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Dynamique des Structures : Réponses Harmoniques

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Dynamique Des Structures

Comité scientifique de l’association des ingénieurs de construction Dr. M.


Sayehi

Badaoui Mohamed
Enseignant à l’Université Ziane Achour Djelfa
Automne 2020

PLAN DE RESUME DU COURS (S1)

1 Réponse d’un système à un DDL soumis à une excitation harmonique


1.1 Equation du mouvement
1.2 Réponse permanente et transitoire
1.3 Réponse pour Ω = ω (Résonance)
1.4 Déplacement maximal
1.5 Exemples illustratifs
1.6 Problèmes 1
1.7 Isolation des vibrations
1.7.1 Force transmise à une fondation ou support et isolation des vibrations
1.7.2 Mouvement harmonique à la base et isolation des vibrations
1.7.3 Exemples illustratifs
1.8 Problèmes 2

1
1.9 Mesure de l’amortissement à partir des tests harmoniques
1.9.1 Mesure de l’amortissement à la résonance
1.9.2 Mesure de l’amortissement par la méthode de bande passante demi-puissance
1.9.3 Exemple illustratif
1.10 Problèmes 3
Références

2
LIVRES

• Anil K. Chopra,Dynamics of Structures : Theory and Applications to Earth-


quake Engineering, Fourth Edition, Prentice Hall, 2012 - Exigé

• N. Nacer et A. Hadj Arab, Recueil de problèmes de la dynamique des struc-


tures avec leurs solutions (DDS), 1993 - Exigé

• Patrick Paultre, Dynamique des structures, Hermes Science, 2005 - Recom-


mandé

• Shashikant K. Duggal, Earthquake-Resistant Design of Structures, Second


Edition, Oxford University Press, 2013 - Recommandé

• Mario Paz and Young Hoon Kim, Structural Dynamics : Theory and Compu-
tation, Sixth Edition, Springer, 2019 - Recommandé

• Ray W. Clough and Joseph Penzien, Dynamics of Structures, 3rd Edition,


Computers and Structures, Inc., 2003

Logiciel de CAO

Matlab/Simulink, The Mathworks Inc.

3
Chapitre 1

Réponse d’un système à un degré de li-


berté soumis à une excitation harmoniqe

1.1 Equation du mouvement

La force harmonique est p(t) = p0 sin Ωt ou p(t) = p0 cos Ωt, d’où p0 est
l’amplitude ou la valeur maximale de la force et sa fréquence Ω est appelée
fréquence d’excitation ou fréquence de la force. Prenant la force p(t) = p0 sin Ωt,
l’équation différentielle de mouvement d’un système à un seul degré de liberté
sera de la forme (voir Fig. 1.1) :

mü + cu̇ + ku = p0 sin Ωt (1.1)

Ou encore
p0
ü + 2ξω u̇ + ω 2 u = sin Ωt (1.2)
m
d’où ξ est le taux d’amortissement critique

4
1.2. Réponses permanente et transitoire

Fig. 1.1 – a) Oscillateur amorti soumis à une charge harmonique, b) Bilan des forces.

1.2 Réponses permanente et transitoire

L’équation du mouvement est une équation différentielle de deuxième ordre,


la solution ou la réponse est de la forme :

u(t) = uh (t) + up (t) (1.3)

La réponse est constituée par la superposition de deux mouvements oscillatoires :


- un mouvement qui s’effectue avec la fréquence propre du système (vibration
libre qui dépend du déplacement et de la vitesse initaiux) : uh (t)
- un deuxième mouvement qui s’effectue avec la pulsation de la force excitatrice
(vibration forcée peu importe quelles sont les conditions initiales.) : up (t)
Solution générale :

p0 sin(Ωt − θ)
u(t) = uh (t)+up (t) = (A cos ωD t + B sin ωD t)e−ξωt +
| {z } k (1 − β 2 )2 + (2ξβ)2
réponse transitoire | {z }
réponse permanente(stationnaire)
(1.4)

5
1.2. Réponses permanente et transitoire

la réponse permanente peut être écrite sous la forme :

up (t) = ρ sin(Ωt − θ) (1.5)

d’où
p0 1
ρ= p (1.6)
k (1 − β 2 )2 + (2ξβ)2
dans lequel

β= est le rapport des fréquences
ω
p
ωD = ω 1 − ξ 2 est la pseudo-pulsation ou la fréquence propre amortie
2ξβ
θ = tan−1 ( 1−β 2 ) est le déphasage

p0
ρ est le déplacement max. La relation entre le déplacement statique ust = k et
le dépalcement dynamique max est :

ρ = Dust (1.7)

1
Le facteur D(β, ξ) = √ est appelé facteur d’amplification dyna-
(1−β 2 )2 +(2ξβ)2
mique du déplacement.


La condition de résonance revêt une importance particulière β = ω = 1 pour
laquelle l’amplitude du mouvement devient très grande pour le système amorti
et tend à devenir infinie pour le système non amorti.

A et B de l’Eq. 1.4 sont des constantes d’intégration qui peuvent être déter-
minées à partir des conditions initiales.
La partie transitoire de la solution (Eq. 1.4) disparaît rapidement à zéro en
raison du facteur exponentiel négatif, ne laissant ainsi que la solution à l’état
stationnaire. La figure (1.2) montre le graphe de la réponse totale d’un système

6
1.2. Réponses permanente et transitoire

sous charge harmonique, dans les deux cas non amorti et amorti. Nous pouvons
remarquer l’effet des vibrations libre qui présente la différence entre les deux
courbe des réponses totale et permanente. Il décroît exponentiellement avec le
temps dans le cas du système amorti (Fig. (1.2c). Il faut cependant reconnaître
que le pic de déformation le plus important peut se produire avant que le système
n’ait atteint l’état d’équilibre ; (voir Fig. 1.2c)

Fig. 1.2 – a) Force harmonique, b) Réponse d’un système non amorti à une force harmonique,
c) Réponse d’un système amorti à une force harmonique.

7
1.3. Réponse pour Ω = ω (Résonance)

1.3 Réponse pour Ω = ω (Résonance)

Pour Ω = ω et avec des conditions initiales nulles, la réponse d’un système


amorti (Eq. 1.4) est tracée sur la Fig 1.3 pour un système avec ξ = 0.05. Une
comparaison de la Fig. 1.3b pour les systèmes amortis et de la Fig. 1.3a pour les
systèmes non amortis montre que l’amortissement abaisse chaque pic et limite
la réponse à la valeur limitée :

ust
umax = ρ = (1.8)

a)

b)

Fig. 1.3 – a) Réponse d’un système non amorti à une force harmonique de fréquence Ω = ω ;
u(0) = u̇(0) = 0, b) Réponse d’un système amorti avec ξ = 0.05 à une force harmonique de
fréquence Ω = ω ; u(0) = u̇(0) = 0.

8
1.4. Déplacement maximal

1.4 Déplacement maximal

A partir de l’Eq. (1.5) le déplacement dynamique max est égale à ρ. Ce der-


nier dépend du facteur d’amplification dynamique D qui est égale

1
D=p
(1 − β 2 )2 + (2ξβ)2
La Fig. 1.4 montre la variation de D en fonction de β = Ωω . Comme on peut le

Fig. 1.4 – Facteur d’amplification dynamique pour un système amorti soumis à une charge
harmonique.

constater sur les graphiques de la Fig. 1.4, les pics des courbes de réponse en
fréquence du déplacement, se produisent à une valeur de β légèrement différente

de l’unité. On l’obtient en dérivant l’expression de D. Cette valeur, pour ξ < 2
est égale à :
p
β= 1 − 2ξ 2 (1.9)

ou aussi
p
Ω=ω 1 − 2ξ 2 (1.10)

9
1.5. Exemlpes illustratifs

Ω est appelée pulsation de résonance. Qui est par définition la pulsation de la


force excitatrice pour laquelle on obtient la réponse maximum. La valeur du
facteur d’amplification dynamique qui lui correspond est

1
Dmax = p (1.11)
2ξ 1 − ξ2

Nous pouvons remarquer que la résonance pour un système non amorti (ξ = 0)


a lieu pour β = 1. c.à.d quand la pulsation de l’excitation est égale à la pulsation
propre du système. Pour un système amorti la résonance se produit quand β < 1
p
βpic = 1 − 2ξ 2 . Le facteur d’amplification dynamique prend alors la valeur
Dmax = √1 .
2ξ 1−ξ 2

1.5 Exemlpes illustratifs

Dans les exercices liés à ce cours il faut s’assurer que la charge appliquée
est une charge harmonique. Cette force n’est pas toujours donnée directement.
L’objectif du premier exemple illustratif est de déterminer la charge appliquée
à partir des données disponibles. Dans le deuxième exemple illustratif, la force
appliquée est donnée.

1.5.1 Exemlpe 1 (Charge harmonique non donnée)

Une poutre simple supporte en son centre une machine ayant un poids
W=71.2 kN. La poutre est d’une portée libre L=3.65 m et un moment d’iner-
tie transversal total I = 5.34 × 10−5 m4 . Le moteur tourne à 300 tr / min
et son rotor est de poids W’=0.18 kN est unbalancé avec une excentricité de
e0 = 0.254 m. Quelle sera l’amplitude de la réponse en régime permanent si
l’amortissement visqueux équivalent pour le système est supposé 10% de la cri-

10
1.5. Exemlpes illustratifs

tique ? E = 2 × 108 kN/m2

Fig. 1.5 – Système poutre-machine .

Solution : Ce système dynamique peut être modélisé par l’oscillateur amorti.


La masse répartie de la poutre sera négligée par rapport à la grande masse de
la machine. Figures 1.5 et 1.6 montrent respectivement le schéma de principe
du système poutre-machine et le modèle adapté.

Fig. 1.6 – a) Modèle analytique, b) Bilan des forces .

La force au centre d’une poutre simplement supportée nécessaire pour dévier


ce point d’une unité (c’est-à-dire le coefficient de rigidité) est donnée par la

11
1.5. Exemlpes illustratifs

formule

48EI 48 × 2 × 108 × 5.34 × 10−5


k= 3
= 3
= 10.54 × 103 kN/m
L (3.65)

La fréquence propre du système (en négligeant la masse de la poutre) est


r s
k 10.54
ω= = = 38.1 rad/s
m 71.2/9.81

La fréquence de la force est

300 × 2π
Ω= = 31.41 rad/s
60

et le rapport des fréquences

31.41
β= = 0.824
38.1

En se référant à la Fig. 1.6, soit m la masse totale du moteur et m’ la masse


tournante non équilibrée. Ensuite, si u est le déplacement vertical par rapport
à la position d’équilibre de la masse non tournante (m - m’), le déplacement u1
de la masse excentrique m’ comme indiqué sur la figure 1.6 est

u1 = u + e0 sinΩt (a)

L’équation du mouvement est alors obtenue en additionnant les forces le long


de la direction verticale dans le diagramme de corps libre de la figure 1.6b, où
les forces d’inertie de la masse non tournante et de la masse excentrique sont
également représentées. Cette sommation donne

(m − m0 )ü + m0 ü1 + cu̇ + ku = 0 (b)

12
1.5. Exemlpes illustratifs

La substitution de ü1 obtenue de l’équation (a) précedente donne

(m − m0 )ü + m0 (ü − e0 Ω2 sinΩt) + cu̇ + ku = 0 (b)

et avec réarrangement des termes

mü + cu̇ + ku = m0 e0 Ω2 sinΩt (c)

Cette dernière équation est de la même forme que l’équation de mouvement


(1.1) pour l’oscillateur amorti excité par une force harmonique d’amplitude

p0 = m0 e0 Ω2 (d)

En remplaçant dans l’Eq. (d) les valeurs numériques de cet exemple, on obtient

p0 = (0.18/9.81) × 0.254 × (31.41)2 = 4.6 kN

De l’Eq. (1.6), l’amplitude du mouvement résultant en régime permanent est


alors

4.6 1
ρ= p
10.54 × 103 (1 − (0.824)2 )2 + (2 × 0.1 × 0.824)2

ρ = 1.21 × 10−3 m (rép.)

1.5.2 Exemlpe 2 (Charge harmonique donnée)

Le portique en acier illustré à la Fig. 1.7 supporte une machine tournante


qui exerce une force horizontale au niveau de la poutre F (t) = 0.89sin5.3tkN .
En supposant 5 % de l’amortissement critique, déterminer : (a) l’amplitude en
régime permanent de vibration et (b) la contrainte dynamique maximale dans

13
1.5. Exemlpes illustratifs

les poteaux. Supposons que la poutre est rigide.

Solution : Cette structure peut être modélisée pour l’analyse dynamique

Fig. 1.7 – a) Portique supportant une machine tournante, b) Modèle analytique .

comme l’oscillateur amorti montré sur la figure 1.7b. Les paramètres de ce mo-
dèle sont calculés comme suit :

3E(2I) 3 × 2 × 108 × 2 × 0.288 × 10−4


k= = = 361 kN/m
L3 (4.575)3

ξ = 0.05
p0 0.89
ust = = = 0.00246m
k 361
r r
k 361
ω= = = 7.4 rad/s
m 6.67
5.3
β= = 0.716
7.4
l’amplitude du mouvement résultant en régime permanent est

ust
ρ= p = 0.005 m
(1 − β 2 )2 + (2ξβ)2

14
1.5. Exemlpes illustratifs

Ensuite, l’effort tranchant dans le poteau est

3EIρ
Vmax = = 0.9kN
L3

Le moment fléchissant maximal

Mmax = Vmax L = 4.2 kN.m

et la contrainte maximale

Mmax
σmax = = 1.53 kN/m2
I/(h/2)

1.5.3 Exemlpe 3 (Charge harmonique sur une poutre console )

Un moteur électrique d’un poids total W = 14.82 kN est monté sur une
poutre supportée simplement avec un porte-à-faux comme illustré ci-après. Le
poids excentré du rotor est de W 0 e = 5.65 × 10−3 kN.m. (a) Trouvez les
amplitudes des vibrations verticales forcées du moteur pour les vitesses 800,
1000 et 1200 tr / min. (b) Trouvez l’amplitude quand le rapport des fréquences
β = 1. Supposons un amortissement égal à 10 % de l’amortissement critique.

Fig. 1.8 – Machine tournante sur une console.

Solution : A partir du calcul du coefficient de souplesse δ la rigidité peut


être tirée qui présente l’inverse de la souplesse (k=1/δ)

15
1.5. Exemlpes illustratifs

Fig. 1.9 – Déformée due à une charge unitaire.

Fig. 1.10 – Diagramme des moments M et M̄1 .

k = EI/[(L2p /3) × (L + Lp )] = 1.1741 × 104 kN/m

ξ = 0.1

Pulsation de la charge harmonique

Ω = 800 × 2 × π/60 = 73.776 rad/s

L’amplitude de la charge harmonique

p0 = W 0 eΩ2 /g = 4.04 kN

Déplacement statique

p0
ust = = 3.4429 × 10−4 m
k

16
1.6. Problèmes 1

Pulsation propre du système


s
k
ω= = 88.16 rad/s
(W/g)

Rapport des fréquences


β = 0.9503

l’amplitude du mouvement résultant en régime permanent est

ust
ρ= p = 0.0016 m
(1 − β 2 )2 + (2ξβ)2

Dans le cas où les vitesse du moteur est 1000 tr/min et 1200 tr/min, les ampli-
tudes auront les valeurs ρ = 0.0011 m et ρ = 7.2359 × 10−4 m. Dans le cas où
β = 1 l’amplitude sera égale à ρ = 0.0019 m.

1.6 Problèmes 1

P1-P4 Résoudre les exercices 1-3 de la série 4 et le problème 7 page 39 (Nacer


et Hadj Arab, 1993).
P5 Refaire l’exemple E3.1 du Chapitre 3 section 2 (Clough et Penzien, 2003).

1.7 Isolation des vibrations

Dans la pratique on rencontre souvent le problème de réduire les forces dy-


namiques transmises par une machine à la structure qui la supporte ou à son
environnement immédiat. C’est ce qu’on appelle souvent un problème d’isolation
de forces. La solution consiste à insérer une suspension constituée de ressorts et
d’amortisseurs entre la machine et la structure porteuse ou la fondation de ma-
nière à réduire la force transmise par les vibrations de la machine. Le problème

17
1.7. Isolation des vibrations

inverse est aussi très courant et consiste à réduire les vibrations transmises par
la structure à la machine qu’elle supporte. C’est ce qu’on appelle un problème
d’isolation des mouvements. La solution de ce problème et aussi d’insérer une
suspension entre la structure porteuse en mouvement et la machine. Nous abor-
derons les deux problèmes séparément dans les sections suivantes et arriverons
à la conclusion que leurs solutions sont identiques.

1.7.1 Force transmise à une fondation ou support et isolation des


vibrations

Considérons le système masse-ressort-amortisseur illustré dans l’encart de


gauche de la Fig. 1.11 soumis à une force harmonique. La force transmise à la
base est

fT (t) = fS (t) + fD (t) = ku(t) + cu̇(t) (1.12)

En utilisant les équations (1.5) et (1.8), on obtient

fT (t) = ust D[ksin(Ωt − θ) + cΩcos(Ωt − θ)] (1.13)

La valeur maximale de fT (t) sur t est

p
(fT )max = ust D k 2 + c2 ω 2 (1.14)

qui, après avoir utilisé ust = p0 /k et ξ = c/2mω, peut être exprimé comme
s µ ¶2
(fT )max Ω
=D 1 + 2ξ
p0 ω
ou encore q
(fT )max
=D 1 + (2ξβ)2
p0
18
1.7. Isolation des vibrations

Fig. 1.11 – Transmissibilité pour l’excitation harmonique. La transmissibilité de la force et


la transmissibilité du mouvement du sol sont identiques.

La substitution de l’Eq. (1.7) pour D donne une équation pour le rapport de la


force maximale transmise à l’amplitude p0 de la force appliquée, connue sous le
nom de la transmissibilité (TR) du système :
½ ¾1/2
1 + (2ξβ)2
TR = (1.15)
(1 − β 2 )2 + (2ξβ)2

Notez que si le ressort est rigide, ω = ∞ et TR = 1, ce qui implique que


(fT )max = p0 .
La figure 1.11 illustre les courbes de transmissibilité d’un système en fonction du
rapport de fréquence β pour différents rapports d’amortissement. Nous pouvons

voir que toutes les courbes passent par la même valeur de 1 pour β = 2. L’am-

19
1.7. Isolation des vibrations


plification de la force d’excitation se produit pour 0 < β < 2. Il se produit
une réduction de l’amplitude de la force - transmissibilité inférieure à l’unité -
√ √
pour β > 2. Il n’est donc possible d’isoler les vibrations que lorsque β > 2.
On observe également que, pour cette plage de valeurs, la transmissibilité dimi-
nue avec le taux d’amortissement et est minimale pour ξ = 0. Au démarrage,
une machine tournante doit passer par résonance avant d’atteindre sa fréquence
de fonctionnement qui doit se situer dans une plage où la transmissibilité est
inférieure à 1. En théorie, un taux d’amortissement de zéro conduirait à la force
transmise la plus faible possible. En pratique, cependant, un minimum d’amor-
tissement doit être introduit dans le système pour limiter la force transmise à
des valeurs raisonnables lors du passage à la fréquence de résonance lors du
démarrage de la machine. Heureusement, le caoutchouc naturel est un matériau
très satisfaisant et est souvent utilisé pour l’isolation des vibrations.

D’une manière plus simple, pour qu’un système d’isolation soit efficace, il
faut qu’il remplisse les deux conditions
(
TR < 1

β< 2

N.B : Le système sera plus efficace si ξ = 0.

1.7.2 Mouvement harmonique à la base et isolation des vibrations

Dans cette section, nous déterminons la réponse d’un système SDDL (voir
l’encadré droit de la Fig. 1.11 au mouvement harmonique du sol :

üg (t) = ügo sinΩt (1.16)

20
1.7. Isolation des vibrations

Pour cette excitation, l’équation du mouvement, où la force sismique effective


pef f (t) = −müg (t) = −mügo sinΩt, identique à l’Eq. (1.1) pour une force har-
monique appliquée avec p0 remplacée par −mügo . Faire cette substitution dans
l’Eq. (1.5) donne
−mügo
u(t) = Dsin(Ωt − θ) (1.17)
k
L’accélération de la masse est

üt (t) = üg (t) + ü(t) (1.18)

La substitution de l’Eq. (1.16) et la dérivée seconde de l’Eq. (1.17) donne une


équation pour üt (t) à partir de laquelle l’amplitude ou la valeur maximale ütmax
peut être déterminée :
½ ¾1/2
ütmax 1 + (2ξβ)2
TR = = (1.19)
ügo (1 − β 2 )2 + (2ξβ)2

Le rapport entre l’accélération ütmax transmise à la masse et l’amplitude ügo de


l’accélération au sol est également connu sous le nom de transmissibilité (TR)
du système. A partir des Eqs. (1.19) et (1.15), il est clair que la transmissibilité
pour le problème d’excitation du sol est la même que pour le problème de force
appliquée.
Par conséquent, la Fig. 1.11 donne également le rapport ütmax /ügo en fonction du
rapport de fréquence β = Ω/ω. Si la fréquence d’excitation Ω est bien inférieure
à la fréquence naturelle ω du système, ütmax ' ügo (c’est-à-dire que la masse se
déplace rigidement avec le sol, subissant toutes deux la même accélération). Si
la fréquence d’excitation Ω est beaucoup plus élevée que la fréquence naturelle
ω du système, ütmax ' 0 (c’est-à-dire que la masse reste immobile pendant que
le sol en dessous se déplace). C’est le concept de base qui sous-tend l’isolement

21
1.7. Isolation des vibrations

d’une masse d’une base mobile en utilisant un système de support très flexible.
Par exemple, les bâtiments ont été montés sur des roulements en caoutchouc
naturel pour les isoler des vibrations verticales au sol - généralement avec des
fréquences allant de 25 à 50 Hz - en raison du trafic ferroviaire.
Si le mouvement du sol est défini comme ug (t) = ugo sinΩt, on peut montrer
que l’amplitude utmax du déplacement total ut (t) de la masse est donnée par
½ ¾1/2
utmax 1 + (2ξβ)2
TR = = (1.20)
ugo (1 − β 2 )2 + (2ξβ)2

En comparant cela avec l’Eq. (1.19) indique que la transmissibilité aux dépla-
cements et accélérations est identique.

1.7.3 Exemples illustratifs


[Link] Exemlpe 1

Un instrument sensible d’une masse de 50 kg doit être installé à un endroit


où l’accélération verticale est de 0.1 g à une fréquence de 10 Hz. Cet instrument
est monté sur un patin en caoutchouc de rigidité 14 kN/m et d’amortissement
tel que le taux d’amortissement du système soit de 10% . (a) Quelle accélération
est transmise à l’instrument ? (b) Si l’instrument ne peut tolérer qu’une accélé-
ration de 0.005 g, suggérer une solution en supposant que le même tampon en
caoutchouc doit être utilisé. Fournissez des résultats numériques.

Solution : (a) Détermination de TR.


r
14 × 103
ω= = 16.73 rad/s
50

22
1.7. Isolation des vibrations


β= = 3.755
ω
En les substituant dans l’Eq. (1.19) donne
s
t
ü 1 + [2(0.1)(3.755)]2
T R = max = = 0.0953
ügo [1 − (3.755)2 ]2 + [2(0.1)(3.755)]2

Par conséquent, ütmax = (0.0953)ügo = (0.0953)0.1g = 0.0095 g.

(b) Détermination de la masse ajoutée pour réduire l’accélération.


L’accélération transmise peut être réduite en augmentant β = Ω/ω, ce qui
nécessite de réduire ω en montant l’instrument sur la masse mb . Supposons que
l’on ajoute une masse mb =60 kg ; la masse totale=110 kg, et
r
14 × 103 Ω
ω0 = = 11.28 rad/s = 5.569
110 ω0

Pour déterminer le taux d’amortissement du système avec une masse ajoutée,


nous avons besoin du coefficient d’amortissement pour le patin en caoutchouc :

c = ξ(2mω) = 0.1(2)(50)(16.73) = 167.3 N − s/m

Alors
c 167.3
ξ0 = 0
= = 0.0674
2(m + mb )ω 2(110)(11.28)
En remplaçant Ω/ω 0 et ξ 0 dans l’Eq. (1.19) donne ütmax /ügo = 0.0416, ütmax =
0.0042g, ce qui est satisfaisant car elle est inférieure à 0.005g.

[Link] Exemlpe 2

Une automobile circule le long d’une route surélevée à plusieurs travées, sou-
tenue tous les 30 m. Le fluage à long terme a entraîné une déflexion de 16 cm

23
1.7. Isolation des vibrations

au milieu de chaque travée (Fig. 1.12a). Le profil de la route peut être approxi-
mativement sinusoïdal avec une amplitude de 8 cm et une période de 30 m. Le
système SDDL présenté est une simple idéalisation d’une automobile, appro-
priée pour une étude de «première approximation» de la qualité de conduite
du véhicule. À pleine charge, la masse de l’automobile est de 1800 kg. La rigi-
dité du système de suspension automobile est de 140 kN/m, et son coefficient
d’amortissement visqueux est tel que le taux d’amortissement du système est
de 40 l’amplitude utmax du mouvement vertical ut (t) lorsque l’automobile roule
à 60 km/h, et (b) la vitesse du véhicule qui produirait une condition de réso-
nance pour utmax . En supposant que les pneus sont infiniment rigides et qu’ils

Fig. 1.12 – a) Route surélevée à plusieurs travées, b) Idéalisation du problème .

restent en contact avec la route, le problème peut être idéalisé comme indiqué
sur la Fig. 1.12b. Le déplacement vertical des pneus est ug (t) = ugo sinΩt, où
ugo =8 cm. La fréquence de l’excitation Ω = 2π/T , où la période de l’excitation
T = L/v, le temps mis par l’automobile pour traverser la travée ; par consé-
quent, Ω = 2πv/L.

(a) Détermination de utmax .

2π(16.67)
v = 60 km/h = 16.67 m/s Ω= = 3.491 rad/s
30
24
1.7. Isolation des vibrations

r r
k 140 × 103 Ω
ω= = = 8.819 rad/s = 0.396
m 1800 ω
La substitution de ces données dans l’Eq. (1.20) donne
½ ¾1/2
utmax 1 + [2(0.4)(0.396)]2
= = 1.164
ugo (1 − (0.396)2 )2 + [2(0.4)(0.396)]2

utmax = 1.164ugo = 1.164(8) = 8.73 cm

(b) Détermination de la vitesse à la résonance.


Si ξ était petit, la résonance se produirait approximativement à Ω/ω = 1.
Cependant, les suspensions automobiles ont un amortissement important, pour
réduire les vibrations. Dans ce cas, ξ = 0.4, et pour un amortissement aussi
important, la fréquence de résonance est significativement différente de ω. Par
définition, la résonance se produit pour utmax lorsque TR (ou T R2 ) est maximum
sur tout ω. En substituant ξ = 0.4 dans l’Eq. (1.20) et introduisant β = Ω/ω
donne
2 1 + 0.64β 2 1 + 0.64β 2
TR = = 4
(1 − 2β 2 + β 4 ) + 0.64β 2 β − 1.36β 2 + 1
d(T R)2
= 0 ⇒ β = 0.893 ⇒ Ω = 0.893ω = 0.893(8.819) = 7.872 rad/s
dβ 2
La résonance se produit à cette fréquence d’excitation, ce qui implique une
vitesse de
ΩL (7.872)(30)
v= = = 37.59 m/s = 135 km/h
2π 2π

[Link] Exemlpe 3

Répétez la partie (a) de l’exemple 2 précédent si le véhicule est vide (conduc-


teur uniquement) avec une masse totale de 1400 kg.
Solution : Comme le coefficient d’amortissement c ne change pas, mais la

25
1.8. Problèmes 2

masse m change, nous devons recalculer le rapport d’amortissement pour un


véhicule vide à partir de
q p
c = 2ξp k/mp = 2ξv k/mv

où les indices p et v désignent respectivement des conditions pleines et vides.


Donc µ ¶1/2 µ ¶1/2
mp 1800
ξv = ξp = 0.4 = 0.454
mv 1400
Pour un véhicule vide
r r
k 140 × 103
ω= = = 10 rad/s
m 1400
Ω 3.491
= = 0.349
ω 10
La substitution de Ω/ω et ξ dans l’Eq. (1.20) donne
½ ¾1/2
utmax 1 + [2(0.462)(0.349)]2
= = 1.124
ugo (1 − (0.349)2 )2 + [2(0.462)(0.349)]2

utmax = 1.124ugo = 1.124(8) = 8.43 cm

1.8 Problèmes 2

P1-P3 Résoudre les exercices 4-6 de la série 4 page 11 (Nacer et Hadj Arab,
1993).
P4-P7 Refaire les exemples 3.5-3.8 du Chapitre 3 section 7 (Paz et Kim, 2019).
P8 Refaire l’exemple E3.2 du Chapitre 3 section 5 (Clough et Penzien, 2003).

26
1.9. Mesure de l’amortissement à partir des tests harmoniques

1.9 Mesure de l’amortissement à partir des tests harmo-


niques

En plus de la méthode de décrément logarithmique utilisée pour l’évaluation


de l’amortissement (dans le cas d’un système libre-amorti), il existe d’autres
méthodes servant à la détermination de ce paramètre en travaillant avec des
systèmes chargés harmoniquement.

1.9.1 Mesure de l’amortissement à la résonance

Le concept de test de résonance est basé sur le résultat de l’Eq. (1.8), réécrit
comme
1 ust
ξ= (1.21)
2 (umax ) Ω=ω
Le rapport d’amortissement ξ est calculé à partir de valeurs déterminées ex-
périmentalement de (ust ) et de umax à une fréquence d’excitation égale à la
fréquence propre du système (À proprement parler, ce n’est pas la fréquence de
résonance ; voir Section 1.4).

1.9.2 Mesure de l’amortissement par la méthode de bande passante


demi-puissance

Une propriété importante de la courbe de réponse en fréquence pour D est


représentée sur la Fig. 1.13, où la largeur de bande de demi-puissance est définie.
Si Ωa et Ωb sont les fréquences de force d’excitaion de part et d’autre de la

fréquence de résonance à laquelle l’amplitude umax est 1/ 2 fois l’amplitude de
résonance, alors pour les petits ξ

Ωb − Ωa
= 2ξ (1.22)
ω

27
1.9. Mesure de l’amortissement à partir des tests harmoniques

Fig. 1.13 – Définition de la bande passante demi-puissance.

Ce résultat peut être réécrit comme

Ωb − Ωa fb − fa
ξ= or ξ = (1.23)
2ω 2f

d’où f = 2π est la fréquence cyclique. Ce résultat important permet d’évaluer
l’amortissement à partir des essais de vibration forcée sans connaître la force
appliquée.

1.9.3 Exemlpe illustratif

Un essai par vibration forcée à l’aide d’un excitateur à masses excentriques


a permis de déterminer la courbe d’amplitude de l’accélération par unité de

28
1.9. Mesure de l’amortissement à partir des tests harmoniques

force autour autour de la première fréquence naturelle de vibration d’une struc-


ture de deux étages en béton à haute performance (Fig.1.14) . Calculer le taux
d’amortissement de la structure.
Solution :
L’instrumentation utilisée dans un essai de vibration forcée à l’aide d’un exci-
tateur à masses excentriques est généralement constituée d’accéléromètres. On
mesure donc directement la courbe de réponse en fréquence en accélération.
Cette courbe est généralement normalisée par l’amplitude de la force harmo-
nique p0 = m0 e0 Ω2 afin d’obtenir une courbe d’amplitude de l’accélération par
unité de [Link] pic de la courbe de réponse en fréquence en accélération se
produit, pour de faibles valeurs d’amortissement, à la fréquence de résonance
qui vaut dans ce cas f = 2.47 Hz. Le calcul du taux d’amortissement par la
méthode de bande passante demi-puissance suit les étapes suivantes :

1. Déterminer la valeur maximum de l’accélération par unité de force à la


fréquence de résonance
(ü0 )max = 0.1116 g/kN

2. Tracer une ligne horizontale à l’ordonnée 0.1116/ 2 =0.0789 g/kN comme
montré à la figure 1.14.
3. Déterminer les abscisses (les fréquences) des deux points d’intersection de
la ligne horizontale avec la courbe de réponse en fréquence ; fa = 2.46 Hz et
fb = 2.52 Hz.
4. Déterminer le taux d’amortissement

fb − fa 2.52 − 2.46
ξ= = = 0.012
2f 2 × 2.47

soit un amortissement de 1.2% de l’amortissement critique. L’utilisation de la

29
1.10. Problèmes 3

Fig. 1.14 – Courbe d’amplitude de l’accélération par unité de force développée par un excita-
teur à masses excentriques dans un essai de vibration forcée.

courbe de réponse en fréquence en accélération est justifiée pour cette faible


valeur d’amortissement tout comme l’hypothèse sur la fréquence de résonance.

1.10 Problèmes 3

P1 Refaire l’exemple 3.2 du Chapitre 3 section 4.2 (Chopra, 2012).


P2 Refaire l’exemple 3.3 du Chapitre 3 section 4 (Paz et Kim, 2019).
P3 Refaire l’exemple E3.4 du Chapitre 3 section 6 (Clough et Penzien, 2003).

30
Références

Références

[1] Chopra A. K.,Dynamics of Structures : Theory and Applications to Earth-


quake Engineering, Fourth Edition, Prentice Hall, 2012

[2] Mario Paz and Young Hoon Kim, Structural Dynamics : Theory and Com-
putation, Sixth Edition, Springer, 2019

[3] Paultre P., Dynamique des Structures application aux ouvrages de génie ci-
vil, Hermes Science, Lavoisier, 2005

[4] N. Nacer et A. Hadj Arab, Recueil de problèmes de la dynamique des struc-


tures avec leurs solutions (DDS), 1993

[5] Clough R. W. and Penzien J., Dynamics of Structures, 3rd Edition, Compu-
ters and Structures, Inc., 2003

[6] Shashikant K. Duggal, Earthquake-Resistant Design of Structures, Second


Edition, Oxford University Press, 2013

31

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