Dynamique des Structures : Réponses Harmoniques
Dynamique des Structures : Réponses Harmoniques
Badaoui Mohamed
Enseignant à l’Université Ziane Achour Djelfa
Automne 2020
1
1.9 Mesure de l’amortissement à partir des tests harmoniques
1.9.1 Mesure de l’amortissement à la résonance
1.9.2 Mesure de l’amortissement par la méthode de bande passante demi-puissance
1.9.3 Exemple illustratif
1.10 Problèmes 3
Références
2
LIVRES
• Mario Paz and Young Hoon Kim, Structural Dynamics : Theory and Compu-
tation, Sixth Edition, Springer, 2019 - Recommandé
Logiciel de CAO
3
Chapitre 1
La force harmonique est p(t) = p0 sin Ωt ou p(t) = p0 cos Ωt, d’où p0 est
l’amplitude ou la valeur maximale de la force et sa fréquence Ω est appelée
fréquence d’excitation ou fréquence de la force. Prenant la force p(t) = p0 sin Ωt,
l’équation différentielle de mouvement d’un système à un seul degré de liberté
sera de la forme (voir Fig. 1.1) :
Ou encore
p0
ü + 2ξω u̇ + ω 2 u = sin Ωt (1.2)
m
d’où ξ est le taux d’amortissement critique
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1.2. Réponses permanente et transitoire
Fig. 1.1 – a) Oscillateur amorti soumis à une charge harmonique, b) Bilan des forces.
p0 sin(Ωt − θ)
u(t) = uh (t)+up (t) = (A cos ωD t + B sin ωD t)e−ξωt +
| {z } k (1 − β 2 )2 + (2ξβ)2
réponse transitoire | {z }
réponse permanente(stationnaire)
(1.4)
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1.2. Réponses permanente et transitoire
d’où
p0 1
ρ= p (1.6)
k (1 − β 2 )2 + (2ξβ)2
dans lequel
Ω
β= est le rapport des fréquences
ω
p
ωD = ω 1 − ξ 2 est la pseudo-pulsation ou la fréquence propre amortie
2ξβ
θ = tan−1 ( 1−β 2 ) est le déphasage
p0
ρ est le déplacement max. La relation entre le déplacement statique ust = k et
le dépalcement dynamique max est :
ρ = Dust (1.7)
1
Le facteur D(β, ξ) = √ est appelé facteur d’amplification dyna-
(1−β 2 )2 +(2ξβ)2
mique du déplacement.
Ω
La condition de résonance revêt une importance particulière β = ω = 1 pour
laquelle l’amplitude du mouvement devient très grande pour le système amorti
et tend à devenir infinie pour le système non amorti.
A et B de l’Eq. 1.4 sont des constantes d’intégration qui peuvent être déter-
minées à partir des conditions initiales.
La partie transitoire de la solution (Eq. 1.4) disparaît rapidement à zéro en
raison du facteur exponentiel négatif, ne laissant ainsi que la solution à l’état
stationnaire. La figure (1.2) montre le graphe de la réponse totale d’un système
6
1.2. Réponses permanente et transitoire
sous charge harmonique, dans les deux cas non amorti et amorti. Nous pouvons
remarquer l’effet des vibrations libre qui présente la différence entre les deux
courbe des réponses totale et permanente. Il décroît exponentiellement avec le
temps dans le cas du système amorti (Fig. (1.2c). Il faut cependant reconnaître
que le pic de déformation le plus important peut se produire avant que le système
n’ait atteint l’état d’équilibre ; (voir Fig. 1.2c)
Fig. 1.2 – a) Force harmonique, b) Réponse d’un système non amorti à une force harmonique,
c) Réponse d’un système amorti à une force harmonique.
7
1.3. Réponse pour Ω = ω (Résonance)
ust
umax = ρ = (1.8)
2ξ
a)
b)
Fig. 1.3 – a) Réponse d’un système non amorti à une force harmonique de fréquence Ω = ω ;
u(0) = u̇(0) = 0, b) Réponse d’un système amorti avec ξ = 0.05 à une force harmonique de
fréquence Ω = ω ; u(0) = u̇(0) = 0.
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1.4. Déplacement maximal
1
D=p
(1 − β 2 )2 + (2ξβ)2
La Fig. 1.4 montre la variation de D en fonction de β = Ωω . Comme on peut le
Fig. 1.4 – Facteur d’amplification dynamique pour un système amorti soumis à une charge
harmonique.
constater sur les graphiques de la Fig. 1.4, les pics des courbes de réponse en
fréquence du déplacement, se produisent à une valeur de β légèrement différente
√
de l’unité. On l’obtient en dérivant l’expression de D. Cette valeur, pour ξ < 2
est égale à :
p
β= 1 − 2ξ 2 (1.9)
ou aussi
p
Ω=ω 1 − 2ξ 2 (1.10)
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1.5. Exemlpes illustratifs
1
Dmax = p (1.11)
2ξ 1 − ξ2
Dans les exercices liés à ce cours il faut s’assurer que la charge appliquée
est une charge harmonique. Cette force n’est pas toujours donnée directement.
L’objectif du premier exemple illustratif est de déterminer la charge appliquée
à partir des données disponibles. Dans le deuxième exemple illustratif, la force
appliquée est donnée.
Une poutre simple supporte en son centre une machine ayant un poids
W=71.2 kN. La poutre est d’une portée libre L=3.65 m et un moment d’iner-
tie transversal total I = 5.34 × 10−5 m4 . Le moteur tourne à 300 tr / min
et son rotor est de poids W’=0.18 kN est unbalancé avec une excentricité de
e0 = 0.254 m. Quelle sera l’amplitude de la réponse en régime permanent si
l’amortissement visqueux équivalent pour le système est supposé 10% de la cri-
10
1.5. Exemlpes illustratifs
11
1.5. Exemlpes illustratifs
formule
300 × 2π
Ω= = 31.41 rad/s
60
31.41
β= = 0.824
38.1
u1 = u + e0 sinΩt (a)
12
1.5. Exemlpes illustratifs
p0 = m0 e0 Ω2 (d)
En remplaçant dans l’Eq. (d) les valeurs numériques de cet exemple, on obtient
4.6 1
ρ= p
10.54 × 103 (1 − (0.824)2 )2 + (2 × 0.1 × 0.824)2
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1.5. Exemlpes illustratifs
comme l’oscillateur amorti montré sur la figure 1.7b. Les paramètres de ce mo-
dèle sont calculés comme suit :
ξ = 0.05
p0 0.89
ust = = = 0.00246m
k 361
r r
k 361
ω= = = 7.4 rad/s
m 6.67
5.3
β= = 0.716
7.4
l’amplitude du mouvement résultant en régime permanent est
ust
ρ= p = 0.005 m
(1 − β 2 )2 + (2ξβ)2
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1.5. Exemlpes illustratifs
3EIρ
Vmax = = 0.9kN
L3
et la contrainte maximale
Mmax
σmax = = 1.53 kN/m2
I/(h/2)
Un moteur électrique d’un poids total W = 14.82 kN est monté sur une
poutre supportée simplement avec un porte-à-faux comme illustré ci-après. Le
poids excentré du rotor est de W 0 e = 5.65 × 10−3 kN.m. (a) Trouvez les
amplitudes des vibrations verticales forcées du moteur pour les vitesses 800,
1000 et 1200 tr / min. (b) Trouvez l’amplitude quand le rapport des fréquences
β = 1. Supposons un amortissement égal à 10 % de l’amortissement critique.
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1.5. Exemlpes illustratifs
ξ = 0.1
p0 = W 0 eΩ2 /g = 4.04 kN
Déplacement statique
p0
ust = = 3.4429 × 10−4 m
k
16
1.6. Problèmes 1
ust
ρ= p = 0.0016 m
(1 − β 2 )2 + (2ξβ)2
Dans le cas où les vitesse du moteur est 1000 tr/min et 1200 tr/min, les ampli-
tudes auront les valeurs ρ = 0.0011 m et ρ = 7.2359 × 10−4 m. Dans le cas où
β = 1 l’amplitude sera égale à ρ = 0.0019 m.
1.6 Problèmes 1
17
1.7. Isolation des vibrations
inverse est aussi très courant et consiste à réduire les vibrations transmises par
la structure à la machine qu’elle supporte. C’est ce qu’on appelle un problème
d’isolation des mouvements. La solution de ce problème et aussi d’insérer une
suspension entre la structure porteuse en mouvement et la machine. Nous abor-
derons les deux problèmes séparément dans les sections suivantes et arriverons
à la conclusion que leurs solutions sont identiques.
p
(fT )max = ust D k 2 + c2 ω 2 (1.14)
qui, après avoir utilisé ust = p0 /k et ξ = c/2mω, peut être exprimé comme
s µ ¶2
(fT )max Ω
=D 1 + 2ξ
p0 ω
ou encore q
(fT )max
=D 1 + (2ξβ)2
p0
18
1.7. Isolation des vibrations
19
1.7. Isolation des vibrations
√
plification de la force d’excitation se produit pour 0 < β < 2. Il se produit
une réduction de l’amplitude de la force - transmissibilité inférieure à l’unité -
√ √
pour β > 2. Il n’est donc possible d’isoler les vibrations que lorsque β > 2.
On observe également que, pour cette plage de valeurs, la transmissibilité dimi-
nue avec le taux d’amortissement et est minimale pour ξ = 0. Au démarrage,
une machine tournante doit passer par résonance avant d’atteindre sa fréquence
de fonctionnement qui doit se situer dans une plage où la transmissibilité est
inférieure à 1. En théorie, un taux d’amortissement de zéro conduirait à la force
transmise la plus faible possible. En pratique, cependant, un minimum d’amor-
tissement doit être introduit dans le système pour limiter la force transmise à
des valeurs raisonnables lors du passage à la fréquence de résonance lors du
démarrage de la machine. Heureusement, le caoutchouc naturel est un matériau
très satisfaisant et est souvent utilisé pour l’isolation des vibrations.
D’une manière plus simple, pour qu’un système d’isolation soit efficace, il
faut qu’il remplisse les deux conditions
(
TR < 1
√
β< 2
Dans cette section, nous déterminons la réponse d’un système SDDL (voir
l’encadré droit de la Fig. 1.11 au mouvement harmonique du sol :
20
1.7. Isolation des vibrations
21
1.7. Isolation des vibrations
d’une masse d’une base mobile en utilisant un système de support très flexible.
Par exemple, les bâtiments ont été montés sur des roulements en caoutchouc
naturel pour les isoler des vibrations verticales au sol - généralement avec des
fréquences allant de 25 à 50 Hz - en raison du trafic ferroviaire.
Si le mouvement du sol est défini comme ug (t) = ugo sinΩt, on peut montrer
que l’amplitude utmax du déplacement total ut (t) de la masse est donnée par
½ ¾1/2
utmax 1 + (2ξβ)2
TR = = (1.20)
ugo (1 − β 2 )2 + (2ξβ)2
En comparant cela avec l’Eq. (1.19) indique que la transmissibilité aux dépla-
cements et accélérations est identique.
22
1.7. Isolation des vibrations
Ω
β= = 3.755
ω
En les substituant dans l’Eq. (1.19) donne
s
t
ü 1 + [2(0.1)(3.755)]2
T R = max = = 0.0953
ügo [1 − (3.755)2 ]2 + [2(0.1)(3.755)]2
Alors
c 167.3
ξ0 = 0
= = 0.0674
2(m + mb )ω 2(110)(11.28)
En remplaçant Ω/ω 0 et ξ 0 dans l’Eq. (1.19) donne ütmax /ügo = 0.0416, ütmax =
0.0042g, ce qui est satisfaisant car elle est inférieure à 0.005g.
[Link] Exemlpe 2
Une automobile circule le long d’une route surélevée à plusieurs travées, sou-
tenue tous les 30 m. Le fluage à long terme a entraîné une déflexion de 16 cm
23
1.7. Isolation des vibrations
au milieu de chaque travée (Fig. 1.12a). Le profil de la route peut être approxi-
mativement sinusoïdal avec une amplitude de 8 cm et une période de 30 m. Le
système SDDL présenté est une simple idéalisation d’une automobile, appro-
priée pour une étude de «première approximation» de la qualité de conduite
du véhicule. À pleine charge, la masse de l’automobile est de 1800 kg. La rigi-
dité du système de suspension automobile est de 140 kN/m, et son coefficient
d’amortissement visqueux est tel que le taux d’amortissement du système est
de 40 l’amplitude utmax du mouvement vertical ut (t) lorsque l’automobile roule
à 60 km/h, et (b) la vitesse du véhicule qui produirait une condition de réso-
nance pour utmax . En supposant que les pneus sont infiniment rigides et qu’ils
restent en contact avec la route, le problème peut être idéalisé comme indiqué
sur la Fig. 1.12b. Le déplacement vertical des pneus est ug (t) = ugo sinΩt, où
ugo =8 cm. La fréquence de l’excitation Ω = 2π/T , où la période de l’excitation
T = L/v, le temps mis par l’automobile pour traverser la travée ; par consé-
quent, Ω = 2πv/L.
2π(16.67)
v = 60 km/h = 16.67 m/s Ω= = 3.491 rad/s
30
24
1.7. Isolation des vibrations
r r
k 140 × 103 Ω
ω= = = 8.819 rad/s = 0.396
m 1800 ω
La substitution de ces données dans l’Eq. (1.20) donne
½ ¾1/2
utmax 1 + [2(0.4)(0.396)]2
= = 1.164
ugo (1 − (0.396)2 )2 + [2(0.4)(0.396)]2
[Link] Exemlpe 3
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1.8. Problèmes 2
1.8 Problèmes 2
P1-P3 Résoudre les exercices 4-6 de la série 4 page 11 (Nacer et Hadj Arab,
1993).
P4-P7 Refaire les exemples 3.5-3.8 du Chapitre 3 section 7 (Paz et Kim, 2019).
P8 Refaire l’exemple E3.2 du Chapitre 3 section 5 (Clough et Penzien, 2003).
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1.9. Mesure de l’amortissement à partir des tests harmoniques
Le concept de test de résonance est basé sur le résultat de l’Eq. (1.8), réécrit
comme
1 ust
ξ= (1.21)
2 (umax ) Ω=ω
Le rapport d’amortissement ξ est calculé à partir de valeurs déterminées ex-
périmentalement de (ust ) et de umax à une fréquence d’excitation égale à la
fréquence propre du système (À proprement parler, ce n’est pas la fréquence de
résonance ; voir Section 1.4).
Ωb − Ωa
= 2ξ (1.22)
ω
27
1.9. Mesure de l’amortissement à partir des tests harmoniques
Ωb − Ωa fb − fa
ξ= or ξ = (1.23)
2ω 2f
Ω
d’où f = 2π est la fréquence cyclique. Ce résultat important permet d’évaluer
l’amortissement à partir des essais de vibration forcée sans connaître la force
appliquée.
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1.9. Mesure de l’amortissement à partir des tests harmoniques
fb − fa 2.52 − 2.46
ξ= = = 0.012
2f 2 × 2.47
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1.10. Problèmes 3
Fig. 1.14 – Courbe d’amplitude de l’accélération par unité de force développée par un excita-
teur à masses excentriques dans un essai de vibration forcée.
1.10 Problèmes 3
30
Références
Références
[2] Mario Paz and Young Hoon Kim, Structural Dynamics : Theory and Com-
putation, Sixth Edition, Springer, 2019
[3] Paultre P., Dynamique des Structures application aux ouvrages de génie ci-
vil, Hermes Science, Lavoisier, 2005
[5] Clough R. W. and Penzien J., Dynamics of Structures, 3rd Edition, Compu-
ters and Structures, Inc., 2003
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