INTRODUCTION
A l’issue du séminaire de droit économique, il nous a été demandé de faire
une synthèse de ce qu’avait développer l’intervenant.
Cependant, l’intervenant avait parlé de beaucoup de choses de Nous
devrions savoir sur le Droit économique en République démocratique du
Congo. Ainsi, ce qui nous a beaucoup plus Attiré parmis les sujets
Développés est l’évolution des statuts des entreprises publique en
République démocratique du Congo. Celle-ci fera l’objet de notre présente
développement.
Néanmoins nous pouvons dire quelque chose sur la notion du droit
économique (section 1 ) , la réglementation des prix en République
démocratique du Congo ( section 2 ), le droit OHADA ( section 3 ) avant
d’aborder l’interventionnisme Étatique et l’intérêt général ( chapitre 1 ) et
La création, organisation et fonctionnement des entreprises publique en
République démocratique du Congo ( chapitre 2 ) .
Section 1. La généralité sur le droit économique.
§1. Définition du Droit
Le terme « Droit » tirerait sa provenance du terme latin
« Directum » qui signifie « conforme à la règle ».
Ce mot peut porter plusieurs significations ; mais, nous nous en tenons à
l’essentiel ici ; nous allons l’analyser sur deux paliers, à savoir au sens
vulgaire et au sens technique, juridique, scientifique.
D’abord, le terme « Droit » viendrait du mot latin « jus »
Qui signifie carrément droit ; il serait également lié au radical du verbe «
judicare » et ses dérivés « judex, justitia » qui se traduisent par juger,
juge, justice, etc. Aussi, le radical du verbe latin
« jubere »
Qui désigne comme contraindre, ordonner, Commander, permettre, etc.
§2. Définition de L’économie
Le mot « Économie » vient de l’expression grecque oikou nomos qui
signifie « la loi de la maison » et que l’on pourrait traduire en langage
moderne par la gestion.
Aussi Ensemble des activités d’une collectivité humaine relatives à la
production, à la distribution et à la consommation des richesses.
§3. Définition du droit économique
Le droit économique n’a pas de définition précise. Il vacille entre deux
tendances : l’une étroite, et l’autre large.
Selon la tendance étroite proposée par GERMAIN :le droit économique se
définit comme l’ensemble des règles juridiques permettant à l’État d’agir
directement sur l’économie.
Par contre, selon la tendance large, proposée par GÉRANT FARGAT : le droit
économique se définit comme le droit de l’organisation et du
développement économique relevant soit de l’État, soit de l’initiative
privée ou du concert de l’un et de l’autre.
Ainsi Le tissage de liens étroits entre le droit et l’économie est une
question d’autant plus cruciale que se développent des formes nouvelles
de régulation de pans entiers de la vie économique et qu’apparaissent des
considérations économiques au cœur même de la régulation juridique,
comme le démontrent l’essor du droit de l’énergie et des réseaux ou les
pratiques étrangères de partenariats public-prive.
Section 2. La réglementation du prix en RDC.
Il convient de dire que , la question de réglementation des prix en RDC est
traitée par la LOI N°18/020 DU 09 JUILLET 2018 RELATIVE A LA LIBERTE
DES PRIX ET A LA CONCURRENCE. Celle-ci dispose que la liberté de prix
donne le droit à toute personne exerçant une activité économique ou
Commerciale de fixer le prix de son bien ou service dans les conditions
prévues par la loi. La liberté de concurrence implique le droit pour toute
personne d’exercer une activité économique ou commerciale de son choix
aux conditions qu’elle juge compétitives, qu’elle Fixe librement sous
réserve des restrictions légales. Son exercice ne doit porter atteinte ni à la
protection de la propriété industrielle et Intellectuelle, ni aux droits
légitimes des tiers.
Les prix des biens et services sont librement fixés par ceux qui en font
l’offre.
Ils ne sont pas soumis à homologation préalable mais doivent, après qu’ils
aient été fixés,
Etre communiqués, avec le dossier y afférent, au Ministre ayant
l’Économie nationale dans Ses attributions, pour un contrôle a posteriori.
Section 3 le Droit OHADA
L’organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en afrique a été
créée dans Le but de promouvoir l'émergence d'une communauté
Economique Africaine, de renforcer la sécurité juridique et judiciaire pour
favoriser le développement de l'Afrique et de contribuer à la consolidation
de l'Unité Africaine.
Le Traité relatif à l’harmonisation du droit des affaires en Afrique a été
ratifié par la RDC le 27 juin 2012 et les instruments d’adhésion à l’OHADA
ont été déposés le 13 juillet 2012 auprès du Sénégal, pays dépositaire.
Chapitre 1. INTERVENTIONNISME ÉTATIQUE ET INTÉRÊT GÉNÉRAL
SECTION 1 HISTORIQUE ET MODALITÉS DE L’INTERVENTIONNISME
L’interventionnisme est une doctrine qui prône l’irruption de l’État dans les
affaires relevant traditionnellement du secteur privé.
Ainsi s’oppose-t-il au libéralisme et à la liberté de marché.
Dans l’histoire, l’État ne s’occupait que de la police et de l’ordre public, et
laissait de côté les affaires économiques entre les mains des privés. avec
des guerres, crises, pénuries, etc. et pour éviter que les privés n’empiètent
sur les intérêts des citoyens, l’État a été obligé d’abandonner sa neutralité
pour intervenir directement en vue de rétablir l’équilibre du marché et
sauvegarder l’intérêt général.
De ce fait, il est arrivé que l’État lui-même se comporte en entrepreneur et
crée des emplois. D’où le qualificatif d’État providence ou État
messianique.
En résumé, l’État limitait ses interventions dans les domaines de ses
pouvoirs régaliens et spécialement en matière de sécurité et de l’ordre
public. On l’a alors appelé État gendarme. De ce fait, l’activité économique
était l’apanage des privés qui la régulaient selon les règles de l’offre et de
la demande.
Mais, laisser aux privés ce secteur vital de la nation devenait risqué. Le
principal risque résulte du fait que l’action des privés est motivée par le
but de lucre (profit).
Toutefois, l’intervention de l’État ne doit pas toujours prendre les allures
d’un État providence, càd, qui pourvoit à tout au profit de tous,
décourageant ainsi toute initiative privée.
Ses interventions devraient concerner les secteurs vitaux pour les citoyens
où les privés n’auraient pas l’intérêt d’investir.
L’État devrait également intervenir pour réguler les secteurs laissés aux
privés.
Il résulte que c’est l’intérêt général qui est au cœur de l’interventionnisme
étatique.
L’interventionnisme se fait sous deux formes :
- Soit, l’État lui-même est entrepreneur.
- Soit, il se limite à réguler l’activité économique
SECTION 2 : ÉTAT ENTREPRENEUR
L’Etat entrepreneur est celui qui se met dans la peau d’opérateur
économique en mettant en place tous le mécanisme pour améliorer dit le
prof KIYALA, aussi la rentabilité doit être en assurer parce qu’il doit
produire, distribuer en perpétuité…
Aussi est appelé l’état commerçant.
L’État entrepreneur est celui qui revêt le rôle de patron, client, fournisseur,
concurrent. Malgré ses pouvoirs régaliens, il se soumet aux règles de
marché au même titre que les autres entrepreneurs.
§1. CONTENTIEUX BELGO-CONGOLAIS
A partir de 1890, Léopold II créa trois sociétés à charte d otées des
prérogatives de puissance publique dont notamment le pouvoir d’accorder
à d’autres des concessions de terre.
Société à charte : s ociété dont l’existence est prévue par la charte
coloniale.
Ces sociétés sont :
- Comité spécial du Katanga
- Chemin de fer du Congo supérieur aux grands lacs africains
- Comité national du Kivu
L’exploitation florissante des ressources du sol et du sous-sol congolais a
conduit Léopold II à créer trois holdings :
- Union minière du Haut-Katanga
- Compagnie de chemin de fer du Bas-Congo au Katanga
- Société internationale forestière et minière du Congo
Chaque société a son siège social et d’exploitation sur le territoire
congolais.
Cependant, à l’approche de l’indépendance, la Belgique adopta une
attitude assez surprenante en prenant deux lois portant option de
nationalité pour les sociétés à capitaux étrangers et suppression des
sociétés à charte.
Il va de soi que la plupart des sociétés optèrent pour la nationalité belge et
leurs établissements situés sur le territoire congolais furent érigés en
succursales.
Le gouvernement congolais refusa l’application de cette loi et exigea par
contre :
- Le paiement des droits résultant de l’exploitation des concessions
d’exploitation.
- Des droits découlant de la participation de la colonie dans les organismes
et sociétés
Parastatales et mixtes.
- Les titres de créances détenus par la Belgique au nom du Congo.
La Belgique s’obstina à céder à la RDC les actions de l’État dans les
sociétés industrielles et commerciales qui constituaient le patrimoine de
l’ancienne colonie.
Elle soumettait la restitution du portefeuille à la reconnaissance par les
autorités congolaises de la dette publique contractée par la Belgique.
En sus, elle exigeait que la RDC indemnise toutes les sociétés belges qui
étaient victimes de troubles qui ont suivi l’indépendance.
Ce sont là quelques éléments qui constituaient les contentieux belgo-
congolais.
Certains des ces contentieux trouvèrent solution lors des négociations
entamées par les premiers ministres Adoula et Spaak.
Il s'agit notamment de l’acceptation de l’État congolais de la dette
coloniale intérieure exprimée en francs congolais et de l’acceptation de la
Belgique la dette coloniale exprimée en devises et garantie par elles.
Il y a également l’acceptation par la Belgique de transférer à la RDC la
propriété des titres constituant le portefeuille de la colonie ainsi que tous
les droits et obligations y relatifs.
Il se révèle hélas plus tard que la Belgique n’a pas transféré les titres de
plusieurs sociétés importantes.
Ce qui expliquait la décision de nationalisation prise par le président
Mobutu lors de son accession au pouvoir.
§2 : DE LA LOI DU 6/1/1978 AUX LOIS DU 7/7/2008
Avant 2008, l’entrepreneuriat étatique a principalement consisté à
nationaliser, créer et gérer les entreprises publiques.
Ces dernières étaient régies par la loi n° 78/002 du 6/1/1978 portant
dispositions générales applicables aux entreprises publiques.
Le contenu de cette loi et sa mise en application ont été inefficaces.
Les entreprises publiques, au lieu de constituer une bouffée d’oxygène
pour l’État, étaient devenues une charge pour l’État congolais.
Parmi les raisons de cette situation :
- Les pouvoirs exorbitants des mandataires et gestionnaires des
entreprises publiques
Ex : Le PDG était à la fois président au conseil d’administration et au
comité de gestion. Or, le premier a compétence de contrôler la gestion.
- La position de monopole et d’absence de concurrence
Ainsi donc, la législation a choisi d’abroger la loi de 1978 par une série de
quatre lois datant du 7/7/2008 et ayant trait avec les entreprises du
portefeuille de l’État :
- Loi n° 08/007 du 7/7/2008 portant dispositions générales relatives à la
transformation des entreprises publiques.
- Loi n° 08/008 du 7/7/2008 portant dispositions générales relatives au
désengagement de l’État des entreprises du portefeuille.
- Loi n° 08/009 du 7/7/2008 portant dispositions générales applicables aux
entreprises publiques.
- Loi n° 08/010 du 7/7/2008 fixant les règles relatives à l’organisation et à
la gestion du portefeuille de l’État.
Ces lois visent la stimulation des entreprises de l’État et l’accroissement
de leur capacité de production.
§3 : NATIONALISATION, ZAÏRIANISATION, RADICALISATION ET
RÉTROCESSION
A. NATIONALISATION
Plusieurs lois ont été prises pour transférer à l’État la propriété des
entreprises agricoles, entreprises agro-industrielles, carrières, grandes
unités commerciales appartenant aux étrangers
Dans ces derniers cas, les propriétaires ont été indemnisés.
Cas de :
- L’Union minière du Haut-Katanga.
- Les sociétés Kilo-Moto et Forminière
B. MESURE DE ZAÏRIANISATION
Le président Mobutu prit des mesures de zaïrianisation en 73 visant à
transférer la propriété des entreprises industrielles, commerciales ou
agricoles, des mains des étrangers aux mains des congolais appelés
acquéreurs.
Hélas, les acquéreurs ont mal géré les entreprises acquises.
C. MESURE DE RADICALISATION
Prises en 75, elle a consisté pour l’État à récupérer les entreprises
zaïrianisées et les gérer sous forme de régies et d’offices.
Encore une fois, il y a eu échec.
L’État se résolut à prendre une dernière mesure.
D. RÉTROCESSION
La rétrocession a été prise par la loi n° 77/027 du 17/11/1977 avec effet
rétroactif au 17/11/1976.
Cette mesure permettait aux étrangers ayant longtemps travaillé au
Congo et âgés de plus de 60 ans de récupérer la totalité des intérêts leur
appartenant au sein des sociétés zaïrianisées et radicalisées.
L’Etat régulateur : ici l’Etat contrôle pour qu’il n’ait pas la violation d e
droit de propriété d’autrui ; il encadre en mettant de l’ordre et sur veille en
sanctionnant. L’État intervient en créant des lois en orient ant la vie
économique.
Ici le prof kiyala parle de 3 élément de l’état régulateur, il s’agit de :
Cordonner, Contrôler Et Encadrement .
L’Etat doit surveiller la sphère économique en mettant en place des lois
pour la régulation et des institutions pour leurs applications.
Aussi la sanction ne doit pas interrompre l’implantation, la production et la
distribution d’où la production doit être en permanence.
Chapitre 2 : CRÉATION des Entreprises publique en Rdc.
Section 1. NOTIONS GÉNÉRALES
§1. OBJET DES ÉTABLISSEMENTSPUBLICS
Aux termes de la loi n° 08/009 du 7/7/2008, l’établissement public est
toute personne morale de droit public créé par l’État pour remplir une
mission de service public.
Les établissements publics couvrent une variété d’objets dont le caractère
commun est le fait de ne pas poursuivre un but de lucre.
Il peut s'agir du domaine administratif, social, culturel, scientifique, et
technique.
A QUI APPARTIENT L’ÉTABLISSEMENT PUBLIC ?
L’établissement public est une propriété de l’État, lequel lui confère une
personnalité juridique et un patrimoine distincts.
SECTION 2. LEGISLATION SUR LES ENTREPRISES PUBLIQUES
L’Etat congolais intervient dans l’organisation de l’économie non
seulement par l’édiction d’une législation, mais aussi par la prise en
charge et l’exercice des activités économiques. En tant que tel, l’Etat a
créé des entreprises tantôt publiques, tantôt mixtes devant gérer certains
secteurs importants comme les mines, les transports, l’énergie, … Ces
entreprises industrielles et commerciales créées par l’Etat dans ce
contexte constituent ce qu’on appelle généralement secteur public
industriel et commercial.
Mais si cet Etat entrepreneur n’a pas totalement échoué, il n’a cependant
pas réalisé l’objectif qu’il s’était assigné. En effet, le bilan de ces
entreprises sur le plan socio-économique n’échappe pas à la critique.
Ainsi, le principe de la libre entreprise étant devenu plus que jamais un
véritable credo économique, l’Etat se voit désormais obligé de revoir sa
politique économique pour privilégier l’initiative privée, tout en gardant
bien sûr son pouvoir réglementaire.
C’est dans ce contexte que se justifie la vaste réforme entreprise en 2008
par l’Etat congolais par l’entremise de son Ministère du Portefeuille et ce,
avec l'appui technique du Comité de pilotage pour la réforme des
entreprises publiques (COPIREP).
Si l’Etat congolais n’a pas procédé à la privatisation pure et simple de ces
entreprises publiques, il a sans doute opéré une véritable « catharsis » à
travers la transformation des dites entreprises en vue de concilier les
aspects service, rentabilité et viabilité pour leur permettre d’assurer leur
rôle dans la relance économique de la RDC. En effet, la Loi n° 78/002 du
06 janvier 1978 portant dispositions générales applicables aux entreprises
publiques avait mis fin à la diversité des régimes juridiques qui
garantissaient les sociétés nationalisées et a consacré l’appellation «
Entreprises publiques » aux dites sociétés. Elle a le mérite d'avoir organisé
un régime général uniforme et des règles de gestion identiques des
entreprises publiques.
Les établissements publiques de la loi de 1978 n’ayant pas atteint leurs
objectifs , le gouvernement de la RD Congo engagea en 2008 la réforme
de son portefeuille par la transformation des entreprises publiques en «
sociétés commerciales »
La réforme de 2008 se fonde, du point d vue du cadre légal, sur les
dispositions des articles 122 et 123 de la constitution de la République du
18 février 2006.
Il importe, en effet, d'assurer au portefeuille de l'Etat un cadre
institutionnel approprié au mode privé et susceptible d'imprimer une
dynamique nouvelle à sa gestion, de promouvoir sa rentabilité et de
facilité le cas échéant, le désengagement de l'Etat.
C'est que dans le secteur des entreprises publiques, l'option de
libéralisation de l'économie et l'insuffisance de ressources ont conduit
l'Etat à revoir son rôle dans les secteurs productif et marchand en vue de
se consacrer davantage à sa mission de régulation.
Ainsi donc, ces entreprises publiques caractérisées dans leur
fonctionnement par une insuffisance et un manque de performances
financières, économiques et sociales nécessitent des ressources
importantes que l'Etat ne peut leur assurer. Aussi sont-elles incapables
que la communauté nationale attend d'elles, leur manque de rentabilité
entrainant ainsi une charge supplémentaire pour les finances publiques.