharge contrôlée de 22.000 T/an Coopération Italienne
Décharge Kerkennah Construction d’une décharge contrôlée de 13.500 T/an
IRST Bizerte Installation de réception et de transfert de déchets
industriels d’une capacité de 26.000 t/an
IRST Sfax Installation de réception et de transfert de déchets
industriels d’une capacité de 16.000 t/an Financement KFW

IRST Gabes Installation de réception et de transfert de déchets


industriels d’une capacité de 10.000 t/an

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RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

annexe 5:
Financement et recouvrement
des coûts
Allocations budgétaires par le gouvernement central 80% du coût de mise
en décharge
Allocations budgétaires par les municipalités et gouvernorats 100% du coût de collecte
20% du coût de mise en
décharge
Coût par Tonne pour la collecte de 35 à 55 DT/T
Coût par Tonne pour l’élimination en moyenne 18 DT/T
Coût par Tonne de la collecte à l’élimination/ Traitement de 53 à 73 DT/T
Coût de recouvrement par Tonne
Coût de recouvrement total par an
Pourcentage de recouvrement des coûts
Éventuels écarts entre le budget gouvernemental et le budget alloué pour la
collecte et l’élimination
Montant de la redevance, taxe DS

annexe 6: Participation du secteur privé

Type de besoin en Besoin de développement de capacité à différents niveaux institutionnels


développement de National Gouvernorat Le grand municipal Municipal
capacité
Collecte des Assistance aux municipalités
déchets pour la maîtrise des coûts
Recyclage - Organisation des
Valorisation gisements.
Optimisation de la
collecte.
Exploitation des Transformation de
décharges l’exploitation en
concession.
Sensibilisation Organisation des Action sur le terrain efficace
compagnes. et concertée avec les services
municipaux
Thèmes.
Pertinence du
discours.

49
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

annexe 7: Renforcement de capacités


et exigence de formations
Partenaires et bénéficiaires
Thème
National Local Bénéficiaire
Programme Communaux de Gestion des Déchets Communes Communes
Intégration de la valorisation énergétique des déchets ANGed ANGed
Assistance technique pour le renforcement des capacités ANGed Communes Communes
des communes
Assistance pour le renforcement des capacités de l’ANGed ANGed ANGed
Elimination des stocks de pesticides ANGed ANGed

50
RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

annexe 8: Gestion de déchets industriels


et dangereux
Type de déchets Quantité estimée Technologie de Nom du centre de Lieu Responsable
traitement traitement
Margine Quelques KT/an Filière margine Privé
Phosphogypse 6.000.000 T/an Stabilisation et Groupe Chimique Gabès
enfouissement Tunisien (GCT)
Divers 150.000 T/an Stabilisation JRADOU Zaghouan ANGed
Physico-chimique
Enfouissement

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RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE RAPPORT PAYS SUR LA GESTION DES DECHETS SOLIDES EN TUNISIE

annexe 9: activités des bayeurs de fonds


pour la gestion des déchets solides
Bayeur de fonds/prêt Nom du Projet Mise en œuvre du projet/ Lieu du projet Schéma du Objectifs du projet Contact de la personne ressource, tel,
date de fin du projet budget total et e-mail
financier

KFW Décharge contrôlée Tunis II 3ème Trimestre 2012 Tunis Capacité 375.000 T/an

Décharge contrôlée Béja-Jendouba 3ème Trimestre 2013 Nord-Ouest Capacité 130.000 T/an
Direction de l’Exploitation
Décharge contrôlée Kef-Séliana 3ème Trimestre 2013 Nord-Ouest Capacité 90.000 T/an
ANGed
En cours d’Etude
Décharge contrôlée Sidi Bouzid 2ème Trimestre 2012 Sidi Bouzid Capacité 40.000 T/an Mr Adel GUETAT
00216 71 285 800
Décharge contrôlée Kasserine 2ème Trimestre 2012 Kasserine Capacité 50.000 T/an

Décharge contrôlée Gafsa 2ème Trimestre 2012 Gafsa Capacité 75.000 T/an

Installation de Réception de Stockage et de Transfert Bizerte 3ème Trimestre 2011 Bizerte Capacité 26.000 T/an
Direction de la Gestion des Déchets
Installation de Réception de Stockage et de Transfert Sfax 3ème Trimestre 2011 Sfax Capacité 16.000 T/an Industriels
26 Millions de
ANGed
Dinars
Installation de Réception de Stockage et de Transfert Gabes 3ème Trimestre 2011 Gabes Capacité 10.000 T/an Mr Yacine BOUSSELMI
00216 71 285 800

Coopération Italienne Décharge contrôlée Mahdia 1er Trimestre 2011 Mahdia Capacité 45.000 T/an

Décharge contrôlée Zaghouan 1er Trimestre 2011 Zaghouan Capacité 30.000 T/an Direction de l’Exploitation
25 Millions de ANGed
Décharge contrôlée Tozeur 1er Trimestre 2011 Tozeur Dinars Capacité 22.000 T/an Mr Adel GUETAT
00216 71 285 800
Décharge contrôlée Kerkennah 3ème Trimestre 2010 Kerkennah Capacité 13.500 T/an

Banque Mondiale Projet de réhabilitation de 7 dépotoirs anarchiques En cours A travers le territoire Elimination

Installations de récupération des biogaz dans 10 décharges En cours A travers le territoire Valorisation énergétique des Direction des Filières
contrôlées dans le cadre MDP biogaz ANGed
Mr Mohamed TOUMI
Gestionnaire pour le compte du FEM dans le projet de gestion des En cours Tunis Traitement et recyclage 00216 71 285 800
déchets de soins et des PCB Prévention des risques
associés

AFD Programme d’élimination et de prévention des stocks En cours Tunis Destruction


de pesticides obsolètes Direction des Etudes ANGed
Mr Ridha BRAHIM
Prévention des risques 00216 71 844 059
associés

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© SWEEP-Net
Le réseau régional d’échange d’informations et d’expertise
dans le secteur des déchets dans les pays du Maghreb et du Mashreq

Juillet 2010
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