Guide d'Analyse des Accidents du Travail
Guide d'Analyse des Accidents du Travail
VERSION DÉFINITIVE
INCVT
SOMMAIRE
Page
Préambule 5
Introduction 6
Objectifs 7
Réglementation nationale/accidents du travail 8
Gestion réglementaire des accidents du travail 13
Coût de l’accident du travail 15
Déterminants de l’accident du travail 16
Eléments d’une situation de travail 20
Analyse causale 21
Conduite à tenir devant un accident du travail 26
Enquête suite à un accident du travail 29
Mesures de prévention 37
Méthode d’analyse : Arbre des causes 41
Proposition d’une démarche de communication 49
Annexes 52
Références Bibliographiques 73
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LISTE DES FIGURESETTABLEAUX
3
ABRÉVIATIONS
AT : Accident du Travail
IJ : Indemnités Journalières
4
PREAMBULE
Les statistiques sur les accidents liés au travail sont inquiétantes. Tous les ans, un peu partout dans le
monde, environ deux millions d’hommes et de femmes perdent la vie dans des accidents ou suite à des
maladies liées au travail. Selon le rapport conjoint de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et
l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) de 2016, on dénombre dans le monde 317 millions
d’accidents du travail, 160 millions de maladies professionnelles et321 000 personnes meurent chaque
année d’accidents du travail. Et ces chiffres semblent être en dessous de la réalité.
Selon ce même rapport, les estimations communes de la charge (couts directs et indirects) due aux
maladies et traumatismes liées au travail mettent les systèmes de santé à rude épreuve, font reculer la
productivité et peuvent avoir un impact catastrophique sur les revenus des ménages. Ceci implique, la
nécessité de mise en place de mesures supplémentaires pour garantir des lieux de travail plus sains, plus
sûrs, plus résilients et plus justes socialement, grâce au rôle central joué par la promotion de la santé et
sécurité au travail.
Les statistiques publiées sur le sujet par le Bureau International du Travail « BIT » concernant le Maroc
affichent des taux alarmants, à savoir :
Un taux d’accidents mortels de « 47,8 % » pour 100000travailleurs, soit deux fois et demie plus
élevée que la moyenne régionale « 18,6 % » et seize fois celui de la Finlande.
Un taux d’accidents de travail supérieur à trois jours d’absence de « 36492 » pour 100000
travailleurs, soit deux fois et demie plus élevée que la moyenne régionale «14218 » et huit fois
celui de la Finlande.
Au Maroc, les accidents de travail sont régis par la loi. Les textes et les procédures en la matière sont
ambitieux dans leurs formulations, mais demeurent peu ou mal appliqués dans la réalité. Moins de 50%
des entreprises de plus de 50 salariés ont mis en place un comité de sécurité et d’hygiène. Le tragique
incendie de ROSAMOR survenu en 2008, et ayant causé la mort de 55 personnes pour non-respect des
normes de sécurité, a induit une certaine prise de conscience générale dans le pays et plusieurs actions ont
été initiées en matière de prévention, d’appréciation et de contrôle de la sécurité des sites industriels et
commerciaux.
L’Institut National des Conditions de Vie au Travail « INCVT », qui est conscient de l’importance de son
rôle dans la promotion d’une culture nationale de sécurité et de santé au travail, met ainsi l’accent sur
l’élaboration et la proposition de méthodes et d’outils pratiques pour une mise en application de ce
concept.
5
I. INTRODUCTION
Face à l’ampleur des préjudices liés aux accidents de travail et aux maladies professionnelles, il ya lieu
de rappeler qu’ils sont souvent évitables. Il est essentiel, qu’une fois ils surviennent, d’en tirer des
enseignements, ce qui permettrait aux travailleurs et employeurs de prendre des mesures préventives pour
améliorer les conditions de travail, lesquelles, à leur tour, se traduiront par une réduction du nombre des
accidents et des maladies.
Afin de pouvoir tirer des enseignements de ces événements, il est indispensable que des enquêtes efficaces
soient menées en vue d’en déterminer les causes immédiates, sous-jacentes et profondes, et d’identifier
les mesures de maîtrise des risques appropriées susceptibles d’être mises en œuvre pour réduire
considérablement les risques.
En effet, reconnaître les facteurs qui provoquent un accident de travail et comprendre le processus
d’apparition d’un dommage est la première étape dans une démarche de prévention des risques
professionnels. Il est donc fondamental d’identifier et d’analyser les différents dangers auxquels les
travailleurs sont exposés et les risques professionnels leurs correspondant.
L’analyse d’accident du travail doit, par conséquent, être formalisée selon une méthodologie bien définie
au préalable et doit être réalisée de manière systématique. L’objectif de cette analyse n’est pas de
rechercher des coupables, mais la recherche de faits qui ont contribué à un accident.
Plusieurs méthodes d’analyse existent telles que :
L’arbre des causes ;
L’Analyse Préliminaire des Risques ;
Les 5 pourquoi ;
Le diagramme causal d’Ishikawa et autres
Pour ce guide, l’outil retenu pour l’analyse des accidents du travail dans ce document est celui de la
« Méthode de l’arbre des causes ». C’est un outil qui permet d’identifier les causes de survenue d’un
accident de travail et de fournir des éléments pour l’étude des solutions de prévention.
Ce guide d’analyse des accidents du travail, élaboré par l’équipe de l’INCVT, est destiné́ aux petites et
moyennes entreprises.
6
II. OBJECTIFS
1. Objectif général
2. Objectifs spécifiques
L’accompagnement des petites et moyennes entreprises Marocaines dans leur démarche de prévention
passe obligatoirement par l’atteinte des objectifs ci-dessous :
▪ Assister les entreprises dans leurs enquêtes et analyses d'accidents du travail
▪ Identifier et présenter des causes d'accidents du travail.
▪ Visualiser les mesures préventives mises en place et identifier les faux pas qui ont causé l'accident
▪ Réduire les accidents et corriger toute situation dangereuse par l’instauration d’une politique de
formation et de concertation ;
▪ Enclencher l’enquête sur l’accident de travail au même moment de sa survenance ou peu de temps
après.
Afin de prévenir leur renouvellement ou d’empêcher la survenu d’autres accidents.
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III. REGLEMENTATION NATIONALE
1. Accidents du travail
Impliqué dans une perspective internationale, le Maroc dispose d’une législation en matière de santé et
sécurité au travail qui nécessite de ses entreprises de consentir davantage certains efforts. De même, en
ratifiant la convention n° 187 de l’OIT en 2013, il s’est engagé aussi dans le cadre promotionnel de la
sécurité et de la santé au travail. Celle-ci est basée, essentiellement, sur le principe de la culture préventive
sur les lieux de travail.
Ainsi, la législation marocaine sur la SST, à travers ses instances gouvernementales, s’intéresse à la
préservation de la santé et de la sécurité au travail des travailleurs par l’instauration d’un environnement
sain de travail, dépourvu de risques professionnels, en l’occurrence les accidents du travail et les maladies
professionnelles. On listera ci-après les principaux textes réglementaires en vigueur en matière d’accidents du
travail :
C’est ainsi que le Maroc a ratifié plusieurs conventions internationales dans le domaine de l’hygiène, sécurité et
médecine du travail, dont trois sont en rapport direct avec les accidents du travail.
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D’autres conventions non encore ratifiées par le Maroc sont listées ci-dessous :
DAHIRS ET LOIS :
➢ Dahir du 9 décembre 1943 (11 hijja 1362) accordant des majorations et des allocations des victimes
d’accidents du travail ou à leurs ayants droit (B.O. n° 1626 du 24 décembre 1943, p. 882)
➢ Dahir n° 1-58-117 du 15 moharrem 1378 (1er août 1958) sur les pensions militaires au titre
d’invalidité ;
➢ Dahir n° 1-60-223 du 12 ramadan 1382 (6 février 1963) portant modification en la forme du dahir
du 25 hija 1345 (25 juin 1927) relatif à la réparation des accidents du travail
➢ Loi n° 011-71 du 12 kaâda 1391 (30 décembre 1971) instituant un régime de pensions civiles, telle
qu’il a été modifié et complétée ;
➢ Loi n° 013.71 du 12 kaâda 1391 (30 décembre 1971) instituant un régime de pensions Militaires,
telle qu’il a été modifié et complétée ;
➢ Dahir n°1-14-190 du 6 rabii I 1436 (29 décembre 2014) portant promulgation de la loi n°18-12
relative à la réparation des accidents de travail (B.O. n° 6328 du 22 janvier 2015 version arabe
DÉCRETS :
➢ Décret n°2-61-096 du 29 moharrem 1381(13 juillet 1961) fixant les conditions d’attribution, de
réparation et de renouvellement des appareils de prothèse ou 26 d’orthopédie nécessaires aux
victimes d’accidents du travail (B.O. n° 2543 du 21 juillet 1961, p. 1022) ;
➢ Décret n°2.81.460 du 15 ramadan 1403 (27 juin 1983) fixant le barème des pourcentages d’invalidité
à retenir pour évaluer d’incapacité physique des militaires susceptible de bénéficier d’un pension
d’invalidité.
➢ Décret n° 2-99-1219 du 6 safar 1421 (10 mai 2000) fixant les modalités d’application des
dispositions du dahir n° 1-58-008 du 4 chaabane 1377 (24 février 1958) portant statut général de la
fonction publique, relatives aux congés de maladie et de maternité ;
➢ Décret n° 2-05-66 du 5 rebia II 1427 (3 mai 2006) fixant les modalités d'application des dispositions
de la loi n° 011-71 du 12 kaada 1391 (30 décembre 1971) instituant un régime de pensions civiles
relatives à la pension d'invalidité.
9
ARRÊTÉS :
NORMES ET STANDARDS :
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2. Principaux apports de la loi 65-99 relative au Code du Travail
Le Maroc dispose d’un arsenal juridique et réglementaire important en matière de la SST. En effet, la loi
n° 65- 99 relative au Code du travail, publiée au Bulletin officiel du 6 mai 2004 indique à travers ses
articles :
Cette nouvelle loi qui compte seulement 197 articles a opéré une réelle mise à niveau par rapport aux lois
existantes en évitant la dispersion que connaissait la législation antérieure et qui comptait plus de 340
articles. Elle a introduit des changements majeurs sur le processus d’indemnisation, dans le but de
simplifier les procédures de déclaration des accidents du travail et d’accélérer l’indemnisation des
victimes ou de leurs ayants droits. C’est ainsi que :
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La déclaration de l’accident de travail, au terme de cette loi, se fera par la victime de l’accident du
travail ou ses ayants droit qui sont tenus d’informer l’employeur ou un de ses représentants le jour même
de l’accident ou dans les 48 heures sauf cas de force majeure. L’employeur est tenu de saisir son assureur
dans un délai maximal de 5 jours.
L’institution d’une procédure obligatoire de conciliation entre l’entreprise d’assurance et la victime et
la révision de certaines indemnités fait partie des principales innovations de cette loi.
Des changements toucheront l’indemnisation des ayants droits des victimes décédées et qui sont au
nombre de trois à savoir : les orphelins handicapés, les orphelins non handicapés et les veuves.
o En cas de décès du travailleur ou salarié, les orphelins handicapés bénéficieront d’une rente à vie.
La rente sera maintenue jusqu’à l’âge de 18 ans pour les orphelins qui suivent une formation
professionnelle et 21 ans pour ceux qui poursuivent leurs études ;
o Quant aux veuves, elles bénéficieront d’un taux de rente uniformisé ;
o Concernant l’indemnisation des accidentés vivants, le calcul se fera sur la base du Smig ;
Pour les cas où la victime ne dispose pas de contrat de travail ou de couverture d’assurance, la
nouvelle loi stipule qu’elle devra recourir à la justice.
Cettenouvelle loi impose aux employeurs assujettis au régime de la sécurité sociale de souscrire une
assurance pour accidents de travail. Cette obligation réglementaire permet au salarié, lorsque le
caractère professionnel de l’accident est reconnu, de bénéficier d’une prise en charge des prestations en
nature, d’une indemnité journalière et le cas échéant d’une rente. Ces trois éléments sont définis comme
suit :
Les prestations en nature : comprennent les frais médicaux et pharmaceutiques ainsi que les frais
d’appareillage et de prothèse, L’assistance d’une tierce personne pour les besoins de la vie courante,
Les frais funéraires en cas de décès.
Les Indemnités journalières (IJ) : L’indemnité journalière est égale aux deux tiers de la rémunération
quotidienne à compter du premier jour suivant la date d’accident ou de la révélation de la maladie
professionnelle.
L’Indemnité pour Incapacité Physique Permanente (IPP) : elle correspond à un capital en cas d’IPP
inférieure à 10%, ou à une rente viagère en cas d’IPP supérieure ou égale à 10%.
Aussi, afin de mieux cadrer le système, et au risque d’être sanctionné, la loi 18-12 impose à l’entreprise
d’assurance un délai strict de 30 jours pour présenter à la victime les offres d’indemnisation et les
remboursements correspondants, une fois l’accord notifié.
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IV. GESTION REGLEMENTAIRE DES ACCIDENTS DU TRAVAIL
(LOI 18-12)
Dans les 24 heuresou le cas échéant dans les 48h de survenance, sauf cas de force majeure ou
d’impossibilité absolue pour motif sérieux et acceptable.L’idéal étant de transmettre un courrier en
recommandé avec accusé de réception. La victime devrait préciser le lieu de l’accident, la cause, les
circonstances et récupérer les coordonnées des éventuels témoins, au cas où la Caisse de Sécurité sociale
concernée souhaite mener l’enquête.
Le salarié doit consulter un médecin pour établir un certificat médical d’arrêt de travail détaillé (nature
des lésions et symptômes, séquelles, état de la victime, durée de l’arrêt prescrit, nature des soins…).
Le médecin traitant est tenu de délivrer à la consultation un certificat médical initial en quatre exemplaires,
dont trois à remettre à l’employeur, et ce, dans les 24 h de la délivrance.
Il doit transmettre le certificat médical à l’employeur. Notez que le médecin est, de son côté, chargé de
transmettre des informations relatives à l’accident auprès de la caisse de Sécurité sociale concernée.
La Caisse de Sécurité Sociale concernée, à savoir la CNSS du salarié (Caisse Nationale de Sécurité
Sociale) dispose de 30 jours maximum à compter de la réception du certificat médical pour instruire le
dossier puis valider ou invalider le caractère professionnel de l’accident. Ce délai peut être prolongé de
deux mois en cas de complexité et sous conditions d’avoir préalablement informé par écrit la victime et
l’employeur.
C’est au cours de cette période que la CNSS est susceptible de mener une enquête (demande de
témoignages, consultation d’experts, visite des lieux…).
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B. L’EMPLOYEUR
Si le salarié a la charge de prouver le caractère professionnel de l’accident, l’employeur doit, de son côté,
effectuer un certain nombre de démarches pour permettre une prise en charge adéquate de la victime.
L’employeur, avant de procéder à la déclaration auprès de l’assureur, doit remettre au salarié victime de
l’AT un imprimé de l’accident de travail qui fait état d’un certain nombre d’informations relatives :
L’employeur est à son tour tenu de faire la déclaration de ce sinistre auprès de son assureur dans un délai
de cinq jours (dimanche et jours fériés non compris), sauf cas de force majeure (sous peine d’une amende
de 10000,00 à 50000,00Dh), en remplissant la DAT (Déclaration d’Accident du Travail), et ce de la
manière la plus détaillée possible (conditions de l’accident, lieu, coordonnées des éventuels témoins…)
et en y intégrant les certificats médicaux.
Cette déclaration de l’employeur doit être effectuée contre un accusé de réception, ou par lettre
recommandée avec accusé de réception. L’employeur doit joindre à sa déclaration un certificat médical
initial délivré par le médecin traitant.
Dans le même délai, c’est-à-dire de cinq jours, l’employeur, et c’est la nouveauté dans cette loi 18/12,
doit déclarer cet accident auprès du directeur régional du Ministère de l’Emploi et des Affaires Sociales,
sauf cas de force majeure. (Modèle de la déclaration de sinistre en annexe)
Pendant l’arrêt de travail :lemédecin traitant est tenu d’établir en quatre exemplaires tous les
certificats médicaux de la victime : initial, de prolongation, de reprise, d’aggravation, de consolidation et
de rechute.
D’adresser à l’assureur, par lettre recommandé ou dépôt directe avec accusé de réception,tous les
certificats dans les 48h qui suivent la date de leur réception sous peine d’une amende de 10.000
à 50.000,00 Dh.
D’adresser, par lettre recommandée avec accusé de réception, copies de tous les certificats sus
cités à la délégation régionale du ministère de l’emploi dans lescinq jours quisuivent leurdépôt à
l’assureursous peine d’une amende de 10000 à 50000,00 Dh.
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V. COUT DE L’ACCIDENT DU TRAVAIL
1. Coût direct
2. Coût indirect
LES COÛTS INDIRECTS Les coûts indirects générés par les accidents
du travail sont des coûts cachés qui impactent
la performance globale de l’entreprise et ils
REPARATIO sont nombreux. On peut citer à titre
N
PERTE DE COUTS d’exemple:
PRODUIT ADMINISTRATIF
S
⚫ Les coûts se rapportant aux salaires et aux
COÛTS SALAIRES indemnités ;
COMMERCIA ET
⚫ Les coûts administratifs notamment le coût
éventuel de la formation du remplaçant sur le
ESTIMATION poste du travail ;
⚫ Les coûts liés à la réparation du matériel ou
3 à 5 FOIS LES COUTS DIRECTS
des locaux endommagés ;
⚫ Une éventuelle perte des produits ;
COUTS DIRECTS
⚫ Les coûts commerciaux ;
COUTS D’UN ACCIDENT = ⚫ Sans omettre, l’image de marque de
COUTS INDIRECTS l’entreprise ;
⚫ …….
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VI. DETERMINANTS DE L’ACCIDENT DU TRAVAIL
Les causes d’un accident du travail se regroupent en trois grandes catégories :
Dans chacune de ces catégories, on trouve des causes, interdépendantes pour certaines d’entre elles, c'est-
à-dire reliées les unes aux [Link] accident du travail se produit toujours lorsqu’il y a un aléa par rapport
à la situation normale de travail, et c’est la réaction inappropriée ou l’absence de réaction préventive à cet
aléa potentiel qui provoque l’accident, ça en est la cause ultime : mais cet aléa est lui-même le fait de
plusieurs causes ayant leur origine dans chacune des trois grandes catégories, et c’est aussi le cas pour la
réaction inappropriée.
La comparaison entre la situation de travail ayant donné lieu à l'accident et celle ou l'accident ne serait
pas produit (situation normale), est à la base de la recherche des causes, parallèles ou reliées entre elles,
pour finalement se connecter et se rejoindre et aboutir à l’accident.
16
Evolution de la conception de l’accident
Depuis la théorie du pur hasard qui considère l’accident comme un évènement imprévisible et
incontrôlable, d’innombrables théories ont fait évoluer la conception de ce phénomène. Nous citerons ci-
dessous quelques théories ayant fait émerger la conception multi-causale de l’accident, les approches
systémiques, puis celle organisationnelles.
Dans ce modèle, l’accident d’une personne est considéré comme le point culminant naturel d’une série
d’événements ou des circonstances qui se produisent invariablement dans un ordre fixe et logique. Cinq
dominos sont utilisés pour décrire toute séquence d’accident, la chute d’un domino causant directement
celle du suivant à sa droite. Il suffit alors d’éliminer un domino pour prévenir l‘accident.
L’analyse par les dominos est utilisée par parfois à la place de l’arbre des causes étant donné :
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➢ LA VISION ELARGIE A L’ORGANISATION « FROMAGE SUISSE » DE REASON
L’analyse des catastrophes industrielles emblématiques des années 1980 (Three Miles Island, Bhopal,
Tchernobyl, Challenger) a permis de faire évoluer la compréhension des phénomènes accidentels en
reléguant au second plan le modèle de l’homme considéré comme source d’erreur et en incriminant
l’environnement organisationnel de travail susceptible de conduire, de « contraindre » l’individu à
l’erreur. On se concentre en particulier sur les défaillances organisationnelles latentes.
Le Modèle de Reason introduit les notions de conditions latentes cachées dans le système pouvant amener
à des erreurs actives. Il repose sur l’identification des défaillances cachées dans le système, sur
l’élimination ou la diminution de leur influence et sur la fiabilisation des processus organisationnels.
Dans ce modèle, également appelé « swiss cheese model », les éléments organisationnels (défenses
technologiques, sécurités liées aux acteurs eux-mêmes, barrières correspondant aux procédures, contrôles
administratifs etc …) sont représentés par des « tranches » de gruyère avec des « trous » qui symbolisent
les failles. Pour qu’un accident ait lieu, il faut que des faiblesses (« trous ») soient alignées en perspective.
La correction d’une seule faiblesse suffit pour éviter l’accident.
Aujourd’hui, toute représentation de l’accident repose sur une conception systémique. L’origine de
l’accident et sa genèse se situent complètement dans le fonctionnement d’un système déterminé. Le
système considéré est le système sociotechnique caractérisant toute entreprise à finalité productive de
biens ou de services ou par extension toute situation de travail s’y insérant. La caractéristique principale
de l’accident est la multi-causalité. L’accident résulte de plusieurs causes, certaines sont proches ou
immédiates, d’autres lointaines ou profondes et donc moins visibles.
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Dans une approche systémique, les causes d’accident sont donc à rechercher dans les dysfonctionnements
élémentaires du système sociotechnique c’est-à-dire dans les éléments qui le composent. Une situation de
travail implique ainsi :
Ainsi, pour comprendre comment une situation de travail a conduit à un événement indésirable, l’analyse
sera centrée sur l’activité, laquelle renvoie aux objectifs assignés, aux éléments du cadre de travail, aux
prescriptions formelles et informelles, aux caractéristiques de chacun des opérateurs et à la gestion de la
sécurité industrielle.
Le modèle méthodologique est l'aboutissement d'un long processus de recherche. Il est composé de
plusieurs étapes, il se concentre d'abord sur les composantes techniques du système, puis sur les facteurs
humains, pour enfin se focaliser sur les facteurs organisationnels.
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ELEMENTS D’UNE SITUATION DE TRAVAIL
Le schéma ci-dessous est souvent utilisé pour les besoins d’une enquête et analyse d’accident. Il met en
évidence six éléments intervenant dans une situation de travail : l’individu, la tâche, le moment, le lieu,
les équipements et l’organisation.
LIEU MOMENT
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VII. ANALYSE CAUSALE
L’analyse des accidents du travail contribue au processus d’amélioration continue de la prévention des
risques professionnels. Analyser les accidents du travail permet de mettre en place des mesures de
prévention et d’éviter qu’ils ne se reproduisent. La démarche ne consiste en aucun cas à définir des
responsabilités ou déterminer les coupables.
Le rôle du groupe de travail est, lui, de rechercher l’ensemble des faits qui ont concouru à la production
de l’accident afin d'en comprendre la genèse et d’éviter ainsi qu’un accident du même type ne se
reproduise ou que d'autres accidents ne se produisent.
ANALYSE QUANTITATIVE :
Étude des données statistiques des accidents du travail. Elle nécessite une bonne traçabilité de ces derniers.
Elle permet ainsi d’avoir une vision globale des risques d’accidents et de fixer les priorités de façon
globale, mais reste insuffisante pour poser un bon diagnostic santé et sécurité et définir la politique de
prévention.
Les indicateurs statistiques permettent à l’entreprise de comptabiliser ses accidents, de calculer ses taux
et de comparer ses résultats aux données nationales ainsi qu’à ceux d’autres entreprises ou d’autres
secteurs. Parmi ces indicateurs utilisés :
Taux de fréquence = (nombre d’AT avec arrêt / nombre d’heures travaillées) x 106
Pour apporter une vision plus précise de la sinistralité, il est possible de répartir le nombre d’accidents
selon : le siège des lésions (tête, yeux, tronc, main, pied); la nature des lésions (fracture, brûlure, entorse,
dermite); les types d’accidents (accidents de plain-pied, chutes de hauteur, objets en cours de
manipulation); et les lieux de survenance (déplacement pendant le travail, lieu de travail habituel en
entreprise, lieu de travail occasionnel).
D’autres éléments peuvent venir compléter cette liste au moment de l’analyse de l’accident comme : le
métier, la fonction, le type de matériel utilisé, l’âge, le genre, la qualification, l’ancienneté au poste de
travail, l’horaire, le jour de survenue de l’AT…
Afin d’optimiser l’analyse de tous ces indicateurs, une exploitation graphique est à privilégier. Elle
favorise une meilleure lecture par l’ensemble des acteurs de l’entreprise et se révèle être un bon outil de
communication.
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ANALYSE QUALITATIVE :
Plusieurs méthodes peuvent être utilisées telles : l’arbre des causes, l’Analyse Préliminaire des Risques,
les 5 pourquoi, le diagramme causal d’Ishikawa et autres.
Pour le présent guide, nous avons opté, comme outil, pour l’analyse des accidents du travail celui de la
méthode du diagramme causal d’Ishikawa. C’est un outil qui permet d’identifier les causes de la survenu
d’un accident de travail. Il permet aussi, de limiter l’oubli des causes et de fournir des éléments pour
l’étude des solutions de prévention.
En transformant les causes d’un événement en faits prévisibles, elle permet de dégager des axes de
préventionélaborée par l’INRS en se fondant sur des travaux initiés par la Communauté Européenne du
Charbon et de l’[Link] a été expérimentée pour la première fois d’une façon pratique en 1970 dans les
Mines de fer de Lorraine. C’est à partir de 1976 qu’elle fait l’objet d’une plus large diffusion dans le
milieu industriel.
La méthode repose sur la recherche systématique des faits et de leur enchaînement logique, en excluant
les jugements et les prises de position subjectives. Elle permet de mettre en évidence la pluri-causalité de
l’événement.
La représentation arborescente de l’événement qui a donné son nom à la méthode, permet, à partir du fait
ultime, de construire l’articulation des causes de droite à gauche en remontant le plus loin possible. Pour
chaque élément porté dans l’arbre, il convient de se poser, à chaque fois, les mêmes questions :
La méthode des 5 Pourquoi permet l’identification des causes racines d’un problème. En posant plusieurs
fois la question « Pourquoi ? » au problème, on retire une à une les couches de symptômes qui mène aux
causes racines. Bien que la méthode se nomme « Les 5 Pourquoi » il se peut que vous ayez à vous poser
la question « Pourquoi ? » plus ou moins de 5 fois selon le problème. L’approche des 5 Pourquoi est très
proche de celle de l’arbre des causes.
22
Partir de l'effet constaté- en l'occurrence le problème - et remonter
vers la cause racine par une succession de questions "Pourquoi
?".
Le nœud papillon est une approche de type arborescente largement utilisée dans les pays européens
comme les Pays-Bas qui possèdent une approche probabiliste de la gestion des risques. Certains industriels
l’utilisent à la fois pour les analyses à priori et pour l’analyse des événements survenus.
Le nœud papillon permet de visualiser, autour d’un événement central, un arbre des défaillances (qui
identifie les causes de l’événement) et un arbre des conséquences (qui identifie les dommages causés).
Le nœud papillon a pour avantage d’être visuel et synthétique. Cela le rend abordable à tous les niveaux
de l’entreprise.
En mettant en avant les combinaisons séquentielles des faits, cette méthode montre les mises en défaut
des barrières de prévention et de protection en place dans le système sociotechnique. La lecture se fait
chronologiquement, de gauche à droite, des causes, vers les effets.
Barrière de prévention
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➢ Diagramme Causal d’ISHIKAWA
Le diagramme causal d’Ishikawa est un outil qui permet d’identifier les causes d’un problème. Appelé
aussi diagramme en arête de poisson, il est une illustration graphique en forme d’un poisson dont la tête
représente le problème ou l’effet proprement dit et les différentes arêtes, 5 au début puis étendues à 7, en
sont les causes éventuelles, d’où l’appellation actuelle du diagramme à 7 M.
Le diagramme causal d’Ishikawa ou méthode des 7 M permet de limiter l’oubli des causes et de fournir
des éléments pour l’étude des solutions. Les causes sont classées par grande famille :
M M
P
M M MM Figure 10 : Représentation graphique du diagramme de cause à effets
1. Main d’œuvre :
Il s’agit de toute personne impliquée, d’une façon ou d’une autre, dans le projet, mission ou événement
étudié : dimension d’aptitudes, niveau de connaissances, degré de compétences, échelle de motivation,
portée d’influence, effectif du personnel, hauteur de coordination, département concerné, organigramme,
organisation des équipes…
2. Matières :
Toutes les composantes de produits, matières, constituants, substances ou denrées indispensables à un
projet, mission ou événement : matières premières, quantité et qualité des denrées, entrées de processus,
papier, internet, électricité, eau, packaging, informations…
3. Matériel ou Machine :
Il s’agit à ce niveau de tous les outils, machines et équipements nécessaires à bien mener un projet,
activité ou événement : machines, moyens de transport, matériels informatiques, photocopieurs,
imprimantes, fax, téléphones, bureaux, salles…. Autrement dit tout l’arsenal indispensable à la réalisation
du travail.
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4. Méthodes :
Méthodes de travail, procédures mises en place, organisation des tâches, aux descriptifs des jobs, marches
à suivre, recherches et développement, logique de processus, planning des activités, objectifs stratégiques
à réaliser, systèmes politiques et culturels à respecter…
5. Milieu :
Ce 5ème M du diagramme d'Ishikawa désigne tout l’environnement, quel qu’il soit, qui peut avoir de
l’impact sur l’accomplissement du projet, de l’activité ou de l’événement : la chaleur, le froid, les
intempéries, le lieu du travail, le domaine d’activité, le marché, la concurrence, les paramètres politiques,
la législation, les facteurs socioéconomiques, technologiques, démographiques (PESTEL)…
6. Mangement :
Regroupe les méthodes d'encadrement, les style de commandement, la délégation, l’organigramme…
7. Moyens financiers :
Ce dernier M, se rapporte quand à lui au budget alloué et les différents coûts…
25
VIII. CONDUITE A TENIR DEVANT UN ACCIDENT DU TRAVAIL
A. Actions immédiates à entreprendre en cas d’accident du Travail
Réagir en premier lieu, Lorsqu’un accident du travail survient, la première chose à faire est bien
évidemment de s’assurer que la victime reçoive les soins nécessaires, au besoin en faisant appel à des
intervenants extérieurs (secours, pompiers …).
Il faut aussi et dans l’immédiat faire cesser tout danger qui pourrait entraîner une aggravation de l’accident
ou la survenance d’un autre (arrêt d’une machine, coupure de l’électricité ou du gaz, etc.).
Les suites de survenue d’un accident du travail
Ce plan, lorsqu’il est élaboré au préalable, peut permettre de détecter des risques passés inaperçus
susceptibles d'aggraver une situation d'urgence, et de les éliminer. Il favorise la sensibilisation à la sécurité
et souligne l'engagement de l'organisation envers la sécurité de ses employé[Link] inexistence pourrait
engendrer des pertes considérables, telles que de nombreuses victimes et, éventuellement, la faillite de
l'organisation.
Comme les situations d'urgence sont bien réelles, il est nécessaire de se préparer. Lors d'une situation
d'urgence, la nécessité de prendre des décisions rapidement de même que le manque de temps, de
ressources et de personnel qualifié peut entraîner le chaos. Un plan d’intervention d’urgence bien réfléchi
et bien organisé contribuera à éviter ces situations.
Objectif PIU :
Réduire le nombre de blessés et les dommages aux biens ainsi qu'à l'environnement lors d'une situation
d'urgence.
26
Organisation PIU :
Il faut désigner un coordonnateur des situations d'urgence de même qu'un coordonnateur suppléant et leur
donner la formation appropriée.
Toutefois, le personnel se trouvant sur place pendant une situation d'urgence joue un rôle essentiel pour
s'assurer que des mesures immédiates et efficaces sont prises pour limiter les pertes le plus possible.
Dans certains cas, il peut être possible de rappeler les employés qui ne sont pas de service pour qu'ils
aident, mais il faut habituellement prendre les décisions primordiales immédiatement.
La logistique
Les tâches, les responsabilités, les pouvoirs et les ressources doivent être clairement définis.
27
B. Documents administratifs de l’accident de travail :
Check-list des documents demandés suite à un accident de travail ou de trajet (voir copies en annexe):
28
IX. ENQUETE SUITE A UN ACCIDENT DU TRAVAIL
Les étapes de description sont assez simples : les enquêteurs recueillent des données, les analysent,
déterminent leurs constatations et formulent des recommandations. Bien que la marche à suivre semble
être assez claire, chaque étape peut présenter des pièges à éviter. Toutes les causes possibles doivent être
prises en compte.
Personnes concernées
Construire un arbre des causes suppose une mobilisation collective au sein de l’entreprise ; un arbre des
causes ne se construit jamais seul. Il doit impliquer le personnel à tous les niveaux, afin de traiter
directement et efficacement les problèmes de sécurité à l’échelon concerné.
De ce point de vue, l’arbre des causes ouvre le dialogue entre toutes les parties prenantes concernées, par
exemple : victimes, témoins, management, HSE. (Tableau 5)
Le groupe de travail doit avoir la possibilité de faire appel à d’autres compétences pour :
L'enquêteur doit faire preuve d'ouverture d'esprit, parce que toute idée reçue peut entraîner l'adoption
d'hypothèses erronées au détriment de faits ou d'éléments de preuve significatifs
29
Définition de l’enquête
Une enquête sur un accident du travail, une maladie professionnelle ou un événement dangereux (quasi-
accident)
Le but de l’enquête n’est pas de chercher un responsable mais de définir les circonstances et de répertorier
les causes de l’accident, afin d’en éviter la répétition.L’enquête donne lieu à un rapport contenant les
indications suivantes :
Quand enquêter?
- Dès qu’une analyse est décidée, la collecte des faits est à réaliser rapidement.
- Elle est qualifiée de recueil à chaud si elle intervient au plus près de la survenue de l’accident,
- Par opposition au recueil à froid dès lors que plus de 48 heures se sont écoulées après
l’accident.
Où enquêter ?
- Sur le lieu de l’accident.
- Les preuves matérielles constituent probablement les renseignements qui prêtent le moins à la
controverse parmi ceux que l'on puisse recueillir.
- Elles sont néanmoins exposées à une élimination ou à des modifications rapides; par
conséquent, ce sont les premiers renseignements qu'il faut recueillir.
30
Cela pourrait être :
➢ L’observation :
Elle permet d’obtenir des renseignements, des informations ou des indices pertinents.
Les enquêteurs doivent observer la situation de façon objective et s’interroger sur les six éléments
de la situation de travail.
Par exemple :
1. Individu :
- Qui se trouvait sur les lieux ?
- Qui travaillait à proximité de l’endroit où s’est produit l’accident ou l’incident ?
- Qui était le superviseur ? …
2. Tâche :
Observer de quelle façon les autres travailleurs effectuent la tâche. Cela permettra de recueillir
de l’information sur :
- Les méthodes,
- La cadence,
- La complexité des gestes,
- Les objets à manipuler, etc.
3. Moment :
Vérifier l’heure, la date, le quart de travail, etc.
31
Si on est en mesure de reconstituer les faits, on établira le moment précis où l’événement est
survenu dans le déroulement de la tâche.
4. Environnement :
Décrire l’état général des lieux et noter des éléments tels que la largeur d’un espace donné,
l’état du plancher, l’intensité de l’éclairage, etc. Au besoin, on peut effectuer des mesures
précises d’ambiance à l’aide d’instruments.
5. Equipement/Matériel :
Noter l’état des outils, des machines ou des équipements utilisés pour effectuer la tâche.
Vérifier la disponibilité et la condition de l’équipement de protection individuel, la dimension
et le poids du matériel utilisé, etc.
6. Organisation :
Obtenir les consignes et/ou les procédures qui prévalaient lorsque l’événement s’est produit.
➢ Les photos et croquis : Des photographies peuvent être utiles pour visualiser avec détails l’aire
de travail et les éléments impliqués dans l’accident. Elles permettent aussi de réduire le temps
nécessaire à la phase d’observation. Dans certains cas, il peut s’avérer important de prendre des
mesures et représenter les dimensions dans un croquis.
➢ Les entrevues : L’observation doit être complétée par des entrevues avec toutes personnes qui
pourraient apporter des éléments additionnels : victime, collègues, témoins oculaires,
superviseurs, experts, etc.
Parce que toute situation de travail est souvent complexe à analyser, une collecte des faits efficace suppose
le respect de certaines règles fondamentales :
- Recueillir tous les faits, mais s’intéresser plus particulièrement à tout ce qui ne s’est pas passé
comme d’habitude (faits à caractère inhabituel, appelés parfois variations),
- Observer ce qui s’est passé par rapport à ce qui était prévu en examinant successivement les phases
de préparation, d’organisation et de réalisation du travail.
Pour savoir si un fait quelconque a une valeur contributive, on se posera les questions suivantes :
32
Analyse des faits : Formulation des hypothèses de causes
L’analyse consiste à examiner l’ensemble des faits et déterminer les causes de l’accident.
Il s’agira de déterminer les causes directes et les causes indirectes.
33
Au moment du tri des divers indices, il
importe de s’assurer que ceux qui sont retenus
représentent des faits qui se sont bel et bien
déroulés et non des perceptions.
Dans la collecte des faits, il convient donc de faire la part entre ce qui était attendu (le prescrit), ce qui se
fait habituellement (pratique quotidienne du travail réel) et ce qui s’est passé le jour de l’événement.
Enfin, certains faits à collecter peuvent se situer très en amont de l’événement (choix d’organisation,
management de la sécurité, allocation des ressources, climat social, préparation insuffisante des acteurs).
Dans chacune de ces catégories, on trouve des causes, interdépendantes pour certaines d’entre elles, c'est-
à-dire reliées les unes aux autres.
34
Dangers liés aux opérations
Dangers liés aux conditions Dangers liés aux
d’intervention outillages
Caractéristiques
Ambiances dangereuses
dangereuses
35
Tableau 10 : catégories des facteurs contributifs / faits
Catégories de
Description
facteurs
Il s’agit des objets nuisant à la bonne marche du travail ou les défectuosités des
Facteurs liés au
outils, des machines, des matériaux ou des matières premières. Ce sont
matériel
habituellement des objets physiques.
Cette catégorie inclut trois types d’anomalies : celles qui concernent l’ambiance
Facteurs liés au physique des lieuxtelles que le bruit intense, le défaut d’éclairage ; celles qui ont
milieu trait aux problèmes liés au poste de travail comme l’encombrement et la mauvaise
tenue des lieux ; ou encore un trou dans le plancher.
Cette catégorie inclut deux types de facteurs : ceux qui concernent l’entreprise
Facteurs liés à elle-même, comme des problèmes associés à la structure organisationnelle, des
l’organisation politiques ou des procédures administratives inadéquates ; et ceux qui concernent
l’organisation du travail, la distribution des tâches, la supervision inadaptée, etc.
Facteurs liés à Il s’agit des anomalies dans les gestes requis par la tâche à accomplir
la tâche
Il s’agit des anomalies dans l’état de santé des personnes (travailleurs fatigués,
Facteurs liés à stressés, malades).
l’individu Attention : le caractère anormal de ce que fait l’individu doit être classé parmi les
facteurs liés à la tâche.
36
X. MESURES DE PRÉVENTION
La dernière étape est aussi d'une grande importance et consiste à formuler des recommandations
judicieuses élaborées de manière à empêcher la répétition d'incidents.
Pour chacune des causes retenues, on peut sélectionner des mesures correctives pour établir un plan
d’actions afin que cet accident ne se reproduise pas.
La recherche de mesures de prévention nécessite de donner libre cours à son imagination.
Les idées les plus farfelues aux premiers abords, peuvent s’avérer des plus intéressantes.
Dans un premier temps, on ne se fixe aucune limite.
Les choix des mesures viendront dans un second temps.
Ce BRAINSTORMING donne d’autant plus de résultats qu’il est effectué de façon collective.
Ainsi, les propositions de mesures sont plus nombreuses et variées.
Les mesures envisagées peuvent se situer dans tous les domaines : technique, informationnel,
pédagogique, organisationnel…
➢ Plus les mesures de prévention portent sur des faits éloignés de la blessure, plus ces mesures
empêchent un nombre important de facteurs d’accidents de se reproduire.
➢ Plus le facteur sur lequel porte la mesure de prévention est éloigné de la blessure (dans l’arbre des
causes de l’accident), plus le nombre des facteurs dont l’apparition est susceptible d’être évitée par la
mise en place de cette mesure sera importante.
La définition des mesures de prévention doit respecter les principes généraux de prévention.
Il ne s’agit pas de définir les mesures de prévention qui font partie du travail du concepteur mais de celles
qui dépendent de l’utilisateur.
Les recommandations formulées doivent :
• Etre précises
• Etre constructives
• Déterminer les causes fondamentales
• Définir les facteurs contributifs
37
Il ne faut pas se limiter à des recommandations Ne jamais formuler de recommandations
générales pour ménager ses efforts et gagner du temps. concernant les mesures disciplinaires à
Par exemple, si vous avez déterminé qu'un coin aveugle prendre à l'égard des personnes fautives.
a favorisé l'incident. Plutôt que de recommander « de Une telle recommandation serait non
redoubler d'attention dans les coins aveugles », il vaut seulement contraire aux véritables objectifs
mieux suggérer : de l'enquête, mais compromettrait
également les chances d'obtenir les
• L'installation de miroirs à l'angle nord-ouest du renseignements nécessaires au cours des
bâtiment X (où l'incident est survenu; prochaines enquêtes sur les incidents.
• L'installation de miroirs aux autres coins sans
visibilité qui se trouvent sur les lieux de travail.
38
Choix des mesures contrôle :
Après avoir identifié les risques présents, il faut les éliminer ou, du moins, les contrôler.
Il s’agit de mettre en place des solutions qui empêcheront la survenue des accidents ou des maladies du
travail.
C’est en fait le but ultime de la démarche préventive.
Ainsi, on citera les principaux modes d’intervention pour éliminer ou contrôler les risques : Les grandes
catégories d’intervention, ainsi que des critères pour le choix de solutions appropriées.
Les interventions à la source
Les interventions entre la source du danger et les personnes exposées
Les interventions auprès des personnes exposées
Le choix d'une intervention.
Pour la majorité des risques identifiés, plusieurs solutions peuvent être appliquées.
Elles relèvent de l’un ou l’autre de ces trois modes d’intervention. Plus la mesure intervient près de la
source du risque, plus elle est efficace.
Cependant, la solution parfaite n’est pas toujours disponible ou applicable. Il arrive même que la solution
varie dans le temps, comme lors de l’application du port d’un protecteur auditif en attendant le
remplacement d’une machine trop bruyante.
Dans les faits, le choix d’une solution bien adaptée à la réalité de l’organisation demeure un gage de
succès en matière de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles.
Pour ce faire, la concertation des travailleurs et des gestionnaires permettant la mise en commun des
connaissances et de l’expérience des personnes directement concernées est une condition sine qua non
au succès de la démarche.
Le choix d’une solution sera influencé par des critères tels que :
▪ L’efficacité,
▪ La stabilité,
▪ Le coût,
▪ La faisabilité, etc.
• L'inspection physique,
• L'administration de tests,
• L'évaluation du degré d'exposition,
• L'observation,
• Le suivi des blessures et des maladies,
• Les rapports d'enquêtes sur les accidents ou incidents,
• La rétroaction et les commentaires des employés,
• L'évaluation de la santé au travail
• Et d'autres méthodes.
39
➢ Suivi de l’efficacité des mesures de prévention
Il convient régulièrement, de mesurer et vérifier l’efficacité des mesures prises dans les plans d’action
afin de s'assurer que l'exposition au danger est réduite ou éliminée.
Pour cela, des indicateurs de coût et de performance (statistiques des accidents de travail) sont élaborés et
analysés.
Pour s’en assurer il est important de répondre aux questions suivantes :
OUI NON
Est-ce que les mesures ont résolu le problème?
Est-ce que de nouveaux dangers ont été créés?
Est- ce que les nouveaux dangers sont bien maîtrisés?
Est-ce que les procédés de surveillance sont adéquats?
Est-ce que les travailleurs ont été bien informés de la situation?
Est-ce que les programmes d'orientation et de formation ont été modifiés afin de
répondre à la situation actuelle?
Est-ce que d'autres mesures sont nécessaires?
Est-ce que l'efficacité des mesures de prévention du danger a été documentée dans
les procès-verbaux de votre comité?
40
XI. METHODE D’ANALYSE D’UN ACCIDENT DU TRAVAIL
Une fois la procédure établie, il faut qu’elle soit clairement sanctionnée, tant par la haute direction que
par les travailleurs ou leurs représentants. Elle doit de plus être connue de tous.
Quoi ? : Les accidents graves (décès, …), les accidents avec arrêts de
quels accidents analyser ? travail, les accidents sans arrêts de travail, les presqu’accidents
Qui ? : Constitution d’un groupe de travail : Victime, assistant de
qui procède à l’analyse ? prévention, responsable hiérarchique de la victime, des témoins de
l’accident, membres du CHST, le médecin de prévention, …
Quand ? : Le plus tôt possible après l’accident Le recueil des informations se
quand procéder à l’analyse ? fait sur le lieu de l’accident, avant remise en état des lieux
Où ? pour ce qui a trait à l’événement lui-même, l’enquête devrait être
seront effectuées les enquêtes et menée sur les lieux mêmes de l’accident.
les analyses d’accidents ?
Les entrevues plus approfondies avec certains témoins, un endroit
calme et à l’abri des curieux, où les enquêteurs/analystes pourront
procéder sans être dérangés sera plus approprié.
Comment ? Lorsqu’un accident est déclaré il faut aviser les divers intervenants
s’enclenchera et se déroulera la afin qu’ils entrent en action le plus rapidement possible. Il s’agit
procédure en cas d’accident ? d’une chaîne de communication qui doit être mise à jour
régulièrement et être diffusée à tout le personnel par différents
moyens tels que l’affichage, la distribution de notes internes, la tenue
de réunions d’information…
41
ÉTAPE 1 : Le recueil des faits
Le recueil des faits, immédiatement après l'accident (si possible sur le lieu de survenue), est l'un
des éléments essentiels de la démarche. De cette phase de travail dépendra la qualité des résultats. Il
faudra accorder à cette collecte une attention particulière, et le temps nécessaire, afin qu’elle soit la plus
exhaustive possible.
Un fait est un événement qui est arrivé, qui a eu lieu. C’est quelque chose quel’on peut voir,
entendre, mesurer ou vérifier.
Un fait, c’est la réalité paropposition à une interprétation.
Plusieurs variables peuvent influencer la personne qui recueille des faits : sespréjugés, la
crédibilité qu’elle apporte à certains témoignages, le réflexe de sefier à un seul témoignage, etc.
Il importe donc de conserver un maximum
d’objectivité au moment de compiler les faits.
Le concept de la situation de travail se compose de six éléments. Chacun de ces éléments doit faire
l’objet d’un questionnement qui permet d’identifier le ou les facteurs qui sont à l’origine de l’accident.
Situation de travail
⚫ INDIVIDU,
⚫ TÂCHE,
⚫ MOMENT,
⚫ L’ENVIRONNEMENT
⚫ MATÉRIEL,
⚫ L’ÉQUIPEMENT,
⚫ ORGANISATION,
A l’issue du recueil des faits, doit s’esquisser l’histoire de l’accident. Cette étape va consister à
comprendre plus précisément les enchainements de ce qu’il s’est passé concrètement.
Il faut s’interroger sur ce qui a pu induire un élément de l’accident en procédant par étapes chronologiques.
Il faut aussi identifier et s’interroger sur les éléments qui se sont réalisés différemment des
fonctionnements habituels.
▪ Conduire des entretiens dans le souci d’établir un relationnel respectueux, permettant aux
acteurs de s’exprimer plus facilement. Pour cela il est utile :
✓ D’essayer de mettre à l’aise les personnes interrogées malgré les circonstances ;
✓ De préciser que l’analyse a pour but de découvrir ce qui est arrivé et pourquoi ;
✓ De laisser parler l’interviewer et donc de bien l’écouter ;
42
✓ De faire confirmer par le témoin les notes de ce qu’il a dit ;
✓ D’essayer d’être empathique en saisissant ce que la personne ressent ;
✓ De ne prendre que des notes brèves pendant l’entrevue ;
✓ De ne pas intimider, interrompre ou inciter l’interviewer.
Rédaction du rapport
Une fois l’enquête terminée, c’est-à-dire lorsque l’observation a été effectuée et les faits recueillis, les
enquêteurs doivent rédiger un rapport. Ce dernier contient l’information qui sera analysée afin de
déterminer les causes d’un accident et de faire les recommandations afin d’éviter que l’accident ne se
reproduise.
Certaines informations contenues dans le rapport pourront servir à établir des statistiques qui permettront
de cibler des éléments spécifiques lorsque viendra le temps d’implanter des actions préventives dans le
milieu de travail.
Section 1, on collige les informations sur l’accidenté lui-même : fonction, ancienneté, expérience,
supérieur immédiat, horaire de travail, etc
Section 2 permet d’inscrire les informations concernant l’accident et les premiers secours qui ont
été dispensés : lieu, date de déclaration, date d’arrêt de travail, etc.
Section 3 : on décrit la ou les blessures à l’aide d’un vocabulaire standardisé. Cette méthode
permet de compiler facilement les informations statistiques qui pourront éventuellement servir
d’indicateurs dans le choix des actions préventives à implanter en milieu de travail.
Section 4 : on inscrit les noms des témoins : les témoins oculaires sont ceux qui ont vu ce qui s’est
passé lors de l’accident, alors que les autres témoins sont les personnes (superviseurs, collègues,
experts, etc.) qui ont été interrogées lors de l’enquête.
Section 5 : on rapporte tous les faits recueillis sous chacun des six éléments de la situation de
travail. Il est important de décrire les faits dans un langage clair, en donnant le plus de détails
possibles, ceci afin d’éviter toute ambiguïté pour quiconque pourrait être appelé à consulter ou à
travailler à partir de ces informations.
A la fin du document, les enquêteurs signent et inscrivent la date à laquelle ils ont complété la partie du
rapport qui concerne l’enquête.
43
ÉTAPE 2 : Construction de l’arbre des causes
Les accidents du travail ne résultent jamais d’une cause unique : ils sont la conséquence d’une
combinaison de facteurs. Toute la difficulté consiste à identifier les différents éléments qui y ont contribué.
Pour y parvenir, l’INRS a mis au point une méthode pratique de recherche des facteurs d’accidents, dont
les résultats sont présentés sous la forme d’une arborescence graphique dénommée « arbre des causes ».
La méthode de l’arbre des causes est une méthode pratique de recherche de faits ayant concouru à la
survenue de l’accident. En tant que démarche systémique, elle considère l’accident comme le résultat (le
symptôme)d’un dysfonctionnement dans l’entreprise. Pour comprendre l’accident, il faut donc interroger
l’ensemble des composantes du système (technique, organisationnel, humain) et leurs interactions.
Cette méthode met ainsi en évidence la pluri-causalité des événements non souhaités (ENS) : accidents,
« presqu’accidents », incidents, et le cas échéant conflits, malaises…
Son principe est simple : les faits qui ont contribué à l’accident sont représentés et organisés dans un ordre
logique, en remontant de l’effet aux causes le plus en amont possible. L’arbre est ainsi construit de droite
à gauche ou de haut en bas, en commençant par le dommage. On se pose alors la question : qu’a-t-il fallu
pour qu’il arrive ? Le questionnement se poursuit pour chacun des faits antécédents identifiés.
➢ Lister les faits recueillis en les résumant par des énoncés très courts
➢ Partir du fait ultime (conséquences, blessure) et déterminer les faits qui l’ont entrainé en remontant
pas à pas et en se posant les questions :
44
Exemple :
Comme le sol était mouillé ce jour là, la victime a glissé et elle s’est blessée après être tombée.
Sens de l’investigation
Ainsi le recueil des données sera réalisé sous forme d’une arborescence graphique :
Fait C Fait A
Fait B
Fait E
Cas pratique 1 : « M. X a tenté de saisir son marteau par le manche mais ses mains étaient pleines de
graisse. Le marteau lui a glissé des doigts et lui a heurté le pied. Il
s’est blessé le pied.». le fait ultime étant : « s’est blessé au pied »
Récit
45
Identification et recueil des faits
Récit
« Le système d’aération était tombé en panne dans le local.
Du gaz s’était accumulé à cause de la panne et faute d’aération.
Le dépanneur est intervenu sans appareil respiratoire, il
respira du gaz et fut intoxiqué. »
46
Actions de prévention
Pour éviter le renouvellement d’un autre accident, on recherche des mesures préventives pour chaque fait
mentionné dans l’arbre des causes, à chaque étape.
▪ Examiner systématiquement tous les faits de l’arbre des causes en lisant de droite à gauche
▪ Rechercher pour chacun d’entre eux s’il existe un ou plusieurs moyens:
- De le supprimer
- D’en empêcher l’apparition
- d’en éviter les conséquences néfastes
47
Exemple :
48
XII. PROPOSITION D’UNE DEMARCHE DE COMMUNICATION
La survenue d’un accident implique une multitude de parties prenantes qu’il est indispensable de
cartographier afin de n’oublier aucun acteur lors de la gestion de l’événement.
Afin d’adapter la teneur de la communication tant en interne qu’en externe, voici un exemple de familles
de parties prenantes en cas d’accident de travail :
Chacune des parties prenantes internes et externes identifiées requièrent des éléments de langage
particuliers.
La communication interne peut être vectrice de déformations. Il faut donc, avant de les relayer, vérifier
les informations entrantes en les faisant répéter et reformuler pour valider la bonne compréhension.
49
Adapter son message à son
interlocuteur
Se montrer concerné par la situation
et empathique
Ne pas porter d'accusations
Ne pas chercher à se justifier
- Le rapport d’enquête :
50
A qui communiquer ?
• La gestion interne,
• La personne blessée ou la famille du défunt,
• L’employeur
• Et les travailleurs du site où s’est produit l’accident,
• Les organisations de travailleurs et d’employeurs,
• D’autres institutions impliquées dans l’enquête,
• Les équipes de juristes et les médias.
Les informations contenues dans les différentes sections du rapport peuvent servir à diffuser les
enseignements tirés de l’accident et ce de façon, à garantir la sécurité des travailleurs dans d’autres
entreprises : « retour d’expérience ».
Que communiquer ?
La législation nationale prévoit l’utilisation d’un modèle de rapport d’enquête, de façon à garantir que la
même procédure est appliquée dans toutes les enquêtes, ce qui permet une certaine cohérence.
Lorsqu’on utilise des modèles de rapport, il convient de veiller à ne pas limiter la quantité d’informations
recueillies en prévoyant des champs suffisamment grands pour y inscrire les informations fournies (même
s’il est recommandé d’utiliser des pages supplémentaires si nécessaire).
51
ANNEXES
52
ANNEXE N° 1
53
DEFINITIONS ET CONCEPTS
RISQUE PROFESSIONNEL (ou phénomène dangereux)
C’est la combinaison de la probabilité́ et de la (des) conséquence(s) de survenance d’une altération de la
santé des travailleurs ou d’une atteinte à leur sécurité suite à l’exposition à un danger présent sur le lieu
du travail.
DANGER PROFESSIONNEL :
Un danger professionnel est la capacité intrinsèque d'un produit, une machine, un équipement, un procédé
ou une méthode de travail, ..., d'avoir des conséquences néfastes du fait de son utilisation ou de sa mise
en œuvre, pour la santé et la sécurité des travailleurs.
FAIT :
Un fait, au sens littéral, est ce qui est arrivé dans la situation événement : c’est une action, un état concret,
précis, visible et vérifiable.
ACCIDENT DU TRAVAIL :
L'accident de travail un événement non souhaité et inopiné provoqué lors d'une tâche prescrite, c'est-à-
dire survenu dans le cours et par le fait de l'exécution du contrat de travail, et qui produit un dommage
corporel (exemples : brûlure, électrisation, lombalgie, fracture d'un membre, …). :
• Il se produit dans le cadre de l’activité professionnelle du salarié, placé sous le contrôle et l’autorité
de l’employeur ;
• Survient dans les locaux de l’entreprise ;
• Les temps de pause sont pris en compte ;
• Il est soudain, ce qui permet de le distinguer de la maladie professionnelle : il est circonstancié de
façon certaine ;
• Il entraîne une lésion corporelle ou psychologique ;
54
Sur le plan réglementaire, le Dahir n°1-14-190 du 6 rabii I 1436 (29 décembre 2014) portant promulgation
de la loi n° 18-12 relative à la réparation des accidents de travail stipule dans son article 3 « Est considéré
comme accident du travail, quelle qu'en soit la cause et entrainant un dommage, l’accident survenu par le
fait ou à l'occasion du travail à toute personne bénéficiaire des dispositions de cette loi qu’elle soit salariée
ou travaillant à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs même si cet
accident résulte d'un cas de force majeur ou si les conditions du travail ont activé ou aggravé les effets de
cette force, à moins que l'employeur ou son assureur ne rapporte la preuve , conformément aux règles
générales de la loi , qu’une maladie de la victime est la cause directe de la survenue de l’accident » .
ACCIDENT DE TRAJET
L’article 4 du dahir n°1-14-190 du 6 rabii I 1436 (29 décembre 2014) portant promulgation de la loi n°
18-12 relative à la réparation des accidents de travail stipule :
« Est assimilé à l'accident du travail, l’accident survenu à un travailleur pendant le trajet d'aller ou de
retour, entre :
Boulangerie
Atelier
Entreprise Habitation
du salarié
Cinéma Jardin ou
Zone d’activité personnelle immeuble
Zone de l’accident de travail Accident de
Zone de l’accident de travail en travail
Accident de
mission
Zone de l’accident de trajet trajet
Accident à
Zone de l’accident à caractère prive
caractère
Figure 1 : Représentation schématique définissant les zones d’un
accident de travail, d’un accident de trajet et d’un accident à
caractère privé
55
Figure 2 : Différence Accident de travail vs accident de trajet
MALADIE PROFESSIONNELLE :
En 2014, un arrêté du Ministre de l'Emploi et des Affaires Sociales n° 160-14 du 19 rabii I 1435 (21 janvier
2014) a abrogé et remplacé les tableaux des maladies constituant l’annexe 1 fixant la liste des maladies
professionnelles de l’arrêté de l'emploi et de la formation professionnelle n° 919-99 du 14 ramadan 1420
(23 décembre 1999) pris pour l'application du dahir du 26 joumada I 1362 (31 mai 1943) étendant aux
maladies professionnelles les dispositions de la législation sur la réparation des accidents du travail.
En effet, le dahir du 31 mai 1943 étend aux maladies professionnelles les dispositions de la législation sur
la réparation des accidents du travail stipule dans son article 2 (sous forme de tableaux) :
Les manifestations morbides d’intoxication aigues ou chroniques présentées par les travailleurs
exposés d’une façon habituelle à l’action des agents nocifs, en raison de l’exécution de travaux
comportant la manipulation ou l’emploi de ces agents nocifs, et dont les principaux sont mentionnés,
à titre indicatif ;
Les infections microbiennes dont sont atteintes les personnes occupées d’une façon habituelle aux
travaux limitativement énumérés par ces tableaux ;
56
Les affections résultant d’une ambiance ou d’attitudes particulières entraînées par l’exécution des
travaux limitativement énumérés par ces mêmes tableaux. En application du dahir de 1943 plusieurs
arrêtés ont fixé la liste des maladies engendrées par certains agents d’intoxication, le délai de
responsabilité à observer et la liste indicative des travaux susceptibles de provoquer ces maladies. Par
la même voie, il a été procédé à l’énumération des maladies professionnelles et des travaux
susceptibles de les provoquer.
Démarche qui consiste à organiser et ordonner les faits recueillis dans le but d’identifier la cause d’un
accident et d’effectuer des recommandations pour éviter la récidive.
PREVENTION :
Action visant à diminuer la fréquence du risque.C'est une attitude et/ou l'ensemble de mesures à prendre
consistant à limiter le risque professionnel, visant à prévenir ce risque en annulant ou en diminuant la
probabilité d'occurrence du phénomène dangereux.
La prévention consiste donc d'abord à essayer de prévoir les facteurs pouvant conduire à l'accident.
Lorsqu'un accident se produit, il faut analyser ces facteurs (arbre des causes) afin d'éviter qu'un accident
similaire ne se reproduise (capitalisation de l'expérience).
PROTECTION
Action visant à diminuer la gravité du risque. La protection regroupe l'ensemble des mesures visant à
limiter l'étendue ou/et la gravité des conséquences d'un phénomène dangereux, sans en modifier la
probabilité d'occurrence (par exemple, les équipements de protection individuelle).
PRECAUTION
Elle s'applique à des situations de risque émergent où les données scientifiques manquent pour qualifier
la gravité ou la nature du danger, sa probabilité d'occurrence, lorsqu'on ne dispose pas de statistiques
d'événements non souhaités suffisantes ou de modèles d'explication de cause à effet fiables (par exemple
pour des produits chimiques ou des procédés nouveaux). Les degrés d'exposition, les conséquences
dommageables sont dans ce cas très incertains, la croyance supplante la connaissance, et la
méconnaissance dans ce type de risque influe à la fois sur la perception de sa probabilité et de sa gravité :
il n'y a alors généralement pas de consensus sur la notion même de danger ou de risque, être grave pour
certains ou de peu d'importance ou même fantasmé pour d'autres (par exemple les OGM, les ondes
électromagnétiques…), ce qui rend les mesures de prévention difficiles à décider et à mettre en œuvre.
CRITICITE :
La représentation traditionnelle du risque identifie les sources de dangers et les classe en fonction de leur
fréquence (probabilité) et de leur gravité (conséquences), à l'aide d'une matrice à deux dimensions. Ces
57
critères « fréquence et gravité » sont souvent évalués chacun sur une échelle de 1 à 4, qui multipliés,
donnent un niveau de criticité (chiffre allant donc de 1 à 16), ce qui permet de classifier et attribuer une
priorité de traitement du risque. La fréquence dépend, entre autres éléments, de la durée d'exposition au
risque, qui entraîne une probabilité d'apparition d'un dommage généralement croissante avec elle. La
gravité dépend de la nature des lésions corporelles et du nombre de personnes subissant le dommage.
La date de début de l'ITT est fixée au jour qui suit l'accident du travail (le jour de l'accident étant à la
charge de l'employeur) ou le jour de la consultation médicale jusqu'à la veille de la date de reprise du
travail, le décès de la victime ou la date de constatation de l'incapacité permanente.
INCAPACITE PERMANENTE :
Le taux d'incapacité physique permanente (IPP) est déterminé lors d'une expertise médicale amiable ou
judiciaire, en fonction du taux de réduction de la capacité de travail selon un barème officiel avec un
maximum de 100 %.
58
ANNEXE N°2
Rapport de circonstances d’accident du travail version française (modèle)
L’employeur
Nom : ………………………………………………………………………………………………………
Adresse : …………………………………………………………………………………………………...
Nature de l’activité :……………………………………………………………………………………….
Téléphone : ………………………………………………………………………………………………...
La victime
59
N° 5540- 19 Joumada II 1428 (5-7-2007) Bulletin officiel 898
L’accident
60
ANNEXE N°3
)Rapport de circonstances d’accident du travail (arabe
قرار لوزير التشغيل و التكوين المهني رقم 345.05صادرفي 29من ذي الحجة 9( 1425فبراير )2005بتحديد نموذج التقرير الواجب وضعه
حول الظروف التي تقع فيها حادثة شغل أواإلصابة بمرض مهني أو ذي طابع مهني.
بناء على القانون رقم 65.99المتعلق بمدونة الشغل .و الصادر بتنفيده الظهير الشريف رقم 1.03.194بتاريخ 14من رجب 11( 1424سبتنبر
.)2003وال سيما المادة 340منه.
قرر ما يلي:
المادة األولى
يحدد كما هو ملحق بهذا القرار نمودج التقرير الواجب وضعه حول الظروف التي تقع فيها حادثة شغل او اإلصابة بمرض أو ذيطابعمهني.
المادة الثانية
اإلمضاء:مصطفى المنصوري
61
الجريدة الرسمية عدد 6 - 5300صفر 17( 1426مارس )2005
نموذج التقرير الواجب وضعه حول الظروف التي تقع فيها حادثة شغل او االصابة بمرض مهني او دي طابع مهني
المشغل
االسم .........................................................................................................................:
العنوان......................................................................................................................... :
طبيعة النشاط.................................................................................................................:
الهاتف........................................................................................................................... :
الضحية
االسم الشخصي و العائلي..................................................................................................:
الجنسية........................................................ :تاريخ االزدياد:............................................
االقدمية في منصب الشغل.......................................تاريخ التشغيل..........................................
منصب الشغل ...............................................................................................................:
الحادثة
تاريخ الحادثة ............................محل الحادثة...............................................................
الساعة ..................................................................................................................
الظروف المفصلة للحادثة................................................................................................................
طبيعة وموقع وعواقب الجروح التي خلفتها
الحادثة..........................................................................................................................................
..........................................................................................................................................
المرض المهني او دو الطابع المهني
62
ANNEXE N°4
Déclaration de l’accident de travail à la compagnie d’assurance
النموذج رقم 1
تصريح بحادثة شغل من طرف المشغل أو احد مأموريه لمقاولة التامين و إعادة التامين
تطبيقا ألحكام المادة 15من القانون رقم 18-12المتعلق بالتعويض عن حوادث الشغل
أنا الموقع أسفله
(*) االسم العائلي والشخصي ..................................................................:بصفتي......................................
(*) لدى المشغل أو المقاولة أو المؤسسة......................................................................................................
(*) مقره (ا) االجتماعي........................................................................................................................
رقم االنخراط في الصندوق الوطني للضمان االجتماعي أو في أي نظام آخر للحماية االجتماعية ........................................
أصرح طبقاألحكام المادة 15من القانون رقم 18-12المتعلق بالتعويض عن حوادث الشغل
(*) لمقاولة التامين و إعادة التامين.............................................................................................................
(*) أو لممثلها القانوني ..........................................................................................................................
(*) مقرها /مقره االجتماعي ...................................................................................................................
(*) رقم عقد أو بوليصة التامين .....................................صالحة من ...........................إلى.............................
بحادثة الشغل التي وقعت
(*) بتاريخ ................على الساعة .............داخل مقر العمل في إطار تكليف بمهمة أثناء مسافة الذهاب و اإلياب
(*) عنوان مكان وقوع الحادثة ............................................................................المدينة............................
(*) نتجت عن الظروف و األسباب التالية .....................................................................................................
....................................................................................................................................................
....................................................................................................................................................
وفاة إصابة خفيفة إصابة بليغة (*) و قد خلفت الحادثة للمصاب
نوعية األضرار البدنية في حالة اإلصابة ......................................................................................................
....................................................................................................................................................
....................................................................................................................................................
(*) لم يترتب عن الحادثة توقف المصاب عن العمل )*( ترتب عن الحادثة توقف المصاب عن العمل
(*) لمدة .............يوما من ...............إلى غاية ............طبقا للشهادة الطبية األولية المؤرخة في ...........................
المسلمة من طرف الطبيب المعالج ....................................بمؤسسة العالج و االستشفاء ........................................
شهود الحادثة
.1السيد (ة) ........................جنسيته(ها) )*( ...........................رقم بطاقة التعريف الوطنية ............................
العنوان ...........................................................................................................................................
.2السيد (ة).....................جنسيته(ها) )*( ............................رقم بطاقة التعريف الوطنية ............................
العنوان...........................................................................................................................................
(*) المعطيات المتعلقة بالمصاب بالحادثة
أنثى (*)السيد(ة)االسم العائلي والشخصي ..........................................المزداد(ة) بتاريخ ...................ذكر
(*) مهنته(ها) .....................عنوانه(ها).................................................................................................
(*) رقم بطاقة التعريف الوطنية .............................جنسيته(ها) ...........................تاريخ التشغيل.......................
رقم التسجيل في الصندوق الوطني للضمان االجتماعي أو في أي نظام آخر للحماية االجتماعية ..........................................
(*) األجرة اليومية .......... أو األسبوعية ........... أو الشهرية /.......... أجرة 12شهر السابقة للحادثة .........
عدد الزوجات .......................عدد األطفال ....................... متزوج(ة) عازب(ة) الحالة العائلية
عدد األرامل ...........................عدد اليتامى ............................عدد األصول ........................ في حالة الوفاة
(*) حوادث الشغل السابقة
تعرض المعني(ة) باألمر لحادثة أو حوادث سابقة لميتعرض المعني(ة) باألمر لحادثة أو حوادث سابقة
تاريخ الحادثة .........................نسبة العجز ...............تاريخ الحادثة .........................نسبة العجز.................
تاريخ الحادثة .........................نسبة العجز ...............تاريخ الحادثة .........................نسبة العجز.................
تاريخ الحادثة .........................نسبة العجز ...............تاريخ الحادثة .........................نسبة العجز.................
63
ANNEXE N°5
Récépissé de dépôt de déclaration, de l’employeur, de l’accident du travail auprès de la compagnie
d’assurance ou de réassurance
وصل إيداع تصريح بحادثة شغل من طرف المشغل أو أحد مأموريه لدى مقاولة التأمين وإعادة التأمين
تطبيق ألحكام المادة 15من القانون رقم 18-12المتعلق بالتعويض عن حوادث الشغل
أنا الموقع أسفله
مقاولة التأمين وإعادة التأمين.............................................................. .................................................................:
أو ممثلها القانوني..............................................................................................................................................:
مقرها /مقره االجتماعي....................................................................................................................................: .
قد تم إيداعه
بتاريخ .............................................................. ................على الساعة...........................................................:
بمكتب............................................................................................................................................................. :
المرفقات
التصريح بالحادثة
نظير من الشهادة الطبية األولية
محضر الضابطة القضائية أو وصل معاينة الحادثة فيحالة وقوعها أثناء الذهابأ و اإلياب
......................................................................................................
......................................................................................................
وحررفي..............................:بتاريخ...............................:
واإلمضاء الخاتم
(صفة وتوقيع من تسلم التصريح)
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ANNEXE N°6
Déclaration de l’accident de travail à la Direction Régionale de l’emploi
65
ANNEXE N°7
Récépissé de dépôt de déclaration, de l’employeur, de l’accident du travail auprès
de la Direction Régionale de l’emploi
وصل تصريح إيداع بحادثة شغل من طرف المشغل أو أحد مأموريه لدى المديرية اإلقليمية للتشغيل
طبقا للمادة 17من القانون رقم 18-12المتعلق بالتعويض عن حوادث الشغل
السيد ...........................................................................:بتاريخ........................................................:
رقم البطاقة الوطنية.................................................. :المزداد (ة) بتاريخ.................................................:.
المشغل أو المقاولة أو المؤسسة.................................................................................. ...........................
قدتم إيداعه
بتاريخ............................................................................:على الساعة ...............................................
بمكتب......................................................................................................................................
المرفقات
الخاتم و اإلمضاء
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ANNEXE N°8
Modèle de l’attestation que l’employeur doit fournir à la victime d’un accident de
travail ou à sesayants droit ou leurs représentants.
مالحظات هامة
المعلومات التي تحمل عالمة (*) يتعين ملؤها وجوبا بصفة دقيقة من طرف المشغل أو احد مأموريه. -
في حالة عدم تسليم هذه الشهادة فور إخبار المشغل أو احد مأموريه بوقوع الحادثة .تطبق الغرامات المنصوص عليها في المادة 196من القانون .18-12 -
تذكير بأحكام القانون رقم 18-12المتعلق بالتعويض عن حوادث الشغل. -
الفرع الثانيالمادة 14الفقرة الثانية -
يتعين على المشغل ،فور إخباره بالحادثة ،أن يسلم المصاب بالحادثة أو لذوي حقوقه أو من يمثلهم شهادة تتضمن ،على الخصوص ،اسمي المشغل والمصاب بالحادثة وعنوانهما ونوع الحادثة -
وتاريخ وقوعها واسم المقاولة المؤمنة ورقم بوليصة التأمين ورقم تسجيل المصاب بالصندوق الوطني للضمان االجتماعي .ويحدد نموذج هذه الشهادة بقرار للسلطة الحكومية المكلفة بالتشغيل.
المادة 37البند 3-2-1 -
يتحمل المشغل أو مؤمنه المصاريف اآلتي بيانها سواء انقطع المصاب بالحادثة عن العمل أم ال -
البند 1مصاريف التشخيص والعالجات الطبية والجراحية والصيدلية ومصاريف االستشفاء ومصاريف التحليالت والفحوصات والمصاريف الواجب أداؤها لألطباء وللمساعدين الطبيين ،وبوجه -
عام جميع المصاريف التي يستوجبها عالج المصاب ؛
البند 2مصاريف المستلزمات الطبية التي تفرضها الحادثة بما فيها المصاريف التي تفرضها الحادثة والمتعلقة بنيل أجهزة استبدال أو تقويم األعضاء أو بإصالحها أو بتجديدها ؛ -
البند 3مصاريف نقل المصاب إلى محل إقامته االعتيادي أو إلى مؤسسة عمومية أو خصوصية لالستشفاء والعالج األقرب من مكان وقوع الحادثة ؛ -
المادة 39الفقرة 3 -
( )...ال يمكن للمؤسسات العمومية أو الخصوصية لالستشفاء والعالج أو الطبيب المعالج أن يطالبوا المصاب بحادثة الشغل بأداء المصاريف المنصوص عليها في المادة 37أعاله إال في الحالتين -
التاليتين : 1 -إذا لم يقدم المصاب الشهادة المنصوص عليها في الفقرة الثانية من المادة 14أعاله ؛ 2 -إذا قدم المصاب هذه الشهادة ووافق ،قبل تلقيه العالج األولي ،على تحمل مصاريف إضافية
تتجاوز تعريفة المصاريف المحددة في القرار المشترك المشار إليه في الفقرة األولى من المادة 38أعاله .وفي هذه الحالة يجب أن تتضمن الشهادة الطبية األولية موافقة المصاب على تحمل هذه
المصاريف اإلضافية.
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ANNEXE N°9
RAPPORT D’ENQUÊTE(modèle)
1. ACCIDENTÉ
Nom : Prénom :
Administrés par:
3. BLESSURE
NATURE DE LA LÉSION
Douleur Luxation Irritation Fracture
Égratignure Coupure Écrasement Déchirure
Entorse BRÛLURE Contusion Amputation
Foulure Tendinite Autre (spécifiez)
SIÈGE DE LA LÉSION
Tête Visage Cou Abdomen
Dos Hanche g d Cuisse g d Jambe g d
Genou g d Cheville g d Pied g d Oeil g d
Épaule g d Avant-bras g d Pouce g d Annulaire g d
Bras g d Poignet g d Index g d Auriculaire g d
Coude g d Main g d Majeur g d Orteil (lequel)
Autre (spécifiez)
SORTE DE CONTACT
Exemples: se heurter contre, être écrasé par, être frappé par, répétition, effort, etc.
AGENT CAUSAL
Exemples : plancher, escabeau, couteau, chariot, cylindre, etc.
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4. TÉMOINS
OCULAIRES AUTRES
RÉSERVÉ À L’ANALYSE
5. FAITSRECUEILLIS FAITS RETENUS
Pouranalyse Pourcorrectifs
INDIVIDU
TÂCHE
MOMENT
ENVIRONNEMENT
MATÉRIEL / ÉQUIPEMENT
ORGANISATION
69
6. SOMMAIRE DE L’ENQUÊTE
7. ANALYSE
Cause
Recommandation
Cause
Recommandation
70
8. AUTRESCO RRECTIFS
Situation
àcorriger
Recommandation
Situationàcorriger
Recommandation
9. REMARQUESADDITIONNELLES
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ANNEXE N° 10
COUTS POTENTIELS LIES A UN ACCIDENT DE TRAVAIL
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RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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INCVT, Rue Attoute, Secteur N°10, Bloc T, N°13, HAY RIAD -RABAT-
Tel : (212) 530-500600
Fax : (212) 530-500700
• [Link] : contact@[Link]
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