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Méthodologie de la dissertation

UNIVERSITE PARIS NANTERRE


O. Deshayes

Résumé :

Les étudiants trouveront dans ce document des conseils méthodologiques pour


réussir l’épreuve écrite de dissertation en droit. La lecture de ce document doit être
précédée de celle des conseils méthodologiques généraux pour les exercices écrits.

La dissertation en droit n’est pas fondamentalement différente de la dissertation de


français ou de philosophie auxquelles vous avez été habitués lors vos études
antérieures.

Il s’agit de traiter un sujet théorique donné en organisant la réflexion autour d’une


problématique.

Le sujet se présente souvent sous la forme d’un groupe nominal, sans verbe. Par
exemple : « Le statut du beau-parent » ou bien « Les conditions de validité du
contrat ». Mais iI arrive que le sujet prenne la forme d’une phrase. Elle est alors le
plus souvent interrogative. Par exemple : « La loi du 10 août 2017 révolutionne-t-elle
le droit des successions ? » ou bien « Peut-on encore dire que la lésion est
indifférente en droit des contrats ? ».

La dissertation est un exercice dit « théorique », par opposition aux cas pratiques ou
commentaire de décisions de justice, regardés comme des épreuves « pratiques ».

Avant d’entrer dans les détails, quelques conseils élémentaires doivent être
rappelés :

- Le sujet doit être parfaitement cerné. A cette fin, chaque mot de l’intitulé doit
être pris en compte. Pourquoi tel adjectif figure-t-il dans l’énoncé ? Pourquoi tel verbe
a-t-il été choisi plutôt que tel autre ?, etc.

- Il faut résister à la tentation de n’aborder que la partie la plus évidente du


sujet. Vous devez en rechercher toutes les implications, penser à tous les exemples,
même les plus atypiques. Ce rassemblement des matériaux, qui intervient lors de la
phase préparatoire, est important. La qualité de la dissertation dans son ensemble
en dépend.

1
- Il convient de dégager une problématique. Une dissertation n’est en effet pas
une compilation de connaissances sur un thème donné. Il faut donc trouver un fil
conducteur entre les matériaux rassemblés et mener une véritable démonstration.

- Les connaissances doivent s’effacer derrière la démonstration. N’oubliez pas


qu’elles ne sont qu’un outil. Elles ne doivent donc être mobilisées qu’au soutien de la
dissertation.

- Il faut éviter le bavardage et les digressions, ce qui suppose une maîtrise


irréprochable du cours et des connaissances acquises en TD.

I. Le travail préparatoire

Comme dans les autres épreuves, le travail préparatoire est important. Il déterminera
la physionomie générale de votre devoir.

Pour bâtir une dissertation solide, il faut « au brouillon » :

- identifier les termes du sujet et les analyser. On peut pour cela noter sur le brouillon
toutes les idées, points de cours, illustrations que chaque terme évoque ;

- trouver un axe permettant d’articuler de façon cohérente l’ensemble de ces idées


(ou la plupart d’entre elles). Ce sera votre problématique. Son affinement peut vous
conduire à ajouter de nouveaux exemples ou à envisager de traiter de points
nouveaux, qui n’étaient pas spontanément venus à votre esprit lors de la lecture du
sujet. Consignez-les tous sur votre brouillon. Mais attention : la problématique doit
procéder des matériaux réunis et les lier ; elle ne doit pas les précéder.

- élaborer un plan simple et clair pour servir fidèlement la problématique retenue. Il


doit être progressif et ne comporter idéalement aucune répétition ni retour en arrière.
Vous devez veiller à ne pas vous contredire. Ainsi, si vous menez une démonstration
« pour » quelque chose, elle ne doit pas être suivie d’une démonstration « contre »
cette même chose. Le lecteur ne comprendrait pas ce changement de cap et aurait
l’impression que vous n’avez pas d’opinion. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait jamais
place pour la nuance, voire pour une certaine forme de subtilité. Au contraire, le droit
s’y prête bien. Mais une chose est d’avoir une position nuancée, une autre est de se
contredire soi-même.

De ce qui précède, vous déduirez que le plan thèse/antithèse/synthèse est rarement


adapté. Il vous appartient, au stade du « brouillon » de lister les arguments « pour »,
les arguments « contre », de prendre position et de construire la meilleure
dissertation pour servir cette position. Attention : cela ne veut pas dire que vous
devez faire l’impasse sur les arguments qui ne vous ont pas convaincu. Vous devez
au contraire les inclure mais en expliquant pourquoi vous ne les avez pas retenu.
C’est ainsi que l’on parvient à convaincre : en disant pourquoi on peut être « pour »
quelque chose et en démontrant que les arguments « contre » ne sont pas
convaincants.

2
Sur les autres aspects du plan, il est renvoyé aux développements ci-dessous qui en
traitent plus particulièrement. Notez simplement, pour en finir avec la phase
préparatoire, qu’elle est trop courte pour permettre une rédaction complète du devoir
au brouillon. La rédaction des développements doit être entreprise directement « au
propre », faute de temps. Seule l’introduction et les transitions ou annonces peuvent,
le cas échéant, être rédigées en tout ou partie au « brouillon ».

II. Le plan

Il y a lieu, au sujet du plan de la dissertation, d’évoquer sa forme générale, le choix


des intitulés des parties et enfin les annonces de plan.

- La structure générale du plan

Le plan est le squelette de la dissertation. Il doit permettre au lecteur de comprendre


plus facilement (parfois de deviner d’avance) le contenu de la démonstration.

Il est usuel, dans les facultés de droit, d’adopter un plan dit « apparent » ou
« visible », c’est-à-dire un plan qui se signale par la présence de titres, ressortant
des développements. Ces titres sont précédés et suivis d’un espace, afin qu’on
puisse en identifier la présence d’un simple coup d’œil.

Il est également usuel de « numéroter » les titres. L’usage est d’attribuer :


- un chiffre romain aux divisions les plus importantes (I, II, III, etc.),
- une lettre de l’alphabet en majuscule aux divisions de rang suivant (A,
B, C, etc.) et,
- s’il y a lieu, un chiffre indo-arabe aux divisions de rang encore
inférieur (1, 2, 3, etc.).

Le plan le plus fréquemment retenu comporte deux parties et deux sous-parties. Il


prend donc la forme suivante :
I/
A)
B)
II/
A)
B)

Un tel plan se prête bien particulièrement bien à la dissertation et peut servir de


guide de référence. On peut en effet facilement opposer les choses deux à deux
(principe/exception ; notion/régime ; analyse/portée ; apparence/réalité, arguments
écartés/arguments retenus ; théorie/pratique ; droit positif/droit prospectif, etc.).

Cela étant dit, et comme pour les autres épreuves, rien ne vous interdit de préférer
un autre plan, par exemple un plan en trois parties ou bien en deux parties et trois
sous-parties. Le bon sens commande de donner la priorité à votre démonstration et
donc de retenir le plan qui la sert le mieux.

3
Le plan idéal est « équilibré » : les parties ont à peu près la même longueur. Un
déséquilibre entre les parties est tout à fait tolérable, mais si ce déséquilibre est
extrême, demandez-vous si ce n’est pas le signe que le plan est mal conçu.

- Les intitulés des développements

Dans un plan « apparent », les développements sont précédés d’un titre numéroté.
Les intitulés doivent être soigneusement choisis. Ils doivent :
- être clairs (c’est-à-dire être facilement compréhensibles et refléter le contenu
de la subdivision) ;
- être courts ;
- ne comporter en principe aucun verbe conjugué.

Prenons un exemple. Imaginons qu’une dissertation porte sur « la bonne foi en droit
des contrats ». Un découpage formellement satisfaisant pourrait consister à
opposer les « usages classiques de la bonne foi » aux « usages modernes de la
bonne foi ». Un autre découpage formellement satisfaisant pourrait consister à
opposer « la notion de bonne foi » aux « fonctions de la bonne foi ». Il n’est pas dit ici
que ces découpages sont satisfaisants au fond et méritent d’être retenus. Mais ils
sont formellement satisfaisants.

Il faut par ailleurs faire en sorte que les intitulés se « répondent » les uns les autres,
c’est-à-dire qu’ils aient la même forme, qu’une symétrie existe. Si un titre commence
par un article (le, la, les, un, etc.), les autres titres de même niveau doivent en
comporter un aussi. C’est une question d’élégance. Mais ce n’est pas que cela. La
recherche de symétrie est un moyen de mieux faire ressortir les termes de
l’opposition que vous établissez entre vos parties et donc de mieux faire comprendre
la logique de votre plan.

Poursuivons l’exemple précédent. Si vous avez le choix d’opposer la notion de


bonne foi aux usages de la bonne foi :

- il ne faut pas présenter les choses de la façon suivante :

I / La notion de bonne foi


II/ Plusieurs fonctions de la bonne foi

- il est préférable de retenir le plan suivant :

I/ La notion de bonne foi


II/ Les usages de la bonne foi

ou bien

I/ Notion de bonne foi


II/ Usages de la bonne foi

- Les « annonces »

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Chaque découpage du devoir qui est formalisé par un titre doit être immédiatement
précédé d’une annonce, appelée annonce de plan ou chapeau. Il est traditionnel que
cette annonce fasse clairement apparaître la numérotation des parties annoncées.

Le plus souvent, cela prend la forme suivante : après l’indication de chaque


partie, vous mettez entre parenthèses le numéro de la partie concernée.

Par exemple : « La réforme du droit de la famille introduit dans le droit français


de réelles nouveautés techniques (I). Mais elle est surtout porteuse d’une
révolution symbolique (II) ».

Tout ceci vaut aussi pour les subdivisions, notamment les A), B), etc.

Les annonces sont très importantes : si les parties et sous-parties sont le squelette
de la dissertation, les annonces en sont les articulations qui permettent au squelette
de tenir debout ; ce sont ces annonces et transitions qui révèlent la démarche
adoptée. Il convient donc d’y porter une attention particulière.

III. L’introduction

Toute dissertation doit débuter par une introduction. Il convient de la soigner.


L’introduction a, pour la dissertation, plus d’importance encore que pour les autres
épreuves.

Suivant une présentation schématique répandue et évocatrice, l’introduction est une


sorte d’entonnoir : elle doit conduire le lecteur du général au particulier. Plus
précisément, elle doit mener le lecteur d’une compréhension vague et intuitive du
sujet vers une problématique précise. Il ne s’agit certainement pas de remonter à la
nuit des temps, en partant de considérations tellement générales qu’elles vaudraient
pour toute dissertation en droit. Il faut tout simplement partir d’une perception
générale des termes du sujet et affiner pour mener vers la présentation de la
problématique. Ce faisant, n’incluez pas dans votre introduction des éléments sans
lien avec le sujet ou entretenant des liens trop lointains. Ne cherchez pas à montrer
que vous connaissez votre cours. Servez le sujet.

On peut « séquencer » l’introduction d’une manière un peu plus précise.

Tout d’abord, l’introduction peut démarrer par une accroche (qui peut elle-même être
une citation). Mais il faut que cela serve le propos et soit lié au sujet. Il n’y a rien de
pire qu’une accroche « ronflante », sans lien avec le thème. Dans le doute, la
simplicité doit vous guider et vous conduire à commencer par une phrase neutre, de
mise en contexte.

Ensuite l’introduction doit contenir la présentation des termes du sujet ainsi que les
éléments de contexte, s’il y a lieu.

Elle est également l’occasion d’exclure certains thèmes ou questions et de présenter


les raisons de ces exclusions.

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L’introduction s’achève toujours par la présentation de la problématique et par
l’annonce du plan adopté.

Attention, dans la phase de rédaction de l’introduction comme dans le reste du


devoir, évitez de décrire ce que vous faites : « ex. : Nous allons maintenant définir
les termes du sujet / Nous allons présenter la problématique ». Vous devez faire,
mais il est inutile de dire ce que vous faîtes.

IV. La rédaction des développements

Les conseils à donner s’agissant des développements sont tous de bon sens. Ce
sont, en substance, les mêmes que ceux qui ont été présentés dans les conseils
méthodologiques communs à tous les exercices écrits :

- Evitez la récitation ou le déballage de connaissances ;


- Soyez attentif au risque de hors sujet. Une définition rigoureuse des termes du sujet
devrait vous permettre d’éviter cet écueil ;
- Rédigez des phrases courtes, en suivant pour guide ce conseil : une idée par
phrase. La dissertation n’est pas un exercice de littérature et l’étudiant n’est pas noté
sur son expression écrite (sauf si celle-ci est mauvaise, mais le risque est ici plutôt
de perdre des points). On préférera ainsi une dissertation correctement rédigée et
dont les idées sont juridiquement solides, à une dissertation formellement très bonne
mais dont le contenu est décevant ;
- Vérifiez que toutes les parties de la dissertation traitent bien du sujet ;
- Soyez nuancé : il est rare qu’une réponse à une question juridique soit nettement
tranchée ;
- Soyez persuasif : il s’agit de faire une démonstration qui doit convaincre votre
lecteur.

V. La conclusion ?

La conclusion est l’exercice le plus difficile d’une dissertation. Dans une conception
répandue, elle devrait ouvrir sur de nouvelles perspectives mais, le plus souvent, si
ces perspectives sont intéressantes, c’est qu’elles auraient dû être abordées dans le
corps de la dissertation et non en conclusion. Dans une autre conception, la
conclusion serait une sorte de résumé de la dissertation. Mais alors le risque de
redite est réel et l’intérêt de la conclusion est douteux.

C’est pourquoi, il est généralement admis qu’il n’est pas nécessaire de conclure une
dissertation. Si tout est dit et correctement dit dans le corps des développements, la
conclusion n’est pas utile. On peut néanmoins prendre la liberté d’en inclure une, soit
pour ramasser le propos par des formules saisissantes, soit pour ouvrir sur de
nouvelles interrogations ou pistes de réflexions. On peut, évidemment, faire les deux
à la fois.

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