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PRÉPARATION OLYMPIQUE FRANÇAISE DE

MATHÉMATIQUES

OL
N
IO

YM
RAT

PIQ
PA
POFM

PR É

UE
MATHÉMATIQUES
E NVOI 3 : A RITHMÉTIQUE
À RENVOYER AU PLUS TARD LE 13 FÉVRIER 2023

Les consignes suivantes sont à lire attentivement :

- Le groupe junior est constitué des élèves nés en 2008 ou après. Les autres élèves sont dans le
groupe senior.
- Les exercices classés “Juniors” ne sont à chercher que par les élèves du groupe junior.
- Les exercices classés “Seniors” ne sont à chercher que par les élèves du groupe senior.
- Les exercices doivent être cherchés de manière individuelle.
- Utiliser des feuilles différentes pour des exercices différents.
- Respecter la numérotation des exercices.
- Bien préciser votre nom en lettres capitales, et votre prénom en minuscules sur chaque copie.

1
1 Exercices junior
Exercice 1. Soient a, b deux entiers. Montrer que ab(a − b) est divisible par 2.
Solution de l’exercice 1 On s’intéresse à la parité d’un produit, il est donc pertinent de faire une disjonc-
tion de cas sur la parité des entiers en jeu, ici a et b. On remarque alors la chose suivante :
• Si a ou b est pair : alors ab est pair (le produit d’un nombre pair par un entier quelconque étant
pair) et donc ab(a − b) est bien divisible par 2.
• Sinon, si a et b sont tous les deux impairs, alors a − b est pair (en tant que différence de deux
impairs) et donc ab(a − b) est divisible par 2
Finalement, dans tous les cas, si a et b sont des entiers, alors ab(a − b) est divisible par 2.

Commentaire des correcteurs : Beaucoup d’élèves ont abordé cet exercice, et tous l’ont parfaitement
réussi. L’idée consistait à faire des disjonctions de cas selon les parités de a et de b, ce qui pouvait se
faire en deux cas : soit "a ou b pair" et "a et b impairs", soit "a et b de même parité" et "a et b de parité
différente". Certaines copies ont fait plus de cas, ce n’était pas nécessaire et parfois il y avait des cas qui
étaient inclus dans d’autres cas déjà traités : cela rallongeait souvent les solutions, ce qui fait perdre en
efficacité et peut faire perdre du temps qu’on aurait pu passer à chercher d’autres exercices plus difficiles.

2
Exercice 2. Montrer qu’il existe une infinité de couples (m, n) d’entiers strictement positifs distincts
tels que m!n! soit un carré parfait.
Solution de l’exercice 2 On aurait envie de prendre m = n pour avoir m!n! = (n!)2 et avoir un carré
parfait. Mais l’énoncé force m ̸= n. Malgré cela, on voit déjà un moyen de faire apparaître naturellement
des carrés parfaits.
Supposons sans perte de généralité m > n (comme m!n! = n!m!, quitte à remplacer (m, n) par (n, m),
ça ne pose pas de problème). Alors m!n! = m×(m−1)×. . .×(n+1)×n!×n! = m×. . .×(n+1)×(n!)2 .
Alors m!n! sera un carré parfait si et seulement si m × . . . × (n + 1) l’est. Le moyen le plus simple de
le faire, c’est de choisir m = n + 1 = k2 pour un certain entier k (k ⩾ 2 car on veut m, n ⩾ 1). En effet
on a bien (k2 )!(k2 − 1)! = k2 ((k2 − 1)!)2 = [k(k2 − 1)!]2 .
Finalement, pour tout k ⩾ 2 entier, (m, n) = (k2 , k2 − 1) convient, ce qui nous fournit bien une infinité
de couples de solutions.

Commentaire des correcteurs : Le problème a été abordé par beaucoup d’élèves et une large majorité l’a
parfaitement réussi. D’autres ont eu des pistes intéressantes sans forcément aboutir, comme remarquer
que, dans le cas m > n par exemple, il est nécessaire et suffisant d’avoir m × (m − 1) × . . . × (n + 1)
qui est un carré parfait.

3
Exercice 3. Trouver les triplets d’entiers (x, y, n) tels que n2 = 17x4 − 32x2 y2 + 41y4 .
Solution de l’exercice 3 On va montrer par descente infinie que (0, 0, 0) est la seule solution.
Comme un carré ne vaut que 0 ou 1 modulo 3 (une façon de le voir est de faire une disjonction de cas
sur les valeurs modulo 3), il est pertinent de tenter une étude modulo 3 pour essayer de voir où ça nous
mène. Pour ce faire, on remarque que si (x, y, n) est solution, alors modulo 3, on a

n2 ≡ −x4 − 2x2 y2 − y4 ≡ −(x2 + y2 )2 (mod 3)


Ainsi, n2 + (x2 + y2 )2 est divisible par 3. Or un carré vaut 0 ou 1 modulo 3 donc la seule manière qu’une
somme de carrés soit divisible par 3, c’est que chacun des termes le soit. Donc n et x2 + y2 sont divisibles
par 3. De même il découle que x et y sont divisibles par 3.
x y n
4 2
En réinjectant dans l’équation, on en déduit que 3 = 81 divise n et donc 9 divise n, donc , ,
3 3 9
est une autre solution. Or si on avait une solution avec x, y ou n non nul (et quitte à les changer en leurs
opposés, ce qui ne change pas les valeurs des carrés, positifs), on pourrait obtenir une suite strictement
décroissante d’entiers naturels, ce qui est absurde (c’est le principe de la descente infinie).
On en déduit que la seule solution potentielle est (0, 0, 0). Et réciproquement, on remarque que (x, y, n) =
(0, 0, 0) convient (les deux membres donnent 0).
L’unique solution de l’équation est donc (0, 0, 0).

Commentaire des correcteurs : Dans l’ensemble les copies qui ont abordé le problème l’ont plutôt bien
réussi. Certaines ont tenté des pistes comme une étude modulo 8 ou une réécriture de l’équation, ici
ça n’aboutissait pas mais c’étaient de bonnes idées qui peuvent tout de même être utiles sur d’autres
problèmes similaires. Signalons des erreurs récurrentes sur le principe de la descente infinie : un certain
nombre de copies concluent qu’il n’y a aucune solution par descente infinie. En réalité la descente infinie
nous permet de conclure qu’il n’y a aucune solution non-nulle, mais rien n’exclut la solution (0, 0, 0) a
priori (et d’ailleurs elle marche). À ce sujet, un certain nombre de copies conclut que (0, 0, 0) est la seule
solution possible, sans pour autant penser à la vérifier. Même si elle a l’air évidente ici, une mention de
la vérification de la solution est indispensable, car la descente infinie garantit que c’est la seule solution
possible, mais pas que c’est bien une solution.

4
Exercice 4. n
Déterminer tous les entiers naturels n tels que 21 divise 22 + 2n + 1.
n
Solution de l’exercice 4 Comme 21 = 3 × 7 et que 3 et 7 sont premiers entre eux, 21 divise 22 + 2n + 1
n
si et seulement si 3 et 7 divisent 22 + 2n + 1.
0
Éliminons de suite le cas n = 0, qui donne 22 + 20 + 1 = 4 qui n’est pas divisible par 21. On peut donc
n n
supposer n > 0, en particulier 2n est pair. Alors modulo 3 : 22 + 2n + 1 ≡ (−1)2 + (−1)n + 1 ≡
n
(−1)n + 2 (mod 3). En particulier 22 + 2n + 1 est divisible par 3 si est seulement si n est pair. On
suppose donc désormais que cette condition est vérifiée.
Reste à traiter le cas de la divisibilité par 7. Modulo 7, les puissances de 2 sont 20 ≡ 1, 21 ≡ 2, 22 ≡
4, 23 ≡ 1 : il s’agit donc d’étudier l’exposant modulo 3. Comme n est pair (par le cas précédent), on sait
n
déjà que 2n ≡ 1 (mod 3) donc 22 ≡ 2 (mod 7). On veut donc 2n ≡ −1 − 2 ≡ 4 (mod 3), et donc
n
n ≡ 2 (mod 3) (et réciproquement si n ≡ 2 (mod 3), comme n est pair alors 7 divise 22 + 2n + 1).
On doit avoir n ≡ 0 (mod 2), n ≡ 2 (mod 3) : comme 2 et 3 sont premiers entre eux, le théorème des
restes chinois donne qu’il existe une unique solution modulo 2 × 3 = 6, et on remarque que c’est n ≡ 2
(mod 6).
En conclusion, les entiers naturels n qui conviennent sont exactement ceux qui vérifient n ≡ 2 (mod 6).

Commentaire des correcteurs : Les copies ont bien abordé le problème : presque tout le monde a pensé
à étudier les cycles de puissances et beaucoup de gens ont pensé à se ramener à étudier la divisibilité par
3 et par 7. Malheureusement, il y a eu beaucoup d’erreurs de calcul, raisonement, ou lecture de l’énoncé
qui rendent une bonne partie de la preuve fausse, car il y a une erreur au début. Beaucoup de gens ont
oublié le cas n = 0 !

5
Exercice 5. Soit n ∈ N⋆ . Montrer que si 2n + 1 et 3n + 1 sont des carrés parfaits, alors 5n + 3 n’est
pas premier.
Solution de l’exercice 5 Supposons que 2n + 1 et 3n + 1 sont des carrés parfaits : on dispose de a, b
deux entiers strictement positifs (2n + 1, 3n + 1 > 0) tels que 2n + 1 = a2 et 3n + 1 = b2 . Ici, il s’agit
de remarquer que 5n + 3 = 4 × (2n + 1) − (3n + 1) = 4a2 − b2 . Pour trouver cette identité, on essaie
d’exprimer 5 à partir de 2 et 3 : il est naturel de prendre 5 = 2 + 3 mais cela ne donne pas 5n + 3, en
revanche on voit que 5 = 4 × 2 − 3.
On peut donc écrire 5n + 3 = (2a − b)(2a + b). Comme a, b > 0 2a + b > 2a − b, et 2a + b > 0. Ceci
force 2a − b > 0 (sinon on aurait 5n + 3 ⩽ 0, ce qui est exclu). Il suffit donc de montrer que 2a − b > 1
pour conclure : on aura alors écrit 5n + 3 comme produit de deux entiers strictement plus grands que 1,
et il ne pourra pas être premier.
Mais si 2a = b + 1, 5n + 3 = 2a + b = 4a − 1 donc a2 = 2n + 1 ⩽ 5n+3 2
< 4a−1
2
< 2a donc a < 2.
Mais a = 1 donne 2n + 1 = 1 donc n = 0, absurde car n > 0. Ainsi 2a − b ̸= 1.
On a donc bien montré que si 2n + 1 et 3n + 1 sont des carrés parfaits (avec n ∈ N⋆ ), alors 5n + 3 n’est
pas un nombre premier.

Commentaire des correcteurs : Les élèves qui ont abordé le problème l’ont en général plutôt bien compris
et ont trouvé la factorisation qui était intéressante ici. Néanmoins la plupart d’entre eux ont oublié de
vérifier les signes de leurs termes : pour pouvoir conclure 2a − b = 1, 2a + b = 5n + 3 il fallait
avoir vérifié au préalable 2a + b > 2a − b > 0, ce qui n’était pas très dur mais nécessaire pour que
l’identification soit valide. Notons qu’un certain nombre de copies ont tenté d’exploiter des congruences :
ici ça ne menait pas à grand chose d’intéressant, lorsqu’il s’agit des nombres premiers il est souvent plus
intéressant de rechercher des factorisations plutôt que d’exploiter des congruences car ces dernières, à
moins de trouver une divisibilité par un nombre particulier, ne nous renseignent pas sur le caractère
premier ou non d’un entier.

6
Exercice 6. Trouver tous les nombres premiers p, q vérifiant p5 + p3 + 2 = q2 − q.
Solution de l’exercice 6 Ce qu’on connaît pour des nombres premiers, c’est leurs propriétés de divisibi-
lité. Une expression développée n’est donc pas très pratique pour étudier cela : on va d’abord chercher à
factoriser.
Remarquons que p5 + p3 + 2 = p3 (p2 + 1) + 2. On veut résoudre p3 (p2 + 1) = q2 − q − 2. Mais on
reconnaît alors q2 − q − 2 = (q − 2)(q + 1) (si on ne le voit pas directement, on peut le trouver en
résolvant q2 − q − 2 = 0 avec la méthode classique utilisant le discriminant).
On veut donc résoudre p3 (p2 + 1) = (q − 2)(q + 1). En particulier p3 | (q − 2)(q + 1). Alors pgcd(q −
2, q + 1) = pgcd(q − 2, q + 1 − (q − 2)) = pgcd(q − 2, 3) vaut donc 1 ou 3. Cela suggère d’étudier
d’abord le cas p = 3 : on obtient (q − 2)(q + 1) = 270, et en résolvant q2 − q − 2 = 270 on trouve
q = 17 (qui est bien un nombre premier) et q = −16 (qui n’est pas solution car ce n’est pas un nombre
premier). Donc lorsque p = 3, il y a une unique solution (p, q) = (3, 17).
On peut donc supposer p ̸= 3. En particulier, il ne divise pas pgcd(q − 1, q + 2), donc au moins un des
nombres q + 1 et q − 2 est premier avec p, donc avec p3 . Or p3 | (q + 1)(q − 2) : donc d’après le lemme
de Gauss, q + 1 ou q − 2 est divisible par p3 . Or, p3 ne peut pas diviser q − 2 parce que sinon, on aurait
(q − 2)(q + 1) ⩾ p3 p3 > p3 (p2 + 1), absurde. Ainsi p3 | q + 1, et donc q − 2|p2 + 1.
Mais les divisibilités qu’on vient d’obtenir montrent que p3 ⩽ q + 1 = (q − 2) +3 ⩽ p2 + 1 + 3 = p2 + 4,
et donc p2 (p − 1) ⩽ 4. Or p2 (p − 1) est strictement croissante en p, et en p = 2 on a égalité, donc le
seul cas possible est p = 2 (autrement dit, pour p > 2, on a p2 (p − 1) > 4).
Lorsque p = 2, l’équation devient q2 − q − 2 = 40, en résolvant on trouve q = 7 (qui convient car 7 est
premier) et q = −6 (qui ne convient pas car n’est pas un nombre premier).
Finalement, il y a deux solutions qui sont (p, q) = (2, 7) et (p, q) = (3, 17).

Commentaire des correcteurs : L’exercice a été assez abordé, mais beaucoup d’erreurs ont été commises.
Quand on a une équation du type ab = cd, on ne peut pas conclure que c vaut a ou b, ou que c divise a
ou b. Beaucoup d’élèves utilisent donc des affirmations arithmétiques fausses, et donc se retrouvent avec
peu de points car ne traitant qu’un cas très particulier.

7
Exercice 7.
3
Soit n ⩾ 2. Montrer qu’il existe des entiers a, b tels que, pour tout entier m, le nombre
m + am + b ne soit pas un multiple de n.
Solution de l’exercice 7 m3 + am + b est un multiple de n si et seulement si m3 + am ≡ −b (mod n).
On remarque alors qu’il suffit de trouver a tel que m3 + am ne prend pas toutes les valeurs possibles
modulo n (et de prendre pour −b une des valeurs qui n’est pas prise). Comme m3 + am modulo n ne
dépend que de m modulo n, on peut se restreindre à 0 ⩽ m ⩽ n − 1.
Il s’agit de trouver un a tel que les 03 + a · 0 (mod n), 13 + a · 1 (mod n), . . . , (n − 1)3 + a(n − 1)
(mod n) n’atteignent pas n valeurs distinctes (modulo n). Alors si on trouve m1 ̸= m2 entre 0 et n − 1
tels que m31 + am1 ≡ m32 + am2 (mod n), les n − 2 autres valeurs de m modulo n donneront au plus
n − 2 valeurs de m3 + am modulo n, donc au total, pour 0 ⩽ m ⩽ n − 1, m3 + am prendra au plus n − 1
valeurs sur mes n possibles : il y en aura bien une qui ne sera pas atteinte. Or 03 + a × 0 ≡ 0 (mod n),
13 + a × 1 ≡ a + 1 (mod n). Si a + 1 ≡ 0 (mod n), on sera dans la situation décrite ci-dessus.
Posons alors a = −1 (ou a = n − 1 si on veut a > 0). Alors m3 + am est nul si m = 0 ou m = 1. Donc
il existe c entier, 0 ⩽ c ⩽ n − 1, tel que pour tout 0 ⩽ m ⩽ n − 1, m3 + am ̸≡ c (mod n). Posons
alors b = −c (ou b = n − c si on veut b > 0), alors pour tout 0 ⩽ m ⩽ n − 1, m3 + am + b sera non
nul modulo n, donc pour tout m entier, m3 + am + b ne sera pas un multiple de n.
Ainsi, il existe bien de tels entiers a et b.

Commentaire des correcteurs : Le problème n’a pas beaucoup été abordé, et lorsque l’énoncé a été bien
compris il a été bien réussi. Cependant, beaucoup n’ont pas compris l’énoncé, et on montré à la place que
pour toute valeur de m fixée, on pouvait trouver des a et b de sorte que n ne divise pas m3 + am + b. La
différence ici est que a et bne sont pas fixés indépendamment de m, ce qui est une version sensiblement
plus simple de l’exercice.

8
Exercice 8. Trouver tous les entiers a, b, c ∈ N tels que 1517a + 15b = 1532c .
Solution de l’exercice 8 On commence par traiter les petites valeurs de c.
Si c = 0, 1517a + 15b = 1 n’a pas de solution.
Si c = 1, on doit trouver a, b tels que 1517a + 15b = 1532. Si a ⩾ 2 ou si a = 0 il n’y a pas de solution.
Si a = 1, alors 15b = 1532 − 1517 = 15 donc b = 1 : ceci fournit la solution (1, 1, 1).
On suppose maintenant c ⩾ 2. En particulier 16 = 42 divise 1532c : ceci invite à étudier l’équation
modulo des puissances de 2 plus petites que 16 pour éliminer la dépendance en c. On obtient alors
1 + (−1)b ≡ 0 (mod 4) donc b est impair (en particulier, b ⩾ 1).
En réduisant modulo 8 : 15b ≡ −1 (mod 8) (b est impair). On a alors 1517a −1 ≡ 5a −1 ≡ 0 (mod 8),
donc a est pair.
En réduisant modulo 5 (comme 5 divise 15, cela supprime la dépendance en b), on a 2a ≡ 2c (mod 5),
donc a ≡ c (mod 4) (l’ordre de 2 modulo 5, est 4). Puisqu’on a montré que a était pair, c est pair.
Notons a = 2e et c = 2d, alors d et e ont la même parité (car 2e ≡ 2d (mod 4) donc e ≡ d (mod 2)),
et en réinjectant dans l’équation de départ, on obtient 15b = (1532d − 1517e )(1532d + 1517e ).
Remarquons alors que

(1532d + 1517e ) − (1532d − 1517e ) = 2 × 1517e = 2 × 37e × 41e


Or ni 37 ni 41 ne divisent 1532 donc 1532d − 1517e , et 1532d − 1517e est impair. Par conséquent,
1532d + 1517e et 1532d − 1517e sont premiers entre eux, donc l’un d’eux est 5b et l’autre est 3b .
Puisque 1532d + 1517e > 1532d − 1517e , il s’ensuit que 1532d + 1517e = 5b et 1532d − 1517e = 3b .
Alors 3b + 5b = 2 · 1532d . Si d ⩾ 2, le membre de droite est divisible par 16, mais on vérifie modulo
16 que le premier membre n’est jamais divisible par 16 (34 ≡ 54 ≡ 1 (mod 16) donc il suffit de tester
30 + 50 ≡ 2 (mod 16), 31 + 51 ≡ 8 (mod 16), 32 + 52 ≡ 2 (mod 16) et 33 + 53 ≡ 5 (mod 16)), ce
qui implique que d = 1 (car 2d = c ⩾ 2) et donc e impair (d ≡ e (mod 2)). Comme 1532d > 1517e , il
s’ensuit que e = 1, mais 1532d − 1517d = 15 n’est pas une puissance de 3, d’où une contradiction.
Finalement la seule solution est (a, b, c) = (1, 1, 1).

Commentaire des correcteurs : Problème peu abordé mais bien compris par ceux ayant rendu une copie.
Il s’agissait de trouver des propriétés sur a, b et c en réduisant modulo des petits nombres jusqu’à arriver
à une absurdité et de nombreux chemins ont été suivis. Attention cependant, il faut généralement traiter
des petits cas à part. Par exemple ici, 150 = 1 ̸≡ 0[3] !

9
Exercice 9. Quentin et Timothé jouent à un jeu. D’abord, Quentin choisit un nombre premier p > 2,
puis Timothé choisit un entier strictement positif n0 . Quentin choisit alors un entier n1 > n0 et calcule
s1 = nn 1 n0 n2
0 + n1 ; puis Timothé choisit un entier n2 > n1 et calcule s2 = n1 + n2 . Les joueurs
n1

continuent de jouer chacun à leur tour, en choisissant au tour k un entier nk > nk−1 et en calculant
n
sk = nk k−1 +nn k−1 . Le premier joueur à choisir un entier nk tel que p divise sk (s1 +2s2 +3s3 +. . .+ksk )
k

gagne le jeu. Déterminer lequel de Quentin et Timothé possède une stratégie gagnante.
Solution de l’exercice 9 Nous allons montré que Timothé a une stratégie gagnante. Notons que Quentin
va choisir les n2k+1 et Timothé va choisir les n2k . On fait d’abord quelques remarques.
• Remarque 1 : Remarquons d’abord que si l’un des joueurs choisit nk ≡ 0 (mod p) et ne gagne pas à
cette étape, alors le joueur suivant gagne en choisissant nk+1 ≡ 0 (mod p), car alors sk+1 ≡ 0 (mod p),
et en particulier p divise sk+1 (s1 + 2s2 + . . . + ksk + (k + 1)sk+1 ).
• Remarque 2 : Pour a ̸≡ 0 (mod p), ap−1 ≡ 1 (mod p) (Fermat). Alors si a, b ⩾ 1 sont deux
entiers tels que a soit divisible par p − 1 et congru à 1 modulo p et b n’est pas divisible par p, alors
ab + ba ≡ 1b + 1 ≡ 2 (mod p). On va donc chercher une stratégie de ce côté-là.

• Stratégie : On va montrer que la stratégie suivante fonctionne : pour k ⩾ 0, Timothé va distinguer deux
cas.
• Si k = 0 ou n2k−1 n’est pas divisible par p, alors Timothé choisit n2k > n2k−1 (resp. n0 > 0)
de telle sorte que n2k ≡ 0 (mod p − 1) et n2k ≡ 1 (mod p) (p, p − 1 sont premiers entre eux
donc par le théorème des restes chinois, il existe un unique reste modulo p(p − 1) qui convient,
en particulier il existe bien de tels nombres aussi grands que l’on veut.)
• Si n2k−1 est divisible par p, alors Timothé choisit n2k > n2k−1 divisible par p.
Par la première remarque, dans le second cas si Quentin n’avait pas gagné, alors Timothé gagne à cet
instant. Dans le premier cas, si n2k−1 n’est pas divisible par p, s2k ≡ 2 (mod p) (d’après la deuxième
remarque). Donc si Timothé ne gagne pas à un instant donné, alors il a obtenu s2k ≡ 2 (mod p).
• On s’intéresse alors aux valeurs prises par s2k+1 . On distingue deux cas.
• D’abord si à chaque étape, Quentin choisit n2k+1 non divisible par p. Alors d’après la deuxième
remarque, il obtient s2k+1 ≡ 2 (mod p). Autrement dit, sk ≡ 2 (mod p) pour tout k, et donc
1 + 2s2 + . . . + ksk ≡ k(k + 1) (mod p) et donc le premier k tel que cette quantité est divisible
par p est k = p − 1 (lemme d’Euclide), or p − 1 est pair (p > 2), donc c’est Timothé qui vient de
choisir, et c’est donc celui-ci qui gagne.
• Maintenant, si à un moment Quentin choisit n2k+1 divisible par p, (on considère que c’est la
première fois que Quentin choisit un tel nombre), en particulier 2k + 1 < p − 1 sinon on a vu au-
dessus que Timothé gagne. Alors pour m ⩽ 2k, on a sm ≡ 2 (mod p), et s2k+1 ≡ 1 (mod p).
Alors

s1 + 2s2 + . . . + (2k + 1)s2k+1 ≡ 2k(2k + 1) + (2k + 1) ≡ (2k + 1)2 ̸≡ 0 (mod p)


(car 1 ⩽ 2k + 1 ⩽ p − 1), donc Quentin ne gagne pas à cette étape. Mais alors, comme évoqué
précédemment, en choisissant n2k+2 divisible par p, on a s2k+2 ≡ 0 (mod p) donc Timothé
gagne.
• Dans tous les cas, avec cette stratégie, Timothé va gagner, donc c’est Timothé qui a une stratégie
gagnante.

Commentaire des correcteurs : L’exercice a été peu traité car il était très difficile. Mais les quelques
élèves ayant rendu une copie ont bien compris le problème, et vu comment bien choisir les nk .

10
Exercices Seniors
Exercice 10. Montrer qu’il existe une infinité de couples (m, n) d’entiers distincts tels que m!n! soit
un carré parfait.
Solution de l’exercice 10 On aurait envie de prendre m = n pour avoir m!n! = (n!)2 et avoir un carré
parfait. Mais l’énoncé force m ̸= n. Malgré cela, on voit déjà un moyen de faire apparaître naturellement
des carrés parfaits.
Supposons sans perte de généralité m > n (comme m!n! = n!m!, quitte à remplacer (m, n) par (n, m),
ça ne pose pas de problème). Alors m!n! = m×(m−1)×. . .×(n+1)×n!×n! = m×. . .×(n+1)×(n!)2 .
Alors m!n! sera un carré parfait si et seulement si m × . . . × (n + 1) l’est. Le moyen le plus simple de
le faire, c’est de choisir m = n + 1 = k2 pour un certain entier k (k ⩾ 2 car on veut m, n ⩾ 1). En effet
on a bien (k2 )!(k2 − 1)! = k2 ((k2 − 1)!)2 = [k(k2 − 1)!]2 .
Finalement, pour tout k ⩾ 2 entier, (m, n) = (k2 , k2 − 1) convient, ce qui nous fournit bien une infinité
de couples solutions.

Commentaire des correcteurs : L’ensemble des élèves ayant abordé l’exercice l’ont parfaitement réussi,
même si certains détaillaient parfois plus que nécessaire.

11
Exercice 11. n
Déterminer tous les entiers naturels n tels que 21 divise 22 + 2n + 1.
n
Solution de l’exercice 11 Comme 21 = 3 × 7 et que 3 et 7 sont premiers entre eux, 21 divise 22 + 2n + 1
n
si et seulement si 3 et 7 divisent 22 + 2n + 1.
0
Éliminons de suite le cas n = 0, qui donne 22 + 20 + 1 = 4 qui n’est pas divisible par 21. On peut donc
n n
supposer n > 0, en particulier 2n est pair. Alors modulo 3 : 22 + 2n + 1 ≡ (−1)2 + (−1)n + 1 ≡
n
(−1)n + 2 (mod 3). En particulier 22 + 2n + 1 est divisible par 3 si est seulement si n est pair. On
suppose donc désormais que cette condition est vérifiée.
Reste à traiter le cas de la divisibilité par 7. Modulo 7, les puissances de 2 sont 20 ≡ 1, 21 ≡ 2, 22 ≡
4, 23 ≡ 1 : il s’agit donc d’étudier l’exposant modulo 3. Comme n est pair (par le cas précédent), on sait
n
déjà que 2n ≡ 1 (mod 3) donc 22 ≡ 2 (mod 7). On veut donc 2n ≡ −1 − 2 ≡ 4 (mod 3), et donc
n
n ≡ 2 (mod 3) (et réciproquement si n ≡ 2 (mod 3), comme n est pair alors 7 divise 22 + 2n + 1).
On doit avoir n ≡ 0 (mod 2), n ≡ 2 (mod 3) : comme 2 et 3 sont premiers entre eux, le théorème des
restes chinois donne qu’il existe une unique solution modulo 2 × 3 = 6, et on remarque que c’est n ≡ 2
(mod 6).
En conclusion, les entiers naturels n qui conviennent sont exactement ceux qui vérifient n ≡ 2 (mod 6).

Commentaire des correcteurs : Les élèves ayant abordé ce problème l’ont globalement bien compris et
ont présenté des solutions en général abouties. Certains ont fait une étude directement modulo 21, d’autres
ont décomposé en une étude modulo 3 et modulo 7. Ceux ayant choisi cette alternative ont pour la plupart
oublié de préciser que 3 et 7 sont premiers entre eux, c’est pourtant nécessaire pour que l’étude modulo
21 soit équivalent aux études modulo 3 et modulo 7. Certains ont aussi mal lu l’énoncé et considéré
n n n
22n + 2n + 1 au lieu de 22 + 2n + 1. On rappelle que 22 = 2(2 ) , autrement dit c’est 2k avec k = 2n ,
à différencier de (22 )n .

12
Exercice 12. Soient k, m, n > 0 des entiers tels que m2 + n = k2 + k. Montrer que m ⩽ n.
Solution de l’exercice 12 Il y a des carrés : on aimerait faire apparaître des expressions factorisées, et plus
particulièrement des carrés parfaits. Remarquons alors que (2k + 1)2 = 4k2 + 4k + 1 = 4m2 + 4n + 1.
On a alors 4m2 + n + 1 > 4m2 = (2m)2 . Alors (2k + 1)2 > (2m)2 donc (2k + 1)2 ⩾ (2m + 1)2 (il n’y
a pas de carré entre deux carrés consécutifs). D’où, en redéveloppant : 4m2 + 4n + 1 ⩾ 4m2 + 4m + 1.
On obtient bien m ⩽ n, comme voulu.

Commentaire des correcteurs : Dans l’ensemble ce problème a été très bien réussi, à l’exception de de
quelques rares exceptions relevant certainement de l’étourderie. Beaucoup ont raisonné par l’absurde en
supposant m > n, et la plupart des autres ont fait une disjonction de cas selon si m > k, m = k ou
m < k. Attention dans ce dernier cas à ne pas oublier m = k ! Un autre observation remarquable qui
peut être faite est qu’aucun des élèves n’a donné la solution du corrigé.

13
Exercice 13. Trouver tous les nombres premiers p, q vérifiant p5 + p3 + 2 = q2 − q.
Solution de l’exercice 13 En réarrangeant les termes et en factorisant, cela revient à résoudre p3 (p2 +
1) = (q − 2)(q + 1). En particulier p3 | (q − 2)(q + 1). Or (q + 1) − (q − 2) = 3 donc pgcd(q − 2, 3) vaut
1 ou 3. Cela suggère d’étudier d’abord le cas p = 3 : on obtient (q − 2)(q + 1) = 270, et en résolvant
q2 − q − 2 = 270 on trouve q = 17 (qui convient) et q = −16 (qui ne convient pas). Donc lorsque p = 3,
il y a une unique solution (p, q) = (3, 17).
On peut donc supposer p ̸= 3. En particulier, il ne divise pas pgcd(q − 1, q + 2), donc au moins un des
nombres q+1 et q−2 est premier avec p3 . Or p3 | (q+1)(q−2) : donc q+1 ou q−2 est divisible par p3
(Gauss). Or, p3 ne peut pas diviser q − 2 parce que sinon, on aurait (q − 2)(q + 1) ⩾ p3 p3 > p3 (p2 + 1),
absurde. Ainsi p3 | q + 1, et donc q − 2|p2 + 1.
Mais p3 ⩽ q + 1 = (q − 2) + 3 ⩽ p2 + 1 + 3 = p2 + 4, et donc p2 (p − 1) ⩽ 4. Or p2 (p − 1) est
strictement croissante en p, et en p = 2 on a égalité, donc le seul cas possible est p = 2 (autrement dit,
pour p > 2, on a p2 (p − 1) > 4).
Lorsque p = 2, l’équation devient q2 − q − 2 = 40, en résolvant on trouve q = 7 (qui convient) et
q = −6 (qui ne convient pas).
Finalement, il y a deux solutions qui sont (p, q) = (2, 7) et (p, q) = (3, 17).

Commentaire des correcteurs : C’est bien réussi pour la plupart des élèves, qui ont presque tous trouvé
la factorisation en (q + 1)(q − 2) ou celle en (x − 3)(x + 3) une fois le discriminant en q considéré.
En général le raisonnement a été bien mené. Attention à certaines utilisations frauduleuses du lemme de
Gauss, et à vérifier rigoureusement tous les cas lors de la disjonction de cas. On peut rapidement oublier
une solution !

14
Exercice 14. Anna et Elie jouent à un jeu. On leur donne à tous les deux le même ensemble A composé
d’un nombre fini d’entiers strictement positifs et distincts. Anna choisit un entier a ∈ A secrètement. Si
Elie choisit un entier b (pas forcément dans A) et le donne à Anna, Anna lui donne le nombre de diviseurs
strictement positifs de ab. Montrer que Elie peut choisir b de sorte à retrouver à coup sur l’entier choisi
par Anna.
Solution de l’exercice 14 Notons P l’ensemble fini des nombres premiers divisant au moins un élément
de A et n ⩾ 1 le plus grand entier tel qu’il existe a ∈ A et p ∈ P tels que pn |a. On peut remplacer
A par l’ensemble des entiers m dont les facteurs Qpremiers sont tous dans P et tels que pour tout p ∈ P,
bp
vp (m) ⩽ n. Elie
Q propose un entier b de la forme p∈P p . Si Anna a choisi l’entier a, alors elle donne
àQElie l’entier p∈P (bp + vp (a) + 1). Il suffit donc pour Elie de choisir les bp de sorte que tous les
p∈P (bp + ap ) soient deux à deux distincts, pour tous les choix possibles de ap entre 1 et n + 1 pour
chaque p ∈ P.

On propose deux solutions.

Première méthode :
Q
L’idée de cette construction est de forcer les factorisations en produits de facteurs premiers des p (bp + ap )
à être différentes pour tous les choix possibles des ap . On veut faire en sorte que chaque bp + i pour
1 ⩽ i ⩽ n + 1 possède un diviseur premier « distinctif », qui n’apparaît que dans la décomposition en
produit de facteurs premiers de bp + i, jamais dans celle d’un autre bq + j.
Formellement, on choisit, pour chaque p ∈ P et chaque 1 ⩽ i ⩽ n + 1, des nombres premiers deux à
deux distincts Qp,i > n + 1. On construit les bp grâce au théorème chinois : pour chaque q ∈ P distinct
de p et pour chaque 1 ⩽ i ⩽ n + 1, Qq,i |bp , et pour chaque 1 ⩽ i ⩽ n + 1, bp ≡ −i[Qp,i ].
Avec cette construction, si q, p ∈ P et 1 ⩽ i, j ⩽ n + 1, alors Qq,j |bp + i si et seulement si i = j et
p = q. Q
En particulier, étant donnés des 1 ⩽ ap ⩽ n + 1 pour chaque p ∈ P, si q ∈ P, Π = p∈P (bp + ap ) est
divisible par Qq,j si et seulement si j = aq : ainsi Π détermine la famille (ap ).

Deuxième méthode :
La première construction était très arithmétique et utilisait des nombres premiers. Celle qu’on présente
maintenant
Q vient plus d’une idée de "taille". L’idée est que si l’on prend de gigantesques bp , le pro-
duit p (bp + ap ) ressemblera à l’écriture d’un certain nombre en une certaine base, dont les chiffres
donneront les ai .
Passons à la construction proprement dite. Le problème tel que nous l’avons reformulé n’utilise plus
le fait que P soit constitué de nombres premiers : on renumérote ses éléments en 1, . . . , r. Montrons
r 2i
Qr N >2i(n + 1) , bi = N convient. En effet, dans ce cas, on voit
que pour que le développement de
2r+1 −2−2i
Π = i=1 (N + ai ) écrit un nombre en base N dont le chiffre devant N est exactement ai :
ainsi Π détermine la famille des (ai ).

Commentaire des correcteurs : Le problème a été peu abordé, et peu réussi. Le principal problème est
que certains montrent comment si on fixe a et c, choisir un b pour que ba n’ait pas le même nombre
de diviseur que bc de manière correcte, puis prétendent que la généralisation se fait bien en itérant. Il
s’avère que cette partie est totalement fausse : s’il y a au départ trois nombres a, c, e, on peut choisi un
b pour que ab et bc n’ait pas le même nombre de diviseur. Mais il est possible que cb et eb n’ait pas
le même nombre de diviseur, dans ce cas si on multiplie par b ′ pour que cbb ′ et ebb ′ ait un nombre
différent de diviseur, il est possible que abb ′ et cbb ′ ait le même nombre de diviseur. Cela montre que
le procédé peut boucler et ne pas aboutir : le problème ne se résumait donc pas à ce cas particulier !

15
Exercice 15. Pour tout entier n ⩾ 1, on pose un = 1! + 2! + . . . + n!. Montrer qu’il existe une infinité
de nombres premiers divisant au moins l’un des termes de la suite (un ).
Solution de l’exercice 15 Supposons l’inverse : alors il existe des nombres premiers p1 < . . . < pr tels
a (n)
que pour tout n ⩾ 1, un := 1 + 2! + . . . + n! soit le produit des pi i , où les ai (n) sont des entiers
positifs.
Si n ⩾ 1 est tel que ai (n) < vpi ((n + 1)!), alors

ai (n + 1) = vpi (un+1 ) = vpi (un + (n + 1)!) = vpi (un ) = ai (n)


En particulier, ai (n + 1) < vpi ((n + 2)!). En particulier, ou bien ai (n) ⩾ vpi ((n + 1)!) pour tout n, ou
bien ai (n) est constante à partir d’un certain rang.
En particulier, en renommant et regroupant les pi , on dispose d’entiers N ⩾ 1, C ⩾ 1 et de nombres
Q b (n)
premiers q1 < . . . < qs ne divisant pas C tels que pour tout n > N, un = C si=1 qi i et bi (n) ⩾
vqi ((n + 1)!).
Soit maintenant n > N + C + 1 tel que n + 1 soit divisible par le produit des qi . Alors un = un−1 + n!
et vqi (un ) = bi (n) ⩾ vqi ((n + 1)!) > vqi (n!), donc vqi (un−1 ) = vqi (n!). D’autre part, si p|C,
vp (un−1 ) = vp (C) ⩽ vp (n!), donc un−1 |n!.
Il reste à montrer que pour tout n assez grand, un ne divise pas (n + 1)!.
En effet, si n ⩾ 2, nun > n · n! + n · (n − 1)! = (n + 1) · n! = (n + 1)!. D’autre part, si n ⩾ 4,
P
(n − 1)un = (n − 1)n! + (n − 1)(n − 1)! + (n − 1)(n − 2)! + (n − 1) n−3 k=1 k!

= n · n! + (n − 1)(n − 3) · (n − 3)! < (n + 1) · n!

= (n + 1)!
.

Commentaire des correcteurs : Le problème a été peu abordé et la majorité des copies rendues l’a ré-
solu correctement, parfois d’une manière différente de celle du corrigé. L’idée était, pour chaque divi-
seur premier p d’un terme de la suite, de contrôler vp (un ) pour n assez grand en utilisant le fait que
un − un−1 = n! (ce qui est aussi apparu dans des tentatives n’ayant pas abouti) et en choisissant judi-
cieusement la valeur de n (les copies ayant remarqué cela ont toutes résolu le problème).

16
Exercice 16. Soient n ⩾ 2 et p un nombre premier impair. Soit U l’ensemble des entiers positifs
inférieurs ou égaux à pn et premiers avec p et soit N = |U|. Montrer qu’il existe une permutation
P
a1 , . . . , aN des éléments de U telle que Nk=1 ak ak+1 (avec aN+1 = a1 ) soit divisible par p
n−1
mais
n
pas par p .
Solution de l’exercice 16
On commence par traiter le cas p = 3, dont la solution est différente. Soit g ∈ U un générateur modulo
pn , on pose ai = gi−1 (mod pn ). Comme g2 − 1 est divisible par 3, la somme considérée S vérifie
P
(g2 − 1)S ≡ N i=1 (g
2i+1
− g2i−1 ) ≡ g(g2N − 1)[pn+1 ]. Donc pour que vp (S) = n − 1, il faut et suffit
2N
que vp (g − 1) = n (g est premier avec p). Puisque gN ≡ 1[pn ] (par Euler-Fermat), il suffit de montrer
que vp (gN − 1) = n. Mais par LTE, vp (gN − 1) = vp (gN/p − 1) + 1 < n + 1, donc vp (gN − 1) ⩽ n,
de sorte que vp (gN − 1) = n, ce qui conclut.
Supposons maintenant p > 3 : Soient b0 , . . . , bm−1 ∈ U des entiers représentant exactement une fois
chaque classe de congruence modulo pn−1 , ainsi m = N/p = pn−2 (p − 1) (et on pose bm = b0 ). On
considère la permutation

b0 , b0 + pn−1 , b0 + 2pn−1 , . . . , b0 + (p − 1)pn−1 ,


b1 , b1 + pn−1 , . . . , b1 + (p − 1)pn−1 ,
b2 , . . . , bm−1 , . . . , bm−1 + (p − 1)pn−1
(les additions sont toujours à effectuer modulo pn ).
Alors la somme correspondante S est congrue modulo pn à

X
m−1 X
m−1 XX
m−1 p−2
X
m−1
S1 = bi bi+1 + (p − 1)p n−1
bi + bi p n−1
(2k + 1) + (p − 1) b2i
i=0 i=0 i=0 k=0 i=0

. Comme la somme
P P des bi est divisible par p et la somme des par p b2i n−1
, S ≡ S2 [pn ], où S2 =
m−1 m−1 2
i=0 bi bi+1 − i=0 bi .
Soit alors g ∈ U une racine primitive modulo pn : prenons bi = gi (mod pn ). Alors
 (g+ 1)S2 ≡
Pm−1 2i+1 2i 2m n 2m 2m
(g + 1) i=0 (g − g ) ≡ (g − 1)[p ]. D’après LTE, vp (g − 1) ⩾ 1 + vp p−1 = n−1
(puisque p−1|m, p|gp−1 −1 par Fermat, et N = pn−1 (p−1)), mais comme 2m < N, vp (g2m −1) < n,
donc vp (g2m − 1) = n − 1. De plus, puisque p > 3, g + 1 est premier à p, et donc vp (S2 ) = n − 1, d’où
vp (S) = n − 1.

Commentaire des correcteurs : Le problème a été très peu abordé, sans doute à cause de la forme quelque
peu intimidante de son énoncé. Il est important, devant de tels problèmes, de ne pas se laisser impression-
ner et continuer à réfléchir normalement. Tous les élèves ayant rendu une copie ont trouvé une solution
correcte, en général plus simple que la construction proposée dans le corrigé. En fait, l’idée la plus natu-
relle (prendre les nombres dans l’ordre croissant) fournissait une solution, et il est étonnant qu’aussi peu
d’élèves l’aient remarqué ou même essayé.

17
Exercice 17. Soit (an )n⩾1 une suite d’entiers strictement positifs telle que a1 et a2 soient premiers
entre eux et, pour tout n ⩾ 1, an+2 = an an+1 + 1. Montrer que pour tout entier m > 1, il existe n > m
m | an . Le résultat est-il encore vrai lorsque m = 1 ?
tel que am n

Solution de l’exercice 17 D’abord, an > 0 pour tout n > 0.


On commence par une observation : soit n > m très grand (disons, n > (m + 1)(am + 1)). Alors am m |an
n

si et seulement si pour chaque nombre premier p|am , p|an . Cette idée justifie le lemme qui va suivre :

Lemme : soit (un )n⩾0 la suite modulo un nombre premier p telle que u0 = 0, u1 = 1 et pour tout n ⩾ 0,
un+2 = un un+1 + 1. Alors u est périodique.

Preuve : soit vn = (un , un+1 ) ; alors u est périodique dès que v est périodique. Comme vn+1 dépend
uniquement de vn , v est périodique dès qu’il existe N ⩾ 1 tel que vN = v0 . Si N ⩾ 1 est tel que uN = 0,
alors la relation de récurrence montre que uN+1 = 1 = u1 et donc vN = v0 . Par conséquent, pour
montrer que u est périodique, il suffit de montrer qu’il existe N ⩾ 1 tel que uN = 0.
Supposons donc que le seul entier n tel que un = 0 soit n = 0. Alors comme v est à valeurs dans un
ensemble fini, il existe un entier n ⩾ 0 minimal tel qu’il existe un entier m > n tel que vn = vm . En
particulier, um = un et m ̸= 0, donc um ̸= 0, et donc un ̸= 0 et donc n > 0. Alors m + 1 > n + 1 ⩾ 2
et un+1 = um+1 , donc un−1 un +1 = um−1 um +1, donc un (un−1 −um−1 ) = 0, d’où, comme un ̸= 0,
un−1 = um−1 , de sorte que vm−1 = vn−1 , ce qui contredit la minimalité de n. □

Revenons à notre preuve. Lorsque m > 1, pour chaque facteur premier p de am , am+1 = am−1 am +1 ≡
1[p], (am+n (mod p))n⩾0 satisfait les hypothèses du lemme, donc il existe Np ⩾ 1 tel que que pour
tout n ⩾ 0, am+n ≡ am+n+Np [p].
Soit N le produit des Np (où p parcourt les facteurs premiers de am ) : alors, si n ⩾ 0, tout divi-
m |am+nN (parce que si p|am ,
m+nN
seur premier p de am divise am+nN . En particulier, si n ⩾ mam , am
vp (am+nN
m+nN ) ⩾ m + nN ⩾ mam ⩾ vp (am )).
m

Le résultat est faux pour m = 1 : prenons a1 = 155, a2 congru à 4 modulo 5 et congru à 29 modulo 31.
On vérifie alors que an est divisible par 5 si et seulement si n = 1 et n ≡ 4[7], alors que an est divisible
par 31 si et seulement si n = 1 ou n ≡ 5[7], donc si n > 1, an n’est jamais divisible par 5 et 31, et donc
155 ne divise pas ann.

Commentaire des correcteurs : Le problème a été peu abordé et toutes les copies ont su traiter le cas
m > 1, essentiellement par la méthode du corrigé. La plupart des élèves ont détecté que le cas m = 1 ne
fonctionnait pas et exhibé des contre-exemples, mais certains ont laissé complètement implicite l’endroit
où était utilisée l’hypothèse m > 1. Dans un problème, les hypothèses doivent être utilisées ; si l’énoncé
attire l’attention sur l’une d’entre elles, il faut d’autant plus soigneusement relever l’endroit où l’on s’en
sert.

18
Exercice 18. Déterminer toutes les fonctions f : N⋆ → N⋆ telles que :
(i) Les entiers f(1), f(2), . . . sont premiers entre dans leur ensemble.
(ii) Il existe N ⩾ 1 tel que pour tout n ⩾ N, f(n) ̸= 1 et pour tous a, b ∈ N⋆ ,
n−1 n−1
f(a)n | f(a + b)a − f(b)a .

Solution de l’exercice 18 Soit f une solution. Comme les valeurs de f sont premières entre elles dans
leur ensemble, si f est constante, elle égale 1, ce qui est exclu.
Avec a = 1, on voit que f(1)n |f(b + 1) − f(b) pour tout b ⩾ 1 et tout n assez grand. Comme f est non
constante, il existe b tel que f(b + 1) ̸= f(b). Il s’ensuit que f(1) = 1.
Soit a ⩾ 2, il existe un t ⩾ 0 tel que f(1 + (t + 1)a) ̸= f(1 + ta) (car, pour t assez grand, f(1 + ta) ̸=
n−1 n−1
1 = f(1)) : soit b = 1 + ta. Pour tout n ⩾ 1 assez grand, f(a)n |f(a + b)a − f(b)a .
l l
Soit p un nombre premier divisant f(a). Alors il existe un l ⩾ 1 tel que p|f(a + b)a − f(b)a . Pour
n−1 n−1
n > l, par LTE, la valuation p-adique de f(a + b)a − f(b)a est vp (an−1−l ) + C pour une certaine
constante C qui ne dépend que de f, a, b, l (mais pas de n).
Donc pour n > l assez grand, vp (an−1−l ) + C ⩾ vp (f(a)n ), donc (n − 1 − l)vp (a) + C ⩾ nvp (f(a)),
d’où vp (f(a)) ⩽ vp (a).
Par conséquent, pour tout a ⩾ 1, f(a)|a.
En particulier, si a est premier, f(a) vaut 1 ou a, et est égal à a sauf pour un nombre fini de nombres
premiers.
n−1
Soit a un nombre premier tel que f(a) = a : pour tout b ⩾ 1 et tout n assez grand, an |f(a + b)a −
n−1
f(b)a . En particulier, f(a + b) ≡ f(b)[a] : ainsi, la classe de congruence de f(b) modulo a ne dépend
que de b modulo a.
On va montrer que f est l’identité. Soit u ⩾ 2, soit P l’ensemble fini des nombres premiers p tels que
p ⩽ u ou f(p) = 1. Supposons qu’il existe un nombre premier q ∈ / P et un entier n tels que q|n − u et
f(n) = n.
Alors q|f(n) − f(u), et donc q|n − f(u), d’où q|u − f(u). Comme 0 ⩽ u − f(u) ⩽ u < q, on en déduit
que f(u) = u.
On propose trois méthodes, de la plus élémentaire à la moins élémentaire, d’exhiber un tel couple (q, n).

Première méthode (complètement élémentaire) :


Soit Π le produit des nombres premiers de P, et soit N ⩾ 1 tel que pour tout p ∈ P, pN ne divise pas
u − 1.
Supposons que n > ΠN +u soit congru à 1 modulo ΠN et tel que f(n) = n. Alors, si p ∈ P, vp (n−u) <
N, et n − u > ΠN , de sorte que n − u possède un diviseur premier q ∈ / P, et on a gagné.
Soit n un produit de nombres premiers deux à deux distincts, tous hors de P. Alors, si p|n est un diviseur
premier, n ≡ p[p] et f(p) = p, donc p|f(n) − f(p), d’où p|f(n). Comme f(n)|n, on en déduit que
f(n) = n.
Comme il existe une infinité de nombres premiers, il existe une progression arithmétique C de raison ΠN
et de premier terme premier à Π et contenant une infinité de nombres premiers. En prenant pour n le
produit de φ(ΠN ) premiers q ∈ C tels que q > ΠN + u, n convient.

Deuxième méthode (il y a des prérequis, mais ils sont élémentaires et relativement classiques) :
On reprend les notations et le raisonnement de ce qui précède : on cherche à construire un entier n >
ΠN + u congru à 1 modulo ΠN tel que f(n) = n.

19
Il est connu (du moins, classique et relativement élémentaire) que si ΦΠN est le ΠN -ième polynôme
cyclotomique, il existe une infinité de nombres premiers n divisant une valeur de ΦΠN , et ceux qui ne
sont pas dans P sont congrus à 1 modulo ΠN et vérifient f(n) = n. On peut en choisir un qui est
strictement supérieur à ΠN + u.

Troisième méthode (utilise un théorème relativement classique, mais dont aucune démonstration acces-
sible au niveau olympique n’est connue) :
Soit q ∈ / P premier : alors f(q) = q. D’après le théorème de Dirichlet, il existe un nombre premier
p > u + q congru à u modulo q tel que f(p) = p. Alors le couple (q, p) convient.
Ainsi, l’identité est la seule solution potentielle. Réciproquement, l’identité vérifie la première condition
n−1 n−1
et si a, b ⩾ 1 et n ⩾ 2, alors par LTE, pour tout nombre premier p|a, vp ((a + b)a − ba ) ⩾
n−1 n−1
vp (a) + vp (an−1 ) = vp (an ), donc an |(a + b)a − ba , et donc l’identité est solution.

Commentaire des correcteurs : L’exercice a été très peu abordé. Toutes les solutions fonctionnaient en
deux temps : d’abord, utiliser LTE pour montrer que f(a)|a pour tout entier a, éventuellement assez
grand. Ensuite, utiliser cette information (souvent en conjonction avec le cas où a est un nombre premier
assez grand, puisqu’alors f(a) = a) de diverses manières pour conclure. Si quelques élèves ont été hâtifs
dans la deuxième partie, très peu ont songé à vérifier, en considérant la valuation p-adique de nombres
n−1 n−1
de la forme f(a + b)a − f(b)a , que ce nombre était bien non nul. Non, ce cas n’est pas un détail !
Signalons enfin que comme dans tout type d’équation, il est important de vérifier les solutions : si un
raisonnement logique montre que seule l’identité peut être solution, il faut déterminer si oui ou non
l’identité est bien solution.

20

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