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Chapitre 1

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Licence2eme Promotion

Troisième année

Cours de Fiscalité

Support du Chapitre I :

LES FONCTIONS DE LA FISCALITE, SES COMPOSANTS ET LES


OBLIGATIONS DES CONTRIBUABLES

La fiscalité, tire son origine du terme « Fiscus » qui est un mot latin qui signifie
« panier » que les Romains employaient pour recevoir de l’argent, il a donné
également naissance au terme Fisc, qui désigne couramment l’ensemble des
administrations publiques qui ont en charge l’impôt.

I) Les fonctions de la fiscalité

La fiscalité a trois fonctions classiques, ainsi qu’une nouvelle fonction qui


commence à émerger, à savoir la fonction écologique.

A) La fonction financière :

La fiscalité constitue la ressource essentielle du budget de l’Etat et celui des


collectivités territoriales, en vue de faire face aux différentes charges publiques.
Cette fonction budgétaire est la fonction la plus ancienne de l’impôt, malgré
l’évolution de la notion de l’Etat, la fiscalité est et restera l’outil de cette
dernière pour financer les différentes charges publiques.

B) La fonction économique :

La fiscalité est un instrument d’intervention économique, par conséquent l’Etat


intervient par la taxation élevée des activités improductives (les
importations), et la détaxation totale ou partielle des activités utiles au
développement (les exportations).

C) La fonction sociale et redistribution des revenus :

La fiscalité constitue un instrument de redistribution des revenus, elle est due


suivant la capacité contributive des personnes, par conséquent elle impute les
revenus élevés et accroit ceux qui sont faible en accordant des avantages ou des
subventions.

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D) La fonction écologique :

Cette nouvelle fonction est basée sur le principe du « pollueur payeur », visant à
protéger l’environnement en instituant des prélèvements sur certaines catégories
de produits polluants et sur les émissions de pollution. (la taxe sur les activités
polluantes et dangereuses pour l’environnement, la taxe sur les produits
pétroliers, la taxe sur les carburants, la taxe spécifique sur les sacs en plastique
importés et ou produits localement…etc)

II) Les composants de la fiscalité :

A) L’impôt : En l’absence d’une définition juridique de l’impôt, la doctrine est


intervenue pour y remédier, dans ce contexte nous allons adopter la définition
classique dite de Gaston jèze, suivi d’une autre définition plus moderniste, et à
partir de ces deux définitions nous allons extraire les caractères de l’impôt.

A-1) La définition classique : L’impôt est défini comme une « prestation


pécuniaire requise des particuliers, par voie d’autorité, à titre définitif et sans
contrepartie, en vue de la couverture des charges publiques ».

A-2) La définition contemporaine : «l'impôt est une prestation pécuniaire


requise des personnes physiques ou morales de droit privé, voire de droit public,
d'après leurs facultés contributives, par voie d'autorité, à titre définitif et sans
contrepartie déterminée, en vue de la couverture des charges publiques ou à des
fins d'intervention de la puissance publique».

A-3) Les caractères de l’impôt : A partir de ces deux définitions nous pouvons
constater les caractères de l’impôt :

- Un prélèvement pécuniaire : L’impôt est acquitté en argent soit par remise


d’espèce ou de chèque ou de virement bancaire ou postal, il ne peut être acquitté
en nature comme ce fût dans le passé.

- Un prélèvement obligatoire : Le contribuable est contraint de payer sa dette


fiscale, cette contrainte trouve son fondement juridique dans la volonté
unilatérale de l’Etat d’exercer son pouvoir de taxation, qui résulte de la loi.

- Un prélèvement effectué en vertu de prérogatives de puissance publique :


L’impôt est établi et perçu par l’administration par voie d’autorité, en vertu des
prérogatives de puissance publique qui lui sont reconnues.

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- Un prélèvement effectué à titre définitif : L’impôt est une ressource
définitive pour les collectivités publiques, notamment l’Etat et les collectivités
territoriales, dés lors qu’il est justifié, il ne peut faire l’objet d’aucune restitution.

- Un prélèvement effectué sans contrepartie déterminée : Juridiquement


l’impôt ne constitue pas le prix d’un service rendu, par conséquent le
contribuable ne peut pas exiger une contre partie en retour cependant le
contribuable bénéficiera de la contre partie de l’impôt payé de façon indirect, du
moment qu’il profitera en tant que citoyen des activités financées par l’impôt.

- Un prélèvement destiné à couvrir les charges publiques : La fonction


initiale de l’impôt est la couverture des différentes charges publiques, seulement
avec l’évolution de la notion de l’Etat, l’impôt a dépassé le stade de financement
pour être utilisé comme instrument d’intervention de la puissance publique, en
vue de réaliser certains objectifs d’ordre économique, sociale…etc

B) La Taxe : La taxe est définie comme la somme exigée en contrepartie des


prestations offertes par un service public ou de la possibilité d’utiliser un
ouvrage public, le montant de la taxe n’est pas proportionnel au service rendu,
aussi même si le contribuable ne bénéficie pas du service, il est dans l’obligation
de s’acquitter de cette taxe (taxe d’enlèvement des ordures ménagères).

C) La redevance : La redevance est définie comme la somme versée par


l’usager d’un service public ou d’un ouvrage public déterminé, et qui trouve sa
contre partie directe et immédiate dans les prestations fournies par ce service ou
dans l’utilisation de l’ouvrage, donc seul les usagers paient la redevance, aussi
son montant est proportionnel au service rendu.

D) Les taxes parafiscales : Les taxes parafiscales constituent l’ensemble des


droits taxes et redevances institués par des dispositions de lois de finances,
perçus au profit d’une personne morale autre que l’Etat et les collectivités
territoriales figurant sur un état spécial annexé à la loi de finances (sécurité
sociale, chambre de commerce et d’industrie, chambre d’agriculture, centre
national du registre de commerce, chambre d’artisanat et des métiers).

III) Les principales classifications de l’impôt

L’impôt peut faire l’objet de diverses classifications à savoir économique,


administrative et technique.

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1) La classification économique

Le critère de distinction adopté par cette classification réside en l’élément


économique objet de la taxation, notamment le revenu, la dépense et le
patrimoine.

A- La taxation des revenus

Selon le code des impôts directs et taxes assimilées il existe deux types d’impôts
assis sur les revenus, l’impôt sur le revenu global qui touche les gains réalisés
par les personnes physiques, et l’impôt sur le bénéfice des sociétés qui incombe
aux personnes morales soumises au régime de l’IBS; le revenu imposable est le
revenu global net annuel déterminé en totalisant les bénéfices ou revenus sur les
dépenses effectuées.

B- La taxation de la dépense

On les appelle impôts sur la dépense car ils sont payés au moment ou la dépense
est effectuée lors de l’acquisition d’un bien ou d’un service, ces impositions sont
en principe intégrées dans le prix de vente du bien ou du service, c’est donc le
consommateur final qui en supporte la charge, telle est le cas de la TVA.

C- La taxation du patrimoine

Ce sont des impositions qui sont perçues soit :

- à l’occasion de la détention d’un capital, l’impôt est calculé par conséquent à


partir de la valeur du patrimoine, c’est le cas de la taxe foncière sur les
propriétés bâties ou non bâties payée par le propriétaire du bien, ainsi que
l’impôt sur la fortune qui frappe les biens, droits et valeurs appartenant au
contribuable.

- à l’occasion de la mutation du patrimoine à titre gratuit, (donation, droits de


succession), ou à titre onéreux (droit d’enregistrement acquitté suite à la vente
d’un bien immobilier).

2) La classification administrative

Cette classification consiste à classer les impositions en fonction des budgets des
administrations qu’elles alimentent.

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A- Impôt revenant au budget de l’Etat

Ce sont les impositions qui alimentent le budget de l’Etat, tel l’impôt sur le
revenu, l’impôt sur le bénéfice des sociétés, ainsi qu’une partie de la TVA, de
l’impôt sur la fortune et de l’impôt forfaitaire unique.

B- Impôt revenant aux collectivités territoriales

Ce sont des impositions qui alimentent le budget des collectivités territoriales,


notamment la wilaya et la commune. Telle la taxe sur l’activité professionnelle
et l’impôt forfaitaire unique, dont une partie revient au budget des wilayas, et
une deuxième partie revient au budget des communes, ainsi que la taxe foncière
et la taxe d’assainissement dont le profit revient exclusivement au budget des
communes.

C- Impôts revenant au profit d’autres organismes étatiques

Certaines impositions (une partie de l’impôt forfaitaire unique, de la TAP et de


la TVA) contribuent au financement du budget de certains organismes autres
que les collectivités territoriales, comme la chambre de commerce et d’industrie,
la chambre nationale de l’artisanat et des métiers, la chambre de l’artisanat et
des métiers, le fonds commun des collectivités locales, et la caisse de solidarité
et de garantie des collectivités locales.

3) Les classifications techniques

Ce type de classification est adopté par les techniciens notamment les fiscalistes
d’où sa qualification de classification technique

A- Les impôts directs et les impôts indirects

Les impôts directs sont définis comme des impôts perçus au terme d’une relation
directe, sans intermédiaire entre le fisc et le contribuable (IRG/IBS), alors que
les impôts indirects sont encaissés auprès d’un tiers qui assure le rôle
d’intermédiaire entre le contribuable et le trésor public (TVA).

B- Les impôts réels et les impôts personnels

Les impôts réels frappent la matière imposable sans tenir compte de la situation
personnelle du contribuable (TVA), quand à l’imposition personnelle elle prend
en compte la situation personnelle et économique du contribuable (IRG).

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C- Les impôts proportionnels et les impôts progressifs

L’imposition proportionnelle frappe la matière imposable à un taux constant qui


ne varie pas (TVA, IBS), à l’inverse de l’imposition progressive on voit son taux
augmenter avec l’augmentation de la matière imposable (IRG).

D- Les impôts spécifiques et les impôts ad valorem

Les impositions spécifiques frappent une quantité physique de matière


imposable, exprimée en poids, volume ou surface (les impôts indirects qui
frappent les boissons alcoolisées et liqueurs, Tabacs, les produits
pétroliers…etc), quand aux impositions ad valorem, elles frappent la valeur
monétaire de la matière imposable, (l’IRG qui frappe la valeur du revenu, la
TVA qui frappe la valeur du chiffre d’affaire).

IV) La fiscalité personnelle et la fiscalité professionnelle :

Pour distinguer entre une fiscalité personnelle et une fiscalité professionnelle,


on fait appelle à un critère de distinction qui permet de classifier ces deux
catégories.

1) Critère de distinction :

Le professionnel, est appréhendé par la fiscalité à travers son activité et


accessoirement les biens dont il dispose, ou qu’il utilise au titre de son activité.

Ces éléments constituent le critère de distinction entre la fiscalité personnelle et


la fiscalité professionnelle.

L’organisation administrative distingue les services fiscaux dédiés aux


particuliers, et ceux réservés au professionnels.

2) Imposition au titre de la fiscalité personnelle :

On entend par fiscalité personnelle les impositions qui incombent aux personnes
physiques sur des biens qu’ils détiennent en dehors de l’exercice de leur activité
professionnelle à savoir :

- Taxe foncière, est une taxe qui frappe les propriétés immobilières bâties ou
non bâties.

- Taxe d’assainissement qui est à la charge du locataire et qui peut-être


recherché conjointement et solidairement avec le propriétaire pour son paiement.

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- Impôt sur la fortune, sont soumis à cette impôt les personnes physiques sur
des biens leurs appartenant, ou à raison des éléments de leur train de vie.

Ainsi que certaines catégories des revenus soumis à l’impôt sur le revenu
global notamment :

- Revenus fonciers provenant des propriétés bâties et non bâties louées.

- Revenus des capitaux mobiliers.

- Traitements, salaires, pensions et rentes viagères.

- Les plus values de cession à titre onéreux des immeubles bâtis ou non bâtis, et
des droits réels immobiliers, ainsi que celle résultant de la cession d’actions de
parts sociales ou de titres assimilés.

Les personnes physiques qui séjournent dans les communes dans lesquelles elles
ne possèdent pas de résidence au titre de laquelle, elles sont passibles de la taxe
foncière sont soumises à la - Taxe de séjour, codifiée par l’article 69 de la loi
de finance 2022.

3) La fiscalité professionnelle :

L’entreprise individuelle ou sociétaire est soumise à divers impositions au titre


de l’activité exercée, commerciale, industrielle, artisanale, agricole ou libérale.

- L’entreprise individuelle : les personnes physiques sont soumises au titre de


l’activité exercée aux impositions suivantes :

-Impôt forfaitaire unique, est un impôt qui couvre l’IRG, la TAP et la TVA
sont soumis au régime de l’impôt forfaitaire unique les personnes physiques
exerçant une activité industrielle, commerciale, non commerciale artisanale ainsi
que les coopératives d’artisanat d’art et traditionnelles dont le chiffre d’affaires
annuels n’excèdent pas huit millions de dinars. A l’exception de celles ayant
opté pour le régime d’imposition d’après le bénéfice réel ou le régime simplifié
des professions non commerciales.

- Impôt sur le revenu global dans les catégories :

- IRG/bénéfices industriels et commerciaux

- IRG/ bénéfices des professions non commerciales.

- IRG/ revenus agricoles

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Quant aux entreprises sociétaires, elles sont soumises à l’Impôt sur les
bénéfices des sociétés, au titre des bénéfices nets réalisés par des sociétés de
capitaux et des sociétés ayant opté au régime de l’IBS.

Aussi sont soumises au titre du chiffre d’affaires réalisé par les personnes
physiques ou morales aux impositions suivantes :

- Taxe sur l’activité professionnelle (TAP) est une taxe due à raison du chiffre
d'affaires réalisé en Algérie par les contribuables qui exercent une activité dont
les profits relèvent de l'impôt sur le revenu global, dans la catégorie bénéfice
industriel et commercial ou de l'impôt sur les bénéfices des sociétés.

- Taxe sur la valeur ajoutée : la TVA est un impôt indirect sur la


consommation, qui affecte le chiffre d’affaire, elle est collectée par des tiers
(producteur, fabriquant, commerçant, prestataire de service…etc) et supportée
par le consommateur.

- Taxe intérieur de consommation : c’est une taxe affectant divers produits


essentiellement les produits tabagiques et allumettes, les bières, ainsi que
certains produits et biens destinés à la consommation dont le saumon, la banane,
le kiwi, les articles de friperie…etc.

- Taxe sur les produits pétroliers : c’est une taxe qui affecte l’essence, le
gasoil, le gaz de pétrole liquéfié (GPL, carburant).

Au titre des impôts indirects on retrouvera :

- Droit de circulation : c’est un droit qui affecte une quantité d’alcool ou de


vins mise à la consommation, sont assujettis à ce droit les marchands en gros
entrepositaires.

- Droit de garantie et d’essai : sont soumis à ce droit les ouvrages en or, argent
et patine.

Il ya lieu de signaler que le législateur à codifié la - Taxe de formation


professionnelle continue et d’apprentissage, par l’article 56 de la loi de
finance de 2022, sont soumis à cette taxe les employeurs établis ou domiciliés en
Algérie à l’exception des institutions et administrations publiques.

Aussi la taxe foncière peut être considérée comme une imposition


professionnelle si le bien est affecté à l’activité exercée.

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Il ya lieu de signaler que certaines impositions sont communes aux impositions
personnelles et professionnelles à savoir :

- Droit d’enregistrement (régie par le code de l’enregistrement)

Ce sont des droits qui frappent le patrimoine de la personne lors de sa


transmission, soit à titre onéreux (exemple droit d’enregistrement sur la vente
d’un bien immobilier…etc) ou à titre gratuit (les droits de succession, les
donations…etc)

- Droit de timbre : (régie par le code de timbre)

Parmi les droits de timbres acquittés par les contribuables : le timbre de


dimension, le timbre de quittance, les vignettes automobiles, la délivrance de
certains documents est subordonnée au paiement d’un timbre fiscal (passeport,
permis de conduire, carte d’identité, carte de résidence…etc)…etc

Remarque :

Le système fiscal Algérien est fondé sur deux types de fiscalité, la fiscalité
ordinaire (citée plus haut), et la fiscalité pétrolière qui constitue le régime fiscal
spécifique aux activités de l’Amont pétrolier (les opérations de recherche et/ou
d’exploitation des hydrocarbures) par la loi n° 19-13 du 11 décembre 2019
régissant les activités d’hydrocarbures (qui a abrogé la loi n° 05-07 du 28 avril
2005 relative aux hydrocarbures); Ce régime fiscal est constitué des impôts,
taxes et redevances suivantes :

- la taxe superficiaire

- la redevance hydrocarbures.

- l’impôt sur le revenu des hydrocarbures (IRH).

- l’impôt sur le résultat.

- l’impôt sur la rémunération du co-contractant étranger.

- la redevance forfaitaire sur la production anticipée.

- la taxe foncière sur les biens autres que les biens d’exploitation, telle que régie
par la législation fiscale en vigueur.

- droit de transfert applicable aux activités amont.

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- la taxe spécifique sur le torchage du gaz applicable aux activités
d’hydrocarbure.

- la redevance hydraulique applicable aux activités d’hydrocarbures.

Quant aux activités de l’aval pétrolier, (le transport par canalisation, le raffinage
la transformation, la commercialisation, le stockage et la distribution) elles sont
soumises à la fiscalité ordinaire.

V) Les obligations du contribuable :

Le contribuable peut être défini comme toute personne physique ou morale


assujettie au paiement des impôts ou taxes, prescrits conformément aux lois
fiscales en vigueur.

En matière d’impôts directs le contribuable est la personne qui supporte


effectivement la charge de l’impôt, cependant en matière d’impôts indirects il y
a lieu de distinguer entre le redevable réel et le redevable légal, ce dernier ne
supporte pas la charge fiscale mais il a l’obligation de collecter l’impôt du
redevable réel qui n’est autre que le consommateur, et le verser aux caisses de
l’Etat.

Le contribuable est soumis à deux types d’obligations, les obligations


comptables et les obligations fiscales ; toutefois ces obligations sont différentes
selon les régimes d’imposition.

1) Les régimes d’imposition et les services fiscaux compétents :

A) Les régimes d’imposition :

- Le régime du réel : régime d’imposition qui concerne toutes les entreprises


sociétaires quelque soit le chiffre d’affaires réalisé, ainsi que les personnes
physiques soumises à l’IRG réalisant un chiffre d’affaires supérieur à huit
millions de dinars ; et celles dont le chiffre d’affaires est inférieur à ce seuil
ayant opté pour le régime du réel.

Ce régime se base sur les déclarations effectives des contribuables

- Le régime simplifié : introduit dans la loi de finances de 2022, est un régime


qui concerne les contribuables exerçant une activité professionnelle de nature
libérale dont le chiffre d’affaires excède les huit millions de dinars, ou ceux
ayant optés pour ce régime.

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C’est un régime spécifique avec moins de contraintes, la comptabilité tenue est
simplifiée.

- Le régime de l’impôt forfaitaire unique : régime applicable aux


contribuables soumis à l’impôt forfaitaire unique dont le chiffre d’affaires
n’excède pas les huit millions dinars, ainsi que les auto-entrepreneurs dont le
chiffre d’affaires est inférieur ou égal à cinq millions de dinars.

B) Les services extérieurs de l’administration fiscale

L’organisation de l’administration fiscale est passée d’une organisation par


fonctions fiscales (assiette, recouvrement, contrôle et contentieux) à une
organisation par catégorie de contribuables (les grandes entreprises les
moyennes entreprises et les petites entreprises)

Les services extérieurs de l’administration fiscale sont répartis conformément au


décret exécutif n° 06/327 fixant l’organisation et les attributions des services
extérieurs de l’administration fiscale, modifié et complétés par le décret exécutif
n° 17/146 ainsi que de l’arrêté interministériel du 21/02/2009 modifié et
complété par l’arrêté interministériel du17/10/2018 :

1) Au niveau national : la direction des grandes entreprises apte a gérer les


dossiers fiscaux des contribuables relevant de sa compétence, à savoir les
sociétés et les groupements exerçant dans le secteur pétrolier, les sociétés
étrangères intervenant en Algérie temporairement dans un cadre contractuel
lorsque le montant du contrat est supérieur ou égal à un montant fixé par arrêté
du ministre des finances; les société de capitaux et les sociétés de personnes
ayant opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, ainsi que les groupes
de sociétés réalisant un chiffre d’affaires supérieur ou égal au montant fixé par
arrêté du ministre des finances.

L’organigramme de cette direction est établi par l’arrêté interministériel datée du


21/02/2009 (la sous direction de la fiscalité des hydrocarbures, la sous direction
de gestion, la sous direction du contrôle et des fichiers, la sous direction du
contentieux, la sous direction des moyens, une recette des impôts, un service
d’accueil et d’information et un service informatique)

2) Au niveau régional : On retrouvera au niveau régional

- Les directions régionales des impôts qui jouent le rôle d’intermédiaire entre
les services centraux et les directions des impôts de wilaya ; elles veillent à

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l’exécution des programmes et à l’application des décisions et instructions des
l’administration centrale

- Les services régionaux des recherches et vérification qui ont pour mission
d’exécuter les programmes de contrôle arrêtés par la direction des recherches et
vérifications et de l’établissement des statistiques y afférentes.

- Les centres régionaux de l’information et de documentation dont la


mission réside en la recherche et la collecte et la consolidation de l’information

- Les inspections régionales des services fiscaux qui effectuent toutes les
taches liées au contrôle interne des services fiscaux.

3) Au niveau local : On retrouvera

- les centres des impôts qui prennent en charge les dossiers fiscaux des
entreprises relevant du régime du réel qui ne sont pas éligibles à la direction des
grandes entreprises.

- les centres de proximité des impôts chargés de la gestion des entreprises


individuelles relevant du régime du forfait, des exploitations agricoles, des
personnes physiques au titre de l’impôt sur le revenu global ou sur leur
patrimoine, ainsi que la taxe applicable à leurs biens immeubles bâtis ou non
bâtis (TF), des établissements publics à caractère administratif, associations ou
tout autre organisme, au titre des impôts et taxes dus sur les salaires et
rémunérations versés, ou tout autre segment taxable de leurs activités; des
entreprises affectées à la direction des grandes entreprises ou des centres des
impôts, au titre des impôts ou taxes non pris en charge par leur structure fiscale
de rattachement.

Ces deux structures sont organisées en trois services principaux à savoir le


service principal de gestion, le service principal du contentieux, le service
principal du contrôle et de la recherche, une recette des impôts, un service
d’accueil et d’information et un autre d’informatique et des moyens

- Les directions de wilayas qui font partie de l’ancienne organisation que le


législateur garde de façon transitoire, en attendant la généralisation totale des
CDI et CPI dont l’organigramme est constitué d’une sous direction des
opérations fiscales, sous direction du recouvrement, sous direction du
contentieux, sous direction du contrôle fiscal, sous direction des moyens, et leurs

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démembrements à savoir les inspections (services d’assiette) et les recettes des
impôts (service de recouvrement).

4) Inspections et recettes spécialisées en matière d’impôts indirects et droit


d’enregistrement et timbre introduites par le décret exécutif n° 17/146
(inspections de garantie, inspections des accises et des contributions indirectes,
inspections de l’enregistrement et timbre succession et fichier, la recette centrale
du timbre, les recettes régionales du timbre, des services d’analyse et
d’expertise)

2) Les obligations comptables

Les contribuables sont soumis à diverses obligations comptables qui nous


renvoient au code de commerce, toutefois ces obligations de nature comptable
diffèrent selon le régime fiscal d’imposition.

- Les contribuables relevant du régime de l’impôt forfaitaire unique :

Ces contribuables ont l’obligation de détenir un registre des achats et des ventes
pour l’activité d’achat revente, et un registre des recettes et des dépenses pour
les prestataires de services coté et paraphé par les services fiscaux.
- Les contribuables relevant du régime du réel :
Ces contribuables sont dans l’obligation de détenir une comptabilité probante
conforme aux lois et règlements en vigueur (système comptable et financier) ils
doivent détenir un livre journal, un livre d’inventaire cotés et paraphés par le
président du tribunal du siège de l’entreprise, ainsi que le grand livres et d’autres
registres selon leurs utilités .
- Les contribuables relevant du régime simplifié : cette catégorie de
contribuable doit avoir en sa possession un livre des recettes et des dépenses
professionnelles et un livre des immobilisations cotés et paraphés par les
services fiscaux compétents.
3) Les obligations déclaratives

Les contribuables de différentes catégories sont soumis à un certains nombres de


déclarations :

- La déclaration d’existence : déposée au début de l’activité auprès des


services compétents.

-Les déclarations mensuelles ou trimestrielles : dépôt de déclarations


mensuelles avant le 20 du mois qui suit le mois d’imposition ou le trimestre
d’imposition (déclaration G 50) auprès du receveur des impôts.

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- La déclaration annuelle : les contribuables qui relèvent du régime du réel
doivent souscrire chaque année cette déclaration portant sur les revenus et
bénéfices réalisés de l’année (N-1) auprès des services d’assiette.

- Déclaration prévisionnelle de l’IFU :


Les contribuables soumis au régime de l’impôt forfaitaire unique sont
tenus de souscrire cette déclaration auprès de l’inspecteur des impôts
du lieu d’implantation de l’activité.
- Déclaration complémentaire de l’IFU:
Une déclaration complémentaire est souscrite par les contribuables
concernés à l’année ( N+1).
- Bordereau avis de versement de l’IRG salaires (G50 ter) :
Les contribuables soumis au régime de l’impôt forfaitaire unique sont
tenus de verser, les sommes dues, au titre de l’IRG/ catégorie
«traitements et salaires » durant les vingt (20) premier jours du mois
suivant le trimestre civil au cours duquel les retenues ont été effectuée.
- Déclaration de cessation d’activité :

En cas de cession ou de cessation d’activité, une déclaration doit être souscrite


auprès des services d’assiette auprès desquels la déclaration d’existence a été
déposée, dans un délai de 10 jours de la date de la cession ou de la cessation de
l’activité.

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