Effet Doppler et cinématique relativiste
Effet Doppler et cinématique relativiste
cinématique relativiste
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De RS à RM : la source est en mouvement et M est immobile
dans RM
vS TS
tM2 = tM1 + TS −
w
vS
TM = TS 1 −
w
De RM à RO : cette fois-ci, M est en mouvement et O immobile
dans RO
w - vO
- vO
x
M Signal O
Observateur fixe dans RO
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la distance parcourue par M
pendant le temps TM
TO = TM +
vitesse du signal dans RO
Il faut tout de même faire attention ici car maintenant M et O s'éloignent,
d'où le changement de signe dans l'expression précédente car M va à la vitesse
−vO par rapport à O. D'autre part, la vitesse du signal dans RO peut s'obtenir
aisément en utilisant le principe d'additivité des vitesses : wO = w − vO (cf.
gure 2).
Ainsi :
vO .TM
TO = TM +
w − vO
vO 1
TO = TM 1+ = TM
w − vO 1 − vwO
Bilan
1 − vwS
TO = TS
1 − vwO
Soit la fréquence νO reçue par l'observateur est donnée par :
1 − vwO
νO = νS
1 − vwS
NB :
On peut remarquer que, dans le cas de l'eet Doppler classique, les vitesses de
l'observateur et de la source ne sont pas interchangeables : dans le cas d'une
source immobile, ou d'un observateur immobile, on n'obtient pas la même for-
mule, bien que l'on imagine intuitivement que les deux situations sont symé-
triques. Cela est dû au fait que la vitesse du signal échangé entre S et O dépend
du référentiel dans lequel elle est mesurée, et sera donc diérente dans un cas
où la source est immobile ou en mouvement.
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Ceci ne doit plus être vrai avec un signal lumineux, sa vitesse ne dépendant
pas du référentiel. Mais alors on sort du cadre de la mécanique classique car
l'additivité des vitesses de Galilée ne s'applique plus à l'onde lumineuse.
TS0 = γTS
w =[Link]
V
x
S Signal O
On peut suivre le même raisonnement que celui que l'on a utilisé dans le cas
de l'eet Doppler classique :
0
Dans RS , S émet un premier signal à tS1 −→ Dans RO , O reçoit ce signal à
t0O1
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0
Dans RS , S envoie un deuxième signal à tS2 −→ Dans RO , O reçoit ce signal
à t0O2
Entre deux signaux consécutifs émis par la source, il s'est écoulé dans RS
TS = tS2 − tS1 , et donc il s'est écoulé dans RO le temps TS0 = γTS .
0
Ainsi, on peut exprimer la période reçue par O dans son référentiel RO :
V.TS0
V
TO0 = t0O2 − t0O1 = TS0 + = γTS 1 +
c c
En remplaçant γ par son expression et en passant en fréquence :
q
V V
1 1+ c 1− c
0
νO = νS V
= νS V
γ 1+ c 1+ c
s
V
0 1− c
νO = V
νS
1+ c
NB :
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Pour exprimer ce décalage de longueur d'onde, on utilise le Redshift Z. Il
est déni comme suit :
λobs − λp
Z=
λp
où λobs est la longueur d'onde de la transition observée, et λp la longueur d'onde
propre de cette même transition, c'est-à-dire mesurée dans un référentiel où la
source est au repos. En pratique λp est déterminée en laboratoire par des mesures
dites de spectroscopie.
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- Plus vieilles galaxies détectées : on les observe avec un redshift Z ≈ 8.
Le redshift cinétique
Le redshift gravitationnel
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3.2 Cinématique relativiste
3.2.1 Composition des vitesses
On a vu dans le chapitre I que l'une des conséquences des transformations
de Galilée, en mécanique classique, est le principe d'additivité des vitesses. En
relativité restreinte, l'invariance de c impose que ce principe de peut plus être
respecté. On va alors établir les lois relativistes de composition des vitesses par
changement de référentiel d'inertie à l'aide des transformations de Lorentz.
Considérons deux référentiels : un référentiel R(x, y, z, t) immobile, et un
autre référentiel R0 (x0 , y 0 , z 0 , t0 ) animé dans R de la vitesse V ~ constante. On
0
choisira les axes x et x confondus, de telle façon à ce que V ~ = V ~ux avec V
0
une constante positive. Enn, on choisit l'origine des temps t et t telle que, à
t = t0 = 0, les deux deux référentiels sont confondus x0 (0) = x(0) = y(0) =
y 0 (0) = z(0) = z 0 (0) = 0.
y y’
(R) (R’)
v
vy
V
M
vx
x x’
vz
z z’
dx dy dz
vx = vy = vz =
dt dt dt
Dans R0 , on fera la distinction entre la transformation de la composante de
v 0
suivant x0 , (donc dans la direction de ~)
V et suivant y0 et z0 (donc dans les
directions orthogonales à~ ).
V
Composante de →
− ~
v 0 dans la direction de V :
dx0 d [γ (x − V t)]
vx0 = =
dt0 d γ t − cV2 x
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Comme V est une constante :
dx
γ (dx − V dt) −V
vx0 = V
= dt V dx
γ dt − c2 dx 1 − c2 dt
Soit :
vx − V
vx0 =
1 − Vcv2x
Composante de →
− ~
v 0 dans les directions orthogonales à V :
dy 0 dy dz 0 dz
vy0 = = vz0 = =
dt0 V dt0 V
d γ t− c2 x d γ t− c2 x
dy dz
vy0 = dt
vz0 = dt
− cV2 dx − cV2 dx
γ 1 dt γ 1 dt
Et donc :
vy vz
vy0 = vz0 =
γ 1 − Vcv2x γ 1 − Vcv2x
NB :
On peut noter que, bien que les transformations de Lorentz laissent in-
changées les coordonnées spatiales orthogonales au vecteur vitesse de R0
par rapport à R, ici y et z, les coordonnées vx et vy sont modiées par
changement de référentiel. Cela s'explique par le fait que la coordonnée
temporelle, qui intervient également dans l'expression de la vitesse, est
modiée par les transformations de Lorentz. C'est un phénomène très dif-
férent de ce qui se passe en mécanique classique, où seule la composante
suivant ~
V était modiée.
0 0
vM y
= vM z
=0
V
0 vMx − V c−V 1− c
vM x
= V v Mx
= V
=c V
=c
1− c2
1− c 1− c
0
On retrouve bien que vM =c
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3.2.2 Aberrations optiques relativiste
y
V
O
Dans RS , le signal lumineux de S vers O est émis à l'angle θ avec une vitesse
~v de module c:
~v = c (cos θ.~ux + sin θ.~uy )
Dans RO , O voit la lumière issue de S décrire un angle θ0 avec l'axe des x0 . Dans
ce référentiel, le signal se déplace de S vers O avec la vitesse
→
−
v0 également de
module c :
→
−
v 0 = c (cos θ0 .~ux + sin θ0 .~uy ) (1)
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Or, on peut utiliser la loi de composition des vitesses pour exprimer
→
−
v0 en
fonction de ~v . Suivant x, on a :
vx + V c cos θ + V cos θ + Vc
vx0 = = = c (2)
1 + Vcv2x 1 + V cos
c
θ
1 + V cos
c
θ
V
cos θ +
cos θ0 = c
V cos θ
1+ c
Ce qui implique donc que pour O, le signal est émis à un angle plus petit
que l'angle réel d'émission du signal dans RS .
Ce phénomène rencontré en astronomie trouve également un application
dans les sources de lumière synchrotron : dans le référentiel de la source (ici
une particule chargée oscillante analogue à un dipôle de Hertz), le rayonnement
électromagnétique est émis dans un grand angle solide orthogonal au sens d'os-
cillation de la charge. Pour un utilisateur du rayonnement, pour lequel la charge
se rapproche à vitesse relativiste, le rayonnement est très piqué autour de la
direction de déplacement de la source. Cela permet donc de récupérer pour un
utilisateur un maximum de lumière sans perte due à la distribution angulaire.
d~v
~a =
dt
Il est alors possible d'exprimer cette même accélération dans tout autre référen-
tiel R0 animé de la vitesse ~ = V.~ux .
V Suivant ~u0x = ~ux , on sait que :
dvx dvx0
ax = et a0x =
dt dt0
En utilisant la loi de composition des vitesses qui exprime vx0 en fonction de vx :
vx − V
vx0 =
1 − vcx2V
dvx0 dv 0 dt
a0x = 0
= x× 0
dt dt dt
avec
−1 −1 −1
dt0
dt d V V vx
= = γ t − 2x = γ 1− 2
dt0 dt dt c c
41
et
2 −2
vx V
+ (vx − V ) Vca2x 1 − Vc2
dvx0 ax 1 −
c2 −2 vx V
= 2 = 2 ax = γ 1− 2 ×ax
dt 1 − vcx2V 1 − vcx2V c
V vx
−1
Ainsi, en posant κ= γ 1− c2 :
a0x = κ3 ax
" V vy
# " #
V vz
a0y =κ 2
ay + c2
ax a0z 2
=κ az + c2
ax
1 − Vcv2x 1 − Vcv2x
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