Cours Poly
Cours Poly
2022-2023
Table des matières
1 Suites Réelles 3
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Monotonie des suites (Variations) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Limite d’une Suite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.4 Exemples importants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4.1 Suite arithmétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4.2 Suite géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.5 Suites adjacentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.6 Suites extraites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
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Chapitre 1
Suites Réelles
1.1 Introduction
Motivation : Si on lance une balle qui rebondit au sol, on peut se poser la question
de savoir si la balle s’arrête au bout d’un certain temps ou si elle rebondit indéfiniment.
Pour décrire l’évolution, on peut considérer la suite (tn ) des instants où la balle rebondit,
et la suite (vn ) des vitesses de rebonds au sol. Pour que ces suites soient bien définies, on
fera la convention que si la balle s’immobilise au bout de N rebonds, on pose pour n = N ,
tn = tN et vn = 0. Cette étude dépendra des hypothèses faites (élasticitè, frottements, ..)
et s’appuiera sur les lois de la physique.
Définition 1.1. Une suite est une fonction à valeurs réelles dont l’ensemble de définition
est N (ou éventuellement un sous-ensemble de N).
– la suite est notée (un )n∈N ou (un )n≥0 ou encore plus simplement (un ) .
– Le terme un s’appelle terme général de la suite.
– L’entier n est appelé le rang du terme un .
Exercice 1.1. Pour chacune des suites suivantes de terme général, indiquer à partir de
quel rang elles sont définies puis calculer la somme des 3 premiers termes.
3n √ n
(a) un = ; (b) wn = n − 2; (c) vn = √ .
2n − 3 n−1
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Pr: Mohamed Tifroute DUT : EREE/Info Analyse 1
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Pr: Mohamed Tifroute DUT : EREE/Info Analyse 1
Autrement dit :
– |un − L| ≤ ⇔ ≤ un − L ≤ ⇔ L − ≤ un ≤ L +
Définition 1.2. Soit (un ) une suite réelle. On dit que (un ) tend vers +∞ quand n tend
vers +∞ (Suites divergentes) si et seulement si :
On note
lim un = +∞ où lim un = +∞.
n→∞
Définition 1.3. Soit (un ) une suite réelle. On dit que (un ) tend vers −∞ quand n tend
vers +∞ (Suites divergentes) si et seulement si :
On note
lim un = −∞ où lim un = −∞.
n→∞
Conclusion : Une suite (un )n∈IN est convergente si elle admet une limite finie. Elle est
divergente sinon (c’est à- dire soit la suite tend vers ±∞, soit elle n’admet pas de limite).
Proposition 1.1. Si une suite (un )n∈N converge vers une limite L, cette limite est unique.
Preuve(exercice)
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Pr: Mohamed Tifroute DUT : EREE/Info Analyse 1
Preuve (exercice).
Attention : Une suite bornée n’admet pas forcément de limite. Par exemple un = (−1)n
Proposition 1.3. Opérations sur les limites Soient (un )n∈IN et (vn )n∈IN deux suites
telles que limn−→+∞ un = l1 , limn−→+∞ vn = l2 et λ ∈ IR. Alors
– limn−→+∞ un + vn = l1 + l2 et limn−→+∞ un vn = l1 l2 ;
– limn−→+∞ λun = λl1 ;
1 1
– Si l1 6= 0, alors limn−→+∞ = .
un l1
– Si limn−→+∞ un = l1 alors limn−→+∞ |un | = |l1 |
– limn−→+∞ un = l ⇔ limn−→+∞ (un − l) = 0
Exercice
1.5.n Déterminer la limite lorsque n tend vers l’infini des suites suivantes :
1 1 + (−1)n 3n + 5
(1) − ; (2) ; (3)
2 2 3 + n2
sin(2n) ln(2n) 2n
(4) √ ; (5) (6) 2
n ln(n) n
Remarque 1.1. Ce théorème permet de montrer qu’une suite converge, mais ne fournit
aucun moyen pour déterminer cette limite.
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Pr: Mohamed Tifroute DUT : EREE/Info Analyse 1
Théorème 1.4. — Soient (un )n∈IN , (vn )n∈IN et (wn )n∈IN trois suites. Supposons que
un ≤ vn ≤ wn pour tout n.
– Si les suites (un )n∈IN et (wn )n∈IN sont convergentes et si lim un = lim wn =
n−→+∞ n−→+∞
l, alors la suite (vn )n∈IN est convergente et lim vn = l.
n−→+∞
sin(n)
Exemple 1.3. Trouver la limite de la suite (tn ) de terme général tn = 3 +
n+1
Attention : si lim un 6= lim wn la conclusion est fausse !
n−→+∞ n−→+∞
Théorème 1.6. — Si (un )n∈IN est une suite bornée et (vn )n∈IN est une suite qui converge
vers 0, alors lim un .vn = 0
n−→+∞
(−1)n sin(2n)
Exemple 1.4. Trouver les limites des suites wn = (cos(n)) sin( √ ) et un = 2
n n +1
∀n ∈ IN, un+1 = un + a
Proposition 1.4. Une suite arithmétique de raison a est entièrement déterminée par a et
la donnée de u0 , c’est-à-dire ∀n ∈ IN, un = u0 + na.
De plus une suite arithmétique peut n’être définie qu’à partir d’un certain rang n0 , auquel
cas pour tout n ≥ n0 , un = un0 + a(n − n0 ).
Proposition 1.5. Si (un ) est arithmétique de raison a, alors
N
X u0 + uN
u0 + u1 + u2 + .... + uN = ui = (N + 1)
i=0
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∀n ∈ N, un+1 = qun
Proposition 1.6. Soit (un ) une suite géométrique de premier terme u0 et de raison q.
Alors, pour tout entier naturel n, on a
∀n ∈ N, un = u0 q n
∀(n, m) ∈ N 2 , un = um q (n−m)
Exercice 1.8. On considère la suite (un ) à termes positives définie par ln(3n un ) = n − 1
pour tout n ∈ N
1. Démontrer que (un ) est géométrique.
2. Donner le sens de variations de (un ) et sa limite.
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Théorème 1.7. — Si les suites (un ) et (vn ) sont adjacentes alors elles convergent vers la
même limite.
Exercice 1.9. Dans chaque cas suivant, étudier si les suites (un ) et (vn ) sont adjacentes.
Dans l’affirmative, déterminer leur limite commune.
1 1
– a) un = − et vn = ;
n+1 n+3
1 1
– b) un = 3 − 2 et vn = 3 + 3 ;
n n
Proposition 1.9. Si la suite (un )n∈IN converge vers l alors toute suite extraite de (un )n∈IN
converge également vers l.
Conséquence : Toute suite dont on peut extraire deux suites qui convergent vers des
limites différentes, est divergente.
Proposition 1.10. Soit (un )n∈IN une suite telle que les deux suites extraites (u2n )n∈IN
et ((u2n+1 )n∈IN convergent vers la même limite l ∈ IR. Alors (un )n∈IN converge également
vers l.
Preuve : (exercice).
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Chapitre 2
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Définitions 2.1. – Soit U un intervalle ou une réunion d’intervalles de IR. Une fonc-
tion f de U dans IR est une correspondance qui à tout nombre x ∈ U fait associer
un nombre réel et un seul noté f (x). On note :
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Remarque 2.1. – f est paire si et seulement si son graphe est symétrique par rapport
à l’axe des ordonnées.
– f est impaire si et seulement si son graphe est symétrique par rapport à l’origine.
Exemple 2.2.
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∀x ∈ U x ≥ B ⇒ |f (x) − l| < .
On note alors lim f (x) = l.
x−→+∞
On définit de la même manière la limite en −∞ des fonctions définies sur les intervalles
de type ] − ∞, a[.
Proposition 2.2. Si une fonction admet une limite, alors cette limite est unique.
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Formes indéterminées
(x ∈ U et |x − x0 | ≤ α ⇒ |f (x) − f (x0 )| ≤
Théorème 2.3. — Une fonction réelle f est continue en x0 si et seulement si f est conti-
nue à gauche et à droite en x0 .
Exemple 2.3.
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Alors si f est continue sur U \ {x0 }, f : U −→ IR est définie et continue sur U tout
entier.
Exemple 2.4.
Autrement dit : ∀y ∈ IR compris entre f (a) et f (b), l’équation f (x) = y admet au moins
une solution dans l’intervalle [a, b].
Théorème 2.6. — Soit f : [a, b] −→ IR une fonction continue sur un segment.
Si f (a).f (b) < 0, alors il existe au moins un point c ∈ [a, b] tel que f (c) = 0.
Théorème 2.7. — (TVI-cas des fonctions strictement monotones) Soit f : [a, b] −→
IR une fonction continue et strictement monotone. Pour tout réel k compris entre f (a) et
f (b), il existe un unique c ∈ [a, b] tel que f (c) = y.
Exemple 2.5.
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Chapitre 3
f (x) − f (x0 )
– f est dérivable en x0 si le taux d’accroissement ou (le taux de variation)
x − x0
a une limite finie lorsque x tend vers x0 .
– Notation :
f (x) − f (x0 ) 0
lim = f (x0 )
x−→x0 x − x0
0
– f (x0 ) s’appelle alors le nombre dérivé de f en x0 .
f (x0 + h) − f (x0 )
– f est dérivable en x0 ⇔ limh−→0 existe et finie.
h
– On dit que f est dérivable sur I si, quel que soit x0 ∈ I, f est dérivable en x0 .
0
Dans ce cas la fonction : f : I −→ IR s’appelle la dérivée de f .
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f (x) − f (x0 )
– On dit que f est dérivable à gauche en x0 si a une limite à gauche
x − x0
finie lorsque x tend vers x0 .
f (x) − f (x0 ) 0
lim = fg (x0 )
x−→x−
0
x − x0
Proposition 3.1. Soit I un intervalle ouvert, f : I −→ IR et x0 ∈ I. f est dérivable en
0 0
x0 si, et seulement si, fg (x0 ) = fd (x0 ).
Exemple 3.1. Fonction non-dérivable
Exercice 3.1.
( On considère la fonction suivante
1
x2 sin( ) si x 6= 0
f (x) = x
0 si x = 0
1. Montrer que f est continue en 0.
2. Montrer que f est dérivable en 0
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Proposition 3.4. Si f est dérivable en x et g dérivable en f (x) alors gof est dérivable en
0 0 0
x et (gof ) (x) = g (f (x)).f (x)
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ln(x)
Exemple 3.2. Calculer les limites suivantes limx−→1 .
x2 − 1
0
0 0 f (x)
Remarques 3.1. – Si dans la règle de l’Hospital, f (a) = g (a) = 0, alors limx−→a
g 0 (x)
est encore une forme indéterminée et on a
0 00
f (x) f (x) f (x)
lim = lim 0 = lim 00
x−→a g(x) x−→a g (x) x−→a g (x)
1 − cos(x)
(et ainsi de suite...) par exemple limx−→0
x2
– La règle de l’Hospital a plusieurs généralisations. D’abord, elle marche encore quand
f (a) = g(a) = ∞ c’est-‘a-dire limx−→a f (x) = limx−→a g(x) = ∞ et pour a = ±∞.
ex
Exemple limx−→+∞ 2
x
ln(x) 1
limx−→1 et limn−→+∞ (1 + )n
x−1 n
– Si en plus elle est dérivable et si sa dérivée est continue, elle est de classe classe C 1 .
– Si elle est dérivable deux fois et que ses dérivées (première et seconde) sont conti-
nues, elle est de classe C 2 . Et ainsi de suite.
– Si elle est indéfiniment dérivable et que ses dérivées successives sont toutes continues,
elle est de classe infinie C ∞ . En effet
Pour n ∈ IN , on dit que f : I −→ IR est une fonction de classe C n si f est n fois
dérivable sur I et f (n) est continue. f est de classe C ∞ si f est de classe C n pour
tout n ∈ IN .
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– f a un minimum local en x0 , si :
0
Remarque 3.3. Attention : On peut avoir f (x0 ) = 0 sans que la fonction ait un
extremum en x0 (la condition n’est pas suffisante).
0
Exemple 3.3. On considère la fonction f (x) = x3 , on a f (x) = 3x2 ce qui implique que
0
f (0) = 0.
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Remarque 3.5. D’un point de vue géométrique, le T.A.F exprime qu’il existe un point
du graphe où la tangent est parallèle à la droite (AB) où A(a, f (a)) et B(b, f (b))
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Exemple 3.5.
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Pr: Mohamed Tifroute DUT : EREE/Info Analyse 1
Proposition 3.5. – Toute fonction convexe sur un intervalle ouvert I est continue
sur I.
– Supposons que f soit dérivable sur I.
0
f est convexe (resp. concave) équivaut à ce que f est croissante (resp. décroissante)
sur I.
– Si f est convexe (resp. concave) équivaut à ce que La courbe Cf est situé au dessus
(resp. en dessous) de toutes ses tangentes sur I.
– Supposons que f soit deux fois dérivable sur I.
00 00
Alors f est convexe (resp. concave) ssi f est positive ( f ≥ 0 sur I) (resp.
00
négative sur I : ( f ≤ 0 sur I)).
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