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Relecture de l'Eucharistie en communauté

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Axe disciple - Dimension « de vocation personnelle » - Agir

L’Eucharistie :
Relire ma participation à l’Eucharistie - célébrer en CL
Parcours sur deux réunions

Visée : Relire sa pratique de l’Eucharistie, célébrer en communauté locale.


Puis, lors d’une seconde réunion, relire la célébration commune, repérer les déplacements qui ont pu
se produire entre la première et la seconde réunion.

Première réunion :

 Texte pour la prière : « Jésus leur dit : Je suis le pain de vie … » Jn 6, 35-59

 Pour préparer mon partage : je relis ma participation à l’Eucharistie pendant les derniers mois,
ou les dernières années, en m’aidant des questions suivantes :
- Quelle(s) messe(s) m’ont touché, rejoint, permis de prier, de vivre une grâce,… ? Quelle(s)
messe(s) m’ont mis mal à l’aise ?
- Lors d’une Eucharistie, y a-t-il des moments de la liturgie qui me parlent plus (ou pas) ?
Qu’est ce que je goûte ? Qu’est ce qui me nourrit ? Qu’est ce qui fait que j’y participe ou pas ?
- Manger, boire, écouter : des termes associés à l’Eucharistie ? qu’est ce qu’ils signifient pour
moi ? quel sens est ce que j’y donne ? Le texte de l’Evangile m’apporte-t-il un éclairage
nouveau ?
- Et en sortant de la messe…. Quelle place je donne à l’Eucharistie dans ma vie quotidienne,
dans ma semaine, dans mon année ? Quel impact sur ma vie, sur le concret à la messe ?

> Suite à cette relecture, je choisis ce que je souhaite partager en CL.

Célébration :
Préparer et vivre une messe en communauté locale.
Si ce n’est pas possible, choisir un endroit pour aller prier ensemble (chez un membre de la CL, dans
une chapelle) et préparer le temps de prière.
 Choisir les chants, les lecteurs …
 Prendre soin de l’offertoire, en fonction du contexte de la communauté locale :
- chacun peut amener une bougie, une fleur, un objet qui symbolise sa vie
- ou prendre du papier cadeau coupé (déchiré) en longues bandes : chacun est invité à écrire
sur l’envers ce qu’il dépose devant le Christ, les papiers sont ensuite disposés sur l’autel / la
table (face écrite invisible) comme des chemins qui se croisent. Sur chaque chemin placer
une bougie, au centre placer une grande bougie symbolisant le Christ qui rassemble.
 A la place de l’homélie, préférer une prière guidée, et inviter chacun à énoncer ce qui l’a
touché,…
Seconde réunion :

 Texte pour la prière : Mc 8,14-21 : les disciples manquent de pain.

 Pour préparer mon partage : je relis la réunion sur l’Eucharistie, l’Eucharistie que nous avons
célébrée ensemble.
- Y a-t-il des points qui prennent du sens ? qui s’éclairent ? des temps de la célébration qui
me parlent différemment ? qu’est ce que je peux en dire ? que puis-je partager ?
- Est-ce que l’Eucharistie prend une coloration différente? Est-ce que les dernières
réunions m’invitent à faire un pas ? Si oui lequel ? si non pourquoi ? Est-ce qu’il y a des
éléments que j’ai envie de creuser ? Quels moyens est-ce que je me donne ?
- Les autres à la messe : des étrangers, des membres d’une même famille, des
compagnons, des voisins, des indésirables ? Comment est ce que je me situe dans ce
peuple ? Qu’est-ce qui fait que je sois en communion avec mes voisins de banc ou non ?
Qu’est-ce que cela dit de ma relation à l’Église ?
- L’Eucharistie un mystère, un don gratuit du Christ à son peuple (l’Église). Qu’est ce que
j’en perçois ?

Note : ne pas hésiter à ajouter des questions qui feraient suite à la première réunion.

> Suite à cette relecture, je choisis ce que je souhaite partager en CL.

Autres ressources :

 Fiche Une vie Eucharistique (voir la page d’accueil « compléments d’idées pour les
réunions » : http://www.cvxe.fr/fiches/fiches.html)
 Revue Vie Chrétienne n°40 – mars 2016 : http://www.viechretienne.fr/sommaire/N-40-3-
2016,304.php:
 Extrait de la Didaché (voir texte ci-dessous)
 Extrait d’un cours de licence de Simon Knaebel – faculté de théologie de Strasbourg (voir
texte ci-dessous)

Date : Révision août 2017


Extrait de la Didaché

La Didachè est un petit livre qui fut écrit en langue grecque, sans doute en Syrie, vers la fin du premier
siècle ou au début du deuxième siècle de notre ère.

1. - Quant à l'eucharistie, faites ainsi vos actions de grâce. D'abord pour la coupe :
2. - " Nous Te rendons grâce, notre Père,
pour la sainte vigne de David Ton serviteur
que Tu nous a fait connaître par Jésus Ton Enfant.
A Toi la gloire pour les siècles. "
3. - Pour la fraction du pain :
" Nous Te rendons grâces, notre Père,
pour la vie et la connaissance que Tu nous a révélés par Jésus Ton Enfant.
A Toi la gloire pour les siècles.
4. - De même que ce pain rompu était dispersé sur les collines
et que, rassemblé, il est devenu un (seul tout),
qu'ainsi soit rassemblée ton Eglise des extrémités de la terre dans Ton Royaume.
Car à Toi sont la gloire et la puissance
par Jésus-Christ pour les siècles. "
5. - Que personne ne mange ni ne boive de votre eucharistie sinon ceux qui ont été baptisés au nom
du Seigneur; car c'est à ce sujet que le Seigneur a dit : Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens.

1. - Après vous être rassasiés (1), rendez grâces ainsi :


" Nous te rendons grâces, Père saint,
pour ton saint Nom
que tu as fait habiter dans nos cœurs
et pour la connaissance et la foi et l'immortalité
que tu nous as révélées par Jésus Ton Enfant.
A Toi la gloire pour les siècles.
2. - C'est Toi, Maître tout puissant, qui a créé toutes choses à cause de Ton Nom,
qui as donné la nourriture et le breuvage aux hommes pour qu'ils en jouissent,
afin qu'ils te rendent grâces.
Mais à nous tu as daigné accorder
une nourriture et un breuvage spirituels
et la vie éternelle par Ton Enfant.
Avant toutes choses nous Te rendons grâces
parce que Tu es puissant;
à Toi la gloire pour les siècles.
3. - Souviens-Toi, Seigneur, de Ton Eglise,
pour la délivrer de tout mal et la rendre parfaite dans Ton amour
et rassemble-la des quatre vents,
elle que tu as sanctifiée,
dans Ton royaume que Tu lui as préparé,
car à Toi sont la puissance et la gloire pour les siècles.
4. - Que la grâce arrive et que ce monde passe !
Hosanna au Fils de David !
Si quelqu'un est saint, qu'il vienne;
s'il ne l'est pas, qu’il se repente.
Maranatha. (2)
Amen. "

(1) : Il s'agit donc d'un véritable repas.


(2) : Ces deux mots signifient : Seigneur, viens ! (Marana Tha), ou Le Seigneur vient (Maran Atha).
Extrait d’un cours de licence de Simon Knaebel – faculté de théologie de Strasbourg
1. Présence réelle :
La présence d'une personne se distingue de sa simple proximité spatiale. La juxtaposition corporelle
(des voyageurs entassés dans un autobus, par exemple) peut n'avoir pas valeur de présence, alors
qu'une relation intense peut exister entre des personnes physiquement séparées. L'idée de présence,
étrangère au monde des choses, ne s'applique adéquatement qu'aux personnes. Certes, la présence
n'est pas indifférente à l'être-là physique ; mais, en dernière analyse, elle repose sur la ou les relations
qu'un sujet entretient avec d'autres sujets.
Parce qu'elle est du registre de la relation, la présence du Christ ressuscité est, de soi, indépendante de
toute localisation. Glorifié, le Fils est "assis à la droite de Dieu", ce qui signifie que ses relations aux
hommes sont désormais de même nature que celles du Père et de l'Esprit. "Il est bon pour vous que
je m'en aille, dit Jésus, selon Jean, car si je ne m'en vais pas, le Paraclet ne viendra pas à vous ;
mais si je m'en vais, je vous l'enverrai" (Jn 16,5-7). Il faut que la présence physique de Jésus cesse pour
qu'advienne sa présence "pneumatique". Selon Vatican II, le Christ "est présent dans le sacrifice de la
messe, dans la personne du ministre (...) et, au plus haut point, sous les espèces eucharistiques. Il
est présent par sa vertu dans les sacrements (...), dans sa parole (...). Enfin, il est là lorsque l'Eglise prie
et chante les psaumes, lui qui a promis : que là ou deux ou trois serait rassemblés en son nom, il serait
présent au milieu d’eux. Ces modes de présence ne sont ni isolés, ni juxtaposés ; ils qualifient l'unique et
permanente présence du Ressuscité à son Eglise.

Les médiations "dérivées" - tels le cadeau-souvenir, la lettre ou l'appel téléphonique - tiennent leur
portée symbolique de la relation dans laquelle elles s'inscrivent. Ces moyens attestent symboliquement
la présence d'un être physiquement absent. Une lettre, par exemple, n’est- en elle-même, d'un point de
vue "scientifique" - qu'une feuille de papier couverte de signes graphiques. Si elle émane d'un ami très
cher (résidant au loin, voire décédé), elle change littéralement de nature : elle est désormais, pour moi,
message, testament, relique, pr é se n ce . Grâce à la métamorphose symbolique subie par la lettre, mon
ami continue de m'être présent.

Ces analyses peuvent enrichir notre intelligence de l'action eucharistique. La présence interpersonnelle
implique la médiation du corps, même dans l'épreuve de la séparation physique. "Ceci est mon corps"
revient donc, pour Jésus, à se désigner lui-même en tant qu'il veut être personnellement présent aux
siens. C'est le Ressuscité qui nous invite à sa table et, à la communion, c'est le Ressuscité que nous
recevons en nourriture. L'assemblée ne se trouve pas placée devant des objets miraculeux dont elle
aurait à définir la nature. C'est le Christ que l'Esprit de Dieu rend présent sous les espèces du pain et du
vin. En devenant, par l'action sacramentelle de l'Eglise, le corps et le sang du Christ, le pain et le vin
acquièrent une signification et donc une réalité entièrement nouvelles : ils ne sont plus seulement des
aliments biologiques ou des symboles de la solidarité humaine, mais la "visibilité" du Ressuscité
offerte à ceux qui le confessent comme Seigneur. Le Ressuscité s'offre en nourriture dans l'acte même
de son don de soi, là où les siens se rassemblent pour célébrer son mémorial. C'est en ce sens
éminemment dynamique que le Christ peut être dit "présent" et dans l'action eucharistique et dans
les espèces consacrés.

2. Le sens de la communion
Le quatrième évangile, qui ne rapporte pas la Cène, confirme néanmoins, en l'accentuant encore, le
réalisme étonnant des paroles prononcées par Jésus sur le pain et la coupe. Dans le discours sur le
pain de vie, Jésus déclare: "Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'Homme, et si vous ne buvez pas
son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle,
et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est une vraie nourriture et mon sang est une vraie
boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui" (Jn 6,53-56).

Dans le contexte sémitique, le sang, symbole de vie, forme avec le corps la totalité concrète de
l'individu vivant. Dans la communion eucharistique, il ne s'agit donc ni de consommer de la viande
offerte en sacrifice, ni de répandre le sang de la victime au pied de l'autel, mais d'accueillir un vivant
dans l'acte même de son don de soi. L'anthropophagie sacrée sert à capter les énergies de la divinité par
un processus d'identification sinon d'asservissement : la victime immolée est alors réduite à l'état
d'objet. Alors que la communion est une rencontre entre sujets. C'est l'homme Jésus, puis le Ressuscité
qui s'offre aux siens sous le signe du pain et du vin. Il n'y a là nulle destruction expiatoire, mais la libre
démarche de celui qui, selon l'admirable formule de Paul, "de riche qu'il était, s'est fait pauvre pour
nous enrichir de sa pauvreté" (2 Co 8,9). Qu'il s'agisse d'un acte de liberté, donc de discernement, Paul
l'affirme avec toute la clarté désirable en 1 Co 11,27-29. Communier, ce n'est pas consommer
une victime humaine, mais "discerner" le Vivant qui ne peut être accueilli que dans la foi.

Le « chair » renvoie à l'affirmation du prologue de Jean : "Le Verbe s'est fait chair" (Jn 1,14). D'ailleurs,
le "pain qui descend du ciel", c'est le Fils de Dieu entré dans l'histoire en tant qu'homme véritable.
D'où la nécessité, de la foi en Jésus, la Parole de Dieu faite homme. "Manger de ce pain", c'est
d'abord l'accueillir avec foi. Loin de l'exclure, la manducation spirituelle fonde et justifie la communion
eucharistique dont il est question vers la fin du discours. Cette interprétation est confirmée, par un
autre passage du même évangile. Aux disciples qui le pressent de s'alimenter, Jésus répond : "J'ai à
manger une nourriture que vous ne connaissez pas". Comme ses interlocuteurs ne comprennent
pas, il insiste : "Ma nourriture, c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son
oeuvre" (Jn 4,31-34). La terminologie johannique ne modifie donc pas substantiellement la structure
"personnaliste" et relationnelle qui sous-tend les paroles de la Cène.

Cette dynamique originale caractérise aussi la structure de l'action eucharistique. Alors que l'agneau
pascal, victime sacrificielle, faisait partie intégrante du rituel juif de la Pâque, Jésus a choisi deux
produits de la terre, le pain et le vin. Il privilégiait ainsi un symbolisme cosmique à la fois plus parlant et
plus universel. En outre, le partage du pain et de la coupe s'accompagne d'un partage, lui aussi
original, de la parole. Avant d'accueillir le Ressuscité sous les signes du pain et du vin, l'assemblée est
invitée à le recevoir en tant que Parole vivante de Dieu. C'est Jésus Seigneur qui, s'offre en nourriture
à ceux qui célèbrent la Cène en mémoire de lui. Accepter d'être "mangé", se laisser assimiler par les
autres au point de devenir leur propre substance, n'est-ce-pas le voeu suprême de celui qui aime ? De
la part de Jésus, la communion eucharistique réalise, tout au long de l'histoire, l'exigeante vérité de
cette parole :"le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en
rançon pour beaucoup" (Mc 10,45). Mais cela signifie aussi que le disciple accepte de se laisser
"manger" par ses frères. Car l'acte de manger et de boire est éminemment social. Un repas pris en
commun ne sert pas seulement à restaurer l'organisme de chacun ; il édifie ou reconstruit des
relations et, si possible, une communauté. Ce n'est pas un hasard si, chez Paul, l'expression "corps du
Christ" désigne à la fois l'Eglise et le pain eucharistique. L'égoïsme et le mépris sont inconciliables avec la
communion eucharistique parce qu'ils blessent la communion fraternelle. On ne peut communier au
Christ sans communier à ses frères. L'équivocité du mot "corps" est ici pleine de sens. Le Christ est là
où son corps s'édifie dans l'amour, tout simplement parce que la tête est inséparable des membres.

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