Théorie des Organisations : Concepts Clés
Théorie des Organisations : Concepts Clés
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• « La raison d’être d’une organisation est de permettre à des gens
ordinaires de faire des choses extraordinaires ».
Peter Drucker
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Bibliographie
Des ouvrages complémentaires à caractère pédagogique :
• Callens, Stéphane (2023), Théorie des organisations, Ellipses, Paris.
• Desreumaux, Alain (2015), Théorie des organisations, EMS Editions,
Paris.
• Encyclopaedia Universalis (2019!, Sociologie du travail et des
organisations, Paris.
• Plane, Jean-Michel (2017), Théorie des organisations, Dunod, Paris.
• Mintzberg, Henry (2023), Comprendre les organisations, Eyrolles, Paris.
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Travaux à réaliser
4
Introduction : Les écoles de la TO
5
I. La théorie des organisations : carrefour des
sciences
6
II. Historique: revue des écoles
Système fermé Système ouvert
7
III. L’ère des pionniers
8
A. Le courant rationaliste
9
Qui est Taylor ?
• Frédéric Winslow Taylor (1856-1915) considéré comme l'un des pionniers du management, est
né en 1856, en Pennsylvanie, à Germantown, dans une famille aisée de tradition Quaker.
• De 1874 à 1878, il apprend les métiers d'ouvrier modeleur et de mécanicien dans une petite
usine, tout en préparant les concours d'admission à l'enseignement secondaire.
• Il est le fondateur du management scientifique du travail, qui fit passer l'art, le savoir faire d'un
petit nombre au savoir refaire du plus grand nombre en formalisant et standardisant les
méthodes, les outils, les connaissances. Taylor s'appuya sur la démarche scientifique qui observe
et quantifie.
• Il utilisa essentiellement le chronomètre, segmenta les tâches et sépara les fonctions d'exécution
et d'organisation, prôna la spécialisation.
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Les hypothèses du courant rationaliste
• Le travailleur a des motivations rationalistes
• C’est un être rationnel qui a un comportement logique
• Il faut instaurer un système de contrôle de l’activité des individus
• L’appréciation de l’efficacité des comportements se fait par la mesure de
la productivité et le respect des procédures
11
Les hypothèses du courant rationaliste
L’organisation peut être optimisée sur la base de
quelques principes clés :
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Le style de Taylor
«Il nous faut dire que l’une des premières caractéristiques d’un homme qui est
capable de faire le métier de manutentionnaire de gueuses de fonte est qu’il est
si peu intelligent et si flegmatique qu’on peut le comparer, en ce qui concerne
son aptitude mentale, plutôt à un bœuf qu’à toute autre chose. L’homme qui a
un esprit vif et intelligent est, pour cette raison même, inapte à exercer ce métier
en raison de la terrible monotonie d’une tâche de ce genre. En conséquence,
l’homme qui est le plus qualifié pour manutentionner des gueuses de fonte est
incapable de comprendre la science réelle du mode d’exécution de ce genre de
travail.»
F.W. TAYLOR
«Les principes de
l’organisation scientifique du travail»
Dunod, 1971.
13
La bureaucratie ...
15
Le cadre selon Fayol ...
•Planifier • L’idée essentielle est que si l’on pouvait
apprendre et maîtriser un ensemble fini
de règles et de techniques, alors les
problèmes essentiels qui se posent pour
•Organiser diriger de larges groupes d’individus
seraient résolus.
•Contrôler
16
Les limites de l’école rationaliste
17
Les limites de l’école rationalistes
• Des hypothèses non validées:
• Travailleurs aux motivations uniquement économiques
• Travailleurs entièrement rationnels
• Possibilités de mesure de l’efficacité par le seul rendement
18
Le dilemme du prisonnier
19
L’équilibre de Nash
• Théorème de Nash — Soit g : S1 x ….. x Sm à Âm un jeu discret où m est
le nombre de joueurs et Si est l'ensemble des possibilités pour le joueur i ,
et soit G l'extension de g aux stratégies mixtes. Alors le jeu admet au
moins un point d'équilibre. Mais cet équilibre n’est pas nécessairement
optimal.
https://www.youtube.com/watch?v=W2z826p9OsU
20
B. Le courant des relations humaines
• La pyramide de MASLOW
21
Les principales conclusions de
l’expérience de HAWTHORNE
• L’attention (considération) apportée aux ouvriers a été le
principal facteur de motivation
• L’importance de la participation pour la motivation
• L’introduction de changements rompant la routine
• L’influence de la vie de groupe sur le travail individuel
• L’existence de facteurs informels entre motivation et efficacité
• Le risque de non pérennité de l’impact d’un changement sur
le résultat
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La pyramide des besoins
5. Besoins
d’accomplissement
personnel
4. Besoins d’estime
2. Besoins de sécurité
• La théorie X
• La nature de l’individu est de fuir le travail
• Les gens ont besoin d’être dirigés, contraints et contrôlés
• L’individu type aime être dirigé parce qu’il fuit les responsabilités
• La théorie Y
• L’effort physique ou mental dépensé dans le travail est aussi naturel que
celui dépensé dans le jeu ou le repos
• Le contrôle extérieur et la menace ne sont pas les seuls moyens d’obtenir
l’effort nécessaire
• On s’investit dans la mesure où les résultats sont récompensés
• L’individu peut apprendre à accepter, puis à rechercher des
responsabilités
• La capacité de créer est largement répandue et non rare
24
Les 4 critères de leadership de Likert
• Dans quelle mesure les supérieurs adoptent ils une
attitude de soutien envers les employés?
• Dans quelle mesure cherche t-il à obtenir à utiliser
les idées de ses subordonnés?
• Distance psychologique entre supérieurs et
subalternes?
• Le supérieur connaît-il et comprend t-il ses
employés?
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Les facteurs de satisfaction et les facteurs
d’hygiène selon Herzberg.
• [1] Il s’agit des facteurs extrinsèques: sécurité, hygiène, conditions de travail. Ceux ci agissent
dans le sens de la diminution du mécontentement.
• [2] Il s’agit des caractéristiques du travail confié, son intérêt, sa variété, la responsabilité et la
reconnaissance qu’il entraîne. Ils agissent dans le sens de l’augmentation de la satisfaction.
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Apports et limites de l’école des relations humaines
• Limites :
• Apports :
• La non remise en cause
• La gestion des ressources fondamentale des hypothèses du
humaines courant rationaliste.
• La dimension sociale de • Les exagérations d’interprétation
l’Organisation définitivement dans la pratique.
reconnue.
27
C. Le courant de la contingence structurelle
28
La technologie comme déterminant de la
structure selon Perrow
• Pour C. Perrow, la technologie détermine la structure de
deux façons différentes :
• Par la variété des composantes qu’elle met en jeu – caractère
standardisé ou non des matières, fréquence des événements
imprévisibles (incidents techniques, commandes prioritaires),
simplicité ou complexité des équipements. Bref, la technologie peut
mettre en œuvre des opérations comportant plus ou moins
d’exceptions;
• Par la nature de l’effort à fournir pour prendre les décisions
techniques. S’agit-il d’une démarche de routine, d’une recherche
rationnelle de solutions, donc analysable, ou au contraire d’une
utilisation innovante des expériences antérieures ou de l’intuition
immédiate, recherche que Perrow qualifie de non analysable.
29
La technologie comme déterminant de la
structure selon Perrow
Recherche
non Technologie artisanale Technologie de pointe
analysable (Verres spéciaux) (Aérospatiale)
Facilement
décentralisable
Difficilement
décentralisable
30
Typologie des technologies d’après Perrow
L’impact de la complexité du contexte sur la
structure selon Lawrence et Lorsch
31
L’impact de la complexité du contexte sur la structure
selon Lawrence et Lorsch (suite)
32
La rupture de la rationalité
limitée et ses implications
33
Introduction
• La décision stratégique peut être définie comme un processus par lequel une
organisation passe d’une position stratégique à une autre.
34
Rappel du modèle néo-classique de rationalité
35
Le modèle néo-classique : ses implications
opérationnelles
36
Le modèle néo-classique : ses implications
opérationnelles
37
Modèle LCAG
Analyse Analyse
externe interne
Opportunités Forces
Menaces Faiblesses
Choix stratégiques
Politiques fonctionnelles
•Production
•Marketing
•R & D
•Finances
•Ressources Humaines
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Les limites du modèle de l’acteur
unique
• Les travaux de C.R. Schwenk ont démontré que les raisonnements
des décideurs n’avaient pas la rigueur décrite initialement dans
l’approche rationaliste pure.
• Il a identifié de nombreux biais cognitifs qui constituent des écarts de la
pensée humaine naturelle par rapport au calcul rationnel.
• Le recours à des analogies et à des métaphores est fréquent pour simplifier la
réalité à la quelle sont confrontés les dirigeants.
• Il existe chez chaque dirigeant une « carte mentale » établissant des liens
entre des éléments perçus comme déterminants.
39
Exemple de biais cognitifs
41
Le concept de rationalité limitée de H.
Simon
• H. Simon se pose le problème des limites de la
rationalité humaine qui interdit toute optimisation des
décisions.
42
Le concept de rationalité limitée de H.
Simon
• La rationalité est limitée par trois facteurs:
⁃ L’information disponible : le décideur ne peut connaître parfaitement
toutes les informations pour choisir de manière optimale et
rationnelle
• Rupture paradigmatique
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Le modèle de la rationalité limitée de H. Simon
44
La théorie comportementale de la firme
(Cyert & March)
• La théorie comportementale de la • L’Organisation est dans une logique
firme est construite autour de 4 réactive : elle réagit aux problèmes que
concepts : l’environnement lui pose :
• L’Organisation est conçue comme une • Soit le problème est habituel, on lui
coalition d’individus qui ont des applique une solution connue
objectifs différents. • Soit le problème est nouveau, alors
• Les conflits potentiels ne sont pas s’engage un processus de recherche pour
résolus par la recherche d’un accord le cerner et lui trouver une solution.
global dans des termes communs, mais • Cette recherche a 3 caractéristiques :
par le traitement séquentiel des • Elle est réactive, motivée par un problème
problèmes (après avoir satisfait A, on • Elle est naïve, càd qu’elle reste proche des
satisfera B). manifestations premières
• L’incertitude sera réduite de deux • Elle est biaisée par l’expérience acquise,
manières : par les souhaits
• En mettant en place des procédures
internes
• En négociant avec l’environnement
45
La théorie comportementale de la firme
(Cyert & March)
• L’Organisation fait donc preuve • Le processus d’apprentissage porte
d’une certaine paresse entraînant sur 3 points :
des écarts par rapport aux • Les objectifs. L’organisation les révise
comportements optimaux. en fonction des résultats obtenus par
rapport aux objectifs précédents.
• Elle peut se le permettre tant qu’elle • Les règles d’attention : l’Organisation
dispose d’un excédent surveille des portions de
organisationnel de ressources qui l’environnement attentivement
l’autorise à ne pas modifier sa • Les règles de recherche: l’Organisation
conduite à court terme. tend à adopter les manières de faire
qui ont déjà conduit au succès et à
• Mais à long et moyen terme, cet écarter celles qui ont échoué
excédent ne peut s’avérer suffisant.
Et l’adaptation se réalisera par
l’apprentissage.
46
Limites des modèles organisationnels
• Ils expliquent mal les phénomènes d’innovation et de
changement brutal
47
L’approche politique
48
L’approche politique
49
L’interprétation managériale de H. Mintzberg
Henry Mintzberg
50
Les mécanismes de coordination d’après
Mintzberg ...
• La coordination verticale des n La coordination latérale des
activités: activité:
• L’autorité n Les réunions formelles et
• Les règles et les principes informelles
• les systèmes de planification et n Les équipes projets (task forces)
de contrôle et structures de coordination
n Les structures matricielles
n Les technologies de l’information
51
Apports et limites de l’approche
politique
8Le modèle a été développé sur la base ~En insistant sur les stratégies
de l’observation des organisations et particulières, ce modèle tend à
des institutions publiques. masquer le fait que les règles et les
8Il a permis de souligner les interactions structures dans lesquelles ces
des stratégies particulières et des stratégies s’exercent, sont aussi des
phénomènes de pouvoir au sein des instruments de pouvoir.
organisations. ~Le modèle politique néglige
8Il a dépassé les organigrammes, les également l’existence d’éléments qui
structures formelles et les discours transcendent les stratégies
rationnels pour analyser le particulières qui peuvent aussi
fonctionnement réel. orienter la décision tout autant, si ce
n’est davantage que tout processus
de négociation :
~Valeurs communes
~Projets
~Identité
52
La sociologie des organisations
53
La sociologie des organisations
Michel Crozier
(1922 - 2013 )
Erhard Friedberg
(1942 -
54
Introduction
55
L’approche stratégique des organisations de
M. Crozier et E. Friedberg
• Les travaux de Crozier et Friedberg s’inscrivent dans le prolongement
de ceux de Simon, Marsh et Cyert.
• La rationalité limitée
• L’organisation, coalition d’individus
• L’organisation négocie avec l’environnement, via des relais
57
A. Les fondements de l’analyse stratégique
58
B. Les concepts de l’analyse stratégique
Ingénieur Ingénieur
Responsable Responsable
Équipe de Équipe de
maintenance Contremaître
maintenance
Contremaître Ouvriers
spécialisés
Ouvriers
spécialisés 61
C. Apports et limites
62
II. L’identité au travail selon R. Sainsaulieu
• Il fonde les identités collectives sur le fait que les individus ont en
commun une même logique d’acteurs.
• L’identité fonde ainsi la communauté, au sens où celle-ci se définit par une
action commune.
• En sociologie le concept d’identité est à la base des théories de l’action.
63
A. Le modèle de la fusion
64
B. Le modèle de la négociation
65
C. Le modèle des affinités
66
D. Le modèle du retrait
67
III. La théorie de l’engagement d’Amitai
Etzioni
• Ce sociologue israélo-américain a grandement contribué au débat sur le
comportement organisationnel (et en société) des acteurs et sur la
cohérence de l’action collective.
• La voie qu’il a ouverte consiste à accepter la liberté individuelle et
défendre une philosophie communautaire fondée sur le groupe (et la
famille).
• Il développe ainsi un regard original et croisé, entre sciences sociales et
économie de marché, sur la rationalité, l’aliénation, le bonheur tant dans
la société civile que dans les organisations.
« Il n’est pas vrai que tout ce qui accroît la rationalité diminue le bonheur,
ni que tout ce qui augmente le bonheur diminue l’efficacité. Le problème
des organisations modernes est donc de bâtir des groupements humains
qui soient aussi rationnels que possible, et qui produisent en même
temps un minimum d’effets secondaires indésirables et un maximum de
satisfactions. »
68
Le dilemme organisationnel d’Etzioni
69
3 types d’engagement pour se soumettre à 3 types de pouvoir
70
Structurationnisme d’Anthony Giddens
Se comporte selon …
Système de
Acteur Donne du sens
aux comportements règles
autonome
Affirme
71
Les théories économiques de la firme
et les problématiques de
gouvernance
72
Introduction
73
I. La théorie des coûts de transaction
E.O. Williamson
74
I. La théorie des coûts de transaction
• Référence bibliographique:
• O.E. Williamson, Market and Hierarchies: Analysis and antitrust implications,
New York, The Free Press, 1975.
• O.E. Williamson, The Economic Institutions of Capitalism, New York, The Free
Press, 1985.
• Traduction française: Les institutions de l’économie, Paris, InterEditions, 1994.
75
I. A. Soubassement théorique
76
Marché Hiérarchie
77
I. B. L’incomplétude des contrats et les coûts
de transaction
78
I. C. L’organisation: une réponse aux coûts de
transaction
79
Origine et formation des coûts de transaction
2. Incertitude et
1. Spécificité des
complexité de
actifs
l’environnement
7. Fréquence des
5. Petit nombre
6. Opportunisme relations
d’acteurs
contractuelles
80
I.D. Le développement des formes hybrides
d’organisation
81
Marché Hiérarchie
82
La franchise : forme de quasi-intégration
MARCHE HIERARCHIE
L’exemple de la franchise
83
I. E. Apports managériaux de la théorie des
coûts de transaction
• Les nouvelles formes d’organisation qui sont en quelque sorte des associations
d’entreprise ont contribué à replacer au cœur des raisonnements la théorie des coûts
de transaction.
84
I.F. Les limites de la théorie des coûts de transaction
Michael C. Jensen
86
II. La théorie de l’agence
• Références bibliographiques
• Michael C. Jensen & William H. Meckling, Theory of the firm : managerial
behavior, Agency cost and Ownership Structure, Journal of Financial
Economics, October 1976.
• S. A. Ross, The Economic Theory of Agency: The principal’s problem,
American Economic Review, 1973.
87
II. La théorie de l’agence (suite)
88
II. La théorie de l’agence (suite)
89
II. La théorie de l’agence (suite)
90
II. La théorie de l’agence (suite)
Difficulté de contrôle
Principal Agence
Engagement
contractuel
Surveillance
Divergence
d’intérêt
Coûts d’Agence
91
II. La théorie de l’agence (suite)
92
III. Le concept de corporate governance
93
III. Le concept de corporate governance
94
Le modèle des stakeholders : Edward
Freeman
Biographie :
• R. Edward Freeman, né le 18
•Strategic Management: A
décembre 1951
Stakeholder Approach, 1984
• Philosophe et universitaire •Corporate strategy and the
américain à Colombus en Géorgie search for ethics, avec Daniel R.
• Il est à l’origine de la théorie des Gilbert, 1988
parties prenantes. •Managing for Stakeholders:
Survival, Reputation and
Success, avec Jeffrey Harrison et
Andrew C. Wicks, Yale University
Press, 2007
•Business ethics: a managerial
approach, avec Andrew C. Wicks
et Patricia H. Werhane, 2009
•Stakeholder Theory: The State
of the Art, avec Jeffrey S.
Harrison et Andrew C. Wicks,
2010
95
Concepts clé : partie prenante et corporate
96
Les stakeholders
Clients
consom-
mateurs
Employés Assureurs
Syndicats Concurrents
Bailleurs de
fond Entreprise Communautés
locales
Institutions
Institutions
gouvernem-
internationales
entales
Actionnaires
Fournisseurs
propriétaires
ONG
97
L’objectif ultime de la « bonne gouvernance »
…
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Le rôle de l’Etat régulateur
• Bank Al Maghrib
• Haute autorité de la communication audiovisuelle
• Conseil de la concurrence
• Agence nationale de régulation des télécommunications
• Agence Nationale de Gestion Stratégique des Participations de l’Etat
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