La Biographie Du Prophète Sallalahu Alayhi Wa Salam
La Biographie Du Prophète Sallalahu Alayhi Wa Salam
Le Prophète ﷺa dit : « Ne faites pas remonter ma lignée au-delà de 'Adnân. » (As-
Souyoûti)
Mouhammad Ibn 'Abdillâh Ibn Abd Al-Mottalib Ibn Hâchim Ibn 'Abd Manaf Ibn Qocey Ibn
Kilâb Ibn Morra Ibn Ka'b Ibn Louëy Ibn Ghâleb Ibn Fihr (surnommé Qouraych, et ancêtre
de la tribu du même nom) Ibn Mâlik Ibn Nadr (surnommé Abou Qays), Ibn Kinâna Ibn
Kouzayma Ibn Moudraka Ibn Ilyâs, Ibn Modar Ibn Nizâr Ibn Ma'add Ibn 'Adnân.
Sa mère Âmina
C'est Âmina Bint Wahb Ibn 'Abd Manaf Ibn Zahra Ibn Kilab, une femme Qouraychite. Elle
était considérée comme la meilleure des femmes Quraychites de par sa généalogie et son
rang social. Elle est décédée alors que le prophète n’avait que 4 ans.
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Dars de Samy Philippe Chaouche
❖ Mouqqawim
❖ Dirâr
❖ Abou Lahab était sa kunya car son père trouvait qu’il avait un beau visage (Son
prénom : Abdul Uzza) : l’un des pires ennemis du prophète Salla Allahu Alayhi Wa
Salam.
Parmi ses enfants : ‘Utba (époux avant la Révélation de la fille du prophète “Ruqayyah”),
Mu‘attib et Utaybah : (époux avant la Révélation de la fille du prophète “Oum kalthoum”).
Le prophète Salla Allahu Alyhi Wa Salam a invoqué contre lui et il est mort dans le kufr
dévoré par un lion, à ce moment là il a dit : “C’est Mohammed qui m’a tué”.
Lorsque le prophète Salla Allahu Alahyhi Wa Salam a reçu la Révélation, Abou Lahab fou de
rage a ordonné à ses deux fils de divorcer leur femme (filles du prophète).
Parmi ses filles il y avait Durrah.
‘Utba, Mu’attib et Durrah ont été des compagnons du Prophète Salla Allahu Alayhi wa ‘ala
alihi wa salam.
- Safiya (Qu’Allah l’agrée) : sa kunya était Umm Zubayr et c’était la sœur utérine de
Hamza.
- ‘Attikah : elle se serait convertie à l’Islam (Allahu A3rlem) et a eu un fils (‘AbduLlah)
qui lui s’est converti à l’Islam et a été un compagnon du prophète.
- Arwa : l’avis le plus correcte est qu’elle s’est convertie à l’Islam. Elle a eu un enfant :
Toulayb (fut parmi les premiers mouhajiroun).
- Oumayma : a donné naissance à : AbduLlah qui s’est converti à l’Islam et est devenu
compagnon du prophète et Ubayd Allah ibn Jahsh marié à Oum Habiba (avant qu’il
apostasie et devenne chrétien).
- Barrah : a donné naissance à Abu Salama (son prénom : AbduLlah) était le mari de
Umm Salama. Après sa mort, Umm Salama s’est refusé au mariage à tous les
hommes car elle savait que le Prophète a dit : « La femme sera avec son dernier
mari (au Paradis) ». Cependant, le prophète Salla Allahu Alayhi Wa Salam l’a
demandé au mariage et a fini par se marier.
- Umm Hakim (son prénom - Al-Bayda)
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Dars de Samy Philippe Chaouche
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« Après la dixième année, il fut élevé au ciel et c'est alors que les cinq prières quotidiennes
furent prescrites »
L'ascension désigne ici l'élévation. C'est le même terme qui est utilisé dans la parole d'الله
: « Les anges ainsi que l'Esprit montent vers Lui. » L'ascension céleste est une des plus
importantes particularités du Prophète ﷺpar le biais de laquelle اللهl'a distingué avant qu'il
n'émigre de la Mecque.
Ainsi, tandis que le Prophète ﷺdormait (il avait 50 ans) dans l'enceinte de la Ka'bah, un
être vint à lui et lui fendit la poitrine de la gorge au bas du ventre, puis le remplit de
sagesse et de foi afin de le préparer pour cet événement.
L'être amena alors une bête de couleur blanche surnommée Al-Burâq, plus petite qu'un
mulet mais plus grande qu'un âne. Cet animal parcourait en un pas la distance le séparant
de l'horizon. Le Prophète ﷺle monta alors en compagnie de l'ange Jibrîl, le digne de
confiance, jusqu'à atteindre le temple de Jérusalem (Bayt Al-Maqdis).
Il s'y arrêta et dirigea une prière en présence de tous les prophètes et messagers qui
prièrent derrière lui, afin que le mérite et le haut statut du Messager d'Allah
ﷺapparaissent au grand jour, et pour indiquer qu'il est le guide à suivre.
Jibrîl le fit ensuite monter vers le premier ciel où il demanda qu'on lui ouvre. On lui
demanda : « Qui est-ce ? » Il répondit : « C'est Jibrîl. »
Le Prophète vit à la droite d'Adam les âmes des bienheureux et à sa gauche celles des
malheureux issus de sa descendance. Lorsqu'Adam regardait à sa droite, il se réjouissait et
riait, et lorsqu'il se tournait vers sa gauche, il pleurait.
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Dars de Samy Philippe Chaouche
Puis, Jibrîl fit monter le Prophète vers le second ciel où il demanda qu'on lui ouvre, etc. Le
Prophète y trouva Jean (Yahyâ) et Jésus - qu' اللهles couvre tous deux d'éloges et les salue -
qui sont cousins, leurs mères étant sœurs.
Jibrîl dit : « Voici Jean et Jésus. Salue-les donc. » Il les salua et eux de répondre à son salut.
Ils dirent : « Bienvenue au frère pieux et au prophète pieux. »
Ensuite, Jibrîl fit monter le Prophète vers le troisième ciel où il demanda qu'on lui ouvre,
etc. Le Prophète y trouva Joseph -qu' اللهle couvre d'éloge et le salue. Jibrîl dit : « Voici
Joseph. Salue-le. » Le Prophète le salua et Joseph de lui rendre la pareille. Joseph
dit : « Bienvenue au frère pieux et au prophète pieux. »
Jibrîl fit ensuite monter le Prophète vers le quatrième ciel où il demanda qu'on lui ouvre,
etc. Le Prophète y trouva Idris - qu' اللهle couvre d'éloge et le salue. Jibrîl dit : « Voici Idrîs.
Salue-le. » Le Prophète le salua. Idrîs répondit à son salut et dit : « Bienvenue au frère
pieux et au prophète pieux. »
Puis, Jibrîl fit monter le Prophète vers le cinquième ciel où il demanda qu'on lui ouvre, etc.
Le Prophète y trouva Aaron (Hârûn) fils de 'Imrân, le frère de Moïse - qu' اللهle couvre
d'éloge et le salue. Jibrîl dit : « Voici Aaron. Salue-le. » Le Prophète le salua et Aaron de lui
rendre la pareille. Aaron dit : « Bienvenue au frère pieux et au prophète pieux. »
Puis Jibrîl fit monter le Prophète vers le sixième ciel où il demanda qu'on lui ouvre, etc. Le
Prophète y trouva Moïse - qu' اللهle couvre d'éloge et le salue. Le Prophète le salua et Moïse
lui rendit son salut. Moïse dit : « Bienvenue au frère pieux et au prophète pieux. »
On lui demanda : « Qu'est-ce qui te fait pleurer ? » Il répondit : « Je pleure car un jeune
homme envoyé après moi verra les membres de sa communauté entrer au Paradis au plus
grand nombre que ceux de ma communauté. » Les pleurs de Moïse étaient donc dû à la
tristesse qu'il éprouvait pour les mérites qui ont échappé à sa communauté et non pas par
jalousie envers la communauté de Muhammad ﷺ.
Puis Jibrîl fit monter le Prophète vers le septième ciel où il demanda qu'on lui ouvre, etc. Le
Prophète y trouva Abraham l'ami privilégié du Tout Miséricordieux - qu' اللهle couvre
d'éloge et le salue. Jibrîl dit : « Voici ton père Abraham. Salue-le. » Le Prophète le salua et
Abraham de lui répondre la pareille. Abraham dit : « Bienvenue au fils pieux et au
prophète pieux. »
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Dars de Samy Philippe Chaouche
Jibrîl fit ainsi visiter au Messager d'Allah ﷺles différents prophètes pour l'honorer et faire
apparaître au grand jour son haut degré et son mérite.
Abraham, l'ami privilégié d'الله, était adossé à la Maison Peuplée (Al-Bayt Al-ma'mûr) se
trouvant au septième ciel, qui est une maison dans laquelle entrent chaque jour soixante-
dix mille anges qui y adorent الله, y prient, puis en sortent sans plus jamais y revenir. Le jour
d'après viennent d'autres anges dont seul Allah connait le nombre exact.
Le Prophète ﷺfut ensuite élevé vers le Lotus de la Limite (Sidrat Al-Muntahâ) qui - par
ordre d'الله- fut enveloppée d'une beauté et d'une splendeur qu'aucune créature ne saurait
décrire. اللهimposa alors au Prophète [et à sa communauté] d'accomplir cinquante prières
de nuit et de jour. Le Prophète l'accepta et s'y soumit.
En descendant, il passa aux côtés de Moïse qui lui demanda : « Qu'a imposé ton Seigneur à
ta communauté ? » Il répondit : « Cinquante prières par jour. »
Moïse dit alors : « Ta communauté ne pourra supporter une telle charge. J'en ai déjà fait
l'expérience auparavant et me suis évertué à soumettre les Enfants d'Israël autant que je le
pus. Retourne donc vers ton Seigneur et demande-lui d'alléger le nombre de prières pour
ta communauté. »
Cette nuit-là, le Prophète ﷺfut introduit au Paradis où il vit des dômes de perles et une
terre de musc. Le Prophète ﷺredescendit ensuite sur terre, arriva à la Mecque à l'aube et y
accomplit la prière du Subh.
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L’avis correct des oulémas est que les parents du Prophète ﷺsont morts polythéistes, et
cela, en raison du fait qu’ils iront en Enfer, selon l’avis prépondérant des oulémas. En effet,
un homme demanda au Prophète ﷺ: « Où ira mon père ? » Le Prophète ﷺlui répondit : «
Ton père ira en Enfer. » L’homme partit ensuite et le Prophète ﷺle rappela puis lui dit : «
Ton père et le mien iront en Enfer. » (Mouslim)
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Dars de Samy Philippe Chaouche
Le Prophète ﷺa dit : « J’ai demandé à mon Seigneur l’autorisation de visiter la tombe de
ma mère et Il me l’a accordée. Puis je Lui ai demandé l’autorisation d’implorer Son pardon
pour elle, mais Il me l’a refusée. Visitez donc les tombes, car elles rappellent l’au-delà. »
(Mouslim)
Ibn Mâlik a dit : « La raison à cela est qu’elle était mécréante et qu’il est interdit d’implorer
le pardon d’ اللهen faveur des mécréants, car اللهne leur pardonnera jamais. » Al-Chawkânî a
dit : « Il y a là une preuve de l’interdiction d’implorer le pardon d’ اللهen faveur de quelqu’un
qui décède en suivant une religion autre que l’Islam. » (Nayl al-Awtâr)
Son père est mort alors que le prophète ﷺavait 28 mois. Certains ont dit : son père est
mort alors qu’il n’avait que 7 mois et il a été dit qu’il n’avait que 2 mois. Certains ont dit
également : alors qu’il était dans le berceau et d’autres ont dit que son père est mort dans
la maison de An Nabiirah alors qu’il était encore dans le ventre de sa mère.
Lorsque la mère du prophète ﷺest morte, son grand-père l’a recueilli mais il est mort
alors que le prophète ﷺn’avait que 8 ans.
À cette époque, les Arabes citadins avaient pour habitude de confier leurs enfants à des
nourrices vivant en dehors de La Mecque. Ils avaient pour souhait que leurs enfants soient
élevés au sein des vastes étendues désertiques afin de se forger un corps robuste et une
bonne maîtrise de l’arabe.
La première nourrice du Prophète ﷺfut sa mère, Amina bint Wahb de la tribu de Banu
Zuhra. Vint ensuite Thuwwayba, une esclave d’Abû Lahab (oncle du prophète) qui avait
allaité plus tôt Hamza, son oncle paternel. De ce fait, Mûhammed ﷺet Hamza étaient dits
frères de lait.
Le Prophète ﷺfut par la suite confié à Halima bint Abû Dhû’ayb de la tribu des Beni Sa’d
qui l’allaita jusqu’à ses deux ans. Cette durée fut par la suite instaurée en Islam comme
étant la durée légale de l’allaitement d’un enfant.
Le Prophète ﷺeut plusieurs frères et sœurs de lait : ‘Abd اللهibn Al-Harith, Anîssa bint Al-
Harith, Hudhâfa ou Judhâma bint Al-Harith plus connue sous le nom d’As-Shayma’. Halima
était également la nourrice du cousin du Prophète ﷺ, Abû Sufyan ibn Al-Harith ibn ‘Abd Al
Mûttalib. Il est bon de noter que deux personnes ayant été nourries au sein par la même
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Dars de Samy Philippe Chaouche
personne ne peuvent se marier. Si une femme allaite un enfant de moins de deux ans cinq
fois ou plus, il est considéré comme son propre enfant.
C’est pour cela que le Prophète ﷺa dit au sujet du lien par l’allaitement : « L’allaitement
interdit ce que les liens du sang interdisent » (Rapporté par Ibn Mâjah, chapitre de
l’allaitement)
Halima fut témoin de manifestations de la bénédiction que portait Mûhammed ﷺ. Ibn
Ishaq a rapporté que Halima, accompagné de son mari et de son bébé qu’elle allaitait, sortit
de son village, de même que d’autres femmes de sa tribu, à la recherche de nouveau-nés à
allaiter [en échange d’un salaire]. Elle dit : « C’était une année de sécheresse et de famine et
nous n’avions rien à manger. Je montais une ânesse d’une blancheur éclatante. Nous avions
également avec nous une vieille chèvre qui, par الله, ne donnait presque pas de lait. Nous
n’avions pas dormi la veille à cause des cris de faim de l’enfant que nous avions avec nous;
ce qu’il y avait dans mes seins ne lui suffisait pas, encore moins le lait de la chèvre.
Toutefois, on espérait recevoir de la pluie et de la consolation. Je sortis donc sur mon
ânesse qui était si faible et si maigre que les autres ânes la laissèrent derrière. Arrivées à la
Mecque, nous nous mîmes à chercher des nourrissons, mais aucune de nous n’accepta de
prendre Ie Messager d’Allah ﷻdans la mesure où il était orphelin. En effet, nous nous
attendions a des actes de bienfaisance de la part des pères. Un orphelin ? Nous disions-
nous. Que peuvent bien faire sa mère et son grand-père? Voilà sur quelle base nous Ie
detestions. Chacune des femmes qui m’accompagnaient avait trouvé un nourrisson sauf
moi.
Au moment de repartir, je dis a mon mari : « Par اللهje déteste rentrer avec mes compagnes
les mains vides. Par اللهil me faut retourner prendre cet orphelin. » Il répondit : « Comme tu
veux. Il se peut qu’ اللهnous le bénisse. » Ainsi, je partis prendre l’orphelin, faute de mieux et
retournai à mes bagages. Je ne l’eus pas plutôt mis dans ma chambre que mes deux seins se
gonflèrent de lait. Alors il assouvit sa soif et se mit à dormir, ce que son frère [fils de
Halima, donc faire de lait] fit aussi après s’être rassasié, lui qui, auparavant, nous
empêchait de dormir. Mon mari se leva et se rendit auprès de la chèvre qu’il trouva avec
beaucoup de lait dont il saisit pour traire de quoi nous permettre de boire à notre aise.
Cette nuit-là, nous dormîmes bien. Au matin mon mari dit : « Tu sais, Halima, par Allah tu
as pris quelqu’un de béni. » « Je l’espère», répondis-je. Ensuite nous sortîmes. Je montai
alors sur mon ânesse, l’orphelin avec moi. Celle-ci était si active qu’elle dépassait tous les
autres ânes. Etonnées, mes compagnes dirent : « fille d’ Abi Thuwwayb, malheur à toi,
doucement! N’est-ce pas l’ânesse que tu avais en venant ? » Je leur répondis : « Si, c’est la
même. » Alors elles reprirent. Par الله, il y a donc quelque chose en elle. Nous arrivâmes
chez nous, chez les Beni Sa’d, la plus infertile des terres que j’eusse jamais connue. Nous
constatâmes cependant que nos brebis avaient beaucoup de lait alors qu’auparavant elles
ne donnaient aucune goutte de lait. Aussi les sédentaires de notre peuple disaient-ils à
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Dars de Samy Philippe Chaouche
leurs berges : « Allez faire paître les moutons là où fait paître le berger de la fille d’Abû
Thuwwayb. »
Leurs moutons étaient affamés et ne donnaient aucune goutte de lait alors que les miens
étaient gras, producteurs de lait. Ainsi, اللهcontinua d’accroitre nos faveurs et nos biens
jusqu’au moment où Mûhammed fut sevré à l’âge de deux ans. L’enfant ne grandit pas de la
même manière que les autres garçons, car, lorsqu’il atteignit ses deux ans, il était déjà
assez solide. Alors, je le rendis à sa mère, bien disposée à le garder, du fait de la Barakah
(bénédiction) qu’il nous apportait. Je dis à sa mère : « Si tu laissais ton fils avec moi jusqu’à
ce qu’il devienne plus solide, cela le préserverait des épidémies de la Mecque». Celle-ci,
aussitôt, nous autorisa à le ramener. »
Ainsi le Prophète ﷺresta chez Beni Sa’d jusqu’à l’âge de 4 ou 5 ans, âge auquel eut lieu la
fente de sa poitrine. À cet égard, Mûslim rapporte d’Anas : « Jibril s’était présenté au
Messager d’Allah ﷺalors que celui-ci jouait avec les garçons, le saisit, le terrassa et fendit
son cœur duquel il sortit une sangsue et dit : « Voici la part que Satan a de toi. » Il lava
ensuite la sangsue dans une cuvette en or avec de l’eau de Zamzam, la banda et Ia remit a
sa place. Les garçons se précipitèrent vers sa nourrice et dirent : « On a tué Mûhammed. »
Les gens accoururent vers lui et le trouvèrent pâle. Anas dit avoir vu l’effet de l’opération
sur sa poitrine.
Après l’évènement de la fente de sa poitrine, Halima eut tellement peur pour la vie de
Mûhammed ﷺqu’elle rendit celui-ci à sa mère. L’aisance, la bénédiction et l’honneur dont
jouissait Halima et sa famille furent le fruit de l’allaitement d’un enfant béni, Mûhammed
ﷺet de l’amour qu’elle portait à son égard.
Un chef chrétien d'Ethiopie du nom d'Abraha décida de s'installer en Arabie et d'y ériger un
sanctuaire destiné à attirer les pèlerins arabes. En ces temps, la période du pèlerinage chez
les Arabes s'accompagnait en effet de nombreux échanges commerciaux et de nombreuses
manifestations culturelles. La mainmise sur cette rencontre annuelle représentait une
alléchante perspective d'enrichissement. Les plans d'Abraha, à sa grande surprise, ne
réussirent pas à détourner les Arabes de la Ka'ba, dont le caractère divin est bien plus vieux
que la mémoire des Arabes. La Ka'ba a toujours été considérée, à travers les âges, comme
un sanctuaire sacré. Sa rénovation est attribuée à Abraham (sur lui la paix) et son fils
Ismaël (sur lui la paix) et son histoire s'enracine, bien avant Abraham (sur lui la paix), dans
l'histoire de la foi. On comprend alors que le temple flambant neuf proposé par Abraha ne
fasse pas le poids devant la Ka'ba.
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Dars de Samy Philippe Chaouche
Afin de réaliser ses desseins, Abraha décida d'employer la force pour obliger les Arabes à
abandonner La Mecque et faire leur pélerinage dans le nouveau sanctuaire (au sud de
l'Arabie, du côté du Yemen). Il rassembla ses innombrables troupes (qui lui avaient soumis
le Yemen), ses cornacs et ses éléphants d'Ethiopie et se dirigea vers La Mecque pour
détruire la Maison Sacrée. Les protestations des tribus arabes n'avaient aucun poids contre
la volonté et la puissance d'Abraha. Rendu aux portes de La Mecque, la taille des armées
d'Abraha jeta une terreur froide dans le coeur des Mecquois. Leur propre impuissance les
désespérait…
Un seul homme resta impassible : 'Abd Al-Mouttalib Ibn Hâshim. Il demanda à rencontrer
Abraha en personne, dans son camp et au milieu de sa cour et de ses gardes. Au premier
abord, le charisme de 'Abd Al-Mouttalib força le respect d'Abraha. Il l'interrogea sur l'objet
de cet entretien, et, 'Abd Al-Mouttalib de lui demander de lui restituer son troupeau de
chameaux ravis par l'armée d'Abraha. Abraha lui dit alors : « Je croyais que tu étais venu
discuter d'une affaire plus importante que ça, quelque chose en rapport avec votre
sanctuaire qui vous est si cher et que j'ai l'intention de raser. »
'Abd Al-Mouttalib lui dit : « Je t'ai parlé de mes chameaux car j'en suis le seigneur. Quant au
Sanctuaire, sache qu'il a un Seigneur et que ce Seigneur le protégera... »
Le despote lui rétorqua : « Il ne le protégera pas de moi ! »
L'ordre fut donné et les assaillants se dirigèrent vers La Mecque précédés par les phalanges
éléphantines. Tout à coup, le grand éléphant qui sert de meneur à tout le troupeau s'arrêta.
On avait beau le forcer à marcher vers la Ka'ba, il ne bougeait plus. Dès qu'on le détournait
du Sanctuaire, il se relevait. Aussitôt qu'on l'orientait vers la Ka'ba, il refusait de marcher...
Face à ce contretemps, Abraha ordonna d'attaquer sans les éléphants. C'est alors que le
temps se gâta, le ciel se chargea de nuages et une nuée d'oiseaux apparut dans le ciel. Ces
oiseaux lapidèrent les agresseurs avec des milliers de petites pierres et eurent raison des
troupes d'Abraha !! Abraha, quant à lui, fut victime d'une maladie douloureuse qui rongea
son corps jusqu'à l'os…
اللهdit : « N'as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l'éléphant. N'a-t-Il
pas rendu leur ruse complètement vaine ? et envoyé sur eux des oiseaux par volées qui leur
lançaient des pierres d'argile ? Et Il les a rendus semblables à une paille mâchée. »
D'après 'Abdallah Ibn 'Abbas (qu' اللهles agrée lui et son père), le Prophète ﷺest né le lundi,
il a reçu la prophétie le lundi, il est mort le lundi, il est sorti pour la hijra de La Mecque à
Médine le lundi, il est arrivé à Médine le lundi et il a levé la pierre noire le lundi.
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Dars de Samy Philippe Chaouche
(Rapporté par Ahmed dans son Mousnad n°2506 et authentifié par Cheikh Ahmed Chakir
dans sa correction du Mousnad vol 4 p 172 et par Cheikh Salim Al Hilali dans sa correction
de Al Fousoul Fi Sirati Rasoul p 41)
Ibn Sa’d rapporte qu’Amina dit à propos de la naissance de Mûhammed ﷺ: « Lorsqu’il
naquit, une lumière jaillit de moi et éclaira les palais de Syrie. » [Mûkhtasar Sîrat Ar-Rasûl,
p.12 ; Tabaqât Ibn Sa’d, 1/63]
Cependant, malgré qu’Al Bayhaqî a relaté ces évènements, ceux-ci ont été contesté par
Mûhammed al Ghazali.
Le Prophète ﷺest né dans une maison connue sous le nom de « Maison de Mûhammed Ibn
Yusuf, frère d’Al Hajjaj Ibn Yusuf. » Aujourd’hui, on y retrouve une bibliothèque publique.
Mûhammed ﷺvint au monde quelques mois après la mort de son père ‘AbdûLlah Ibn
Abdil Mûttalib décédé à Médine des suites d’une maladie. En effet, ‘AbdûLlah quitta La
Mecque pour faire du commerce laissant derrière lui sa femme enceinte. Il se rendit à
Gaza, en Palestine où Hashîm, son grand-père, trouva la mort. C’est sur le chemin du
retour que la maladie le frappa. Il s’arrêta alors chez les Bânû ‘Adiyy Ibn An-Najjâr, ses
oncles maternels, où sa vie prit fin. L’emplacement du tombeau de ‘AbdûLlah Ibn Abdil
Mûttalib était connu pendant très longtemps mais, à ce jour, il a été soustrait aux regards
afin d’éviter les visites de personnes ignorantes demandant auprès de lui une quelconque
intercession en leur faveur auprès d’Allah ﷻ.
Abdil Mûttalib, grand-père paternel du Prophète ﷺ, fut très attristé par la mort soudaine
de son fils bien aimé. Mais, il se réjouit de la bonne nouvelle de la naissance de son petit-
fils. Il prit alors le nouveau-né dans ses bras et entra dans la Kaa’ba afin de remercier Allah
ﷻpour ce bienfait. Abdil Mûttalib choisit alors le prénom “Mûhammed” pour son petit fils
qui était alors peu commun au sein des Arabes de l’époque. Il est bon de noter que
“Mûhammed” signifie “le digne d’éloges”, “le comblé de louanges”.
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Dars de Samy Philippe Chaouche
D'après Joubayr Ibn Mout'im رضي الله عنه, le Prophète صلى الله عليه وسلمa dit : « Je suis Muhammad,
je suis Ahmed, je suis Al Mâhî celui par lequel la mécréance est effacée, je suis Al Hachir
celui derrière lequel les gens seront rassemblés et je suis Al Aqib celui après qui il n'y a pas
de prophète. » (Rapporté par Mouslim dans son Sahih n°2354)
‘AbdAllah
Naby Ar rahma : le prophète de la miséricorde
Naby at tawbah : le prophète du repentir (le repentir a été facilité dans sa législation)
Après l’évènement de la fente de sa poitrine, Halima eut tellement peur pour la vie de
Mûhammed ﷺqu’elle rendit celui-ci à sa mère, qui fut sa première tutrice sous l’égide de
son grand-père ‘Abd Al Muttalib.
Le Prophète ﷺdemeura sous la tutelle de sa mère jusqu’à ses six ans (Talqîh Fuhûm Ahl
Al-Athar, p.7; Ibn Hishâm, 1/168).
Par respect pour son mari, Amina décida d’aller visiter sa tombe en compagnie de son fils à
peine âge de 6 ans, de sa servante Umm Ayman et de son beau-père ‘Abd Al Muttalib. Ce
voyage de 500km entre La Mecque et Yathrib fut long et éprouvant. Elle demeura un mois à
Médine. Lors du retour vers La Mecque, arrivée à un lieu nommé Al-Abwâ’, elle rendit
l’âme. Le jeune Mûhammed ﷺse retrouvait ainsi sous la tutelle de son grand-père.
‘Abd Al Muttalib ramena le jeune garçon à La Mecque. Le décès d’Amina fit augmenter la
compassion que le tendre grand-père avait à égard de son petit fils, il était très doux avec
lui. Jamais il n’avait manifesté autant de bienveillance envers ses propres enfants.
‘Abd Al Muttalib ne laissait jamais son petit fils en proie à la solitude et le préférait même à
ses propres enfants. Ibn Hishâm a rapporté ceci : « Une couche était, chaque jour, étendue
à l’ombre de la Kaa’ba pour ‘Abd Al Muttalib. Ses enfants ne s’asseyaient jamais sur elle par
respect pour leur père mais Mûhammed ﷺ, lui, s’asseyait dessus. Ses oncles le retiraient
de là, mais lorsqu’ ‘Abd Al Muttalib les voyait, il leur disait: “Laissez mon petit-fils. Je jure
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Dars de Samy Philippe Chaouche
par Allah, il occupera plus tard une place éminente.” Il le prenait près de lui, passait sa
main sur son dos et était toujours satisfait de ce que le jeune enfant faisait. »
Lorsque Mûhammed ﷺfut alors âgé de huit ans, deux mois et dix jours, son tendre grand-
père mourut en confiant sa garde à son fils Abû Talib. Abû Talib s’acquitta de la meilleure
manière possible de ses devoirs envers son neveu. Il l’éleva parmi ses enfants et l’aimait
profondément. Il lui vouait un respect et une amabilité qu’il n’accordait à personne en
dehors de lui. Pendant 40 ans, Abû Talib apporta à son neveu protection et soutien, prenant
toujours parti pour lui.
Avant même que la révélation ne lui parvienne, le prophète ﷺétait connu du fait de son
bon comportement et il était surnommé « Al-Amine » c’est-à-dire : le digne de confiance.
Le moine Bāhîra
Lorsque Mûhammed ﷺfut âgé de 12 ans – ou 12 ans, 2 mois et 10 jours selon une variante
(avis d’Ibn Al Jawzî, auteur de Talqîh Fuhûm Ahl Al-Athar, p.7)-, il accompagna son oncle
Abû Talīb dans un voyage de commerce à destination de la Syrie.
Quand leur caravane atteignit Busrâ (Palestine) – capitale de Hawrân qui était alors à son
tour métropole des terres Arabes sous domination Romaine – ils rencontrèrent un moine
connu sous le nom de Bāhîra dont le vrai nom était Georges. Il sortit à la rencontre du
Messager ﷺet de son oncle afin de sur offrir l’hospitalité, ce que jamais il n’avait fait
auparavant.
Reconnaissant aisément le Prophète ()ﷺ, il le prit par la main et dit : « C’est lui le maître
des habitants de ce monde, celui que Dieu enverra comme miséricorde pour les univers. »
Il répondit : « Lorsque vous êtes apparus venant de la d’Al ‘Aqaba, il n’est resté aucune
pierre, aucun arbre qui ne se prosternât. Cela ne peut se reproduire que lors de la
présence d’un Prophète. Je l’ai reconnu également par le sceau de la Prophétie qui se
trouve sous son épaule, et qui est semblable à une pomme. Sa description se trouve dans
nos livres. »
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Dars de Samy Philippe Chaouche
Au début de sa jeunesse, le Prophète ﷺn’avait pas de travail fixe. Cependant il est rapporté
qu’il était berger pour la tribu Banî Saad et également pour les habitants de la Mecque à
Karârit (en échange d’un faible salaire).
Alors âgé de 25 ans, il se rendit en Syrie afin de commercer au service de Khadija (qu’Allah
l’agrée). Selon ibn Ishâq, Khadija, fille de Khouwaylid était une commerçante noble et
riche, engageant à son service des hommes qu’elle désintéressait : les Kouraichites étaient
un peuple animé par l’appât du gain.
Le Prophète Muhammad ﷺétait reconnu auprès des mecquois pour sa franchise, son
honnêteté et sa noblesse de caractère. Ayant elle-même entendu les éloges à propos du
jeune Muhammad, Khadija fit appel à lui afin de l’envoyer en Syrie pour les besoins de son
commerce. Celle-ci était prête à le rémunérer plus aisément que les autres agents
commerciaux ainsi qu’à lui autoriser d’être accompagné par un jeune homme appelé
Maysara.
Le Prophète ﷺaccepta l’offre ainsi faite et se rendit en Syrie accompagné de Maysara. Sur
la route, le Prophète ﷺs’arrêta pour se reposer à l’ombre d’un arbre, près d’un monastère
habité par des moines.
Lorsqu’un des moines le vit assis, sous cet arbre, il appela Maysara et lui dit : « Qui est cet
homme ? »
Maysara lui répondit : « C’est un homme de Qûraysh, un des habitants de l’enceinte
sacrée ».
Le moine lui répondit : « Aucun homme ne s’est assis sous cet arbre, mis à part un
prophète ».
Cet événement ne faisait que souligner, une fois de plus, le caractère exceptionnel du jeune
Muhammad.
13
Dars de Samy Philippe Chaouche
Au retour du voyage, Maysara informa à Khadîja les détails de celui-ci en racontant les
propos du moine et en décrivant les anges qui protégeaient le Prophète ﷺdu soleil alors
qu’il était sur son chameau.
Khadîja, noble femme de La Mecque, dotée d’une grande intelligence et de grandes vertus
honorées par Allah, envoya un émissaire auprès du Prophète ﷺen lui disant d’après ce que
rapporte les historiens : « Ô mon cousin, je suis attirée par toi, par ta parenté, par la place
que tu possèdes au sein de ton peuple, ton intégrité, tes grandes vertus et ta sincérité. »
Elle lui proposa alors un mariage.
Ibn Hichâm a dit : « Sa dot fut de vingt petites chamelles. Elle fut la première femme qu’il
épousa, et il n’en épousa aucune autre, tant qu’elle fut en vie ».
Khadîja donna au Prophète ﷺtous ses enfants sauf Ibrahim. L’aîné était Al-Qâcem, puis
Zeyneb, puis ‘Abdullah, puis Oum Kelthoum, puis Fâtima Zahra et enfin Ruqiyyah.
Cependant, tous leurs fils moururent dans leur enfance et toutes leurs filles, exceptée
Fâtima, moururent du vivant du Prophète ﷺ.
14
Dars de Samy Philippe Chaouche
Cette nuit de Ramadhân, l’ange Jîbril عليه السلامse présenta au Prophète Mûhammed ﷺalors
que celui-ci s’était retiré dans la grotte de Hirâ’ afin d’être seul. D’après ‘Aisha رضي الله عنها:
« L’ange [Jîbril] vient alors le trouver et lui dit : « Lis ! », « Je ne suis point de ceux qui
lisent. » lui répondit-il. L’ange me saisit aussitôt, raconta le Prophète ;ﷺil me pressa au
point de me faire perdre toute force et me répéta ce mot : « Lis ! »
« Je ne suis point de ceux qui lisent. » répliquai-je encore. Pour la troisième fois, l’Ange me
saisit, me pressa au point de m’enlever toute force, puis me lâcha en me disant : « Lis au
nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’une adhérence (‘Alaq). Lis et ton
Seigneur est le Très Généreux. »
Il fut révélé au Prophète ﷺ, le début de Surah Al ‘Alaq, jusqu’au verset 5 : « A enseigné à
l’homme ce qu’il ne savait pas. »
Ainsi a débuté la révélation du Noble Coran au Prophète ﷺ. Lors de cette révélation, le
Prophète ﷺfut pris de peur, tremblant. Il revint alors pendant la nuit auprès de son
15
Dars de Samy Philippe Chaouche
épouse Khadîja et lui dit : « Couvre moi ! Couvre moi ! »; ce qu’elle fit. Il fit alors part à
Khadîja de sa rencontre avec Jîbril en ajoutant qu’il craignait pour sa vie.
Toujours d’après ‘Aisha رضي الله عنها: « Khadîja le réconforta par ces paroles : « Certes jamais
اللهne t’avilira; car tu es uni avec tes proches, tu soutiens les faibles, tu donnes à ceux qui
n’ont rien, tu héberges les hôtes et tu secours les victimes des vicissitudes du droit. »
Puis, elle le conduisit auprès de son cousin Waraqa Ibn Nawfal, un vieil homme aveugle
ayant embrassé le christianisme durant la période préislamique. Il maîtrisait l’hébreu et
écrivait l’Évangile.
Le Messager d’Allah ﷺlui raconta ce qu’il s’était passé. Waraqa répondit : « Il s’agit du
Nâmûs [l’ange Jîbril] qu’Allah envoya autrefois à Moïse. Que j’aurai aimé être plus jeune !
Puissé-je vivre jusqu’au jour où ton peuple te bannira. »
Le Prophète ﷺdemanda alors : « Me chassera-t-on ? »
[Un jour le prophète est monté en haut d’une colline et a dit : « Ô mon peuple, si je vous
disais que derrière cette colline il y avait une armée prête à vous bondire dessus, est-ce
que vous me croiriez ? » Ils répondirent : « Bien-sûr qu’on te croirait, tu ne nous a pas
habitué à mentir. »]
Waraqa répondit par l’affirmative et dit : « Jamais un homme n’a apporté ce que tu
apportes [la Révélation d’Allah] sans être persécuté. Si je vis encore ce jour-là, je t’aiderai
de toutes mes forces. »
Après cela, Waraqa ne tarda pas à mourir, et la révélation fut interrompue. » [Sahih Al
Bûkhari, 1/2-3 ; Sahih Mûslim, kitâb Al Imân,Hadîth 252]
C’est cette nuit que la mission prophétique débuta. Le Prophète ﷺreçut la révélation à
l’âge de 40 ans, dans la grotte de Hira’. Après cet évènement, la révélation fut cependant
interrompue durant 40 jours au cours desquels Waraqa mourut. Le Prophète ﷺfut alors
fortement attristé et continuait d’errer dans les montagnes en attendant une nouvelle
apparition. Durant ses moments de forte tristesse, Jîbril lui apparaissait pour lui dire : « Ô
Mûhammed ! Tu es réellement l’envoyé d’ » ! اللهCela le rassurait.
Un jour, tandis qu’il marchait, il entendit subitement une voix qui l’interpellait du ciel. Il
leva la tête et vit l’ange qui lui apparu dans la grotte de Hira’, il occupait tout l’espace entre
ciel et terre. Il fut pris d’une frayeur immense, rentra chez lui et dit à Khadîja : « Couvre
moi ! Couvre moi ! »
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Dars de Samy Philippe Chaouche
Ces versets furent alors révélés : « Ô, toi (Muhammed) ! Le revêtu d’un manteau ! Lève-toi
et avertis. Et de ton Seigneur, célèbre la grandeur. Et tes vêtements, purifie-les. Et de tout
péché, écarte-toi. Et ne donne pas dans le but de recevoir davantage. Et pour ton Seigneur,
endure. » (Surah Al Muddathîr – Versets 1 à 7)
اللهa témoigné Sa bonté et Sa Miséricorde envers le Prophète ﷺen lui envoyant Jîbril le
rassurer et lui annoncer qu’il était bien le dernier Messager d’Allah ﷻ.
Il sortit de La Mecque émigrant avec la permission de son Seigneur après y avoir résidé
treize années en transmettant le message d'الله, appelant à اللهavec clairvoyance sans n'y
avoir trouvé de la part de la majorité de Qoraich et de ses notables que le rejet et le
détournement à son appel ainsi que le préjudice envers lui ﷺet ceux qui avaient cru en lui,
au point qu’ils avaient exécuté un plan perfide et traître pour tuer le Prophète ﷺlorsque se
réunirent leurs notables dans dar an-nadwa pour délibérer du sort du Messager d'Allah ﷺ
au moment où ils voyaient ses compagnons émigrer vers Médine et qu'il devait les
rejoindre pour trouver le secours et l'aide des Ansars lesquels lui prêtèrent allégeance pour
le défendre comme ils défendent leurs enfants et leurs femmes.
L'ennemi d' اللهAbou Jahl suggéra l'idée de prendre de chaque tribu un jeune homme fort, de
munir chacun d'une épée tranchante, qu'ils se dirigent vers Mouhammad et qu'ils le
frappent tous en une seule fois pour se débarrasser de lui alors son sang serait partagé
entre les tribus et Banou Abd Manaf c'est à dire la tribu du Prophète ﷺne pourrait pas
combattre l’ensemble de son peuple et à ce moment-là elle accepterait le prix du sang et
nous leur donneront.
Mais ils complotent et اللهcomplote comme le dit الله: « (et rappelle-toi) le moment où les
mécréants complotaient contre toi pour t'emprisonner ou t'assassiner ou te bannir (de La
Mecque). Ils complotèrent, et Allah complota, et Allah est le meilleur des comploteurs. »
(sourate al Anfal, verset 30)
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Dars de Samy Philippe Chaouche
auprès de lui, mais il émigra pour établir la religion d' اللهet Aboû Bakr s'était préparé avant
cela pour émigrer vers Médine.
Le Prophète lui dit ﷺdoucement car j’espère qu'il me soit autorisé (d'émigrer), Aboû Bakr
– qu' اللهsoit satisfait de lui - a alors retardé (son départ) pour accompagner le Prophète ﷺ.
Aicha dit : « Alors que nous étions chez Aboû Bakr à Nahr Edh-Dhahîra à la mi-journée, le
Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلمse tint masqué au-devant de la porte.
Aboû Bakr dit : par الله, le Prophète صلى الله عليه وسلمn’est venu à cette heure-ci que pour raison.
Alors, il entra à la maison et enjoignit à Aboû Bakr de faire sortir ceux qui étaient chez lui.
Aboû Bakr dit au Prophète صلى الله عليه وسلم: Ô Messager d’الله, c’est ta famille qui est là. Le
Prophète صلى الله عليه وسلمlui dit alors : on m’a permis d’émigrer.
Aboû Bakr dit alors : je t’accompagnerai ô Messager d’الله. Il dit : oui. Aboû Bakr dit alors : Ô
Messager d’الله, prends une de mes deux montures-ci ; le Prophète صلى الله عليه وسلمdit alors : je
la prends contre un prix. »
Ensuite le Messager d’ – اللهque le salut et la paix soient sur lui – sortit accompagné d'Aboû
Bakr, ils s’installèrent dans la grotte de Thôur durant trois nuits, et Abd اللهibn Aboû Bakr
passait la nuit auprès d'eux, il était un jeune homme clairvoyant et intelligent, il partait à la
fin de la nuit à La Mecque et passait la matinée auprès de Qoraich, il n'entendait pas une
information sur le Prophète ﷺet son compagnon sans la retenir jusqu'à ce qu'il retourne
auprès d'eux lorsque la nuit apparaissait.
Qoraich cherchait le Prophète ﷺde tous côtés et s’efforçait par tout moyen de le rattraper
ﷺjusqu'à récompenser de mille chameaux celui qui leur livrerait le Prophète et Aboû Bakr
ou l'un d'entre eux ; mais – اللهpuissant et exalté soit-Il – était avec eux les préservant par
Sa sollicitude et les protégeant par Sa protection de façon à ce que si Qoraich s'arrêtait
devant l'entrée de la grotte ils ne les verraient pas. Aboû Bakr – qu' اللهsoit satisfait de lui –
dit au Prophète ﷺalors qu'ils étaient dans la grotte, si l'un d'entre eux regardait ses pieds il
nous verrait, le Prophète ﷺdit alors : « Ne t'attriste pas, certes اللهest avec nous, que
penses-tu Ô Aboû Bakr de deux dont اللهest le troisième. »
Puis lorsque les recherches se calmèrent un peu, ils sortirent de la grotte après trois nuits
en direction de Médine en empruntant la route côtière.
Ils furent rattrapés par Sourâqa ibn Mâlik El-Moudlafî sur son cheval, Aboû Bakr se
retourna et dit : « Ô Messager d' اللهc'est la poursuite qui nous rattrape. » le Prophète ﷺdit
alors : « ne t'attriste pas, certes اللهest avec nous. » Sourâqa se rapprocha d'eux jusqu'à
entendre la récitation du Messager d'Allah ﷺ.
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Dars de Samy Philippe Chaouche
Les pattes avant de son cheval s'enfoncèrent alors dans le sol jusqu'à ce que le ventre (du
cheval) touche la terre, la terre était pourtant dure mais – اللهÉlevé soit-Il – fait ce qu'Il veut
dans Sa création, Sourâqa descendit donc (de son cheval), le réprima pour qu'il se relève et
lorsqu'il fit sortir les pattes avant de son cheval il y avait derrière eux une poussière
éblouissante dans le ciel comme de la fumée ; Sourâqa dit : j’ai pensé qu’on va découvrir le
Messager d’الله. Je les appelai donc par la paix, le Messager d'Allah ﷺs'arrêta donc ainsi que
celui qui était avec lui, je montai sur mon cheval jusqu'à venir à eux et les informai de ce
que voulaient leur faire les gens.
Je leur montrai les provisions et les munitions ; le Prophète صلى الله عليه وسلمme dit : « Tu
passes sur mes chameaux et mes ovins à tel lieu, prends-y ce que tu en as besoin. Il dit je
n’en ai pas besoin. Laisse-nous. Sourâqa rebrousse chemin et refusait toute demande. Il dit
: il vous suffit de passer par là.
Un homme partit à la poursuite du Prophète ﷺet son compagnon pour mettre la main sur
eux et se vanta de les remettre à leurs ennemis parmi les mécréants.
Mais il ne s’est pas renversé jusqu’à ce qu’il devienne victorieux et secoureur.
Il leur présentait les munitions et les provisions et ce qu’ils veulent parmi ses chameaux et
ses moutons. Il revenait du côté qui leur faisait face.
C’est ainsi, ô frères, est la fin de celui qui voue sincèrement son intention à الله, اللهne
l’abandonne jamais, et celui qui est avec الله, اللهest avec lui : « Certes اللهest avec ceux qui Le
craignent et ceux qui sont bienfaisants » (sourate an-nahl, verset 128)
Lorsque les habitants de Médine parmi les mouhâjirîn et les ansâr entendirent que le
Messager d'Allah ﷺétait sorti vers eux, ils sortaient le matin de chaque jour à El-Hourra
pour attendre la venue du Messager d'Allah ﷺet de son compagnon jusqu'à ce que la
chaleur du soleil les chasse.
Lorsque le jour de la venue du Messager d' اللهarriva, la chaleur s'intensifia, ils retournèrent
dans leurs maisons, alors un homme parmi les juifs qui était sur une forteresse de Médine
regardait une chose dont il avait besoin, il aperçut le Messager d'Allah ﷺet ses
compagnons il ne put s'empêcher de crier d'une forte voix Ô peuple arabe voilà votre
félicité c'est à dire votre gloire que vous attendiez, les musulmans se dépêchèrent alors
d'aller à la rencontre du Messager d'Allah ﷺportant avec eux leurs armes par exaltation
pour le Messager d'Allah ﷺet annonçant qu’ils sont prêts pour combattre avec lui et le
défendre – qu’ اللهles agrée –. Ainsi, ils le rencontrèrent à Dhâhir El-Hourra.
Il se dirigea avec eux à Dhât El-Yamîn et il s'installa chez les Bani 'amr ibn 'awf à Qouba
quelques nuits et construisit la mosquée de Qouba ensuite il partit vers Médine
accompagné de gens et d'autres qui l'accueillaient sur la route.
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Dars de Samy Philippe Chaouche
Aboû Bakr – qu' اللهsoit satisfait de lui - dit les gens sortaient lorsque nous arrivions à
Médine sur la route et sur leurs maisons, les jeunes et la foule disaient اللهest Grand, le
Messager d' اللهest venu, اللهest Grand, Mouhamad est venu.
Anas ibn mâlik – qu' اللهsoit satisfait de lui – dit : « Je courais entre les jeunes et moi-même à
cette époque j'étais un jeune et les gens disaient Mouhammad est venu, Mouhammad est
venu. »
Les gens répétaient cela par joie de la venue du Messager d'Allah ﷺle plus aimé auprès
d'eux. Ô ! Quelle venue qui a rempli les cœurs de joie et d'entrain et les horizons de
splendeur et de lumière. Le Messager d'Allah ﷺarriva à Médine et toutes les tribus parmi
les Ansârs se disputaient les rênes de sa chamelle : « descends chez nous ô Messager d’الله,
[nous te procurons] nombre de combattants, des munitions et une protection. »
Et le Messager d’ اللهdisait : « laissez-là ! elle a reçu une injonction ; je descends là où اللهme
descendra. » Lorsque sa chamelle arriva au lieu où doit se construire sa mosquée, elle
s’accroupit et le Messager d’ اللهn’y descendit que lorsqu’elle bondit. Et le Messager d'Allah
ﷺavait lâché les rênes, elle n'alla pas très loin puis se retourna et retourna au premier
endroit, elle s'accroupit et le Messager d'Allah ﷺdit : « c’est ici que nous descendons. »
Cet endroit appartenait à deux jeunes orphelins alors le Messager d'Allah ﷺles fit venir et
marchanda avec eux pour l'acheter et construire une mosquée, ils dirent : nous te l'offrons
Ô Messager d'الله, il refusa de le prendre comme un don jusqu'à leur acheter, il dit ﷺ: «
Quel est la maison la plus proche »
Abou Ayoub dit : « moi Ô Messager d' اللهceci est ma maison et ceci est ma porte. »
Il dit : il partit et nous prépara un lieu de repos. Après avoir fini, il vint et dit : levez-vous
sur la bénédiction d’الله.
Ensuite vint Abd اللهibn salam qui était un érudit parmi les érudits des juifs c'est à dire
savant parmi leurs savants ; il dit : j'atteste que tu es le Messager d'الله, que tu es venu avec la
vérité, que les juifs savent que je suis leur maître, le fils de leur maître, le plus savant
d'entre eux, le fils du plus savant d'entre eux, interroges-les à propos de moi avant qu’ils
sachent que je me suis converti car si vous les informez de mon islam ils diront sur moi ce
qui n'est pas.
Le Prophète ﷺfit alors venir les juifs qui vinrent à lui et le Prophète ﷺdit : « Ô peuple juif,
malheur à vous, craignez الله. Par ! اللهpoint de divinité si ce n’est Lui, certes vous savez que
je suis le Messager d' اللهen toute vérité et que je suis venu à vous avec la vérité », ils dirent :
« nous ne savons pas cela. » « Quel homme est pour vous Abd اللهibn Salam ? » ils dirent : «
notre maître, fils de notre maître, le plus savant d'entre nous, fils du plus savant d'entre
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Dars de Samy Philippe Chaouche
nous. » il dit : « voyez-vous s'il se convertit » ils dirent : « à اللهne plaise ! il est impossible
qu’il se convertisse. » Le Prophète répéta ce qu’il leur a dit, et ils répétèrent leurs paroles.
Et Abd اللهibn Salam se cachait pour voir ce qu'ils disaient, le Prophète ﷺdit alors : « sors Ô
ibn salam ! » il sortit et dit : « Ô peuple juif, craignez الله, par اللهpoint de divinité si ce n’est
Lui, certes vous savez que c'est le Messager d' اللهet qu'il est venu avec la vérité » ils dirent : «
tu mens » Le Prophète les fit sortir. Abd اللهdit alors au Prophète : « Ne t’ai-je pas informé Ô
Messager d’ اللهque les juifs sont un peuple qui pratique la calomnie, la trahison, le
mensonge et la débauche. »
Ceci Ô les musulmans, est la hijra du Messager d'Allah ﷺil sortit de sa terre celle qui est la
plus aimée auprès d' اللهet la plus aimée auprès du Messager d'الله, il sortit de la Mecque pour
s'installer à Médine pour réformer les serviteurs d’الله.
Parmi les actes de réforme qu’il fit il y a le fait qu’il ﷺa construit sa mosquée avant de
construire la maison de sa famille que la paix et le salut d' اللهsoit sur lui ainsi que sur sa
famille et ses compagnons et ceux qui l'ont suivi de la meilleure des façons jusqu'au jour de
la rétribution.
Le messager d' اللهest mort le 12 Rabbi Al awal, un lundi entre le Doha et la prière de Dohr
(en milieu de matinée).
La mort du prophète mohamed ﷺest différente des autres décès, surtout parce qu’il savait
qu’il allait mourir. En ce qui nous concerne, il est impensable de savoir si notre fin est
proche, car اللهnous enverra l’ange de la mort juste quand notre tour viendra. Avant cela,
nous restons dans l’ignorance de ce qui se passera jusqu’à notre mort. C’est à cet égard que
la mort du Prophète mohamed ﷺse distingue : اللهl’avait informé de sa fin proche. C’est ce
que notre Seigneur lui a déclaré par la sourate an-Nasr.
Par conséquent, par la sourate an-Nasr, اللهa signalé à Son Prophète ﷺque son heure
approchait. Il lui a donc dit de louer la grandeur d’ اللهet de demander pardon car sa vie
touchait à sa fin. Le Messager d’Allah ﷺa réalisé qu’il allait mourir, car il connaissait
l’interprétation des versets, une interprétation qu’il a enseignée à ses disciples comme Ibn
‘Abbas (qu’ اللهl’agrée) qui a donné le sens des versets peu après. Le prophète a donc prédit
sa mort ﷺ.
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Dars de Samy Philippe Chaouche
Pleinement conscient du fait qu’il allait bientôt mourir, le Prophète ﷺa tenu à en informer
sa fille bien-aimée Fatima (qu’ اللهl’agrée). Il avait en effet deviné que sa fin était proche,
avant même qu’il ne tombe malade. Le Messager d’Allah ﷺa déduit sa mort imminente du
fait que Jibril ﷺavait augmenté cette année-là, l’exposition du Saint Coran auprès de lui.
Aisha (qu’ اللهl’agrée) a ainsi confié ce récit émouvant à Masruq (qu’ اللهl’agrée) : « Nous nous
trouvions toutes chez le Messager d’الله. Aucune d’entre nous ne manquait. Fatima arriva en
marchant et par الله, elle avait la même démarche que celle du Messager d’الله. Elle se
rapprocha de lui et il s’écria : « Bienvenue à ma fille ! ». Il la fit asseoir à sa droite ou à sa
gauche, puis il lui tint des propos secrets. Elle se mit alors à pleurer avec des sanglots.
Ensuite, il lui dit des secrets et elle se mit à rire. Lorsque le Messager d’ اللهse leva, je
demandai à Fatima : « Le Messager d’ اللهt’a confié un secret en aparté et tu as pleuré.
Informe-moi de ce qu’il t’a dit. » Elle répondit : « Je ne suis point du genre à divulguer le
secret du Messager d’الله. » Lorsque le Messager d’ اللهdécéda, je lui dis : « Je te demande, par
le droit que j’ai sur toi, quel secret le Messager d’ اللهt’a-t-il confié ? » Elle dit alors : « A
présent, je veux bien. La première fois, il me confia : « Jibril m’exposait le Coran, une fois
chaque année, mais cette année-ci, il l’a fait à deux reprises. Je pense que ma mort est
proche. Alors crains اللهet patiente ! » Alors je me suis mise à pleurer. Ensuite, il dit : « Ô
Fatima ! N’agrées-tu pas d’être la maîtresse de cette communauté ou la maîtresse des
femmes du monde ? » Alors, je me mis à rire. (Al Boukhari et Muslim)
Le prophète ﷺa commencé à tomber malade avec un grave mal de tête. Ce fut le début de
la maladie qui mit fin à sa vie. La mère des croyants (qu’ اللهl’agrée) raconte ainsi, ce premier
jour où la maladie apparut : « Le Messager d’Allah ﷺrentra de funérailles. Ayant ressenti
un mal de tête, je m’écriai : « Oh ma tête ! » Il dit : « Moi aussi, oh ma tête ! ». Ensuite, il
déclara : « Il n’y a aucun mal si tu meurs avant moi, que je te lave, t’enveloppe dans un
linceul, que je prie pour toi puis que je t’enterre. » Je répliquai (‘Aisha) : « Je t’y vois déjà,
juste après ma mort, revenir dans ma maison et coïter avec certaines de tes femmes. » Le
Messager d’Allah ﷺsourit. Puis ce fut le début de la maladie qui devait l’emporter »
(Ahmed et Ibn Majah).
La maladie qui a emporté le prophète ﷺa commencé par un mal de tête alors qu’il
revenait d’un enterrement. Bien qu’il ait souffert d’un mal de tête, il n’a pas manqué de
sourire à la remarque de ‘Aïcha (qu’ اللهl’agrée) qui montrait sa jalousie envers ses
coépouses. Malgré la douleur, le Prophète ﷺa fait preuve de compassion, de
compréhension et de tendresse envers sa femme.
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Dars de Samy Philippe Chaouche
Face à cette maladie, le Prophète ﷺreçut des soins. Il utilisa l’eau pour se soulager des
maux. Selon ‘Aisha (qu’ اللهl’agrée), le Prophète ﷺdemanda : « Versez sur moi sept outres
d’eau dont l’ouverture n’a pas été déliée afin que je fasse une recommandation aux gens ».
Nous le fîmes asseoir dans une bassine appartenant à Hafsa. Nous ne cessâmes alors de
verser de l’eau sur lui jusqu’à ce qu’il nous fit signe d’arrêter. » (Al Boukhari et Muslim).
Les soins et le repos du Messager d’Allah ﷺavant que la maladie ne l’emporte, ont eu lieu
chez son épouse ‘Aïsha (qu’ اللهl’agrée), avec le consentement des autres épouses (qu’ اللهles
agrée). La mère des croyants (qu’ اللهl’agrée) relate ainsi : « Quand le Messager d’Allah ﷺ
s’affaiblit et que ses douleurs s’intensifièrent, il demanda la permission à ses épouses
d’être soigné chez moi. Elles y consentirent. Il sortit, s’appuyant sur deux hommes, les
pieds traînant sur le sol. Il se tenait entre ‘Abbas et un autre homme. » (Al Boukhari)
Le Messager d’Allah ﷺa souffert de sa maladie parce qu’il perdait connaissance. Malgré sa
douleur, il était constamment inquiet pour sa communauté et sa pratique religieuse, car il
demandait sans cesse si les gens avaient prié. Que la prière et le salut d’ اللهsoient sur son
messager. Qu’il nous permette de suivre le chemin qu’il nous a tracé.
Au moment où il s’est avéré être vraiment malade, le prophète ﷺétait dans une douleur
intense. Ces douleurs ont été décrites dans divers ahadiths, tout comme son
comportement.
Avant la mort du prophète ﷺet pendant sa maladie, il a demandé à être soigné chez ‘Aïcha
(qu’ اللهl’agrée) et à rester avec elle jusqu’à la fin. C’est ainsi qu’elle a été la personne qui l’a
aidé et a dépeint sa maladie. C’est ainsi qu’elle est celle qui l’a assisté et qui a décrit sa
maladie. Elle a ainsi rapporté concernant la douleur qu’il ressentait : « Lorsque le Messager
d’Allah ﷺse plaignait de douleurs, il lisait sur lui-même les sourates protectrices et
soufflait. Lorsque sa maladie s’intensifia, c’est moi qui lisais sur lui, soufflais et passais ses
mains sur lui en espérant leur bénédiction. » (Al Boukhari et Muslim)
Alors qu’il souffrait, le Messager d’Allah ﷺa lu sur lui les sourates protectrices an-nass, al
ikhlass et al falaq. Lorsqu’il n’était plus capable, sa femme ricitait pour lui.
Malgré le fait qu’il était le meilleur des hommes, le Prophète ﷺn’a pas échappé aux
souffrances de la maladie avant la mort. Il a dû subir des maux d’une intensité étonnante,
comme l’a souligné Aïcha (qu’ اللهl’agrée) : « Je n’ai jamais vu quiconque souffrir autant de
douleurs que le Messager d’الله. » Cette souffrance montre à quel point اللهest prêt à tout
23
Dars de Samy Philippe Chaouche
puise qu’il a mis à l’épreuve son Messager ﷺ. Elle nous indique également que personne
n’est un cas particulier pour la volonté divine et qu’ اللهteste ceux qu’Il chérit.
Signes de sa mort :
- Sourate An nasr : Omar avait l’habitude de se réunir avec les compagnons de Badr
pour échanger de science et les avait questionné par rapport
- Jibril lui a fait réviser 2x le coran pendant le dernier Ramadan
- Le pèlerinage d’adieu : “prenez de moi vos rites car il se peut que je ne sois pas la
l’année prochaine.”
Lorsque l’heure de la mort du Messager d’Allah ﷺest arrivée, il a fait fixer son regard. Il a
alors dit quelque chose que ‘Aisha (qu’Allah l’agrée) a rapporté puisqu’elle était avec lui
lorsqu’il a commencé à tomber malade jusqu’à ce que la mort l’emporte.
Elle relate ainsi : « Ce jour-là, le Messager d’Allah tomba malade et il coucha dans ma
demeure. Un homme de la famille al Bakr entra chez moi avec en main un siwak vert. Le
Messager d’ اللهy posa son regard et je sus qu’il le voulait. Je demandai : « Ô Messager d’! الله
Aimerais-tu que je te donne ce siwak ? » Il répondit : « Oui ». Elle continue : « Alors, je le
pris et l’assouplis, ensuite je le lui remis. Il l’utilisa comme je ne l’avais jamais vu le faire
auparavant. Puis, il le posa et je trouvai le Messager d’الله, affaibli, dans mon giron. Je voulus
regarder son visage mais son regard restait figé, alors qu’il répétait : « Plutôt vers la
compagnie la plus éminente, au Paradis. » Je dis alors : « Tu as eu le choix et tu as choisi,
par Celui qui t’a envoyé avec la vérité ! » Puis le Messager d اللهmourut. » (Al Boukhari)
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Dars de Samy Philippe Chaouche
D’après Oum Salama, le dernier à avoir vu le Prophète ﷺfut son compagnon, cousin et
gendre ‘Ali ibn Abi Talib (qu’ اللهl’agrée). Oum Salama (qu’ اللهl’agrée) raconte ainsi : « Par
Celui par lequel Oum Salama jure, le dernier à avoir vu le Messager d’ اللهfut ‘Ali. Le matin
de sa mort, le Messager d’ اللهenvoya quelqu’un le chercher. Je pense qu’il le fit mander pour
un besoin particulier. Il se mit alors à questionner, à trois reprises : « ‘Ali est-il arrivé ? »
Celui-ci vint avant le lever du soleil. Quand il arriva, je sus qu’il avait besoin de lui. Alors,
nous sortîmes de la maison. Ce jour-là, nous avions rendu visite au Messager d’ اللهdans la
demeure de ‘Aisha. Je fus la dernière à sortir de la maison. Ensuite, je pris place au plus
près de la porte. ‘Ali se pencha vers lui et il fut le dernier à le voir. Il lui confia des propres
secrets, il lui fit des confidences » (Ahmed)
Le Messager ﷺfut lavé dans ses vêtements. Une divergence avait opposé les compagnons
sur la question de savoir s'il fallait le déshabiller ou pas. A cet instant, ils entendirent un
clameur dire depuis l'intérieur de la maison : Lavez le Prophète ﷺdans ses vêtements. Ils
versèrent de l'eau sur lui et le lavèrent dans ses vêtements. Puis ils l'habillèrent de trois
draps blancs d'un coton pur. Ils ne le dotèrent ni de chemise ni de turban, d'après ce qui a
été rapporté d'Aicha.
Après quoi les gens prièrent individuellement pour lui sans qu'un imam les dirigeât. Ils
entraient dans la mosquée et priaient pour lui ﷺ.»
Lorsqu’il est mort, le prophète ﷺétait enveloppé dans un linceul comme tous les
musulmans. La mère des croyants (qu’ اللهl’agrée) a dit : « Le Messager d’ اللهa été enveloppé,
à sa mort, dans un vêtement appelé hibara » (Al Boukhari et Muslim)
L’imam An Nawawi (qu’ اللهl’agrée) a expliqué qu’il s’agissait d’un vêtement d’origine
yéménite.
Sa femme ‘Aisha (qu’ اللهl’agrée) nous en a informés par ses propres mots : « Le Messager
d’Allah ( ﷺest mort à l’âge de soixante-trois ans » (Al Boukhari et Musulman)
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Dars de Samy Philippe Chaouche
Le lieu de la tombe du prophète ﷺest bien connu mais la décision de l’enterrer à cet
endroit a été prise par Abu Bakr (qu’ اللهl’agrée), conformément à la volonté divine. Salim
ibn ‘Ubayd raconte l’instant où fut prise la décision de l’enterrer à cet endroit : « Quand le
Prophète mourut, ils commandèrent : « Ô Salim ! Rends-toi chez les compagnons du
Prophète et appelle-le. » Je sortis alors et trouvais Abu Bakr debout, dans la mosquée. Il
posa alors sa main sur mon avant-bras, puis il se mit en marche jusqu’à ce qu’il entra. On
lui fit place pour qu’il aille auprès du Prophète. Il se pencha sur lui et constata qu’il était
mort. Abu Bakr déclara alors : « En vérité, tu mourras et ils mourront eux aussi. » (Sourate
Zummar : Verset 30)
Concernant l’enterrement du Prophète ﷺ, Ibn ‘Abbas (qu’ اللهl’agrée) a dit : « On posa un
vêtement rouge sous le Messager d’Allah, lorsqu’il fut enterré » (Muslim)
Le prophète n’a pas été enterré directement (1jour et demi = 36h) car tout le monde voulait
prier sur le prophète
Le prophète est mort à 63 ans tout comme ‘Omar, Abu Bakr, ‘Ali et ‘Aïsha
Il est mort dans la chambre de ‘Aisha et dans les bras de ‘Aïcha suite à un empoisonnement
d’une juive. Abu Bakr a demandé à être enterré à côté du prophète ainsi que ‘Omar et Aicha
a accepté.
Médine = Madina toun naby (elle s'appelait yathrib) avant l'arrivée du prophète, il y avait
bcp de maladie la bas. Les savants disent qu’il est mieux de vivre à Médine qu’à la Mecque.
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