M12263
Thèmes abordés
M12263
Thèmes abordés
MÉMOIRE
PRÉSENTÉ
COIVlIVlE EXIGENCE PARTIELLE
DE LA MAÎTRISE EN KINANTHROPOLOGIE
PAR
JULIE BÉGIN
11 OCTOBRE 2011
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL
Service des bibliothèques
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commercialiser ou non ce travail dont [il] possède un exemplaire.»
REMERCIEMENTS
Tout d'abord, ce travail de recherche a été pour moi tout un défi, car durant ces
années, ce projet de maîtrise m'a suivie tout au long de mes aventures.
Je tiens à remercier, en premier lieu, ma fille Charlotte car, depuis qu'elle est
née, elle voit sa maman étudier plusieurs soirs par semaine. Merci pour ta
patience ma grande! Je t'aime très fort!
Enfin, je remercie ma mère et tous mes amis pour leur support et leurs
encouragements. Merci pour tout, car souvent vous avez été ma bouée de
sauvetage!
l
iv
Rgures Page
Tableaux Page
Dès l'âge de 6 ans, la danse a fait partie de mon quotidien. Ayant fait mes études
universitaires en enseignement de l'éducation physique, cette recherche va me
permettre de réunir ma passion, la danse, et mon cheminement scolaire en
enseignement de l'éducation physique.
PROBLÉMATIQUE
Plus les enfants vieillissent, moins ils bougent (Agence de santé du Canada, 2008;
Andersen, Wold et Torsheim, 2005; Falgairette, Deflandre et Gavarry, 2004; Kino
Québec, s.d.). Les adolescentes ont tendance à délaisser les activités physiques pour
les activités sociales et à être inactives durant leur cours d'éducation physique (Ki no
Québec, s.d.). Dès l'âge de 11 ans, les adolescentes (46%) deviennent moins actives
que les garçons (68%) et 73% des adolescentes de 15 à 19 ans sont inactives
(Kino-Québec, s.d.). Plusieurs raisons expliquent cette sédentarité. Pourtant, il
semble qu'elles retireraient plusieurs bienfaits, notamment psychologiques, de la
pratique régulière d'activités physiques et la danse, comme activité physique, semble
les attirer plus particulièrement.
Bien que la sédentarité soit présente chez les garçons et chez les filles (Kino
Québec, s.d.), il semble que les adolescentes délaissent plus la pratique régulière
d'activités physiques.
Dans son rapport, qui compile plusieurs recherches empiriques, Kino-Québec (s.d.)
révèle que dès l'âge de 6 ans, les filles se perçoivent moins bonnes en sport que les
garçons. C'est vers l'âge de 11 ans que l'écart entre le taux de pratique d'activités
physiques des filles et des garçons se constate. Chez les filles, 64% sont inactives
comparativement à 32% chez les garçons (Kino-Québec, s.d.). Selon Santé Canada
(2008), les jeunes québécois seraient moins actifs que les autres canadiens, 70%
des adolescentes feraient moins de quatre heures d'activités physiques par semaine
en dehors des heures de classe et 20% d'entre elles regarderaient la télévision plus
de quatre heures par jour. Au secondaire, environ 40% des adolescentes
n'atteignent pas la moitié du temps d'activités physiques de loisirs recommandé par
11nstitut national de santé publique du Québec (INSPQ), soit l'équivalent de 60
minutes de marche rapide par jour (INSPQ, 2005; Kino-Québec, s.d.). Pourtant,
l'adolescence est une période importante pour le développement de l'habitude à
pratiquer régulièrement des activités physiques, puisque celles qui vivent des
expériences positives de pratique régulière d'activités physiques risquent de
demeurer actives à l'âge adulte (Tergerson et King, 2002). La littérature offre
plusieurs explications à cette diminution substantielle de la pratique régulière
d'activités physiques chez les adolescentes.
5
Llmportance accordée par les adolescentes aux relations sociales, de même qu'à la
féminité, la mixité dans les cours d'éducation physique et le faible intérêt pour la
pratique régulière d'activités physiques pourraient expliquer leur faible taux de
pratique d'activités physiques.
Le lien entre les relations sociales et le faible taux de pratique régulière d'activités
physiques chez les adolescentes pourrait s'exprimer par deux aspects : l'importance
de l'appui de la famille et la pression sociale exercée par les pairs (Millstein, 1993).
Plusieurs études indiquent que les filles ont besoin de plus d'encouragement de leur
famille que les garçons pour s'adonner à une pratique régulière d'activités physiques
(Côté, 1999; Vu, Murrie, Gonzales et Jobe, 2006). D'ailleurs, Vu et al (2006)
indiquent que 85% des adolescentes ont identifié leur famille comme première
source de motivation à une pratique régulière d'activités physiques. Par contre, les
parents seraient plus protecteurs face à leur adolescente qu'à leur adolescent et
craindraient plus souvent que leur fille se blesse que leur garçon (Vu et al, 2006).
Bien que les deux parents jouent un rôle important dans la vie active des
adolescentes (Kalakanis, et al, 2001; Mota et Queiros, 1996; Woogler et Power,
1993), il semble que la pratique régulière d'activités physiques de la mère soit une
source d'influence plus importante que celle du père (Association canadienne pour
l'avancement des femmes, du sport et de l'activité physique, 2002; Butt, 1980;
Lenskyj, 1994). Outre l'influence de l'appui de la famille, la pression exercée par les
6
Selon les données empiriques compilé par Kino-Qquébec (s.d.), il est facile pour les
adolescentes de remplacer leurs activités physiques par autres choses telles que les
activités avec la famille ou les amis de même que les activités culturelles ou de
bénévolat. L'environnement social et l'influence des pairs seraient très importants
pour les adolescentes, car les opportunités dlnteractions sociales lors de la pratique
des sports sont des éléments déterminants de la motivation chez les filles. Les
possibilités de vivre des interactions sociales lors d'une activité physique doivent être
mises en évidence pour favoriser l'adhésion des filles (Lenskyj, 1994), car elles ont
souvent besoin que leur entourage participe à des activités physiques pour s'y
intéresser. D'ailleurs, la disponibilité d'un pair pour s'entraîner figure au deuxième
rang des facteurs qui encouragent la participation des filles de 10 à 19 ans (Kino
Québec, s.d.). Il en va de même pour la participation à toutes activités de loisir.
Ainsi, l'adolescente qui s'entoure de jeunes filles, surtout intéressées par des
activités sédentaires, sera elle-même tenue loin d'une pratique régulière d'activités
physiques. À cette pression de l'entourage s'ajoute aussi un désir, chez
l'adolescente, de développer ou de conserver une personnalité féminine.
Lors des cours d'éducation physique, les adolescentes présentent un faible intérêt à
la pratique régulière d'activités physiques. Il semble que la mixité dans les groupes,
les goûts différents entre les filles et les garçons et les activités proposées soient en
cause.
Dallaire et Rail (1996), lors d'une étude utilisant des questionnaires et des entrevues
auprès de 1965 étudiantes et étudiants de 14 à 16 ans et leur éducateur physique
(n=4O), soulignent que, selon la perception des éducateurs physiques, la
participation des adolescentes est plus faible lorsque les cours d'éducation physique
sont mixtes. Combaz (1991), qui a analysé les résultats de renquête du Ministère de
l'Éducation Nationale de la France réalisée auprès de plus de 4500 étudiants de
collèges et lycées, indique que 30% des adolescentes affirment que la mixité a une
influence négative sur leur participation au cours d'éducation physique, parce que
8
Au Québec, Dallaire et Rail (1996) indiquent que les adolescentes ne seraient pas à
l'aise d'être dévisagées par les garçons ou d'être comparées à eux et qu'elles ont
peur qu'ils se moquent d'elles lors des cours d'éducation physique. Outre la
cohabitation entre filles et garçons durant les cours d'éducation physique, les goûts
des filles qui diffèrent de ceux des garçons seraient aussi une embûche à la
participation des adolescentes (Guillen et Barr, 1994).
Chez les adolescents, le choix d'une activité sportive est souvent lié à leur genre
(Eccles et Harrold, 1991; Fontayne, Sarrazin et Famose, 2001; Tergerson et King,
2002; Toohey et Crosswhite, 1996). Ainsi, les filles choisissent la danse plus
facilement que le handball, choisi par les garçons (Cogerino, 2005). Plusieurs autres
études indiquent que les filles privilégient les interactions sociales, l'amitié et le
plaisir plutôt que la compétition ou la victoire, puisqu'elles considèrent parfois la
victoire comme une menace aux relations interpersonnelles (Clough, McCormarck et
Trail, 1996; Gilligan, 1982; Lenskyj, 1994).
Enfin, il semble que les activités proposées lors des cours d'éducation physique
soient trop souvent peu stimulantes pour les adolescentes, car l'élève est considéré
comme étant un «corps biologique» (Coltice, 2005), c'est-à-dire que malgré une
différence dans le sexe, on considère que les jeunes ont les mêmes capacités
physiques. La plupart des planifications de cours d'éducation physique ne tiennent
pas compte du genre des élèves, mais plutôt des contraintes de matériels et de
locaux (Coltice, 2005). Trop souvent, les choix des sports lors des cours d'éducation
physique mettent en évidence I~négalité des filles et des garçons comme c'est le cas
lorsque l'on offre le basket-bail ou le handball (Kino-Québec, 1997; Lenskyj, 1994).
9
Le faible intérêt des adolescentes pour la pratique régulière d'activités physiques est
prédominant dans les résultats de ces deux études. Pourtant, plusieurs recherches
indiquent que la pratique régulière d'activités physiques amène de nombreux
bienfaits aux adolescentes. Par conséquent, il serait important de trouver des
solutions pour augmenter la motivation des adolescentes à être actives.
L'étude de Camirand (1992, 1993) révèle que 58% des adolescentes de 15 à 19 ans
ont un niveau plus élevé de détresse psychologique que les garçons et que 9% des
adolescentes sont dépressives comparativement à moins de 5% pour les
adolescents. Certaines enquêtes ont démontré que les adolescentes actives étaient
moins dépressives et moins anxieuses que les adolescentes sédentaires (Agence de
la santé publique du Canada, 2008; The President's Council on Physical Fitness and
Sports, 1997). En fait, chez les jeunes filles, la pratique régulière d'activités
physiques contribue à la diminution de la gêne, du stress, de I~nsomnie et de la
dépression, tout en améliorant l'habileté à faire face aux situations difficiles et à
s'adapter socialement. De plus, le rapport de Kino-Québec (s.d.) mentionne que la
pratique régulière d'activités physiques permet aux adolescentes d'exprimer leurs
émotions et d'extérioriser ce qu'elles ressentent. Ces recherches démontrent
clairement que la pratique régulière d'activités physiques procure aux adolescentes
plusieurs bienfaits psychologiques et qu'elle peut être une alternative intéressante
aux interventions traditionnelles en santé mentale (The President's council on
Physical Fitness and sports, 1997).
Ces auteurs recommandent aussi que les éducateurs physiques mettent l'emphase
sur le développement de la confiance et de l'estime de soi des filles; d'utiliser plus
fréquemment des modèles féminins lors des démonstrations et de prendre en
compte les différences de motivation entre les adolescentes et les adolescents.
Aussi, les moyens pédagogiques au sein des cours d'éducation physique pourraient
valoriser plus souvent la créativité et la coopération. Enfin, les éducateurs physiques
auraient intérêt à prendre conscience des différences entre les attentes qu'ils
entretiennent envers les filles et les garçons, tout en reconnaissant que les filles ont
généralement moins confiance en elles (Dallaire et Rail, 1996).
L'approche Trial of Activity for Adolescent Girls (TAAG) est issue d'une recherche
pour contrer la diminution de la pratique régulière d'activités physiques chez les
adolescentes américaines. La TAAG comprend quatre objectifs: décrire la clientèle
ciblée et leur environnement, aider à concevoir des interventions de première
instance, développer des relations entre les écoles et la communauté et finalement
créer des outils d'évaluation (Gittelsohn et al, 2006). Initiée par Steven, Murray,
15
Catellier, Hanna et al. (2005) cette recherche expérimentale d'une durée de deux
ans a d'abord proposé aux filles de sixième année des activités physiques adaptées à
leurs besoins. L'ensemble des 36 écoles était divisé en deux groupes: 18 écoles
témoins et 18 écoles où l'intervention était implantée. Chaque école accueillait de
quarante-huit à quatre-vingt-seize élèves. Des mesures ont été prises au terme de
l'implantation des activités physiques alors que les adolescentes étaient en huitième
année, puis une mesure de suivi a été réalisée au printemps suivant. Les données
concluantes de cette vaste étude ont donné lieu, par la suite, à une approche qui
permet aux différents intervenants de proposer des activités physiques adaptées aux
besoins des adolescentes. Les organisations qui adhèrent à l'approche TAAG doivent
proposer des activités qui favorisent le support social des adolescentes et le
développement de la confiance en soi, tout en contribuant au développement de
leurs qualités physiques et de leurs habiletés de communication. Ces activités
doivent aussi permettre aux adolescentes d'identifier leurs intérêts et habiletés
personnels et de prendre conscience des bienfaits de la pratique régulière d'activités
physiques.
Le buddy system est une approche par jumelage, où deux personnes, qui ont des
affinités similaires, décident de faire quelque chose ensemble. Une étude de
McAuley, Courneya, Rudolph et Lox (1994) faite auprès de 125 adultes durant 5
16
Le buddy system est une manière efficace pour rendre les adolescentes actives, car
il contribue à l'augmentation de leur motivation et répond au besoin d1nteraction
sociale (Anderssen et Wold, 1992; Cholewa et Irwin, 2008; Tergerson et King,
2002). Pour la pratique régulière d'activités physiques, le buddy system à trois
personnes semble plus efficace que lorsque le jumelage comprend que deux
individus, car il permet aux adolescentes d'avoir plus souvent quelqu'un avec qui
s'entraîner (Tucker et Irwin, 2006, 2007).
Le Dance Dance Revolution (DDR) est un jeu vidéo qui consiste à danser une
chorégraphie affichée sur écran. Les niveaux de difficulté varient selon la complexité
des mouvements et la rapidité du rythme musical. Dans sa revue de littérature,
Papastergiou (2009) a une solution plus récente: le DDR. Ce jeu améliore les
connaissances en éducation physique, les habiletés physiques, les attitudes et les
comportements face à la santé en éducation physique. De plus, les jeunes qui
pratiquent le DDR ont une motivation élevée à faire ce genre d'activité physique.
Plusieurs auteurs (Gee, 2003; Malone, 1980; Prensky, 2001) observent que ce
moyen d'apprentissage technologique est plus intéressant pour les élèves que les
enseignements traditionnels. Le département d'éducation de la West Virginia
University et le Public Employee Insurance Agency ont pu observer dans les cours
d'éducation physique que les adolescentes qui utilisaient le DDR bougeaient et
participaient plus activement (Wan, 2008).
17
En résumé, une adolescente sur deux est sédentaire ou n'atteint pas le niveau
recommandé d'activité physique, alors que la pratique régulière d'activités physiques
pourrait répondre à leurs besoins, dont celui d'avoir du plaisir et de favoriser les
interactions sociales. De plus, avoir une vie active aiderait les adolescentes à vivre
moins de détresse émotive et augmenterait leur confiance en elles. La littérature
indique qu'il est important pour elles d'être soutenues par leur famille et par leurs
pairs lors d'une pratique régulière d'activités physiques et que les cours d'éducation
physique ne semblent pas répondre à leurs besoins. Cependant, il existe plusieurs
moyens pour favoriser la participation des adolescentes lors de leur cours
d'éducation physique tels que: l'approche TMG, le buddy system et le Dance Dance
Révolution. Plusieurs écoles européennes utilisent la danse comme moyen d'action
pour augmenter la motivation et la participation des adolescentes à l'activité
physique (Sanderson, 2002).
réussite pour augmenter la participation des filles dans les domaines sportifs et
d'activités physiques. Il faut: un mélange d'activités physiques et sociales; une
participation des filles à la conception du programme; des activités physiques
seulement pour celles-ci; une expérience sûre et encadrée; des regroupements par
âge; un apprentissage des techniques de base; des animatrices qui donnent
l'exemple; un moment approprié où l'on peut manger ensemble; un choix de
musique; un choix de vêtements et finalement, du plaisir (Agence de la santé
publique du Canada, 2008). La danse répond à la majorité de ces facteurs.
La danse peut être un moyen d'action pour répondre aux différentes attentes de fin
de cycle de l'éducation physique et à la santé. Par exemple, par la danse, l'élève
peut sélectionner des actions et des enchaînements qui répondent aux contraintes
de l'environnement physique dans divers types d'activités physiques: activités
cycliques, activités à action unique, activités d'adresse ou activités technico
artistiques. L'élève peut aussi tenir compte d'un nombre élevé de contraintes,
assurer une continuité dans ses enchaînements, ajuster la direction et le rythme
d'exécution selon le but visé. La danse permet aussi de discerner, de manière
autonome, les règles de sécurité qui s~mposent de façon rigoureuse et faire un bilan
de sa démarche, apprécier ses résultats et déterminer les moyens à prendre pour
s'améliorer (MELS, 2007). Plus spécifiquement, la danse est un moyen d'action qui
permet aux élèves de développer les trois compétences en éducation physique et à
la santé. Dans la compétence 1 : Agir dans divers contextes de pratique d'activités
physiques, on retrouve trois composantes : analyser la situation selon les exigences
du contexte, exécuter des actions motrices selon les contraintes de l'environnement
et évaluer son efficience motrice et sa démarche en fonction du but poursuivi. Un
élève, qui exécute une chorégraphie, doit analyser la situation, l'exécuter selon sa
capacité et ensuite, évaluer sa performance et sa démarche.
22
habitudes de vie. Un élève peut utiliser la danse comme activité physique et ainsi
élaborer, réaliser et évaluer un plan d'action concernant ses habitudes de vie.
Dallaire et Rail (1996) s1nterrogent sur l'équité pour les filles et les garçons du
contexte mixte lors des cours d'éducation physique. La grande majorité (63%) des
éducateurs et éducatrices physiques interrogés estime qu'ils sont peu préparés à
travailler avec des groupes mixtes. Plus spécifiquement, les hommes affirment qu11s
n'utilisent pas les activités appréciées des filles telles que la danse, car ils ne se
24
sentent pas compétents, n'ont pas reçu la formation nécessaire et que les occasions
de perfectionnement sont rares ou inexistantes. Pourtant, les femmes interrogées
souhaitent enseigner des activités physiques expressives. Selon certains auteurs
(Bungum et Vincent, 1997; Dallaire et Rail, 1996), il serait bénéfique que les
éducateurs physiques planifient leur séquence d'enseignement différemment en
tenant compte du sexe de leurs élèves. Les éducateurs physiques auraient intérêts à
soumettre aux adolescentes des moyens d'action qui répondent à leurs besoins, car
elles pourraient vivre des expériences qui feraient accroître leur confiance en elle,
leur efficacité personnelle et leurs habiletés motrices.
CADRE THÉORIQUE
La théorie de l'autodétermination, élaborée par Deci et Ryan dans les années 80,
cherche à expliquer la dynamique motivationnelle qui pousse un individu à s'engager
ou non dans une activité. Elle stipule que l'être humain cherche la satisfaction de
trois besoins fondamentaux: un besoin de compétence, un besoin d'autonomie et
un besoin d'appartenance sociale (Deci et Ryan, 1985a, 1991, 2000, 2002). Les
auteurs proposent trois types de motivation qui se retrouvent sur un continuum de
motivation et en déterminent le niveau d'autodétermination. De plus, le modèle de
Vallerand propose une taxonomie tripartite pour la motivation intrinsèque et
extrinsèque.
Types de motivation
1
f
J
1
Amotivation Motivation extri~sèque Motivation
1
1
intrinsèque
1
1
1 Stimulation
1
1 Accomplissement
1
1
Connaissance
externe à elle et elle fait cette activité pour éviter la perte d'un privilège de
participation à ses activités sociales et non parce qu'eHe aime la danse.
2.2.3 L'amotivation
Deci et Ryan (1985, 1991, 2000, 2002) suggèrent que lorsqu'un individu s'engage
dans une activité en percevant un locus interne de causalité, c'est-à-dire en ayant le
sentiment d'être à l'origine de son comportement, il manifeste un fort niveau de
motivation intrinsèque et de motivation extrinsèque à régulation identifiée. Si
I1ndividu ne ressent aucune pression externe, il affichera un niveau
d'autodétermination élevé. Les recherches de Li (1999) et Mullan, Markland et
Ingledew (1997) confirment la présence d'un «continuum d'autodétermination ».
Ainsi, I1ndividu sera plus ou moins autodéterminé selon que sa motivation est
intrinsèque ou extrinsèque. De plus, pour la motivation extrinsèque,
l'autodétermination varie positivement en fonction de la régulation de la motivation,
soit d'un plus haut niveau d'autodétermination pour la motivation extrinsèque à la
régulation identifiée et un plus bas niveau d'autodétermination pour la motivation
extrinsèque à la régulation externe. Par contre, il semble que les trois sous
catégories de la motivation intrinsèque (connaissance, accomplissement et
stimulation) se comparent également quant à leur influence sur le niveau
d'autodétermination. Ainsi, il est possible de situer, sur le continuum de la
32
Pour comprendre et obtenir une analyse juste de la motivation, il faut tenir compte
de la motivation intrinsèque, de la motivation extrinsèque et de l'amotivation (Deci
et Ryan, 1985a, 1991; Vallerand, 1997). Vallerand réaffirme qu'il est essentiel de
prendre en compte les trois types de motivation, de manière simultanée, pour avoir
un portrait complet des études qui portent sur la motivation.
33
Le niveau contextuel renvoie aux situations d'une même sphère d'activité (Emmons,
1995). Bien qu'il existe différents contextes, ceux des loisirs, de l'éducation, du
travail et des relations interpersonnelles sont les principaux contextes étudiés
(Dupont et al., 2009). Chacun de ces contextes comporte des facteurs contextuels
qui leur sont propres.
L'exemple suivant proposé par Vallerand (1997) explique les différences entre trois
facteurs de niveau situationnel, contextuel et global. Dans un contexte scolaire, au
niveau global, la motivation scolaire peut être influencée par des facteurs qui se
34
situent à trois niveaux. Les parents sont considérés comme des facteurs globaux, car
ils sont présents tout au long de la vie de l'enfant. Au niveau contextuel, un
enseignant est considéré comme un facteur contextuel parce qu'il est présent dans
un contexte spécifique soit celui de l'école, mais est absent dans les autres contextes
de l'enfant, tels que le contexte sportif. Enfin, au niveau situationnel, un facteur
situationnel serait de recevoir une rétroaction négative, car il a trait à une situation
bien précise et à un moment particulier.
Ces trois niveaux de généralité peuvent aussi être illustrés par un exemple issu des
expériences vécues par les adolescentes lors de leur cours d'éducation physique ou
de danse. Par exemple: la mère reconduit son adolescente à son cours de danse du
lundi soir. L'adolescente suit des cours avec une professeure de danse et elle
pratique un exercice de sauts. Les sauts sont les exercices préférés de l'adolescente.
Donc, le facteur global est I~mplication de la mère, qui est toujours là dans la vie de
['adolescente, la professeure est le facteur contextuel, car elle est présente dans la
vie de l'adolescente à un moment spécifique et l'exercice de sauts devient le facteur
situationnel, car il se fait à un moment spécifique dans le cours.
Tel que présenté précédemment, Vallerand (1997) indique que la motivation est
influencée par trois types de facteurs sociaux : les facteurs situationnels, les facteurs
contextuels et les facteurs généraux. Par facteurs sociaux, il entend les facteurs
humains et non humains que l'on retrouve dans l'environnement social. Cependant,
trois médiateurs psychologiques viennent s'interposer entre les facteurs sociaux et la
motivation: la perception de compétences, la perception d'autonomie et la
perception d'appartenance sociale.
35
2.4.4 Un lien du bas vers le haut est proposé entre les motivations à un niveau
proximal inférieur et la motivation au niveau adjacent supérieur de la
hlérarchie
ont été fréquemment utilisés pour soutenir les études sur la motivation en contexte
scolaire, sportif et de loisir (Beauchamps, Halliwell, Fournier et Koestner, 1996;
Biddle et Brooke, 1992; Thompson et Wankel, 1980). Leur utilisation constitue une
base solide pour inspirer les outils d'observation de cette recherche et obtenir une
perspective multidimensionnelle de la motivation des adolescentes en contexte
d'éducation physique et en contexte des cours de danse.
MÉTHODOLOGIE
3.1 Le questionnaire
Tableau 3.1
Modifications apportées au questionnaire suite à la validation
Questions originales Questions modifiées
Données sociométriques
Concentration sportive : Fais-tu partie d'un programme particulier en
Oui lien avec l'éducation physique, la danse, les
Non arts ou autres?
Si oui, lequel?
Non
Parce que j'éprouve de la satisfaction à Parce que j'éprouve de la satisfaction à en
en savoir plus en éducation physique savoir plus (théorique et/ou technique) en
éducation physique
Parce que j'éprouve de la satisfaction à Parce que j'éprouve de la satisfaction à en
en savoir plus en danse savoir plus (théorique et/ou technique) en
danse
Pour l'excitation que je ressens lorsque Pour l'excitation que je ressens lorsque je
je suis « embarquée» dans un cours suis « embarquée pleinement» dans un
d'éducation physique cours d'éducation physique
Pour l'excitation que je ressens lorsque Pour l'excitation que je ressens lorsque je
je suis « embarquée» dans un cours de suis « embarquée pleinement» dans un
danse cours de danse
Pour répondre aux questions suivantes: quelles sont les sources de motivation des
adolescentes lors de la pratique d'activités physiques en contexte de danse? et quelles
40
sont les sources de motivation des adolescentes lors de la pratique d'activités physiques
en contexte d'éducation physique?, un canevas d'entrevue a été créé. Ce canevas
d'entrevue a été élaboré à la suite de l'analyse des résultats du questionnaire tout en
s'appuyant sur la théorie de l'autodétermination et le modèle hiérarchique de la
motivation intrinsèque et extrinsèque de Vallerand (1997). À partir des réponses
obtenues lors de l'analyse du questionnaIre, les questions du canevas d'entrevue ont
servi à approfondir les perceptions des adolescentes de leur motivation. L'utilisation de
l'entrevue individuelle se caractérise par «une structuration supérieure suscitée par
l'emploi du guide des questions préformulées » (Schumacher, 1997, p.19). L'entrevue
semi-dirigée offre plusieurs avantages tels qu'une certaine flexibilité dans les questions,
une systématisation plus facile et offre la possibilité de faire une semi-quantification. Le
rôle de l'intervieweur est déterminant, afin que chaque participante se sente libre de
répondre. Au fur et à mesure de l'entrevue, l'întervieweur peut ajouter des questions
pour permettre à la participante d'approfondir sa réponse.
3.3 L'échantillon
Cinquante et une participantes âgées de 13-20 ans qui proviennent de cinq écoles de
danse et étudient au secondaire (n-31) ou au collégial (n-20) ont répondu au
questionnaire (tableau 3.2).
Tableau 3.2
Répartition des participantes au questionnaire en fonction de l'âge et de l'école de danse
d'appartenance
Secondaire Cégep
Écoles de danse 13-14 ans 15-17 ans 17-18 ans 19-20 ans Total
1 1 7 8
2 3 8 1 12
3 5 6 11
4 1 1 2 4
5 6 10 16
Total 9 22 8 12 51
41
Tableau 3.3
Répartition des participantes aux entretiens en fonction de l'âge et de l'école de danse
d'appartenance
Âges des filles au sec. Âge des filles au cégep
Écoles de danse 12-14 ans 15-17 ans 17-18 ans 19-20 ans Total
1 2 2 4
2 1 3 4
3 1 1 2
4 1 1 2
5 1 1 2
Total 2 6 4 2 14
Premièrement, une demande de participation a été faite dans cinq écoles de danse, dont
les élèves provenaient de différentes écoles secondaires de la rive sud et de la rive nord
de Montréal ou de cégeps dans la région montréalaise. Une rencontre a été faite avec
chacune des directrices des écoles de danse pour présenter le projet de recherche.
Deuxièmement, étant, pour la majorité, des élèves d'âge mineur,il a été nécessaire
d'obtenir le consentement parental (appendice B), qu'elles ont remis lors de la passation
du questionnaire. Troisièmement, le questionnaire d'une durée de quinze minutes a été
administré lors d'un cours de danse. Un délai de quelques semaines entre la passation
du questionnaire et de l'entrevue avait été prévu afin d'analyser les données et de
42
Les données issues du questionnaire ont fait l'objet d'analyses statistiques descriptives:
test T sur un échantillon apparié et test de fréquence sur deux échantillons appariés
McNemar.
Les données issues de l'entrevue ont été analysées selon le modèle de l'Écuyer (1988)
qui propose un découpage des propos des sujets en unités de sens. Celles-ci sont alors
comptabilisées et une présentation chiffrée permet de présenter les tendances
communes aux sujets interrogés. Cette analyse transversale des propos des
adolescentes s'est déroulée en deux étapes. Lors de la première étape, une analyse de
contenu selon le modèle fermé à catégories prédéterminées (L'écuyer, 1988) a permis
de classer les propos des adolescentes dans des catégories prédéterminées s'inspirant
du modèle de l'autodétermination. Lors de la deuxième étape, les groupes d'énoncés
classés dans chaque catégorie prédéterminée à la première étape ont été considérés
comme des corpus uniques et ont fait l'objet d'une deuxième analyse de contenu selon
le modèle ouvert (L'Écuyer, 1988) où les catégories sont issues de l'analyse. Cette
deuxième étape d'analyse a donné lieu à l'émergence de catégories précisant les propos
des adolescentes. L'ensemble de l'analyse des données qualitatives a été réalisé par
consensus entre deux chercheures. La première chercheure a reçu une formation sur
l'analyse qualitative et sur la collecte des données. La deuxième chercheure agissait à
43
RÉSULTATS
Les résultats, présentés en deux parties proposent d'abord les données obtenues par le
questionnaire puis les informations obtenues par les entrevues.
Afin de comparer le profil motivationnel des adolescentes dans le contexte des cours
d'éducation physique à celui du contexte des cours de danse, le test T sur un échantillon
apparié a été privilégié. Ce test permet de comparer un même échantillon mesuré deux
fois. Il était effectivement important d'utiliser un test qui mesure les résultats d'une
adolescente en comparant ses réponses en contexte d'éducation physique à ses
réponses en contexte de cours de danse. Les résultats d'analyse révèlent que les filles
démontrent une motivation plus élevée en danse au niveau de la motivation intrinsèque
(T:ll,25; p>O,01) de même qu'au niveau de la motivation extrinsèque (T: 7,62 ;
p>O,01).
45
Tableau 4.1
Moyenne et écart-type des types de motivation entre les deux contextes
Ensuite une analyse a été réalisée afin de comparer les types de motivation à l'intérieur
d'un même contexte. Le test T sur un échantillon apparié révèle qu'en éducation
physique (T:3,68; p>O,Ol) comme en danse (T:14,32: p>O,Ol), la motivation
intrinsèque des filles est plus élevée que leur motivation extrinsèque. De plus, la
motivation extrinsèque est plus élevée que l'amotivation autant en éducation physique
(T: 7,83; p>O,Ol) qu'en danse (T:21,20; p>O,Ol). Enfin, la motivation intrinsèque est
plus élevée que l'amotivation dans les deux contextes (danse: T:47,08; p>O,Ol;
éducation physique: T:7,59; p>O,Ol).
Les 420 énoncés présentés au tableau 4.2 proviennent des réponses des adolescentes
qui discutaient de leur motivation lors de leurs cours de danse (n=212) et de leurs cours
d'éducation physique (n=208). La plupart des propos des adolescentes ont été classés
dans la catégorie de la motivation intrinsèque autant pour le contexte de la danse
(73,6%) que pour le contexte des cours d'éducation physique (53,8%). Ensuite, autant
en danse (17,9%) qu'en éducation physique (17,8%), les énoncés classés dans la
catégorie motivation extrinsèque représentent moins d'un cinquième de leur propos.
Rnalement, les dires des adolescentes concernant l'amotivation dans le contexte de
cours d'éducation physique (28,4%) sont plus nombreux que ceux concernant les cours
de danse (8,5%).
Tableau 4.2
Répartition des énoncés en fonction des types de motivation
4.2.3 Amotivation
Enfin, les adolescentes ont mentionné qu11 existait quelques éléments qui réduisent leur
motivation en danse (8,5%) et en éducation physique (28,4%). Plusieurs adolescentes
ont indiqué que lorsqu'elles se sentaient fatiguées, malades ou qu'elles manquent
d'énergie, elles n'avaient pas la motivation pour aller à leur cours de danse ni à leur
cours d'éducation physique. En plus, les adolescentes ont l'impression d'apprendre peu
de chose en éducation physique, qu'il y a beaucoup de perte de temps, que les cours
sont faits pour les garçons, qu~1 faut performer pour réussir, qu'elles ne se sentent pas
bonnes dans les sports proposés et qu'il y a beaucoup de compétitions lorsque les cours
sont mixtes.
Bref, cette analyse générale nous apprend que les adolescentes sont principalement
motivées par la stimulation ressentie lors de la pratique de la danse et lors des cours
d'éducation physique. De plus, elles aiment voir leur progression lors de la pratique de la
danse. Quelques éléments extérieurs les motivent à continuer à faire de la danse et à
participer lors de leur cours d'éducation physique. Malheureusement, plusieurs éléments
les démotivent, surtout en éducation physique. Lors de la deuxième phase d'analyse des
données, plusieurs thèmes ont émergé des propos des adolescentes. Ces thèmes
permettent de comprendre plus précisément ce qui motive les adolescentes à poursuivre
leurs cours de danse et leurs cours d'éducation physique.
49
Suite à la première phase d'analyse, le corpus des données a été soumis à une seconde
analyse. Grace à celle-ci, de type ouvert (L'Écuyer, 1988), plusieurs thèmes ont émergé
permettant de préciser d'avantages les nuances de la motivation des adolescentes.
Treize thèmes, répartis dans les trois sous catégories de la motivation intrinsèque sont
développés suite à cette analyse; six thèmes pour le corpus de la motivation extrinsèque
et deux pour l'amotivation.
Les résultats de la motivation intrinsèque ont été obtenus à partir des énoncés des
adolescentes concernant la motivation intrinsèque à la stimulation en danse (50%) et en
éducation physique (42,6%), le regroupement des énoncés a permis de créer huit
thèmes: les aspects sociaux, le plaisir, la stimulation générale, les sensations de
valorisation, l'ambiance, les choix, les activités physiques exclusives aux filles et la
mixité. Deux thèmes ont émergé concernant la motivation intrinsèque à
l'accomplissement en danse (12,3%) et en éducation physique (6,8%) soit:
l'amélioration et la réussite. Rnalement, trois thèmes sont apparus pour la motivation
intrinsèque à la connaissance en danse (11,3%) et en éducation physique (4,4%) soit:
l'apprentissage moteur, l'apprentissage cognitif et le plaisir d'apprendre en général.
peuvent m'aider autant que je peux les aider... » (DAi). En ce qui concerne les cours
d'éducation physique (8,2%), les adolescentes énoncent que d'être avec des amies dans
leur cours les motive à y aller et à participer plus activement. Elles ont l'impression que
la communication est meilleure quand elles sont entre amies et qu'elles se sentent moins
à part des autres. De plus, elles disent « se donner plus» quand elles sont avec des
amies, que d'avoir un esprit d'équipe les aide à se motiver et que c'est plus plaisant:
« ... oui, c'est beaucoup plus l'fun de jouer à des jeux avec tes amis que quand tu es
avec des personnes que tu ne connais pas ou un peu moins» (ED).
Ensuite, les adolescentes révèlent qu'elles ont du plaisir lors de leur cours de danse
(17,5%), car elles se sentent bien, énergiques, libérées, rassurées, en paix avec elles
mêmes et heureuse: « ... je me sens bien. Je me sens vivante. C'est ça que j'aime, je
me sens contente, je me sens bien d'être dans mon cours de danse, de danser, d'être
avec mes amies» (DA). Aussi, les adolescentes disent que leur cours d'éducation
physique (16,2%) leur change les idées, qu'elles peuvent se défouler, qu'elles se sentent
bien et énergiques lorsqu'elles participent, que le fait de bouger les aide à mieux se
sentir et qu'elles s'amusent et éprouvent du plaisir:« Je trouve ça l'fun. C'est un
moment pour lâcher mon fou, dans le kinball on peut crier... ça fait du bien. » (ED).
1Les lettres DA et ED signifient que les propos des adolescentes sont associés à la danse (DA) ou
à l'éducation physique (ED)
51
Tableau 4.3
Répartition des énoncés en fonction des thèmes de la motivation intrinsèque
presque tous les soirs et la fin de semaine aussi. En plus, je travaille à l'école de danse»
(DA). Quelques adolescentes sont plus motivées, dans leur cours d'éducation physique
(5,8%), quand elles aiment le sport proposé tel que: le volley-bail, le football, le soccer
et tout ce qui touche les arts du mouvement expressif. Certaines adolescentes indiquent
que le cours est important pour elles et qu'elles aÎment ce cours, sans pour autant en
préciser la raison: « ... C'est sûr qu11 me fallait me pousser un peu pour que je joue au
hockey, mais un autre sport comme le volley-bail, que j'apprécie et que j'aime, j'y vais et
je veux tout le temps jouer» (ED).
Parmi les énoncés classés dans le thème des sensations de valorisation, certaines
adolescentes mentionnent que dans leur cours de danse (3,9%), elles aiment réussir les
mouvements, que la danse leur donne confiance en elles et qu'elles sont fières d'elles
quand elles réussissent un mouvement ou une séquence technique : « ... : Moi danser
ça m'aide à avoir confiance en moi, de me montrer que je suis capable de faire des
choses comme les autres pis je le fais pour moi la danse aussi» (DA). À propos des
cours d'éducation physique, quelques adolescentes affirment aimer le cours d'éducation
physique (6,2%), car elles se sentent bonnes et à l'aise dans l'activité ou le sport
pratiqué: « C'était pas mal dans les trois cours les plus importants. J'aimais ça réussir,
j'aimais ça être bonne, parce que j'aimais le cours justement» (ED).
Ensuite, les adolescentes mentionnent qu'elles aiment être dans une ambiance amicale
et plaisante en danse (3,3%). Les adolescentes disent aimer aller à leur cours de danse,
car elles retrouvent une ambiance amicale, familiale et dynamique. De plus, elles aiment
l'ambiance avant et pendant les spectacles. Aussi, la musique influence positivement
leur motivation à aller dans leur cours : «On apprend des chorégraphies, dans une
ambiance amicale. C'est vraiment l'fun» (DA). Cependant, aucune fille n'a abordé le
thème de l'ambiance à propos des cours d'éducation physique.
Aussi, les adolescentes révèlent que le fait de choisir un ou plusieurs éléments dans
leurs cours de danse (1,8%) ou d'éducation physique (1,4%) les motive à partidper. Par
53
Parmi les énoncés concernant le thème des activités physiques exclusives aux filles, en
danse (1,4%) et en éducation physique (1,9%), les adolescentes mentionnent qu'elles
se sentent plus à l'aise entre elles, qu'elles ressentent moins de stress, qu11 y a moins de
compétition, qu'elles sont plus au même niveau de compétence, que c'est plus facile et
qu'elles ont plus de plaisir entre elles: «On est juste des filles. Je serais peut-être
moins à l'aise avec des gars... Ça dépend toujours du style de danse, mais moi vu que je
fais du ballet jazz, des fois le monde ne sait pas trop c'est quoi, des fois j'en parle à des
gars et des filles, et la plupart du temps c'est les gars qui vont juger, qui vont dire: c'est
quoi ça, vous faites du ballet? Au contraire, pour moi c'est quelque chose que j'adore.
Peut-être que le fait d'être juste entre filles, moi je trouve que ça me motive plus»
(DA). En éducation physique: « [Lorsqu'on est juste avec des filles] Il n'y a pas de
compétition. C'est agréable. Il n'y a pas de stress» (ED).
Finalement, aucune adolescente n'a abordé le thème de la mixité en danse. Par contre,
quelques adolescentes rapportent aimer jouer avec les garçons, lors de leur cours
d'éducation physique (2,9%): «J'aime ça [jouer avec les gars durant le cours
d'éducation physique], je me sens plus dans mon élément que de rester assise avec les
filles et de parler de cheveux, de ce que je vais faire en fin de semaine» (ED).
54
Parmi les énoncés recueillis autant en danse (11,3%) qu'en éducation physique (4,4%),
trois thèmes ont émergé de l'analyse de la motivation intrinsèque à la connaissance:
l'apprentissage moteur, l'apprentissage cognitif et le plaisir d'apprendre en général.
de danse et des nouveaux styles de danse (9,9%) : « ...moi à chaque jour que l'on
apprend quelque chose de nouveau, à chaque semaine, parce que nous avons un cours
par semaine, je suis énervée et je suis tellement motivée que je suis chez nous et
j'arrive et je me dis: Ah! Dans deux semaines, on va apprendre un nouveau bout! »
(DA). En éducation physique, certaines adolescentes aiment apprendre la technique du
mouvement (2,9%). Bref, le fait d'apprendre les stimule à participer et à aller à leur
cours: « C'est sûr dans les premiers cours que nous avons appris le volleyball, les
positions, les manières... j'ai aimé cela. Ça m'a motivée. C'est quelque chose que je
voulais connaître. Quand j'ai appris à bien jouer, ça m'a aidée (ED)>>. Ensuite,
concernant l'apprentissage cognitif, quelques adolescentes mentionnent aimer les
notions théoriques en éducation physique (1%) : « J'aime ça savoir comment prendre
soin de moi, avoir des trucs, me questionner pour savoir quoi améliorer dans ma vie
personnelle, sur ma condition en général, je trouve ça intéressant» (ED). Une
adolescente révèle que les explications concernant l'exécution d'un mouvement en
danse l'a motivée (0,9%) : « ... On s'étire et moi j'aime ça quand l'enseignante nous
donne des trucs pour notre souplesse... » (DA). Finalement, quelques adolescentes
éprouvent du plaisir à apprendre de nouvelles choses en général, autant en danse
(0,5%) qu'en éducation physique (0,5%). C'est parce que ces énoncés sont très
généraux qu'ils n'ont pu être classés parmi les thèmes précédents. Des précisions
pourraient permettre de les associer à l'une ou l'autre de ces thèmes: « Pour moi c'est
super important, si je sais que j'ai mon cours de danse, j'en manque le moins possible
parce que j'aime vraiment ça pis je veux tout le temps apprendre, apprendre des
nouvelles choses... j'aime vraiment ça» (DA) et« ... j'étais contente de l'apprendre »
(ED).
Trois thèmes ont émergé de l'analyse des énoncés concernant la motivation extrinsèque
à régulation identifiée: l'engagement, 11ntention de progresser et 11mportance de la
56
Parmi les propos des adolescentes en lien avec la motivation à régulation identifiée en
danse (5,2%) et en éducation physique (5,3%) on retrouve l'engagement face au
groupe concernant leur présence au cours ou au spectacle (2,8%). Les adolescentes
mentionnent également que si elles veulent avancer dans leur chorégraphie, elles
doivent être présentes pour pratiquer et apprendre de nouveaux mouvements. Une
adolescente mentionne qu'il est important pour elle d'être présente lors de son cours de
danse car, si elle s'absente, tout le groupe en subira les conséquences. Selon elle,
l'enseignante sera dans l'obligation de remontrer ce qu'elle a déjà enseigné lors du
prochain cours et cela ralentira le groupe dans son apprentissage. Bref, les adolescentes
sentent qu'elles doivent être présentes au cours, que c'est un devoir, une obligation face
aux autres : « Il arrive que je sois moins motivée, surtout quand il y a des chicanes.
Mais j'y vais pareil parce que j'ai pris un engagement... » (DA). En ce qui concerne les
cours d'éducation physique, les adolescentes affirment qu'elles s'engagent (2,9%) à
faire ce que les enseignants demandent et à respecter les autres. Elles se sentent
obligées de faire le cours et de s'engager envers les pairs lors de la pratique de certains
sports: « En éducation physique, du badminton je n'en joue pas tout le temps, j'essaie
de m1mpliquer un peu plus, on est juste deux par deux pour jouer. En fait, c'est comme
un tournoi de badminton, car on est un peu obligé de jouer, et je ne veux pas laisser ma
partenaire... laisser faire, ça ne me tente pas» (ED).
57
Tableau 4.4
Répartition des énoncés en fonction des thèmes de la motivation extrinsèque
Toutes les adolescentes mentionnent qu'en danse (11,3%), le fait d'avoir un spectacle
de fin d'année ou des compétitions comme récompense, les motive à travailler pour que
la chorégraphie soit parfaite. Ensuite, le fait de faire partie d'une troupe est un élément
59
Lors de l'analyse des énoncées d'amotivation des adolescentes deux thèmes ont
émergé: les éléments reliés à l'élève et ceux au contexte du cours.
60
Tableau 4.5
Répartitions des énoncés concernant l'amotivation
DANSE (n=212) ÉDUCATION
PHYSIQUE (n=208)
Fc % Nb Fc % Nb
Thèmes d'élèves d'élèves
Amotivation
Éléments reliés à l'élève 14 6,6 9 14 6,7 10
Éléments reliés au contexte du cours 4 1,9 3 45 21,7
-----'------------'--- 13
-
Sous total 18 8,5 59 28,4
Total 18 59
À propos des énoncés en lien avec les éléments reliés à l'élève, les adolescentes
affirment, autant en danse (6,6%) qu'en éducation physique (6,7%), qu'elles ne sont
pas motivées à aller à leurs cours lorsqu'elles sont fatiguées, malades, stressées ou en
manque d'énergie. D'autres éléments peuvent diminuer leur motivation, surtout
lorsqu'elles ne se sentent pas bonnes, se sentent rabaissées, ou qu'elles font tout
simplement un sport qu'elles n'aiment pas. Quelques adolescentes disent qu'elles se
découragent lorsqu'elles ne réussissent pas une séquence technique et qu'elles ne se
sentent pas compétentes dans ce qu'elles font: « Oui, c'est déjà arrivé de ne pas être
motivée... mauvaise journée tout simplement. Une journée où tu te lèves un peu moins
bien. Il n'y avait pas de raisons particulières par rapport à la danse. Je n'avais pas
d'énergie» (DA) et « Des fois, j'ai hâte que cela finisse, parce que ça ne me tentait pas
cette journée-là ou bien que ce sport-là je l'aime moins, que je ne vais pas bien cette
journée-là et que je suis fatiguée... des affaires comme cela... rien de grave» (ED).
Parmi les énoncés concernant les éléments reliés au contexte du cours, quelques
adolescentes disent à propos de leur cours de danse (1,9%), qu~1 peut y avoir des
pertes temps, surtout lorsqu'elles font du « freestyle ». De plus, s~1 y a des personnes
démotivées dans le groupe et que les professeurs mettent de la pression, cela a une
influence négative sur leur motivation: « Ça m'est arrivé avec un prof, un cours que je
n'étais pas motivée, parce que la prof nous criait tout le temps après. C'était un
problème de prof et un problème de groupe. On était 35 dans le groupe, dans un petit
local... c'était dans mes premières années en danse» (DA).
61
4.3 Différents éléments qui pourraient augmenter leur motivation selon les
adolescentes
Lors des entrevues, une deuxième question a été posée aux adolescentes concernant les
cours d'éducation physique. Elles devaient se projeter dans l'imaginaire et décrire leur
62
cours d'éducation physique idéal. Les propos des adolescentes pourraient être regroupés
en sept propositions pour motiver les filles à participer au cours d'éducation physique.
Lors des entrevues, les adolescentes ont suggéré des éléments qui, selon elles, les
aideraient à être plus motivées à leur cours d'éducation physique. Les adolescentes ont
répondu qu'elles sépareraient les garçons des filles pour éviter que les plus forts jouent
ensemble et délaissent les moins habiles. Ensuite, elles essaieraient de trouver des
sports que les filles aiment, tels que: l'aérobie, la natation, la gymnastique, de la
poutre, le tumbling, les acrobaties, le yoga, les jeux de ballons (ballon diamant, ballon
chasseur), le cheerleading, le soccer et bien sûr, la danse: « La gymnastique ou des
choses comme cela, le tumbling, la poutre... ça ressemble un peu à de la danse. Ce sont
des acrobaties. Je trouve ça "l'fun"... ». Plusieurs voudraient créer un esprit d'équipe
dans chacun des groupes, mais aucune suggestion n'a été faite concernant les moyens
de le créer. Une adolescente amène la solution de faire des jeux d'équipe pour enlever
la gêne que certaines adolescentes pourraient vivre dans le cours: « J'essaierais de
faire des trucs en équipe, mais pas tout le temps, parce que je sais que cela peut être
gênant, mais juste de faire un ou deux travaux d'équipe, ça permet aux gens de se
connaître. Ça diminue la gêne dans le cours et je trouve que cela donne une autre
dynamique au cours. Tu peux plus rire, il y a moins de stress... ». De plus, eUes
donneraient plusieurs choix de moyens d'action dans un même cours ou bien elles
feraient plusieurs jeux ou sports dans une même période: « ... .Je les ferais choisir leurs
activités qu11s veulent faire au secondaire. C'est cela qui manque. Ils ne peuvent pas
choisir. Ils arrivent dans les cours d'éduc et ils sont « pogner » à faire ce que le prof
décide. Oui! Je leur ferais choisir leur discipline, autant les gars veulent faire du
basketball ou du hockey cosom, autant que les filles peuvent préférer le volleyball et
d'autres activités telles que la danse... ». Elles amèneraient les sports comme un jeu et
non comme une évaluation et certaines enlèveraient les évaluations: « Premièrement,
j'enlèverais les évaluations. Ça stresse pour rien. C'est censé être un cours pour
63
s'amuser et avoir du plaisir... ». Elles voudraient que les élèves aient du plaisir à faire du
sport. De plus, une adolescente croit que si les enseignants utilisaient de l'humour pour
enseigner, il y aurait de fortes chances que cela la motive à aller au cours: « Les profs
au secondaire étaient parfois un peu bêtes, mais j'avais un prof que j'ai vraiment aimé.
Il faisait des farces à la fin de chaque cours. Donc, tu avais le goût d'y aller pour
entendre sa prochaine blague... ». Pour elles, I~mportant serait que les élèves
s'impliquent dans le cours, en oubliant I~dée de performance: «J'amènerais plus le
sport comme un jeu et non comme une évaluation. J'essaierais de ne pas mettre
personne sur un piédestal, j'encouragerais tout le monde de la même manière... » . Bref,
les adolescentes ont suggéré des solutions très pertinentes compte tenu de la réalité des
écoles secondaires.
CHAPITRE V
DISCUSSION
Deuxièmement, tel que vu dans plusieurs études (Cogerino, 2005; Kino-Québec, 1997;
Vescio et Crosswhite, 2002) les auteurs constatent que le plaisir devient un lien
conducteur entre les adolescentes et la participation à une activité. D'après l'analyse des
propos des adolescentes concernant leur motivation, elles ressentent du plaisir à faire de
la danse. Dans le modèle hiérarchique de Vallerand (1997), l'auteur mentionne que plus
une personne éprouve du plaisir à faire une activité, plus elle cherchera à refaire cette
activité et son plaisir augmentera. Dans cette étude, les adolescentes interrogées
ressentent beaucoup de plaisir à faire les mouvements ou les chorégraphies dans leur
cours de danse. Plus elles exécutent ces mouvements ou chorégraphies, plus leur plaisir
augmente. Est-ce qu'î1 serait possible, en éducation physique de faire des activités où les
adolescentes ressentiraient ce même plaisir?
lorsqu'elles sortent de leur cours de danse. Le fait de constater qu'elles réussissent des
séquences techniques difficiles les aide à avoir confiance en elles, de même que de voir
l'évolution d'une année à l'autre. Comme mentionné dans le modèle hiérarchique de
Vallerand (1997), si un contexte amène aux adolescentes des sensations positives, par
exemple leur cours de danse, elles voudront revenir à leur cours semaine après semaine
et même année après année. Plusieurs adolescentes interrogées faisaient de la danse à
la même école de danse depuis plusieurs années. Est-ce qu'il serait possible de faire des
activités physiques où les adolescentes se sentiraient valorisées en éducation physique?
Plusieurs sources de motivations ont été identifiées par les adolescentes de cette
recherche telles que: vivre des interactions sociales, du plaisir, des activités où elles
ressentent de la valorisation, des activités physiques exclusives aux filles et la possibilité
d'avoir du choix. Bref, si les enseignants pouvaient mettre ces ingrédients dans leur
planification de cours, il est probable que les adolescentes seraient plus motivées à
participer.
67
L'étude de McAuley, Courneya, Rudolph et Lox (1994) démontre que le buddy system
est un moyen efficace pour assurer une persévérance dans l'engagement envers
l'activité physique. De plus, le buddy system serait plus efficace à plusieurs personnes
(Tucker et Irwin, 2006,2007). On remarque dans cette étude que d'être jumelé à un
groupe ou une troupe de danse, durant une activité, aide les adolescentes à se motiver,
car l'engagement envers le groupe devient important pour elles. On constate que le
sentiment d'engagement est très fort lorsqu'elles font partie d'un groupe et surtout,
d'une troupe de danse. Ce sentiment d'appartenance dure tout au long de l'année et
même pendant plusieurs années, car les adolescentes veulent rester dans les troupes
année après année. Même si le spectacle est passé, elles participent au maximum à leur
cours de danse pour pouvoir rester dans la troupe et être avec leurs amies. Est-ce
qu'une structure misant sur le sentiment d'appartenance pourrait être un moyen efficace
pour aider les adolescentes à participer à leur cours d'éducation physique?
Lors de l'analyse des entrevues, les adolescentes ont dit que les rétroactions des
professeurs de danse ont un rôle à jouer dans leur motivation. Pour plusieurs
adolescentes, les rétroactions venant du professeur de danse ont une grande
importance. Ces rétroactions sont le reflet des habiletés des adolescentes. Lorsque leur
professeur de danse leur dit qu'elles sont bonnes, elles sont fières d'elles et cela
augmente la confiance en elles. Est-ce qu11 serait possible pour les enseignants en
éducation physique de faire plus de rétroactions face aux efforts et aux réussites des
filles durant les cours?
68
La motivation des adolescentes peut être influencée par des sources extérieures. Si les
adolescentes s'engagent envers une autre personne, la motivation de celle-ci sera plus
grande, car elles se sentiront liées à cette personne. De plus, les rétroactions positives
des enseignants face à leur effort et à leur réussite renforcent considérablement leur
motivation face à cette activité. Si les enseignants en éducation physique pouvaient
intégrer ces deux sources de motivation, possiblement que les adolescentes seraient
plus motivées.
5.3 Les irritants des cours d'éducation physique selon les adolescentes
Les adolescentes interrogées ont mentionné vivre plusieurs situations qui ne les aident
pas à se motiver lors de leur cours d'éducation physique telles que la présence de la
compétition avec les garçons, les activités physiques considérées comme des sports de
garçons, les pertes de temps dans les cours et l'obligation de faire le cours d'éducation
physique.
La littérature mentionne que plusieurs filles n'aiment pas la compétition avec les
garçons, car elles se sentent inférieures aux garçons et que selon elles, les garçons
adoptent des comportements agressifs lors de la pratique d'un sport ou d'un jeu.
Plusieurs auteurs (Clough, McCormark et Trail, 1996; Dallaire et Rail, 1996; Gilligan,
1982; Guillen et Barr, 1994; Lenskyj, 1994) mentionnent que lorsque les garçons
démontrent un esprit trop compétitif cela démotivent les adolescentes, car ils ne leur
font pas de passes ou que les plus forts jouent ensembles et laissent tomber les autres.
Cependant, quelques adolescentes de cette recherche ont mentionné que le fait d'être
avec des garçons les forçait à se dépasser, que c'était un défi de jouer avec eux. Donc,
une question s'impose: est-ce que les filles n'aiment pas la compétition ou est-ce la
différence de niveau de performance entre les élèves lors de la pratique d'une activité
physique qu'elles n'apprécient pas? Plusieurs d'entre elles nous révèlent que d'avoir des
compétitions de danse les motive à s'améliorer, à se dépasser et à pratiquer pour être
les meilleures. Donc, on remarque qu'elles aiment sentir qu'il y a de la compétition, non
69
entre elles, mais entre plusieurs troupes lors des compétitions. Selon elles, la
compétition en danse est plus saine et juste que dans un contexte d'éducation physique.
Comme elles sont toutes plus ou moins au même niveau, elles ne se sentent pas
rabaissées et n'ont pas peur du jugement. Nous pouvons comprendre que ce n'est pas
la compétition qui est un élément de non-motivation, mais plutôt de ne pas être de
même niveau que les autres élèves et de sentir qu'elles n'ont pas de chance de gagner.
De ne pas avoir la chance de gagner se ressent énormément lorsqu'elles nous parlent de
leur cours d'éducation physique, car les garçons sont beaucoup plus forts qu'elles ou
que tout simplement ils ne jouent pas avec elles. Ils font comme si elles n'existaient pas
dans les jeux. Est-ce que le fait de séparer les filles des garçons pourrait être une
solution efficace? Ou est-ce que les enseignants d'éducation physique doivent être plus
vigilants lorsqu'ils répartissent les élèves en équipes?
Les propos des adolescentes laissent croire que certains enseignants planifient des
activités considérées comme des sports de garçons. Plusieurs études mentionnent que le
choix d'une activité sportive est souvent lié au genre de l'adolescent, c'est-à-dire que les
filles choisissent des sports dits plus féminins tels que le volleyball (Cogérino, 2005), la
gymnastique, le cheerleading, l'aérobie, etc. Selon Coltice (2005), les enseignants
feraient leur planification des cours d'éducation physique en tenant compte des
contraintes de locaux ou de matériel et non en tenant compte du genre de leurs élèves.
Selon les adolescentes de cette recherche, peu d'enseignants laissent le choix aux filles
ou les écoutent. Plusieurs adolescentes mentionnent qu'elles font beaucoup de sports
considérés comme des sports de garçons dans leur cours. Le hockey, soccer, basket-bail
sont revenus à quelques reprises lors des entrevues. Quelques-unes mentionnent qu'il y
a beaucoup de redondance dans les moyens d'action proposés au fil des années du
secondaire, que souvent elles font les mêmes choses d'une année à l'autre. Lors des
premières années du secondaire, la motivation commence à diminuer lors des cours
d'éducation physique. Certaines adolescentes ont même dit que lors de leur dernière
année du secondaire la motivation pour leur cours d'éducation physique n'existait plus.
Plusieurs adolescentes ont mentionné que de faire toujours les mêmes sports ou
activités d'une année à l'autre diminuait leur motivation. Pour elles, il est important et
70
Les pertes de temps au début des cours d'éducation physique, lors des consignes et
entre les différentes activités démotivent les adolescentes. Quelques adolescentes ont
dit qu'elles apprenaient peu de choses dans leurs cours d'éducation physique. Selon
elles, si elles apprenaient des points techniques différents à chaque cours, et s'il y avait
moins de perte de temps, elles seraient plus motivées à participer plus activement et
cela éviterait les absences.
Pour la plupart des adolescentes interrogées lors de cette recherche, les cours
d'éducation physique sont une obligation dans leur cheminement scolaire alors que les
cours de danse sont un choix personnel. Une adolescente mentionne que selon elle, dès
le départ, il y a une différence dans la motivation, même si elle dit qu'elle aime son
cours d'éducation physique. L'obligation donne une autre dimension au plaisir ressenti
lors du cours d'éducation physique. Comment serait-il possible de contrer l'aspect
négatif de l'obligation concernant l'éducation physique au secondaire?
CHAPITRE VI
CONCLUSION
Les adolescentes, âgées de 13 à 20 ans, qui provenaient de cinq écoles de danse ont
participé à cette étude en répondant à un questionnaire (n-51) ou en participant à une
entrevue individuelle (n=14). Le questionnaire de même que l'analyse qualitative des
entrevues ont été inspiré de la théorie de l'autodétermination (Deci et Ryan, 1985a,
1991) et du modèle hiérarchique de Vallerand (1997). Les donnés quantitatives révèlent
que la motivation des adolescentes est surtout de source intrinsèque quelque soit le
contexte, mais que la motivation intrinsèque est plus importante en contexte de danse
qu'en contexte d'éducation physique.
d'action utilisés lors des cours d'éducation physique ne les motivent pas. Elles veulent
principalement être stimulées dans l'action et ressentir des émotions positives. Selon les
adolescentes, les cours d'éducation physique sont plus intéressants quand les
enseignants sont dynamiques, utilisent l'humour, participent dans le cours et sont
passionnés de leur métier.
À la vue des résultats de cette recherche, nous constatons qu'il y a plusieurs conditions
importantes de la motivation des adolescentes lors des cours de danse qu11 serait
possible lors des cours d'éducation physique. Il faut que la notion de plaisir soit au
rendez-vous. Les adolescentes veulent ressentir du plaisir lorsqu'elles font une activité.
Nous croyons que cette notion devrait être la base du cours, puisqu'en plus elles disent
que le cours d'éducation physique est fait pour se défouler, pour rire et pour avoir du
plaisir.
Ensuite, être avec des amies est important. Nous croyons qu11 serait essentiel de faire
des activités de socialisation en début d'année pour permettre aux filles de se faire des
amies dans le cours. Les relations sociales sont des sources considérables de motivation
chez les adolescentes. Les propos des adolescentes font référence à un milieu où il y a
seulement des filles dans les cours de danse. La création d'occasion pour favoriser le
développement d'amitié dans les cours d'éducation physique serait une solution à
envisager. De plus, l'éducation physique est une matière où il est plus facile d'engendrer
des amitiés. Par exemple, les enseignants pourraient faire travailler les élèves en sous
groupe pour favoriser les contacts sociaux.
Il faudrait prendre en considération les différences entre les filles et les garçons lorsque
les enseignants en éducation physique planifient leur cours. Probablement qu'elles se
sentiraient de même niveau les unes par rapport aux autres si les cours étaient exclusifs
aux filles ou si les conditions sportives favorisaient les filles. Comme le milieu scolaire du
secondaire n'est peut-être pas propice à proposer des cours d'éducation physique non
73
mixte, les enseignants pourraient séparer les garçons et les filles lors de match ou
autres jeux ou encore proposer des niveaux de jeux différents tout sexe confondu.
Puis, faire participer les filles à la planification des cours aurait une influence
considérable sur leur motivation. Il serait avantageux de demander l'avis des filles
concernant les moyens d'action dans les cours d'éducation physique. Ainsi, elles auraient
la possibilité de s'impliquer dans leur cours d'éducation physique comme dans leur cours
de danse, lorsqu'il est question du choix musical de leur chorégraphie de spectacle ou
pour leur participation à des compétitions. Donc, en demandant aux filles de planifier
des parties du cours d'éducation physique telles que les moyens d'action, il est fort
probable que celles-ci participent plus activement à leur cours.
Malgré la mixité dans les cours d'éducation physique, où souvent les garçons sont plus
forts qu'elles, les adolescentes aiment la compétition juste. Les adolescentes aiment la
compétition saine. Il faut que tous les élèves sentent qu'ils ont la chance de gagner. La
création de groupes de même niveau de compétence favorisera possiblement la
participation des filles lors des cours d'éducation physique.
Les rétroactions positives face à l'effort et aux réussites des adolescentes sont
importantes pour leur motivation à faire de la danse. En danse, les adolescentes
ressentent qu'elles sont bonnes, qu'elles peuvent réussir, qu'elles progressent grâce aux
74
Puis, nous croyons que les adolescentes peuvent s'identifier à leur professeure de danse,
car celle-ci a beaucoup d'influence sur les adolescentes. Ayant un goût commun pour la
danse, il est facile pour les adolescentes de s'identifier à leur professeure de danse.
Nous croyons que s'il y avait plus d'enseignantes en éducation physique, les
adolescentes pourraient s'identifier plus facilement.
Les adolescentes aiment être entre elles. Elles se sentent plus en confiance et cet
environnement semble être plus sécurisant. Les cours de danse apparaissent être un
bon exemple. Si les enseignants offraient une activité physique pour les garçons et une
pour les filles, dans deux environnements différents, les filles retrouveraient ce contexte.
Également, il serait important d'offrir des moyens d'action dits féminins dans les cours
d'éducation physique. Plusieurs adolescentes ont dit qu'elles faisaient des activités
physiques considérées pour les garçons, alors qu'elles voudraient faire autre chose. Elles
ont identifié le volleyball, le cheerleading, la gymnastique, les jeux de ballons, l'aérobie
et la danse comme moyens d'action à privilégier. En utilisant les suggestions provenant
des adolescentes, sans brimer l'intérêt des filles envers les sports dits de garçons, nous
croyons qu'il serait possible de planifier en début d'année des activités physiques qui
leur plaisent.
sÎ les adolescentes apprenaient à chaque cours des notions qui leur permettent de
constater leur amélioration lors de sport ou de jeux, leur motivation serait plus grande.
Finalement, il serait intéressant d'offrir des choix de moyens d'action lors des cours au
secondaire à l'image des choix de cours au niveau collégial. Bien que les cours du
secondaire ne puissent pas ressembler aux cours d'éducation physique du niveau
collégial à cause d'une structure scolaire différente, il serait possible que les enseignants
comblent cette difficulté en soumettant aux élèves des choix de moyens d'action ou des
choix dans les éléments des cours. Nous croyons que ces choix aideraient à augmenter
la motivation des adolescentes. Par exemple, permettre aux adolescentes de choisir le
type de musique pendant les cours pourrait être un élément de motivation.
Cette étude émet certaines recommandations à l'égard des cours d'éducation physique.
Afin de contribuer à une plus grande motivation de source intrinsèque, les éducateurs
physiques pourraient, notamment: faire des cours non mixtes; faire des équipes de
même niveau de performance lors des activités compétitives durant leur cours; offrir un
choix de moyens d'action qui répond aux besoins des filles; éviter les pertes de temps;
faire des évaluations où le plaisir est au rendez-vous; émettre des rétroactions positives
et souligner les réussites des filles de manière plus évidente. De plus, il semble que des
choix de cours et des cours d'éducation physique axés sur les sports dits féminins,
motiveraient certaines filles à participer davantage. Les adolescentes qui ont vécu
l'expérience des choix de cours en éducation physique au niveau cégep affirment que ce
choix contribue à leur motivation.
Bien que cette étude fournisse des pistes très intéressantes pour améliorer la motivation
des adolescentes lors des cours d'éducation physique, il serait opportun d~nterroger des
adolescentes qui ne sont pas impliquées dans une activité physique telle que le sont les
participants de cette étude. Leurs propos pourraient confirmer certains résultats ou faire
émerger d'autres recommandations. De plus, les perceptions des enseignants à propos
76
des moyens qu'ils mettent en œuvre pour motiver les adolescentes lors des cours
d'éducation physique permettraient d'avoir un autre point de vue de la situation.
APPENDICE A
QUESTIONNAIRE DE RECHERCHE
Questionnaire de recherche
Année scolaire: _
Fais-tu partie d'un programme particulier en lien avec l'éducation physique, la danse, les arts ou autres? _
Nombre d'heures de cours d'éducation physique par cycle de jours (ex: lh par 9 jours) : _
Julie Bégin
Ëtudiante à la maîtrise
Université du Québec à Montréal
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Questionnaire d'éducation physique
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1. Pour le plaisir de découvrir de nouvelles techniques en éducation o o o o o
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8. Parce que pour moi, c'est très plaisant de découvrir de nouveaux 0 0 0 0 0
sports
13. Parce que c'est important pour moi d'être avec mes amis 0 0 0 0 0
15. Pour le plaisir que je ressens lorsque j'apprends des sports que je 0 0 0 0 0
n'avais jamais essayés
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16. Parce que j'aime me surpasser en éducation physique 0 0 0 0 0
18. Pour montrer aux autres à quel point je suis bonne dans les 0 0 0 0 0
sports :
19. Parce que, dans la vie, il faut faire des cours d'éducation physique 0 0 0 0 0
pour être heureux
20. Parce que l'éducation physique est un des moyens qui me permet 0 0 0 0 0
de m'exprimer
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24. Pour l'excitation que je ressens lorsque je suis «embarquée 0 0 0 0 0
pleinement» dans un cours d'éducation physique
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Questionnaire de danse
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1. Pour le plaisir de découvrir de nouvelles techniques en danse 0 0 0 0 0
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8. Parce que pour moi, c'est très plaisant de découvrir de nouveaux o o o o o
types de danse
12. Parce qu11 me faut absolument mes cours de danse pour être bien o o o o o
dans ma peau
13. Parce que c'est important pour moi d'être avec mes amis o o o o o
14. Je ne sais pas; j'ai 11mpression que c'est inutile de continuer à faire de o o o o o
la danse
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III 802
16. Parce que j'aime me surpasser en danse 0 0 0 0 0
18. Pour montrer aux autres à quel point je suis bonne dans la danse 0 0 0 0 0
19. Parce que, dans la vie, il faut absolument faire de la danse pour être 0 0 0 0 0
heureux
20. Parce que la danse est un des moyens qui me permet de m'exprimer 0 0 0 0 0
21. Je ne sais pas pourquoi je fais de la danse; plus j'y pense, plus j'ai le 0 0 0 0 0
goût de lâcher
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8. 8.c 8. 8.
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IV 80e
24. Pour l'excitation que je ressens lorsque je suis «embarquée» 0 0 0 0 0
pleinement dans la danse
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0'
APPENDICE B
FORMULAIRES DE CONSENTEMENT
88
Mai 2010
Madame (Bélanger),
L'étudiante à la maîtrise dont le nom figure ci-dessous mène actuellement une recherche sur la
motivation des adolescentes à la pratique régUlière d'activités physiques. L'objectif est de trouver des
moyens pour rendre les adolescentes plus motivées à faire de l'éducation physique au secondaire. Cette
recherche est faite dans le cadre d'une maîtrise chapeautée par l'Université du Québec à Montréal.
Nous vous demandons de collaborer à notre travail de recherche en nous permettant de rejoindre
des adolescentes de 15-16 ans qui font de la danse en loisir et des cours d'éducation physique à leur école
secondaire. Nous aurons besoin de voir les adolescentes à deux reprises, soit lors de la passation du
questionnaire (15 minutes) durant leur classe de danse et lors des entrevues de groupes (lh30 minutes)
effectuées dans un des studios de danse de votre école.
À tous moments, vous pourrez décider de vous retirer de l'étude pour des raisons qui vous
appartiennent et ce, sans préjudice. Nous garantissons la confidentialité durant les procédures d'analyse et
l'anonymat lors de la diffusion des résultats de recherche (utilisation de pseudonyme). Ce même anonymat
sera préservé lors des publications et des communications de résultats de recherche.
Nous compilerons et analyserons par la suite les réponses de toutes les adolescentes. Il est certain
qu'à la lecture des résultats de la recherche, personne ne pourra reconnaître la provenance des
informations puisque toutes les informations seront traitées ensemble et que les noms des personnes
interrogées, ainsi que le nom des écoles de danse, ne seront pas disponibles.
Toute question sur le projet peut être adressée soit à l'étudiante à la maîtrise ou à la chercheur
enseignante de l'Université du Québec à Montréal. Toute plainte ou question concernant les responsabilités
de l'étudiante peut être adressée au Comité institutionnel d'éthique de la recherche avec des êtres humains
de l'UQAM (secrétariat: service de la recherche et de la création, case postale 8888, succursale Centre
ville, Montréal (Québec), H3C 3P8 - téléphone: 987-3000 poste 7753).
Mai 2010
Madame, Monsieur,
L'étudiante à la maîtrise dont le nom figure ci-dessous mène actuellement une recherche sur la
motivation des adolescentes à fa pratique régulière d'activités physiques. L'objectif est de trouver des
moyens pour rendre les adolescentes plus motivées à faire de l'éducation physique au secondaire. Cette
recherche est faite dans le cadre d'une maîtrise chapeautée par l'Université du Québec à Montréal.
À tous moments, votre adolescente pourra se retirer de l'étude pour des raisons qui lui
appartiennent et ce, sans préjudice. Nous garantissons la confidentialité durant les procédures d'analyse et
l'anonymat lors de la diffusion des résultats de recherche (utilisation de pseudonyme). Ce même anonymat
sera préservé lors des publications et des communications de résultats de recherche.
Nous compilerons et analyserons par la suite les réponses de votre adolescente ainsi que celles de
25 autres adolescentes. Il est certain qu'à la lecture des résultats de la recherche, personne ne pourra
reconnaître la provenance des informations puisque toutes les infonnations seront traitées ensemble et que
les noms des personnes interrogées ne seront pas disponibles.
Toute question sur le projet peut être adressée soit à l'étudiante à la maîtrise ou à la chercheur
enseignante de l'Université du Québec à Montréal. Toute plainte ou question concernant les responsabilités
de l'étudiante peut être adressée au Comité institutionnel d'éthique de la recherche avec des êtres humains
de l'UQAM (secrétariat: service de la recherche et de la création, case postale 8888, succursale Centre
ville, Montréal (Québec), H3C 3P8 - téléphone: 987-3000 poste 7753).
o J'ai pris connaissance des objectifs de la recherche et j'accepte que mon adolescente réponde au
questionnaire et participe à l'entrevue à condition que cette utilisation soit faite dans la
confidentialité et ce, uniquement pour la recherche en cours.
Signature du parent: _
Date: Téléphone : _
Nom de l'adolescente : _
Courriel de l'adolescente: _
91
Mai 2010
Bonjour,
L'étudiante à la maîtrise dont le nom figure ci-dessous mène actuellement une recherche sur la
motivation des adolescentes à la pratique régulière d'activités physiques. L'objectif est de trouver
des moyens pour rendre les adolescentes plus motivées à faire de l'éducation physique au secondaire.
Cette recherche est faite dans le cadre d'une maîtrise chapeautée par l'Université du Québec à Montréal.
À tous moments, tu pourras te retirer de l'étude pour des raisons qui t'appartiennent et ce,
sans préjudice. Nous garantissons la confidentialité durant les procédures d'analyse et
l'anonymat lors de la diffusion des résultats de recherche (utilisation de pseudonyme). Ce même
anonymat sera préservé lors des publications et des communications de résultats de recherche.
Nous compilerons et analyserons par la suite tes réponses ainsi que celles de 25 autres
adolescentes. Il est certain qu'à la lecture des résultats de la recherche, personne ne pourra reconnaître la
provenance des informations puisque toutes les informations seront traitées ensemble et que les noms des
personnes interrogées ne seront pas disponibles.
Toute question sur le projet peut être adressée soit à l'étudiante à la maîtrise ou à la chercheur
enseignante de l'Université du Québec à Montréal. Toute plainte ou question concernant les responsabilités
de l'étudiante peut être adressée au Comité institutionnel d'éthique de la recherche avec des êtres humains
de l'UQAM (secrétariat: service de la recherche et de la création, case postale 8888, succursale Centre
ville, Montréal (Québec), H3C 3P8 - téléphone: 987-3000 poste 7753).
APPROBATION DÉONTOLOGIQUE
UQÀM Université du Québec à MGntréal
Département de kinanthropologie
Département: Kinanthropologie
Ce protocole de recherche est jugé conforme aux pratiques habituelles et répond entièrement aux
normes établies par le Cadre normatifpour l'éthique de la recherche avec des êtres humains de
l'UQAM.
Membres du comité
Le 2 juin 2010
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