Séquence pédagogique sur "Arria Marcella"
Séquence pédagogique sur "Arria Marcella"
Tous les travaux d’écriture ne pourront pas être réalisés par les élèves: ils sont indiqués
comme des exemples possibles, dans le cadre de la journée de formation.
Pour compléter les lectures d’extraits, des études transversales doivent être réalisées, soit
sous la forme de courts exposés réalisés par les élèves (répartis efficacement dans les séances,
et en lien avec les lectures effectuées) soit sous la forme de synthèses réalisées à partir de
questionnaires ou de préparations faites par les élèves. Elles permettent d’avoir un vue plus
complète et plus globale de l’oeuvre étudiée.
Exemples d’exposés possibles sur Arria Marcella, qui doivent être donnés en tout début de
séquence et dont les prestations doivent être planifiées d’une façon efficace dans le projet de
séquence, en lien avec les lectures effectuées (pas de séance entière exclusivement consacrée à
des exposés)
- Expliquer le sous-titre : souvenir de Pompéi : en quoi la nouvelle est-elle également une
sorte ce carnet de voyage ? (plutôt à faire en classe avec les élèves)
- L’évocation de la vie antique : est-elle plausible ?
- Le thème de la beauté (paysages, personnages)
- Le personnage d’Octavien
- Le personnage d’Arria Marcella
- Le narrateur
- Les personnages secondaires
- La dimension romantique de la nouvelle
Les élèves peuvent être invités à lire une autre nouvelle fantastique, de Gautier (par exemple
Le Pied de Momie) ou d’un autre écrivain du XIXème siècle.
1
Séance 1 : lecture cursive, contextualisation littéraire
Séance 3: Lecture analytique 1, extrait pages 15-16, lignes 1 à 57 (« sans autre incident »)
-Travail qui peut être préparé à la maison à travers un questionnaire de simples repérages (2
ou 3 questions)
Rappel important : Une séance de lecture analytique (ou cursive) conduite en classe n’est
jamais la simple correction d’un questionnaire préalable, élaboré par le professeur.
Sujet d’écriture possible : la découverte d’une œuvre d’art marquante (travail à construire en
stage : intitulé du sujet, consignes, plan et corrigé)
2
Séance 4 : Lecture cursive 1, extrait pages 21-195, lignes 106 à 196 (« réflexion
d’Hamlet »)
Etapes du travail à mener en classe :
- Lexique de la vue, des formes, de la beauté et/ou de la destruction (en fonction du sujet d’écriture
donné)
- Révisions des temps du passé (morphologie et valeurs)
- Organisation d’une description
Ce travail peut permettre de vérifier si les élèves ont compris qu'une description est organisée, que
ses éléments peuvent être localisés dans l'espace en privilégiant un axe, soit vertical (de droite à
gauche, par exemple), soit horizontal (de haut en bas...) ou en ménageant un effet de profondeur (du
premier plan à l'arrière-plan). Le vocabulaire travaillé peut être réinvesti ainsi que les figures de
style étudiées.
3
Séance 7 : Oral puis écrit : travail sur la dimension documentaire de la nouvelle.
Répondre à la question : pourquoi Gautier a-t-il donné à cette nouvelle le sous-titre de
« souvenir de Pompéi » ?
Texte de référence: La visite de la villa d’Arrius Diomèdes dans Arria Marcella de T. Gautier
Sujet : Choisissez un monument historique connu. Après avoir fait des recherches approfondies sur
le site choisi, vous raconterez à la manière de Théophile Gautier, votre visite guidée du monument
avec un ou une amie.
Vous décrirez les lieux découverts. Vous organiserez votre description selon un ordre de
composition précis. Vous n’oublierez pas de préciser vos impressions personnelles et vous insérerez
des passages dialogués avec votre ami et avec le guide.
Séance 9 : Lecture cursive 2, les portraits des 3 jeunes gens pages 38-41 (lignes 518 à 609)
a) les 3 types d’amoureux : Fabio le sensuel, Max le Don Juan (voir échos avec la pièce de Molière,
annexe 3) et Octavien le romantique, plus amoureux de l’amour que d’une personne réelle (voir
l’évocation assez humoristique des thèmes de la comédie -lignes 568 à 573- et des clichés liés à la
littérature amoureuse : le clair de lune sur un lac, les noms des grandes amoureuses de la littérature
et des arts -lignes 573 à 599-)
b) les jeux d'échos dans le récit : l'idéal d'Octavien explicité, on comprend mieux son attachement,
son arrêt sur la forme moulée au musée des Studii en début d'oeuvre et l'épisode de Rome renvoie à
celui de Naples : la chevelure nattée renvoie à l'empreinte trouvée dans la maison d'Arrius
Diomèdes.
Etude de la langue : travail particulier sur les préfixes marquant l’impossibilité et les modalisateurs
4
Séance 11 : lecture cursive 3, pages 44 à 51, lignes 688 à 883
a) le retour à la vie de la cité antique. Gautier s’inspire largement d’une nouvelle de Nerval intitulée
« Isis, souvenir de Pompéi », parue dès 1845 et dans laquelle il décrit une fête historique qui a
réellement eu lieu dans les ruines de Pompéi (voir annexe 2)
b) reconstruction des ruines lignes (688 à 730) et abolition du temps (lignes 727 à 730)
c) refus des clichés du « fantastique » : la folie, le rêve (lignes 731 à737), les hallucinations (lignes
810 à820). Gautier joue avec les techniques habituelles du récit fantastique dont il exploite, tout en
les rejetant, les ficelles avec un certain humour. Un traitement très original du « fantastique » dans
cette nouvelle qui ne ressemble à aucune autre du même genre.
d) bonheur d’Octavien qui voit se réaliser son rêve secret de vivre dans un siècle disparu (lignes 830
à 842)
e) description très « réaliste » de l’esclave, et du bouvier destinées à produire un effet de réel.
Sujet d’écriture possible : Dans quelle période de l’histoire auriez-vous aimé vivre ? Vous
expliquerez pourquoi et vous décrirez une journée passée dans cette période. Vous effectuerez
des recherches documentaires sur l’époque choisie et/ou vous exploiterez vos connaissances
historiques sur les conditions de la vie quotidienne de l’époque.
(travail à construire en stage : intitulé du sujet, consignes, plan et corrigé)
Séance 12 : contrôle de lecture en classe, extrait pages 51 à 59, lignes 884 à 1059 (30
minutes)
+ Etude de la langue : révisions sur le discours au style direct et indirect, lexique : les
verbes de parole
a) L’humour dans le récit de la rencontre : les intrusions du narrateur, les réactions d’Octavien
b) La bonne éducation et le sens de l’hospitalité de Rufus
c) Les effets de « couleur locale », la description du théâtre.
Sujet d’écriture possible : imaginez une rencontre entre deux personnages appartenant à des
civilisations et des cultures très différentes.
(travail à construire en stage : intitulé du sujet, consignes, plan et corrigé)
5
Travail de préparation à faire à la maison : lecture cursive des pages 64 à 69, lignes 1202 à
1295
a) Résumer la scène
b) Lecture comparative du 2d portrait d’Arria Marcella (lignes 1242 à 1265) : points
communs/différences : une femme fatale, pas tout à fait vivante, et promise comme Cléopâtre, à une
mort tragique.
Travail à réaliser en classe à partir d’un tableau préparé par le professeur, qui doit mettre en
évidence les allers et retours entre l’époque contemporaine et l’époque antique, la réalité/le
rêve/la réalité rêvée, la mise en abyme du récit de la rencontre entre Octavien et Arria
Marcella, tous les passages qui annoncent et préparent cette rencontre passionnée.
Note importante : Deux ou trois autres séances doivent être intégrées dans la séquence pour
préparer l’une des deux rédactions données à faire, et pour les corrections en classe. Elles
seront intégrées dans la séquence en fonction des choix retenus parmi les diverses propositions
faites dans ce document.
2. Autres sujets d’écriture possibles : un récit, une suite de texte (voir annexe 4),
l’écriture longue d’une nouvelle.
6
Vous rédigerez un récit dans lequel un objet de votre propre vie quotidienne s’anime
soudainement sous vos yeux.
Vous construirez votre histoire en respectant les différentes étapes de la séquence narrative.
Vous veillerez à bien décrire l'objet en question, à développer l’arrière-plan et à créer un certain
suspense. Votre situation finale entretiendra, si possible, le doute entre une solution rationnelle et
une solution fantastique.
Ce travail peut être le point de départ d'une écriture longue collective ou individuelle
(rédaction d’une nouvelle fantastique), et déboucher sur l’élaboration d’un recueil de
nouvelles fantastiques.
On peut aussi demander aux élèves de rédiger la suite du texte Le pied de momie.
Suite à la correction de l'expression écrite, La solution choisie par T. Gautier peut être découvert
lors d'une lecture cursive de cette nouvelle.
Documents annexes :
Théophile Gautier, né à Tarbes le 30 août 1811 et mort à Neuilly-sur-Seine le 23 octobre 1872, est
un poète, romancier, peintre et critique d'art français.
Biographie
Les premières années
Né à Tarbes le 30 août 1811, Théophile Gautier gardera longtemps « le souvenir des silhouettes des
montagnes bleues ». Il a trois ans lorsque sa famille s'installe à Paris. Malgré son jeune âge, il
éprouve de la nostalgie et s'habitue mal à son nouvel environnement 2. Étonnamment précoce, il n'a
que cinq ans quand il commence à lire 2. Ses premières grandes passions sont Robinson Crusoé ou
Paul et Virginie, qui lui font une vive impression ; il rêve alors de devenir marin, avant de se pas-
sionner pour le théâtre, notamment pour la peinture des décors2.
En 1820, à l'âge de neuf ans, il fait un bref séjour comme demi-pensionnaire au lycée Louis-le-
Grand. Ses parents doivent l'en retirer au bout d'un trimestre parce qu'il y dépérit 2. Plus heureux
comme « externe » au collège Charlemagne, Gautier y rencontre le jeune Gérard Labrunie (le futur
Nerval). À cette époque, il commence à manifester un goût particulier pour les poètes latins tardifs
dont la langue étrange le fascine.
Il est en première lorsqu'il commence à fréquenter l'atelier du peintre Louis-Édouard Rioult (1790-
1855), rue Saint-Antoine, et découvre à cette occasion qu'il souffre de myopie2.
« La grande boutique… romantique »
Le 27 juin 1829, Gautier rencontre celui qui allait devenir son « maître » en littérature, Victor
Hugo, auquel le présentent Gérard et Petrus Borel. Cet évènement précipite sa carrière d'écrivain.
Le 25 février 1830, il participe à la fameuse bataille d'Hernani, vêtu d'un gilet rouge3 qui marquera
durablement les esprits. Le soir même, il quitte l'atelier de Rioult.
Tout en menant « toutes les grandes campagnes romantiques », il écrit un premier recueil de vers,
dont son père finance la publication chez Mary. L'œuvre sort en 1830 et passe totalement inaperçue.
Ces premières poésies montrent pourtant un jeune poète fort habile, ayant déjà acquis la manière de
7
ses illustres prédécesseurs. Gautier y fait cependant preuve d'une originalité réelle par un sens inné
de la forme et une expression nette et précise.
Hugo en condottiere du mouvement romantique avec Théophile Gautier, cheveux longs, moustachu
et chapeauté, en croupe.
Il continue à fréquenter Victor Hugo et ses proches. C'est dans ce cénacle qu'il fait la connaissance
de Célestin Nanteuil, qui trois ans plus tard, lorsque Gautier réimprime ses premiers vers dans un
nouveau recueil, Albertus, l'illustre d'« une eau-forte ultra-excentrique » 2. Il rencontre également
l'éditeur romantique Eugène Renduel, qui vient de publier les Soirées de Walter Scott, de Paul La-
croix4. À sa demande il écrit en 1833 Les Jeunes-France, qui rendent compte avec truculence de la
vie des artistes qui forment le Cénacle. Dans cet ouvrage « baroque », Gautier se fait le témoin lu-
cide et ironique de ces « Précieuses Ridicules du Romantisme » 2. Deux ans plus tard, il publie éga-
lement chez Renduel Mademoiselle de Maupin (1835), qui fait un véritable scandale.
Quittant le domicile familial, place des Vosges, Théophile Gautier s'installe impasse du Doyenné, à
l'emplacement de l'actuelle place du Carrousel, dans un appartement où il côtoie Camille Rogier,
Arsène Houssaye et Nerval.
Les débuts de critique et nouvelliste
Honoré de Balzac, qui apprécie ces jeunes talents, envoie Jules Sandeau leur proposer de contribuer
au journal La Chronique de Paris en 1836. « Balzac, qui daignait me trouver du talent et le dire,
m'envoya chercher par Jules Sandeau»5. Gautier y publie des nouvelles comme La Morte amou-
reuse et La Chaîne d'or et des critiques d'art. Il sera fort impressionné par le « maître » et plus tard,
il contribuera à sa légende avec des portraits biographiques d'Honoré de Balzac
Il travaille également pour le magazine de Charles Malo, La France littéraire, et pour le quotidien
d' Émile de Girardin, La Presse. Dans ce journal, Gautier se charge d'abord de la critique d'art. On
évalue à plus de deux mille le nombre des feuilletons et articles qu'il aurait rédigés pour ce journal.
Un nombre restreint de ces articles est recueilli en volumes : Les Grotesques, L'Histoire des
peintres, l’Art moderne, Les Beaux-Arts en Europe, l’Histoire de l'art dramatique depuis vingt-cinq
ans, Trésors d'art de la Russie, Portraits contemporains, Histoire du romantisme, Souvenirs litté-
raires, etc. Tous ces articles sont allègrement écrits dans une langue nette, souple, impeccable et
brillante. Gautier invente à sa manière une écriture de critique d'art qui ne vise pas seulement au ju-
gement, à l'analyse, mais aussi à recréer la justesse du sentiment esthétique. Il cherche à rendre, au
moyen de mots, la sensation visuelle, musicale produite par la perception directe de l'œuvre d'art.
Cette tâche de chroniqueur l'occupe toute sa vie. « J'ai travaillé à La Presse, au Figaro, à La Cari-
cature, au Musée des Familles, à la Revue de Paris, à la Revue des Deux Mondes, partout où l'on
écrivait alors. » Souvent pesante, cette besogne quotidienne ne l'empêche pas de faire du sport (de
la boxe et du canotage)2 et de continuer à créer des œuvres poétiques et dramatiques. Ainsi en 1838
paraît La Comédie de la Mort, un recueil de poèmes assez différent des précédents où, sous l'in-
fluence de Shakespeare, Goethe et Dante, Gautier sculpte avec vigueur le spectre de la Mort. En
1839, Gautier cède à la tentation du théâtre qu'il admire depuis toujours et écrit Une larme du
diable puis Le Tricorne Enchanté et Pierrot Posthume. Ce sont des fantaisies, des pastorales fée-
riques, un théâtre lyrique, impossible et imaginaire qu'il fait vivre encore dans les livrets de plu-
8
sieurs ballets, dont le plus célèbre est celui de Giselle, dansé à l'Opéra le 28 juin 1841, avec un suc-
cès prodigieux.
Les voyages
En mai 1840, il part en Espagne, qu'il connaît à travers les Contes d'Espagne et d'Italie d'Alfred de
Musset et les Orientales de Victor Hugo. Son Voyage en Espagne, sorte de carnets d'impressions vi-
goureux, est marqué par la fraîcheur du regard, l'étonnement de la vision et le souci toujours exacer-
bé de la justesse du dire. Ces visions donnent lieu à de nouveaux vers, España, qui paraissent dans
le recueil des Poésies complètes en 1845. Ce premier voyage en amène bien vite d'autres. En 1845
c'est l'Algérie, en 1850 l'Italie, en 1852 la Grèce et la Turquie, en 1858 la Russie et en 1869 l'Égypte
(envoyé par le Journal Officiel pour l'inauguration du canal de Suez7). Chacun de ces voyages
donne lieu à des publications : Italia, Constantinople, mais surtout ils nourrissent ses œuvres litté-
raires, romans, nouvelles ou poésies.
La maturité
À côté de son travail de critique, qu'il poursuit au Moniteur, Gautier garde toujours une prédilection
pour la poésie : elle demeure, comme en témoignent ses amis comme Émile Bergerat ou Maxime du
Camp par exemple, sa passion, sa distraction, son exercice quotidien. Ainsi, en 1852, paraît la pre-
mière version de Émaux et Camées, recueil qui jusqu'en 1872 s'enrichit de poésies nouvelles.
En 1857, Gautier s'installe avec sa compagne, Ernesta Grisi (sœur de la danseuse Carlotta Grisi),
ses filles, Judith Gautier et Estelle, qui épouse Émile Bergerat, et ses deux vieilles sœurs, 32 rue de
Longchamp à Neuilly-sur-Seine, dans une petite maison où il se plaît à recevoir ses amis : Baude-
laire qu'il rencontre régulièrement (il n'ira pourtant pas à l'enterrement de Baudelaire lorsque celui-
ci aura lieu), Dumas fils, Ernest Feydeau, Gustave Flaubert, Puvis de Chavannes ou encore Gustave
Doré.
De sa liaison avec Eugénie Fort, une très belle femme, plus jeune que lui et avec des origines espa-
gnoles, il a un fils, Théophile Gautier fils qui suppléa son père plusieurs fois au Moniteur.
Lors des salons littéraires de la princesse Mathilde, dont il est nommé bibliothécaire, Gautier ren-
contre également des écrivains comme Taine, Sainte-Beuve, Prosper Mérimée, les Goncourt ; des
peintres comme Paul Baudry, Gustave Boulanger, Jean-Léon Gérôme ; des sculpteurs comme Car-
peaux ; des savants comme Claude Bernard, Pasteur ou Berthelot. À cette époque Gautier fait figure
9
de chef d'école. Baudelaire se déclare son disciple (il lui dédie Les Fleurs du mal, le qualifiant de «
poète impeccable »), Théodore de Banville lui dédie ses vers. En 1844 Théophile Gautier fonde le
club des Hashischins avec Jacques-Joseph Moreau, club voué à l'étude du cannabis. Ce club sera
fréquenté par de nombreux artistes de l'époque dont Charles Baudelaire.
Président de la Société nationale des Beaux-Arts
Élu en 1862 président de la Société nationale des Beaux-Arts, il est entouré d'un comité composé
des peintres les plus prestigieux : Eugène Delacroix, Pierre Puvis de Chavannes, Édouard Manet,
Albert-Ernest Carrier-Belleuse et Gustave Doré. Cette élection à un poste en vue provoque l'envie
d'une partie des littérateurs moins connus et il échoue à trois reprises lorsqu'il se présente à l'Acadé-
mie française, en 1866, 1868 et 1869.
Profondément ému par les événements militaires de 1870, Gautier revient à Paris, où il finit ses
jours, rongé par la maladie, mais conscient du devoir d'enseignement et d'exemple dont il est investi
auprès des jeunes générations. Le 23 octobre 1872 dans la nuit, son cœur cesse de battre. Hugo,
Mallarmé ou encore Banville lui rendent un dernier « toast funèbre ». Il est enterré au cimetière de
Montmartre à Paris. Il avait 61 ans.
Citations
« Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c’est
l’expression de quelque besoin, et ceux de l’homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre
et infirme nature. » (Préface de Mademoiselle de Maupin)
« Il faut qu’il ait au cœur une entaille profonde pour épancher ses vers, divines larmes d’or ! » (Le
pin des landes, España)
« N’est-ce pas une chose singulière que la nuit, dans laquelle notre globe baigne pendant tant
d’heures, ait été si rarement reproduite ? Elle a pourtant ses beautés, ses effets pittoresques, ses ma-
gies et ses séductions. » (Souvenirs de théâtre)
Oeuvres
Poésie
Poème de Théophile Gautier figurant sur un vase de 1889 d'Émile Gallé, musée de l'École de Nancy
• Poésies (1830), son premier livre, refondu dans le volume Albertus ou L'Ame et le pêché
(1833).
• La Comédie de la mort (1838).
• Espagna, qui paraît dans le volume des Poésies complètes de 1845.
• Émaux et camées (1852), qui reparaît, à chaque fois augmenté, en 1853, 1858, 1863 et,
enfin, en 1872 dans une édition définitive.
Les poésies complètes de Gautier, hormis Émaux et camées, sont parues en 1875-1876. Les poésies
de circonstance et les poésies « légères » ont paru à part dans le volume Poésies de Théophile Gau-
tier qui ne figureront pas dans ses œuvres (1873).
Ballet et théâtre
Théophile Gautier est l'auteur de certains des plus célèbres ballets du répertoire. Par contre, son
théâtre est une partie mineure de son œuvre.
• Une larme du diable, mystère (1839).
• Giselle, ou Les Wilis, ballet
• Un voyage en Espagne, vaudeville (1843).
• La Péri, ballet (1845) ;
• Le tricorne enchanté (1845).
• La Juive de Constantine (1846).
• Regardez mais ne touchez pas (1847).
• Le Selam (1850).
• Paquerette, ballet (1851).
• Gemma, ballet
• Sacountala, ballet (1858).
• La Femme de Diomède (1860).
Deux recueils sont parus en 1855 (Théâtre de poche) et 1872 (Théâtre. Mystères, comédies et bal-
lets), mais ils ne sont pas complets. Un théâtre complet de Gautier a été édité il y a peu, certaines
pièces ayant donc attendu un siècle et demi avant d'être rééditées8.
11
Récits de voyages
• Tra los montes, devenu Le Voyage en Espagne (1843).
• Zigzags (1845), devenu, augmenté, Caprices et zigzags (1852).
• Italia (1852), plus ou moins inachevé.
• Constantinople (1853).
• Quand on voyage (1865), recueil d'articles.
• Loin de Paris (1865), recueil d'articles.
• Voyage en Russie (1867).
• L'Orient (1877), posthume.
• Les Vacances du lundi (1884), recueil d'articles, posthume.
Critique d'art, critique littéraire
• Les Grotesques (1843).
• Salon de 1847.
• Les Beaux-Arts en Europe (1855).
• L'Art moderne (1856).
• Histoire de l'art dramatique en France depuis vingt-cinq ans (1858).
• Honoré de Balzac (1858).
• Abécédaire du salon de 1861.
• Rapport sur le progrès des Lettres (1868).
• Histoire du Romantisme, sa dernière œuvre, inachevée (1874).
• Portraits contemporains (1874), posthume.
• Portraits et souvenirs littéraires (1875), posthume.
• Le Musée du Louvre, préface de Marie-Hélène Girard, coéd. Musée du Louvre et Citadelles
(Mazenod), Paris, posthume.
Gautier a, en outre, préfacé de nombreuses œuvres littéraires, parmi lesquelles Le Rêve et la vie de
Nerval (en 1855) et la troisième édition des Fleurs du mal (1868) de Baudelaire. [Mention de
deuxième édition (1869) sur la couverture et la page de titre, mais c'est bien de 1868 qu'il faut dater
cette édition].
Principales œuvres diverses
• De la Mode (1858).
• Les Vosges (1860).
• Dessins de Victor Hugo (1863).
• Ménagerie intime (1869).
• La nature chez elle (1870).
• Tableaux de siège (1871).
Contes et nouvelles
Gautier a écrit une trentaine de contes et nouvelles, pour la plupart de nature fantastique. Les nou-
velles suivantes sont parues dans Les Jeunes-France en 1833 :
• Sous la table
• 1832 : Onuphrius ou les Vexations fantastiques d'un admirateur d'Hoffmann
• Daniel Jovard
• Celle-ci et celle-là
• Elias Wilmanstadius
• Le bol de punch
Les nouvelles suivantes sont parues dans Une Larme du diable en 1839 :
• La Chaîne d'or ou L'Amant partagé
• Omphale. Histoire rococo
• Le Petit Chien de la marquise
• Le Nid de rossignols
• La Morte amoureuse
12
• Une Nuit de Cléopâtre
Les nouvelles suivantes sont parues pour la première fois dans le recueil Nouvelles en 1845 :
• La Toison d'or
• Le Roi Candaule
Les nouvelles suivantes sont parues pour la première fois dans La Peau de tigre en 1852 :
• La Mille et deuxième nuit
• Le Pavillon sur l'eau
• Deux acteurs pour un rôle
• L'Oreiller d'une jeune fille
• Le Berger
• Le Pied de momie
• Angela, autre titre pour La Cafetière
• La maison de mon oncle, autre titre pour L'âme de la maison
• L'Enfant aux souliers de pain
• La Pipe d'opium
Les nouvelles suivantes sont parues dans le recueil Romans et contes de 1863 :
• Le Chevalier double
• Le Club des haschichins
Les nouvelles suivantes sont parues pour la première fois dans une seconde édition de La Peau de
tigre en 1866 :
• Une Visite nocturne
• La Fausse conversion
• Feuillets de l'album d'un jeune rapin
Une dernière nouvelle est parue à titre posthume en 1881 :
• Mademoiselle Dafné
Romans
Gautier a écrit douze romans, tous publiés de son vivant :
• Mademoiselle de Maupin. Double amour (1835).
• L'Eldorado, devenu, très vite, Fortunio (1837-1838).
• Militona (1847).
• Les Roués innocents (1847).
• Jean et Jeannette (1848).
• Les Deux étoiles (1848), devenu Partie carrée (1851), et, enfin, La Belle Jenny (1865).
• Arria Marcella, souvenir de Pompéi (1852), en réalité une longue nouvelle.
• Avatar (1857).
• Jettatura (1857).
• Le Roman de la momie (1858).
• Le Capitaine Fracasse (1863).
• Spirite (1866).
En outre, Th. Gautier est l'un des quatre auteurs du roman par lettres La Croix de Berny (1845).
13
DOCUMENT 2 : intertextualité, influence de Nerval
Avant l'établissement du chemin de fer de Naples à Résina, une course à Pompéi était tout un
voyage. Il fallait une journée pour visiter successivement Herculanum, le Vésuve, — et Pompéi,
situé à deux milles plus loin ; souvent même on restait sur les lieux jusqu'au lendemain afin de
parcourir Pompéi pendant la nuit, à la clarté de la lune, et de se faire ainsi une illusion complète.
Chacun pouvait supposer en effet que, remontant le cours des siècles, il se voyait tout à coup admis
à parcourir les rues et les places de la ville endormie ; la lune paisible convenait peut-être que l'éclat
du soleil à ces ruines, qui n’excitent tout d'abord ni l'admiration ni la surprise, et où l’Antiquité se
montre pour ainsi dire dans un déshabillé modeste.
Un des ambassadeurs résidant à Naples donna, il y a quelques années, une fête assez ingénieuse. –
muni de toutes les autorisations nécessaires, il fit costumer à l'antique un grand nombre de
personnes ; les invités se conformèrent à cette disposition, et, pendant une nuit, l'on essaya diverses
représentations des usages de l'antique colonie romaine. On comprend que la science avait dirigé la
plupart des détails de la fête ; des chars parcouraient les rues, des marchands peuplaient des
boutiques ; des collations réunissaient, à certaines heures, dans les principales maisons, les diverses
compagnies des invités. Là, c'était l'édile Pansa, là Salluste, là l'opulente fille de Scaurus, qui
recevaient les convives et les admettaient à leurs foyers. — La maison des Vestales avait ses
habitantes voilées ; celle des Danseuses ne mentait pas aux promesses de ses gracieux attributs. Les
deux théâtres offrirent des représentations comiques et tragiques, et sous les colonnades du forum
des citoyens oisifs échangeaient les nouvelles du jour, tandis que, dans la basilique ouverte sur la
place, on entendait retentir l'aigre voix des avocats ou les imprécations des plaideurs. — Des toiles
et des tentures complétaient, dans tous les lieux où de tels spectacles étaient offerts, l'effet de
décoration, que le manque général des toitures aurait pu contrarier ; mais on sait qu’à part ce détail,
la conservation de la plupart
Des édifices est assez complète pour que l'on ait pu prendre plaisir à cette tentative palingénésique.
14
DOCUMENT 3 : intertextualité, influence de Molière
Extrait de Dom Juan, Acte I, scène 2
DOM JUAN
Quoi! Tu veux qu'on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu'on renonce au monde
pour lui, et qu'on n'ait plus d'yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se piquer d'un faux
honneur d'être fidèle, de s'ensevelir pour toujours dans une passion, et d'être mort dès sa jeunesse à
toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! Non, non, la constance n'est bonne que
pour des ridicules ; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l'avantage d'être rencontrée la pre-
mière ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu'elles ont toutes sur nos coeurs. Pour
moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle
nous entraîne. J'ai beau être engagé, l'amour que j'ai pour une belle n'engage point mon âme à faire
injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les
hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu'il en soit, je ne puis refuser mon coeur à
tout ce que je vois d'aimables ; et dès qu'un beau visage me le demande, si j'en avais dix mille, je les
donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plai-
sir de l'amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire par cent hommages
le cœur d'une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu'on y fait, à combattre par des
transports, par des larmes et des soupirs, l'innocente pudeur d'une âme qui a peine à rendre les
armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu'elle nous oppose à vaincre les scrupules
dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais
lorsqu'on en est maître une fois, il n'y a plus rien à dire ni rien à souhaiter ; tout le beau de la
passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d'un tel amour, si quelque objet
nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d'une
conquête à faire. Enfin, il n'est rien de si doux que de triompher de la résistance d'une belle
personne, et j'ai sur ce sujet l'ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en
victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leur; souhaits. Il n'est rien qui puisse arrêter
l'impétuosité de mes désirs : je me sens un coeur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je
souhaiterais qu'il y eût d'autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.
15
DOCUMENTS 4 : documents de travail
Ce sera l'occasion pour les élèves de manipuler les connecteurs spatiaux (au programme
de quatrième, en grammaire). Par ce travail préliminaire, les élèves sont mis en confiance et
possèdent ainsi les outils nécessaires pour aborder la rédaction suivante.
→ Quels sont les critères de réussite que l'on attend pour ce premier travail?
…............................................................................................................................................................
…............................................................................................................................................................
…............................................................................................................................................................
…............................................................................................................................................................
…............................................................................................................................................................
…............................................................................................................................................................
…............................................................................................................................................................
…............................................................................................................................................................
…............................................................................................................................................................
…............................................................................................................................................................
…............................................................................................................................................................
…............................................................................................................................................................
…............................................................................................................................................................
…............................................................................................................................................................
…............................................................................................................................................................
…............&............&............&............&............&............&............&............
Ces critères de réussite listés sont les mêmes, ou presque, pour le deuxième sujet de rédaction
proposé dans la séquence.
Le sujet précédent peut se décliner d'une autre manière en l'adaptant à une ville de la
région, connue des élèves. Voici une variante possible qui engagerait les mêmes critères de réussite,
ou presque :
16
Voici deux sujets de rédaction proposés en fin de séquence :
Racontez votre aventure. Votre récit veillera à bien respecter les différentes étapes de la
séquence narrative, à utiliser le point de vue interne et ses ressources, à appliquer les
caractéristiques du sous-genre fantastique en entretenant si possible une hésitation finale
entre une explication surnaturelle et une explication rationnelle.
Sujet :
Vous rédigerez un récit dans lequel un objet - de votre vie quotidienne - s’anime
soudainement sous vos yeux.
• Choisissez un des deux sujets ci-dessus et listez ce que l'on attend de l'élève (ce qui va
déterminer la note de son devoir).
• uels autres sujets pourriez-vous proposer sur Arria Marcella? Quand les introduire
dans la séquence? Que permettent-ils d'évaluer?
• Imaginez un sujet-bilan qui permettrait, à l'issue de cette étude, de vérifier la
compréhension et la maîtrise de l'oeuvre intégrale?
17
— Presque personne ne le connaît, dit-il, et pourtant c’est un grand maître. Mais il ne
travaille que lorsque ça lui chante. Pour quelques clients seulement.
— De sorte que pour moi … ?
— Oh ! Vous pouvez essayer, vous pouvez toujours. Il s’appelle Corticella, Alfonso
Corticella, rue Ferrara au 17.
— Il doit être très cher, j’imagine.
— Je le pense, oui, mais à vrai dire je n’en sais rien. Ce costume il me l’a fait il y a trois
ans et il ne m’a pas encore envoyé sa note.
Et il me planta là pour se mêler à un autre groupe.
Au 17 de la rue Ferrara, je trouvai une maison comme tant d’autres et le logis d’Alfonso
Corticella ressemblait à celui d’autres tailleurs. Il vint en personne m’ouvrir la porte. C’était un petit
vieillard aux cheveux noirs qui étaient sûrement teints. A ma grande surprise, il ne fit aucune
difficulté. Au contraire, il paraissait désireux de me voir devenir son client. Je lui demandai de me
faire un complet. Nous choisîmes un peigné gris puis il prit mes mesures et s’offrit de venir pour
l’essayage chez moi. Je lui demandai son prix. Cela ne pressait pas, me répondit-il, nous nous
mettrions toujours d’accord. Quel homme sympathique ! pensai-je tout d’abord. Et pourtant plus
tard, comme je rentrai chez moi, je m’aperçus que le petit vieux m’avait produit un malaise.
Quand on me livra mon complet, je l’essayai, pour quelques secondes, devant mon
miroir. C’était un chef-d’œuvre. Mais je ne sais trop pourquoi, peut-être à cause du souvenir du
déplaisant petit vieux, je n’avais aucune envie de le porter. Et des semaines passèrent avant que je
me décide.
Ce jour-là, je m’en souviendrai toujours. C’était un mardi d’avril et il pleuvait. Quand
j’eus passé mon complet…
Sujet :
Vous rédigerez la suite logique de ce texte. A cet effet, vous garderez les mêmes
personnages, au besoin vous en inventerez d’autres. Vous conserverez les mêmes temps des
verbes. Vous veillerez à l’organisation en paragraphes de votre travail et vous ferez attention
à conserver l’atmosphère étrange et mystérieuse du récit.
Correction de la rédaction
Suite de texte sur le Veston ensorcelé
Voici les critères de réussite qu'il fallait respecter :
18
→ l'homme rencontré lors de la réception non nommé dans le texte. On peut lui inventer une
identité mais il faut prendre en considération les indices donnant des renseignements sur le
physique du personnage (l.5) et son tempérament (l.7/8).
Remarque : le narrateur et ce personnage se vouvoient (cf l. 15)
→ le tailleur Alfonso Corticella, habitant au 17 de la rue Ferrara. Là encore, il faut tenir
compte des renseignements qui nous sont donnés sur le physique du personnage (l.23) et
son caractère : quelqu'un de trouble, de mystérieux qui semble dissimuler quelque chose
(repérage dans le texte). Le côté sombre, étrange de ce personnage est à exploiter dans la
suite du texte.
• du cadre spatio-temporel
Espace : en Italie / près de Milan / chez le personnage / dans sa chambre ou dans sa salle de
bains
Epoque : en avril / en journée / il pleut
• du point de vue
- Narrateur à l'intérieur de l'histoire, disant « je » → Point de vue interne.
- Attention aux accords puisque le personnage-narrateur est un homme
- Attention à conserver ce point de vue tout au long de la copie
- Attention à bien délimiter ce que le personnage-narrateur peut voir ou savoir
- Le point de vue interne étant utilisé:
- les sentiments et les sensations sont à développer
- le vocabulaire de la peur est à réinvestir (cf champs lexicaux)
- le ponctation forte peut être privilégiée
- on recourt à la modalisation...
19
jusqu'au bout en achevant leurs récits sur un nouvel élément perturbateur relançant l'action :
l'histoire du veston ensorcelé devient ainsi un véritable cercle vicieux.
N.B :
- Attention à ne pas oublier les alinéas.
- Tout retour à la ligne doit être justifié.
- Attention à la délimitation des paragraphes en fonction des différentes étapes du récit; celui-ci
doit être cohérent.
• de l'ambiance fantastique
Quels sont les indices qui préparent un événement surnaturel ? (à surligner dans le texte)
l.5 : le côté presque surnaturel de l'habit « resplendissant littéralement » (comme s'il exerce
une attraction inexplicable) « beauté linéaire, pure, absolue » (comme si l'on parle d'une
personne)
l.7 : « avec toutefois un soupçon de tristesse » (indice pouvant être inquiétant)
l.7/8 : regrets et remords exprimés ce qui présage un avenir sombre.
l.9 : « curieux petit sourire » (sourire bienveillant, de connivence ou sourire maléfique?)
l.10 : mystère autour du personnage du tailleur : inconnu et pourtant célèbre...
l.17 : pas de paiement (qu'attend-il en retour?)
l.21 : « à ma grande surprise »
l.22 : « au contraire » (il semble heureux d'avoir attiré le narrateur dans ses filets)
l.24 : il n'est pas question d'argent. Mais de quoi sera-t-il question, alors?
l.25 : « sympathique […] Et pourtant... » (il ne l'est donc pas)
l.26 : « malaise » (comme s'il a un mauvais pressentiment)
l.28 : « Mais je ne sais trop pourquoi... »
l.30 : quand on se souvient avec autant de précisions d'une journée en particulier, c'est qu'il
s'est produit quelque chose d'important, de grave, de mémorable...
Remarque : ce travail peut être également mené en amont lors de la préparation de cette
rédaction, par exemple. On commence par une analyse du sujet. On demande aux élèves de
trouver les mots clés de la consigne et d'expliquer pourquoi ils sont importants, de les
reformuler et d'examiner leurs conséquences.
Certaines annotations repérées dans le texte, comme celle des lignes 7/8, épaissisent le
mystère. Le personnage, dans sa narration, émet des regrets, laisse sous-entendre que le pire
est à venir. Il est judicieux d'introduire dans la rédaction des remarques telles : « Mais, que
j'étais bête, alors! » ou « Si seulement je n'avais pas mis ce maudit vêtement » ou encore
« j'aurais dû me fier à ma première impression sur A. Corticella », trouvées dans les copies
d'élèves.
20
Suite à la correction du devoir, on peut demander aux élèves de reprendre ces quelques
phrases en introduisant, cette fois, du suspense. Ils réutilisent, ainsi, le vocabulaire de la peur
étudié. (On peut partir aussi de cet exercice pour approfondir ce champ lexical).
On donne des exemples de possibles narratifs trouvés dans les copies et on en lit quelques
unes.
- le costume rajeunit le personnage... ou le fait vieillir prématurément
- le personnage est littéralement possédé, il ne contrôle plus son corps
- le costume le serre jusqu'à l'étouffer
- à chaque fois que le personnage enfile son complet, il lui arrive un malheur
- le costume parle...
• De la qualité de la langue
21