TD 14 : GROUPES, ANNEAUX, CORPS
I Lois de composition interne
EXERCICE 14.1 Soit (E, 4) un ensemble totalement ordonné. Alors pour tout (x, y) ∈ E 2 , max(x, y) est bien défini. On PD
définit ainsi une loi de composition interne, notée max sur E.
1. Montrer que la loi max est associative et commutative.
2. Donner une condition nécessaire et suffisante pour que (E, max) possède un élément neutre.
3. Lorsque cette condition est vérifiée, quels sont les éléments inversibles de E ?
EXERCICE 14.2 Éléments réguliers AD
Soit E un ensemble muni d’une loi de composition interne ?, associative, et possédant un élément neutre e. Un élément
x ∈ E est dit régulier à gauche si ∀(y, z) ∈ E 2 , x ∗y = x ∗z ⇒ y = z et régulier à droite si ∀(y, z) ∈ E 2 , y ∗ x = z ∗ x ⇒ y = z.
1. Quels sont les éléments réguliers (à droite ou à gauche) de (Z, ×) ?
2. Soit A un ensemble. Montrer que dans (F(A, A), ◦), un élément f est régulier à droite si et seulement si f est
surjective. Donner une condition nécessaire et suffisante pour que f soit régulier à gauche.
I Groupes
EXERCICE 14.3 On définit une loi de composition interne ? sur R par : ∀(x, y) ∈ R2 , x ? y = 3 x 3 + y 3 .
p
PD
Montrer que (R, ?) est un groupe abélien.
EXERCICE 14.4 Centre d’un groupe PD
Soit G un groupe. On appelle centre de G l’ensemble Z(G) = {x ∈ G, ∀y ∈ G, xy = yx} des éléments commutant avec
tous les éléments de G. Montrer que Z(G) est un sous-groupe de G. À quelle condition a-t-on Z(G) = G ?
EXERCICE 14.5 Divers sous-groupes PD
Dans chacun des cas suivants, déterminer si H est ou non un sous-groupe de G.
[
1. G = (C∗ , ×), H = Un tous les coefficients sont dans Z.
n ∈N∗
4. G = GLn (R), H l’ensemble des matrices triangulaires
2. G = Mn (C), H l’ensemble des matrices triangulaires
supérieures dont les coefficients diagonaux valent 1.
supérieures de G.
3. G = GL 2 (R), H l’ensemble des éléments de G dont 5. G = Sn , H = {σ ∈ Sn | σ (1) = 2}
EXERCICE 14.6 Donner les tables de multiplication de U4 et U2 × U2 . Prouver alors que ces deux groupes ne sont pas AD
isomorphes (c’est-à-dire qu’il n’existe pas d’isomorphisme entre ces groupes), bien que de même cardinal.
EXERCICE 14.7 Soit G un groupe non réduit à un élément tel que pour tout д ∈ G, д2 = e. D
1. Montrer que tout élément est égal à son propre inverse. En déduire que G est abélien.
2. Montrer que G possède au moins un sous-groupe de cardinal 2.
3. On suppose que G contient au moins trois éléments. Soit H un sous-groupe fini de G, différent de {e} ou de G, et
soit д ∈ G \ H . On pose alors дH = {дh, h ∈ H }.
(a) Montrer que H ∪ дH est un sous-groupe de cardinal 2|H |.
(b) Montrer que si G est fini, alors son cardinal est une puissance de 2.
EXERCICE 14.8 Un cas particulier du théorème de Lagrange AD
Soit G un groupe commutatif fini, de cardinal n.
1. Soit д ∈ G. Montrer que x 7→ дx est une bijection de G sur lui-même.
Y
2. Soit д ∈ G. En calculant de deux manières le produit (дx), montrer que дn = 1G .
x ∈G
3. Déterminer tous les sous-groupes finis de (C∗ , ×).
EXERCICE 14.9 Opérations sur les sous-groupes AD
Soit G un groupe, H et K deux sous-groupes de G. On note HK = {h · k, (h, k) ∈ H × K}
1. Montrer que H ∩ K est un sous-groupe de G.
2. Montrer que H ∪ K est un sous-groupe de G si et seulement si H ⊂ K ou K ⊂ H .
3. Si G est abélien, montrer que HK est un sous-groupe de G.
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4. (?) Prouver que HK est un sous-groupe de G si et seulement si HK = KH .
EXERCICE 14.10 Soit G un groupe. On définit une relation binaire sur G par x ∼ y ⇔ ∃д ∈ G, x = д−1yд. AD
1. Montrer que ∼ est une relation d’équivalence sur G.
2. Déterminer le cardinal de la classe d’équivalence de 1G .
3. Si G est abélien, prouver que les classes d’équivalence sont des singletons.
4. Montrer que si x ∼ y et s’il existe n ∈ N tel que x n = 1G , alors y n = 1G .
EXERCICE 14.11 Dans cet exercice, on note G l’ensemble des similitudes directes du plan, qu’on assimile à l’ensemble AD
des fonctions f : C → C telles qu’il existe (a, b) ∈ C∗ × C tels que ∀z ∈ C, f (z) = az + b.
1. Montrer que (G, ◦) est un groupe, et qu’il n’est pas abélien.
2. Soit z 0 ∈ C. On pose G z0 = {д ∈ G | д(z 0 ) = z 0 }.
Montrer que G z0 est un sous-groupe de G, isomorphe à C∗ . Est-il abélien ?
EXERCICE 14.12 Soit G un groupe, et soit x ∈ G. On dit que x est d’ordre fini s’il existe n ∈ N∗ tel que x n = eG . AD
1. Montrer que si G est abélien, et que x et y sont d’ordre fini, alors xy est encore d’ordre fini.
2. Le résultat de la question précédente reste-t-il vrai si G n’est plus abélien ?
EXERCICE 14.13 Conjugaison dans un groupe AD
G −→ G
Soit G un groupe. Pour a ∈ G, on pose τa : .
д 7−→ aдa −1
1. Montrer que τa est un morphisme bijectif de G dans lui-même (on parle alors d’automorphisme).
2. On pose C(G) = {τa , a ∈ G}. Montrer qu’il s’agit d’un sous-groupe de (S(G), ◦).
3. Montrer que l’application φ : G → S(G) qui à a ∈ G associe τa est un morphisme de groupes. Quel est son noyau ?
EXERCICE 14.14 Soit f : G 1 → G 2 un morphisme de groupes. PD
1. Prouver que pour tout sous-groupe H 1 de G 1 , f (H 1 ) est un sous-groupe de G 2 .
2. Prouver que pour tout sous-groupe H 2 de G 2 , f −1 (H 2 ) est un sous-groupe de G 1 . En déduire que Ker f est un
sous-groupe de G 1 .
EXERCICE 14.15 Déterminer tous les morphismes de groupe de (Z, +) dans (Z, +). De (Q, +) dans (Z, +). AD
EXERCICE 14.16 Soit (G, ∗) un groupe, et soit A une partie non vide finie de G, stable par ∗. Prouver que A est un D
sous-groupe de G.
I Anneaux, corps
√ √
EXERCICE 14.17 Montrer que Z[ 2] = {x + y 2, (x, y) ∈ Z2 } est un anneau. AD
√ √
Prouver que Q( 2) = {x + y 2, (x, y) ∈ Q2 } est un corps.
EXERCICE 14.18 Soit D l’ensemble des nombres décimaux. Montrer que (D, +, ×) est un anneau. Est-ce un corps ? F
EXERCICE 14.19 Produit direct d’anneaux PD
Soient (A, +A , ×A ) et (B, +B , ×B ) deux anneaux. On munit A × B de deux lois de composition ⊕ et ⊗ définies par :
(a, b) ⊕ (a 0, b 0) = (a +A a 0, b +B b 0) et (a, b) ⊗ (a 0, b 0) = (a ×A a 0, b ×B b 0).
Montrer que (A × B, ⊕, ⊗) est un anneau, commutatif si A et B le sont. Cet anneau est-il intègre ?
EXERCICE 14.20 Parmi les ensembles suivants, lesquels sont des sous-anneaux de RN , l’anneau des suites réelles ? PD
1. l’ensemble des suites de limite nulle 5. l’ensemble des suites bornées
2. l’ensemble des suites croissantes 6. l’ensemble des suites (un ) telles que lim un = +∞
n→+∞
3. l’ensemble des suites convergentes 7. l’ensemble des suites stationnaires
4. l’ensemble des suites divergentes 8. l’ensemble des suites nulles à partir d’un certain rang
EXERCICE 14.21 Soit (A, +, ×) un anneau commutatif. Pour a ∈ A, on appelle racine carrée de a tout élément dont le AD
carré vaut a.
1. Prouver que si A est intègre, alors tout élément de A admet au plus deux racines carrées.
2. En revanche, prouver que dans (F(R, R), +, ×), la fonction constante x 7→ 1 possède une infinité de racines carrées.
EXERCICE 14.22 Soit A un anneau commutatif et E un ensemble non vide. À quelle condition F(E, A) est-il intègre ? PD
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EXERCICE 14.23 Montrer qu’un anneau commutatif intègre fini est un corps. TD
EXERCICE 14.24 Idéaux premiers (D’après oral ENS) TD
Soit A un anneau commutatif non nul. On appelle idéal de A tout sous-groupe I de (A, +) tel que ∀(a, x) ∈ A × I , ax ∈ I .
1. Montrer que pour tout x ∈ A, xA = {ax, a ∈ A} est un idéal de A.
2. Un idéal I est dit maximal si tout idéal de A, différent de A, et qui contient I est égal à I lui-même.
Et un idéal I différent de A est dit premier si ∀(a, b) ∈ A2 , ab ∈ I ⇒ a ∈ I ou b ∈ I .
(a) Montrer qu’un idéal I est maximal si et seulement si pour tout x ∈ A \ I , I + xA = A (où I + aA est l’ensemble
des éléments qui s’écrivent comme somme d’un élément de I et d’un élément de aA).
(b) Prouver qu’un idéal maximal est premier.
3. Montrer que A est un corps si et seulement si tout idéal de A est premier.
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CORRECTION 1
CORRECTION DES EXERCICES DU TD 14
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.1
1. C’est trivial.
2. Supposons que E contienne un élément neutre e pour max. Alors, pour tout x ∈ E,
max(x, e) = x, et donc e 4 x.
Donc un élément neutre est forcément un minorant de E, et étant dans E, c’est le plus petit
élément de E.
Inversement, si E possède un plus petit élément e, alors pour tout x ∈ E, max(x, e) = x, et
donc e est élément neutre.
Ainsi, (E, max) possède un élément neutre si et seulement si il possède un plus petit élément.
3. L’élément neutre est bien entendu inversible, égal à son propre inverse.
Soit x ∈ E un élément inversible. Alors il existe y ∈ E tel que max(x, y) = e.
Donc soit x = e, soit y = e.
Mais si y = e, alors y est l’inverse de x, et donc x = y −1 = e −1 = e.
Donc e est l’unique élément inversible de E.
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.2
1. Notons que Z étant commutatif, les éléments réguliers à droite et réguliers à gauche sont
les mêmes.
Supposons donc que x soit régulier, et soient y, z ∈ Z tels que xy = xz.
Alors x(y − z) = 0. Et donc soit x = 0, soit y − z = 0 ⇔ y = z.
Il est clair que 0 n’est pas régulier car 0 · 1 = 0 · 2. Donc tout élément non nul de Z est
régulier.
2. Supposons que f soit surjective, et soient д, h ∈ F(A, A) telles que д ◦ f = h ◦ f .
Soit alors y ∈ A. Par surjectivité de f , il existe x ∈ A tel que y = f (x).
Et alors д(y) = д(f (x)) = h(f (x)) = h(y). Ceci étant vrai quel que soit y ∈ A, on en déduit
que д = h, donc que f est régulier à droite.
Autrement dit
En revanche, si f n’est pas surjective, alors il existe y ∈ A qui ne possède pas d’anté-
On suppose que д(x ) = h(x )
cédent par f . Et alors deux fonctions д et h qui diffèrent uniquement en y vérifient pour tout x , y et que
∀x ∈ A, д(f (x)) = h(f (x)) car f (x) , y. д(y) , h(y).
Pourtant h , д par hypothèse, donc f n’est pas régulier à droite.
Si f est injective, soient alors д et h deux fonctions telles que f ◦ д = f ◦ h.
Alors pour tout x ∈ A, f (д(x)) = f (h(x)), et donc д(x) = h(x). Donc д = h : f est régulier
à gauche.
Inversement, soit f une fonction régulière à gauche pour la composition, et soient x 1 , x 2 ∈ A
tels que f (x 1 ) = f (x 2 ).
Soient alors д et h les fonctions constantes égales respectivement à x 1 et x 2 .
On a donc f ◦ д = f ◦ h. Et donc д = h, de sorte que x 1 = x 2 .
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.3
Commençons par prouver l’associativité de la loi ? : soient x, y, z trois réels. Alors
s
q !3 q
3
x ? (y ? z) = x3 + y +z
3 3 3 = 3 x 3 + y3 + z3 .
Et d’autre part,
s
q !3 q
3
(x ? y) ? z = x + y 3 + z 3 = 3 x 3 + y 3 + z 3 = x ? (y ? z).
3 3
Donc ? est une loi de composition associative.
Notons qu’elle est clairement commutative, puisque la somme dans R est commutative, et
donc x 3 + y 3 = y 3 + x 3 .
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2 TD 14
√3
0 est l’élément neutre pour ?, puisque pour tout x ∈ R, x ? 0 = x 3 = x. Et par commuta-
tivité, 0 ? x = x ? 0 = x. Remarque
Enfin, tout élément admet bien un inverse, qui est −x, puisque
Bien que l’élément neutre
soit le même que celui du
q √3
groupe (R, +), et que l’in-
3
p3
x ? (−x) = x 3 + (−x)3 = x 3 − x 3 = 0 = 0.
verse d’un élément x soit
également le même que
Et par commutativité, (−x) ? x = 0. dans (R, +), il ne s’agit pas
Ainsi, (R, ?) est bien un groupe. du même groupe, car en
général,
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.4 x ? y , x + y.
Pour tout x ∈ G, ex = xe = x, donc e ∈ Z(G).
Par exemple
Soit д ∈ Z(G), et soit x ∈ G. Alors дx −1 = x −1д, et donc en passant à l’inverse, xд−1 = д−1x,
√3
de sorte que x et д−1 commutent. Ceci étant vrai pour tout x ∈ G, д−1 ∈ Z(G). 1 ? 1 = 2 , 2 = 1 + 1.
Enfin, si д, h ∈ Z(G), alors pour tout x ∈ G,
дhx = д(hx) = д(xh) = (дx)h = xдh.
Donc дh et x commutent, de sorte que дh ∈ Z(G).
Et donc nous avons bien vérifié les quatre points caractérisant un sous-groupe, Z(G) est
un sous-groupe de G.
On a alors Z(G) = G si et seulement si
∀д ∈ G, д ∈ Z(G) ⇔ ∀(д, h) ∈ G 2 , hд = дh.
Soit encore si et seulement si G est abélien.
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.5
1 (qui est l’élément ∗
1. [ neutre de C ) est dans tous les Un , donc dans leur union.
Soient x, y ∈
n ∈N∗
Un .
A Danger !
Alors il existe n ∈ N∗
tel que xn= 1 et il existe p ∈ N∗ tel que y p = 1. n et p n’ont aucune raison
Mais alors (xy)np = x np y np = (x n )p (y p )n = 1p 1n = 1. d’être égaux.
Donc xy ∈ H . !n
1 1
De plus, si x ∈ H , alors il existe n ∈ N∗ tel que x n = 1, et donc = 1, donc ∈ Un ⊂ H .
x x
Ainsi, H est un sous-groupe de G.
2. La matrice nulle est dans H .
1 Ici, M (C) est bien muni
La somme1 de deux matrices triangulaires supérieures est encore triangulaire supérieure. n
Et si M ∈ H , alors −M (qui est l’inverse de M pour l’addition) est encore dans H . de la somme.
Donc H est un sous-groupe de Mn (C).
! !
2 0 1/2 0
3. est dans H , mais son inverse, n’est pas dans H , donc H n’est pas un Remarque
0 1 0 1
Si on ajoute la condition que
sous-groupe de G. det A = ±1, alors H devient
4. La matrice In est dans H . un sous-groupe de G.
Le produit de deux matrices de H est dans H .
Et si M ∈ H , alors son inverse est triangulaire supérieure, et ses coefficients diagonaux sont
les inverses de ceux de M, donc valent tous 1.
Donc M −1 ∈ H : H est un sous-groupe de G.
5. id(1) = 1 , 2, donc id, qui est l’élément neutre de Sn n’est pas dans H : H n’est pas un
sous-groupe de G.
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.6
Pour U4 = {1, −1, i, −i}, il n’y a pas de difficulté :
× 1 −1 i −i
1 1 −1 i −i
−1 −1 1 −i i
i i −i −1 1
−i −i i 1 −1
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CORRECTION 3
Puisque U2 = {−1, 1}, le groupe U2 ×U2 contient 4 éléments : (1, 1), (−1, −1), (1, −1), (−1, 1),
et on a alors
× (1, 1) (−1, −1) (−1, 1) (1, −1)
(1, 1) (1, 1) (−1, −1) (−1, 1) (1, −1)
(−1, −1) (−1, −1) (1, 1) (1, −1) (−1, 1)
(−1, 1) (−1, 1) (1, −1) (1, 1) (−1, −1)
(1, −1) (1, −1) (−1, 1) (−1, −1) (1, 1)
En particulier, pour tout x dans U2 × U2 , on a x 2 = (1, 1) l’élément neutre.
Supposons par l’absurde qu’il existe un isomorphisme φ : U2 × U2 → U4 . Rappel
Alors pour tout y ∈ U4 , il existe un unique x ∈ U2 × U2 tel que y = φ(x). Et alors
Un morphisme envoie tou-
y 2 = φ(x)2 = φ x 2 = φ((1, 1)) = 1. jours l’élément neutre sur
Autrement dit, le carré de tout élément de U4 est égal à 1. Ceci est manifestement faux, l’élément neutre.
puisque i 2 = −1 , 1.
Par conséquent, il n’existe pas d’isomorphisme de U2 × U2 → U4 .
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.7
1. Pour tout x ∈ G, xx = x 2 = e, et donc x −1 = x.
2. Soient x, y ∈ G. Alors xy = (xy)−1 . Mais (xy)−1 = y −1x −1 , qui par la question précédente
vaut yx. Et donc xy = yx, si bien que G est abélien.
3. Il existe x ∈ G tel que x , e. Et alors {e, x} est un sous-groupe de G, de cardinal 2.
4.a. Notons qu’un tel sous-groupe H existe par la question précédente.
Puisque e ∈ H , e ∈ H ∪ дH .
Soient д1 , д2 ∈ H ∪ дH . Soit д1 ∈ H , soit il existe h 1 ∈ H tel que д1 = дh 1 .
De même, soit д2 ∈ H , soit il existe h 2 ∈ H tel que д2 = дh 2 .
Montrons que д1д2 ∈ H ∪ дH est stable par produit, puisque tout élément étant égal à son
propre inverse, on aura donc, д1д2−1 = д1д2 ∈ H ∪ дH .
I Si д1 , д2 ∈ H . Alors д1д2 ∈ H par définition d’un sous-groupe.
I Si д1 ∈ H et д2 < H . Alors д1д2 = д1дh 2 = д (д1h 2 ) ∈ дH ⊂ H ∪ дH .
|{z}
∈H
I Si д1 < H et д2 ∈ H . Alors д1д2 = д (h 1д2 ).
|{z}
∈H
I Si д1 < H et д2 < H . Alors д1д2 = дh 1дh 2 = д2h 1h 2 = h 1h 2 ∈ H ⊂ H ∪ дH .
Donc nous avons bien prouvé que pour tout д1 , д2 ∈ H ∪ дH , д1д2 ∈ H ∪ дH , qui est donc
un sous-groupe de G.
Puisque la translation à gauche par д est bijective, h 7→ дh est une bijection de H sur дH ,
qui a donc même cardinal que H .
Par ailleurs, H et дH sont disjoints. En effet, supposons par l’absurde qu’il existe x ∈ H ∪ дH .
Alors x ∈ H et il existe h ∈ H tel que x = дh. Et alors д = xh −1 ∈ H , ce qui est absurde
puisqu’on a supposé д < H .
Donc H ∪ дH est de cardial Card(H ) + Card(дH ) = 2Card(H ).
4.b. Supposons par l’absurde que Card(G) ne soit pas une puissance de 2.
Soit alors H 1 un sous-groupe de G de cardinal 2. Alors H 1 , G, et donc il existe д1 ∈ G \ H 1 .
Donc H 2 = H 1 ∪ д1H 1 est un sous-groupe de G de cardinal 4.
Mais alors H 2 , G puisque G n’est pas de cardial 4. Donc il existe д2 ∈ G \ H 2 . Et alors
H 3 = H 2 ∪ д2H 2 est un sous-groupe de G de cardinal 8.
Mais H 3 n’est pas égal à G, etc.
On construit donc par récurrence une suite de sous-groupes (Hk )k >1 tels que Hk soit de
cardinal 2k .
Mais si k est suffisamment grand, 2k > Card(G), ce qui est absurde.
Donc Card(G) est nécessairement une puissance de 2.
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.8
1. Notons fд : x 7→ дx, et fд −1 : x 7→ д−1x. Alors, pour tout x ∈ G,
fд ◦ fд −1 (x) = д(д−1x) = x et de même f д ◦ fд (x) = д−1 (дx) = x .
−1
Donc non seulement fд est bijective, mais en plus, nous savons que son inverse est fд −1 .
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4 TD 14
Explication
2. D’une part, fд étant bijective, on a, avec le changement de variable y = дx,
La bijectivité nous dit que
Y Y les дx , quant x parcourt G,
(дx) = y. prennent une et une seule
x ∈G y ∈G fois chaque valeur dans G.
Et donc le produit des дx est
D’autre part, G étant commutatif, on a le même que le produit des
x, x ∈ G.
Remarquons au passage que
(дx) = дn
Y Y
x. cette notation produit n’a de
д ∈G x ∈G sens que parce que le groupe
est commutatif, sans cela, on
Détaillons un poil ce calcul pour bien voir où l’hypothèse de commutativité est indispen- ne saurait pas dans quel ordre
sable : notons G = {д1 , д2 , . . . , дn }. Alors a lieu le produit.
Y n
Y
(дx) = (дx i )
x ∈G i=1
= (дx 1 )(дx 2 ) · · · (дx n ) = дx 1дx 2 · · · дx n L’associativité nous permet
de nous passer des paren-
= ддx 1x 2дx 3 · · · дx n thèses.
La commutativité sert ici :
= · · · = д · · · д(x 1x 2 · · · x n )
|{z} on peut permuter l’ordre de
n fois deux facteurs.
n
Y
=д x.
x ∈G
Y
En notant A = x, on a donc дn A = A, et donc en multipliant à droite par A−1 , дn = 1G .
x ∈G
3. D’après la question précédente, un sous-groupe de cardinal n de (C∗ , ×), qui sera forcément
commutatif car (C∗ , ×) l’est, est formé d’éléments z tels que z n = 1.
Par conséquent, il est formé de racines n èmes de l’unité.
Autrement dit, si G est un sous-groupe de (C∗ , ×) de cardinal n, alors G ⊂ Un .
Mais Un est lui-même de cardinal n, et donc G = Un .
Donc pour tout n ∈ N∗ , (C∗ , ×) possède un unique sous-groupe de cardinal n, qui est Un .
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.9
1. C’est du cours, mais reprouvons-le tout de même :
IeG ∈ H car H est un sous-groupe, et de même, eG ∈ K. Donc eG ∈ H ∩ K.
Isoient д1 , д2 ∈ H ∩ K. Alors д1д2 ∈ H car H est un sous-groupe, et de même, д1д2 ∈ K,
donc д1д2 ∈ H ∩ K : H ∩ K est stable par produit.
Ienfin, si д ∈ H ∩ K, alors д−1 ∈ H , puisque H est un sous-groupe, et de même д−1 ∈ K,
donc д−1 ∈ H ∩ K.
Et donc H ∩ K est un sous-groupe de G.
2. Si l’un des deux sous-groupes est inclus dans l’autre, alors il est évident que H ∪ K est un
2 Puisqu’il est égal soit à H
sous-groupe2 .
Inversement supposons que H ∪ K soit un sous-groupe de G, et supposons que H 1 K et soit à K .
K 1 H.
Alors il existe h ∈ H \ K et il existe k ∈ K \ H . Rédaction
Attention aux quantifica-
Alors hk ∈ H ∪ K.
teurs : il existe un élément
I Si hk ∈ H : alors h −1 ∈ H et donc k = h −1 (hk) ∈ H , ce qui est absurde. dans H pas dans K , mais ce
I Si hk ∈ K : alors k −1 ∈ K et donc h = (hk)k −1 ∈ K, ce qui est absurde. n’est pas le cas de tous les
Dans tous les cas, on aboutit à une contradiction, et donc H ∪ K sous-groupe de G implique éléments de H (ne serait-ce
H ⊂ K ou K ⊂ H . que parce que eG est dans H
et dans K ).
3. Déjà, eG = eG eG ∈ HK.
|{z} |{z}
∈H ∈K
Soient x, y ∈ HK. Alors il existe (h, h 0) ∈ H 2 et (k, k 0) ∈ K 2 tels que x = hk et y = h 0k 0.
Et alors xy = (hk)(h 0k 0) = hkh 0k 0 = hh 0kk 0 = |{z}
hh 0 |{z}
kk 0 ∈ HK.
∈H ∈K
Et avec les mêmes notations, x −1 = (hk)−1 = k −1h −1 = |{z}
h −1 |{z}
k −1 ∈ HK.
∈H ∈K
Donc HK est un sous-groupe de G.
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CORRECTION 5
4. Supposons que KH = HK. Prouvons qu’alors HK est un sous-groupe de G.
Il contient évidemment eG = eG · eG .
Soient x, y ∈ HK. Alors il existe h 1 , h 2 ∈ H et k 1 , k 2 ∈ K tels que x = h 1k 1 et y = h 2k 2 .
Et alors xy −1 = (h 1k 1 )(h 2k 2 )−1 = h 1k 1k 2−1h −1
2 .
Mais (k 1k 2−1 )h −1
2 ∈ KH = HK. Donc il existe h ∈ H et k ∈ K tels que (k 1k 2−1 )h −1
2 = hk.
Et alors xy = h 1hk = (h 1h)k ∈ HK. Donc HK est un sous-groupe de G.
−1
Inversement, supposons que HK soit un sous-groupe de G.
Puisque K et H sont des sous-groupes de HK, KH est inclus dans HK.
Inversement, soit x ∈ HK. Alors x −1 ∈ HK. Et donc il existe h ∈ H et k ∈ K tels que
x −1 = hk, de sorte que x = k −1h −1 ∈ KH . Donc KH = HK.
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.10 Rédaction
Soit x ∈ G. Alors x = −1x1 ,
1G donc x ∼ x : ∼ est réflexive. Attention à ne pas oublier
1. G
le quantificateur existentiel
Soient (x, y) ∈ G 2 tels que x ∼ y. Alors il existe д ∈ G tel que x = д−1yд. Et alors, en devant д, et ne pas perdre de
−1
multipliant à gauche par д et à droite par д−1 , il vient y = дxд−1 = д−1 xд−1 , de sorte vue qu’il dépend des éléments
que y ∼ x. Donc ∼ est symétrique. x et y.
Soient (x, y, z) ∈ G 3 tels que x ∼ y et y ∼ z. Alors il existe deux éléments д et h de G tels
que x = д−1yд et y = h −1zh.
Et donc x = д−1h −1zhд = (hд)−1 z(hд), et donc x ∼ z : la relation ∼ est transitive.
2. Un élément x ∈ G est dans la classe d’équivalence de 1G si et seulement si il existe д ∈ G tel
que x = д−1 1G д = д−1д = 1G .
Et donc 1G = {1G }.
3. Supposons G abélien, et soient (x, y) ∈ G 2 tels que x ∼ y.
Alors il existe д ∈ G tel que x = д−1yд = yд−1д = y.
Donc la classe d’équivalence de x est réduite à x : c’est un singleton.
4. Soient x et y deux éléments de G tels que x ∼ y, et soit д ∈ G tel que y = д−1xд.
Alors n
y n = д−1xд = д−1x дд−1 xд · · · д−1xд = д−1x n д = д−1 1G д = 1G .
|{z}
=1G
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.11 Rappel
1. Puisque les similitudes directes sont des bijections de C dans C, nous allons prouver que G Il a été prouvé en cours que
est un sous-groupe du groupe S(C) des bijections de C dans C. l’ensemble des permutations
G contient évidemment idC : z 7→ z. d’un ensemble est un groupe
pour la composition.
Il est évident que la composée de deux similitudes directes est encore une similitude
directe, donc G est stable par produit. Et si f : z 7→ az + b est une similitude directe, alors
z −b
f −1 : z 7→ est également une similitude directe.
a
Donc G est stable par passage à l’inverse, et donc est un sous-groupe de (S(C), ◦).
Il ne s’agit pas d’un groupe abélien, par exemple car f : z 7→ −z et д : z 7→ z + 1 ne
commutent pas :
f ◦ д : z 7→ −z − 1 et д ◦ f : z 7→ −z − 1.
2. Donc G z0 est l’ensemble des similitudes qui ont z 0 pour point fixe.
C’est bien le cas de l’identité, si f et д ont z 0 pour point fixe, alors д(z 0 ) = z 0 ⇔ д−1 (z 0 ) = z 0 ,
si bien que (f ◦ д−1 )(z 0 ) = f (z 0 ) = z 0 et donc f ◦ д−1 ∈ G z0 .
Ainsi, G z0 est un sous-groupe de G.
C∗ −→ G z0
Soit alors φ : .
α 7−→ z 7→ α(z − z 0 ) + z 0
Nous savons que toute similitude directe qui possède z 0 comme point fixe est de la forme
z 7→ re iθ (z − z 0 ) + z 0 où r est le rapport et θ l’angle de la similitude.
Donc φ est surjective, et même bijective puisque l’écriture d’une similitude sous la forme
z 7→ az + b est unique.
Reste donc à voir qu’ils s’agit d’un morphisme de groupes.
Soient α 1 , α 2 ∈ C∗ . Notons f 1 = φ(α 1 ) : z 7→ α 1 (z−z 0 )+z 0 et f 2 = φ(α 2 ) : z 7→ α 2 (z−z 0 )+z 0 .
Alors f 1 ◦ f 2 est une fonction affine, qui possède z 0 comme point fixe (car il est point fixe Alternative
de z 1 et de z 2 ), et qui possède α 1α 2 comme coefficient dominant. Si vous n’êtes pas convaincu,
Donc pour tout z ∈ C, (f 1 ◦ f 2 )(z) = α 1α 2 (z − z 0 ) + z 0 , c’est donc φ(α 1α 2 ). faire le calcul !
Et donc f est un morphisme de groupes, c’est donc un isomorphisme de groupes.
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6 TD 14
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.12
1. Si G est abélien, alors les puissances de x et de y commutent.
Donc en particulier, si n, p sont deux entiers strictement positifs tels que x n = y p = eG ,
alors (xy)np = x np y np = (x n )p (y p )n = eG .
Et donc xy est d’ordre fini.
2. Le résultat n’est plus vrai si G n’est pas abélien. Par exemple, dans le groupe des similitudes
3 Voir l’exercice précédent.
directes du plan3 , une rotation d’angle π est d’ordre fini, puisqu’élevée au carré, elle est
égale à l’identité.
En revanche, la composée de deux rotations d’angle π , de centre distincts est une translation
de vecteur non nul.
En effet, si α , β sont deux complexes, si f : z 7→ −z + α et д : z 7→ −z + β sont deux
rotations d’angle π , alors д ◦ f : z 7→ z + (β − α).
Or, une translation τ de vecteur non nul u~ n’est jamais d’ordre fini puisque pour tout
n ∈ N∗ , τ n est4 la translation de vecteur n~ u , ~0. 4 Passer par les complexes si
vous avez besoin de vous en
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.13 convaincre.
1. Soient (д, h) ∈ G 2 . Alors
τa (д)τa (h) = aдa −1aha −1 = aдha −1 = τa (h).
Donc τa est un morphisme de G dans lui-même.
Pour montrer la bijectivité , il y a deux options :
Isoit prouver injectivité et surjectivité
Méthode
Isoit exhiber la bijection réciproque si on la voit. Pour prouver l’injectivité
Ici, la seconde option est de loin la plus facile, puisque pour tout д ∈ G, d’un morphisme, il suffit de
prouver que son noyau est
(τa −1 ◦ τa )(д) = a −1τa (д)a = a −1aдa −1a = д = idG (д). réduit à l’élément neutre.
Et puisqu’on a toujours
Et de même, τa ◦ τa −1 = id, donc τa −1 est la bijection réciproque de τa . {eG } ⊂ Ker φ, il suffit de
prouver l’inclusion réci-
proque, c’est à dire
Prouvons tout de même injectivité et surjectivité.
x ∈ Ker φ ⇒ x = eG .
Pour l’injectivité, soit д ∈ Ker τa .
Alors aдa −1 = e ⇔ aд = ea ⇔ д = e.
Donc τa est injectif.
Remarque
Soit à présent y ∈ G. Alors y = a(a −1ya)a −1 = τa a −1ya , et donc τa est surjectif.
Notons que nous venons de
On en déduit donc que τa est bijectif.
trouver l’unique antécédent
2. Nous venons de prouver que les τa sont des éléments de S(G), car bijectifs. de y, et donc la bijection
On a τe = idG ∈ C(G). réciproque de τa .
Et pour (a, b) ∈ G 2 et д ∈ G, on a
−1
τa ◦ τb−1 (д) = (τa ◦ τb −1 ) (д) = τa b −1дb = ab −1д ab −1 (д).
Et donc τa ◦ τb −1 = τab −1 ∈ C(G).
Ainsi, C(G) est bien un sous-groupe de (S(G), ◦).
3. Le calcul réalisé à l’instant prouve que pour (a, b) ∈ G 2 , τa ◦ τb = τab , soit encore que
φ(ab) = φ(a) ◦ φ(b), et donc φ est un morphisme de groupes.
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.14
1. Soit H 1 un sous-groupe de G 1 , et soient y1 , y2 ∈ f (H 1 ). Alors il existe deux éléments
x 1 , x 2 ∈ H 1 tels que y1 = f (x 1 ) et y2 = f (x 2 ).
Et alors y1y2−1 = f (x 1 )f (x 2 )−1 = f (x 1x 2−1 ). Puisque H 1 est un sous-groupe de G 1 , x 1x 2−1 ∈ H 1
et donc y1y2−1 ∈ f (H 1 ), de sorte que f (H 1 ) est un sous-groupe de G 2 .
2. Soit H 2 un sous-groupe de G 2 , et soient x 1 , x 2 ∈ f −1 (H 2 ).
Alors f (x 1 ) ∈ H 2 et f (x 2 ) ∈ H 2 .
Donc f (x 1x 2−1 ) = f (x 1 )f (x 2 )−1 ∈ H 2 , de sorte que x 1x 2−1 ∈ f −1 (H 2 ).
Donc f −1 (H 2 ) est un sous-groupe de G 2 .
En particulier, Ker f = f −1 {eG 2 } , et {eG 2 } est un sous-groupe de G 2 , donc Ker f est un
sous-groupe de G 1 .
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CORRECTION 7
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.15
Soit φ : Z → Z un morphisme de groupes. Alors φ(0) = 0.
Notons k = φ(1). Alors φ(2) = φ(1 + 1) = φ(1) + φ(1) = k + k = 2k.
Puis φ(3) = φ(2 + 1) = φ(2) + φ(1) = 2k + k = 3k.
Une récurrence facile prouve alors que pour tout n ∈ N, φ(n) = nk.
Et pour n ∈ Z négatif, φ(n) = −φ(−n), où −n ∈ N et donc φ(n) = −(−nk) = nk.
Inversement, il est facile de constater que pour k ∈ Z fixé, φ : n 7→ nk est bien un
morphisme de (Z, +) dans lui-même car
∀(p, q) ∈ Z2 , φ(p + q) = (p + q)k = pk + qk = φ(p) + φ(q).
Donc les morphismes de (Z, +) dans lui-même sont les n 7→ kn, k ∈ Z.
Soit à présent φ : Q → Z un morphisme. r Soit alors rr∈ Q non rnul,
et soit n ∈ N.
r r r
Alors φ(r ) = φ + +···+ =φ +···+φ = nφ .
r n n n n n n
Or, φ(r ), φ et n sont tous des entiers, donc n divise φ(r ), et ce quel que soit n ∈ N.
n
Le seul entier étant divisible par tous les autres est 0, et donc φ(r ) = 0 pour tout r ∈ Q : φ
est le morphisme nul.
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.16 B Attention !
Soit a ∈ A. Puisque A est stable par ∗, pour tout n ∈ N∗ , an
∈ A. On ne sait pas encore si
a 0 = eG est dans A.
Mais A étant fini, ces puissances ne sauraient être toutes distinctes : il existe deux entiers
distincts n et p tels que an = ap .
Quitte à échanger n et p, supposons que p > n. Alors an = ap ⇔ ap−n = eG .
Donc déjà, eG ∈ A car p − n ∈ N∗ .
De plus, a ∗ ap−n−1 = eG , de sorte que ap−n−1 = a −1 .
Or, p − n − 1 > 0, donc a −1 ∈ A.
Ainsi, nous avons prouvé que A contient l’élément neutre, et est stable par passage à
l’inverse : si a ∈ A, alors a −1 ∈ A.
Puisque A est de plus stable par ∗, il s’agit d’un sous-groupe de G.
SOLUTION DE L’EXERCICE
√ 14.17 √ √
Il est clair que 1 ∈ Z[ 2] car 1 = 1 + 0 2. Soient (x, y) ∈ Z[ 2]2 . Alors il existe quatre
√ √
entiers a, b, c, d tels que x = a + b 2 et y = c + d 2.
√ √ Méthode
Et donc x − y = |{z}a − c + (b − d) 2 ∈ Z[ 2].
| {z } Pour montrer qu’un en-
∈Z ∈Z semble est muni d’une struc-
√ √
De même, xy = ac + 2bd
| {z } (ad+ + bc) 2 ∈ Z[ 2]. ture d’anneau, toujours com-
∈Z
| {z } mencer par se demander s’il
√ ∈Z
ne pourrait pas ’agir d’un
Donc Z[ 2] est un sous-anneau de (R, +, ×), et en particulier est un anneau. sous-anneau d’un ensemble
√ déjà connu.
Les mêmes types de calculs, en remplaçant Z par Q prouvent que Q( 2) est un anneau. En effet, il y a bien moins
√ de propriétés à prouver pour
De plus, soit x un élément non nul de Q( 2).
√ un sous-anneau que pour un
Alors il existe deux rationnels a et b tels que x = a + b 2. anneau.
Et alors l’inverse5 de x 5 Dans le corps R.
√
1 1 a −b 2 a b √ √
= √ = 2 = 2 − 2 2 ∈ Q( 2).
x a + b 2 a − 2b 2 a − 2b 2 a − 2b 2
√
Et donc tout élément non nul est inversible : Q( 2) est bien un corps.
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.18
n
Rappelons que D = , (n, k) ∈ Z × N .
10k
Nous allons prouver qu’il s’agit d’un sous-anneau de Q.
1
On a 1 = 0 ∈ D.
10
Soient x, y deux nombre décimaux. Alors il existe des (k 1 , k 2 ) ∈ Z2 et (n 1 , n 2 ) ∈ N2 tels
k1 k2
que x = n et y = n . Et alors
10 1 10 2
k1 k2 10n2 k 1 − 10n1 k 2
x −y = n
− n = ∈ D.
10 1 10 2 10n1 +n2
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8 TD 14
k 1k 2
Et de même, xy = ∈ D.
10n1 +n2
Donc il s’agit d’un sous-anneau de Q.
1
Il ne s’agit pas d’un corps, car bien que 3 ∈ D,
n’est pas décimal, puisque les diviseurs
3
premiers du dénominateur d’un nombre décimal ne peuvent qu’être 2 et/ou 5.
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.19
Ici, pas question de prouver qu’il s’agit d’un sous-anneau de quelque chose déjà connu, il
va donc tout falloir reprouver.
Avec tout de même une bonne nouvelle : il a déjà été prouvé en cours que (A × B, ⊕) est
6 C’est celui que nous avons
un groupe6 , abélien car A et B le sont.
Il reste donc à prouver que ⊗ est associative, qu’elle possède un élément neutre (qui est appelé produit direct de A et
B.
(1A , 1B )), et qu’elle est distributive par rapport à ⊕.
Prouvons juste ce dernier point, en traitant par exemple le cas de la distributivité à gauche :
soient (x A , x B ), (yA , y B ) et (z A , z B ) trois éléments de A × B. Alors
(x A , x B ) ⊗ ((yA , y B ) ⊗ (z A , z B )) = (x A , x B ) ⊗ ((yA +A z A , y B +B z B ))
= (x A ×A (yA +A z A ), x B ×B (y B +B z B ))
= (x A ×A yA +A x A ×A z A , x B ×B y B +B x B ×B z B ) ×A est ditributive par rapport
à +A , et idem dans B.
= (x A ×A yA , x B ×B y B ) ⊕ (x A ×A z A , x B ×B z B )
= ((x A , yA ) ⊗ (x B , y B )) ⊕ ((x A , yA ) ⊗ (z A , z B )) .
On prouverait de même la distributivité à droite.
Bref, A × B est un anneau, et il est facile de constater qu’il est commutatif si A et B le sont,
et même qu’il s’agit là d’une condition nécessaire et suffisante.
En revanche, même si A et B sont intègres, dès que A et B sont non nuls, on a A × B qui
n’est pas intègre.
En effet, pour a ∈ A \ {01 } et b ∈ B \ {0B }, (a, 0B ) ⊗ (0A , b) = (0A , 0B ), sans qu’aucun des
deux facteurs ne soit nul.
Enfin, si A est nul, alors tout élément de A × B est de la forme (0A , b), avec b ∈ B.
Donc si B est intègre, alors (0A , b1 ) ⊗ (0A , b2 ) = (0A , 0B ) ⇔ b1b2 = 0B ⇔ b1 = 0B ou b2 =
0B .
Donc A × B est intègre.
En revanche, si B n’est pas intègre, et que a, b sont deux diviseurs de zéro tels que ab = 0B ,
alors (0A , a) ⊗ (0A , b) = (0A , 0B ), et donc (0A , a) est un diviseur de zéro dans A × B, qui n’est
donc pas intègre.
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.20
1. Non, car la suite constante égale à 1 n’est pas dedans.
2. Non, car l’opposée d’une suite strictement croissante n’est plus croissante.
3. Oui.
4. Non : la suite nulle n’est pas divergente.
5. Oui : la suite constante égale à 1 est bornée, et la différence et le produit de suites bornées
sont bornées.
6. Non : l’opposé d’une suite qui tend vers +∞ tend vers −∞.
7 Puisque constante.
7. Oui : la suite constante égale à 1 est stationnaire7 .
Si (un ) et (vn ) sont stationnaires, alors il existe n 0 ∈ N et n 1 ∈ N tels que n > n 0 ⇒ un = un0
et n > n 1 ⇒ vn = vn1 .
Mais alors pour n > max(n 0 , n 1 ), on a un −vn = un0 −vn1 , et donc (un −vn ) est stationnaire.
De même, pour n > max(n 0 , n 1 ), unvn = un0 vn1 .
Donc on a bien un sous-anneau de RN .
8. Non, la suite constante égale à 1 n’est pas dedans.
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.21
1. Supposons A intègre, et soit a ∈ A possédant une racine carrée b : a = b 2 .
Si c est une racine carrée de a, on a donc c 2 = b 2 ⇔ c 2 − b 2 = 0A . 8 Et là, l’hypothèse que A est
Soit encore8 , (c − b)(c + b) = 0A . commutatif est importante.
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CORRECTION 9
Puisque A est intègre, on a donc c − b = 0A ou c + b = 0A , et donc c = b ou c = −b.
Donc a possède au plus deux racines carrées.
Bien entendu, vous connaissez bien l’anneau intègre R : nous ne venons pas de dire que
tout élément de A possède exactement deux racines carrées, mais bien au plus deux.
1
si x 6 a
2. Pour a ∈ R, la fonction définie par fa (x) = −1 si x > a est telle que fa × fa = 1̃, et
donc est une racine carrée de 1̃.
Et donc, cette dernière possède une infinité de racines carrées.
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.22
Nous allons prouver que F(E, A) est intègre si et seulement si E est un singleton et que A
est intègre.
Si E = {x} est un singleton et que A est intègre, soient alors f , д ∈ F(E, A) telles que
f ×д =H 0, la fonction nulle.
Alors f (x)д(x) = 0A , et donc par intégrité de A, f (x) = 0A ou д(x) = 0A .
9 Qui est le neutre additif de
Mais alors f est la fonction nulle9 , ou д est la fonction nulle. Donc F(E, A) est intègre.
F(E, A).
En revanche, si Card(E) > 2, alors soient x, y deux éléments distincts de F(E, A). Alors les
E −→ A E −→ A
fonctions f : 1A si t = x et д :
1A si t = y sont non nulles
t 7−→ 0A sinon t 7−→ 0A sinon
mais vérifient f × д = H
0.
Donc F(E, A) n’est pas intègre.
Et si A n’est pas intègre, soient alors x, y deux diviseurs de zéro tels que xy = 0A . Alors les
fonctions constantes égales respectivement à x et y ne sont pas nulles, mais leur produit
l’est, donc sont des diviseurs de zéro.
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.23
Soit (A, +, ×) un anneau commutatif intègre de cardinal n.
Pour prouver que A est un corps, il suffit de prouver que tout élément non nul de A admet
un inverse.
Soit donc x , 0A .
A −→ A
Alors l’application f : est injective.
y 7−→ xy
En effet, si f (y1 ) = f (y2 ), alors
xy1 = xy2 ⇔ xy1 − xy2 = 0 ⇔ x(y1 − y2 ) = 0A .
Mais A étant intègre, et x étant non nul, il vient nécessairement y1 − y2 = 0A ⇔ y1 = y2 .
10 Ce résultat plutôt intuitif
Or, A étant de cardinal fini, f est injective si et seulement si elle est bijective10 .
En particulier, 1A admet un antécédent par f : il existe y ∈ A tel que xy = 1A . Puisque A sera prouvé bien plus tard.
est commutatif, on a alors yx = 1A , et donc y est l’inverse de x.
Par conséquent, tout élément non nul de A est inversible : A est un corps.
SOLUTION DE L’EXERCICE 14.24
1. Soit x ∈ A. Alors 0A = x0A ∈ xA, qui est donc non vide.
Soient xu, xv deux éléments de xA. Alors xu − xv = x(u − v), qui est un élément de xA.
Donc déjà xA est un sous-groupe de (A, +).
Si u ∈ xA, alors il existe v ∈ A tel que u = xv. Et alors pour y ∈ A, yu = yxv = x(yv) ∈ xA.
Donc xA est un idéal de A.
2.a. Il s’agit de remarquer que si I et J sont deux idéaux, alors I + J = {x + y, (x, y) ∈ I × J } est
encore un idéal de A.
En effet, si x + y et x 0 + y 0 sont deux éléments de I + J , avec (x, x 0) ∈ I 2 et (y, y 0) ∈ J 2 , alors
(x + y) − (x 0 + y 0) = (x − x 0) + (y − y 0) ∈ I + J
car I et J sont des sous-groupes.
Et pour a ∈ A, et x + y ∈ I + J , on a ax ∈ I car I est un idéal et de même ay ∈ J , donc
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10 TD 14
a(x + y) = ax + ay ∈ I + J .
Donc I + J est un idéal de A.
Soit donc I un idéal maximal, et soit x ∈ A \ I . Alors I + xA est un idéal de A, qui contient
I , et qui contient même strictement I , puisqu’il contient x, qui n’est pas dans I .
Par maximalité de I , ceci signifie donc que I + xA = A.
Et inversement, supposons que pour tout x ∈ A \ I , I + xA = A.
Soit alors J un idéal de A, différent de A, et contenant I . Supposons que J , I . Alors il
existe x ∈ J \ I , pour lequel I + xA = A.
Mais I + xA ⊂ J , donc A ⊂ J , et donc J = A.
Ceci est absurde, et donc c’est que J = I , ce qui prouve que I est maximal.
2.b. Soit I un idéal maximal, et soient (a, b) ∈ A2 tels que ab ∈ I . Supposons que a < I .
Alors I + aA = A par la question précédente.
Et donc en particulier, 1 ∈ A, et donc il existe x ∈ I et y ∈ A tels que x + ay = 1. Après
multiplication par b, on a donc bx + bay = b.
Mais x ∈ I , donc bx ∈ I , par définition d’un idéal. Et ab ∈ I , donc yab ∈ I .
11 Rappelons que c’est un
Et, donc par stabilité de I pour la somme11 , b = bx + aby ∈ I .
On prouve de la même manière que si ab ∈ I et b < I , alors a ∈ I . sous-groupe de (A, +).
Et donc I est bien un idéal premier de A.
3. Supposons que A soit un corps, et soit I un idéal de A.
Si I = {0}, alors I est premier car A est intègre : ab = 0 ⇒ a = 0 ou b = 0. Remarque
En revanche, si I , {0}, alors il existe x ∈ I non nul. Nous venons au passage
Et donc 1 = xx −1 ∈ I . Et donc pour tout a ∈ A, a × 1 = a ∈ I . Et ainsi, I = A. de prouver qu’un idéal qui
Or, il est évident que A est premier. contient 1 est nécessairement
A tout entier.
Inversement, supposons que tout idéal de A soit premier.
Puisque {0} est un idéal, il est premier, et donc A est intègre.
Soit a ∈ A. Alors l’idéal a 2A est alors soit égal à A tout entier, soit premier.
Dans le premier cas, cela signifie qu’il existe b ∈ A tel que a 2b = 1, et donc a est inversible.
Dans le second cas, puisque a 2 ∈ I , a ∈ I (ou a ∈ I ). Et donc il existe b ∈ I tel que
a 2b = a ⇔ a (ab − 1) = 0.
Puisque A est intègre, si a , 0, alors ab = 1, et donc a est inversible.
Par conséquent, tout élément non nul de A est inversible : A est un corps.
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