Module I: Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Fiche N° : 1
Séquence 1: Entrée dans l’œuvre
Fiche pédagogique
Activité : Travaux encadrés
Durée : 2h
Niveau : 2ème année bac
Compétence : Communiquer oralement et par écrit autour d’une œuvre et son contexte.
Capacités : -S’initier à la recherche et à la documentation.
-Rendre compte d’une recherche
Support : la recherche des élèves et l’œuvre en question.
Consigne : (donnée auparavant) : faites une recherche sur :
o Voltaire (sa biographie, ses idées, ses œuvres)
o Le siècle des lumières (ses caractéristiques)
o Le conte philosophique (sa visée) / le conte merveilleux
o Etude du paratexte de l’œuvre
Déroulement de l’activité
Les élèves seront répartis en groupe. Ils exposeront leurs recherches concernant les points de la
consigne. Le professeur note au tableau la bonne recherche concernant chaque point :
La biographie de voltaire :
Voltaire de son vrai nom : François Marie Arouet, dit Voltaire est un écrivain, philosophe et
dramaturge français. Il est né à Paris le 21 novembre 1694, où il meurt le 30 mai 1778. Il a étudié chez
les jésuites au collège Louis-le-Grand, fréquente les milieux libertins, brille dans les salons par son
esprit et son clairvoyance. En 1745, il est nommé historiographe du roi Louis XV. Elu en 1746 à
l’Académie Française. A l’époque son grand ennemi est la religion chrétienne et l’Église catholique.
Ses adversaires l’accuseront de saper les bases de la religion et par là même de la monarchie et de
favoriser la dépravation des mœurs/ exilé loin de Paris dans son château de Ferney, il prend, seul, la
défense des victimes de l’intolérance religieuse. Voltaire avait pour ambition de combattre
l’irrationalité, la superstition, l’intolérance et la tyrannie de la noblesse.
L’auteur de Candide a publié beaucoup d’œuvres parmi lesquelles : Œdipe, 1718. La Henriade,
1728. Lettres anglaises ou Lettres philosophiques, 1734. Zadig, 1747.Microméga, 1752. Candide ou
l’optimisme en 1759. L’ingénu, 1767. Traité sur la Tolérance, 1763.
Le siècle des lumières :
C’est un siècle de la passion des idées, les idées des philosophes envahissent tous les genres
littéraires. Ils luttent contre le pouvoir absolu, le fanatisme religieux, les guerres, et l’esclavagisme etc.
Ils examinent et renvoient toute l’organisation sociale et politique de l’époque. Le maître mot de ce
siècle est le mot RAISON. Il s’agit d’une remise en question de la religion, des superstitions….. Un
idéal de paix et la lutte contre les préjugés. La France est influencée par l’Angleterre: les philosophes
admirent le système parlementaire anglais. Le siècle des Lumières tire son nom du mouvement
intellectuel, culturel et scientifique aux multiples manifestations connues sous le nom de Lumières.
Les philosophes du XVIII° : Sont des écrivains qui ont mis, avec optimisme, leur plume au
service des "Lumières" contre l'obscurantisme, en particulier dans les domaines de la morale, de la
politique et de la religion
Préoccupés du bonheur et du bien-être des hommes, soucieux de s'inscrire dans la réalité de leur
temps, ils se sont battus avec les armes de l'observation scientifique, de l'esprit critique, de la
logique et de la Raison contre les préjugés, les explications surnaturelles, les superstitions et
toutes les formes de fanatisme, d'oppression et de persécution, ont œuvré, par l'audace de leurs
écrits, pour le progrès de la civilisation, la liberté de conscience et d'expression et ont défendu les
valeurs d'humanité, d'égalité et de fraternité..
La lumière est "ce qui éclaire l'esprit dans la recherche de la vérité" (Grand Larousse de la langue
française).
Le conte philosophique : (sa visée)
Le genre du conte philosophique date du XVIIIème siècle. Il s’agit d’un récit fictif, et plaisant, qui
emprunte des traits aux contes et romans traditionnels. Il est produit par l’auteur dans le but de peindre
une critique de la société. Voltaire faisait du conte philosophique une arme efficace dans son engagement
contre les injustices.
Etude du paratexte (Collection Poche Al-ouma).
Définition : Le paratexte est l’ensemble des discours de commentaire ou de présentation qui
accompagnent une œuvre. C’est un message scripto-visuel (photo+titre)
La première page de la couverture :
Le nom de l’écrivain : écrit en rouge.
Le titre du conte philosophique.
Une image : présentant plusieurs femmes et hommes de l’époque de Voltaire, qui regardent tous un
homme debout sur une chaise et indique quelque chose avec sa main.
La maison d’édition : Collection Poche Al-Ouma.
La quatrième page de la couverture :
A nouveau le nom de l’écrivain et le titre du conte philosophique.
Un petit texte qui présente le conte.
Le nom de la maison d’édition, son adresse, numéro de téléphone, e-mail.
Module I: Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 2 : Etude de l’incipit
Fiche N° : 1
Fiche pédagogique
Activité : de lecture
Durée : 1h
Niveau : 2emè année du baccalauréat.
Compétence : Etudier l’un des procédés d’écriture : l’ironie.
Capacités : - Appréhender la fonction programmatrice de l’incipit.
- Relever la situation initiale et identifier l’un des procédés d’écriture
voltairien : l’ironie.
Support : Extrait N° 1, allant de: « Il y avait en Westphalie, … par conséquent de toute la
terre.» pp : 39/40. chapitre I, de Candide.
Le déroulement de la leçon
Indications consignes Tâches
pédagogiques
1- Après la lecture magistrale :
Identification - Dégagez la situation d’énonciation. - Qui parle ? à qui ?de quoi ?
et situation où ?quand ?....
du passage :
La situation initiale (situation
d’équilibre) :
- Où se situe ce passage ? -Au début de l’œuvre : l’incipit
- Quelle est l’expression qui ouvre l’incipit ? -« Il y avait » qui rappelle le
début du conte de fée : il était
une fois….
- Quel est le genre de cet extrait ? -conte
- Quels sont les temps verbaux dominants ? _PS, Imparfait, Plus que parfait
- De quel type de texte s’agit-il ? _Texte narratif//descriptif.
-Relevez : (la situation initiale) -Le château de la
- Le lieu de l’action Westphalie(Allemagne).
- Le temps -Le contexte temporel est
- Les personnages (seuls Candide, Cunégonde indéfini contrairement au
et Pangloss ont un prénom, on dévoile leur contexte spatial
identité, leur état d’esprit : Candide naïf, -Candide, Pangloss, Cunégonde
Pangloss est sage) et son frère, le baron, la
- Quel est le ton dominant dans ce passage ? baronne.
Mise en situation : _Le ton ironique jalonne le
Le texte est extrait de l’incipit de texte tout entier.
Candide. Voltaire dans ce passage utilise
plusieurs procédés argumentatifs pour
caricaturer le château, considéré comme l’Eden
aux yeux des gens et entame le débat sur
l’optimisme. Il s’agit en fait d’une satire sociale
et philosophique.
2- Hypothèse
Comment se manifeste la satire chez voltaire dans ce passage ?
de lecture :
1-Les formes de l’ironie :
1- Critique du lieu : C’est le pays de Leibniz (principal
- Pourquoi choisir l’Allemagne comme théoricien de l’optimisme que
décor ? combat Voltaire.)
- Quelle est la motivation de choisir la
La Westphalie est la province la plus
Westphalie comme lieu de l’action ?
pauvre de la Prusse(Allemagne), or
les gens y compris Candide la
prennent comme un idéal « le
château de mon seigneur était le
plus beau des châteaux. »
2- La satire des personnages : Laideur, embonpoint (350 livres = 150 kg)
Comment décrit-on les personnages ?
mais qui s’attirait grâce à son obésité
3- Axes de - La baronne :
lecture : une considération incroyable.
Il s’agit ici d’une manière détournée
- Le baron : de dévaloriser le baron puisqu’il
Que reflètent ces citations ? s’agit d’une fausse explication basée
« Monsieur le baron était un des plus sur l’évidence: rien ne distingue ce
puissants seigneur de la Westphalie car château des autres habitations.
son château avait une porte des
fenêtres. » Les domestiques ont plusieurs
emplois dans le château ce qui
contredit la puissance du baron qui
« Ses palefreniers étaient aussi ses n’apparaît qu’à travers leurs discours
piqueurs, […] ils l’appelaient tous flatteur. En plus, le baron ne sait
monseigneur, et ils riaient quand il parler, son discours provoque leur
faisait des contes. » rire car il est sans fondements.
Parmi les signes de la beauté à cette
époque c’est la pâleur et la
blancheur contrairement au teint de
Cunégonde.
-Cunégonde : « … haute en couleur,
fraiche, grasse, appétissante.)
Le château, la grande salle ≠ simples
ornements de tapisseries
Meute, piqueurs ≠ chiens de basse-
cours
Grand aumônier ≠ palefrenier,
vicaire.
3-La satire de la société et des préjugés : un honnête homme est refusé
Voltaire oppose l’excès de la richesse à comme époux car il n’est pas allé
la basse réalité : jusqu’au bout de son arbre
- La critique des préjugés : généalogique.
Il le présente comme adepte
caricatural de la philosophie de
Leibniz : l’optimisme, absurde et
- La critique de la philosophie optimiste : ridicule, d’où la naïveté de Candide
- Comment Voltaire présente-t-il qui « écoutait attentivement et
Pangloss ? croyait innocemment »
« les nez ont été fait pour porter des
lunettes, … les cochons étant faits pour Il incarne la philosophie de Leibnitz,
être mangés. » celle de l’optimisme et les
4-la critique de la philosophie raisonnements absurdes de Pangloss
optimiste : sert à la discréditer.
Comment Voltaire présente-t-il Le personnage est tourné en dérision.
pangloss ?
Pangloss = toute langue ou « l’oracle »
de la famille. Il parle tout le temps (au
lieu d’agir).
4. Synthèse : Inciter les élèves à faire une Dans ce passage, l’auteur présente le
récapitulation : cadre spatiotemporel où se
dérouleront les événements de son
Faire lire la synthèse conte. La satire se manifeste par
Recopier la synthèse. l’ironie qui met en relief les opinions
de Voltaire à propos de :
- La philosophie leibnizienne
- La société et les préjugés de son
époque.
Ce mélange traduit par l’amalgame de
la fiction et de la réalité nous
renseigne sur la spécificité du conte
philosophique voltairien.
Lexique :
La satire : Écrit, discours qui s'attaque à qqch., à qqn, en s'en moquant
Ironie : Manière de se moquer (de qqn ou de qqch.) en disant le contraire de ce qu'on veut faire
entendre.
Module I: Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 2: Etude de l’incipit
Fiche N° : 2
Fiche pédagogique
Les procédés de l’ironie
Activité : de langue.
Durée : 1h
Niveau : 2ème année du baccalauréat
Compétence : Etudier les procédés de l’ironie
Capacités : Identifier et reconnaître les différents procédés au service de l’ironie.
Démarche : cours dialogué
Support : Corpus tiré du chapitre I et IV de Candide.
Déroulement de l’activité
Phase préparatoire : Rappel sur l’activité de lecture.
I. Phase d’observation :
Observez les énoncés suivants extraits de Candide:
1. « Monsieur le baron était un des plus puissants seigneurs de la Westphalie, car
son château avait une porte et des fenêtres.»
2. «les trompettes, les fifres, les tambours, les canons formaient une harmonie.»
3. « Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. »
4. « Pangloss est le plus grand philosophe de la Province et par conséquence de
toute
la terre.
5. «Candide se cacha du mieux qu’il put pendant cette boucherie héroïque. »
6. «Les canons renversaient six mille hommes … » (renversaient remplace tuaient
pour euphémisme).
Tâches à accomplir par les élèves :
Lire les phrases.
Déterminer les figures du style contenues chaque phrase.
Préciser l’intention du narrateur à travers ces phrases.
II. Phase de conceptualisation : (Les élèves sont amenés à dire ce qu’ils ont
observé.)
L’ironie est une manière de se moquer (de qqn ou de qqch.) en disant le contraire
de
ce qu'on veut faire entendre.
phrases Le procédé Construction
1 Faux rapport Un mot de liaison établie une relation de cause à effet entre deux notions qui
logique n’ont pas de liens véritables entre elles.
2 l’antithèse Elle met en construction syntaxique parallèle des éléments antonymes pour
mettre en valeur ce qui les opposent.
3 l’antiphrase Elle consiste à dire le contraire de ce que l’on veut faire comprendre.
4 l’hyperbole C’est une forme d’exagération qui aboutit à déprécier le sens des mots.
5 l’oxymore C’est l’alliance de deux mots contradictoires.
6 la périphrase C’est une satire qui consiste à remplacer un mot précis par une expression
équivalente, ici dévalorisante.
Voltaire utilise ces figures du style pour exprimer l’ironie, pour ridiculiser ces
personnages nobles.
III. Phase d’appropriation :
Lire oralement ces phrases et demander aux élèves de préciser les figures de
style qui expriment l’ironie.
« Madame la baronne qui pesait environ 350 livres s’attirait par là une très
grande considération. » Elle consiste à établir une fausse relation.
C’est du joli ! c’est du propre ! l'antiphrase : Elle exprime une idée par son
contraire dans une intention ironique
Le Roi de ces gens-là n’a pas moins de défauts que ses sujets. (la Fontaine) la
litote : Elle dit le moins pour suggérer le plus.
« Le précepteur Pangloss était- l’oracle de la maison. » l'hyperbole : Elle
amplifie les termes d’un énoncé afin de mettre en valeur un objet ou une idée.
Je ne dis pas que tu es stupide. la prétérition : Elle consiste à déclarer quel
l’on ne veut pas parler d’un sujet, tout en en parlant néanmoins.
IV. Phase d’application :
Exercice 1 : Faites le relevé des figures de style et leur fonction dans les phrases
suivantes (Faire l’exercice et le corriger sur le tableau)
J’aime la saison des parfums et des roses. (printemps)
« Les nez ont été faits pour porter des lunettes. »
Un responsable s’adressant à l’équipe qui vient de perdre le match (4\0) :
« Quelle belle victoire ! »
En plus du mensonge, elle a d’autres belles qualités.
Un parc et des allées fort calmes, où les uns ne font que passer et d’autres
se reposent longtemps. (cimetière)
Exercice 2 : Demander aux élèves de produire oralement des phrases exprimant
l’ironie.
Module I : Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 2: Etude de l’incipit
Fiche N° : 3
Fiche pédagogique
Débat
Activité : orale.
Durée : 1heure
Niveau : 2ème année du baccalauréat
Compétence : Développer la compétence de discourir et d’argumenter.
Capacités : Exprimer son point de vue et argumenter pour appuyer son opinion.
Déroulement de l’activité
I. Compréhension de la consigne:
o Annoncer le projet de la séance :
o Faire lire le sujet et expliquer les mots clés
Sujet : À Thunder-ten-tronckh, on donne aux nobles des privilèges que ne justifient ni leurs mérites ni
leur travail. Ainsi, Candide, parce qu’il n’est qu’un bâtard, se trouve au rang des serviteurs du baron et
se verra refuser la main de Cunégonde. La valeur d’un homme est elle relative à son statut social ?
Discutez?
II. Déclenchement de la discussion :
Questions directives :
Pourquoi Candide ne mérite-t-il pas Cunégonde ?
Quel est le statut de Candide dans le système féodal ?
Y a- t- il une injustice dans cette situation ? Pourquoi ?
Cette discrimination existe-t-elle à notre époque ? justifiez ?
La valeur de l’homme est-elle liée à sa richesse ?
Quels sont les facteurs responsables de transcender certaines personnes au détriment des
autres ?
Laisser les élèves s’exprimer ouvertement tout en rectifiant les erreurs de style et de
prononciation.
III. Traces écrites :
Personne ne peut nier que ce système féodal reste absurde et injuste envers
certaines personnes déshéritées. Aujourd’hui, les mentalités ont bien changé et l’on
constate avec beaucoup de fierté et de réjouissance cette conception nouvelle qui a brisée
tous ses préjugés : un homme vaut bien par sa qualité, son travail, ses compétences, sa
richesse d’esprit que par celle de sa poche.
Module I : Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 2: Etude de l’incipit de
Niveau : 2ème année bac
Activité : Production écrite
Objectif : Produire un texte à tonalité ironique.
Durée : 1H
Déroulement de la leçon
Sujet :
Rédiger un texte dans lequel vous critiquez, en utilisant les procédés de l’ironie,
quelques défauts dans notre société. Exemples : rapports conflictuels, le chômage, la
corruption, les inégalités sociales….etc.
I. Présentation et explication du sujet :
1. Lecture du sujet :
Lecture individuelle des apprenants.
2. Souligner les mots clés :
Amener les élèves à souligner les mots clés du sujet :
Critiquez, les procédés de l’ironie, défauts, rapports conflictuels, le
chômage, corruption, les inégalités sociales.
3. Définir les concepts clés :
Les procédés de l’ironie : Antithèse, antiphrase, hyperbole, oxymore et la
périphrase.
Rapports conflictuels : Crise relationnelle, conflit de générations, lutte des classes.
Corruption : acceptation d’un don illicite, incitation à agir contre le devoir.
II. Elaboration du plan :
Travail en groupe.
Tâche 1 :
Les élèves proposent les idées qui doivent figurer dans les trois étapes de leurs
productions : introduction, développement et conclusion
III. Phase de rédaction :
Tâche 2 :
Les élèves développent leurs réflexions à l’aide du plan élaboré.
L’enseignant incite les élèves à :
Utiliser des connecteurs logiques.
Donner des phrases simples et claires.
L’enseignant note la meilleure production sur le tableau.
IV. Phase d’affinement :
Tâche3 :
Les élèves affinent le texte obtenu en évitant les répétitions et les imperfections de
syntaxe.
V. Trace écrite : Les élèves recopient le texte obtenu sur leurs cahiers.
Module I: Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 3 :
Fiche N° : 1
Fiche pédagogique
Activité : de lecture
Durée : 1h
Niveau : 2emè année du baccalauréat
Compétence : Etudier les procédés d’écriture Voltairien.
Capacités : -Relever, identifier le champ lexical de la guerre.
- Saisir l’intention du narrateur
Support : Extrait N° 2 : « Rien n’était si beau, … les beaux yeux de Cunégonde.»
Candide, Voltaire : chapitre 3, p : 48 /49
Déroulement de l’activité
I. Identification du texte :
Qui parle dans ce texte ? le narrateur,
Quel est son genre ? un conte philosophique
Quels sont les temps verbaux dominants ? temps classiques du récit :
alternance de passé simple et d’imparfait descriptif
Le lieu de l’action ? le champ de la bataille
Quel est le ton dominant dans ce passage ? le ton ironique+pathétique
De qu’elle focalisation il s’agit dans ce texte ? focalisation zéro
Situez le passage ? (pour situer un passage on se sert de deux éléments : le passage
précédent et l’extrait en question)
II. Mise en situation :
Après avoir été chassé du paradis de Thunder-ten-tronckh, candide est
enrôlé dans l’armée bulgare. Dans cet extrait Candide assiste à une bataille à
laquelle il ne comprend rien.
III. Hypothèses de lecture :
Dénonciation de l’horreur et de l’absurdité de la guerre sur un ton ironique.
Candide l’anti-héros.
IV. Etude des axes de lecture :
1- Une vision particulière de la guerre : (L’aspect esthétique)
La guerre est présentée de façon inattendue : l'accent est mis sur son aspect
esthétique au début du passage.
On remarque quatre adjectifs élogieux intensifiés par : (beau, lest, brillant, ordonné)
L’émerveillement de Candide face à la guerre (si) : marque l’intensité →
pour Candide la guerre est belle et joyeuse. C'est un véritable spectacle, à rapprocher
d'un tableau. De même, il y a un accompagnement musical : insistance sur
« l'harmonie ».
La description très réaliste de la guerre et de ses conséquences devrait
suffire à la rendre condamnable. Voltaire la montre ironiquement comme un
spectacle :
Champ lexical du spectacle, conception théâtrale de la guerre:
« héroïque », puis il décrit de façon très réaliste ses conséquences avec les
massacres de civils ; il évoque également la complicité de la religion : « Te
Deum ».
o La vision optimiste da la guerre
2- La dénonciation de l’inutilité de la guerre : (Les images de la « boucherie »)
Voltaire fait ici voir les évènements à travers les yeux de Candide, qui
découvre les effets de la « boucherie héroïque » en passant dans un village qui a
été détruit et dont les habitants ont été massacrés; l'horreur de la guerre est vue de
façon très réaliste, et l'écriture change: changement de temps du passé simple à
l'imparfait, temps de la description; le regard de Candide se développe.
La diversité des victimes :
Toutes les victimes sont répertoriées: femmes, enfants, vieillards. Une description d'un
réalisme très cru montre l'ampleur des massacres:
Le champ lexical de la violence
criblés de coups, égorgées, éventrées, brûlées, bras et jambes coupés, cervelles
répandues sur terre…
Ce champ lexical est diversifié, il désigne les actes meurtriers des soldats. Le
narrateur précise des détails horribles, suggère la souffrance des agonisants, et
montre qu'il s'agit de familles entières. Ce tableau montre clairement l’absurdité
et l’horreur d’une guerre injuste.
En effet, Voltaire et pour accentuer l’horreur de la guerre, il a fait usage de certains procédés de
l’ironie à savoir les figures de style :
Figures de style Type
1.« les canons formaient une harmonie » - Antithèse
2.« les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes de chaque - Euphémisme
côté »
3.« Candide tremblait comme un philosophe » -Comparaison
4.« la mousqueterie ôta environ neuf à dix mille coquins » - Euphémisme
5.« cette boucherie héroïque » - Oxymore
6.« les trompettes, les fifres, les hauts-bois, les tambours, les canons. - Enumération
1. Les pérégrinations de Candide, l’anti-héros : (il est spectateur et non
acteur)
Il a les deux attitudes anti-héroïques par excellence :
il se cache (1er parag),
il fuit dans (2ème et 3ème parag)
Il n’éprouve aucune émotion, aucun sentiment à propos du spectacle qu’il voit
et du carnage auquel il assiste. Voltaire discrédite ironiquement Candide:
« tremblait comme un philosophe »; il discrédite sérieusement son aveuglement,
car au milieu des massacres: « et n'oubliant jamais Mlle. Cunégonde ».
Il est très égocentrique (petites provision, son bissac, son souvenir de
Cunégonde) face aux milliers de morts et de mourants dans une horreur absolue ;
ce contraste fait ressortir davantage l’absurdité d’une guerre, dont on ne connaîtra
jamais les causes mais seulement les effets, identiques dans les deux camps.
V. Synthèse :
Dans cet extrait l’auteur dénoncer l’absurdité et l’horreur de la guerre, qu’elles
soient les raisons, il n’y a pas de guerre juste, ni justifiable. Pour cela Voltaire recourt à
son arme favorite à savoir l’ironie pour critiquer l’horreur de la guerre et l’optimisme de
Leibniz.
Module : Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 3
Fiche N° : 2
Fiche pédagogique
Activité : de langue : Les formes de la satire
Durée : 1h
Niveau : 2ème année du baccalauréat
Compétence : Etudier certains formes satiriques.
Capacités : -Reconnaître les formes de la satire dans un conte philosophique.
Support : corpus tiré de Candide, François Marie Arouet dit Voltaire
Déroulement de l’activité
Rappel : le cours de l’activité de lecture
I. Phase d’observation :
Tâches à accomplir :
Ecrire le corpus sur le tableau.
Demander aux élèves de lire les phrases.
Expliquer les mots difficiles.
- Quelle est l’intention du narrateur dans ces phrases
- Quel ton prennent-elles ? humoristique, comique, ironique ou Satirique.
1. « On enterre monsieur dans une belle église, et on jette Issachar à la voirie »
chap IX humour noir
2. « Pangloss le plus grand philosophe de la province, et par conséquent de toute la terre »
chap I le comique
3. « les sages du pays n’avaient pas trouvé un moyen plus efficace pour prévenir une ruine
totale que de donner au peuple un bel autodafé »chap VI ironie
4. « les deux rois faisaient chanter des Te Deum, chacun dans son camp »
chap III satire
II. Phase de conceptualisation :
Tableau récapitulatif :
Formes de satire Analyses
1. « On enterre monsieur dans une belle église, et on jette Le lecteur est frappé par la différence entre le
Issachar à la voirie » chap 9 sort des deux hommes : l’un reçoit une
l’humour noir : est une forme d’humour qui souligne avec cérémonie splendide, l’autre est privé : c’est que
cruauté, amertume et parfois désespoir l’absurdité du monde. l’un est chrétien l’autre est juif : l’intolérance des
Jésuites va jusqu’à maltraiter les morts, les gens
qui ne partagent pas leur croyance.
2. « Pangloss le plus grand philosophe de la province, et par Voltaire dans cette phrase rapporte cette opinion
conséquent de toute la terre » chap 1 sans la commenter, mais le lecteur sourit de
le comique : une forme d'esprit railleuse qui s'attache à naïveté du héros, dont l’admiration exagérée
vient de l’ignorance du monde.
souligner le caractère comique et ridicule de certains aspects de
la réalité.
3. « les sages du pays n’avaient pas trouvé un moyen plus L’ironie ici prend la forme de l’antiphrase, les
efficace pour prévenir une ruine totale que de donner au mots (sages, efficace et bel) qui sont à prendre
peuple un bel autodafé » chap 6 dans le sens contraire → le lecteur perçoit entre
eux et la réalité un désaccord qui accentue la
l’ironie : L’ironie désigne un décalage entre le discours et la
réalité de l’inquisition.
réalité.
4. « les deux rois faisaient chanter des Te Deum, chacun dans Te Deum est un chant de grâces destinées à
son camp » remercie Dieu pour son aide au combat. Les
deux rois le font chacun dans leur camp →
la satire : est un écrit ou un discours piquant qui raille (se chacun se croit victorieux. Pour Voltaire Dieu
moque) des mœurs et des modes d’une époque. n’intervient pas dans les guerres des hommes.
une satire virulente à l’église qui bénit les
massacres.
III. Phase d’appropriation:
Exercice 1 : Faites le relevé des formes de la satire dans les phrases suivantes :
a. « Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs femmes
égorgées, qui tenaient leurs enfants à leurs mamelles sanglantes ; là des filles
éventrées après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros ».
b. « Pangloss enseignait la métaphysico-théologo-cosmolonigologie. »
c. Elle est tellement généreuse qu’elle ne lui a même pas proposé à boire.
d. « Le fils du baron paraissait en tout digne de son père »
e. « Candide tremblait comme un philosophe »
Correction :
a. Humour noir : Voltaire suscite aussi le rire du lecteur pour qu’il condamne les faits.
b. Comique : cette expression relève du comique. l’adjectif « nigaud » ruine le sérieux et
fiabilité de Pangloss, qui s’entête dans ses erreurs malgré les évidences.(vérités)
c. Ironie : l’expression relève de l’ironie parce qu’une personne généreuse pourtant elle est
avare
d. Satire : dans cette phrase l’adjectif digne ne veut dire que le fils avait la même dignité que
son père, mais qu’il avait les mêmes défauts que lui.
e. Comique : Voltaire se moque de son héros et même de lui-même.
Module : Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 3
Fiche n° : 3
Fiche pédagogique
Débat
Activité : orale.
Durée : 1heure
Niveau : 2ème année du baccalauréat
Compétence : Débattre un thème en rapport avec l’œuvre étudiée.
Capacités : Elaborer des arguments pertinents pour appuyer son point de vue.
Déroulement de l’activité
Sujet : «Certaines personnes pensent que la violence est la seule solution pour arriver à
leurs objectifs. Que pensez-vous ? ».
I. Compréhension de la consigne:
o Annoncer le projet de la séance :
o Faire lire le sujet et expliquer les mots clés
Questions directives : Diriger et orienter la discussion à travers des questions simples.
II. Déclenchement de la discussion :
Laisser les élèves s’exprimer ouvertement tout en rectifiant les erreurs de
style et prononciation.
Qu’est-ce que la violence ? Le mot violence vient du latin « vis » qui désigne
d'abord la force, La violence est synonyme d’agressivité. La violence consiste
à agir sur quelqu’un ou à le forcer, contre sa volonté, en utilisant la force
physique ou psychique.
Quels sont les types de la violence que vous connaissez ?
A quoi sert la violence à votre avis ? La violence est un moyen d’obtenir
quelque chose qui nous échapperait. C’est un moyen d’arriver à nos fins.
Est-ce que la violence est un comportement humain inné ou acquis ?
La violence est-elle un moyen pour se défendre ?
Les personnes violentes sont-elles des personnes malades ?
Quels sont les différents aspects de la violence ?
Quelles sont les causes de la violence ?
Avez- vous été victime de violence ?
Quel est l’aspect de cette violence ?
Quelle en est la cause ?
On distingue plusieurs types de violence :
1. violence entre personnes (interpersonnelles) : comportements employant la force:
physique (coups, viol, torture...),
verbale et psychologiques (injures, harcèlement, privation de droits ou liberté,
abus de pouvoir...) ; Ces comportements peuvent être conscients ou non ;
Cette catégorie inclue la violence entre sexe ou de parent à enfant, d'adulte à
enfant ou handicapé…
2. violence d’État : Les États pratiquent souvent la violence pour exécuter les décisions
de justice, assurer l'ordre public.
3. violence politique : La violence politique regroupe tous les actes violents que leurs
auteurs légitiment au nom d'un objectif politique (révolution, résistance à
l'oppression, droit à l'insurrection (émeute, soulèvement), tyrannicide.
4. Violence symbolique : C'est notamment la thèse de Pierre Bourdieu, qui désigne
plusieurs sortes de violences : verbale
5. Violence naturelle : C'est la violence des forces de la nature ; des tempêtes,
inondations, tremblements de terre, incendies de forêt, tsunamis et autres catastrophes
naturelles.
III. Traces écrites : (synthèse orale des élèves)
La violence est un phénomène fréquent dans notre société, elle désigne
d'abord la force ; à laquelle certaines personnes recourent pour atteindre leurs
buts. Elle consiste dans la plupart des cas d’agir sur quelqu’un contre sa
volonté, on peut distinguer dans cette dernière entre la violence physique et la
violence verbale (psychique).
Module : Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 3
Fiche N° : 4
Fiche pédagogique
Activité : de production écrite
Durée : 1heure
Niveau : 2ème année du baccalauréat
Compétence : Rédiger un texte de réflexion en rapport avec l’œuvre étudiée.
Capacités : Argumenter en élaborant son point de vue.
Déroulement de l’activité
Sujet : La Guerre c'est la victoire de la mort, elle est toujours sale, c’est un fléau qui
continue de ravager la vie des êtres humains et causer des dégâts énormes. Rédigez un
texte argumentatif dans lequel vous montrez le côté néfaste de la guerre, en donnant
votre point de vue.
I. Phase orale :
Ecrire l’énoncé au tableau
Lecture magistrale du sujet puis lecture de deux élèves
Explication du sujet et des mots difficiles.
Demander aux élèves de repérer les mots clés : guerre, ravager, gens,
dégâts, néfaste….
Aider les élèves par le moyen du questionnement à déterminer le type de
sujet
II. Elaboration du plan :
Les élèves proposent les idées qui doivent figurer dans les trois étapes de leurs
productions : introduction, développement et conclusion
Introduction : présentation de sujet, poser le problème et annoncer le plan.
définir la guerre
Développement : les causes de la guerre : politiques, économiques, psychiques
et morales, les conséquences : les dégâts matériels, humains, sociaux
Conclusion : synthèse - point de vue personnel- ouverture sur un autre sujet.
III. Phase de rédaction :
Les élèves développent leurs réflexions à l’aide du plan élaboré.
Je propose un travail de binôme.
Circuler dans les rangs pour aider les élèves.
Les inciter à utiliser des connecteurs logiques.
Donner des phrases simples et claires.
o Propositions des élèves pour chaque point
o Ecriture des meilleures propositions au tableau
Affinement :
Eviter les répétitions, supprimer les ajouts, ajuster un élément…
Inviter les élèves à lire le nouveau texte
IV. Traces écrites :
La guerre se présente souvent comme un conflit armé opposant au moins
deux groupes militaires. Il s’agit dans la plupart des situations du recours à la force
pour dénouer une situation conflictuelle entre deux ou plusieurs groupes. Personne
ne peut nier l’atrocité de ce phénomène, que par sa sauvagerie arrive à détruire toute
une nation. Delà comment peut-on remédier à ce fléau, et quelles sont les causes et
les conséquences de ce dernier ?
En effet, la guerre est une réalité choquante que nous connaissons
malheureusement. C’est ce que nous voyons quotidiennement à travers nos chaînes.
Parler de la guerre nous mène à évoquer certaines raisons qui poussent des pays dans
des conflits, des combats parfois insensés et irraisonnables. Ceci nous poussera de
réfléchir sur ce que pourrait être les causes d’une guerre. Cependant, s’interroger sur
les causes des guerres revient d’abord à poser la question de la nature fondamentale
de l’homme, bon ou mauvais ? L’une des principales raisons des guerres est en effet
le combat pour le territoire, que chaque pays défend et qu’il juge lui revenir par des
raisons politiques ou autres c’est le cas épineux de la guerre israélo-palestinien.
Alors une guerre juste consiste dans la plupart des cas d’instaurer et d’imposer les
droits humains, mais malheureusement ces derniers se trouvent bafoués par certains
régimes.
D’ordinaire, évoquer les causes de la guerre nous mènera à tirer au clair
certaines conséquences et résultats néfastes de ce fléau destructif. En effet, l’impact
de chaque guerre dépendra des fins visées: par exemple l’attaque des champs
pétroliers pourrait provoquer d’immenses incendies. L’utilisation des armes
nucléaires sur le champ de bataille entraînerait certainement une vaste contamination
qui pourrait s'étendre à l'ensemble du pays, alors que les armes chimiques eux aussi
ont la capacité de provoquer un grand nombre de décès chez les êtres humains, est
c’est ce qu’on voit dans la barbarie des bombardements Israéliens sur les civils
Palestiniens. Cela entraîne sans doute un effondrement total de la société et de toute
l’humanité.
Module I: Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 4
Fiche N° : 1
Fiche pédagogique
Activité : de lecture
Durée : 1h
Niveau : 2emè année du baccalauréat
Compétence : Saisir l’intention du l’auteur (pourquoi écrire ?).
Capacité : Identifier la satire de l’inquisition dans le récit de l’autodafé.
Démarche : Lecture méthodique
Support : Extrait N° 3 allant de: « après le tremblement, …prenez courage, suivez-moi.»
Candide, Voltaire : chapitre VI, p : 61 /62
Déroulement de l’activité
Les prérequis :
Lire le texte à la maison
Expliquer les termes difficiles
I. Identification du texte:
1. Identifiez le genre et le type du texte ?
Genre : Extrait d’un conte philosophique.
Type : Narratif/descriptif.
2. Où se passe la scène ? – A Lisbonne.
3. Quand ?- Après le tremblement de terre.
4. Quel est l’événement ?- Un autodafé.
5. Qui en sont les instigateurs ?- Les « sages du pays », « l’université de Coïmbre ».
6. Pourquoi ?- (pour prévenir une ruine) Pour empêcher la terre de trembler de nouveau.
7. Comment ? en condamnant quelques personnes
II. Mise en situation :
Cet extrait est tiré du chapitre VI, de Candide de Voltaire. Après le terrible
tremblement de terre de Lisbonne. Le héros se retrouve à la prise de l’inquisition. Il
s’agit de la cérémonie de l’autodafé dont Candide et Pangloss sont les victimes.
III. Hypothèses de lecture :
L’autodafé, une condamnation injuste?
Une satire de l’Inquisition, et la dénonciation des superstitions.
IV. Etude des axes de lecture :
1. Les raisons de l’organisation de l’autodafé : Une satire virulente de la religion.
De quoi sont accusés les personnages condamnés ?
-Le Biscayen pour avoir épousé sa commère,
-les deux portugais pour avoir enlevé le lard au poulet avant d’en manger,
-le philosophe Pangloss pour avoir tenu un discours et son disciple Candide
pour l’avoir écouté.
A quoi furent condamnés ces personnages ?
Le biscayen et les portugais à être brulés
Pangloss à être pendu
Candide à être fessé
Les raisons futiles de la condamnation des victimes :
La cérémonie/spectacle :
a. La chute en une seule phrase : « le même jour la terre trembla avec un fracas
épouvantable ». Cette chute met en valeur l’inefficacité de la cérémonie
(l’autodafé).
Conclusion partielle : Voltaire cherche à mettre le lecteur dans une situation de
spectateur et de juge, en insistant sur l’absurdité de cette cérémonie religieuse.
2. La cruauté de l’inquisition et sa futilité : L’ironie de Voltaire et la remise en
question de la philosophie Leibnizienne.
Pour souligner l’absurdité des prétextes de l’inquisition Voltaire se sert d’un ensemble de
procédés :
La périphrase par rapport à l’autodafé « spectacle de quelques personnes brûlées à
petit feu ».
L’antithèse « spectacle » (amusement) et « brûlées à petit feu » (horreur)
L’oxymore « bel/ autodafé » Ironie. Pour tourner l’Inquisition en dérision.
Gradation dans les châtiments : « fessé », « brûlés », « pendu ».
Le faux rapport de cause à effet entre le tremblement de terre et les motifs
d’accusation des victimes
L’ironie : « le même jour, la terre trembla de nouveau… »
Thèmes Champs lexicaux Connotations
Le châtiment « lier », « fessé en cadence », « brûlés », « brûlées à petit La cruauté de l’inquisition
feu ».
La religion ou « auto-da-fé », « procession », « sermon », « musique en Le désaccord avec la foi
des rites faux-bourdon »,
A travers ce texte Voltaire dénonce :
a. le fanatisme et l’intolérance par :
l’arbitraire des arrestations
l’horreur des châtiments
b. la superstition en montrant que les gens pensent que l’autodafé va empêcher un
éventuel tremblement de terre.
A travers son arme favorite à savoir l’ironie, Voltaire souligne la cruauté et l’absurdité
de l’inquisition, et souligne la déficience de la philosophie Leibnizienne.
V. Traces écrites :
Voltaire met dans ce passage sa fantaisie au service d’une violente satire de
l’Inquisition, par les moyens de l’humour et de l’ironie. Le texte s’inscrit dans le combat
mené par Voltaire et les philosophes des lumières contre l’obscurantisme de l’époque.
Module : Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 4:
Fiche N° : 2
Fiche pédagogique
Le registre pathétique
Activité : de langue.
Durée : 1h
Niveau : 2ème année du baccalauréat
Compétence : Étudier le registre pathétique et sa tonalité.
Capacités : Identifier, repérer le registre pathétique et savoir le but de son emploi.
Support : Corpus tiré des chapitres : V, VI, XIX de Candide
Déroulement de l’activité
V. Phase d’observation :
Ecrire au tableau les phrases suivantes : (tirées du chapitre)
Lire l’énoncé écrit sur le tableau :
1. la moitié des passagers affaiblis, expirants de ces angoisses
inconcevables.
2. l’autre moitié jetait des cris et faisaient des prières.
3. Candide, épouvanté, interdit, éperdu, tout sanglant, tout palpitant :
« Si c’est ici le meilleur des mondes possibles, que sont donc les autres ?
Passe encore si je n’étais que fessé, je l’ai été chez le Bulgares ; Ô mon
cher Pangloss ! … vous ait fendu le ventre !
4. Il s’en retournait, se soutenant à peine, prêcher, fessé, absous et béni.
Tâches à accomplir par les élèves :
- Lire les phrases.
- La compréhension des phrases.
- Repérage et identification.
VI. Phase de conceptualisation :
Les élèves sont amenés à dire ce qu’ils ont observé.
a. Quel est le sentiment qu’on ressent envers les personnages de ce passage ? Un
sentiment de compassion et de pitié.
b. Qui nous a poussés à ressentir cela ? La tonalité dégagée des énoncés.
Donc, c’est la tonalité du texte qui incite le lecteur à partager les sentiments des
personnages (la peine). Puisqu’on a de la compassion (souffrir avec) et la pitié envers
eux, on peut dire que le registre dominant dans ce texte est le registre pathétique.
c. Relevez les termes qui indiquent que c’est un registre pathétique. Les phrases
exclamatives qui s’adressent aux sentiments, les adjectifs (épouvanté,
sanglant, interdit,…), le champ lexical de la souffrance et les interjections (Ô),
les fausses questions (rhétoriques).
d. Qu’est-ce qu’un registre pathétique ?
Le registre pathétique s’adresse aux sentiments, aux émotions des lecteurs. Il suscite
des émotions en s’adressant à la sensibilité. Les malheurs des personnages suscitent la
compassion, au sens étymologique du terme qui signifie « souffrir avec ». C’est donc
l’emploi des adjectifs qualificatifs, le recours aux champs lexicaux de la tristesse, de la
pitié et aussi l’emploi des phrases exclamatives.
Voltaire utilise souvent le registre pathétique pour susciter la compassion de ses
lecteurs
VII. Phase d’appropriation :
Exercice d’application :
Lire oralement ces phrases et demander aux élèves de relever les expressions qui
suscitent le pathétique :
Voilà cinq semaines que j’habite avec cette pensée, toujours seul avec elle,
toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids ! Maintenant, je
suis captif. Mon corps et aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une
idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée !
Elle se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles …
Exercice : Demander aux élèves de Relever les expressions du registre pathétique
qui figurent dans cet extrait du poème de Voltaire sur le désastre de Lisbonne :
« Accourez, contemplez ces ruines affreuses
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l’un sur l’autre entassé,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés. »
A la suite d’un tremblement de terre qui a frappé la ville de Lisbonne et fait trente
mille morts, Voltaire écrit un long poème pathétique.
Module : Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 4
Fiche N° : 3
Fiche pédagogique
Activité : Travaux encadrés
Durée : 1heure
Niveau : 2ème année du baccalauréat
Compétence : Faire une recherche
Capacité : Se documenter à propos d’un thème en relation avec l’œuvre étudiée.
Thème : Leibniz : sa vie, ses œuvres et système philosophique
Contrainte :
Faire préparer le travail à l’avance par un groupe d’élèves.
Déroulement de l’activité
Démarche :
Exposé des élèves ;
Sélection des notions essentielles ;
Mise au point ;
Prise de notes.
Quelques notions :
La philosophie au XVIII° siècle est :
Une interrogation sur Dieu, sur le monde et la vie ;
Une étude des systèmes politiques, sociaux et des règles morales.
Le mouvement philosophique : L’optimisme :
Au XVIII° siècle, des philosophes catholiques ou protestants tentent de donner une explication
entièrement rationnelle de l’action divine : « Dieu est bon car il a créé le meilleur des mondes
possible » Leibniz dans sa « Théorie » publiée en 1410.
Leibniz et son disciple Wolff s’emploient à prouver cette théorie par le raisonnement des causes
finales : Toute action, tout mal fait partie d’un enchaînement rigoureux de faits qui conduisent à un
bien. Ces thèses apparaissent dans les discours de Pangloss reproduits souvent par Candide.
Leibniz, Gottfield Wilhem (1646-1716). Philosophe et savant allemand, esprit encyclopédique qui
s’attacha aux diverses branches du savoir.
Sa vie : Né à Liepzig en 1616, orphelin de mère à 6 ans, il fut élevé par son père qui était professeur de
philosophie. Très jeune, il eut accès à la bibliothèque de son père, étudia le grec et le latin, la théologie,
la philosophie scolastique (philosophie enseignée au Moyen Age) et découvrit, dès son plus jeune âge
les philosophes et les savants de son temps tels Bacon, Galilée, Descartes, Hobbes. En 1661, il se
tourna vers le Droit, puis il se rendit à Iéna pour y étudier les mathématiques. En 1666, il soutint son
doctorat en droit. En 1672, il profita d’une mission diplomatique à Paris pour consulter les œuvres
inédites de Pascal. L’année suivante, en Angleterre, il put lire les travaux de Newton. En 1676, il
rencontra Spinoza en Hollande et devint, en 1670, le bibliothécaire de l’électeur de Hanovre, le futur
Georges premier.
Leibniz fut un mathématicien, un physicien et un inventeur (le calcul infinitésimal, une théorie
physique proche de celle de Newton, une machine à calculer et une montre portative actionnée par un
ressort), un homme de Droit… .
Ses œuvres :
C’est un esprit universel à qui l’on doit autant en mathématiques qu’en philosophie. Sa pensée
trouve son unité autour d’une idée : celle de l’individualité, la monade entendue comme le point de
départ de toute réalité, physique ou spirituelle. (Monade : substance simple, indivisible, active qui
constitue l’élément dernier des choses et qui est douée d’appétition et de perception)
-1666 : « De l’art combinatoire », essai préfigurant les recherches sur la logique des propositions.
-1673 : « Profession de foi du philosophe », essai tentant de répondre à la question : comment Dieu, qui
est juste, peut-il être la cause du péché ?
-1686 : « Discours de métaphysique » dans lequel il développe l’idée que Dieu, dans sa perfection
s’exprime dans tous les aspects du monde créé.
-1692 : « Les principes de Descartes » est une critique des principes de Descartes que Leibniz modifie
selon ses propres conceptions.
- 1710 : « Essais de théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l’homme et l’origine du mal ».
Reprenant des idées déjà avancées, il montre que les vérités éternelles n’excluent pas l’ordre des
possibles dont la faute et le mal. La monadologie est l’œuvre maîtresse de Leibniz, il y montre qu’en
chaque individualité s’exprime une partie de Dieu, lequel, concentre et exprime tout l’Univers.
Le système philosophique de Leibniz :
Leibniz affirma, en 1695, avoir cherché comment établir en philosophie « quelque chose de
solide par des démonstrations claires ». Mais, à la différence de la méthode scientifique cartésienne, il
soutint qu’avec Newton, il fallait y introduire la notion de force afin de comprendre la réalité des
corps.
Il insista sur le fait que la réalité d’un être dépendait de son unité en disant : « ce qui n’est pas
véritablement un être n’est pas véritablement non plus un être ». Donc, selon, lui, c’est l’identité et la
différence qui sont en relation avec la question de l’être.
Il attribua à Dieu une dimension non naturelle de l’intelligence pour préserver l’inétérogénéité
des niveaux corporel et spirituel, mais aussi pour rendre compte de la correspondance entre les idées
innées et les expériences. Selon sa conception « d’harmonie préétablie ».
Il conserva le même « principe d’économie » c’est-à-dire qu’un minimum de moyens
correspondent au maximum d’effets et cela pour expliquer l’ensemble du fonctionnement du monde. Il
affirma que Dieu avait opté pour qu’il y eut : « quelque chose plutôt que rien et qu’il créa un monde
dans lequel se réalisait « le maximum de possible ». Idée qui fut caricaturée par Voltaire dans Candide.
Ce dernier attribua à Leibniz une vision métaphysique d’un optimisme béat.
L’imperfection des parties du monde est, selon Leibniz, au service de la perfection de la totalité
du monde. Si tout n’est pas raison, il y a du moins dans « les créatures non raisonnables des merveilles
qui servent à exercer la raison ».
Module : Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 4
Fiche N° : 4
Fiche pédagogique
Activité : Production écrite
Durée : 1heure
Niveau : 2ème année du baccalauréat
Compétence : Rédiger un résumé.
Capacité : S’approprier les différentes opérations à entreprendre pour résumé un
texte
Support : le chapitre VI de Candide
Consigne : Faites le résumé du chapitre VI de Candide de Voltaire.
Déroulement de l’activité
I. Compréhension de la consigne :
Rappel :
Le résumé de texte : Résumé, c’est réduire un texte à l’essentiel, le condenser.
Voici un rappel des différentes opérations à entreprendre pour résumé un texte :
Lire le texte lentement
Souligner les articulations et les mots clés
Repérer les différentes parties
Schématiser le texte. Pour cela, utiliser les abréviations et les symboles.
Rédiger le résumé à partir du schéma.
Affiner l’ensemble pour obtenir un texte respectant le nombre de mots demandé
(1/4)
a) Demander aux élèves d’avance de préparer le travail chez eux.
b) Une fois en classe les élèves lisent chacun son résumé.
c) Discuter chaque résumé ; en rectifiant les fautes ou en y ajoutant d’autres
informations…..
d) Formuler un résumé ensemble/Porter un sur le tableau en apportant
quelques changements.
e) Rappeler oralement ce qui s’est passé dans le chapitre (les événements
saillants.) au biais des questions directives.
Exemple pour le chapitre VI : (dégager les péripéties)
L’arrivée de Pangloss et Candide à Lisbonne
Les deux sont condamnés d’hérésie
L’absurdité des condamnations
La remise en cause de la philosophie de Pangloss
Candide a suivi une femme qui l’interpelle
II. Trace écrite :
Production collective portée au tableau
Résumé du chapitre VI de Candide de Voltaire :
A Lisbonne, Les sages portugais décident qu’il faut faire un autodafé pour
conjurer le sort (éviter les tremblements de terre). Candide et son maître Pangloss sont
condamnés d’hérésie : la condamnation à mort. D’autres personnes sont exécutées pour
des motifs aussi absurdes que ceux de la condamnation de nos deux héros. Les trois
autres victimes sont brulées dans le bucher, Pangloss est pendu alors que Candide est
flagellé. Candide, après tant d’épreuves subits, remet momentanément en question les
théories de son maître sur l’optimisme (les meilleurs des mondes possibles). A cet
instant de doute, il est interpellé par une vieille femme qui lui demande de la suivre.
Module I: Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 5
Fiche N° : 1
Fiche pédagogique
Activité : de lecture
Durée : 1h
Niveau : 2emè année du baccalauréat
Capacité : Etudier l’aspect du merveilleux dans l’Eldorado, et saisir l’intention de
l’auteur.
Démarche : lecture analytique
Support : Extrait N° 4, allant de : « Candide et Cacambo montent en carrosse…….de
mathématique et de physique.» chapitre XVIII. Candide, Voltaire.
Le déroulement de
Les pré-requis : l’activité
Lire le texte à la maison
Expliquer les termes difficiles
Etapes de la leçon Tâches des élèves
-Présentation et communication de l'objectif -Suivre attentivement la lecture faite par le
spécifique. professeur.
-Lecture magistrale
I. Identification du texte : -Identifier le type et le genre du texte.
- Genre : Extrait d’un conte philosophique.
- Type : Narratif/descriptif.
II. Mise en situation: -Amener les élèves à situer le passage dans
l’œuvre.
Ce texte est extrait de chapitre XVIII du -Situer le passage par rapport à l'œuvre puis
conte philosophique : Candide de Voltaire. En
arrivant à l’Eldorado, un univers fabuleux, Candide par rapport aux évènements précédents.
et son valet sont accueillis chaleureusement par le
roi.
-Formuler des hypothèses de lecture à partir
III. Hypothèses de lecture :
de la première lecture et de la situation du
passage.
Montrer comment, en faisant de l’Eldorado un
monde idéal, Voltaire fait indirectement le procès
de la société de son temps.
IV. Etude des axes de lecture: - Amener les élèves à analyser les axes de
lecture
Axe 1 : L’Eldorado : Un monde trop parfait
et luxueux.
Entrés en Eldorado après un long voyage, -Comment se présent-il l’Eldorado ?
Candide et Cacambo découvrent un univers
imaginaire qui pourrait bien être « le pays où tout
est au mieux ».
L’Eldorado est présenté comme un
monde merveilleux grâce à l’emploi constant
d'hyperboles dans la description, ainsi que
l’exagération des chiffres.
Champ lexical du merveilleux
« les six moutons volaient » «portail de deux cent -Relevez le champ lexical du merveilleux ?
vingt pieds de haut, et de cent de large», «mille
musiciens» - «mille colonnes» «édifices publics
élevés jusqu'aux nues»
Tous ces éléments caractérisent cet univers
comme merveilleux, comme un monde idéal.
Un monde magnifique, trop parfait
- Le roi : tolérant, abordable, aucune tyrannie.
- Le palais de justice et les prisons n’existent
-Comment apparaît l’Eldorado aux yeux de
pas.
Candide?
- Egalité entre les deux sexes : grands officiers
et officières.
Il s’agit d’une monarchie libérale
- Que pensez-vous du régime politique
- Plan de l’urbanisme: - « espaces publics élevés d’Eldorado ?
jusqu’aux nues », « marché orné de… », « galeries
de deux mille pas » La beauté et la propreté de
la ville, soulignent l'inconfort des grandes villes
dans la réalité.
- Comment Voltaire présente le côté urbain et
culturel dans l’Eldorado ?
- Plan culturel : «Le palais des sciences» - «les
instruments de mathématique et de physique»
appartiennent au domaine du savoir, indiquent
l'intérêt pour le savoir, et le progrès qui ne sont
pas les faits des gouvernements du temps de
Voltaire.
-Faites une conclusion partielle de cet axe.
Conclusion partielle : Cette description
utopique n’est qu’un prétexte qui met en place
ce que Voltaire souhaiterait voir se réaliser en
France sur le plan politique et social et culturel.
Axe 2 : La fonction de l’utopie de
l’Eldorado et la visée de l’auteur : - Comment Voltaire présente-t-il dans cet
extrait l’Eldorado ?
L’Eldorado est représenté comme un
monde trop parfait où tout est grand.
Champ lexical de la grandeur
-Relevez le champ lexical de la grandeur dans
les grands officiers et les grandes officières ", espaces le texte.
publics élevés jusqu’aux nues », « marché orné de… »,
galeries de deux mille pas »
A l’impression de cette grandeur s’ajoute une
exagération des nombres : « deux files, chacune de - Quel effet provoque-t-il chez le lecteur ?
mille musiciens », « mille colonnes », « une galerie
de deux mille pas », « la millième partie de la ville »
L’Eldorado leur apparaît comme un pays de - En présentant un monde idéal, que cherche
perfection, il traduit l’émerveillement de ces Voltaire ?
héros naïfs.
- Mettre en évidence les insuffisances et les
imperfections de la société du XVIIIème siècle.
→Remettre en question cette société.
- Contre qui ou quoi s’élève-t-il ?
Contre la monarchie absolue des rois de
France, leur tyrannie.
Il révèle l’arbitraire et le fanatisme de la
justice royale.
Contre l’urbanisme anarchique parisien. - Le regard de Candide sur la société
d’Eldorado a-t-il une valeur critique ?
Pouvoir royal et religieux hostile à la
diffusion de la culture dans le peuple
- Non, aucune.
- Les voyageurs n’ont qu’une vision
superficielle mais cette candeur a un rôle
révélateur dont le but est de bien mettre en
valeur le monde visité. -Faire une synthèse orale des données relevées
lors de l'étude du texte.
Conclusion partielle : Voltaire chante
l’idéal des philosophes des lumières. -Reporter les données d’analyse sur les cahiers
des élèves.
V. Synthèse: En décrivant l’Eldorado, Voltaire
critique tacitement la société de l’ancien régime.
C’est le combat des Lumières.
Module : Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 5
Fiche N° : 2
Fiche pédagogique
Les registres :
Polémique et satirique
Activité : de langue.
Durée : 1h
Niveau : 2ème année du baccalauréat
Compétence : Étudier les registres
Capacité : Étudier les registres : polémique, satirique et reconnaître l’effet recherché
Démarche : cours dialogué
Support : Corpus tiré de Candide, Voltaire
Le déroulement de
l’activité
I. Phase d’observation :
- Lire les phrases du corpus.
- Inviter les élèves à réfléchir et les aider à découvrir les figures contenues dans ces phrases
- Les inviter à leur esquisser une définition et préciser l’effet recherché par leur emploi.
1. L’humanité est toujours divisée en deux classes, celle qui tire en avant et celle qui
tire en arrière. Les uns vont trop vite ; mais les autres n’aspirent qu’à reculer, et ils
arrêtent les premiers, ils retardent la pensée, entravent la science…
2. Voir le chapitre I de Candide de Voltaire
II. Phase de conceptualisation :
Tableau récapitulatif :
Les registres Définition et caractéristiques
Critique les travers des hommes et des institutions.
Utilise des procédés lexicaux et stylistiques : connotations, antiphrase,
hyperbole…pour dévaloriser, grossir des défauts
Satirique
Dramatisation de la situation d’énonciation : champs lexicaux opposés, figures
d’opposition, d’ironie.
Effet recherché : dénoncer, critiquer, se moquer, condamner des travers sociaux, des
comportements, des vices
Polémique Traduit une forme de combat verbal : le locuteur mène l’offensive et se veut persuasif.
Lexique dévalorisant, figures d’opposition (antithèse, ironie….)
Effet recherché : réfuter les idées d’autrui, discréditer l’adversaire, faire sa caricature.
III. Phase d’appropriation : Exercice d’application :
Exercice : Identifiez les registres dont relève les textes suivants. Indiquez les indices
qui vous ont aidé dans cette identification.
1. «Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes, aussi avons-nous des
lunettes. Les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées, et nous avons des
chausses. Les pierres ont été formées pour être taillées, et pour en faire des châteaux,
aussi monseigneur a un très beau château ; le plus grand baron de la province doit être le
mieux logé ; et, les cochons étant faits pour être mangés, nous mangeons du porc toute
l'année : par conséquent, ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise ; il
fallait dire que tout est au mieux. »
2. « Non, je ne me tairai pas ! je veux savoir comment je m’y prendre, moi aussi, pour être
heureuse. Tout de suite, puisque qu’il faut choisir. Vous dites que c’est si beau la vie. Je
veux savoir comment je m’y prendrai pour vivre. »
3. Ces histoires d’animaux qui parlent, qui se moquent les uns des autres, qui sont égoïstes,
railleurs, avares, sans pitié, sans amitié, plus méchants que nous, me soulevaient le cœur.
Les Fables de la Fontaine sont plutôt la philosophie dure, froide et égoïste d’un vieillard,
que la philosophie aimante, généreuse, naïve et bonne d’un enfant…
Satire des philosophes : "ceux qui ont avancé que tt est bien ont dit une sottise ; il fallait dire que tt est
au mieux", Voltaire se moque de Leibniz en jouant sur les mots
La satire de la théorie des causes et des effets. Leibniz prétend expliquer rationnellement tous les faits :
"les nez ont été faits pour porter des lunettes"
"les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées"
"les pierres ont été formées pour être taillées et pour en faire des châteaux"
ces exemples sont absurdes, car ils sont inversés.
4. Voici venus les jours du carnaval, les jours où le bétail humain s'amuse par masses, par troupeaux,
montrant bien sa bestiale sottise [...]. Quel bonheur stupide peuvent trouver ces gens à aveugler les
passants avec du plâtre ? Quelle joie à heurter des coudes, à bousculer ses voisins, à s'agiter, à courir, à
crier ainsi sans aucun résultat pour ces fatigues, sans aucune récompense après ces mouvements inutiles
et violents ?
Quels plaisirs éprouve-t-on à se réunir si c'est uniquement pour se jeter des saletés à la face ? Pourquoi
cette foule est-elle délirante de joie, alors qu'aucune jouissance ne l'attend ?
Pourquoi parle-t-on longtemps d'avance de ce jour, et le regrette-t-on lorsqu'il est passé ? Uniquement
parce qu'on déchaîne la bête, ce jour-là ! On lui donne liberté comme à un chien que la chaîne des
usages, de la politesse, de la civilisation et de la loi tiendrait attaché toute l'année. La bête humaine est
libre ! Elle se soulage et s'amuse selon sa nature de brute.
Guy de Maupassant (1850-1893), « Causerie triste », Le Gaulois, 1884.
1. Relevez et étudiez la métaphore dévalorisante utilisée par Maupassant pour attaquer le carnaval.
2. Quel est le rôle joué par les fausses questions dans le texte ?
Exemple : « On vous a dit que les vieilles valeurs morales ont rejoint les vieilles
lunes. C’est faux. Si vous décapez l’humanité présente des mots qui la masquent,
vous retrouverez l’homme, l’homme éternel. », A. Maurois
Exemple : « Je vis un petit homme si fier, il prit une prise de tabac avec tant de
hauteur, il se moucha si impitoyablement, il cracha avec tant de flegme, il caresse
ses chiens d’une manière si offensante pour les hommes, que je ne pouvais me
lasser de l’admirer. », Montesquieu
Module : Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 5
Fiche N° : 3
Fiche pédagogique
Activité : Travaux encadrés
Durée : 1heure
Niveau : 2ème année du baccalauréat
Compétence : Débattre
Capacités: Discuter un thème cher aux philosophes: L’utopie et ses
caractéristiques.
Démarche : Cours dialogué
Consigne : se documenter sur les notions : l’Eldorado, l’utopie.
Le déroulement de
l’activité
I. Phase orale :
1. Qu'est-ce que l'eldorado? L'utopie? Les cités idéales?
2. Comment ces notions ont- elles été traitées par les philosophes des
lumières?
3. Pourquoi à votre avis l'homme criait : inventait- il ce genre de cités?
4. Comment cette question est- elle traitée aujourd’hui?
5. Est- ce à votre avis la meilleure façon de traiter les problèmes politiques et
sociaux de l'époque?
6. avez-vous déjà imaginé votre pays de rêves? Comment était- il? Quelles
sont ces caractéristiques?
II. Synthèse:
A. L'Eldorado: De l'espagnol El dorado:"Le doré" est une contrée mythique
d'Amérique de Sud supposée regorger d'or. Ce mythe est développé
principalement après la découverte de l'Amérique de 1492.Lorsque les
conquistadores (aventuriers espagnoles ou portugais partis à la conquête de
l'Amérique) ont exploré le nouveau monde à la recherche de villes regorgeant
de richesses. selon les récits des auteurs qui ont écrit à son sujet, ce pays était
fait d'or et de pierres précieuses, de la simple maison aux ustensiles et habits
de ses habitants. De plus ses habitants avaient un véritable mépris de ce caillou
doré qui ne représente rien pour eux.
De nos jours, le terme "Eldorado" a évolué et désigne actuellement un
pays chimérique ou l'on peut s'enrichir facilement et ou la vie est très agréable.
B. Mythe, utopie au XVIIIème siècle:
Au XVIIIème siècle, la recherche du bonheur individuel en rapport avec
l'ordre social favorise le développement et le goût pour les écrits utopiques. Ces
univers utopiques ont permis aux philosophes des lumières d'exposer leurs idéaux.
L'utopie est un lieu rêvé, idéal qui manifeste une tendance constante de l'esprit
humain pour répondre à l'existence du mal.
Le monde utopique représente une nostalgie, un rêve du paradis perdu (l'éden)
C'est un lieu d'innocence où les hommes vivent dans la paix, la joie, l'harmonie
et l'insouciance.
les philosophes ont voulu, par le biais des utopies, échafaudes des modèles
exemplaires de sociétés. Le monde utopique n'est souvent que l'envers idéal de
notre monde.
La cité idéale de Platon:
(427-348 av.Jc; élève de Socrate et maître d'Aristote) Platon nous
propose un modèle de cité idéale, une République, qui aurait pour fin la justice
et qui représente la critique des formes de gouvernement de son époque. La cité
parfaite, nous dit Platon dans La République, sera composée de trois classes,
celle des producteurs(les artisans), celle des gardiens(le guerriers) et celle des
magistrats (chefs, gouverneurs).Selon Platon, cette cité doit être dirigée par les
philosophes qui s'appliqueront à élaborer les meilleures lois possibles afin
d'établir un ordre à l'intérieur duquel chacun aura une existence libre et juste.
La cité vertueuse d'Alfarabi:
(Perse:872-950, souvent appelé second Aristote, on lui doit un commentaire de
La république de Platon.) La cité vertueuse est tournée vers la recherche de la bonté et
du bonheur, elle était comparée au fonctionnement d'un corps humain en bonne santé.
En opposition, Alfarabi dénonçait quatre types de cités corrompues, il s'agissait de la
cité de l'ignorance, la cité dissolue, la cité renégate, la cité perdue ou les habitants se
condamnaient eux-mêmes à l'extermination et aux tourments éternels et au moment de la
comparution devant Dieu.
Concernant l'idéal politique, l'idée maîtresse d'Alfarabi reposait sur la recherche du
" Bonheur" par les habitants .La cité vertueuses était définie comme une société où le
bonheur avait été atteint.
Selon Alfarabi, le philosophe est un prophète car il guide les autres vers le bonheur
suprême, il peut donc être légitimement le chef de la cité.
Module : Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 5
Fiche N° : 4
Fiche pédagogique
Activité : de production écrite
Durée : 1heure
Niveau : 2ème année du baccalauréat
Compétence : Rédiger un texte de réflexion en rapport avec l’œuvre étudiée.
Capacité : Argumenter en élaborant son point de vue.
Le déroulement de
l’activité
Sujet : On remarque souvent dans notre société que certaines personnes recourent
encore à des pratiques superstitieuses, qu’elles trouvent parfois vitale et positive.
Réfutez cette idée par des arguments pertinents et des exemples précis.
V. Phase orale :
a. Présentation du sujet
b. Explication de la consigne
c. Lecture du sujet : Lecture individuelle des apprenants.
d. Souligner les mots clés : Amener les élèves à souligner les mots clés
du sujet et les définir : superstition, pratiques superstitieuses, vitale…
Elaboration du plan :
Les élèves proposent les idées qui doivent figurer dans les trois étapes de leurs
productions : introduction, développement et conclusion
Introduction : présentation de sujet, définir la superstition
Développement : pourquoi les gens recourent ils à la superstition pour
trouver des solutions à leurs problèmes ?
Conclusion : synthèse, point de vue
VI. Phase de rédaction :
Les élèves développent leurs réflexions à l’aide du plan élaboré.
L’enseignant incite les élèves à :
Utiliser des connecteurs logiques.
Donner des phrases simples et claires.
L’enseignant note la meilleure production sur le tableau.
o Propositions des élèves pour chaque point
o Ecriture des meilleures propositions au tableau
Affinement :
Eviter les répétitions, supprimer les ajouts, ajuster un élément…
Inviter les élèves à lire le nouveau texte
VII. Trace écrite :
Malgré l’évolution vertigineuse de l’humanité durant ces dernières décennies.
Certains gens dans nos sociétés arabo-musulmanes du vingt et unième siècle continuent
encore de croire à des pratiques superstitieuses. D’après le petit Robert la superstition est
définit comme : « Comportement irrationnel, généralement formaliste et conventionnel,
vis-à-vis du sacré; attitude religieuse considérée comme vaine » généralement c’est le fait
de croire que certains actes, certains signes entraînent, d'une manière mystérieuse, des
conséquences bonnes ou mauvaises.
On remarque souvent qu’il y a beaucoup de gens, et malheureusement qui
constituent l’élite de la société croient à des pratiques superstitieuses. Ces deniers malgré
leur savoir, et leur intelligence n’hésitent pas à croire encore à ces pratiques irraisonnables.
Mais en réalité on trouve que cette idée est complètement fausse. En plus de cette couche,
de nombreuses statistiques affirment que, de nombreuses personnes, surtout les femmes,
croient que la superstition peut résoudre leurs problèmes. Or, ils perdent leur temps et
gaspillent leur argent sans aucuns résultats. En effet, ces pratiques influent parfois sur le
milieu familial et causes beaucoup de problèmes familiers, qui peuvent s’aggraver jour
après jour, surtout lorsque le mari découvre que sa femme s’adonne à la superstition, ce qui
peut entraîner à des résultats indésirables.
En effet, cette façon de lutte contre des maux et les problèmes sociaux reste
irraisonnable et inefficace, puisque la personne qui exerce ces pratiques est inconsciente et
incapable de réfléchir. C’est la même chose pour la mère d’Ahmed Sefrioui dans « la boîte
à merveilles » qui avait envie de consulter les voyants et visiter les mausolées pour
combattre ses souffrances et son malheur. Il s’agit dans la plupart des cas des gens
analphabètes. Par ailleurs, le plus grave de ces fausses pratiques c’est leurs conséquences
sur l’état physique et moral. Parfois elles peuvent causer une perte totale de la personne.
Enfin, notre religion a interdit ce genre de croyance, car ces pratiques mènent à l’athéisme.
En somme nous pouvons dire que, la superstition reste un phénomène nuisible qui
ravage notre société. Malheureusement, la croyance en ce genre de superstitions reste
répandue au Maroc, et ce type de mentalité naïve et archaïque continue encore de se
transmettre de générations en générations, à tel point qu’on trouve toujours des jeunes
cultivés qui y croient fortement.
Module I: Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 6
Fiche N° : 1
Fiche pédagogique
Activité : de lecture
Durée : 1h
Niveau : 2emè année du baccalauréat
Compétence : Repérer et analyser les axes de lecture.
Capacité : Saisir l’intention de l’auteur à propos de l’esclavage
Démarche : lecture analytique
Support : Extrait N° 5, allant de : « du début jusqu’à ….et en pleurant, il entra dans
Surinam ». Chapitre XIX P : 116 118
Le déroulement de l’activité
I. Mise en situation :
Amener les élèves à situer le passage dans l’œuvre.
Sortie du paradis de l’eldorado avec le projet de retrouver Cunégonde, Candide et
Cacambo perdent leurs richesses peu à peu en faisant route vers Surinam. En approchant
d’elle Candide et Cacambo rencontrent un esclave noir dont l’état pitoyable les ramène
à la réalité.
II. Identification du passage :
Amener les élèves à identifier la situation d’énonciation et la structure du texte
1. D’où est extrait ce passage ? Du chapitre 19 intitulé : « Ce qui leur arriva à Surinam, et
comment Candide fit connaissance avec Martin. »
2. Qu’est-ce qui est arrivé à Surinam ? Candide, et le valet Cacambo ont rencontré l’esclave
d’un négociant hollandais. (il lui manque la jambe gauche et la main droite)
3. Quelle est la structure de ce passage ? Il est composé : d’un récit : passé simple, imparfait,
emploi de la 3ème pers. Verbes d’action enchaînés, indices spatiaux temporels ; de dialogues :
ponctuation, temps du discours, déictiques.
4. Quel est l’intérêt des dialogues ? Donner vie aux personnages ; et leur donner plus de réalité ;
aussi comprendre les sentiments exprimés par les personnages.
5. Genre : conte philosophique.
6. Type : narratif/descriptif.
III. Hypothèses de lecture :
Amener les élèves à émettre des hypothèses de lecture.
Comment Surinam (l’esclave) se présente à Candide ?
Quelle est l’intention de l’auteur ?
La critique de la société esclavagiste
IV. Etude des axes de lecture :
Amener les élèves à analyser les axes de lecture.
Axe 1 : Comprendre les caractéristiques du discours des protagonistes et leurs
connotations :
a. Le discours de Candide :
Quel sentiment a éprouvé Candide en rencontrant le nègre étendu par terre ? Quelle
phrase montre ce sentiment ? Il a éprouvé de la pitié comme le montre l’expression :
« Eh ! mon Dieu ! ».
Quel adjectif qualifiant l’état de l’esclave, confirme ce sentiment ? L’adjectif
« horrible ».
Quelle expression a employée Candide pour s’adresser au nègre ? Qu’est-ce que cela
montre ? Il a utilisé le terme « mon ami » et il le tutoie ce qui montre une certaine affection.
Il n’instaure pas de distance avec l’esclave.
A quel autre moment, Candide a-t-il manifesté de l’émotion ? Quelles expressions le
montrent ? A la fin du passage : « O Pangloss ! », « Hélas ! dit Candide.
b. Le discours de l’esclave :
o De quelle manière, le nègre s’est-il adressé à Candide ? Quel effet cela produit-il ?
Il lui dit « monsieur » et il le vouvoie. Cela instaure une hiérarchie.
o Qu’expriment les phrases courtes qu’emploie l’esclave ? Elles témoignent de la
simplicité de sa condition d’esclave mais également d’une certaine passivité, une
résignation.
o Par quoi peut-on expliquer la résignation de l’esclave ?
Par son statut d’esclave, il est habitué à se soumettre ;
Par son éducation, sa mère lui a enseigné la soumission ;
c. Identifier les champs lexicaux et leurs connotations :
Relevez les champs lexicaux et leur effet.
Champ lexical Expressions Effet
La religion « fétiche, bénis, adore, converti, Adam, prêcheurs »
L’auteur
La condition - « on nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement 2 fois dénonce
d’esclave l’année » ; l’esclavage et
- « On nous coupe la main » ; le présente
- « Quand nous ….on nous coupe la jambe » comme étant
- « c’est l’usage » un acte
antihumaniste.
L’horreur « pauvre homme, horrible, coupe, vendit, abomination, larmes,
pleurant, esclave, malheureux »
Axe 2 : Identifier les procédés de l’argumentation et de l’ironie ainsi que les critiques de
l’auteur :
a. les procédés argumentatifs et les critiques de l’auteur :
Quels sont les procédés argumentatifs employés dans ce passage ? Les expressions
montrant l’usage en vigueur pour les esclaves et la construction du parallélisme :
o « quand nous …. Et que ………….. on nous …»
o « quand nous ……………………….on nous….. ».
Que révèle cette construction sur la situation des esclaves ? Ils sont traités comme des
animaux (cf. le Code de 1685). Cet usage est horrible parce qu’il est systématique.
Comment comprenez-vous l’emploi du présent et l’euphémisme : « C’est à ce prix que
vous mangez du sucre en Europe. » L’esclavage est, pour beaucoup, un mal nécessaire afin
de procurer les denrées auxquelles l’Europe s’est habituée. L’emploi du présent a une valeur
intemporelle. Quand on pense que le « prix » est « un caleçon de toile bleu, une main ou/et
une jambe coupée et que la « récompense » est le sucre, on comprend la critique de Voltaire.
Par quelle phrase, Voltaire a-t-il montré le renversement des valeurs ? « Tu as l’honneur
d’être esclave de nos seigneurs les blancs et tu fais par là la fortune de ton père et de ta
mère. »
Quelles critiques Voltaire a-t-il formulées à l’encontre de l’église ? Comment est-il arrivé
à démontrer ses contradictions : En affirmant d’abord l’égalité des hommes préconisée par
l’église : « nous sommes tous enfants d’Adam, …nous sommes tous cousins issus de
germains » et l’opposition : « or, vous m’avouerez qu’on ne peut pas en user avec ses parents
d’une manière plus horrible. Il y a donc un écart entre ce que disent les chrétiens et leurs
actes.
Axe 3 : Les procédés de l’ironie et la critique de l’auteur :
Quels sont les procédés de l’ironie dans ce passage ?
Le nom donné au maître de l’esclave : Vanderdendur : vander → vendeur / dendur→ il a
la dent dure. ce jeu de mot montre la cruauté du personnage.
Le fameux négociant : jeu de mot pour montrer qu’il est célèbre par sa cruauté.
Le chiasme : jambe gauche – main droite qui est de l’humour noir.
Montrez, comment Voltaire rejette une fois de plus la théorie de l’optimisme à la
fin du passage.
Quand Candide a interpellé Pangloss à la fin du passage : « O Pangloss, s’écria
Candide, tu n’avais pas deviné cette abomination.» et lorsqu’il a répondu à Cacambo :
« C’est la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal. »
Par quels moyens, Candide rejette-t-il la théorie de Pangloss ?
o Par l’antithèse : « bien » et « mal » ;
o Par « Hélas » qui exprime la détresse ;
o Par l’emploi de « ton » qui prend ici une valeur méprisante ;
o Par le mot « rage » qui fait de l’optimisme une maladie, une folie obstinée.
V. Synthèse :
Dans ce chapitre l’auteur nous présente le caractère horrible de l’esclavage, c’est
ce qu’il appellera plus loin dans ce texte « la méchanceté des hommes ». Il s’agit
d’un pamphlet virulent dénonçant le scandale et l’absurdité de l’esclavage, en effet
cette scène porte un coup supplémentaire à la philosophie optimiste de Pangloss.
Candide entame alors une évolution décisive : pour la première fois il se révolte
contre les leçons de son maître ; c’est le début d’une conquête de soi-même.
Module I: Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 6
Fiche N° : 2
Fiche pédagogique
Le lexique du raisonnement
Activité : de langue.
Durée : 1h
Niveau : 2ème année du baccalauréat
Compétence : Étudier le lexique de raisonnement.
Capacité : Identifier et reconnaitre les moyens de raisonnement
Approche : Cours dialogué.
Déroulement de l’activité
Support : tiré de : Candide, de Voltaire.
I. Phase d’observation :
Demander aux élèves d’observer attentivement le corpus :
1. « Il avait le jugement assez droit, avec l’esprit le plus simple ; c’est, je crois, pour cette
raison qu’on le nommait Candide. »
2.« Monsieur le Baron était un des plus puissants seigneurs de la Westphalie, car son
château avait une porte et des fenêtres. »
3.« Madame la baronne, qui pesait environ trois cent cinquante livres, s’attirait par là une
très grande considération. »
4.« Candide lui obéit avec un profond respect ; et quoiqu’il fût interdit, quoique l’échine
lui fît encore un peu mal, il lui raconta de la manière la plus naïve tout ce qu’il avait
éprouvé depuis le moment de leur séparation. »
Questions directives :
Quelles sont les relations logiques employées dans chacune de ces phrases ?
Quels moyens a-t-on employés pour exprimer ces relations ?
Ces moyens sont-ils grammaticaux ou lexicaux ?
a- la conséquence : « pour cette raison »: moyen lexical ;
b- la cause : « car » : moyen grammatical ;
c- la conséquence : « par là » : moyen lexical ;
d- l’opposition : « quoique » : moyen grammatical.
Remarque :
Dans un texte argumentatif, les relations de cause, de conséquence ou d’opposition
peuvent être exprimées par des moyens grammaticaux ou lexicaux.
II. phase de conceptualisation :
Retenons :
Le lexique de raisonnement permettant d’exprimer la cause, la conséquence ou l’opposition.
La cause -Cela est causé par…. -Cela est dû à ….
-Cela vient de …. -Cela s’explique par ….
-Cela provient de … -La cause / la raison / le motif / l’origine est dû / due à...
La -Cela provoque / entraîne …….. -Explique que ……
conséquence -La conséquence est … -Le résultat est ….
-L’effet est … -L’aboutissement est…
-Il en résulte que …
L’opposition -Cela s’oppose à… -Cela contredit ….
-Il a beau + infinitif -Cela est contraire à ….
-L’opposition est illustrée par … -Contradictoirement ….
III. Phase d’appropriation : Exercice d’application :
Exercice: identifiez les relations de cause, de conséquence et d’opposition dans les énoncés suivants en
soulignant les expressions grammaticales qui les montrent.
1. Les nez ont été faits pour porter des lunettes, aussi avons-nous des lunettes.
2. Quoique ce mensonge eût été très à la mode chez les anciens, son âme était trop pure pour trahir
la vérité.
3. Je ne crois pas au péché originel car si tout est au mieux, il n’y a eu ni chute, ni punition.
4. Candide dans l’instant tire son épée et l’enfonce jusqu’à la garde dans le ventre du baron
jésuite ; mais en la retirant toute fumante, il se mit à pleurer.
Corrigé :
1. Les nez ont été faits pour porter des lunettes, aussi avons-nous des lunettes. Relation de
conséquence
2. Quoique ce mensonge eût été très à la mode chez les anciens, son âme était trop pure pour
trahir la vérité. Relation d’opposition
3. Je ne crois pas au péché originel car si tout est au mieux, il n’y a eu ni chute, ni punition. R de
cause
4. Candide dans l’instant tire son épée et l’enfonce jusqu’à la garde dans le ventre du baron
jésuite ; mais en la retirant toute fumante, il se mit à pleurer. Relation d’opposition.
Module : Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 6:
Fiche N° : 3
Fiche pédagogique
Exposé
Activité : orale.
Durée : 1heure
Niveau : 2ème année du baccalauréat
Compétence : Se documenter à propos d’un thème en rapport avec l’œuvre étudiée.
Capacités : Amener l’apprenant à s’exprimer oralement en exposant sa recherche.
Démarche : Les élèves prennent des notes pendant l’exposé
Déroulement de l’activité
Exposé : l’esclavage au XVIII siècle
Consigne : Faire des recherches sur l’esclavage au XVIIIème siècle
Contrainte : Faire préparer le travail à l’avance par un groupe d’élèves.
Traces écrites :
Quelques notions :
Etymologies : Le terme moderne « esclavage » vient du latin médiéval sclavus déformation du mot
latin slavus (le slave). Le mot « esclave » serait apparu au Haut Moyen Âge à Venise, où la plupart
des esclaves étaient des Slaves des Balkans, « une région qui s'appelait autrefois « Esclavonie »,
puis Slavonie, et qui est récemment devenue indépendante, sous le nom de « Croatie ».
Esclave : Selon l'Académie française, l'esclave est une « personne qui n'est pas de condition libre,
qui appartient à un maître exerçant sur elle un pouvoir absolu. ». L'esclavage est donc avant tout la
condition d'esclave, et la réduction d'un homme à l'état d'esclave.
Esclavagisme : Doctrine, méthode des esclavagistes. Système social et économique fondé sur
l'esclavage.
Module I: Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 6
Fiche N° : 4
Fiche pédagogique
Activité : de travaux encadrés
Durée : 1heure
Niveau : 2ème année du baccalauréat
Compétence : Se documenter sur un thème en relation avec l’œuvre étudiée.
Capacités : Lire et analyser des textes des philosophes du 18ème siècle ;
Rendre compte des lectures ;
Établir un tableau de synthèse ;
Comprendre la dénonciation de l’esclavage au 18ème siècle.
Démarche : lectures cursives
Déroulement de l’activité
Contrainte : Donner les textes à étudier à l’avance à un petit groupe d’élèves.
(Voir le groupement de textes sur le cahier d’élève)
Démarche :
Chaque groupe expose le résultat de ses recherches ;
Le groupe classe établit un tableau de synthèse ;
Le groupe classe réfléchit sur les moyens littéraires et stylistiques de la critique de
l’esclavage au 18ème siècle.
Support N° 1 : L’Encyclopédie – article : L’esclavage – Chevalier de Jaucourt –
(1766)
Support N° 2 : Chanson : La liberté des nègres – paroles de Piis- (1794)
Support N° 3 : Voltaire - Candide – chapitre XIX - (1759)
Support N° 4 : Diderot – Supplément au voyage de Bougainville - (1772)
Support N° 5 : De l’Esprit des lois – Montesquieu – « De l’esclavage des
nègres » - chapitre XV - (1748)
CORRIGE
Support N° 1
1. Qui est l’auteur de ce texte ? Chevalier de Jaucourt.
2. De quel ouvrage est extrait ce texte ? Relevez les indices qui justifient votre réponse. Il s’agit d’un article de
l’encyclopédie. Cf. « L’article de dictionnaire » et le titre : « Traite des nègres (Commerce d’Afrique) ».
3. Quelle est la structure de ce texte ? Quelle est sa typologie, L’auteur commence par une définition puis
développe des arguments contre la traite des nègres afin de tirer une conclusion. Ce texte est
argumentatif.
4. Que dénonce l’auteur ? La pratique de l’esclavage.
5. Quelle est la tonalité dominante du texte ? Polémique.
6. Quelle peut être l’utilité d’un tel texte, vu l’ouvrage d’où il est extrait ? Il sert à éveiller les consciences des
personnes lettrées.
Support N° 2
1. Quel est le genre de ce texte ? Identifiez les indices qui le montrent. C’est une chanson. Elle est en vers et à
la fin, on indique : « « air : daignez m’épargner tout le reste. »
2. Quel événement a inspiré ce texte ? Le décret d’abolition de l’esclavage.
3. Quel était le statut de l’esclave ? Il était vendu ainsi que ses enfants et puni de mort.
4. Quelle justification donnait-on à l’esclavage qui a été dénoncée par Voltaire dans Candide ?Le commerce du
sucre.
5. A qui profitait cette pratique ? Relevez le champ lexical qui qualifie ces personnes. C’était des
« bourreaux », « serrer encore les chaînes », « leurs complot pervers ».
6. Que promet le texte à la fin, Les français se posent en défenseurs des peuples opprimés.
Support N° 3
1. Identifiez le titre, l’auteur et le type de texte. Candide de Voltaire, type argumentatif
2. Relevez toutes les caractéristiques du nègre. Cf. texte.
3. Relevez dans l’attitude de Candide les manifestations de son indignation. Cf. texte.
4. Quels sont les procédés d’écriture de l’auteur ? Le raisonnement logique et les arguments de cause à effet.
5. Quelles sont les critiques formulées par l’auteur ? Cf. texte.
6. Quelle est la tonalité de ce texte ? Ironique et pathétique à la fois.
Support N° 4
1. Qui est l’auteur de ce texte ? Diderot.
1. D’où est-il extrait ? Du Supplément au voyage de Bougainville.
2. Qui sont les personnages présents ? Bougainville et le vieux tahitien.
3. Par quoi se caractérise la situation des tahitien ? Ils suivent la nature, ils sont libres, respectueux des
autres et sages.
4. Quels vices de la civilisation sont relevés par le personnage qui parle ? La notion de propriété, l’aliénation
de l’autre par la force.
5. Quels sont les procédés employés pour dénoncer ces vices ? Les procédés oratoires.
6. Quelle est la tonalité du texte ? Polémique.
Support N° 5 :
1. Qui est l’auteur de ce texte ? Montesquieu.
2. Quel est le genre de ce texte ? C’est un essai.
3. Quelle est la situation d’énonciation ? Que montre-t-elle ? Le « je » est l’auteur qui s’implique dans son
discours.
4. En quoi l’information du 1er paragraphe est-elle importante ? C’est le départ de la démonstration par un
argument de cause à effet afin de justifier l’esclavage.
5. Comment est construit ce texte ? Quels sont les différents thèmes abordés ? Le texte est construit sur une
série d’arguments pour la plupart de cause à effet qui abordent les thèmes de l’économie, le social et le
religieux.
6. Quels sont les procédés employés ? Quelle est la tonalité du texte ? Les procédés sont la fausse logique et le
décalage pour obtenir une tonalité ironique.
7. Que cherche à dénoncer l’auteur ? Il cherche à dénoncer la pratique de l’esclavage.
Tableau de synthèse
Support Support Support Support Support
N° 1 N° 2 N° 3 N° 4 N° 5
Auteur et Chevalier de Paroles de Piis Voltaire Diderot Montesquieu
date de Jaucourt (1766)
l’écrit (1794) (1759) (1772) (1748)
Genre de Encyclopédie Chanson Un conte Un discours Un essai
l’écrit philosophique
Type Argumentatif Narratif Argumentatif Argumentatif Argumentatif
d’écrit
Procédés - Raisonnement - Succession des Raisonnement - Réquisitoire ; Argt de cause
d’écriture actions ; à effet
- cause à effet. - cause à effet. - Procédés
- Expression des oratoires
sentiments
Tonalité - polémique. - lyrique - pathétique ; - polémique Ironique
- Ironique.
But Dénoncer la Informer de Dénoncer la Défendre une Dénoncer
poursuivi pratique de l’abolition de pratique de société libérée L’esclavage
l’esclavage. l’esclavage. l’esclavage. de tous les
despotismes.
Synthèse :
Au 18ème siècle, les philosophes ont pris, non seulement, position contre l’esclavage mais aussi
contre toutes les formes d’oppression et ont posé les bases des principes des droits de l’homme. Grâce à
leurs « armes » ces philosophes ont pu faire modifier les institutions et ont préparé les esprits à la
révolution de 1789.
Module I: Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 7
Fiche N° : 1
Fiche pédagogique
Activité : de lecture
Durée : 1h
Niveau : 2emè année du baccalauréat
Compétence : Etudier la clausule d’un conte philosophique.
Capacité : Reconnaître les caractéristiques de l’excipit d’un conte philosophique, et
saisir sa morale.
Démarche : Cours dialogué
Support : Extrait du chapitre XXX: « Candide, en retournant dans sa métairie…...
fin» de Candide, Voltaire. P : 183 184
Le déroulement de l’activité
VI. Mise en situation :
Amener les élèves à situer le passage dans l’œuvre.
Le présent extrait est tiré du chapitre XXX, de Candide. Il s’agit de l’excipit. La
morale du conte apporte une solution réaliste aux problèmes posés : fonder une société
où le travail serait la valeur suprême, telle est la morale qui couronne l’œuvre : « il faut
cultiver notre jardin »
VII. Hypothèses de lecture :
Amener les élèves à émettre des hypothèses de lecture.
L’évolution des protagonistes
La portée philosophique du conte
La morale de l’œuvre
VIII. Étude des axes de lecture :
Amener les élèves à analyser les axes de lecture.
Axe nº 1 : La maturité de Candide : Une nouvelle philosophie.
Il a fallu attendre le dernier chapitre de Candide pour voir enfin Candide accéder à la
maturité et devenir intellectuellement majeur. Sa maturité est provoquée par plusieurs agents et
prend la forme d’une rébellion et d’une nouvelle philosophie.
La maturité :
Pangloss favorise la maturité de Candide en tant qu’opposant. Son échec devant le derviche
qui lui « ferma la porte au nez » encourage Candide à se rebeller.
Le derviche favorise la maturité de Candide en lui apportant une nouvelle philosophie,
réaliste et basé sur le principe d’humilité et de prudence.
Le vieux paysan turc complète l’enseignement de Candide en lui proposant à la fois une
philosophie de l’indifférence et un idéal de vie pratique dont le principe est le travail.
Passer à l’action et laisser les vaines spéculations de Pangloss.
La rébellion :
La maturité de Candide prend d’abord la forme « négative » de la révolte contre le maître.
Les trois points de suspension dans le passage indiquent qu’il ose interrompre son maître (cette
image fait écho à Jacques le Fataliste et son Maître) de Denis Diderot
Candide oppose une fin de non-recevoir à la logique de Pangloss. Il n’est plus celui qui
« écoutait et croyait innocemment » mais celui qui juge et qui fait des concessions
condescendantes « cela est bien dit mais… »
Une nouvelle philosophie :
La maturité intellectuelle de Candide prend aussi la forme positive d’une nouvelle
philosophie : Elle tient en une petite formule « Il faut cultiver notre jardin » réelle et concrète.
Elle s’oppose à la philosophie optimiste par sa brièveté (contraire aux flux paroles inutiles
de Pangloss), par l’emploi d’un possessif définissable (nous= Candide et ses compagnons), par
l’expression de l’obligation « Il faut… » et enfin par son réalisme.
Axe nº 2 : Un dénouement singulier :
Si le passage est le dénouement et la situation finale de Candide, il ne laisse pas de
soulever quelques interrogations notamment en relation avec la rhétorique du dénouement de
conte traditionnel. En réalité, le conte n’aura été qu’un prétexte à Voltaire et jusqu’au
dénouement c’est une certaine vision du monde, plus politique que philosophique qui primera.
Symbolique du lieu
La fin du conte se situe en Turquie qui est peut-être le pire parmi les pays visités par Candide
«on venait d’étrangler à Constantinople deux vizirs du banc et le muphti et qu’on avait empalé
plusieurs de leurs amis »
Par ce choix, Voltaire diminue l’importance du lieu et rend Candide et Pangloss responsables
de tous leurs malheurs. L’idée est qu’il faut savoir s’adapter et avoir une bonne philosophie du
monde pour vivre.
Dégradation des personnages
Le dénouement est réaliste et déroge à la rhétorique du conte traditionnel car les personnages
n’échappent pas à l’emprise du temps « Cunégonde était[…] bien laide »
Le conte qui commence au château finit dans une métairie inversant ainsi la logique de la fin
heureuse du conte traditionnel.
Sur le plan événementiel la fin n’est merveilleuse : Pangloss en rappelant l’enchaînement des
événements malheureux finit en chute « vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des
pistaches »Cette dernière logorrhée souligne le décalage entre les malheurs « mis à
l’inquisition », « couru l’Amérique à pied »… et la fin
Axe nº 3 : Une utopie réaliste :
Si Voltaire écarte le merveilleux du dénouement de son conte, c’est, semble-t-il, pour
installer un monde réaliste. Toutefois, ce monde s’inspire largement de la tradition utopique
qu’il semble corriger.
Une société bâtie sur la distribution du travail : Le principe de la société est exprimé
explicitement au début du dernier paragraphe « Toute la petite société… » Le narrateur
s’implique en jugeant « louable » le dessein de la société.
Son organisation est inspirée de l’Utopia de Thomas More (les utopiens devaient
travailler six heures par jour) : elle développe le champ lexical du travail dans une énumération
distributive « Cunégonde…devint une excellente pâtissière, Paquette broda… »
Ascension sociale : La société de la métairie est la rencontre idéaliste de deux types de
personnages. Certains, issus de la haute société (Cunégonde, la vieille et même Pangloss) y
sont rattrapés pour ainsi au vol dans leur chute social. D’autres, comme Paquette et Giroflée y
sont réhabilité dans leur dignité humaine et sociale puisque frère Giroflée « devint honnête
homme »
La métairie n’est donc pas un lieu dégradant par rapport au château du début. Ce dernier est
marqué par le faux, la métairie est lieur vraie. Voltaire fonde donc une société où sont abolis
les privilèges nobiliaires et où le mérite personnel et le travail sont les seuls critères sociaux.
IX. Synthèse :
Cet excipit nous présente une conclusion à l’évolution intellectuelle et morale de
Candide. Muri par l’expérience il s’est libéré des illusions de l’enfance et réunit dans
sa métairie les conditions d’un bonheur limité, mais solide. Candide vit sous la
conduite de la raison, maître mot du siècle des lumières. Il voit les choses telles
qu’elles sont et non plus à travers les lunettes déformantes d’un système. L’essentiel
pour Candide et ses amis est d’avoir enfin trouvé un sens à leur vie, car pour Voltaire
les actes sont préférables aux paroles. Donc « il faut cultiver notre jardin » souligne la
lucidité de Candide.
Module I: Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 7
Fiche N° : 2
Niveau : 2ème année bac
Activité de langue : La voix active et la voix passive
Objectifs : - Etre capable d’identifier la phrase à la voix active et à la voix passive.
- Faire les transformations nécessaires pour passer de la voix active à la voix
passive ou l’inverse.
Support : Corpus de Candide ou l’optimisme, de Voltaire.
Durée : 1H
Déroulement de la leçon
- Mise en situation : (rappel)
- Quelle était la condamnation de Pangloss ? Et celle de Candide ?
+ Candide fut fessé en cadence pendant qu’on chantait et Pangloss fut pendu.
- Est-ce que le sujet dans cette phrase fait l’action ?
+ Non, il subit l’action, on parle d’un sujet passif : c’est la voix passive.
I. Phase d’observation :
1. « Le tremblement de terre avait détruit les trois quarts de Lisbonne ».
2. « Mr le baron a chassé Candide du château ».
3. « Les Bulgares ont détruit le château ».
4. « Candide aime Cunégonde ».
II. Phase de découverte et de conceptualisation :
- Quelle est le type des phrases ?
- Identifiez le sujet, le verbe, le Complément d’objet (COD) dans chaque phrase.
- S’agit-il d’un verbe transitif ou intransitif dans ces phrases ?
- Qui fait l’action dans ces phrases ?
= Donc on peut parler d’un sujet actif qui fait l’action -------- c’est la voix active
- Commencez les phrases par le COD :
+ Les trois quarts de Lisbonne avaient été détruits par le tremblement de terre.
+ Candide a été chassé du château par Mr le baron.
+ Le château a été détruit par les Bulgares.
+ Cunégonde est aimée de Candide.
- Est-ce que le sens des phrases change ?
+ Non, les phrases présentent les mêmes faits de deux points de vue différents mais elles
gardent le même sens.
- Est-ce que le sujet dans ces phrases fait l’action ?
+ Il subit l’action, on parle d’un sujet passif -------------------c’est la voix passive
- Faire la remarque sur les transformations nécessaires dans la voix passive :
1- Le sujet de la voix active devient un complément d’agent dans la voix passive précédé
par la préposition « par ».
2- Le COD devient sujet dans la voix passive.
3- Le verbe à la voix passive donne : Auxiliaire « Etre »+ le participe passé du verbe
conjugué à la voix active.
= Règle importante : Seuls les verbes transitifs directs (ceux qui ont un complément d'objet
direct COD) peuvent se mettre à la voix passive.
- Donner le même exemple en remplaçant le sujet par « on », et demander aux élèves de la
transformer à la voix passive :
- On a fessé Candide. -------------------- voix active.
+ Candide a été fessé. -------------- voix passive.
= L’emploi du pronom impersonnel « On », exige la suppression du complément d’agent
dans la voix passive.
A retenir :
- Seuls les verbes transitifs directs (suivis d’un COD) peuvent être transformés à la voix passive.
La voix active : le sujet fait
La voix passive : le sujet subit l’action
l’action.
Sujet (actif) +verbe+ COD Sujet (passif) + L’auxiliaire « Etre » conjugué au temps
du verbe de la voix active+ par+ complément d’agent
Ex :- Ahmed ouvre le livre. Ex : - Le livre est ouvert par Ahmed.
Le passage de la voix active à la voix passive :
1- Le sujet de la voix active devient un complément d’agent dans la voix passive précédé
par la préposition « par ».
2- Le COD devient sujet dans la voix passive.
3- Le verbe à la voix passive donne : Auxiliaire « Etre »+ le participe passé du verbe
conjugué à la voix active .
- Parfois, le complément d’agent n’existe pas dans la phrase passive. Dans ce cas, on emploie
le pronom « on » à la voix active :
La marchandise a été vendue ==== On a vendu la marchandise.
- Devant certains verbes (de sentiments ou de description) comme « aimer » « assister » …
on utilise « de» au lieu de « par » :
Ses amis l’aiment ==== Il est aimé de ses amis
III. Phase d’appropriation :
A_ Mettez les phrases suivantes à la voix passive :
1- Les photographes suivaient cet acteur.
2- Tous aimaient le professeur.
3- On a pris la décision.
B_ Mettez les phrases à la voix active :
1- La vieille femme a été agressée par le voleur.
2- La fenêtre est ouverte par le vent.
3- Les fautes ont été corrigées.
A- Mettez les phrases suivantes à la voix passive :
4- Les photographes suivaient cet acteur. Cet acteur était suivi par les photographes.
5- Tous aiment le professeur. Le professeur est aimé de tous. N.B (aimer c’est un verbe de
sentiments)
6- On a pris la décision. La décision a été prise.
B- Mettez les phrases à la voix active :
4- La vieille femme a été agressée par le voleur. Le voleur a agressé la vieille femme.
5- La fenêtre est ouverte par le vent. Le vent ouvre la fenêtre.
6- Les fautes ont été corrigées. On a corrigé les fautes.
IV. Phase d’application :
Exercice 1 :
1-Mets à la voix passive ce qui est à la voix active et à la voix active ce qui est à la voix
passive :
a- Une campagne de lutte contre l’analphabétisme a été organisée l’année dernière.
b- Les journalistes posèrent des questions à l’entraîneur de l’équipe nationale de football.
c- Le Maroc avait organisé une Marche Verte pour libérer pacifiquement ses terres.
d- De nombreux suspects étaient surveillés par la police.
e- Les résultats seront affichés demain matin.
f- Les élèves élaborent un projet de lecture et d’écriture.
g- Dès que la sentinelle eut donné l’alarme, les gardiens encerclèrent la prison.
Exercice 2 :
- Construis trois phrases à la voix active et transforme- les à la voix passive. Essaie de
varier au maximum les temps des verbes des phrases actives.
Module I: Etudier les caractéristiques du conte philosophique : candide de Voltaire
Séquence 7 : Lire et analyser des formes poétiques. Etudier une fable.
Fiche N° : 3
Fiche pédagogique
Activité : orale
Durée : 1h
Niveau : 2emè année du baccalauréat
Compétence : Débattre un sujet
Capacités : -S’exprimer et discuter oralement.
- Débattre un thème en rapport avec l’œuvre étudiée.
Démarche : cours dialogué
Sujet : D’après la morale de Voltaire dans Candide : « Le travail écarte de nous trois
grands maux : l’ennui, le vice et le besoin. » Et celle de la Fontaine dans le bourreur et
ses enfants. « Travaillez, prenez de la peine. C’est le fonds qui manque le moins. » Que
pensez-vous de la valeur du travail ?
Référence : le texte de lecture l’excipit de Candide.
Déroulement de l’activité
I. Mise en train : (amener le sujet)
Rappel de la morale de Candide et celui du texte de lecture
Lecture du sujet
Soulignement des mots clés
L’explication de la consigne
II. Compréhension globale :
Questions directives :
- Qu’est-ce que le travail ?
- D’après l’excipit de candide, comment Voltaire conçoit-il le travail ?
- Est-ce que vous pensez que le travail est une nécessité qui éloigne de nous le
besoin ?
- Etes-vous pour certaines qui disent que : « la richesse forcément matérielle et
qu'elle ne résulte du travail. »
- Qu’en pensez-vous du travail en tant que valeur ?
- Comment trouvez la morale des deux supports à propos du travail ?
- Que signifie le travail pour Candide ?
Débat :
III. Traces écrites :
Disposition des tables en forme de cercle pour faciliter l’échange.
Nomination d’un animateur parmi les élèves, sa tâche consistera à gérer les
interventions et à orienter le débat.
Désignation du groupe d’élèves qui participeront au débat.
Le professeur veille à ce que chacun participe au travail, prend la parole,
apporte ses idées, et écoute les autres.
Lancement du débat et prise de notes sur les différentes idées émises par les
élèves.
IV. Synthèse :
Reprise des idées judicieuses et élaboration d’une synthèse globale qui sera transcrite au tableau
et recopiée par les élèves.
Le travail construit l'homme et procure des satisfactions à celui qui l'exerce.
Le travail est vital quant à la vie humaine
Le travail, revêt une importance primordiale dans développement de la société.
Le travail doit se dérouler dans le plein respect de la dignité humaine
Le travail, doit permettre à l’homme en tant qu’individu ou comme membre de la
société, de cultiver son avenir et d’assurer son existence.
En 1773, Voltaire écrit à d’Alembert : « Si j’ai encore quelques temps à vivre, je le
passerai à cultiver mon jardin comme candide. J’ai assez vécu comme lui »
Module I: Etudier les caractéristiques du conte philosophique : Candide de Voltaire
Séquence 7
Fiche N° : 4
Fiche pédagogique
Activité : Travaux encadrés
Durée : 1h
Niveau : 2emè année du baccalauréat
Compétence : Reconnaître les composants d’une fiche de lecture
Capacité : Rédiger une fiche de lecture de Candide, Voltaire
Démarche : cours dialogué
Support : Candide de Voltaire
Sujet : « Elaborer la fiche de lecture de Candide de Voltaire»
Le déroulement de l’activité
I. Phase orale:
Explication de la consigne:
Rédiger une fiche de lecture c’est donner avec précision les éléments
caractéristiques d’un ouvrage à l’exclusion de tout aspect secondaire. Il doit nous
renseigner de façon précise et succincte sur le contenu de l’œuvre choisie et sur ses
aspects essentiels.
II. Phase écrite :
Demander aux élèves de rédiger la fiche de lecture de Candide de Voltaire en respectant
les consignes.
Lecture des productions.
Mise en commun : Porter la meilleure production des élèves au tableau afin de la
corriger et de l’affiner collectivement.
La fiche de lecture
Candide ou l’optimisme, Voltaire
1. Identification de l’œuvre :
Titre : Candide ou l’optimisme
Editeur : ……………………
Date de publication : 1759
Le siècle : XVIII siècle
Nombre de chapitres : XXX chapitres
Genre de l’ouvrage : Un conte philosophique
Lieux : Sont très nombreux : le conte est très ouvert à l’exploitation de l’espace qui invite à
l’aventure
2. La biographie de l’auteur :
Nom complet : François-Marie Arouet, dit Voltaire (1694 - 1778)
Nationalité : Française
Citez certains écrits de l’auteur : œdipe, Lettres anglaises, la Henriade……
3. La composition du conte:
Le conte philosophique se compose de trente chapitres, le récit respecte l’ordre chronologique
des événements : elles s’enchaînent de manière linéaire (chronologique)
4. Résumé :
Candide vivait paisible et innocent chez le baron de Thunder-ten-tronckh, en Westphalie.
Le précepteur Pangloss professait son optimisme qui partage avec Candide d’autant plus qu’il
était amoureux de Cunégonde, fille du baron. Un jour, ce même baron surprend leurs amours et
chasse
Candide à coups de pied « dans le derrière ».Son existence ne sera plus qu’une suite de
malheurs. Enrôlé de force, il assiste à une horrible bataille, déserte et passe en Hollande.
Recueillis par un bon anabaptiste, ils arrivent à Lisbonne juste au moment du terrible
tremblement de terre. Une parole imprudente les fait condamner par l’Inquisition. Pangloss est
pendu ; Candide en sera quitte pour être seulement « prêché, fessé, absous et béni », après quoi
il retrouve Cunégonde, qui a miraculeusement échappé au massacre de sa famille lors de
l’invasion des Bulgares. Après tant d’obstacles, Candide séjourne au merveilleux pays
d’Eldorado. En quittant le pays pour rejoindre la Guyane hollandaise (actuel Suriname) il
rencontre un pauvre esclave. Après bien d’autres mésaventures, il arrive à Venise où il dîne
avec six rois détrônés, venus au Carnaval oublier leurs déboires. À Constantinople, il libère
Pangloss miraculeusement sauvé, mais devenu galérien. Il retrouve enfin Cunégonde enlaidie et
aigrie par ses malheurs (en Propontide) ; il l’épouse néanmoins et s’installe avec ses
compagnons dans une métairie où, renonçant à « pérorer », ils seront heureux grâce au travail
qui éloigne selon Voltaire « trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin ».
5. Les personnages principaux :
Candide : naïf et crédule : Il croit à la philosophie de son précepteur Pangloss, mais il finit
par l’abandonner
Le baron : c’est le maître du château.
La baronne : présentée par son poids
Son fils : ressemble en tout à son père, il refuse deux fois à Candide la main de sa sœur.
Cunégonde : une créature sensuelle. Elle est la cause de l’expulsion de Candide. Notre héros
l’aime pour sa beauté, une fois devenue laide, il n’en veut plus. Mais finit par accepter de
l’épouser parce qu’il est noble de principe et d’esprit.
Pangloss : Il avance des théories inspirées de Leibnitz sur l’optimisme. Philosophie rejetée
par Voltaire.
Martin : Il a vécu des expériences malheureuses, mais donne de bons conseils à Candide.
La vieille : Elle a eu énormément de malheurs et reste réservée devant l’optimisme de
Candide. Elle donne des conseils et aide Candide et Cunégonde avec ses précieux
suggestions.
Jacques l’anabaptiste : il est très généreux et aide Candide en lui donne donnant l’argent et
le fait travailler dans sa manufacture.
Abbé périgourdin : vole Candide par mensonge.
Gouverneur : Le gouverneur de Buenos-Aires : est très prétentieux et veut Cunégonde et la
change contre de l’argent, montrant ainsi sa cupidité.
Cacambo : aide et donne de bons conseils à Candide. Il a de l’expérience et sait s’en sortir
en toute circonstance.
Pococurante : très riche, mais ne s’intéresse à rien. Pour lui ni le pessimisme, ni
l’optimisme n’ont lieu d’être
6. Six mots nouveaux que j’ai découverts et leurs sens :
1 : Candide : Qui a de la candeur. Franc, innocent, naïf, pur et simple.
2 : L’optimisme : Philos. Doctrine selon laquelle le monde est le meilleur et le plus heureux
possible
3 : Autodafé : Cérémonie au cours de laquelle les hérétiques condamnés au supplice du feu par
l'Inquisition étaient conviés à faire acte de foi pour mériter leur rachat dans l'autre monde
7. Les thèmes abordés dans l’œuvre sont :
La mise en question de L’Optimisme :
la liberté≠ l’esclavagisme ;
la raison≠ la superstition ;
la tolérance≠ le fanatisme religieux ;
la séparation des pouvoirs ≠ la monarchie de droit divin ;
le bonheur ≠ les catastrophes naturelles
les aberrations humaines
8. Point de vue personnel :
Candide ou l’optimisme est un conte philosophique, mais aussi un roman d’apprentissage où
Voltaire nous fait un constat grinçant sur la société du XVIII siècle.