ART ET IMAGES NUMERIQUES
La photographie est à la fois :
la technique qui permet d’enregistrer des images par
l’action de la lumière,
l’image obtenue par cette technique,
un art graphique.
Le mot provient de deux racines d’origine grecque : le préfixe « photo »
provient de photos : lumière, clarté, tandis que le suffixe « graphie », vient de
graphein : peindre, dessiner, écrire.
La photographie est l’écriture par la lumière
Telle la lampe électrique ou le téléphone, la photographie s’inscrit dans la liste
des inventions réalisées au cours de l’industrialisation au xixe siècle. Mais ses
origines sont bien plus anciennes : quatre siècles avant Jésus–Christ déjà,
Aristote décrivait ce qui deviendra le principe de base de la photographie : la
chambre noire.
Il faudra ensuite des avancées scientifiques dans les domaines de la chimie, de
l’optique, de la mécanique et, plus récemment de l’électronique et de
l’informatique pour voir apparaître la photographie telle que nous la
connaissons aujourd’hui. La photographie est un moyen de conserver une
représentation de moments, de lieux, d’objets ou de personnes. Forme
d’expression artistique, elle est également une source pertinente pour la
recherche historique.
I- L’HISTOIRE DE LA PHOTOGRAPHIE
a- L’ancêtre de l’appareil photo
À l’époque de la Renaissance, une drôle d’invention, connue depuis l’Antiquité,
est utilisée : la chambre noire (camera obscura). Dans une boîte obscure
fermée, on perce un petit trou que l’on appelle sténopé pour faire pénétrer la
lumière du jour. L’image de l’extérieur se reflète alors à l’envers à l’intérieur de
la boîte. Léonard de Vinci fut le premier à s’en servir pour réaliser des dessins
très fidèles à la réalité en décalquant l’image projetée .
b- Les évolutions de la camera obscura
Au cours de la Renaissance, ce système connaît des
améliorations :
● un miroir permet de redresser l’image à l’endroit ;
● on remplace le petit trou, par une ouverture plus grande,
équipée d’une lentille en verre, ce qui permet d’obtenir des images beaucoup plus
nettes et lumineuses. La camera obscura devient « une machine à dessiner ». Elle
est une aide précieuse pour les peintres, car elle leur permet de recopier
fidèlement des décors et des paysages.
c- Des images qui ne dures pas
Presque toutes les conditions sont réunies pour concevoir un appareil photo, mais
il reste un problème : l’image au fond de la camera obscura est une projection qui
ne dure pas, personne n’arrive encore à la retenir sans avoir recours au dessin.
Pour réaliser une photographie, il faudra trouver un moyen de fixer l’image sur un
support avec des produits chimiques.
II- LA NAISSANCE DE LA PHOTOGRAPHIE
Le scientifique Nicéphore Niépce eut l’idée folle de fixer, sur un support, l’image
qui était projetée sur le fond de la boîte noire. Il plaça dans sa petite boîte une
plaque en étain, une sorte de métal, recouverte d’une matière qui capture la
lumière : le bitume de Judée. Puis, il la laissa pendant plusieurs jours (72 heures à
ce qu’il paraît !) prendre la lumière sur le rebord de sa fenêtre… Et c’est ainsi
qu’apparut la toute première photo en noir et blanc de l’histoire.
Voici la toute première photo de l’histoire ! Elle représente la vue de la fenêtre de
la chambre de son créateur, Nicéphore Niépce.
Nicéphore Niépce baptise son invention « héliographie » qui signifie en grecque «
écriture par le soleil ». Le mot « photographie », « écriture par la lumière »,
apparaît plus tard, à partir des années 1830.
a- Le Daguerreotype (1839)
L’invention de Nicéphore Niépce demandait un temps de pose très long : plusieurs
heures. On ne pouvait donc pas prendre de gens en photo. Louis Daguerre inventa
donc à son tour un appareil qu’il appela daguerréotype. Il permettait d’obtenir
une image en noir et blanc après un temps de pose d’une trentaine de minutes
seulement, ce qui fut une véritable révolution. Ainsi arrivèrent les premières
photos de personnes. Imagine qu’à cette époque, il fallait rester immobile
pendant 20 à 30 minutes pour obtenir un portrait.
b- L’arrivee de la couleur (1877)
Au fil du temps, le daguerréotype fut remplacé par d’autres boîtes en bois plus
performantes et plus rapides, mais les photos étaient toujours en noir et blanc. En
1877, Louis Ducos du Hauron réussit enfin à intégrer la couleur sur les photos.
La méthode consistait à prendre successivement trois clichés en plaçant des filtres
transparents rouge, vert et bleu devant la lentille, puis une dernière photo en les
superposant. Et c’est ainsi qu’apparut la couleur !
c- La plaque etiquette bleue (1977)
La méthode de Louis Ducos du Hauron eut peu de succès, car elle était
compliquée et ne fonctionnait que sur des sujets immobiles. Les frères Lumière
inventèrent donc l’autochrome, plus souvent appelé « la plaque Étiquette bleue »
à cause de la couleur de son emballage. C’était une plaque de verre que l’on
insérait dans les appareils photo de l’époque, permettant d’obtenir des images en
couleurs avec un temps de pose d’une seconde seulement ! Cette invention eut
un grand succès partout dans le monde, ce qui fit la fortune des frères Lumière.
d- Les appareils photos a soufflets (1925)
Jusque-là, les appareils photo étaient de volumineuses boîtes en bois. En 1925,
arrivèrent enfin des modèles beaucoup moins encombrants et donc faciles à
transporter : les appareils à soufflet, qui utilisaient toujours le système de plaques
en verre.
e- L’arrivée des Pellicules (1935)
En 1935, les plaques de verre sont remplacées par des pellicules qui permettent de
réduire considérablement la taille des appareils. Les pellicules sont de petites bobines
de film souple que l’on insére dans les appareils photo et sur lesquelles s’imprime
l’image en négatif. Elles permettent de prendre 12, 24 ou 36 photos selon le modèle.
Une fois la pellicule pleine, on la donne au laboratoire photo qui réalise le
développement en quelques jours
Une photo négative est simplement une image dont les couleurs sont inversées.
Avant l’arrivée des appareils numériques, il fallait être patient et passer par l’étape
du développement avant de pouvoir admirer ses photos. Cela se réalisait dans une
pièce sans lumière appelée « chambre noire ». Les négatifs étaient exposés sur un
papier photosensible (sensible à la lumière) qui était ensuite plongé dans trois
bassines de produits différents, puis rincé à l’eau. Enfin on le faisait sécher en
l’accrochant sur un fil avec des pinces à linge. Ainsi apparaissaient les images
positives ,d’où sont nom de photographie argentique . C’est une technique
photographique permettant l'obtention d'une photographie par un processus
photochimique comprenant l'exposition d'une pellicule sensible à la lumière puis
son développement et, éventuellement, son tirage sur papier
f- Le polaroid
En 1972, une incroyable invention voit le jour : un appareil photo au développement
instantané, le Polaroid. Quelques secondes après avoir pris la photo, l’image se
développe automatiquement en sortant de l’appareil ! Grâce à lui, plus besoin
d’attendre pour voir son cliché. L’inconvénient était que l’on pouvait prendre
seulement 8 photos par recharges et que c’était cher.
g- L’arrivée du numerique (1982)
Il n’y a pas si longtemps, en 1982, on inventa le tout premier appareil numérique,
mais il faut attendre les années 2000 pour que tout le monde puisse en avoir un.
Aujourd’hui, les pellicules ont laissé place aux cartes mémoires, ce qui permet de
prendre plusieurs centaines de clichés, et les appareils sont équipés d’écrans
affichant les photos prises, une véritable révolution ! On peut ainsi les supprimer si
elles sont ratées, et ne choisir d’imprimer que les plus beaux clichés.
III-INITIATION A LA PHOTO NUMERIQUE
Nous avons 4 types d’appareils photos numériques, qui sont :
Les compacts, les bridges , les hybrides et les reflex.
TECHNIQUES DE PRISES DE VUES
L'appareil compact
On appelle Compact numérique un appareil tout en un, de faible taille et de faible
poids. Les modes automatiques sont le cœur de ces appareils mais on voit de plus en
plus de compacts intégrant des réglages manuels poussés en complément. Les
constructeurs font tout pour les rendre de plus en plus compacts. On remarque
également la notion d'appareil photo apparaître, le design et la finition étant de plus
en plus soignés.
Utilisation :
• Utilisation familiale
• Utilisation quotidienne (dans la poche ou le sac)
• Débutants (jusqu'à avertis pour certains modèles)
LES AVANTAGES
• Peu d'encombrement donc transportables facilement (par exemple pour partir en
vacances)
• Grande profondeur de champ
• Zooms lumineux
• Préréglages et modes automatiques pratiques pour les débutants
• Prix attractifs
LES INCONVENIENTS
• Lenteur (à la mise en route, à la mise au point : temps de latence)
• Présente très rarement un mode de mise au point manuel
• Le viseur optique n'est pas assez précis pour vérifier la mise au point et ne renvoie
pas l'image exacte de ce que l'on photographie (il y a souvent des décalages)
• Les capteurs miniaturisés entraînent un peu plus de bruit
Le Bridge Camera On appelle Bridge Camera, un appareil « tout en un » qui a la
même ergonomie, les mêmes spécificités techniques et la même structure qu’un
reflex. La visée par contre est électronique. Les bridges permettent une grande
diversité de réglages manuels (vitesse, diaphragme, balance des blancs, etc.). On
appelle ces appareils des bridges (ponts en anglais) car ils sont en quelque sorte la
jonction entre les compacts et les reflexes. On peut rajouter certains éléments afin
d’étendre les performances de l’appareil : compléments optiques, flash...
Utilisation:
• Utilisation débutante (en mode automatique) Ou avancée (en tout manuel)
LES AVANTAGES
• Maîtrise de l'image
• Moins encombrant qu'un reflex
• Légèreté
• Prix plus abordable qu'un reflex
LES INCONVENIENTS
• Viseur électronique moins précis qu'un reflex
• Difficile d'avoir une très faible profondeur de champ
• Temps de réaction
Reflex numérique
On appelle Reflex numérique une appareil évolutif dont la visée s'effectue
directement par l'objectif grâce à un jeu de miroir (d'où le nom de reflex). C'est le
type d'appareil le plus répandu chez les photographes professionnels (Reflex
argentique ou numérique). Tous les réglages et tous les types de photos sont
imaginables puisque les objectifs sont interchangeables. On trouve plusieurs sortes
d'optiques selon les utilisations que l'on veut en faire : téléobjectifs (portrait,
sport...), grand angle (paysage...), objectifs macro et objectifs à bascule et
décentrement (architecture, objet...).
Utilisation :
Utilisateurs averti - Semi-professionnels - pro Aucune limite d'utilisation
LES AVANTANGES
Qualité d'image (selon l'objectif) Réactivité Evolutif Visée parfaite
LES INCONVENIENTS
Encombrant (boitier + objectifs + accessoires + flash...) Le Prix
Capteur
En photographie, le principe d’exposition est invariable, que ce soit en numérique ou
en argentique. Il obéit aux mêmes lois, prenant en compte les mêmes paramètres, à
savoir : - une vitesse d’obturation (que l’on appelle également temps de pose) - un
diaphragme d’ouverture - une sensibilité En argentique, cette sensibilité dépend du
film utilisé. En numérique, bien sûr, on ne change pas de surface sensible. Le capteur
est fixe, qu’il soit de type CCD (Charged Coupled Device) ou CMOS (Complementary
Metal Oxyde Silicon) , et il possède une seule sensibilité réelle, souvent assez faible
(entre 50 et 200 ISO). On arrive à l’augmenter artificiellement pour monter jusqu’à
400, 800, 1600, 6400 voire 12800 ISO. Un gain de sensibilité est obtenu par une
amplification du signal (les pixels sont dopés électroniquement) et surtout par un
post-traitement qu’effectue en interne le « cerveau » de l’appareil, son processeur de
signal numérique (DSP, Digital Signal Processeur)
Comment fonctionne un capteur ?
Ce composant électronique est constitué d'un réseau d'éléments organisé comme un
damier. Ces éléments sont d'une forme spécifique au capteur (rectangulaires, carrés,
octogonaux...) et réagissent à la lumière (ils sont « photosensibles »). Ces éléments
sont appelés photosites. Suivant la quantité de lumière reçue, les photosites
produisent des charges électriques d'intensités variables qui vont permettent de
créer les pixels de la photographie numérique. Pour être plus précis, plus la lumière
est intense et l'exposition longue, plus la charge électrique qui en résulte est
importante et inversement.
Pour retranscrire la couleur d'une image, chaque photosite est recouvert d'un filtre.
Le mode de couleur le plus souvent utilisé dans les capteurs est le RVB mais il existe
également des capteurs basés sur le mode colorimétrique CMJN. Dans le cas d'un
capteur RVB, les photosites seront donc recouverts des filtres rouges, verts ou bleus.
Un filtre rouge stoppera donc les rayonnements vert et bleu ; un filtre bleu arrêtera
les rayonnements rouge et vert, etc. Il faut savoir que la sensibilité d'un photosite est
moins importante pour la couleur verte, il faudra donc deux photosites pour
s'occuper de cette couleur. Pour résumer, il faudra donc 4 photosites pour mesurer
une couleur (un pour le rouge, deux pour le vert et un pour le bleu) et donc créer un
pixel.
Obturateur
L'obturateur est le mécanisme réglant la durée d'exposition. La durée d'exposition,
c'est le temps pendant lequel la lumière arrive sur le capteur. L'obturateur est donc
un « rideau », qui s'ouvre pendant un temps plus ou moins long (de quelques
millièmes de secondes à plusieurs minutes), pour laisser passer la lumière. Plus le
rideau reste ouvert longtemps, plus la photo sera lumineuse, et vis versa. On parle de
« temps d'exposition ».
Objectif
L'objectif est l'élément qui va définir la qualité finale de votre image ainsi que la
façon dont vous allez utiliser l'appareil photo, il ne faut donc pas le choisir à la légère.
L'objectif est un ensemble optique qui capture la photographie en focalisant la
lumière sur le capteur. A l'inverse des compacts et bridges Caméras, les reflexes
numériques sont des appareils à objectifs interchangeables, on va donc pouvoir
placer sur le boîtier plusieurs types d'objectifs selon les besoins, ce qui est, bien sur,
un grand avantage (mais le prix n'est évidemment pas le même). La qualité d'un
objectif est définie par la qualité de ses composants. Plusieurs éléments vont avoir
leur importance : Sa focale (fixe ou variable) Son angle de champ Son ouverture c'est-
à-dire la quantité maximale de lumière captée par l'objectif Sa distance minimale de
mise au point . On retrouve la plupart du temps certaines informations importantes
directement sur l'objectif : la marque du fabricant de l'objectif et son numéro de
série, sa focale (ou sa plage de focale), son ouverture maximale et parfois la
puissance du zoom optique
La focale
La focale détermine le grossissement observé au travers de l'objectif. Plus
précisément, la focale représente la distance en millimètres qui sépare le capteur du
centre optique de l'objectif (assimilé au point nodal, c'est-à-dire le point où les rayons
commencent à converger), lorsque la mise au point est faite sur l'infini.
Il existe plusieurs types d'objectifs. Tout d'abord, on peut trouver des objectifs à
focale fixe, c'est-à-dire des objectifs qui n'ont qu'une seule et même focale (donc pas
de zoom). Les appareils photo numériques compacts correspondant sont soit des
appareils d'entrée de gamme (même s'ils sont de plus en plus rares) soit des appareils
ultra compacts ou gadgets. Les appareils à objectif fixe sont parfaits pour la
photographie de paysage mais ne sont pas recommandés pour photographier de près
car ils ont tendance à déformer. Dans le cas d'un objectif interchangeable, une focale
fixe sera, par contre, signe de qualité. Chaque objectif, selon sa focale, sera spécialisé
dans un domaine précis (portrait, macro, paysage...). Le type d'objectif le plus
répandu est l'objectif à focale variable. On l'appelle plus communément un objectif
zoom. Ce type d'objectif a la particularité de pouvoir faire varier la focale et ainsi de
se rapprocher ou s'éloigner virtuellement du sujet à photographier. Attention, la
plupart des zooms perdent de la luminosité lorsque la distance focale augmente. La
focale de l'objectif (ou la plage de focales) est donc un élément très important à
prendre en compte lors de l'achat d'un appareil photo (ou d'un objectif pour un reflex
numérique). Cette focale détermine également l'angle de champ de l'objectif.
Angle de champ
La focale va également définir l'angle de champ de l'objectif, c'est-à-dire l'angle que
va pouvoir capter l'appareil photo. Ainsi une focale courte va entraîner un grand
angle de champ alors qu'une focale longue va plutôt correspondre à un angle de
champ serré.
Focale de 28mm : Il s'agit là d'un grand angle . On se sert de ce type de focale pour
des panoramas, des photographies de paysage ou de reportage. Les perspectives
sont intéressantes (attention quand même aux déformations) et la profondeur de
champ est garantie.
Focale de 35mm : C'est une focale parfaite pour les photos pour lesquelles vous
n'avez pas assez de recul et les photos de groupe par exemple. Les perspectives sont
donc moins flagrantes qu'avec un 28mm mais il y a moins de risques de déformations
et de vignettage.
Focale de 50mm : C'est la focale classique qui correspond à peu prés à la vision
humaine. Focale de 90mm : On l'utilise pour des portraits, des gros plans, des détails
dans un paysage. La profondeur de champ est alors plus réduite que les focales
précédentes.
Focale de 135mm : On l'utilise donc pour des photographies d'objets relativement
éloignés. Focale de 200mm : Ce téléobjectif donne un champ serré , la profondeur de
champ est alors très faible. Une focale de 200mm peut être utile pour isoler et faire
un très gros plan sur un sujet.
La distance minimale de mise au point
C'est le dernier point important à prendre en compte dans les caractéristiques de
l'objectif. Cette valeur correspond à la distance minimale au dessous de laquelle la
photographie devient floue. Cette distance varie en fonction de la focale. La distance
minimale de mise au point est importante si l'on souhaite faire de la macro par
exemple.
La lumière et la gestion de l'exposition en photo
Rappels
Avant toute chose, un petit point sur le fonctionnement de l'appareil photo (qu'il soit
numérique ou argentique) :
1. La lumière pénètre dans l'appareil via l'objectif.
2. Le photographe appuie sur le déclencheur : on laisse cette lumière arriver jusqu'au
capteur (ou la pellicule). On dit qu'on « expose » le capteur (d'où l'expression temps
d'exposition...).
3. La photo est enregistrée sur la carte. Un constat simple (et très important) : plus on
laisse de lumière entrer et arriver au capteur, plus la photo sera claire. Au contraire,
moins on laisse entrer de lumière... plus la photo sera sombre. Et c'est là que ça
devient intéressant, en pratique ! En effet, il existe deux moyens (détaillés dans les
sections suivantes) qui permettent de jouer sur la quantité de lumière qui entre dans
l'appareil et arrive au capteur : le temps d'exposition et l'ouverture du diaphragme.
L’appareil reflex
Les appareils dit "Reflex" sont des appareils qui combinent visée et prise de vue à
travers le même objectif. Avec ce type d'appareil, la photo reproduit exactement ce
que l'on voit dans le viseur. Ces appareils peuvent être à mise au point manuelle ou
autofocus (l'appareil fait la mise au point tout seul)
Fonctionnement de l'appareil
La lumière rentre par l'objectif de l'appareil, se réfléchit sur le miroir et est renvoyée
sur le prisme pour arriver au viseur.
Lorsque l'on appuie sur le déclencheur
Tout d'abord le miroir remonte, ensuite le diaphragme qui était complètement
ouvert se referme à la valeur indiquée, et enfin l'obturateur s'ouvre pour que la
lumière arrive sur le film qui est ainsi exposé. L'obturateur se referme, le diaphragme
se ré-ouvre et le miroir reprend sa position initiale.
Note : durant toute cette phase le photographe ne peut rien voir dans le viseur car
le miroir est relevé.
La lumière
La lumière, c'est la matière du photographe, c'est l'ingrédient principal d'une belle
photo ! Qui ne s'est pas rendu compte de l'incidence d'une lumière de fin de journée
sur la beauté d'un paysage ou d'un portrait ? Néanmoins, même dans des conditions
de lumière plus banales, il est important de connaître quelques astuces qui vous
permettront de restituer au mieux une scène, sans voir trop de surprises du style «
ciel complètement grillé » ou encore « photo toute noire »
L’appareil numérique
P S A M... Voilà des lettres gravées sur chaque appareil photo numérique mais peut
être certains ne savent pas réellement à quoi elles peuvent bien correspondre. Nous
allons voir la signification et l'utilisation de chacun de ces modes. Après avoir lu ce
cours vous saurez lequel sélectionner en fonction de la photographie à faire
Le Mode Automatique
L'intérêt du mode auto est, comme son nom l'indique, d'effectuer tous les réglages
automatiquement : vitesse, ouverture, balance des blancs, exposition, etc. Vous
n'avez qu'à cadrer et déclencher pour obtenir une photo qui dans 90% des cas sera
tout à fait réussie. Bien évidemment ce mode vous limite énormément puisque vous
ne décidez rien... Nous conseillons d'utiliser ce mode lorsque vous débutez ou bien
lorsque les conditions sont extrêmement complexes.
Avec le mode Automatique, vos photos sont assurées d'être réussies mais les
possibilités artistiques sont pratiquement nulles.
Le Mode Programme (P)
Le mode Programme (P) est assez proche du mode auto à l’exception près que vous
pouvez apporter quelques modifications. L’appareil photo règle automatiquement la
vitesse et le diaphragme et vous laisse la possibilité de modifier, selon les modèles, le
réglage de l’exposition, la balance des blancs, le type de lumière ou encore le
collimateur AF... En gros vous obtenez toujours une bonne exposition mais vous
pouvez privilégier la profondeur de champ (vitesse lente et petit diaphragme) ou bien
figer une action (grande vitesse et grande ouverture). Ce mode est donc idéal pour
passer du mode automatique destiné aux débutants à celui des modes à priorités. Il
vous guidera tout en vous laissant une certaine liberté de création.
Avec le mode programme (P) l’appareil choisit lui- même les réglages les plus adaptés
mais vous laisse tout de même la possibilité de faire quelques modifications.
Le Mode Priorité Vitesse (S ou Tv)
Le mode priorité vitesse (S ou Tv pour les Canon) vous permet de déterminer la
vitesse pendant que l’appareil choisit automatiquement l’ouverture la plus adaptée
pour obtenir la meilleure exposition possible. Ce mode va donc vous permettre
d’obtenir l’effet que vous souhaitez sur un sujet en action (sport, animaux, enfants…).
Vous allez pouvoir geler l’action avec une vitesse rapide (1/500 sec par exemple) ou
bien donner une sensation de vitesse (effet de filé) avec une vitesse lente (1 sec par
exemple). Bien sur la profondeur de champ est plus ou moins importante selon la
vitesse. Si votre vitesse est élevée, la profondeur de champ sera réduite et
inversement. Ce mode n’est pas recommandé pour les photographies nocturnes.
Vous serez, dans ce cas, obligé de passer en mode manuel.
Avec le mode programme (S) l’appareil choisit lui-même les réglages les plus adaptés
mais vous laisse tout de même la possibilité de faire quelques modifications.
Le Mode Priorité Diaphragme (A ou Av)
Le mode priorité ouverture (A ou Av pour les Canon) appelé également priorité
diaphragme (les deux termes sont identiques) va vous permettre de choisir
l’ouverture manuellement et ainsi de contrôler la profondeur de champs de votre
image. En photographie, la vitesse et l’ouverture sont liées, l’appareil va donc régler
automatiquement la vitesse selon l’ouverture que vous aurez choisie. L’ouverture
contrôle la quantité de lumière qui atteint le capteur, les ouvertures les plus petites
sont dont associées à des vitesses lentes (pour que l’image ait le temps de se former
sur le capteur) et inversement, les grandes ouvertures sont associées à des vitesses
rapides. Afin de maîtriser au mieux la zone de netteté de votre image (et donc sa
profondeur de champ), il faut toujours garder à l’esprit qu’une grande ouverture
(f/2,8 par exemple) permet d’obtenir une profondeur de champ réduite. Une grande
ouverture est donc préférable pour les portraits ou pour la macro. Une faible
ouverture (f/22 par exemple) vous permettra d’obtenir une grande profondeur de
champ, idéale pour les paysages.
Le Mode Manuel (M)
Le mode manuel (M) est à réservé aux initiés. Dans ce mode vous disposez d’une
liberté totale pour régler les paramètres de votre photographie. Vous pourrez donc
choisir une vitesse et une ouverture à votre guise en étant guidé ou pas par les
informations provenant de la mesure de la lumière. Ce mode est à conseiller dans
deux cas précis : - Si vous faites de la photo en studio avec un éclairage contrôlé, le
mode manuel convient mieux. De même pour des photos au flash. - Dans des
conditions d’expositions spécifiques que vous souhaitez modifier, par exemple une
photographie nocturne. Le mode manuel vous permettra de régler votre vitesse et
votre ouverture de façon à éclaircir la scène.
Le mode manuel (M) laisse libre cours à votre imagination puisque vous contrôlez
tous les paramètres de votre photographie.
La lumière - Température de couleur – Balance des blancs
BALANCE DES BLANCS
Si l'option "balance des blancs" est manuelle sur votre appareil, apprenez à l'utiliser
car elle aide à réaliser de meilleurs clichés. Elle sert à équilibrer les couleurs
composant votre image, en fonction de l'éclairage qui ne correspond pas forcément à
l'option "intérieur" ou "extérieur", mais dépend souvent d'une source lumineuse
complémentaire ou bien d'un environnement en demi-teinte. Cette "nuance" n'est
pas toujours évidente et pour y remédier à vos débuts utilisez les réglages prédéfinis
et ensuite avec les appareils qui sont équipés du manuel entraînez vous.
La balance des blancs sert à rééquilibrer la lumière en restituant au mieux possible
un blanc proche de sa valeur de référence : auto/manuel/lumière du
jour/nuageux/tungstène le plus souvent proposé.
Relation entre la température d’une source lumineuse et la qualité de couleur émise
par celle-ci; elle est exprimée en kelvins (K). Exemples: lumière émise par une lampe
à incandescence normale : 2800 à 3200 K; lampe à incandescence survoltée : 3400 K;
lumière du jour au coucher et au lever du soleil : 2500 à 3800 K; lumière du jour
«normale» : de 4000 à plus de 15000 K.
Lumière du jour Dans la lumière du jour, la proportion de lumière bleue (froide) est
plus grande au lever qu’au coucher du soleil, mais dans les deux cas elle est
nettement plus faible que durant la journée, ce qui explique les dominantes (du
jaune-orange au rouge) que l’on obtient lors des prises de vues matinales ou
crépusculaires car les films normaux, type «lumière du jour» (ou «Daylight») sont
équilibrés pour une valeur moyenne d’environ 5500 K.
Le flash
La lumière émise par l’éclair d’un flash électronique est très proche de la
température de couleur de la lumière du jour; aussi faut-il utiliser un film normal,
c’est-à-dire du type lumière du jour, pour la photographie au flash, même s’il s’agit à
proprement parler d’une source de lumière artificielle.
La lumière artificielle
Les films équilibrés pour la lumière artificielle sont de deux types: type «A» pour une
source d’environ 3400 K (lampes «flood» de studio); type «B» ou «tungstène» pour
les lampes à incandescence normales (environ 3000 K). La température de couleur
des lampes à incandescence variant notablement à mesure de leur vieillissement
suite à leur utilisation, des dominantes peuvent apparaître même si l’on utilise un
film du type approprié; dans ce cas, un filtre de correction de couleur sera utile.
La lumière – Mode de mesures
Il existe en général 3 modes de mesure de la lumière sur les appareils reflex
modernes: la mesure multizone: l le posemètre découpe l'image en plusieurs surfaces
sur lesquelles il mesure la lumière. Il intègre ensuite les variations d'éclairage entre
ces diverses zones et les compare par rapport à des situations prédéterminées
enregistrées dans sa mémoire afin de proposer le couple diaphragme/vitesse idéal.
C'est le mode de mesure qui convient à la plupart des situations.
la mesure spot
permet de mesurer la lumière sur une petite surface de l'image (généralement à
l'intérieur d'un cercle de 5% de la surface de l'image au centre du viseur). Ce mode de
mesure donne au photographe le choix de la partie de l'image sur laquelle il veut que
la mesure soit faite. Ce mode convient particulièrement à des scènes ou les écarts de
lumières sont importants et permet au photographe de privilégier une partie précise
de cette scène. L'utilisation de ce mode nécessite néanmoins une certaine
expérience.
la mesure pondérée centrale.
C'est un mode de mesure ancien qui ressemble à une mesure multizone mais qui
favorise la zone centrale de l'image. Les appareils photo à posemètre intégré
proposent également un "correcteur d'exposition" qui permet de sous-exposer ou de
surexposer volontairement l'image. Là encore, une certaine maîtrise de la mesure de
la lumière est nécessaire. Par exemple, on peut surexposer de 1IL les photos prises
sur la neige car le fort pouvoir réfléchissant de la neige blanche "trompe" le
posemètre intégré qui aura tendance à sous exposer l'image et donc à donner une
neige grise et donc des personnages sur la neige quasiment noirs! Ceci s'explique:
transformées en valeurs monochromes, les scènes de la vie courantes présentent une
valeur moyenne de gris à 18%; on l'appelle le "gris neutre" et le posemètre intégré
est étalonné pour voir toutes les situations comme si elles étaient grises à 18%. Dans
le cas précédent, la neige blanche est rendue comme un gris neutre à 18%, d'ou la
sous-exposition générale de l'image.
Le temps d'exposition
Temps d'exposition court
Avantages :
Peu de chance de faire une photo floue. Impeccable pour des sujets en mouvement
(sport...).
Inconvénients :
Besoin de beaucoup de lumière, sinon la photo est sombre (« sousexposée »).
Résumé :
À utiliser quand il y a beaucoup de lumière : en extérieur par beau temps par
exemple, ou si on peut utiliser le flash pour apporter de la lumière.
Temps d'exposition long
Avantages :
Beaucoup de lumière a le temps d'arriver au capteur, donc on peut prendre une
photo suffisamment claire même dans l'obscurité. Il est aussi possibile de réaliser de
jolis effets de « filet » (un exemple d'effet de filet sur une cascade). Inconvénients :
Une photo floue sauf si on ne bouge pas ou qu'on utilise un trépied...
Résumé :
À utiliser quand il y a peu de lumière et que l'on ne souhaite pas utilise le flash
Quelques repères :
un pieton dans la rue sera " figé" au 1/125 un velo au 1/250 une voiture en ville au
1/500 une formule 1 au 1/4000 avec de l'entraînement !