Algebre Lin Polynomes Ann
Algebre Lin Polynomes Ann
∗
Polynômes annulateurs d’endomorphismes
MP
11 octobre 2014
4 Exercices 14
7 Corrigés 31
∗
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1
On sait, avant d’aborder ce chapitre, que le polynôme caractéristique d’un endomorphisme
f d’un K−espace vectoriel E, est un polynôme annulateur de f ; ce résultat constitue le
théorème de Cayley Hamilton.
On sait également que f est trigonalisable ssi ce même polynôme caractéristique est scindé
sur le corps K.
Nous nous proposons de compléter cela en approfondissant l’étude des polynômes annu-
lateurs d’un endomorphisme. : trois résultats sur les polynômes feront apparaı̂tre trois
théorèmes fondamentaux de ce chapitre :
– les polynômes de Lagrange apparaissent naturellement lorsqu’on cherche à montrer qu’un
endomorphisme qu’annule un polynôme scindé à racine simples (sur le corps de base)
est diagonalisable ; exercice 1, théorème 1 ;
– la structure des idéaux de K[X] conduit à la mise en évidence et à la définition du
polynôme minimal ;
– la relation de Bezout dans K[X] conduit au lemme des noyaux.
Ce chapitre établit la jonction entre deux domaines de l’algèbre : l’étude des endomor-
phismes et celle de l’anneau des polynômes. C’est l’exercice 1 qui devrait vous permettre
de découvrir la porte dérobée entre ces deux domaines...
Définition 1
Soient a1 , a2 , ...an une famille d’éléments distincts du corps K. Les polynômes de Lagrange
associés à cette famille sont les n polynômes de degré (n − 1) définis par
Y X − ai
Λj (X) = .
aj − ai
i6=j
Vous devez connaı̂tre et savoir démonter sans hésiter les trois résultats suivants :
• (Λj (X))j forme une base de Kn−1 [X] et pour tout polynôme P (X) ∈ Kn−1 [X],
n
X
P (X) = P (aj )Λj (X).
j=1
• en particulier :
p
X
1= Λi (X).
i=1
Exercice fondamental
2
2. Étude de la réciproque.
Commençons par un exemple simple : on considère f un endomorphisme de E tel
que
(f − αidE ) ◦ (f − βidE ) ◦ (f − γidE ) = 0.
(a) Soit x ∈ E de la forme x = x1 + x2 + x3 où x1 ∈ Ker(f − αidE ), ...
Exprimer f (x), f 2 (x); en déduire des expressions des xi en fonction de x, f (x), f 2 (x)...
Penser à introduire les polynômes de Lagrange associés à (α, β, γ).
(b) Montrer que f est diagonalisable. Exprimer les projecteurs sur les sous-espaces
propres comme des polynômes en f.
Démonstration :
⇒
Déjà établi à l’aide d’une représentation matricielle (exercice 1). On propose ici une
démonstration plus algébrique.
Considérons u diagonalisable, ce qui s’exprime :
M
E= ker(f − λIdE ).
λ∈Sp(f )
Q
Soit S(X) = λ∈Sp(f ) (X − λ). Pour tout x ∈ E, que l’on peut décomposer (notations
évidentes) X
x= xµ ,
µ∈Sp(u)
il vient : X
S(u)(x) = S(u)(xµ ).
µ∈Sp(u)
⇐ Considérons P (X) = pi=1 (X − λi ), polynôme annulateur de u, à racines simples.
Q
Comme les λi sont distincts, les polynômes de Lagrange,
Y X − λi
Λj (X) = ,
λj − λi
i6=j
3
forment une base de Kp−1 [X] et on a, en particulier
p
X
1= Λi (X).
i=1
Λj (u)(x) ∈ Ker(u − λj ).
On a donc
p
X p
X
idE (x) = Λi (u)(x) = xi
i=1 i=1
ce qui montre que E est somme des sous-espaces Ker(u − λj ) qui sont en somme directe
(même démonstration que dans le théorème 6.2).
Exercice 2
Soit E un espace-vectoriel complexe de dimension n, f un endomorphisme de E tel que
f 3 = idE .
1. Quelles sont les valeurs propres possibles de f ?
2. Donner les polynômes caractéristiques possibles lorsque n = 2, n = 3...
3. Montrer que, dans tous les cas,
4
Exercice 4 épreuve B e3a, 2005 (exercice 3) ;
Soit M une matrice
carrée d’ordre 2n, à coefficients complexes définie par blocs par
A C
M = où A, B, C sont des matrices carrées d’ordre n à coefficients complexes.
O B
On suppose que la matrice M est diagonalisable et que AC = CB.
1. (a) Montrer que pour tout polynôme P il existe une matrice D, carrée d’ordre n
P (A) D
telle que P (M ) = . On précisera la matrice D.
O P (B)
(b) Montrer qu’il existe un polynôme P scindé à racines simples sur le corps C tel
que P (A) = P (B) = 0.
(c) En déduire que A et B sont diagonalisables.
A O
2. Soit N la matrice d’ordre 2n définie par blocs par N = .
O B
(a) Montrer que M N = N M.
(b) En déduire qu’il existe une matrice R inversible et deux matrices diagonales D
et D0 telles que : M = R−1 DR et N = R−1 D0 R.
0 C
(c) En déduire que la matrice est diagonalisable (admettre le résultat de
0 0
l’exercice24).
3. En déduire que C est nulle.
Exercice 5 centrale
Soit B une matrice de Mat(2n, R) de la forme
A O
B=
A A
Démonstration :
⇒ on sait que si u est trigonalisable, son polynôme caractéristique est scindé sur K (c’est
en fait une CNS). Le théorème de Cayley-Hamilton fait le reste.
⇐ nous établirons la réciproque comme corollaire du lemme des noyaux.
5
2 Idéaux de Z et de K[X], polynôme minimal
C’est le deuxième point évoqué dans notre introduction : nous passons de l’étude de la
structure de l’anneau (K[X], +, ×) à la notion de polynôme minimal d’un endomorphisme.
Nous commençons par l’étude de l’anneau (Z, +, ×) qui est le prototype facile à étudier
des anneaux euclidiens.
Théorème 4
Les sous-groupes de (Z, +) sont les sous-groupes de la forme aZ.
Définition 2 idéal
Soit A un anneau de lois + et ×. Un idéal de A est une partie I, de A qui est un sous-groupe
de (A, +) tel que
∀a ∈ A, ∀x ∈ I, x × a ∈ I.
Exercice 6 exemples
1. les polynômes de la forme P A + BQ, (A, B) donné et (P, Q) décrivant K[X]2 , dans
A = K[X].
2. les fonctions de E ensemble quelconque, à valeurs dans R et nulles sur une partie
donnée de E, dans A = F(E, R);
3. les multiples de a dans Z...
4. Si f est un endomorphisme de E, K−ev, l’ensembles des polynômes de K[X] tels
que P (f ) = 0 ∈ L(E), est un idéal de K[X].
Théorème 5
6
2.2 La notion de polynôme minimal
Exercice 7 polynôme minimal
On considère E, un ev de dimension n sur le corps K, u un endomorphisme de E et on
note φu l’application
φu : P (X) ∈ K[X] → P (u) ∈ L(E).
1. Montrer que l’ensemble des polynômes annulateurs de u est un idéal de K[X];
2. Montrer qu’il existe un polynôme unitaire πu et un seul tel que Ker(φu ) = π(X)K[X].
On l’appellera polynôme minimal de l’endomorphisme u.
3. Justifier que si u est diagonalisable, alors son polynôme minimal est scindé, à racines
simples.
4. Soit d = deg(πu ), donner une base de K[u], ensemble des polynômes en u.
1 1 0 0 0 1 1 0 0 0 1 1 0 0 0
0 1 0 0 0 0
1 0 0 0 0
2 0 0 0
0 0 2 0 0 , 0 0 1 0 0
, 0 0 2 0 0
...
0 0 0 2 0 0 0 0 2 0 0
0 0 3 0
0 0 0 0 −1 0 0 0 0 2 0 0 0 0 3
Exercice 8
1. Soit p un projecteur de E. Quel est son polynôme minimal ?
2. Caractériser les endomorphismes nilpotents par leurs polynômes caractéristiques et
leurs indices de nilpotence par leurs polynômes minimaux.
3. Quel est le polynôme minimal de
Exercice 9
O n In
Soient A ∈ Mn (C) et B = ∈ M2n (C). Condition sur A pour que B soit
A On
diagonalisable dans Mn (C)?
Indications :
7
1. Calculer P (B) où P est un polynôme ;
2. Rechercher les polynômes annulateurs de B; en déduire son polynôme minimal ;
3. Etudier le cas A non diagonalisable puis le cas A diagonalisable. Conclure.
a 0
0 a
a 0
0 b
a 1 0
0 a 0
0 0 a
a 1 0
0 a 0
0 0 b
2. Une application classique où il est pratique d’écrire un polynôme annulateur sous la
forme P (X) = ΠA (X)Q(X), ΠA (X) étant le polynôme minimal de A :
8
Compléments
Démonstration
Démonstration
9
3 Du théorème de Bezout au lemme des noyaux
3.1 Le théorème de Bezout dans Z et dans K[X]
Définition 4
Soient a et b deux entiers relatifs. On dit que a et b sont premiers entre eux ssi leurs seuls
diviseurs communs sont 1 et −1.
Soient A et B deux polynômes. On dit que A et B sont premiers entre eux ssi leurs seuls
diviseurs communs sont les constantes non nulles.
Exercice 11 exemples
Montrer que deux polynômes scindés sont premiers entre eux ssi ils n’ont pas de racine
commune.
Théorème 9
Soient a et b deux entiers relatifs. Les propositions suivantes sont équivalentes :
1. a et b sont premiers entre eux ;
2. l’idéal {ap + bq; (p, q) ∈ Z2 } est égal à Z;
3. il existe deux entiers p et q tels que
ap + bq = 1.
Théorème 10
Soient A et B deux polynômes. Les propositions suivantes sont équivalentes :
1. A et B sont premiers entre eux,
2. l’idéal {AP + BQ; (P, Q) ∈ K[X]2 } est égal à K[X],
3. il existe deux polynômes P et Q tels que
AP + BQ = 1.
Démonstration
– 1 ⇒ 2 : A et B premiers entre eux, nous supposerons.
L’idéal I = {AP + BQ; (P, Q) ∈ K[X]} est de la forme I = D × K[X]. D divise donc
A comme B qui sont éléments de I (remplacer P et Q comme il se doit...). D est donc
une constante non nulle, et {AP + BQ; (P, Q) ∈ K[X]2 } = K[X].
– 2 ⇒ 3 : comme 1 ∈ I, il existe des polynômes tels que AU + BV = 1;
– 3 ⇒ 1 : AP + BQ = 1, nous supposerons :
Si D divise à la fois A et B, AP + BQ = 1, il divisera, et donc scalaire il sera.
10
Théorème 11 lemme de Gauss
si A et B sont des polynômes premiers entre eux, alors pour tout polynôme C,
A|B × C ⇒ A|C.
Démonstration
a|b × c ⇒ a|c.
Théorème 13 généralisation
Soit E un K−espace vectoriel de dimension n , u un endomorphisme de E.
– si P1 , ...Pn sont deux à deux premiers entre eux (Cn2 = (n2 ) relations), Pn et n−1
Q
i=1 Pi
sont premiers entre eux.
– si P1 , ...Pn sont deux à deux premiers entre eux, alors
n
M
Ker(P1 (u) ◦ ... ◦ Pn (u)) = Ker(Pi (u)).
i=1
11
Corollaire 15 retour sur un résultat déjà énoncé
Si un endomorphisme u admet un polynôme annulateur scindé sur K, il est trigonalisable.
Exercice 12
E est un espace-vectoriel de dimension n, f un endomorphisme de E.
1. On suppose que le polynôme P (X) = (X − 1)(X − 2)2 annule f. Que peut-on dire
des valeurs propres de f ?
2. Peut on affirmer que f est diagonalisable ?
3. Montrer que dans tous les cas E = Ker(f − idE ) ⊕ Ker(f − 2idE )2 .
correction.
Le calcul du polynôme caractéristique χu (X) = (X −1)2 (X −3)2 et sa factorisation sont immédiats.
Notons P (X) = (X −1)2 et Q(X) = (X −3)2 . Ces polynômes sont premiers entre eux et le théorème
des noyaux nous donne :
Cela nous permet d’écrire la matrice de changement de base B et la matrice de u dans la nouvelle
base :
1 0 0 0 1 0 0 0
0 −3 1 0 0 1 1 0 0
B= = U O .
0 1 0 0 , A = 0
0 3 1 O X
0 1 0 1 0 0 0 3
12
On obtient les endomorphismes qui commutent avec u en observant qu’ils laissent stables les noyaux
de polynômes en u que sont Ker(P (u)) et Ker(Q(u)). De tels endomorphismes ont donc dans la
a 0
base adaptée donnée par la matrice B ci-dessus une matrice diagonale par blocs : .
0 d
On résout alors l’équation simplifiée :
a 0 U O U O a 0
=
0 d O X O X 0 d
où
1 0 3 1
U= ,X = .
1 1 0 3
Les matrices qui commutent avec A’ sont les matrices de la forme :
a2, 2 0 0 0
a2, 1 a2, 2 0 0
0 0 d2, 2 d1, 2
0 0 0 d2, 2
On en déduit immédiatement la dimension de l’algèbre des commutants de A.
Théorème 16 généralisation
Soit E un K−espace vectoriel de dimension n , f un endomorphisme de E.
Si f admet un polynôme annulateur scindé sur K, E est somme directe de sev stables sur
lesquels l’endomorphisme induit par f est somme d’une homothétie et d’un nilpotent.
Démonstration
13
4 Exercices
Exercice 15
Soit E un ev sur R, de base B, f un endomorphisme de E dont la matrice dans la base B
est
3 −2 3
A= −5 2 7
7 −2 −1
1. Montrer qu’il existe une base dans laquelle la matrice de f est diagonale par blocs.
4 4 0
2. Donner une base dans laquelle la matrice de f est 0 4 0 .
0 0 −4
Exercice 19
Soit f l’endomorphisme de matrice
−1 a a
1
A= −1 0
−1 0 −1
dans une base B de E.
14
1. f est il diagonalisable, trigonalisable ?
2. Existe-t-il une base de E dans telle que
−1 0 0
MB (f ) =
1 −1 0 .
0 1 −1
P An
3. Calculer Ap et exp(A) = (attendre d’avoir étudié le chapitre evn).
n!
Exercice 20
A M = θ M A.
Donner une condition nécessaire et suffisante portant sur le spectre de A pour que
F soit un sev de dimension 0.
3. Dans le cas général (A diagonalisable ou pas) que peut-on dire de l’image de Ker((A−
λ)p ) par M ∈ F?
Peut-on encore donner une condition nécessaire et suffisante portant sur le spectre
de A pour que F soit un sev de dimension 0 ?
0 0 2
voir corrigé en 7.2
15
Exercice 21 Soit An la matrice de Mn (R) dont le terme d’indices i et j est
4 si i = j;
ai,j = 1, si |i − j| = 1;
0, sinon.
Par exemple
4 1 0 0
1 4 1 0
A4 = .
0 1 4 1
0 0 1 4
1. Déterminer les valeurs propres de A3 .
2. Montrer que An admet n valeurs propres exactement, comprises entre 2 et 6, stric-
tement.
Exercice 22
Soit E espace de dimension finie sur R et u un endomorphisme de E. Le but de l’exercice
est de montrer qu’il existe alors une droite ou un plan de E stable par u.
1. Que dire lorsque u admet une valeur propre réelle ?
2. On suppose que toutes les vp de u sont complexes.
(a) Montrer qu’il existe des sev supplémentaires et stables par u.
(b) Montrer qu’il existe un sous espace de E annulant un polynôme du second degré
en u;
(c) Montrer qu’un tel sous-espace contient un plan stable par u;
3. Exemples (à vos calculettes !) :
3 5 7 5
−7 −7 −11 −12
A= ,
3 6 10 8
0 −3 −5 −2
2 3 5 4
−4 −4 −8 −9
B= .
2 4 8 7
0 −2 −4 −2
Exercice 23
On considère une suite de complexes (xn )n , vérifiant la relation de récurrence linéaire
xn+3 + axn+2 +bxn+1+ cxn = 0. A une telle suite on associe la suite de vecteurs (Xn )n
xn
telle que Xn = xn+1 .
xn+2
16
1. Montrer qu’il existe A ∈ M3 (C) telle que pour tout n ∈ N, Xn+1 = AXn .
2. Donner l’allure des suites (xn )n dans les trois cas suivants. On montrera que xn
est de la forme xn = aαn + bβ n + cγ n ou xn = (an + b)αn−1 + cβ n ou encore
xn (an2 + bn + c)αn−2 .
(a) A est diagonalisable dans M3 (C);
α a 0
(b) A est semblable dans M3 (C) à 0 α 0 ;
0 0 β
α a b
(c) A est semblable dans M3 (C) à 0 α c ;
0 0 α
A-t-on envisagé tous les cas possibles ?
3. Étudier le comportement asymptotique de la suite (xn )n lorsque
(a) xn = aαn + bβ n + cγ n avec a 6= 0 et |α| > |β| ≥ |γ|;
(b) xn = (an + b)αn−1 + cβ n avec a 6= 0 et |α| > |β| ≥ |γ| puis |α| = |β| ≥ |γ|...
(c) xn = (an2 + bn + c)αn−2 avec a 6= 0.
4. (a) Soit (xn )n une suite périodique, de période 3. Prouver qu’il existe des constantes
c−1 , c0 , c1 telles que pour tout n ∈ N,
Exercice 26
Soient f et g deux endomorphismes de E.
1. On suppose f inversible, montrer que f ◦ g et g ◦ f ont le même polynôme ca-
ractéristique.
17
2. ** Généraliser (suppose connu un autre chapitre).
Exercice 27 f classique
¯ On lui associe la matrice
Soit A ∈ Mn (K). B ∈ M3n (K), définie par
A A A
B= A A A .
A A A
ak X k , un polynôme de K[X].
P
2. Soit P (X) =
(a) Exprimer la matrice P (B).
(b) Donner une condition nécessaire et suffisante pour que P (B) = 0.
(c) Est il vrai que A est diagonalisable ssi B est diagonalisable ?
corrigé 7.3 en section 7.
Exercice 28
Exercice 29
Déterminer {det(A)/A ∈ Mn (R), A3 + A = 10In }.
voir corrigé en 7.4
18
Exercice 30
A quelle condition portant sur n ∈ N existe-t-il A ∈ Mn (R) telle que A2 + 2A + 5In = 0?
voir corrigé en 7.5
Exercice 31
Soit A ∈ Mn (C) telle que pour tout k ∈ N∗ , Tr(Ak ) = 0. Montrer que A est nilpotente.
voir corrigé en 7.6
Exercice 32
A A
Soient A ∈ Mn (C) et B = ∈ M2n (C).
A A
1. Soit F (X) = ak X k , un polynôme de C[X], exprimer F (B);
P
2. Etudier des conditions nécessaires et/ou suffisantes pour que B (ou A) soit diagona-
lisable.
voir corrigé en 7.7
Exercice 33
Soient A et B deux matrices de Mn (R) semblables dans Mn (C), c’est à dire
∃C ∈ GLn (C), C −1 AC = B.
Exercice 34
On se propose de montrer que deux matrices réelles semblables dans M2 (C) sont aussi
semblables dans M2 (R).
On considère donc A ∈ Mn (R), B ∈ Mn (R) et P ∈ GLn (C) telle que (1) P −1 AP = B.
On pose P = R + iQ, les matrices R et Q étant réelles.
1. Donner un exemple de matrice inversible P pour laquelle ni R ni Q ne sont inversibles.
2. Vérifier que (1) ⇔ (AR = RB et AQ = QB).
3. Montrer que x → det(R + xQ) est une fonction polynomiale.
4. Montrer qu’il existe une matrice M inversible, à coefficients réels telle que M −1 A M =
B.
voir corrigé 7.8
19
Exercice 35 Soit E un K−espace vectoriel finie et f un endomorphisme de E. On lui
associe l’endomorphisme de L(E) défini par :
Tf : u → f ◦ u.
20
5 A questions brèves, réponses rapides (le flash-éclair)
1. Zéro calcul : les matrices suivantes sont elles diagonalisables sur K?
1 7 a −2 7 a 1 0 0
A = 0 −2 14 , B = 0 −2 14 , C = 0 −2 14 .
0 0 21 0 0 −2 0 0 −2
2. Soit f ∈ L(E), un endomorphisme du K − ev, E (ici, K = R ou C). λ une de ses
valeurs propres. Pourquoi la dimension du sev propre associé à λ est elle inférieure
à son ordre de multiplicité ?
3. On suppose v ∈ L(E) diagonalisable. La restriction de v à un sous-espace stable est
elle diagonalisable ?
4. Donner deux valeurs propres de M telle que pour tout (i, j), mi,j = 1. Une telle
matrice est elle diagonalisable ?
5. Pourquoi une matrice à diagonale strictement dominante est elle inversible ?
6. Quelles sont les valeurs propres, le polynôme caractéristique de
1 1 1 1 1
1 0 0 0 1
C= 1 0 0 0 1
1 0 0 0 1
1 1 1 1 1
1 0 1
7. Combien l’équation M 2 = 0 3 0 , admet elle de solutions dans M3 (C)? ... et
0 0 −5
1 0 0
l’équation M 2 = 0 3 0?
0 0 3
8. Quels sont les valeurs propres, le polynôme caractéristique d’un endomorphisme
nilpotent ?
9. Un endomorphisme nilpotent de E ev sur K est il toujours diagonalisable, trigona-
lisable ?
10. Soit M une matrice triangulaire. Donner une CNS pour que M soit nilpotente.
11. On suppose B diagonalisable. tB l’est elle aussi ?
12. B et t B ont elles le même polynôme caractéristique ? Les sev propres de chacune
d’elles associés à une même valeur propre ont ils la même dimension ? Quelle relation
entre eux ?
13. Deux endomorphismes de E ayant le même polynôme caractéristique peuvent ils être
l’un diagonalisable, l’autre pas ? Cela dépend il du polynôme ?
14. Un endomorphisme de E ev sur K, vérifiant f 3 = idE est il toujours diagonalisable ?
15. Une rotation vectorielle du plan est elle diagonalisable, trigonalisable ?
16. Une rotation en dimension 3 est elle diagonalisable, trigonalisable, diagonalisable par
blocs ?
17. Un endomorphisme de R3 admet il des valeurs propres ?
21
22
Les mêmes, avec les réponses :
1. Les matrices suivantes sont elles diagonalisables sur K?
1 7 a
A = 0 −2 14 ,
0 0 21
• Oui, comme elle est triangulaire, les vp se lisent immédiatement, elles sont dis-
tinctes.
−2 7 a
B = 0 −2 14 ,
0 0 −2
• Non, sinon elle serait semblable à −2I3 qui n’est semblable qu’à elle-même.
1 0 0
C = 0 −2 14 .
0 0 −2
23
6. Quelles sont les valeurs propres, le polynôme caractéristique de
1 1 1 1 1
1 0 0 0 1
C= 1 0 0 0 1
1 0 0 0 1
1 1 1 1 1
• Cette matrice est de rang 2. Donc 0 est vp d’ordre supérieur ou égal à dimKer(M ) =
3. Son polynôme caractéristique est
La trace de M est la somme des valeurs propres, la trace de M 2 celle du carré des
valeurs propres :
λ + µ = 2, λ2 + µ2 = 2n = 10.
On en déduit λ et µ qui sont distinctes, non nulles. Les sev associés sont de dim
supérieure à 1 ; la somme des dimensions ne peut excéder n=5 etc... Elle est diago-
nalisable.
1 0 0
7. Combien l’équation M 2 = 0 3 0 admet elle de solutions dans M3 (C)?
0 0 −5
• 8 ; penser que les sev propres sont stables. Les solutions sont diagonales...
1 0 0
... et l’équation M 2 = 0 3 0?
0 0 3
√
• Une infinité, penser aux solutions par blocs et aux matrices 3S où S 2 = I2 .
8. Quels sont les valeurs propres, le polynôme caractéristique d’un endomorphisme
nilpotent ?
• Puisque X k annule f, toute vp étant racine du polynôme annulateur, la seule vp est
0. On a donc χf (x) = (−1)n xn . Le polynôme minimal est X k avec f k = 0, f k−1 6= 0.
9. Un endomorphisme nilpotent de E ev sur K est il toujours diagonalisable, trigona-
lisable ?
• Diagonalisable, jamais sauf s’il est nul : sa matrice dans une base quelconque serait
semblable à 0 (on peut aussi penser au polynôme minimal X k ).
Trigonalisable, toujours, quelque soit le corps, puisque le polynôme X k qui est scindé
sur K, l’annule.
10. Soit M une matrice triangulaire. Donner une CNS pour que M soit nilpotente.
• La diagonale est formée de 0 ;
⇒ si c’est le cas, le pc est (−1)n X n et il est annulateur (Thm de C-H)
⇐ si f k = 0, le polynôme X k qui est scindé sur K, annule f.
11. On suppose B diagonalisable. tB l’est elle aussi ?
• Les polynômes annulateurs sont les mêmes..
24
12. B et t B ont elles le même polynôme caractéristique ?
• Oui : det(B − λI) = det(t (B − λI)).
Les sev propres de chacune d’elles associés à une même valeur propre ont ils la même
dimension ?
• ça se complique, attendre un prochain chapitre (endomorphismes sur un espace
euclidien, notion d’adjoint)
13. Deux endomorphismes de E ayant le même polynôme caractéristique peuvent ils être
l’un diagonalisable, l’autre pas ? Cela dépend
il du polynôme ?
1 2
• C’est possible, par exemple Id et ont le même pc. Un tel contre-exemple
0 1
n’est pas possible avec un polynôme caractéristique scindé à racines simples.
25
26
6 Résumé des deux chapitres d’algèbre linéaire
1. Valeurs propres, sous espaces propres
Définition Soient E un espace vectoriel de dimension finie sur le corps K, et u un
endomorphisme de E.
– on appelle valeur propre de E un scalaire α tel que Ker(u − αidE ) 6= O;
– on appelle vecteur propre de u, associé à la valeur propre α, un vecteur non
nul x ∈ E tel que u(x) = αx;
– on appelle sous-espace propre de u associé à la valeur propre α, le sev Ker(u −
αidE );
– on appelle polynôme caractéristique de E, le polynôme
X → det(u − XidE );
Ses racines dans K sont les valeurs propres de u; l’ordre de multiplicité d’une
valeur propre est son ordre de multiplicité comme racine de ce polynôme.
2. Réduction des endomorphismes
Théorème 6.2
Si f est un endomorphisme de E, les sous-espaces propres de f sont en somme
directe 2 (ce qui ne signifie pas qu’ils sont supplémentaires)
X M
ker(f − λIdE ) = ker(f − λIdE ).
λ∈Sp(f ) λ∈Sp(f )
2. il suffit d’ailleurs que les λ soient des scalaires distincts, non nécessairement des valeurs propres...
27
– la somme des dimensions des sous-espaces propres de f est égale à la
dimension de E : X
dim ker(f − λIdE ) = dimE.
λ∈Sp(f )
3. Polynômes d’endomorphismes
Théorème 6.4
Soit u un endomorphisme de E.
– si w = v −1 ◦ u ◦ v, alors, pour tout polynôme P,
X X
P (w) = ak wk = v −1 ◦ ak wk ◦ v = v −1 ◦ P (u) ◦ v,
28
Définition du polynôme minimal
Soient E un ev de dimension finie sur R ou C, u un endomorphisme de E. On
appelle polynôme minimal de l’endomorphisme u le polynôme unitaire πu tel
que Ker(φu ) = π(X)K[X]
Théorème 6.8 Matrices dans une base adaptée à des supplémentaires stables
Soit (Fi )i , une famille de sous-espaces supplémentaires dans E, stables L
par f. Alors,
p
la matrice de f , dans une base B adaptée à la décomposition E = i=1 Fi , est
diagonale par blocs :
A1
A2
M at(f, B) =
..
.
Ap
29
30
7 Corrigés
Corrigé 7.1 corrigé de l’exercice 10
1.
(b) Si B est diagonalisable, il existe un polynôme scindé à racines simples tel que
P (B) = 0. On a alors P (A) = 0 et A est aussi diagonalisable.
(c) On suppose A diagonalisable, son polynôme minimal est donc scindé à racines
simples, Y
ΠA (X) = (X − λ).
λ∈Sp(A)
31
ce polynôme vérifie :
– ΠA (X)|P (X), il est donc annulateur de A
– et d’autre part P (3A) = 0 car ΠA (X)|P (3X). En effet,
Y Y
P (3X) = (3X − λ) × 3(X − λ)
λ∈Sp(A) λ∈Sp(A)
3λ6∈Sp(A)
Y Y Y
= 3?
(X − λ/3) ×
(X − λ/3) × (X − λ)
.
λ∈Sp(A) λ∈Sp(A) λ∈Sp(A)
3λ6∈Sp(A) λ/3∈Sp(A) λ/36∈Sp(A)
3. Si A2 est diagonalisable
Q à valeurs propres strictement positives, son polynôme mi-
nimal est ΠA2 (X) = (X − λi ); il est scindé sur R à racines simples de même
que Y p p
F (X) = (X − λi )(X + λi ).
√ √
Or, F (A) = (A− λi In )(A+ λi In ) = (A2 −λi In ) = 0. A est donc diagonalisable
Q Q
puisqu’il existe un polynôme scindé à racines simples qui l’annule.
A2 M = θA M A = M θ2 A2 .
On montre par récurrence (non fait ici) que An M = M (θn An ) puis par combinaison
linéaire que
P (A) M = M P (θ A)
pour tout polynôme P. De façon symétrique, en multipliant à droite par M, on
obtient A M 2 = θM A M = θ2 M 2 A puis
A P (M ) = P (θ M ) A.
2. Il sera dans cette question plus agréable de considérer les endomorphismes canoni-
quement associés à A et M. Notons les f et g.
• Supposons que M ∈ F et considérons un vecteur non nul, x ∈ Ker(f − λ). On a
f (x) = λx et f ◦ g(x) = θg(f (x)) = θλg(x). Ainsi,
32
- Première observation :
si θ est tel qu’aucun θλi n’est vp de f, alors g = 0 et l’on voit que F = {0}.
- Réciproque (ou sa contraposée) :
s’il existe un θλi0 tel que θλi0 soit aussi vp de f, alors on peut construire un élément
g ∈ F non nul en considérant une base de E adaptée à la décomposition de E en
sev propres de f.
On caractérise g à l’aide de l’image de cette base, en posant : g(uj ) = 0 si ui ∈ /
Ker(f − λi0 idE ) et en choisissant pour g(uj ) un vecteur non nul quelconque de
Ker(f − θλi0 idE ) si uj ∈ Ker(f − λi0 idE )...
Une telle application est un élément de F car
Peut-on encore donner une condition nécessaire et suffisante portant sur le spectre
de A pour que F soit un sev de dimension 0 ?
0 0 2
Les seuls cas à étudier sont θ = 1/2, θ = 2.
1 0 0
(b) A = 0 2 1 .
0 0 2
Les seuls cas à étudier sont θ = 1/2, θ = 2.
Corrigé 7.3 27
Deux façons d’aborder le problème : soit en recherchant les relations entre vp et vp, soit
en recherchant les polynômes annulateurs.
A A A
B = A A A .
A A A
– Remarquons que rg(B) = rg(A) ≤ n, donc, dans tous les cas 0 ∈ Sp(B) avec
dim ker B ≥ 2n.
33
X X
– Si λ ∈ Sp(A) et AX = λX, on a B X = 3λ X . Donc 3Sp(A) ⊂ Sp(B).
X X
– Inversement, si µ ∈ Sp(B), si Y ∈ K 3n vérifie BY = µY, alors
X X
0
A X = µ X0 .
X” X”
X
Donc, si µ 6= 0, X = X 0 = X”, Y est de la forme X , où X est vp de A associé
X
à µ/3.
Donc Sp(B) ⊂ 3Sp(A) ∪ {0} et si µ 6= 0,
34
Corrigé 7.4 Indication ou corrigé 29
Énoncé :
Déterminer {det(A)/A ∈ Mn (R), A3 + A = 10In }.
• Considérons A ∈ Mn (R) telle que A3 + A = 10In .
Comme P (X) = X 3 + X − 10 est un polynôme annulateur, SpC (A) ⊂ RacC (P ). Le
polynôme P n’admet qu’une racine réelle (pour cela observer par exemple que P est
strictement croissant sur R).
Ainsi P (X) = (X − 2)(X 2 + 2X + 5) = (X − 2)(X − (−1 + 2i))(X − (−1 − 2i)) et
SpC (A) ⊂ RacC (P ) = {2, −1 − 2i, −1 + 2i}. Le polynôme caractéristique de A est par
ailleurs dans Rn [X], il est donc avec p + 2q = n de la forme :
Le polynôme caractéristique de A n’a donc pas de racine réelle et il est donc de degré pair.
Une CN est donc n pair.
35
Corrigé 7.6 Indication ou corrigé 31
Énoncé :
Soit A ∈ Mn (C) telle que pour tout k ∈ N∗ , Tr(Ak ) = 0. Montrer que A est nilpotente.
Une matrice de Mn (C) est semblable à une matrice triangulaire
λ1 ∗ . . . ∗
0 λ2 ∗
T = .
.. . . ..
.. . . .
0 0 ... λn
Supposons que A admette des valeurs propres non Pp nulles. Après une éventuelle
k k
réécriture des valeurs propres, la trace de A est donc i=1 ni λi = 0 où les λi les valeurs
propres non nulles et distinctes et les ni les ordres de multiplicité des λi . Écrivons le
système d’équations correspondant pour k = 1, ..., p. Il s’exprime
λ1 λ2 . . . λ p n1 0
λ2 λ2 . . . λ2 n2 0
1 2 p
.. .. = .. .
.. .. . .
. . . . . .
λp1 λp2 . . . λpp np 0
36
Corrigé 7.7 Indication ou corrigé
32
A A
Soient A ∈ Mn (C) et B = ∈ M2n (C).
A A
1. Commençons par exprimer les puissances de B :
n
An
0 In O ∗ n n−1 A
B = , et pour n ∈ N , B = 2
O In An An
37
Donc B est diagonalisable. De plus
Bilan
• A diagonalisable ssi B diagonalisable ;
38
4. On observe que les relations AR = RB et AQ = QB entraı̂nent A (R + xQ) =
(R + xQ) B. Comme le polynôme en x F (x) = det(R + xQ) n’est pas nul (F (i) 6= 0),
il admet au plus n racines et il existe un réel x pour lequel M = P +xQ est inversible
et alors A M = M B ou M −1 A M = B./ fin.
39