Oh merde.
Mauvaise impression avec le film que j’avais trouvé naze, mais, la bd…c’est
quand même le mec qui a fait Watchmen…
Eh bah, nul à chier. Eh ouais. Y’a pas d’autres mots.
Maintenant je me questionne réellement à propos de cette œuvre qui a récolté
tant d’éloges. Serais-je passé à côté de l’essentiel ? Parce que ça m’a semblé
bien creux…
OK, le justicier masqué a du style. Sympa sa dégaine et son masque sauce Guy
Fawkes, un rigolo qui a esquivé de peu le fameux « Hanged, drawn and
quartered », peine réservée en Angleterre pour les crimes de haute trahison,
contre le roi (franchement ç’avait pas l’air ouf ouf). La Conspiration des Poudres,
ça vous parle ? Non, Anonymous ? Oui.
Bordel.
Bon, on prend la figure d’un révolutionnaire qui visait à restaurer une monarchie
catholique pour le transformer en justicier anarchiste. Pas la même ambiance.
Le dessin est sombre. Ce qui ne devrait pas être un problème l’est car les
personnages sont méconnaissables. Et c’est pas leur personnalité qui va nous les
faire différencier (spoiler : ils en ont pas mdr). On accumule et abuse des clichés :
un prêtre pédo, l’assoiffée de pouvoir prête à se taper toute l’Angleterre pour
tirer un coup avec le trône, et une multitude de Méchants méchants ; le fil rouge
avec le flic désabusé, aussi pathétique que son personnage, la veuve éplorée qui
vend son cul pour survivre (on sait même pas d’où elle sort tant elle est lambda).
Même l’histoire est bouffée d’incohérences. Rien ne rattrape ce merdier, même
pas ce perso « mystique » qu’est V, rendu bouffon par l’absence d’antagonistes
ou d’enjeux sérieux. Au fond, c’un type pédant qui cite du Shakespear en
dézinguant des humains-robots sans personnalité.
Tout est traité trop vite, les personnages sont fades et interchangeables. On ne
dirait pas qu’il y a un scénario ; à part une ou deux punchlines sur la liberté c’est
très creux. La fin ne m’a pas plus convaincu. En soit, elle respectait la médiocrité
générale de l’œuvre, installant une sorte de continuité.
L’œuvre dans son ensemble n’a aucune crédibilité. Ni dans ses personnages, ni
dans son univers, ni dans son scénario. Partant de là, difficile de s’intéresser à
quoi que ce soit… Mention spéciale au type qui prend du LSD pour voir comme
l’autre : bah oui coco, un peu de drogue et tu te sens comme un mec en camp de
concentration. WTF. Non vraiment, y’a rien qui va.
Allons, un bon point quand même : le personnage de V est assez nuancé pour
que le lecteur se fasse sa propre idée. Dommage qu’il s’oppose à un régime trop
fantasmé, ça rend ses élucubrations moins pertinentes – pas pertinentes.
Un bon bouquin de merde avec des réflexions aussi fainéantes que ceux qui les
admirent et les régurgitent, en somme ; une histoire qui ne raconte rien, dans un
monde vide à travers un personnage au charisme creux.
« Au royaume des aveugles, le borgne est roi. »