0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
64 vues13 pages

Chapitre 1

Transféré par

Moncef Code
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
64 vues13 pages

Chapitre 1

Transféré par

Moncef Code
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

CHAPITRE 1

CYCLE ET BILAN HYDROLOGIQUES


1.1 Introduction

La question de la disponibilité et d'accès à l'eau est sans aucun doute un des problèmes
majeurs auquel devra faire face l'humanité durant le siècle à venir. Aujourd'hui on estime en
effet qu'un habitant sur cinq de la planète n'a pas accès à l'eau en suffisance et un sur trois a
une eau de qualité. Dans ce contexte, il peut être utile de rappeler que "la mesure quantitative
et qualitative des éléments du cycle hydrologique et la mesure des autres caractéristiques de
l'environnement qui influent sur l'eau constituent une base essentielle pour une gestion
efficace de l'eau". (Déclaration de Dublin, 1992). De fait, la compréhension et l'analyse du
cycle de l'eau est la base de toute étude et réflexion au sujet de la gestion des eaux.

1.2 L'eau, généralités

L'eau est la source principale et originelle de toute vie. Elle se présente, dans la nature, sous
trois états :

 Solide : neige et glace.


 Liquide : eau chimiquement pure ou chargée en solutés.
 Gazeux : à différents degrés de pression et de saturation.

Le changement de phase de l'eau dépend essentiellement de la température et de la pression


mais aussi du degré de pollution de l'atmosphère. La figure suivante donne les différentes
conditions de pression et de température pour les trois états de l'eau, ainsi que les
transformations de phase.

Fig 1.1 - Diagramme des phases de l'eau (Tiré de Musy )

L'eau se retrouve, sous ses trois formes dans l'atmosphère terrestre. Les eaux sont en constante
circulation sur la terre et subissent des changements d'état. L'importance de ces modifications
fait de l'eau le principal agent de transport d'éléments physiques, chimiques et biologiques.
L'ensemble des processus de transformation et de transfert de l'eau forme le cycle
hydrologique.
Les mécanismes des mouvements de l'eau dans la nature sont déterminés par l'énergie
thermique solaire, la gravité, l'attraction solaire, l'attraction lunaire, la pression
atmosphérique, les forces intermoléculaires, les réactions chimiques, nucléaires et les activités
biologiques, et enfin les activités humaines. L'énergie thermique du soleil produit une
circulation de l'air dans l'atmosphère, en raison du fait que la surface terrestre est réchauffée
de façon inégale. La force de gravité est responsable des phénomènes de précipitations, de
ruissellement, d'infiltration et de courant de convection. L'attraction solaire et lunaire est à
l'origine des marées et des courants marins. Les différences de pression atmosphérique
occasionnent les déplacements horizontaux de l'air. Les vents sont eux-mêmes responsables
du mouvement des couches superficielles dans les lacs et les océans. Les forces
intermoléculaires dans le sol provoquent les phénomènes capillaires ainsi que la viscosité et
influencent donc la vitesse d'écoulement. L'eau est une des composantes de plusieurs
réactions chimiques organiques ou inorganiques. Un autre type de transformation de l'eau est
le processus physiologique qui se produit dans l'organisme animal. Finalement, l'homme
intervient directement sur les processus de mouvement et de transformation de l'eau. Son
action peut conduire à une meilleure gestion de sa plus précieuse ressource naturelle, mais elle
peut aussi causer de nombreux problèmes, notamment en perturbant le cycle hydrologique,
tant au niveau quantitatif que qualitatif.

1.3 Le cycle hydrologique

1.3.1 Définition

Le cycle hydrologique est un concept qui englobe les phénomènes du mouvement et du


renouvellement des eaux sur la terre (Fig. 1-2). Cette définition implique que les mécanismes
régissant le cycle hydrologique ne surviennent pas seulement les uns à la suite des autres,
mais sont aussi concomitants. Le cycle hydrologique n'a donc ni commencement, ni fin.
Sous l'effet du rayonnement solaire, l'eau évaporée à partir du sol, des océans et des autres
surfaces d'eau, entre dans l'atmosphère. L'élévation d'une masse d'air humide permet le
refroidissement général nécessaire pour l'amener à saturation et provoquer la condensation de
la vapeur d'eau sous forme de gouttelettes constituant les nuages, en présence de noyaux de
condensation. Puis la vapeur d'eau, transportée et temporairement emmagasinée dans les
nuages, est restituée par le biais des précipitations aux océans et aux continents. Une partie de
la pluie qui tombe peut être interceptée par les végétaux puis être partiellement restituée sous
forme de vapeur à l'atmosphère. La pluie non interceptée atteint le sol. Suivant les conditions
données, elle peut alors s'évaporer directement du sol, s'écouler en surface jusqu'aux cours
d'eau (ruissellement de surface) ou encore s'infiltrer dans le sol. Il peut aussi y avoir
emmagasinement temporaire de l'eau infiltrée sous forme d'humidité dans le sol, que peuvent
utiliser les plantes. Il peut y avoir percolation vers les zones plus profondes pour contribuer au
renouvellement des réserves de la nappe souterraine.
Un écoulement à partir de cette dernière peut rejoindre la surface au niveau des sources ou des
cours d'eau. L'évaporation à partir du sol, des cours d'eau, et la transpiration des plantes
complètent ainsi le cycle.
Fig. 1.2 - Représentation du cycle de l'eau

Le cycle de l'eau est donc sujet à des processus complexes et variés parmi lesquels nous
citerons les précipitations, l'évaporation, la transpiration (des végétaux), l'interception, le
ruissellement, l'infiltration, la percolation, l'emmagasinement et les écoulements souterrains
qui constituent les principaux chapitres de l'hydrologie. Ces divers mécanismes sont rendus
possibles par un élément moteur, le soleil, organe vital du cycle hydrologique.

1.3.2 Les composantes du cycle hydrologique

[Link] Les précipitations

Sont dénommées précipitations toutes les eaux météoriques qui tombent sur la surface de la
terre, tant sous forme liquide (bruine, pluie, averse) que sous forme solide (neige, grésil,
grêle) et les précipitations déposées ou occultes (rosée, gelée blanche, givre,...). Elles sont
provoquées par un changement de température ou de pression. La vapeur d'eau de
l'atmosphère se transforme en liquide lorsqu'elle atteint le point de rosée par refroidissement
ou augmentation de pression. Pour produire la condensation, il faut également la présence de
certains noyaux microscopiques, autour desquels se forment des gouttes d'eau condensées. La
source de ces noyaux peut être océanique (chlorides, en particulier NaCl produit par
l'évaporation de la mer), continentale (poussière, fumée et autres particules entraînées par des
courants d'air ascendants) ou cosmiques (poussières météoriques). Le déclenchement des
précipitations est favorisé par la coalescence des gouttes d'eau. L'accroissement de poids leur
confère une force de gravité suffisante pour vaincre les courants ascendants et la turbulence
de l'air, et atteindre le sol. Enfin, le parcours des gouttes d'eau ou des flocons de neige doit
être assez court pour éviter l'évaporation totale de la masse. Les précipitations sont exprimées
en intensité (mm/h) ou en lame d'eau précipitée (mm) (rapport de la quantité d'eau précipitée
uniformément répartie sur une surface).

[Link] L'évaporation/l'évapotranspiration

L'évaporation se définit comme étant le passage de la phase liquide à la phase vapeur, il s'agit
de l'évaporation physique. Les plans d'eau et la couverture végétale sont les principales
sources de vapeur d'eau. On parle de sublimation lors du passage direct de l'eau sous forme
solide (glace) en vapeur. Le principal facteur régissant l'évaporation est la radiation solaire.
Le terme évapotranspiration englobe l'évaporation et la transpiration des plantes. On distingue
:

 l'évapotranspiration réelle (ETR) : somme des quantités de vapeur d'eau évaporées


par le sol et par les plantes quand le sol est à une certaine humidité et les plantes à un
stade de développement physiologique et sanitaire spécifique.
 l'évapotranspiration de référence (ET0) (anciennement évapotranspiration potentielle)
: quantité maximale d'eau susceptible d'être perdue en phase vapeur, sous un climat
donné, par un couvert végétal continu spécifié (gazon) bien alimenté en eau et pour un
végétal sain en pleine croissance. Elle comprend donc l'évaporation de l'eau du sol et
la transpiration du couvert végétal pendant le temps considéré pour un terrain donné.

L'évaporation est une des composantes fondamentales du cycle hydrologique et son étude est
essentielle pour connaître le potentiel hydrique d'une région ou d'un bassin versant. En
général, des analyses spécifiques d'évaporation devront être faites pour des études de bilan et
de gestion de l'eau par les plantes. Cependant, ces analyses approfondies sont moins
nécessaires pour les études de projets d'aménagement où l'eau est plutôt considérée sous un
aspect d'agent dynamique.

[Link] L'interception et le stockage dans les dépressions

La pluie (ou dans certains cas la neige) peut être retenue par la végétation, puis redistribuée en
une partie qui parvient au sol et une autre qui s'évapore. La partie n'atteignant jamais le sol
forme l'interception. Son importance est difficile à évaluer et souvent marginale sous nos
climats, donc souvent négligée dans la pratique. Le stockage dans les dépressions est, tout
comme l'interception, souvent associé aux pertes. On définit l'eau de stockage comme l'eau
retenue dans les creux et les dépressions du sol pendant et après une averse.
La quantité d'eau susceptible d'être interceptée varie considérablement. Si la végétation offre
une grande surface basale ou foliaire, donc un important degré de couverture, la rétention
d'eau peut atteindre jusqu'à 30% de la précipitation totale pour une forêt mixte, 25% pour les
prairies et 15% pour les cultures. L'effet respectif de l'interception et du stockage dans les
dépressions est très variable et diminue au cours de l'averse. Il provoque en générale un retard
dans le démarrage et la réaction hydrologique qui peut être perçue à l'exutoire du bassin.

[Link] L'infiltration et la percolation

L'infiltration désigne le mouvement de l'eau pénétrant dans les couches superficielles du sol et
l'écoulement de cette eau dans le sol et le sous-sol, sous l'action de la gravité et des effets de
pression. La percolation représente plutôt l'infiltration profonde dans le sol, en direction de la
nappe phréatique. Le taux d'infiltration est donné par la tranche ou le volume d'eau qui
s'infiltre par unité de temps (mm/h ou m3/s). La capacité d'infiltration ou l'infiltrabilité est la
tranche d'eau maximale qui peut s'infiltrer par unité de temps dans le sol et dans des
conditions données. L'infiltration est nécessaire pour renouveler le stock d'eau du sol,
alimenter les eaux souterraines et reconstituer les réserves aquifères. De plus, en absorbant
une partie des eaux de précipitation, l'infiltration peut réduire les débits de ruissellement.

[Link] Les écoulements

De par la diversité de ses formes, on ne peut plus aujourd'hui parler d'un seul type
d'écoulement mais bien des écoulements. On peut distinguer en premier lieu les écoulements
rapides des écoulements souterrains plus lents. Les écoulements qui gagnent rapidement les
exutoires pour constituter les crues se subdivisent en écoulement de surface (mouvement de
l'eau sur la surface du sol) et écoulement de subsurface (mouvement de l'eau dans les premiers
horizons du sol). L'écoulement souterrain désigne le mouvement de l'eau dans le sol. On peut
encore ajouter à cette distinction les écoulements en canaux ou rivières qui font appel à des
notions plus hydrauliques qu'hydrologiques (à l'exception des méthodes de mesures comme
nous le verrons ultérieurement).
Au-delà de cette distinction simpliste – ces notions seront réexaminées plus en détail au
chapitre 9 consacré à l'étude des processus de génération des crues – on remarquera que les
écoulements peuvent aussi se signaler par leur domaine d'application. L'écoulement de surface
caractérise un écoulement sur une surface et s'exprime généralement par un rapport volume /
surface / temps [L3/L2/T]. Il est ainsi souvent exprimé en millimètre par année hydrologique
dans les études de bilans ou encore en litres par secondes et par hectares dans le cadre de
projet d'aménagement des terres et des eaux (drainage ou irrigation). Les écoulements
souterrains et en rivière font explicitement référence à la notion de débit, à savoir à un volume
d'eau traversant une section par unité de temps [L3/T].

1.3.3 Systèmes hydrologiques

Le cycle de l'eau est planétaire et perpétuel. Pour l'exécution des études hydrogéologiques il
est nécessaire de le fractionner, conventionnellement, en domaines d'espace et en durées
accessibles aux observations, expérimentations et mesures, donc en systèmes hydrologiques.
L'étude du cycle de l'eau situe les systèmes hydrologiques dans leur environnement et permet
d'analyser leur comportement hydrodynamique.

Trois domaines d'espaces interdépendants, emboîtés, peuvent être circonscrits. Ils identifient 3
systèmes hydrologiques, dans l'ordre de grandeur décroissant :

[Link] Le bassin hydrologique

Le bassin hydrologique ou bassin versant est circonscrit par les lignes de crêtes
topographiques, délimitant le bassin versant d'un cours d'eau et de ses affluents. Il correspond
donc, en surface au bassin hydrogéographique. Il est admis que ses limites se superposent, au
mieux, à celles du bassin hydrogéologique. Ces conditions sont en général réalisées pour les
grandes unités, de l'ordre de quelques centaines de millier de km².
Fig.1.3. Définition d’un bassin versant

[Link] Le bassin hydrogéologique ou des eaux souterraines

Le bassin hydrogéologique est la fraction de l'espace du bassin hydrologique située sous la


surface du sol. C'est le domaine des eaux souterraines. En général, il correspond à un bassin
sédimentaire. Ses limites sont imposées par la structure géologique.

Fig.1.4. Bassin hydrogéologique

[Link] L'aquifère avec sa nappe d'eau souterraine

L'aquifère, identifié par la géologie, est l'unité de domaine d'étude des eaux souterraines. Le
bassin hydrogéologique est constitué d'un ou de plusieurs aquifères.
Fig.1.5. Systèmes hydrologiques

1.4 La répartition des eaux

Nous pouvons concevoir la répartition des eaux sur la terre selon différents points de vue :

 Une répartition quantitative et qualitative des eaux à l'échelle du globe, et par rapport
aux différentes composantes du cycle hydrologique.
 Une répartition spatiale du bilan de l'eau sur les continents et à l'échelle d'une zone
géographique.

1.4.1 A l'échelle du globe


La terre, vue de l'espace, apparaît comme une planète recouverte en grande partie d'eau
(planète bleue). Les océans occupent en effet une superficie à peu près égale à 70% de la
surface du globe et représentent 97% de la masse totale d'eau dans la biosphère. Le tableau
1.1 donne quelques grandeurs indicatives tandis que la figure 1.3 présente la disponibilité
mondiale d'eau.
On peut encore remarquer que la superficie des terres émergées de l'hémisphère Nord est deux
fois supérieure à celle de l'hémisphère sud. De plus la distribution spatiale des aires
continentales et océaniques à la surface du globe est inhomogène. La distribution quantitative
des eaux sur terre fait apparaître que les eaux dites douces ne représentent qu'environ 3% du
volume total des eaux du globe. Elles se retrouvent à 99% dans les calottes polaires, les
glaciers et les eaux souterraines de grandes profondeurs qui représentent des réserves d'eau
douce difficilement accessibles. Toutefois, dans certaines régions montagneuses (Andes,
Rocheuses, Alpes), les eaux de fonte alimentent la plupart des cours d'eau et le débit des
fleuves est étroitement lié au taux de fonte des glaciers.

Tableau 1.1 - Fraction des réserves totales et des réserves d'eau douce des différents stocks
d'eau de la planète (Tiré de Gleick, 1993))
Fraction des
Fraction des
Réservoir réserves d'eau
réserves totales [%]
douces [%]
Eaux océaniques 96,5379

Eaux souterraines totales 1,6883


Nappes d'eau douce 0,7597 30,0606
Eau du sol 0,0012 0,0471

Glaciers et couverture neigeuse


1,7362 68,6972
permanente
Antarctique 1,5585 61,6628
Groenland 0,1688 6,6801
Arctique 0,0060 0,2384
Régions montagneuses 0,0029 0,1159

Permafrost 0,0216 0,8564

Réserves d'eau dans les lacs 0,0127


Douces 0,0066 0,2598
Salées 0,0062

Marais 0,0008 0,0327


Rivières 0,0002 0,0061
Eau biologique 0,0001 0,0032
Eau atmosphérique 0,0009 0,0368

Réserves totales 100


Réserves d'eau douce 2,53 100

Les eaux souterraines occupent le 2ème rang des réserves mondiales en eau douce après les
eaux contenues dans les glaciers. Elles devancent largement les eaux continentales de surface.
Leur apport est d'autant plus important que, dans certaines parties du globe, les populations
s'alimentent presque exclusivement en eau souterraine par l'intermédiaire de puits, comme
c'est le cas dans la majorité des zones semi-arides et arides. En Suisse, l'eau potable a pour
origine principale l'eau souterraine (70 - 80%) et secondaire l'eau de surface (20 - 30%). On
doit cependant garder à l'esprit que plus de la moitié de l'eau souterraine se trouve à plus de
800 mètres de profondeur et que son captage demeure en conséquence difficile. En outre, son
exploitation abusive entraîne souvent un abaissement irréversible des nappes phréatiques et
parfois leur remplacement graduel par de l'eau salée (problème rencontré en zone maritime
telle qu'en Libye, Sénégal, Egypte, etc.).
Les eaux continentales de surface (lacs d'eau douce, rivières, fleuves, etc.) sont, à l'inverse des
eaux souterraines, très accessibles. Par contre, elles sont quantitativement infimes et sont
susceptibles d'être plus facilement polluées malgré l'effort fait depuis une dizaine d'années
pour en améliorer la qualité. Le Canada possède à lui seul 30 % des réserves mondiales d'eau
douce et 6% du ruissellement terrestre.
Quant aux eaux météoriques, elles peuvent paraître quantitativement très modestes, du moins
dans certaines régions. Néanmoins, elles constituent une étape essentielle du cycle de l'eau. Le
pourcentage d'eau disponible pour l'homme est certes très faible, mais suffisant grâce à la
circulation ou au recyclage de cette eau.
Dans chacun des ces grands réservoirs terrestres, l'eau se renouvelle au fil des ans. La vitesse
de renouvellement des eaux dans les réservoirs est mesurée par un flux : le temps de séjour
moyen ou temps de résidence est obtenu en divisant la taille du réservoir par le flux d'entrée
(somme de tous les flux entrants) ou de sortie (somme de tous les flux sortants) (tableau 1.2).

Tableau 1.2 - Temps de renouvellement de l'eau dans les principaux réservoirs


(Tiré de Gleick (1993), Jacques (1996))

Réservoir Temps de renouvellement Temps de renouvellement


(Jacques, 1996) (Gleick, 1993)

Océans 2500 ans 3100 ans

Calottes glaciaires 1000 – 10'000 ans 16000 ans

Eaux souterraines 1500 ans 300 ans

Eaux du sol 1 an 280 jours

Lacs 10-20 ans 1-100 ans (eaux douces)

10-1000 ans (eaux salées)

Cours d'eau 10-20 jours 12-20 jours

Eau atmosphérique 8 jours 9 jours

Biosphère Quelques heures -


Le cycle global de l'eau se subdivise en cycles océanique et continental. Des échanges
d'environ 40000 km3/an équilibrent le bilan de ces deux cycles. A l'échelle du globe, le bilan
hydrique est théoriquement nul. La contribution de l'océan au bilan évaporation-précipitation
représente 86% de l'évaporation totale, mais seulement 78% des précipitations. La différence
de 8% se retrouve, sur les continents, par l'excès des précipitations sur l'évaporation. Cet
excès est la cause de l'écoulement fluvial continental. L'évaporation prédomine dans les
régions océaniques tropicales, tandis que les précipitations se produisent principalement dans
les zones océaniques et continentales équatoriales ainsi qu'au-dessus des chaînes de montagne
situées aux basses latitudes. On comprend de cette façon que le cycle de l'eau soit étroitement
influencé par le rapport des superficies continents-océans ou, à superficies égales, par la
répartition des aires continentales en fonction de la latitude ou, à positions égales, par la
distribution des altitudes. Cependant, cette représentation du cycle de l'eau reste quand même
approximative et les pourcentages attribués aux divers mécanismes de transport de l'eau
peuvent être quelque peu différents suivant les auteurs. Les trois processus principaux, à
savoir les précipitations, l'évaporation et le ruissellement, décroissent de l'équateur vers les
pôles.
Sur un même parallèle, l'intensité de l'évaporation sur les continents est pratiquement
uniforme. En général, la quantité totale de précipitations en un point est inversement
proportionnelle à sa distance à l'océan. Pour une même position géographique, les quantités
totales de précipitations et de ruissellement sont directement proportionnelles à l'élévation
moyenne du bassin versant jusqu'à une certaine altitude (optimum pluviométrique). Parmi les
composantes du cycle hydrologique, l'évaporation est la moins sensible aux changements
d'environnement géographique, suivie des précipitations et du ruissellement.

1.4.2 A l'échelle des continents

A l'échelle continentale, les principaux éléments de la répartition des eaux sont donnés par le
tableau 1.3 ci-après. Le pourcentage des précipitations qui ruisselle est plus important dans
l'hémisphère Nord (~40%) que dans l'hémisphère sud (Australie : ~35%, Afrique : ~20% et
Amérique du sud : ~10%).
Tableau 1.3 - Principaux éléments de la répartition des eaux à l'échelle du globe

Précipitations Evaporation Ruissellement


Continents
mm mm mm
Europe 790 507 283
Afrique 740 587 153
Asie 740 416 324
Amérique du Nord 756 418 339
Amérique du Sud 1600 910 685
Australie et Océanie 791 511 280
Antarctique 165 0 165
Moyenne pour tous les continents 800 485 315

1.5 Le bilan hydrique

On peut schématiser le phénomène continu du cycle de l'eau en trois phases :

 les précipitations,
 le ruissellement de surface et l'écoulement souterrain,
 l'évaporation.

Il est intéressant de noter que dans chacune des phases on retrouve respectivement un
transport d'eau, un emmagasinement temporaire et parfois un changement d'état. Il s'ensuit
que l'estimation des quantités d'eau passant par chacune des étapes du cycle hydrologique
peut se faire à l'aide d'une équation appelée "hydrologique" qui est le bilan des quantités d'eau
entrant et sortant d'un système défini dans l'espace et dans le temps. Le temporel introduit la
notion de l'année hydrologique. En principe, cette période d'une année est choisie en fonction
des conditions climatiques. Ainsi en fonction de la situation météorologique des régions,
l'année hydrologique peut débuter à des dates différentes de celle du calendrier ordinaire. Au
niveau de l'espace, il est d'usage de travailler à l'échelle d'un bassin versant (entité structurelle
définie en détails au chapitre 2) mais il est possible de raisonner à un autre niveau (zone
administrative, entité régionale, etc.).
L'équation du bilan hydrique se fonde sur l'équation de continuité et peut s'exprimer comme
suit, pour une période et un bassin donnés :

(1.1)

Avec :

P : précipitations (liquide et solide) [mm],

S : ressources (accumulation) de la période précédente (eaux souterraines,


humidité du sol, neige, glace) [mm],

R : ruissellement de surface et écoulements souterrains [mm],

E : évaporation (y compris évapotranspiration) [mm],

S + DS : ressources accumulées à la fin de la période [mm].

On exprime généralement les termes du bilan hydrique en hauteur d'eau (mm par exemple),
on parle alors de lame d'eau (précipitée, écoulée, évaporée, stockée, etc.). Cette équation
exprime simplement que la différence entre le débit d'eau entrant et le débit d'eau sortant d'un
volume donné (par exemple un bassin versant) au cours d'une période déterminée est égale à
la variation du volume d'eau emmagasinée au cours de la dite période. Elle peut s'écrire
encore sous la forme simplifiée suivante :
(1.2)

Avec :

E : évaporation [mm] ou [m3],

I : volume entrant [mm] ou [m3],

O : volume sortant [mm] ou [m3],


DS : variation de stockage [mm] ou [m3].

Si le bassin versant naturel est relativement imperméable, la variation de stock sur une période
donnée peut être considérée comme nulle (DS=0). Dès lors, on peut introduire le déficit
d'écoulement D dans l'équation qui s'écrit :
(1.3)
Ce déficit d'écoulement représente essentiellement les pertes dues à l'évaporation. Il peut être
estimé à l'aide de mesures ou de méthodes de calcul. A titre illustratif, les formules de Turc et
Coutagne sont les suivantes :

1. Formule de Turc

(1.4)

Avec :

D : déficit d'écoulement [mm],

P : pluie annuelle

T : température moyenne annuelle [°C].

L = 300 + 25 T + 0.05 T3.

2. Formule de Coutagne

(1.5)

Avec :

D : déficit d'écoulement [mm],

P : pluie annuelle [mm],

m= 1/(0.8 + 0.16 T) : coefficient régional (m=0.42 pour la


France).

3. La connaissance du déficit d'écoulement permet d'évaluer le comportement du système


ou la fiabilité des données sensées le décrire, par comparaison entre les valeurs du
déficit calculées directement et les valeurs estimées dans un bassin versant plus grand.

Vous aimerez peut-être aussi