Les Matrices
Les Matrices
3. Les matrices
Le but de ce chapitre est de trouver un moyen pour résoudre un système d’équations linéaires,
en utilisant ce qu’on appelle les représentations matricielles.
Dans le cas général on repésente une matrice M par :
a11 a12 . . . a1m
a21 a22 · · · a2m
M= . .. ∈ Mn,m (K) ,
.. ..
.. . . .
an1 an2 · · · anm
Mn,m (K) est l’ensemble des matrices qui contienent n lignes et m colonnes avec des coefficients ai j
appartients à K qui est en général R ou C, de plus chaque ai j représente le coefficient de la matrice
M qui se trouve dans la ième ligne et la jème colonne.
(3) Deux matrices A et B sont égales si les deux matrices ont la même taille et ai j = bi j pour tout
1 ≤ i ≤ n et 1 ≤ j ≤ m où les ai j (resp. bi j ) sont les coefficients de A (resp. de B).
■ Exemple 3.1
−1 3 −1 3
A= et B = ,
1 2 a b
alors :
A = B ⇔ a = 1 et b = 2.
(4) Si n = m (le nombre de lignes est égale au nombre de colonnes) alors la matrice M est
une matrice carrée, on écrit M ∈ Mn,n (K) ou bien M ∈ Mn (K) et si n ̸= m la matrice est
rectangulaire.
(5) Les coefficients aii d’une matrice carrée sont les éléments de la diagonale (ou diagonale
principale) par exemple :
a11 a12 a13
a21 a22 a23 .
a31 a32 a33
Les éléments {a11 , a22 , a33 } forment la diagonale par contre dans cette exemple {a13 , a22 , a31 }
forment la diagonale non principale.
(6) Une matrice carrée est dite triangulaire supérieure (resp. inférieure)
si : ai j = 0 si i > j (resp. ai j = 0 si i < j) avec 1 ≤ i, j ≤ n.
■ Exemple 3.2
1 0 3
0 5 6 est une matrice triangulaire supérieure.
0 0 9
1 0 0
4 0 0 est une matrice triangulaire inférieure.
0 8 9
(7) Une matrice diagonale est une matrice qui est à la fois triangulaire supérieure et triangulaire
inférieure. Les éléments de la diagonale s’appellent les pivots.
■ Exemple 3.3
1 0 0
0 5 0 .
0 0 9
(8) La matrice unité ou identité notée In est une matrice carrée dont les ai j = 0, ∀ i ̸= j et ai j = 1
si i = j avec 1 ≤ i, j ≤ n. Autrement dit la matrice unité est une matrice diagonale dont les
éléments diagonaux sont des 1.
■ Exemple 3.4
1 0 0 0
1 0 0
1 0 0 1 0 0
I2 = , I3 = 0 1 0 et I4 = .
0 1 0 0 1 0
0 0 1
0 0 0 1
3.2 Matrice associée à une application linéaire dans le cas des espaces de
dimensions finies. 71
(9) La transposée d’une matrice A noté t A est la matrice dont les lignes sont les colonnes de A et
les colonnes sont les lignes de A.
■ Exemple 3.5 Si :
1 2 3 1 4 7
A = 4 5 6 alors : t A = 2 5 8 .
7 8 9 3 6 9
On a : t (t A) = A.
(10) Soit A ∈ Mn (K), A est dite symétrique si et seulement si t A = A.
3.2 Matrice associée à une application linéaire dans le cas des espaces de
dimensions finies.
Définition 3.2.1 Soient E et F deux espaces vectoriels de dimensions finies avec :
dim E = m et dim F = n. Choisissons dans E une base BE et dans F une base BF définies par :
BE = {e1 , e2 , · · · , em } et BF = { f1 , f2 , · · · , fn } .
Si ϕ une application linéaire de E dans F alors la matrice associée à ϕ par rapport aux BE et BF
qu’on note M (ϕ, BE , BF ) est obtenue comme suit :
Les éléments de la i-ème colonne de M (ϕ, BE , BF ) sont les coordonnées de ϕ (ei ) dans la
base BF , c’est à dire les coefficients :
a1i
a2i
.. ,
.
ani
sachant que :
Notons que :
ϕ (e1 ) ϕ (e2 ) · · · ϕ (em )
a11 a12 . . . a1m f1
a21 a22 · · · a2m f2
M (ϕ, BE , BF ) = .
.. .. .. ..
.. . . . .
an1 an2 · · · anm fn
car :
ϕ (e1 ) = a11 f1 + a21 f2 + · · · + am1 fm ,
ϕ (e2 ) = a12 f1 + a22 f2 + · · · + am2 fm ,
..
.
ϕ (en ) = a1n f1 + a2n f2 + · · · + amn fm .
■ Exemple 3.6 Soit ϕ l’application linéaire définie par :
ϕ : R3 → R2
(x, y, z) 7→ (x − 2y + z, 2x + y + 3z) ,
72 Chapitre 3. Les matrices
f : R3 → R3
(x, y, z) 7→ (6x − 5y + 2z, 3x − y + 3z, 2x + z) ,
alors la matrice associée à f relativement aux bases canoniques de R3 et R3 est :
f (e1 ) f (e2 ) f (e3 )
6 −5 2 e1
M = 3 −1 3 e2 ,
2 0 1 e3
f : R2 [X] → R3 [X]
P 7→ f (P) = XP − 2X 2 P′ + 5X 3 P′′ + 9,
la base canonique de R2 [X] est B1 = {e1 , e2 , e3 } avec e1 = 1, e2 = X et e3 = X 2 et la base canonique
de R3 [X] est B2 = {w1 , w2 , w3 , w4 } avec w1 = 1, w2 = x, w3 = X 2 et w4 = X 3 . Alors la matrice
associée de f dans les bases B1 et B2 est donnée par :
f (e1 ) f (e2 ) f (e3 )
9 9 9 w1
1 0 0 w2
M =
0 − 1 0 w3
0 0 7 w4
car :
f (e1 ) = X + 9 = 9w1 + 1w2 + 0w3 + 0w4 ,
f (e2 ) = X 2 − 2X 2 + 9 = −X 2 + 9 = 9w1 + 0w2 − 1w3 + 0w4 ,
f (e3 ) = X 3 − 4X 3 + 10X 3 + 9 = 9w1 + 0w2 + 0w3 + 7w4 .
ϕ :E →F
u 7→ ϕ (u) = 0F .
3.3 Opérations sur les matrices 73
■ Exemple 3.9
1 −1 3 2 2 2
A = 4 7 −4 et B = 3 1 0 ,
6 −6 5 5 0 8
alors :
3 1 5
A+B = 7 8 −4 .
11 −6 13
■ Exemple 3.10
−1 2 1
A = 3 4 et B = 2 ,
2 2 3
A + B n’existe pas car A et B n’ont pas les mêmes tailles.
■ Exemple 3.11
1 1 5 6 6 30
A = 4 6 2 ⇒ 6A = 24 36 12 .
3 1 0 18 6 0
74 Chapitre 3. Les matrices
R Il se peut que A × B existe sans pour autant que B × A existe ; et même lorsque A × B et B × A
existent nous avons en général A × B ̸= B × A, le produit des matrices n’est pas commutatif.
(2) t (A × B) =t B ×t A.
avec :
a11 a12 . . . a1m x1 y1
a21 a22 · · · a2m x2 y2
A= ,X = et Y = .
.. .. .. .. .. ..
. . . . . .
an1 an2 · · · anm xm ym
■ Exemple 3.17
5x − 3y + 6z = 7
−x + 4y + 12z = 4 ⇔ AX = B
2x + 3y + z = −9
avec :
5 −3 6 x 7
A = −1 4 12 , X = y et B = 4 .
2 3 1 3,3
z 3,1 −9 3,1
■ Exemple 3.18
x − 5y + 8z = 1
⇔ AX = B,
−2x + y + 2z = 3
avec :
x
1 −5 8 1
A= ,X = y et B = .
−2 1 2 3
z
76 Chapitre 3. Les matrices
A × A−1 = A−1 × A = In ,
ou bien :
A est inversible ⇔ les vecteurs colonnes de A sont indépendants (libres).
⇔ les vecteurs lignes de A sont indépendants.
De plus on a :
−1 t −1
(A × B)−1 = B−1 × A−1 et t
A = A .
R Sachant que la résolution d’un système se fait par des combinaisons linéaires entre les lignes
pour trouver les inconnues, par exemple :
2x − 7y + 2z = 1 2x − 3y + 5z = 3 8x = 1
(1) 5x − y + 4z = 2 (2) 0x − 4y + 6z = 1 et (3) −3y = 9 .
2x − 3y + 6z = 4 5z = −1 7z = 6
Le système le plus simple à résoudre est (3) ensuite (2) ensuite (1), mais les représentations
matricielles sont respectivement :
2 −7 2 1
A = 5 −1 4 et X = 2 pour (1),
2 −3 6 4
2 −3 5 3
A = 0 −4 6 et X = 1 pour (2)
0 0 5 −1
8 0 0 1
et A = 0 −3 0 et X = 9 pour (3),
0 0 7 6
avec :
x
X = y .
z
On remarque que le système le plus simple à résoudre et dont la matrice A associé diagonale,
sinon triangulaire et finalement une matrice quelconque. La méthode de G AUSS permet de
transformer une matrice quelconque en une matrice diagonale ou triangulaire.
Question : Peut-on transformer une matrice carrée quelconque en une matrice diagonale ou triangulaire ?
Réponse : La diagonalisation d’une matrice n’est pas toujours possible ou disponible à chaque fois, s’il
n’est pas possible de la rendre diagonale on peut la transformer à une matrice triangulaire.
3.5 Inverse d’une matrice carrée 77
Proposition 3.5.2 Pour déterminer l’inverse de la matrice A par la méthode de G AUSS il suffit
d’appliquer les mêmes combinaisons linéaires simultanément à A et I qui transforment A en I et I
en A−1 .
Règle : La technique de G AUSS permet d’éliminer lesconstantesai j en dehors de la diagonale (i ̸= j)
a
colonne par colonne en utilisant l’opération Li − a ij jj L j pour toute la ligne où se trouve la
constante pour les deux matrices A et I où Li est la ligne où se trouve la constante ai j , a j j est
le pivot de la colonne où se trouve la constante (a j j ̸= 0) et L j est la ligne où se trouve le
pivot.
■ Exemple 3.19 Calculer l’inverse de la matrice A1 par la méthode de G AUSS :
−3 6
A1 = .
4 1
Le principe est de rendre les coefficients qui se trouvent en dehors de la diagonale, tous égaux à
zéro colonne par colonne, par exemple pour éliminer le coefficient 3 qui se trouve dans la deuxième
ligne et la première colonne on fait l’opération :
3
L2 − L1 .
1
Donc dans la première étape on élimine les deux coefficients de la première colonne en utilisant le
premier pivot, par contre dans la deuxième étape on élimine les deux coefficients de la deuxième
colonne en utilisant le deuxième pivot. Dans la troisième étape on élimine les deux coefficients de
la troisième colonne en utilisant le troisième pivot. Finalement pour trouver I dans la transformation
de A, il suffit de diviser chaque ligne sur le pivot trouvé dans la matrice diagonlale qui se trouve
dans l’avant dernière étape et les mêmes opérations vont transformer I en A−1 .
Question : Que peut-on faire si l’un des pivots est nul ?
Réponse : Il suffit de changer avec l’une des lignes dont le pivot est non nul, mais si à chaque fois qu’on
change on trouve un pivot nul ou bien on trouve une ligne complètement nulle, alors dans ce
cas la matrice n’est pas inversible.
0 2
B1 = .
1 3
2 −6 4
B2 = 1 −3 5 .
0 1 2
3.5 Inverse d’une matrice carrée 79
a b
alors le déterminant de A noté det A = est donné par la formule :
c d
det A = ad − cb.
■ Exemple 3.24
3 −4
A= ,
2 −1
alors :
3 −4
det A = = (3 × (−1)) − (2 × (−4)) = 5.
2 −1
Déterminant d’ordre n
Dans le cas général où A ∈ Mn (K) on a :
.. ..
. .
A= . . . a i j . . . ⇒ det A = △ = . . . ai j . . . .
.. ..
. .
1ère méthode : La règle de S ARRUS dans le cas d’un détermenant d’ordre 3 :
■ Exemple 3.25
1 2 1
A= 3 1 2
−1 4 2
1 2 1
1 2 1 3 1 2
det A = 3 1 2 = −1 4 2
−1 4 2 1 2 1
3 1 2
= + (1 × 1 × 2) + (3 × 4 × 1) + ((−1) × 2 × 2)
− (1 × 1 × (−1)) − (2 × 4 × 1) − (2 × 2 × 3)
(2 + 12 − 4) − (−1 + 8 + 12) = −9.
2ème méthode : Le développement d’un déterminant suivant une ligne ou une colonne :
Propriétés et définitions
(1) Chaque coefficient ai j admet un signe de position donné par (−1)i+ j et d’une manière
générale il suffit de commencer par le signe (+) pour la constante a11 et on alterne les signes.
Par exemple un déterminant d’ordre 6 :
+ − + − + −
− + − + − +
+ − + − + −
.
− + − + − +
+ − + − + −
− + − + − +
(2) Le déterminant mineur d’un coefficient ai j noté △i j est le déterminant obtenu en supprimant
dans △ la ligne et la colonne contenant ai j . Donc si △ est d’ordre n alors le déterminant
mineur est d’ordre (n − 1) .
(3) Le cofacteur du coefficient ai j noté Xi j ou Yi j est donné par la formule :
Xi j = Yi j = (−1)i+ j △i j .
Donc un déterminant d’ordre n est donné par une somme de n déterminants d’ordre n − 1 et il
peut donc être développé de 2n façons suivant une de ses rangées (ligne ou bien colonne), sous la
forme :
n
det A = ∑ ai j Xi j développement suivant la ième ligne .
j=1
ou bien :
n
det A = ∑ ai j Yi j développement suivant la jème colonne.
i=1
82 Chapitre 3. Les matrices
■ Exemple 3.26
9 −1
A=
2 −3
ligne 1 : [(+) (9) (−3)] + [(−) (−1) (2)] = −25,
9 −1 ligne 2 : [(−) (2) (−1)] + [(+) (−3) (9)] = −25,
det A = = suivant
2 −3
colonne 1 : [(+) (9) (−3)] + [(−) (2) (−1)] = −25,
colonne 2 : [(−) (−1) (2)] + [(+) (−3) (9)] = −25,
+ −
sachant que les signes des positions sont : .
− +
■ Exemple 3.27 Calculons le déterminant de :
1 2 1
A = 3 1 0 .
−1 4 2
1 2 1
det A = 3 1 0
−1 4 2
1 0 3 0 3 1
= +1 −2 +1
4 2 −1 2 −1 4
= 2 − 2 (6) + (13) = 3.
1 2 1
det A = 3 1 0
−1 4 2
3 1 1 2
= +1 +2
−1 4 3 1
= 13 + 2 (−5) = 3.
Le meilleur choix est suivant la 4ème ligne. La répartition des signes est comme suit :
+
−
,
+
− + − +
3.5 Inverse d’une matrice carrée 83
−1 4 5 2
3 7 1 3
det A =
4 3 2 1
2 0 0 0
4 5 2
= − (2) 7 1 3
3 2 1
1 3 7 3 7 1
= −2 4 −5 +2
2 1 3 1 3 2
= −2 [4 (−5) − 5 (−2) + 2 (11)] = −24.
R Dans le cas d’une matrice diagonale ou d’une matrice triangulaire le déterminant est égal au
produit des éléments de la diagonale.
(4)
(5)
1
det A−1 =
.
det (A)
Définition 3.5.2 On appelle comatrice d’une matrice carrée A, notée comA la matrice obtenue
en remplaçant chaque élément ai j de A par son cofacteur (Xi j = (−1)i+ j △i j ).
Proposition 3.5.3 Une matrice A est inversible si et seulement si : det A ̸= 0. Dans ce cas :
1
A−1 = ×t (com A) .
det A
■ Exemple 3.29 Dans le cas d’ordre 2.
a c d −b
A= → comA = ,
b d −c a
d −c
⇒ A−1 = det1 A ×t (com A) = ad−bc
1
.
−b a
84 Chapitre 3. Les matrices
6 5 2 5 2 6
det A = + (−1) − (−2) + (4)
4 1 −3 1 −3 4
= − (6 − 20) + 2 (2 + 15) + 4 (8 + 18)
= 14 + 34 + 104 = 152 ̸= 0 ⇒ A−1 existe.
De plus :
−14 −17 26
comA = − (−18) 11 − (−10)
−34 − (−13) −2
−14 −17 26 −14 18 −34
= 18 11 10 ⇒t comA = −17 11 13 ,
−34 13 −2 26 10 −2
alors :
−14 18 −34
1 1
⇒ A−1 = ×t (comA) = −17 11 13
det A 152
26 10 −2
−14 18 −34
152 152 152
⇒ A−1 = −17
152
11
152
13
152
.
26 10 −2
152 152 152
(1) Calculons A3 − A.
4 0 0
A3 − A = 0 4 0 = 4I.
0 0 4
(2) En déduire que A est inversible et donnons son inverse.
On a :
1 3
A3 − A = 4I ⇒
A −A = I
4
1 2 1 2
⇒ A A −I = A − I A = I,
4 4
3.6 Changement de bases 85
On veut étudier le lien entre les coordonnées d’un vecteur u de E dans les deux bases B et B′ en
utilisant les propriétés des matrices.
Définition 3.6.1 Si les vecteurs e′j sont exprimés dans la base B par :
n
e′j = ∑ αi j ei ; 1 ≤ j ≤ n,
i=1
est appelée matrice de passage de la base B vers la base B′ . D’autre part la matrice de passage
de la base B′ vers la base B est l’inverse de la matrice PB→B′ , car si :
′ ′ ′
e1 e1 e1 e1
e′ e2 e′ e′
2 2 2
.. = P .. ⇒ .. = P−1 .. ,
. . . .
′
en en ′
en e′n
sachant que P est toujours inversible car la dimension de la base est n, donc les vecteurs ei ou
bien e′i sont linéairement indépendants ce qui implique que le déterminant de la matrice est non
nul.
■ Exemple 3.32 Dans R3 , Soit B′ = {u1 , u2 , u3 } une base de R3 avec u1 = (2, −1, −2) , u2 =
(1, 0, −1) et u3 = (3, 1, 2). La matrice de passage P de la base canonique B de R3 vers B′ est :
u1 u2 u3
2 1 3 e1
PB→B′ = −1 0 1 e2
−2 −1 2 e3
donc :
e11
e2 e3
1
5 −1 5 u1
−1
P = 0 2 −1 u2
1 1
5 0 5 u3
et de là on trouve que :
1 1 1 1
e1 = u1 + 0u2 + u3 , e2 = −u1 + 2u2 + 0u3 et e3 = u1 − u2 + u3 .
5 5 5 5
■Exemple 3.33 Dans R3 [X], Soit B′ = {v1 , v2 , v3 , v4 } une base avec v1 = 2, v2 = 1 + X, v3 =
−2X + X 2 et v4 = 2X 2 + X 3 . La matrice de passage P de la base canonique B = 1, X, X 2 , X 3 vers
B′ est :
v1 v2 v3 v4
2 1 0 0 e1
0 1 −2 0 e2
P=
0
0 1 2 e3
0 0 0 1 e4
avec :
e1 = (1, 0, 0) , e2 = (0, 1, 0) , e3 = (0, 0, 1) , e′1 = (2, 3, 0) , e′2 = (1, −1, 1) et e′3 = (−1, 3, 5) ,
alors :
′ e′2 e′3
e1
2 1 −1 e1
P= 3 −1 3 e2
0 1 5 e3
C’est la matrice
de passage
de B vers B′ .
−1
(1) Soit XB′ = 2 les composantes de X dans la base B′ , trouvons les composantes de X dans
4
la base B.
XB = PXB′ .
3.7 Matrices semblables 87
d’où :
2 1 −1 −1 −4
XB = 3 −1 3 2 = 7 .
0 1 5 4 22 B
1
(2) Soit YB = 5 les composantes de Y dans la base B, trouvons les composantes de Y dans la
7
base B′ .
YB′ = P−1YB .
On a :
−1 3 1 −1 1 −1
det P = 2 −3 +0 = −34,
1 5 1 5 −1 3
donc :
−8 −15 −3
comP = −6 10 −2 ,
0 −9 −5
d’où :
8 6 0
1
P−1 = 15 −10 9 .
34
3 2 5
Alors :
38
8 6 0 1 34
−1 1 28
YB = P YB =
′ 15 −10 9 5 = 34
.
34 48
3 2 5 7 34 B′
A2 ( f , B2 ) = P−1 × A1 ( f , B1 ) × P,
Définition 3.7.1 On dit que deux matrices A1 et A2 ∈ Mn (K) sont semblables s’il existe P ∈
Mn (K) telles que :
A2 = P−1 × A1 × P.
f : R3 → R3
(x, y, z) 7→ (2x − y + z, 3x − y − 3z, 3x + y + z) .
f (e1 )
f (e2 ) f (e3
)
2 −1 1 e1
.
M= 3 −1 −3 e2
3 1 1 e3
(2) Soient B1 = {u1 , u2 , u3 } une base de R3 avec u1 = (2, −1, −2) , u2 = (1, 0, −1) et u3 = (3, 1, 2)
.
a) La matrice de passage P de la base canonique de R3 à la base B1 est :
u1 u2 u3
2 1 3 e1
.
P = −1 0 1 e2
−2 −1 2 e3
1
Q = P−1 = ×t (comP) .
det P
1 3 2 1
det P = − (−1) −1 = 5,
−1 2 −2 −1
et
1 0 1 1 −5 1
comP = −5 10 0 ⇒t (comP) = 0 10 −5
1 −5 1 1 0 1
1 1
5 −1 5
−1
⇒ Q=P = 0 2 −1 .
1 1
5 0 5
3.7 Matrices semblables 89
f : R4 → R3
(x, y, z,t) 7→ (x − 2y + z + t, 2x − y − t, 4x + y + z + t) .
f (e
1 ) f (e2 ) f (e3 ) f (e
4)
1 −2 1 1 u1
M( f , B2 , B3 ) = 2 −1 0 −1 u2
4 1 1 1 u3
v1 v2 v3 v4
1 −1 2 5 e1
1 0 0 1 e2
P=
2 1
1 0 e3
3 4 1 5 e4
w1 w2 w3
2 −1 −3 u1
Q= 1 2 −4 u2
3 1 2 u3
90 Chapitre 3. Les matrices
(c) Déterminons la matrice Q−1 qui est la matrice de passage de B′2 vers B2 .
t 8 −1 10
1 1
Q−1 = (comQ) = −14 13 5 .
det Q 45
−5 −5 5
Définition 3.8.2 (Le rang d’une matrice) On définit le rang d’une matrice A comme étant
le rang de ses vecteurs colonnes ou de ses vecteurs lignes qu’on le note par rangA ou rgA.
Autrement le rang d’une matrice est l’ordre du déterminant mineur de la matrice .
1 −1 0
1 −1 2 −1
2 1 −1 = 1 +
1 5 3 5
3 1 5
= 5 + 1 + 10 + 3 = 19 ̸= 0,
ce qui implique que la matrice A admet un déterminant mineur de taille 3, donc rangA = 3.
Proposition 3.8.1 Soit F = {e1 , e2 , · · · , em } une famille de vecteurs dans un espace vectoriel E de
dimension finie n tel que m ≤ n et on pose A la matrice des vecteurs colonnes ou lignes construite
par les composantes des vecteurs ei , 1 ≤ i ≤ m.
F est une famille libre si et seulement si la taille du déterminant mineur extrait de la matrice A est
égale à m.
■ Exemple 3.38
e1 e2 e3
2 −1 1
A= 1 2 3
3 0 3
3.9 Résolution d’un système d’équations linéaires 91
2 −1 1
−1 1 2 −1
det A = 1 2 3 =3 +3 = 3 (−5) + 3 (5) = 0,
2 3 1 2
3 0 3
alors la famille F = {e1 , e2 , e3 } est liée, de plus :
2 −1
= 4 + 1 = 5 ̸= 0,
1 2
alors :
rangA = 2.
■ Exemple 3.39
−1 −2 −3
B=
3 6 9
−1 −2 −2 −3 −1 −3
= = = 0,
3 6 6 9 3 9
−1 −2 −3
alors la famille F = {e1 , e2 , e3 } est liée avec e1 , e2 et e3 , alors :
3 6 9
rangB = 1.
■ Exemple 3.40 Soit
1 1 3 5
C = 1 2 5 9 .
2 3 8 14
Les quatre déterminants d’ordre 3 extraits de C sont nuls, par contre le déterminant d’ordre 2 extrait
1 1
n’est pas nul, donc chaque famille construite par 3 vecteurs colonnes de la matrice C est
1 2
liée et on a : rangC = 2.
avec :
a11 a12 . . . a1n x1 y1
a21 a22 . a2n
x2
y2
A= .. , X = .. et Y = ,
.. .. .. ..
. . . . . .
an1 an2 · · · ann n,n xn n,1
yn n,1
92 Chapitre 3. Les matrices
avec det A = △ ̸= 0.
La méthode de C RAMER permet de trouver chaque composante de X par la formule :
△i
xi = , (3.1)
△
où △ est le déterminant de la matrice A et △i est le déterminant déduit de △ par le remplacement
de la ième colonne (celle des coefficients de xi de notre système) par la colonne des composantes
du vecteur Y (les yi ). Les formules (3.1) s’appellent formules de C RAMER. Ces formules sont
fondamentales et permettent de calculer chacune des inconnues du système sans faire intervenir les
autres.
■ Exemple 3.41 Résoudre le système suivant :
3x − 2y + 5z = 2
x − 8y + 3z = −4 . (3.2)
7x + 3y − 6z = 5
3 −2 5
−8 3 1 3 1 −8
1 −8 3 = 3 − (−2) +5
3 −6 7 −6 7 3
7 3 −6
= 3 (48 − 9) + 2 (−6 − 21) + 5 (3 + 56)
= 358 ̸= 0,
alors :
2 −2 5
−4 −8 3
5 3 −6 236
x= = ,
358 358
3 2 5
1 −4 3
7 5 −6 246
y= = ,
358 358
3 −2 2
1 −8 −4
7 3 5 100
z= = .
358 358
236
358
246
Alors la solution du système (3.2) est le vecteur X = 358
.
100
358
■ Exemple 3.42
5x − y + z = 1
7x − 3y + 2z = 2 . (3.3)
8x + y − 4z = 4
5 −1 1
−3 2 7 2 7 −3
7 −3 2 = 5 + +
1 −4 8 −4 8 1
8 1 −4
= 5 (10) + (−44) + (31) = 37 ̸= 0,
3.9 Résolution d’un système d’équations linéaires 93
alors :
1 −1 1
2 −3 2
4 1 −4 8
x = = ,
37 37
5 1 1
7 2 2
8 4 −4 −24
y = = ,
37 37
5 −1 1
7 −3 2
8 1 4 −27
z = = ,
37 37
8
37
−24
alors la solution du système (3.3) est le vecteur X = 37
.
−27
37
■ Exemple 3.43 Calculer y dans le système :
2x − 3y + z + 2t = 4
2x − y + 2z + t = 0
.
5x − 4y + z + 2t = 2
x − 3y + 7z − t = 6
2 −3 1 2
2 −1 2 1
= 72 ̸= 0,
5 −4 1 2
1 −3 7 −1
donc :
2 4 1 2
2 0 2 1
5 2 1 2
1 6 7 −1 −204
y= = .
72 72
On suppose que le système (3.4) est de rang r, où r désigne le rang de la matrice A associée aux
système (3.4) donnée par :
a11 a12 . . . a1n
a21 a22 . a2n
A= . .. ,
.. ..
.. . . .
a p1 a p2 · · · a pn
94 Chapitre 3. Les matrices
d’où :
a11 · · · a1r
δ= .. .. .. ̸= 0.
. . .
ar1 · · · arr
Alors si on pose :
a11 · · · a1r y1
.. .. .. ..
△k = . . . . , k = r + 1, · · · , p,
ar1 · · · arr yr
ak1 · · · akr yk
qui s’appellent les déterminants caractéristiques, alors on a les deux cas suivants :
(1) Si tous les △k sont nuls alors le système est compatible et le système admet une infinité de
solutions données par l’une des équations du système. (variable en fonction des autres).
(2) Si l’un des △k est non nul alors le système est incompatible et le système n’admet pas de
solution.
Théorème 3.9.1 (Rouché-Fontené) Soit (S) un système linéaire à p équation et n inconnues,
de rang r.
(1) Si r = p = n, il y a existence et unicité de la solution.
(2) Si r = p < n, il y a existence et non unicité des solutions.
(3) Si r < p et r = n, il y a existence et unicité des solutions.
(4) Si r < p et r < n, il y a existence et non unicité des solutions.
■ Exemple 3.44 Discuter suivant les valeurs de k les solutions du système suivant :
4x − y + 2z = 1
x + 2y − kz = 3 . (3.5)
3x + y + z = −4
AX = B,
avec :
4 −1 2 1 x
A= 1 2 −k , B =
3 et X = y .
3 1 1 −4 z
4 −1 2
2 −k 1 −k 1 2
det A = 1 2 −k = 4 + +2
1 1 3 1 3 1
3 1 1
= 4(2 + k) + (1 + 3k) + 2(1 − 6)
= −1 + 7k.
1er cas : Si −1 + 7k ̸= 0, alors (3.5) est un système de C RAMER dont la solution est donnée par
Xk (xk , yk , zk ) avec :
3.9 Résolution d’un système d’équations linéaires 95
1 −1 2
3 2 −k
−4 1 1 27−3k
xk = 7k−1 = 7k−1 ,
4 1 2
1 3 −k
3 −4 1 −15−19k
yk = 7k−1 = 7k−1 ,
4 −1 1
1 2 3
3 1 −4 −62
zk = 7k−1 = 7k−1 .
4 −1
= 8 + 1 = 9 ̸= 0 ⇒ rangA = 2.
1 2
4 −1 1
△1 = 1 2 3 = 4 (−11) + (−13) + (−5) = −62 ̸= 0,
3 1 −4
AX = B,
avec :
1 −1 k a x
A = 1 2 −2 , B = b et X = y .
3 1 3 c z
De même :
1 −1 k
det A = 1 2 −2 = 17 − 5k.
3 1 3
1er cas : Si 17 − 5k ̸= 0, alors (3.6) est un système de C RAMER dont la solution est donnée par
96 Chapitre 3. Les matrices
X (x, y, z) avec :
a −1 k
b 2 −2
c 1 3 k(b−2c)+8a+3b+2c
x= 17−5k = 17−5k ,
1 a k
1 b −2
3 c 3 k(c−3b)−9a+3b+2c
y= 17−5k = 17−5k ,
1 −1 a
1 2 b
3 1 c c−4b−5a
z= 17−5k = 17−5k .
17
2ème cas : Si 17 − 5k = 0 ⇒ k = 5, alors :
1 −1
= 2 + 1 = 3 ̸= 0 ⇒ rangA = 2.
1 2
{(b − 2y + 2z, y, z) , y, z ∈ R} .
avec :
x
2 −3 4 1 1 y
A = 3 −1 −1 2 , B = 2 et X =
z .
−1 2 3 −4 5
t
−3 4 1
−1 −1 2 = −3 (−2) − 4 (0) + (−1) = 5 ̸= 0 ⇒ rangA = 3,
2 3 −4
alors (3.7) est équivalent à :
−3y + 4z + t = 1 − 2x
−y − z + 2t = 2 − 3x
+2y + 3z − 4t = 5 + x
3.9 Résolution d’un système d’équations linéaires 97
d’où :
1 − 2x 4 1
2 − 3x −1 2
5+x 3 −4 81 − 44x
y = = ,
5 5
−3 1 − 2x 1
−1 2 − 3x 2
2 5 + x −4
z = = −9 − 5x,
5
−3 4 1 − 2x
−1 −1 2 − 3x
2 3 5+x 32 + 12x
t = = ,
5 5
le système admet une infinité de solutions données par :
81 − 44x 32 + 12x
x, , −9 − 5x, ,x ∈ R .
5 5
avec :
2 −3 5
1 −1 6
A=
5 −2 1
6 4 3
2 −3 5
1 −1 6 = 2 (11) − 7 + 5 (−13) = −50 ̸= 0 ⇒ rangA = 3,
5 −2 1
2 −3 5 2
1 −1 6 −1
△1 = = −1005 ̸= 0,
5 −2 1 −2
6 4 3 5
alors le système est incompatible donc n’admet pas des solutions.
98 Chapitre 3. Les matrices
AX = 0,
système homogène.
Dans le cas où A est une matrice carrée (système de C RAMER) si det A ̸= 0 alors la seule
solution est X = 0 (vecteur nul), mais si det A = 0 alors il existe d’autres solutions non nulles.
Dans le cas général :
a11 x1 + a12 x2 + · · · + a1n xn = 0,
a21 x1 + a22 x2 + · · · + a2n xn = 0,
.. (3.8)
.
a p1 x1 + a p2 x2 + · · · + a pn xn = 0,
a11 · · · a1r
δ= .. .. .. ̸= 0.
. . .
ar1 · · · arr
Dans ce cas il est évident que le système est compatible (△k = 0, r + 1 ≤ k ≤ p) , de plus le système
(3.8) est équivalent à :
a11 x1 + a12 x2 + · · · + a1n xn = 0,
a21 x1 + a22 x2 + · · · + a2n xn = 0,
..
.
ar1 x1 + ar2 x2 + · · · + arn xn = 0,
5 −1 6
−1 −2 5 = 5 (−17) + (−21) + 6 (5) = −76 ̸= 0,
4 3 1
0
Alors (3.9) n’admet qu’une seule solution X = 0 .
0
■ Exemple 3.49 Résoudre le système suivant :
5x − y + 6z = 0
−x − 2y + 5z = 0 ⇔ AX = 0, (3.10)
4x − 3y + 11z = 0
3.9 Résolution d’un système d’équations linéaires 99
avec :
5 −1 6
A = −1 −2 5
4 −3 11
5 −1 6
−1 −2 5 = 5 (−7) + (−31) + 6 (11) = 0,
4 −3 11
mais :
5 −1
= −11 ̸= 0 ⇒ rangA = 2,
−1 −2
alors de (3.10) on a :
5x − y = −6z
x + 2y = 5z
avec :
a11 a12 . . . a1n x1 y1
a21 a22 . a2n x2 y2
A= .. , X = .. et Y = .
.. .. .. ..
. . . . . .
an1 an2 · · · ann xn yn
La méthode de G AUSS transforme la matrice A en une matrice triangulaire supérieure par des
combinaisons linéaires. L’application des mêmes combinaisons sur le second membre Y , permet
100 Chapitre 3. Les matrices
de déterminer les xi , commencent par xn ensuite xn−1 j’usqu’au x1 . Ce résultat est vérifie si A est
inversible (dans les démarches de G AUSS on ne trouve pas une ligne ne contenant que les zéros)
par contre si on trouve une ligne qui contient des zéros dans la transformation de A alors on a l’un
des deux cas suivants :
1er cas : la ligne qui se trouve dans le même niveau dans la transformation de Y est nul, alors
dans ce cas le système (3.11) est compatible donc on a une infinité de solutions données par les
lignes non nulles.
2ème cas : la ligne qui se trouve dans le même niveau dans la transformation de Y est non nulle,
alors dans ce cas le système (3.11) est incompatible donc le système n’admet pas de solution.
R On peut transformer A en une matrice diagonale si c’est possible mais triangulaire nous suffit.
19 19
−4z = ⇒z=− ,
7 28
et de la 2ème ligne :
7 7 7 7 19
y− z = −10 ⇒ y = − − 10
2 2 2 2 28
19 20 99
⇒ y= − − =− ,
28 7 28
2x − 3y + 5z = 6 ⇒ 2x = 3y − 5z + 6
99 19
⇒ 2x = 3 − 28 − 5 − 28 + 6
−34
⇒ 2x = − 297 95 168
28 + 28 + 28 = 28
⇒ x = −17
28 ,
−17 99 19
alors la solution du (3.12) est le vecteur : X = 28 , − 28 , − 28 .
3.9 Résolution d’un système d’équations linéaires 101
avec :
a11 a12 . . . a1n x1 y1
a21 a22 . a2n x2 y2
A= .. , X = .. et Y = .
.. .. .. ..
. . . . . .
an1 an2 · · · ann n,n xn n,1
yn n,1
avec :
2 −3 1 x 5
A = −1 2 2 , X = y et B = −1 ,
5 4 1 z 6
alors :
2 −3 1
det A = −1 2 2 = 2 (−6) + 3 (−11) + (−14) = −59 ̸= 0,
5 4 1
−6 11 −14
comA = 7 −3 −23
−8 −5 1
−6 7 −8
t
⇒ A−1 = det1 A comA = −1
59
11 −3 −5 ,
−14 −23 1
3.10 Valeurs Propres, Vecteurs Propres, sous espaces Propres 103
f (u) = λ u.
L’ensemble des vecteurs propres associés à une valeur propre λ de f auquel on ajoute le vecteur
nul 0E est un sous-espace de E, égal à :
ker ( f − λ I)
Définition 3.10.2 Soit A la matrice associée à f dans une base quelconque de E. On appelle les
valeurs propres de f , les racines de l’équation caractéristique de A donnée par :
ϕ (λ ) = PA (λ ) = det (A − λ I) = 0.
Av = λ v.
Définition 3.10.3 La trace d’une matrice carrée A, est la somme de ses coefficients diagonaux
qu’on la note par Tr (A).
■ Exemple 3.54
2 3 3
A = 1 4 −1 ⇒ Tr (A) = 2 + 4 + (−7) = −1.
5 2 −7
Proposition 3.10.1 Tout endomorphisme d’un espace vectoriel E de dimension n admet n valeurs
propres, réelles ou complexes, distinctes ou confondues. Leur produit où chaque valeur propre est
comptée avec sa multiplicité (nombre de répétition de la valeur propre) est égal au déterminant de
A, leur somme est égale à la trace de la matrice A associée à f .
104 Chapitre 3. Les matrices
■ Exemple 3.55 Trouvons les valeurs propres et les vecteurs propres des deux matrices suivantes :
−1 3
(1) A1 = .
4 1
−1 − λ 3
det (A1 − λ I) = =0
4 1−λ
⇒ (−1 − λ ) (1 − λ ) − 12 = 0
⇒ λ 2 − 13
√ =0 √
⇒ λ1 = 13 et λ2 = − 13 (les deux valeurs propres).
Alors :
n√ √ o √ √
SpA1 = 13, − 13 et TrA1 = 13 − 13 = (−1 + 1) = 0.
| {z } | {z }
coefficients diagonaux
valeurs propres
√ √ x
A1 v = 13v ⇒ A1 − 13I =0
√ y
−1 − 13 3√ x
⇒ =0
4
√ 1 − 13 y
−1 − 13√x +3y = 0
4x +√ 1 − 13 y = 0
( 13−1)
⇒x= 4 y √
13 − 1
⇒ Eλ1 = vect {v1 } avec v1 .
4
D’autre part :
n √ o
Eλ2 = E−√13 = v ∈ R2 /A1 v = − 13v
√ √ x
A1 v = − 13v ⇒ A1 + 13I =0
√ y
−1 + 13 3√ x
⇒ =0
4
√ 1 + 13 y
−1 + 13√x +3y = 0
4x + √
1 + 13 y = 0
−( 13+1)
⇒x= 4 y √
− 13 − 1
⇒ Eλ2 = vect {v2 } avec v2 .
4
1 1 3
(2) A2 = −1 1 1 (3.17)
1 2 2
3.10 Valeurs Propres, Vecteurs Propres, sous espaces Propres 105
1−λ 1 3
det (A2 − λ I) = 0 ⇒ −1 1 − λ 1 =0
1 2 2−λ
1−λ 1 −1 1 −1 1 − λ
⇒ (1 − λ ) − +3 =0
2 2 − λ 1 2−λ 1 2
⇒ (1 − λ ) λ 2 − 3λ − (−3 + λ ) + 3 (−3 + λ ) = 0
⇒ −λ 3 + 4λ 2 − λ − 6 = 0, (2 est une racine)
2
⇒ (λ − 2) −λ + 2λ + 3 = 0,
⇒ − (λ − 2) (λ + 1) (λ − 3) = 0,
Alors :
2 1 3 x 0
A2 v = (−1) v ⇒ (A2 + I) v = 0 ⇒ −1 2 1 y = 0
1 2 3 z 0
2x + y + 3z = 0 · · · (1)
⇒ −x + 2y + z = 0 · · · (2)
x + 2y + 3z = 0 · · · (3),
y = x,
D’autre part :
Eλ2 = v ∈ R3 /A2 v = 2v ,
(3) donne :
x = −2y,
Pour :
Eλ3 = v ∈ R3 /A2 v = 3v ,
et :
A2 v= 3v ⇒ (A2 − 3I) v= 0,
−2 1 3 x 0
⇒ −1 −2 1 y = 0
1 2 −1 z 0
−2x + y + 3z = 0 · · · (1)
⇒ −x − 2y + z = 0 · · · (2)
x + 2y − z = 0 · · · (3),
x = z − 2y,
donc :
v (−7y, y, −5y) , y ∈ R,
d’où :
R Le seul problème dans la recherche des valeurs propres est la factorisation du polynôme
caractéristique.
D = P−1 AP,
où P est la matrice des vecteurs propres et D est la matrice diagonale des valeurs propres. Par contre
si les valeurs propres sont distinctes et la dimension de l’un des sous espaces propres est différente
de l’ordre de multiplicité de cette valeur propre alors la matrice A est trigonalisable, de plus la
forme triangulaire est donnée par la formule :
T = P−1 AP,
R Si A est la matrice associée à une application linéaire f dans la base canonique, alors Les
deux matrices D ou T sont les matrices associées à f dans la base formée par les vecteurs
propres associés aux valeurs propres qui se trouvent dans la diagonale de D ou T .
R Dans les cas de la trigonalisation le nombre des colonnes de la matrice A qui contient que des
zéros en dehors de la diagonale pour chaque valeur propre est égal exactement à la dimension
du sous espace propre.
■ Exemple 3.56 Si :
SpA = {λ1 , λ1 , λ1 , λ2 } .
0 0 0 λ2
0 0 0 λ2
0 0 0 λ2
■ Exemple 3.57 Pour l’exemple 3.17 la matrice A2 est diagonalisable car les valeurs propres sont
distinctes et on a :
D = P−1 AP,
avec :
−1 0 0 1 2 −7
D = 0 2 0 et P = 1 1 1 .
0 0 3 −1 −1 5
Le classement par colonne des vecteurs propres est le même que celui des valeurs propres associées.
■ Exemple 3.58
−1 1 1
B = 1 −1 1 .
1 1 −1
108 Chapitre 3. Les matrices
= − (1 + λ ) λ (2 + λ ) + 2 (2 + λ )
= (2 + λ ) −λ 2 − λ + 2
= − (λ + 2)2 (λ − 1) .
Alors la valeur propre (λ1 = −2) est d’ordre de multiplicité 2.
Cherchons la dimension du sous espace propre E−2 ?
= (−2) v ⇒ (B
Bv + 2I)v = 0
1 1 1 x 0
⇒ 1 1 1 y = 0
1 1 1 z 0
⇒ x+y+z = 0
⇒ x = −y − z
⇒ v (−y − z, y, z) , y, z ∈ R
⇒ v = y (−1, 1, 0) + z (−1, 0, 1) , y, z ∈ R
⇒ Eλ1 = vect {w1 , w2 } avec w1 (−1, 1, 0) et w2 = (−1, 0, 1) ,
de plus la famille {w1 , w2 } est libre car :
Eλ2 = v ∈ R3 /Bv = v ,
= v ⇒ (B − I) v =
Bv 0
−2 1 1 x 0
⇒ 1 −2 1 y = 0
1 1 −2 z 0
−2x + y + z = 0 · · · (1)
⇒ x − 2y + z = 0 · · · (2)
x + y − 2z = 0 · · · (3)
2x − y = −x + 2y ⇒ x = y,
(3) donne :
z = y ⇒ z = y ⇒ v (y, y, y) , y ∈ R,
3.11 Diagonalisation ou trigonalisation d’une matrice 109
donc :
D = P−1 BP,
où :
1 0 0 1 −1 −1
D = 0 −2 0 et P = 1 1 0 .
0 0 −2 1 0 1
■ Exemple 3.59
3 2 −2
C = −1 0 1 .
1 1 0
f : R3 → R3
(x, y, z) 7→ f (x, y, z) = (3x + 2y − 2z, −x + z, x + y) .
= − (λ − 1)3 .
La seule valeur propre est λ1 = 1 avec un ordre de multiplicité 3. Cherchons la dimension du sous
espace propre Eλ1 ?
Eλ1 = v ∈ R3 /Cv = v ,
= v ⇒ (C − I) v =
Cv 0
2 2 −2 x 0
⇒ −1 −1 1 y = 0
1 1 −1 z 0
2x + 2y − 2z = 0
⇒ −x − y + z = 0
x+y−z = 0
⇒ x+y−z = 0 ⇒ z = x+y
⇒ v (x, y, x + y) , x, y ∈ R
⇒ v = x (1, 0, 1) + y (0, 1, 1) , y, z ∈ R
⇒ Eλ1 = vect {v1 , v2 } avec v1 (1, 0, 1) et v2 = (0, 1, 1) ,
110 Chapitre 3. Les matrices
T = P−1CP.
où :
1 a b 1 0 0
T = 0 1 c et P = 0 1 0 ,
0 0 1 1 1 1
où les deux premières colonnes de P sont les vecteurs de la base de Eλ1 et la dernière est un vecteur
arbitraire de façon que P soit inversible (det P ̸= 0).
Il reste à trouver a, b et c.
Sachant que le nombre de colonnes qui contiennent des zéros en dehors de la diagonale est égal à
la dimension du sous espace propre donc a = 0, pour avoir deux colonnes (le même ordre de la
dimension du sous espace propre Eλ1 ).
Pour trouver b et c, on applique la propriété de la matrice de passage, en effet :
Conclusion :
1 0 −2
T = 0 1 1 .
0 0 1
R Le changement du 3ème vecteur dans P nous donne une autre matrice triangulaire.
où :
a11 a12 . . . a1n x1 b1
a21 a22 . a2n x2 b2
A= .. , X = .. et B = .
.. .. .. ..
. . . . . .
an1 an2 · · · ann xn bn
dX dY
= AX + B ⇔ = DY +C
dt dt
avec :
dx1
= 2x1 + 3x2 + t 2
dt (3.18)
dx2
dt = x1 + 4x2 + t,
dX
= AX + B,
dt
où :
t2
2 3 x1
A= ,X = et B = .
1 4 x2 t
2−λ 3
PA (λ ) = det (A − λ I) =
1 4−λ
= (2 − λ ) (4 − λ ) − 3
= λ 2 − 6λ + 5
= (λ − 1) (λ − 5)
⇒ S p (A) = {1, 5} ,
les deux valeurs propres sont distinctes, donc A est semblable à la matrice diagonale :
1 0
D= ,
0 5
112 Chapitre 3. Les matrices
t
⇒ y1 = k1 e , k1 ∈ R.
2ème étape : Avec second membre. La solution particulière est de la forme at 2 + bt + c donc :
2
−t t
(2at + b) − at 2 + bt + c =
− ,
2 2
3.12 Exercices avec solutions 113
⇒ y2 = k2 e5t , k2 ∈ R.
2ème étape : Avec second membre. La solution particulière est de la forme at 2 + bt + c d’où :
2
2
−t 3t
(2at + b) − 5 at + bt + c = + ,
2 2
par identification on trouve :
1 −13 −13
a= ,b = et c = ,
10 50 250
donc la solution générale de l’équation (3.20) est :
2
5t t 13t 13
y2 = k2 e + − − , k2 ∈ R.
10 50 250
Donc :
−3 −1 y1
X = PY =
1 1 y2
2
!
k1 et + t2 + 3t2 + 32
−3 −1
= t2
1 1 k2 e5t + 10 − 13t 13
50 − 250
−3k1 et − k2 e5t − 85 t 2 − 106 556
25 t − 125
= , k1 , k2 ∈ R,
k1 et + k2 e5t + 35 t 2 + 31 181
25 t + 125