COURS DE POPULATION, ENVIRONNEMENT ET DEVELOPPEMENT
INTRODUCTION
Le volume de la population lorsqu’il est trop faible, cela ne permet d’accélérer le bien-être
social. Lorsqu’il est trop grand, les problèmes de surpopulation apparaissent également. Aux
différents effectifs de population correspondent donc des avantages et des inconvénients.
Les stratégies adoptées vis-à-vis de la population dépendent selon la perception du bien-être
(collectif/individuel). S’agissant par exemple d’un agriculteur, son bien-être sera de trouver
une terre fertile et produire plus (bien-être individuel). Par contre, pour une firme, son bien-
être sera de produire et de vendre plus en vue de maximiser son profit.
Cette préoccupation consistant à examiner l’interaction entre la population, l’environnement
et le développement concerne à la fois les gestionnaires et les économistes surtout en matière
de planification du développement économique et social s’inscrivant dans une approche
intergénérationnelle.
Cette approche évoque la notion du développement durable qui repose sur 2 principes :
1) Equité intragénérationnelle (équité = allocation des ressources entre les agents).
Cette équité avec la priorité à l’amélioration des conditions des plus pauvres.
2) La participation des populations au processus de décision.
De ce qui précède, cette trilogie soulève une problématique suivante :
- Quelle croissance démographique doit-on avoir au 21ème siècle ?
- Quelle relation existe-t-il entre la population et le développement économique ?
- Comment la croissance démographique affecte-t-elle l’environnement ?
1. OBJECTIFS DU COURS
Ce cours vise à doter aux apprenants en L1 sciences économiques et de gestion des
connaissances théoriques et pratiques sur les enjeux des interactions entre la
population, l’environnement et le développement afin de les rendre capables d’être des
véritables acteurs économiques capables d’optimiser les ressources aux fins d’une
réalisation du développement durable.
Au terme de cet enseignement, l’étudiant devra être capable de :
- Expliquer les interactions entre la population, l’environnement et le développement au
travers les théories ;
- Appréhender la prise de conscience universelle du développement durable ;
- Rechercher le bien fondé de la croissance verte.
2. CONTENU DU COURS
Introduction
Chapitre I. INTERACTIONS ENTRE P-E-D : FONDEMENTS THEORIQUES
I.1. Biens fondés de la relation triptyque et définition des mots clés
I.2. Fondement scientifique de la relation triptyque PED
I.3. Fondement empirique de la relation triptyque PED
Chapitre II. PRISE DE CONSCIENCE UNIVERSELLE DU DEVELOPPEMENT
DURABLE
II.1. Genèse de la prise de conscience
II.2. Trois piliers et trois acteurs
II.3. Principes du développement durable
II.4. Objectif du développement durable (17 objectifs, une soixantaine de cibles, 244
indicateurs).
II.5. Gouvernance et RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises – rationalité
humaine et environnementale).
Chapitre III. ENJEUX DE LA RELATION PED
III.1. Dynamique de la croissance démographique
III.2. Théorie de la transition démographique
III.3. Croissance démographique et croissance économique : analyse des modèles de
production
III.4. Perspectives écologiques sur la croissance démographique et impact de la
population sur le niveau de vie et de technologie selon le modèle LPAT
III.5. Le modèle “World” : modèles intégrés économie-environnement
Chapitre IV. RECHERCHE DE LA CROISSANCE VERTE
IV.1. Des crises multiples, une remise en question
IV.2. Un avenir durable : vision, objectifs et indicateurs
IV.3. Les entreprises et l’industrie
IV.4. La qualité de vie, les consommateurs et un citoyen activement vert
IV.5. Les politiques de croissance verte et les stratégies au niveau macroéconomique
CONCLUSION
Chapitre I. INTERACTIONS ENTRE P-E-D : FONDEMENTS THEORIQUES
I.1. Biens fondés de la relation triptyque et définition des mots clés
1.1.1. Définitions des concepts clés
1) Accroissement annuel brut de la population : c’est l’accroissement
numérique total d’une population d’une période à une autre pour une région
donnée.
�� = �0 (1 + �)�
�1 − �0
�= × 100
�0
2) Capacité de charge : c’est le niveau de la population et de consommation qui
peut être supporté par les ressources naturelles disponibles (besoins de la
population coïncidant avec les ressources naturelles ou disponibles).
3) Capital naturel : c’est la dotation naturelle disponible en terre et ressources,
notamment l’eau, l’air, le sol, les forêts, les minéraux, les espèces vivantes
(biodiversité), le système écologique.
4) Cohorte de population : (cohorte = capacité de remplacement d’individus ;
panel = changement pas possible même si les caractéristiques se ressemblent).
C’est le groupe d’individus nés pendant une certaine période dans un pays
donné.
5) Croissance exponentielle : c’est une variable qui s’accroît d’un même % pour
chaque unité de temps.
6) Déchets et pollution ou polluants cumulatifs : c’est l’ensemble d’éléments
capables de dégrader l’environnement.
7) Défaillance du marché : incapacité de certains marchés à générer une
allocation des ressources socialement optimales.
8) Economie d’échelle : c’est le rendement des inputs qui s’accroît avec le
niveau de la production.
9) Elan démographique : c’est la tendance pour une population de croître
(rythme de croissance) même si le taux de fécondité diminue (moyenne
d’enfants qu’une femme peut mettre au monde) jusqu’au taux de
remplacement de génération dû au fait qu’une grande proportion de la
population se trouve à des âges de procréation.
10) Les externalités : ce sont les effets de transactions marchandes qui changent
positivement ou négativement le bien-être des autres acteurs à la transaction.
11) Facteurs fixes : ensemble des facteurs de production dont la quantité ne se
modifie pas dans le court terme.
12) Flux solaire : quantité d’énergie solaire sur la terre.
13) Formation en capital : création d’un nouveau capital s’ajoutant au stock
existant du capital d’un pays.
14) Identité : égalité mathématique qui est vraie par hypothèse.
15) Inégalité des revenus : distribution des revenus dans laquelle quelques
segments de la population reçoivent un revenu plus élevé et les autres
catégories un revenu le plus faible.
16) Limite en ressources naturelles : ensemble des contraintes sur la production
résultant d’une disponibilité réduite des ressources naturelles.
17) Néo-malthusianisme : c’est la version moderne de la théorie de Malthus selon
laquelle la croissance de la population humaine peut conduire à des
catastrophes écologiques et à une augmentation de taux de mortalité.
18) Produit par tête : production totale d’une société rapportée (divisée) à sa
population.
19) Profil de la population par âge : estimation du nombre d’individus par
groupes d’âge dans un pays et à un moment donné.
20) Ratio de dépendance : qui mesure le nombre d’individus incapables de
subvenir à leurs besoins (enfants, jeunes et personnes du 3ème âge rapporté ou
divisé à la population active dépendante).
21) Taux de fécondité : nombre moyen de naissances par tête dans une société
donnée.
22) Ressources halieutiques : espèces vivant dans l’eau (poisson).
23) Taux de fécondité de remplacement de génération : c’est le taux de
fécondité qui découlerait d’une population stable.
24) Transition démographique : évolution de long terme du taux de natalité et de
mortalité, leur chute décalée dans le temps jusqu’à leur convergence à des
niveaux bas.
I.2. Fondement scientifique de la relation triptyque PED
Ce point repose sur la question : « pourquoi s’intéresser aux questions liées aux
interactions entre population, environnement et développement ? »
Parmi les raisons nous pouvons noter :
- Il n’y a pas de réduction de pauvreté sans population, il n’y a pas de
développement sans population.
- La population intervient dans tous les stades du processus de développement et
de réduction de la pauvreté. C’est elle qui recueille les ressources naturelles et
assure leur transformation en produits finis pour la satisfaction des besoins
humains.
- C’est la population qui produit et consomme, c’est auprès d’elle qu’est
distribuée la production tenant compte de ses caractéristiques.
Les questions de population et développement sont non seulement des problèmes liés
au bien-être social tel que la santé, l’éducation, le revenu mais aussi au mode d’emploi
de l’environnement et des caractéristiques de la population (configuration, etc.).
Plusieurs auteurs ont tenté d’expliquer cette relation (interaction).
Illustration de la relation PED en Développement durable
Développement
durable
A. Auteurs avant le 15e siècle
1) Les grecs (antiquité)
Selon Platon et Aristote, la préoccupation primordiale des grecs en matière de
peuplement portait sur la recherche d’un optimum de population dans le cadre
d’un Etat.
La population étant atteinte avec un effectif de 5000 personnes, l’immigration
et l’accroissement de la natalité sont considérés comme des solutions en cas de
sous-peuplement. (En cas de surpeuplement l’émigration, freiner la natalité).
Tandis que l’émigration et la limitation de l’ampleur de la natalité sont des
solutions en cas de surpeuplement.
2) Les romains
Partant des écrits de Cicéron, les romains étaient moins préoccupés que les
grecs par le maintien de la population à son effectif optimal. Pour eux, la
croissance de la population est considérée comme un avantage surtout en
matière de défense / dans le domaine militaire. Mais seulement, la natalité
devrait se faire uniquement dans un mariage monogamique (forme indirecte de
limitation des naissances – Etat-cité).
3) Les hébreux
Pour eux, ils accordaient une grande importance à la procréation et la
production. Un grand effectif de population présente un grand, voire de
nombreux avantages du point de vue économique (main d’œuvre) et militaire
(force de défense).
Toutefois, ils reconnaissaient que le surpeuplement peut engendrer des famines,
des épidémies (maladies), disette.
Parmi les auteurs, on a Kantalya.
4) Les chrétiens
Les problèmes de population ne sont pas abordés en relation avec le
développement mais c’est surtout du point de vue éthique et moral. La
fécondité est un problème de la nature, elle fait partie des recommandations de
« multipliez-vous. » Cependant, elle ne peut être réalisée que dans un mariage
chrétien, pas d’avortement, pas de polygamie, pas de divorce, pas de remariage.
Selon les écritures de Saint Paul.
5) Les musulmans
Selon Khaldoun, les musulmans ont présenté une position plus avancée (que
les chrétiens), ils sont le premier à faire allusion à l’incidence de la densité
(nombre d’individus par km²). Une densité élevée permet la division du travail
et c’est une puissance (une question de fierté et militaire) et une sécurité
militaire.
B. Les auteurs du 15e au 19e siècle
Cette époque est marquée par des profonds changements. C’est l’apparition de la
notion de l’Etat nation, exploration des nouveaux territoires, l’expansion rapide de
commerce, l’accumulation des découvertes scientifiques…
Les relations entre la population et le développement sont mieux appréhendées et
les connaissances se consolident dans le cadre de véritables théories. C’est
l’époque du mercantilisme, de physiocratie (QUESNAY), du courant malthusien,
de l’école classique et de l’école néo-classique.
1) Le mercantilisme
Pour les mercantilistes, un système économique portait sur le commerce de
matériaux précieux comme richesses essentielles des Etat (Or et argent).
Un Etat riche est celui qui produit et qui vend. Cette doctrine consacre la
suprématie des métaux sur les autres richesses.
Ainsi, il fallait une main d’œuvre abondante pour produire davantage
(tendance populationniste), mais ils n’offraient aucune précision sur la
population optimale ; sinon, une forte population n’est intéressante que si elle
permet de produire plus et de commercialiser davantage (sinon aggravement
du ratio de dépendance).
2) La physiocratie
Avec comme auteur François QUESNAY (précurseur de Keynes), pour les
physiocrates, le premier soutien que l’accroissement des ressources entraîne un
accroissement de la population (tendance populationniste) et réciproquement.
QUESNAY montre comment se créent, circulent et sont consommées les
richesses. La physiocratie insiste sur le respect de la nature (environnement) et
donc la population se règle d’elle-même en fonction de ressources (capacité de
charge). Rien ne sert à encourager la natalité sinon en procédant à une
augmentation des richesses d’un pays, l’accroissement de la population doit
aller de pair avec le progrès de l’agriculture car l’un et l’autre sont liés.
3) Le malthusianisme
Malthus emploie l’instrument mathématique pour expliquer les relations entre
l’économie et la démographie. Il part du principe selon lequel « nous pouvons
tenir lorsque la population n’est arrêtée par aucun obstacle, elle va doubler tous
les 25 ans et accroît une période selon laquelle la population augmente dans
une progression géométrique alors que la richesse s’accroît selon une
progression arithmétique (misère, pauvreté et baisse du développement).
4) Ecole Classique – Adam Smith, John Stuart Mill
Cette école encourage l’accroissement de la population parce que celui-ci
favorise la division du travail et permet d’accroître la production, le revenu et
le capital. Tout en sachant qu’avec l’accroissement de la productivité (salaire
efficient), il y aura accroissement de la masse salariale qui conduit à
l’amélioration du niveau de vie de chaque famille.
5) Le Néo-classique
La théorie de Malthus fut critiquée par les néo-classiques suite aux faits
suivants :
- Le taux de mortalité avait tendance à diminuer ;
- L’émigration a tendance à réduire la pression démographique dans les pays de
départ ;
- L’importance des denrées alimentaires peut compenser des déficits des
productions agricoles,
- Les mouvements cycliques existent (les moments de haut et de bas).
6) L’école socialiste – Marx K, Engel
Pour cette école, il n’y a pas d’universalité de la loi de la population. Cette
école met l’accent sur la situation démographique en relevant les aspects
suivants :
- Pas de loi universelle de la population parce que le mouvement de la
population dépend des conditions sociales et économiques propres à chaque
société et de chaque mode de production.
- Le danger de la surpopulation signalé par Malthus était lié au mode de
production capitaliste (création des classes sociales).
La surpopulation peut provenir d’un retard enregistré dans la division du
travail. Cette population peut être flottante (variable), latente ou stagnante.
Le système capitaliste entraîne un progrès technique de nature à accroître la
productivité du travail et à réduire l’offre de la main d’œuvre.
C. Courant contemporain
Au 20ème siècle, la pensée en matière de population et développement a été
dominée par la proposition d’une « croissance zéro » prônée / contenue dans le
rapport Meadows.
Nous pouvons relever les pensées des auteurs suivants :
1) Position de Coale et Hoover
Position résumée dans un ouvrage de 1958 « Population Growth and Economic
Development in low income countries. » Ils ont examiné la population d’une
part et le PNB (Produit National Brut) d’autre part.
La division du travail se trouve également à l’origine de la surpopulation
(population pouvant avoir une tendance flottante, latente ou stagnante).
- Une surpopulation flottante résulte essentiellement du fait que les ouvriers ont
perdu leur emploi à cause de la mécanisation et/ou de l’organisation
industrielle.
- La surpopulation latente tient à ce qu’il y a toujours dans la population rurale
un bon nombre d’individus prêt à immigrer vers les villes suite à la
mécanisation ou au secteur capitaliste.
- La surpopulation stagnante : tout ouvrier a un emploi qui ne lui assure qu’un
niveau de vie très bas (chômage déguisé). Selon Karl Marx et Engel, il y a
surpopulation lorsqu’il y a chômage.
Différents facteurs économiques et démographiques contribuent à la
surpopulation.
2) Position de ENKE
Pour cet auteur, il s’est préoccupé sur le coût d’une nouvelle naissance, c’est-à-
dire, si une nouvelle grossesse coûte cher, il faut l’éviter et inversement. Il faut
évaluer le coût d’une nouvelle naissance.
3) Position de Zaïdan
Pour lui, la décision d’accepter ou pas un individu supplémentaire dépend de la
position de la productivité marginale par rapport à la productivité moyenne.
Lorsque Pm < PM, tout individu supplémentaire est économiquement sans
intérêt ; et dans ce cas il vaut mieux appliquer un plan de limitation de
naissances au profit d’un plan d’investissement.
4) Position de Meier
Cette position est proche de ENKE mais il insiste sur les avantages d’un
investissement en matériels de production qu’en matériels pour l’enfant, d’où
son slogan : « faites des épargnes plutôt que faire des enfants. »
5) Position de Mme Esther Boserup (économiste agricole)
Boserup a compris que la pression démographique favorise l’apparition de
nouvelles technologies. Autrement dit, l’homme s’adapte à la situation dans
laquelle il se trouve. Une très faible densité permet des cultures extensives
tandis qu’une forte densité favorise des cultures intensives.
I.3. Fondement empirique de la relation triptyque PED
1) Pour la population
- Croissance rapide de la population surtout dans les pays du Sud ;
- Vieillissement de la population dans les pays du Nord ;
- Croissance urbaine rapide dans le monde ;
- Accroissement des migrations internationales ;
- …
2) Pour l’environnement
- Réchauffement climatique
Les conséquences du réchauffement climatique :
Plusieurs phénomènes externes qui surgissent notamment l’ouragan,
l’inondation ;
Canicule (période de grande chaleur), sécheresse, désertification ;
Appauvrissement des écosystèmes terrestres ;
Diminution des rendements agricoles ;
Appauvrissement des écosystèmes marins ;
Acidification des océans ;
Fonte des glaciers ;
Elévation du niveau des mers ;
Déplacement des aires favorables pour la biodiversité ou écosystème
pour l’agriculture et pour l’homme même.
- La déforestation ;
- Raréfaction des ressources d’eau douce ;
- Dégradation des terres et désertification ;
- La perte de la biodiversité (toutes les espèces vivantes).
3) Pour le développement
- Poursuite des OMD (Objectifs Millénaires pour le Développement) – ODD
(Objectif de Développement Durable) ;
- Lutte contre la pauvreté et les inégalités ;
- Lutte contre le VIH/SIDA
- Promotion de l’éducation pour tous.
(Croissance vertueuse : effets positifs. Une frange = celle qui profitait beaucoup des fruits de
la croissance).
Chapitre II. PRISE DE CONSCIENCE UNIVERSELLE DU
DEVELOPPEMENT DURABLE
II.1. Genèse de la prise de conscience
A cette ère contemporaine, il n’est d’aucun mystère pour appréhender le bien-être dans
une société. De manière chronologique, plusieurs périodes par rapport à l’évolution de
la recherche scientifique autour du bien-être et de la pauvreté apparaissent :
- Les années 1950 : période considérée comme un mystère absolu de la main
invisible de la croissance économique. (Dès qu’il y a croissance économique il
y a bien être, ce qui entraîne le développement économique, la création de la
richesse. Produire met fin au chômage).
Les théories de la croissance, compte tenu de l’existence du courant des étapes
de développement, toutes les économies devraient tendre à terme vers un seuil
de développement de telle sorte que la croissance économique profite à tous
selon « Trickle down effects. » (Aghion et Bolton, 1997). La croissance est ici
la solution absolue.
A cette époque, la pauvreté était saisie de façon macroéconomique traduisant
une situation d’insuffisance de la croissance du PIB pour rendre ses fruits
profitables à toutes les couches sociales de la population. Néanmoins, il n’était
pas nécessaire de mener des politiques de lutte contre la pauvreté car celle-ci
disparaît naturellement avec le retour de la croissance économique (ROSTOW,
1963).
- Les années 1960 : mystère relatif de la main invisible de la croissance
économique. Quant à cette période, elle marque une progression de la
conception de la pauvreté en dépit du caractère statique de la pensée
économique (de la croissance) qui reste dépendante du modèle libéral pour
lequel les mécanismes de marché s’ils sont facilités, ils favorisent en définitive
une allocation efficace des ressources (Dockers et Rosier, 1988).
La croissance économique joue encore un rôle crucial malgré l’apparition dans
certaines régions des préoccupations vertueuses et une frange de la population,
les classes aisées qui profiteraient des fruits de croissance et l’autre frange
exclue des retombés de cette dernière.
Ce constat a rendu nécessaire la focalisation de la tension sur les plus pauvres
par des politiques de redistribution (développement durable).
- Les années 1970 : période marquée par un tournant décisif de l’évolution de la
pensée économique vers les considérations sociales (finalité de toutes les
politiques = développement durable). Au cours de ces années, la question de la
pauvreté commençait avec acuité, ce qui engendrait dans l’hégémonie une
pause de la vision libérale de développement ainsi que de la pauvreté.
De ce fait, les publications scientifiques à l’occurrence celle de 1974 sur la
« Redistribution with Growth » (Chenery et Alhuwalia, 1974) ainsi que les
travaux de BIT (Bureau International du Travail), attestèrent que les
préoccupations libérales sont certes présentes mais révolutionnées par les
considérations sociales.
D’où l’avènement sur le chiquet international d’une nouvelle approche
s’insérant dans les débats sur les retombés de la croissance récusant ainsi
l’existence d’une courbe en forme de Ս renversé : Ո.
A ce titre, KUZNET (1955) notait qu’un croissant indicateur de la croissance
économique et de la distribution du revenu qui, dans un premier moment la
croissance économique accroît les inégalités du revenu (court terme) et dans un
second elles seront rabaissées, réduites.
- Les années 1980 : c’est une période marquée par les interdépendances du
paradigme scientifique du libéralisme économique et des filets de protection
sociaux.
Au regard des effets négatifs de la croissance économique sur la population
(les riches deviennent de plus en plus riches et la majorité des pauvres sui
devient de plus en plus pauvre), par conséquent, les politiques économiques
devraient maintenant viser la fourniture d’un ensemble des biens et services en
termes de santé, de l’éducation, de logement, de l’emploi et de distribution des
revenus.
La croissance économique devrait passer du statut d’objectif unique à celui de
la condition nécessaire à la réduction de la pauvreté.
- Les années 1990 : période effective de la pensée économique liée à la lutte
contre la pauvreté (enjeu majeur). La recherche sur la pauvreté a subi une
nouvelle réorientation à partir du premier rapport du PNUD en collaboration
avec Amartya SEN sur le développement humain, un jalon (pilier) important
dans la lutte contre la pauvreté. Au cours de cette période, la banque mondiale
fixa la ligne de la pauvreté à 1,08$ par jour par individu (aujourd’hui 1,9$ - 2$).
- Les années 2000 : qui marquent un double mouvement, une universalité de
discours sur la pauvreté avec la valorisation des droits universaux.
Deuxièmement, une approche plus locale de la pauvreté du point de vue
qualitatif et participatif.
Ces 2 orientations traduisent les avancées significatives en matière des
politiques économiques des nations. C’est ainsi que l’objectif de lutte contre la
pauvreté devrait rester au cœur des préoccupations des politiques économiques
surtout dans les pays en développement.
A cet égard, lors du sommet du 8 Septembre 2000, 189 pays adoptèrent une
déclaration du millénaire et rendra la lutte contre la pauvreté un axe important
des objectifs du millénaire pour le développement (OMD).
Cet objectif s’est vu renforcé lors de la mutation des OMD aux ODD (objectifs
de développement durable : PED).
II.2. Trois piliers et trois acteurs
Le développement durable qualifié de développement soutenable (sustainable
development) s’inscrit dans une perspective de long terme en intégrant les contraintes
environnementales et sociales dans l’économie.
Selon la définition du rapport Brundtland (Rio 1987) : « le développement durable est
un développement qui répond aux besoins présents sans compromettre la capacité des
générations futures de répondre aux leurs. » C’est ainsi que le diagramme de VENN
sur le développement durable a présenté 3 piliers dont l’intersection explique le mieux
la notion du développement durable.
Cette notion du développement durable s’est imposée à la suite de la prise de
conscience progressive depuis les années 1970.
C’est ainsi qu’en 1991, Ignacy Sachs propose une définition proche de ce qu’il
appelle : « écodéveloppement » : « c’est un développement endogène (pas de modèle
universel) et dépendant de ses propres forces, soumis à la logique des besoins de la
population entière conscient de sa dimension écologique (en veillant sur
l’environnement) et recherchant une harmonie entre l’homme et la nature. »
Face à la crise écologique et sociale qui se manifeste aujourd’hui de manière
mondialisée, le développement durable est une réponse de tous les acteurs qui
constituent les 3 piliers du développement durable :
- Etats
- Entreprises
- Communauté (ménages ou population).
(Acteurs qui ont la responsabilité du développement durable passant par les piliers).
Ainsi, selon l’agenda 2021 défini à la conférence des Nations Unies sur
l’environnement et le développement lors du sommet de la terre de Rio en 1992 : « les
pays doivent élaborer des systèmes de surveillance et d’évaluation des progrès dans le
sens d’un développement durable en adoptant des indicateurs qui permettent de
mesurer les changements dans les domaines économique, social et environnemental.
(L’Etat).
Pour les entreprises, elles ont la responsabilité des 3P (RSE : responsabilité sociétale
d’entreprise)
- People – social
- Planet – environnement (rationalité humaine)
- Prosperity – profit = richesse = économie
Ces 3 sont associées à la notion de triple performance de l’entreprise.
L’analyse extra financière de la performance des entreprises s’appuie sur les 2 autres
piliers (environnement et social) auxquels s’ajoute un pilier indispensable à la mise en
œuvre des stratégies de développement durable : la gouvernance.
Cette gouvernance consiste en la participation de tous les acteurs au processus de
décisions (dans la trilogie PED).
II.3. Principes du développement durable
Le développement durable repose sur les principes fondateurs énoncés lors du sommet
de la terre de Rio en 1992.
1) Principe de subsidiarité : ce principe n’apparaît pas explicitement dans la
déclaration, mais il transparaît dans le principe n°10 qui stipule : « la meilleure
façon de traiter les questions de l’environnement est d’assurer la participation de
tous (3 acteurs) » et dans le principe n°22 qui note « les populations et
communautés autochtones et les autres collectivités ont un rôle vital à jouer dans la
gestion de l’environnement et développement. »
Ce principe introduit dans les droits européens par le traité de Maastricht peut
entrer en conflit avec le principe de durabilité. C’est ainsi qu’on relève 4 autres
principes clés du développement durable.
2) Principe de la solidarité : entre le pays et le peuple, entre les générations actuelles
et futures, et entre les acteurs de la société civile en termes de partage de
l’ensemble des ressources naturelles de la planète ; ces ressources doivent être
consommées sans épuisement et en cherchant à les renouveler.
3) Principe de précaution : qui consiste à prendre les bonnes décisions pour ne pas
causer des (problèmes entre…) des catastrophes irréparables pour l’environnement
et la santé.
4) Principe de responsabilité ou de pollueur-payeur : ce principe est corrélé au
précédent, il édicte les pollueurs comme seuls coupables des faits qui dégradent ou
polluent l’environnement.
5) Principe de participation de chacun : afin de réussir toutes actions nécessaires au
développement durable. De ce fait, toute personne a le droit d’accéder aux
informations relatives à l’environnement. En outre, on doit maintenir la
complémentarité entre l’environnement, l’aquaculture et la gestion durable des
forêts.
II.4. Objectif du développement durable (17 objectifs, une soixantaine de cibles, 244
indicateurs).
On note 17 objectifs du développement durable :
- ODD 1 : Pas de pauvreté (réduire sensiblement) ;
- ODD 2 : Faim « Zéro » ;
- ODD 3 : Bonne santé et bien-être (bonne santé pour tous) ;
- ODD 4 : Education de qualité ;
- ODD 5 : Egalité entre les sexes ;
- ODD 6 : Eau propre et assainissement ;
- ODD 7 : Energie propre et d’un coût abordable ;
- ODD 8 : Travail décent et croissance économique ;
- ODD 9 : Industrie, innovation et infrastructures ;
- ODD 10 : Inégalités réduites ;
- ODD 11 : Villes et communautés durables ;
- ODD 12 : Consommation et production responsables (durables, sans
pollution) ;
- ODD 13 : Mesures relatives à la lutte contre le changement climatique ;
- ODD 14 : Vie aquatique ;
- ODD 15 : Vie terrestre ;
- ODD 16 : Paix, justice et institutions efficaces ;
- ODD 17 : Partenariats pour la réalisation des objectifs.
II.5. Gouvernance et RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises – rationalité
humaine et environnementale).
Au niveau international, dans la gouvernance des entreprises, il est recommandé
d’intégrer la dimension de RSE.
La RSE (CSR : Corporate Social Responsability) est un concept par lequel les
entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales et la bonne
gouvernance dans leurs activités et dans leurs interactions avec les parties prenantes
sur une base volontaire.
Chapitre III. ENJEUX DE LA RELATION PED
III.1. Dynamique de la croissance démographique
La population humaine a augmenté très lentement au cours de la majeure partie de
notre histoire. Il n’y a que depuis 2 derniers siècles que la croissance rapide de la
population mondiale est devenue une réalité.
Pendant cette période, la croissance démographique extrêmement rapide, plusieurs
auteurs ont tiré la sonnette d’alarme en mettant en garde contre le danger d’une
croissance exponentielle de la population car il serait impossible de trouver
suffisamment de nourriture, de l’eau et d’espace de vie pour une population
gigantesque, ce qui fait appel à la régulation malthusienne. C’est une perspective du
néomalthusianisme afin d’aligner le rythme de la croissance démographique au rythme
de la croissance économique (richesse) et de la protection de l’environnement.
En définitive, la population mondiale est loin d’être stabilisée et cette réalité impacte
négativement sur l’environnement.
III.2. Théorie de la transition démographique
Depuis les années 50 jusqu’aux années 90, la communauté internationale s’est
montrée de plus en plus par la croissance démographique rapide. C’est ainsi que lors
de la conférence du Caire sur la population et le développement en 1994, le monde
s’est donné comme objectif ambitieux, la stabilisation de la population mondiale à
l’horizon 2015 autour de 7000000000 (7 milliards) d’individus sur la planète.
Cependant, durant les 2 dernières décennies, l’intérêt de la communauté internationale
semble s’être (ignoré) détourné du thème de la croissance démographique pour des
raisons suivantes :
- La forte résistance des pays du Sud face à l’imposition des politiques anti-
populationnistes des pays du Nord.
- Les changements politiques dans les pays occidentaux.
La réflexion sur la relation entre la population et la croissance économique a conduit à
la transition démographique qui est un processus très long menant toute société d’un
stade où le taux de fécondité ou de natalité et de mortalité sont élevés jusqu’au stade
où ces taux sont faibles.
Cette transition démographique passe par 4 étapes :
- Dans la 1ère étape I : la population est stable, marquée par une forte natalité et
une forte mortalité (taux de croissance quasi-nul) ;
- II : c’est la phase d’accélération de la croissance démographique avec un taux
de croissance en augmentation ;
- III : c’est la phase de la décélération de la croissance démographique avec un
taux de croissance en diminution ;
- IV : c’est l’étape de la population stable avec des faibles taux de natalité et
mortalité (taux de croissance quasi-nul).
III.3. Croissance démographique et croissance économique : analyse des modèles
de production
Ce point soulève la problématique de la population par rapport à la création de la
richesse.
Le modèle économique typique présenté par la fonction de Cobb Douglas
���� �������� ℎ���. Montre que le produit économique est fonction de 3 inputs
L = Travail
K = Capital
A = Progrès technique (constant, cas de SOLOW : croissance exogène et devient
variable si endogène).
Q = Représente le produit total
L découle de la population active
���� �������� ℎ���. Paramètres – productivité du L et K.
A reflète l’état de la technologie à un moment donné.
On suppose que les valeurs de ���� �������� ℎ���. sont comprises entre 0 et 1
���� �������� ℎ���. , la fonction de production montrant un rendement d’échelle
constant. Cela veut dire que si on double les inputs (facteurs L et K), le produit (Q)
doublera également.
Les auteurs se réfèrent par hypothèses qu’on peut à coup sûr exercer un effet sur le
progrès technique. Celui-ci peut augmenter la valeur de A résultant en un
accroissement du produit par unité de L et par unité de K.
Dans ce cadre théorique, pourvu qu’il y ait à la fois la formation de K et de progrès
techniques adaptés aux besoins, à la croissance de la population (particulièrement la
population active) afin d’entraîner une augmentation du niveau de vie.
Qu’en est-il du problème de la limitation des ressources naturelles ? On peut modifier
la fonction de Cobb Douglas afin de prendre en compte le capital naturel.
Si on prend en compte dans l’équation précédente le facteur N, qui est le capital
naturel auquel on applique (ajoute) une productivité ���� �������� ℎ���. , on obtient
une nouvelle équation :
Avec ���ℎ� + ���� + � = 1, chaque productivité aura la valeur 1/3 (équipondérée).
Dans cette formulation, les contraintes sur N pourraient causer des rendements
décroissants même si les L et le K s’accroissent tous les deux. Par exemple,
1
Si = 3 , alors même un doublement de L et K avec des ressources naturelles restants
constantes, le produit par tête va décliner. Ce déclin pourrait être évité par un progrès
technique suffisamment rapide mais les limites naturelles constitueront un frein pour
l’expansion future.
Il existe quelques cas où la croissance de la population a pu (favoriser le progrès) se
révéler un facteur favorisant le progrès technique.
Esther Boserup a montré que dans le cas de l’adoption de techniques agricoles plus
productives, la pression démographique avait un rôle central à jouer. Au moins dans la
première phase du développement, une plus grande population permet d’obtenir des
économies d’échelle et une grande densité de la population permet de développer une
industrie de plus en plus productive.
Du point de vue théories économiques, la croissance démographique n’est donc ni
bonne ni mauvaise. Ses effets dépendent du contexte dans lequel elle se déroule. Si les
institutions économiques sont fortes et que les marchés fonctionnent bien, les
externalités environnementales ne seront pas très importante et la croissance
démographique (n’aura pas) ne sera pas forcément un facteur négatif.
Certaines analysent considèrent la croissance de la population comme une preuve de
l’avancée technologique et comme un facteur de progrès futur. L’un des analystes
soutenants cette position est Julian Simon.
Cependant, d’autres analystes, principalement les écologistes, rejettent cet optimisme
bien que l’importance du progrès technique ne soit pas) minimiser et rien ne rassure
que tous les problèmes de l’humanité liés à la croissance démographique pourraient se
résoudre d’un coup de baguette magique ; ce qui met l’accent sur plusieurs aspects
négatifs de la croissance démographique freinant ainsi le développement.
Nous pouvons citer :
- Augmentation du ratio de dépendance ;
- Réduction des moyens financiers disponibles pour l’investissement en capital
(technique) productif ;
- Accroissement des inégalités des revenus ;
- Limites en ressources naturelles ;
- Dans le cas de la défaillance du marché tel que l’exploitation (biens public,
commun, club, privée… rival, non rival) des ressources en accès libre, une
population croissante augmente les besoins en ressources naturelles.
Dans cette perspective de l’économie standard, les limitations ne sont liées ni à la
population, ni à la production mais reposent sur le concept de capacité de charge.
III.4. Perspectives écologiques sur la croissance démographique et impact de la
population sur le niveau de vie et de technologie selon le modèle LPAT
On peut contextualiser les interactions entre population, croissance économique et
environnement (PED) au travers d’une équation appelée IPAT. Cette équation se
présente de la manière suivante :
� = �. �. �
Avec � : impact écologique (pollution ou dégradation de l’environnement)
� : Population
� : Niveau de vie mesuré par le PIB par habitat
� : Technologie disponible mesurée par l’impact écologique posé par une unité du
produit brut.
L’enjeu de cette équation est de jouer sur le facteur technologique afin que son niveau
d’impact soit capable de baisser l’impact environnemental.
Cette formule a été utilisée par les scientifiques (biologistes, écologistes, ingénieurs,
etc.) mais elle a été fortement critiquée par les chercheurs des sciences humaines et les
économistes en raison du fait qu’elle masque certaines questions fondamentales liées
aux causes de la croissance démographique, de la distribution, de la consommation, du
fonctionnement de marché.
Le domaine de l’écologie industrielle a porté son attention essentiellement sur le
facteur T insistant sur le besoin technologique qui réduirait l’impact environnemental.
III.5. Le modèle “World” : modèles intégrés économie-environnement
De ce modèle intégré pour favoriser le développement durable il est recommandé :
- Ne pas utiliser une ressource non renouvelable plus vite qu’on ne peut la
remplacer par une ressource renouvelable ;
- Ne pas utiliser une ressource renouvelable plus vite qu’elle se renouvelle ;
- Ne pas rejeter plus dans l’environnement que ce qu’il peut absorber.
Ces trois recommandations permettent d’éviter l’effondrement marqué par :
- La diminution de la production industrielle ;
- La diminution de la production agricole ;
- La diminution de la population (promiscuité – maladies).
Chapitre IV. RECHERCHE DE LA CROISSANCE VERTE
IV.1. Des crises multiples, une remise en question
Le monde est actuellement confronté à des crises mondiales multiples qui affectent le
fondement même de l’économie, de la société et de l’environnement.
Les réponses politiques pour y faire face se sont principalement intéressées à l’aspect
économique en espérant que les autres aspects seraient résolus automatiquement.
Malheureusement :
- La croissance économique a considérablement ralenti dans la plupart des
régions du monde, non seulement les ressources naturelles se font plus rares, le
travail ne peut s’intensifier indéfiniment et le champ de ce qui peut être
commercialisé atteint également ses limites.
- Un nombre croissant de personnes ressent la société comme injuste ; la
démocratie est confrontée à plusieurs défis.
Dans ce contexte, du développement durable, le capital doit être défini au sens large
intégrant le capital humain, le capital social et le capital naturel.
L’un des principes économiques les plus fondamentaux prédit que la croissance
économique crée des emplois et fait baisser le chômage ; cependant, il se remarque
que certains pays ont enregistré une croissance économique, mais cela n’a eu aucun
effet sur le niveau de chômage. C’est pourquoi une forte croissance économique n’est
pas une approche adéquate pour résoudre tous les problèmes économiques, sociaux et
environnementaux.
Bon nombre de problèmes environnementaux les plus présents actuellement sont :
- Le changement climatique ;
- La perte de la diversité (bio…) ;
- La pollution.
C’est ainsi que l’évaluation de la mesure dans laquelle l’économie a atteint une
croissance verte exige une compréhension de ce qu’on appelle « le découplage » qui
est une stratégie pour un développement industriel durable selon le schéma suivant :
Dans le contexte de la productivité des ressources, le découplage désigne la quantité
des matériaux utilisés par rapport aux rendements économiques.
Le découplage des ressources implique de réduire le taux d’utilisation des ressources
(matières premières) par une unité d’activité économique, ce qui débouche sur une
efficacité accrue de leur utilisation.
On distingue 2 types de découplage :
- Le découplage relatif qui signifie que la consommation matérielle augmente à
un rythme plus lent que le rendement économique, ce qui traduit un bon début
vers le développement durable. Mais, le découplage est insuffisant à long
terme car les pressions sur l’environnement continuent d’augmenter.
- Découplage absolu : ça doit être un objectif surtout pour les pays riches à
grands consommateurs. Il peut être atteint lorsque le PIB croît, tandis que
l’utilisation des matières et des pressions associées (exercées) sur
l’environnement baissent en termes absolus. D’autre part, la croissance de la
consommation matérielle sera nécessaire pour les pays pauvres afin qu’ils
atteignent au moins un minimum de conditions matérielles acceptables.
C’est ainsi qu’à partir de 2007 le discours économique et politique a été
revitalisé par une prolifération (augmentation) de diverses initiatives (vertes)
soutenues par les organisations internationales et les gouvernements nationaux.
Ce terme « vert » a été donc ajouté comme réponse à l’élan du développement
durable.
Les trois principaux concepts introduits dans ce cadre sont :
- Croissance verte ;
- Economie verte et
- Industrie verte.
Selon le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement), l’initiative
« économie verte » se définit comme une économie qui résulte en amélioration du
bien-être des personnes et de l’équité sociale tout en réduisant substantiellement
les risques envers l’environnement et la raréfaction des ressources écologiques.
Quant à la croissance verte, il s’agit de la déclaration de la croissance verte faite
par l’OCDE ; l’objectif principal était de surmonter la crise financière mondiale en
réalisant des investissements verts. La croissance verte représente donc une
alternative aux paradigmes économiques conventionnels de l’exploitation des
ressources qui prend en compte le capital naturel.
L’industrie verte est définie comme la production et le développement industriel
ne se réalisant pas au détriment des systèmes naturels et n’aboutissant pas à des
effets néfastes pour la santé humaine.
Ces 3 types d’initiatives ont des points communs à savoir :
1) L’importance et le respect du rôle du capital naturel pour le développement
futur ;
2) L’utilisation efficace des ressources naturelles et la réduction des impacts
néfastes sur l’environnement ;
3) Une consommation moindre dans les pays industrialisés ;
4) L’importance du bien-être de l’ensemble de la population tout en préservant les
limites de la capacité (de charge) de la biodiversité mondiale.
IV.2. Un avenir durable : vision, objectifs et indicateurs
Au regard des phénomènes mondiaux tels que la croissance économique, le
changement climatique, la raréfaction des ressources et la croissance des inégalités en
exige d’assumer la responsabilité des sociétés humaines ainsi que les systèmes
naturels qui le soutiennent afin de préserver la liberté d’action de notre génération et
celle de nos enfants.
En effet, un avenir durable est un objectif ambitieux s’inscrivant dans les trois
dimensions économique, sociale et environnementale portant sur des pierres
angulaires d’une vision de long terme qui sont :
a) Une économie inclusive et compétitive ;
b) Une haute qualité de vie pour tous ;
c) Une réduction de la consommation des ressources naturelles.
IV.3. Les entreprises et l’industrie
Une réduction absolue de l’utilisation des ressources est possible. Il existe un marché
important pour les produits (les) plus durables (écologiques).
Les entreprises (l’industrie) doivent partager le souci de créer une société efficace en
termes de ressources. C’est pourquoi le marché sur lequel s’échangent les produits
durables est qualifié de « marché vert. »
De ce qui précède, un autre concept fut ajouté de « éco-innovation » qui est une
introduction de tout produit (bien et service), processus, solution marketing ou
changement organisationnel, nouveau ou fortement amélioré qui réduisent l’utilisation
des ressources naturelles et diminuent l’émission des substances nocives pendant
l’ensemble du cycle de vie.
IV.4. La qualité de vie, les consommateurs et un citoyen activement vert
Le monde est appelé à s’inscrire dans une transition vers le style de vie durable. La
consommation matérielle n’apporte qu’une contribution limitée au bien-être des
personnes.
La consommation dans les sociétés occidentales d’avant-guerre reposait largement sur
la satisfaction des besoins élémentaires.
Au fil de l’évolution sociale, la norme est devenue l’hyperconsommation, l’utilisation
des produits ayant une durée de vie limitée.
Ainsi, les styles de vie durable ont pour clés :
- Les politiques ;
- Les règlementations et
- Les soutiens qui permettent à l’économie et aux citoyens de répondre aux
besoins de chacun par des stratégies efficaces en termes de ressources et de
développer des formes innovantes de coopération entre gouvernement et
acteurs dans le but de favoriser des habitudes et préférences des personnes
dans le cadre du développement durable.
Ces styles de vie durable portent sur les catégories existentielles des besoins humains
fondamentaux.
Besoins Être (qualités) Avoir (choses) Faire (actions) Interagir
humains (cadre)
fondamentaux
Subsistance Santé physique Nourriture, Alimentation, Cadre de vie,
et mentale logement, vêtement, repos, cadre social
travail travail
Protection Soin, Sécurité Coopérer, Environnement
adaptabilité, sociale, planifier, social et
autonomie système de s’occuper de, habitation
santé, travail aider
Affection Respect, sens de Amitié, Partager, Respect de la
l’humour, famille, amour prendre soin de, vie privé,
générosité, (amour de la exprimer ses moments
sensualité nature) émotions, faire d’intimités
l’amour partagés
Compréhension Sens critique, Littérature Analyser, Ecoles,
curiosité, (livre), étudier, méditer, familles,
intuition enseignants, examiner universités,
politiques, communauté
pédagogiques
Participation Réceptivité, Responsabilité, Coopérer, être Associations,
engagement, devoirs, en désaccord, fêtes, églises,
sens de l’humour travail, droits exprimer ses voisinage
opinions
Loisir Imagination, Jeux, fêtes, Se souvenir, se Paysage, espace
tranquillité, tranquillité de détendre, intime, lieu de
spontanéité l’esprit s’amuser, rêver solitude
les yeux ouverts
Création Imagination, Capacité, Inventer, Espaces
créativité, compétence, construire, d’expression,
inventivité, travail, concevoir, ateliers, les
hardiesse techniques travailler, publics
composer,
interpréter
Identité Sentiment Langues, Se connaître, Lieu
d’appartenance, religion, grandir, d’appartenance,
estime de soi, travail, s’engager cadre quotidien
cohérence coutume,
valeurs,
normes
Liberté Autonomie, Droits égaux Être en Partout
passion, estime désaccord,
de soi, ouverture choisir, courir le
d’esprit risque,
développer la
sensibilité au
monde
environnant
Transcendance Présence à soi et Religion, rite Prier, méditer, Lieu de culte
aux autres développer sa
sensibilité au
monde
environnant
IV.5. Les politiques de croissance verte et les stratégies au niveau macroéconomique
CONCLUSION