Reppal12 2002
Thèmes abordés
Reppal12 2002
Thèmes abordés
MINISTERE DE LA CULTURE
AFRICA
Serie
REPPAL
XII
I N S T I T U T N A T I O N A L DU P A T R I M O I N E
2002
A F RI CA
Serie
REPPAL
Revue des Etudes Phéniciennes-Puniques
et des Antiquités Libyques
Fondateur de la Revue
M’hamed Hassine FANTAR
Directeur-Responsable de la publication
Mohamed Begi BEN MAMI
Zohra Chérif
Coiffures, coiffes et arrangements de la chevelure à Carthage à l'époque
punique…….17
Ali Drine
Le sanctuaire de Tala (Ile de Jerba)……………………………………………….……………..………29
Mounir Fantar
Résumé : Recherches sur l'architecture funéraire punique au Cap Bon........................ 39
Mounir Fantar
Tombe aux tanits porteurs d’un mausolée………………. ..........................................................47
Naïdé Ferchiou
Notes sur deux stèles néopuniques, la région de Siliana ...................................................... 57
Ahmed Ferjaoui
Nouveaux fragments de stèles néopuniques de mididi .......................................................65
Lotfi Rahmouni
Monete autonome di Sabratha e Cercina : nuovi dati e riletture… ..............................103
Redissi Taoufik
Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de
la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech…………………………………...………………………109
Maurice SZNYCER
A propos d’un nouveau dictionnaire Phénico-Punique…………….…………………………145
RECENSIONS
M’hamed Hassine Fantar
Habib Boularès, Hannibal, éditPerrin, Paris 2000................................................................157
Mounir Fantar
A propos d’un livre : Glenn E. Markoe, Phoenicians, British museum, 2000..............187
Mansour Ghaki
Recension à propos d’Hannibal
I. Niguel Bagnall : Punie wars
é[Link], London 1990…………………………………………………………………...………..193
ÉTUDE ANTHROPOLOGIQUE PRÉLIMINAIRE D'UNE
POPULATION ANTIQUE DU SAHEL DE LA TUNISIE
(CAS DE LA NÉCROPOLE D'ECHAT ET DE ZBIDI),
1
(RAS DIMAS, THAPUS) .
Résumé
L'expérimentation des techniques méthodologiques en anthropologie
funéraire est aujourd'hui un des grands axes de la recherche en archéologie
funéraire moderne.
Le choix du site de Thapsus comme chantier pilote d'expérimentation et
développement de nouveaux outils d'investigations qui tiennent en compte des
spécificités de chaque région est amplement justifié par le potentiel intrinsèque
immense et prometteur que renferme ce site.
I- INTRODUCTION
Cette étude s'insère dans un cadre pluridisciplinaire de protection et de mise en valeur du site
(1)
sous la direction de Habib Ben Younes. Un développement ultérieur de cette étude sera mené
conjointement au cours des prochaines fouilles du même site.
1
Reppal XII, Etude anthropologique préliminaire... Hatem Bedoui, Habib Ben Younes, Olivier Dutour
1- matériel
3
Reppal XII, Étude anthropologique préliminaire... Hatem Bedoui, Habib Ben Younes, Olivier Dutour
III – RÉSULTATS
Les tableaux ci-dessous résumeront la répartition des individus en
fonction des tombes en mentionnant le cas échéant si le ou les individus ont
subi ou non un traitement funéraire de type crématoire avec une précision de
l’âge et du sexe (tableaux 1 & 2).
5
Reppal XlI, Étude anthropologique préliminaire... Hatem Bedoui, Habib Ben Younes, Olivier Dutour
IV - DISCUSSION
CONCLUSION
7
Reppal XII, Étude anthropologique préliminaire... Hatem Bedoui, Habib Ben Younes, Olivier Dutour
BIBLIOGRAPHIE
Ben Younes (H.) & al (à paraître) - Duday (H.), Masset (C.) (1987) -
Monographiesurlanécropoled'Echat(Ras Anthropologiephysiqueetarchéologie:
Dimas,Thapsus).Cettepublicationpermettra méthodesd'étudesdessépultures(Actesdu
dedonnerdeplusamplesinformationssur colloquedeToulouse,4-6Novembre1982),
les conditions de découvertes de ces sque- éditionCNRS.
lettes. Iscan(M.Y.)(1989)-Agemarkersinthehuman
Ben Younes (H.) & al (à paraître) - [Link]:Thomas(C).
Monographie sur la nécropole punique du Gyôgy (Pâlfi.) (1997) - Maladies dans
secteur Zbidi - El Faca (Ras Dimas, Thapsus). l'AntiquitéetauMoyen-Âge,pléopatholo-
Bruzek(J.)(1992)-Diagnosesexuelleàpar- giecomparéedesanciensgallo-Romainset
tir du squelette : possibilités et limites. [Link].Mé[Link].,Paris,t.
Archéo-Nil:43-51. 9,n.1-2,p.1-206.
Bruzek (J.), Castex (D.), Majo (T.) (1996) - Ubelaker (D.H.) (1978) -Humanskeletal
Evaluation des caractères morphologiques remains:excavation,analysis,interprétation.
de la face sacro-pelvienne de l'os coxal. Aldine,Chicago.
Proposition d'une nouvelle méthode de dia- Ubelaker(D.H.) (1989) -Humanskeletal
gnose sexuelle. Bull. Mém. Soc. Anthrop., remains, 2nd éd. Taraxacum press -
Paris,t.8,n.3~4,p.491-501. Washington(D.C.).
Dastugue (J.) & Gervais (V.) (1992) -
Paléopathologie du squelette humain.
Boubée,Paris,p.253.
8
EL GAALA* SITE PÉRIPHÉRIQUE DE LA VILLE DE THAPSUS
( RAS DIMAS ) À L'ÉPOQUE PRÉROMAINE
NOTE PRÉLIMINAIRE
Au cours de l'été 1995 nous avons effectué une fouille au lieu dit El Gaala
situé à environ 4 Km de Thapsus (Ras Dimas) et proche de la ville de Teboulba .
Quels sont les principaux vestiges d'El Gaala dans l'état actuel de la
documentation archéologique ?
Le relevé de la PL.I montre clairement la mesure des dégâts occasionnés par l'exploitation
(1)
des carriers modernes, la nécropole punique d'un côté, le four de potier dont la chambre de cuisson,
uniquement, y est encore particulièrement conservée ont été détruits en très grande partie.
Nous ignorons donc l'étendue de l'occupation de cette zone au cours de l'antiquité. Les vestiges
d'époque chrétienne ont également souffert de ses destructions.
9
Reppal XII, El Gaala site périphérique de la Ville de Thapsus (Ras Dimas) à l'époque préromaine Note préliminaire Habib Ben Younés
* Le four :
* La carrière :
Nous avons donné la possibilité à une étudiante d'étudier ce four dans le cadre de la prépara-
(2)
10
Reppal XII, El Gaala site périphérique de la Ville de Thapsus (Ras Dimas) à l'époque préromaine Note préliminaire Habib Ben Younés
* La nécropole :
* Commentaire :
L'abandon de cette zone semble remonter au 1er siècle av J.-c, coïncide - t-il
avec la fin du fonctionnement du ou des fours de cette région ? Il est impossible
de répondre à cette interrogation, cependant le lien entre l'utilisation des fours
et de la nécropole est fort.
* Conclusion :
La [Link].B montre la chambre sépulcrale d'une tombe à puits détruite en grande partie . Il est
(3)
Les lampes découvertes dans l'unique tombe à puits intacte, de cette nécropole, et fouillée par
(4)
notre collègue [Link] permettent dedater celle-cientre la seconde moitié du 4e et le1er s [Link].
11
Reppal XII, El Gaala site périphérique de la Ville de Thapsus (Ras Dimas) à l'époque préromaine Note préliminaire Habib Ben Younés
Les phases 4-5-6 dateraient des 5e - 6e siècles. Les constructions sont probable-
ment à mettre en rapport avec la basilique.
12
Reppal XII, El Gaala site périphérique de la Ville de Thapsus (Ras Dimas) à l'époque préromaine Note préliminaire Habib Ben Younés
Reppal XII, El Gaala site périphérique de la Ville de Thapsus (Ras Dimas) à l'époque préromaine Note préliminaire Habib Ben Younès
14
x
Reppal XII, El Gaala site périphérique de la Ville de Thapsus (Ras Dimas) à l'époque préromaine Note préliminaire Habib Ben Younès
15
COIFFURES, COIFFES ET ARRANGEMENTS DE LA
CHEVELURE À CARTHAGE À L'ÉPOQUE PUNIQUE
Zohra Chérif
(1) L. Heuzey, Les figurines antiques de terre cuite du Musée du Louvre, Paris 1883, pl. 6, n°5 et 6.
Ibid., pl. 6, n°2, 3, 4. A Sidon voir M. Chehab ; Les terres cuites de Kharayeb; [Link] Musée de
(2)
Beyrouth, X, 1951-52 , pl.I, 3,4 et p. 19. E. Gubel, Phœnician furniture, Studia Phoenicia VII,
1987,p.l03 , no43, [Link]. Akhzib, ibid. p. 85, fig. 36-37, pl. XV, p.100 , n°41, pl. XVII, p. 101,
n°42, pl. XVII.
17
Reppal XII, Coiffures, coiffes et arrangements de la chevelure à carthage à l’époque punique Zohra Chérif
La coiffure égyptienne
A tous ces temps, la mode circule. Les relations étroites entre l'Egypte et la
côte Syro-palestinienne ont laissé leurs empreintes dans plusieurs domaines.
Attestée d'abord aux cités phéniciennes depuis le IIème millénaire notamment à
Byblos , la coupe carrée à l'égyptienne est connue à Carthage; elle est illustrée
4
par des terres cuites, des manches de miroirs et des têtes taillées dans la pierre
tendre ; elles ont les cheveux coupés courts, ou longs toujours carré s'arrêtant
aux épaules (fig. 2). Au départ de la frange, qui cache en grande partie le front,
un bandeau enserre la tête ; il est noué par derrière5.
Un grand nombre de terres cuites nous font remarquer qu'il y a un mode
d'arrangement des cheveux en usage au VIIème - VIème siècle av. J.C. Il est
d'un goût assez répandu en Méditerranée. Pour l'obtenir on doit partager les
cheveux en deux masses d'inégale importance ; ce qui exige des femmes à tenir
leurs cheveux courts sur le devant. Ceux qui sont plantés au dessus du front
sont arrangés différemment; ils tombent soit en courtes ondulations ou boucles
frisées, soit en forme de frange couvrant en partie le front. Le reste de la cheve-
lure repasse derrière les oreilles pour donner naissance à trois tresses, ou
boucles (fig.3) avec un souci marqué de la symétrie et un soin particulier dans
leur disposition, ainsi étalées sur le devant de chaque épaule6. Sur les monu-
Nous avons retenu cette coiffure comme étant d'origine orientale grâce à un bas relief trouvé à
( 3)
Ninive au palais de Sennachérib. Ce bas reliet qui remonte au VIIe Siècle av. J.C. représente des
femmes sur des navires phéniciens coiffées d'une tiare cylindrique couverte d'un voile ; S.
Lancel, Carthage, Paris 1992, fig. 58, p. 140. A Tello cette coiffure est connue, A. Parrot, Sumer,
Paris 1960, p. 112, fig. 142 , fig. 273-274, p. 222. Par contre en Grèce, en Ionie, à Rhodes il ne
dépasse pas le VIe Siècle av. J.C. Cf. S. Mollard - Besques Catalogue raisonné des figurines et
reliefs en terre cuite grecs, étrusques, et romains, Paris 1954, B.21 à 46; B.202 à 204, B. 211. B.260 à
269, B. 271 à 300 etc. A. Laumonier, Exploration archéologique à Délos. Fas XXIII, [Link]. Paris,
1956. Il confirme que la haute tiare est orientale, p. 67, cf. Fig. 63 à 77 et 195 à 207. etc.
p.86-87, fig. 89. [Link], Studia Phoenicia III, 1985, p. 73 et suiv fig.1.
(5)P. Gauckler, Les nécropoles puniques, Paris 1915, [Link] à CCIII; [Link], Sacra Punica, Karthago
XIII, 1966, p.20 à 22,fig.21 à 24 ,25,31. Z. Cherif, Les terres cuites puniques trouvées en Tunisie,
Rome 1997, n° 392 à 396, 399 à 404, 411, 433 à 437.
Ibid., n° 118,119,121, à 132, n° 397 -398, . Dans le monde grec, M. Collignon, La sculpture
(6)
grecque, les origines, Paris 1892, fig. 60 ,62, 67, 68. C'est une coiffure adoptée tant par les femmes
que par les hommes ; ibidem fig. 66, 92,122,156 etc.. Coiffure d'Aphrodite à la colombe, fig. 90,
170 à 174, fig. 178 etc. . S. Mollard Besques, Catalogue raisonné des figurines et reliefs en terre cuite
grecs, étrusques et romains, Paris 1954, B.82, 83, 84, 87, 90,199, 200, B.524.
18
Reppal XII, Coiffures, coiffes et arrangements de la chevelure à cartilage à l'époque punique Zohra Chérif
II- Les coiffures à Carthage à partir du début du IV ème siècle av. J.C.
Au delà du IV ème siècle, des monuments témoignent que certains modes
d'arrangements capillaires décrits précédemment ont persisté à travers les
siècles avec toutefois de légères modifications. On note dans le traitement des
cheveux, de la part de l'artiste, une minutie et une application particulière
dans un souci de bien reproduire la réalité. Il apparaît que le premier arrange-
ment d'origine orientale a été maintenu tel qu'il est jusqu'au IVème siècle en
Syrie-Palestine et en Phénicie8. Par contre à Carthage nous le retrouvons égale-
ment vers la même époque avec pour autant certaines modifications. Aux
IVème-IIIème la femme maintient ses cheveux en tampons au niveau des
oreilles ; un voile les couvre ; il est serré par une Stéphane simple9, décorée de
bulles10,ou d'une branche feuillue11 ou de palmettes12 en laissant échapper une
frange arrangée en plusieurs rangs de boucles frisées qui encadre le front
(fig.4). Souvent la corrosion du moule donne à cette frange ainsi qu'à ces
boucles frisées l'aspect d'un simple bourrelet.
A Carthage le seul arrangement qui a persisté à travers les siècles sans
subir aucun changement jusqu'au IVème siècle, est celui dont la tiare couvre
entièrement la chevelure13 (fig.l). Mais il semble avoir dépassé la période et les
M. Collignon, La sculpture grecque, op. cit. fig. 82, 83 ; J. Charbonneaux et alii, Grèce classique,
(7)
Paris 1969, fig. 122, p. 115 ; fig. 123, p. 116. A. Parrot, Sumer, Paris 1960, fig. 44, p. 28. .
(8)
Cf. notes 1 et 2.
(9)
Z. Chérif, Les terres cuites puniques de Tunisie, Rome 1997, p.83 à 90,193.
(10)
Ibid., n° 97,103 et brûle parfums n°ll et 12 .
(11)
Ibid., n° 91, 92, 93,136 à 138, n ° 335 à, 342 .
(12)
Ibid., n° 135, n° 343.
Ibid., n° 19, 23, 24 .La statuette reproduite fig.l de la présente étude a été découverte par le P.
(13)
Delattre dans une tombe du IVème av. J.C. Nécropole de Sainte Monique, 2ème semestre de
fouilles, p .13 , fig. 13, p.8. La même nécropole a fourni des débris de plusieurs statuettes du
même type et cf. note 3
19
Reppal XII, Coiffures, coiffes et arrangements de la chevelure à carthage à l’époque punique Zohra Chérif
Parfois, elles sont enveloppées dans les pans d'une coiffe qui couvre la tête
avec les extrémités enserrées par une sorte de fibules ou des liens en os ou en
ivoire16 ; ils rappellent nos barettes actuelles (fig.6).
Les ornements qui accompagnent la coiffure : diadème, Stéphane, calathos,
tiare etc... sont des accessoires dont la mode use de tout temps pour ajouter une
parure à l'élégance naturelle de la chevelure. Il ne faut pas croire que les
femmes à Carthage se soient contentées de ces coiffures peu compliquées, mais
gracieuses, qui font valoir leur charme naturel.
A chaque période la mode s'ouvre aux courants nouveaux. Les arrange-
ments simples et élégants font leur apparition dès la fin du IVème et du début
IIIème siècle av. J.C. Séparée au milieu par une raie, la chevelure s'étale de
chaque côté sur le front, en accolade17 (fig. 7), en deux nattes légèrement ondu-
lées et retenues vers l'arrière18. C'est un arrangement simple ; il est aussi remar-
qué sur les stèles funéraires (fig.8). Il semble que le reste de la chevelure retom-
be sur les épaules en couvrant une partie du dos sans aucun lien19.
J. Jouin, Le costume dans l'Islam Syro - Palestinien, Revue des études islamiques, 1934, Cahier
(14)
(15)
Z. Cherif, Les terres cuites puniques op. cit. n ° 32, 268 à 272, n° 274.
(16)
Ibid., n° 263 à 265, n° 267, 273, 275, 276, 278, 279.
(17)
Ibid., n° 34, 60, 332, 476, 483 ; brûle parfums, n°2, 3,5,12, 27 à 33 .et d'autres.
(18)
Ibid., n° 33, 464, 467 ; brûle parfums n°14,16 , 22 etc.
(19)
J. Ferron, Morts Dieux de Carthage ,Paris 1976, pl .XXV,fig.3, p.108-109, pl. XXVII, fig. 2,
pl. XLI, pl. XLII etc. Une telle coiffure existe en Mésopotamie , A. Parrot, Sumer, [Link]. p. 126,
fig. 155 -156, p.225, fig. 278.
20
Reppal XII, Coiffures, coiffes et arrangements de la chevelure à carthage à l’époque punique Zohra Chérif
masse antérieure, divisée à son tour par une raie médiane, est enroulée à l'effet
d'un bourrelet ; elle est ramenée sur la nuque ; les oreilles restent dégagées. La
masse postérieure se ramasse vers l'arrière pour rejoindre les extrémités de la
partie antérieure20. Des brûle parfums à tête de femme ont les cheveux ainsi
arrangés (fig.9).
Nous avons aussi des têtes de statuettes ainsi que des brûle parfums à tête
de femme dont la partie des cheveux formant la masse antérieure est courte.
Une raie médiane intervient dans un tel arrangement pour constituer des
mèches dégagées ou des frissons plein le front (fig.10). Seule la partie posté-
21 22
(20)
Z. Cherif, Les terres cuites puniques op. cit, n°39, 442, 524.
(21)
Ibidem, brûle parfums, n°34 à 36, 39 à 41, 48, 54, 69,71, [Link].
(22)
Z. Cherif, Les terres cuites puniques, op. cit. n°473 ,476 ,496 ; brûle parfums, n°55 à 61, 63 ,76,
81.
(23)
Ibid., n°40, 41, 61, 62,64 à 66, 440, 470, 477, 479, 493,534, 535 ; on ne relève ni boucles ni frissons
sur les têtes brûle parfums.
(24)
Ibid., n° 482à 485.
(25)
Ibid., n°302.
21
Reppal XII, Coiffures, coiffes et arrangements de la chevelure à carthage à l'époque punique Zohra Chérif
têtes de certaines femmes et jeunes filles du Sud . Elles ne sont pas forcément
des bédouines26.
La coiffure est depuis toujours l'objet de tant de soins et d'application
c'est la simple élégance qui fait le charme. Elle ne doit pas être en désordre. Une
chevelure bien arrangée et non négligée est un indice de grâce et de recherche ;
elle augmente aussi la beauté et met en œuvre les moyens de séduction qui lui
sont propres. Aussi évoque t-on les instruments les plus usuels découverts en
grand nombre dans les tombes parmi le mobilier funéraire : comme les épingles
à cheveux à tête ornée, finement ciselée et ouvragée ; on relève des épingles sur-
montées d'une main en poings ou ouverte (fig.l6),d'autres sont munies de tête
en forme de pommes de pin (fig. 17), ceux dont la tête est en olive constituent la
majorité de la collection (fig.18) etc. Ils sont en or27, en argent28, en bronze29, en os
et en ivoire30. On a trouvé également des peignes en ivoire aux faces rehaussées
de scènes diverses incisées31 ; on ne s'en sert pas seulement pour diviser les che-
veux , pour lisser et nettoyer ou pour exécuter ces travaux d'art que la mode
capillaire exige dans la coiffure des femmes. Mais le peigne sert aussi à la coupe
des cheveux pour ne pas dépasser la mesure de la longueur voulue et obtenir
une régularité parfaite (fig. 19).
A Carthage, il est important de remarquer qu'on peut varier la coiffure
puisqu'il y a plusieurs manières d'arranger les cheveux. A chaque période cor-
respond une amélioration ou une modification rapportée à une disposition don-
née. Seule la coiffure carrée à l'égyptienne a disparu dès le VIème - Vème siècle
av. J.C. Aux coiffures qui ont persisté à travers les siècles, d'autres se sont ajou-
tées. Il y a des modes de coiffures qui représentent des similitudes avec certains
arrangements qu'on peut rencontrer en Phénicie et dans le monde grec :
comme les cheveux qui flottent sur les épaules32 et ceux ondulés ou noués par
(26)
E.G. Gobert -P. Cintas ; Smirat, Revue Tunisienne,1941 p. 91. S. Lancel ; Carthage, Paris 1992,
p. 321- 322 , fig. 167.
(27)
P. Gauckler, Nécropoles puniques, Paris 1915, p.20, fosse 61, pl. XXVI.
(28)
Delattre, Le sixième sarcophage, CRAI 1902, p.485 ; il est muni d'une main ouverte ;
P. Gauckler, Nécropoles puniques op. cit., fosse 177 et T.231.
(29)
Delattre, CRAI 1899, p.556 ; P. Gauckler, Nécropies puniques, op. cit. T.159 ; 178,180, 216, 222, 311
et T.20,195.
(30)
Ils sont les plus nombreux.
(31)
[Link], Nécropoles puniques, [Link]. T.42bis, pl. CXLIII, A. Merlin, BAC, 1918, Fouilles de
tombeaux puniques à Carthage, p.290,fig.1, p. 291. A.M. Bisi, I pettini d'avorio di Cartagini,
Africa II, 1968, p.13, [Link] 1. Ch. Saumagne, BAC, 1932-33, p.86- 88 ; M.A. Aubet, Marfiles feni-
cios del Bajo Quadelquivir, Bencarron Santa Lucia y Setefille, Studia archeologica Valladolid, 1980,
p.240-241, pl. III, a.
J. Charbonneaux et alii, Grèce hellénistique, Univers des Formes, Paris 1979, p.99, f ig .9 1,
(32)
p.208, fig.218.
22
Reppal XII, Coiffures, coiffes et arrangements de la chevelure à carthage à l’époque punique Zohra Chérif
Derrière33 ou la coiffure côtelée apparue au III ème siècle av. J.C.34 qui reste en
usage jusqu'à l'époque romaine .
35
Des modes capillaires ont été maintenus jusqu'à l'époque romaine sans
subir de modifications notables37. Mais il y a celles qui nous tentent à les rap-
procher de certains arrangements relevés sur des peintures rupestres du Sahara
central ; ils remontent au Néolithique. Ce sont des coiffures complexes dites en
échafaudage38 ; elles apparaissent au VIème-Vème siècle av. J.C et sont recon-
nues comme étant d'origine grecque (fig.20). On rencontre encore des coiffures
semblables chez certaines tribus berbères du Sud marocain, et chez les Touareg39.
Le contact entre les habitants de la côte nord africaine-méditerranéenne et les
tribus sahariennes remontent à la très haute antiquité. Ces dernières étaient l'in-
termédiaire commercial de tous les produits outre Sahara. Les emprunts, les
reproductions et les imitations font partie sans aucun doute des échanges com-
merciaux. Ils se manifestent dans des secteurs nombreux et divers de la société .
Les habitudes vestimentaires, la toilette, l'arrangement de la chevelure se sou-
mettent et se plient le plus aux rencontres et aux croisements.
Ibid., p. 322, fig. 375 à 377, fig. 201, p.193, fig. 202. J. Marcadé, Tête féminines de Létoôn de
(33)
Xanthos, Revue Archéologique, 1976, fasc. 1, p.115, fig. 3-4 ET p. 119, fig. 5-6. Ils s’agit de têtes
d'époque hellénistique tardive.
J. Charbonneaux et alii, La Grèce classique, Paris 1967, p.329, fig.361. Cette coiffure est répan-
(34)
due dans le monde grec vers le IVème - IIIème siècles av.J.C. D.B. Thompson, Les ateliers
d'Athènes aux IV ème -IIIème siècles av. J.C. Dossiers de l'Archéologie , Mars 1984, p. 38, fig.25.
S. Mollard Besques, Les ateliers de Tanagra, IVème -IIIème siècles av. J.C. Ibid. p. 55 et fig . p.58
et fig. 21, p. 38, fig. 24.
Daremberg et Saglio, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines S.V. Coma. A. Beschaouch,
(34)
«La Reine de Haidra el Gdima» Crepereia Innula, in Mélanges A. Piganiol, 1966, p.1113 et suiv.
[Link],1.
(36)
J. Charbonneaux et alii, Grèce classique, Le sarcophage de Sidon p. 218, ? fig. 250.
(37)
A. Beschaouch, Mélanges Piganiol, [Link]. p.1118 et suiv. et pl. II, a ; pl.V, a et b .
(38)
G. Camps, Les civilisations de l'Afrique du Nord et du Sahara, Paris 1974, p.246.
(39)
A. Morin Barde, Coiffures féminines du Maroc, Edissud, 1990, p.36 -37.
23
Reppal XII, Coiffures, coiffes et arrangements de la chevelure à carthage à l'époque punique Zohra Chérif
fig. 5
24
Reppal XII, Coiffures, coiffes et arrangements de la chevelure à carthage à l'époque punique Zohra Chérif
fig.7
fig. 9
25
Reppal XII, Coiffures, coiffes et arrangements de la chevelure à carthage à l’époque punique Zohra Chérif
fig. 10
fig. 11 fig. 12
26
Reppal XII, Coiffures, coiffes et arrangements de la chevelure à carthage à l'époque punique Zohra Chérif
fig. 13 fig.14
fig. 15 fig. 16
27
Reppal XII, Coiffures, coiffes et arrangements de la chevelure à carthage à l'époque punique Zohra Chérif
fig.17 fig.18
fig. 19 fig. 20
28
1
LE SANCTUAIRE DE TALA (Ile de Jerba)
Ali Drine
Le site :
Les stèles qui font l'objet de cette brève étude ont été découvertes lors des pros-
pections que nous avons effectuées de 1999 à 2001 dans les environs immédiats
du site de Meninx au sud-est de l'île (voir carte).
Le lieu de la découverte de ces stèles correspond à Henchir Tala dont les ruines
se trouvent à 2 km au nord-est de Meninx à proximité de la route MC 117 qui
mène au sud vers la chaussée romaine d'El Kantara et au nord vers Houmet
Essouk.
Le site de Tala est évoqué par P. Gauckler qui y signale " un puits au milieu des
ruines en grand appareil" ainsi qu'un aqueduc qui part vers le sud sans doute
pour alimenter le site antique de Meninx en eau2.
A Tala toujours V. Guérin signale "les restes presque effacés d'un village
antique, les Musulmans y vénèrent un sancton en l'honneur duquel ils arborent
de petits drapeaux près d'un bosquet d'oliviers″3
Du ″village antique″-évoqué par V. Guérin au 19ème siècle-il reste actuellement
(1)
Carte Ajim au 1 /100 000 Flle n°LXXXIV, Hr. Tala est à 37 G 44' Est et 9 G 54 Nord.
(2)
P. Gauckler, Enquêtes sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie, [Link], fasc. IV, 1912,
p.206-207.
(3)
V. Guérin : Voyage archéologique dans la régence de Tunis, 2è. éd. Tunis 1980, p 215
29
Reppal XII, Le Sanctuaire de Tala (Ile de jerba) Ali Drine
signalés par V. Guérin, deux grands puits antiques comblés et juste derrière nous
signalons la présence d'un revêtement dallé qui serait les restes d'une route
antique. Par contre l'aqueduc mentionné par P. Gauckler n'a laissé que peu de
traces.
5
Le site de Tala s'étend encore vers l'ouest et le sud ou nous signalons une série
de monticules couverts de moellons antiques et dont le sol est jonché d'une
quantité considérable de céramique (vernis noir, arrétine, sigillée) . Des struc-
6
C'est à proximité du monticule qui borde le flanc sud de la dépression que nous
avons découvert ce lot de 7 stèles.. Elles sont en calcaire local tendre type grès
de Rejiche appelé dans la région chakch.
Inventaire :
(4)
Ce monument est fouillé par Mme R. Holod dans le cadre du projet tuniso-américain relatif à
l'étude du patrimoine de l'île de Jerba (1996-1999).
(5)
l'aqueduc de Tala fera l'objet d'une étude d'Andrew Wilson qui sera publiée dans la
prochaine publication tuniso-américaine sur Jerba.
(6)
L'étude détaillée de la céramique faite par le doctorant Sami Ben Tahar sera publiée dans
l'ouvrage que nous préparons sur Jerba dans le cadre du projet tuniso-américain.
30
Reppal XII, Le Sanctuaire de Tala (Ile de jerba) Ali Drine
-stèle n°6, base avec pied, sommet crénelé, légèrement en saillie, Photo 6
-Ht.22cm,1.10,5cm, ép.8-10-et 12cm.
-cassure au sommet et au côté latéral droit de la stèle.
-Au champ un triangle évidé ht.7,5cm-p.f.l,5cm. Le sommet comporte des
lignes saillantes surmontées de crênelures peu marquées. La base est munie
d'un pied destiné à être fiché en terre
-Borj Ghazi Mustapha n° J.T.99.6
Remarques :
31
Reppal XII, Le Sanctuaire de Tala (Ile de jerba) Ali Drine
-Une ressemblance évidente existe entre ces stèles avec celles de la région de
Tripolitaine: Zian l'antique Zitha (à l'ouest de Zarzis)7, Ras Al Munfakh à
Sabratha8 et à Ghérian9. En effet ces stèles ont des caractéristiques communes:
Présence des dentelures ou des acrotères au sommet, des saillies au sommet et à
la base, à quoi il faudrait ajouter l'utilisation des techniques de l'évidement et
de l'incision pour montrer des figures géométriques(triangles, carrés..)
-Ces stèles témoignent de la présence d'un sanctuaire consacré au dieu punique
Ba al Hammon, mais son emplacement exact reste encore à déterminer. Seule la
programmation d’une fouille régulière nous permettra d'avoir beucoup plus
d'informations sur cette découverte.
Sur le site voir [Link], " Note sur le site de Zitha(Hr Zian) à Zarzis" dans Reppal VI, 1991,
(7)
p.17-30., sur les stèles voir [Link] et [Link], Présentation des stèles votives découvertes à
Zian (Tunisie), Actes du IIIè.congrès international des études phéniciennes et puniques, Tunis 11-16
nov.1991, Tunis, INP, 1995, p.396-400.
Luigi Taborelli, l'area sacra di Ras Almunfakh presso Sabratha, Le stele, Supplemento della
(8)
[Link] Vita, Influences grecques et tradition orientale dans l'art punique de Tripolitaine, MEFR,
(9)
32
Reppal XII, Le Sanctuaire de Tala (Ile de jerba) Ali Drine
Photo 1
Reppal XII, Le Sanctuaire de Tala (Ile de jerba) AH Drine
Photo 3
Reppal XII, Le Sanctuaire de Tala (Ile de jerba) AH Drine
Photo 6
Reppal XII, Le Sanctuaire de Tala (Ile de jerba) Ali Drine
Photo 7
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ReppalXII, Le Sanctuaire de Tala (Ile de jerba) Ali Drine
Carte
37
RÉSUMÉ : RECHERCHES SUR L'ARCHITECTURE
FUNÉRAIRE PUNIQUE AU CAP BON*
Mounir Fantar
Méthode de recherche
* Recherches sur l'architecture funéraire punique au Cap Bon (Tunisie) est l'intitulé de la thèse de doc-
torat que nous avons préparée à l'université de Provence sous la direction de Monsieur le
Professeur P. GROS et soutenue à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme à Aix-
en-Provence, le 22 janvier 2000, devant un jury composé de Messieurs les Professeurs J.-P.
MOREL, P. GROS, S. LANCEL, M. SZNYCER et A. M'CHAREK.
Il s'agit là d'un résumé dont nous nous proposons de présenter.
39
Reppal XII, Résumé : Recherches sur l’architecture funéraire punique au Cap Bon Mounir Fantar
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Reppal XII, Résumé : Recherches sur l'architecture funéraire punique au Cap Bon Mounir Fantar
Les difficultés
L'architecture
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Reppal XII, Résumé : Recherches sur l'architecture funéraire punique au Cap Bon Mounir Fantar
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Reppal XII, Résumé : Recherches sur l’architecture funéraire punique au Cap Bon Mounir Fantar
La décoration
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Reppal XII, Résumé : Recherches sur l’architecture funéraire punique au Cap Bon Mounir Fantar
raie, dont les nécropoles puniques de cette région peuvent se prévaloir, s'avère
donc riche et polyvalente : elle informe, reflète une réalité et exprime des
croyances.
Au Cap Bon, les interférences se manifestent davantage : l'élément libyque
semble avoir été prédominant et très actif : il suffit de rappeler les haouanet
d'autrefois et la toponymie d'aujourd'hui. Nous avons déjà noté une forte pré-
sence libyque au Cap Bon et dans les structures et dans la parure. Comme dans
certains caveaux de Byzacène, le dromos s'élargit en s'écourtant pour devenir
une véritable courette qui donne accès à plus d'une chambre sépulcrale. La
nécropole de Korba en possède les meilleurs exemples.
Parmi les spécificités dont les nécropoles puniques du Cap Bon se préva-
lent à juste titre, on peut mentionner l'escalier à deux volées. Au Sahel, on en a
relevé un cas à Thapsus. Rappelons, d'autre part, que dans les tombes d'Aspis, les
marches se présentent comme les traverses d'une échelle. Le tailleur de la tombe
ne manqua pas, d'ailleurs, de sculpter des montants qui donneraient l'illusion
d'une échelle appuyée contre la paroi du puits.
Si pour les aménagements internes, les tombes du Cap Bon partagent de
nombreux éléments avec d'autres tombes puniques ménagées dans d'autres
régions de Tunisie, comme les banquettes, les auges-sarcophages, les niches,
etc., nous devons souligner l'aspect très particulier que peut revêtir tel ou tel
aménagement : la niche est présente dans presque toute les nécropoles. La spé-
cificité du Cap Bon réside dans la présence de plusieurs niches dans la même
chambre funéraire : nous avons relevé la présence de cinq niches dans une
tombe de Sidi Jamel Eddine et six niches dans une tombe de Korba.
Par ailleurs, l'analyse des structures architecturales a permis de constater
l'absence de la composante grecque dite souvent hellénistique. A une époque où
les stèles puniques de Carthage étaient largement ouvertes au répertoire de l'ar-
chitecture et de la décoration hellénistique, les structures tombales semblent
avoir été tenues à l'écart de ce courant. Peut-être faut-il exclure le mausolée ?
Mais là aussi, nous relevons une certaine prédilection pour le pilastre à chapi-
teau éolique dont les origines orientales ou phénico-chypriotes se démarquent
de la Grèce hellénistique.
Le riche répertoire iconographique, qu'offre notamment la nécropole de
Korba, nous renseigne sur la conception de l'au-delà et des croyances reli-
gieuses. Si le scepticisme était permis, faute de parallèles probants, sur la signi-
fication eschatologique de la cité peinte de la tombe VIII du Djebel Melezza, la
découverte de l'image stylisée de cette cité fortifiée dans deux tombes de Korba
semble renforcer l'hypothèse de la cité des âmes telle qu'elle est conçue dans les
croyances des Puniques.
Pour des séquences qui associent le mausolée, la cité et la barque, nous
sommes tout à fait séduit par l'hypothèse, qui a été formulée par Mh. Fantar en
1970, qui met cette imagerie en rapport avec le voyage de l'âme vers la cité des
Refaïm.
Enfin, deux remarques méritent d'être faites : la première concerne l'identi-
fication de structures, dans la nécropole de Korba, appartenant à un monument
44
Revval XII Résumé : Recherches sur l'architecture funéraire punique au Cap Bon Mounir Fantar
Pour conclure, nous dirons un mot à propos de ce qui reste à faire dans le
domaine de l'archéologie punique dans la péninsule du Cap Bon : il faut pour-
suivre les fouilles et les prospections pour une meilleure connaissance de la
région à l'époque punique. C'est ainsi que nous comptons consacrer une mono-
graphie à la grande nécropole de Kerkouane où les tombes seront étudiées une
à une avec l'analyse des structures, du mobilier funéraire qui reste encore inédit
et des rites funéraires. Par ailleurs, le sol de la cité punique de Kerkouane, qui
n'a pas encore livré tous ses secrets, éveille notre intérêt pour l'archéologie des
vivants ; voilà pourquoi nous comptons poursuivre les fouilles au sein de l'équi-
pe qui y travaille.
Enfin l'apport de la civilisation punique au Cap Bon est essentiellement
historique et archéologique ; mais on ne saurait négliger les retombées socio-
économiques telle que la mise en valeur des villages qui se trouvent à proximité
des sites archéologiques : l'expérience de Kerkouane illustre bien le phénomène.
45
1
TOMBE AUX TANITS PORTEURS D'UN MAUSOLÉE
Mounir Fantar
La tombe, dont nous nous proposons d'étudier et que nous avons réperto-
riée sous le n° 6, se trouve dans la nécropole de ksar es-Sâad .
2
La tombe 6, orientée Sud /Nord, est tripartite3 ; elle est entièrement taillée
aux dépens de la roche. Son puits, de section quadrangulaire4, est muni d'un
(1)
Tanit est utilisé comme nom commun pour désigner le symbole dit de Tanit ; par conséquent,
il est susceptible de subir les règles de grammaire, notamment le genre et le nombre : on peut
donc dire un tanit, des tanits.
Atlas Archéologique de Tunisie, Carte 1/50 000 : feuille n° XXIII : Menzel Heurr. Par ailleurs, P.
(2)
Cintas avait fouillé une tombe appartenant à cette nécropole ; il l'avait datée de la fin du IIIe
siècle avant J.-C. : voir P. Cintas, "Didon est-elle au paradis des îles" dans Mélanges d'archéologie,
d'épigraphies et d'histoire offerts à J. Carcopino, Paris, 1966, p. 234. Le redégagement et le nettoyage
des tombes, que nous avons effectués dans cette nécropole, nous ont permis de recueillir un
certain nombre de monnaies qui ne peut remonter au delà du IVe siècle avant J.-C.
Nous entendons par tombe tripartite, une tombe dont les composantes essentielles sont un
(3)
47
Reppal XII, Tombe aux tanits porteurs d'un mausolée Mounir Fantar
qui est plus ou moins long et relativement étroit6 ; ce couloir aboutit à la baie
d'accès7 de la chambre funéraire.
L'espace sépulcral8 est en contrebas par rapport au seuil de l'entrée ; la
dénivellation est de 0,25 m. La toiture est à deux pans et le sol est constitué par
la roche naturelle.
Parmi les aménagements annexes, qui se trouvent à l'intérieur de la
chambre funéraire, nous avons noté la présence de trois niches dont deux occu-
pent les parois latérales et la troisième est ménagée dans la paroi qui s'oppose à
la baie d'accès9.
LA DÉCORATION
Décor peint :
(6)1 = 0,42 m ; les girons sont compris entre 0,19 et 0,25 m et les contremarches varient de 0,12 à
0,22 m, excepté la dernière contremarche qui est de 0,85 m.
(6)
L côté droit = 2,54 m / L côté gauche = 2,56 m ; 1 antérieure = 0,75 m / 1 postérieure = 1,18 m
h = 0,82 m / 1 = 0,61 m / 1 seuil = 0,33 m ; le seuil est surélevé de 0,20 m par rapport au sol du
(7)
dromos. Le linteau a été taillé à 0,70 m en contrebas de la toiture de la chambre funéraire. Lors
du nettoyage de cette tombe, nous avons trouvé la dalle obturatrice telle qu'elle a été laissée
dans le dromos par les fouilleurs clandestins : h = 0,75 m / 1 = 0,70 m / ép. = 0,30 m.
L paroi latérale droite = 2,30 m / L paroi latérale gauche = 2,36 m ; 1 antérieure = 2,40 m / 1
(8)
niche ménagée dans la paroi latérale gauche : ( h = 0,39 m / 1 = 0,36 m / prf. = 0,18 m) ; la niche
ménagée dans la paroi du fond : (h = 0,56 m / 1 = 0,45 m / prf. = 0,25m).
48
Reppal XII, Tombe aux tanits porteurs d'un mausolée Mounir Fantar
10
Décor sculpté : deux tanits porteurs d'un mausolée (Fig. 2)
Le tanit occupe une place importante dans l'univers des morts au Cap Bon ;
nous en avons relevé la présence dans la nécropole de Ksar es-Sâad13 ; mais éga-
(10)
La présence de ce signe au Cap Bon a déjà fait l'objet d'un travail où l'auteur a étudié le
contexte dans lequel le symbole a été reconnu (chambres funéraires, stèles et habitations), la
morphologie, les techniques de confection (peinture, gravure, sculpture, opus tessellatum) et la
chronologie. Voir Mh. Fantar, "Le signe dit de Tanit au Cap Bon" dans Alle soglie della classicità. Il
Mediterraneo tra tradizione e innovazione. Studi in onore di Sabatino Moscati, E. Acquaro (éd.),
Pisa - Roma, 1996, pp. 707-723.
(11)
Ce classement est fait selon la typologie proposée par C. Picard, Catalogue musée Alaoui, Tunis,
1954, Tableau II.
(12)
G. Pesce, Sardegna punica, Cagliari, 1961, fig. 50. Deux autres tombes de Tuvixeddu sont
ornées d'une décoration sculptée en méplat au-dessus de l'entrée : le signe de la bouteille et le
croissant dont les pointes sont dirigées vers le bas. Voir A. Stiglitz, La necropoli punica di Cagliari.
Tuvixeddu, un colle e la sua memoria, Cagliari, 1999, PL. XI, 1, 2.
(13)
Dans la nécropole de Ksar es-Sâad, nous avons reconnu le tanit dans les tombes répertoriées
T 4 où le signe, du type F, occupe le fond de la niche qui a été creusée dans la paroi postérieure
de la chambre funéraire ; T 8 où deux tanits, du type T et A, sont peints sur la paroi postérieure
de la chambre funéraire : l'un a un triangle plein et un cercle linéaire sur fond réservé ; pour
l'autre, le triangle et le cercle sont pleins. Les deux symboles sont surmontés du croissant aux
pointes dirigées vers le sol ; T 9 : le tanit est sculpté en méplat sur la paroi postérieure du puits
au-dessus de la baie d'accès à la chambre funéraire. Bien qu'il soit en mauvais état de conserva-
tion, on aperçoit bien le triangle, une partie de la barre et le cercle.
49
Reppal XII, Tombe aux tanits porteurs d'un mausolée Mounir Fantar
La présence de ce symbole sur les stèles , dans les haouanet et les tombes
puniques, sur les blocs architectoniques, sur les pavimenta punica17 , sur les
bijoux carthaginois18, les lampes et bien d'autres supports, a suscité l'interroga-
tion des spécialistes sur son origine et sa signification.
(14)
Dans la tombe VIII du Jebel Melezza : tanit du type A. Il a une base en forme de trapèze et
une double barre.
(15)
Dans la nécropole d'Arg el-Ghazouani, nous avons reconnu un signe du type F. Il a été sculpté
en méplat dans la paroi antérieure de la chambre funéraire près du montant droit de l'entrée
vue de l'intérieur de la chambre de la tombe répertoriée T 49. Dans cette tombe, le tanit est coiffé
du croissant.
(16)
Dans la nécropole de Sidi Salem à Menzel Témime, le tanit est gravé dans la paroi postérieure
du puits au-dessus de l'entrée de la chambre funéraire de la tombe répertoriée T 1. Il se présen-
te sous la forme d'un triangle équilatéral coupé par une barre horizontale ; nous n'avons pas
relevé de cercle qui constituerait la partie supérieure du symbole. Peut-on considérer le sommet
du triangle, tel qu'il est isolé par la barre, comme un substitut du cercle ? La question qui se
pose est de savoir s'il s'agit d'un type attesté pour la première fois, d'autant plus qu'il ne figure
pas dans la typologie proposée par C. Picard. S'agit-il, plutôt, d'une gravure inachevée. Quoi
qu'il en soit et autant que nous soyons informé, nous sommes en présence d'un unicum. Un
tanit, du type C, est peint à l'ocre rouge au sommet de la paroi postérieure de la chambre sépul-
crale de la tombe répertoriée T 32 ; le triangle et le cercle sont séparés par une barre horizontale
simple. Le symbole s'inscrit dans un panneau peint à l'ocre rouge simulant une niche. Deux
tanits, du type B, décorent la paroi postérieure de la chambre funéraire de la tombe répertoriée
T 80 ; l'un se trouve dans l'axe ; l'autre se trouve plus à gauche par rapport au regardant. Le tri-
angle est plein et la barre séparatrice est sans appendices. La tombe répertoriée T 85 : tanit, du
type F, occupe la niche ménagée dans la paroi postérieure de la chambre sépulcrale. Il est com-
posé d'un trapèze et d'un cercle séparés par une barre à deux traits horizontaux formant un rec-
tangle. Enfin, le signe est visible au-dessous d'une niche ménagée dans la paroi postérieure de
la chambre funéraire de la tombe répertoriée T 86. Le mauvais état de conservation de ce tanit
ne permet pas d'en décrire les composantes avec précision.
(17)
L'expression "Pavimenta poenica" a été probablement empruntée à Caton l'Ancien qui, dans un
discours prononcé au milieu du II e . s. av. J.-C. (vers 152), évoqua ce type de pavement que les
riches Romains ont emprunté aux Carthaginois pour orner leurs demeures. Cette tradition est
rapportée par Festus, De verborum significatu, pavimenta poenica, éditions Lindsay, p. 282.
(18)
B. Quillard, Les bijoux carthaginois, II, Louvain, 1987, PL. XXIII, n° 308, 311, 314, 315.
50
Reppal XII, Tombe aux tanits porteurs d'un mausolée Mounir Fantar
(19)
Parmi les historiens qui ont reconnu la déesse Tanit dans ce fameux signe : G. Perrot et Ch.
Chipiez, Histoire de l'art dans l’Antiquité, II, pp. 78-79 ; A. Di Vita, "Influences grecques et tradi-
tions orientale dans l'art punique de Tripolitaine" dans MEFRA, 80, 1968, pp. 14, 60 ; G. et C. Picard,
Vie et mort de Carthage, Paris, 1970, p. 148 ; S. Moscati, "L'origine del segno di Tanit" dans
Rendlinc, S, 8 a, XXVII, 1972, pp. 371-374 ; Idem, Gli adoratori di Moloch, Milan, 1991, p. 115 ; G.
Benigni, "II segno di Tanit in Oriente, RSF, III, 1,1975, p. 17 ; F. Bordeuil, "Tanit du Liban" dans
StudPhoen, 1987, p. 79-85. Enfin, notons que dans une publication récente, M. Ghaki le désigne
par le "signe du sanctuaire" : voir M. Ghaki, Les haouanet de Sidi Mhamed Latrech, Tunis, 1999, p.
211. Certes, on le trouve sur les stèles érigées dans des sanctuaires, mais il faut aussi reconnaître
qu'il peut être présent partout dans des contextes funéraires mais également dans des habita-
tions au seuil des certaines pièces.
(20)
S. Ronzevalle propose l'hypothèse qui fait venir le signe dit de Tanit de l'ankh égyptien : voir
S. Ronzevalle, "Sur l'origine du signe de Tanit" dans MUSJ, XVI, 1932, pp. 33-48. C'est aussi
l'opinion de Mh. Fantar qui reconnaît à ce signe une fonction talismanique en faveur de la vie et
aux dépens de la mort, une vertu apotropaïque et une dimension talismanique : voir Mh.
Fantar, Carthage, approche d'une civilisation, II, Tunis, 1993, p. 261 ; Idem, "Présence égyptienne à
Carthage" dans Hommages à J. Leclant, III, Le Caire, 1994, pp. 205-206 ; Idem, loc. cit., 1996, p.
723. Par ailleurs, il y a lieu de souligner que Mh. Fantar propose une relecture et une réécriture
de L'ankh : "Ce n'est plus l'ankh dans sa pureté originelle. Peut être a-t-il conservé une part de
son contenu sémantique d'origine : un talisman de vie et de prospérité. Mais il s'est enrichi tant
pour la forme que pour le contenu". Voir Idem, loc. cit., 1994, p. 207.
(21)
D'après notre maître P. Gros, les deux interprétations ne s'excluent pas forcément : il faut tenir
compte et du contexte dans lequel se place le symbole et de l'utilisateur.
(22)
Ces fragments ont été recueillis dans la couche d'abandon de la cité punique, c'est-à-dire le
milieu du III e siècle avant notre ère : voir Mh. Fantar, Kerkouane, III, Tunis, 1986, p. 316 ; Idem,
loc. cit., 1996, pp. 715-716, fig. 5.
(23)
Idem, ibid., pp. 717-719, fig. 6,7,8. Les fouilles de Bulla Regia ont mis au jour un chapiteau
ionique muni du tanit composé de quatre triangles emboîtés et sommés d'un cercle ; la barre
horizontale est composée de deux traits parallèles qui se terminent par des appendices verti-
caux. D'après N. Ferchiou, cet élément architectonique date du 1 er siècle avant notre ère : voir N.
Ferchiou, Décor architectonique d'Afrique Proconsulaire (IIIe s. av. J.-C. -1er s. ap. J.-C), Paris, 1989,
pp. 169-170, N° [Link].C.5, PL. XLVI, a.
51
Reppal XII, Tombe aux tanits porteurs d'un mausolée Mounir Fantar
opus tesselatum orné de ce symbole placé au seuil de l'entrée des pièces prin-
cipales24.
Conclusion
(24)
IL s'agit des édifices qui se trouvent aux 3, 6 et 25 rue de l'apotropaïon : voir Mh. Fantar,
"Pavimenta punica et signe dit de Tanit dans les habitations de Kerkouane" dans StudMag, I,
1966, pp. 57-65, PL. I-II ; Idem, Kerkouane, I, pp. 502-503, 537, PL. L et Idem, ibid., II, pp. 506-511,
PL. LIII-LV ; Idem, loc. cit., 1996, p. 719, fig. 9-10. Ce symbole a été attesté également sur des
pavements puniques à Sélinonte en Sicile et à Cagliari en Sardaigne : voir respectivement V.
Tusa, "L'attività délia sopritendenza aile antichità della Sicilia occidentale" dans Kokalos, XIV-XV,
1968-1969, p. 444, Tav. LXXXI, fig. 1 et S. Moscati, Fenici e Cartaginesi in Sardegna, p. 107, fig. 5.
Pour le signe de Sélinonte, il appartient au type K de la typologie proposée par C. Picard, op.
cit., tableau II. II faut aussi ajouter que le signe dit de Tanit a été signalé à Délos dans la maison
des Dauphins : voir M. Bulard, Peintures murales et mosaïques de Délos, dans Monuments Piot, XIV,
1909, pp. 192-193 ; Ph. Bruneau, Recherches sur les cultes de Délos à l'époque hellénistique et à l'époque
impériale, Paris, 1970, pp. 645-648.
(25)
Au Cap Bon punique, ces appendices sont absents, du moins dans l'état actuel du dossier.
Mais il y a lieu de signaler que sur une stèle néopunique, réemployée dans le mur d'une habita-
tion moderne dans la région de Béni Khalled, le tanit s'anthropomorphise et de ce fait, la barre
horizontale, qui surmonte le triangle, se dote d'appendices verticaux en guise d'avant-bras et le
cercle se dote de points et de traits en guise d'yeux, de sourcils et de bouche. Pour le signe
anthropomorphisé, voir également P. Gauckler, "Note sur la découverte d'un nouveau sanctuai-
re punico-romain à Tubernuc " dans BCTH, 1894, pp.295-303.
(26)
S. Gsell, Histoire ancienne de l'Afrique du Nord, 4, Paris, 1920, p. 378.
(27)
Mh. Fantar, Eschatologie phénicienne punique, Tunis, 1970, p. 37. Pour les divinités chargées de
garantir l'inviolabilité et l'intégrité du caractère sacrée de la tombe, voir C. Bonnet, Astarté,
Rome, 1996, p. 18.
52
Reppal XII, Tombe aux tanits porteurs d'un mausolée Mounir Fantar
53
Reppal XII, Tombe aux tanits porteurs d'un mausolée Mounir Fantar
54
Reppal XII, Tombe aux tanits porteurs d'un mausolée Mounir Fantar
55
55
NOTES SUR DEUX STELES NEOPUNIQUES
LA RÉGION DE SILIANA
Naïdé Ferchiou
Les deux stèles que je vais présenter étaient autrefois exposées dans la
cour d'une école primaire implantée près de petites ruines antiques appelées
Ras El Ma, à 17 km environ au sud-sud est de Siliana, en direction d'Ouesslatia1.
On nous avait alors dit qu'elles provenaient de la région de Sokra, près de Sidi
Marchett2, à quelques kilomètres plus au sud.
Stèle n° 1 :
La première pièce est une stèle anépigraphe, relativement allongée ; elle est
composée de deux parties, - un fronton triangulaire et un champ évidé en forme
de niche à sommet arrondi (Fig. 1).
Le tympan du fronton est meublé de plusieurs motifs : de gauche à droite,
on peut voir un tout petit disque, un disque beaucoup plus grand et oculé, un
croissant aux pointes tournées vers le haut et sommé d'un petit disque égale-
ment oculé, une rosace à six branches inscrite dans un disque, et pour finir, un
Carte d'Etat major au 1/50.000e, feuille de Bargou, coordonnées Lambert 298 à 298,5-463,3 à
(1)
463,5. Atlas Archéologique au 1/100.000e (Cagnat R. - Merlin A., Paris 1932), feuille de Mactar,
n° 87-88.
(2)
Feuille du Dj. Serj; 291, 7-462.
A.A.T au 1 / 100.000e, feuille de Mactar n° 115.
Ces clichés ont été pris il v a 30 ou 35 ans, à une époque où je n'étais pas encore «entrée dans la
carrière». Je n'ai malheureusement pas retrouvé d'indications sur leurs dimensions. D'après la
petite échelle, la hauteur de la première stèle peut être évaluée à une cinquantaine de centi-
mètres, et celle de la seconde à 70 cm environ.
57
Reppal XII, Notes sur deux stèles néopuniques la région de Siliana Naïdé Ferchiou
autre petit disque oculé. Les deux rampants du fronton sont ponctués chacun
par trois petites cavités circulaires, tandis qu'une autre de même type se trouve
à peine décalée par rapport à la pointe sommitale du fronton.
Les bordures qui encadrent la niche portent chacune un trou de même
type, dont l'un est un peu plus gros et un peu plus haut placé que l'autre. La
partie supérieure de la niche est occupée par une grande étoile à six rais, gravée sur
un disque. Au dessous, dans Taxe approximatif de la composition, figurent
deux disques oculés, puis un troisième disque plus petit, surmontant un crois-
sant aux cornes montantes. Les trois motifs ne sont pas exactement superposés.
Le croissant se trouve placé entre deux sortes de hampes verticales, partant des
épaules d'une figure présentant une tête légèrement ovale qui surmonte un
corps rectangulaire ; les traits du visage ne sont pas dessinés. La composition
centrale est encadrée par deux caducées ; celui de droite, dont il ne reste que
quatre anneaux, monte plus haut que l'autre, et est couronné par un motif assez
effacé, qui semble être formé de petites feuilles. L'autre caducée, quintuplé, est
dépourvu de couronnement.
La position des pointes du croissant, tournées vers le haut, indique que
cette stèle est vraisemblablement postérieure à la conquête romaine. Cependant,
les différents motifs qu'elle porte font tous partie du répertoire néopunique,
croissant, disques, étoiles [Link] motif du caducée est également issu de
la tradition punique ; un exemplaire composé de cinq éléments figure par
exemple sur une stèle néopunique du sanctuaire de Henchir El Hammi, près de
Sidi Bou Rouis3, et sur une autre stèle, de Teboursouk, cette fois-ci4. Par ailleurs,
à Sidi Marchett comme à Henchir El Hammi, le cercle supérieur est surmonté
par une touffe de petites feuilles.
La figure placée dans l'axe inférieur du relief est différente du signe de
Tanit proprement dit, en raison de la forme de son corps, rectangulaire au lieu
d'être trapézoïdal. Ce dessin ne correspond à aucun des signes répertoriés par
la regrettée C. Picard . Le génie de la fécondité, qui figure sur bon nombre des
5
stèles dites de la Ghorfa, tend parfois vers le rectangle, mais ses bras sont plies,
d'une part, et il tient dans ses mains divers objets, comme des grappes de raisin
ou des grenades6.
Autre originalité : les appendices verticaux ne prennent pas naissance sur
la barre horizontale qui surmonte d'habitude le triangle dans le cas du motif
˛
Ferjaoui A., stèles du sanctuaire de Bą al Hammon - Saturne de Henchir El Hammi, REPPAL X
(3)
1997, p. 58.
(4)
Poinssot L., Séance du 13 décembre 1921, BCTH 1921, p. CCL.
Picard C., Catalogue du Musée Alaoui, les collections puniques, 2 tomes, Tunis 1954-1955,
(5)
tableau II
(6)
Cf. par exemple Ghedini E.R, Ancora sulle stele della Ghorfa, l'Africa Romana VII, 1989 (1990)
t.1pp. 233-244.
58
Reppal XII, Notes sur deux stèles néopuniques la région de Siliana Naïdé Ferchiou
Stèle n° 2 :
La seconde pièce ici présentée est une stèle anépigraphe de forme allon-
gée, à sommet triangulaire, étiré en hauteur et relativement pointu (Fig. 2).
Ce fronton est occupé par une composition assez complexe ; il s'agit en effet
d'une sorte d'arbre de vie prenant naissance entre deux figures vaguement
triangulaires, symétriquement disposées et composées de grains arrondis ou
anguleux ; par comparaison avec différents reliefs néopuniques, il s'agit proba-
blement de grappes de raisin10, mais celles-ci sont disposées horizontalement,
au lieu de pendre verticalement selon l'usage11. Sur le sommet de ces grappes
sont posés deux oiseaux se faisant face. La tête est petite, l'oeil rond, le bec légè-
rement crochu. Les ailes sont rendues par des stries allongées, dessinant une
sorte d'oval pour le volatile de gauche ; des stries plus courtes et obliques indi-
quent les plumes du dos. La queue est assez large, les pattes relativement
longues. L'allure générale n'évoque guère une colombe. Faut-il plutôt y voir
une espèce d'étourneau ou de moineau ? Peut-être est-il préférable de renoncer
à identifier les oiseaux en question, en raison de la maladresse du sculpteur,
d'autant que leur taille est tout à fait hors de proportion par rapport aux autres
composantes du décor.
(7)
Ben Younes - Krandel A., Stèles néopuniques de Bulla Regia, REPPAL I, 1985, p. 9 pl. III.
(8)
Picard C., op. cit., Cb 949.
(9)
Bertrandy F. - Sznycer M., Les stèles de Constantine, Notes et Documents des Musées de
France n° 14,1987, stèle n° 99. Sur la stèle de Constantine n° 21, les bras allongés sont prolongés
par des caducées.
(10)
Elles sont fréquemment représentées sur les stèles votives et funéraires, mais dans le cas ici
étudié, le dessin est plutôt maladroit.
(11)
Ghedini E.F., loc. cit., l’Africa Romana VII, p. 242, pl IV.
59
Reppal XII, Notes sur deux stèles néopuniques la région de Siliana Naïdé Ferchiou
Le tronc de l'arbre de vie est lui-même strié par des incisions qui se croi-
sent comme pour suggérer des écailles, et pourraient faire songer à un tronc de
palmier. Plus ou moins au niveau de la tête des volatiles, l'arbre porte un fruit
de forme ovale, lui aussi formé de grains ou de baies, dont le dessin est assez
proche de celui des grappes de raisins ; s'agit-il donc d'une troisième grappe,
ou bien d'un régime de dattes, en raison de sa forme oblongue12 ? Sur la partie
supérieure de ce fruit prennent appui deux feuilles divergentes. En raison de
leur limbe découpé en sortes de lanières disposées de part et d'autre d'une tige
axiale, il faut sans doute les assimiler à des palmes, bien que leur allure soit sin-
gulièrement trapue.
Au dessus, réapparaît le tronc de l'arbre ; à sa base, il est cerné par une
sorte de bague, et va en s'amincisant vers le haut. Il est interrompu une premiè-
re fois par deux petites feuilles affrontées, au dessin effacé car la pierre est
écaillée ; ces feuilles esquissent à elles deux la forme d'un croissant. Cette forme
est beaucoup plus accentuée en ce qui concerne deux autres petites feuilles
incurvées, également affrontées, et situées presque au sommet du tronc. Le
mouvement semi-circulaire est accusé par la présence de deux nervures incisées
qui parcourent le limbe en suivant les contours de celui-ci.
Après une nouvelle zone dénudée, le tronc se termine par une feuille lan-
céolée, elle aussi parcourue par des nervures longitudinales.
Le corps de la stèle était, quant à lui, occupé par une niche cintrée, avec
cadre en relief traité à la gradine. Cette niche contenait un personnage, - proba-
blement le dédicant, dont seule la tête a subsisté. Curieusement, les yeux sont
dessinés en relief par rapport au reste de la face. Les arcades sourcilières sont
tombantes et leur arête supérieure dessine un demi-cercle. Le nez est long et
étroit, la bouche petite, et les lèvres minces. La chevelure semble avoir été
esquissée par quelques stries.
Si chacune des composantes du fronton (oiseaux, grappes, palmes, tige feuillue)
figurent fréquemment sur les stèles néopuniques, la composition d'en-
semble paraît pour l'instant très rare, ou même unique, du moins jusqu'à plus
ample informé. Certes, les oiseaux posés sur une grappe sont connus par
ailleurs, comme sur les stèles dites de la Ghorfa par exemple13 ; cependant, la
disposition symétrique de ces grappes par rapport à une tige feuillue n'apparaît
pas dans leur répertoire. De même, à la différence de cette même collection, il
n'y a pas de personnages divins dans le fronton ; par contre, l'arbre de vie, qui
représente sans doute ici une figure divine de la fertilité14, est inconnu sur les
(12)
A moins qu'il ne s'agisse d'une pomme de pin.
Bisi A.M., A proposito di alcune stele del tipo della Ghorfa al British Museum, Ant. Afr. 12,
(13)
1978, p. 38, fig. 16. Dans ce cas, l'oiseau n'est pas associé à l'arbre de vie. Cf. aussi Guedini
E.F., loc. it, pl V, 1 et pl VII, 2. Le dessin en est différent.
(14)
Le Glay M., Saturne Africain, Histoire, Paris 1966, pp. 147-148.
60
Reppal XII, Notes sur deux stèles néopuniques la région de Siliana Naïdé Ferchiou
plus fréquente après la conquête romaine16. Par ailleurs, le dessin des petites
feuilles incurvées esquissant la forme d'un croissant est sans doute intentionnel,
et veut peut-être évoquer l'astre lunaire, bien souvent lié au culte de Tanit-
Caelestis.
Le décor porté par ces deux pièces montre bien qu'il s'agit de stèles
votives. Si l'origine qu'on nous a indiquée est exacte, elles proviennent donc
d'un sanctuaire qui se trouvait sur les derniers contreforts du Dj. Serdj, qui
domine le village de Soukra (Sidi Marchett). En dehors de tout contexte, leur
datation est malaisée, -vraisemblablement le 1er s. av. J.C. ou le 1er s, ap. J.C.,
pour la première d'entre elles au moins. La seconde stèle date vraisemblable-
ment du premier tiers du 1er s. ap. J. C. Le dessin du visage est en effet très
proche de celui qui figure sur une stèle inédite de la région de Furnos Maius, et
datable de cette époque, aussi bien en raison de l'iconographie, que du formu-
laire de l'épitaphe (absence de l'invocation aux Dieux Mânes et de la pietas).
Une des deux pièces se rattache assez nettement à la tradition punique, comme
le montre le recours à des symboles comme le disque oculé surmontant un
croissant, ou les caducées. Par contre, la seconde stèle s'insère dans un courant
différent, ayant recours à des symboles végétaux, comme sur toute une série
d'ex-voto découverts en Tunisie centrale ; cependant, le motif utilisé n'apparaît
ni dans la célèbre collection dite de la Ghorfa, ni dans la série mactaroise, du
moins pour ce qui est de celles qui ont été publiées17.
En ce qui concerne les deux reliefs ici étudiés, sont-ils le reflet de deux ten-
dances représentées à la même époque, et cela dans le même sanctuaire, ou bien
alors correspondent-ils à deux phases successives de l'évolution de la pensée
religieuse de ce lieu de culte ? Une troisième stèle, dont je n'ai pour l'instant pas
retrouvé la photographie était, quant à elle, de style romanisé et correspondait
aux canevas en usage au IIIe s. ap. J.C.
Reste à replacer ce sanctuaire dans son contexte. Il semble être situé assez
loin de centres urbains ou proto-urbains plus ou moins importants comme Vazi
Sarara, Urusi, Manange, le site fortifié, encore anonyme, de Hr Oued Omrane18
(15)
Hours - Miedan M., Les représentations figurées des stèles de Carthage, Cah. de Byrsa1,
1951, p. 45 et pl. XIX.
(16)
Le Glay M., op. cit., p. 146.
(17)
Picard C., op. cit., passim. Picard G, Ch. Civitas Mactaritana, Karthago VIII, 1957, pp. 42-47.
(18)
Ferchiou N., Habitats fortifiés pré-impériaux en Tunisie antique, Ant. Afr, 26, 1990, pp. 49-50.
61
Reppal XII, Notes sur deux stèles néopuniques la région de Siliana Naïdé Ferchiou
ou le Kbor Ghoul . Mais la carte d'état Major signale des ruines antiques sous le
19
village actuel de Soukra - Sidi Marchett, et il est très possible que la colline qui
porte cette agglomération ait été occupée dès la haute Antiquité.
Enfin, une prospection systématique de la région permettrait peut-être de
repérer d'autres habitats. De très grands tumulus et bazinas situés à proximité
20
(19)
Atlas archéologique au 1/100.000e, n° 81-82-84-85.
(20)
Ferchiou N., Le paysage funéraire pré-romain dans deux régions céréalières de Tunisie
antique, Ant. Afr. t. 23, 1987, p. 20 n° 1 D2 et p. 21 n° 1F1.
Deux autres grands tumulus, encore inédits, ont été découverts par A. Ferjaoui.
62
Reppal XII, Notes sur deux stèles néopuniques la région de Siliana Naïdé Ferchiou
63
NOUVEAUX FRAGMENTS DE STELES
NEOPUNIQUES DE MIDIDI
Ahmed Ferjaoui
Dimensions :
H. 12 cm, 1. 33 cm, ép. 6 cm.
Taillé dans un calcaire jaunâtre, ce fragment est brisé sur quatre côtés. Il
n'en subsiste ainsi qu'une partie du champ épigraphique, lequel est surmonté
d'une surface légèrement dégrossie. Une bordure à peine mise en relief sépare
ces deux espaces. La paroi externe du champ épigraphique a beaucoup souffert.
En effet, la première ligne dont le début a disparu suite à une brisure, est com-
Sur ce site, c/en dernier lieu S. Ben Baaziz, Rohia et Sraa Ouertane dans l'Antiquité, Tunis, 2000,
(1)
p.281-283.
Ces inscriptions ont été signalées dans RES. Elles étaient républiées par [Link], «Les ins
(2)
criptions néopuniques de Mididi», Semitica, 36, (1986), p.5 -24 ; Pour les plus récentes, cf. M.
Ghaki, «Textes libyques et puniques de la haute vallée de l'oued el htab» , REPPAL, 1, (1985), p.
172-178 ; Ces derniers textes ont été revus par M. Fantar, «Nouvelles stèles à épigraphes néopu-
niques de Mididi», Semitica, 36, (1986), p. 25-42; De nouveaux documents ont été publiés par A.
Ferjaoui, «Nouvelles inscriptions néopuniques de Mididi», Bulletin des travaux de l'Institut National
d'Archéologie et d'art, 3, (1989), p.55-63; idem, «Dédicace d'un sanctuaire à Astart découverte à
Mididi (Tunisie)» , Semitica, 38, (1990) = Hommage à Maurice Sznycer, 1.1, p.113-119, pl. XXI et XXII.
65
Reppal XII, Nouveaux fragments de stèles néopuniques de mididi Ahmed Ferjaoui
plètement effacée. A peine distinguons nous les restes du tracé des lettres à
longues hastes comme le beth et le resh. De la seconde ligne, ne subsiste que la
partie médiane, le début en ayant été prélevé suite à une cassure, la fin étant
effacée. La troisième, constituée d'un seul vocable, a été préservée. La facture de
ce texte a du être soignée à en juger d'après les quelques caractères conservés.
Les dimensions de ceux-ci varient entre 1 cm pour le cayin, 1, 5 cm pour le shin,
2, 2 cm pour le waw et 2, 5 cm pour le noun. Leur tracé n'est pas régulier. Nous
observons une orientation de l'écriture vers la gauche.
Lg.1 ............. B BT
Lg.2…….... W c W c Š c NT ŠB
Lg. 3..... W c MŠ
c c
Lg. 1 En raison de la présence de la formule W Š c NT " a vécu des
années" dans la, deuxième ligne, la première ligne devrait renfermer la formule
funéraire TNH BN Z L «a été érigée cette pierre (tombale) pour» suivie du non
de la défunte. De ce dernier, il ne reste que la lettre B et la particule de filiation
BT «fille de»
tituer le chiffre Š B[c M] " soixante dix " pour obtenir l'âge de la femme dispa-
,
rue. Il est à remarquer que le verbe H W a été écrit dans ce texte c W c montrant
,
ainsi l'affaiblissement des phonèmes heth et aleph qui ont viré en cayin
66
Reppal XII, Nouveaux fragments de stèles néopuniques de mididi Ahmed Ferjaoui
FRAGMENT DE STELE N° 2
Dimensions :
H. 16 cm, 1.14, 5 cm, ép. 5, 5 cm
Le matériau réside en un calcaire blanchâtre dur.
La stèle est constituée d'une base tronquée que
surmonte le champ épigraphique lui aussi incom-
plet, ses parties supérieure et latérale droite ayant
disparues. Ce que nous disposons encore
du champ épigraphique mesure 7 cm en hauteur
et 3 cm en largeur. Assez mal polie, la paroi de
ce dernier est encadrée d'une fine bordure au
tracé régulier. Seule une section de la dernière
ligne du texte est préservée. Quatre caractères
néopuniques dont les dimensions s'échelonnent
entre 1 cm pour le shin et 1, 5 cm pour le waw et
le mêm, la composent.
fig-2
Š Š MW
Soixante et
Seule le chiffre des dizaines du nombre indiquant l'âge du défunt nous est
livré. Ce renseignement nous permet de restituer la formule finale probable de
l'inscription c WH Š cNT " a vécu des années " suivie de l'âge du défunt.
Dimensions :
H. 7 cm, 1. 20 cm, ép. 5, 5 cm.
Là encore, a été préservée une partie du champ épigraphique. Limité par
une bordure large de 2 cm du côté droit, de 3 cm à gauche, ce champ présente
un épiderme bien poli, laissant apparaître néanmoins les traces de l'outil qui l'a
aplani. La brisure qui a affecté cette zone n'a laissé à notre lecture que la premiè-
re ligne de l'inscription,
dont seule une lettre est
effacée. Les dimensions
des caractères varient
entre 1,5 cm pour ,
le
c
ayin, 2 cm pour l’ aleph,
2, 5 cm pour le tet et 3
cm pour le noun.
67
Reppal XII, Nouveaux fragments de stèles néopuniques de mididi Ahmed Ferjaoui
,
T c N c BN
A été érigée cette pierre (tombale)
,
Le noun du verbe T N n'est pas lisible, un petit trait en suggère le tracé.
c
FRAGMENT DE STÈLE N° 4
Dimensions :
H. 14 cm, 1. 16 cm, ép. 7, 5 cm.
Taillé dans un calcaire jaunâtre
dur, ce fragment se compose du
champ épigraphique incomplet
surmonté d'un espace vierge que
sépare une bordure. L'épiderme
de la zone portant l'inscription
est bien dégrossi. Caractérisées
par un tracé régulier, les lettres
présentent les dimensions sui-
vantes : le zayin : 0, 8 cm, le lamed :
2 cm, le beth : 2, 5 cm et le noun : 3 cm. Ne nous sont conservées de cette inscrip-
tion qu'une partie du premier registre ainsi qu'une lettre du second.
Dimensions :
H. 23, 5 cm, 1. 19 cm, ép. 6, 5 cm.
C'est encore un calcaire qui a servi de matériau lors de la taille de cette
(3)
K. Jongeling, Nomes in Neo-Punic Inscriptions, Groningen 1984, p. 204-205.
68
Reppal XII, Nouveaux fragments de stèles néopuniques de mididi Ahmed Ferjaoui
II faut lire
,
un mêm à la suite des termes QL et BRK et
non un aleph. En effet, tout d'abord en raison de
la similitude de ce signe avec le mêm de Š M.
Ensuite,
,
dans la majorité des inscriptions de ce
site, l aleph se caractérise par la présence d'un, voir
de deux, crochets à l'extrémité de l'une ou des
fig.5 deux hastes. A l’instar de certaines dédicaces du site
de Mididi renfermant la même formule votive que la nôtre, celle-ci commé-
more un sacrifice collectif offert par les " citoyens de Mididi " au dieu Ba cal
Hammon.
FRAGMENT DE STÈLE N° 6
Dimensions :
H. 15 cm, 1. 24, 5 cm, ép. 10 cm
La stèle, taillée dans un calcaire
blanc, est tronquée en ses parties
inférieure et supérieure. Le frag-
ment présent est ainsi essentielle-
ment constitué par un champ ico-
nographique dont la forme affecte
celle d'un rectangle mesurant 17
cm sur 9 cm. La limite en est maté-
rialisée par un cadre en relief, large
de 1 cm et de 3 cm de profondeur.
Les caractères de l'inscription, soi
fig. 6 gneusement et régulièrement gra-
vés, reposent sur une surface nette bien polie. Leurs dimensions oscillent entre
,
1, 5 cm pour le cayin et le shin, 2, 5 cm pour l’ aleph, le kaf et le noun, enfin, 3, 5
cm pour le koph. Le déchiffrement en est aisé :
c , ,
MN Š M QL
,
BRK
c
ammon a entendu sa voix et il l'a béni
69
Reppal XII, Nouveaux fragments de stèles néopuniques de mididi Ahmed Ferjaoui
FRAGMENT DE STELE N° 7
Dimensions :
H. 31 cm, 1. 20 cm, ép. 7 cm.
C'est une stèle presque complète taillée dans un calcaire jaunâtre. Elle est
dépourvue de la partie inférieure de la base. A 11 cm au-dessus de cette derniè-
re s'étend le champ épigraphique en
relief qu'enserre un cadre de forme
carré de 14 cm de côté et large de 1, 5
cm. Une éraflure a fortement endom-
magé le début de la dédicace. Cela est
d'autant plus regrettable que l'épider-
me de la pierre ainsi que la facture des
lettres étaient soigneusement travaillés.
Les dimensions des caractères qui res-
tent sont les suivantes : 1 cm pour le
shin et le mêm, 1,5 cm pour le kaf, enfin
2 cm pour les lettres beth, noun et resh.
c ,
[L]B LHMN ŠM[ ]
QLM BRKM
c
A Ba al Hammon a entendu
leurs voix et les a bénis
70
Reppal XII, Nouveaux fragments de stèles néopuniques de mididi Ahmed Ferjaoui
Dimensions :
H. 25cm, 1.19cm, ép. 9cm.
Ce fragment en calcaire provient de la partie infé-
rieure d'une stèle composée d'une base, elle-
même abîmée (H : 20 cm), et du champ épigra-
phique, duquel il ne reste qu'une infime partie.
Une étroite bande en relief borde le bas du
champ, alors qu'elle s'est élargie sur le côté latéral
droit, elle devait probablement l'encadrer.
L'inscription se compose d'au minimum de
quatre registres puisque la première lettre de cha-
cun d'eux nous est parvenue. S'ajoute un cinquiè-
me caractère placé dans la dernière ligne. La dis-
position de ces lettres : mêm, c ayin, shin, beth et
c
ayin, suite à la brisure nous empêche toute com-
préhension du texte.
M. Sznycer, «La vocalisation des formes verbales dans l'écriture néopuniques», Actes du
(4)
71
Reppal XII, Nouveaux fragments de stèles néopuniques de mididi Ahmed Ferjaoui
La divinité invoquée dans les dédicaces est Ba cal Hammon. Il y est men-
tionné intégralement tout comme dans les inscriptions de ce site déjà publiées.
Le sacrifice collectif organisé en son honneur semble avoir été fréquent puisque
sur les onze textes votifs connus de Mididi, cinq d'entre eux commémorent ce
type de sacrifice.
72
LES SACRIFICES D'ENFANTS À CARTHAGE :
Voici un sujet qui éveilla, bien avant la mise au jour des sanctuaires (?) ou
nécropoles (?) de Nora (1889), de Motyé (1919) et de Carthage (1922), etc., d'in-
cessantes controverses1. Si ces controverses précoces ont été suscitées par l'abon-
dante littérature présentée tant par l'Ancien Testament que par les textes clas-
siques, les fouilles menées dès la fin du XIXème siècle dans de nombreux sites
de la Méditerranée centrale les ont bien dirigées sur une voie où textes et ves-
tiges archéologiques s'unissent pour dévoiler le mystère de ce qu'on a désor-
mais considéré comme des aires sacrées où furent pratiqués les holocaustes (?)
mentionnées par les textes.
A vrai dire, la conciliation de la tradition avec les données archéologiques
ne constituait en elle-même qu'une modeste tentative pour répondre à la pro-
blématique suivante : pour quelle raison les Puniques ont-ils offert en sacrifice
leurs enfants ? Ainsi les réponses varient-elles, mais sans promesse aucune.
Aussi sont décevantes les publications de fouilles menées dans les sites princi-
paux de Carthage2 , de Tharros, et de Motyé ainsi qu'une bibliographie abon-
dante dominée par un esprit descriptif ne laissant qu'une place marginale à
l'analyse objective.
Pour une présentation exhaustive du problème parmi tant d'autres, voir la fameuse monogra-
(1)
phie de O. EIßFELDT "Molk als Öpferbegriff im Punischen und Hebraïschen und das Ende des Gottes
Moloch", Halle, 1935.
(2)
À l'exception de quelques Interim Reports et d'une série d'articles, rien n'est complétement
publié sur les fouilles que la mission américaine a menées de 1975 à 1979 dans le «Tophet de
Salammbô» ; voir en particulier l'article où L. Stager et S. Wolff ont proposé leur hypothèse :
"Child Sacrifice : Religious Rite or Population Control ? " Biblical Archaeology Review, X, 1984,
p. 30-51.
73
Reppal XII, Les sacrifices d'enfants à Carthage Moulay M'hamed Janif
II n'est pas dans notre intention de rappeler ici ces tentatives qui ont mar-
ginalisé le traitement des causes et des retombées politiques, sociales et écono-
miques de ces énigmatiques rites. Certes, leur valeur socio-politique et leur
signification religieuse nous échappent dans leurs grandes lignes, mais dans
combien de tentatives, ces questions ont-elles reçu la profonde attention qu'elles
méritent ?3
Les sacrifices tels qu'ils se manifestent dans un site majeur comme
Carthage nous invitent à bien observer les changements que le rite connut
durant toute l'histoire de cette ville punique et à en tirer des conclusions. Selon
les résultats préliminaires des fouilles menées par la mission américaine dans la
zone dite "tophet de Salammbô", cette aire sacrée fut continuellement utilisée
de la fin du VIIIème siècle à 146 av. J-C, mais n'atteignit son apogée qu'à
l'époque de Tanit II, c'est à dire entre 600 et 300 av. J.-C4. C'est un changement
qui n'est pas sans enseignement, et pour y conclure il suffit de jeter ici un aper-
çu diachronique sur le rite tel qu'il est pratiqué à Carthage et manifesté par les
urnes sacrificielles et par leur contenu. On fait donc appel aux résultats de l'ex-
pertise que le docteur Schwartz a faite et dont furent l'objet 130 urnes fouillées
par la mission américaine dans le secteur N-E du "tophet de Salammbô". Nous
présentons ainsi les résultats traduits en chiffre5
(3)
Nous ne mésestimons point les contributions qui ont abouti à l'actuelle compréhension du
phénomène. Pour une vue globale sur ces contributions, voir G. C. Heider, "The Cuit of Molech. A
Reassessment" (JSOT supplément Séries, 43), Sheffield, 1986 ; et tout récemment H. Bénichou-
Safar, "Tophets et nécropoles puniques", dans "Monuments funéraires. Institutions autochtones en
Afrique du Nord antique et médiévale I. Nécropoles, rites et monuments funéraires", Nancy, 1995, p. 91-
101
(4)
L. W. Stager, "Carthage: A View from the tophet", dans "Phönizier im Westen" (Madrider
Beiträge 8), éd. H. G. Niemeyer, Mainz, 1982, p. 155-166 ; id., "Le tophet et le port commercial",
dans "Pour sauver Carthage", éd. A. Ennabli, UNESCO, 1992, p.72-78; L. W. Stager & S. WOLFF,
op. cit, 1984, p. 30-51.
(5)
L. W. Stager, op. cit, 1982, p. 159; id., op. cit, 1984, pp. 47f.
74
Reppal XII, Les sacrifices d'enfants à Carthage Moulay M'hamed Janif
Comme l’on peut s'en rendre compte, ces résultats contredisent ceux obte-
nus par le Français Richard dans sa thèse pour le doctorat en médecine, où il a
étudié le contenu de 180 urnes provenant des sites de Carthage et de Sousse
(l'ancienne Hadrumète) et a en tiré les résultats suivants6 :
(6)
J. Richard, "Étude médico-légale des urnes sacrificielles puniques et de leur contenu", Thèse pour le
doctorat en médecine, Lille, 1961, p. 107.
75
Reppal XII, Les sacrifices d'enfants à Carthage Moulay M'hamed Janif
C'est une extension qui se reflète bien dans le nombre d'urnes que le tophet a contenues entre
(7)
400 et 200 av. J.-C, plus de 20.000 urnes, M. E. AUBET, "The Phoenician and the West: Politics,
Colonies and Trade", Cambridge, 1993, p. 208.
(8)
W. V. Harris, "Child Exposure in the Roman Empire", Journal of Roman Studies, 84,1994, p.1-22.
L'exemple d'Athènes, où furent dégagées des urnes datées des iVème-IIIème siècle contenant
(9)
des ossements incinérés d'enfants et d'animaux ne peut être pris en considération ici puisque la
crémation fut utilisée comme rite funéraire parmi d'autres dans le monde grec. À ce sujet S.
Moscati "II sacrificio punico dei fanciulli: realtà o invenzione?", Accademia Nazionale dei Lincei,
Quaderno, 251,1987, p. 10 f.
76
Reppal XII, Les sacrifices d'enfants à Carthage Moulay M'hamed Janif
(10)
L. Stager, op. cit. (1982), p.165.
(11)
Ibid.
(12)
Quoique ce chiffre soit hypothétique, des enquêtes confirment peu à peu cette forte mortalité
infantile. Ainsi le suggère une expertise portant sur des ossements provenant de la nécropole
archaïque (Vlème siècle av. J.-C.) de Puig des Molins à Ibiza: une très forte proportion de morta-
lité infantile qui pourrait atteindre 60%, A. REYNIERS, "Démographie", p. 130, dans
Dictionnaire de la civilisation phénicienne et punique, éd. E. LIPIŃSKI, Brepols, 1992.
Pour une étude exhaustive de la nature de cette déesse, voir F. O. HVIDBERG-HANSEN, "La
(13)
77
Reppal XII, Les sacrifices d'enfants à Carthage Moulay M'hamed Janif
gements sont significatifs également dans l'art, et pour ne pas se perdre dans le
détail on ne rappelle que ceux que les motifs ont connus à partir du Vème siècle
en référant à l'excellente étude de C. Picard14.
L'établissement du culte d'une déesse qualifiée de vierge-mère et de Nutrix
telle que Tnt pn Baal à Carthage à la fin du Vème siècle est un événement de
grande importance qui n'a pas encore reçu la reflexion qu'il mérite. On se pose
la question de savoir si cet établissement ne représentait pour les Carthaginois
un recours suprême à la grande divinité chthonienne que fut Tnt pn Baal qui
seule pourrait les sauver d'un destin pire que la la bataille d'Himère15. Très
regrettable est d'ailleurs l'absence de tout document punique, grec ou romain
qui pourrait refléter les sentiments que les Carthaginois éprouvèrent après cette
défaite sans précédent.
Pour finir, nous voudrons ajouter une dernière réflexion. Il se peut, si on
admet l'hypothèse considérant les tophet comme des nécropoles où les Puniques
enterrèrent leurs enfants morts-nés où décédés en bas-âge, que les Carthaginois,
en "sacrifiant" leurs progénitures mortes espéraient que Tnt pn Baal et Baal Hmn
leur en offrent d'autres plus sains et on ne devrait pas s'étonner de l'essor consi-
dérable que ces "sacrifices" ont connu après le Vème siècle av. J.-C, puisque les
Carthaginois y auraient vu, surtout après la bataille d'Himère, un moyen pour
sauver leur société et pour se maintenir.
C. Picard, "Les représentations du sacrifice molk sur les ex-voto / stèles de Carthage",
(14)
78
UNA APROXIMACION A LOS INFLUJOS
TECNOLÓGICOS Y TIPOLÓGICOS DE LA ARQUITECTURA
PÚNICA EN EL MUNDO IBÉRICO.
1. Introducciόn:
79
Reppal XII, Una aproximaciόn a los influjos technolόgicos y tipolόgicos de la arquitectura púnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
Sí se valoran por otra parte las influencias que provocό la presencia colo-
nial fenicia en las costas de Andalucía y Levante desde el siglo VIII a.C, y por el
contrario, apenas se tienen en cuenta aquellas que penetraron por los mismos
territorios citados desde el siglo VI a.C. (tras el despegue econόmico de Cartago
desde 550 a.C.) sin olvidar que es en este siglo VI cuando el mundo peninsular
disfruta de una consolidaciόn urbanística y arquitectόnica, sobre todo en la
mitad sur (BENDALA GALÁN y BLÁNQUEZ PÉREZ, 1997: 144) de la que el
mundo fenicio primero, y el púnico después, tuvieron mucha culpa.
Generalmente no se han tenido en cuenta todos estos aspectos, porque en el
momento en el que los influjos arquitectόnicos púnicos fueron más potentes
(desde el siglo III a.C.) Cartago se encuentra bajo la όrbita del fenόmeno
helenistico, que afectό allí como en todo el Mediterráneo, lo que producirá que
las novedades tipolόgicas y tecnolόgicas que traen, sean en principio, originales
del mundo egeo. Por otro lado no hay que obviar el momento de la presencia
bárquida en la Penïnsula a lo largo del siglo III a.C., que trajo todo un sistema
politico y de control territorial fundamentado en la ciudad como eje de la socie-
dad y como marco donde se desarrollό la arquitectura. Además el imperialismo
cartaginés del siglo III a.C, evolucionό hacia un sistema de control total de los
territorios por los que extendiό sus influjos, para explotar así de una manera
directa sus recursos naturales.
80
Reppal XII, Una aproximaciόn a los influjos technolôgicos y tipolόgicos de la arquitectura púnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
Por otro lado existieron otros factores que no hemos de desdeňar y que
tuvieron una gran influencia a la hora de acercar las novedades técnicas: uno, la
presencia de los afamados guerreros ibéricos, que actuaron como mercenarios
en los principales conflictos mediterráneos y que conocieron la arquitectura
griega y púnica durante las guerras de Sicilia, entre 480-395 a.C, por ejemplo, a
la que hemos de sumar los viajes de comerciantes peninsulares que pudieron
aprehender así mismo las técnicas y las tipologias arquitectόnicas. El otro factor
determinante, queda más alejado en el tiempo, y es del que nos vamos a ocupar
a continuaciόn; se trata de la presencia comercial fenicia en las costas andaluzas
(siglos VIII-VII a.C).
81
Reppal XII, Una aproximaciόn a los influjos technolόgicos y tipolόgicos de la arquitectura púnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
ataques o asedios. Es importante destacar la muralla por encima del resto de los
aspectos arquitectόnicos. En el muro del Cabezo de San Pedro, el cual no es
exactamente una muralla, ya que es un muro de contenciόn de tierra ubicado en
la ladera de uno de los inestables cabezos que caracterizan a la ciudad de
Huelva, se détecta una estructura típicamente oriental, ubicada en un contexto
indígena. Fue fechada por sus excavadores en un momento de contactos preco-
loniales hacia el siglo VIII a.C. (BLÁZQUEZ MARTÍNEZ; RUIZ MATA y
MARTÍN DE LA CRUZ, 1981: 149 ss.) y se caracteriza por la combinaciόn del
pequeňo aparejo conformado por paňos de mampostería con el gran aparejo,
mediante un pilar realizado con sillares escuadrados, colocados de forma isόdo-
ma (ver Lâm. le). Este tipo de construcciόn de gran aplome y consistencia, traí-
da por los fenicios, se utilizό en Oriente (Imperio Hitita) desde el siglo XV a.C.
(ELAYI, 1980: 165) en zonas de elevada sismicidad o de terreno inestable, como
en el caso del Cabezo de San Pedro, evitando lo que se conoce como "efecto
dominό", es decir la caida escalonada de todo un lienzo de muro, que impide la
colocaciόn a espacios regulares de los pilares de sillares o monolíticos. En la
Península Ibérica tenemos constancia de otra construcciόn con el mismo aparejo
en Carmona (VI a.C), también dentro de lo que se considérό un contexto indí-
gena, y mucho más tarde, hacia el III a. C, en Niebla (BELÉN et alii, 1993: 224).
La técnica la retomarán en el mundo púnico, transformándose en uno de sus
aparejos mas característicos (CINTAS, 1976), que veremos en Byrsa, Kerkouane,
Tharros o Nora, y después será profusamente utilizada durante el Imperio
Romano.
82
Reppal XII, Una aproximaciόn a los influjos technolόgicos y îipolόgicos de la arquitectura púnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
lo en época púnica. Éstas últimas han sido tomadas habitualmente como un ele-
mento helenístico y se componen de lienzos defensivos con cuartos internos que
se utilizan como almacenes o cuerpos de guardia en época de paz, y que se rel-
lenan ante un peligro, duplicando su anchura y por lo tanto robustez. No es tal
su procedencia, pues tenemos ejemplos en fechas anteriores tanto en Oriente o
en el Mediterráneo Central (Mastio de la acrόpolis de Monte Sirai, en el siglo
VII a.C.) como en la Península Ibérica (Cabezo Pequeňo del Estaňo, Alicante y
Castillo de Doňa Blanca, Cádiz) fechados en el siglo VIII a.C. (GARCÍA
MENÁRGUEZ, 1994: 272; RUIZ MATA y PÉREZ, 1995: 99).
83
Reppal XII, Una aproximaciόn a los influjos technolόgicos y tipolόgicos de la arquitectura púnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
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Reppal XII, Una aproximaciόn a los influjos technolόgicos y tipolόgicos de la arquitectura púnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
Los influjos tipolόgicos que venimos citando, los vamos a separar aten-
diendo al lugar donde estos se van a realizar; así pues, distinguiremos los que
se presenten en los sistemas defensivos y de vigilancia, en las estructuras
domésticas, en los edificios de carácter sacro y por último, en los edificios fune-
rarios.
85
Reppal XII, Una aproximaciόn a los influjos technolόgicos y tipolôgicos de la arquitectura púnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
de la mano de los griegos, como por el sur, de la de los cartagineses). Para algu-
nos, como es el caso de P. Moret, la arquitectura militar ibérica tiene una base
principalmente indïgena (MORET, 1991b), pesé a la influencia ejercida por los
pueblos del Mediterrâneo (que no ha sido, en su opinion, tan fuerte como cabría
pensar). El principal elemento aceptado como importado, es la torre de planta
cuadrangular, detectado en yacimientos ibéricos de Levante, como La Escuera,
o el Tossal de Manises (NORDSTROM, 1967: 53).
86
Reppal XII, Una aproximaciόn a los influjos technolόgicos y tipolόgicos de la arquitectura púnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
visual con el Cabezo Pequeňo del Estaňo, auténtica atalaya de toda la costa.
Âmbas fortificaciones (El Oral y el Cabezo Pequeňo del Estaňo) comparten una
estructura exterior en talud, revocada con barro, que reforzarían los paramentos
endebles de mampostería. Las murallas en talud que tenemos en el mundo
púnico en fechas recientes (como las de Erice, desde el VIII a.C), también son
comunes en todo el mundo ibérico (Tejada, Torreparedones, Puente Tablas, Alt
de Benimaquía o El Oral) en cronologías antiguas.
87
Reppal XII, Una apmximaciόn a los influjos technolόgicos y tipolόgicos de la arquitecttira púnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
b) Estructuras domésticas:
88
Reppal XII, Una aproximaciôn a los influjos technolôgicos y tipolôgicos de la arquitectura pûnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
89
Reppal XII, Una aproximaciόn a los influjos technolόgicos y tipolόgicos de la arquitectura púnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
d) Edificios funerarios :
4. Conclusiones :
90
Reppal XII, Una aproximaciόn a los influjos technolόgicos y tipolôgicos de la arquitectura púnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
pûnica como tal sobre el mundo ibérico, y realmente en este periodo, es cuando
decrecieron más los influjos y la llegada de novedades. Tan tardías fueron, que
donde con más fuerza se notaron fue en el mundo romano, una vez conquista-
dos los territorios africanos, tras la III guerra romano-cartaginesa; es en ese
momento cuando un ingente número de técnicas arquitectόnicas originalmente
púnicas, como el opus africanum, los revestimientos y las obras de carácter
hidraúlico (cisternas, depόsitos, conducciones) o las diferentes modalidades de
los pavimenta pûnica, fueron absorbidos por los romanos.
Hasta el periodo bârquida, existieron como hemos visto a lo largo del tra-
bajo, mas influencias en lo referente a las tipologias de los edificios, que a las
técnicas constructivas. Por otro lado, sabemos que no podemos hablar de unas
caracterïsticas propiamente ibéricas para todo el territorio peninsular y que
estas varian en funciôn de la ubicaciôn y la cronologïa; tampoco podemos afir-
mar que el mundo pùnico fuese homogéneo y unitario. No tiene nada que ver
por ejemplo un pùnico de Cerdena, con uno de Marruecos, ni evidentemente
tiene que ver el mundo pùnico inmediatamente después de la caída de Tiro en
el 550 a.C, con el que sucumbio en las Guerras Pùnicas. Asi pues, podemos afir-
mar para concluir que las influencias pùnicas (o mediterráneas pasadas por el
exquisito filtro cartaginés) no influyeron sobre un conjunto total y tecnológica-
mente unitario, sino que se trato simplemente de influjos puntuales de mayor o
menor envergadura en diferentes lugares y sobre determinadas construcciones,
donde las murallas fueron las que reunieron una mayor presencia de elementos
foráneos, como ya hemos analizado.
91
Reppal XII, Una aproximaciόn a los influjos technolόgicos y tipolôgicos de la arquitectura pûnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
BIBLIOGRAFÍA
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Reppal XII, Una aprόximaciόn a los influjos technolόgicos y tipolόgicos de la arquitectura púnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
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Reppal XII, Una aproximaciόn a los influjos technolόgicos y tipolôgicos de la arquitectura púnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
FECHA INFLUENCIAS/
HORIZONTE YACIMIENTOS
(a .C.) NOVEDAS TÉCNICAS
Primeras influencias
tecnologicas y
tipologicas orientales. Pianos Cabezo de S. Pedro.
ortogonales. Arquitectura en Tejada.
750-600 PREIBÉRICO
adobes sobre zócalos de Puente Tablas.
mamposterfa. Introduccion Torreparedones.
del
trabajo de sillares.
Ullastret.
Técnicas de encadenamiento
Turó del Montgròs.
de sillares en las esquinas
San Antonio de
(permiten la
Calaceite.
IBÉRICO construction de torres y
600-500 Alt de Benimaquía.
ANTIGUO estancias de planta
El Oral.
cuadrangular). Fosos
La Quéjola.
defensivos de perfil en V.
Puente Tablas.
Murallas de casamatas
Torreparedones. Tejada.
Alorda Park.
Aparejos defensivos
Turó del Montgròs.
cuidados. Caminos de ronda.
Ullastret. Sagunto. Puig
Plantas regularizadas;
de la Nau. La Alcudia.
introduccion de la técnica
Templo B de la Illeta de
del almohadillado y
Campello. La Picola.
engatillado de los sillares.
IBÉRICO La [Link] Escuera.
500-300 Creación de sistemas
MEDIO Cerro de las Cabezas de
defensivos avanzados.
Valdepeňas.
(proteichisma, rnuros en
El Amarejo. Cámara de
cremallera, accesos en codo).
Toya. El Higuerón.
Torres divididas en dos
Niebla. Torreparedones.
compartimentos iguales;
Puente Tablas. Castellet
Torres pentagonales.
de Banyoles.
Decrecen las Tossal de Manises
influencias, pese al contacto (Torre "cartaginesa").
por la Niebla, Sagunto.
IBÉRICO-
300-200 presencia Bárquida. Templo de la Alcudia.
RECIENTE
Introducción de Puente Tablas.
tipologías templarias de Santuario de
estilo oriental. Torreparedones
96
Reppal XII, Una aproximaciόn a los influjos technolόgicos y tipolôgicos de la arquitectura púnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
b) Torre dividida de las defensas del poblado ibérico de Alorda Parc (Tarragona)
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Reppal XII, Una aproximaciôn a los influjos technolôgicos y tipolôgicos de la arquitectura pûnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
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Reppal XII, Una aproximaciôn a los influjos technolôgicos y tipolôgicos de la arquitectura pûnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
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Reppal XII, Una aproximacion a los influjos technolôgicos y tipologicos de la arquitectura pûnica en el mundo ibérico Fernando Prados Martinez
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MONETE AUTONOME DI SABRATHA E CERCINA :
NUOVI DATI E RILETTURE
Lotfi Rahmouni
LA ZECCA DI SABRATHA
Communicazione presentata nel collocquis tenutosi all'universita di Cagliari nel dicembre 2000
in memoria a Gianni Tore. Colgo l'occasione per ringraziare
(1)
L. I. Manfredi , Monete puniche : repertorio epigrafico e numismatico delle leggende puniche,
Bollettino di Numismatica, Serie monografica 6,1995, p. 45- 46, per le leggende, e pp. 189-190
per i tipi in questione,e.p. 304, n. 198- 199 ; G. K. Jenkins, attribuisce a Zitha le monete a
leggendaste propone di leggere tty corne nome di persona, ved., Coins front the excavations, in P.
M. Kernik (ed.), Excavations at Sabratha, 1948- 1951, London 1986, p. 256 ;Id., Sylloge
Nummorum Graecorum, The Royal Collection of Coins and Medals, Danish National, North
Africa,Syrtica, Mauretania, 42, Copenhague, 1969, n. 68- 69 ; M. Amandry, et alii, Roman Provincial
Coinage, vol. I, Sabratha, p. 204- 206 pi. 46- 47 et Zitha (?) p. 209.
(2)
Milligen e Judas, citati in L.-I. Manfredi, op. cit., p. 45.
(3)
L. Muller, Numismatique de l'ancienne Afrique, I- III, Copenhague 1861- 62, vol. III, pp. 71- 73
il comitato d'organizzazione per overmici fatto partecipare.
103
Reppal XII, Monete autonome di Sabratha e Cercina : nuovi dati e riletture Lotfi Rahmouni
incerte di Numidia, seguito in questo da J. Mazard4, pero' con una certa perples-
sità. G.K. Jenkins5, seguito da R. Martini6, propose un'attribuzione ad una zecca
incerta della Sirtica o della Bizacena.
Oltre ai bilitteri 't e bt, di difficile interpretazione e di nessun aiuto
nell’identificazione della zecca, va aggiunta l'analoga difficoltà nelle lettura
délia figura del dritto con la sua tiara o copricapo piumato. Il Mazard l'ha des-
critto corne Eshmoun, e Jenkins, più cauto" corne divinità "tout-court", mentre
per la Manfredi," il dio (...) potrebbe essere inteso come Saturno, interpretatio
romana del Baal Hammon punico".
Questa serie sarebbe rimasta oggetto di discussione, se un nuovo esemplare
non fosse aquistato nel '92 dal "Cabinet des médailles" di Parigi7, esemplare che
dovrebbe porre fine alle varie attribuzioni di zecca ( fig. 1 )
fig.1
Il dritto di questa moneta, il cui stato di conservazione è medio, médiocre inve-
ce per il rovescio, présenta la stessa effigie maschile finora discussa, con, alla
sua s. una leggenda di quattro lettere neopuniche8.
fig.2
(4)
J. Mazard, Corpus Nummorum Numidiae Mauretaniaeque, Paris 1955.
(5)
G. K. Jenkins,S.N.G., 42 Copenhague, 1969, n. 68- 69
(6)
Martini, Sylloge Nummorum Graecorum, Italia, Milano, vol. XIV, Cyrenaica- Mauretania, Milano
1989
(7)
Bronzo, gr. 2,47 ; inv. 1992/ 1001
(8)
la stessa leggenda divisa in due, Amandry, op. cit., pl. 47, n. 824
104
Reppal XII, Monete autonome di Sabratha e Cercina : nuovi dati e riletture Lotfi Rahmouni
Detta leggenda ci présenta infatti, il nome délia città di Sabratha, sbrt, forse
anche in una forma più diffusa se si vuol vedere nel segno finale due lettere taw
nun (sbrtn), la nun in tal caso sarebbe fuori conio. Di questa zecca e delle sue
varie emissioni, ci sarebbe ben poco da aggiungere al recente ed esauriente stu-
dio di L.-I. Manfredi.9
Rimane da interpretare il tipo del rovescio con due lettere entro corona. La
prima lettera, assai consunta, si confonde in parte, con il fogliame della corona,
ma puo' essere letta corne s, mentre la seconda nonostante la sua asta tronca, è
di lettura più facile, è una taw. Il tipo del rovescio con l'impiego di una corona
di fogliame s'inserisce più comodamente nelle serie pertinenti alla Sirtica (fig. 2-3).
Nell'apposito caso, cioè, il rovescio s t (samek taw) entro corona, è stato finora
interpretato in modi diversi.
Muller l'attribui' alla Numidia, ad una zecca di Suthul10, mentre il Mazard
vi ha visto uno stile délie città délia Sirtica e délia Bizacena11. La sua attribuzione
alla zecca de Zitha da parte di Jenkins è accettata e ripresa dal Grant12 e dalla
Manfredi13. Inoltre sempre lo Jenkins, nel rapporto degli scavi di Sabratha (1948-
51) pubblicato nell'86 non manco' di esprimersi circa la somiglianza delle mone-
te di Zitha e di Sabratha14.
Dopo la scoperta di questa moneta, la città di Sabratha sembra la zecca di
emissione anche delle due serie , precedentemente attribuite a Zitha. Infatti,
quest'ultima non doveve essere politicamente cosi' importante al punto di
coniare una moneta propria. La città di Zitha, l'odierno Henchir Zian15, non
appare in nessuna fonte storica. L'unica sua presenza è nella Tabula
Peutingeriana, sotto la voce "Ziza municipium". D'altronde, e tornando alla
numismatica, le uniche due série enee, solitamente attribuite alla zecca di Zitha,
risultano essere iconograficamente, entrambe, legate alle monete di Sabratha
(9)
op. cit. pp. 68- 70 .
(10)
Muller, II, pp. 59- 60
(11)
Mazard, CNNM, p. 162
(12)
M. Grant, From Imperium to Auctoritas. Historical study of Aes Coinage in the Roman Empire 49
B.C. - A.D. 14, Cambridge 1969, p. 188
(13)
Manfredi, op. cit. , p. 71
(14)
Jenkins, Coins, p. 256.
A. Drine, Note sur le site de Zitha (Hr. Zian) à Zarzis, REPPAL VI, 1991, p. 17- 30 ; A. Drine et
(15)
H. Ben Younès, Statues de Zian et de Gighti, Africa XV, INP, Tunis 1995, p. 53 sq.
105
Reppal XII, Monete autonome di Sabratha e Cercina : nuovi dati e riletture Lotfi Rahmouni
emesse durante il I sec. a.C. In particolare trovano confronto i tipi riprodotti sui
dritti corne la testa di Serapide a destra e la testa di Mercurio con petaso a d.16
(fig- 3 - 4)
fig.3 fig.4
Ma anche gli stessi tipi del rovescio non sono iconograficamente, estranei al
repertorio della zecca di Sabratha.
LA ZECCA DI CERCINA :
(16)
Muller, III, 69 ; SNG Copenhague 42, n. 47 ; Manfredi,op. cit. nn. 71- 72.
106
Reppal XII, Monete autonome di Sabratha e Cercina : nuovi dati e riletture Lotfi Rahmouni
Tra le monete provenienti dagli scavi del sito di Borj Lahsar a Kerkenna17,
un gruppo présenta un interesse particolare. Dette monete appartengono infatti
a delle serie attribuite dubitativamente aile isole della Tunisia18. Per il loro
numero e le varietà dei loro tipi si possono attribuire con più certezza alla zecca
di Cercina.
Il tipo principale è il granchio, emblema dell'isola, costantemente presente,
talune volte sui dritti ed altre volte sui rovescio. I tipi che gli sono associati sono :
un guerriero nudo con scudo e spada o lancia, o una testa maschile imberbe a
destra, o testa maschile barbata a s. (fig. 5- 7), Eracle stante con mazza, o simbo-
lo di Tanit e caduceo entro corona o solo caduceo entro corona, accompagnati da
una a quattro lettere19. Queste ultime, di difficile interpretazione sono già state
fig.5 fig. 6
fig. 7
elencate da L.-I. Manfredi, nel suo "repertorio epigrafico e numismatico", la
quale ha confermato "la difficoltà di ipotizzare qualsiasi tipo di lettura, che al
momento ci sfugge completamente"20.
Nella sua traduzione commentata di Plinio, libro V, 1- 46 (41), J. Desanges
vede nel granchio " un rébus numismatique comme il en est d'autres exemples.
Le crabe se dit en grec χαρχινοζ et le petit crabe χαρχιναζ. Que le jeu de mots
fût grec n'étonnera pas dans un milieu de marins. Des Romains comprenaient
aisément l'allusion"21 .
Ringrazio il collega F. Chelbi per avermi affidato lo studio del materiale numismatico di Borj
(17)
Lahsar (Kerkenna)
(18)
SNG Copenhague 42, nn. 475- 488
(19)
Muller, p. 178-179; Manfredi, pp. 321- 324, nn. 1-20.
(20)
Manfredi, p. 48
Pline, Histoire naturelle, Livre V, 1- 46,1 ère partie (l'Afrique du Nord), Texte établi, traduit et
(21)
107
Reppal XII, Monete autonome di Sabratha e Cercina : nuovi dati e riletture Lotfi Rahmouni
(22)
Muller, II, p. 179 ,11-13 ; SNG Copenhague ,42,481 ; Manfredi, p. 201 e p. 322.
(23)
F. Chelbi, l'archéologie sous-marine, dans " la Tunisie carrefour du monde antique, Les dos-
siers d'archéologie, n. 200, janv.- février 1995, p. 132
(24)
Per le varie citazioni di Cercina nelle fonti storiche, cfr. J. Desanges, op. cit.
(25)
Informazione orale di F. Chelbi. Il saggio degli scavi è in corso di pubblicazione.
(26)
in base ai dati degli scavi.
108
LES OBJETS ÉGYPTIENS ET ÉGYPTISANTS
EN PROVENANCE
DES FOUILLES DANS LE SECTEUR DE LA RUE IBN
CHABÂAT, À CARTHAGE-DERMECH
Taoufik Redissi
Rakob E, 1991, 58; Redissi T., Rapport préliminaire: Rakob F, 1991, 59-61, pl. 27; Redissi T., Les
(1)
empreintes de sceaux égyptiens et égyptisants de Carthage, CEDAC, 12, 1991, 13-24; ; Rakob F,
1995, 433; Redissi T., 1999, 4-92, pl. 1-21. Les empreintes de sceaux à décor grec et hellénistique
ont été récemment publiées par Berges D., 1997,10-214, pl. 6-128.
(2)
Redissi T., 1999, 53, pl. 19-21, n°224-237. Nous tenons à témoigner de nos sentiments de grati
tude à M. Rakob F. qui a bien voulu m'autoriser à joindre ce petit lot d'objets égyptiens et égyp
tisants aux empreintes de sceaux de Carthage pour étude.
109
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
de "Bès" qui complètent ce lot, sont des nouveautés à verser dans le dossier du
chapitre d'Aegyptiaca de Carthage3.
Desc. : Applique à décor floral représentant une corolle, à trois pétales diri-
gées vers le bas, surmontant un support qui se termine par un tenon. Du som-
met de la corolle s'élève une colonnette à la base de laquelle surgissent des
pétales en pointe. Un seul trait marque la séparation entre la corolle et la base
de la colonnette.
(3)
Dans le catalogue, nous avons employé pour la description des objets les abréviations sui-
vantes: Des. = description; Dim. = dimensions; L. = longueur; 1. = largeur; ép. = épaisseur; h. =
hauteur; d. = diamètre; Con. = conservation; Fac. = facture; Mat. = matière; Pro. = provenance;
Bib. = bibliographie; Dat. = datation. Pour la détermination de la couleur de la terre cuite nous
avons utilisé Munsell Soil Color Charts, Baltimore, Maryland, édi. 1975. Pour l'identification des
signes hiéroglyphiques, nous avons consulté la liste des signes hiéroglyphiques établie par
Lefebvre G., Grammaire de l'égyptien classique, 2ème éd., Le Caire, 1955, 383-426 et Sign-List de
Gardiner A., Egyptian Grammar, 3ème éd., Londres, Oxford, 1982, 438-548.
110
ReppalXII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat,à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
N° 2, fig. 2 a-b
fig. 2, a
111
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
N° 3, f ig. 3 a-b
fig.3,a fig.3, b
112
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
N° 4, fig. 4 a-b
fig. 4, a fig. 4, b
113
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
lités à retenir parmi tant d'autres: ces appliques pourraient être utilisées comme
éléments de décoration de meubles ou de brûles-parfums.
L'emploi d'éléments de décor en métal est bien attesté en Orient au I er
millénaire av. J.-C. Plusieurs restitutions ont été proposées à partir des frag-
ments supposés appartenir aux trônes, comme c'est le cas de ceux de la fin du 8
ème s. av. J.-C, trouvés à Toprakkale et à Altintepe5 dans l'ancien territoire de
l'Urartu (Arménie) et à Nimrrud6, en Irak. La plupart de ces fragments en bron-
ze façonnés en forme de motifs végétaux, de têtes de bélier, d'animaux fabu-
leux, de pattes de lion, sont appuyés, quant à leur emploi décoratif dans les
trônes, par les représentations des bas-reliefs assyriens contemporains du 8
ème s. av. J.-C.7 Parmi les fragments récoltés dans "la chambre des bronzes" du
palais nord-ouest de Nimrud, il n'est pas sans intérêt de citer un panneau en
bronze, à décor ajouré, de style néo-assyrien, réparti sur deux registres; nous
relevons sur le premier une scène de deux divinités ailées maîtrisant un sphinx,
et sur le second deux griffons de part et d'autre d'un "arbre de la vie"8. Le
même arrangement de répartition des scènes en registres sous forme de pan-
neaux, certainement ajourés, est merveilleusement illustré par le bas-relief de
Maltaï datant de l'époque de Sennachérib (704-681 av. J.-C). Il représente une
divinité assise sur un trône décoré sur le côté de deux atlantes alternant avec
des personnages passant9. Le bas-relief du 5 ème s. av. J.-C de Persépolis
montre un trône semblable à décor réparti sur trois registres superposés figu-
rant une procession des quatorze peuples perses qui, en signe de soumission,
lèvent les bras pour porter le trône10. La découverte récente d'un atlante en
Kyrieleis H., Throne und Klinen, Studien zu Formgeschichte altorientalischen und griechischen Sitz
(5)
(6)
Idem., 31-34; Barker H. S., 1966,197-198.
Barker H. S., 1966, 184, fig. 293; 190 fig. 305; 192, fig. 308; Denzer J. M., Le motif du banquet cou
(7)
ché dans le Proche-Orient et le monde grec du Vile au IV ème s. av. J.-C., Rome, 1982, 38, 44, pi. 8, 54
(Tell Rifacat).
(8)
Curtis J., 1988, 85, pl. 75.
(9)
Barnett, R. D., Excavations of the British Muséum at Toprak Kale near Van, Iraq, 12, 1950, 28,
fig. 16. Un autre bas-relief de la même période restitue une représentation comparable au trône
du même roi; sur le côté sont figurés des atlantes, cf. Perrot G. - Chipiez Ch., Histoire de l'art dans
l'antiquité, II, Paris, 1884, 519, fig. 237.
Keel O., Die Welt der orientalischen Bildsymbolik und das Alte Testament. Am Beispiel der Psalmen,
(10)
114
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
(11)
Curtis J., 1988, 86, pl. 80-81.
Pterie W. M. Fl., The Palace of Apries, (Memphis II), Londres, 1909, pl. XIV, quadrant d'en haut,
(12)
Pillet M., Divers objets en bronze des musées du Caire et du Louvre, ASAE, 43,1943, 64, fig.
(15)
19, nous remercions Mes Christiane Ziegler Conservateur Général du Département des
Antiquités Egyptiennes du Musée du Louvre et Catherine Bridonnau documentaliste qui
avaient mis aimablement à notre disposition les fiches de ces appliques portant les numéros
d'inventaire 3047, 3048, 3049 (en bronze); N 4618 (en faïence).
Jantzen U., Àgyptische und orientalische Bronzen aus dem Heraion von Samos, Bonn, 1972, 32, pl.
(16)
34 B. B 758.
(17)
Vandier d'Abbadie J., 1972,171-173, n° 758-767.
115
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
(18)
Baker H S., 1966,151, fig. 234 (scène représentée sur un sarcophage d'El-Bersha, vers 1900 av.
J.-C); Ziegler Ch.: L'Egypte au Temps des Pyramides, Paris, 1999, (catalogue d'exposition), fig. p.
208, stèle de Néfertiabet datant de l'époque de Chéops (2551-2525 av. J.C.); Killen G., Ancient
Egyptian Furniture, I, 4000-1300 B C, Warminster, 1980, 28-29, fig. 11, 12, pl. 36; 59-60 fig. 31, pl.
98, fauteuil et lit de la reine Hétephérès (mère de Chéops); Metzger M., 1985, pl. 14 A.
(19)
Decamps de Mertzenfeld C. ,1954, 101, pl. LXII 660- 661.
von Luschan E, 1943,135, fig. 185, pl. 69, s (h: 2,7 cm.); les pétales sont revêtues d'une mince
(20)
couche d'or.
Gjerstad et al., The Swedish Cyprus Expédition, II, Finds and Results of the Excavations in Cyprus
(21)
1927-1931, Stockholm, 1935,12, pl. CLX, 12 (A. 2. 33); Decamps de Mertzenfeld C, 1954,155, pl.
LXXIII, 771-772.
Niemeyer H. G., 1970, 96-101, pl. 21-24; Clerc G. et al., 1976, 256-258; Gubel E., A propos du
(22)
Marzeah d' Assurbanipal: Reflets des Deux Fleuves, Volume de Mélanges offerts à André Finet, édi.
Lebeau M. - Talon Ph., Louvain, 1989, 47-53.
(23)
Barnett R. D., 1975,145-151, pl. IV, C. 12-15; Herrmann G., 1986,126, pl. 91, 407, 409; Gubel
E., 1986, 236, n° 272.
Culican W., Phoenician Incence Stand: Opera Selecta, from Tyre to Tartessos, Göteborg, 1986,
(24)
549-569, pl. III E., pl. IV, A, C, p. 563, fig. 3; Hölbl G., Ägyptisches Kulturgut aufden Inseln Malta
und Gozo in phönikischer und punischer Zeit, Vienne, 1989,155 -157, pl. 23, 1-4.
116
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech [Link]
des documents lapidaires des sanctuaires à ciel ouvert sardes25, les naiskos en
terre cuite26 et les quelques scènes gravées au plat de scarabées27, exceptionnel-
lement reproduites sur les empreintes de sceaux28
Quant au chapiteau papyriforme il a connu également au même
millénaire une grande fortune dans l’architecture phénicienne, comme en indi-
quent indirectement les représentations des patères en bronze29, les petites
colonnettes qui ont servi de supports aux représentations des plaquettes en
ivoire apparentées à la série de la " Dame à la fenêtre"30 et un bon nombre d'édi-
cules égyptisants en forme de plaquettes en terre cuite que l'on peut attribuer
au 8 ème s. av. J.-C.31 Dans son étude sur l'influence égyptienne dans l'architec-
ture phénicienne, Wagner P. qui n'a pas tenu compte de ces plaquettes, a en
revanche révélé l'existence en Phénicie, à l'époque hellénistique, des chapiteaux
papyriformes en pierre, employés comme des éléments architecturaux d'embel-
lissement des façades des kiosques ou des baldaquins s'inspirant d'un modèle
de pure tradition égyptienne32.
Tore G., Nugae Punicae: Un sigillo tharrense e l'architettura sacra: Acquaro et al., Tharros XXI-
(25)
Furtwängler A, 1900, 70, pl. XV, 3; Righetti R., Gemme del Museo Nazionale Romano alle
(27)
Terme Dioclezione, Atti della Pontifica Accademia Romana di Archeologica (serie III), Rendiconti,
XXX-XXXI, 1959, 226, n° 5; Acquaro E, Gli scarabei punici in pietra dura del Museo Nazionale "
G.A. Sanna" di Sassari, RANL, XLI, 1987, 241, [Link], 11; Schlüter M. - Platz-Horster - Zozoff P.
Hannover, Kestner-Museum, Hamburg, Museum für kunst und Gewerbe, AGD, IV, Wiesbaden, 1975,
15, pl. 4, 16; Acquaro E., Nota di glittica punica: cretule e scarabei : Mangas J - Alvar J. (édi.),
Homenage a José Ma. Blazquez, Madrid, 1993, 2, 3, fig. p. 6; Jakob-Rost L., Die Stempelsiegel im
Vorderasiatischen Museum, Staatliche Museen zu Berlin, Vorderasiatisches Museum, Mayence, 1997,
57-59, n°161,169.
Gubel E., Cinq bulles inédites des archives tyriennes de l'époque achéménide, Sémitica, 47,
(28)
Breitschneider J., Architekturmodelle in Vorderasien und der östlichen Ägäis vom Neolithikum bis in
(31)
das 1 Jahrtausend, Neukirchen-Vluyn, 1991, 129, 150, 238, pl. 99 n° 95; Ward W A., The Goddess
with the Façade of a Shrine. A Phoenician Clay Plaque of the 8 th Century B. C, RSF, XXIV,
1996, 7-19, pl. I-VII.
(33)
Wagner P., Der ägyptische Einfluss aufdie phönizische Architektur, Bonn, 1980,140-141.
117
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech . Taoufik Redissi
(33)
Farag N., La statue de Sakha, ASAE, 30, 1930, 323, fig. 12.
Aimé-Giron N., Un ex-voto à Astarté, BIFAO, XXV, 1925,191-211, pl. I-II; Galling K, Ein phö-
(34)
nizischer Kultsockel aus der Umgebung von Tripolis erneut interpretiert, BM, 7,1974, 86, fig. 1.
Dunand M., Les sculptures de la favissa du temple d'Amrit, BMB, VIII, 1946-1948, 87-88 pl.
(35)
XLII, 118-119.
Dunand M. - Duru R., Oumm el-cAmed, une ville de l'époque hellénistique aux échelles de Tyr,
(36)
(juillet-décembre), 1898, extrait du Cosmos, 1901,14, fig. 26; Merlin A. - Drappier L., 1909, 28, fig. 4.
(38)
Niemeyer H. G., 1970, 97, fig. 1 (en bronze, collection De Clercq); 98, pl. 23, a (de Tell es-Safi,
en terre cuite). L'exemplaire en bronze trouvé dans la tombe royale IV de Tamassos daterait du
Chypro-Archaïque cf. Matthäus H., 1985, 284, pl. 85, n°615. Un autre exemplaire en bronze
exhumé d'une sépulture à Schechem remonterait aux 6-5èmes s. av. J.-C. cf. Stern E, Achaemenid
Tomb at Schechem, Eretz Israel, 15,1981, 317-319, fig. 6:1, pl. 60:3.
(39)
Niemeyer H. G., 1970, 98, pl. 23, b.
Vandier J., Manuel d'archéologie égyptienne, IV, Paris, 1964, fig. 27: 24, 25; fig. 28: 3; fig. 55: 17.
(40)
118
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
(42)
Gehrig U. - Niemeyer H. G., 1990, 127, n°35. D'autres appliques similaires inédites, en ivoire
et en os , sont conservées au Musée National de Carthage. Cette information nous la devons à
notre collègue Mlle Chérif Z. qui prépare un inventaire des objets de toilette puniques. Qu'elle
veuille trouver ici l'expression de nos remerciements.
(43)
Steindorff G., Aniba, II, Glùckstadt, 1937, 147-148, pl. 96 a-b; pl. 97 a-b.
Gatling H., Cypriot Bronzework in the Mycenaean World, Oxford, 1964, 204-210, pl., 33 a-d;
(44)
Matthäus H., 1985, 316-320, pl. 102: 704; pl. 104: 706; pl. 105: 707; pl. 108: 708; pl., 106-107: 709;
Boardman J., Les Grecs outre- mer, colonisation et commerce archaïques, Naples, 1995, 47, fig., 10
(Kato Syme). Dans la salle 7 vitrine 12 du Musée du Louvre est exposée une applique ajourée en
bronze avec alliage de cuivre, inv. E. 8879 représentant un porteur d'offrandes syrien.
(45)
De la Bandera M L. et al., El timiaterio orientalizante de Villagarcia de la Torre (Badajoz),
AEA, 67, 1994, 41-61, fig. 1-2, 9-11; Izquierdo R. - Escacena J L., Sobre el Carambolo: "La trompe
ta de argantonio", AEA, 71, 1998, 32, fig. 2.
(46)
Freijero A., El ajuar de una tomba de Castulo, AEA, XXXVI, 1963, 40-69, fig. 19-22.
119
ReppalXII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dennech Taoufik Redissi
Vaseenalbâtre(n°5)
N° 5, fig. 5a-b:
Fig. 5, a fig. 5, b
120
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
Bien connus en Egypte depuis le Moyen Empire, les petits vases de forme
globulaire, munis de tenons de préhension à peine détachés de l'épaule, corres-
pondent à des récipients de toilette pour contenir les parfums et les onguents
précieux47. C'est dans l'intervalle chronologique de la Troisième Période
Intermédiaire (1100-650 av. J.-C.) et le début de la Basse Epoque inaugurée par
la 26 ème dynastie égyptienne (664-525 av. J.-C.) que l'on peut situer le moment
d'utilisation intensive de ce genre de vases en albâtre mis au jour, pour ne citer
que les trouvailles les plus connues, à Matmar48, à Lahun et à Heracléopolis
Magna, en Egypte49, à El Kurru50 et à Sanam51, au Pays de Kouch. L'occident phé-
nicien a fourni jusqu'à présent trois exemplaires de petite dimension, analogues
au vase de Carthage de la présente étude. Ces trouvailles furent obtenues dans
des contextes funéraires des 8-7 èmes s. av. J.-C. D'une tombe à incinération du
terrain Snadly, à Carthage Junon, nous provient le premier exemplaire52. Les
nécropoles andalouses ont donné les deux autres exemplaires, l'un fut restitué
par le tumulus 1 de Las Cumbres à Castillo de Dona Blanca53, l'autre fut exhumé
dans un état fragmentaire de la tombe 9 de Cabezo de la Joya, à Huelva54.
(47)
von Bissing Fr. W. , 1904, 40, pl. III, 18253; von Bissing Fr. W., Studien zur ältesten Kultur
Italiens, IV: Alabastra, St Etr., 13, 1939,135, pl. VI, 5; Petrie W. M. FL, 1937, pl. XV, 161
(48)
Brunton G., Matmar, Londres, 1948, pl. LVII, (1707) 12.
von Droste zu Hùlschoff V - Schlik Nolte B., Aegyptiaca Diversia I, Corpus Antiquatum
(49)
Aegyptiacarum, Museen der Rhein-Main Région, Mayence, 1984, 1.10 (collection du Musée de
Mayence); Molinero Polo M A: Lopez Grande et al., Excavaciones en Ehnasya el Médina
(Heracléopolis Magna), Madrid, 1995, pl. LXXX, d (11); Aston B. G., Ancient Egyptian Stone Vessels
Materials and Forms, (Studien zur Archäologie und Geschichte Altägyptens, Bd. 5), Heidelberg,
1994,162, formes 216 et 217 (Lahun).
(50)
Dunham D., The Royal Cemeteries of Kush, I, El Kurru, Cambridge, Massachusetts, 1950,106,
fig. 35 e, pl. XXXIX, c. 1
(51)
Griffith F. Ll, Oxford Excavations in Nubia, AAA liv., 10,1923, pl. XVI, II h.
(52)
Cintas P., Manuel d'archéologie punique, II, Paris, 1976 , 295, pl. XCIV, 8.
Ruiz Mata D., El tumulo 1 de la necropolis de Las Cumbres: I-IV Jornadas de Arqueologia
(53)
Fenicio-punica, Eivissa, 1991, pl. II, 2 à droite; Aubet Semmler ME.- Martin Ruiz J A., Catalogo
documental de los Fenicios en Andalucia, 1995, 60, fig. 30.
121
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
N° 6, fig. 6 a-b
Des. : Fragment de vase conservant sur le bord une protubérance en
guise d'une prise à mortaise, dont le centre est marqué par un
trou pour recevoir un pivot de couvercle.
Dim. : h. : 70 mm. ; 1. : 35 mm. ; ép. : 11 mm.
Con. : Fragment brisé et recollé.
Fac. : Objet taillé. Surface lisse et mate.
Mat. :Albâtre. Surface couverte de veines horizontales en alternance
blanchâtres et beiges tirant sur un gris clair.
Pro. :Remblai d'un sondage pratiqué à proximité du temple,
datable d'après la céramique de l'époque archaïque, de la première
moitié du 6 ème s. av. J.-C; secteur IN355. Fouilles dans le secteur
de la Rue Ibn Chabâat, Carthage-Dermech.
Bib. : Redissi T., 1999, 90-91, pl. 19, 231
Fig. 6 , a fig. 6, b
(55)
Vegas M., 1999, 98, fig. 4; 108.
122
ReppalXII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
fig.7
(56)
von Bissing Fr. W., 1904, 81, pl. VI, 18429; Petrie W. M. FI., 1937, 24, pl. XXXV, 907, 908.
(57)
Petrie W. M. FI. et al., 1888, pl. I, 27.
(58)
Petrie W. M. FI. et al., Lahun, IL Londres, 1923, 38, pl. LXVII, 29, 30, 32.
123
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Von Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
d'autres types assez proches qui se distinguent par des parois évasées et un
bord souligné par un bourrelet en saillie dépourvu d'un trou de pivot59.
N° 8, f ig. 8 a-c
Des. : Scarabée. Tête à peine indiquée; les yeux ne sont pas bien mar-
qués. Le trait de séparation entre le prothorax et les élytres imite la forme d'un
angle accentué. Les deux élytres sont séparés par une simple ligne. Pattes basses
indiquées par une incision horizontale. Conduit de suspension creusé dans le
sens de la longueur de l'objet. Au plat, en disposition verticale, décor mal
conservé d'une superposition de signes hiéroglyphiques visiblement iden-
tiques; il pourrait s'agir du signe mn (Y 5) maladroitement gravé. Dans l'arron-
di de la partie inférieure, la corbeille nb (V 30).
Dim. : L. : 10 mm. ; l.: 9 mm.; ép.: 5 mm.
Con. : Surface usée.
Fac. : Gravure des signes hiéroglyphiques sommairement rendue.
Mat. : Pâte bleue à grain moyen, d'aspect friable; coeur peu homogène;
présence de bulles. Pas de traces de glaçure.
Pro. : Couche de destruction dans la cour du temple. Fouilles dans le
secteur de la Rue Ibn Chabâat, Carthage-Dermech.
Bib. : Redissi T., 1999, 89, pl. 19, 224.
Dat. : De la fin du 7 ème au début du 6 ème s. av. J.-C.
(59)
von Bissing Fr. W., 1904 , pl. VI, 18517; Petrie W. M. FL, 1937, pl. XV, 177; Vandier d'Abbadie
J., 1972, n°502-504, 507, 525-558.
124
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
N° 9, fig. 9 a-c
Des. : Scarabée. Les détails des différentes parties de l'objet sont vague-
ment signalés. Prothorax bombé. La séparation entre le prothorax et les élytres
est précisée par un tracé en T. Les deux élytres sont séparés par une simple
ligne. Les pattes sont suggérées par une incision superficielle. Conduit de sus-
pension pratiqué dans le sens de la longueur. Au plat, en disposition verticale,
superposition de deux signes hiéroglyphiques sommairement gravés et illi-
sibles; il s'agirait probablement du signe mn (Y 5) répété deux fois.
Dim. : L.: 10,5 mm.; 1.: 9 mm.; ép.: 7 mm.
Con. : Surface usée.
Fac. : Sommaire; signes maladroitement gravés.
Mat. : Pâte bleue, d'aspect poreux; coeur peu dense, à grain assez fin,
avec des bulles; surface mate, sans glaçure.
Prov. : Couche de destruction dans la cour du temple. Fouilles dans le
secteur de la Rue Ibn Chabâat, Carthage-Dermech.
Bib. : Redissi T., 1999, 90, pi. 29, 225.
Dat. : De la fin du 7 ème au début du 6 ème s. av. J.-C.
Des. : Deux fragments jointifs d'un scarabée. Les détails du dos ne sont
pas bien marqués; deux bourrelets évoquent vaguement les parties du protho-
rax et des élytres. Conduit de suspension perforé dans le sens de la longueur de
l'objet. Au plat, en disposition verticale, vraisemblablement un décor compa-
rable aux deux autres scarabées précédents.
125
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
La pâte dans laquelle furent réalisés les trois scarabées de Carthage est
connue sous le vocable du "bleu égyptien", elle se définit comme un verre
incomplètement vitrifié, coloré en bleu cobalt, à grain fin, souvent friable,
dépourvu d'une couche de glaçure. L'industrie de cette pâte qui s'est dévelop-
pée en Egypte dès le Nouvel Empire60, est également attestée en Orient, dans les
strates XII et XI de Mégiddo du début du II ème millénaire61. Si Naucratis est
traditionnellement considérée comme le plus important centre producteur de la
pâte bleue dans les ultimes années du 7 ème et au début du 6 ème s. av. J.-C,
von Bissing Fr. W., Zeit und Herkunft der in Cerveteri gefundenen Gefässe aus ägyptischer
(60)
Fayence und glasiertem Ton, Sitzungsberichte der Bayerischen Akademie der Wisssenschaften, Bd II,
Heft, 7,1941, 94.
(61)
Loud G., Megiddo, 77, Seasons of 1935-1939, Chicago, 1948, pl. 149, n°57 (strate XII, 1750-1700
av. J.-C); pl. 150, n°110,111 (strate XI, 1700-1650 av. J.-C).
126
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
sur la foi des témoignages de ses ateliers62, il serait téméraire de lui attribuer la
majorité des objets façonnés dans cette matière et largement diffusés d'un bout
à Tautre de la Méditerranée63. Plusieurs trouvailles plus anciennes que la pro-
duction naucratite, issues des contextes contemporains de la Troisième Période
Intermédiaire (1100-650 av. J.-C.) et plus particulièrement de la 22 ème dynastie
d'origine libyenne (945-715av. J.-C), confirment la présence de cette pâte bleue
dans des foyers du Delta du Nil, dans les régions côtières syro-phéniciennes et
surtout dans Faire égéenne où le type de scarabées de Perachora-Lindos a pris
naissance dans le courant du milieu du 8 ème et du 7 ème s. av. J.-C.64 La même
complexité d'interprétation de lecture des signes gravés au plat des scarabées
en pâte bleue de Carthage s'observe sur quelques exemplaires fabriqués dans la
même matière, signalés dans l'acropole de Lindos, dans une couche archaïque
que l'on situe dans une fourchette chronologique du milieu du 8 ème à la fin du
7 ème s. a. J.-C.65 et dans le bothros I de Kition datable d'une période comprise
entre 600-450 av. J.-C.66
(62)
Petrie W. M. FI., 1886, 37.
(63)
Le problème de l'origine de la pâte bleue naucratite est resté longtemps tributaire de la ques-
tion de la fondation de cette ville par les Grecs. Pourtant dès les premiers travaux archéolo
giques on s'est rendu compte qu'il faudrait distinguer entre la partie nord où se sont installés les
Grecs à l'époque d'Amasis (570-526 av. J.-C.) ou probablement dès l'époque de Psammétique I
(664-610 av. J.-C.) et la partie sud occupée par une population égyptienne avant l'arrivée des
Grecs. Par opposition à la partie nord, celle du sud a fourni un abondant matériel de facture
égyptienne, représenté essentiellement par l'industrie de la pâte bleue employée dans la pro-
duction des scarabées et des amulettes cf. Pétrie W. M. FI., 1886, 36-38; Hogarth D. C. - Lorimer
H L. - Edgar C. C, Nauktrais, 1903, JHS, XXV, 1905, 106-107; Prinz H., Funde aus Naukratis,
Beitràge zur Archaologie und Wirtschaftsgeschichte des 7 und 6 Jahrhunderts vor Christus, Klio,
Beiheft, VII, Wiesbaden, 1963, 100. A l'appui de l'hypothèse de l'origine égyptienne de
Naucratis et de son ancienneté par rapport à l'élément grec, les recherches récentes qui ont
manifesté un intérêt particulier pour la toponymie ont tendance à montrer que les Grecs n'ont
fait que transcrire une toponymie égyptienne et non l'inverse cf. De Meulenaere H., Naukratis,
L d Äg, 27, Bd IV, 1980, col. 360-361; Yoyotte J., Naucratis, ville égyptienne, Annuaire du Collège de
France, 1991-1992, 634-644.
(64)
James H. G., The Egyptian-Type Objects: Dunbabin T. J., Perachora. The Sanctuary of Hera
Akkaia and Limenia, II, Oxford, 1962, 461, 464, 468; Hölbl G., Beziehungen der ägyptischen Kultur zu
Altitalien, (EPRO, 62), Leyde, 1979, 204-205, 209; Gortan F. A., Egyptian and Egyptianizing Scarabs.
A Typology of Steatite, Faïence and Faste Scarabs from Punie and other Mediterranean Sites, Oxford,
1996,180,182-183.
(65)
Blinkenberg Ch., 1931, col. 387, pl. 61, n°1486,1487.
(66)
Clerc G. et al., 1976, 59, n°545.
127
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
N° 11, f ig. 11
fig. 11
128
ReppalXII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
Si l’on admet, dans le cas des amulettes de Bès, que la couronne occupe
habituellement le tiers de la hauteur totale de l’objet; et sachant que la couronne
dont nous disposons atteint les 25 mm., il est possible d'imaginer que notre
fragment faisait partie d'une grande amulette qui pourrait s'élever facilement à
75 mm. En réalité, les amulettes de Bès, à l'image des objets prophylactiques
d'autres types, sont de petite dimension, ne dépassant pas en moyenne les 30 à
40 mm. et rares sont les grandes amulettes de Bès en faïence. La hauteur de
notre fragment, à cause de cette particularité peu fréquente, demeure un bon
indice d'ancienneté chronologique prouvée par d'autres amulettes de Bès qui
devaient porter une couronne de la même hauteur que celle de notre spécimen.
Les meilleurs témoignages d'amulettes de Bès qui confirment cette hypothèse et
surtout qui présentent des liens de parenté typologiques évidents proviennent
des contextes archaïques du I er millénaire av. J.-C, comme en attestent les
exemplaires trouvés dans le bothros 9 datable de 800-600 av. J.-C. du temple phé-
nicien d'Astarté à Kition67 et dans la tombe T. 294 d'Amathonte68, relevant pro-
bablement du début du 7 ème s. av. J.-C. Les exemplaires provenant de l'acropo-
le de Lindos69, du sanctuaire de Paros70 et du dépôt votif du temple d'Athéna à
Camiros71 se situent chronologiquement dans le courant du 7 ème s. av. J.-C.
Dans l'occident phénicien, Carthage a fourni deux amulettes de Bès de grande
taille, elles ont été mises au jour conjointement dans la tombe 60 de Dermech
attribuée à la première moitié du 6 ème s. av. J.-C.72 Les quatre autres documents
semblables restitués par le sanctuaire à ciel ouvert de Sulçis73 et par les niveaux
Clerc G. et al., 1976, 161, pl. IX, Kit. 2952, amulette complète, h. 66 mm.; Kit. 2952 A, seule-
(67)
Blinkenberg Ch., 1931, 344, pl. 54, 1231, 1232 , deux amulettes complètes, h. 52 mm. et 49
(69)
Rubenshon O., Das Delion von Paros, Wiesbaden, 1962, 169, pl. 35, 1 amulette complète, h. 50
(70)
mm.
(71)
Jacopi G., Esplorazione archeologica di Camiro, II, Clara Rhodos, VI-VII, 1933, 306, n°7; 309
fig. 43, en bas, à gauche, exemplaire entier, h. 48 mm.
(72)
Gauckler P., 1915, 19, pl. CXXVII; Redissi T., 1987,I, 88, III, 42-43, pl. 8, 71 (h. 56 mm.), 72
(h. 47 mm.), les deux amulettes sont fragmentaires. Le Musée National de Carthage conserve
une autre coiffure à plumes comparable, h. 21 mm. cf. Redissi T., 1987,I,115; III, 55, pl. 10, 96.
(73)
Bartoloni P., 1973, 188, n° 12, pl. LVI, 9, exemplaire fragmentaire, h. 48 mm.
129
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
(74)
Acquaro E., 1977,115,[Link],852, exemplaire entier h. 78 mm.
(75)
Sfameni Gasparro G., I culti orientait in Sicilia, (EPRO, 31), Leyde, 1973, 248, n° 260, pl. XLIX,
fig. 83, exemplaire complet, h. 52 mm. (provenance inconnue).
Gamer-Wallert L, Ägyptische und ägyptisierende Funde von der Iberischen Halbinsel, Wiesbaden,
(76)
Lucas A. - Harris J. R., Ancient Egyptian Material and Industries, Londres, 1962, 157-158;
(77)
130
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Derniech Taoufik Redissi
(78)
Clerc G. et al., 1976,118, 133,144-145, [Link], Kit. 554; Verga S., Considerazioni in margine
al significato magico-religioso e alla tipologia dei "Ugiat" conservati nel Museo J. Whitaker di
Mozia, Sic. Arch., 45, 1981, 15-24; Hôlbl Gv Àgyptisches Kulturgut im phönikischen und punischen
Sardinien. (EPRO, 102), Leyde, 1986,147-151; Redissi T., 1987,1, 350-370, III, pl. 34-36, n° 376-401;
Clerc G., 1991, 80 (T. 289 /13), 137-138.
(79)
Merlin A. - Drappier L., 1909, 54 (en décrivant le revers de cette plaquette, les auteurs ont cru
voir une palmette au lieu d'un oeil fortement stylisé), cet exemplaire que j'ai pu identifier sur
une ancienne fiche d'inventaire rédigée par les soins de Me la regrettée Colette Picard, est celle
publiée par Leclant J., Les talismans égyptiens dans les nécropoles, Archéologie Vivante, vol. 1,
n° 2, décembre 1968- février 1969,101, n°115.
(80)
Redissi T., 1987, 216-217, pl. 36, n°404-405.
131
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
(81)
Gauckler P., 1915,158, pl. CLIII.
(82)
Bartoloni P., 1973,196 n°54, pl. LIX, 10.
Acquaro E., 1977, 81, pl. XX , n°487-488, ces deux plaquettes, contrairement à la description
(83)
du catalogue, seraient taillées, d'après les photos, dans l'os et non pas dans la stéatite.
132
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
(84)
Karageorghis V, 1974, pl. LXII; Nimeyer H G., 1984, 79, fig. 63, en haut.
(85)
Von Luschan R, 1943,192, pl. 64, a-d; pl. 66, a, b, f.
(86)
Mallowan M. E. L., 1966, 580, n°541.
(87)
Winter I. J., Is there a South Syrian Style of Ivory Carving in the Early First Millennium B.C.?,
Iraq, XLIII, 1981,120, pl. XVI, b, c = Decamps de Mertzenfeld C, 1954, 69, pl. IX, 120-121.
(88)
Decamps de Mertzenfeld C, 1954,137, pl. LXXXVIII, 906-908.
(89)
Salviat R, Lions d'ivoire orientaux à Thasos, BCH, 86,1962, 96, fig. 1; 97, fig. 2; 99, fig. 3-5.
(90)
Moscati S., 1988, fig. p. 405; 743, n°937-938.
(91)
Khélifi Rahmouni L., Quelques échantillons des objets en os et en ivoire conservés au Musée
National du Bardo, REPPAL, XI, 1999,144 n°39.
(92)
Moscati S., Reperti punici figurati délia collezione Dessy, RANL, XLII, 1989, 223, pl. XV. a, b.
(93)
Karageorghis V, 1974, pl. LXVI; Niemeyer H G., 1984, 79, fig. 63, en bas; Moscati S., 1988, fig.
p. 158. Les éléments fragmentaires en os signalés à Byblos faisaient partie d'une rangée ajourée
ornée d'ombelles de papynus épanouies alternant avec des boutons traités en ronde-bosse, des-
tinés à décorer un meuble cf. Dunand M., Fouilles de Byblos, II, 1933-1938, Paris, 1950-1954,135,
pl. CLXXXIX, 7677.
133
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
Des.
:Fragment d'anse en forme de plaquette sur laquelle se détache en
relief une tête de "Bès"; barbe bien fournie, largement étalée,
marquée par de stries verticales et serrées; moustache fine et pen-
dante; nez épaté à moitié caché par des pommettes saillantes ;
front étroit, ridé et fuyant; oreilles pointues. Le revers de la pla-
quette conserve une partie des étriers en forme d'un demi cercle
qui, primitivement, assuraient le rattachement de l'anse au bord
et à l'épaule de la paroi extérieure du vase.
Dim. : L.: 86 mm.; 1.: 88 mm.; ép. 40 mm.; d.: 240 mm.
Con. : Brisée; surface usée.
Fac. : Bonne; détails en relief prononcé.
Mat. :Argile, avec beaucoup d'impuretés, sous forme de grains de
quartz et de particules noirâtres. Reddish yellow 5 YR6/8.
Pro. :Objet récupéré dans le remplissage du puits punique localisé à
proximité de la cour du temple; secteur T 5 attribué, d'après la
céramique attique à figures rouges, au dernier quart du 5 ème s.
av. J.-C.96 Fouilles dans le secteur de la de la Rue Ibn Chabâat,
Carthage-Dermech.
Bib. : Redissi T, 1999, 91, pl. 20. 233.
Dat. : 5 ème s. av. J.-C.
La tête représentée en relief sur la plaquette se distingue par son aspect
grotesque, accentué par des oreilles animales dressées en pointe, surgissant du
sommet du crâne de part et d'autre du front fuyant, des yeux en amende pro-
(94)
Mallowan M. E. L., 1966, 487, n°381; 489, n°383, 384; 490 n° 385; 494, n °390.
Lagarce E., Le rôle d' Ugarit dans l'élaboration du répertoire iconographique syro-phénicien
(95)
du premier millénaire av. J.-C, Atti del I Congresso Internazionle di Studi Fenici e Punici, Rome,
1983, 548-553, pl. XCVI, 1, 2.
(96)
C'est à Me Vegas M. que nous devons cette indication chronologique qu'elle nous a fournie
avant la publication de son étude définitive sur la céramique phénicienne et punique exhumée
des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat. Qu'elle veuille trouver ici l'expression de nos
sentiments distingués, cf. Vega M., 1999, 98, fig. 4; 112-116.
134
ReppalXII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
Fig. 14, c
fondement logés dans les orbites, un nez épaté à moitié caché par des joues
enflées, narines aplaties. De tels détails sont communs au démon égyptien Bès
et au satyre grec qui, en raison de ces similitudes d'ordre iconographique, ont
tendance à se confondre, comme en attestent les témoignages glyptiques grecs
archaïques et phénico-puniques des 6-5 èmes s. av. J.-C.97
La comparaison du fragment de la plaquette à étriers de Carthage avec la
céramique grecque, essentiellement les cratères à colonnettes, s'impose de toute
Furtwängler A., 1900, 111-112; Stricker B. H., Bes de danser, OMRO, XXXVII, 1956, 45-47;
(97)
Boardman ]., Archaic Greek Gems. Schools and Artists in the Sixth and Early Fifth Centuries B. C,
Londres, 1968 , 29; Jesi R, "Bes e Sileno", Aegyptus, XLII, 1962, 263, 265; Culican W., The
Iconography of some Phoenician Seals and Seals Impressions, AJBA, vol. 1, n°l, 1968, 95, pl. III,
4; Wilson V., The Iconography of Bes with particular Référence to the Cypriot Evidence, Levant,
VII, 1975, 94; Quattrocchi Pisano G., Dieci scarabei da Tharros, RSF, VI, 1978, 38-40; pl. V, 1; Bisi
A. M., Da Bes a Herakles (a proposito di tre scarabei del Metropolitan Muséum), RSF, VIII, 1980,
26; Berges D., 1997, pl. 71, 379, pl.72, 380; Redissi T., 1999, 45-46, 85, pl. 16:190.
135
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
évidence98. L'invention des potiers grecs des étriers, pour une prise plus assurée
par le rattachement de la plaquette simultanément au bord et à l'épaule du cra-
tère, s'est révélée une solution fort ingénieuse. Le fabricant carthaginois, par
souci pratique, s'est inspiré d'un prototype grec99. Si l'influence grecque dans
l'emploi de ce principe de préhension est indéniable, il est utile de préciser que
l'Orient du I er millénaire av. J.-C. n'a pas manqué de nous fournir des témoi-
gnages sur l'usage de tenons plastiques dans divers objets. Dans le courant des
8-7 èmes s. av. J.-C. les bronziers des confins de la Syrie du nord et de l'Arménie
(Urartu) ont excellé dans la fabrication des chaudrons munis de tenons en
forme de protomes de taureaux, de griffons, de lions et de "sirènes"100. Il est pro-
bable que des appliques en bronze, modelées en forme du dieu Bès, aient servi
de prises d'attache d'oenochoés; l'une de ces appliques du 8 ème s. av. J.-C. fut
trouvée à Nimrud101; l'autre d'un contexte chronologique mal défini, appartenait
à la collection L. De Clercq, elle proviendrait probablement de la Phénicie102.
(98)
Les pyxides et les cratères à colonnettes des périodes du Corinthien Ancien et du Corienthien
Récent ont largement utilisé aux 7-6 èmes s. av. J.-C. les tenons plastiques et les plaquettes à
étriers cf. Pottier E., CVA, Musée du Louvre, fascicule 1, groupe III D. e , pl. 1,1-7; pl. 2,1-7; Payne
H., Necrocorinthia. A Study of Corinthian Art in ihe Archaic Period, Oxford, 1931, 300-302, 306-307,
322, 330, pl. 23, 3; pl. 26, 1-3; pl. 35, 1, 2, 4, 6, 7; pl. 47; pl. 48; Mélida J R., CVA, Espagne, Musée
Archéologique National, fascicule 1, 6, pl. 2 a-c; Rouillard P., CVA France. Musée des Beaux Arts à
Tours, Musée du Berry à Bourges, Paris, 1980,10, pl. 2, 4, 5; Gehrig U. - Niemeyer H. G., 1990,168,
n° 104. La céramique étrusque bucchero a également connu au cours du 6- début du 5 ème s. av.
J.-C. les vases ornés sur le bord de sujets plastiques (têtes de femmes d'aspect oriental) cf.
Donati L., Vasi di bucchero decorati con teste plastiche umane, zona di Chiusi, St Etr., XXXVI,
1968, 319-355, pl. LXXIII-LXXXII. Le chaudron en bucchero conservé au Musée du Louvre date
rait vraisemblablement des 7-6 èmes s. av. J.-C, il est muni de deux tenons, l'un en forme de tête
de lion, l'autre imitant une tête de bélier; il constitue un document majeur qui témoigne de l'in
fluence orientale dans la production de la céramique étrusque cf. Cran-Aymerich A., Les céra
miques phénico-puniques et le bucchero étrusque: cas concrets et considérations générales, Atti
del I Congresso Internazionale di Studi Fenici e Punici, Rome, 1983, 82, fig.3.
Les imitations puniques des cratères à colonnettes de type grec sont extrêmement rares, le
(99)
seul exemplaire répertorié jusqu'à présent daterait des 4-3 èmes. av. J.-C, il provient d'une
fouille inédite pratiquée dans la nécropole de l'Areg el- Ghazouani, à Kerkouane cf. Cintas P.,
Céramique punique, Tunis, 1950,157, pl. XXX, 357.
Amandry P., Objets orientaux en Grèce et en Italie aux VIII-VII èmes s. av. J.-C, Syria, 35,
(100)
1958, 73-109; Amandry P., Grèce et Orient. Epoque archaïque (VlIIe-VIIe siècles av. J.-C):
Chaudrons et trépieds de bronze, Etudes d'Archéologie Classique, 1,1955-1956, Paris, 1958, 3-15, pl.
I-VII ; Rathje A., Oriental Imports in Eighth and Seventh Centuries B. C: Their Origins and
Implications: Ridgway R. R, (édi.), Italy before the Romans, the Iron Age, Orientalizing and Etruscan
Periods, Londres, 1979,161-164; Gehrig U. - Niemeyer H. G., 1990,13,188-190, fig. 3, n° 143.
(101)
Mallowan M. E. L., 1966, 436, fig. 361.
(102)
De Ridder A., Collection De Clercq, III, Les bronzes, Paris, 1905, 136-137, n° 212, pl. XXXIL4.
Nous tenons à remercier M. Gubel E. qui nous a fourni les références bibliographiques des
appliques en bronze signalées dans la collection de L. De Clercq et à Nimrud.
136
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
A une date proche de la fin du 8 ème s. av. J.-C, apparaissent les objets en ivoi-
re, généralement des boîtes à fard ou de petites coupelles dont les tenons en
remplacement des anses, sont en relief accusé. Les meilleurs exemples sont
illustrés par les petits bols "Bird-nest Bowl" de Minrud; ils montrent sur la paroi
externe des sujets en relief constituant, à hauteur du bord, une sorte de tenon
en saillie103. La boîte à fard en ivoire exhumée d'une tombe à Assour, est pour-
vue de deux anses pleines, façonnées en forme de tête de femme104. Recueilli
dans YHéraion de Samos de la fin du 8 ème s. av. J.-C, l'alabastron miniature en
même matière, est un unicum, il figure à la place des anses deux têtes de lion105.
Le même principe de la substitution des anses par des tenons est observé sur le
vase en marbre du 4 ème s. av. J.-C. en provenance de la région de Sidon, ce
vase, qui appartenait au musée de Berlin, a disparu depuis de nombreuses
Haller A., Die Gräber und Grüfte von Assur, Berlin, 1954,139, pl. 30, d, f.; Müller-Karpe H., Ein
(104)
Frauengrab in Assur, A W, 17, 1986, 44, fig. 1. Cet exemplaire assyrien du 13ème s. av. J.-C.
témoigne de l'ancienneté de la tradition d'utilisation de tenons figurés.
Gubel E. , Phoenician Lioness Head from Nimrud: Origin and Function, Phœnicia and its
(105)
137
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
(106)
Delcor M., Le hieros Gamos d'Astarté, RSF, II, 1974, 63, pl. XIX-XXI; Bordreuil P., Charges et
fonctions en Syrie-Palestine d'après quelques sceaux ouest-sémitiques du second et du premier
millénaire, CRAI, 1986, 301-304, fig. 5-8; Bonnet C, Melqart, cultes et mythes de l'Héraclès tyrien en
Méditerranée, (Stu. Phoe., VIII), 1988, 78-80, pl. I, fig. 1. Ces trouvailles du I er millénaire av. J.-C. se
rattachent à une tradition attestée déjà au millénaire précédent ce qui confirme l'ancienneté de
la filiation typologique des tenons remplissant le rôle des anses. Les anses plastiques méritent
une étude approfondie et les antécédents en Orient et en Egypte sont nombreux. Ici, nous
n'avons ni le temps ni les moyens pour entreprendre une telle recherche, nous nous contentons
de mentionner quelques exemples. La boîte à fard en bois originaire de Medinet el- Ghorab, en
Egypte cf. Vandier d'Abbadie, 1972, 47, n° OT 126, date de la 18 ème dynastie; le décor en relief
de ses deux tenons est assuré par deux têtes hathoriques; la paroi est occupée par une scène
sculptée, figurant deux motifs parallèles de deux sphinx affrontés de part et d'autre d'un "arbre
sacré". La coupelle en faïence de Lachich, en Palestine cf. Galling K., Bïblisches Reallexikon,
Tùbingen, 1977, 76, fig. 21. 5 date de la fin de l'Age du Bronze; les deux appendices en relief sur
le bord du récipient sont modelés en forme de protome féminin. A Chypre, une tombe de La
nécropole de Teratsoudhia au sud-est de Palaepaphos, relevant du Chypriote Récent IIC-IIIA
(aux alentours de 1230-1190 av. J.-C.) a livré des fragments de vase en albâtre égyptien parmi
lesquels se trouve une anse façonnée en une tête de Bès cf. Karageorghis V., BCH., CX, 1986, 872;
Leclant J., Orientalia, 56, 1987, 381; Ibid., Orientalia, 60, 1991, 270. Les anses des vases égyptiens
caractéristiques de la 18 ème dynastie, en terre cuite et en albâtre, s'ornent de têtes de capridé cf.
Wallis H., Egyptian Ceramic Art, Londres, 1898, 26, fig. 49; von Bissing Fr. W., 1904, 64, pl. V,
18360; Rowe A., The Four Canaanite Temples of Beth-Shan, I, Philadelphie, 1940, 67, pl. XII, 2;
89, pl. LIIA, 1; Clerc G. et al., 1976, 239, pi. XXXII, 1, 2; Borriau J., Pottery Figure Vases of the New
Kingdom, Cahier de la Céramique Egyptienne, 1, 1987, 83, pl. XXVI, 2; Hope A C, Blue-Painted
and Polychrome Decorated Pottery from Amarna: A Preliminary Corpus, Cahier de la Céramique
Egyptienne, 2,1991, 49, pl. 16, a, b. Le même type d'anse décorée de tête de capridé est d'usage
sur les récipients métalliques égyptiens cf.; Poulsen E., Der Orient und die frùhgriechische Kunst,
Berlin, 1912, 9, fig. 6; Edgar CC, Engraved Designs on a Silver Vase from Tell Basta, ASAE, XXV,
1925, 256-258, pl. I-II; Simpson W.K., The Vessels with Engraved Designs and the Repoussé
Browl from the Tell Basta Treasure, AJA, 63, 1959, 29-45, pl. 11-12; Gershuny L., Bronze Vessels
from Israël and Jordan, (Prähistorische Bronzefunde, Abteilung II, Band 6), Munich, 1985,19, 45,
pl. 12,126.
138
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
139
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dennech Taoufik Redissi
Barker H S., 1966 Fourniture in the Ancient World. Origins and Evolution,
3100-475 B.C., Londres.
Barnett R D., 1975 A Catalogue of the Nimrud Ivories in the British Museum,
Londres.
Bartoloni P., 1973 Gli amuleti del tofet di Sulcis, RSF, I, 181-203, pl. LVI-
LXII.
140
ReppalXII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
141
ReppalXII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
142
Reppal XII, Les objets égyptiens et égyptisants en provenance des fouilles dans le secteur de la Rue Ibn Chabâat, à Carthage-Dermech Taoufik Redissi
143
À PROPOS D'UN NOUVEAU DICTIONNAIRE
PHÉNICO-PUNIQUE
Maurice Sznycer
Bien qu'il ne s'agisse pas, loin de là, d'un auteur particulièrement prolixe (il
n'a fait paraître en tout, semble-t-il, qu'une trentaine d'articles en quelques
26 ou 27 années), présentant presque dès le début, - à l'exception de quelques
rares articles traitant des problèmes de grammaire, - des traductions et des
explications personnelles, pour ne pas dire particulières, des textes phénico-
puniques abordés, qui tranchaient, d'une manière flagrante, avec l'approche
habituelle des chercheurs dans le domaine d'épigraphie et de philologie phéni-
cienne et punique. Le cas en question semblait donc apparemment résolu
depuis longtemps mais la parution, l'année dernière, d'une nouvelle édition
d'une Grammaire phénico-punique servant jusque-là d'un ouvrage de référence2,
où les traductions et les explications de Ch. Krahmalkov, même les plus invrai-
semblables, sont présentées comme des paroles d'Évangile, oblige, hélas, à rou-
Leuven, 2000.
von Maria Giulia Amadasi Guzzo (avec la collaboration de W.R. Mayer), (éd. Pontificio Instituto
Biblico), Rome, 1999.
145
Reppal XII, A propos d'un nouveau dictionnaire Phénico-Punique Maurice Sznycer
vrir ce dossier qu'on croyait pourtant bien clos, afin de mettre en garde surtout
les jeunes chercheurs encore peu expérimentés.
On peut se reporter, entre autres, à la bibliographie indiquée dans Maurice SZNYCER, "L'État
(3)
actuel et les perspectives des études phéniciennes et puniques : réflexions critiques d'un épigraphiste"
dans I Fenici : Ieri Oggi Domani, Rome, 1995, p. 215-224 ; cf.p. 219.
146
Reppal XII, A propos d'un nouveau dictionnaire Phénico-Punique Maurice Sznycer
ce temple, ont été publiées par J.G. Février4, la première étant commentée, pos
térieurement, par moi-même5. Ainsi, connaissant bien ces deux longs textes,
nous fûmes particulièrement choqués par ces prétendues "révélations" venant
de Michigan. Mh.H. Fantar a alors publié, à ce sujet, un excellent article, paru
dans le journal tunisien "La Presse" daté du 10 mai 1974, dont je me permets de
citer quelques extraits significatifs.
(4)
J.G. Février, "La grande inscription dédicatoire de Mactar", dans Semitica, VI, 1956, p. 15-31, pl. I-II.
-J.-G. Février et Mh. Fantar, "Les nouvelles inscriptions monumentales néopuniques de Maktar", dans
Karthago, XII, 1965, p. 45 - 59 ; pl. II - III.
M. Sznycer, "Quelques observations sur la grande inscription dédicatoire de Maktar", dans Semitica,
(5)
147
Reppal XII, A propos d'un nouveau dictionnaire Pliénico-Punique Maurice Sznycer
C. Krahmalkov, "A Carthaginian Report ofthe Baille ofAgrigentum 406 B.C. (CIS I, 5510, 9-11)",
(7)
Maurice Sznycer, Les passages puniques en transcription latine dans le "Poenulus" de Paute, Paris,
(8)
1967.
(9)
C. Krahmalkov, "The Punie speach ofHanno"', dans Orientalia (Rome), 39, 1970, p. 52 - 74.
(10)
II s'agit d'un "codex" sur parchemin palimpseste conservé à la Bibliothèque Ambrosienne de
Milan. Le texte de Plaute y a été effacé et recouvert du texte de l'Ancien Testament, vers le VIII e
siècle. Quand on pense que le grand chercheur allemand Wilhelm STUDEMUND a consacré
toute sa vie de savant au déchiffrement de ce palimpseste, en y perdant, en outre, partiellement
la vue, on ne sait pas quoi dire devant le jeu gratuit et absurde de Ch. Krahmalkov dans la
manipulation de ces textes.
148
Reppal XII, A propos d'un nouveau dictionnaire Phénico-Punique Maurice Sznycer
Ch. Krahmalkov, "Observations on the Punie Monologues of Hanno in the "Pœnulus", Orientalia,
(11)
57,1988, p. 55-66.
A côté des inscriptions libyques, écrites, comme on sait, au moyen d'un alphabet d'un type
(12)
particulier, l'alphabet libyque, et rédigées en langue libyque, dont la connaissance est encore
très rudimentaire, on connaît, depuis assez longtemps, un groupe restreint d'inscriptions de
Tripolitaine écrites au moyen de l'alphabet latin, augmenté de plusieurs lettres supplémentaires
(une sorte de S, barré obliquement, ou le sigma grec), qui note une langue qui n'est pas la langue
latine (à l'exception de quelques termes techniques) et dans laquelle on a voulu voir, faute de
mieux, la langue libyque (cf. l'un des premiers articles à ce sujet : R. G. Coodchild, "The Latino-
Lïbyan inscriptions of Tripolitania", dans The Antiquaries Journal, XXX, 1950, p. 135 -144). Plusieurs
sémitisants, en premier lieu J.G. Février et surtout G. Levi Délia Vida, ont pourtant pressenti
qu'il puisse s'agir de phénico-punique,sans oser pourtant franchir de cap. Le dernier auteur a, le
premier, rassemblé tous ces textes dans son article fondamental intitulé "Sulle iscrizioni "latino-
lïbiche" delta Tripolitania", dans Oriens Antiquus, II, 1963, fasc. 1, p. 65-94. Pour ma part, dans mon
premier travail sur ce sujet (cf. M. Sznycer, "Les inscriptions dites "latino-libyques", dans Comptes
Rendus du G. L.E.C.S, t. XI, séance du 21 juin 1967, p. 97-104), à la suite d'un examen détaillé,
j'écrivais, dans la conclusion : '11 me paraît indéniable que la langue de base de ces textes est le
punique, et qu'on est en droit, par conséquent, de proposer, après G. Levi della Vida, qu'on
abandonne enfin, pour ces inscriptions, la dénomination impropre : "latino-libyques" et qu'on
la remplace par celle qui désormais s'impose : les inscriptions latino-puniques. Cette proposition a
été depuis adoptée par presque tous les auteurs.
J.M. Reynolds et J.B. Ward Perkins, The Inscriptions of Roman Tripolitania (sigle : IRT), Rome-
(13)
Londres, 1952.
(14)
C.R. Krahmalkov, "A Punie Punning Epitaph, dans R.S.F., VI, 1978, p. 27 - 30.
Ibid., p. 27.
(15)
149
Reppal XII, A propos d'un nouveau dictionnaire Phénico-Punique Maurice Sznycer
1. ADOMYNIMYSYSY
2. BODSYCHUN CH
3. ALIA AVO SANU
Cette simple et brève épitaphe, gravée sur une pierre tombale, présente
pour Krahmalkov un magnifique exemple de "jeux de mots" littéraires, conte-
nant deux cas du "double-entendre", comme il dit : tout d'abord, à la ligne 1, où
ADOM YNIM pourrait indiquer tantôt "un homme de bien", tantôt, au contraire
"un homme mauvais", d'autre part, à la ligne 3, AVO SANU pourrait signifier "il
a vécu des années", ou, tout au contraire, "il a vécu haï' (d'un verbe SNH (sic) (!).
Ces "humorous epitaphs", ajoute-t-il, sont bien connus dans d'autres cultures, par
exemple, dans "American frontier tradition" (sic)... Et il conclut ses bizarres déve-
loppements par cette phrase bien troublante et peut-être révélatrice : "We percei-
ve the face behind the mask" ("nous percevons la face derrière le masque")... Tous
ces "jeux de mots", bien pervers, seraient contenus dans cette très brève et très
banale inscription funéraire ... On croît rêver en lisant de telles bizarreries, qui
se passent de commentaire.
Le texte y est reproduit d'après un estampage, sans transcription. Krahmalkov reprend celle
(16)
(17)
G. Levi Della Vida, art. cit., p. 85-86.
(18)
Voir les exemples invoqués par G. Levi Della Vida.
(19)
II supposait donc une erreur du scribe (une haplographie.)
150
Reppal XII, A propos d'un nouveau dictionnaire Phénico-Punique Maurice Sznycer
(20)
En l994.
(21)
IRT, 886 a -h.
(22)
Ibid, f.
Cf. A.F. Elmayer, "The Re-interpretation of Latino-Punie Inscriptions front Roman Tripolitania",
(23)
Charles R. Krahmalkov, "When he Drove Out Yrirachan" : A Phoenician (Punic) Poem, ca. A.D.
(24)
350", dans Bulletin ofthe American Schools of Oriental Research, Nr. 294, mai 1994, p. 69 - 82.
(25)
R.G. Goodchild, "La necropoli romano-libica ai Bir ed-Dreder" dans Quaderni della archaeologia
délia libia, 3,1954, p. 91 -107.
(26)
G. Levi Della Vida, art. cit., p. 2.
(27)
Ce nom est bien connu dans ses différents variantes : Isichuar, Isiguar, Isachuar ; cf. G. Levi
Della Vida, art. cit. note 38, p. 82.
(28)
Cf. dessous,
ci- note 23.
(29)
le texte et la traduction sont présentés ici d'après la disposition de Krahmalkov : le nom et la
filiation du narrateur (lg. 1-3), l'Intitulé (lg. 3) : les événements racontés par le narrateur (à la
première personne) (lg. 4 - 9).
151
Reppal XII, A propos d'un nouveau dictionnaire Phénico-Punique Maurice Sznycer
152
Reppal XII, A propos d'un nouveau dictionnaire Phénico-Punique Maurice Sznycer
jugements tranchés et décisifs, mais avoue ses hésitations, en notant : "text and
meaning unknow ") ("texte et signification inconnus"). En outre, je dois dire que
je suis le premier "bénéficiaire", en quelque sorte, de cet "assagissement" appa-
rent. En effet, contrairement à la nouvelle édition de la "Grammatïk" mentionnée
au début de cette "note", Krahmalkov accorde une place particulière à mon
déchiffrement et ma publication de l'inscription phénicienne commémorative de
Milkyatôn, roi de Kition et dldalion (Chypre), l'annonçant, dès sa "Préface",
comme l'un de grands événements de ces dernières années, en lui réservant une
"abréviation" sous le sigle Kition, et surtout en adoptant telles quelles toutes mes
lectures et traductions, et indiquant chaque fois nominalement l'auteur de
celles-ci.
Donc, je suis comblé, mais, en examinant l'ouvrage en question de plus
près, j'étais obligé de constater, hélas, que d'une manière générale, tous les erre-
ments de notre auteur, si flagrants dans toutes ces précédentes publications,
sont bel et bien présents, tant il est évident que la vraie nature revient toujours
au galop ... J'en donnerai ici, rapidement, quelques exemples.
On y inclut indifféremment les mots, les formes verbales et les noms
propres. En général, il n'y a pas d'explication des mots, mais des citations des
textes dans la traduction personnelle de l'auteur. Si l'on indique l'étymologie,
elle est presue exclusivement hébraique. On mélange, sans distinction, les mots
phénico-puniques, les transcriptions grecques ou latines, ou carrément des ins-
criptions "latino-puniques". On donne indifféremment, les termes phénico-
puniques, grecs, latins libyques, etc. On indique des soi-disant prononciations,
souvent fallacieuses ou manifestement fausses. De ses mélanges constantes, qui
brouillent, on pourrait citer des pages d'exemples uniquement les plus bizarres.
Nous nous contenterons de n'en mentionner ici que quelques spécimens carac-
téristiques.
- (p. 115) B‛L MGNM : BAAL OF THE MAGONIDS (Baal des Magonides),
dieu patron de la dynastie des Magonides de Carthage.
- (p. 125) BR' (Hébreu barī’ ) : "corpulent" ; MTN HBR' "Myttun the Fat"
("Muttun le Gros"). - II s'agit, en réalité, d'un nom de métier : "graveur ", sculp
teur".
-p. 218) YŠR'L : Israêl, d'après un passage grec de Philon de Byblos
(Sanchun., 1,10, 39), où le grec Eisirios refleterait le phénicien Isir'il (=Israel) (sic !).
- (p. 309) MQM ʼLM MTRH `ŜTRNY :MQM 'LM MTRṣ `ŠTRNY, qui
signifierait : "Awakener of the dead god with the scent of Astronoé ("Ressusciteur du
dieu mort avec le parfum d'Astronoé". etc., etc.
153
Reppal XII, A propos d'un nouveau dictionnaire Phénico-Punique Maurice Sznycer
occupe même pas. Tout pour lui se ramène à l'hébreu biblique, la seule langue
ancienne, apparemment, qu'il semble connaître. Si le lecteur tant soit peu averti
peut rapidement comprendre de quoi il s'agit, tel n'est pas le cas de jeunes cher-
cheurs, encore peu expérimentés, qu'il faut donc vraiment mettre en garde.
154
RECENSIONS
HABIB BOULARES, HANNIBAL,
ÉDIT PERRIN, PARIS 2000
Voici un livre que nous devons à un homme dont les préoccupations cultu-
relles relèvent de son quotidien. Sans être spécialiste en matière d'Histoire
ancienne, l'auteur y consacre beaucoup de son temps. Il n'épargne point ses
efforts pour recueillir l'information, soit par des lectures, soit par des contacts
qu'il sait entretenir avec les gens du métier. Pour lui, sentiment qu'il partage
avec beaucoup en Tunisie, Hannibal est une figure de l'histoire nationale ou
plutôt de l'histoire universelle.
Pour bien approcher Hannibal, Habib Boularès ne peut faire table rase
d'une carrière politique aux richesses multiples, qu'il s'agisse de son militantis-
me au sein d'organisations nationales et du Néo-Destour qui a conduit la
Tunisie à l'indépendance et à la modernité, ou qu'il s'agisse de responsabilités
par lui assumées au sein de l'Etat, en qualité de ministre ou de Président de
l'Assemblée nationale.
Dans l'introduction (P. 15), l'auteur écrit: Nous ne cesserons de lire ces événe-
ments anciens avec les yeux d'un Africain et d'un -politique assumant la greffe des mul-
tiples souches du peuple dont il est issu et de la culture dont il se réclame.
157
Reppal XII, Habib Boularès, Hannibal, édit Perrin, Paris 2000. M'hamed Hassine Fantar
Voilà une très utile présentation des faits antérieurs à la geste hanniba-
lique. Peut-être faut-il y remarquer la tendance de l'auteur à reconnaître l'histo-
ricité d'une royauté carthaginoise (p.29), une très vieille hypothèse que l'histo-
riographie contemporaine a définitivement exclue, mis à part quelques réfrac-
taires sans poids légitime.
158
Reppal XII, Habib Boularès, Hannibal, édit Perrin, Paris 2000. M'hamed Bassine Fantar
159
Reppal XII, Habib Boularès, Hannibal, édit Perrin, Paris 2000. M'hamed Hassine Fantar
Le chapitre X (p. 250-267) est consacré au dernier demi siècle de l'Etat car-
thaginois, soumis aux effets pernicieux de l'ambition de Massinissa dont l'au-
teur trace un portrait plutôt laudatif (p.253-258). Le cynisme des Romains pous-
se les Carthaginois au désespoir qui les jettent dans la guerre et entraine la des-
truction de leur cité (p.260-264). Pour l'auteur, la guerre d'Hannibal n'est qu'un
maillon d'une chaîne qui aboutit à la naissance de l'empire romain (p.268).
160
Reppal XII, Habib Boularès, Hannibal, édit Perrin, Paris 2000. M'hamed Hassine Fantar
Voilà donc une lecture critique des faits qui constituent la trame et la chai-
ne de l'épopée d'Hannibal, depuis son départ pour l'Espagne en 237 avant J. C.
jusqu'à sa mort quelque part en Bythinie en 183 avant J.C. La critique porte sur
la vraisemblance de certains faits et sur la logique de leur déroulement. Plus
d'une fois, l'auteur s'inscrit en faux contre la chronologie proposée; il dénonce,
entre autres choses, l'imprécision des sources sur le passage des Pyrénées (p.70);
il en est de même pour le récit des batailles qui, en Espagne, se terminent par la
mort des deux frères Scipion (p. 132).
161
Reppal XII, Habib Boularès, Hannibal, édit Perrin, Paris 2000. M'hamed Hassine Fantar
Voilà donc un ouvrage où les faits sont décrits à travers le prisme d'un
homme politique de la Tunisie d'aujourd'hui avec toutes les implications
internes et externes. Il faut ajouter que ce travail minutieux de Habib Boularès
représente la première biographie d'Hannibal que nous devons à un auteur
Tunisien.
162
GIOVANNI BRIZZI
Annibal corne un autobiografia, edit, Rusconi, Milano, 1994.
L'ouvrage compte 340 pages qui se repartissent sur dix sept chapitres, une
préface due au regretté Sabatino Moscati, une note de l'auteur en guise de post-
face , une liste des abréviations et une riche bibliographie qui concerne
Carthage : son histoire, sa culture, sa topographie, sa religion, ses institutions,
son empire, la question de son hellénisation, etc. Cette bibliographie traite de
Rome et de son univers: mentalité, société, la culture, formations politiques, ins-
titutions, organisation, peuplement de l'Italie, etc.,.. Certaines références concer-
nent les rapports de Carthage avec les Etrusques, l'Italie et les traités signés avec
Rome. Mais le gros de cette bibliographie s'intéresse à Hannibal, ses maîtres, ses
modèles, sa religions, son portrait, son armée, ses dons de tacticien et de stratè-
ge, ses objectifs politiques et militaires, les vecteurs de sa propagande, ses
adversaires, ses exploits, ses victoires, son échec, et enfin l'exil et la mort du chef
punique. L'ouvrage se termine par une table de matières fort réduite.
163
ReppalXII, GIOVANNI BRIZZI Annibal corne un autobiografia, edit, Rusconi, Milano, 1994. M'hamed Hassine Fantar
Dans la présentation de la ville, [Link] fait dire à Hannibal (p. 14): Vorrei
rivedere il tofet, il cimitero dei bambini, con il vicino santuario di Baal Hammon. Voilà
une lecture qui reflète la représentation que l'auteur se fait d'un secteur de la
religion punique. Il adopte l'hypothèse, hélas non crédible, qui fait du sanctuai-
re dit tophet un cimetière d'enfants. Or, on peut, rejeter, sans risque d'erreur,
une telle interprétation. D'abord, nous savons que le terme tophet est impropre;
il a été emprunté à la Bible par l'historiographie contemporaine au lendemain
de la découverte de ce sanctuaire en 1921. Pour nommer ce type de sanctuaire,
les Carthaginois utilisaient l'expression sanctuaire de Baal Hammon. Il ne s'agit
pas d'un cimetière d'enfants mais d'un espace où les fidèles venaient exposer
leurs requêtes et faire des voeux. Peut-être faut-il ajouter que la différence que
G. Brizzi propose d'établir entre le sanctuaire dit tophet et le temple de Baal
Hammon ne se réfère à aucun argument sérieux. C'est le fruit d'une confusion.
Cela dit, on peut se demander pourquoi Hannibal eût souhaité revoir ce sanc-
tuaire. L'auteur y revient (p.25) pour évoquer cette fois le sacrifice et dénoncer
ce qu'il appelle il crudele olocausto deifigli piccoli oui oggi si ricorre per ingraziarsi
gli dei nei momenti piu cupi e disperati della vita cittadina.
164
ReppalXII, GIOVANNI BRIZZI Annibal corne un autobiografia, edit, Rusconi, Milano, 1994. M'hamed Hassine Fantar
Un settore almeno della società punica resta tuttora tenacemente legato ai valori
immutabili di una religione antichissima. Intimamente uniti a un dio fin dalla nascita
nel nome stesso die portiamo, noi Punici tendiamo a considerare questo attaccamento
non corne un semplice fatto formale, ma corne una vera e propria consacrazione, testimo-
nianza di unafede profonda nellaforza trascendente del divino e nella tutela che esso
esrcita sugli oblighi della coscienza. Persuasi che la divinità costituisca il centro stesso
del cosmo, siamo sovente capaci, nel bene e nel maie, dei peggiori eccessi; pronti a inso-
lentire i Numi per troppo amore o addirittura a cingerne i simulacri con il cilicio se ci
sembrano sordi aile nostre preghiere, siamo pero legati a loro in maniera totale e disposti
a ogni sacrificio pur di conquistarcene il favore.
165
ReppalXII, GIOVANNI BRIZZI Annibal corne un autobiografia, edit, Rusconi, Milano, 1994. M'hamed Hassine Fantar
lité, il s'agit d'une vision de l'auteur. Dans les sources antiques, les objectifs de la
guerre d'Hannibal ne sont pas explicitées. Il n'en est pas question dans le pacte
signé avec Philippe V de Macédoine en 215 avant J.C. Alors que les objectifs
macédoniens et grecs, d'une façon générale, sont bien stipulés, tout ce qui
concerne directement les Carthaginois, le texte tel que traduit par Polybe, n'en
dit pas mot. Comment rendre compte de ce fait qui semble étrange? En tout
état de cause, G. Brizzi n'a pas manqué de remplir le vide par une restitution
qui reste sans références crédibles. Mais c'est la règle du jeu: l'ouvrage se veut à
la fois historique et littéraire. Il convient cependant de procéder avec prudence,
compte tenu de la fragilité de certains lecteurs qui ne sont pas forcément avertis
ni suffisamment outillés pour distinguer l'histoire de la littérature.
Le thème de la revanche est récurrent dans les biographies d'Hannibal.
L'historiographie contemporaine s'en réfère aux auteurs anciens, notamment
Polybe et Tite-Live. G. Brizzi leur emboîte le pas. Parlant d'Amilcar (p.85), il
écrit : teso ad una rivincita con Roma. Le Barcide attend la revanche et cherche
tous les moyens pour avoir cette occurrence. A ce propos, Hannibal se prononce
(p.22) conformément à la thèse de G. Brizzi qui l'utilise comme une porte-paro-
le.
Lo scopo reale da noi perseguito, tuttavia, non era semplicemente (posso ormai
confessarlo) quello di instaurare in Cartagine un governo del popolo che contrastasse
le colpevoli collusioni tra i notabli delle due città e secondasse i nostri disegni di rivincita
su Roma. La plèbe è un ' amante volubile e i membri della mia famiglia sono stati
sempre troppo consci delta loro superiorità, d'animo oltre che di stirpe, per affidarsi
incondizionatamente ai favori delle masse.
II domino iberico fondato damio padre è durato poco più di un quarto di seco-
lo. Amilcare lo considerava nul l'altro che uno strumento, in funzione della futura
rivincita su Roma. A differenza di Asdrubale, infatti, io mi ero dall'inizio totalmente
proiettato sulle orme di mio padre. Al patto con Roma non volevo venir meno senza
avère almeno l'ombra di ina giustificazione for maie, che fosse viatico al mio ingresso in
Italia. Dovevo, tuttavia, fare presto.
166
ReppalXII, GIOVANNI BRIZZI Annibal corne un autobiograjïa, edit, Rusconi, Milano, 1994 M'hamed Hassine Fantar
Non credo di mentire dicendo che, nel loro operare, mio padre et i miei cognati
erano mossi anche da intenti sinceramente patriottici; e nondimeno, conoscendo quanto
i teorici greci avevano detto da tempo, erano soprattutto convinti che le degenerazioni
della democrazia contribuissero spesso afavorire quell' affermazione monarchica che
costituiva il loro fine recondito.
Cette lecture soulève des problèmes d'une très grande gravité: une cul-
ture étrangère superficiellement connue et donc non assimilée peut-elle servir
pour une véritable réforme socio-culturelle? Par ailleurs déclarer que l’afferma-
zione monarchica..costituiva il loro fine recondito, relèverait de la pure fantaisie.
Une telle hypothèse, naguère présentée par G-Ch. Picard ne garde plus aucun
défenseur. Dire que, par leur conception de la divinité, les Puniques sont
capables d'excès dans le bien comme dans le mal, cela parait plutôt subjectifs et
risque d'induire en erreur. Il y aurait, d'ailleurs, beaucoup à dire sur les liens
établis par l'auteur entre la richesse et la religion: une caricature capable de faire
des ravages auprès des profanes particulièrement disposés à retenir tout ce qui
serait de nature à dénigrer l'autre.
Voilà donc un ouvrage où l'on peut se faire une idée très claire de la
manière dont G. Brizzi se représente Carthage , la civilisation punique et sur-
tout Hannibal. Il s'agit d'une perception qui, dans une très large mesure, repro-
duit celle que proposent les auteurs de l'Antiquité gréco-latine dont les lacunes
et la partialité sont désormais par tous reconnues. G. Brizzi reste fidèle à la tra-
dition classique particulièrement hostile aux Phéniciens , à Carthage, voire aux
Sémites, d'une façon générale. Au demeurant, la lecture d'un tel ouvrage peut
sans doute se faire avec plaisir mais risque également de consacrer des erreurs.
Il faut en être averti pour ne pas l'attribuer au genre des confessions.
167
SERGE LANCEL,
Hannibal, édition Fayard, Paris, 1995
169
Reppal XII, SERGE LANCEL, Hannibal, édition Fayard, Paris, 1995 M'hamed Hassine Fantar
Amilcar Barca sut toutefois garantir l'honneur des siens, lui qui n'avait
enregistré aucune défaite. S. Lancel profite de cette rapide évocation pour nous
présenter la famille des Barcides, non sans reconnaitre les limites de la docu-
mentation: des origines légendaires comme pour en souligner le destin excep-
tionnel. Avec les Barcides, on est bien loin du commun des mortels. Ils se récla-
ment de Milqart dont les Grecs ont fait Héraclès. Amilcar se maria; de son épou-
se unique et mystérieuse parce que anonyme, il eut une famille nombreuse pour
un citoyen Carthaginois: trois filles et trois garçons dont l'éducation était à ses
yeux l'un des ses principaux devoirs de père.
Après la Sicile, Amilcar fit la guerre des Mercenaires, cette guerre que
Polybe qualifia d'inexpiable. Il sauva Carthage où la situation socio-politique
était plutôt confuse. Deux clans se faisaient alors concurrence, les aristocrates
plutôt conservateurs et jaloux de leurs privilèges face aux démocrates qui
étaient plutôt pour la réforme, le changement; ils voulaient adapter la vie poli-
tique, l'économie et les institutions de Carthage afin qu'elle pût être mieux pré-
sente en Méditerranée. Malgré des égoïsmes et des ambitions exclusives,
Carthage sortit de cette rude épreuve exténuée, certes, mais capable d'avoir une
politique et de concevoir des projets pour l'avenir.
170
ReppalXII, SERGE LANCEL, Hannibal, édition Fayard, Paris, 1995 M'hamed Hassine Fantar
Carthage recouvre enfin la paix et la sécurité; mais en plus des pertes irré-
parables, elle dut renoncer à la Sardaigne qui fut annexée par les Romains en
238 avant J.C. De ce fait, écrit S. Lancel, cette annexion relançait le cycle des rancoeurs
et brisait le rêve caressé à Carthage par Hannon et ses partisans et peut-être par
d'autres aussi à Rome, d'une coexistance pacifique des deux Republiques de part et
d'autres du détroit de Sicile. Rome cherchait donc à réduire l'espace carthaginois
en Méditerranée.
Conçu par Amilcar et soutenu par les autorités politique, ce projet espa-
gnol flattait l'orgueil national, et nourrissait l'espoir d'un mieux être dans une
Carthage réaliste et ambiteuse. En 237 avant J.C, Amilcar, donna le coup d'en-
voi: itinéraire terrestre (Polybe, 11,1 et Diodore, XXV, 10,1.); navigation entre le
Maroc et Gibraltar (vers Gadès ou Gadeira). A ce propos, le Serment d'Hannibal
est évoqué (p. 55). Le problème de la responsabilité de la guerre s'en trouve
posé. Pour Polybe et Tite Live, Amilcar était possédé par le désir de vengeance.
A les suivre, le chef barcide ne pensait qu'à la revanche. Mais S. Lancel (p.56)
tempère cette tendance de l'historiographie antique. En suivant Amilcar en
Espagne, l'auteur en profite pour présenter ce pays riche et divers. Il évoque les
premières expéditions phéniciennes, le royaume de Tartessos aux abondantes
ressources minières et ses contacts avec les Grecs: le roi Arganthonios, le Samien
Kolaios (p. 56-64).
171
ReppalXII, SERGE LANCEL, Hannibal, édition Fayard, Paris, 1995 M'hamed Hassine Fantar
Amilcar dut conquérir des territoires sur les tribus Ibères; il fallait les sou-
mettre. De Cadix à Alicante en passant par les région de Se ville et de Cordoue,
le lecteur fait la connaissance de certaines ethnies comme les Turdétans ou
Turdules, les Celtibères, des rois ou princes comme Indortès et Istolatios. La
politique d'Amilcar associait la terreur à la diplomatie: Indortès torturé et mis à
mort, soldats libérés. Pour la réalisation de son projet, Amilcar avait tantôt
recours à la violence, tantôt à la diplomatie et à la guerre psychologique. Mais la
présence des Grecs à Marseille et à Ampurias gêne la politique des Barcides,
bien qu'il s'agisse au début d'une opposition occulte.
En plus des richesses minières dont le pays regorge, l'auteur présente les
Bastetani autour de Murcie et les Contestani dans la région d'Elché (p. 65) et
autres ethnies en insistant sur leurs contacts avec les Grecs.
Amilcar fonde Akra Leuké près d'Alicante (Diodore de Sicile, XXV, 10,3).
Mais en 228-229, sa mort subite vient mettre fin à son oeuvre. Au sujet de sa dis-
parition, il y a de trois versions différentes.
Asdrubal le Beau lui succède. La fondation de Carthagène (p. 70) est décri-
te selon la tradition de Polybe (X,10,5). Rome commence à s'inquiéter de cette
expansion punique en Espagne. Une ambassade romaine impose à Asdrubal le
traité de 226 avant J.C, qui met une limite aux conquêtes barcides. L'Ebre
constitue cette frontière.
Au chapitre III, (p. 99-133), Hannibal quitte Carthagène en Avril 218 optant
pour la voie terrestre parce que la flotte romaine domine en Méditerranée et
qu'Hannibal, à l'instar de son père, excelle dans les batailles terrestres. Par
ailleurs, le chef barcide pourrait, chemin faisant, recruter des troupes auprès des
Gaulois et entreprendre des négociations.
173
Reppal XII, SERGE LANCEL, Hannibal, édition Fayard, Paris, 1995 M'hamed Hassine Fantar
174
Reppal XII, SERGE LANCEL, Hannibal, édition Fayard, Paris, 1995 M'hamed Hassine Fantar
Le retour d'Hannibal en 203 avant J.C. se fait sur l'ordre de Carthage qui,
par ailleurs, tente de négocier avec Scipion (p. 273). Mais la délégation carthagi-
noise à Rome n'a pas réussi à convaincre le sénat romaine (p. 274). Hannibal
débarque à Leptis (p. 275) avec 15000 soldats. De là, il se dirige vers Hadrumète.
Pourquoi loin de Carthage ? Hannibal voulut sans doute être près des siens et
loin de Scipion. La rencontre de Zama fut précédée de toute une série de petits
faits qui, sans être conséquents, rendirent impossible toute solution pacifique-
ment négociée.
175
YANN LE BOHÈC,
Histoire militaire des guerres puniques, édit, du Rocher, Paris, 1996.
L'ouvrage compte 343 pages reparties sur sept chapitres, précédés d'une
présentation du conflit centenaire qui opposa Rome à Carthage et suivi d'une
conclusion ou plutôt d'une sorte de postface. L'ouvrage se termine par la pré-
sentation des sources, une riche bibliographie, une table des illustrations et une
table des matières.
Les écrivains de Rome l’ ont employée pour désigner les guerres que leur patrie à
conduites contre les Phéniciens d'Occident, qu' ils appelaient en latin Poeni, mot qui a
donné notre adjectif "punique". Ces derniers ne nous ont, hélas, laissé aucun récit.
Nous pouvons cependant supposer que, s'ils l'avaient pu, ils auraient utilisé une autre
formulation pour désigner ces événements, par exemple celle de guerres romaines. Nous
la conserverons néanmoins, par commodité.
177
Reppal XII, Yann Le Bohèc, Histoire militaire des guerres puniques, édit, du Rocher, Paris, 1996. M'hamed Hassine Fantar
Après avoir insisté sur la durée du conflit, présenté les moyens mis en
oeuvre et défini les objectifs, l'auteur en arrive aux interrogations que se pose
tout général digne de ce nom: elles concernent les ressources humaines, la tac-
tique, la stratégie, l'adversaire, le terrain et les arrières, etc. Mais dans l'enquête
historique, la réponse à chacune de ces interrogations est tributaire de la docu-
mentation. A ce propos, l'auteur souligne la pauvreté et la complexité des
sources: pas d'information primaire, partialité. L'auteur n'a pas hésité à mettre
en évidence la mauvaise foi d'une certaine historiographie antique (p.13).
Pour bien faire la part des choses, quand on lit Polybe, Tite-Live et les auteurs de
ce temps-là, il faut comprendre ce que signifient leurs accusations. Ainsi en est-il de la
perfidie et de la cruauté, deux thèmes qui reviennent souvent dans leurs écrits. Quand
un général romain, Scipion par exemple, remportait une victoire à l'aide d'un stratagè-
me, il était loué pour son intelligence; il est d'ailleurs, probable que le vainqueur s'était
lui-même le premier complimenté pour son habileté. Quant le même homme était vaincu
à cause d'un stratagème de l'ennemi, il déclarait que l'autre était malhonnête, perfide: il
a triché.
Les chercheurs actuels, écrit-il (p.15), se gardent de prendre parti, d'exprimer des
sympathies pour les vainqueurs ou pour les vaincus, pour les "Romains" ou
Carthaginois, qui n'en ont d'ailleurs nul besoin. Ils relisent les textes anciens, essaient de
le faire sans passion, en tentant seulement de démêler l'écheveau du vrai et du faux.
Mais, une fois qu'ils ont établi les faits, après critique des sources, ils doivent discuter
les interprétations de leurs contemporains, et rejeter celles qui leur paraissent manifeste-
ment fausses; c'est ainsi qu'avance la science.
178
Reppal XII, Yann Le Bohèc, Histoire militaire des guerres puniques, édit, du Rocher, Paris, 1996. M'hamed Hassine Fantar
La victoire de Myles fut, pour Rome, un éclatant succès. Les Romains avaient osé
se laver les mains dans la mer, et Us avaient dépassé leurs maîtres. Au risque de paraître
nous répéter, nous soutiendrons que ce premier triomphe naval ne doit pas cacher une
réalité historique: Rome s'était déjà, depuis des décennies, préoccupée des affaires mari-
179
Reppal XII, Yann Le Bohèc, Histoire militaire des guerres puniques, édit, du Rocher, Paris, 1996. M'hamed Hassine Fantar
times. A Myles, il n'y eut pas de miracle, mais le résultat d'une politique engagée
depuis longtemps, au plus tard depuis 311, et sans doute bien avant.
Mais à Rome, la guerre devient une entreprise où les capitaux privés peu-
vent être investis et rentabilisés: il y a le butin et surtout l'espoir de faire des
affaires économiquement juteuses sur un marché ouvert où l'on ne se heurterait
plus à la concurrence. Avec une armada de 200 quinquérèmes, Rome gagne la
bataille des îles Egates qui se déroule le 10 Mars 241 avant J.C. Carthage décide
de traiter. Lutatius Catulus du côté romain et Amilcar Barca du côté carthagi-
nois signent le traité de paix. Polybe en rapporte le texte: Carthage perd la
Sicile et les îles. De retour en Afrique, Amilcar se présente comme un héros. Il a
reçu l'ordre de signer la paix avec le consul Lutatius Catulus, certes, mais en
Sicile, il n'a subi aucune défaite. Bien plus, au cours des négociations, il réussit à
faire admettre toutes ses requêtes, notamment l'honneur de conserver ses armes
et de garder les déserteurs.
En réalité, commente l'auteur (p. 102), il espérait reprendre les hostilités le plus
tôt possible. Pense t-il à une revanche? rien n'invite à le croire; Une telle déclara-
tion, apparemment gratuite, se réfère à une vieille tradition qui fait d'Amilcar
Barca le responsable de la deuxième guerre punique.
Après avoir sauvé Carthage, Amilcar se dirige vers l'Espagne, non sans
ressentiment vis à vis des Romains qui ont cyniquement jeté leur dévolu sur la
Sardaigne. L'auteur rappelle très succinctement la geste barcide dans la
Péninsule ibérique: on assiste à la mort d'Amilcar en 229 avant J.C. et à l'assassi-
nat d'Asdrubal en 221 avant J.C. Et voilà Hannibal général en chef des armées
180
Reppal XII, Yann Le Bohèc, Histoire militaire des guerres puniques, édit, du Rocher, Paris, 1996. M'hamed Hassine Fantar
San prendre position claire, Y. Le Bohec (p. 118) s'interroge. Le tout est de
savoir à quel fleuve actuel correspondait l'Ebre des Anciens. A la veille de la guerre,
Rome dispose de ressources de loin supérieures à celles de Carthage: des terri-
toires très étendues, des populations nombreuses, des richesses considérables,
une agriculture prospère, des artisans dont les produits sont exportés à
Carthage même. Rome avait donc les moyens de soutenir une guerre. Carthage
était certes moins favorisée mais ses chefs nourrissaient une haine contre les
Romains et souhaitaient la vengeance. De ce fait, l'auteur les reconnaît respon-
sables, du moins en grande partie, du déclenchement de la 2è guerre punique.
Sans le dire clairement, il parle de la haine solide d'Amilcar pour les Romains.
Par ailleurs, il semble favorable à l'historicité du Serment qu'Hannibal aurait
prêté en 237 avant J.C. Parlant du départ d'Amilcar pour l'Espagne, il écrit
(p.115).
Avant le départ, il fit prêter un serment à son fils, Hannibal: le jeune homme
aurait juré une haine éternelle à Rome. Le texte du serment, tel qu'il nous est parvenu,
paraît traduit du punique.
181
ReppalXII, Yann Le Bohèc, Histoire militaire des guerres puniques, édit, du Rocher, Paris, 1996. M'hamed Hassine Fantar
changeant l'ordre du monde, mais cette fois dans un sens qui leur serait favo-
rable. Par la guerre, les Carthaginois chercheraient à établir un nouvel ordre en
Méditerranée, et donc en Italie. Bien entendu, cette interprétation suppose
qu'Hannibal n'était pas un condottiere travaillant pour le plus offrant ou un égoïste
agissant pour son propre compte, mais un général au service des siens. C'est ce que
montrent les travaux les plus récents (p.131).
Pour l'auteur, Sagonte ne fut qu'un prétexte que les Romains avaient trou-
vé pour justifier leur politique à l'égard des Carthaginois. Elle est bien en deçà
de l'Ebre. Après la prise de la cité ibérique par Hannibal, Rome déclare la guerre
aux Carthaginois.
Dans ce même chapitre, l'auteur présente les forces respectives des belligé-
rants: démographie, économie, institutions politiques, etc.,.. Il met en évidence
les faiblesses de Carthage. Les pages 147-157 sont consacrées à Hannibal qui,
d'après l'auteur, valait plusieurs légions à lui tout seul (p.147). A ce personnage
controversé, l'historiographie antique a su trouver des qualités; mais, on lui a
reconnu également des vices, comme la cruauté, la cupidité, et l'impiété. Ses
qualités sont essentiellement militaires et politiques. Y. Le Bohec en profite pour
tracer une biographie succincte du chef punique: sa naissance, sa vie familiale,
sa culture, sa religion, ses talents de tacticien, ses stratagèmes: II le présente
comme un carthaginois hellénisé: ses précepteurs grecs. Dans ce portrait, c'est le
militaire qui l'emporte.
182
Reppal XII, Yann Le Bohèc, Histoire militaire des guerres puniques, édit, du Rocher, Paris, 1996. M'hamed Hassine Fantar
lui ont permis d'acquérir une large autonomie qui, insensiblement, a fini par ressembler
à une dérive monarchique: l'appui du peuple, une personnalité exceptionnelle, la distan-
ce qui le séparait de Carthage, et enfin l'état de guerre, ont fait évoluer son autorité
dans ce sens. Mais toujours, et Lucien l'a noté (Dialogues des morts, XII), il a obéi aux
ordres venus de sa métropole.
183
ReppalXII, YannLe Bohèc, Histoire militaire des guerres puniques, édit, du Rocher, Paris, 1996. M'hamed Hassine Fantar
où les territoires qu'il contrôle se réduisent à vue d'oeil comme une peau de cha-
grin. Désormais la victoire semble préférer Scipion dont le père et l'oncle lui ont
ouvert la voie. Sachant qu'il ne pouvait faire face aux exigences de la guerre
contre Rome dont les ressources s'avéraient inépuisables, Hannibal pensa très
tôt à une alliance avec Philippe V de Macédoine qui, à ses yeux, représentait un
royaume fort et capable de compenser les pertes subies et de maintenir un cer-
tain équilibre entre les deux forces en présence. Mais le pacte avorta.
Voulant gagner des sympathies en Sicile, avec sans doute l'espoir de recon-
quérir les territoires perdus, il se rapproche de Syracuse. Mais ses lieutenants y
échouent. C'est également un échec que les Carthaginois essuient en Sardaigne
où des cités sardo-puniques et des tribus indigènes se révoltent contre les Romains.
Ampiscora, le chef de la rébellion et son fils Ostus (ou Hiostus) furent
capturés ainsi que le commandant de la flotte envoyée par Carthage.
Les pertes se multiplient dans les rangs d'Hannibal qui ne cesse de rater
ses objectifs alors que Rome se redresse, refait ses forces, récupère les cités per-
dues et s'adapte à la conjoncture: elle crée le denier (p.214-215). L'économie
romaine semble profiter de la guerre. Après son éclatant succès en Espagne,
Scipion pense à l'Afrique; il y cherche des alliés. Massinissa offre ses services
dans l'espoir de monter sur le trône de Numidie. Du côté Carthaginois, on
assiste au retour d'Hannibal et c'est la bataille de Zama . Scipion en sort victo-
rieux sans doute le 22 octobre 202 avant J.C.
A vrai dire, la thèse économique, si elle ne doit pas être écartée, ne peut pas, à
notre avis, recevoir une importance excessive. Les historiens, depuis quelques années,
ont appris à ne pas lui accorder plus d'importance qu'elle n'en mérite....
184
Reppal XII, Yann Le Bohèc, Histoire militaire des guerres puniques, édit, du Rocher, Paris, 1996. M'hamed Hassine Fantar
Si la thèse économique mérite quelque crédit, c'est pour d'autres raisons que celles
qui ont été alléguées et d'abord, par exemple, le butin. Surtout, il existait un autre nou-
veau motif d'intervention pour Rome: Carthage avait fini de payer son indemnité de
guerre, et il pouvait paraître attirant de la contraindre à poursuivre ces versements.
Peut-être faut-il retenir des motifs militaires: Massinissa ne doit pas faire
de Carthage la capitale de son royaume. L'auteur ne semble pas disposé à
reconnaître que Rome n'accepterait aucune concurrence; elle décide de rester la
seule puissance en Méditerranée. Elle y parvient: l'année 146 avant J.C. voit
d'un oeil marri la destruction de Carthage et de Corinthe. Y. Le Bohec n'a pas
omis de mettre en évidence le cynisme de Rome et sa mauvaise foi. A Carthage,
le parti de la paix est prépondérant. A Rome, on a décidé la mise à mort de
Carthage. Si les Romains reçoivent les délégations de la paix envoyées par
Carthage, c'est pour les berner. Contrainte, Carthage fait la guerre, parce qu'elle
veut mourir dans l'honneur et la dignité. En 146 avant J.C, Scipion Emilien, en
tant que bourreau exécute la sentence que le sénat romain, implacable et placi-
de, a prononcé contre la métropole punique. Il en pleura.
185
A PROPOS D'UN LIVRE : GLENN E. MARKOE,
PHOENICIANS, BRITISH MUSEUM, 2000
Mounir Fantar
C'est un livre de 224 pages réparties sur 7 chapitres précédés d'un som-
maire et d'une introduction et suivis d'un épilogue, d'un appendice, d'un
tableau chronologique, d'une liste des abréviations, de notes bibliographiques,
d'un glossaire, de reconnaissances et d'un index. En guise d'illustrations, l'au-
teur a sélectionné 2 cartes avec leurs détails, 12 planches et 74 figures.
187
Reppal XII, A propos d'un livre : glenn e. markoe, phoenicians, british museum, 2000 Mounir Fantar
nissant ainsi des insulae. En outre, il parle du système défensif des cités phéni-
ciennes : architecture militaire (fortifications et tours), les techniques de la
construction défensive et l'armée punique.
Dans ce même chapitre, il est question de l'administration des cités ; il y
traite également de la société phénicienne et punique dans toutes ses diversités
ethno-culturelles, sa structuration sans oublier le rôle de la femme au sein de
cette société.
188
Reppal XII, A propos d'un livre : glenn e. markoe, phoenicians, british museum, 2000 Mounir Fantar
divinité n'ait pas été mentionné avant le 1er millénaire, il y a des raisons de croi-
re que son culte existait bien avant. Ce même Melqart est considéré comme
le fondateur archétype de la cité et son protecteur ; il aurait joué un rôle important
dans la fondation des premières colonies, telles que Kition, Carthage et Cadix.
Melqart, qui est vite surpassé par Baal Hammon et sa compagne Tanit en
Afrique, en Sardaigne et en Sicile, reste présent à Lixus et à Cadix dont le
temple est d'une grande importance. Par ailleurs, l'auteur souligne que les pan-
théons phéniciens étaient dirigés par des couples divins : un mâle suprême et
une déesse (Melqart et Astarté pour Tyr, Eshmoun et Astarté pour Sidon, Baal et
Baalat pour Byblos, Baal Hammon et Tanit pour Carthage). En plus de ces divi-
nités, la religion phénicienne et punique a toujours été ouverte aux cultes étran-
gers : présence de la composante égyptienne (Bès, Bastet, Isis, Osiris, Ptah) et de
divinités grecques, telles que Déméter et Koré ; mais si l'auteur s'aligne sur la
tradition communément admise, il y a lieu de rappeler que pour certains histo-
riens, l'introduction de ces deux divinités grecques à Carthage concernait plutôt
les colonies qui y étaient établies.
Pour l'architecture religieuse en Phénicie, l'auteur cite l'exemple du temple
d'Eshmoun à Bostan esh-Sheikh près de Sidon et un autre sanctuaire sidonien,
daté de la 40 e année du règne de Bodashtart ; il est doté de tout un système
hydraulique, comportant des canaux et des bassins connectés à Nahr el-
Awwadi. Il ajoute que les fouilles archéologiques, faites à Tell Sukas, Sarepta,
Tell Arka (pour la période de l'âge du fer) et Um el-Amed (pour la période hel-
lénistique) ont mis au jour des temples de dimensions modestes. Pour le bassin
occidental, l'auteur relève la rareté de la documentation archéologique en matiè-
re d'architecture religieuse ; il se contente de citer quelques exemples, tels que le
sanctuaire de Baal Hammon, le temple d Astarté du mont Eryx, le temple de Sid
à Antas et le temple monolithique de Tharros. D'ailleurs, il est, pour le moins,
curieux de constater que G. Markoe n'ait pas fait la moindre allusion au plus
grand temple punique bâti à ce jour découvert en Méditerranée occidentale : le
temple de Kerkouane.
En outre, l'auteur consacre un paragraphe au Tophet et aux hypothèses
émises à propos de ce sujet sans prendre, pour autant, une position claire ; il
pose des questions sans vraiment y répondre. D'ailleurs, s'il reconnaît qu'il
s'agit bien d'un sanctuaire, il parle, en revanche, à la page 92 d'inscriptions funé-
raires provenant du Tophet.
A la fin de ce chapitre, l'auteur évoque le monde des morts : conception
de la mort et de l'au-delà, les rites funéraires, le mobilier, les modes de sépul-
tures et l'architecture tombale.
Le chapitre VI (pp. 143-169) traite de la culture matérielle : le travail de
l'ivoire, le travail du métal, la sculpture, la production des sarcophages, les
bijoux, la fabrication des sceaux, la fabrication de la verrerie, de la faïence, de la
céramique et du textile.
Au chapitre VII (pp.170-191), l'auteur parle de l'expansion commerciale,
un thème déjà évoqué dans le troisième chapitre. Pour la Phénicie, il souligne le
rôle stratégique de Chypre et de Rhodes, qu'elles doivent à leur position sur la
189
Reppal XII, A propos d'un livre : glenn e. markoe, phoenicians, british museum, 2000 Mounir Fantar
route reliant le Levant à l'Egée, en tant que station de transit et un second point
de départ où le commerce phénicien avec le nord égéen a été largement propul-
sé par l'intérêt que portaient les Phéniciens aux mines et au commerce des
métaux. D'après Hérodote, c'est dans cet objectif que les Phéniciens ont, en effet,
choisi l'île de Thasos. Les Phéniciens étaient, en outre, présents en Egée centrale
et dans le mainland grec. Pour le bassin occidental, ils avaient des relations avec
la Sicile grecque et ont consolidé leur contrôle, en mettant en place une stratégie
commerciale dans l'île. L'auteur fait remarquer que les fouilles à Motyé ont
confirmé l'occupation évidente des Phéniciens autour de 720 av. J.-C, juste
après la fondation des premières colonies grecques dans l'île telles que Naksos
(734) et Syracuse (733) : c'était une réponse à l'initiative ambitieuse grecque dans
l'île. L'expansion commerciale a, également, touché Malte, bien que cette derniè-
re ait des ressources très limitées ; elle a, probablement, servi de station pour les
marchands phéniciens qui naviguaient au delà de la Méditerranée occidentale.
La présence phénicienne a été fortement attestée en Afrique du Nord, tout
d'abord avec la fondation d'Utique, puis celle de Carthage, d'Hadrumetum, Leptis
Magna, etc.
Enfin, il y a lieu de souligner cette expansion commerciale en Espagne,
aux Baléares, et dans l'Atlantique.
Dans son épilogue, Glenn E. Markoe parle de la fin de Tyr en 332 et de l'ac-
célération du processus d'hellénisation, déjà entamé au V e siècle, sous les
Lagides et les Séleucides. En 64 av. J.-C, l'ensemble de la région, qui constituait
les cités-états phéniciennes, est tombée sous l'hégémonie de l'empire romain.
Pour Carthage et le monde punique, les IIP et IVe siècles furent marqués
par la dominance de la composante politique : traité de paix entre Carthage et
Rome en 279 mais surtout les trois guerres romano-carthaginoises qui affaibli-
rent et fragilisèrent la métropole punique et aboutirent à sa destruction en 146 ;
la fin d'une entité politique qui a laissé derrière elle un héritage culturel qui est
resté bien vivace en pleine période romaine.
Cet épilogue est suivi d'un appendice où l'auteur nous présente les cités
du homeland phénicien.
190
Reppal XII, A propos d'un livre : glenn e. markoe, phoenicians, british museum, 2000 Mounir Fantar
191
A PROPOS D'HANNÏBAL
Mansour Ghaki
Bagnall précise qu'il n'est pas historien et que c'est grâce aux témoignages
modernes et contemporains des anciens et aux travaux des historiens que son tra-
vail voit le jour « mon but est de regarder ces guerres avec les yeux d'un profes-
193
Reppal XII, Recension A propos d'Hannibal Mansour Ghaki
sionnel et de les commenter en fonction de ce qui a été écrit ; j'espère que les autres
liront avec précaution et seront en mesure de former leurs propres opinions ».
Nous nous limiterons quant à nous à la partie de l'ouvrage, relative à la
deuxième guerre, celle qui fut parfois dite « la guerre d'Hannibal ».
194
Reppal XII, Recension A propos d'Hannibal Mansour Ghaki
195
Reppal XII, Recension A propos d'Hannibal Mansour Ghaki
fait que se défendre contre une agression »... pour lui « la dynamique d'expan-
sion romaine explique la première guerre, la seconde guerre n'aura été en fait
que la conséquence de la première ; Hannibal voulait la guerre pour effacer la
défaite, Rome accepta de la faire. ».
196
Reppal XII, Recension A propos d'Hannibal Mansour Ghaki
« L'ennemi »
Selon Peddie, Rome était bien défendue : garnisons occupant des postes
avancés, colonies, traités avec les tribus latines au point de constituer une confé-
dération latine, etc. En accédant à la Sardaigne, aux lendemains de la première
guerre, Rome en fit une source de ravitaillement et un soutien logistique vital.
Rome qui ne mobilisait que quatre légions au début de la guerre passera
197
Reppal XII, Recension A propos d'Hannibal Mansour Ghaki
très vite à douze ; Rome avait donc une capacité de mobilisation qui semble
avoir toujours manqué aux Puniques.
Parmi ses faiblesses :
- sa position géographique qui, selon Peddie l'exposait aux ennemis
potentiels, en construisant des routes stratégiques traversant en de nombreux
endroits l'Apennin et menant toutes à Rome, cette dernière en a fait des routes
sources de richesse et politiquement avantageuses mais qui étaient potentielle-
ment dangereuses.
- Autre danger « la croissance démographique et les problèmes que posait
la gestion d'une grande cité.
- La guerre d'usure pratiquée par Hannibal finira par perturber les axes
économiques traditionnels donc par gêner une grande métropole aux besoins
importants.
Le personnage d'Hannibal
Peddie voit en Hannibal un soldat indomptable qui avait souvent recours
à la ruse ; à ses yeux, le général punique ne fit pas toujours preuve de clair-
voyance ; à titre d'exemple et en soldat, il pense que les éléphants ne sont pas
bons pour le transport des troupes car la quantité transportée est relativement
petite par rapport à leur taille et leur appétit ; ils peuvent constituer un fardeau ;
les pachydermes ne sont bons que contre une armée indisciplinée et peu entraî-
née ; Peddie conclue qu'Hannibal ne découvrit cette évidence qu'une fois au
sommet des alpes mais le personnage avait, nous dit-il, la capacité de s'adapter
« à un moment précis, la clé était tournée dans la serrure, il ne restait plus qu'à
pousser la porte ; le cerveau fertile d'Hannibal avait déjà trouvé la solution ».
Hannibal a été « élevé dans une atmosphère militaire aux côtés de son père, il
a appris la discipline et l'obéissance » ; il a vécu au milieu de soldats de
différentes ethnies ; il apprit à communiquer, à comprendre les motivations
d'où l'ascendant du personnage sur ses troupes mais aussi la crainte qu'il créait
chez ses ennemis.
Peddie, de formation militaire rappelle que le commandement militaire est
défini comme étant « l'autorité assignée à un individu pour la direction des
forces militaires » ; pour l'auteur, avant de parler de la qualité d'un général
comme Hannibal, il faut commencer par s'assurer du rôle et des responsabilités
de chacun et pose la question « Hannibal était-il le stratège libre de ses choix et
décisions ou avait-il un rôle d'exécutant d'une stratégie tracée à Carthage ? »
Peddie admet que la réponse est pratiquement impossible mais cite Polybe qui,
nous dit-il, est considéré comme étant un historien sérieux ; pour Polybe, la
guerre est la responsabilité d'Hannibal... il est clair, toujours selon Polybe,
qu'Hannibal « voulait faire la guerre à Rome dès qu'il prit le commandement » ;
Peddie conclue « ...la direction suprême revenait à Carthage... Hannibal doit
être perçu comme un commandant d'opérations définies... ». C'est encore en
soldat discipliné que raisonne Peddie ; la responsabilité d'une action militaire
revient au pouvoir, pas au soldat or à son avis, Hannibal était et doit demeuré
« un soldat ».
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Reppal XII, Recension A propos d'Hannibal Mansour Ghaki
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Reppal XII, Recension A propos d'Hannibal Mansour Ghaki
débarqué en Sicile dont le rôle stratégique était pourtant évident ». Aux yeux de
Peddie le goût d'inachevé dans l'action d'Hannibal se répète ; en ne réussissant
pas à prendre Lilybaeum, Hannibal demeurait coupé de Carthage.
Conclusion
Les livres de Peddie et de Bagnall ont la particularité d'avoir été écrits par
des « non-historiens », militaires de surcroît ; ils donnent l’occasion de lire les
événements sous un angle autre.
Peddie, peut-être par déformation professionnelle, probablement parce
qu'il aime son métier, analyse les choses en militaire et en profite pour « régler
des comptes » aussi bien à certains historiens « de fauteuil », selon lui, qui se
mêlent de la chose militaire, qu'à des officiers qui se veulent historiens « des
généraux se prononcent sur les anciennes guerres sans réelle connaissance ».
Peddie se veut modeste et va jusqu'à solliciter l'indulgence du lecteur ; mais,
parti avec de bonnes intentions, il s'oublie parfois ; « Hannibal se retrouve à
l'extrême sud du pays alors que ses ressources commencent à manquer jouant
le rôle d'un leader de la guérilla, une sorte de Che Guevara…».
Bagnall, quant à lui, admire Hannibal qu'il qualifie de génie ; il est, malgré
tout, pro-romain et donne l'impression que la deuxième guerre entre Carthage
et Rome était perdue avec le commencement de ce qu'il appelle « les années de
déclin » c'est à dire dès 215 avant J.C.
L'un et l'autre tombent dans le piège de leur spécialité « la chose militaire » ;
il est facile de remonter les événements et de baser son analyse sur le résultat
final : la défaite de Zama ; faire de l'histoire à rebours fausse obligatoirement le
jugement. Le penchant pour la cause romaine rend l'opération encore plus dou-
teuse. Ceci dit, il est clair que ces deux livres ont leur place dans la riche biblio-
graphie relative à une période cruciale de l'histoire du berceau de l'humanité :
la Méditerranée.
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Hannibal's efforts in forming alliances, such as the attempted pact with Macedon and interactions with Italian cities, demonstrate his strategic focus on surrounding Rome with coordinated but independent operations. These moves showcased his adaptability and long-term vision for curbing Roman dominance. However, the failure of these alliances, due to logistical and diplomatic challenges, underscored his limitations in maintaining cohesive support against a resourceful and resilient Roman opponent. This complexity reflects both Hannibal's ambitious strategies and the practical barriers impeding their success .
Carthage's strategic decisions during the Punic Wars were influenced by socio-economic factors such as its reliance on mercantile wealth, geographic considerations, and political structures focused on maritime dominance. This reliance meant Carthage was dependent on maintaining trade routes and alliances, guiding its strategies in conflicts. Economic motivations, such as war indemnities and territorial stability, further dictated its military engagements. These factors collectively shaped Carthage's approach to its campaigns against Rome .
Hannibal's military strategies, marked by tactical innovations and daring maneuvers such as the crossing of the Alps and victories at major battles like Cannae, contributed significantly to his legacy. Despite his ultimate failure to secure a lasting victory for Carthage, his strategies highlighted his ambition for military and political balance in the Mediterranean. His legacy is deeply intertwined with his ability to lead Carthage through its most challenging military engagements, portraying him as a military genius though he was unable to secure a favorable outcome against Rome .
Studying Punic necropoleis in Cap Bon reveals challenges in linking funerary structures to urban and social networks due to gaps in textual and material evidence. Although necropoleis offer insights into funerary practices and cultural beliefs, the lack of direct connection to living settlements like Tafekhsit and others complicates understanding of how these communities interacted in daily life. These challenges highlight the discontinuities and the potential biases in archaeological interpretations, stressing the need for more comprehensive archaeological and textual analyses .
P. Cintas, as a pioneering archaeologist of Punic sites in Cap Bon, made several misattributions, such as assigning a painting to multiple tombs and incorrectly identifying the sites of tombs or their associated artifacts. These errors, potentially due to the delay between discovery and publication, led to confusion in the field. Despite these issues, Cintas's efforts were pioneering, setting a foundation for later research, but they emphasize the need for caution and careful re-evaluation in the study of Punic funerary architecture .
Punic funerary practices show influence from cultural exchanges, notably with eastern Mediterranean civilizations, as evidenced by the use of the Aeolic capital design rooted in Phoenico-Cypriot origins and depicted mausoleums that suggest Greek inspirations in iconography and construction. This cross-cultural integration is apparent in the diversity of tomb designs and the presence of symbolic iconographies like the city painted on walls, reflecting shared and adapted beliefs about the afterlife and cosmology across these intercultural interactions .
The necropolis of Kerkouane is unique as it connects the architectural elements designed for the dead with those intended for the living. The ongoing studies and monographs dedicated to this site aim to analyze each tomb, associated funerary items, and burial practices. This comprehensive study could reveal how urban planning and architectural elements of living spaces influenced or were influenced by funerary practices, offering an integrated view of how Punic civilization viewed life, death, and the afterlife .
The necropolis of Korba reveals significant iconographic elements, such as an image of a fortified city in the tomb of Djebel Melezza, which may represent the 'city of souls' in Punic beliefs. This imagery, found in multiple Korba tombs, supports hypotheses connecting funerary architecture and iconography to eschatological concepts like the journey of the soul. Discoveries like these enhance our understanding of the symbolic narrative surrounding the afterlife in Punic culture, suggesting sophisticated beliefs and rituals associated with death .
Phoenicians and Punians influenced Iberian architecture by introducing construction techniques and styles such as pillar walls originally from Punic domains and intricate stonework seen in defensive structures. These innovations include cyclopean and pseudoisodomous walls, the use of adobe with different dimensions, and unique burial constructions. This suggests significant cultural exchanges and adaptations by indigenous Iberian elites seeking prestige, highlighting a dynamic integration of Mediterranean architectural practices into local traditions .
The tomb at Ksar es-Sâad, identified as number 6, features a tripartite design with a quadrangular shaft and was entirely carved from rock. These elements reflect the standard Punic architectural style, demonstrating adaptations to local terrain and aesthetics. Such tombs reveal how different regions might exhibit distinct styles or functional choices within the broader context of Punic funerary traditions, highlighting both uniformity and localized expression in their mortuary architecture .