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Techniques analytiques en minéralogie

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CHAPITRE II : TECHNIQUES ANALYTIQUES EN MINERALOGIE

L’analyse minéralogique a pour objectif comme nous l’avons vu plus haut de faire
ressortir la chimie et les caractéristiques physiques des associations minéralogiques
des matériaux. Pour ce faire, de nombreuses techniques analytiques sont
développées et mises en œuvre par plusieurs laboratoires en fonction de leurs axes
de recherche.

Nous énumérons dans ce chapitre quelques techniques analytiques utilisées en


minéralogie et leurs principes.

N.B. : Bien vrai que ses méthodes sont tant qualitatives que quantitatives, la
connaissance du géologue (minéralogiste) est primordiale pour donner toute
interprétation aux résultats sortis de la machine.

II.1- Le microscope optique


"Le microscope optique permet de faire une description qualitative de la composition
minéralogique d’un échantillon et de sa texture.

Utilisation typique :

 identification des minéraux


 description de la texture des minéraux
 description des associations entre minéraux et estimation qualitative de leur
libération
L’étude minéralogique est d’une importance capitale dans le domaine minier, c’est
pourquoi elle se doit d’être très précise. Elle commence généralement par une étude
au microscope optique pour le nombre important d’informations que cet outil est
capable d’apporter (la compétence de l’expérimentateur est capitale). L’identification
minéralogique est basée sur la capacité des minéraux à réagir avec la lumière. Dans le
cas du microscope optique, il s’agit de la lumière transmise pour les minéraux
transparents (silicates, carbonates, etc), et de la lumière incidente pour les minéraux
opaques (sulfures, oxydes et hydroxydes). L’identification des minéraux sous le
microscope optique consiste en la détermination de certaines propriétés des
minéraux comme la couleur, la forme, le pléochroïsme, la (bi)réfringence, l’angle
d’extinction, le signe optique (minéraux transparents), la (bi)reflectance, l’anisotropie
et le pouvoir réflecteur (minéraux opaques). D’autres propriétés physiques sont
exploitées comme le relief, le clivage, la dureté au polissage, les réflexions internes,
etc.

Dans toute étude de caractérisation minéralogique, le microscope optique permet


une étude préliminaire de grande importance qui conduit à une identification des
phases minérales, de décrire leur taille et mixité et permet de cibler les zones
d’intérêt (à l’échelle du minéral ou du site) à étudier plus en détail avec d’autres
techniques de pointe qui permettent des caractérisations complémentaires et de
dépasser les limites de l’étude microscopique qui est surtout qualitative.

Il existe environ 300 minéraux opaques et parmi eux, une très grande majorité
présente des teintes de gris voisines qui ne permettent pas l’identification des
minéraux même par comparaison directe des grains côte à côte. Le problème est
encore plus difficile dans le cas de minerais broyés et des rejets miniers où les
minéraux ont une taille de l’ordre de quelques dizaines de microns et sont dispersés
dans la résine. La taille des grains de ces matériaux rend l’étude de leur propriété
optique difficile à cause de la faible résolution spatiale de l’optique des microscopes
et leur grossissement limité (environ 1000X). Pour des grossissements plus élevés et
l’observation de détails pertinents, il faut faire appel au microscope électronique qui
atteint des grossissements nettement plus élevés (300 à 1 000 000 X).

Par ailleurs, le microscope optique traditionnel a récemment pu bénéficier de l’emploi


de nouvelles techniques permettant d’exploiter d’autres propriétés de la matière que
les seules propriétés optiques (spectrométrie infrarouge et Raman). Le microscope
muni d’une caméra CCD reliée à un ordinateur, pour l’enregistrement des images et
leur traitement informatique, peut aussi devenir un instrument de quantification
minéralogique relativement puissant (imagerie multispectrale) mais les
développements dans ce domaine restent encore non concluants."
Figure 1 : Image d’un gabbro au microscope polarisant

II.2- La diffraction des rayons X (DRX)

La diffraction des rayons X permet de faire l’identification et la semi-quantification des


minéraux cristallisés (non amorphes) dans un échantillon. C’est une technique rapide
et peu coûteuse pour compléter l’analyse minéralogique par microscopie optique,
particulièrement pour les échantillons à grains très fin (difficiles à étudier par
microscopie optique). Les résultats obtenus par DRX peuvent être corrélés aux
analyses chimiques pour faire une interprétation croisée des données chimiques et
minéralogiques. La précision de la méthode DRX est de l’ordre de ± 0,5 à 1% massique
et nécessite une granulométrie très fine (inférieure à 10 µm).

Utilisation typique :

 Permet d’identifier et de quantifier les minéraux (semi-quantification)


 Permet d’étudier la cristallinité des minéraux
 Méthode très largement utilisée pour l’analyse des argiles
Figure 2 : Photo d’un appareil DRX et d’un diffractogramme réalisé sur un échantillon

Le diffractomètre consiste à bombarder l’échantillon par un faisceau de rayons X en


faisant varier l’angle d’incidence (θ). Au contact de l’échantillon, les rayons X sont
diffractés selon la loi de Bragg (nλ=2dsinθ) et recueillis par le détecteur de l’appareil.
Connaissant la longueur d’onde (λ) du faisceau incident (généré en général par une
anticathode de Co ou de Cu) et l’angle de diffraction (θ), on peut calculer les distances
inter-atomiques (d) spécifique à chaque minéral, et ainsi identifier le ou les minéraux
présents dans l’échantillon.

En effet, un minéral est constitué d’un assemblage d’atomes disposés en plans qui se
répètent dans les trois dimensions de l’espace et sont séparés l’un de l’autre par une
distance (d). L’ensemble des plans constitue la maille cristalline qui est caractéristique
à chaque minéral.

Les rayons X réfléchis sont enregistrés sous forme d’un diagramme appelé
diffractogramme constitué de pics.

Pour chaque minéral, on enregistre un ou des pics correspondant aux différents plans
atomiques du minéral. La hauteur de ces différents pics est proportionnelle à
l’intensité de la diffraction et donc à la concentration du minéral dans l’échantillon.

Avant que les échantillons soient soumis à l’analyse par diffraction des rayons X, une
pulvérisation est réalisée dans de l’alcool isopropylique dans un microniseur à
vibration avec des corps broyants en corindon. La taille des minéraux est ainsi réduite
à environ 10 µm.
II.3- La fluorescence X (XRF)

L’analyse chimique par fluorescence X permet de quantifier la composition


élémentaire des échantillons solides et liquides.

Utilisation typique :

 Analyse rapide pour les éléments majeurs et en trace (pourcentage massique)


et en trace (ppm) (1ppm = 1 mg/kg = 1 gramme/tonne = 0,0001 % massique)
 Détection des éléments allant du Be à l’Uranium
 Largement utilisée pour l’analyse en roche totale en géologie
La technique consiste à bombarder l’échantillon avec des rayons X, ce qui provoque
une excitation de ses atomes qui, lorsqu’ils retournent à leur état fondamental,
réémettent de l’énergie sous la forme de rayons X à énergie et longueur d’onde
caractéristique de chaque élément présent ; c’est la fluorescence X, ou émission
secondaire de rayons X. On mesure ensuite les rayons X émis par l’échantillon pour
quantifier les concentrations massiques en éléments présents.

Figure 3 : Photo d’un appareil XRF portatif de marque Niton XL3t pour les mesures in situ

Il existe deux systèmes de fluorescence des rayons X dépendamment de la manière


dont les rayons X sont détectés :

 un système FRX à dispersion de longueur d’onde (WD-XRF : wavelength


dispersive X-ray fluorescence spectrometry)
 un système FRX à dispersion d’énergie (EDXRF : energy dispersive X-ray
fluorescence spectrometry)
II.4- Le Microscope Electronique à Balayage (MEB)

Le microscope électronique permet d’aider à l’identification des minéraux par


micro-analyses élémentaires à l’aide de spectromètres à dispersion d’énergie ou
de longueur d’onde.

Utilisation typique :

 identification des minéraux par détermination de leur stœchiométrie par micro-


analyses élémentaires
 détermination de la morphologie des minéraux
 quantification des minéraux par des logiciels spécifiques très sophistiqués
 la précision de la micro-analyse est de l’ordre de 0.1% massique

Figure 4 : Photo d’un microscope électronique à balayage


Figure 5 : Imagerie en électron rétrodiffusé (EDS) fournie par un microscope électronique à balayage

L’identification minéralogique au microscope optique peut parfois être imprécise


quand certains minéraux sont très fins et présentent des propriétés optiques très
difficiles à étudier.

Dans ce cas, le MEB est souvent sollicité pour aider à l’identification minéralogique. Il
est l’un des outils les plus utilisés en science de la terre et des matériaux. Son intérêt
réside dans le fait qu’il permet d’étudier simultanément la morphologie et la
composition chimique des matériaux.

Son principe de fonctionnement consiste à envoyer sur l’échantillon, placé dans une
chambre sous vide, un faisceau d’électrons qui sont arrachés à un filament de
tungstène ou d’hexaborure de lanthane (LaB6) en lui appliquant une haute tension.
Quand le faisceau d’électrons pénètre dans l’échantillon, il diffuse dans un volume
appelé poire de diffusion (~1 µm³). Les électrons incidents peuvent subir deux types
d’interactions au contact de l’échantillon : i) élastique où ils entrent en collision avec
les atomes de l’échantillon et en ressortent sans perdre d’énergie (ou faible perte). Il
s’agit d’électrons rétrodiffusés qui proviennent d’une zone assez profonde de
l’échantillon (100 à 200 nm,). En mode de visualisation par électron rétrodiffusés, les
minéraux possédant un numéro atomique (Z) élevé (sulfures, sulfosels, métaux, etc)
apparaissent plus brillants que ceux ayant un numéro atomique faible (minéraux de
gangue tels que les silicates et les carbonates, etc). C’est ce contraste chimique qui est
fortement apprécié pour la distinction des minéraux entre eux et sert à leur
identification et quantification sous le MEB ; ii) inélastique : il se produit un transfert
d’énergie des électrons incidents aux atomes de l’échantillon et on obtient : 1) les
électrons secondaires qui proviennent des couches superficielles et permettent de
visualiser la topographie de l’échantillon avec une grande profondeur de champ ; 2) les
électrons Auger et des Rayons X. En effet, lorsqu’un atome est bombardé par le
faisceau d’électrons de forte énergie, il se produit une ionisation et un électron d’une
couche profonde est éjecté. Ce dernier est remplacé par un électron d’une couche
supérieure et un photon X est émis. L’analyse des rayons X permet d’obtenir des
informations sur la composition chimique de l’échantillon. Parfois, une partie de
l’énergie des photons X peut être transmise à un électron d’une orbite externe qui se
retrouve éjecté, c’est un électron Auger. Il possède une très faible énergie et est
caractéristique de l’atome qui l’a émis (exploité en Spectrométrie Auger).

Le MEB devient un outil d’analyse chimique quand il est équipé d’un détecteur qui
enregistre les rayons X en dispersion d’énergie (EDS) ou de longueur d’onde (WDS).
L’acquisition de la composition chimique de l’échantillon peut se faire sur toute la
surface de l’image (analyse chimique globale ou cartographie élémentaire de Rayons
X) ou de manière ponctuelle (micro-analyse).
Figure 6 : Imagerie en électron rétrodiffusé (EDS) et spectres d’analyses ponctuelles obtenus avec un
microscope électronique à balayage

II.5- L’ablation Laser couplée à une analyse ICP-MS

L’ablation Laser couplée à une analyse ICP-MS, communément appelée LA-ICP-MS,


permet de faire des micro-analyses avec plus de précision que la microsonde
électronique pour la recherche de métaux en trace. La précision de la technique réside
dans l’utilisation d’un spectromètre de masse.

Utilisation typique :

 Micro-analyse des minéraux pour la recherche des éléments précieux (Au,


Ag, PGM)
 Cartographies élémentaires pour des teneurs en trace
 la précision de la micro-analyse est de l’ordre de quelques ppm à quelques
ppb massique

1 ppm = 1 mg/kg = 1 gramme/tonne = 0,0001 % massique


1 ppb = 0,001 ppm = 0,001 mg/kg = 0,001 gramme/tonne = 0,0000001 % massique.

Certains éléments chimiques trace peuvent être en quantité encore plus basse que la
limite de détection de la microsonde électronique, donc de l’ordre de quelques ppm
(partie par million) ou quelques ppb (Partie par milliard). Pour les détecter, on peut
faire appel à des techniques de micro-analyse qui ont des limites de détection
élémentaire très basses, comme la microsonde ionique ou l’ablation Laser, toutes deux
couplées à un spectromètre de masse.

N.B : La microsonde ionique est une technique très coûteuse et très peu disponible
comparée à l’ablation Laser.

L’ablation Laser devient de plus en plus répondue et accessible dans les laboratoires
d’analyse minéralogiques. Elle est donc beaucoup sollicitée pour le dosage des
éléments trace dans les minerais pour l’exploration minière et la recherche de métaux
précieux et pour les procédés métallurgiques.
Cette technique consiste à bombarder le minéral par un faisceau Laser focalisé et de
très haute énergie. Le minéral est donc pulvérisé au point d’impact du Laser (de
quelques micron) et les microfragments du minérale (vapeur de particules) sont
entrainés par l’argon dans une torche à plasma ICP et sont analysés par un
spectromètre de masse (ICP-MS).

II.6- La microsonde électronique

La microsonde électronique est spécifiquement dédiée à la micro-analyse des


minéraux en utilisant les spectromètres à dispersion de longueur d’onde qui permettent
d’atteindre une précision d’analyse jusqu’à 50 fois plus précise que celle du MEB.

Utilisations typiques :

 Identification des minéraux par détermination de leur stœchiométrie avec une


grande précision
 Permet des cartographies élémentaires avec une très haute résolution
 la précision de la micro-analyse est de l’ordre de 50 ppm massique
1ppm = 1 mg/kg = 1 gramme/tonne = 0,0001 % massique
Figure 7 : Photo d’une microsonde électronique couplée à ses écrans de visualisation

Le principe de fonctionnement de la Microsonde électronique est identique à celui du


microscope électronique et permet les mêmes types d’investigations en utilisant les
électrons secondaires, les électrons rétrodiffusés, et les rayons X permettant de dresser
des cartographies élémentaires et des micro-analyses très précises. La microsonde
électronique est essentiellement dédiée à l’analyse chimique élémentaire des minéraux
avec une très bonne précision ayant une limite de détection qui peut descendre jusqu’à
quelques dizaines de ppm. La précision de la microsonde est liée à : i) l’utilisation
d’un détecteur à dispersion de longueur d’onde (WDS) et ii) à l’utilisation d’étalons
pour lesquels on effectue une acquisition juste avant l’analyse de l’échantillon pour
calibrer la machine. Le spectromètre WDS exploite la loi de Bragg (nλ=2dsinθ) qui
permet de déterminer la longueur d’onde (λ) des rayons X émis par le minéral analysé,
connaissant le (d) du crystal monochromateur et son angle (θ).

La microsonde électronique, comme le microscope électronique, est utilisée pour


l’exploration, l’exploitation minière, le traitement de minerai, la caractérisation
environnementale, et la valorisation des rejets miniers. Elle permet des analyses avec
des limites de détection nettement plus basse pour doser les éléments trace (Cd, As, Ni,
Sb, etc.) dans les minéraux. C’est un outil d’analyse particulièrement intéressant pour
l’analyse de l’or réfractaire dans les sulfures quand les teneurs sont de quelques
dizaines à quelques centaines de ppm.

Figure 9 : image montrant la zonation du Na dans un cristal de plagioclase


Figure 10 : la microsonde permet à partir d’analyse ponctuelle d’obtenir la composition chimique du
minérale et de calculer les proportions stœchiométriques (sera vu au T.D/T.P)

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