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SUPPORT DE COURS

SUPPORT DE COURS

COMPTABILITE APPROFONDIE

Modules 1, 2 et 3

Moussa MARA
2006

COMPTABILITE APPROFONDIE 8
SUPPORT DE COURS

SOMMAIRE

I - NOTION DE COMPTABILITE___________________________________________10
11. Historique et présentation_________________________________________________________10
111. Historique___________________________________________________________________________10
112. Présentation : objectifs communément acceptés____________________________________________10
113. Panorama actuel et présentation des écoles de pensée comptable______________________________11
12. Normalisation comptable Internationale_____________________________________________12
121. Nécessité d’une normalisation et enjeux___________________________________________________12
122. Présentation des institutions de normalisation nationales et internationales_____________________13
13. Environnement Africain__________________________________________________________17
131. Historique et panorama des normes en Afrique____________________________________________17
132. Efforts de normalisation encours et perspectives___________________________________________19
Cas de la zone francophone et de l’Afrique de l’Ouest_____________________________________________19
14. Du SYSCOA à l’OHADA (ou vice versa)____________________________________________20
141. Historique de l’OHADA et du SYSCOA__________________________________________________20
142. Présentation des deux normes SYSCOA et OHADA________________________________________41
II - ORGANISATION COMPTABLE______________________________________________53
21. Informations comptables__________________________________________________________53
22. Procédures comptables___________________________________________________________54
23. Contrôle interne et rôle d’un auditeur interne________________________________________55
24. Organisation Spécifique__________________________________________________________59
241. Informations à fournir par les banques___________________________________________________59
242. Informations à fournir par les assurances_________________________________________________60
243. Informations à fournir par les petites entreprises___________________________________________61
III - PRINCIPES COMPTABLES ET CADRE CONCEPTUEL________________________63
31. Le Cadre conceptuel du SYSCOA et de l’OHADA____________________________________63
32. Les principes comptables et méthodes d’évaluation du SYSCOA et de l’OHADA___________64
33. Les états financiers et le plan comptable du SYSCOA et de l’OHADA____________________66
34. Approfondissements du SYSCOA et de l’OHADA____________________________________67
IV. CAS PRATIQUES_______________________________________________________________69
V. SOLUTIONS AUX CAS PRATIQUES______________________________________________70

COMPTABILITE APPROFONDIE 9
SUPPORT DE COURS

I - NOTION DE COMPTABILITE
11. Historique et présentation

La comptabilité est définie comme une technique, comme une science ou simplement comme un art de
rendre des comptes. Elle est perçue comme un système (combinaison de ressources humaines et
matérielles) servant de langage à un opérateur en terme chiffré pour informer les partenaires sur la marche
de ses activités.

De ces définitions, il faut retenir plusieurs aspects :

La comptabilité est un langage car c’est un outil de communication.


La comptabilité est un système car elle est de plus en plus organisée et standardisée.
La comptabilité est une science et une technique car elle repose sur des règles plus ou moins
complexes dont la maîtrise confère à l’homme un savoir-faire.

111. Historique

L’histoire de la comptabilité et l’évolution de sa technique et de ses objectifs sont liées au développement


du commerce et de l’industrie et aux besoins qui sont apparus successivement. Les contacts économiques
entre les hommes ont immédiatement nécessité de garder une trace de ces transactions. Des traces
d‘écritures comptables ont ainsi été retrouvées dans les civilisations sumériennes, inca, égyptiennes et
romaines. De cette date jusqu’au moyen âge la comptabilité était sommaire (recette, dépenses et solde).
Les aspects patrimoniaux sont apparus à partir de 1340 en Italie et surtout avec l’instauration de la partie
double et des principes comptables par Luca Paccioli en 1494.
La seconde évolution date de l’ère industrielle caractérisée par l’afflux de capitaux et surtout par l’apparition
des outils de gestion internes à l’entreprise. Les efforts de normalisation pour accroître la confiance des
prêteurs date de cette époque. La comptabilité de gestion y a également connu son essor surtout dans les
pays anglo-saxons.

112. Présentation : objectifs communément acceptés

La comptabilité, à travers l’histoire, a subi de nombreuses mutations et reste encore tributaire de


l’organisation économique et sociale des pays. Cependant, les raisons fondamentales de son apparition et
également ses apports concrets dans les relations entre les opérateurs restent généralement communes.

L’information des partenaires, l’information de qualité qui répond aux attentes de chacun exige de
l’opérateur la mise en place d’un système de compte rendu efficace. Ce système (proportionnellement aux
besoins des partenaires) devient de plus en plus complexe et détaillé.
La nécessité pour chaque opérateur de connaître l’évolution de ses activités classe l’opérateur parmi les
destinataires de l’information et les utilisateurs de la comptabilité.

La comptabilité, ainsi définie par les buts qui lui sont assignés et imposée par les relations Socio
économiques, se doit ainsi d’être pertinente c’est à dire satisfaire aux attentes des nombreux partenaires.
Elle atteint cette pertinence en permettant l’élaboration et la diffusion d’information multiple pour des cibles
variées. Elle se doit ensuite d’assurer la sûreté de ces informations en rassurant les partenaires sur la
qualité de l’information mais également sur sa réalité (compte rendu réel de faits).

COMPTABILITE APPROFONDIE 10
SUPPORT DE COURS

Cette sûreté est en partie atteinte par l’édiction de règles générales à respecter par la comptabilité. Ces
règles sont édictées pour standardiser (normaliser) la comptabilité. Elles s’illustrent par des textes de lois
(droit comptable), par des concepts (principes, cadres conceptuels, modèles comptables), des procédés
(outils) et procédures qui confèrent tous à la comptabilité une garantie supplémentaire quant à l’atteinte
d’objectifs assignés.

113. Panorama actuel et présentation des écoles de pensée comptable

La standardisation nécessaire de la comptabilité justifie la publication de normes comptables. Celles ci,


comme la comptabilité, sont largement tributaires de l’environnement socio-économique. Pendant le 20 e
siècle trois grands courants de normalisation ont ainsi émergé et se sont imposés. Il s’agit :

Du courant anglo saxon qui regroupe les puissances ultra libérales dont la caractéristique est la
faible présence de l’Etat

Du courant continental regroupant des pays libéraux mais ayant gardé une certaine culture de
centralisation Etatique. Il s’agit de pays Européen latins et de leurs colonies

Du courant sociolo communiste avec comme tête de proue l’ex URSS, dont la vocation était de
faire de la comptabilité un élément national, macro-économique avec comme vocation
essentielle le compte rendu du Gosplan (plan pluriannuel de développement). Ce courant de
pensée a disparu avec l’éclatement de l’URSS mais surtout avec l’abandon de l’idéologie qui le
soutenait.

Les deux premières écoles comptables se font désormais face sur l’échiquier mondial avec un avantage
certain pour la première (économiquement et militairement puissantes).

La répartition géographique et Les spécificités et de ces écoles sont indiquées dans les tableaux qui
suivent :

Ecole Anglo-saxonne Ecole Continentale

Pays membres USA et Commonwealth France, Allemagne, Europe latine


Canada et de l’EST
Asie du Sud Est Asie
Ex Colonies Anglophones Ex Colonies Francophones
d’Afrique d’Afrique
Amérique Latine Amérique latine

COMPTABILITE APPROFONDIE 11
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Caractéristiques

ECOLE ANGLO-SAXONNE ECOLE CONTINENTALE

 Primauté des « principes comptables » et des  Principes et méthodes peu développés, souvent
méthodes d’évaluation implicites.

 Finalité d’information boursière  Finalité d’entreprise (PME surtout) et d’information


statistique, économique et fiscale

 Analyse de l’activité par fonctions (quasi-intégration de  Analyse des charges « par nature » juridique.
la comptabilité analytique d’exploitation dans la
comptabilité générale)

 Périmètre «économique » du bilan  Périmètre « juridique » du bilan.

 Modélisation formelle limitée aux états financiers ;  Modèles d’états financiers (« comptes annuels ») très
absence, en «amont » de ces états, de tous cadre et contraignants (rubriques, postes) et, en amont, plan de
plan général. comptes normalisé et codifié.

 Importance d’un document explicatif des états  Absence de compléments explicatifs.


financiers (relativement synthétiques) : les « Notes »
ou annexes.

EN RESUME EN RESUME

 Fortes exigences de fond, moindres exigences de  Grand formalisme et juridisme, avec peu d’exigences
forme, dans le cadre d’une conception très libérale de de fond, et existence d’un « plan comptable général »,
l’économie. dans le cadre d’une conception plus contraignante de
l’information comptable au service de l’économie de
marché.

Des tendances d’uniformisation sont encours entre les deux courants de pensée comptables, aidée en cela
par l’interpénétration économique et l’affirmation de plusieurs institutions de normalisation internationale.

12. Normalisation comptable Internationale

121. Nécessité d’une normalisation et enjeux

L’économie mondiale se caractérise désormais par une globalisation avec l’existence d’opérateurs
économiques multinationaux. Le commerce, aidé en cela par les moyens de communication, prend de jour
en jour un essor prodigieux. Les capitaux circulent sans entrave. Il apparaît dès lors nécessaire de définir
un langage comptable commun afin que la compréhension des activités soient la même de par le monde.
Le langage comptable commun diminuera également les coûts administratifs des opérateurs et les rendra
encore d’avantage compétitifs et stimulera donc encore plus les échanges et le développement
économique de la planète.
Ces arguments sont les plus couramment utilisés pour justifier l’harmonisation des normes comptables. Ils
portent leurs fruits, malgré quelques réticences exprimées par certains pays qui souhaitent maintenir leurs
spécificités nationales, les normes comptables sont de plus en plus internationales et les institutions de
normalisation internationale sont de plus en plus incontournables.

COMPTABILITE APPROFONDIE 12
SUPPORT DE COURS

122. Présentation des institutions de normalisation nationales et internationales

Plusieurs structures de normalisation comptables existent aussi bien au plan national qu’au plan
international.

Chacune des grandes puissances économiques dispose de son propre système de normalisation
comptable. Ce système se caractérise par une prédominance de l’Etat pour ceux qui appartiennent à l’école
continentale et par un monopole des professionnels pour les anglo-saxons.

La France, membre de l’école continentale, dispose de l’environnement normatif suivant :

- Le conseil national de la comptabilité (CNC) : 57 membres, sous la tutelle du ministère des finances,
donne son avis et propose des mesures relatives à la comptabilité dans tous les secteurs d’activité
- Le comité de réglementation comptable (CRC) émane du CNC et suscite des règlements ministériels
qui sont plus contraignants que les avis du CNC. C’est lui qui a procédé à la modification du plan
comptable 82 en juin 1999 et qui met en jour ce référentiel depuis cette date
- La commission des opérations de bourse (COB) dont la vocation s’étend aux sociétés cotées. Elle
édicte surtout des normes de contrôle
- L’ordre des experts comptables (OEC) et la compagnie national des commissaires aux comptes
(CNCC) responsables d’une doctrine abondante et contribuant à l’amélioration du cadre comptable

Les Etats UNIS, leaders de l’école anglo-saxonne dispose d’un organisme majeur de normalisation qu’est
la Financial Accounting Standards Board (FASB) ayant un rôle majeur auprès des sociétés cotées. Les
associations professionnelles (AICPA) édictent également des normes mais à destination des petites et
moyennes entreprises mais avec un niveau de complication moindre qu’en France par exemple.

Sur le plan international plusieurs structures ou institutions œuvrent dans le domaine de la normalisation
comptable. Ces structures font partie pour la plupart de l’une des deux écoles de pensée. Il en est ainsi de :

- la commission européenne qui élabore des directives destinées à être transcrites dans la législation
des Etats membres. Les 3e directive (comptes et contrôle légal), 4e directive de 1978 (comptes annuels
qui a entraîné la mise en place du plan comptable 1982), 7 e directive de 1985 (comptes consolidés), 8e
directive (contrôleurs légaux des comptes) et règlement 1606/2002 du 19 Juillet 2002 ont ainsi impulsé
fortement le cadre comptable des pays européens
- la fédération européenne des experts comptables
- le forum des organisations de bourses européennes
- l’association inter america de contabilitad (AIC)
- la CAPA (confederation of Asia and pacific accountants).

Des structures internationales essaient de jeter les ponts entre les deux écoles. Il s’agit de l’IASC (comité
des normes comptables internationales) et de l’IFAC (fédération internationale des comptables). Ces deux
structures ont la particularité de regrouper en leur sein essentiellement des organisations professionnelles à
l’instar des anglo-saxons et sont donc fortement marquées par ce courant de pensée.

L’IASC regroupe les organismes nationaux de normalisation comptable, les organisations des
professionnels comptables libéraux (Experts comptables, auditeurs, commissaires aux comptes), les cadres
d’entreprises de plus de 100 pays à travers le monde. Son siège est fixé à Londres.

COMPTABILITE APPROFONDIE 13
SUPPORT DE COURS

Le comité comprend une assemblée de membres, un conseil (19 membres) et un comité exécutif (11
membres).

Tous les courants de pensée de la normalisation comptable y sont représentés.

Les normes sont arrêtées de manière consensuelle.

A ce jour une quarantaine de normes internationales ont été publiées par l’IASC. Elles vont de la
présentation des états financiers à la comptabilité de groupes de sociétés en passant par l’enregistrement
des stocks et la comptabilisation des contrats pluri - exercices. Le tableau suivant les illustre :

COMPTABILITE APPROFONDIE 14
SUPPORT DE COURS

N° Normes Interprétation Date d’application


1 Présentation des états financiers Application des IAS en tant que normes, cohérences de 01/07/00
Cadre Conceptuel méthodes et méthodes alternatives
2 Stocks Cohérence des méthodes, différentes méthodes de 01/01/99
détermination
4
Amortissements
5
Infos à fournir dans les états financiers
7
Tableau des flux de trésorerie 01/01/94
8
Résultat de l’exercice, erreurs, 01/01/95
changements de méthodes comptables
10 Evénements postérieurs 01/01/00
11 Contrats de constructions 01/01/95
12 Impôts sur le résultat Changement dans la situation fiscale d’une entreprise ou 15/07/00
de ses actionnaires
14 Informations sectorielles 01/07/98
15 Informations reflétant les variations de prix 01/01/83
16 Immobilisations corporelles Immobilisations corporelles, indemnisation liée à la 15/07/00
dépréciation ou à la perte de biens
Coûts majeurs d’inspection et de rénovation
17 Contrats de location Avantages dans les contrats simples 01/01/99
18 Produits des activités ordinaires 01/01/95
19 Avantages personnels 01/01/99
20 Comptabilisation des subventions Aide publique, absence de relation spécifique avec des 01/08/98
publiques et Informations à fournir sur l’aide activités opérationnelles
publique
21 Effets des variations de cours des Introduction de l’euro, Opérations de change, 01/08/98
monnaies étrangères incorporation des pertes consécutives à une dévaluation
monétaire dans le coût des actifs
22 Regroupements d’entreprises Regroupement d’entreprises, classification en 15/07/00
acquisition ou mise en commun d’intérêts
Ajustements postérieurs des justes valeurs et du good
will enregistré initialement
23 Coûts d’emprunts Cohérence des méthodes, incorporation du coût de 01/01/98
l’emprunt dans le coût de l’actif
24 Informations relatives aux parties liées 01/01/86

COMPTABILITE APPROFONDIE 10
SUPPORT DE COURS

25 Comptabilisation des placements 01/01/87


26 Comptabilité et rapports financiers des 01/01/89
régimes de retraite
27 Etats financiers consolidés et Consolidation, entités adhoc 01/07/99
comptabilisation des participations dans les
filiales
28 Comptabilisation des participations dans Elimination des pertes et profits latents résultant de 15/07/00
les entreprises associées transactions avec des entreprises associées
Mise en équivalence, comptabilisation des pertes
29 Information financière dans les économies 01/01/90
hyper inflationnistes
30 Informations à fournir dans les banques et 01/01/91
établissements financiers
31 Information financières relative aux Entités contrôlés conjointement, apports non monétaires 01/01/99
participations dans des Co - entreprises par des co entrepreneurs
32 Instruments financiers et informations à Classification des instruments financiers, clauses 30/01/00
fournir conditionnelles de règlement, actions propres
Capitaux propres, coûts d’une opération sur capitaux
propres
33 Résultat par action 01/01/98
34 Informations financières intermédiaires 01/01/99
35 Abandon d’activité 01/01/99
36 Dépréciation d’actifs 01/07/99
37 Provisions, passifs éventuels et actifs 01/07/99
éventuels

38 Immobilisations incorporelles Coût de modification des logiciels existants 01/06/98


39 Instruments financiers : comptabilisation et 01/01/01
évaluation
40 Immobilier de placement 01/01/01
41 Agriculture 01/00/02

COMPTABILITE APPROFONDIE 11
SUPPORT DE COURS

Ces normes sont en constante relecture à la lumière de leur application. Elles font l’objet de corrections,
ajouts, suppressions et quelque fois d’interprétations formulées par le comité des interprétations (IFRIC).

Les normes publiées par l’IASC visent à simplifier la comptabilité internationale la réduction des coûts de
tenue de la comptabilité, à harmoniser les méthodes pour faciliter la compréhension et l’utilisation de
l’information comptable par les partenaires de l’entreprise. Par là, elles soutiennent la communication
financière des acteurs économiques et leur facilite l’accès au marché.

Quelques informations sur la norme de présentation des états financiers.

Chapitre Détail
Généralités Indiquer les concepts qui gouvernent l’élaboration des états financiers
Mettre l’accent sur le caractère non normatif de ce texte
Cite les états financiers (Bilan, CR, Tableau de flux, Annexe)
Objectifs des Etats Indiquer des informations utiles à la prise de décision sur la situation financière, la
financiers performance et l’évolution de la situation financière de l’entreprise.
L’annexe complète ces catégories et portent certaines informations non
financières (risque, engagements…)
Hypothèses sous- Comptabilité d’engagement
jacentes à Continuité d’exploitation
l’établissement des Permanence des Méthodes
Etats Financiers Si l’une des trois hypothèses n’est pas respectée, information doit en être faite
dans l’annexe.
Caractéristiques Intelligibilité : compréhensibilité immédiate
qualitatives des Pertinence : influence des décisions économiques des utilisateurs en les aidant à
Etats Financiers évaluer les événements
Fiabilité : non entachée d’erreurs ou de biais importants. Elle découle de
l’application de cinq principes (Image fidèle, substance over form, neutralité,
Prudence, exhaustivité)
Comparabilité : cohérence des méthodes, cohérence dans la structure et avec
d’autres structures.
Le respect des caractéristiques doit tenir compte du respect des délais et de
l’équilibre entre avantages et coûts de l’information.
Eléments Bilan : actifs (ressources contrôlées provenant d’événement passés et porteuse
Constitutifs des d’avantages économiques futurs), dettes (obligation actuelle provenant
Etats Financiers d’événements passés et devant entraîner une sortie de ressources) et capitaux
propres (intérêt résiduel dans les actifs après la déduction de toutes les dettes)
CR : Produits (augmentations d’avantages économiques devant augmenter les
capitaux propres autrement que les apports des propriétaires. Peuvent être aussi
des diminutions de dettes), Charges (diminution d’avantages économiques
entraînant une diminution des capitaux propres autrement que par des
distributions aux propriétaires). Cas exceptionnel de la réévaluation
Prise en compte Prise en compte : traduit pas la définition de libellé et par un montant
des Eléments Critères : réalité et évaluation fiable des éléments
Constitutifs Présentation des éléments : processus de sous classification (par nature ou par
fonction), dans un sens qui accroît la pertinence des informations, indication de
soldes intermédiaires du CR
Conventions de Coûts Historiques
Base Pour Coût Actuel : comptabilisation des actifs et dettes à leur valeur réévaluée

COMPTABILITE APPROFONDIE 12
SUPPORT DE COURS

l’évaluation des Valeur réalisable : comptabilisation selon la valeur de revente sur le marché
éléments Valeur actuelle : comptabilisation à une valeur représentant l’actualisation des flux
constitutifs des générés par l’actif
états financiers
Concept du Point de référence pour la mesure du résultat : actif net fin moins actif net début
Maintien du Capital (hors opération de capital)
Position SYSCOA Cohérence avec la norme, plus de détail mais ne contredit pas dans la
mesure ou la norme indique qu’elle n’est pas obligatoire mais indicative.

Quelques informations sur la norme sur les Stocks. IAS 2

Chapitre Détail
Définition des Actif détenus pour être vendus, encours de production, devant être consommées
Stocks/ Champ La norme porte sur tous les stocks à l’exception des travaux encours, des stocks
d’application de la de bétail, de pdts agricoles…et des instruments financiers
norme
Détermination du Ensemble des coûts d’acquisition, de transformation et des autres coûts
coût d’entrée supportés pour amener les stocks à l’endroit et dans l’état où ils se trouvent
Suivi des Incorporation des écarts de change si impossible de se couvrir
mouvements Incorporation des charges financières si directement rattachables, évaluables,
susceptibles de susciter des avantages économiques futures
Pas de sous activité.
Possibilité d’utiliser les coûts standard ou des coûts évalués en fonction du prix de
vente et de la marge
Pour le suivi des mouvements le FIFO et le CUMP sont les deux méthodes de
référence. Le LIFO est permis avec des informations spécifiques en annexe
Evaluation des Principe de prudence retenue : évaluation à la plus faible des valeurs entre celle
stocks à la clôture comptable et celle réalisable nette. Une provision pour dépréciation permet
d’ajuster la valeur comptable. Ce travail n’est pas à faire pour les matières
premières dans la mesure ou les pdts finis ne seront pas dépréciés.
Comptabilisation au A la vente des stocks, les opérations de sortie et de cession doivent être
Compte de résultat enregistrées distinctement
Présentation des Présenter les stocks au compte de résultat en coût ou l’ensemble des charges en
stocks et nature
informations à Mentionner les méthodes utilisées, la valeur globale des stocks et par catégorie
fournir Valeur des stocks dépréciés
Information consécutive à l’adoption de LIFO : indiquer la différence entre cette
valeur et celle la plus faible du FIFO ou du CMUP
Position du Les choix offerts englobent les positions du SYSCOA. Ce dernier exclut la
SYSCOA LIFO. Pour l’évaluation à l’entrée il est cohérent avec l’IASC sauf pour les
écarts de change et les pdts financiers où il est plus restrictif
(immobilisation dont le cycle de production est supérieur à un exercice) et
pour l’incorporation des frais de production (plus restrictif dans le SYSCOA)
Pour l’évaluation à la clôture les deux normes concordent même si le
SYSCOA est plus précis
L’IAS 2 donnent la possibilité de présentation différente dans le compte de
résultat, le SYSCOA opte pour la présentation des charges par nature
L’IASC opte pour la présentation des stocks en net au bilan avec la
déduction de la reprise de provision des charges, le SYSCOA distingue le

COMPTABILITE APPROFONDIE 13
SUPPORT DE COURS

traitement des provisions à part dans des comptes spécifiques même s’il y
a une avancée par rapport au PCG 82 (compte de charge provisionnée en
lieu et place de dotation aux provisions).

Quelques informations sur la Norme sur les Changements de Méthodes. IAS 8.

Chapitre Détail
Champ La norme porte sur trois types de changement : changement d’estimation,
changement de méthodes et correction d’erreurs
Changement Changements d’éléments estimés entrant dans l’application d’une méthode. Par
d’estimation exemple informations nouvelles permettant de revoir le taux forfaitaire de
provision des créances douteuses, de provision des stocks obsolètes…Elle est à
constater dans le compte de résultat et éventuellement dans les exercices
ultérieurs mais jamais de manière rétrospective. Elle est enregistrée dans le
compte propre de l’élément concerné et non dans un compte à part
(exceptionnel). Une information doit être donnée dans l’annexe.
Au cas où il est difficile de se prononcer entre un changement d’estimation et de
méthode, il faut classer l’événement parmi les changements d’estimations
comptables.
Changement de Toujours justifié par une réglementation, une norme comptable ou pour accroître
méthode l’image fidèle.
Le changement de méthode doit entraîner un traitement rétrospectif s’il est pos-
sible et sûrement un traitement prospectif. Le traitement rétrospectif se fait en cor-
rigeant les comptes de bilan demeurants et ceux du résultat et en mettant l’impact
dans les réserves d’ouverture ou dans le compte de résultat (dans ce cas présen-
ter des comptes pro forma montrant l’impact des changements sur les exercices
antérieurs). Une information claire dans chaque cas doit être donnée dans l’an-
nexe.
Ne constitue pas un changement de méthode l’adoption d’une nouvelle méthode
pour des nouveaux événements
Pour les normes IASC édictées elles doivent être traitées comme les dispositions
transitoires de la norme l’indique ou comme la norme 8 l’indique. Il est souhaité
que les entreprises indiquent dans leur annexe les futurs changements introduits
par les normes futures en publication.

COMPTABILITE APPROFONDIE 14
SUPPORT DE COURS

Correction d’erreurs Il s’agit d’erreurs d’une importance telle que les états financiers d’une ou de
fondamentales plusieurs périodes antérieurs ne peuvent plus être considérés comme fiables
(erreurs mathématiques, erreurs dans l’application des normes, interprétation
erronée des faits, fraudes, omission…).
Il faut corriger l’erreur et enregistrer son impact en réserve d’ouverture et retraiter
les informations comparatives dans les comptes des exercices sauf si impossible.
Le traitement alternatif consiste à comptabiliser l’impact de l’erreur dans le
résultat en cours tout en présentant des comptes proforma indiquant les impacts
de la correction de l’erreur dans les périodes précédentes (qui demeurent telles
quelles) sauf si c’est impossible.
Des informations précises doivent être données en annexe : nature de l’erreur,
choix de la méthode de traitement, montant des corrections, dans les périodes
antérieurs, réserves et résultats, informations proforma fournies ou pas…
Position du Le SYSCOA ne traite pas de ces différents aspects et se borne aux
SYSCOA généralités.
Dans l’ensemble il n’est pas divergent avec la norme 8 révisée. Celle ci peut
donc être considérée comme un applicatif des précisions indiquées dans le
SYSCOA

Le fonctionnement de l’IASC appelle certaines observations :

- Les normes édictées ne sont pas d’application obligatoire car le comité ne dispose pas des pouvoirs
juridiques nécessaires pour cela. Elles sont donc indicatives et sont assorties de la possibilité pour
chaque pays de les mettre en œuvre intégralement, soit partiellement soit encore de s’en inspirer
simplement. Dès lors les risques de divergences sont donc nombreux.

- Pour chaque norme, il est indiqué un choix principal ainsi que des solutions alternatives, le but
recherché étant d’élargir au maximum la base du consensus. Ainsi, pour un traitement donné, deux
entreprises en appliquant des choix différents peuvent toutes les deux prétendre avoir respecté la
norme, ce qui entraîne une certaine dilution de la portée de celle-ci, contrecarrant à l’évidence la
volonté d’uniformisation.

Il en résulte une difficulté certaine pour l’IASC à s’imposer comme organisme de référence au plan de la
normalisation. On comprend dès lors, le refus de certains pays tels que les Etats Unis à reconnaître le
Comité et à imposer sur leurs propres normes sur leurs territoires.

Un rapprochement est en cours entre l’IASC et l’International Organization of Securities Commision IOSCO
(Commission Internationale des Bourses de Valeurs) pour une validation commune des normes.
Il pourrait en résulter une forte consolidation de la position de l’IASC au plan international.

L’IFAC est l’organe qui se donne comme vocation de réunir toute la profession comptable. Elle a été crée
en 1977. Elle a entamé ses travaux de normalisation à partir de 1980 surtout dans le domaine de l’audit à
travers le comité international des pratiques d’audit (IAPC). Les normes d’audit (ISA) ont ainsi vu le jour en
1991 et ont été officiellement reconnues par l’OICV en octobre 1992 et par les principales structures de
normalisation comptable du Monde.

Ces normes, publiées en 1994, sont les suivantes :

COMPTABILITE APPROFONDIE 15
SUPPORT DE COURS

- Cadre conception des Normes de Contrôles Internationales,


- Objectif de la révision des états financiers et principes généraux la régissant,
- Les lettres de mission de vérification,
- Contrôle de la qualité du travail de révision,
- La documentation des travaux de révision,
- Fraude et erreur,
- Prise en compte des Lois et règlements dans la révision des états financiers,
- Organisation de la mission,
- Connaissance de l’activité,
- Seuil de signification,
- Evaluation des risques et contrôle interne,
- La révision des comptes en environnement informatisé,
- Questions d’audit relatives aux entités ayant recours à des organismes de services,
- La preuve d’audit,
- La preuve d’audit – Questions spécifiques,
- Soldes d’ouverture dans le cadre d’un premier audit,
- Examen analytique,
- Sondages de vérification,
- L’audit des estimations comptables,
- Relations avec les tiers,
- Les événements postérieurs à la clôture,
- La continuité de l’exploitation,
- Les déclarations de la direction,
- L’utilisation du travail d’un autre auditeur,
- Prise en compte du travail d’un auditeur interne,
- L’utilisation du travail d’un expert,
- Le rapport du vérificateur sur les états financiers qui a entraîné la révision des normes de
rapports généraux de la CNCC.
- Autres informations figurant dans des documents contenant des états financiers audités,
- Rapports spéciaux,
- L’examen des informations financières prévisionnelles,
- La mission d’examen limité des états financiers,
- La mission de validation des procédures en matière d’information financière,
- La mission de présentation des états financiers.

En 2001, l’IFAC a publié un corps de normes voisines de celles de l’IASC et applicables aux entreprises et
organismes du secteur public.

L’IFAC organise les congrès mondiaux de comptabilité tous les quatre ans (dernier en date en 2001 au
Vietnam). Elle a un bureau qui est dirigé par un président élu tous les deux ans. Le prochain conseil est
prévu en 2006.

123. Les reformes de l’IASC et des instances internationales

COMPTABILITE APPROFONDIE 16
SUPPORT DE COURS

L’IASC, depuis la fin de l’année 2001 est devenu l’IASB. Les normes produites à partir de cette date
prendront le nom d’IFRS (normes de reporting) et non d’IAS (normes comptables). Autrement dit, les
normes internationales tendent de plus en plus vers l’information financière plutôt que vers la satisfaction
des besoins internes. La prédominance des marchés financiers et des souhaits anglo-saxons s’affirme dans
cette tendance. Les Européens viennent par ailleurs d’adhérer à ces normes en 2005 pour les entreprises
cotées (règlement 1606/2002 du 19 juillet 2002 de l’union).
Ceci pose un problème important aux pays pauvres et africains en général qui ne disposent pas encore de
marchés financiers de grande taille et où la comptabilité est embryonnaire.

L’adaptation des normes internationales, la prise en compte d’autres dimensions de la comptabilité dans
nos pays (information de gestion, information fiscale, adaptation au secteur public, adaptation au secteur
informel…) sont des thèmes soumis à notre réflexion pour définir la comptabilité dont nous aurons besoin
pour le futur.

13. Environnement Africain

Le continent, en rapport avec son poids économique et politique, est considéré comme négligeable sur
l’échiquier de normalisation comptable internationale. Ceci est préjudiciable car la comptabilité est avant
tout un mode de communication (un langage financier) et comme tout langage, il doit être conforme aux
spécificités culturelles des personnes qui l’emploient. L’Afrique se trouve ainsi handicapé à utiliser un
langage qui n’est pas imprégné de sa culture et ne tient pas compte de ses spécificités.

131. Historique et panorama des normes en Afrique

Le paysage comptable Africain est très loin de l’harmonisation et encore plus de l’uniformisation.

En effet les ex - colonies ont hérité du système économique, juridique légué par les colonisateurs et se sont
pour la plupart contentées de le faire fonctionner en y apportant des modifications non significatives. Le
système comptable en vigueur dans nos états a donc été avant tout, une continuation des ex - puissances
tutrices. Il en a été ainsi en Afrique francophone ou les plans comptables français de 1947, 1957 et 1982
était la règle. Quelques pays élaboraient leur plan comptable national (Côte d’Ivoire, Sénégal ou même le
Mali qui avait ce projet) mais toujours fortement inspiré des plans de la métropole.

L’adoption des normes internationales et les tentatives d’harmonisation ont été les changements les plus
significatifs apportés depuis l’indépendance mais n’ont pas fondamentalement bouleversé les philosophies
comptables de base des états africains.

La première tentative d’uniformisation a été celle du plan de l’organisation commune Afrique, Madagascar
et Maurice (OCAM). Ce plan a été adopté en 1970 et révisé en 1979.

Le Plan OCAM visait la palette d’objectifs suivants :

 Servir de levier à l’intégration des économies des Etats


 Rechercher une signification des comptes apte à satisfaire tous les utilisateurs (managers, partenaires
commerciaux et financiers, Etat, etc)
 Normaliser les comptabilités au niveau de n’analyse la plus large (micro et macro économie)
 Adapter les méthodes comptables aux moyens modernes de traitement de l’information

La plan OCAM se caractérise par :

COMPTABILITE APPROFONDIE 17
SUPPORT DE COURS

 3 états comptables :

• les soldes caractéristiques de gestion


• le tableau de passage aux soldes des comptes patrimoniaux le Bilan ( et une annexe non
obligatoire).

 La version révisée fait référence aux principes comptables généralement admis:

• Prudence
• Permanence des méthodes
• Intangibilité des soldes de clôture et ouverture.

 Le Plan OCAM appartient à l'école continentale et se caractérise par:

• une nomenclature des comptes (plan comptable)


• une codification décimale
• une distinction comptabilité générale et comptabilité analytique
• une classification des charges et des produits par nature.

Les principes comptables de base, les règles d'évaluation des biens et de détermination du résultat font
défaut.

Ce plan a fait l’objet d’une large diffusion.

• Des adaptations de ce plan cadre ont été obligatoirement appliquées par les états membres ainsi
que le Zaïre et la Mauritanie
• La Côte d'Ivoire ne l'a pas adopté mais s'en est fortement inspirée
• Le Plan OCAM a servi de base à l'élaboration des plans comptables du CHILI et du LIBAN.

Le conseil africain de la comptabilité (7 e institution de l’OUA) créé le 10 juin 1976 se bat pour la promotion
du plan OCAM ainsi que des normes africaines de manière générale (publication d’un système comptable
africain de référence dénommé SCAR dont personne n’applique).

Actuellement les systèmes comptables en vigueur sur le continent peuvent être classés en trois grandes
familles :

- la famille anglo-saxonne dont le cadre comptable est inspiré dans une large mesure du
« companies act » du Royaume Uni datant de 1948. Le système retenu a connu plusieurs
mutations dont les plus importantes ont été l’instauration de l’Association of Accountancy
Bodies of West Africa- l’ABWA en 1982 et de l’East, Central and Southern African Federation of
Accountants- ECSAFA en 1990 qui sont des organismes régionaux d’harmonisation des
normes comptables. Ils comptent une vingtaine de pays et ambitionnent de réunir également
les ex-colonies lusophones dont l’Angola. Actuellement, les normes comptables en vigueur
dans cette famille sont très loin d’être communes. Certains pays tels que l’Afrique du Sud ont
élaboré leurs propres normes nationales. D’autres adoptent entièrement les normes de
l’International Accounting Standards - IAS comme le Botswana et le Zimbabwe. Enfin une
troisième catégorie (Lesotho, Maurice) applique aussi bien les normes internationales que les
normes nationales.

COMPTABILITE APPROFONDIE 18
SUPPORT DE COURS

- La seconde famille vise les pays arabes francophones qui ont appliqué pendant longtemps les
différents plans comptables français. Il s’agit essentiellement des pays maghrébins dont
certains ont élaboré leur propre plan comptable (Maroc et Tunisie) alors que d’autres
demeurent fidèles au plan français (Mauritanie).

- La troisième famille regroupe les autres pays africains, en majorité francophone qui ont subi les
mutations les plus importantes. La plupart d’entre eux ont appliqué les référentiels de leur
ancienne puissance colonisatrice (France, Portugal). Avec la reforme introduite par le plan de
l’Organisation Commune des Etats africains, Malgache et Mauricien (OCAM) en 1970 du
Système Comptable Africain de Référence (SCAR) élaboré en 1985 par le Conseil africain de
Comptabilité suite à la dissolution de l’OCAM, certains de ces pays ont connu un début de
changement (cas notamment du Bénin, du Burkina ou du Cameroun). La seconde vague de
reforme à abouti au SYSCOA et à l’OHADA.

Le paysage comptable est fortement disparate avec pratiquement autant de pays que de situation
particulière.

L’harmonisation dans toute sa dimension première est en fait entreprise par les pays de l’Afrique de l’Ouest
à la faveur de la mise en œuvre du SYSCOA.

132. Efforts de normalisation encours et perspectives

Cas de la zone francophone et de l’Afrique de l’Ouest

Actuellement avec l’entrée en vigueur du Système Comptable Ouest Africain et de l’Acte Uniforme de
Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) portant sur la comptabilité, la
question relative aux normes comptables s’est particulièrement simplifiée dans la zone franc et en Afrique
de l’Ouest. Ainsi distingue t- on désormais :

- les états de la zone franc appliquant le SYSCOA : Ils sont au nombre de huit :
- Bénin, Burkina Faso,
- Côte d’Ivoire,
- Guinée Bissau,
- Mali,
- Niger,
- Sénégal
- Togo.

- les états appliquant l’OHADA. Ils sont au nombre de dix sept dont tous les états précités
appliquant le SYSCOA. Ce sont :

- Bénin,
- Burkina Faso,
- Cameroun,
- Centrafrique,
- Comores,
- Congo Brazzaville,
- Côte d’Ivoire,
- Gabon,

COMPTABILITE APPROFONDIE 19
SUPPORT DE COURS

- Guinée Bissau,
- Guinée Conakry,
- Guinée Equatoriale,
- Mali,
- Niger,
- République Démocratique du Congo
- Sénégal,
- Tchad
- Togo

D’autres états ont récemment manifesté leur souhait d’adhérer à l’OHADA. C’est le cas des états
anglophones d’Afrique de l’Ouest (ceux de l’ABWA).

Cette information met en évidence l’intérêt grandissant suscité par l’OHADA et le rôle majeur qu’il est
susceptible de jouer dans le cadre de l’harmonisation comptable à l’échelle continentale.

Dans l’immédiat, le défi pour l’Afrique de l’Ouest consiste à harmoniser le SYSCOA avec le volet droit
comptable de l’OHADA.

Il en résulterait alors un référentiel unique.

14. Du SYSCOA à l’OHADA (ou vice versa)

141. Historique de l’OHADA et du SYSCOA

L’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) est une structure née le
17 octobre en 1993 par le traité de Port-Louis

Ce traité est entré en vigueur depuis le 18 septembre 1995 date à laquelle les ratifications
nécessaires à son entrée en vigueur qui sont au nombre de 7 ont été réunies.

Outre la restauration de la sécurité juridique et judiciaire des activités économiques, en vue de


restaurer la confiance des investisseurs et de faciliter les échanges entre Etats Parties ; le Traité
poursuit les objectifs suivants :

- mettre à la dispositions de chaque Etat des règles communes simples, moderne,


adaptées à la situation économique ;
- promouvoir l'arbitrage comme instrument rapide et discret des litiges commerciaux
- améliorer la formation des magistrats et des auxiliaires de justice
- préparer l'intégration économique régionale.

Depuis l'entrée en vigueur du traité, huit actes uniformes ont été adoptés.

· Le 17 avril 1997 à Cotonou :

· le droit commercial général,


· le droit des sociétés commerciales et du groupement d'intérêt économique

COMPTABILITE APPROFONDIE 20
SUPPORT DE COURS

· le droit des sûretés.

Ces actes uniformes sont entrés en vigueur le 1er janvier 1998.

· Le 10 avril 1998 à Libreville

· le droit des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d'exécution, entré en vigueur le
10 juillet 1998 ;

· Le droit des procédures collectives d'apurement du passif, entrée en vigueur le 1er janvier 1999.

. Le 11 mars 1999 à Ouagadougou : Le droit de l'arbitrage, entré en vigueur le 11 juin 1999.

. Récemment l’Acte uniforme relatif aux contrats de transport de marchandises par route a été
adopté à Yaoundé le 22 octobre 2002. Il est entré en vigueur le 1er janvier 2003.

Entre temps, l’Acte uniforme portant sur le droit comptable et le Système comptable de l’OHADA avait été
adopté le 24 mars 2000 à Yaoundé alors que dès décembre 1995, il a été élaboré avec le concours du Pr
Claude Perochon.

Son chronogramme d'entrée en vigueur est le suivant:

 « pour les comptes personnels des entreprises » le 1er janvier 2001,

 pour « les comptes consolidés et les comptes combinés » le 1er janvier 2002.

Le Conseil des Ministres de l’OHADA a par ailleurs donné des instructions particulières concernant cet
acte uniforme :

- Les plans comptables sectoriels et en particulier ceux des secteurs des assurances, des banques et
des Etablissements financiers seront mis en harmonie avec le plan Comptable Général Commun

- Une commission de Normalisation Comptable devra être mise en place en tant qu’organe consultatif
rattaché au Secrétariat Permanent elle aura les attributions suivantes :

 Elaborer des projets de mise à jour permanente du système comptable, en fonction de


l'évolution juridique, économique et financière internationale ;
 Suivre la mise en application du Système comptable OHADA dans les Etats - parties ;
 Susciter la mise en œuvre de l'harmonisation des liasses fiscales dans l'espace OHADA, en
relation avec les administrations compétentes.

Cet organe n’est pas encore fonctionnel.

 D'autres actes uniformes sont en préparation ou sont sur le point d'être adoptés. En effet,
l'harmonisation du droit du travail et du droit de la vente aux consommateurs est en cours.

Le Conseil des Ministres de l'OHADA des 22 et 23 mars 2001 s'est prononcé en faveur de l'harmonisation
des matières suivantes :

 droit de la concurrence,

COMPTABILITE APPROFONDIE 21
SUPPORT DE COURS

 droit bancaire,
 droit de la propriété intellectuelle, droit des sociétés civiles,
 droit des sociétés coopératives et mutualistes, droit des contrats,
 droit de la preuve.
 droit du travail.

 Le retard pris dans la conception de cet acte semble être dû à la faible priorité que les Etats lui ont
accordée et surtout à la rapidité dans la conception du SYSCOA.

 En effet après l'adoption du plan comptable de l'OHADA en 1995 naissait le Système


comptable Ouest Africain (SYSCOA) qui a été élaboré et adopté par le Règlement
communautaire n 004/1996/CM du 20 décembre 1996 et est entré en vigueur le 1 er janvier
1998

 En même temps un environnement légal et Institutionnel a été défini et progressivement mis


en place.

La norme du SYSCOA est l’objet d’un long processus qui a conduit la banque centrale des Etats
de l’Afrique de l’Ouest à s’intéresser à la normalisation comptable.

 En même temps que la prise de conscience se faisait au plan macro-économique, les


instances de la BCEAO et de l'UEMOA se préoccupaient des instruments de gestion des entreprises.

 Au cours de leur session de septembre 1989, le Conseil d'Administration de la BCEAO et le Conseil


des Ministres de l'UEMOA ont défini de nouveaux instruments de gestion monétaire dont la mise en
œuvre optimale nécessite, entre autres, la réalisation d'une centrale des bilans dans les Etats de
l'Union.

 Une centrale des bilans se définit comme un observatoire des entreprises.

Elle constitue et gère une base de données descriptive, financière et comptable concernant
ces entités et publie, après traitement, des informations destinées à des analyses
multiformes.

 A cet effet, le Gouverneur de la Banque Centrale a pris, en octobre 1991, la décision portant
création d'une structure dénommée "Mission pour la réalisation de la centrale des bilans", chargée
de conduire les études et travaux de réalisation de ce projet.

 A la suite de séjours d'information auprès de la Banque de Données Financières de la Côte d'Ivoire,


de la Banque de France et de la Banque Nationale de Belgique, les termes de référence définis en
1992 ont assigné les objectifs ci-après à la centrale des bilans à mettre en place:

- stimuler au niveau des entreprises, la recherche de performances économiques, financières


et commerciales élevées en mettant à leur disposition des données agrégées concernant le
tissu productif des Etats et de l'UEMOA ;

- renforcer les analyses de performances et de perspectives financières des entreprises afin


d'éclairer les décisions de gestion, d'investissement et d'octroi de crédits ;

COMPTABILITE APPROFONDIE 22
SUPPORT DE COURS

- établir une meilleure articulation entre les données de la macro-économie et les agrégats
macro-économiques et faciliter les comparaisons sectorielles ;

- apporter aux décideurs des outils permettant une définition plus fine des options de politique
économique et d'en suivre les incidences sur les entreprises

- aider au fonctionnement du marché financier régional en lui fournissant des données


comptables et financières fiables.

Ainsi, à la différence des centrales des bilans des banques centrales, qui se caractérisent par leur
vocation essentiellement financière, la future centrale des bilans de la BCEAO s'intéressera aussi à la vie
juridique des entreprises.

Par ces reformes les objectifs visés par l'UEMOA/BCEAO et qui correspondent aux ambitions de l'OHADA
sont de favoriser le développement et l’intégration économique des Etats par la mise en œuvre d’une
centrale des bilans notamment.

L’étude de faisabilité de la dite centrale a conclu sur les constats suivants :

• Hétérogénéité des référentiels comptables (plan comptable français 57 et 82 plus 3 adaptations


du plan OCAM), ce qui est préjudiciable au fonctionnement efficient de l'UEMOA, et du Marché
Financier Régional,
• Absence d’autonomie de la comptabilité par rapport à la fiscalité et diversité des dates de
clôture des comptes
• pluralité des bilans et états financiers d’une même entreprise en raison de l’absence de guichet
unique et de recoupement de données ce qui contribue à discréditer la comptabilité qui de ce
fait ne donne pas toujours une image fidèle du patrimoine, de la Situation financière et du
résultat des entreprises ;
• Obsolescence des normes comptables appliquées par rapport aux normes internationales
auxquelles les investisseurs et les partenaires au développement sont particulièrement
sensibles;
• Absence d'une base doctrinale et méthodologique sous - tendant les règles et les modèles
comptables conformément aux exigences de la normalisation comptable ;
• Insuffisante appréhension du secteur productif : les modèles existants ne prennent pas en
compte le secteur informel et certaines entreprises du secteur formel du fait de la rigidité des
systèmes ne sont pas astreint à la tenue d'une comptabilité ;
• Nécessaire prise en compte des perspectives ouvertes par l'OHADA en matière de Droit
comptable : les travaux entrepris comportaient un important volet consacré au Droit comptable
destiné à favoriser l'harmonisation comptable,

La mission a conclut ainsi à la nécessité d’une norme comptable unique et de la mise en œuvre d’autres
reformes d’accompagnement (diplôme, organe de normalisation, organisations professionnelles, centres de
gestion pour les petites entreprises, guichet unique…)

Les Grandes étapes de la naissance du SYSCOA

• Constitution d’un groupe de projet composé de cadres de la BCEAO, de consultants experts


comptables, statisticiens et juristes
• Conférence d'information et de sensibilisation dans les Etats en novembre 1995
• Choix conceptuels et techniques par le comité des experts du SYSCOA

COMPTABILITE APPROFONDIE 23
SUPPORT DE COURS

• Mise en place des comités nationaux par arrêté ministériel qui seront saisis lors de cinq
séquences (de 1996 à 1997)
• Mise en place d’un comité des experts composé de trois membres par pays qui se réunira en
cinq sessions pour discuter des projets soumis aux comités nationaux (de 1996 à 1997)
• Validation du corpus du SYSCOA par les autorités de la BCEAO
• Approbation du SYSCOA par le Conseil des Ministres en septembre 1996
• Adoption du règlement communautaire le 20 décembre 1996 à Cotonou
• Entrée en vigueur le 01/01/98

Le dispositif institutionnel d’accompagnement du SYSCOA a été également défini par

- les centres de gestion agrées : ils font l’objet de la Directive 04/97/CM/UEMOA du 28


Novembre 1997. Au Mali, ils avaient déjà été prévus par la loi 93-061 du 08 septembre 1993.
Cette loi est antérieure à la directive mais en accord avec elle car l’ayant en grande partie
inspirée. Notons que les centres de gestion agréés ne sont pas encore fonctionnels dans la
sous région.

- les ordres d’experts comptables et de comptables agréés et leur instance supranationale de


coordination sous régionale, c’est à dire le Conseil Permanent de la Profession Comptable
(CPPC). Ils ont été prévus par la directive 02/97/CM/UEMOA du 28 novembre 1997. Au Mali, la
loi 96-024 du 21 février 1996 portant statut de l’ordre des comptables agrées et experts
comptables agrées est actuellement en relecture pour la rendre conforme à la directive. Dans
les autres pays de l’union, à l’exception du Niger (textes à l’assemblée nationale) et du Bénin
(Textes non conçus) les ordres professionnels sont opérationnels. Le Conseil Permanent de la
Profession Comptable vient d’être mis sur les fonds baptismaux (27 et 28 Octobre 2004 à
Ouagadougou).

- les conseils nationaux de la comptabilité faisant l’objet de la directive 03/97/CM/UEMOA du 28


Novembre 1997 et leur instance sous régionale, le Conseil Comptable Ouest Africain (CCOA,
prévu par le règlement 03/97/CM/UEMOA du 28 Novembre 1997). Par exemple, les textes
maliens portant sur le conseil national de la comptabilité (le décret 95-319 du 12 septembre
1995 PM-RM qui crée le CNC malien, et l’arrêté 1050/96 du 05 juillet 1996 portant nomination
des membres du CNC) ne sont pas à revoir car ayant inspiré la directive. Il faut enfin noter que
les CNC, à l’exception de celui du Sénégal, ne sont pas opérationnels. Le CCOA a été lancé
les 25 et 26 Octobre dernier à Ouagadougou.

- Le diplôme d’expertise comptable de la zone UEMOA est prévu par le règlement


12/2000/CM/UEMOA du 22 Novembre 2000. Celui-ci est entré en vigueur. Les sélections sont
terminées pour la formation de la troisième promotion dont la sortie est prévue pour 2005. Trois
experts comptables stagiaires de la première promotion sont entrés dans leur deuxième année
de stage. Neuf vont leur emboîter les pas en 2004 et 2005.

Avec l’OHADA, les pays de l’UEMOA se retrouvent avec deux normes comptables à appliquer. Il s’agit de
deux textes communautaires portant sur le même domaine. Il est de coutume de rappeler qu’en cas de
conflits entre un texte national et international, la primauté est accordée à ce dernier. Mais en cas de face à
face entre deux textes internationaux, que faut - il faire ?

Le dilemme est heureusement atténué par une concordance quasi parfaite entre ces deux textes car ils ont
été essentiellement motivés par les mêmes raisons et élaborés sous l’égide du même expert. Ainsi le
règlement du SYSCOA porte t il sur 113 articles comme le droit comptable de l’OHADA. Un cadre

COMPTABILITE APPROFONDIE 24
SUPPORT DE COURS

conceptuel identique est retenu et la liste des comptes ainsi que les états financiers sont concordants entre
les deux textes.

Dans cette situation tout serait parfait. Cependant, en analysant les deux textes on se rend compte de
quelques divergences. C’est partant de ceux ci que le SYSCOA a été modifié à la suite de la réunion du
conseil des ministres de l’UEMOA qui s’est tenu à Dakar le 20 septembre 2001. Le règlement
07/2001/CM/UEMOA vient ainsi modifier le règlement 04/CM/96 du 20 décembre 1996 qui institué le
SYSCOA.

Le règlement n’a pas été supprimé. Les deux normes sont donc toujours maintenues mais avec cette fois
une quasi-similitude (quelques divergences mineures persistent).

La question de la survivance du SYSCOA en vigueur depuis 1998 se trouve ainsi posée.

Deux possibilités s'offraient aux organes de l'UEMOA

Soit abroger purement et simplement le SYSCOA et éviter un dualisme terminologique au sein de


l'OHADA,
Soit maintenir le SYSCOA en abrogeant les dispositions contraires à l'Acte Uniforme.

C'est la seconde solution qui a été retenue par l'adoption du règlement 07/2001/CM/UEMOA modifiant
certaines dispositions du règlement 04/96/CM portant adoption d'un référentiel comptable commun au sein
de l'UEMOA dénommé système comptable ouest africain(SYSCOA).

Les raisons officielles invoquées sont les suivantes :

• Le travail des experts SYSCOA a payé puisque le texte OHADA est à quelques
Réaménagements près, une reprise du SYSCOA ; alors pourquoi modifier le SYSCOA ?
• Le SYSCOA en de nombreux points est plus détaillé et plus complet que l’OHADA : il
intègre parmi les objectifs la nécessaire prise en compte des contraintes et de
l’importance significative, il contient le développement de la terminologie (une dizaine de
termes supplémentaires au niveau des B par exemple), la précision des aspects macro-
Économiques, le développement des opérations spécifiques et des opérations de groupe.
Cela se traduit ainsi par un volume d’environ 830 pages pour le SYSCOA contre 400 à
L’OHADA. En outre les outils didactiques (guide d’application, tableaux de passage…) et
Les institutions prévues (conseils nationaux de comptabilité, diplôme d’expertise
comptable, conseil comptable ouest Africain…) sont tous plus ou moins liés au SYSCOA.
Avec sa disparition, ces institutions en perdront beaucoup de leurs raisons d’être et il
n’est pas sur qu’elles pourront être prises en charge par l’OHADA qui a d’autres vocations
que la simple normalisation.

• Le SYSCOA s'inscrit dans un cadre global de réalisation d'une centrale des bilans qui a
Nécessité de nombreuses mesures d'accompagnement sur le plan institutionnel et des
investissements importants sur le plan technique.

Le SYSCOA révisé par le Règlement n'07/200 1 /CM/UEMOA du 20/09/01 entre en vigueur

- Pour les «comptes personnels des entreprises », à compter du 20 septembre 2001 (date de la
signature du règlement)

COMPTABILITE APPROFONDIE 25
SUPPORT DE COURS

- Pour les « comptes consolidés et les comptes combinés », à compter du 1 er janvier 2002 ce qui
correspond aux dates retenues par l'Acte Uniforme de l'OHADA relatif au droit comptable

Sur le plan pratique, la démarche adoptée par l'UEMOA est méritoire puisqu’elle
applique au Système Comptable Ouest Africain (SYSCOA) les modifications qu’implique l’adoption de
l’Acte Uniforme de l’OHADA relatif au droit comptable.

Sur ce registre, cela revient donc au même d'appliquer le Système Comptable de l'OHADA ou le Système
Comptable Ouest Africain (SYSCOA) tel que modifié pour tenir compte des apports de l'OHADA.

A l’inverse, il eût été indiqué de faire prévaloir directement le texte de l'OHADA pour les raisons suivantes:
 La spécificité de l'OHADA qui a pour objectif d'harmoniser ou d'unifier le droit des
affaires dont le droit comptable est une des branches
 Le nombre plus important des Etats - Parties au traité de l'OHADA à savoir seize (16) contre
seulement huit (8) pour l'UEMOA.

Avec cette seconde démarche, on parlerait de Système Comptable OHADA et non de système Ouest
Africain révisé, ce qui aurait l'avantage de renforcer l'OHADA qui regroupe indirectement l'UEMOA et la
CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale). Il permettrait à l'UEMOA de
conserver les règles et mécanismes non supplantés par ceux de l'OHADA, comme la Centrale des bilans.

La solution des autorités de l'UEMOA brise un peu I’harmonisation recherchée par le traité OUADA.

Par ailleurs, parmi les dispositions finales de l'Acte Uniforme de l'OHADA Aux termes de l'Article 112 de

l'Acte Uniforme relatif au droit comptable on peut lire


« sont abrogées à compter de la date d'entrée en vigueur du présent acte uniforme et de son annexe,
toutes dispositions antérieures contraires ».
De nombreuses questions relatives aux actes Uniformes se posaient depuis longtemps et l'une des plus
importantes était la suivante :

Que faut-il entendre par disposition contraire ?


Une loi ou un règlement ayant le même objet que l’Acte Uniforme et dont toutes les dispositions seraient
contraires à cet Acte ou une loi ou règlement dont seulement l'une de ses dispositions ou quelques-unes
unes de celles-ci seraient contraires?

Cette question a été soumise par la Côte d'Ivoire à la Cour Commune de Justice et d'Arbitrage qui a donné
l'avis n'001/2001/EP du 30 avril 2001.

Selon la CCJA,

« L'appréciation du caractère contraire d'une loi étant tributaire de la contexture juridique des cas
d'espèce, il s'en suit qu'une loi contraire peut s'entendre aussi bien d'une loi ou d'un règlement de
droit interne ayant le même objet qu'un Acte Uniforme et dont toutes les dispositions sont contraires
à cet Acte Uniforme que d'une loi ou d'un règlement dont seulement l'une des dispositions ou
quelques-unes unes de celles-ci sont contraires. Dans ce dernier cas, les dispositions non contraires
à celles de l’Acte Uniforme demeurent applicables ».

Ainsi, l'adoption des actes uniformes n'a pas pour effet d'abroger automatiquement, l'ensemble de la
législation objet de l'acte uniforme. Seules les dispositions contraires sont abrogées et selon les cas

COMPTABILITE APPROFONDIE 26
SUPPORT DE COURS

d'espèce, " la disposition " peut désigner un article d'un texte, un alinéa de cet article ou une phrase de cet
alinéa.

Pour chaque acte uniforme il convient par conséquent de procéder à un inventaire de la législation
antérieure pour fixer le droit applicable, ce qu'ont fait les autorités de l'UEMOA en ce qui concerne le
SYSCOA.

Il ressort de cet argumentaire que le SYSCOA modifié demeure applicable juridiquement bien que la
persistance de deux systèmes comptables même identiques peut être source de distorsions.

En zone UEMOA, l’application du SYSCOA déjà bien engagée devrait se poursuivre en attendant
l’uniformisation avec le l’OHADA.

Les Etats hors UEMOA, membres de l’OHADA devraient de leur côté continuer à appliquer l’acte uniforme
relatif au droit comptable.

Dans un souci d’homogénéisation il est urgent que deux actions concomitantes soient conduites :

La première action consiste à assurer une homogénéité parfaite entre les deux normes par les dernières
corrections identifiées. Les articles 77 et 103 de l’acte uniforme OHADA relatif au droit comptable devraient
eux aussi être modifiés pour supprimer l’approche par zone.
Les obligations des groupes de sociétés pourraient ainsi être appréhendées de manière complète.

Enfin la prise en compte par l’OHADA des apports du SYSCOA dans les domaines de la comptabilité
analytique et de la comptabilité publique est obligatoire si l’uniformisation doit se faire.

Les actions à entreprendre sont du ressort des conseils des Ministres respectifs des deux institutions.

Il est également urgent de réfléchir à l’avenir.

Les difficultés liées aux divergences entre le droit comptable de l’OHADA et le SYSCOA ne doivent pas
faire oublier les grands enjeux de l’avenir. Ceux-ci ont pour noms :

- l’intégration politique et économique en Afrique de l’Ouest et sur le continent


- la normalisation internationale encours.

Les autorités politiques font progressivement de la CEDEAO la structure maîtresse de l’intégration en


Afrique de l’Ouest indiquant en conséquence, le chemin à parcourir par les Etats.

La CEDEAO a pris en compte les aspects d’intégration en matière de défense, politiques (assemblée,
secrétariat…) économiques et bientôt monétaires et financières avec l’absorption de l’UEMOA.

Au terme de cette étape, l’Afrique de l’Ouest constituera l’une des régions les mieux intégrées d’Afrique.

Cependant, de grands chantiers sont à ouvrir :

- harmonisation des textes fiscaux,


- harmonisation des législations sociales
- dispositif douanier
- droit commercial

COMPTABILITE APPROFONDIE 27
SUPPORT DE COURS

- droit comptable.

Que faut il faire en matière de droit comptable ?

Les chefs d’Etat de la CEDEAO ont décidé en Décembre 2000 à Bamako de tendre vers une monnaie
unique et une banque centrale unique à l’Horizon 2004. Horizon prolongé à 2008.

Les pays de la communauté non - membres de l’UEMOA, majoritairement anglophones (Nigeria, Ghana,
Liberia, Sierra Leone, Gambie etc.) ont adhéré au projet.

La future banque centrale d’Afrique de l’Ouest aura pour rôle de gérer notre monnaie unique

Elle disposera d’une centrale de bilans pour alimenter les Etats Membres en statistiques sectorielles et
globales à partir des données des entreprises de la communauté.

On sait que le SYSCOA a été élaboré en grande partie pour alimenter la centrale des bilans de la BCEAO.
Sera t il retenu pour assurer la même fonction auprès de la nouvelle banque centrale et de l’OHADA ?

Il faut en douter pour plusieurs raisons :

Les Etats qui n’appliquent pas le SYSCOA sont plus imposants tant au plan économique qu’en terme de
population.

En second lieu, ils ont en outre une tradition de la comptabilité anglo-saxonne. Leur culture comptable
s’accommodera mal du référentiel fortement marqué par l’école continentale.

Alors que faut il faire ?

Plusieurs scénarios sont envisageables :

- modifier le SYSCOA ou l’OHADA en y intégrant les normes anglo-saxonnes adaptées aux réalités de
l’Afrique de l’Ouest
- tenir la comptabilité à l’écart de l’intégration ce qui conduirait à la duplicité de référentiels contraire à la
philosophie même de l’intégration économique.
- adopter purement et simplement les normes de l’IASC comme référence.

La dernière hypothèse est la plus crédible à moyen terme, surtout avec la perspective de l’Union africaine.
Elle sous-entend des actions de sensibilisation, de formation et d’information.

Elle implique par ailleurs l’existence de structures de normalisation forte pour défendre les positions de la
zone sur les places internationales et tenir compte de nos spécificités.

D’autres alternatives sont possibles notamment par combinaison des choix ci-dessus évoqués.

Dans tous les cas, une gestion proactive de la question éviterait bien de mauvaises surprises.

COMPTABILITE APPROFONDIE 28
SUPPORT DE COURS

DOCUMENTS JOINTS A TITRE ILLUSTRATIFS


Articles de Presse, Synthèse de Rencontre et colloques….

COMPTABILITE APPROFONDIE 29
SUPPORT DE COURS

ACTUALITE COMPTABLE : MODIFICATIONS DU SYSCOA


COMMENTAIRE DES PRINCIPALES DISPOSITIONS

Le règlement 04/CM/96 de l’UEMOA qui institue le SYSCOA vient d’être modifié. Les nouvelles dispositions
entrent en vigueur à compter du 1er Janvier 2002.
Dans notre dernière parution nous avons reproduit la note élaborée par la commission de l’UEMOA en
destination du conseil des Ministres pour justifier et présenter les différents aspects de ce changement.
Nous revenons sur ces dispositions pour en faire une lecture et une analyse critique.

Il ressort dans le développement de la commission que la nécessité de modification du SYSCOA est


apparue à la suite de l’adoption par le Conseil des Ministres de l’Organisation pour l’Harmonisation en
Afrique du Droit des Affaires (OHADA), de l’Acte Uniforme portant organisation et harmonisation des
comptabilités des entreprises. Il est important de noter que l’UEMOA qui constitue la zone d’application du
SYSCOA est contenue dans l’OHADA. Tous les Etats membres de l’UEMOA sont également signataires du
Traité de Port Louis qui créa l’OHADA. Ceci les oblige à appliquer les actes uniformes dont celui portant
sur la comptabilité. Ce qui crée une superposition avec le SYSCOA déjà en application depuis 1998.
Or, il ressort des dispositions de l’Acte Uniforme de l’OHADA portant sur la comptabilité, certaines
divergences avec le SYSCOA ; divergences qui ont nécessité la mise à jour de ce dernier afin que les
acteurs économiques soient à l’aise dans l’application de ces deux référentiels. Le but des modifications du
SYSCOA est donc l’harmonisation avec le nouvel acte uniforme de l’OHADA.

Ces modifications qui viennent d’être approuvées (réunion du conseil des ministres le 20 septembre 2001 à
Dakar) sont de plusieurs ordres. Ainsi les reformes de fond côtoient- elles les reformes de formes et
quelques modifications d’ordres pratique et technique.

La suppression du critère relatif à l’effectif moyen dans le classement des entreprises et donc dans le choix
du système comptable, matérialisé dans le changement de l’article 11, introduit les modifications de fond.
Ce critère a été jugé difficile à mettre en œuvre mais également source quelque fois de distorsions entre les
entreprises. En effet, en fonction de secteurs d’activités, une entreprise peut avoir besoin plus ou moins de
salariés pour réaliser son chiffre d’affaires. Cette modification maintient la cohérence avec l’OHADA et
simplifie la catégorisation des entreprises et donc la comparaison des performances. Elle entraîne de fait
l’abrogation du règlement d’exécution 11/97/COM/UEMOA du 18 décembre 1997, désormais remplacé.
Le délit de présentation de faux bilan a été introduit dans l’article 111. Cela constitue une innovation de
taille et participe du nécessaire assainissement de la vie économique de nos Etats. Cette infraction porte
sur la présentation d’états financiers ne présentant pas une image fidèle du patrimoine, du résultat et de la
situation financière de l’entreprise. On peut cependant se poser la question de son application dans la
mesure ou elle n’est pas prise en compte dans le code pénal malien auquel l’article se repose en ce qui
concerne la peine applicable.

Les modifications de forme portent sur l’harmonisation de terminologie entre les deux référentiels et
essentiellement par la prise en compte des innovations de l’OHADA. Elles portent aussi bien sur les
comptes individuels que sur les comptes de groupe (consolidés et combinés)

Au niveau du dispositif technique, plusieurs comptes ont été supprimés. Il s’agit pour la plupart de comptes
ne devant pas exister (retenues de garanties débitrices, etc.). Les comptes créés répondent à un besoin
non pris en compte lors de l’élaboration du SYSCOA. Les intérêts courus sur les crédits de trésorerie ou sur
les découverts bancaires ont ainsi intégré le plan comptable SYSCOA. Enfin, le bilan a fait l’objet d’une

COMPTABILITE APPROFONDIE 30
SUPPORT DE COURS

légère modification. Le poste des charges immobilisées regroupant les frais d’établissement et les charges
à répartir est éclaté en deux postes distinguant désormais ces deux rubriques. Le souci de clarté et
d’information guide cette modification.

La date d’entrée en vigueur de ces changements (01.01.2002) laisse peu de marge de manœuvre aux
acteurs économiques pour entamer les corrections nécessaires de leur plan comptable et surtout de leur
programme informatique.

Il faut noter que les modifications du SYSCOA, présentées ci dessus, ne prennent pas en compte toutes
les divergences constatées entre ce dernier et l’OHADA. Certaines d’entre elles subsistent et revêtent dans
certains cas un caractère important et leur modification n’en serait pas moins significative. Ont peut citer à
titre d’exemple :

Le cas de l’article 4 du SYSCOA dont la mise à jour semble s’imposer puisse qu’il fait référence à un
article qui n’est manifestement pas celui auquel il aurait dû.
Les articles 12 et 26 doivent également être modifiés pour les harmoniser avec l’OHADA, et cela est
d’autant plus important qu’il s’avère nécessaire d’avoir une même terminologie dans l’espace
UEMOA ; l’application conjointe des deux référentiels ne doit pas entraîner une différence de
terminologie. Les termes «Etat Supplémentaire» et «Etat Supplémentaire Statistique» doivent être
harmonisés.
Les articles 72 et 73 qui ne faisaient référence tous les 2 qu’aux associés et pas aux actionnaires
contrairement à l’OHADA, ont connu des traitements différents : l’article 73 à été adapté
contrairement à l’article 72.
l’article 73 a été corrigé sans pour autant y inclure la mention qui renvoi au texte juridique régissant les
sociétés anonymes faisant appel public à l’épargne.

L’Acte Uniforme de l’OHADA relatif à l’harmonisation des comptabilités n’est pas lui-même exempte de
zones d’ombre. Parmi elles les points suivants : Les articles 11 et 13 de l’Acte Uniforme fixent les seuils en
Francs CFA, ce qui pose un problème d’application dans les pays de l’espace OHADA hors Zone Franc.
Des erreurs sont également décelées au niveau du TAFIRE et leur correction s’avère nécessaire. Il en est
de même pour le Système minimal de trésorerie. En tout état de cause, il doit être envisagé la modification
partielle de l’OHADA à l’image de celle entreprise pour le SYSCOA.

Ces faiblesses et autres imperfections ont des chances de persister si des institutions ayant pour vocation
la normalisation, la formation des acteurs…n’étaient pas opérationnelles au plus - tôt. Ces institutions ont
été prévues par le SYSCOA aux niveaux national et supranational (CGA, Ordres nationaux C.N.C.,
C.C.O.A.…), mais leur fonctionnalité reste à établir. Dans un proche avenir il va être nécessaire de les
étendre à l’OHADA. Ce sont là des enjeux qui conditionnent la pérennité de nos systèmes comptables et
qui doivent bénéficier du maximum d’attention de la part de nos autorités.

Revue Malienne de Comptabilité – Octobre 2003

COMPTABILITE APPROFONDIE 31
SUPPORT DE COURS

Par Eric DELESALLE*

LE NOUVEL IASC
Le nouveau mode de fonctionnement de l’IASC est effectivement entré en application le 2
avril 2001.
 Jusqu’à cette date, le fonctionnement de l’IASC était basé sur un Board formé de représentants
d’organisations de professionnels comptables membres ; chaque membre du Board était aussi, en
conséquence, un représentant de son pays.
L’activité de membre du Board n’était pas, en tant que telle, un « métier ».
Il faut aussi relever que c’est du fait de ce mode de travail qu’une force de lobby dénommée « G4 » a réuni
les représentants des Etats-Unis, l’Australie, le Canada et le Royaume-Uni (c’est-à-dire ce qu’on appelle
généralement les « anglo-saxons »…).

 La réforme de 2001 confirme que l’IASC est un organisme privé (mode de travail, structure, financement,
…), agissant dans un cadre international, mais rend le Board « indépendant ».
Ainsi, il y a désormais :
un groupe de 19 trustees, notamment chargé de désigner les membres du Board et d’assurer le
financement de l’Institution ; ces trustees représentent l’ensemble des parties prenantes aux questions
de la normalisation comptable (professionnels de la comptabilité, directeurs comptables, chefs
d’entreprises, analystes financiers, universitaires…) et assurent une représentation géographique
diversifiée (au moins 6 trustees viennent d’Amérique du Nord, au moins 6 viennent d’Europe et au
moins 4 viennent de la région Asie-pacifique) ;
un Board de 14 membres, exerçant cette activité en tant que telle (c’est devenu un « métier », rémunéré et
à durée déterminée) et à titre indépendant (les membres du Board ne sont plus des représentants de
pays ou d’organisations) ; c’est le Board qui a pour mission de préparer et de voter les nouvelles
normes (qui prendront, désormais, le nom de normes IFRS : international financial reporting
statements, le corpus existant restant appelé sous le vocable de normes IAS) ; pour désigner le Board,
on parle dorénavant d’IASB ;
un comité d’interprétation et un comité consultatif de normalisation.

Il est essentiel de relever que sept des quatorze membres du Board ont officiellement la qualité d’agent de
liaison avec sept organismes nationaux de normalisation ; ainsi, un membre du Board (actuellement, c’est
le seul français…) est « liaison member » avec le CNC français ; l’idée est donc d’établir une relation
directe entre les normalisateurs nationaux et l’organisme international, afin d’assurer l’information
réciproque et de permettre d’établir des règles « en convergence ».
La version complète des nouveaux statuts de l’IASC a été publiée dans la Revue Française de Comptabilité
de juin 2001, n° 334 (pp. 45 à 52).

Revue Malienne de comptabilité Juin 2004


* Expert comptable / Commissaire aux comptes
Professeur agrégé, CNAM-INTEC
Président de la Commission de droit comptable du Conseil supérieur de l’Ordre français des experts comptables

COMPTABILITE APPROFONDIE 32
SUPPORT DE COURS

HARMONISATION COMPTABLE INTERNATIONALE

Le défi de l'Europe à l'horizon 2005/2007

*Par Eric DELESALLE

Annoncé en 2000, et finalisé au plan juridique fin 2001, le paysage comptable en Europe va être
profondément modifié à l’échéance de l’année 2005, voire 2007 dans certains cas.

Le projet de règlement européen, en cours de préparation à la présente date, mais devant être
définitivement adopté avant le 31 décembre 2002, prévoit deux mesures importantes :

 D’une part, l’obligation d’utiliser le référentiel IAS pour l’établissement des comptes consolidés des
sociétés européennes faisant appel public à l’épargne à compter de l’exercice 2005 ou 2007. Pour les
comptes consolidés des autres sociétés et pour l’ensemble des comptes individuels, il est prévu que les
Etats membres pourront étendre –par décision en subsidiarité- l’application dudit référentiel IAS.

 D’autre part, l’instauration d’un Comité européen de réglementation comptable (CeRC) chargé
d’approuver juridiquement les normes IAS. Il s’agit essentiellement de veiller à ce que les normes IAS ne
remettent pas en cause le bon fonctionnement du marché unique européen (par exemple en terme de
concurrence) et que la structure juridique d’application des solutions IAS soit parfaitement établie (l’IASC
était une structure totalement privée et indépendante).

Cette importante révolution est accompagnée par une transformation de l’approche technique de la
normalisation comptable au niveau de la Commission européenne, puisque le nouveau CeRC n’aura pas
de fonction technique. Sa mission sera d’ordre politique avec la possibilité de récuser tout ou partie d’une
norme. Ce qui engendrerait une situation conflictuelle grave, puisque le principe des normes IAS est d’être
un socle complet et international et non une base de normes à « régionaliser ». Et, selon la norme IAS 1, le
référentiel n’est qualifiable que pour autant que l’ensemble des standards et interprétations soit appliqué.
D’ailleurs, Antoine Bracchi – Président du CNC– a qualifié cette procédure de filtrage de "bombe atomique
à posséder mais à ne pas utiliser…".

La partie technique et les relations avec l’IASB (dans une double approche : pro active afin de proposer des
thèmes et des pistes, et active afin d’accompagner les solutions IAS) sont « confiées » à un Comité
européen … indépendant et privé, crée en juillet 2001 sous le nom d’European Financial Reporting
Advisory Group (EFRAG).

Celui-ci est notamment composé de :

- Un Conseil de surveillance. Composé de 23 membres, il est chargé de nommer les membres du Comité
technique et d’assurer le financement de l’Institution. Ses membres sont des représentants de toutes les
parties prenantes à la thématique de la normalisation de l’information financière (professionnels de la
comptabilité, directeurs comptables, chefs d’entreprises, analystes financiers, universitaires…) ;
- Un Comité technique composé de 11 membres y collaborant à mi-temps. Sa mission est d’analyser les
normes IAS (et d’agir comme une force de lobby auprès de l’IASB) au regard des besoins et spécificités de
l’Union européenne. Ses travaux sont destinés aux décisions d’approbation des normes IAS par le CeRC
susvisé.

Parmi les autres questions soulevées par ces révolutions, on peut citer à titre principal (et non exclusif…) :

COMPTABILITE APPROFONDIE 33
SUPPORT DE COURS

-le problème de la date d’application du référentiel IAS : car 2005 ne veut pas dire 2005 ! Cela pose la
question des chiffres des exercices précédents (2004 voire 2003) et les problématiques du retraitement de
toutes les opérations initiées depuis l’origine selon les solutions IAS. En outre, pour certaines entités
comme celles utilisant actuellement le référentiel des US-GAAP, la date serait reportée à l’année 2007 ;
-le problème de la langue internationale : si le référentiel IAS comprend l’anglais comme langue officielle de
travail, mais au niveau européen on a aujourd'hui onze langues qui ont le même rang. Les normes IAS
devront en conséquence être traduites dans ces langues et auront à être publiées au Journal Officiel des
Communautés Européennes ;
-la procédure d’approbation des normes IAS par le CeRC va devoir être distinguée en deux temps. D'abord
la reprise du corps de normes actuelles qui seront révisées d’ici 2005 par l’IASB afin de réduire encore les
solutions alternatives. Et ensuite l’approbation au cas par cas des nouvelles normes IFRS. Il reste à définir,
en connexion avec les travaux techniques de l’EFRAG, les modalités de cette approbation. En outre, des
discussions sont actuellement en cours afin de donner un rôle plus important au Parlement européen dans
ce mécanisme d’approbation construit autour de la notion de comitologie dans le projet de règlement
actuellement discuté;
- le choix des Etats d’étendre ou non le référentiel IAS aux autres comptes que les états financiers
consolidés des sociétés faisant appel public à l’épargne. Sur ce point, la stratégie actuelle définie par le
Bureau du CNC en France est de conserver une normalisation comptable nationale pour les comptes
consolidés des entités non cotées (mais établie en convergence avec les solutions IAS) avec une possibilité
pour les groupes d’opter pour l’application volontaire du référentiel IAS et d’imposer le respect des règles
nationales (c’est-à-dire le Plan comptable général) pour les comptes individuels de toutes les entreprises,
cotées ou non en bourse ;
- la position du normalisateur comptable américain. Les normes IAS seront-elles reconnues sur les marchés
financiers américains ? Des questions techniques majeures (comme par exemple le suivi comptable des
immobilisations incorporelles, le traitement des rapprochements d’entreprises, …) seront-elles traitées à
l’identique dans les deux référentiels alors même que les enjeux d’égalité de traitement et donc de bon
fonctionnement des marchés sont cruciaux?

Il est donc indéniablement vrai que la comptabilité est devenue une « âme vivante » avec, comme le dit
Romain Rolland, (L’Ame enchantée), « le droit qui s’impose à toute âme vivante : le droit à changer »!

Revue malienne de comptabilité (numéro à paraître)


* Expert comptable / Commissaire aux comptes
Professeur agrégé, CNAM-INTEC
Président de la Commission de droit comptable du Conseil supérieur de l’Ordre français des experts
comptables

COMPTABILITE APPROFONDIE 34
SUPPORT DE COURS

ACTUALITE COMPTABLE

L’environnement prévu pour encadrer le SYSCOA est désormais complet depuis la fin octobre 2004, avec
l’opérationnalisation du Conseil Comptable Ouest Africain (CCOA) et du Conseil Permanent de la
Profession Comptable (CPPC).

En effet ce sont les 25, 26 octobre pour le CCOA et les 27, 28 octobre pour le CPPC que ces deux
organismes se sont réunis pour la première fois depuis leur création juridique en 1997 (règlements 03/97 et
04/97). I’ordre du jour de ces rencontres portaient sur l’adoption de leur règlement intérieur, la mise en
place des organises de gestion et la définition d’un programme d’activités pour l’année 2005.

Le conseil comptable Ouest Africain a été créé dans la mouvance du SYSCOA pour maintenir un cadre
permanent de normalisation devant permettre d’actualiser nos normes comptables, de préciser au besoin
les positions normatives et de concourir de manière générale à la vulgarisation de la comptabilité dans
l’espace UEMOA. Ce conseil travaillera avec les conseils nationaux de comptabilité de chaque Etat dans un
souci de cohérence et inscrira également ses activités dans un cadre plus large visant l’espace OHADA et
au delà. Le CCOA est dirigé par un bureau de cinq membres (un président membre de la commission de
l’UEMOA et quatre responsables des comités techniques) assisté par un secrétariat technique.
Il est soutenu par quatre comités techniques : le comité chargé des entreprises financières (banques,
assurances, instituts de prévoyance sociale) dirigé par notre compatriote Moussa MARA, le comité chargé
des entreprises non financières, le comité chargé de la comptabilité publique et le comité chargé des
comptabilités spécifiques (association, ONGs, coopératives, projets).
Le bureau travaille sous la supervision de l’assemblée composée de tous les membres à concurrence de
deux personnes par Etat membre dont un expert comptable.

Le Conseil Permanent de la Profession Comptable a été créé pour encadrer la profession comptable dans
l’espace UEMOA. Il est compétent pour réglementer l’accès à la profession, la formation continue des
membres, l’exercice de la profession et travaille dans le maintient de nos pratiques dans le cadre de
l’environnement international. Le CPPC a une implication marquée dans la formation initiale à travers les
rôles qu’il joue dans la gestion du diplôme d’expertise comptable sous régional (DECOFI). Il coordonne
également les activités des ordres nationaux des experts comptables. Le CPPC est dirigé par un bureau
composé d’un président membre de la commission de l’UEMOA et de trois responsables des trois comités
techniques. Le bureau travaille sous la supervision de l’assemblée composée de tous les membres à
concurrence de deux personnes par Etat membre (le président de l’ordre et le commissaire du
gouvernement auprès de l’ordre).

Revue malienne de comptabilité


Article à paraître

COMPTABILITE APPROFONDIE 35
SUPPORT DE COURS

ACTES DES XIII ASSISES DE LA FIDEF – OUAGADOUGOU 16 NOVEMBRE 2004


COMMENT ALLER VERS UNE CONVERGENCE DES REFERENTIELS NATIONAUX TYPE
FRANCOPHONE VERS LES NORMES INTERNATIONALES

ETATS FINANCIERS SYSCOA / OHADA

Principales modifications à apporter à la présentation des états financiers SYSCOA / OHADA en vue d’une
harmonisation avec les normes internationales
Création d’un nouvel état : l’état de variation des capitaux propres,
Remplacement du tableau financier des ressources et des emplois (TAFIRE) par un tableau normalisé
des flux de trésorerie
Modification dans la présentation du compte de résultat
Modification dans la présentation du bilan

NOMENCLATURE DES COMPTES SYSCOA / OHADA

Principaux comptes qui, après harmonisation du système SYSCOA/ OHADA avec les normes
internationales, ne devraient plus figurer dans la nomenclature des comptes :
15 Provisions réglementées
20 Charges immobilisées
201 frais d’établissement,
202 Charges à répartir sur plusieurs exercices
206 Primes de remboursement des obligations
478 Ecart de conversion actif
479 Ecart de conversion passif
78 Transferts de charges

Principaux comptes qui, après harmonisation du système SYSCOA / OHADA avec les normes
internationales, enregistreront des opérations selon des méthodes de comptabilisation et d’évaluation
différentes des méthodes actuelles
106 Ecart de réévaluation,
161 Emprunts
19 Provisions pour charges
21 Immobilisations corporelles
23 Bâtiments, installations techniques
2315 Immeubles de rapport
24 matériel
246 Immobilisations animales et agricoles
27 Autres immobilisations financières
28 Amortissements
29 Provisions pour dépréciation
654 Valeurs comptables des cessions courantes d’immobilisations
754 Produits des cessions courantes d’immobilisations
673 Escomptes accordés
773 Escomptes obtenus
798 Reprises d’amortissement

Principaux comptes qui n’existent pas actuellement dans la nomenclature SYSCOA / OHADA et qui
devront être créés en vue d’une harmonisation avec les normes internationales

COMPTABILITE APPROFONDIE 36
SUPPORT DE COURS

11x Ecart d’évaluation


11x Autres Profits ou pertes sur capitaux propres
44x Impôts différés actif
44x Impôts différés passif

COMPTABILITE APPROFONDIE 37
SUPPORT DE COURS

Et si nous devions appliquer les IFRS ?


Les normes internationales comptables (les International Financial Reporting Standards ou IFRS en
Anglais) font l’actualité comptable internationale et sont appelées à jouer un rôle de plus en plus croissant
dans les années à venir. Elles constituent ainsi un aspect de la mondialisation caractérisée par une
normalisation et une uniformisation accrues des politiques, des organisations économiques et sociales et
finalement des modes de vie et de pensée.

Ce tourbillon qui emporte tout sur son passage, mu par l’interpénétration des sociétés humaines, facilitée
par une grande démocratisation de l’information et de la communication, ne laisse personne indifférente.
Surtout pas les pays pauvres qui assistent au phénomène en spectateurs et en victimes. Nous avons subi
la globalisation économique en adoptant des politiques étrangères dont les retombées se font attendre et
qui ont plutôt accru notre dépendance économique.

Allons nous subir la globalisation comptable ? La tentation de répondre par la négative est bien grande en
raison de nos nationalismes à fleur de peau et également de notre relative solidité dans ce domaine. En
effet, contrairement aux autres domaines « uniformisées », dans le secteur de la comptabilité, les pays
africains et particulièrement ceux de la zone franc disposent d’outils et d’environnement qui les placent
plutôt à l’avangarde de la normalisation et, qui plus est, sont quelque peu adaptés à leurs spécificités. Il
s’agit du SYSCOA et de l’OHADA. Nous nous disons qu’au moins dans un domaine, nous n’allons pas être
contraints de suivre sans comprendre. Ces deux outils ont été conçus pour être appliqués dans nos pays.
Ils sont adaptés à l’évolution internationale, intègrent quelques aspects des IFRS et traduisent dans leurs
aspects les plus importants, la volonté de nos autorités de soutenir la comptabilité et de faire d’elle un
moyen efficace de pilotage économique. La conception de système à destination des petites et moyennes
entreprises, la prévision d’informations statistiques, l’indication d’outils de gestion financière…sont des
caractéristiques de nos normes qui illustrent leurs ambitions multiples. Depuis maintenant une demi
douzaine d’années, leur application se généralise et leur leadership s’affirme de plus en plus en Afrique.
Par conséquent, nous pouvons affirmer que dans le domaine de la comptabilité, nous n’avons rien à envier
aux autres.

Faut il pour autant ignorer ce qui se passe ailleurs ? Surtout qu’en matière de normalisation, les évolutions
sont porteuses de bouleversements. Bien évidemment non !

Nous devons rester à l’écoute des mouvements de standards internationaux comptables. Nous devons
nous impliquer dans la production de ces standards. Nous devons anticiper les implications que leur
application est susceptible d’avoir sur nos propres normes dans le souci de créer les conditions d’une
transition en douceur quand il faudra faire évoluer nos systèmes comptables.

La meilleure manière de tirer profit d’une situation est de participer à sa préparation et d’influer sur sa mise
en œuvre. Les africains doivent participer d’avantage aux travaux des instances internationales de
normalisation comptable. Nous devons nous battre pour que d’avantages de professionnels et d’autorités
du continent soient admis parmi les trustees (membres de la fondation fonctionnant comme l’assemblée
générale) de l’IASC et que certains puissent accéder au conseil d’administration de l’organisation (l’IASB)
ainsi qu’à ses comités techniques et d’interprétation (IFRIC). Actuellement seul un Sud Africain figure parmi
les trustées, ce qui est bien maigre. Le regroupement des organisations régionales africaines, la
coopération des fédérations…permettra d’atteindre ces objectifs.

Au delà de la participation, nous devons suivre l’évolution de la publication des normes et évaluer leurs
incidences sur notre environnement. Les instances comme le conseil comptable Ouest Africain sont bien
indiquées pour ce faire. Actuellement une quarantaine de normes sont en application (37 exactement) avec

COMPTABILITE APPROFONDIE 38
SUPPORT DE COURS

de nombreuses mises à jours et de multiples précisions. Nos normes (SYSCOA et OHADA) sont en
adéquation dans les grandes lignes avec les IFRS. Cependant, il existe des divergences qui méritent d’être
analysées en vue de futures modifications le jour où nous sauterons le pas. Les divergences ont trait aux
états financiers mais également aux méthodes d’évaluation et de présentation des informations. Au niveau
des états financiers, la présentation du bilan et du compte de résultat doit subir des modifications pour y
inclure un système de référencement permettant de renvoyer aux rubriques de description plus détaillée (à
l’annexe). Le TAFIRE doit subir des modifications pour correspondre d’avantage à un tableau de flux au
lieu d’un tableau de financement/flux comme c’est le cas actuellement. Les états annexés doivent inclure un
descriptif de la variation des capitaux propres sur trois exercices permettant de distinguer les variations de
capitaux induits par des écritures de celles suscitées par les décisions d’assemblée. Ces modifications
peuvent être analysées dans les détails afin de les mettre en œuvre de manière progressive.
Certaines méthodes comptables ne sont pas retenues dans les IFRS. Il s’agit de l’immobilisation de
certaines charges, de la prise en compte de provisions à caractère fiscal ou de la distinction des effets de
changes sur les dettes et les créances (écarts de conversion passif et actif). Les comptes relatifs à ces
méthodes sont à abandonner dans le cadre d’une adoption des IFRS. D’autres comptes induits sont
également à supprimer comme les transferts de charges, les charges immobilisées…
L’application de méthodes différentes d’évaluation en ce qui concerne les stocks (notamment des produits
agricoles), les acquisitions d’immobilisation subventionnées, les provisions pour dépréciation en références
aux notions de valeur, les amortissements…entraînera quelques modifications dans nos systèmes de
traitement. Autant de révolutions qu’il convient d’anticiper pour ne pas apparaître déphasés le jour J.
Enfin, certaines opérations inconnues jusque là dans notre comptabilité vont apparaître avec l’application
des IFRS. La prise en compte des impôts différés dans les comptes individuels, l’inscription dans les états
financiers individuels, au passif, des écarts d’évaluation consécutifs aux regroupements d’entreprises,
l’évaluation permanente à une « juste valeur » des actifs monétaires entraînant une distorsion au principe
de coût historique, l’inscription directe dans les capitaux propres d’incidence d’opérations antérieures à
l’exercice, l’amortissement obligatoire des composants d’un actif donné pris séparément et basé sur leur
durée d’utilité (distinguer dans un bâtiment les installations, les agencements, les meubles…) et
réajustement des dotations en fonction de la variation de la durée d’utilité…sont à prévoir dans notre cadre
conceptuel et à envisager dans notre corpus comptable.

Pour ne pas être, encore une fois, les « mondialisés » comme le dit si bien le professeur Ki Zerbo, dans le
domaine de la comptabilité, nous devons avoir un œil sur l’évolution comptable internationale, y puiser ce
qui peut nous renforcer et écarter ce qui relèvera de la gageure tout en continuant notre chemin si bien
balisé par le SYSCOA et l’OHADA. Après tout, tant que nos normes permettront de traduire fidèlement les
réalités économiques de nos activités tout en permettant à nos autorités de mieux gouverner nos pays,
nous n’aurons rien à craindre.

Revue Malienne de comptabilité


Article à faire paraître

COMPTABILITE APPROFONDIE 39
SUPPORT DE COURS

142. Présentation des deux normes SYSCOA et OHADA

Le droit comptable de l’OHADA ainsi que le SYCOA se sont largement inspirés des principes de l’école
continentale de normalisation comptable.

L’existence d’un plan comptable détaillé ainsi que la présentation des états financiers en sont les preuves
les plus tangibles.

Pour autant, ces deux référentiels amorcent une rupture très marquée dans la mesure où ils ont adopté des
approches caractéristiques de l’école anglo-saxonne notamment par l’adoption du principe de la préémi-
nence de la réalité économique sur la fiction juridique. Une telle démarche est la marque de la convergence
vers les normes internationales préconisées par l’IASC.

Enfin il est incontestable qu’ils ont pris en compte certaines spécificités liées à l’environnement économique
africain :

1. importance de l’agriculture : une liste des comptes spécifiques aux entreprises agricoles est
établie. Elle doit en principe être complétée par un cadre normatif sectoriel.

2. secteur informel : un système comptable spécifique aux très petites entreprises a été élaboré. Il
est basé sur la comptabilité de trésorerie (système minimal de trésorerie) assorti de règles
simples.

3. Satisfaire aux exigences des nombreux partenaires de l’entreprise : (Etat, banques,


actionnaires…) : c’est la notion de pertinence partagée. Le format des états financiers et leur
contenu ont été définis de façon à atteindre cet objectif.

Ces différents aspects relevant du cadre conceptuel des deux normes sont en parfaite harmonie.

Les principes comptables courants ont été traités par les deux normes.

La comptabilité a pour objectif de fournir une image fidèle de la situation financière, du patrimoine et du
résultat des entreprises.

Ce concept d’image fidèle s’illustre plus qu’il ne se définit.

Le règlement du SYSCOA et le droit comptable de l’OHADA (art 10) précisent qu’une entreprise qui
applique correctement les prescriptions est réputée donner l’image fidèle de sa situation et de ses
opérations.

Les principales règles comptables sont résumées dans les articles 3 à 65 du règlement du SYSCOA et du
droit comptable de l’OHADA.

Les huit principes comptables généralement admis visent à uniformiser les pratiques comptables :

COMPTABILITE APPROFONDIE 40
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N° Principes Explications

De son adoption dépend l’observation de tous les autres principes.


La comptabilité est tenue en prenant pour hypothèse que l’entité
n’a pas l’intention de cesser son activité ou de la réduire
sensiblement Le traitement comptable reflète donc les opérations
1 Continuité d’exploitation
s’exécutant dans le contexte d’une activité normale et continue.
Si cette hypothèse fait défaut, l’entreprise est en voie de cessation
d’activité et alors les autres principes ci-dessous ne sont pas
applicables.
Elle se définit comme une appréciation juste et raisonnable des
faits (art 6 du règlement) et a pour but d’éviter de donner une
image trop optimiste des résultats et de la situation financière
2 Prudence
l’activité.
La prudence vise à ne pas reporter sur les exercices ultérieurs les
risques apparus au cours de l’exercice.
Les méthodes d’évaluation du patrimoine et de présentation de
l’information doivent être identiques d’un exercice à l’autre.
3 Permanence des méthodes
L’information doit être comparable dans le temps. Le principe
n’interdit pas les changements de méthodes mais les réglemente.
Les charges et les produits d’un exercice donné ne doivent pas
4 Indépendance des exercices être transférés sur d’autres exercices.

C’est un principe dont l’application suppose l’évaluation de tout


élément du patrimoine à sa valeur d’entrée.
5 Coûts historiques Cette valeur demeure inchangée. Son application simplifie les
traitements comptables.
Il implique la correspondance absolue entre le bilan d’ouverture
d’un exercice et le bilan de clôture de l’exercice précédent.
L’intangibilité garantit la continuité de l’information fournie par les
6 Intangibilité du bilan
états financiers.
Elle interdit l’imputation directe des opérations sur la situation
nette.
Ce principe se déduit des comportements.
Transparence Il sous-entend le respect des règles et la non -dissimulation
7
d’informations significatives.

Sont significatifs, tous les éléments susceptibles d’influencer le


jugement que les destinataires des états financiers peuvent porter
8 Importance significative
sur le patrimoine, la situation financière et le résultat de
l’entreprise.

Outre les principes ci dessus évoqués, le SYSCOA et l’OHADA ont intégré le principe anglo-saxon de la
prééminence de la réalité économique d’une opération sur son apparence juridique («substance over
form »). Toutefois, son application a été limitée à cinq cas :

1. Les opérations de crédit bail : la location est considérée comme une acquisition financée par un
emprunt, les biens loués étant inscrits à l’actif du bilan du locataire, et la redevance positionnée
comme dette financière.

COMPTABILITE APPROFONDIE 41
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2. Les opérations de concession de biens : l’utilisation du bien par le concessionnaire est


identique à ce qu’il en aurait fait s’il l’avait acquis en pleine propriété. Il immobilisera ce bien
lequel figurera dans le périmètre économique de son patrimoine.
3. Les acquisitions de biens en réserve de propriété : le traitement obéit à la même règle que la
concession. Le bien n’appartient pas à l’entreprise utilisatrice, néanmoins il figure dans son
patrimoine.
4. Les effets remis à l’escompte : les effets remis à l’escompte et dont les produits sont encaissés
sont traités de la manière suivante :
a) la dette vis à vis de la banque (avance consentie à l’entreprise) est constatée au
passif.
b) la créance sur le débiteur est inscrite à l’actif jusqu’à l’échéance de l’effet.
5. Le personnel intérimaire : Le personnel non lié par un contrat de travail à l’entreprise est
néanmoins considéré comme faisant partie des effectifs. De ce fait, les dépenses de personnel
intérimaire sont inscrites en frais de personnel.

Les articles 35 à 65 des normes SYSCOA et OHADA sont consacrés aux méthodes d’évaluation.

Valeur d’entrée

- Pour les biens acquis : la valeur d’entrée dans le patrimoine dépend des modes d’acquisition :
achat, don, apport, échange.

Modes d’acquisition Valeur d’entrée


La valeur retenue est le coût d’achat représentant le prix
d’achat, les taxes non déductibles, les frais d’approche
Achat
ainsi que les frais nécessaires à la mise en service du
bien.
La valeur retenue est celle du bien à la date de la donation.
Don Cette valeur peut être appréhendée par comparaison avec
le prix du marché.
La valeur retenue de l’échange est celle du bien dont
Echange
l’évaluation est la plus certaine.
La valeur d’apport est fixée à dire d’expert et doit être
Apport
équivalente à la valeur vénale.

- Pour les biens produits, la valeur d’entrée est le coût de production formé du coût d’acquisition
des matières et fournitures utilisées, des charges directes de production ainsi que des charges
indirectes raisonnablement rattachables à la production. La sous activité n’est pas prise en
compte pour l’évaluation du coût de production.

La valeur d’entrée retenue pour un bien, sauf exception (réévaluation, évaluation des titres de
participation…), ne peut être modifiée, ceci par application des principes du coût historique et de la
permanence des méthodes.

Valeur actuelle

Elle est fonction du marché et de l’utilité de l’élément pour l’entreprise. Elle est utilisée pour les inventaires
et l’estimation du niveau des dépréciations éventuelles à constater conformément au principe de prudence.

COMPTABILITE APPROFONDIE 42
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Valeur au bilan

La valeur au bilan est le résultat de l’application des deux précédentes valorisations.


Elle représente la valeur des éléments du patrimoine à l’inventaire et est supposée donner l’image réelle du
patrimoine.

L’innovation des référentiels en matière de valorisation

Les règles de valorisation retenues par le SYSCOA et l’OHADA, sont quasiment identiques à celles adop-
tées par le Plan Comptable Français de 1982.

Le changement apporté par les deux référentiels a consisté à proposer deux méthodes de valorisation des
éléments fongibles du patrimoine :

a) Celui du coût d’entré moyen : Ce coût est calculé après chaque nouvelle entrée. Cette méthode
est généralement utilisée lorsque le système de l’inventaire permanent est appliqué.

b) Celui du coût moyen sur la période de stockage. Le coût est alors calculé comme suit :
- Stock moyen : (stock initial + stock final) /2
- Période de stockage : (stock moyen X 12) / consommation globale

La période de stockage correspond au temps moyen d’écoulement.

La codification comptable se rapproche de celle du plan comptable français (PCG 1982.)

Néanmoins des différences significatives sont introduites.

La nomenclature des comptes selon les référentiels SYSCOA et OHADA a retenu huit classes au lieu de
sept pour le PCG 1982 :

 de 1 à 5 pour le bilan,
 de 6 à 8 pour le compte de résultat.

La classe 1 enregistre les opérations relatives aux capitaux propres : capital social, réserves, résultats et
emprunts.

Les éléments de l’actif immobilisé sont enregistrés en classe 2. Celle-ci est sous divisée comme suit :

 Les charges immobilisées (comptes 20) correspondent aux éléments d’actif incorporel sans valeur.
Les frais d’établissement, les primes de remboursement d’emprunt et les charges à repartir y sont
positionnés.
 Les autres immobilisations incorporelles sont enregistrées en 21 (logiciels, droit au bail…).
 Les immobilisations corporelles sont inscrites en sous classes 22 à 24.
 Les immobilisations financières figurent en 27.
 Les comptes de dépréciation en 28 et 29.

La classe 3 récapitule les stocks de l’entreprise.

COMPTABILITE APPROFONDIE 43
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Les comptes de tiers sont inscrits en classe 4. Ceux relatifs aux opérations hors activité ordinaire
(fournisseurs d’investissement par exemple) sont inscrits en 48 afin de faciliter leur identification.

Les comptes de trésorerie sont inscrits en classe 5. Les banques figurent en 52 et la caisse en 57. Les
sous comptes 56 correspondent aux comptes d’emprunt à court terme, aux découverts et aux crédits de
trésorerie.

Les charges ordinaires sont enregistrées en classe 6.

Les innovations majeures à ce niveau sont les suivantes :

- une importance accrue est accordée aux charges de transport lesquelles ont été regroupées dans
la sous classe 61,
- les services extérieurs ont été ventilés entre les deux sous classes 62 et 63,
- sont inscrits en 66 les charges de personnel y compris les dépenses de personnel intérimaire,
- les provisions sont désormais scindées en «charges provisionnées » d’une part et « en dotation
aux provisions» de l’autre.

Les charges provisionnées (659) correspondent à des pertes et risques à court terme (dépréciation des
stocks et créances notamment) et sont donc assimilées à des charges réelles dont l’estimation est quasi
certaine. Ce n’est pas le cas des dotations aux provisions (69).

La classe 7 enregistre les produits ordinaires. Les innovations ne sont pas significatives
par rapport au plan comptable 1982,

La classe 8 est réservée aux opérations hors activité ordinaire. Cette notion est semblable mais non
identique à celle de charge ou de produit exceptionnel du plan comptable de 1982. Son champ d’application
est plus restreint, car le critère de classement retenu est celui de la récurrence de l’événement. Une
opération, dès lors qu’elle est récurrente ne peut être classée en HAO bien que sa nature l’y destine. C’est
le cas des cessions d’immobilisations.

Le classement des opérations sous cette rubrique reste enfin soumis à l’observation du principe de
l’importance significative.

La classe 9 est dédiée au suivi des engagements hors bilan et à la comptabilité analytique.

Les états financiers selon le SYSCOA et l’OHADA comprennent :

- le bilan,
- le compte de résultat,
- l’état annexé,
- le tableau financier des ressources et des emplois (TAFIRE),
- et l’état supplémentaire.

L’obligation de confection des différents documents est liée à la taille de l’entreprise.

COMPTABILITE APPROFONDIE 44
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Celle-ci détermine les obligations relatives à la nature et à l’importance des documents de synthèse à pro-
duire. Ainsi, l’entreprise présentera ses comptes selon le système normal, le système allégé ou le système
minimal de trésorerie selon qu’elle est grande, moyenne ou très petite.

Les deux référentiels étaient toutefois divergents sur le nombre de critères à appliquer pour déterminer la
taille de l’entreprise.

Le tableau suivant illustre les obligations d’information des entités.

DOCUMENTS OBLIGATOIRES
Système minimal de
N° Système normal Système allégé
trésorerie

1 Bilan Bilan allégé Bilan simplifié

2 Compte de résultat Compte de résultat allégé Compte de résultat simplifié

3 TAFIRE Etat annexé allégé

4 Etat annexé

5 Etat supplémentaire

Les caractéristiques majeures du bilan sont les suivantes :

a) description du patrimoine (plus économique que juridique) et de la situation financière,


b) rappel systématique des montants nets de l’exercice précédent,
c) mise en évidence de la trésorerie active et de la trésorerie passive,
d) disparition du capital non appelé de l’actif et positionnement en soustraction du passif,
e) disparition au passif des provisions pour risques et charges et positionnement dans les dettes
financières en tant que ressources assimilées (passif probable),
f) disparition de la distinction entre dettes à long terme et dettes à court terme,
g) ventilation entre éléments d’activité ordinaire et éléments hors activité ordinaire (hao),
h) interrelations entre masses à la lecture simple :

 correspondance ressources stables/ actif immobilisé avec obtention du fonds de


roulement,
 correspondance actif circulant/passif circulant permettant d’obtenir aisément par
différence le besoin de financement d’exploitation (B.F.E.),
 correspondance trésorerie active/trésorerie passive,
i) mise en évidence au niveau des dettes financières de postes spécifiques enregistrant les
dettes de crédit bail et contrats assimilés,

j) insertion d’un poste "autres fonds propres" (entre les capitaux propres et les dettes financières)
destiné à l’inscription de certaines ressources spécifiques de financement telles que les titres
participatifs et les avances conditionnées,

COMPTABILITE APPROFONDIE 45
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k) inscription à l’actif des biens détenus en crédit bail, des biens en réserve de propriété et de
ceux concédés.

Les éléments caractéristiques du compte de résultat sont les suivants :

a) détermination progressive du résultat à travers les soldes intermédiaires de gestion,


b) dichotomie activités ordinaires/ activités extraordinaires (inspiration de la norme IAS 8
révisée en 1995),
c) Plusieurs niveaux d’analyse prévus :

 Opérations d’exploitation conduisant au résultat d’exploitation


 Opérations financières dégageant le résultat financier
 Opérations HAO formant le résultat HAO
 Prise en compte de l’impôt sur le résultat et de la participation des salariés
(analogie avec le PCG 82)
d) distinction entre charges provisionnées (classées parmi les autres charges) et les dotations
aux provisions,
e) définition plus large du chiffre d’affaires qui inclut outre les ventes de marchandises, de
produits et de services mais également les produits accessoires,
f) suppression de l’inscription séparée des charges et produits sur exercices antérieurs.

COMPTABILITE APPROFONDIE 46
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Le tableau financier des Ressources et Emplois (TAFIRE) :

a) détaille les flux financiers de la période (tableau de financement).


b) comporte une ébauche de description pertinente des flux de trésorerie.
c) intègre deux parties :

La première partie porte sur la détermination des soldes financiers :

- la capacité d’autofinancement globale (CAFG) diffère de la capacité d’autofinancement (CAF)


du PCG 82 car les dotations courtes (charges provisionnées) en sont exclues. Elle est
déterminée à partir de l’excédent brut d’exploitation (EBE),
- la variation du besoin de financement d’exploitation (BFE) est constituée par la somme
algébrique des différences entre les stocks, les créances d’une part, et les dettes d’exploitation
de l’autre, le tout dégagé de deux bilans successifs,
- l’excédent de trésorerie d’exploitation (ETE) s’obtient en soustrayant la variation du BFE et la
production immobilisée de l’EBE. Il donne les indications sur la capacité de l’entreprise à
générer des liquidités.

La seconde partie matérialise le tableau financier proprement dit. Il fait ressortir :

- les emplois durables financés au cours de l’exercice, ainsi que les ressources de financement
correspondantes,
- les cessions d’immobilisations ne figurent pas en ressources mais viennent diminuer les
emplois.
- les emplois financiers et HAO complètent les autres emplois.
- les ressources de financement sont ventilées en :
 financement interne,
 financement externe par capitaux propres,
 financement par emprunts ;

L’état annexé spécifié à l’article 8 du règlement :

- Fournit les informations sur le contenu et le mode de confection des états financiers. Il forme un tout
indissociable avec le bilan, le compte de résultat, le TAFIRE et l’état supplémentaire.
- Est scindé en trois parties :

 La première porte sur les règles et méthodes comptables : méthodes générales et spécifiques
d’évaluation et de présentation ainsi que les dérogations aux normes généralement acceptées,
 La seconde porte sur les informations complémentaires relatives au bilan et au compte de
résultat. Il comporte une vingtaine de tableaux dont les principaux sont les suivants :

- tableau de variation de l’actif immobilisé


- tableau de variation des amortissements
- tableau des plus et moins values de cession
- tableau de variation des provisions
- précisions sur les circonstances exceptionnelles susceptibles de fausser la
comparaison des états financiers (réévaluation, restructuration…)
- informations sur la réévaluation du bilan
- informations sur les biens pris en crédit bail (analogie avec le PCG 82)

COMPTABILITE APPROFONDIE 47
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- classement des créances et dettes avec descriptif des sûretés liées


- suivi des engagements
- contrats avec clause de réserve de propriété
- informations sur le bénéfice partiel sur opérations pluri exercices
- informations nécessaires à l’élaboration des statistiques nationales (chiffre d’affaires,
charges, opérations avec les autres pays de l’Union…)

 La dernière partie porte sur les informations complémentaires d’importance significative telles
que les subventions et provisions réglementées, les écarts de conversion, l’effectif (réparti par
âge, sexe, nationalité, fonction), les impôts différés…

- les informations présentées dans l’état annexé doivent être comparables d’un exercice
à l’autre.

L’élaboration de l’Etat supplémentaire est rendue obligatoire par l’article 12 du règlement. Il est
destiné aux administrations, banques, élus, syndicats et représentants du personnel…

- Il doit être cohérent avec les états financiers.


- Il se rapporte à deux types d’information :

 la production de l’exercice en quantités et en valeur par type de produits, sa répartition


géographique, les informations sur les stocks à l’ouverture et à la clôture,
 les achats destinés à la production par matières ainsi que leur répartition géographique
avec indication de la variation des stocks.

Sont traitées par le Corpus du SYSCOA mais également par l’annexe de l’acte uniforme de l’OHADA relatif
au droit comptable, diverses d’opérations dont le crédit bail, dont la maîtrise technique est complexe.

Les méthodes proposées par les deux référentiels sont identiques et prouvent leur converge sur ces
questions.

L’article 13 de l’acte uniforme de l’OHADA relatif au droit comptable et l’article 13 du règlement du SYSCOA
traitent de la comptabilité des très petites entreprises.

Ils instaurent ainsi le système minimal de trésorerie lequel déroge aux règles comptables appliques aux
grandes et moyennes entreprises.

Les deux normes convergent complètement sur cette question.

En effet les critères permettant de considérer qu’une entreprise est régie par le système minimal de
trésorerie sont définis l’acte uniforme OHADA et par le SYSCOA au moyen du règlement
11/97/CM/UEMOA du 18 décembre 1997 fixant les seuils d’application des systèmes.

Selon ces dispositions une entreprise a la faculté d’utiliser le système minimal de trésorerie si ses recettes
annuelles ne dépassent pas les seuils suivants :

- 30 millions de FCFA s’il s’agit d’entreprise de négoce


- 20 millions de FCFA s’il s’agit d’entreprise artisanale ou assimilée
- 10 millions de FCFA s’il s’agit d’une entreprise de services.

COMPTABILITE APPROFONDIE 48
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Le système minimal de trésorerie se caractérise par un allégement substantiel des obligations comptables.
Il consiste en la tenue d’une comptabilité de trésorerie. Les entreprises tiennent un livre de suivi des
mouvements de fonds (encaissements et décaissements) correspondants aux opérations d’exploitation
(recettes et dépenses).

Ce système se traduit par l’édition d’états financiers embryonnaires permettant aux exploitants de
déterminer leur niveau d’activité au moyen d’un bilan et d’un compte de résultat très simplifié.

Les normes comptables ont également prévu pour les entreprises exécutant des opérations plus
importantes (investissements, stocks, crédits clients et fournisseurs, emprunt etc.) des méthodes de
correction permettant l’élaboration d’états financiers plus détaillés. Cette étape constitue une phase
intermédiaire vers le système allégé.

Les obligations relatives à l’établissement des comptes consolidés et des comptes combinés sont précisées
par le règlement du SYSCOA et par le droit comptable de l’OHADA (articles 74 à 110).

- L’établissement des comptes consolidés et des comptes combinés est obligatoire pour les
groupes de société à compter du 1 er Janvier 1999 selon le SYSCOA et à partir de 2002 selon
l’OHADA.
- Les dispositions prévues pour la consolidation sont dans les grandes lignes identiques à celles
de la 7ème Directive Européenne, de la loi du 03 janvier 1985, et des normes internationales
(IAS 27, 28 et 31).

- Les dispositions prévues pour la combinaison (articles 103 à 110) sont nouvelles. La
combinaison vise à fournir l’image du patrimoine de groupes d’entreprises ayant entre elles des
liens économiques. Il peut s’agir :

- de sociétés contrôlées par une même société mère,


- de sociétés appartenant à une même personne physique,
- de sociétés ayant des relations économiques étroites.

- La société responsable de la combinaison est désignée selon le SYSCOA par la commission


de l’UEMOA et selon l’ OHADA par le groupe lui-même.

Dans le corpus du SYSCOA et en annexe à l’acte uniforme de l’OHADA des schémas de traitement sont
proposés et sont globalement semblables.

Le SYSCOA a été publié en 1997 et est entré en vigueur le 1er janvier 1998.

Chaque pays membre de l’UEMOA s’est attelé à la préparation des acteurs en vue de la mise en œuvre
efficiente du nouveau dispositif :

- participation à la formation des formateurs organisée par le BCEAO à l’automne 1997 à


destination des personnes en charge de la diffusion du référentiel et de la formation.
- organisation de sessions de formation à destination des professeurs de l’enseignement
secondaire et supérieur, des inspecteurs du Trésor Public, et services des impôts entre 1997 et
1999.

COMPTABILITE APPROFONDIE 49
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- modification progressive des programmes d’enseignement de la comptabilité.

Les entreprises ont effectué les travaux de migration de leur système comptable vers le SYSCOA.

Le personnel a bénéficié de formations appropriées. Les programmes informatiques satisfaisant aux


exigences du SYSCOA ont été diffusés.

Selon les statistiques de la Direction Nationale des Impôts au Mali, plus de 90 % des états financiers
déposés en 2001 sont conformes au SYSCOA. Ceci démontre que le référentiel est d’application nationale
trois ans après sa mise en œuvre.

Pour autant, de sérieuses difficultés persistent. Elles pourraient anéantir tous les efforts entrepris si des dé-
cisions énergétiques n’étaient pas prises par l’ensemble des acteurs pour les éradiquer.

- Le premier problème est lié au faible niveau de formation comptable initiale dans notre pays. A
tous les niveaux de diplôme (CAP, BT, DUT, maîtrise ENA, MSTCF) des mesures doivent être
prises afin de :

- réaménager et renforcer les programmes en les adaptant à la fois au


SYSCOA-OHADA et en les adaptant aux besoins réels des entreprises
- mettre en place des fonds documentaires suffisants et
- rendre l’information comptable et fiscale (actes uniformes, textes de lois,
jurisprudence etc.) fluide et accessible à tous les acteurs

- La seconde difficulté réside dans la faiblesse de la formation continue des enseignants de la


comptabilité d’une part de celle également du personnel salarié des entreprises attaché aux
services comptables et financiers. La contribution apportée par le Fonds d’Appui à la Formation
et à l’Apprentissage (FAFPA) est largement en dessous des besoins nationaux.

- Le troisième problème concerne la faiblesse qualitative et quantitative de la profession


comptable libérale. Les ordres des comptables agrées et experts comptables agrées sont
composés de professionnels insuffisants en quantité et en qualité. Ceux-ci ressentent
également un fort besoin de formation dans la maîtrise des normes et techniques comptables
de haut niveau. La formation permanente y est à l’état embryonnaire. Dans un marché ouvert,
la résultante de cette situation est la sollicitation des experts étrangers plus outillés pour des
interventions de haut niveau dans la zone UEMOA et ailleurs en Afrique.

- La quatrième difficulté est relative aux obstacles que pose l’environnement institutionnel au
développement de la comptabilité :

Tout d’abord, le poids de l’économie informelle fait que les opérateurs économiques se passent volontiers
de la tenue comptable.

Cette attitude est quelque peu encouragée par les Etats avec la mise en œuvre de mesures fiscales
simplificatrices qui exonèrent les opérateurs de la tenue d’une comptabilité. Au Mali, la reforme fiscale
introduisant l’impôt synthétique par la loi 99 07/AN RM modifiant le Code Général des impôts conduit à
dispenser les entreprises de la tenue d’une comptabilité minimale. L’article 175 du code des impôts stipule
que les opérateurs bénéficiant du régime de l’impôt synthétique doivent tenir au plus un registre des achats
et des ventes. La production d’états financiers aussi sommaires soient ils tels que ceux du système minimal
de trésorerie (SMT), n’est plus une exigence. Celui-ci est donc condamné à n’être jamais appliqué. Cette

COMPTABILITE APPROFONDIE 50
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situation si elle perdurait serait également un obstacle majeur à l’émergence des centres de gestion agrées
préconisés par la l’UEMOA en tant que mesure de renforcement du SYSCOA. Les impôts synthétiques
existent dans d’autres pays.

Enfin notons que les différentes institutions prévues pour consolider le SYSCOA ne sont pas toujours pas
opérationnelles. Destinées à des fonctions spécifiques (normalisation, formation, réglementation…) elles
auraient permis de dégager des pistes de réflexion pouvant résoudre les difficultés ci dessus évoquées.

Le volet droit comptable de l’acte uniforme de l’OHADA est très peu connu en Afrique de l’Ouest du fait que
le SYSCOA qui traite des mêmes questions est intervenu en premier.

Il connaît par contre un plus grand succès dans les autres pays membres de l’OHADA pour lesquels il
représente le premier référentiel d’envergure sous régionale.

COMPTABILITE APPROFONDIE 51
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II - ORGANISATION COMPTABLE
21. Informations comptables

Le règlement relatif au droit comptable oblige les entreprises soumises aux dispositions du droit
commercial, les entreprises publiques, les coopératives, les associations et généralement les entités
produisant et vendant des biens ou services à tenir une comptabilité (art 2).

Ces entités sont astreintes à l’enregistrement chronologique des opérations (art 15, 17, alinéa 4), à
contrôler au moins une fois par an, par inventaire, l’existence et la valeur des éléments actifs et passifs (art
17, alinéa 6) et à établir les états financiers annuels (art 8 à 11).

Ces obligations doivent être respectées. Elles sont malheureusement d’une portée limitée car leur
application n’est pas systématique et les sanctions prévues dans les dispositions des arts 113 et suivants
ne sont pas généralement fixées.

Les opérateurs économiques doivent tenir des livres comptables obligatoires pour servir de support aux
opérations comptables (art 19). Il s’agit du livre journal, du grand livre, de la balance générale et du livre
d’inventaire. Le livre de paie est une obligation du code du travail. Le journal enregistre les opérations. Le
grand livre porte sur l’ensemble des comptes alors que la balance (huit colonnes) fait ressortir les soldes et
les mouvements qui forment les soldes. Le livre d’inventaire contient les états financiers ainsi que le résumé
des inventaires.

Les entreprises sont également astreintes à la production d’un rapport de gestion et d’un bilan social (art
71). Cette obligation rejoint celle indiquée dans le droit de société.

Cependant, vu que la portée du droit comptable est plus large que celle du droit des sociétés, on peut
s’interroger de l’efficacité de cette précision surtout dans les petites entreprises et les opérateurs
économiques devant appliquer le SYSCOA mais non obligées de suivre les prescriptions du droit des
sociétés (entreprises publiques notamment).

Il faut également déplorer que les éléments à indiquer dans le bilan social ne sont pas précisés. Ce qui
porte préjudice à la comparabilité des informations fournies par les entités dans la mesure où chacune sera
libre d’y mentionner les informations qu’elle souhaite. On peut même penser que ce bilan aura des
intersections avec certains documents de l’Etat annexé en ce qui concerne le personnel.

Les livres journal et d’inventaire doivent être cotés et paraphés (art 66) et tenus sans blanc ni rature, les
corrections étant effectuée en signe négatif (art 20). Ils doivent être conservés dix ans sous leur forme
originelle (art 24). Ce délai de conservation est à appliquer aux pièces justificatives qui ne peuvent être
dissociées des journaux qu’elles justifient.

Les articles 17, 20, 22 et 67 développent les conditions de fiabilité des traitements et éditions informatiques
qui concernent la grande majorité des comptabilités :

- indication de l’ordre de traitement des opérations


- possibilité d’édition sur papier
- irréversibilité de l’enregistrement avec une validation ne pouvant excéder le mois
- chronologie nettement précisée et impossibilité d’enregistrement intercalaire
- fixation d’une clôture informatique au maximum trimestrielle

COMPTABILITE APPROFONDIE 52
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- organisation comptable garantissant toutes les possibilités de contrôle des enregistrements


- accès aux documents de conception du programme pour d’éventuels tests.

22. Procédures comptables

Le SYSCOA et l’OHADA méritent leur nom de système car ils ne se contentent pas uniquement d’indiquer
les normes portant sur les techniques mais développent particulièrement les conditions d’organisation
minimale de l’environnement pour que ces techniques puissent être mises en œuvre avec efficacité et en
accord avec les principes.

Cet environnement porte sur deux caractéristiques essentielles :

L’organisation comptable,
Les procédures.

L’organisation comptable optimale est décrite comme celle qui permet de faire face aux obligations
indiquées dans le droit comptable en matière de tenue des livres obligatoires, de tenue et de classement
des documents et pièces justificatives et en matière de traitement informatique.

Cette exigence est d’abord rappelée par l’art 4, alinéa 3 qui astreint toute entité à mettre en place une
organisation répondant à tout moment aux exigences de collecte, de tenue, de contrôle, de présentation et
de communication des informations comptables se rapportant aux opérations de l’entité. Ces obligations
sont développées dans les articles 14 et suivants qui en détaillent chaque aspect.

L’organisation porte sur les ressources humaines mais également sur les procédures. Le droit comptable
n’est pas explicite sur les ressources humaines. Cependant, il traite des procédures qui, selon l’art 16,
doivent être codifiées dans un document.

Le manuel de procédures devient donc une exigence autant que la tenue de la comptabilité ou l’élaboration
des états financiers.

A la lecture de cet article 16, on songe uniquement aux procédures comptables. Mais il est difficile de
scinder les procédures comptables des procédures administratives et financières car on ne sait pas
toujours quand la procédure administrative ou financière se termine et quand celle comptable commence.
Par exemple pour un achat la réception et le rapprochement entre les différents documents (bon de
commande, de livraison, facture…) relève t - elle de la procédure administrative, de la procédure financière
ou de la procédure comptable.

Dans le doute il serait judicieux pour une entreprise d’élaborer un manuel de toutes les procédures d’autant
plus que les procédures administratives et financières sont au moins autant importantes que les procédures
comptables.

Tout au moins, devrait - elle élaborer, pour répondre aux exigences de l’article 16 un guide qui contiendra
l’organigramme de l’entreprise et l’organigramme de la comptabilité, les règles applicables, procédures de
collecte et d’enregistrement des données et les procédures de contrôle y compris à l’inventaire.

On doit déplorer l’absence de discernement du droit comptable, enfin, qui ne prévoit pas de dérogation pour
cette entreprise (les plus petites) et pour l’absence d’indication de voies contraignantes pour obliger les
entités à s’exécuter.

COMPTABILITE APPROFONDIE 53
SUPPORT DE COURS

23. Contrôle interne et rôle d’un auditeur interne

231 Le contrôle interne

L’audit ou le contrôle interne vise le dispositif mis en place à l’intérieur des structures pour assurer

- La sécurité du patrimoine et des transactions,


- la fiabilité du système d’information.

Il consiste en la mise en place de procédures qui se caractérisent par

- l’auto contrôle dans l’exécution des tâches

- le contrôle hiérarchique des opérations

- le contrôle croisé entre services partis prenantes d’une opération

- et la vérification transversale des opérations effectuées à posteriori.

Il est l’affaire de tous.

Les trois premiers contrôles interviennent au cours des opérations (vérification qu’on a bien signé un
document dans la case indiquée, vérification et paraphe du supérieur hiérarchique sur la même fiche et
enfin vérification du responsable d’un autre service avant le décaissement par exemple).

La dernière catégorie de contrôle est diligentée par une personne distinguée au sein de la structure qui
s’appelle auditeur ou contrôleur interne. Il est quelque fois appelé inspecteur et complète le dispositif d’audit
interne des banques. Il en constitue cependant le maillon essentiel car son attribution est la vérification de
l’observation des principes de contrôle interne par tous les agents de la structure.

Ces principes sont les suivants :

L’organisation : « on ne contrôle que ce qui est organisé » (fayol). La base du système de contrôle interne
est l’organisation. Les Banques se doivent de s’organiser de sorte que les responsabilités soient précisées
et qu’il y ait des procédures claires, simples et sans ambiguïté d’opérations. C’est l’organisation qui
séparera les tâches incompatibles (donneur d’ordre et exécutant, exploitation / détention et comptabilité,
approbation et contrôle…). La réglementation bancaire exige d’ailleurs un système d’organisation formelle
pour les établissements de crédit.

L’auto contrôle prolonge l’organisation et met l’accent sur le rôle de chaque agent dans le système de
contrôle. Il sous entend également l’existence d’un minimum d’organisation permettant aux agents de faire
des recoupements (validation d’une même information en utilisant plusieurs sources et plusieurs documents
différents)

La permanence précise la nécessité d’une stabilité dans les procédures de contrôle de manière à permettre
leur compréhension par le plus grand nombre et donc de favoriser leur application.
L’auditeur interne doit avoir pour rôle d’assurer cette permanence et éventuellement de faire les
changements appropriés.

COMPTABILITE APPROFONDIE 54
SUPPORT DE COURS

L’universalité du contrôle interne est une garantie de fiabilité car elle inclus dans le champ toutes les
personnes de la structure. Aucun service et aucune entité de l’institution ne doivent être exclus du système
de vérification.

L’indépendance du contrôleur est affirmée afin d’assurer l’efficacité de ses interventions. L’indépendance
indexe également l’absolue nécessité d’atteindre les objectifs assignés au contrôle interne (sauvegarde du
patrimoine, fiabilité de l’information) quelque soit les moyens mis à la disposition de l’agent concerné.
Chacun, dans son domaine, quelques soient les outils dont il dispose doit s’employer à sauvegarder le
patrimoine de la banque et d’accroître la fiabilité du circuit de l’information.

L’information produite et diffusée au sein de l’établissement doit être pertinente, utile, objective,
communicable et vérifiable. Le contrôleur en vérifiera les caractères et indiquera à chaque agent les
conditions pour atteindre ses objectifs.

L’harmonie fixe la nécessaire adéquation entre le contrôle interne et les structures de l’institution. Ce
principe relativise les autres et rend indispensable l’adoption d’un système d’audit interne à la mesure de la
banque. Le système, en recherchant l’efficacité et la sauvegarde du patrimoine, ne doit pas aboutir sur un
enchevêtrement de procédures lourdes et inapplicables.

L’auditeur prend sur lui de vérifier à chaque occasion les failles de conception des procédures, dont la
lourdeur, et de proposer ainsi les correctifs appropriés.

La Qualité des ressources humaines est la dernière mais non la moindre des principes sur lesquels repose
un bon système de contrôle interne. Le personnel des banques doit être de qualité pour appliquer
correctement les procédures de gestion et suivre les instructions des responsables. Les recrutements
doivent se baser sur ce principe. La formation doit être omniprésente.
Les contrôleurs vérifieront régulièrement la qualité des agents et feront des propositions pertinentes à la
hiérarchie en matière de formation et de ré affectation.

232 Le rôle de l’auditeur interne

L’auditeur interne a pour vocation de maintenir un système de contrôle interne performant et qui se
caractérise par la sécurité du patrimoine et la fiabilité du système d’information.

En cela l’auditeur a pour tâche, entre autres, de détecter et de circonvenir, tout risque pesant sur le patri-
moine de l’entité dans laquelle il évolue. Les obligations comptables énoncées ci dessus sont des risques
qui peuvent agir directement ou indirectement sur le patrimoine de l’entité. les sanctions d’inobservation des
règles, les réserves des auditeurs externes et autres commissaires aux comptes sont toutes susceptibles
de porter préjudice à l’entité. Ceci doit donc emmener un auditeur interne à

- maîtriser les obligations comptables et au-delà juridiques d’une entreprise


- effectuer des investigations dans ce sens pour déceler les cas d’infraction ou les zones susceptibles
d’entraîner des infractions
- de formuler toute recommandation d’amélioration.

Il ne doit pas négliger l’appréciation de la qualité des ressources qui figure par ailleurs parmi les principes
les plus importants du contrôle interne.

L’auditeur interne, dans le cadre de ses activités d’amélioration du système d’information de l’entité, doit se
pencher sur les informations comptables. Ces dernières sont un volet important du système d’information

COMPTABILITE APPROFONDIE 55
SUPPORT DE COURS

car portent sur les finances. Elles servent à la prise de décisions importantes. Il doit disposer de
compétences techniques lui permettant de valider la qualité des informations fournies par la comptabilité et
qui sont utilisées pour la prise de décision. Il doit s’assurer de l’efficacité des procédures de collecte et de
traitement des informations.

Ces interventions, dans certaines conditions, peuvent être effectuées à priori comme c’est le cas dans
quelques entreprises. La philosophie de cette intervention est de contribuer à améliorer les procédures en y
prenant part. l’auditeur détectera les faiblesses au fil de l’eau et y apportera les solutions. Si les faiblesses
sont de nature structurelle (compétences, cumul de fonction, défaillances des procédures) il proposera les
mesures de correction aux décideurs. Il doit veiller, dans cette activité, à n’exercer aucune fonction
opérationnelle pour ne pas perdre son indépendance. Les responsables doivent également veiller à cette
indépendance qui est gage de l’efficacité des contrôles menés par l’auditeur interne.

COMPTABILITE APPROFONDIE 56
SUPPORT DE COURS

DOCUMENT JOINT : CONTROLE INTERNE ET JEUX DE RESPONSABILITE

COMPTABILITE APPROFONDIE 57
SUPPORT DE COURS

24. Organisation Spécifique

Le SYSCOA et l’OHADA portent sur la comptabilité générale mais ont exclu certains secteurs de leur
champ d’application. Il s’agit du secteur public mais également des secteurs financiers dans lesquels
officient les établissements bancaires et d’assurance.

Ces structures ont fait l’objet d’une normalisation comptable sous régionale bien avant le domaine général.
Cette normalisation (voir dernier chapitre du cours) a également défini leurs obligations en matière de
fourniture d’informations comptables et financières.

241. Informations à fournir par les banques

Les exigences d’information sont plus importantes pour les entreprises financières. A titre d’exemple,
plusieurs états doivent être élaborés par les banques d’Afrique de l’Ouest.

Le tableau suivant les schématise :

Décade Mois Trimestre Semestre Année


D.E.C 2010 : état D.E.C 2005 : état D.E.C 2011 : D.E.C 2000 : situation D.E.C 2037 : fiche
des opérations des emplois et ventilation des comptable annuelle de
avec le secteur ressources comptes ordinaires renseignements,
gouvernemental affectation du
résultat
D.E.C 2012, D.E.C 2017/2018 D.E.C 2019 : D.E.C 2038 :
2012, 2014, ventilation des crédits ventilation des ventilation des
2015 : ventilation de campagne opérations avec la nouveaux
des opé-rations clientèle concours utilisés
avec les éta- pendant l’exercice
blissements de
crédit selon la
qua-lité, la durée,
le caractère
mobilisable
D.E.C 2016 : D.E.C 2026 : D.E.C 2029 : D.E.C 2039 : état
ventilation des ventilations des opérations avec le des risques pays
opérations avec emplois et ressources groupe
la clientèle selon selon la durée
les catégories
d’agents
économiques
D.E.C 2021 : D.E.C 2040 : encours D.E.C 2030, 2031 : D.E.C 2800 : bilan
ventilation des financier du crédit bail ventilation des
opérations sur engagements hors
ressources bilan selon la durée, la
affectées catégorie
D.E.C 2023 ; D.E.C 2080 : compte D.E.C 2880 :
ventilation des de résultat semestriel compte de résultat
opérations selon annuel
les catégories de

COMPTABILITE APPROFONDIE 58
SUPPORT DE COURS

garanties
D.E.C 2035 :
ventilation des
dépôts et
emprunts selon le
caractère affecté
D.E.C 2041 :
détail de
certaines valeurs
immobilisées
D.E.C 2042 :
détail des
comptes d’ordre
et divers

L’obligation de communication des informations financières est assortie de sanctions.

Celles-ci sont d’ordre pécuniaire et pénal. D’autres sanctions sont enfin prévues par des textes particuliers
(impôts, instructions de la BCEAO, etc …

242. Informations à fournir par les assurances

Les Etats de la zone Franc ont défini ensemble l’organisation de leurs marchés d’assurance à travers le
traité qui institua la CIMA (conférence inter africaine des marchés d’assurance).

C’est ce traité qui a son annexe 1 instaure un code des assurances. L’article 405 du livre IV du code CIMA
énonce les obligations comptables des assurances. Il les astreint à la production annuelle des états
financiers et statistiques suivants :

- le bilan
- le compte d’exploitation générale
- le compte général de pertes et profits
- le compte de résultat en instance d’affectation
- le compte d’exploitation générale par catégorie (état C1)
- les engagements réglementés et actifs représentant ces engagements (état C4)
- la liste détaillée et l’état récapitulatif des placements
- la ventilation par opération
- la ventilation par exercice de survenance des sinistres relatifs aux véhicules
- les paiements et provisions pour sinistres par exercice (assurances terrestres)
- les paiements et provisions pour sinistres par exercice (transport)
- la marge de solvabilité (Etat C11)
- le mouvement au cours de l’exercice inventorié des polices, capitaux ou rentes assurées (Etat C20)
- le détail par année de souscription des capitaux ou rentes sorties au cours de l’exercice inventorié (Etat
C21)
- la participation des assurés ou des porteurs de contrats aux résultats techniques et financiers.

Les règles comptables de base des assurances sont identiques à celles de énoncées par le SYSCOA
même si on peut remarquer que les états financiers à produire sont directement inspirés du plan OCAM.

COMPTABILITE APPROFONDIE 59
SUPPORT DE COURS

Il est imposé aux assurances une comptabilité analytique (par branche) en plus de la comptabilité générale.
En outre, elles doivent produire toute information réclamée par la commission de contrôle CIMA. Elles
doivent tenir plusieurs livres comptables en particulier les livres de caisse et de banque et la balance
trimestrielle.

Il faut noter que le conseil des ministres de l’OHADA en 2000 a recommandé que les comptabilités
sectorielles soient harmonisées avec l’acte uniforme relatif au droit comptable. Ceci sous entend, comme
en EUROPE, que les codifications comptables et les principes comptables ainsi que les méthodes
d’évaluation au moins soient communs. Un chantier est donc ouvert pour les institutions de normalisation
bancaire et du secteur d’assurance. Ce chantier est encours de gestion au niveau des comptabilités
publiques en Afrique de l’Ouest avec la publication de plusieurs directives de l’UEMOA visant à harmoniser
les comptabilités publiques, les tableaux d’opération financière des Etats…(voir dernier chapitre du cours).

243. Informations à fournir par les petites entreprises

Le SYSCOA et l’OHADA ont prévu, à titre dérogatoire, que les petites entreprises ne soient pas assujetties
aux même obligations d’informations que les grandes. Ceci explique l’existence du système minimal de
trésorerie.

A ces entreprises on ne demande que la préparation :

 D’un bilan sommaire contenant la trésorerie à l’actif, le capital et le résultat au passif ;


 D’un compte de résultat qui contient les recettes (ventes) et les dépenses (achats et
autres charges)
 La tenue des livres de recettes et de dépenses qui contiennent les opérations de
recettes et de dépenses et cela de manière plus ou moins détaillée.

La possibilité est ouverte aux petites entreprises de faire évoluer le système en tenant compte notamment
des encours commerciaux (créances et dettes), des encours d’exploitation (stocks) et des opérations en
capital et en investissement. Il s’en suit des états financiers mieux élaborés et permettant un niveau
d’analyse et de prise de décision plus pertinent. Les normes permettent aux petites entreprises de migrer
vers le système comptable de droit commun (système allégé ou normal) ou les obligent de le faire dès
qu’elles dépassent ces seuils.

Il faut regretter que le droit n’indique pas les moyens d’obliger ces entreprises à aller vers ces systèmes et
surtout il n’existe pas de doctrine permettant de situer le niveau de recettes à prendre en compte (chiffre
d’affaires TTC ou HT, composition de ce chiffre d’affaires…).

On peut également regretter que les structures destinées à encadrer les petites entreprises comme les
centres de gestion agréés ne soient pas encore fonctionnels et que la législation fiscale encourage les
petites entreprises à rester dans le secteur informel (voir chapitre précédent sur la présentation du
SYSCOA).

COMPTABILITE APPROFONDIE 60
SUPPORT DE COURS

III - PRINCIPES COMPTABLES ET CADRE


CONCEPTUEL
31. Le Cadre conceptuel du SYSCOA et de l’OHADA

Les deux normes que sont le SYSCOA et l’OHADA innovent en présentant largement leur cadre
conceptuel. Cette longue présentation (presque 100 pages dans le SYSCOA) a pour but d’expliquer aux
praticiens et utilisateurs le cadre d’élaboration de la norme.

Ceci permet de comprendre :

A quoi sert la norme SYSCOA ou OHADA,


A qui sert cette norme.

Le cadre conceptuel rappelle les deux objectifs d’information extérieure et d’informations internes à
l’entreprise. En cela il rappelle l’objectif premier de ces normes qu’est la pertinence partagée.

Le SYSCOA et l’OHADA sont conçus pour répondre aux exigences de plusieurs utilisateurs : la BCEAO, les
partenaires fiscaux et sociaux, les partenaires économiques et financiers…L’information comptable
élaborée se doit de satisfaire aux besoins de ces acteurs. Ceci est rappelé dans le cadre conceptuel.

Les outils et méthodes de fond qui concourent à cette pertinence partagée sont également évoqués. Il s’agit
des principes comptables, des méthodes d’évaluation et du contenu des états financiers dont l’observation
donne à l’information comptable un gage de fiabilité et de régularité.

Les outils et méthodes de forme sont enfin traités pour garantir d’avantage la qualité de l’information fournie
aux partenaires. Ces outils de forme portent sur le plan comptable et les états financiers (le cadre) qui sont
standardisés pour faciliter la lecture et la compréhension de l’information comptable et financière.

Les caractéristiques et spécificités des états financiers sont évoqués dans les chapitres précédents. Dans
les lignes qui suivent les états financiers feront l’objet de commentaire sur base des modèles fournis.

Le cadre conceptuel est une spécificité anglo-saxonne. Il est peu développé dans le plan comptable général
82. Sa reprise dans le SYSCOA et l’OHADA sont à louer car il est d’un apport important dans le contexte
africain ou la doctrine n’est pas abondante et la qualité du personnel comptable assez faible. En donnant
des indications précises sur les objectifs de la norme et ses inspirations stratégiques, le SYSCOA et
l’OHADA guident les utilisateurs vers une meilleure application.

Le droit comptable revient sur le cadre conceptuel et l’illustre au travers de ces articles. Le règlement
s’impose et annule toute disposition antérieure contraire. Il confère au droit comptable une réelle
autonomie par rapport notamment au droit fiscal.

A travers le règlement comptable modifié du SYSCOA ci joint les innovations des deux normes
apparaissent en évidence.
32. Les principes comptables et méthodes d’évaluation du SYSCOA et de l’OHADA

Parmi les principes comptables généralement connus, le SYSCOA a retenu une dizaine pour constituer
l’armature des règles comptables à appliquer. Ces règles sont énoncées dans les articles 3 à 65 du

COMPTABILITE APPROFONDIE 61
SUPPORT DE COURS

règlement. Le but étant d’étendre la même compréhension dans l’ensemble de la zone d’application de la
norme.

L’objectif des principes est donc l’uniformisation des pratiques.

Les principes comptables étudiés dans les lignes qui suivent :

 La prudence
 La permanence des méthodes
 L’intangibilité du bilan
 La spécialisation des exercices
 Le coût historique
 La continuité de l’exploitation
 La transparence
 L’importance significative
 La prééminence de la réalité sur l’apparence (prééminence du fond sur la form).

Le concept d’image fidèle fait l’objet d’un développement pour illustrer l’application des principes
comptables.

Les méthodes d’évaluation, déjà évoquées dans les lignes précédentes, sont enfin traités dans le document
joint.

COMPTABILITE APPROFONDIE 62
SUPPORT DE COURS

DOCUMENT JOINT : PRINCIPES COMPTABLES ET REGLES D’EVALUATION

COMPTABILITE APPROFONDIE 63
SUPPORT DE COURS

33. Les états financiers et le plan comptable du SYSCOA et de l’OHADA

Les états financiers prévus par le SYSCOA et l’OHADA sont au nombre de quatre plus un état statistique. Il
s’agit :

 Du Bilan
 Du Comptes de résultat
 De l’Etat annexé
 Du TAFIRE.

L’Etat supplémentaire est d’ordre statistique et doit être rempli à destination de la centrale des bilans par les
entreprises qui produisent des biens.

Les états financiers comme le démontre le document joint, sont exigés en fonction de la taille des
entreprises. Cette dernière est mesurée par le chiffre d’affaires. Le tableau suivant résume les exigences de
fourniture des états financiers par les entreprises en fonction de leur taille :

Système normal Système allégé Système minimal de trésorerie

Chiffre d’affaires inférieur ou égal


Chiffre d’affaires supérieur à 100 Chiffre d’affaires inférieur ou égal à 10, 20 ou 30 millions de FCFA
millions de FCFA à 100 millions de FCFA et
supérieur aux seuils du SMT

Bilan Bilan allégé Bilan simplifié


Compte de résultat Compte de résultat allégé Compte de résultat simplifié
Etat annexé Etat annexé allégé
TAFIRE
Etat supplémentaire le cas
échéant

Les états financiers feront l’objet d’un traitement approfondi dans le module 12

La liste des comptes du SYSCOA et de l’OHADA a fait l’objet d’une description dans les chapitres
précédents. L’innovation majeure en la matière est l’apparition de cette notion de HAO (hors activités
ordinaires).

Cette distinction introduite par le système comptable OHADA est guidée essentiellement par le souci
d’obtenir des soldes de gestion et un résultat récurrent (susceptible d’être reconduit en dehors des
modifications significatives de structure, de stratégie ou de l’environnement de l’entreprise).

La notion d’activité ordinaire mérite d’être précisée par rapport à l’activité extraordinaire. En effet, il existe
une nuance entre les éléments exceptionnels et les éléments extraordinaires.

Les éléments se décomposent en :

COMPTABILITE APPROFONDIE 64
SUPPORT DE COURS

 éléments sur activités ordinaires


 exploitation normale
 exceptionnels
 éléments ordinaires.

Les éléments exceptionnels parce que :

 anormaux dans leur montant ou leur incidence


 survenant rarement.

sont à classer dans les activités ordinaires.

Par contre les éléments extraordinaires se caractérisent par :

 leur nature inhabituelle


 leur non fréquence
 la cause qui échappe au contrôle de l’entreprise
 et que l’on ne tiendrait pas compte dans l’évaluation de l’entreprise.

Conséquences :

 Les opérations légères d’investissement/financement ne sont pas HAO (exemple renouvellement du


matériel sans novations profondes)

 Ne sont pas HAO des charges d’exploitation d’un montant exceptionnellement élevé (exemple, grosse
perte sur une importante créance client).

34. Approfondissements du SYSCOA et de l’OHADA

La terminologie explique la portée des notions comptables. Le SYSCOA commente et explicite ainsi plus de
500 termes afin de faciliter leur compréhension.

La comptabilité analytique, comme outil de gestion, fait l’objet d’un développement spécifique dans le SYS-
COA (absente dans l’OHADA). Elle est abordée comme un outil utilisant l’information comptable dans un
but interne. Les différents coûts sont traités avec des indications sur leur calcul et leur sens. La méthodolo-
gie de mise en place d’une comptabilité analytique fait enfin l’objet d’un traitement spécifique.

L’analyse financière, une des causes de sa mise en œuvre, est abordée dans le SYSCOA.

Elle est abordée dans un premier temps en tant que part entière de la norme. Les codifications des états
financiers servant de base aux agrégations par la centrale des bilans forment un premier degré d’analyse
des états financiers. La possibilité d’obtention directe d’information de gestion et d’information d’analyse
financière (valeur ajoutée, Besoin de financement d’exploitation…) fait également figure de cas d’analyse
financière intégrée à la comptabilité. Enfin dans ce chapitre des soldes d’analyse sont développée dans le
corpus pour servir d’élément de base à la prise de décision par les responsables d’entreprise. Les mesures
de performance, les outils d’analyse de la structure financière sont ainsi largement évoqués.

La centrale des bilans fait l’objet de test actuellement par la banque centrale. Elle devrait être opérationnelle
à court terme. Il faut espérer à ce niveau qu’en ce moment elle servirait de guichet unique de dépôt des
états financiers.

COMPTABILITE APPROFONDIE 65
SUPPORT DE COURS

Les domaines abordés par le SYSCOA et l’OHADA font de ces normes des zones de convergence et de
normalisation de l’information financière et comptable et cela pour tous les secteurs. C’est comprenant cela
que les Etats ont d’ores et déjà lancé des reformes de leur propre système comptable en se référant au
SYSCOA et l’OHADA.

Au Mali le décret 99 297 d’octobre 1999 a instauré la nouvelle nomenclature des collectivités territoriales. Il
met en place une comptabilité proche de celle du SYSCOA dans les collectivités du pays.

A l’échelle sous régionale l’UEMOA a adopté et est entrain de mettre en œuvre une série de directive
portant sur l’organisation financière et comptable des comptables inspirées du SYSCOA. Il s’agit de :
 DIRECTIVE N° 02/99/CM/UEMOA portant amendement de la Directive N° 05/97/CM/UEMOA relative
aux lois de finances ;
 DIRECTIVE N° 03/99/CM/UEMOA portant amendement de la directive n° 06/97/cm/uemoa relative au
règlement général sur la comptabilité publique ;
 DIRECTIVE N° 04/99/CM/UEMOA portant amendement de la Directive N° 04/98/CM/UEMOA relative à
la nomenclature budgétaire de l'Etat ;
 DIRECTIVE N° 05/99/CM/UEMOA portant amendement de la Directive N° 05/98/CM/UEMOA relative
au Plan Comptable de l'Etat (PCE UEMOA) ;
 DIRECTIVE N° 06/99/CM/UEMOA du 21 décembre 1999 (comme les quatre précédente) portant
amendement de la Directive N° 06/98/CM/UEMOA relative au Tableau des Opérations Financières de
l'Etat ;
(TOFE UEMOA)
 DIRECTIVE N° 02/2000/CM/UEMOA du 29 juin 2000 portant adoption du Code de Transparence dans
la gestion des finances publiques au sein de l'UEMOA.
Ces textes sont en voie d’application par les Etats.
Il reste aux autres secteurs de mettre en œuvre des reformes pour se conformer aux SYSCOA et à
l’OHADA.

COMPTABILITE APPROFONDIE 66
SUPPORT DE COURS

IV. CAS PRATIQUES

Cas de conception des états financiers sur base des soldes


Cas des principes comptables avec des illustrations
Cas HAO

COMPTABILITE APPROFONDIE 67
SUPPORT DE COURS

V. SOLUTIONS AUX CAS PRATIQUES

Cas de conception des états financiers sur base des soldes


Cas des principes comptables avec des illustrations
Cas HAO
Cas de contrôle interne.

COMPTABILITE APPROFONDIE 68
SUPPORT DE COURS

DOCUMENTS SUPPORTS :

1. Séries de l’INTEC : histoire de la comptabilité, normalisation internationale

2. Revues professionnelles (presse internationale), support de formation SYSCOA, revue


Malienne de comptabilité : notion de norme, normalisation internationale et organisation
de l’IASC, actualités comptables.

3. Documents de l’ordre : panorama africain des organisations et des normes.

4. Support de formation AFD SYSCOA et OHADA : historique des deux normes.

6. Livre de Souleymane SERE, Livre de Moussa MARA sur le SYSCOA, livre de Blaise GOUSSOU sur le
SYSCOA, support de formation droit comptable de l’ERSUMA : Organisation comptable, principes
comptables et méthodes d’évaluation, états financiers, plan comptable.

7. Support de comptabilité bancaire, des assurances, SMT : obligations des banques ; assurances et TPE
pour la fourniture d’informations, comptabilité bancaire et des assurances.

8. SYSCOA PCG et guide d’application: cadre conceptuel, principes comptables et méthodes


d’évaluation, états financiers, plan comptable et notion de HAO, approfondissement

9. SYSCOA en question, support de formation au SYSCOA de SEC DIARRA : Devises, contrat pluri
exercices, crédit bail, réévaluation….

10. Revues de l’OHADA, Publications de l’UEMOA, publication de la cour de justice d’Abidjan

Sites UEMOA : [Link]


Sites OHADA : [Link]

COMPTABILITE APPROFONDIE 69

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