0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
110 vues97 pages

Memoire NOUWE

Transféré par

dimitri tchabou
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
110 vues97 pages

Memoire NOUWE

Transféré par

dimitri tchabou
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

DEDICACE

A
MA FAMILLE.
REMERCIEMENTS

La réalisation de ce mémoire n’aurait pu être possible sans la contribution de certaines


personnes à qui nous tenons à montrer notre gratitude, pour ce faire nous adressons nos vifs
et sincères remerciements à l’endroit des personnes suivantes :
• Dr DOUNYA Claude, coordonnateur et enseignent en « Finance et Comptabilité » à
l’IUC 9 Institut Universitaire de la Cote 0 de Douala, notre encadreur qui a dirigé
notre travail. A travers ses conseils et ses enseignements, il nous a permis de
progresser de manière subtile dans ce travail ;
• M. NANSEU Daris, Directeur General de DEKAP LAH notre encadreur
professionnel pour son aide et ses conseils tout au long de notre travail ;
• M. NGUIMEZAP TAMOKWE, le fondateur de l`IUC pour avoir mis à notre
disposition tous les éléments 9 les enseignants de qualités, le matériel nécessaire à la
pratique, des bus de transport pour le personnel et les étudiants…0 dont nous avions
eu besoin pour réussir ;
• Corps des enseignants de l’IUC de Douala pour l’enseignement de qualité qu’ils nous
ont prodigués et pour la patience dont ils ont sus faire preuves tout au long de notre
parcours académique ;
• M. TCHAKOUNTE Valentin, M. NZEKEMZEN Robert pour nous avoir aidés et
soutenus au mieux tout au long de la rédaction de notre mémoire ;
• L’ensemble du personnel de DEKAP LAH S.A. pour leur accueil chaleureux et le
climat de confiance qu’ils faisaient régner au sein de l’entreprise ;
• Ma famille pour leur soutien incontestable ;
• Mes amis pour leur présence au quotidien, en particulier OBEN Loic , Tresor,
SINEGA Alex, MIGUE MEUKAM Michelle, M. WAMBO Eric, Gaetan, Ronald,
Christian Hill
RESUME

De nos jours les IMF font face a divers défis dans leur gestion, fonctionnement et dans
la continuité de leurs activités suite a la modification des pratiquesbPendant longtemps les
IMF ont été considérées par les chercheurs en sciences de gestion et surtout en métiers de
gestion du risque de crédit. C’est dans cette optique que notre étude pose la problématique de
la gestion du risque de crédit et la performance financière des IMF camerounaises. De cette
façon, elle vise à comprendre comment les IMF gèrent le risque lié au crédit et de quelle
manière cette gestion influence la performance financière. En appuyant sur les travaux de
certains auteurs tel que Tchakoute (2012), nous a permis d’analyser la structure
organisationnelle de gestion du risque. Nzongang (2012), nous a permis d’élaborer le model
explicatif de gestion et Tueudem (2016) nous a permis d’élaborer le modèle de la
performance financière de l’IMF. Pour cela nous avons considéré la supervision de dossier
par l’organe de réglem entation, le contrat de crédit de groupe et la décentralisation
décisionnelle d’octroi de crédit pour expliquer ce dernier. A l’issue de cette analyse, nous
avons d’abord trouvé que la décentralisation décisionnelle a une influence positive sur la
performance financière de l’IMF. Enfaite, la supervision de dossier de crédit par l’organe de
règlementation et le contrat de crédit de groupe ont influence négative sur ce dernier.

Mots clés : Financière, Gestion, Microfinance, performance, risque, crédit.


ABSTRACT

For a long time, the IMF were considered by the researchers in sciences of
management and especially in trades of risk management of credit. It is in this optics that our
study poses the problems of the risk management of credit and the financial performance of
the IMF Cameroonians. In this way, it aims at including/understanding how the IMF manage
the risk related to the credit and how this management influences the financial performance.
we have to establish the mode of risk management of credit Tchakoute (2012), us allowed to
analyze the organizational structure of risk management Nzongang (2012), us made it
possible to work out the explanatory model management and Tueudem (2016) enabled us to
work out the model financial performance of the IMF. For that we considered the supervision
of file by the body of regulation, the contract of credit of group and the decisional
decentralization of granting of credit to explain this last. With the exit of this analysis, we
initially found that decisional decentralization has a positive influence on the financial
performance of the IMF. With the exit of this analysis, we initially found that decisional
decentralization has a positive influence on the financial performance of the IMF. And in end,
the supervision of file of credit by the body of regulation and the contract of credit of group
have negative influence on this last

Key words: Financial, management, microfinance, performance, risk, credit


INTRODUCTION GENERALE
I. LE CONTEXTE DE LA RECHERCHE

Dans les économies africaines, les PME représentent près de 50 % des emplois et, selon les
enquêtes menées par la Banque Mondiale, 40 % des petites entreprises et 30 % des moyennes
entreprises considèrent l'accès au financement comme un frein majeur au développement de
leurs activités (Maria Soledad P., 2009).
Également pourvoyeuses d'emplois dans l'économie camerounaise, elles sont appelées à y
jouer, à l'ère du passage de l'interventionnisme Étatique au libéralisme économique, un rôle
primordial alors même qu'elles éprouvent d'énormes difficultés à se financer (Ndong-Nath,
2002). Ainsi, l’environnement financier du Cameroun est constitué du secteur formel et du
secteur informel (la tontine) entre les deux se situe la banque. Au Cameroun, comme dans la
plupart des pays africains, la petite et moyenne entreprise (PME) est érigée en élément
fondamental de la stratégie de développement économique et social.
Comme surligné ci-haut, l'accès au financement représente l’une des principales contraintes
rencontrées par les PME d'Afrique subsaharienne. Les PME/PMI sont constamment
confrontées à des besoins de trésorerie pour leurs dépenses de fonctionnement (salaires,
loyers, etc.), ou d'investissement. En général, elles ont d’importantes difficultés à se faire
financer auprès des banques commerciales.
Parmi les causes de ce manque de financement, l’on peut noter les risques de défauts associés
à l’activité des PME, l’inexistence des instruments financiers, le faible niveau de
développement de notre système financier et l’absence d’un marché financier dynamique
(Wanda, 2007). D’autres travaux relèvent également la crise de confiance qui prévaut entre
les banques et les PME sur le marché de crédit. Cette dernière est liée à une asymétrie
d’information dans la relation banque-entreprise et à l’insuffisance des garanties proposées
par l’entreprise, ce qui limite donc l’obtention des crédits par ces PME (Koumetio, 2016).
Elles sont dès lors obligées de se retourner vers des financements alternatifs aux banques
commerciales, et notamment les Institutions de Micro finance.
En 2004, une évaluation de l'activité de microfinance a permis au Groupe Consultatif pour
l'Assistance aux Pauvres de conclure que les IMF ont indiscutablement fluidifié l'accès aux
services financiers. Mais, d'importantes opportunités restent à offrir par les organisations de
microfinance.
A l'échelle mondiale, deux tiers des non bancarisés dans les pays en développement
n'auraient toujours pas accès à des services financiers formels. Au Cameroun, les statistiques
indiquent que l'importance des IMF est relativement modeste. Ce constat, daté de 2000, est
confirmé par les résultats de l'Enquête sur l'Emploi et le Secteur Informel au Cameroun (INS,
2006)1. Ils mettent en évidence le caractère marginal de la contribution de la microfinance au
financement des unités de production informelles. Près de trois décennies après la
promulgation de la loi N° 90/053 du 19 décembre 1990 sur les associations et de la loi N°
92/006 du 14 août 1992 relative aux sociétés coopératives et aux groupes d'initiatives
communes complétées par le décret N° 92/455/PM du 23 novembre 1992 fixant les modalités
d’application de la précédente loi2, 90% des besoins d'investissement des unités de
production informelles3 (UPI), cibles théoriques des organisations de microfinance, sont
autofinancés. Ils sont financés par l'épargne individuelle. Seulement 1,4% d'UPI ont accès
aux sources de financement formelles en zones rurales, constituées principalement d'IMF.
La microfinance a débuté sous la forme d’un mouvement philanthropique à l’échelle réduit
pour fournir un prêt aux plus démunie. En Europe en 1849, un bourgmestre prussien
Friedrich Wilhelm Raiffeisen, fonde Rhénanie la première société coopérative d’épargne et
de crédit, qui offre des services d’épargne aux populations ouvrières pauvres et excluent de la
banque classique. L’épargne collectée permet de consentir les crédits à d’autres clients. Ces
1
1 INS, 2006, Enquête sur l'Emploi et le Secteur Informel au Cameroun en 2005. Phase 2 : En quête sur le
Secteur Informel. Rapport principal
2
2 Ces deux lois concrétisent les premiers efforts entrepris en vue d'aménager un cadre légal et institutionnel
de la microfinance au Cameroun. La loi de finance pour l'exercice 1997/1998 № 97/014 du 18 juillet 1997
définit trois statuts sociaux pour les établissements de crédit. Ils peuvent se constituer sous la forme de sociétés
de capitaux (SA et société en commandite par action) et alternativement sous la forme de sociétés
coopératives ou de sociétés à forme mutuelle. La loi de finance pour l'exercice 1998/1999 № 98/009 du 1er
juillet 1998 donne la possibilité aux coopératives d'épargne et crédit de participer au capital des autres
coopératives d'épargne et de crédit, des sociétés commerciales, et de percevoir les dépôts des non membres.
Afin d'organiser le secteur et garantir la poursuite des activités des IMF en Afrique centrale, la COBAC a
promulgué une série de textes réglementaires relatifs à l'activité de microfinance. Il s'agit d'une part du
Règlement № 01/02/CEMAC/UMAC/COBAC du 13 avril 2002 relatif aux conditions d'exercice et de contrôle de
l'activité de microfinance dans la CEMAC et d'autre part, des Règlements COBAC EMF2002/01 à 21 portant
normes prudentielles applicables aux EMF.

3
3 Les unités de production informelles sont des entreprises unipersonnelles, dans leur immense majorité (EESI,
2006), dirigées et gérées par une seule et même personne. Elles ne possèdent pas un numéro de contribuable

et/ ou ne tiennent pas de comptabilité écrite. Elles appartiennent au secteur informel de l'économie.
organismes sont dits mutualistes car elles mutualisent l’épargne de leurs membres pour les
prêts à d’autres membres. Les organismes et institutions qui développent sur cette base en
Europe et en Amérique du Nord, puis, après la seconde guerre mondiale dans les pays du sud,
notamment en Afrique qui focalisent sur l’épargne et offrent peu de service de crédit
(Affissou et al., 2009).
Certaines microfinances parviennent à maintenir et à augmenter leur portefeuille de prêts aux
PME en différenciant leurs démarches selon les emprunteurs, sans déroger d’une politique de
crédit saine. Dans bien des PME, l’accès au capital doit s’accompagner d’un renforcement
des capacités en gestion des managers, par une planification opérationnelle et Stratégique et
par la modernisation de la technologie, du marketing et des processus comptables.
Toutefois, on note au fil des ans, que ces Institutions de Microfinance connaissent de graves
difficultés liées au non remboursement des prêts octroyés. Et au Cameroun, ces difficultés
sont à l’origine de nombreuses banqueroutes dans le secteur.
Ainsi, le choix de notre recherche part aussi du fait de nombreux taux d’impayés excessifs
observés pouvant entrainés une faillite dans le secteur de la microfinance camerounaise cette
dernière décennie à l’instar de COFINEST, FIFA, CAPCOL qui étaient des leaders du
secteur. La gestion du risque lié au crédit reste un problème important pour les organismes
des microfinances Camerounaises. Dès lors, les difficultés à gérer les prêts accordés aux
PME restent un problème d’actualité. Leur financement mérite une attention minutieuse. Ceci
au travers des analyses financières et des nombreuses informations utiles lors de l’évaluation
d’un dossier de crédit (avant, pendant et après l’octroi du crédit). C’est donc à juste titre que
notre étude s’intitule : « La Gestion du risque de crédit et La performance financière des
IMF Camerounaises ».

II.PROBLEMATIQUE ET QUESTION DE RECHERCHE


Les institutions de microfinance sont spécialisées dans le financement des activités
économiques de petites envergures. Elles jouent un rôle social consistant à cibler un grand
nombre d’exclus du système financier classique, notamment les ménages pauvres, les
entreprises individuelles, les PME/PMI4, les TPE et les associations d’entraides en leur
4
4 La définition officielle de PME/PMI au Cameroun découle de la loi N°2010/001 du 13 avril 2010 portant
promotion des Petites et Moyennes Entreprises (PME). Selon cette loi, rentrent dans la catégorie PME, les
entreprises ayant un effectif permanent entre 21 et 100 individus et dont le chiffre d’affaires annuel hors taxe
est supérieur à 100 millions et n’excède pas un milliard de FCFA.
proposant des services financiers adaptés (Kobou et al., 2009). Ce faisant, elles sont perçues
par la grande majorité de l’opinion publique à l’échelle internationale comme un levier
pertinent de la réduction de la pauvreté. Elles doivent néanmoins obtenir des résultats
économiques et financiers suffisants pour assurer leur viabilité et leur pérennité. Autrement
dit, les IMF viables sont celles qui réalisent de très forts taux de remboursements des
microcrédits octroyés et qui couvrent toutes leurs charges d’exploitations et financières
(Azokly, 2010). Ainsi la pérennité des IMF passe d’abord par leur viabilité qui est
conditionnée quant à elle par une bonne qualité du portefeuille de crédits. Cette bonne qualité
du portefeuille est la conséquence d’une bonne gestion des risques de crédits. Cette dernière
permet par ailleurs d’éviter le phénomène de contagion résultant d’une éventuelle faillite. En
effet, s’il y a faillite, il y a perte de confiance vis-à-vis du système et ceci peut par conséquent
entraîner l’écroulement de l’ensemble du secteur et avoir des impacts négatifs sur l’ensemble
du système économique et social (Ellé, 2012).
Dionne (2001) définit la gestion des risques comme l’ensemble d’activités (financières et
opérationnelles) qui permet de maximiser la valeur d’une entreprise ou d’un portefeuille en
réduisant les coûts associés à la volatilité de ces flux d’entrées et des sorties de fonds (cash
flows). Les principales activités sont la diversification et la couverture des risques par
l’utilisation des divers instruments dont les produits dérivés et structurés, l’assurance de
marché, l’auto assurance et l’autoprotection. Les principaux coûts à minimiser pour
l’entreprise sont les coûts espérés de défaillance financière, les paiements espérés aux
partenaires (stakeholders), les paiements espérés d’impôts et les financements des
investissements.
Le comportement des gestionnaires face au risque (appétit du risque des gestionnaires) et la
gouvernance des entreprises affectent également les choix de gestion des risques.
La performance financière d’une IMF peut être définie comme sa capacité à couvrir par ses
produits, l’ensemble de ses charges et dégager une marge pour financer sa croissance. En
d’autres termes, c’est la capacité qu’a une IMF de mener à bien ses activités, en se passant
des subventions sous forme de prêts concessionnels ou subventionnés 5 . Pour Adair et al.

5
5 Définition de Micro Banking Bulletin (2005).
Le risque peut se définir comme un événement qui peut se produire à tout moment et d’une manière imprévue
en causant un dommage à autrui, au bien d’autrui, ou aux deux à la fois. Dans la gestion du crédit des IMF, le
risque est un événement aléatoire qui pourrait compromettre un tiers emprunteur d’accomplir ses obligations
de remboursement de crédit (Affisou et al., 2009). Ainsi défini, les IMF doivent dans leurs activités quotidiennes
de gestion du crédit bien identifier les risques, les prévenir ou bien utiliser les bonnes méthodes de gestion au
(2010) la performance financière est mesurée essentiellement par l’autosuffisance financière
et opérationnelle ainsi que par la réalisation d’une rentabilité maximisant l’efficacité et la
productivité du personnel. Marion et al., (2012) définit la performance selon quatre principes
fondamentaux : (i) l’efficacité qui traduit l’aptitude de l’entreprise à atteindre ses objectifs, en
rapportant les résultats aux objectifs, (ii) l’efficience qui met en relation les résultats et les
moyens, en rapportant un indicateur de résultat à indicateur de mesure des capitaux employés
; (iii) la cohérence qui traduit l’harmonie des composants de base de l’organisation pour
mesurer la performance organisationnelle en rapportant les objectifs aux moyens (Cohendet
et al. , 1995) ; (iv) la pertinence qui met en relation les objectifs ou les moyens avec les
contraintes de l’environnement. La pertinence permet d’évaluer la performance dans le
domaine stratégique, c'est à dire l’avantage concurrentiel à partir d’une appréciation entre
l’adéquation des éléments de l’offre (créateurs de valeur) et les attentes du marché. Ainsi,
lorsque la performance est entendue comme le résultat d’une action d’évaluation ex-post des
résultats obtenus, (Bouquin, 2004). L’analyse de la mesure sera prioritairement orientée sur
la capacité d’une entreprise à atteindre ses objectifs.
Pour améliorer l’efficacité de la microfinance et garantir sa contribution au développement,
Servet (2005) propose de rompre avec le mythe de la quête exclusive de l’efficacité sociale et
de la réduction de la pauvreté. L’auteur place la gestion des risques au cœur des nouveaux
challenges des institutions de microfinance (IMF). En effet, les praticiens de la microfinance
reconnaissent aujourd’hui qu’il n’y a pas de performance durable sans une gestion saine des
risques. Cette perspective est essentielle car si l’on veut rendre durable l’action de celles-ci,
la sécurisation de leur activité est un préalable incontournable. La gestion des risques peut
donc être considérée comme un levier de la performance financière et de la pérennité des
IMF. La littérature sur le « risk management » considère le choix en matière de gestion des
risques comme des décisions financières (Smith, 2005), c’est-à-dire des décisions qui créent
de la valeur. Elle établit un lien entre les stratégies de gestion des risques et la performance
financière (Smith et Stulz, 1985). Dans les IMF, les dispositifs les plus en vue relèvent de la
méthodologie d’accord de crédit et de la régulation prudentielle.
Plusieurs auteurs ont eu à définir le risque de crédit car il représente la forme la plus ancienne
de risque sur le marché des capitaux. Selon Compion (2000), le risque de crédit est défini
comme la perte de revenus ou de capital résultant du non-respect des échéances d’un prêt par
le client. Pour Sardi (2002), le risque de crédit est « la perte potentielle et consécutive à
l’incapacité d’un débiteur d’honorer ces engagements ». Dietsch et Petey (2008), vont plus
cas où ils surviennent.
loin et définissent le risque de crédit comme principalement le risque de défaut de
remboursement de l’emprunt, mais aussi le risque que la valeur d’un actif financier varie en
raison d’événement particulier affectant la solvabilité partielle de l’emprunteur. Plus
précisément, Camara (2006) définit le risque de crédit en considérant les trois éléments
suivants : la solvabilité, la liquidité et la rentabilité. Selon lui, la solvabilité est la capacité des
IMF à faire face à toutes les dettes avec la totalité des actifs. La liquidité est sa faculté à
honorer ces engagements à court terme avec des actifs réalisables ou disponibles. La
rentabilité est comme le résultat obtenu des IMF au vu des moyens mis à sa disposition.
Parmi les études menées, certains se sont intéressées à l’analyse des déterminants d’octroi du
crédit (Diakité, 2014) comme par exemple la qualité de gestion, le risque économique, le
niveau d’endettement, etc. En ce qui concerne la qualité de gestion, les éléments de gestion
de IMF sont importants à fin d’assurer la pérennité et la bonne gestion (Sardi, 2002). Ces
dernières doivent être considérées comme des outils de pilotage et de contrôle afin d’évaluer
la qualité de gestion. Knight (1921)6 est le pionnier de l’analyse du risque et surtout
précurseur des théories de la banque comme organisation gérant l’information. Ses travaux
conduisent à faire une distinction entre le risque (probabilité) et l’incertitude (non
probabilisé). En d’autres termes, on parle de risque lorsque les transactions économiques se
déroulent dans un univers probabilisable.
Knight considère les situations qui nous permettent de calculer soit la probabilité logique, soit
la probabilité statistique des situations risquées. Dans une logique similaire, keynes (1971) 7,
montre que l’incertitude diffère du risque. Pour lui, le futur est du domaine de l’incertitude et
ne peut par conséquent, faire l’objet de calcul probabiliste. L’incertitude matérialise
l’ignorance de la connaissance face au devenir. Ces deux auteurs montrent l’existence du
risque cohabite avec celle de l’incertitude.
Toutefois, le crédit des IMF est l’une des sources de financement les plus importantes
auxquelles recourent les PME dans leur procédure de financement. En effet, l’existence d’un
lien étroit entre la microfinance et la PME peut être représentée comme un facteur explicatif
de l’émergence d’une industrie performante dans des pays développés et/ou des pays
émergents. Les PME ne transmettent pas toujours toutes les informations nécessaires dans
leurs dossiers de crédit. Pour faire face à cette situation, les microfinances peuvent mettre en
place des mécanismes incitatifs et des procédures de contrôle permettant de limiter ces
risques. En déplaçant les asymétries d’information vers l’extérieur de la relation, elle dresse
6
6 Article de Wikipédia disponible à l’adresse : http://fr. wikipédia.org/wii/Risque.
7
7 Article de Wikipédia disponible à l’adresse : http://fr. wikipédia.org/wii/Risque.
des barrières à l’entrée dans le financement de l’entreprise et le sort du contexte
concurrentiel. La discipline des marchés ne s’exerce alors plus ni sur la banque, qui va
pouvoir tirer profit de sa situation de monopole informationnel pour extraire une rente
décourageant de fait l’entreprise à investir dans certains projets rentables (Sharpe,1990 ;
Rajan, 1992), ni sur l’entreprise, qui va pouvoir tirer profit de l’assurance de se voir
refinancer sans examens approfondis de sa situation pour réduire le niveau d’exigence de ses
choix d’investissements et s’engager dans des projets moins rentables (Dewatripont et
Maskin, 1995).
Plusieurs études, dont celle de Josepha (2012), portent sur la microfinance entre utilité et
performance financières. Cet ouvrage a mis en évidence le rôle des normes dans la
gouvernance mondiale. Des nombreux chercheurs ont constaté que les difficultés d’accès au
crédit représentent un obstacle majeur au développement des PME, particulièrement dans les
pays en transition où le système financier est encore sous-développé Caudill et al. (2009).
Actuellement, la majorité des études portant sur la performance des IMF (Tucker et Miles
2004, Koveos et Randhawa, 2004) est basée sur des ratios financiers identiques et ceux
utilisés pour mesurer la performance bancaire. (Les ratios CAMEL, PEARLS et GIRAFE).
Or, comme le soulignent certains auteurs (Athanassopoulos et Ballantine,1995) les activités
et les décisions bancaires, et par extension celles des IMF, possèdent un caractère
multidimensionnel que ne peut permettre de cerner adéquatement l'analyse par ratios. Serrano
et Molinero (2004) montrent également que l'efficience varie selon les pays et le statut,
organisation non gouvernementale (ONG) versus non-ONG, les IMF. Tchakouté (2008)
reprécise que la gestion des risques se présente comme un levier de performance financière et
une source d’’avantage concurrentiel. Au vu de l’importance de la gestion du risque de crédit
dans le domaine de la microfinance, il est important d’entreprendre une étude mettant en
relation la gestion du risque de crédit et la performance financière des IMF.
Par ailleurs, au Cameroun des nombreux chercheurs se sont intéressés sur le fonctionnement
des IMF. C’est le cas de Nzongang et al. (2012), portant sur La mesure de l'efficacité
financière et sociale des institutions de microfinance du réseau MC² au Cameroun. Il
s’intéresse à la question de la dualité d’objectif entre performance financière et sociale des
institutions de microfinance et l’étudie dans le cas particulier des IMF du réseau MC² au
Cameroun. Wamba et Robert (2004), la gestion de l'information dans les institutions de
microfinance en Afrique : le cas du Cameroun. Ces auteurs montrent qu’en Afrique, avec le
développement sans cesse croissant ces dernières années des institutions de microfinance en
réponse à des besoins spécifiques des promoteurs des micro-activités, il se pose un problème
de gestion de l'information au sein de ces institutions financières de proximité. Très peu sont
celles qui disposent d'un système d'information fiable, apte à s'adapter aux nouvelles
technologies de l'information et de la communication. Tuedem (2016) a étudié la relation
entre la gestion de risque de crédit et la performance (financière, sociale et opérationnelle)
des EMF. Elle a abouti au résultat selon lequel la gestion de risque de crédit influence 8
positivement la performance globale des EMF. Son étude s’est intéressée sur la gestion
globale des risques de crédit au sein des EMF. Elle ne s’est pas attardée au cas spécifique de
risque de crédit liés aux PME. Dans cette perspective, notre recherche vise à analyser
l’influence de la gestion du risque de crédit aux PME/PMI sur la performance financière des
IMF Camerounaises.
De cette problématique, découle la principale question de recherche suivante : Quelle est
l’influence de la décision d’octroi ou non de crédit à une PMI/PMI par l’IMF à l’atteinte de
ses objectifs financiers ? Cette question principale se subdivise en trois sous questions
suivantes :
1. Quels sont les déterminants du processus de réduction du risque de crédit dans les IMF ?
2. Quel est l’impact de la supervision du contrat de crédit et du contrat de crédit de groupe
sur la capacité des IMF à dégager une marge ?
3. Quel est l’impact de la décentralisation décisionnelle sur la capacité des IMF à couvrir ses
charges par ses produits ?

III.OBJECTIF DE RECHERCHE
Toute recherche scientifique qui se veut sérieuse et pertinente se doit de viser un ou plusieurs
objectifs clairement définis. L’objectif de cette recherche est d’analyser les stratégies de la
gestion du risque de crédit pouvant améliorer la capacité des IMF à maintenir sa performance
financière. Ainsi, notre recherche poursuit les objectifs suivants :
1. Appréhender les déterminants du processus de réduction du risque de crédit développé par
les IMF aux PME/PMI ;
2. Mettre en évidence le lien de la supervision du contrat de crédit et du contrat de crédit de
groupe sur la capacité des IMF à mener bien ses activités ;
3. Analyser l’incidence de la décentralisation décisionnelle d’octroi du crédit sur la capacité
des IMF à gérer au mieux leurs produits et charges tout en dégageant une marge.9

9
IV. INTERET DE RECHERCHE
Toute étude scientifique doit présenter un intérêt certain. Notre étude trouve son intérêt sur
deux plans :
- Sur le plan théorique, cette étude permettra d’enrichir les connaissances dans le domaine de
la relation microfinance-PME notamment en matière de la gestion du risque lié au crédit
accordé aux PME ;
- Sur le plan pratique, notre recherche permettra aux PME camerounaises et aux
microfinances d’améliorer leur relation, afin de développer des systèmes de suivi des
performances cohérents sur la base des normes internationales de façon à être appuyés dans
la prise de décision et de limiter les risques liés au crédit accordés.

V. HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
L’évaluation des effets de la régulation sur la valeur et sur le risque a fait l’objet de
nombreuses recherches dans la banque (Rochet, 1992 ; Kim et Santomero, 1988 ; Koehn et
Santomero, 1980, Caprio et al., 2007). Dans le domaine de la microfinance, la littérature sur
la question de la régulation a mis un accent particulier sur : la justification de l’intérêt de la
régulation pour la microfinance (Arun, 2005 ; Vogel et al., 2002 ; Chaves et Gonzalez-Vega,
1992), la description des dispositifs nationaux et régionaux de régulation (Staschen, 1999) et
les comparaisons internationales des dispositifs de régulation (Staschen, 2003). Cependant,
peu d’attention est accordée à l’analyse des effets de régulation prudentielle sur la
performance des institutions de microfinance. À l’échelle de l’organisation, le fait de se
conformer aux exigences prudentielles a des bénéfices et des coûts. Peck et al., (2003)
estiment les coûts à environ 5 % de l’actif des IMF pendant la première année de mise en
conformité. La plupart des dispositifs réglementaires imposent aux IMF de transférer des
informations financières auprès des organes chargés de la supervision. Cela suppose un
reporting permanent et un reporting de qualité. La qualité et la régularité du reporting
requièrent des compétences spécifiques que les IMF attirent et recrutent difficilement. Par
ailleurs, la régulation facilite l’accès des IMF aux sources externes de financement (dettes,
fonds propres). Elle permet aux IMF non régulées de collecter les dépôts et de recourir à
l’épargne publique afin d’ajuster leur structure financière. Dans cette perspective, plusieurs
IMF se sont transformées, passant du statut d’IMF non régulée (ONG) à celui d’IMF régulée
(sociétés privées) depuis 1992. Fernando (2004) a évalué les conséquences financières de ces
10 transformations en étudiant 39 cas de transformation d’ONG de microfinance en sociétés
privées dans le monde. Il conclut que la plupart des transformations s’accompagnent d’une
amélioration de la structure financière des IMF par l’augmentation notamment du niveau des
fonds propres. La transformation a permis à ces IMF d’accroître leurs ressources afin de
financer leur croissance. Ce qui nous amène à formuler l’hypothèse suivante :
H1 : la supervision de dossier de crédit par un organisme de règlementation influence
positivement la performance financière des IMF.
Deux principaux types de contrats de crédit gouvernent l’activité de crédit des IMF : les
contrats individuels qui mettent en relation l’institution prêteuse et un emprunteur unique ;
les contrats de crédit de groupes qui mettent en relation l’institution et un « pool »
d’emprunteurs. Dans le contrat de groupe, les prêts sont accordés aux individus, mais le
groupe est solidairement responsable du crédit, la garantie devenant collective. La mise en
place des contrats de crédit de groupe (crédit solidaire) est considérée comme une des
innovations majeures en matière de gestion du risque de crédit dans les IMF (Armendariz de
Aghion et Morduch, 2005). Le crédit de groupe est fondé sur le modèle de Stiglitz (1990),
construit autour de l’étude du cas de la Grameen Bank, considérée avec la Bancosol en
Bolivie comme les institutions pionnières des contrats de crédit de groupe (Armendariz de
Aghion et Morduch, 2000). Stiglitz (1990) observe que les coûts de collecte de l’information
par les institutions prêteuses sont élevés dans les marchés ruraux de crédit. En raison de la
proximité géographique et des liens sociaux et culturels étroits, les populations rurales ont un
avantage informationnel sur l’institution en ce qui concerne la sélection (risque
d’antisélection) et le contrôle des emprunteurs (risque d’aléa moral). Pour ce qui est du risque
moral, la revue de la littérature met en évidence deux principaux modèles théoriques : le
modèle d’incitation au contrôle (Stiglitz, 1990 ; Varian, 1990 ; Chowdury, 2005) et le modèle
d’incitation au remboursement (Besley et Coate, 1995 ; Armendariz de Aghion et Morduch,
2000).
D’après le modèle d’incitation au contrôle, l’avantage informationnel incite les institutions
prêteuses à transférer le contrôle de la gestion aux cosignataires du contrat de crédit qui en
internalisent les coûts. Ce faisant, les institutions minimisent leurs coûts d’agence. Les
cosignataires sont incités au contrôle mutuel pour deux raisons : la responsabilité collective et
la subordination des prêts futurs au remboursement des crédits en cours. Cependant, la taille
et la composition artificielle des groupes (Stiglitz, 1990), ainsi que les collusions au sein des
groupes de crédit (Laffont, 2003) peuvent limiter l’efficacité de la délégation du contrôle au
groupe d’emprunteur. D’après Chowdhury (2005), un contrôle conjoint effectué par le
groupe et l’IMF peut garantir l’efficacité des contrats de crédit de groupe. L’IMF est d’autant
plus performante qu’elle internalise une partie des coûts d’agence (coûts de contrôle).
D’après le modèle d’incitation au remboursement, l’instauration d’un système de sanction
sociale et de sanction de l’institution incite les cosignataires du crédit à veiller au
remboursement. Le risque d’ostracisme social des membres du groupe de crédit d’une part, et
le risque de non éligibilité du groupe aux crédits futurs d’autre part, les incitent à la
surveillance mutuelle, ce qui accroît les taux de remboursement. Besley et Coate (1995)
examinent le rôle joué par les contrats de crédit de groupe, plus précisément leur
composition, dans la sélection des emprunteurs et la minimisation du risque d’antisélection.
Ils démontrent que les groupes de crédit homogènes, constitués sur la base des liens sociaux
entre les membres (l’homogénéité des groupes peut reposer sur l’appartenance à une même
ethnie, une même profession ou une similarité du niveau de revenus), présentent un risque
d’antisélection faible, ce qui permet d’améliorer les taux de remboursement de crédit. Ghatak
(1999) montre que la responsabilité collective est un instrument de sélection des membres du
pool d’emprunteurs. Un portefeuille développé sur la base de prêts de groupe présentera des
caractéristiques différentes de celui qui se compose de prêts individuels. En outre, Godquin
(2004) conclut chaque institution, pour être performante, doit choisir la méthodologie de prêt
la mieux appropriée. Ce qui nous amène à notre hypothèse suivante :
H2 : Le contrat de crédit de groupe influence positivement la performance financière des
IMF.
La recherche sur l’architecture organisationnelle des organisations bancaires étudie
principalement les déterminants du choix d’une architecture organisationnelle et l’influence
du choix d’une architecture organisationnelle sur le financement de la Petite et Moyenne
Entreprise (PME). Elle considère la connaissance spécifique et la complexité
organisationnelle (Fama et Jensen, 1983a, 1983b ; Jensen et Meckling, 1992) comme des
facteurs explicatifs de l’efficacité des formes organisationnelles. D’après les modèles de
Stein (2002) et Berger et Udell (2002), l’architecture des organisations bancaires influence
l’allocation de capital. Ils montrent que le choix de l’architecture organisationnelle et le
modèle de financement qui en découle sont déterminés principalement par la nature de
l’information collectée. Lorsque l’information est hard, c'est-à-dire financière, objective,
quantitative et publique (Stein, 2002 ; Berger et Udell, 2002), la structure organisationnelle
est de type hiérarchique. La fonction d’allocation de ressources est séparée de celle
d’expertise ou de collecte de l’information. Le modèle de financement est alors
transactionnel. Lorsque l’information est soft, c'est-à-dire qualitative, subjective, privée et
difficilement transmissible par les canaux conventionnels, sauf à induire des coûts d’agence
(Stein, 2002 ; Berger et Udell, 2002), l’autorité décisionnelle est alors allouée au chargé
d’affaires. Ce dernier est supposé détenir un meilleur accès à l’information soft. Le pouvoir
décisionnel et la détention de l’information pertinente sont ainsi colocalisés. Les fonctions
d’allocation de ressources et de collecte de l’information sont ainsi cumulées. Cette
colocalisation réduit le risque d’avoir une information non pertinente pour la prise de
décision. Le modèle de financement est relationnel. De plus, la distance géographique est
déterminante dans le choix d’une architecture organisationnelle. Plus la distance
géographique entre l’organisation prêteuse et son client est grande, plus l’organisation
prêteuse opte pour une architecture organisationnelle hiérarchique. D’après Berger et al.
(2005), les banques de petite taille sont plus proches géographiquement des entreprises
présentant un risque élevé d’asymétrie d’information que les banques de grande taille. Dans
leur grande majorité, les états financiers des cibles des banques de petite taille ne sont pas
audités et les comptes ne sont pas certifiés (Berger et al., 2005). Les insuffisances qualitatives
de ces informations objectives ou hard rendent difficile l’évaluation du risque de contrepartie.
A contrario, la proximité géographique entre les cibles et l’organisation prêteuse rend
possible la collecte d’informations qualitatives, non mesurables et de très haute qualité
(Berger et Udell, 1995), à partir desquelles le chargé de crédit évalue le risque de contrepartie
et prend la décision de crédit. Pour Brickley et al. (2003), cette proximité géographique entre
les banques de petite taille et les PME en zones rurales incitent les banques à déléguer la
décision d’octroi de crédit au chargé d’affaires. Tchakoute (2011) considère la
décentralisation décisionnelle d’octroi du crédit comme un facteur explicative de l‘efficacité
des IMF. Dans la même logique, les praticiens de la microfinance font l’hypothèse d’une
meilleure efficacité financière et sociale pour les IMF qui font le choix de la décentralisation
de la décision d’octroi de crédit (Janson et al., 2004). Cela nous amène alors à formuler
l’hypothèse suivante :
H3 : La décentralisation de la décision d’octroi de crédit influence positivement la
performance financière des IMF.

VI. DEMARCHE METHODOLOGIQUE


La méthodologie consiste dans le cadre de notre travail à effectuer une recherche de qualité.
Elle précise et justifie nos options en matière de méthode scientifique et technique de collecte
et d’analyse des données. Dans cette optique et dans le cadre de cette étude, nous adapterons
la démarche hypothético-déductive. Elle consiste, à partir de la littérature, de formuler les
hypothèses qui seront testées à l’épreuve des faits. Pour ce faire, nos données seront
collectées à l’aide d’un questionnaire sur papier qui sera administré auprès des responsables
des IMF. Pour traiter ces données, nous utiliserons le logiciel des données Statistical Package
for Social Sciences (SPSS). A partir de ce logiciel, nous utiliserons d’abord le tri à plat pour
faire l’analyse descriptive de l’échantillon. Ensuite, nous utiliserons la méthode de score afin
de classer les IMF selon qu’elles aient une performance financière faible ou élevée par
rapport à la moyenne. Ainsi, nous aurons deux catégories des IMF selon leur performance
financière. En fin, nous utiliserons le test de la régression linéaire simple pour tester les
hypothèses de recherche car les variables explicatives et la variable expliquée sont de nature
nominale.

VII. PLAN DE L’ETUDE


L’étude de la gestion du risque de crédit des PME sur la performance financière des IMF
Camerounaises dans la relation microfinance-PME s’articulera en deux parties subdivisées en
deux chapitres chacune. Ainsi, on aura :
- La première partie se repose sur l’identification du problème et les fondements théoriques
dans la relation microfinance PME. D’une part, nous allons faire une présentation générale de
l’entreprise et le déroulement du stage ainsi que le problème rencontré (chapitre 1), et d’autre
part celui des concepts clés du thème et des fondements théoriques de l’effet de la gestion du
risque de crédit des PME sur la performance financière des IMF (chapitre 2),
- La seconde partie quant à elle, est purement empirique. Pour cela nous présenterons le
cadre méthodologique dans lequel s'effectuera le travail (chapitre3) et l’analyse et
interprétation des résultats portant sur l'impact de la gestion du risque de crédit sur la
performance financière des IMF (chapitre4).
PREMIERE PARTIE ; IDENTIFICATION DU PROBLEME ET LES
FONDEMENTS THEORIQUES
CHAPITRE I ; PRESENTATION DE L’ENTREPRISE ET DEROULEMENT DU
STAGE

SECTION I ; PRESENTATION DE L’ENTREPRISE

Dans cette section nous allons présenter l’entreprise (DEKAP LAH SA) qui nous accueille
dans le cadre de ce mémoire. Nous ferons d’abord un bref historique de cette microfinance
passée en 2ème catégorie il y a peu et devenue acteur de l’économie camerounaise.

I- PRESENTATION DE DEKAP LAH SA


I-1. Historique de DEKAP LAH SA

DEKAP LAH SA est un établissement de microfinance 2 ème catégorie qui exerce ses activités
sur le territoire Camerounais et sa direction générale est basée à Douala. DEKAP LAH SA
est née de la volonté des membres de la MC2 BAMENDJOU et la MC2 BANGAM de
prendre le parti de la nouvelle réglementation COBAC relative aux conditions d’exercice et
de contrôle de l’activité de la microfinance dans la CEMAC pour se développer autrement
que par ses seuls membres.
En effet, la carrière entrepreneuriale financière peut se décliner sur l’assise communautariste,
micro publique et macro publique. Chaque déclinaison peut naître, exister et se développer en
elle-même et se définir comme développement horizontal. Tout comme, dans une approche
de développement vertical, chaque déclinaison peut naître sous une déclinaison de base,
exister et se développer dans les autres déclinaisons.
Les membres de la MC2 BAMENDJOU et de la MC2 BANGAM ont commencé par une
déclinaison entrepreneuriale financière communautariste, et décident aujourd’hui de se
développer vers une déclinaison financière micro publique dans laquelle ils vont exister et
croître vers une déclinaison entrepreneuriale financière macro publique.
MC2 BAMENDJOU cumulant plus de 25 ans d’expérience en matière de services de
microfinance de 1ère catégorie a entrepris de s’associer à MC2 BANGAM, et ont choisi de se
développer en DEKAP LAH SA. L’existence et le développement vers cette ultime étape
passe par les phases qui doivent combiner à la fois les différents facteurs financiers, humains,
infrastructurels encadrés par l’identification froide, le contrôle et la maîtrise des risques.
La démonstration doit en être faite dans la phase d’existence- développement en
établissement de microfinance de 2ème catégorie. C’est ainsi qu’au fil des ans, la MC2
BAMENDJOU a acquis un terrain et construis un siège futuriste, que la plupart des
établissements de microfinance de 1ère catégorie lui envie.
Les jalons ont ainsi été postés avec en ligne de mire, le développement économique de la
région de l’Ouest, dont la capitale Bafoussam n’est située qu’à 16 kilomètres de Bamendjou
se situe au carrefour de cinq (05) villages agricoles importants qui sont : Bansoa, Batié,
Baham, Bangam et Bameka. Le 03 août et le 02 novembre 2019 sont des dates repères dans
ce développement.
Le 03 août 2019 est la date de la prise de décision tandis que celle du 02 novembre voit la
naissance de DEKAP LAH, société anonyme constituée pour avoir la capacité de se
développer par l’exercice de l’activité de la microfinance en 2 ème catégorie avec un capital
social de 386 000 000 FCFA.
TABLEAU 01 ; Répartition des agences de DEKAP LAH SA
REGION AGENCES DEKAP LAH SA
LITTORAL AKWA
L’OUEST BANGAM, BAFOUSSAM,
BAMENDJOU, BAHAM
Source ; Par nos soins
DEKAP LAH SA exerce les activités classiques de microfinance et propose des produits
financiers qui sont :
 Les activités classiques,
§ La collecte de l’épargne : il s’agit pour l’entreprise de percevoir les fonds de
ses clients ou membres sous formes de dépôts ;
§ L’opération de crédit : consiste pour l’entreprise à mettre à la disposition
d’une personne physique ou morale une somme d’argent pendant une période
déterminée, moyennant de certaines garanties éventuelles ;
§ La gestion des comptes de dépôt : elle consiste à assurer la tenue des
comptes des clients (personnes physiques, morales), et groupes de personnes
(associations) ;
§ Les autres services financiers (transfert de fonds, conservation des biens de
valeurs, vente des devises, offres des services digitaux (paiement des factures, porte-
monnaie électronique etc…).
 Vente des produits financiers
Elle propose à la clientèle des produits tels que : des comptes bancaires, des financements et
des placements.
Comme Comptes bancaires, cette structure présente :
 Compte d’épargne sur livret : il est destiné à toute personne physique, personne
morale et association. Il génère des intérêts créditeurs de 4,5% reversé chaque
semestre.
 Compte courant commercial : ce sont des comptes destinés à toute personne morale
quelle que soit sa raison sociale telles que les SARL, S.A., SNC, SCS ; etc.
 Compte chèque particulier : il est utilisé par toute personne physique et associations
sous délivrance d’un chéquier.
 Compte virement de salaires : il s’adresse particulièrement aux fonctionnaires et
employés des entreprises privées.
Chaque compte proposé nécessite des conditions d’ouverture bien identifiées à elle et selon le
besoin, des carnets pour ceux ayant des comptes d’épargne et des chéquiers de 25 feuillets ou
50 feuillets pour ceux-là avec des comptes courants. Et tout cela nécessitant des frais.

Sur le plan réglementaire, DEKAP LAH est créée par décision de la COBAC D2020/055/
portant autorisation préalable sur le changement de catégorie de la mutuelle communautaire
de croissance de Bamendjou et sa dénomination en DEKAP LAH SA et ensuite agréé en
qualité d’établissement de microfinance de 2ème catégorie par arrêté Nº 00000832/MINFI du
18 décembre 2020 portant autorisation préalable pour le changement de catégorie et de
dénomination de la mutuelle communautaire de croissance de Bamendjou, en Dekap Lah SA.
Enfin, Dekap Lah a été inscrit au Registre Spécial d’Immatriculation des établissements de
microfinance du Comité National Économique et Financier (CNEF) sous le Nº
011/EMF/2021.
Dekap Lah s’apprête à desservir le réseau intérieur Camerounais avec des agences centrales
telles que Douala, Yaoundé, Bafoussam, Bamenda, Buea, Bertoua, Kribi, Maroua, Garoua,
N’Gaoundéré, entre autres et un réseau de points services autour de ses agences centrales.
Le rêve de Dekap Lah est d’améliorer les services de microfinance et de participer au taux de
bancarisation au Cameroun en respectant les normes et règlements en matière de
microfinance, ce qui va rehausser l’image de l’industrie de la microfinance au Cameroun.

I-2. Missions et objectifs du groupe

Comme toute entreprise, DEKAP LAH s’est fixé un certain nombre d’objectifs et une
mission à savoir :

§ Mission :
Mettre sur pied un établissement de microfinance de nouvelle génération qui offre un service
de meilleure qualité grâce à une organisation hautement performante qui excelle dans le
domaine de la sécurité bancaire, du service à la clientèle et de la gestion financière.
§ Objectifs :
Sureté et sécurité
Satisfaire les normes les plus élevées de sureté et de sécurité bancaire à travers un respect
scrupuleux de la réglementation et un taux d’incidence important de l’audit interne.
Pour nos clients
Assurer un service fiable, régulier et de qualité à des prix concurrentiels sur un réseau sans
cesse croissant avec des coûts satisfaisants.
Pour nos employés
Créer un environnement de travail permettant à nos employés d’exceller grâce à une
formation et un perfectionnement continu et soutenus par un programme efficace de
reconnaissance et de récompense
Pour nos partenaires
Mettre en place une organisation dont le fonctionnement repose sur des principes rationnels
sur le plan financier et opérationnel, une organisation rentable et viable pour les années à
venir.

I-3. Organigramme de DEKAP LAH SA


Figure 1 : présentation de l’organigramme de l’entreprise
Sources : confectionné par nos soins à partir de la grille des postes de DEKAP LAH S.A.

II- ENVIRONNEMENT INTERNE ET EXTERNE DE DEKAP LAH SA


II-1. Environnement interne

DEKAP LAH SA regroupe un ensemble d’agences à savoir : Douala, Yaoundé, Bafoussam,


Bamendjou et Bangam pour un effectif total de 31 employés qui sont divisés en plusieurs
services tous sous la supervision de la Direction générale.
Nous pouvons citer entre autres :
- Le conseil d’administration : c’est l’organe de pilotage central au sein duquel
siège l’ensemble des actionnaires et des administrateurs de l’entreprise.
- Le comité de Direction : c’est l’instance dirigée par le directeur général au
sein de laquelle siègent tous les directeurs. C’est lui qui statue et adopte toutes les
stratégies à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs fixés.
- Le comité d’audit : c’est l’organe chargé d’aider le conseil d’administration à
s’acquitter de ses obligations et responsabilités de surveillance relatives à la qualité et
à l’intégrité de l’information financière. Il relève du conseil d’administration auprès
duquel il a un pouvoir de recommandations.
- La direction générale : chargée de manager et diriger l’ensemble du
personnel de l’institution ;
- Le service comptable : il est chargé d’enregistrer suivant les normes
préconisées par l’État, chaque mouvement financier réalisé par la société. Chargé du
reporting comptable il s’assure de la fiabilité de l’imputation comptable et du calcul
de toutes les charges ainsi que des produits réalisés ;
- Le service informatique : il est chargé de la mise à jour du système, de
l’installation des logiciels de travail, de la collecte du stockage de la sécurité et de la
diffusion de l’information ;
- Le service d’audit interne : il donne une assurance en évaluant et en rendant
compte de l’efficacité des processus de gouvernance, de management des risques et
de contrôle conçus pour aider l’organisation à atteindre ses objectifs stratégiques,
opérationnels, financiers et de conformité.
- Le service du contrôle permanent : il est rattaché à l’audit interne et couvre
l’ensemble des contrôles quotidiens réalisés par les opérationnels et leur hiérarchie
dans le cadre du traitement des opérations (premier niveau) et par le contrôle interne,
la gestion des risques et le contrôle de la conformité (deuxième niveau).
- Le service juridique : il résout et prévient les potentiels problèmes juridiques
auxquelles fait face DEKAP LAH SA. Il vérifie que la société respecte la norme dans
tout ce qu’elle traite (contrats, opérations courantes et complexes, montages
financiers, gestion du personnel…etc.) et s’occupe du suivi juridique des dossiers
crédit des clients ;
- Le guichet : chargé de répondre aux demandes des clients mais également de
les renseigner au mieux. Le ou la responsable du guichet doit s’assurer que les clients
sont en règle compte tenu de la règlementation prudentielle et des normes de
l’entreprise avant d’effectuer une quelconque opération ;
- La caisse : chargée de traiter et inscrire les opérations courantes des clients
(recevoir les dépôts et les remboursements de prêts, encaisser les chèques, émettre les
retraits d’épargne et enregistrer les dépôts effectués ou reçus), le ou la responsable de
caisse doit également à la fin de chaque journée faire un état des comptes qu’elle
dépose sous forme de rapport ;
- Le service des engagements : chargé de la gestion du portefeuille crédit de
l’entreprise, il suit les dossiers crédits des clients et a la charge d’effectuer les
recouvrements des créances à problèmes (créances douteuses).
- Le service commercial : chargé de développer le portefeuille clientèle de la
société et de suivre les comptes de ses clients. C’est ce service qui a la charge de la
prospection de la clientèle.
La gestion des emplois à DEKAP LAH SA est un outil clé pour accompagner les évolutions
du Groupe. Elle correspond à une démarche stratégique de pilotage et d’anticipation des
emplois et des compétences dans le but de permettre à l’entreprise de se doter des
compétences dont ses métiers auront besoin à moyen et long terme.
Dans ce cadre, DEKAP LAH développe une politique active d’optimisation des effectifs, afin
de favoriser l’adaptation permanente de ses compétences aux évolutions rapides de son
environnement tout en proposant des parcours de carrières motivants et en portant une
attention particulière à la diversité des profils.

II-2. Environnement externe


Tout comme de nombreux pays, le Cameroun connaît une hausse des services financiers,
marquée par une augmentation des EMF, qui pour la plupart exercent dans l’illégalité totale.
La concurrence se faisant donc très présente dans le secteur de la microfinance, chacune
d’elle doit se démarquer afin de gagner le plus de part de marché possible.
L’atteinte des objectifs d’une entreprise passe non seulement par les performances de ses
employés, la qualité de ses produits mais en plus de la maîtrise de son environnement. Une
bonne étude des facteurs environnant peut aider à prendre des décisions stratégiques et
anticiper les obstacles. L’environnement externe de DEKAP LAH SA est constitué de :
l’État, ses clients, la COBAC, ses partenaires, et surtout ses concurrents dont le nombre ne
cesse d’augmenter.
- L’intervention de l’État dans la gestion de DEKAP LAH se fait à travers un
des démembrements du MINFI (ministère des Finances) à savoir : la direction du
trésor de la coopération monétaire et financière qui s’occupe de réguler le secteur de
la microfinance.
- La COBAC joue également un rôle de régulateur, mais son champ est plus
vaste vu qu’elle est l’organe chargé de réguler l’ensemble des activités financières de
la zone CEMAC dans son ensemble.
- Les clients de DEKAP LAH SA sont nombreux, nous pouvons citer entre
autres : les particuliers, les associations, les micros entreprises, les agriculteurs….
- Les partenaires : ils sont constitués de l’ensemble des personnes qui ont injecté
des fonds dans l’entreprise pour financer son activité.
- Les concurrents représentent l’ensemble des établissements financiers
exerçants dans la même zone géographique et alentours
Nous allons présenter les potentiels concurrents de l’entreprise dans les régions du Littoral et
de l’Ouest :
Tableau 02 : Liste des EMF de 2ème catégorie en activité dans la région du Littoral
Dénomination Sièges Numéro Agrément Numéro
d’immatriculation
au CNC

Société Coopérative Akwa, Bd de la Akwa, Bd de la liberté EMF/2011/0198


d’Épargne et de Crédit liberté BP : 12 BP : 12 740 Douala
du Cameroun 740 Douala
(ECPC) « en surnom
: CREDIT
POPULAIRE »
Caisse Centrale B.P. : 9099 N°06/236/CF/MINEFI SIEGE A YDE A
d’Épargne et de Douala du 08/08/2006 JUSTIFIER
Financement SA
(CCEFI SA)
Compagnie Équatoriale Akwa, Bd de la N° 0320/MINEFI du EMF/2010/0008
pour l’Épargne et le République 27 juillet 2001.
Crédit (COMECI) BP : 15 348 Modification N°
Douala 07/447/MINEFI du 29
mai 2007
Caisse Mutuelle Douala N°000144/MINFI du EMF/2012/004
Évangélique pour le 26/09/2011
Développement
(CAMED SA)
Compagnie Nationale B.P. 24245 N° 0000328/MINFI 002/EMF/2014
pour le Douala du 15/10/2009
Développement de
l’Initiative
Économique(CONADI
E S.A)
Community Credit Douala N°000008/MINFI du EMF/2011/0067
Company (CCC) PLC Boulevard de la 19/01/2017
liberté, Akwa
Crédit Coopératif Bd de la liberté N° EMF/2011/0142
Participatif du BP : 15 529 07/415/CF/MINEFI
Cameroun (CCPC) Douala du
SA 11 mai 2007

Crédit et Épargne pour 27 Bd Amadou N°0351/MINEFI du EMF/2011/0002


le Financement du Ahidjo, 27 juillet 2001
commerce et de immeuble - 07/45O/MINFI du
l’industrie du CICAM 29 mai 2007
Cameroun (CECIC) BP 10 071
SA Douala
First Trust Savings Bd de la liberté, N°00612/MINEFI du EMF/2011/0008
and Loans Immeuble SHO 20/11/2001
(FIRSTTRUST) PLUS,
BP : 15 271
Douala
LA Générale des 1146 avenue N° 0186/MINEFI du EMF/2011/0073
Caisses pour l’Épargne Ahmadou 08 mai 2002. Et
et le Ahidjo N° 07/459 du 29 mai
Financement du BP : 411 Douala 2007
Cameroun
(GECEFIC) SA
Mutuelle d’Initiation à Akwa, 747 Bd de Modification EMF/2010/0002
la gestion de l’Épargne la N°07/456/MINEFI du
et du Crédit du Liberté 29 mai 2007
Cameroun(MIGEC- BP : 11 117
CAM) Douala
Nouvelle Financière Douala N° 0000322/MINFI EMF/2011/0007
Africaine Bonanjo face du 15/10/2009
(NOFIA) BEAC
B.P. 12695
Pan African Savings Douala N° 00000331/MINFI EMF/2011/0126
and Loans S.A. Ex- Koumassi du 15/10/2009
EB-ACCION B.P 8437
Microfinance
Cameroun
Société Financière Akwa, 754 rue N° 658/MINEFI du 21 EMF/2011/0005
Africaine Pau, BP : 1 041 novembre 2001
(SOFINA S.A) Douala
Société Marché central N°921/MINEFI du 26 EMF/2010/0005
Camerounaise carrefour Anatole décembre 2005
d’Épargne et de Crédit BP 17 120
(SCEC) SA Douala
Société Douala akwa N° 00064/MINFI du 002/EMF/2015
Investissements pour le 11/04/2011
Développement (IDEV
SA)
ADVANS Akwa, rond-point N°07/418/CF/MINEFI DCI N°
CAMEROUN salle des fêtes, du 11 mai 2007 014/EMF/2013
(Ex La BP 5 738 Douala
Camerounaise de
Microfinance)
Caisse d’Épargne et de Bd de la Liberté, N°0655/MINEFI du 009/EMF/2014
Crédit du Cameroun face 21 /11/2001
(CEC PTT
CAMEROUN) BP : 3 189
Douala
Coopérative d’Épargne Bépanda, montée N°01782/MINFI du DCI N°
et de Crédit des américain bar 12 novembre 2007. 009/EMF/2013
Artisans du Wouri BP : 12 873
(CECAW) Douala.
Source : liste des EMF agrées au 31 déc. 2020

Tableau 03 : Liste des EMF de 2ème catégorie en activité dans la région de l’Ouest
Dénomination Siege Agrément Numéro
d’immatriculation
au
CNC
Société Coopérative Tamdja N°001193/MINEFI du EMF/2011/0128
d'Épargne et de Crédit Immeuble 08/05/2002 et
Rotatif de l'Ouest BOPDA N°07/443/MINEFI du
Cameroun en surnom BP 1283 29/05/2007
Rural Investment Bafoussam
Crédit (RIC)
DEKAP.LAH S.A Ex BP. 50 N° 001936/MINFI du EMF/2011/0136
Mutuelle Bamendjou 14/11/2007
Communautaire de
Croissance de
BAMENDJOU (MC2 de
BAMENDJOU)
Caisse Communautaire des BP 218 N°939/MINEFI du 010/EMF/2013
Montagnes (CCM) Dschang 26/12/2005
Société Coopérative Dschang N° 000185/MINFI du 008/EMF/2015
d’Épargne et de Crédit 22/07/2013
YEMBA United Crédit de la
MENOUA (YUC)
Source : liste des EMF agrées au 31 déc. 2020

Il était question pour nous ici de mettre en évidence les différents éléments qui nous ont
permis d’effectuer notre analyse et de parler de façon générale de Dekap Lah SA ainsi que de
son environnement. A la suite de cela il en est ressorti que nous avons eu recourt à un
ensemble de procédés pour notre étude, nous pouvons citer entre autres l’observation, l’étude
documentaire, l’entretien. Comme outil de collecte de collecte de données, nous avons eu
recours à un guide d’entretien.

SECTION II ; DEROULEMENT DU STAGE ET PROBLEME IDENTIFIE


A l’instar des autres structures, les EMF regorgent des services qui militent constamment
pour l’atteinte d’un objectif primordial qui est la rentabilité. Les EMF ont aussi pour
responsabilité d’accueillir et d’orienter les étudiants pendant leur période de stage. C’est dans
ce cadre que nous avons effectué notre stage à la DEKAP LAH S.A en vue de confronter nos
connaissances théoriques à la pratique. A cet effet, dans cette nouvelle section, nous nous
attarderons sur notre séjour dans la société, et la période passée en son sein qui nous a permis
de toucher les réalités du monde professionnel et d’allier par la même occasion théorie et
pratique. Cette étape représente une phase très importante dans la vie de l’étudiant qui
cherche à se familiariser avec le monde professionnel. Ainsi, notre travail comportera
l’énoncé de notre accueil, notre intégration et les différentes activités que nous avons
entreprises dans le grand 1, mais également les difficultés rencontrées et la justification de
notre sujet de travail dans le grand 2.

I. ACCUIEL ET ACTIVITES MENEES A LA DEKAP LAH SA

Abord et familiarisation.
Notre accueil et notre intégration au sein de la DEKAP LAH SA se sont faits en deux temps.
D’une part à la direction générale, et d’autre part dans l’agence d’AKWA.
1. A la Direction Générale.
Le lundi 27 novembre fut la date effective du début de notre stage professionnel, qui
formellement allait du 27novembre 2023 au 31 mai 2024. A notre arrivée au siège, nous
avons été accueillis par la Directrice des Ressources Humaines qui a pris la peine de nous
orienter dans chaque département de la direction et de l’agence pour la durée de notre stage.
Pour donner suite à cela, nous avons intégré le département d’audit et de contrôle ou M.
KAMSSU Martial a pris la peine de nous entretenir sur les activités et les missions du dit
département et bien évidemment des conseils en ce qui concerne le comportement de
l’étudiant en stage mais aussi le suivi des règlements. Dès lors, il va être question pour nous
de présenter la structure dudit département et bien évidemment son fonctionnement.
1.1. Structure du département d’audit interne
L’audit est une activité indépendante et objective qui donne à une entité une assurance de
maitrise sur les risques et apporte à cette organisation des conseils. Il aide l’entreprise à
atteindre ses objectifs en évaluant les risques. Ce département est composé de :
§ Chef audit : c’est le responsable du département d’audit, il rend compte au directeur
général, il rédige des rapports après ses missions d’audit et donne des stratégies
d’amélioration aux problèmes liés à la structure.
§ L’assistante audit : elle seconde l’auditeur dans l’exécution de ses tâches.
§ Les contrôleurs : ils effectuent des contrôles permanents sur les différents services de
l’agence et rendent compte à l’auditeur.
Figure 04 : Organigramme du département d'Audit Interne

Source : Par nos soins

1.2. Fonctionnement du département audit interne


Dans le but de définir une ligne d’évolution, le service d’audit interne possède un manuel de
procédure qui ressort ses objectifs et ses missions. Pour une meilleure compréhension de ce
service, il est important de faire référence aux différentes ressources sur lesquelles elle peut
compter pour accomplir ces diverses tâches.
I.2.1 Objectif du service d’audit interne
L’objectif essentiel pour ce service est de détecter et minimiser les risques, les omissions, les
fraudes et les erreurs significatives, en vue d’exprimer une opinion raisonnable sur la
crédibilité et la sécurité que l’on peut attacher à une information.
I.2.2 Les missions du service d’audit interne
Le service d’audit aide l’entreprise à atteindre ses objectifs en évaluant les risques. Ses
différentes missions sont :
§ Détecter, maitriser et la réduire les risques opérationnels ;
§ Veiller au respect de la règlementation, des procédures et de la bonne gouvernance ;
§ Assister la direction générale en lui apportant les informations, les analyses et les
recommandations afin de lui permettre d’exercer efficacement ses activités ;
§ Suivre l’exécution et la mise en œuvre des résolutions du conseil d’administration, de
la COBAC, du ministère des finances et du contrôleur externe.
1.3. Les ressources du service d’audit interne
Une ressource est l’ensemble des capitaux dont dispose un agent économique afin de
financer ses différents besoins. On regroupe ces ressources en trois catégories :
§ Ressources matérielles : le service d’audit dispose de trois ordinateurs avec un
onduleur attribués à chaque employé ; des fournitures de bureau et une salle
d’archives ;
§ Ressources humaines : ce service dispose de trois employés pour le suivi et quelques
stagiaires de temps à autre ;
§ Ressources financières : le service se voit accorder un budget annuel tout comme les
différents services de DEKAP LAH S.A qui se trouve être découpé mensuellement.
Ainsi, ne pouvant donc auditer et contrôler que ce qu’on connait et en quoi nous avons une
certaine maitrise, il était question pour nous de faire un tour en agence et avoir un aperçu de
ce qui s’y passe et s’y trouve, avant de revenir au sein de notre département.

2. A l’Agence DEKAP LAH d’Akwa.


Après notre entretient avec l’auditeur, il nous a été établi un programme de stage qui s’étend
sur une période de trois (03) mois au service guichet et de trois (03) mois au service
d’exploitation et d’engagement. Etant en agence, nous avons été présentés au chef d’agence
Mme MEUKAM Michelle, qui à son tour a pris le temps de nous briefer en quelques minutes
sur le fonctionnement de l’agence et avec qui nous avons continué la visite. L’agence
d’Akwa compte en tout trois (03) postes : l’exploitation et engagement, le guichet et la caisse
(les services de transfert et des opérations sont confondus au service de caisse).
Figure 05 : Organigramme de l'agence DEKAP LAH Akwa
CHEF D’AGENCE

SERVICE SERVICE DE SERVICE DES


D’EXPLOITATION GUICHET OPERATIONS
9 CAISSE0

Source : Informations internes à DEKAP LAH S.A


Au-delà du fonctionnement de l’entreprise, nous avons pu ressentir les liens forts et sincères
qui unissent le personnel de l’agence. Ainsi, au travers de cette convivialité, nous avons
compris que l’activité d’une société est également plus performante dans un environnement
gai et serein, et c’est dans cette atmosphère que nous avons effectué nos différentes tâches.
Après notre accueil et notre prise de connaissance, nous avons donc eu à effectuer plusieurs
activités. Ceci nous a permis de mieux appréhender l’environnement du travail et en
connaitre les ressorts.

II. Activités entreprises à DEKAP LAH S.A


Tout au long de notre stage, nous avons eu l’occasion d’effectuer plusieurs tâches dans les
différents services de l’agence. Au cours de cette période, nous avons acquis des
connaissances dans plusieurs domaines en relation avec les microfinances et leur
fonctionnement. Ce qui nous a permis de mieux évaluer et maitriser les procédures.
1. Tâches accomplies en agence.
Durant les six mois au sein de l’agence de DEKAP LAH SA, nous avons effectué plusieurs
tâches en fonction des différents services. Nous avons débuté au service du guichet,
d’exploitation, puis au transfert, ensuite au guichet et pour terminer, au service des
opérations.
1.1. Le Guichet
A ce poste nous avons une jeune femme Mme KAMDOM Diane qui assure à la fois son rôle
d’assistance à la direction, l’accueil en agence. Avec elle nous avons appris à aborder les
clients et voir comment les fidéliser, tout en effectuant des taches propres à ce poste tels que ;
§ L’ouverture des comptes
L’ouverture d’un compte consistait pour nous de créer le compte d’un client sur notre
plateforme. Pour ce faire, le client devait fournir les pièces nécessaires et le minimum
d’ouverture pour l’ouverture et cela en fonction de son statut et du type de compte qu’il
désire. Après vérification des pièces, le client remplit le formulaire d’ouverture et nous nous
occupions d’abord de créer le client sur le logiciel à base des informations fournies puis on
crée son compte. Par suite de cela, on remplit le carton d’indentification avec son numéro de
compte et autres nécessaires. Dès cet instant où le client existe, il peut effectuer ses
opérations.
§ Scannage des photos et signatures
Juste après ouverture du compte du client, il est nécessaire de pouvoir l’identifier lorsqu’il
vient pour toute opération en relation avec son compte. C’est donc pour cela que nous avons
eu à scanner les photos et les signatures des clients pour les insérer sur le logiciel
CUBICBANK.
§ Traitement des chèques et effets
Lorsqu’on perçoit le chèque d’un client, on vérifie qu’il est bien rempli et que sa signature
figure au recto et au verso du chèque. Par la suite, il doit l’endosser en y mettant le n° de sa
pièce d’identité, le lieu et la date de délivrance, son n° de téléphone et signé deux fois avant
de pourvoir aller à la caisse. Toutefois, il arrive qu’un client arrive avec le chèque qui lui a
été émis par un autre, dans ce cas on contrôle le compte du client et la signature du tireur.
Après cela, on demande au bénéficiaire d’endosser le chèque et sur la photocopie il doit
porter la mention je reconnais avoir reçu la somme de… et y mettre la date à laquelle il a
perçu cet argent et ensuite porter trois fois sa signature avant d’aller à la caisse. Dans le cas
où le compte du tireur est débiteur, on renvoie le chèque chez le chef d’agence pour qu’il
valide ou non, de même pour ceux dont le montant est supérieur à cinq cent mille (500.000)
francs CFA et les avances sur salaire.
Dans le cas des remises chèques, c’est-à-dire émis par d’autres banques, le client remplis le
bordereau de remise chèque et nous remet le chèque pour que nous nous occupions de sa
mise en place dans le logiciel. Le client devra attendre deux jours, le temps qu’on émette le
chèque à notre banque (BGFI Bank) et qu’il fasse une mise en place du sort chèque.
Hormis cela, nous avons composté des chéquiers, édité des historiques de comptes, vérifié
les soldes des comptes et les signatures et/ ou empreintes des clients avant le remplissage du
bordereau de retrait ou versement en espèces à la demande du client, mais aussi rempli les
différents registres, déposé les remises chèques à la banque et géré les entrées et sorties des
courriers.

I.2 Service d’exploitation et engagement


Nous avons passé trois mois dans ce service qui constitue l’activité principale d’une IMF, à
savoir l’octroi du crédit. Ayant pour cycle business client/vente, il est important pour nous de
maitriser les différents crédits proposés par l’établissement et savoir à quel client accorder un
prêt pour éviter tout risque de recouvrement. Dans cette optique et avec l’aide des deux
agents de crédits 9chef d’agence et charge des relations clientele0 nous avons montés des
dossiers de crédit, observé la mise en place de ces crédits, simulé un tableau d’amortissement
et un tableau d’assurance, étudié le schéma de relance des clients délinquants ou des crédits
en souffrance.
§ Montage des dossiers de crédits
Le dossier de crédit est l’une des pièces maitresses qui permet à l’agent de mieux se situer et
de connaitre son client. À cet effet, il doit porter un maximum de renseignements relatifs au
promoteur (client) ainsi qu’à son projet. Il s’agit pour nous de veiller à ce que le client soit
domicilié à DEKAP LAH S.A pour y avoir accès, s’assurer que le dossier renferme tous les
documents définis selon la procédure, son secteur activité et sa catégorie. Tout cela se vérifie
avec une check liste qui comporte les pièces à fournir pour la constitution d’un dossier de
crédit.
§ Mise en place des crédits
Après avoir vérifié le dossier du client, il faut par la suite faire une analyse de crédit, c’est –à
dire évaluer son besoin, la justification de son besoin exprimé, la rentabilité de son compte
dans nos livres, sa situation financière, sa caution, les garanties proposées, la capacité de
remboursement, les antécédents du client, et autres renseignements sur ce dernier. Analyser le
crédit et le client peut prendre près d’une semaine avant de mettre en place le crédit.
§ Simulation d’un tableau d’amortissement
Ici il s’agissait pour nous d’établir un tableau d’amortissement dégressif sur le logiciel
CUBICBANK en fonction du crédit, du taux d’intérêt, la durée avec ou sans mois de différés,
gage, … etc. Cela permet d’avoir un aperçu du versement mensuel ou trimestriel à effectuer
par le client pour le remboursement du prêt. Si le crédit est mis en place avec un mois de
différé, cela veut dire qu’au moment du remboursement, le client remboursera uniquement
les intérêts émis pour ces dits mois.
§ Gestion des impayés et relance des clients délinquants.
Il arrive bien souvent que l’on constate des échéances impayées par des clients après avoir
obtenu le crédit sollicité. Cela peut être dû à une situation particulière ou tout simplement une
démonstration de mauvaise foi de la part du client. Et se faisant l’agent peut se permettre de
faire trois (03) relances au travers des appels ou des descentes sur le terrain pour remettre des
correspondances à son client pour une mise en demeure en cas d’oubli. Saisir les cautions ou
les garanties en cas d’incapacité ou d’insolvabilité. Mais ce type de dossier se traite au
service juridique et contentieux pour un meilleur suivi.
1.2. Service transfert
Ce service est confondu à celui du service de la caisse. Comme tout autre IMF, ce service
est considéré comme un produit accessoire ou un produit d’appel aux clients à travers les
envois et retraits d’argent sur le territoire national et international. Cela se fait avec l’aide de
leurs différents partenaires tels que ORANGE ET MTN MONEY, WESTERN UNION, RIA,
… etc. Etant un service délicat, nous nous contentions d’observer et voir comment les agents
effectuent leur travail. Quand un client arrive pour une opération, il doit avoir la photocopie
d’une pièce l’identifiant et remplir dessus les informations nécessaires qui concernent soit un
envoi ou un retrait. Et en fin de journée, les agents font le décompte et dépose leurs espèces à
la caisse. Ce n’est que le lendemain que le chef de service fait les états de rapprochement des
comptes et démarre une nouvelle journée.
1.3. Service des opérations
C’est un service tout aussi délicat car il effectue un suivi méticuleux des opérations de front
et back office de l’agence. Les quelques jours passés en son sein nous ont permis d’avoir une
idée assez pointue du back office dans une microfinance et après explication des responsables
dudit service, ils nous ont confié certaines tâches à savoir :
§ Le contrôle des opérations de caisse et pointages des journées comptables
Le suivi se fait au jour le jour en agence. Il s’agit pour nous de récupérer les pièces de caisse
ainsi que le journal de caisse de la veille. Ceci doit impérativement recenser tous les
mouvements de comptes et toutes les transactions faites par les clients durant cette journée.
Par la suite, nous devions faire le pointage, qui consistait à rapprocher les numéros de
références, les numéros de pièces de bordereaux, les numéros de compte, le nom de l’intitulé
du compte, le libellé du mouvement et le montant de la transaction sur les pièces de caisse
avec celui du journal.
§ L’exécution des ordres de virement
Un virement est une opération de transfert et de rapatriement d’argent entre deux comptes
soit ouverts dans la même banque, réalisé dans le même pays ou entre différents pays. Ici, il
s’agit pour le donneur d’ordre (client X) de solliciter son gestionnaire à travers la signature
d’un ordre de virement, de débiter son compte pour créditer le compte d’un client Y
(bénéficiaire). Cet ordre de virement doit être signé par le donneur d’ordre et doit présenter
non seulement le nom et le numéro de compte du bénéficiaire, mais également le montant de
la transaction. Ainsi, il s’agissait pour nous de nous en occuper chaque fois qu’il y en avait.
§ Le suivi des opérations inter agence et siège
Globalement, le suivi se fait à travers les liaisons agence à savoir : la liaison agence débit et
la liaison agence crédit. Elle est dite débit lorsqu’il y’a un dépassement ou un
approvisionnement déplacé et elle est crédite quand lorsqu’il s’agit d’un virement ou
versement déplacé. La liaison est un moyen de communiquer entre agences par mail en
apport aux opérations effectuées par les clients dans l’agence d’Akwa ayant un compte dans
une autre agence. Pour le siège, les liaisons interviennent lors des dispositions à payer
effectuées en agence. En dehors de cela nous avons eu à saisir des opérations diverses et les
fiches d’imputation.
En définitive, voilà les différentes activités effectuées tout au long de notre stage. Quittant du
front au back office de DEKAP LAH, nous avons été instruits de manière technique et
professionnelle, perfectionnant notre immersion dans ce monde du travail. Parvenu au terme
de cette section, il est important de révéler qu’elle avait pour objectif non seulement de
relater notre séjour au sein de la DEKAP LAH, précisément dans son agence d’Akwa, mais
également de décrire les activités menées durant notre stage, d’où nous en ressortons
enrichis. Nous pouvons de ce fait ouvrir tous types de comptes dans une microfinance, placer
un crédit, faire des contrôles sur pièces et bien d’autres. Le grand titre suivant retracera les
différents problèmes que nous avons pu rencontrer et bien sûr le choix de notre sujet de
travail.

II : DYSFONCTIONNEMENTS RELEVES AU SEIN DE LA NOFIA S.A ET


JUSTIFICATION DU THEME

Une entreprise est considérée comme un système ouvert et finalisé. Cependant, quelle que
soit sa notoriété et sa durée de vie, elle a des défaillances qui ralentissent ou qui minent sont
quotidien l’empêchant d’atteindre ses objectifs. Dans ce même élan, nous avons relevé
quelques manquements dans le fonctionnement de notre microfinance. Notre but dans cette
section est d’analyser brièvement ces manquements pour enfin chuter vers les arguments
ayant motivé le choix de notre sujet de travail.
Problèmes Rencontrés au sein de DEKAP LAH S.A
La microfinance et ses agences font quotidiennement face à plusieurs difficultés de nature
diverses. Pour mieux élucider cela, nous allons d’abord présenter les problèmes d’ordre
techniques et ensuite ceux liés à la gestion.
II-1. Les défaillances techniques
Lors de notre séjour en entreprise, nous avons pu détecter certains problèmes d’ordre
techniques à l’instar de la saisie manuelle des opérations, le bug constant du logiciel en
utilisation, l’instabilité du réseau internet, la défaillance du matériel de travail, l’inadéquation
des locaux.
§ La saisie manuelle des opérations
Les opérations dans une institution de microfinance désignent l’ensemble des transactions
dont l’exercice à titre habituel, relève du quotidien de l’entité. De ce fait, nous nous sommes
retrouvés en train de saisir manuellement les opérations diverses sur les fiches d’imputations.
Ce qui est un problème. Cela entraîne plein d’erreurs de saisie entraînant des conséquences
assez compromettantes sur les différents comptes clients mais aussi ceux de liaisons. Hormis
cela, il y avait des oublies de certaines transactions à saisir. Ce qui avait pour conséquence
qu’on se retrouvait avec des suspens.
§ Le bug informatique
Lorsqu’on effectuait nos tâches en agence, nous avons faits face à plusieurs arrêts répétitifs
du logiciel CUBICBANK au moment d’analyser le crédit solliciter par le client et aussi au
moment faire une synthèse journalière des états de l’agence. Le logiciel avait aussi tendance
à effacer les informations enregistrées sur les clients et aussi les opérations émis par le
service de comptabilité qu’utilise la microfinance …. Cela a pour effet de ralentissement du
travail et la perte de certains fichiers qui nécessitent que l’on accorde un supplément de temps
dans leur traitement.
§ L’instabilité du réseau internet
Etant donné que l’utilisation d’une connexion internet est nécessaire pour effectuer la plupart
des tâches, la mise en place d’un wifi est nécessaire. Mais alors dans notre cas, il est très
difficile pour les employés de travailler sans faire appel à chaque fois au service informatique
car le réseau à trop de défaillances. Cela ralentit le travail et à défaut le stop quand les
informaticiens sont absents.
§ La défaillance du matériel bureautique
Pour une bonne productivité de l’homme au travail, il doit disposer du maximum de confort
et de sécurité possible. Ce principe n’est pas totalement respecté au sein des agences de
DEKAP LAH. Par conséquent, les employés se sentent buter lorsqu’il faut utiliser le matériel
de travail tel que les imprimantes, les photocopieuses et les scanners, car il n’y a pas assez de
matériel disponible.
§ L’inadéquation des locaux
Le lieu de travail est l’endroit où l’employé passe la majeure partie de son temps. Il est
considéré comme sa deuxième maison et se doit d’être bien bâtit et aménager. Le regard
qu’on a d’une microfinance de nos jours est celui d’un endroit hautement très attrayant,
vraisemblable à une banque. Malheureusement, cela n’est pas le cas pour DEKAP LAH
agence d’Akwa dont les locaux sont très exigus et détériorés, donnant une odeur plutôt
désagréable à la structure. L’entretien des locaux ne faisant pas partie des priorités de la
maison, les salariés de DEKAP LAH se marchent presque dessus et font leurs opérations
dans un environnement presque insalubre.

II-2. Les défaillances gestionnaires


La gestion peut être définie comme la mise en œuvre des ressources de l’entreprise en vue
d’atteindre les objectifs préalablement fixés. Les principaux problèmes constatés qui
empêchent les employés d’une manière à une autre d’atteindre les objectifs fixés sont ;
§ Le personnel À DEKAP LAH Akwa, nous avons constaté l’insuffisance du personnel
et bien évidemment l’incompétence de certains agents. Ceci s’illustre non seulement
par les longues files d’attente des clients, la lourdeur dans l’exécution de leurs tâches,
mais aussi par la non-maîtrise des taches à effectuer par les agents.
§ Négligence des procédures Au sein de DEKAP LAH, les procédures établies au
préalable ne sont plus respectées. Cela s’exprime par le manque effectif de contrôle
permanent des agents et des opérations. Il faut noter que dans cette entreprise à cause
de la routine et la familiarité avec certains clients, le personnel à tendance à bafouer
les procédures liées à chaque tache. Ceci engendre des risques de non-conformité et
opérationnels tels que les suspens, la double comptabilisation et la confusion des
numéros de compte…, les risques de crédits tels que le risque de non-
remboursement, le risque de défaut, le risque de dégradation de la qualité de crédit, et
la mauvaise gestion de l’analyse de crédit.
§ Séparation des tâches Selon les normes référentielles d’audit et contrôle interne, il
est interdit d‘attribuer un ensemble de responsabilités à un seul agent. Il y va de soi
qu’il peut, à l’insu de l’établissement, effectuer des opérations qui mettront en branle
son cycle d’exploitation. Dans notre cas, l’esprit de cut-off n’est pas respecté, car
certaines agences se trouvent avec deux ou trois agents qui effectuent toutes les
domiciliations en agence.
§ L’asymétrique d’information, est un enjeu très capital pour une entreprise mais ce
n’est pas ce qui a été montré pendant notre séjour car l’information envoyée à toutes
les agences de DEKAP LAH SA dans une partie du territoire camerounais n’était pas
perçût de la même façon ce qui rendait un déséquilibre total du travail de certaines
agences par rapport à d’autres agences ; dans le sens où il fallait rendre les rapports
ou les repportings au directeur générale, d’autres le faisaient avec énormément de
retard. Et même lorsqu’ il fallait faire le comité pour la validation ou non d’un crédit,
c’était avec retard parce que tous les membres concernés n’étaient pas informés au
même moment du jour-j.
L’ensemble de ces problèmes à particulièrement retenu notre attention, parce qu’ils peuvent
avoir un impact significatif sur la continuité d’exploitation de la microfinance et bien
évidemment sur son résultat. En particulier, Minant le quotidien de DEKAP LAH S.A,
chaque problème est associé à des risques que l’on regroupe comme des risques
opérationnels, (non-conformité, risque de fraude, ressources humaines, sécurité physique,
informatique, etc.) mais notre intérêt est porté sur les risques de crédits (risque de non-
remboursement, le risque de défaut, la dégradation de la qualité de crédit, et la mauvaise
gestion de l’analyse de crédit, faillite de l’entreprise etc.).
Ainsi, nous nous attarderons non seulement sur la manière dont on contrôle ces risques, mais
également nous étudierons la démarche mise au point par DEKAP LAH S.A pour lui
permettre d’évaluer et de maitriser ses risques de crédit. D’où la nécessité de donner les
raisons ayant motivé le choix d’un tel problème.
II.3 Justification du Choix du Thème
Lors de notre période d’immersion, nous avions eu pour mission de détecter une faille dans
l’entreprise qui nous a accueillis question d’apporter notre modeste contribution à
l’amélioration du problème.
1. Enoncé du problème
Notre séjour au sein de DEKAP LAH S.A précisément dans son agence d’Akwa, nous a
permis de faire un constat sur les risques de crédit accorder par cette institution et sur le fait
que le niveau de contrôle et de maîtrise de ces risques est assez négligé. Les risques
opérationnels sont considérés comme une menace résultant d'une inadéquation ou d'une
défaillance attribuable à des procédures, au personnel, systèmes internes, ou résultant
d'évènements extérieurs (définition donnée par le Comité de Bâle) ; et pouvant représenter, à
un niveau cible, une occasion de saisie d'opportunités ou de création de valeur. Ces risques
demandent alors une surveillance car contrairement aux risques de crédit et de marché, ceux-
ci concernent de manière transversale toutes les activités des EMF. Les institutions de
microfinance sont spécialisées dans le financement des activités économiques de petites
envergures. Elles jouent un rôle social consistant à cibler un grand nombre d’exclus du
système financier classique, notamment les ménages pauvres, les entreprises individuelles,
les PME, PMI et les associations d’entraide, en leur proposant des services financiers
adaptés. Ce rôle assez particulier des acteurs du système financier les conduit à faire face à
une multitude de risques. Cet univers évolutif du risque financier impose aux microfinances
de cerner toutes les dimensions des risques liées à l'industrie financière. D’après le Comité de
Bale, qui est un forum qui traite de manière régulière les sujets relatifs à la supervision
financière, la maitrise du risque au sein de ces institutions est importante pour avoir une
certaine stabilité et solidité financière. Ainsi, elle mit en place des accords de réglementation
assurant une sécurité dans le domaine bancaire (Accords de Bale). Le premier accord est
celui de Bale I (1988), qui traitait purement les risques de crédit et de marché comme
principaux risques. Cela étant, au cours de la même période, l’évolution des marchés
financiers est caractérisée par des profils de risque de plus en plus complexes. Les risques
devenaient difficiles à identifier du fait qu’ils étaient présents à tous les niveaux d’une
organisation. Cela a engendré beaucoup de pertes directes et indirectes car, on ne put mesurer
ou quantifier ces risques. Suite à cela, une série de fraudes survenues dans des institutions (à
savoir Société Générale, Barings) démontraient que la gestion des risques va bien au-delà des
domaines des risques de crédit ou des risques de marché, car tout cela relevait des
opérationnels au sein des institutions financières. La notion de gestion des risques
opérationnels est ainsi incluse dans un nouvel accord, Bale II (2004). Depuis cette réforme, le
risque opérationnel entre dans le calcul des fonds propres réglementaires avec une incidence
proportionnelle à la qualité de ses procédures et de son dispositif de suivi et d’évaluation. Il
est tout aussi important d’éviter que le système de gestion des risques opérationnels ne
devienne figé, et donc de faire en sorte qu’il puisse évoluer sous l’effet des actions
correctives. Même si la gestion des risques n'est pas un nouveau débat, le problème actuel
d’une microfinance est de disposer des meilleurs outils mais également d’une approche bien
définie quant à l'identification et à l'analyse des risques opérationnels. Aujourd’hui, la
NOFIA S.A en tant qu’entité économique évolue dans un environnement caractérisé par une
multitude de risques opérationnels liés à tous ses processus décisionnels, du fait de l’étendue
des réseaux et de la diversité de ses cibles. Ces défaillances peuvent être multiples. On peut
citer entre autres :  Des erreurs et malversations humaines telles que les fraudes internes ou
encore le comportement non éthique ;  Des risques organisationnels et de traitement tels que
la mauvaise gestion administrative et du traitement des opérations, … ;  Des pannes du
système d'information liées à une mauvaise maîtrise de la technologie et des systèmes
informatiques. La survenue de ces risques opérationnels en son sein est essentiellement due
à :  Un dysfonctionnement du dispositif organisationnel et technique de traitement des
opérations de la microfinance;  Une inadéquation des ressources informationnelles et une
mauvaise gestion de l'information;  Un manque de culture d'éthique et de déontologie
financière;  Une inadéquation quantitative et qualitative des ressources humaines;  Et un
environnement social défavorable. En outre, le manque d'outils adaptés permettant
d'identifier, de hiérarchiser et d'analyser ces risques, ne facilite pas l'évaluation de leur
probabilité d'occurrence. La complexité de leur anticipation et la difficulté à réduire leur
impact ne s'en trouvent qu'exacerbées. La NOFIA S.A doit pourtant être très attentive aux
risques opérationnels, risques les plus prépondérants de son activité, par impératif
d'exemplarité vis-à-vis de ses concurrents de la place et pour la protection de son image. L'on
est de ce fait tenté de se demander quelle option adopter pour une meilleure maîtrise des
risques opérationnels à la NOFIA S.A. En effet, maîtriser le risque opérationnel sans l'avoir
au préalable identifié et évalué est inefficace. La cartographie des risques s'intégrant dans le
dispositif de contrôle interne de la microfinance, a pour objectif d'identifier, de classer, de
hiérarchiser, de comparer les risques entre eux et de mettre en place des plans d'action pour
les traiter en fonction des ressources disponibles. Cet outil de suivi des risques et de
communication est donc un appui au fonctionnement de la microfinance. Cependant, il ne
suffit pas juste d’avoir une cartographie mais une approche particulière et efficace de mise au
point de la cartographie des risques opérationnels. Au regard des dysfonctionnements ou des
anomalies décelées au sein de notre entreprise, on se pose la question de savoir : quelle
démarche la plus appropriée pour la maîtrise des risques de crédits au sein de cette
microfinance?
CHAPITRE II ; L’ANALYSE CONCEPTUELLE ET FONDEMENTS THEORIQUE
DE LA GESTION DU RISQUE DE CREDIT ET LA PERFORMANCE FINANCIERE

Les institutions des SFD historiquement appelées Institution de Microfinance sont nées il y’a
de cela deux siècles en Allemagne et ont fait leur apparition dans la zone d’Afrique au début
des années 80. Très vite, leur développement exceptionnel les positionnera comme un
maillon incontournable du tissu financier de la zone Africaine. Bien qu’octroyant du crédit et
collectant des dépôts, les SFD se différencient des banques sur certains points. L’activité de
crédit constitue la principale source de revenus pour les institutions du SFD. Elle est en
même temps la plus délicate à cause des nombreux risques qu’elle comporte. Ainsi, nous
présenterons d’une part la gestion du risque de crédit des PME (Section I) et d’autre part la
performance financière des IMF (Section II).

SECTION I ; L’ANALYSE CONCEPTUELLE DE LA GESTION DU RISQUE DE


CREDIT ET LA PERFORMANCE FINANCIERE
Le crédit est le processus le plus important dans les IMF. Cette importance provient
généralement du fait que les prêts représentent plus de la moitié de l’actif des SFD (Gap
1999)8 Pour bien comprendre ce processus nous allons d’abord définir le terme crédit ensuite
nous décriront le processus crédit avant de traiter du risque de crédit.
I. LA CONCEPTUALISATION DE LA GESTION DU RISQUE DE CREDIT
Issu du latin « créer » qui signifie croire et « crédite » qui veut dire confier, le crédit peut être
défini comme étant un prêt consenti à un client par une institution financière et dont les
remboursements sont étalés sur un futur proche. Les origines du crédit ne sont pas connues
avec précision, cependant on pourrait penser qu’il a vu le jour avec la pratique du troc, avant
l’avènement de la monnaie. On peut aussi le définir comme un prêt consenti, contre une
rémunération par une personne physique ou morale et remboursable à moyen ou long terme.
Analyser la gestion du risque des PME consiste à se demander qu’elles en soient ses
caractéristiques et sa vision. Il s’agira, à cet effet, dans cette section, dans un premier temps,
de faire un bref exposé sur les caractéristiques, de la gestion du risque de crédit des PME.
Dans un deuxième temps, une analyse fine de la performance financière des IMF.

A. Généralité sur le crédit


Dans le souci de faciliter la compréhension de notre développement, nous ne saurons pas
continuer sans clarifier le concept de crédit contenu dans notre travail afin d’éviter toute
confusion.
1) Définition
Pour Guillén et Vincent (1999), une opération de crédit est tout acte par lequel une personne
met ou promet de mettre des fonds à la disposition d’une autre personne ou prend, dans
l’intérêt de celle-ci, un engagement par signature tel qu’un aval, un cautionnement ou une
garantie. Dans la suite de cette étude, nous retiendrons la définition de Guillén et Vincent
(1999). Les crédits octroyés par les SFD ont la particularité d’être des crédits progressifs dont
le premier est de faible montant afin de minimiser les risques. Aussi, selon le PETIT
ROBERT (2010 ; p570) le crédit se définit comme étant l’opération par laquelle une
personne met une somme d’argent à la disposition d’une autre. Le remboursement régulier du
crédit par le client permet à l’institution d’augmenter progressivement le montant du prêt. Les
crédits octroyés par les IMF peuvent être classés selon plusieurs critères (durée, catégorie
type, qualité du crédit, etc.). Comme le dit Conso P. (2001), « Le risque est omniprésent,
multiforme, il concerne tous les collaborateurs de l’entreprise et bien sûr la direction
générale, mais aussi les actionnaires au niveau du risque global de l’entreprise. Le combattre
concerne donc tous les acteurs ». Les IMF doivent se mobiliser massivement dans l’intérêt
général de l’ensemble de l’organisation. En cas de risques trop importants c’est la totalité des
collaborateurs qui sera impactée. Il est impératif pour les établissements de crédit de
connaitre les sources de risque afin les anticiper.
2) Caractéristiques
Il en ressort de ces définitions précitées, se dégage certains éléments dont les plus importants
sont :
- Le temps qui est le délai pendant lequel le bénéficiaire disposera du bien ou du fond prêté ;
- La confiance faite par le créancier au bénéficiaire. Cette confiance nécessite à son tour une
promesse de restitution ;
- Le risque dur é au danger de perte partielle ou totale de la chose mise à la disposition du
bénéficiaire. Il est également dû à l’engagement de la responsabilité du créditeur dans cette
opération ;
- La rémunération qui est le prix du service rendu et du danger couru par le créateur.
En fonction de la durée des opérations, les crédits sont classés à court, moyen et long terme.
Crédit à courts termes : sont considérés comme crédits à court terme, les prêts aux membres
ou bénéficiaires dont la durée initiale de remboursement y compris tout différé éventuel,
n’excède pas douze (12) mois (Guérin et al. 2005 ; p4). Crédit à moyens termes : sont
considérés comme crédits à moyen terme, les prêts aux membres ou bénéficiaires dont la
durée initiale de remboursement y compris tout différé éventuel supérieure à douze (12)
mois, mais inférieur ou égale à trente-six (36) mois (Roesch 2003). Crédits à longs termes :
sont considérés comme crédits à long terme, les prêts aux membres ou bénéficiaires dont la
durée initiale de remboursement y compris tout différé éventuel, excède trente-six (36) mois
(Nguyen 1999).

B. Evaluation du risque de crédit


L’évaluation du risque de crédit joue un rôle primordial dans le processus d’octroi du crédit
par les IMF. Ainsi, diverses méthodes d’évaluation ont été développé par Ela (2012) et
Vivien (2009). Nous présenterons ici ces différentes méthodes d’évaluation.
1) Scoring et le Rating
Ces deux méthodes d’évaluation du risque client sont souvent considérées comme identiques
alors qu’elles ont tout de même des différences9 :
Le scoring est un véritable système expert, souvent utilisé dans l’environnement des
entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les petites et moyennes entreprises (PME). Cette
analyse n’est pas réalisée par les entreprises elles-mêmes mais par des institutions extérieures
à ces organisations. On peut évoquer la compagnie française d’assurance pour le commerce
extérieur (COFACE), un acteur majeur sur ce secteur pour aider ces entreprises. Les banques
se servent aussi beaucoup de cette méthode en interne grâce à leurs bases de statistiques.
9 http://www.actiononline.fr/wp-content/uploads/2014/01/savoir-17-distinguer-le-rating-et-
lescoring.pdf Issu du livre « Finance pour non financiers » de Franck Nicolas, Edition
Dunod, 2012 37 MESTER L.J (1997), Whasps the point of credit storting, business review,
Fédéral resserve Bank of Philadelphia, p3-16 18

Le rating quant à lui se base sur un audit financier. Il s’agit d’une notation financière pour
les organisations de taille plus importantes notamment les grandes entreprises cotées. Les
ressources utilisées par ces deux méthodes demeurent bien différentes même si le but final
reste le même, lutter contre le risque d’insolvabilité

2) L’analyse financière
Les états financiers sont spécifiques au marché des professionnels. Cette technique peut se
résumer de la manière suivante « L'objectif de l'analyse financière est d'apporter un éclairage
sur la réalité d'une entreprise à partir de données chiffrées et normalisées comme la liasse
fiscale en France. Cette étude est donc réalisée à partir d'informations concernant le passé de
l'entreprise. Toutefois, elle doit apporter un éclairage sur l'avenir de l'entreprise en décelant
des déséquilibres actuels pouvant conduire à de grosses difficultés futures »10 .
D’après Ferroniere J. et Chillaz E. (1963), Pour le banquier le diagnostic financier de
l’entreprise constitue une base essentielle afin de mener des analyses. L’ensemble des
informations collectées sera traité, pour vérifier la pérennité de l’entreprise et anticiper un
éventuel défaut de paiement. Grâce à l’ensemble de ces données la banque est en mesure de
savoir si:
- L’entreprise réalise des profits à travers ses activités. Il s’agit de savoir si celle-ci est
rentable à long terme ;
- L’entreprise est inscrite dans une démarche de croissance pour assurer la prospérité de
l’organisation ;
- L’entreprise dispose de fonds disponibles pour assurer ses engagements à court terme et les
imprévus en termes de liquidité ;
- L’entreprise possède un équilibre financier entre ses investissements et les fonds prêtés.
C’est à partir de ce questionnement que les banques obtiennent une vue d’ensemble sur les
états financiers d’une entreprise. Ensuite elles décident ou non d’octroyer des crédits aux
professionnels en fonction de solvabilité financière de l’organisation.
10https://www.banquefrance.fr/fileadmin/user_upload/banque_de_france/archipel/
publications/bdf_bm/etudes_b df_bm/bdf _bm_152_etu_4.pdf Annie SAUVÉ 19
II. LA GESTION DU RISQUE DE CREDIT
Pour Frederic, Gayraud et Rousseau (2006), la gestion des risques suit quatre phases :
l’identification des menaces permet d’identifier les menaces qui pèsent sur l’institution et qui
sont à l’origine des risques ; la hiérarchisation des risques identifiés, compte tenu du fait qu’il
impossible de supprimer tous les risques pour des raisons de coûts et aussi parce que le risque
est inhérent à la conduite des affaires. Les SFD doivent hiérarchiser les risques en fonction de
leur gravité et de leur probabilité de réalisation ; le traitement des risques qui nous permettrait
de réduire le risque avec la possibilité d’agir sur la probabilité de sa réalisation en mettant en
place des actions de prévention, de diminuer l’impact du risque grâce à des mesures de
protection, ou d’agir à la fois sur la probabilité et sur la gravité ; la mise en adéquation de la
gestion des risques avec l’échelle de responsabilité. Pour cela il s’agira de déterminer en
fonction des responsabilités les personnes qui seront chargées de la gestion des risques.

A. Les techniques préventives de la gestion du risque


La gestion préventive est majeure pour les IMF car elle permet de réduire le plus possible la
situation de non-remboursement d’un client. Pour se protéger contre les pertes et le risque de
crédit, les IMF ont mis en place des moyens de prévention. Le risque pris lors de l’octroi
d’un crédit doit être acceptable. C’est pour cela que les établissements de crédit mettent en
pratique des mesures lors de la mise en œuvre du prêt ou de son suivi. Pour prévenir et
limiter les risques liés à l’activité de prêt, les IMF peuvent utiliser des moyens très différents
selon la politique de l’établissement. Les recherches à ce sujet sont très variées en fonction du
point de vue de chaque analyste. On peut néanmoins retenir la méthodologie de Ferroniere J.
et Chillaz E. (1963) et qui mettent avant la gestion préventive par la surveillance, la
diversification des portefeuilles et la prise de suretés. Courssegues S. (2007), complète cette
analyse avec des techniques complémentaires de prévention du risque de crédit.
1) La surveillance continue de l’emprunteur
Pour limiter le risque de contrepartie, les établissements bancaires ont intérêt à prêter
uniquement aux emprunteurs de qualité. Cette stratégie permet de limiter le risque de crédit
sur un portefeuille en écartant le plus possible les clients susceptibles d’être en défaut de
paiement. Toutefois cela n’est pas toujours évident car la situation des demandeurs de prêt
peut évoluer rapidement et modifier le potentiel du client.
2) Diversification et partages des risques
Les établissements de crédit ont l’obligation avec les ratios de Bâle de diversifier leurs
crédits. Il est très dangereux pour une banque de concentrer trop d’engagement envers un
même bénéficiaire ou plusieurs emprunteurs ayant les mêmes caractéristiques. Si celui-ci
rencontre des problèmes, la situation du client se trouve menacée. Si un secteur d’activité ou
géographique subit des difficultés, le risque est semblable. Il s’agit du risque de
concentration, c’est pour cela que les banques font l’usage de la division des risques. Elles
répartissent les crédits sur un grand nombre d’emprunteurs ayant des caractéristiques
différentes pour diluer le risque de non remboursement.
Les banques peuvent réduire le risque de contrepartie en partageant un crédit avec d’autres
établissements bancaires comme l’indique Ferroniere J. et Chillaz E. (1963). C’est la notion
de cofinancement, il s’agit pour plusieurs établissements de crédit de faire un accord pour
financer un tiers. Cette alliance peut aboutir à un pool bancaire définit comme « un ensemble
de banque se réunissant pour financer tout ou partie d’un investissement important » 11.
Cette technique permet aux établissements de crédit de mutualiser les risques et à l’entreprise
de ne pas avoir de dépendance envers une banque.
3) La diminution des actifs à risques
Les dérivés de crédit donnent la possibilité à la banque de vendre un risque lié à une créance
mais l’établissement de crédit conserve l’actif au sein de son bilan12. Cette méthode présente
un atout majeur pour les établissements de crédit. Elle permet de gérer le risque de crédit en
séparant le cout du risque et le cout de la créance. Il existe un véritable marché où des acteurs
achètent et vendent des risques. Par ce biais une banque a le choix de vendre des risques en
gardant les créances dans son bilan ou d’acheter des risques pour diversifier ses
11https://www.mataf.net/fr/edu/glossaire/pool-bancaire
12 http://www.fimarkets.com/pages/derive_de_credit.php 21
menaces13. Toutefois les dérivés de crédit doivent être utilisés avec attention car ils peuvent
être à l’origine d’instabilité financière. La Banque de France reste attentive à ce marché14 .
La titrisation permet « un regroupement de créance homogène en un bloc dont les parts seront
vendues à des investisseurs sur les marchés de capitaux sous la forme de titres négociables ».
Il y a une réduction des actifs risqués mais dans ce cas on constate une sortie de l’actif du
bilan de la banque. Un établissement de crédit cède une partie de ses actifs à une entité
juridique. Il y a un transfert d’actif et donc des risques à un acteur extérieur à la banque. La
défaisance fonctionne sur le même principe que la titrisation et de manière complémentaire
avec une sortie d’un actif au bilan. Pour De Coussergues S. (2007), La banque transmet des
dettes ou des créances à un tiers.
4) Les contrats incitatifs et les clauses contractuelles
Dans la relation bancaire et plus particulièrement dans l’activité de prêt, il existe une certaine
asymétrie d’information entre le banquier et son client. Vu que l’information n’est jamais
parfaite, il y a toujours un risque de non-remboursement du crédit. La banque essaye de se
protéger contre des risques qu’elle n’avait pas évalués ou contrôlés grâce à des contrats
écrits15 . Smith J. et Warner J. B. (1979), ont réalisé une classification des différents
covenants. Celle-ci est détaillée par El-Gazzar S. et Pastena V. (1990), avec les principaux
convenants rencontrés comme le paiement des dividendes, les nouveaux endettements, les
flux de trésorerie sortant, la politique d’investissement et de production, la vente d’actifs ou
le délai de remboursement anticipé. Dès qu’une clause n’est pas respectée, cela entraine
l’exigibilité sans délai du crédit. Cet effet est contradictoire car le banquier place l’entreprise
en difficulté alors qu’il n’a pas d’intérêt à pousser l’organisation dans cette situation. La
banque préfère négocier avec le débiteur. Les clauses permettent aux établissements de crédit
d’avoir une vision plus large des finances du client avant d’entamer de possibles procédures
contentieuses. Le réel intérêt de ces obligations ou interdictions est de pouvoir suivre en
continu les clients16.
13https://www.banquerance.fr/fileadmin/user_upload/banque_de_france/archipel/
publications/bdf_rsf/etudes_bdf _rsf/bdf_r sf_01_etu_2.pdf 80 14
http://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_titrisation.html 15
Microéconomie bancaire, Frédéric Lobez, Laurent Villanova, page 105-127 16
Microéconomie bancaire, Frédéric Lobez, Laurent Vilanova, page 105-127

5) La surveillance et les prises de garanties


Les banques utilisent des garanties pour assurer ses engagements et se protéger du risque de
non-remboursement. Pour Nakamura L. I. (1993), les établissements de crédit peuvent
contrôler en partie l’asymétrie d’information avec les clients grâce aux suretés. Dans le cadre
de la relation créancier débiteur, le débiteur a une dette c’est-à-dire une obligation de
paiement envers le créancier. Et ce dernier détient une créance sur le débiteur. Chaque
créancier dispose d’un droit de gage général sur tous les biens du débiteur défaillant.
Cependant ce droit est général et il existe pour tous les créanciers chirographaires. Les
banques se servent des suretés pour avoir un droit supplémentaire qui garantit le
remboursement de la créance.
6) Les assurances et les contres garanties
L’assurance-crédit est un outil majeur pour les banques afin de se prémunir et de gérer le
risque d’impayé. Les établissements de crédit éprouvent des besoins très spécifiques en
matière d’assurance au niveau des crédits. C’est pour cela que les compagnies d’assurances
ont instauré des assurances crédits qui ressemblent au fonctionnement du cautionnement.
L’assureur prend un rôle similaire à celui de la caution et en contrepartie l’emprunteur verse
une prime d’assurance.
Si les garanties proposées par un emprunteur sont insuffisantes, les établissements de crédit
peuvent se servir des contres garantis bancaires. Il s’agit d’un transfert de risque de la banque
vers un organisme qui a pour vocation de garantir des prêts. En contrepartie de cette
substitution du risque, l’emprunteur paye des intérêts supplémentaires. En cas de défaillance
de l’emprunteur, la banque pourra se retourner contre la contre garantie pour obtenir le
paiement. Ces procédures facilitent l’octroi de crédit vu que les banques obtiennent des
garanties supplémentaires. Cependant cela représente un cout plus important pour
l’emprunteur.
B. Les outils de gestion pour l’analyse du risque de crédit
Les établissements de crédit se sont adaptés aux évolutions rapides de leurs environnements.
L’instauration de techniques permet de visualiser rapidement et efficacement les dangers
potentiels sur chaque portefeuille. Dans cette partie nous allons mettre en avant l’évolution
stratégique des IMF pour faire face à la croissance du risque de crédit et les techniques de
prévention de ces derniers.
1) La Stratégie Des IMF
Selon La Conjoncture Selon Goetz O. (2014), pour rester compétitif, les établissements de
crédit doivent faire des choix stratégiques car la conjoncture actuelle menace les marges sur
les crédits. La contraction des plus-values affecte directement la rentabilité des IMF. La
gestion du risque est une étape majeure. Si elle est bien gérée, les établissements de crédit
peuvent optimiser considérablement leurs rentabilités et gagner du temps17. Dans le cadre de
leurs exercices les IMF doivent prendre en compte une multitude de menaces qui affecte le
risque de crédit.
2) Les éléments affectants le risque de crédit
De manière général, on distingue : le risque financier qui celle lié l’activité financière même
de l’entreprise, risque opérationnel lié à l’environnement micro de l’entreprise, le risque
d’exploitation lié à l’environnement macro-économique de l’entreprise et le risque
accidentels lié à la règlementation. Ainsi, le tableau ci-dessous permet de récapituler ces
différents risques en fonction de leurs menaces.
Tableau 1: Représentation des menaces liées au risque de crédit.
Risques financiers Risques Risques Risques accidentels
opérationnels d’exploitations
➢ Crédit ➢ Fraude interne ➢ Risque pays ➢ Politique
➢ Liquidité ➢ Fraude externe ➢ Risque fiduciaire ➢ Crise bancaire
➢ Marché ➢ Clients, produits, ➢ Réputation ➢Contagion
➢ Solvabilité services ➢ Réglementation ➢ Risques exogènes
➢ Adéquations des ➢ Politique d'emploi ➢Environnement
fonds propre et de sécurité macroéconomique
➢ Structure de bilan ➢Risque ➢Responsabilité
➢ Rentabilité technologique civile
➢ Devise ➢ Dégradation des
actifs physiques
Source : Adaptation simplifiée de GREUNING H, BRATANOVIC S, « Analyse et gestion
du risquebancaire»,2004,page4.
17https://www.banquefrance.fr/fileadmin/user_upload/banque_de_france/publications/
bdf_rsf_05_etu_5.pdf Banque de France • Revue de la stabilité financière • N°5 • Novembre
2004, page 115 à 120
3) L’analyse et l’identification du risque de crédit
Le risque lié à l’activité de crédit peut dépendre de l’emprunteur ou du prêteur. Si le risque
provient du débiteur, il s’agit d’un cas d’insolvabilité. Dans ce cas de risque externe, la
microfinance n’est pas responsable de la dégradation de la situation du client. Si le risque
provient du créancier, le problème repose sur la politique de distribution des crédits de la
banque. Dans ce contexte de risque interne, la banque est responsable de la diffusion des
crédits sur le marché. Cette étape révèle une menace plurielle, la banque comme le client peut
avoir sa responsabilité engagée18 . Le risque général : Il provient d’événement lié à une
dégradation de la situation économique ou politique où l’emprunteur exerce son activité. Ces
facteurs souvent à l’origine de crise augmentent fortement le risque de crédit vu qu’ils sont à
l’origine de chômage et de dépôt de bilan. On peut aussi prendre en compte les catastrophes
naturelles qui touchent directement la solvabilité des emprunteurs.
C. Les étapes de la gestion du crédit
Les institutions de crédit comme toutes les entreprises, sont soumises à des risques. Mais ces
risques sont beaucoup plus importants pour les institutions de crédit et il devient donc
primordiale pour ces dernières de maîtriser ces risques. La liste des risques pouvant affecter
un SFD est longue : risque institutionnel, risque de fraude, risque de crédit, risque de sécurité,
risque de gestion financière, risque externe (réglementation, Concur rance, démographie),
(Churchill et Coster ; 2001).
1) Le risque de contrepartie
Le risque qui nous intéressera ici est le risque de crédit aussi appelé risque de contrepartie ;
s’il existe plusieurs types de risque celui de non-Remboursement est un risque majeur
(Manchon, 2001). Pour lui, le risque de contrepartie pour le préteur est comme : « le risque
de voir son client ne pas respecter son engagement financier, à savoir, dans la plupart des cas,
un remboursement de prêt ». Dans un sens plus large, ce risque de contrepartie désigne aussi
le risque de dégradation de la santé Financière de l’emprunteur qui réduit les probabilités de
remboursement.
18 http://lpb.u-bordeaux4.fr/PDF/Support%20de%20cours/risquecredit.pdf
2) La vulnérabilité de l’IMF
Le risque de crédit constitue la plus grave des vulnérabilités d’une institution de
microfinance. C’est la détérioration de la qualité du portefeuille crédit qui cause les pertes et
crée des charges énormes en gestion de la déf alliance. Ce risque aussi connu comme le
risque de défaillance, est lié à l’incapacité du client de r respecter les termes du contrat de
prêt. Un seul microcrédit ne pose pas un risque énorme parce que le pourcentage sur le
portefeuille total est insignifiant. Mais puisque la plupart des microcrédits ne sont pas
garantis, la défaillance peut facilement s’étendre d’un petit nombre de crédits à une portion
importants du portefeuille (Churchill et Coster 2001). Cet effet de contamination peut être
aggravé par le fait que les portefeuilles de microfinance se limitent souvent à certains
secteurs d’affaire.
3) Les aspects de la gestion du risque
La gestion du risque de crédit se présente généralement sous deux aspects : les mesures
préventives que les préteurs prennent avant l’octroi du crédit et celles qu’ils prennent après le
déboursement. La gestion du crédit dans une institution de microfinance doit respecter les
étapes suivantes : L’instruction (montage et analyse) du dossier de crédit ; Le suivi
(destination et remboursement) des prêts accordés ; Le recouvrement des crédits en
souffrance.

La gestion du portefeuille de crédit d’une entité est une composante de la gestion des risques
d’entreprise. Elle a recours à la réalisation des objectifs de l’entreprise d’où l’intérêt de la
suivre périodiquement. L’analyse et le suivi de la qualité du portefeuille se fait selon
l’approche classique ou l’approche par les risques et permet d’évaluer les procédures et
systèmes, manuels ou informatisés, utilisés par l’entreprise.

L’approche par les risques est cependant recommandée par les normes, en ce sens qu’elle
place le risque au centre des préoccupations du gestionnaire. Pour Sardi (2002), le dispositif
suivant doit être mis en place pour une bonne maîtrise du risque de crédit :
- Identification préalable des risques, il s’agit de l’étape préalable pour tout processus de
management des risques. C’est aussi durant cette étape qu’on définit les risques acceptables
et les risques inacceptables. Par pertes acceptables, il f au comprendre les pertes prévisibles
pour lesquelles un dispositif de contrôle efficient a été mis en place. Par risques
inacceptables, il faut comprendre les risques résultants d’une insuffisance ou d’une absence
de contrôle ;
- Des objectifs et stratégies clairement exprimés comme le dit la sagesse populaire « il n’y’a
pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va ». Cette citation de met bien en
exergue l’importance pour la Direction Générale de fixer ses objectifs et définir une politique
en matière de crédit ; - Un système de mesure des risques robustes qui doit permettre à
l’institution d’avoir une idée sur la perte qu’elle est susceptible de subir en cas de réalisation
du risque et par conséquent de prendre des mesures pour se couvrir contre cette perte ;
- Un processus d’analyse financière de qualité qui a pour objet d’évaluer le risque encouru
par l’entreprise du fait de la relation avec le demandeur de crédit. Du fait de l’importance de
cette étape qui conditionne largement le bon déroulement du processus crédit, il est
nécessaire pour l’institution de confier ce travail à un personnel compétent et expérimenté ;
- Un système de notation intègre, généralement considéré tel l’élément incontournable dans
le management des risques car il permet d’évaluer le risque de crédit, d’attribuer des notes
aux demandeurs de crédit et d’estimer les pertes potentielles ;
- Des dossiers de qualité car les dossiers de demande d’emprunt doivent être aussi complets
que possibles et remplir toutes les conditions de fond comme de forme pour permettre une
décision motivée de l’institution ;
- Un système d’autorisation et des limites clairement définies dans la mesure où, la décision
d’octroyer ou non du crédit ne doit pas être du ressort d’une seule personne pour des raisons
de sécurité et de l’efficacité, raison pour laquelle un système d’autorisation et de délégation
doit être mis en place au sein de l’institution ;
- Un suivi permanent et une surveillance rigoureuse des risques. Ainsi le déblocage du crédit
ne signifie pas la fin de l’opération de crédit car c’est à ce moment que le risque est plus fort.
Pour limiter au maximum les pertes pouvant résulter de la défaillance des clients, l’institution
doit assurer un suivi rigoureux des crédits permettant de détecter les signes précurseurs d’une
dégradation de la situation financière du client ;
- Une rentabilité adéquate du portefeuille car malgré la rude concurrence que se livrent les
institutions financières pour offrir à leur clientèle des crédits attractifs, il faut que la
tarification des crédits puisse au moins absorber les coûts engendrés ;
- Une revue indépendante des dossiers qui consiste à revoir de manière périodique les
dossiers de crédit pour s’assurer qu’ils respectent les procédures et politiques en vigueur ;
- Des fonctions juridiques et contentieuses efficaces qui sont deux fonctions importantes du
fait du contexte dans lequel évoluent les SFD, caractérisé par une protection juridique accrue
des clients et une détérioration de leur pouvoir économique, qui menace leur pérennité.

En revanche, pour CARE International (2001), le manuel de gestion des risques en


microfinance le processus de gestion du risque de crédit doit comprendre trois (3) phases :
Identifier les vulnérabilités, avant de gérer les risques au sein d’une organisation, il est
important d’identifier au préalable les faiblesses, les limites, les menaces actuelles et
potentielles de l’organisation. Un aspect important de gestion des risques est de prévoir les
risques probables de l’organisation à court, moyen et long terme ; Concevoir et mettre en
œuvre des systèmes de contrôle, une fois que l’IMF a identifié les points vulnérables, elle
peut concevoir et mettre en exécution des mesures de contrôles pour les amoindrir ; Suivre
l’efficacité des systèmes de contrôle mis en place, une fois le système de contrôle mise en
œuvre, les IMF doivent pouvoir suivre et apprécier son degré de fonctionnalité et d’efficacité.
Les outils de suivi consistent avant tout en un tableau de bord d’indicateurs de performance

2.Concevoir et
mettre en œuvre les
contrôles pour
minimiser les risques

que les Directeurs et Administrateurs doivent établir et suivre afin de s’assurer de la gestion
de l’IMF.

1.Identification,
vulnérabilité,
actuels et futures
3.Suivre
l’efficacité des
contrôles

Figure 1 : la gestion du risque, un processus interaction de gestion du risque (source nous


mêmes)
La gestion des risques est un processus continu car la vulnérabilité change avec le temps. En
effet, de façon spécifique, la gestion du risque de crédit peut se présenter sous deux aspects :
les mesures préventives que les préteurs prennent avant l’octroi du crédit et les mesures
d’encouragement après le déboursement pour permettre le remboursement dans les délais.

SECTION II. LA PERFORMANCE FINANCIERE


La performance financière, maillon essentiel de la performance globale est la composante qui
intéresse le plus les apporteurs de capitaux. C’est aussi grâce à elle que l’entreprise poursuit
sa raison sociale car pouvant régler les actionnaires qui à leur tour investissent pour percevoir
plus de bonification. Ainsi, dans ce chapitre nous présenterons successivement les mesures de
la performance avant de s’attarder sur ses indicateurs.
I. LE CONCEPT DE LA PERFORMANCE FINANCIERE
Selon Lorino (2003), « est performance dans l’entreprise tout ce qui, et seulement ce qui
contribue à atteindre les objectifs stratégiques ». Ceci revient à dire qu’ « est performance
dans l’entreprise tout ce qui, et seulement ce qui, contribue à l’améliorer le couple valeur-
coût (a contrario, n’est pas forcement performance ce qui contribue à diminuer le coût ou à
augmenter la valeur, isolement). Pour certains auteurs, comme Albanes, la performance
implique l’efficacité et l’efficience pour d’autres plutôt, la capacité à satisfaire les attentes
des clients stratégiques.
A. Définitions et critères
Les chercheurs du champ de l’entrepreneuriat s’accordent à reconnaître l’importance de la
notion de « performance financière » chez les IMF et les gestionnaires de crédit d’IMF voire
chez d’autres entreprises, organisations, etc. El Khart (2010)19. Néanmoins, sa définition est
loin de faire l’unanimité. Dans cette perspective, nous allons présenter ici successivement
quelques définitions et les critères de la performance financière.
19 ATER Centre de Recherche en Economie Appliquée à la Mondialisation (CREAM)
Faculté de Droit de Sciences Economiques et de Gestion 03 Avenue Pasteur, 76000 Rouen
Tél:+33652379085 Fax:+33232769663. E-mail: [email protected] 29
1) Définitions
Pour Mapapa (2005), la performance se définit par le degré de réalisation des objectifs que
les propriétaires assignent à l’entreprise. Elle se détermine par l’évaluation de la rentabilité de
l’entreprise. D’une manière générale, l’objectifs principal poursuivi par une entreprise privée
ou toute société est la rentabilité. Pour atteindre cet objectif, l’entreprise doit mettre en œuvre
différents facteurs de production et exigerait que leur niveau de rentabilité soit connu. Ces
facteurs pousseront l’analyste à examiner la performance de l’entreprise sur plusieurs points
(performance commerciale, la performance économique, la performance financière et la
performance sociale). Dans le domaine de la gestion, la performance occupe une place
capitale. Elle est une notion très complexe qui peut être à la fois synonyme d'efficacité, de
rentabilité, de productivité et de compétitivité, Selon Mathe et Chague (1999), à partir des
principaux critères d'appréciation que sont l'efficacité et l‘efficience, la performance peut être
définie en considérant plusieurs dimensions. L'efficacité est la capacité d'une institution à
atteindre les objectifs qu'elle s'est fixée à partir des ressources dont elle dispose. Sa
compétitivité et son degré de réussite constitueront les deux dimensions permettant de
l'apprécier. Par contre, l’efficience est appréciée en termes de productivité, de couts et de
rendement. Selon Johnson et Scholes (1997), les économies d'échelle constituent une source
d’efficience. Les différentes études réaliser sur la performance financière ont clairement
permis de constater les difficultés à trouver une définition universelle à cette notion et son
analyse dans l’entreprise sous-tend l’utilisation d’une multiplicité de critère.
2) Les critères de la performance financière
Les différents critères de mesures utilisées par les entreprises découlent des informations qui
font essentiellement intervenir les données comptables et d’autres qui se basent sur les
valeurs de marché. Il existe plusieurs indicateurs, parmi lesquels et dans le cadre de notre
recherche : la rentabilité20 économique, l’autosuffisance opérationnelle et la rentabilité
financière.
20 La « Rentabilité des Fonds Propres » s’entend sur la moyenne des fonds propres. Dans le
cas où la rentabilité a été mesurée à une date fixe, il faudrait alors l’indiquer clairement dans
une mention spécifique, comme : “Rentabilité sur Fonds Propres au 12/01. « Le même
principe s’applique pour la Rentabilité des Actifs ».
a) La rentabilité financière
Piget (2009), la définit comme « un indicateur de la capacité de l’entreprise à rémunérer les
associés ». C’est la seule qui intéresse les actionnaires qui ne perçoivent que le résultat net
faisant ainsi abstraction du résultat économique. Cependant elle dépend essentiellement du
partage de la rentabilité économique entre les prêteurs et actionnaires. La rentabilité des
capitaux propres compare le résultat net aux capitaux propres. C’est la mesure comptable de
rentabilité. C’est une approche traditionnelle de la performance financière.
Re= Résultat net / capitaux Propres
Plus ce ratio est élevé plus l’associé est apte confier son épargne à l’entité. Boileau (2007),
décompte la performance financière en un ensemble de trois ratios et les interprètent :
RN/ CP= RN /CA x CA/ CI (AE)x CI/CP
- Le premier ratio représente la profitabilité nette des ventes (la marge nette de l’entreprise) ;
- Le second se rapporte au ratio de la rotation qui informe sur l’efficacité productive de
l’entreprise. Il permet de comparer les choix industriels et technologiques d’entreprise d’une
même branche d’activité ;
- Le troisième ratio permet de mesurer l’endettement (CI= CP + dettes nette).
b) Le bénéfice par action
Vernimen (2009), définit deux indicateurs qui permettent d’apprécier la performance
financière indépendamment des contraintes comptables. Nous avons :
- Le bénéfice net par action (BPA) qui est défini comme « le résultat net divisé par le nombre
total d’actions en circulation ». Il traduit l’enrichissement théorique de l’actionnaires rapporté
à une action, pendant l’année puisque le bénéfice net revient en totalité aux actionnaires ;
- Le rendement dividende de l’action ou rendement courant : c’est le rapport du dernier
dividende versé au cours de l’action. Il exprime le gain effectivement touché par
l’actionnaire, la plus-value restante potentielles tant que l’action n’est pas cédée. 31 Nous
pouvons retenir de cette analyse que la performance financière se compose de la rentabilité
financière et de la performance boursière. De nouvelles approches basées sur la valeur
incluant des méthodes innovatrices vit le jour du fait de l’ancienneté de ces derniers.
c) La profitabilité
La profitabilité d’une entreprise est sa capacité à générer des profits à partir de ses ventes.
Elle compare le résultat net comptable (bénéfice ou perte) au chiffre d’affaires de l’exercice.
Taux de profitabilité= (Résultat net comptable / chiffre d’affaires) x 100
d) L’autofinancement
Il correspond à la capacité de l’entreprise à financer son activité ainsi que ses
investissements à l’aide de ses moyens financiers. C’est un mode de financement interne à
l’entreprise, qui se compose essentiellement des amortissements comptables. CAF= RN
(résultat net) + amortissements et provisions.
e) Les dividendes versés aux actionnaires
Le bénéfice réalisé par l’entreprise peut être versé aux actionnaires sous forme de dividendes
ou laissé pour partie en réserve dans l’entreprise (futur autofinancement). Les dividendes
rémunèrent les risques pris par les associés. Aussi, les diminuer risquerait de décourager les
actionnaires. Les décisions d’affectation des bénéfices devraient donc permettre un équilibre
entre le financement futur de l’entreprise et la volonté de rassurer les propriétaires de
l’organisation.
B. Notion de performance et concept d'efficacité
Toutefois, de par leurs capacités à servir une clientèle pauvre, les institutions de microfinance
n’ont pas seulement pour objectif la recherche d’une performance financière mais ont
également des objectifs sociaux. Cette dualité d’objectifs fait l’objet de débat dans la
littérature académique. Ainsi, nous allons ici présenter la notion de performance financière et
celle de d’efficacité.
1) Notion de performance
La performance financière d’une IMF peut être définie comme sa capacité à couvrir par ses
produits, l’ensemble de ses charges et dégager une marge pour financer sa croissance. En
d’autres termes, c’est la capacité qu’a une IMF de mener ses activités, en se passant des
subventions sous forme de prêts concessionnels ou subventionnés7. Pour Adair. P. et al.
(2010) La performance financière (PF) est mesurée essentiellement par l’autosuffisance
financière et opérationnelle ainsi que par la réalisation d’une rentabilité maximisant
l’efficacité et la productivité du personnel.
2) Concept d'efficacité
La fonction de production est généralement définie selon la relation entre les outputs et les
inputs utilises pour les obtenir étant donnée la technologie de production. La frontière
efficace représente donne les meilleures pratiques en fonction de la technologie utilisée. La
comparaison des vecteurs inputs - outputs d'une institution avec sa frontière de production
informe sur sa productivité. Aussi, pour mesurer avec suffisamment de précision l’efficacité
et la productivité dans un secteur tel que la banque, il est important de définir son processus
de production.
II. LES INDICATEURS DE LA PERFORMANCE
Selon Rouach et al. (2009), si l’on s’intéresse aux multiples études réalisées sur la
performance financière des IMF, nous sommes confrontés à l’utilisation d’une multiplicité de
critères retenus. Il existe une multitude de ratios et d’indicateurs financiers, qui peuvent tous
être utiles aux dirigeants d’une institution de microfinance (IMF). Les ratios et indicateurs
aident à évaluer la performance de différents aspects de l’activité de l’organisation. Les 18
indicateurs choisis dans ce cadre correspondent aux domaines de mesure prioritaires pour la
plupart des IMF. Ces indicateurs sont répartis en quatre catégories : Rentabilité et pérennité ;
Gestion bilantielle ; Qualité du portefeuille et l’efficience et productivité.
A. Rentabilité et pérennité
La relation rentabilité-pérennité a pendant longtemps été étudiée par des nombreux
chercheurs. D’aucuns la considèrent comme une relation conflictuelle caractérisée par des
fonctions d’utilité divergentes à maximiser. Pour d’autres, cette relation est source
d’imperfections en termes des risques qu’elle engendre. Pour bien conduire notre analyse
portant sur la relation rentabilité-pérennité, nous nous attarderons, dans un premier temps, sur
la définition et, dans un second temps, sur ses importances dans le domaine de la gestion. 33
1) Définition et formule
Les ratios de rentabilité et de pérennité traduisent la capacité de l’IMF à maintenir son
activité et assurer sa croissance dans le futur. La plupart des IMF reconnues s’efforce
d’atteindre la pérennité, quel que soit leur statut, lucratif ou non. Les bailleurs de fonds et
investisseurs sont de leur côté à la recherche d’institutions pérennes. Plusieurs facteurs sont
susceptibles d’avoir un effet sur la rentabilité et la pérennité. Même si des institutions
nouvellement créées ou en croissance rapide peuvent avoir une rentabilité faible, elles
construisent les fondations nécessaires à la pérennité future. Les ratios recommandés dans
cette section sont ceux les plus largement reconnus dans le secteur. RE = autosuffisance
opérationnelle/autosuffisance financière
2) L’importance des rations
L’autosuffisance opérationnelle est la mesure la plus élémentaire de la pérennité. Elle
indique si les produits d’exploitation sont suffisants pour couvrir toutes les charges
d’exploitation. Comme les précédentes mesures de rendement, l’AO utilise les produits et
charges liés à l’activité principale de l’IMF, en laissant de côté les produits hors exploitation
et subventions. Les charges financières et dotations aux provisions pour créances douteuses
sont incluses dans ce calcul parce qu’elles constituent des coûts normaux (et significatifs)
d’exploitation. En se concentrant sur la couverture des coûts, l’AO traduit la capacité de
l’IMF à poursuivre ses opérations sans subventions futures. Le ratio retraité d’autosuffisance
opérationnelle est appelé autosuffisance financière (AF). Quatre des retraitements ont une
influence sur l’AF, du fait qu’ils augmentent les charges financières, les dotations aux
provisions pour créances douteuses et les charges d’exploitation. Seul le retraitement au titre
des abandons de créances n’a d’effet ni sur les produits ni sur les charges. La différence entre
ce ratio et l’AO est que l’AF mesure non seulement la capacité de l’IMF à couvrir ses coûts
d’exploitation, mais aussi sa capacité à maintenir la valeur de ses fonds propres par rapport à
l’inflation et à fonctionner et se développer sans subventions. En bref, l’AO mesure la
capacité de survie tandis que l’AF est un meilleur indicateur de la capacité de croissance.
B. Ratio de gestion bilantielle
Le gestion bilantielle est le phénomène par lequel la demande de fonds excède l’offre de
fonds de telle sorte qu’une catégorie des candidats au prêt se voit refuser l’accès au 34
financement. Autrement dit, le taux d’intérêt qu’un emprunteur est prêt à payer apparait
comme un dispositif de sélection des candidats et permet d’attirer les emprunteurs à faible
risque. Ainsi, il sera important pour nous de définir ce ratio est de donner son importance en
métiers de gestion.
1) Définition et formule
La base de l’intermédiation financière est la capacité à gérer les actifs (emplois des fonds) et
les dettes (sources des fonds). La gestion bilantielle intervient aux différents niveaux
suivants : gestion du taux d’intérêt. L’IMF doit s’assurer que les emplois de fonds génèrent
des revenus supérieurs aux coûts des fonds, gestion des actifs. Les fonds doivent être utilisés
pour créer des actifs qui produisent le plus de revenus (les plus « productifs »), levier
financier. L’IMF cherche à emprunter des fonds pour augmenter les actifs et par-là
augmenter les produits et le bénéfice net. Dans le même temps, l’IMF doit gérer le coût et
l’emploi de ses emprunts de manière à générer des revenus supérieurs au montant des
intérêts et frais payés sur ces emprunts. Elle doit également veiller à ne pas emprunter
davantage que ce qu’elle peut rembourser dans les périodes difficiles. Rendement = Intérêts,
frais et commissions perçus sur le portefeuille de crédits/Encours de crédits brut moyen
2) L’importance du ratio
Le rendement du portefeuille brut de crédits, ou rendement du portefeuille, mesure la valeur
des intérêts, frais et commissions réellement perçues des clients pendant la période. Ce ratio
est le premier indicateur de la capacité d’une IMF à générer des liquidités destinées aux
opérations à partir du portefeuille de crédits. Les encaissements de produits issus du
portefeuille sont essentiels pour la survie de l’IMF. En tant que mesure de la trésorerie, cet
indicateur n’est faussé ni par des politiques de comptabilisation ou constatation d’avance
irréalistes, ni par le refinancement de prêts, ni par d’autres paiements calculés susceptibles de
masquer les problèmes de retard. Le rendement du portefeuille doit être analysé dans le
contexte du marché local et des taux d’intérêt en vigueur. Les rendements ne doivent pas
fluctuer de manière significative à moins que l’IMF ne modifie fréquemment les conditions
de ses prêts. Les dirigeants de l’IMF doivent régulièrement comparer le rendement du
portefeuille au taux d’intérêt effectif des prêts ou au rendement contractuel du portefeuille
pour surveiller l’apparition éventuelle d’un 35 « écart de rendement ». Si le rendement est
fortement ou systématiquement inférieur au taux d’intérêt effectif, cela peut indiquer des
problèmes de recouvrement.
C. Ratios relatifs à la qualité du portefeuille
Une bonne maîtrise du portefeuille à risque, sa réduction de façon significative dans le
portefeuille global de l’IMF rendrait les profits des IMF plus significatifs et par conséquent
avoir un impact sur la performance financière des IMF. Nous nous attendons à une relation
inverse entre le Portefeuille à risque et le rendement de l’actif. Nous présenterons la
définition du ratio et par la suite donnerons son importance.
1) Définition et formule
L’encours brut de crédits constitue le principal actif d’une IMF. La qualité du portefeuille
est essentielle pour le succès financier de toute institution de microfinance. Une baisse de la
qualité du portefeuille peut indiquer un recul de la satisfaction de la clientèle, qui risque de
se traduire par un faible taux de fidélisation et une hausse des coûts d’acquisition de clients.
Elle peut également être le symptôme de problèmes au niveau de l’encadrement et de la
surveillance du personnel. Dans tous les cas, la mauvaise qualité d’un actif a pour
conséquence des coûts supplémentaires et des revenus plus faibles. Il convient d’examiner la
qualité du portefeuille sous plusieurs angles différents, pour se faire une idée plus claire de la
situation. Les trois ratios présentés dans ce chapitre doivent être considérés comme un tout :
aucun des trois ne suffit à lui seul pour une analyse efficace. RQPF = portefeuille à
Risque/portefeuille risque retraiter
2) L’importance du ratio
Le Portefeuille à risque (PAR) est important car il traduit le potentiel de pertes futures sur la
base de la performance actuelle du portefeuille de crédits. Le ratio PAR est l’instrument le
plus communément utilisé dans le secteur de la microfinance pour mesurer la performance de
crédit. Le PAR > 30 jours est souvent considéré comme le seuil au-delà duquel les crédits
sont considérés comme plus risqués. Ce ratio inclut également les crédits renégociés, afin non
seulement d’éviter la dissimulation des prêts problématiques par le rééchelonnement ou le
refinancement, mais également de refléter le niveau de risque accru associé aux clients qui
rencontrent des problèmes pour assurer les remboursements.
D. Indicateurs d’efficience et de productivité
L’intégration des nouvelles technologies d’information dans le management permet
d’assurer le suivi, l’analyse et le contrôle des activités. Un système d’informations générant
des données exactes en temps utile permet aux responsables d’évaluer continuellement la
performance, de mieux prévoir les besoins de liquidités, de les anticiper et de faire face aux
crises. Il s’agira ici pour nous, de faire une brève définition et de l’importance de ce ratio.
1) Définition et formule
Les indicateurs d’efficience et de productivité reflètent l’efficacité avec laquelle l’IMF utilise
ses ressources, en particulier ses actifs et ses ressources humaines. Les IMF appliquent divers
indicateurs d’efficience et de productivité en fonction de leur structure organisationnelle,
lignes de produits et priorités de suivi. Comme variable de référence pour les ressources
humaines dans ses calculs de productivité, l’IMF doit choisir entre le nombre de membres du
personnel et le nombre d’agents de crédit. Les agents de crédit peuvent être considérés
comme une catégorie distincte car ils sont en général directement impliqués dans les activités
de génération de produits (soit la distribution et le recouvrement des prêts), contrairement aux
autres membres du personnel. Toutefois, on observe une tendance à inclure la totalité du
personnel dans les calculs de productivité, car les activités des agents de crédit peuvent
recouper partiellement celles du personnel administratif. Ratio de charges
d’Exploitation/Ratio Retraiter de charges d’Exploitation
2) L’importance du ratio
Le ratio de charges d’exploitation permet aux dirigeants de comparer rapidement les charges
administratives et les charges de personnel avec le rendement réalisé par l’IMF sur l’encours
brut de crédits. C’est pourquoi il est souvent appelé ratio d’efficience. Suivre la tendance de
ce ratio est un moyen simple d’observer si l’IMF améliore son efficience à mesure qu’elle
développe son portefeuille de prêts. Plus le ratio est bas, plus l’institution est efficiente. Les
IMF doivent donc s’efforcer de le réduire progressivement, même si la taille du portefeuille
stagne, jusqu’à ce qu’elles soient convaincues d’avoir épuisé toutes les possibilités de gains
d’efficience. Ce ratio peut fluctuer d’un mois sur l’autre, mais il doit décliner d’une année sur
l’autre. Si les IMF 37 commerciales et les mutuelles de crédit supportent des charges
d’exploitation plus élevées du fait des services d’épargne, elles s’avèrent beaucoup plus
efficaces que les IMF non commerciales en matière de contrôle des coûts d’exploitation. En
somme, il était question dans cette section de faire une brève analyse sur la performance
financière en général et plus précisément sur ces indicateurs. Cette analyse est scindée en
deux parties dont la première s’est appesantie sur les théories financières. Quant à la
deuxième partie de cette section, elle a exposé de manière brève les indicateurs de la
performance financière en précisant l’importance de chacun. En somme, l’objet de ce
chapitre était de faire une analyse du concept de la gestion du risque de crédit des PME et de
la performance financière des IMF. Pour ce faire, l’analyse s’est faite en deux temps. Le
premier nous a permis d’analyser la gestion du risque de crédit. Cette analyse a abouti à
présenter les différents crédits offerts par les IMF, les risques liés à ces derniers ainsi que
leurs caractéristiques. Le second temps a été consacré la performance financière. Cette partie
révèle les différents types de performance et leurs différentes appréciations. A cet effet, nous
avons énoncer ces différents ratios regrouper en quatre groupes (rentabilité et pérennité,
gestion bilantielle, qualité du portefeuille, efficience et productivité).
En définitive, l’objet de ce chapitre était de faire une analyse du concept de la gestion du
risque de crédit et de la performance financière de IMF. Pour ce faire, l’analyse s’est faite en
deux temps. Le premier a servi à l’analyse de la gestion du risque de crédit. Cette dernière a
permis de faire ressortir tour à tour ses caractéristiques, vision et typologie. L’analyse de la
performance financière s’est poursuivie avec la présentation du concept selon la littérature
ainsi que ses indicateurs. L’analyse de la gestion du risque de crédit s’est terminée avec la
présentation des types de crédit ainsi que les différentes techniques développées par les IMF
pour le minimiser. Le deuxième temps de ce chapitre a permis de faire l’analyse la
performance financière. Cette analyse a consisté à présenter succinctement les théories à de
performance financière, ses stratégies ainsi que quelques mesures de cette dernière. Les
concepts de la gestion du risque de crédit et de la performance financière des IMF étant bien
cernés, la relation les unissant sur le plan théorique en fait l’objet du chapitre suivant.

CHAPITRE II : LA REVUE DE LA LITTERATURE ET THEORIE EN PRESENCE


La microfinance représente un ensemble très diversifié de dispositifs offrant des capacités
d’épargne, de prêts ou d’assurance à de large fractions des populations rurales, mais aussi
urbaines, n’ayant pas accès aux services financiers des établissements soumis à des
contraintes de rentabilité immédiates et à certains ratios prudentiels (Servet et Gentil 2002).
Le problème qui se pose pour les IMF est alors comment assurer un bon remboursement du
crédit face à des emprunteurs sans garantie. Surtout que les impayés qui conduisent souvent
aux créances irrécouvrables constituent, dans la majorité des cas, la principale cause de
faillite des institutions qui accordent des crédits. Même celles qui réussissent sont sans cesse
menacées par le spectre des impayés. Tout gestionnaire soucieux de la pérennité de son IMF
est tenu d’avoir une gestion rigoureuse de toutes les créances dont les paiements sont en
retard. Il doit par conséquent, connaitre les causes et les coûts des impayés pour l’institution,
mesurer ces impayés et les contrôler (Lobez 1997). Dans ce chapitre, il est question pour
nous de parcourir dans un premier temps les travaux des auteurs qui ont traité les thèmes en
rapport avec notre sujet. Par la suite, nous mettrons un accent sur le cadre théorique.
SECTION I. LA RELATION ENTRE GESTION DE RISQUE ET PERFOMANCE
FINANCIERE DES IMF
L’activité de la microfinance est de plus en plus réglementée. Afin de promouvoir une
gestion saine et prudente, la régulation prudentielle des IMF met un accent particulier sur la
supervision des IMF et la définition du niveau d’adéquation en fonds propres. Ce cadre offre
une double grille de lecture de la régulation : une lecture ure organisationnelle et une lecture
financière. Au-delà de cette double dimension réglementaire, les IMF adoptent une
méthodologie d’accord de crédit dans l’objectif de minimiser le risque de défaut de la
clientèle.
I. IMPACT DE LA REGLENTATION PRUDENTIELLE SUR LA PERFOMANCE
FINANCIERE DES IMF
L’évaluation des effets de la régulation sur la valeur et sur le risque a fait l’objet de
nombreuses recherches dans la banque (Caprio et al., 2007). Dans le domaine de la
microfinance, la littérature sur la question de la régulation a mis un accent particulier sur : la
justification de l’intérêt de la régulation pour la microfinance (Vogel et al., 2000 ; Chaves et
Gonzalez-Vega, 1992), la description des dispositifs nationaux et régionaux de régulation
(Staschen, 1999) et les comparaisons internationales des dispositifs de régulation (Staschen,
2003). Cependant, nous allons nous attarder sur l’analyse des effets de régulation
prudentielle sur la performance des institutions de microfinance. A. Approche
organisationnelle À l’échelle de l’organisation, le fait de se conformer aux exigences
prudentielles a des bénéfices et des coûts. Peck et al. (2003) estiment les coûts à environ 5 %
de l’actif des IMF pendant la première année de la mise en conformité. La plupart des
dispositifs réglementaires imposent aux IMF de transférer des informations financières
auprès des organes chargés de la supervision. Cela suppose un reporting permanent et un
reporting de qualité.
1) L’incidence positif de la qualité d’un portefeuille sur la structure financière des IMF
La qualité et la régularité du reporting requièrent des compétences spécifiques que les IMF
attirent et recrutent difficilement. Par ailleurs, la régulation facilite l’accès des IMF aux
sources externes de financement (dettes, fonds propres). Elle permet aux IMF non régulées
de collecter les dépôts et de recourir à l’épargne publique afin d’ajuster leur structure
financière. Dans cette perspective, plusieurs IMF se sont transformées, passant du statut
d’IMF non régulée (ONG) à celui d’IMF régulée (sociétés privées) depuis 1992. Fernando
(2004) a évalué les conséquences financières de ces transformations en étudiant 39 cas de
transformation d’ONG de microfinance en sociétés privées dans le monde. Il conclut que la
plupart des transformations s’accompagnent d’une amélioration de la structure financière des
IMF par l’augmentation notamment du niveau des fonds propres. La transformation a permis
à ces IMF d’accroître leurs ressources afin de financer leur croissance.
2) La régulation comme mécanisme de gouvernance sur l’efficacité de l’IMF
Dans un marché parfait où l’allocation des ressources est optimale et l’information
équitablement partagée par les divers participants, l’intervention d’une force extérieure
investie de la mission de sanctionner, de récompenser ou encore de pénaliser les
organisations affichant les comportements aberrants et dysfonctionnels n’est pas
indispensable ; le marché s’autorégule. La réalité révèle que du fait de l’asymétrie
d’information entre les organisations et les emprunteurs, les organisations bancaires, quelles
que soient leur taille, leur forme institutionnelle ou leur fonction dans l’économie, sont
sujettes à des comportements 40 opportunistes des dirigeants et des propriétaires (Insiders).
Les managers profitent quelques fois de leur avantage informationnel par rapport aux
déposants (Outsiders) et adoptent des politiques d’investissement risquées du point de vue
des déposants. La délégation du contrôle à un régulateur améliorerait ainsi l’efficience.
C. Niveau de la régulation prudentielle et la performance financière
Il s’agit ici de faire ressortir le niveau de la régulation comme un outils de protection contre
le risque et de faire apparaitre son importance en gestion de crédit. Les coûts relatifs au
reporting et au transfert des informations comptables financières aux organes chargés de la
réglementation sont des coûts liés aux déficits cognitifs des salariés et des coûts de
transaction par unité de dollar emprunté (très élevés dans la microfinance).
1) La régulation prudentielle comme dispositif de protection contre le risque d’insolvabilité
Dans les IMF, les fonds propres sont dédiés non seulement au financement des besoins
d’investissements, mais aussi au financement des besoins de couverture des risques. Ils
représentent un dispositif par lequel les organisations bancaires garantissent leur solvabilité et
assurent la pérennité de leurs activités. Ils permettent à l’établissement d’absorber les pertes
inattendues qui ne sont ni provisionnées ni intégrées dans la tarification des services à la
clientèle (Berger et al., 1995 ; Descamps et Soichot, 2002).
2) Les coûts inhérents de régulation prudentielle
Les coûts relatifs au reporting et au transfert des informations comptables financières aux
organes chargés de la réglementation sont des coûts liés aux déficits cognitifs des salariés et
des coûts de transaction par unité de dollar emprunté (très élevés dans la microfinance). Dans
les banques, le ratio de solvabilité Mac Donough impose de disposer en permanence d’un
ratio d’adéquation en fonds propres supérieur à 8 %, seuil minimum jugé nécessaire pour se
protéger contre les risques. L’analyse des dispositifs réglementaires nationaux recensés par
Lhériau (2005) indique que, dans le domaine de la microfinance, ce ratio oscille
généralement entre 10 et 20 %. Il ne prend en compte que le risque de crédit ; le risque
opérationnel est jusqu’alors négligé. Or, les IMF engagées dans l’activité de crédit sont
exposées aux comportements déviants des agents de crédit lors de la mise en place des crédits
(Berger et dUdell, 2002; Jansson, 2004). La frontière entre le risque opérationnel et le risque
de crédit apparaît ainsi comme étroite. Les risques d’aléa moral et d’antisélection peuvent
résulter 41 d’une mauvaise appréciation ou d’une évaluation insuffisante des dossiers de
crédit. De ce point de vue, nous pouvons considérer que le ratio d’adéquation des fonds
propres couvre implicitement une partie des pertes résultant de ces comportements déviants.
II. LA GESTION DU RISQUE ET L’EFFICACITE FINANCIERE DE L’IMF
Le débat entre la performance financière et la performance sociale en microfinance oppose
les welfaristes aux institutionnalistes. Bien que ces deux courants de pensée partagent
l’objectif de réduction de la pauvreté, ces approches placent la microfinance à la croisée des
chemins, ce que Morduch (2000) qualifie de « Microfinance Schism ». Le débat entre PF et
PS est cependant antérieur à l’émergence des IMF. Ainsi, nous allons présenter la gestion de
risque selon l’institutionnaliste et son impact sur la performance financière.
A. L’approche institutionnaliste Soutenue par les organismes internationaux tels que la
Banque mondiale et les Nations unies, l’ « Institutionalist Approach » a vu le jour à la fin des
années 90 (Woller et al., 1999). Ses protagonistes considèrent que l’unique manière
d’atteindre la grande majorité des pauvres sans accès aux services financiers est d’augmenter
le mouvement de la microfinance à travers son intégration dans le système financier formel.
Ils cherchent à mettre en place des systèmes de microfinance pérennes et de massification du
crédit (De Briey, 2005). Chaque IMF doit viser la durabilité financière en maximisant son
efficience et sa productivité. Pour ce faire, un ensemble de meilleures pratiques bancaires a
été conçu afin d’accroître l’efficience des systèmes de gestion, dont l’adoption est une étape
essentielle pour arriver à l’autosuffisance financière, avoir accès au marché financier et
atteindre le maximum de clients pauvres (Morduch, 2000). La mesure de l’impact social
passe par un proxy, la rentabilité, et la réussite se juge à travers l’autosuffisance du
programme (Otero et Ryhne, 1994). L’intérêt pour l’autosuffisance a émergé à partir de la
reconnaissance de la rareté des fonds. En effet, les institutionnalistes croient en une
intervention à grande échelle qui demande des ressources financières au-delà de ce que
peuvent fournir les bailleurs de fonds. De plus, ils craignent la versatilité de ces bailleurs de
fonds car une IMF qui veut s’inscrire dans la durée, en demeurant structurellement
dépendante des subventions, risque d’être un programme sans lendemain. Le seul moyen
d’avoir les ressources financières dont l’IMF a besoin est le recours à des sources privées
(épargne, dettes commerciales, fonds propres et capital-risque). Cette approche a enregistré
un certain nombre de critiques. Au niveau de la population ciblée, 42 elle a pour clientèle de
prédilection les micro-entrepreneurs très proches de la ligne de pauvreté, concentrés
géographiquement, ayant des activités à haut rendement et à court cycle de production. Elle
exige des clients des taux d’intérêt assez élevés afin d’assurer l’autonomie financière (De
Briey, 2005).
B. Incidence positive de la gestion du risque de crédit sur la performance financière de l’IMF
La complexité et la technicité croissante des opérations, l’augmentation des volumes et le
développement du temps réel réduisent de plus en plus « droit à l’erreur », quand le coût de
l’erreur peut rapidement se chiffrer en certains de milliers voire en millions de francs. Le
contexte est favorable à une prise de conscience car le risque devient, comme risque du
marché, une composante intrinsèque du métier bancaire. La mise en place d’une méthode de
suivi du risque se heurte pourtant à des nombreux obstacles d’ordre psychologique ou
organisationnel en interne : les équipes sont en ce moment mobilisées sur d’autres projets de
place (normes IAS, partie risque de crédit) de Bâle II. Les tâches de reporting et de suivi
représentent une charge supplémentaire pour les gestionnaires. Plusieurs auteurs se sont
prononcés sur les dimensions de performance des IMF et l’impact de la gestion du risque sur
cette dernière, parmi eux, Shrieves et Dahl (1992), leur model démontre une influence
simultanée et positive entre l’évolution du niveau de capital et l’évolution du niveau des
risques des banques américains. Ainsi à une hausse du niveau de risque correspond une
hausse du niveau de fonds propres alloués et inversement. Ces travaux ont confirmé cette
relation, notamment pour les banques américaines, Altuanbas et al. (2004) pour les banques
européennes, Heid et al. Pour les banques allemandes et Godlewski (2004) pour les banques
des pays en développement. Il importe donc pour les banques d’œuvres dans le sens d’une
diminution prenante du niveau du risque ce qui impliquerait une diminution des capitaux à
allouer pour leur couverture et par conséquent une rétention de fonds devant servir au
fonctionnement de la banque. Plusieurs études empiriques ont révélé que les capitaux
propres exercent un effet stimulant sur la profitabilité des banques (Besanko D. et Kanatas
G. 1996). Quelle que soit la méthode retenue de calcul de fonds propres réglementaires au
titre du risque et donc des contraintes associées en matière de complétude et de finesse du
dispositif, un projet risque mobilise des compétences métiers, contrôle et risk management.
Ainsi, la gestion efficace du risque doit permettre à la réduction, à l’aide des informations
reçues, de juger des implications stratégiques du risque afin d’assurer l’organisation. Une
gestion du risque de crédit doit conduire au succès de l’importance des 43 pertes
opérationnelles, réduisant ainsi les coûts de la banque par conséquent favorise l’amélioration
de la performance financière. Les dispositifs de gestion du risque mis en place plus qu’une
exigence, servent aussi de socle à une véritable démarche d’amélioration de la performance,
qui viserait non, seulement la réduction du risque, mais aussi l’augmentation de la qualité du
portefeuille. La synthèse de cette littérature nous amène à formuler l’hypothèse suivante IMF
H1 : la supervision de dossier de crédit par un organisme de règlementation influence
positivement la performance financière des IMF.
En définitive, il était question dans cette section de faire une revue de la littérature liant la
gestion du risque de crédit et la performance financière des IMF. A cet effet, nous avions
retenu que la régulation prudentielle comme outil de la gestion du risque a un impact positif
sur la capacité des IMF à exercer ces activités. A ce titre, la littérature a mis en évidence,
d’une part, l’existence d’une relation positive entre la supervision du dossier de crédit par un
organisme de réglementation et le niveau de la performance financière des IMF.
II. CONTRAT DE CREDIT, DECENTRALISATION DECISIONNELLE ET
PERFORMANCE DES INSTITUTIONS DE MICROFINANCE
Le microcrédit n’est plus une expérimentation, mais se révèle être l’un des instruments de
développement les plus efficaces (Van Maanen, 2005). À travers une offre de services
financiers spécifiques et adaptés, les institutions de microfinance (IMF par la suite)
permettent d’inclure financièrement des populations et des entreprises de petite et très petite
taille qui, pour des raisons économiques, sont exclues des services bancaires classiques.

II-1. CONTRATS DE CREDIT DE GROUPE ET PERFORMANCE DE L’IMF


Deux grandes familles de contrats sont simultanément ou séparément utilisées par les IMF
pour octroyer les crédits : les contrats individuels qui mettent en relation l’institution
prêteuse et un emprunteur unique et les contrats de crédit solidaire qui mettent en relation
l’institution et un « pool » d’emprunteurs. Lorsque les groupes formés sont composés de
moins de dix personnes, les prêts sont accordés au groupe de solidarité. Les prêts sont alors
accordés aux individus, mais le groupe est solidairement responsable du crédit. La garantie
est collective. Lorsque la taille des groupes est supérieure à dix personnes (entre 10 et 30
personnes), les prêts sont accordés par l’intermédiaire des banques villageoises. Dans ce cas,
44 l’IMF octroie le crédit au groupe qui prend en charge l’administration des prêts
individuels. Le groupe devient à la fois un relais de l’IMF dans l’octroi de crédit et une
caution pour chaque membre.

A. Le contrat de crédit et performance des IMF


Dans cette partie nous allons décrire de manière brève les avantages du prêt de groupe et en
suite montrer l’influence de cette dernière sur la performance financière.
1) Les avantages du contrat de groupe
Un portefeuille développé sur la base de contrat de groupe présentera des caractéristiques de
celui qui se compose des prêts individuels. Le modèle théorique de Besley et Coate (1995),
montre que l’efficacité financière des IMF est expliquée par le choix des contrats de groupe.
Ainsi, nous avons quatre principaux avantages :
- Le bon risque sélectionné entre-deux : le mécanisme de prêt de groupe peut être perçus
comme une issue conventionnelle au problème d’information précontractuelles, non
seulement entre le prêteur et les emprunteurs potentiels, mais également ceux-ci Lahna
(2001). En général, les emprunteurs acceptent de former un de caution solidaire afin
d’accéder à un prêt se connaissant bien ;
- La maîtrise du risque de défaut : par ce que les membres d’un même groupe de caution
solidaire se connaissent bien et sélectionne souvent sur une base de la confiance naturelle. Ils
s’engagent aussi solidairement les uns envers les autres ;
- La réduction des coûts de crédit grâce au contrôle de pairs : en vue de s’assurer que du fait
de leur responsabilité conjointe, ils ne courent pas un risque mal mesurer, les membres d’un
même groupe de caution solidaire se réserve par le crédit qui les lie tous, tout droit de
regarder sur le projet de financement ;
- Les possibles augmentation des montants des prêts : dans la logique strictement séquentielle
de prêt de groupe, le fait que l’organisation de microfinance accorde du crédit à tour de rôle à
chaque membre du groupe.
2) Le contrat de crédit de groupe et niveau de performance
Les contrats de crédit de groupe induisent une diminution des coûts de transaction et un
accroissement de l’offre de crédit et, par conséquent, une meilleure efficacité sociale des IMF
(Besley et Coate, 1995). Cependant, les résultats des études exploratoires et empiriques
semblent converger quant à la relation entre le choix des contrats de crédit de groupe et la
performance financière, mais divergent au regard de la relation entre ce type de contrat et la
performance sociale. Les études exploratoires mettent en évidence un impact positif du choix
des contrats de crédit de groupe sur l'efficacité sociale des IMF. L’étude de Morduch (1999)
sur le cas de la Grameen Bank révèle que la mise en place des crédits de groupe a amélioré
son efficacité sociale mais très peu son efficacité financière. Elle n’est pas financièrement
autosuffisante et présente des taux de remboursement proche de 90 %. À partir de l'étude d'un
échantillon de 1500 IMF, Lapenu et Zeller (2001) concluent que le nombre d’emprunteurs
actifs est plus élevé pour les IMF qui font le choix du crédit de groupe. A contrario,
Hartarska (2005) étudie un échantillon d’IMF d’Europe Centrale et de l’Est et parvient à la
conclusion que le type de contrat de crédit n’exerce aucune influence significative sur la
performance financière (rentabilité et viabilité financière) et sociale (nombre d’emprunteurs
actifs et montant moyen de crédit). De même, Mersland et Strom (2009) ne trouvent aucune
relation significative entre le type de contrat de crédit et la performance financière sur un
échantillon de 278 sociétés privées de microfinance. Concernant l’efficacité sociale des IMF,
les résultats sont contrastés. Ils montrent que l’intensité des transactions est significativement
importante lorsque les sociétés privées font le choix du crédit individuel. Celui-ci a une
influence négative mais peu significative sur la portée des IMF (nombre d’emprunteurs
actifs.
2) Mécanisme de crédit de groupe
Certains auteurs ont vérifié empiriquement l’existence d’un lien entre le mécanisme de crédit
de groupe et le taux de remboursement des crédits. À partir d’un échantillon de 128 groupes
de crédit financés par trois IMF (5) au Bangladesh, Sharma et Zeller (1997) trouvent que les
groupes formés à l’initiative des membres affichent de meilleurs taux de remboursement.
Cependant, les collusions possibles entre les membres peuvent rendre la surveillance
mutuelle moins effective dans les groupes construits sur la base des liens sociaux. Ceci se
traduit souvent par des niveaux de taux de remboursement faibles (Godquin, 2004 ; Paxton et
al., 2000 ; Sharma et Zeller, 1997). A contrario, sur la base d’un échantillon de 146 groupes
de crédit à Madagascar, Zeller (1998) montre que l’existence des liens sociaux étroits entre
les cosignataires permet de garantir des taux de remboursement élevés. En ce qui concerne
les travaux portant sur le problème de risque moral, Wenner (1995) et Zeller (1998) trouvent
que l’existence des règles formelles et des systèmes de sanction et de récompenses permettent
de réguler et de gouverner les comportements à l’intérieur des groupes et en conséquence,
d’améliorer la capacité de remboursement. Pour l’IMF cela se concrétise par une meilleure
qualité du portefeuille. Pour Wenner (1995), l’inexistence des sources 46 alternatives de
financement formel dans les zones d’implantation et les difficultés à y accéder incitent au
remboursement. Cela s’explique par la crainte de perdre des opportunités futures de
croissance pouvant être financées par l’IMF de la zone d’appartenance. Pour permettre une
comparaison entre le système du prêt collectif et celui du prêt individuel, Cull et al. (2007)
montrent, que celles qui accordent des prêts individuels sont plus rentables et plus
autonomes. Elles fonctionnent selon les principes de gestion bancaire et sur le modèle
bilatéral prêteursemprunteurs. Leur portefeuille de créances est constitué en majorité de
personnes se situant autour de la ligne de pauvreté. B. La qualité du crédit et théorie des
contrats L’idée essentiel se repose sur le principe de révélation Myerson (1979), selon lequel
le prêteur propose à l’emprunteur un contrat qui lui permet de révéler son type ou non niveau
d’effort ou l’état de la nature par ce qu’il n’a plus rien à contraindre.
1) Les Prêts de groupe solidaire et la performance financière
Les institutionnalistes se fondent plutôt sur la théorie des contrats qui considère que
l’incomplétude des contrats peut conduire à des comportements opportunistes des
demandeurs de crédits (Ghatak et Guinanne, 1999). Les institutionnalistes évaluent la
performance du point de vue de l’institution en ciblant une clientèle de ménages pauvres et
en visant la pérennité financière de l’IMF. Ils ont conçu un ensemble de « meilleures
pratiques » bancaires afin d’accroître l'efficacité des systèmes de gestion (finance et
comptabilité, marketing, livraison de services, etc.), dont l'adoption est une étape essentielle
pour atteindre l’autosuffisance financière à l'échelle industrielle et avoir accès au marché
financier. Ils considèrent l’autonomie financière comme un critère qui remplit au mieux la
mission sociale. Ils représentent essentiellement des institutions financières : soit des
institutions spécialisées en microfinance réglementées (ONG, institutions financières non
bancaires et associations de microcrédit) qui s’inscrivent clairement dans une logique de
rentabilité, soit des caisses villageoises ou certaines banques commerciales traditionnelles qui
se sont plus récemment impliquées dans la microfinance.
2) La qualité du crédit accordée et performance financière
Ce mécanisme de sélection des micro-entrepreneurs douteux des bons permet d’éviter le
phénomène de contagion perverse qui pourrait se répandre chez les emprunteurs à risque
faible qui trouveront qu’il est stupide de rembourser leur crédit alors que les autres ne le font
47 pas. Ceci a pour conséquence d’accélérer la détérioration de la qualité du portefeuille et de
contribuer à une dégradation de la performance financière de l’IMF. Pour Fischer (2000)
c’est le portefeuille à risque et non le taux de remboursement des prêts qu’il faut d’avantage
maîtriser pour améliorer la qualité du portefeuille des IMF car le classement chronologique
des arriérés de paiement permet de classer les prêts du portefeuille selon différents niveaux
de risque pour le calcul des provisions pour pertes sur prêts des IMF. Les prêts de groupes
avec caution solidaire sont souvent utilisés comme mécanisme de minimisation du risque de
défaillance afin d’améliorer le rendement des portefeuilles des IMF pour atteindre la viabilité
financière (Ghatak 1999, Armendariz de Aghion B et Morduch 2000, Laffont and Nguessam
2000). Hermes, Lensink et Meesters (2001) notent que la surveillance du leader du groupe,
grâce à ses attaches sociales et sa connaissance du milieu, joue un rôle déterminant dans
l’amélioration des taux de remboursement. C’est dans cette même optique que Cull, Kunt et
Morduch (2007) notent que les prêts de groupe ont un impact positif sur la qualité du
portefeuille de crédit des IMF. En effet, ils montrent que le portefeuille à risque augmente en
fonction du taux d’intérêt appliqué, pour la plupart des IMF utilisant les prêts individuels, et
qu’au-delà du seuil de 60%, une augmentation de ces taux n’est pas associée à des profits
dans la durée pour ces dernières, ce qui n’est pas le cas pour les IMF qui s’appuient sur la
méthodologie de prêt à des groupes solidaires. Ces résultats renforcent l’idée selon laquelle la
surveillance et le contrôle des pairs (Stiglitz J.E. 1990) pour minimiser l’aléa moral et
l’étendue des relations sociales parmi les membres du groupe et du personnel de l’IMF
contribuent à la viabilité prenne des IMF. La synthèse de cette littérature nous amène à
formuler l’hypothèse suivante :
H2 : Le contrat de crédit de groupe influence positivement la performance financière des
IMF.

II.2 DECENTRALISATION DECISIONNELLE D’OCTROI DE CREDIT ET


PERFORMANCE DES IMF
La décentralisation décisionnelle de crédit permettrait donc aux IMF de mieux sélectionner
leurs emprunteurs et de contrôler leurs comportements opportunistes. Du point de vue de
l’architecture organisationnelle, il existerait une relation entre la décentralisation de la
décision de crédit et la performance des IMF. Ceci nous amène également à considérer la
décentralisation de la décision d’octroi de crédit comme un facteur explicatif de l’efficacité
des IMF et appréhender par la suite la responsabilité de la clientèle et la proximité
géographique des IMF. 48
A. L’architecture organisationnelle, influence positive de la performance
financière des IMF
La structure organisationnelle est de type hiérarchique. La fonction d’allocation de ressources
est séparée de celle d’expertise ou de collecte de l’information. Le modèle de financement est
alors transactionnel. Le microcrédit n’est plus une expérimentation, mais se révèle être l’un
des instruments de développement les plus efficaces (Van Maanen, 2005). À travers une offre
de services financiers spécifiques et adaptés, les institutions de microfinance (IMF par la
suite) permettent d’inclure financièrement des populations et des entreprises de petite et très
petite taille qui, pour des raisons économiques, sont exclues des services bancaires
classiques. Nous présenterons successivement la participation au comité de crédit et
l’intégration organisationnelle.
1) La participation au comité de crédit et performance financière
Dans la microfinance, certaines institutions, plus précisément les coopératives indépendantes
rurales et les ONG, sont caractérisées par une proximité avec leurs cibles composées de TPE
et d’Activités Génératrices de Revenus (AGR) (Van Maanen, 2005). Celles-ci produisent une
information hard peu fiable. L’absence de documents financiers ou encore l’existence des
états financiers non audités et non certifiés conduit les coopératives et les ONG à privilégier
l’approche relationnelle de crédit. En raison de la proximité géographique entre l’IMF et sa
cible, de l’appartenance aux mêmes réseaux sociaux, aux mêmes tontines, à la même
communauté que les promoteurs et les salariés des entreprises clientes, l’agent de crédit
dispose d'un meilleur accès aux informations soft, et est à même de mieux les intégrer dans la
prise de décision d’octroi de crédit. Lorsque l’agent de crédit n’est pas décisionnaire, sa
participation au comité de crédit semble déterminante pour la prise en compte de
l’information soft dans la décision rendue par cet organe.
2) L’intégration organisationnelle et la performance financière
D’après Berger et al. (2001), Stein (2002) et Berger et al. (2005), les organisations complexes
tendent à opter pour une architecture organisationnelle de type hiérarchique. Ils montrent que
la mise en place des stratégies d’alliances et de partenariat interbancaires conduit
inéluctablement à la diminution de l’offre de crédit aux petites entreprises. La littérature sur
la théorie des organisations coopératives (Fischer, 2000 ; Desrochers et Fischer ; 2005)
montre que l’intégration à travers les réseaux (les alliances) est une forme organisationnelle
d’exercice de l’activité de microfinance dans le monde. L’intégration repose 49 sur des
relations latérales entre des coopératives financières. Celles-ci constituent un ensemble
d’organisations assez homogènes en termes d’objectifs généraux (intermédiation) et
s’organisent sous la forme de réseau afin de maîtriser l’incertitude, d’exploiter les économies
d’échelles dans la mobilisation des ressources nécessaires et d’être performantes dans leur
activité d’intermédiation. Les caisses locales, échelon de base des réseaux mutualistes et
coopératifs, constituent des unions. Celles-ci adhèrent à des fédérations, pouvant elle-même
adhérer à des confédérations (Lhériau, 2009). D’après Fischer (2000), Desrochers et Fischer
(2005) et Cuevas et Fischer (2006), le degré d’intégration de ces organisations affecte leur
architecture organisationnelle. Lorsque le niveau d’intégration est élevé (cas des réseaux
stratégiques), il s’ensuit, pour la caisse locale, une perte d’autonomie décisionnelle en matière
de crédit, et pour la fédération, une démultiplication des niveaux hiérarchiques. Il en résulte
une structure organisationnelle de type hiérarchique. D’après Berger et Udell (2002), les IMF
qui font le choix d’une structure décisionnelle de ce type seraient moins performantes dans
l’octroi de crédit aux très petites entreprises. Lorsque le degré d’intégration est faible (cas des
réseaux atomisés), les décisions d’octroi de crédit sont prises à l’échelle de la caisse locale.
Le processus décisionnel est par conséquent décentralisé.
B. La responsabilité clientèle et la proximité géographique
La microfinance est un moyen de lutte contre la pauvreté dans les pays en développement, à
travers le financement des activités génératrices de revenus pour les ménages pauvres.
Cependant, la meilleure manière d'aider les pauvres à avoir accès aux services financiers
oppose l’approche des welfarists à celle des institutionalists. Bien qu’elles partagent l’objectif
de réduction de la pauvreté, ces deux approches placent la microfinance à la croisée des
chemins. 1) Information et choix d’une structure organisationnelle D’après le model de Stein
(2002) et Berger et Udell (2002), l’architecture organisationnelle des organisations bancaires
influence l’allocation de capital. Il montre que le choix de l’architecture organisationnelle et
le model de financement qui en découle sont déterminés principalement par la nature de
l’information collectée. Lorsque l’information est hard, c’est à dire objective, quantitative et
publique, la structure organisationnelle est du type hiérarchique. Lorsque l’information est
soft, c’est-à-dire qualitative subjective privé et difficilement transmissible par les canaux
conventionnels sauf à induire une agence selon 50 Stein (2002), l’activités décisionnelle est
alors alloué au chargé d’affaires. Ce dernier est supposé détenir un meilleur accès à
l’information.
3) La proximité géographique et l’efficacité des IMF
La distance géographique est déterminante dans le choix d’une architecture
organisationnelle. Plus la distance géographique entre l’organisation prêteuse et son client est
grande, plus l’organisation prêteuse opte pour une architecture organisationnelle
hiérarchique. D’après Berger et al. (2005), les banques de petite taille sont plus proches
géographiquement des entreprises présentant un risque élevé d’asymétrie d’information que
les banques de grande taille. Dans leur grande majorité, les états financiers des cibles des
banques de petite taille ne sont pas audités et les comptes ne sont pas certifiés (Berger et al.,
2005). Les insuffisances qualitatives de ces informations objectives ou hard rendent difficile
l’évaluation du risque de contrepartie. A contrario, la proximité géographique entre les cibles
et l’organisation prêteuse rend possible la collecte d’informations qualitatives, non
mesurables et de très haute qualité (Berger et Udell, 1995), à partir desquelles le chargé de
crédit évalue le risque de contrepartie et prend la décision de crédit. Pour Brickley et al.
(2003), cette proximité géographique entre les banques de petite taille et les PME en zones
rurales incitent les banques à déléguer la décision d’octroi de crédit au chargé d’affaires. Cela
nous conduit à formuler l’hypothèse suivante :
H3 : La décentralisation de la décision d’octroi de crédit influence positivement la
performance financière de l’IMF.

En somme, il était question pour nous dans cette section de montrer l’impact du contrat de
crédit, du contrat de crédit du groupe et de la décentralisation décisionnelle sur le niveau de la
performance financière des IMF. Pour ce faire, nous avons considéré le crédit de groupe et la
décentralisation décisionnelle, pour expliquer la performance financière des IMF. Tout au
long cette analyse, nous avons pu formuler deux hypothèses. La première hypothèse liant
positivement le contrat de crédit de groupe à la performance financière et la seconde
montrant aussi une relation positive entre la décentralisation décisionnelle d’octroi du crédit
et la performance financière des IMF. En définitive, ce chapitre avait pour objectif de
montrer de façon théorique la relation existante entre la gestion du risque de crédit et la
performance financière des IMF. A cet effet, trois éléments de cette gestion du risque de
crédit ont été retenus, notamment la supervision du dossier de crédit par un organisme de
réglementation, le contrat de crédit de groupe, la décentralisation décisionnelle d’octroi du
crédit. Ces éléments de la gestion du risque de crédit nous ont permis de formuler un certain
nombre d’hypothèses qui seront testées à l’épreuve des faits dans la phase empirique
suivante. Ainsi, cette formulation des hypothèses fait ressort le modèle conceptuel de
recherche suivant :

La supervision du dossier de crédit


par l’organe de la règlementation H1+

H2+ La performance
Le contrat de crédit de groupe financière des IMF
H3+

La décentralisation décisionnelle
d’octroi du crédit

Figure 2 : Modèle conceptuel de la recherche

De manière générale, l’analyse de la gestion du risque de crédit et la performance financière


des IMF s’est soldée par la formulation de trois principales hypothèses ci-dessous qui seront
testées à la deuxième partie.

DEUXIEME PARTIE : L’ANALYSE EPISTEMIQUE DES EFFETS DE LA GESTION DU


RISQUE DE CREDIT SUR LA PERFORMANCE FINANCIERE DES IMF

La première partie de ce travail de recherche nous a permis, à travers ses deux chapitres, de
mieux cerner l’ensemble de nos concepts que sont la gestion du risque de crédit et la
performance financière des IMF. Ainsi, elle a permis de mettre en avant les relations entre les
différents concepts de l’étude. Une fois les hypothèses émises, il ne reste plus qu’à effectuer
une confrontation avec les données empiriques. Ceci est donc l’objectif central de cette
seconde partie.

Concrètement, elle consistera à confronter la théorie à la réalité empirique pour notre


échantillon. Ainsi, la présentation de notre échantillon d’étude, la description de cet
échantillon et le traitement des informations collectées sur le terrain sont là les points
essentiels de cette deuxième partie. Dans cette partie il sera question d’une part, de présenter
la démarche méthodologique inhérente au déroulement et à la réalisation de cette recherche
(chapitre 3), et d’autre part, de mettre en évidence les relations entre les variables de l’étude
(chapitre 4).
Cette mise en relation des variables nous permettra de valider ou d’invalider nos hypothèses
de recherche formulées à priori.

CHAPITRE IIII ; APPROCHE METHODOLOGIQUE DE RESOLUSITION DU


PROBLEME

Afin de donner une cohérence à notre recherche, il est nécessaire de combiner


harmonieusement entre l’étude des aspects théoriques et les investigations pratiques
observées sur le terrain. Pour ce faire, une approche méthodologique mérite d’être adoptée.
En effet, selon Aissa21 (2001), « Une méthodologie de recherche prend naissance à partir
d’un problème à résoudre ou à partir d’un mythe de compréhension et d’action. Trois
dimensions sont importantes lors de la conduite de la recherche : le statut philosophique du
chercheur, l’objectif de la recherche et l’aspect technique du déroulement de la recherche ».
D’une manière générale, l’objectif de notre recherche était « d’analyser l’influence de la
gestion du risque de crédit sur la performance financière des IMF Camerounaise ». Pour y
parvenir, ce chapitre présentera l’aspect technique du déroulement de cette recherche.
Concrètement, il s’agira dans ce présent chapitre de s’attarder dans un premier temps, sur la
démarche d’investigation et dans un second temps, sur les outils d’analyse statistique et les
caractéristiques des entreprises de l’échantillon.
SECTION I : LA DEMARCHE D’INVESTIGATION
Le travail de recherche est un projet de construction qui nécessite une démarche appropriée
pour être solide. Ce projet ne serait achevé sans avoir au préalable adopter un choix
méthodologique. Pour cela, cette section se fixe comme objectif, dans un premier temps,
d’opérer un choix méthodologique et, dans un deuxième temps, de présenter les différentes
échelles de mesure qui ont servi à l’opérationnalisation des variables dans cette recherche.

I. CHOIX METHODOLOGIQUE
Le but de tout travail de recherche, et quelle que soit son ampleur (mémoire ou thèse), a pour
vocation première de développer des « concepts explicatifs » qui facilitent la compréhension
des processus sociaux que l’on se propose d’analyser, d’où sa visée
21 Aissa B. H (2001), Quelle méthodologie de recherche appropriée pour une construction de
la recherche en gestion ?, Papier présenté à la « conférence de l’association internationale de
management stratégique ». pp. 5 cité par Rahj (2016). explicative et sa recherche de sens
(Jones, 1996). Par conséquent, le choix pertinent d’une méthode fait partie intégrante d’une «
stratégie » de recherche, celle-ci devant obligatoirement « s’ajuster » à la question posée et
aux hypothèses formulées (Uzunidis, 2007).
Etant inscrit dans une recherche de terrain, on a été confronté à un arbitrage fondamental
entre les deux méthodes scientifiques universelles d’approche des problématiques de
recherche : la méthode déductive et la méthode inductive. Cette dernière s’impose lorsque le
sujet est nouveau et que la littérature est absente. Le choix de l’approche à préconiser dépend
de l’état d’avancement des connaissances théoriques et des concepts relatifs au phénomène à
étudier, mais aussi et surtout du type d’objectifs assignés à la recherche (Tsapi, 1997).
L’objectif de notre recherche étant d’expliquer après l’avoir décrit le niveau d’endettement
bancaire des PME, le domaine de notre recherche étant loin d’être en stade exploratoire, nous
avons été conduits à privilégier l’approche hypothético-déductive.
A. Démarche hypothético-déductive
La démarche hypothético-déductive consiste, à partir de la littérature existante, de formuler
les hypothèses qui seront testées à l’épreuve des faits. Elle part de l’hypothèse pour
l’appliquer à un cas d’observations. Le chercheur pose a priori l’hypothèse d’une relation
entre différentes variables, et l’applique ensuite à l’étude d’un certain nombre d’observations.
1) Justification du choix de la démarche
La première justification du choix de notre démarche est qu’il y a une abondante littérature
sur notre thème. Une revue de la littérature existe sur notre thème. Cette revue nous a permis
de formuler trois hypothèses lesquelles seront par la suite testées à l’épreuve des faits. La
deuxième justification vient du fait que notre recherche est du type explicatif au vu de
l’objectif de notre recherche qui est d’analyser l’influence de la gestion du risque de crédit
sur la performance financière des IMF Camerounaise.
2) La typologie d’investigation
Il s’agit de définir la nature même de notre travail de recherche. Au fait, le choix du type
d’investigation dépend non seulement de l’objectif du chercheur mais aussi et surtout du sujet
de la recherche et la manière dont les hypothèses sont formulées. La présente recherche
relève du type explicatif, étant donné qu’il est question d’expliquer un ensemble de
phénomènes par un autre (Thiétart et al., 2014). En effet, notre recherche a pour ambition de
faire ressortir une relation de cause à effet entre les différentes variables.
La démarche de la recherche étant bien circonscrite, l’urgence serait de sélectionner
l’échantillon sur lequel porte l’étude et le mode de recueil des données.

B. Echantillonnage et outil de collecte des données


Tout travail de recherche se porte sur des individus bien précis constituant l’échantillon. Sur
cet échantillon les données seront collectées à l’aide d’un instrument de recueil des données
choisi selon le chercheur et l’objectif qu’il assigne à son travail de recherche. Ainsi, nous
présenterons successivement la façon dont nous avons sélectionné notre échantillon et
l’instrument de collecte de données que nous avons utilisé à cet effet.
1) Sélection de l’échantillon
Nous ne pouvons pas parler de l’échantillon sans en commencer par la population d’étude.
Dans cette perspective, la population est un ensemble d’individus faisant l’objet d’une étude.
Concrètement, elle constitue l’ensemble des individus que l’on souhaite interroger (Aktouf,
1987). La définition de la population d’étude ou univers d’étude est un préalable pour mener
une recherche scientifique. Elle doit refléter dans sa composition toute la diversité de la
population étudiée (Thiétart et al., 2014). Notre étude porte sur l'analyse des variables
individuelles et organisationnelles. Il est donc judicieux de circonscrire avec le plus de
précision possible la population dans laquelle nous avons pris notre échantillon. L'univers ou
la population de cette étude est constitué par l'ensemble des IMF, dirigé par un gestionnaire
de crédit. Notre étude revêt donc d'une part, un caractère descriptif dans la mesure où elle
cherche à décrire la gestion du risque de crédit et d'autre part, un caractère explicatif dans la
mesure où elle se veut d’analyser l'existence de relations entre la gestion du risque de crédit
et la performance financière des IMF. En ce qui concerne leur localisation, nous nous
sommes intéressés aux IMF de la ville de Maroua, Douala et Ngaoundéré. Le choix de ces
villes est justifiable. Au fait, on a retenu la ville de Maroua, Douala et Ngaoundéré du fait de
la concentration des institutions bancaires à leur sein et la diversité ethnique qui reflète la
caricature ethnologique du pays. A partir de la population des IMF octroyant du crédit
bancaire, nous avons alors constituée un échantillon d’étude.
La constitution de l’échantillon est un exercice délicat et intéressant à la fois. Il est délicat du
fait qu’il nécessite une méthode appropriée. Cet exercice est intéressant du fait qu’il permet la
réduction des coûts de recensement, la réduction du temps ainsi que l’économie d’énergies du
chercheur. C’est la raison pour laquelle deux grandes méthodes ont été pendant longtemps
préconisées par les chercheurs pour la constitution de l’échantillon d’étude. Il s’agit des
méthodes probabilistes et des méthodes non probabilistes. Pour les premières, chaque
individu constituant la population mère a une probabilité connue d’avance d’appartenir à
l’échantillon. Elles permettent d’obtenir un échantillon représentatif de la population mère.
En ce qui concerne les méthodes non probabilistes, aucune base n’est nécessaire pour la
constitution de l’échantillon.
Il ne suffit pas de faire un exposé des méthodes d’échantillonnage, mais il s’agit de dire
laquelle est utilisée dans le cadre de cette étude. A cet effet, nous avons utilisé les méthodes
non probabilistes pour constituer un échantillon de convenance en raison du fait qu’il est
utilisé dans des nombreuses études (Thiétart et al., 2014). Les échantillons de convenance
sont composés de répondants sélectionnés en fonction des seules opportunités qui se sont
présentés au chercheur, sans qu’aucun critère de choix ne soit défini au préalable.
Notre population d’étude étant circonscrite et la sélection de notre échantillon d’étude bien
définie, il est judicieux de présenter l’instrument de collecte des données.

2) Instrument de collecte des données : le questionnaire


Dans le cadre de cette étude, c'est le questionnaire auto-administré qui a été notre instrument
de mesure privilégié. Notre population étant déjà fortement réduite, la possibilité d'envoyer le
questionnaire par la poste a été écartée compte tenu du faible taux de réponse habituellement
fréquent dans notre environnement. Nous avons préféré remettre personnellement le
questionnaire aux dirigeants pour pouvoir éclaircir avec eux certains éléments qui pouvaient
leur sembler obscurs, mais aussi et surtout pour les rassurer quant à l'usage de l'information
demandée. Il faut signaler ici, la très grande susceptibilité des Camerounais quand il s'agit de
recueillir des informations sur leur profil externe.
L'entrevue s'est opérée sur base d'un questionnaire comportant 3 parties principales qui sont
les suivantes :
- La première partie concerne les caractéristiques de l’octroi du crédit afin de filtrer d’entrée
de jeu les entreprises faisant l’objet d’étude c’est-à-dire les IMF ;
- La deuxième partie concerne les déterminants de la gestion du risque de crédit et la
performance financière des IMF ; mais aussi de pouvoir toucher le cœur de notre étude ;
- En fin, la quatrième partie s’attarde sur le poste occupé par le répondant. Cette structure du
questionnaire peut être résumée dans le tableau ci- après

Tableau 2: Objectifs du questionnaire

Variables observées Questions répondants


Caractéristiques d’octroi du crédit Q1, Q2, Q3, Q4, Q5, Q6, Q7, Q8
Déterminants de la gestion du risque de Q9, Q10, Q11, Q12, Q13, Q14, Q15
crédit et performance financière des IMF
Caractéristiques du répondant Q16, Q17, Q18, Q19
Source : par nos soins.

Notre recours à l’enquête auto administrée se justifie par sa capacité à offrir la possibilité au
répondant de prendre tout le temps qu’il juge nécessaire pour lire le questionnaire, le
comprendre et le remplir posément. A cet effet, les répondants nous donnent des rendez-vous
allant de trois jours à deux semaines. L’attend de deux semaines se justifie par le fait que
certains gestionnaires avaient voyagé. Au fait, notre questionnaire est susceptible d’être
rempli soit par le gestionnaire du crédit en question.

Tableau 3: Récapitulatif des questionnaires administrés


Questionnaires Effectifs Pourcentages Pourcentages
cumulés
Questionnaires non- 8 13,33% 13,33%
exploitables
Questionnaires 43 71,67% 85%
exploitables
Questionnaires non 9 15% 100%
retournées
Total 60 100%
Source : Nous-mêmes

L’observation de ce tableau permet de comprendre que sur les 60 questionnaires administrés,


43 sont exploitables (71,67 %), 8 sont non exploitables (13,33 %) et 9 sont non retournés
(15%). Les questionnaires non exploitables sont ceux dont les répondants n’ont pas coché les
questions qui sont au cœur de cette étude. Cette dernière s’intéresse aux seules PME ayant
recours à l’endettement bancaire. Tout questionnaire rempli par le dirigeant d’une PME
n’ayant pas recours à l’endettement bancaire est jugé non exploitable. Ces questionnaires sont
administrés les villes suivantes : Maroua, Ngaoundéré et Douala.
Le tableau ci-dessous donne la répartition des questionnaires dans chacune de trois villes :
Tableau 4: Présentation du nombre de questionnaires dans chaque ville
Villes Questionnaires administrées Questionnaires exploitables
Ngaoundéré 10 (16,67%) 7 (16,28%)
Maroua 12 (20%) 9 (20,93%)
Douala 38 (63,33%) 27 (62,79%)
Total 60 43
Source : Nos analyses

Il ressort de ce tableau que la majorité de nos questionnaires ont été administrés dans la ville
de Douala dont 38 (63, 33%) ont été administrés parmi lesquels 27 sont exploitables
(62,79%). Vient en deuxième position la ville de Maroua avec 12 questionnaires administrés
(20%) dont 9 sont exploitables (20,93 %). La ville de Ngaoundéré vient en dernière position
où 8 questionnaires ont été administrés (16,67 %) parmi lesquels 7 sont exploitables (16,28
%).
Toutefois, le recueil de ces données n’a pas été facile pour nous. A cet effet, tout au long de
cet exercice, nous avons été confrontés à des nombreuses difficultés. C’est ainsi par exemple
dans la ville de Douala et Maroua où il fallait payer le taxi pour se déplacer d’un lieu à un
autre du fait de notre méconnaissance des sièges des IMF. A cette difficulté financière
s’ajoute celle due aux pluies intempestives. Quant à la ville de Ngaoundéré, la seule difficulté
résulte de la réticence des certains gestionnaires à remplir le questionnaire quand bien même
nous avons en nous la lettre de recommandation. Certains d’entre eux nous considèrent
comme des espions ou des agents d’impôts. En dépit de ces difficultés nous avons pu obtenir
43 questionnaires dûment remplis et exploitables.

II.MESURES DES VARIABLES D’ANALYSE


La mesure des variables est l’une des étapes les plus importantes du processus de recherche,
étant donné que l’enjeu est de construire des mesures fiables et valides (Thiétart et al., 2014).
Mesurer une variable consiste donc, à définir des indicateurs ou items de mesure et choisir les
différentes modalités d’un attribut dans la réalité étudiée, lesquelles permettent d’évaluer
l’indicateur. En ce qui concerne les échelles d’évaluation, la littérature issue des recherches
en marketing et en stratégie distingue quatre types à savoir : les échelles de proportion ou de
ratio, les échelles d’intervalle, les échelles ordinales et les échelles nominales. Les variables
impliquées dans nos hypothèses de recherche ont été mesurées tant 59 par les échelles
métriques (intervalle et proportion) que par les échelles nominales. A cet effet, nous
présenterons successivement les échelles de la gestion du risque de crédit et de la
performance financière des IMF.
A. Items de mesure de la gestion du risque de crédit
Dans le cadre de cette recherche, nous avons considéré trois variables de la gestion du risque
de crédit, notamment la supervision par un organisme de règlementation, le contrat de crédit
de groupe et la décentralisation décisionnelle d’octroi du crédit. Le premier et le deuxième
sont mesurés grâce à l’échelle de mesure de type nominal. Quant au troisième, il a été mesuré
grâce aux échelles de type Likert à 5 points.
1) Mesure de la gestion du risque avec un organisme de règlementation
Ce concept est mesuré par l’échelle du type nominale. Ces derniers sont consignés dans le
tableau ci-dessous :
Tableau 5 : Items de mesure de la gestion du risque de crédit avec l’organe de règlementation
Items Nature de l’échelle
Le dossier de crédit est-il supervisé par Echelle nominale
l’organe de réglementation ?
Votre institution collecte-t-elle des dépôts Echelle nominale
pour, par, après, octroyer des crédits ?
Source : Nos analyses

2) Mesure de gestion de risque avec le contrat de crédit de groupe


Il est mesuré par l’échelle nominale suivante :
Tableau 6: Items de mesure de la gestion du risque de crédit avec contrat de groupe
Items Nature de l’echelle
Emprunteur unique Echelle nominale Echelle nominale
Groupe d’emprunteur
Emprunteur unique et groupe Echelle nominale
Avant d’octroyer le crédit, vérifiez-vous Echelle nominale
l’existence des liens sociaux entre les
cosignataires de crédit ?
En cas d’octroi de crédit à un groupe Echelle nominale
d’emprunteurs, la garantie est- elle solidaire
entre les membres ?
En cas d’octroi de crédit à un groupe Echelle nominale
d’emprunteurs, la garantie est- elle solidaire
entre les membres ?
Source : Adapté de : Tchakoute H. (2012)
La lecture de ce tableau nous permet de comprendre que le concept de gestion du risque de
crédit est mesuré par les items de nature nominale adaptés des travaux.

3) Mesure de la gestion du risque avec la décentralisation décisionnelle


Ce concept est mesuré par un groupe de 6 items. Ces derniers sont consignés dans le tableau
ci-dessous :
Tableau 7: Items de mesure de la gestion du risque de crédit avec la décentralisation
décisionnelle
Items Nature de l’échelle
La décision d’octroi de crédit aux PME est Echelle de Likert (1 : pas du tout
prise au niveau de la direction générale d’accord….5 : tout à fait d’accord)
Il y a un montant plafond de crédits géré au Echelle de Likert (1 : pas du tout
niveau de chacun de nos agences d’accord….5 : tout à fait d’accord)
Les personnes chargées de collecter les Echelle de Likert (1 : pas du tout
informations sur les clients participent aussi d’accord….5 : tout à fait d’accord)
a la décision d’octroi de crédit
Les personnes qui prennent la décision Echelle de Likert (1 : pas du tout
d’octroi de crédit sont les mêmes qui d’accord….5 : tout à fait d’accord)
assurent le suivi des clients
Nous avons des agences un peu partout dans Echelle de Likert (1 : pas du tout
le pays, chargées d’octroyer des crédits d’accord….5 : tout à fait d’accord)
Notre activité d’octroi de crédit s’étend Echelle de Likert (1 : pas du tout
jusqu’à l’international d’accord….5 : tout à fait d’accord)
Source : Adapté de hartarska (2005) et Nadolnyak (2007)

Ce tableau nous montre que le concept de la gestion du risque de crédit avec la


décentralisation décisionnelle est mesuré par 6 items. Il est mesuré à l’aide d’une échelle de
mesure de type Likert à 5 points allant de « pas du tout d’accord » ayant pour score 1 à « tout
à fait d’accord » ayant pour score 5. Pour le mesurer nous nous sommes inspirés des travaux
(Hartarska, 2005 ; Cull et al., 2007 ; Hartarska et Nadolnyak, 2007). Pour ces auteurs, la
décentralisation seraient d’autant plus efficaces socialement qu’ils faciliteraient l’accès au
crédit à un plus grand nombre.

B. Echelle de mesure de la performance financière des IMF


L’analyse de la performance financière a, pendant longtemps, intéressé des nombreux
chercheurs en science de gestion. Différents indicateurs de mesure ont été utilisé par ces 61
derniers pour mesurer la performance financière. Il s’agira ici pour nous dans un premier
temps de présenter les items de mesure de la performance selon la littérature et, dans un
deuxième temps préciser ceux qui ont été retenus dans le cadre de notre recherche.
1) Littérature sur les items de mesure de la performance financière
Pour mesurer la performance financière des nombreux items existe dans la littérature.
Cependant, il faut noter que la plupart de ces items sont utilisés pour mesurer la performance
financière en mettant en évidence les déterminants de cette performance financière des IMF.
Nous présenterons ici quelques-uns de ces items de mesure de la performance financière des
IMF selon la littérature. Pour cela, nous nous sommes alors décidés de concevoir un tableau
récapitulant les différents items de mesure de la performance financière et les auteurs de ces
travaux. Ainsi, le tableau suivant en donne le récapitulatif :
Tableau 8 : Auteurs et items de la performance financière des IMF
Auteurs Items de mesure
Hbert Tchakoute (2012) Gestion des risques et performance
financière des microfinance
Hbert Tchakoute (2011) Contrat de crédit, décentralisation
décisionnelle et performance des institutions
de microfinance
Lahcen El Kharti (2010) Déterminants de la performance financière
des institutions de microfinance (IMF) au
Maroc : une analyse empirique
Source : Nous-mêmes
Vus la multitude des items existants dans la littérature pour la mesure du niveau
d’endettement, dans notre travail, nous en avons retenu 3 de ces items.
2) Mesure de la performance financière
Dans le cadre de ce travail, nous avons retenu trois items pour mesurer la performance
financière des IMF. Le tableau suivant en fait un récapitulatif :
Tableau 9: Items de mesure de la performance financière
Items Nature de l’echelle
La capacité de votre institution à utiliser ses Echelle de Likert (1 : très faible…..5 : très
actifs pour générer un rendement : (Résultat élevé)
net d’exploitation/Actif total)
La capacité de votre institution à couvrir ses Echelle de Likert (1 : très faible…..5 : très
coûts par ses produits d’exploitation : élevé)
Produits financiers/ (Charges financières +
Dotations aux provisions sur créances
douteuses + Charges d’exploitation)
Le rendement des capitaux propres : Echelle de Likert (1 : très faible…..5 : très
(Résultat Net de l’exercice/ Capitaux élevé)
propres)
Source : Nous-mêmes
La lecture de ce tableau laisse comprendre que la performance financière des IMF sera
mesuré par un groupe de 3 items grâce à l’échelle de mesure du type Likert à 5 points allant
de « très faible à très élevé ». La modalité très faible a pour score de 1 et celle de très élevé a
pour score 5.
En somme, il était question dans cette section de présenter notre démarche pour mener à bien
cette recherche. Cet objectif est atteint grâce, d’une part, à la présentation du choix
méthodologique et, d’autre part, à la présentation des items de mesure des variables
impliquées dans nos différentes hypothèses de recherche. Le choix méthodologique a permis
de considérer la démarche hypothético-déductive laquelle consiste, à partir des observations
des faits, de formuler des hypothèses qui seront testées à l’épreuve des faits. A côté de cela,
nous avons choisi le questionnaire comme outil de collecte des données et la méthode de
convenance pour la sélection de l’échantillon. Ensuite, nous avons poursuivi notre analyse
avec les items de mesure des concepts impliqués dans nos différentes hypothèses de
recherche. La variable dépendante (gestion du risque de crédit) est mesurée par un groupe de
3 items de nature différentes. Les 2 premier (la supervision par un organisme de
réglementation et le contrat de crédit de groupe) items est mesuré par l’échelle nominale, le
dernier groupe items est mesuré par un groupe de 6 items d’échelle de Likert a 5 points.
Quant aux variables indépendantes (la performance financière), elles sont mesurées par des
échelles Likert à 5 points. La démarche d’investigation étant bien cernée, il est légitime de se
pencher sur les outils d’analyses statistiques appropriés pour tester les 3 hypothèses de
recherche formulées et d’en présenter les caractéristiques des IMF de notre échantillon.

SECTION II : LES OUTILS D’ANALYSE STATISTIQUE ET CARACTERISTIQUES


DES IMF DE L’ECHANTILLON

L’atteinte des résultats pertinents dans une recherche est un combat qui doit être mené avec
des armes sophistiquées. Ces armes sont des outils d’analyses statistiques. Le choix de ces
outils dépend de la nature des variables que l’on désire associer. Ces outils permettent aussi
de faire une répartition des IMF faisant l’objet d’étude selon leurs caractéristiques. A cet
effet, cette section a pour objectif de présenter d’une part, les outils d’analyses statistiques
utilisés dans le cadre de ce travail et d’autre part, les caractéristiques des IMF étudiée.
I. PRESENTATION DES OUTILS D’ANALYSE STATISTIQUE
Des nombreux outils statistiques existent pour analyser les données. Cependant, tous ne sont
pas appropriés pour notre recherche. Rappelons que leur choix dépend de la nature des
variables impliquées dans les hypothèses formulées. Ainsi, nous présentons ici les seuls outils
statistiques nécessaires pour tester nos hypothèses de recherche. A cet effet, nous
présenterons successivement le tri à plat, la méthode des scores et la méthode de régression
linéaire.
A. Tri à plat et la méthode des scores
Avant de procéder à l’analyse des données proprement dite, des vérifications sont nécessaires
au préalable. Ainsi, le tri à plat et la méthode des scores sont alors nécessaires.

1) Tri à plat
Le tri à plat permet de faire ressortir la distribution des répondants pour chaque variable en
indiquant la fréquence de chaque modalité de réponse. Il permet de vérifier, au préalable, si
toutes les variables ont été entrées dans la feuille SPSS sans erreur. Le tri à plat classifie les
individus de chaque groupe en fonction des modalités définies à l’avance. Toutefois, le tri ne
donne que le tableau de fréquence de chaque modalité de réponse. A côté de ce tri à plat, se
trouve le tri croisé. Ce dernier est une méthode d’analyse bi variée qui permet d’explorer les
relations entre variables prises deux à deux (Evard et al., 2003). C’est une étude descriptive
des relations existantes entre deux variables. Il consiste en un croisement entre deux
modalités ou deux variables permettant d’aboutir à un tableau de contingence. Après la
vérification des données de la fidélité des données entrées, le chercheur peut commencer par
vérifier la fiabilité de ses échelles de mesure au travers de la méthode des scores.
2) La méthode des scores
Selon le langage courant, le terme score peut signifier « classement », « résultat », « marque »
etc. en statistique, c’est l’idée de classement qui est surtout retenus. Ainsi, il s’agit bien d’une
méthode de classement statistique des données issues d’un échantillon d’individus. D’autre
part des facteurs derrière l’appartenance d’un individu à tel ou tel autre groupe reste en partie
inconnu. En revange, le terme classement désigne toute méthode d’affectation des individus
d’une population dans des groupes définis à priori. Toutefois, qu’une analyse de cohérence
interne qui ne tient pas compte de l’existence de plusieurs catégories d’items peut donner lieu
à des erreurs de mesure plus grandes que ne l’aurait fait une analyse plus spécifique
(Cronbach et Shavelson, 2004). Déplus, rencontrer des valeurs du coefficient alpha
supérieures à 0,9 peut constituer une redondance dans la constitution de l’échelle.

B. Test de contingence du Khi-deux


Le test de Chi-deux est utilisé pour tester l'hypothèse nulle d'absence de relation entre deux
variables catégorielles. On peut également dire que ce test vérifie l'hypothèse d'indépendance
de ces variables. Si deux variables dépendent l’une de l’autre, elles partagent quelque chose,
la variation de l'une influence la variation de l’autre. Comme nous allons travailler avec des
variables catégorielles, nous n’allons pas nous servir de la moyenne ou de la variance comme
référence. Par conséquent, nous allons plutôt travailler avec les fréquences obtenues dans
chaque cellule du tableau croisé. L’hypothèse nulle est la même que dans les autres tests :
l’absence de relation, mais cette fois-ci entre deux variables nominales.
Nous pouvons aussi dire que les deux variables sont indépendantes. L'hypothèse alternative
est donc qu'il existe une relation entre les variables ou que les deux variables sont
dépendantes. Dans le cas de tableau croisé où l’on travaille avec des occurrences, nous allons
calculer la statistique Chi-deux et comparer sa valeur à l’aide de la distribution Chi-deux dans
le but de déterminer dans quelle mesure cette valeur est « inhabituelle » si l’hypothèse nulle
est vraie.
II. ANALYSE DESCRIPTIVE DE L’ECHANTILLON
Cette analyse consiste, à partir des résultats obtenus du tri à plat, de faire ressortir les
caractéristiques des entreprises constituant l’échantillon et celles des répondants. Ainsi,
seront présentées successivement les caractéristiques des entreprises constituants
l’échantillon et celles des répondants.

A. Caractéristiques de l’IMF
Il s’agit ici de faire une classification des IMF ayant fait l’objet de l’octroi du crédit et selon
un certain nombre des critères. Ces critères sont entre autres : la forme juridique, l’habitude
du traitement des dossiers du crédit, formation sur l’évaluation des dossiers de crédit,
bénéficier d’une promotion pour devenir gestionnaire de crédit, crédit sans risque et
l’expérience des emprunteurs.
1) L’habitude du traitement des dossiers du crédit
Selon l’habitude du traitement des dossiers du crédit est donnée par le tableau suivant :
Tableau 10: Répartition des IMF selon leur habitude du traitement des dossiers du crédit
Effectifs Pourcentage Pourcentage Pourcentage
valide cumulé
Non 21 48,8 48,8 48,8
VALIDE 22 51,2 51,2 100,0
Oui
Total 43 100,0 100,0
Source : Nos analyses

Il ressort de cette analyse que représentent 51,2 % des IMF de l’échantillon ont une habitude
dans traitement des dossiers. Viennent ensuite les IMF, soit 48,8% ayant une faible habitude
dans le traitement des dossiers du crédit de l’échantillon. Ce résultat montre que les IMF
n’ont pas tous une même capacité dans le traitement des dossiers de crédit. C’est ce qui
incombe le principe de la responsabilité limitée qu’elle incarne, mais aussi du fait de la
connaissance mutuelle des différents propriétaires.

2) Bénéficier d’une promotion pour devenir gestionnaire de crédit


Le tableau ci-dessous fait état des PME selon leur effectif permanent employé.
Tableau 11 : Bénéficier d'une promotion pour devenir gestionnaire de crédit
Effectifs Pourcentage Pourcentage Pourcentage
valide cumulé
Non 8 18,6 18,6 18,6
Valide Oui 35 81,4 81,4 100,0
Total 43 100,0 100,0
Source : Nos analyses

Il ressort de cette analyse que les IMF bénéficiant d’une promotion pour devenir gestionnaire
de crédit représentent 81,4 % de l’échantillon. Viennent ensuite les IMF, soit 18,6 % de
l’échantillon dont la formation est externe aux IMF. Ce qui explique une très bonne
compétitivité des IMF sur le système financier.

3) Perception du risque de crédit


La répartition des IMF selon le crédit sans risque est expliqué dans le tableau suivant :
Tableau 12: Perception du risque de crédit
Effectifs Pourcentage Pourcentage Pourcentage
valide cumulé
Non 33 76,7 76,7 76,7
Valide Oui 10 23,3 23,3 100,0
Total 43 100,0 100,0
Source : Nos analyses

Il ressort de cette analyse que les IMF qui perçoivent le crédit comme moins risqué
représentent 76,7 % de l’échantillon. Viennent ensuite celles qui perçoivent le crédit octroyé
comme plus risqué soit 23,3 % de l’échantillon dont le risque est grand. Ce qui explique une
très forte existence de crédit risqué que de crédit sans risque.

B. Caractéristiques du gestionnaire de crédit de l’échantillon


Le gestionnaire fait partie des répondants à la seule différence que l’étude porte sur ses
caractéristiques. Notre questionnaire s’est adressé aux gestionnaires du crédit, aux chefs
d’agences et/ou aux directeur généraux. Ceci en raison du fait que ces acteurs participent à la
prise de décision dans l’octroi du crédit. Une fois arrivés au sein de l’IMF, nous demandons
au service d’accueil si possible de voir le gestionnaire du crédit. Si le gestionnaire du fonds
commercial n’est pas présent, nous partons voir le chef d’agence chez qui nous laissons notre
questionnaire. Tous les questionnaires ont été remplis, soit par le gestionnaire du fonds
commercial, soit par le chef d’agence et/ou le Directeur Général. Raison de plus de présenter,
dans un premier temps, les caractéristiques du gestionnaire de crédit et, dans un deuxième
temps, le poste qu’occupe le répondant.
1) Le sexe des gestionnaires du crédit
La répartition des gestionnaires du crédit par sexe est donnée par le tableau suivant :
Tableau 13: Répartition des IMF selon le sexe des gestionnaires du crédit
Effectifs Pourcentage Pourcentage Pourcentage
valide cumulé
Masculin 29 67,4 67,4 67,4
Valide Feminin 14 32,6 32,6 100,0
Total 43 100,0 100,0
Source : Notre analyse
L’analyse de ce tableau montre que la plupart des gestionnaires de crédit des IMF de notre
échantillon sont des hommes (67,4 %). On observe une faible représentativité des femmes
dans l’échantillon (32,6 %). Ceci peut s’expliquer par le manque d’importance qu’accordent
les femmes à l’activité bancaire.

2) L’ancienneté des gestionnaires du crédit


Le tableau suivant donne la répartition des entreprises selon le statut des dirigeants.

Tableau 14 : Récapitulatif des entreprises selon l’ancienneté des gestionnaires


Effectifs Pourcentage Pourcentage Pourcentage
valide cumulé
Mois de 5 ans 10 23,3 23,3 23,3
Entre 5 et 10 ans 14 32,6 32,6 55,8
Plus de 10 ans 19 44,2 44,2 100,0
Total 43 100,0 100,0
Source : Nos analyses
L’observation attentive de ce tableau permet de comprendre que la majorité des
gestionnaires de crédit des IMF enquêtées sont des gestionnaires plus expérimentés. Ces
derniers représentent 44,2% des gestionnaires de crédit des IMF de l’échantillon. Suivi des
gestionnaires moyennement expérimentés représentant 32,6%. En fin viens en derniers
position des gestionnaires possédant une faible expérience de 23, 3% des IMF de
l’échantillon.

En somme, il était question dans ce deuxième point de la deuxième section de ce chapitre de


faire une description des IMF constituant notre échantillon. Cette description de l’échantillon
nous a permis d’une part, de classifier les IMF selon l’habitude du traitement des dossiers du
crédit, formation sur l’évaluation des dossiers de crédit, bénéficier d’une promotion pour
devenir gestionnaire de crédit, crédit sans risque et l’expérience des emprunteurs. D’autre
part, elle a eu le mérite de présenter les caractéristiques des 68 gestionnaires de crédit des
IMF.
A cet effet, une classification selon le sexe, l’âge et l’ancienneté des gestionnaires a permis
de clôturer cette analyse de l’échantillon. Toutefois, cette classification des IMF et des
gestionnaires de crédit a eu lieu grâce aux réponses fournies par les répondants.
Le tableau suivant donne la répartition des réponses selon leur poste :
Tableau 15 : Récapitulatif des IMF selon le statut des gestionnaires du crédit
Effectifs Pourcentage Pourcentage Pourcentage
valide cumulé
Directeur général 15 34,9 34,9 34,9
Chef d’agence 13 30,2 30,2 65,1
Gestionnaire de 15 34,9 34,9 100
crédit
Total 43 100,0 100,0
Source : Nos analyses

Les résultats consignés dans ce tableau montrent que, parmi les 43 questionnaires remplis et
exploitables, 15 ont été remplis par les gestionnaires de crédit des IMF (34,9 %). Les 15
autres questionnaires ont été remplis par leurs directeur général (34,9%) et en fin 13 ont été
remplis par les chefs d’agences soit (30,2%). Ceci est dû pour la simple raison que dans
certaines IMF leurs directeurs gestionnaires étaient en congé. Dans d’autres IMF, ces
gestionnaires nous envoient voir le chef d’agence et le directeur général car estimant que ces
derniers connaissent mieux la situation d’octroi de crédit de l’IMF et constituent un conseiller
quant à la prise de décision d’octroi du crédit. L’objet fondamental de ce chapitre était de
présenter la méthodologie adoptée pour conduire à bout cette recherche. Pour ce faire, nous
avons retenu la démarche hypothéticodéductive qui permet à partir des observations, à
formuler des hypothèses qui seront testées à l’épreuve des faits. Après le choix de cette
démarche motivé par l’objectif de notre recherche qui vise à analyser la gestion du risque de
crédit, s’en est suivie la présentation des items de mesure des différents concepts impliqués
(supervision des dossiers de crédit par l’organe de règlementation, le contrat de crédit de
groupe, la décentralisation décisionnelle et la performance financière) dans les hypothèses de
recherche à tester. Pour pouvoir tester ces hypothèses, un certain nombre d’outils d’analyse
statistique sont nécessaires. Ainsi, nous avions présenté tour à tour le tri à plat, la méthode de
score et la régression linéaire simple. L’analyse s’est poursuivie avec la sélection de la
méthode d’échantillonnage.
A cet effet, nous avons utilisé l’échantillon de convenance. Pour terminer ce chapitre, nous
avions lancé le tri à plat grâce au logiciel SPSS. Ce tri à plat nous a permis de faire une
analyse descriptive de l’échantillon de notre étude. Cette dernière a permis la classification
des IMF (l’habitude du traitement des dossiers du crédit, formation sur l’évaluation des
dossiers de crédit, bénéficier d’une promotion pour devenir gestionnaire de crédit, crédit sans
risque et l’expérience des emprunteurs), de leurs gestionnaires (sexe, âge et l’ancienneté).
Tout cela étant fait, nous pouvons alors aisément procéder à l’analyse de l’influence de
gestion du risque de crédit sur performance financière des IMF, objet du quatrième chapitre
qui suit.

Vous aimerez peut-être aussi