(A) Rne1
(A) Rne1
Introduction VI
6- L’écosystème steppique 89
6.1- Délimitation 89
6.2- Bioclimat 89
6.3- Sols 89
6.4- Hydrographie 90
6.5- Végétation 90
6.6- Les facteurs de dégradation de l’écosystème steppique 91
6.7- La dégradation de l’écosystème steppique 95
6.8- Conséquences sur la dégradation des sols steppiques 97
6.9- Évaluation des superficies dégradées 98
L’univers devient de plus en plus complexe, la pla- Un tel partenariat devrait aller au-delà de la tradi-
nète s’est révélée plus sensible aux impacts des tionnelle aide étrangère qui ne peut plus constituer
activités humaines qui conduisent à la dégradation la base des relations entre pays riches et pays pau-
de l’environnement. Les hommes sont devenus vres.
plus dépendants les uns des autres. La globalisa-
Ces nouvelles relations devraient être basées sur
tion, l’interdépendance des peuples sont les défis
l’intérêt commun, l’assistance mutuelle, la respon-
auxquels est confrontée la communauté mondiale,
sabilité partagée mais différenciée, des relations à
de plus en plus préoccupée par le devenir de notre
la faveur desquelles les pays en développement
planète.
définiraient de nouvelles motivations et des
La dégradation de l’environnement découle d’une moyens de coopération globale pour satisfaire
surexploitation généralisée des ressources, de cer- leurs besoins et leur aspiration à un développe-
tains modes de consommation et de production, ment économique durable.
particulièrement dans les pays industrialisés. La Il est urgent, aujourd’hui, de s’engager dans une
rupture des grands équilibres naturels risque d’a- transition vers un développement durable pour
boutir rapidement à une catastrophe écologique et tous.
économique mondiale ; les pays développés ont
La fin du monde bipolaire, l’affermissement géné-
les capacités de réduire les effets de pollution. Ils
ral des valeurs démocratiques et l’émergence de
en ont aussi la responsabilité, alors que les pays en
l’opinion mondiale favorable à l’environnement et
voie de développement ne disposent que de
au développement durable ont créé un climat
moyens plus faibles pour y faire face. Le fossé
général susceptible de renforcer la volonté poli-
entre pays développés et pays en voie de dévelop-
tique et les moyens propres à engendrer les chan-
pement ne cesse de s’élargir dans ce domaine,
gements fondamentaux nécessaires à la transition
comme dans tant d’autres.
vers une société meilleure.
Il existe une relation étroite entre pauvreté et
Il est impératif que cette transition soit initiée
dégradation de l’environnement. De ce fait, la pro-
immédiatement et qu’elle soit menée en partena-
tection de l’environnement devrait être comprise
riat avec les principales forces sur lesquelles repo-
comme faisant partie intégrante du développement
se l’avenir de la communauté mondiale : gouver-
lui-même.
nements, institutions, organisations intergouverne-
Le plan d’action qui sera proposé au Sommet de mentales et non gouvernementales, groupes de
La Terre à Johannesburg, en terre africaine, doit citoyens et opinions publiques, tous appelés à être
être fondé sur un nouveau partenariat global au impliqués, de différentes manières, dans cette
service du développement durable et de la protec- action.
tion de l’environnement, dans un monde de plus
en plus interdépendant.
I
Les ressources de la nature constituent la compo- Il est vrai que l’Etat a des responsabilités, mais il
sante essentielle, sinon fondamentale, sur laquelle les partage avec les entreprises, les partenaires
repose le développement socio-économique du sociaux, les associations, les citoyens et, bien sûr,
pays. les collectivités locales pour assurer le bien-être de
l’homme et l’épanouissement de la nature.
Pour nous, les impératifs du développement ne
sont pas contradictoires avec les exigences de la La commune est l’autorité la plus proche des
protection de l’environnement. Il nous faudra citoyens et la plus au fait des problèmes environ-
œuvrer pour concilier développement et environ- nementaux locaux. A cet égard, elle a un rôle
nement, car il ne peut y avoir de développement majeur dans la protection de l’environnement et
durable sans une utilisation rationnelle des res- l’amélioration du cadre de vie.
sources et une action préventive contre toutes les
Il est évident, également, qu’aucune transition
formes d’agressions contre l’environnement.
vers le développement durable n’est envisageable
Le concept de développement durable nous sans une participation active et responsable de la
conduit, inévitablement, à fonder notre niveau de population : la capacité d’un pays à assurer sa tran-
vie sur le capital nature que nous sommes tenus de sition vers le développement dépendra, dans une
préserver et de développer. La consommation des large mesure, de la mobilisation générale de ses
ressources renouvelables ne peut se faire à un ryth- structures institutionnelles mais, également, de ses
me supérieur à celui de la régénération de la natu- ressources humaines, c’est-à-dire de ses citoyens.
re.
L’Etat est conscient de la nécessité pour tous les
La durabilité de ces ressources impose que la char- citoyens d’accéder à l’information environnemen-
ge de pollution ne soit pas supérieure à la capacité tale et d’être associés aux processus décisionnels
de traitement et d’absorption, de l’air, de l’eau et locaux sur toutes les questions se rapportant à l’en-
du sol. vironnement.
Le développement suppose le maintien de la bio- En effet, la protection de l’environnement et l’en-
diversité, de la santé publique et de la qualité de gagement dans la voie du développement durable
l’air, de l’eau et du sol à des niveaux permettant de ne peuvent se suffire des seules actions initiées par
protéger effectivement la vie humaine, la faune et l’Etat : la responsabilité de l’environnement est
la flore. collective et publique, mais elle est, également,
individuelle.
Un système économique durable s’appuie fonda-
mentalement sur la justice sociale et sur l’équité, Sur un autre plan, les acteurs socio-économiques
qui reposent, à leur tour, sur un environnement devront être associés pleinement aux objectifs de
viable, car les populations démunies sont les cou- préservations de l’environnement. De nouvelles
ches les plus touchées par les problèmes d’envi- alliances pour de nouvelles synergies devront se
ronnement (habitat précaire, logements insalubres, tisser entre les entreprises et les autres partenaires.
déficit en équipement, manque d’eau potable,
Modifier les modes de consommation, faire évo-
manque d’espaces verts) et les moins aptes à les
luer les attitudes comportementales individuelles
résoudre.
et collectives, en un mot promouvoir l’éco-
En élaborant, aujourd’hui, une stratégie environ- citoyenneté, tels sont les instruments de promotion
nementale ambitieuse autour d’une information d’une politique de développement durable.
partagée, l’Etat permet aux citoyens de faire des
A cet effet, une nouvelle démarche et une nouvel-
choix réfléchis et orientés non seulement vers les
le stratégie sont nécessaires.
intérêts des parties présentement concernées, mais
aussi vers ceux des générations futures. Cette nouvelle stratégie tend à :
II
z Identifier les problèmes écologiques majeurs de souvent élevé. Mais je reste persuadé que la pré-
la nation et déterminer leurs causes et les facteurs servation du droit de toutes nos générations à un
de vulnérabilité environnementale de notre pays ; développement continu et à un environnement
z Elaborer des stratégies alternatives de dévelop- sain n’a pas de prix.
pement basées sur le principe de la durabilité ;
Du reste, l’expérience prouve, aujourd’hui, que la
z Etablir un plan national d’action environnemen-
réparation des dégâts revient toujours plus cher
tale (PNAE) dans le cadre d’une démarche pro-
que la prévention. De même, le traitement pro-
grammatique et intersectorielle pour la période
grammatique et l’approche anticipative sont beau-
2001-2010 ;
coup plus efficaces que les remèdes ponctuels et
z Tisser de nouvelles synergies avec tous les par-
les actions au coup par coup.
tenaires (citoyens, entreprises, groupes d’intérêt
dont le débat public de l’état et de l’avenir de l’en- Voilà bien pourquoi l’Algérie n’a pas hésité à
vironnement, initié par le Gouvernement, esquisse consacrer une partie de ses investissements à ce
les premiers contours. secteur vital pour le bien-être de l’homme, la pré-
servation de la nature et pour garantir aux généra-
Certes, la protection de l’environnement a un coût
tions futures les meilleures conditions de vie.
Abdelaziz BOUTEFLIKA
III
Avant-propos
Trois questions essentielles !
En ce début du nouveau millénaire, l’environne- s u r l’état et l’avenir de l’Environnement - 2000
ment prend un e nouvelle dim ension, c e lle (RNE 2000).
d u d é v e l o p p e m e n t d u r able. La forme de
dév e l o p p e m e nt de notre civilisation, trop Trois questions essentielles revenaient sans cesse :
souvent assimilée à une croissance quantitative,
doit évoluer pour assurer la pérennité d’ un z Quelles tendances caractérisent les principales
dév e l o p p e m e nt économique soutenu pour composantes de l’environnement ?
une g e st i o n rationnelle des ressour c e s z Quelle est la nature des pressions et des impacts
l i m i t é es. qui s’exercent sur les différents écosystèmes ?
z Les politiques suivies ont-elles atteint leurs
Le développement durable, c’est modifier les objectifs ?
modes de production, faire évoluer les pratiques
de consommation, mais aussi pour chacun Le RNE-2000, sur la base des information
adapter ses actes au quotidien. recue illie s e t de s e stima tions e ff e ctu é e s
lor squ’ e lle s s’ a véraient parcellaires, a établi
Pour entamer cette marche vers l’avenir, une les corrélations inhérentes à cette série de
première étape était nécessaire : connaître et questions, pour y répondre.
décrire les principaux problèmes environnemen-
taux, en identifient leurs causes directes et indirec- Les matrices d’état, de pression et d’impact sur
tes. Des données ont été collectées auprès des dif- l’environnement, confectionnées dans cette
férents départements ministériels et institu- perspective, permettent d’analyser la relation
tions ou agences à caractère environnemental. environnement/développement durable, ses
Elles ont fait l’objet d’un traitement par des con- aspects économiques et financiers, ainsi que les
sultants nationaux et internationaux. Des rap- impacts sur la santé publique.
ports intermédiaires ont vite été établis puis
Le constat est amer. L’Algérie vit une crise
discutés lors de séminaires et ateliers organisés
écologique majeure : la dégradation continue des
avec une large participation.
sols, la désertification, la perte de couverture
Au terme de ce foisonnement, l’heure était venue forestière, la perte de diversité biologique aux
de faire la synthèse de toutes les contributions. De niveaux génétique, écosystémique et des espè-
ce processus est né le présent Rapport na t i on a l ces, la rareté grandissa nte de s r essources en
IV
eau douce, la sur-occupation des écosystèmes z la réglementation, en raison de la faiblesse des
côtiers, les changements à long terme dans le moyens de surveillance de la qualité des différents
climat terrestre affectent la productivité naturelle écosystèmes et des capacités d’exercice de la
des écosystè m e s , s a p e n t l e s e ff o r t s d e puissance publique, reste peu appliquée ;
réd u c t i o n pérenne d e l a pauvreté e t de
cro i ssa n c e é c onomique durable. Le RNE-2000 conclut à la nécessité de définir des
L’urbanisation non contrôlée des zones littorales, politiques environnementales durables, axées sur
tout comme un processus d’industrialisation mal des synergies intersectorielles, élargissant le s
maîtrisé, ont généré des pollutions sans cesse p a r t e n a r i a t s , e t intégrées à la politique
croissantes (déchets, détérioration de la qualité de nationale de développement. La transition vers
l’air et de l’eau) se traduisant par la dégradation de l’économie de marché offre l’occasion de bâtir de
certains indicateurs de santé publique, en termes nouvelles politiques. Saisir cette chance est un devoir.
de morbidité et de mortalité. Les acteurs devront se rapprocher, dessiner de
Les pertes économiques et les surcoûts de santé nouvelles alliances pour de nouvelles synergies,
publique ont été évalués à plus de 7% du PIB. afin de relever les défis d’un monde en mutation.
Le RNE-2000 en indique les principales raisons : L’Etat se doit d’apporter pour ses choix et ses pro-
cédures, les moyens de répondre à cette demande,
z aucune approche intégrée des préoccupations de s’adapter à l’évolution en cours de par le
environnementales n’a été initiée et mise en monde, qu’il s’agisse d’options techniques ou
œuvre ; financières.
z les projets et politiques environnementaux
menés ont malheureusement conforté l’idée que Le RNE-2000 ouvre une première porte vers
l’environnement était un simple complément des l’Avenir. Il propose les grandes lignes d’une
politiques sectorielles ; Stratégie nationale de l’Environnement (SNE) et
z les synergies intersectorielles sont absentes, les identifie des programmes d’urgence.
partenariats peu recherchés, les populations peu
associées ; Les principaux axes stratégiques seront traduits en
z les droits de propriété et les responsabilités sont programmes d’actions précis et en programmes
mal distribués, et la tarification de ressources d’investissement dans une perspective décennale,
rares, inadéquate ; dans le cadre du Plan National d’Action pour
z les efforts financiers, provenant exclusivement l’Environnement (PNAE), actuellement en cours
de l’Etat et par ailleurs mal repartis, sont restés de finalisation.
insuffisants et n’ont pas eu l’efficacité attendue ; Le développement durable est une nécessité et une
z les institutions, malgré leur renforcement, chance. Il y va de l’avenir des générations futures.
agissent toujours dans le cloisonnement ;
V
Introduction Trois défis majeurs : l’eau, la désertification,
la pollution urbaine et industrielle
Depuis un demi-siècle, la taille de l’économie
mondiale a plus que quadruplé, en dépit des crises Au fur et à mesure que le pays s’attèle à régler les
financières répétées qui ont frappé l’Amérique du problèmes de l’environnement, la pression des
Nord et l’Europe et, plus prés de nous, celles qui populations et des activités les aggravent, alors
ont secoué l’Amérique du Sud, l’Asie du Sud-Est, que de nombreux problèmes nouveaux surgissent.
la Russie ; l’économie mondiale a continué à
p rogresser et le revenu mondial a dépassé 5000 Tandis que l’Algérie s’évertue à trouver des solutions aux
USD par habitant, soit 2,6 fois plus que celui de problèmes basiques de la gestion des déchets
1950, en termes réels. solides et de l’assainissement sans parvenir à leur
apporter des solutions appropriées, on s’aperçoit que des
Mais cette progression cache de profondes disparités problèmes aussi importants que ceux de la pollution de
entre les pays et à l’intérieur même des pays. Un l’air et de l’appauvrissement de la diversité biolo-
quart de l’humanité vit dans la misère, près de la gique ne sont même pas abordés en termes d’éva-
moitié de l’humanité vit dans les villes, les modes luation. Le pays se trouve conf r onté à d’autres
de travail et de vie familiale, les communications, périls liés à la désertification, aux changements
les loisirs, le régime alimentaire et la santé ont climatiques, à la remontée des eaux dans le Sud et
profondément changé. à la gravité des catastrophes naturelles.
Les effets de ces changements sur l ’ environnement Sur un autre front, l’Algérie est confrontée à de
naturel sont complexes et entraînent une nouveaux problèmes complexes et inédits, d’ordre
pertu r b a t i o n et une pollution étendue des universel, aussi graves que ceux de l’appauvrisse-
écosystèmes, ainsi qu’une dégradation étendue des ment de la couche d’ozone, de l’impact potentiel
ressources limitées ou non renouvelables : la terre, des organismes génétiquement modifiés (OGM),
l’eau, les forêts... de l’invasion des e spè c e s e xogè ne s d u f a it
L’Algérie vit une crise sévère de l’environnement, de la mondialisation et de l’exposition toujours plus
l’urbanisation et l’industrialisation engendrent fréquente aux produits chimiques de synthèse, défis
des niveaux él e v é s de pollution de l’eau et d’un genre nouveau que c e u x a u x q u e l s le
les rejets sauvages accentuent la pression sur pays est accoutumé.
les écosystèmes fragiles : ( la Steppe, le Littoral La question de l’environnement et l’enjeu qu’elle
et le Sud), dégradant durablement les ressources présuppose en Algérie dépassent le simple cadre
difficilement renouvelables d e c e s r é gions de la protection des ressources naturelles car ils
sensibles du pays. conditionnent, à terme, le devenir et l’existence
Malgré quelques succès épisodiques, la situation même du pays. Aujourd’hui, une politique volon-
continue de se dégrader et nos chances de passer triste claire, cohérente et ambitieuse est plus qu’u-
à un développement durable s’amenuisent. ne nécessité; elle est vitale pour l’ensemble de l’éco-
système algérien.
Les effets de dégradation se font sentir plus
nettement dans les régions pauvres et les grandes Une approche thérapeutique fondée sur une
agglomérations, et, si la tendance actuelle persiste politique inscrite dans la durée, est a ujourd ’ h u i
et que le scénario de l’inaction se confirme, les un impé r a tif qui r e quie r t la définition et la
inégalités actuelles de la distribution des coûts mise en œuvre :
environnementaux et les impacts des dégradations
s’aggraveront a l o r s q u e de n o u v e a u x
pér i l s pointent à l’horizon.
VI
Des solutions alternatives, toutes aussi pro-
z d’un corpus législatif et réglementaire clair ;
metteuses les une s que les autres sont possi-
z d’un plan national explicitement affiché pour
bles comme le démontre le présent rapport sur l’é-
les deux décennies à venir 2000-2020 ; tat et l’avenir de l’environnement en Algérie, à
z de politiques concertées et de longue haleine
condition de le vouloir et de choisir u n e p o l i -
intégrant les besoins et les aspirations des hommes ; tique e nvir o nnementale pertinente et com-
zd’instruments économiques et financiers
prise, comme faisant partie inté gr a nte de la
d’encadrement de cette politique ; politique du développement national.
z d’un système arborescent d’éducation, de
sensibilisation et de mobilisation; Il est clair que la politique de l’environnement
z enfin, de la mise en place d ’ u n r é s e au a un coût, mais le développement durable et
central d ’ o b s ervati o n coordon n é e de s l’accès des généra t i o n s f u t u r e s à c e
d o n n é e s e n v i ronnementales, a f i n d e d é v e loppem e nt ne se négocie p a s .
p e r m e t t r e le suivi de près de l’état de
D’un autre côté, il est maintenant établi que le
l’environnement, d’évaluer systématiquement
rattrapage et les solutions ponctuelles sont
les politiques de suivi, d’offrir par voie de
beaucou p plus coûteux et plus inefficaces
conséquence des directives appropriées
que les remèdes globaux et préventifs.
conformes aux normes internationales, et de
formuler des orientations adaptées Il va sans dire enfin, que le s im pé r at if s du
a u x conditions n ationa l e s , à tous ceux qui dé v eloppement ne sont en aucune façon
son t e n c h a r g e de la politique nationale de contradictoires ave c le s e xige nc e s de la
l’environnement. prote ction de l’environnement: il ne peut y
avoir de développement durable sans une u ti-
Les tendances à une dégradation de l’environne- lisation rat i o n n e l l e d e s r e s s o u r -
ment peuvent être ralenties si le développement c e s et s a n s u ne act i o n p r éve ntive cont-
économique est réorienté et si des solutions re les a g re ssions de l’e nvironnement et du
viables et des politiques alternatives sont milieu.
rapidement choisies, arrêtées et appliquées.
VII
Les objectifs du RNE 2000 Les résultats du diagnostic permettent :
VIII
Le RNE 2000 consiste à : ainsi que le phénomène de littoralisation et ses impli-
cations environnementales (degré d’occupation
z c l a r i f i e r l e cadre i n s t i t u t i o n n e l e t des zones côtières, pollution, érosion côtière,
j u r i d i q u e , e t identifier l e s chev a uche-
surexploitation) ;
ments, les carences et les insuffisa n c e s à
m ê m e d ’ e n t r a v e r la mise en œ uv r e d u z évaluer le pa tr imoine a r c hé ologiq u e e t
c o n t r ô l e i n tégré des pollutions et de la ges- historique du pays, la nature et l’ampleur de
t i o n a m é l i o r ée des ressources naturelles ; sa dégradation ainsi que les menaces qui
pèsent sur ce patrimoine ;
z donner une appréciation de la situation des
ressources naturelles, notamment les ressources z décrire la situation générale en matière de
en terres agricoles, forêts, steppes, faune et flore, sensibilisation et de participation du public à
et de la diversité biologique; la protection de l’ e nvir onne me nt e t à la
ge stion de s r e ssour c e s na tur e lle s ;
z identifier les pratiques de gestion ou d’utilisation
qui menacent ces ressources ainsi que la z identifier, sur la base des études existantes, les
nature et l’ampleur de leur dégradation ; impacts des pollutions sur la santé publique des
citoyens ;
z organiser les informations relatives aux
ressources en eaux douces, à leur utilisation z établir, sur la base du bilan et du diagnostic de la
et à leur gestion, identifier les problè me s situation environnementale, les corrélations
l i é s à l a c o ncu r r e n c e c r o i s s a n t e s u r environnement/développement durable ;
ces ressources (eau potable, industrielle, d’irriga-
tion), évaluer le degré d e p o l l ution des eaux, z évaluer la nature et l’importance des coûts
ainsi q u e l e s principales sources de c e tte économiques si aucune action n’est prise
po l l u t i o n ( r ejets urbains, effluents liquides pour atténuer ou inverser les tendances de
d’origine industrielle et agricole), e t l e s dégradation de l’environnement qui auront
été identifiées (dégradation des sols, des
c a s d e c o n t a m ination des eaux de sur f a -
ce e t so u t e r r aines ; forêts, des steppes, et de la diversité b i o l o -
g i q u e , p o l l u tions d e l’ e a u e t de l’ a ir,
z étudier les caractéristiques du développement r a r e té de l’ e a u, ge stion insuffisante des
industriel et l’impact de ce développement déchets, dégradation du littoral).
sur l’environnement, estimer le volume global
Le RNE 2000 tente d’expliquer, à travers un
des déchets solides et toxiques des industries et
descriptif multisectoriel, les tendances actuelles,
décrire les c o n d i t i o n s environnementales ;
les causes et les effets re la tif s à l ’ é t a t d e
z évaluer la quantité totale de déchets muni- l’environnement.
cipaux solides et toxiques non industriels
générés, identifier les types de déchets Les matrices de pression, d’état et d’impact,
toxiques d e s grands centres urbains e t reconnues sur la base de données disponibles,
ét u d i e r l e m o de actuel d’élimination de ont été développées pour faciliter la définition
ces d é c h e t s ; d’une Stratégie Nationale de l’Environnement
(SNE) par les décideurs concernés.
z relever le niveau de la pollution atm o sphé-
rique sur la base de l’évalua t i o n de la pollu- De cette stratégie découlera ultérieureme n t l a
tion et cerner les points chauds ; f o r mulation du Plan National d’Action pour
l’Environnement (PNAE) dans lequel seront
z étudier les pressions (populations, activités, déterminées les actions préventives et curatives, de
infrastructures...) sur les zones marines et côtières, nature urgente et prioritaire, pour les courts, moyen
et long termes. Ces actions porteront sur les
composantes e n v i r onnementales ana lys é e s .
IX
Validité du RNE 2000 et évaluation des données l’observation, la description et l’analyse de l’état
environnementales existantes de l’environnement ne représentent qu’une
première étape. Au cours du processus ainsi
Il est à noter que ce Rapport sur l’E tat de enclenché dans l’amélioration des indicateurs et
l ’E n v i ro n n e m ent est réalisé à partir d e s des données, cette étape sera sui v i e p a r
do c u m e n t s e t données disponibles . Ce s d’ a utr e s é ta pes descriptives plus fines et de
do n n é e s n e sont hom ogènes ni s ur le meilleure qualité.
pl a n d e l ’ a c t u alisation ni sur le plan de s
éch e l l e s. Vu la complexité des dimensions traitées dans ce
rapport, la matrice d’impact à laquelle aboutit le
Ainsi, il ne peut être attendu des informations RNE 2000 ne peut avoir des contours nets et
retenues une analyse achevée de l’état de précis aujourd’hui; elle doit cependant, d’une
l’environnement, ni la reconnaissance exhaustive part, démontrer la nécessité d’intégrer la
des tendances pour toutes les composantes envi- dimension écologique dans les approches, les
ronnementales observées, dans la mesure où cer- réflexions et les actions futures pour le développe-
taines ne sauraient être atteintes dès à présent. ment et, d’autre part, permettre la définition d’une
première ligne directrice : la Stratégie Nationale
En effet, la base de données existant e s e s t
pour l’Environnement. Celle-ci orientera l a
s o u v e n t i n s atisfaisante. Il sera nécessaire
p r o g r a m m a t i o n des actions, reconnues
d’approfondir et de compléter les informations et
aujourd’hui prioritaires, de correction, d e
données statistiques dans presque tous les secteurs.
réhabilitation et de prévention sur
C’est à ce prix qu’une base de données fiables
les composantes de l’environnement .
mérite d’être mise en place dans le futur. Celle-ci
pourra alors servir de creuset aux décisions futures Suivi et actualisation du RNE : un rapport
relatives aux actions à engager dans le domaine de national tous les deux ans
l’environnement en Algérie.
Afin de soutenir le processus descriptif et critique
Les recommandations exprimées dans ce rapport de l’état sur l’environnement, un rapport national
pour l’amélioration de la qualité des données sera établi tous les deux ans. Aussi, des métho-
constituent la base des actions prioritaires à des modernes de suivi, d’évaluation et d’ac-
entreprendre dans le domaine de l’environnement. tualisation du RNE doivent être mises en
œuvre de manière durable, en s’appuyant sur les
Le RNE 2000 ne doit pas être considéré comme un données qui seront fournies par l’Observatoire
rapport figé et définitif. Il représente surtout un National de l’Environnement.
processus descriptif de l’état de l’environnement.
Le rapport biannuel contribuera à la fois :
Pour le complément et la précision de la base de
données qui doit être régulièrement actualisée, il z à fixer des échéances aux différents acteurs et
est nécessaire d’établir, à partir de l’Observatoire intervenants du domaine de l’environnement pour
National de l’Environnement, une base d e les concertations et la réalisation des activités et
do n n é e s environnementales accessible pour des actions qui seraient programmées;
un groupe d’utilisateurs élargi.
z à a ppr é he nde r l e s c o n t r a i n t e s et l e s
Pour améliorer la base des données environne- d i f f i c u l t é s objectives r e nc ontr é e s e t à
mentales, il sera nécessaire, à l’avenir, d’assurer la le s le ve r ;
qualité des analyses des laboratoires et des stations
z à améliorer et à ajuster de façon
de l’environnement et, certainement, d’intensifier
c yc lique les plans d’opération d e f a ç o n à
le contrôle des différentes formes de pollution.
am é l i o r e r le pr oc e ssus globa l d’ ac tio n
Fortement liées à la qualité et à la pertinence des sur le s c omposa nte s e nvir onne me nta le s .
données et des indicateurs utilisés aujourd’hui,
X
C’est pourqoui, le RNE 2000 devra ê t r e
r é g u l i è r e m e n t actualisé (tous les deux
ans) pour servir de base aux décisions et directives
nationales en matière d’environnement
XI
Partie 1
Les facteurs
de vulnØrabilitØ
environnemen-
tale
Les facteurs de vulnérabilité environnementale
Les facteurs
de vulnérabilité
environnementale
L ’Algérie est l’un des plus grands pays du continent africain avec une superficie de 2.381.000 km².
Elle s’étend de la Méditerranée au cœur de l’Afrique sub-sahélienne sur 2000 km et sur une dis-
tance presque équivalente dans sa plus grande largeur d’Est en Ouest. Elle est toutefois loin de dispo-
ser de tous les atouts que laisserait sup pose r sa dime nsion te r r itor ia le .
Ses atouts naturels sont certes conséquents, tant en ressources de surface qu’en ressources du sous-sol,
mais il faut tempérer les simples estimations quantitatives et les idées reçues que l’on a pu fonder sur
elles, car dans une vision de développement durable, les ressources de notre pays apparaissent des
plus limitées lorsqu’on les confronte à la croissance démographique enregistrée depuis l’indépen-
dance et que l’on complète cette comparaison par les menaces de plus en plus inquiétantes que fait peser
sur ces ressources, leur exploitation ou mise en valeur inconsidérée.
2
Les facteurs de vulnérabilité environnementale
au domaine humide et sub-humid, cela alors des montagnes telliennes qui englobent
que le domaine aride et semi-aride remonte divers bassins et plaines intérieurs.
très haut vers le Nord, en englobant quasi-
Cet ensemble qui se différencie très nettement des
ment la totalité de l’Oranie. Ainsi, ce sont
Hautes Plaines ou Hauts Plateaux et de l’ensemble
95% du territoire algérien qui relèvent de
saharien, tant par sa morphologie que par
conditions pluviométriques pénalisantes
son climat privilégié, est en lui-même composite.
lorsqu’on ajoute à ces étages arides et semi-arides
On y distingue d’abord le littoral et le Tell
le domaine hyper-aride saharien.
proprement dit et, d’autre part, les nuances
Ces conditions agissent directement sur le potentiel morphologiques et surtout climatiques qui
pluviométrique global du pays, en fixant un marquent le Tell de l’Est à l’Ouest.
seuil extrêmement bas au volume annuel moyen
Le littoral
des ressources hydrauliques renouvelables.
D’un linéaire côtier de 1200 km, la zone littorale
Ces mêmes conditions contredisent totalement,
est constituée :
par ailleurs, les hautes potentialités agricoles que
l’on a faussement attribuées au pays. Cette z pour ce qui concerne la partie terrestre, de plaines
fausse réputation a été bâtie sur des périodes littorales (Mitidja, plaines de la Tafna, de Skikda,
anciennes, une population plus réduite et des d’Annaba...), de plateaux et d’ensembles collinai-
besoins alimentaires locaux, bien dérisoires par res (Plateau de Mostaganem, Sahel algérois...) et
rapport à ceux d’aujourd’hui. d’escarpements plus ou moins élevés, où
s’ ins crivent des échancrures assez ouvertes
Aux contraintes ainsi imposées au territoire parfois pour former de larges baies (sites des
algérien au plan des ressources hydrauliques principales villes portuaires) ;
renouvelables et des potentialités agricoles
effectives, ét r o item ent conditionnées par la z et d’un plateau continental marin, de pente
faib l e sse e t l a mauvaise distribution de la généralement douce mais de largeur moyenne
pluviométrie, s’ajoutent les violents contrastes que assez faible, a ve c l’ e xiste nc e d’ her b ie r s
créent ces conditions climatiques, en association avec la s o u s - m a r i n s e t a u t r e s n i c h e s écologiques
morphologie et les reliefs, entre les différents d’intérêt.
ensembles du territoire.
Zone la plus favorisée du pays du fait de son
1.2- Un territoire très contrasté climat, de ses ressources et de ses atouts
géostratégiques évidents, cet espace littoral est,
L’Algérie présente de par son relief et sa pour ces même raisons, en situation préoccupan-
morphologie trois grands ensembles, matérialisés te car, très convoité, il est soumis de ce fait à
par deux chaînes montagneuses orientées d’Ouest diverses surcharges et concentrations qui
en Est (l’Atlas tellien au Nord et l’Atlas saharien menacent autant ses ressources q u e s e s
au Sud), à savoir : é quilibr e s é c ologique s f onda me nta u x .
z l’ensemble tellien ; Quand elles sont liées aux potentialités
z les Hautes Plaines, plus communément appelées hydriques appropriées, les multiples plaines
les Hauts Plateaux ; et vallées littorales, caractérisées par des
z l’ensemble saharien sols lourds mais peu profonds, offrent de
L’ensemble tellien bonnes conditions à une polyculture variée,
grâce aux avantages également créés par un
Représentant seulement 4 % de la superficie du climat mé dite r r a né e n r é gulé par les influences
territoire, cette zone est composée d’une part d’un marines.
espace littoral d’une largeur de 80 à 190 km sur
une longueur de côte de 1 200 km, et d’autre part,
4
Les facteurs de vulnérabilité environnementale
Les zones naturelles
ée
an
err
dit
Me BOUMERDES JIJEL
SKIKDA ANNABA
LEGENDE
ALGER
BEJAIA
TIPAZA IDJA
A MIT
E DE L
r PLAIN GUELMA Plaines littorales < 200 m
Me f ani
heli . Slim
e C e de B Bassins intérieurs
e d Plain
MOSTAGANEM Plain Hautes plaines agricoles
T
U
ORAN Hautes plaines steppiques
N I
Plaine de
l'Habra
Plateaux telliens
ta Montagnes et collines de
M'lé PLAINE DU HODNA
e de
S
PLTEAU
Plain l'atlas tellien
DU SEBAOU
I
Chaines élevés > 1000 m
E
Chaine atlasique
BISKRA
Plaine du Hodna
DJELFA
Chotts
UX
EA N
PL
AT
IE Limite des hauts plateaux
R
A Accident sud atlassique
H
A
HA
UT
S
S Ergs
LAGHOUAT
Bas plataux
M A R O C
EL
BAYADH
Relief élevé de
1000 à 1500 m
NAAMA Relief trés élevé > 1500 m
S
A
TL
A
GHARDAIA
Source: A N A T
A l’avantage de ces hautes potentialités agricoles, Chéliff, Guelma...), même si le climat toujours
cette zone littorale ajoute les activités diverses méditerranéen y est déjà continentalisé, tout en
développées par ses ports, dont les principaux s’asséchant vers l’Ouest.
concentrent également l’essentiel des activités
Les variations climatiques et surtout la diversité
industrielles d é v e l o p p é e s , s u r t o u t d e p u i s
des reliefs ainsi que la complexité de la structure
l ’i n d é p e n d a n c e.
géologique permettent de différencier un Tell
Mais, parallèlement à ces privilèges, cette zone lit- Oriental, un Tell Central et un Tell Occidental.
torale présente des vulnérabilités évidentes, à tra-
Le Tell occidental est constitué par deux
vers les équilibres complexes qui caractérisent et
alignements où alternent des chaînons et
conditionnent l’évolution des rivages et la préser-
massifs et des dépressions :
vation des ressources halieutiques ainsi que les
menaces que font peser sur ces équilibres ou les z En bordure littorale, on distingue les collines
ressources (comme par exemple l’eau et les du Sahel d’Oran et d’Arzew et les monts du
sols), l e s p o l lutions et les em piétements Dahra, séparés et bordés par la dépression de la
urbains. sebkha d’Oran, les plaines de l’Habra, de Mléta et
la plaine du Bas-Chéliff.
Le Tell
z En position intérieure, il s’agit des monts et
Les montagnes telliennes, au relief complexe et chaînons des Traras, de Sebâa Chioukh, du Tessala
chahuté, sont favorables à la forêt par leurs sols et leur et des Beni-Chougrane bordés par les plaines de
climat, surtout dans les parties centrale et orientale. Elles Maghnia, de Tlemcen, de Sidi Bel-Abbès et de
sont également très sensibles à l’érosion en raison Mascara. Le climat dominant de ce Tell
des fortes pentes, de la prédominance en affleure- Occidental est du domaine méditerranéen
ment des matériaux tendres (argiles, marnes, semi-aride.
flysch) et de la conjonction de ces éléments au
régime torrentiel des pluies. Le Tell central s’étend de l’embouchure de l’oued
Chéliff à celle de l’oued Soummam. Les reliefs
Elles bénéficient de nombreuses plaines (ou bassins) s’ é lè ve nt f or te me nt pa r r a ppor t à l’ e n -
intérieures qui offrent également de bonnes aptitudes se mble pr é c é de nt.
agricoles (Tlemcen, Sidi Bel-Abbès, Mascara,
5
Les facteurs de vulnérabilité environnementale
Constitué de terrains cristallins et sédimentaires, le La chaîne tellienne interne est constituée d’un
bourrelet littoral borde en partie au Nord la grande ensemble de massifs qui s’étendent d’Est en Ouest
dépression que forme la plaine de la Mitidja. Il des monts du Guergour aux monts de Souk-Ahras.
réapparaît à l’Est de cette plaine en s’élargissant
L’étage bioclimatique prédominant est celui du
en deux massifs jusqu’aux monts du Djurdjura.
domaine méditerranéen humide pour presque
Au Sud de ce bourrelet littoral (monts du
toute la frange littorale jusqu’au Nord de Guelma
Chenoua, Sahel, massifs algérois et kabyles) on
et de Souk-Ahras. Le versant méridional est
retrouve la chaîne tellienne externe formée par les
c a r a c té r isé par l’étage méditerranéen sub-humide.
monts du Zaccar (le prolongement des monts du
Dahra de la zone tellienne occidentale), l’Atlas Les Hauts Plateaux
blidéen, l’Atlas de Médéa et de Bouira ainsi que
les monts du Djurdjura. Les plaines d’altitude, Plus de deux fois plus vastes que la zone tellienne,
telles que les plateaux de Médéa et de Bouira avec 9 % du territoire algérien, les Hauts Plateaux
sont intégrées dans cette zone. constituent un large couloir limité au Nord par les
versants méridionaux des chaînes telliennes et au
Au delà du sillon intra-tellien constitué par la plaine du Sud par l’accident Sud-atlasique.
Moyen et du Haut Chéliff, la plaine des Arib et la vallée
de l’Oued Soummam, il s’agit de la chaîne tellienne Outre l’Atlas saharien dont le relief est nettement
interne qui se développe à partir des monts des Beni- plus montagneux à l’Est avec le massif des Aurès,
Chougrane en une deuxième chaîne qui comprend cet ensemble comprend une succession de bassins
l’Ouarsenis, les monts du Titteri et les Bibans. fermés où s’accumulent les eaux de ruisselle-
Les différenciations climatiques permettent de ment, sous forme le plus souvent d’étendues
retrouver ici le domaine méditerranéen sub-humide au d’eau salée (chotts).
niveau des versants septentrionaux de l’Atlas Cet ensemble qui recèle pour sa bordure Nord, la
blidéen jusqu’à la partie orientale des monts majeure partie du patrimoine agricole du pays
du Dahra, avec des îlots du domaine méditerranéen avec 5 millions d’hectares, soit deux tiers de la SAU
humide englobant une bonne partie des monts du totale (superficie agricole utile), est cependant des
Djurdjura. Les versants méridionaux du Tell central plus défavor isé a u pla n d e s r e s s o u r c e s
sont caractérisés par un climat méditerranéen p l u v i o mé tr ique s e t hydrauliques.
semi-aride.
On retrouve une prédominance de l’étage aride à
Le Tell oriental est essentiellement constitué de l’Ouest et de l’étage semi-aride à l’Est. Les préci-
massifs anciens et offre, de ce fait, un caractère pitations varient du Nord au Sud entre 400 et 200
montagneux prononcé avec des bassins et plaines mm. En été, un vent chaud et sec (sirocco ou
intérieurs réduits. chehili), p r o v e n a n t du Sahara, accentue les
Prolongeant le socle ancien de la Grande Kabylie effets de sécher e sse .
par les massifs de Collo, de Stora, de Skikda et de
l’Edough, le bourrelet littoral est constitué de terrains En hiver, les basses températures diurnes et
cristallins et de sédiments faiblement plissés. nocturnes accompagnées de gel affectent
Ce bourrelet littoral disparaît définitivement à négativement les cultures.
l’Est d’Annaba.
Ces conditions climatiques pénalisantes font de
Ici, la chaîne t ellienne externe constitue le
l’essentiel des Hauts Plateaux, surtout à l’Ouest et
pro l o n g e m e n t du massif du Djurdjura p a r
au Centre, le domaine de la steppe, autre zone
u n e p u i s s a n t e c h a î n e m o n t a g n euse, les
sensible de notre territoire, en raison de la
Babors, qui culmine à près de 2 000 m d’altitude,
fragilité de ses équilibres écologiques.
le massif de la Petite Kabylie et les pièmonts du
Djebel M’Sid Aïcha.
6
Les facteurs de vulnérabilité environnementale
L’ensemble saharien Privilégiée au plan climatique, même si sa partie
occidentale est touchée par l’arid ité, la frange
Au delà de l’Atlas saharien et de l’accident sud- tellienne n’occupe que 4% de la superficie du terri-
atlasique, s’étend l’ensemble saharien qui constitue toire national et se trouve confrontée à la limitation
87 % de notre territoire. Le grand Erg Occidental et de ses plaines et zones basses du fait de l’impor-
le grand Erg Oriental forment la plus large étendue tance de ses reliefs.
désertique de dunes de sable. Les plus importantes
oasis s’y trouvent. A l’extrême Sud, s’érige le haut Cet ensemble dispose de 2,5 millions d’hectares
massif désertique du Hoggar dont le point culmi- de la SAU nationale qui sont, notamment dans la
nant est à près de 3000 m d’altitude. partie littorale, les meilleures terres agricoles du pays,
grâce aux conditions climatiques de la zone qui
Cette zone saharienne se caractérise par les fortes totalise 95% des eaux de ruissellement de
amplitudes thermiques et l’aridité extrême de son l’ensemble du territoire.
climat. Les précipitations annuelles n’y excèdent
pas 100 mm. Les zones hyper-arides, comme le Les pressions particulières qui s’exercent sur les
Tanezrouft au Sud-Ouest, ont moins de 5 mm/an. régions telliennes, du fait même de leurs avantages
Très défavorisées et fragilisées par la rigueur de comparatifs ainsi que de la prédominance des
leurs conditions climatiques et la dispersion de reliefs et fortes pentes et de la fragilité écologique
leurs ressources et zones de mise en valeur, particulière des reliefs (massifs montagneux)
les régions sahariennes bénéficient toutefois, comme du littoral, se conjuguent cependant pour
contrairement à la zone des Hauts Plateaux, mettre fortement en danger ces ressources, à
des ressources hydrauliques non négligeables travers :
qu’offrent leurs nappes profondes et fossiles
z les empiétements massifs sur les terres agricoles
de l’Albien ou Continental Intercalaire et du
à hautes potentialités qu’implique, comme nous le
Continental Terminal.
verrons plus loin, la « littoralisation » de s a ctivités
En complément à ses tendances majoritairement et du peuplement ;
arides, le territoire algérien est par ailleurs, égale-
z les gaspillages d’autres ressources qu’impliquent
ment handicapé par les contrastes qui opposent les
ces mêmes concentrations comme, notamment, en
grands ensembles naturels qui le constituent,
matière d’eau;
les fragilités particulières qui marquent certaines de
ses zones (littoral, montagnes, steppe) et surtout la z l’érosion hydrique que favorise la prédominance des
mauvaise distribution des ressources naturelles fortes pentes ;
entre ces divers ensembles.
z les pollutions que favorisent les pressions de la
Ainsi, les Hauts Plateaux sont les plus démunis en littoralisation et qui menacent autant les équilibres
ressources hydrauliques propres (faiblesse de la des milieux sensibles (littoral et milieu marin) que
pluviométrie et, en corollaire, des ressources des les ressources elles-mêmes (pollution des nappes
nappes souterraines), d’autant que c’est à cet ensemble phréatiques).
que revient l’essentiel de la SAU (surface agricole utile)
du pays, avec 5 millions d’hectares pour un total de Bien mieux partagés au plan des espaces plats, et
7,5 millions d’hectares. donc des facilités de circulation et des superficies
agricoles, les H a u t s Pla te a ux qui totalisent
1.3- Des ressources naturelles inégalement avec l’Atlas saharien plus du double de la superfi-
distribuées, limitées et fortement menacées cie de la frange tellienne, soit 9% du territoire
national, constituent cependant l’ensemble le
De par leurs superficies et conditions naturelles plus défavorisé en termes de ressources
respectives, les ensembles constituant l e t e r r i - hydriques, alors qu’il dispose, avec 5 millions
t o i r e algérien offrent des ressources et poten- d’hectares, des deux tiers (66%) de la SAU du
tialités très inégales, ainsi que des vulnérabilités parti- pays.
culières qui menacent fortement ces ressources.
7
Les facteurs de vulnérabilité environnementale
Une forte proportion de jachère et de fa ible s Cette Algérie septentrionale, tout particulièrement
r e n d e m e n t s caractérisent ainsi l’agriculture dans sa frange littorale, se trouve ainsi sur la
des régions des Hauts Plateaux, dont l’essentiel bordure Nord de la plaque tectonique africaine
des superficies, surtout à l’Ouest et au Centre, qui entre en collision avec la plaque eurasienne.
reviennent d’ailleurs au domaine steppique
Cette compression tectonique est caractéri-
du fait de l’aridité.
sée par un r a c c o u r c i s s e m e n t d e 1 , 4 8
Les 20 millions d’hectares qui reviennent à la mm/a n e t un soulè ve me nt de 1,76 mm/an
steppe sont, par ailleurs, fortement menacés par le tout au long de la chaîne de l’Atlas tellien, ce
processu s d e désertification du fait des déséqui- qui cause des tremblements de terre non seu-
libres créés par des conditions socio-écono- lement dans la zone tellienne, mais aussi dans les
miques défavorables, entre les possibilités zones de l’Atlas saharien touchées par les
du milieu et l’exploitation excessive a u q u e l contrecoups des soulèvements telliens récents,
i l e st so u m i s (défrichem ents excessif s, comme c ’ e st le c a s tout pa r tic uliè re me n t
ch e p t e l o v i n trop nombreux). da ns le s Aur è s.
Lourdement pénalisé par son hyperaridité,
l’ensemble saharien qui occupe 87% de Séismes de la dernière décennie
l’espace national offre toutefois l’avantage
relatif (par rapport aux Hauts Plateaux) de Séisme Date Magnitude
ses ressources hydrauliques fossiles.
Chenoua 29.10.1989 6,0
Les possibilités agricoles de ces régions restent Béni-Chougrane 18. 08.1994 5,6
très faibles du fait de la rareté des sols, réduits aux (Mascara)
Ain-Bénian (Alger) 04.09.1996 5,7
lits des oueds et aux fonds des dépressions que Ain-Témouchent 22.12.1999 5,5
constituent les dayas. Les possibilités d’occupation Béni-Ourtilane 10.11.2000 5,4
essentiellement ponctuelle de ces vastes espaces
sont restreintes et compliquent les problèmes
du désenclavement et de l’exploitation des res- L’Algérie du Nord se trouve ainsi, notamment
sources. dans ses zones les plus peuplées (frange littorale),
comme le souligne la carte de séismicité, particu-
Ces conditions extrêmes fragilisent d’ailleurs
lièrement soumise au risque sismique dont le cata-
globalement cet ensemble saharien, en raison
logue des séismes destructeurs est éloquent : Alger
des équilibres étroits sur lesquels reposent
(1716), Oran (1790), Chlef (1867, 1873, 1922,
ses possibilités d’occupation et d’exploitation.
1934, 1954, 1980), Sour el Ghozlane (1910),
1.4- Un pays à risque sismique élevé M’sila (1965), Constantine (1908, 1947, 1985).
Les contrastes régionaux précédents se retrouvent
au niveau de l’aléa sismique très différemment
partagé entre l’Algérie du Nord et l’ensemble
saharien.
Les régions sahariennes relèvent en effet du socle
rigide ancien constitué par le «bouclier africain»,
peu concerné par l’activité sismique, alors que
l’Algérie du Nord (Tell et Hauts Plateaux) relè-
ve du domaine du plissement alpin encore
actif où l’activité tectonique implique le risque
sismique.
8
Les facteurs de vulnérabilité environnementale
Carte de séismicité
Annaba
Annaba
Annaba
Annaba
Annaba
Annaba
Annaba
Annaba
Annaba
Skikda
Skikda
Skikda
Skikda
Skikda
Skikda
Skikda
Skikda
Skikda
Bejaia
Bejaia
Bejaia
Bejaia
Bejaia
Bejaia
Bejaia
Bejaia
Bejaia
Alger
Alger
Alger
Alger
Alger
Alger Jijel
Jijel
Jijel
Jijel
Jijel
Jijel
Alger
Alger
Alger Tizi
Tizi
TiziOuzou
Tizi
Tizi
Tizi
Tizi
Tizi
TiziOuzou
Ouzou
Ouzou
Ouzou
Ouzou
Ouzou
Ouzou
Ouzou
Guelma
Guelma
Guelma
Guelma
Guelma
Guelma
Legende
Guelma
Guelma
Guelma
Blida
Blida
Blida Constantine
Constantine
Constantine
Constantine
Constantine
Constantine
Blida
Blida
Blida
Bouira
Bouira
Bouira
Bouira
Bouira
Bouira
Bouira
Bouira
Bouira Setif
Setif
Setif
Setif
Setif
Setif
Chlef
Chlef
Chlef
Chlef
Chlef
Chlef Medea
Medea
Medea
Medea
Medea
Medea
Medea
Medea
Medea
T
Mostaganem
Mostaganem
Mostaganem
Mostaganem
Mostaganem
Mostaganem
Mostaganem
Mostaganem
Mostaganem INTENSITES MAXIMA OBSERVEES 1716 6 1975
Oran
Oran
Oran Oum
Oum
OumEl
Oum
Oum
OumEl
El
ElBouagui
El
El
El Bouagui
Bouagui
Bouagui
Bouagui
Bouagui
Bouagui
U
Oran
Oran
Oran
Oran
Oran
Oran Oum
Oum
Oum El
El Bouagui
Bouagui (ECHELLE MERCALLI)
M'Sila
M'Sila
M'Sila
M'Sila
M'Sila
M'Sila
M'Sila
M'Sila
M'Sila Batna
Batna
Batna
Batna
Batna
Batna
Batna
Batna
Batna
Tebessa
Tebessa
Tebessa
N
Tiaret
Tiaret
Tiaret
Tiaret
Tiaret
Tiaret
Tiaret
Tiaret
Tiaret Chott El Tebessa
Tebessa
Tebessa
Hodna < VI
i
g u
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Sidi
Sidi
SidiBelabbes
Belabbes
Belabbes
Belabbes
z
Sidi
Sidi
SidiBelabbes
Belabbes
Belabbes VI
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Sidi
Sidi
SidiBelabbes
Belabbes
I
Z.
Biskra
Biskra
Biskra
Biskra
Biskra
Biskra
Biskra
Biskra
Biskra
Telemcen
Telemcen
Telemcen
G h a r b i
Telemcen
Telemcen
Telemcen
Telemcen
Telemcen
Telemcen Saida
Saida
Saida
Saida
Saida
Saida VII
S
Z. Ahmez
Saida
Saida
Saida
Djelfa
Djelfa
Djelfa
Djelfa
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Djelfa
Djelfa
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VIII
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Laghouat
Laghouat
Laghouat
Laghouat
Laghouat
Laghouat
Laghouat
Laghouat
Laghouat
Gharbi Courbes Isoseisttes
Chott El
Ghardaia
Ghardaia
Ghardaia
Ghardaia
Ghardaia
Ghardaia
9
Les facteurs de vulnérabilité environnementale
2.2- Les déséquilibres du peuplement millions d’habitants et que cette situation crée
donc d’énormes pressions et menaces sur les
Outre sa trop forte croissance des décennie s plaines littorales qui abritent ces métropoles
pas sé e s, la population algérienne se caractérise et grandes villes.
également par son inégale répartition territoriale,
au bénéfice de la frange septentrionale du pays. Evolution de la population urbaine
POPULATION en Algérie de 1966 à1998
EVOLUTION DE LA POPULATION URBAINE EN ALGERIE DE 1966 à 1998
URBAINE
18000000
Evolution de la population par région 16849400
16000000
12000000
11444249
6686785
6000000
Zone 8170,8 68 11545,5 68,1 15340,1 66,6 18.827,3 64,7
tellienne 4000000
3778482
Hauts 3007,8 25,0 4128,3 24,4 5856,8 25,4 7711,6 26,5 2000000
Plateaux
0
Sud 843,4 7,0 1275,2 7,5 1842,0 8,0 2561,9 8,8 1966 1977 1987 1998 Source:O.N.S
3- L’urbanisation : l accroissement du
Le tableau de l’évolution de la population poids
algérienne, selon les grandes ensembles naturels des villes du littoral et la croissance
qui composent le territoire, souligne de légères
L’urbanisation accélérée que connaît l’Algérie
fluctuations de la répartition du peuplement,
depuis l’indépendance se caractérise, outre son
et cela en fonction des migrations inter-
rythme soutenu, par l’avantage complémentaire
régionales qu’ont enregistrées les diverses
que s’assurent les villes du littoral et par l’anarchie
périodes, mais la tendance lourde essentielle
attachée à la croissance de toutes les villes.
dem e u re l a s u rc o n c e n t r a t i o n d u
p e u p l e m e n t dans la zone tellienne. 3.1- La lit t or alisat ion de s ac t ivit é s
e t du pe uple m e nt
Malgré une chute de près de trois points par
rapport au pourcentage de la population totale Démarré au lendemain de l’indépendance, du fait
du pays regroupée en 1966 (67,9%), la zone tellienne sans doute du parc immobilier libéré dans les
regroupe encore plus des deux tiers de la population villes par le départ des Européens, l’exode rural
algérienne (64,7% en 1998), alors que sa superficie qui produit cette urbanisation s’amplifie en se lit-
n’atteint que 4% du territoire national, contre 9% aux toralisant au cours des années 70, avec la réalisa-
Hauts Plateaux qui n’abritent qu’un peu plus du tion des grands complexes industriels qui polari-
quart (26,5%) de la population du pays et 87% aux sent les flux migratoires vers les villes telliennes
régions du Sud qui ne totalisent même pas le et, surtout, littorales, principales bénéficiaires de
dixième de cette même population. cette industrialisation.
C’est dire, en termes d’environnement, les Même si le mouvement d’urbanisation se généra-
pressions qui menacent les équilibres et les lise, depuis les années 80, à toutes les régions du
ressources de la frange physiquement privi- pays, en raison notamment de la multiplication des
légiée du pays et, notamment, sa partie littorale. chefs-lieux administratifs, l’avantage demeure
Sur les 18,8 millions d’habitants que regroupe la acquis à la frange tellienne et littorale du pays qui
zone tellienne, il faut en effet souligner que les continue à accaparer les activités, l’essentiel des
trois aires métropolitaines côtières (Alger, Oran, infrastructures et équipements et, donc, le plus fort
Annaba) et les grandes villes du littoral en regrou- peuplement comme illustré encore par le recense-
pent à elles seules bien plus du tiers avec près de 8 ment de 1998.
10
Les facteurs de vulnérabilité environnementale
%
EVOLUTION DU TAUX D'URBANISATION EN ALGERIE ET DANS LE MONDE
Le plan actuel de l’urbanisme autour d’Alger,
80 76,9 1975 illustre l’ampleur du problème créé pour la
1998
70
70,5
plupart de nos grandes villes par cette urba-
nisation mal maîtrisée et tentaculaire. Il souli-
64,1
59,9
60
54,0
49,9
56,2
gne, sans besoin de commentaires, le saccage
annoncé qui menace à terme la totalité de la
49,1
50 46,6
11
Les facteurs de vulnérabilité environnementale
q u é e s p a r l’urbanisation hâtive et non
La prolifération des quartiers non réglementés contrôlée.
trouve naturellement ses causes profondes dans
l’explosion démographique et l’exode rural mais, La persistance, sinon le développement des
également, dans la défaillance des politiques maladies à transmission hydrique (M.T.H.)
successives de l’habitat face à l’ampleur des témoigne du mauvais assainissement des
besoins, dans l’absence de maîtrise foncière et villes, en raison de la vétusté et de l’insuffisance -
dans l’absence, parallèlement, de politique s voire même de l’inexistence - dans les nouveaux
d’a m é n a g e m e nt du territoire susceptibles de quartiers, des réseaux d’assainissement.
freiner l’exode rural vers les grandes aggloméra-
A cela s’ajoutent, du fait du mouvement massif
tions. Cependant, l’habitat spontané est dés-
d’extension et de saturation des cadres urbains, les
ormais également lié à un report des citadins de la
difficultés à faire face aux autres besoins du
ville centre vers les quartiers périphériques, en raison
domaine de l’hygiène publique, avec la quasi
de la saturation des cadres urbains existants, déjà
disparition des services municipaux de l’hygiène,
évoquée.
l’indigence de plus en plus criante des services de
z Des services techniques urbains largement ramassage et de traitement des déchets urbains...
insuffisants : face à cette expansio n u rb a i ne
Partout, l’extension des surfaces urbanisées se fait
incontrôlée, les services techniques de base
à des cadences qui souvent excèdent largement
(eau potable, électricité, assainissement, voirie)
celles de la progression démographique.
ne suivent pas, ou suivent avec un retard considérable
et toujours en deçà des besoins. Outre les mauvaises Cette extension s’accompagne d’un considérable
performances et les moyens insuffisants de tous les transfert dans les modes d’utilisation des sols,
services, on note que la gestion des déchets avec perte de terres agricoles et de ressources en
urbains devient davantage problématique eau d’autant plus précieuses qu’elles sont en quan-
dans des concentrations humaines de plus en tités limitées : autour d’Alger, Oran, Constantine,
plus importantes. Par ailleurs, les quartiers Annaba, Tlemcen, Mascara, Chlef..., à savoir prin-
non réglementés n e s o n t d e s s e r v i s q u e cipalement les grandes villes des plaines littorales
f o r tuitement p ar les transports collec tif s e t et des plaines et bassins intérieurs de la zone tel-
cela dans la mesure où, par leur localisation, lienne.
i l s se t r o u v e nt à proxim ité d ’ u n e l i g n e
existant. L’état des patrimoines historiques que constituent
les médinas et les casbahs dans le Nord et les
z Les effets sur l’environnement, la santé et les ksours dans le Sud est partout des plus inquiétants,
ressources : dépourvus de services publics, y compris lorsque ces derniers sont classés
quelques zones et quartiers des villes algériennes patrimoine de l’humanité, comme c’est le cas
redeviennent le lieu de problèmes de santé de la Casbah d’Alger et des cités de la vallée du
publique (prolifération de maladies à transmission M’zab.
hydrique comme la typhoïde). De plus, l’occupa- Outre les facteurs naturels (prédisposition du
tion d’espaces impropres à l’urbanisation et la
construction non réglementée en zones exposées 4- Les activités humaines
(à fortes pentes ou inondables), développent
une vulnérabilité accrue de certaines zones territoire), démographiques (population en
urbaines aux risques naturels. croissance) et urbains (croissance incontrôlée
des villes), le modèle économique algérien a marqué
Les pénuries d’eau sont actuellement le lot de toutes les
l’occupation de l’espace et la gestion des ressources
villes, et cela, non pas faute de mobilisation suffi-
naturelles. On peut ainsi noter que :
sante des ressources, mais du fait surtout des per-
tes, de 40 à 50% enregistrées dans les réseaux en z la concentration des infrastructures et des
raison de leur vétusté ou des malfaçons imp l i systèmes d’exploitation des ressources naturelles
12
Les facteurs de vulnérabilité environnementale
réalisée dans un ordre historique et géographique z la fréquentation de l’école pour la tranche d’âge
précis, durant la période coloniale, ainsi que le 6-14 ans est passée de 35 % en 1969, à 85 % en
système d’exploitation des terres, avaient engen- 1995 ;
dré, avant l’indépendance, des distorsions spatia-
les qui se sont traduites peu à peu par une altéra-
z le taux d’analphabétisme est passé de 74 % en
tion environnementale latente ; 1966, à 43 % en 1990 ;
z le taux de mortalité est passé de 180 ‰ en 1962
z la phase récente de l’Algérie a été caractérisée
à 42,5 ‰ en 1990 ;
par une forte volonté politique d’industrialisation ;
durant cette phase, les tendances, alors fortes, de z la moyenne annuelle des créations d’emploi est
déséquilibre, n’ont pu être infléchies et ne le sont passée de 100 000 emplois/an pour la période
pas encore à ce jour ; 1967-1978, à 140 000 emplois/an entre 1980 et
z les facteurs humains et notamment la pression 1984.
démographique sur l’espace côtier du Nord, en rai- 4.2- Les problèmes environnementaux rélégués
son de l’exode rural déclenché par la littoralisation
des activités (notamment industrielles) ont été Mais ces succès ne sont pas parvenus à suppléer
amplifiés par la forte croissance de la population aux faiblesses structurelles du système d’écono-
algérienne. mie administrée qui ne tardèrent pas à se manifes-
ter dès les années 80.
4.1- Trois décennies contrastées
de développement En effet :
Au cours des années qui ont suivi l’indépendance, z l’inefficacité du capital et la faiblesse du taux
l’Algérie a opté pour un modèle qui semblait alors d’utilisation des capacités installées se sont
adapté à sa situation de pays sous-développé et traduites par une détérioration progressive de la
capable d’ouvrir une voie rapide au développe- structure financière des entreprises publiques ;
ment. Le modèle était basé sur une planification z la gestion administrée de l’économie, conjuguée
centralisée et un vaste programme de développe- à l’absence d’internalisation des contraintes
ment industriel, favorisé par le redressement des d ’ e ff i c a c i t é a favorisé les surcoûts et les
prix du pétrole dans les années 1973-1974. gaspillages ainsi que les déséquilibres macro-écono-
miques internes et externes qui commencèrent à
Les industries chimiques et pétrochimiques ainsi émerger et s’accentuèrent immédiatement ;
que les industries sidérurgiques, métallurgiques, z sur un autre plan, la forte intervention de l’État
mécaniques, électriques, textiles, agro-alimentai- dans la gestion des structures agricoles et dans la
res et celles des matériaux de construction connu- régulation des actes de production et d’échange
rent un essor certain. Durant les années 1970, un eut pour conséquence une forte instabilité et des
taux de croissance économique de 7,2 % par an a changements répétitifs dans les modes de gestion
été enregistré, ainsi qu’une amélioration du pou- du foncier et des structures agricoles ; il s’ensuivit
voir d’achat des ménages de 4 % par an et une une baisse des rendements agricoles et un recours
diminution du chômage passé de 32,7 % en 1966 accru aux importations.
à 22,3 % en 1977. Ainsi, la production agricole qui assurait 93 % des
besoins nationaux en 1969 n’en assurait plus que
Ces éléments positifs se lisent d’ailleurs dans
30 % au début des années 1980.
l’amélioration enregistrée par les indicateurs
sociaux au cours des dernières décennies : au second plan
z l’espérance de vie est passée à 63,6 ans en 1985 Le processus de développement évoqué s’est
et à 67 ans en 1994 ; effectué dans des conditions qui n’ont pas permis de
prendre en charge les priorités environnementales;
z l’indice synthétique de fécondité est passé de 7,4
enfants/femme en 1965 à 4 enfants/femme en 1996 ; la logique économique des opérateurs industriels a
13
Les facteurs de vulnérabilité environnementale
prévalu sur les approches environnementales et a de l’économie a été mis en place et se poursuit
favorisé l’occupation des sites littoraux du Nord, régulièrement. Ce processus a comporté:
faciles à aménager car proches des réservoirs de
z un ensemble de r é f or me s str uc tur e lle s d e
main-d’œuvre et des utilités nécessaires au
fonctionnement des projets (eau, électricité, l’ é c onomie ;
z de s me sur e s de sta bilisa tion ma c r o -
gaz...).
é c onomique s;
La chute brutale des prix du pétrole, en 1986, z le lancement de plans de restructuration
se c tor ie ls, sur tout industr ie ls.
En l’absence d’études d’impact, et du fait de la
priorité donnée à l’industrie, de vastes étendues de Ces mesures visent, clairement, la mise en place
terres agricoles furent consommées. L’exode rural progressive d’un cadre institutionnel et juridique
suivit la véritable littoralisation imposée aux pour permettre le fonctionnement d’une économie
activités économiques, accentuant cette dernière de marché.
avec la littoralisation du peuplement. Ainsi :
E n o u t r e , d ans les choix des pro c é dé s z un nouveau cadre juridique a permis la mise en
t e chnologiques, la majorité des unités industrielles place de l’autonomie des entreprises publiques
ne furent pas dotées d’équipements antipollution. afin de leur permettre de fonctionner dans
La dégradation des écosystèmes, la pollution de une économie de marché ;
l’eau, du littoral marin et de l’atm osp hè r e , z la relation de travail a été redéfinie dans le cadre
l ’a c c u m u l a t i o n de déchets toxiques au niveau d’une nouvelle loi en consacrant l’aspect
des unités industrielles, la généralisation des contractuel dans les relations employeurs/employés,
décharges non contrôlées, devinrent des réalités selon les normes universelles ;
préoccupantes au milieu des années 1980 : Le
d év e l o p p ement et la protection d e l ’ e n v i - z la loi relative à la monnaie et au crédit confère à
r o n n e m ent n’étaient pas en harmonie. la Banque d’Algérie son autonomie et annonce les
dispositions légales qui ga r a ntisse nt l’ in -
accentua ces tendances négatives et mit à nu ve stisse me nt é tr a nge r e n Algérie ;
l’ensemble des faiblesses structurelles. Un
z le commerce extérieur est progressivement
régime de croissance négative s’établit, aggravant
libéré ;
les déséquilibres macro-économiques et financiers,
internes et externes, rendant difficiles les z le système des prix est réformé : les prix,
conditions de prise en charge des besoins dans leur quasi totalité, sont libérés ;
sociaux, en particulier l’emploi.
z la nouvelle législation commerciale (nouveau
Le chômage augmenta, passant de 16,5 % en 1985 Code de Commerce) consacre les principes de la
à 21,3 % en 1992 et 27 % en 1995. commercialité et de la sanction économique ;
Plus grave encore, le taux de mortalité qui était z le nouveau Code des Investissements, consacré
tombé à 42,5 ‰ en 1990, a commencé à remonter par décret législatif le 5 octobre 1993, marque par
pour atteindre 55 ‰ en 1991-1992, ce qui traduisait rapport au droit antérieur d e l’ inve stissement
une régression de l’état de santé des populations. en Algérie une rupture avec le système de
contrôle et d’autorisations préalables : il établit
L’exigence d’une réforme économique devenait
la liberté d’investir sous la forme souhaitée
inévitable.
par les promoteurs, le choix de la forme juri-
4.3- L’adaptation du système économique dique d’exercice de l’activité, de répartition
Depuis le début des années 1990, un va ste du capital entre résidents et non-résidents, du
pro c e ssu s de transformation en prof ondeur
14
Les facteurs de vulnérabilité environnementale
partenaire pu b l i c o u p r i v é a i n s i q u e le
choix du site d’implantation (sauf péril pour est accordée à l’habitat et au désenclavement des
l’environnement). régions isolées. Un vaste programme de logements
(1,5 million) est prévu. Des efforts dans le domai-
ne de l’eau sont entrepris : une cinquantaine de
barrages sont prévus dans les dix années à venir ;
Parallèlement à ces réformes structurelles,
l’ É tat algérien a affirmé ses priorités. Les z le tourisme très peu développé dans un
principaux éléments en sont : pays proche de l’Europe et où les possibi-
lités sont immenses : il est prévu de mener
z une nouvelle place pour les hydrocarbures :
des actions d’envergure en vue d’en faire à
les hydrocarbures constituent un atout majeur pour
terme un secteur d’accumulation de ressources
l’Algérie et une source de financement extérieur.
en devises et de création d’emploi ;
La libéralisation des dispositions de la loi sur les
hydrocarbures a favorisé l’accès aux partenaires z enfin le domaine agricole, où la concession
étrangers ; elle permet la relance de l’effort d’ex- des terres publiques est envisagée, afin de
ploration, le développement des gisements de gaz permettre une relation plus pérenne entre l’agri-
non encore exploités et l’amélioration des condi- culteur et la terre, et l’émergence d’un véritable
tions d’exploitation de pétrole brut en cours d’ex- marché foncier favorable à l’intensification agricole.
ploitation ;
L’urbanisation et l’augmentation du pouvoir d’a-
z la consolidation de la vocation gazière de
l’Algérie : le développement progressif de la 5- Un modèle de consommation
pétrochimie et de la gazochimie, la mise en adé- écologiquement non viable à terme
quation du modèle de consommation énergétique chat entraînent immanquablement un changement
avec les réserves, constituent les principales orien- et une homogénéisation du monde moderne, mar-
tations de cette politique ; qué par l’autonomie individuelle et l’accumulation
z une nouvelle politique industrielle qui vise à personnelle des biens matériels, mode de vie qui
mettre fin à la crise de performance de l’industrie, se reproduit à des degrés divers dans le monde.
en s’attachant à en réduire les facteurs de vul- En Algérie, les habitudes alimentaires, de
nérabilité (faible densification du tissu industriel, mobilité et de consommation de ressources
orientation vers le marché intérieur, dépendance naturelles se modifient également.
d’intrants, retards technologiques, désinvestisse-
ment, faibles capacités de management). Pendant ce temps, une partie de la population,
L’augmentation de la part du secteur privé et de la
Cette consommation est fortement centrée
PME aussi bien par des opérations de privatisation
sur des comportements écologiquement dispen-
d’actifs publics, que par des mesures incitant à
dieux à travers la mobilisation importante de res-
l’investissement nouveau, consti t u e n t l e s
sources et des émissions importantes de rejets et
p ri n c i p a u x a xes de cette politique ;
donc, la production de déchets qui polluent et
z la restructuration et le redéploiement des dégradent l’environnement, sans que pour autant ne
ISMME (industries sidérurgiques, métallur- soit encouragée une politique active «d’éco-effica-
giques, mécaniques et électriques) : envisagés cité», fondée sur des changements des politiques et
dans un contexte démonopolisé et ouvert au parte- des institutions.
nariat, la restructuration et le redéploiement des coupée de cette société, vit dans le dérisoire et le
ISMME confirment le désengagement progressif dénuement et, dans sa lutte quotidienne, s’expose
de l’État des activités concurrentielles, et ce au à tous les affres de la maladie et de la malnutrition,
profit des privés ; du fait de sa vulnérabilité.
z le développement des grands équipements En raison de graves déséquilibres dans l a
publics : dans le cadre de la politique d’aménage- distribution des biens et services, une pro-
ment du territoire, une importance particulière
15
Les facteurs de vulnérabilité environnementale
16
Les facteurs de vulnérabilité environnementale
Carte pluviothermique
CARTON
CARTON PLUVIOTHREMIQUE
PLUVIOTHREMIQUE
0° 1° 2° 3° 4° 5° 6°
37° 37°
18°
16°
12°
14°
LEGENDE
14°
36°
0°
14° 36° Au dessous
au-dessous de 100 mm de 100 mm
12°
14°
12°
0° 12° de 100 à 200 mm
de 100 à 200 mm
12° 10°
18° 14°
12° de 200 à 300 mm
de 200 à 300 mm
14°
16° de 300 à 400 mm
de 300 à 400 mm
16°
35° 18°
35°
de 400 à 500 mm
de 400 à 500 mm
16°
20°
de 500 à 700 mm
de 500 à 700 mm
12°
de 700 à 1000 mm
de 700 à 1000 mm
au dessus de 2000 mm
au-dessus de 2000 mm
18°
de 1000
de 1000 à 1500 mmà 1500 mm
34°
12° 34°
de 1500
de 1500 à 2000 mmà 2000 mm
16°
TEMPÉRATURE
14° 22°
Isothermes
14°33° 10°, 12°, 14°, 16°, 18°, 20°, 22°
33°
16°
18°
32°
32°
20°
0° 1° 2° 6°
3° 4° 5°
Annaba El Kala
Alger
Jijel
Skikda LEGENDE
Bejaia
Cherchell
Tenes Tizi ouzou
Blida
Bouira Guelma
Medea Constantine Souk
Sour
El Ghezlane Setif Ahras
Oran Mostaganem B B Arreredj
Oum El Bouagui