Charlène Edart
Les médias et la démocratie
Les médias jouent un rôle crucial dans nos sociétés démocratiques. Ils constituent ce
que l’on appelle le « quatrième pouvoir », aux côtés des pouvoirs exécutif, législatif et
[Link] quelle mesure les médias et notamment les réseaux sociaux sont-ils décisifs
dans la formation de l’opinion publique et la prise de décision démocratique ? Et en quoi est
elle aussi source de menace pour la démocratie ? Si les médias sont indispensables dans le
bon fonctionnement politique dans une démocratie, ils sont aussi un facteur de fragilisation
de cette dernière, particulièrement avec l'émergence d’internet et des réseaux sociaux.
Les médias sont un moyen de communication et d'information. La presse, la radio, la
télévision et aujourd’hui internet permettent à chaque individu l'accès à une multitude
d’information instantanément et avec l'émergence d’internet elle devient instantanée et
mondiale.
Pour assurer la démocratie, les médias doivent garantir la liberté d’expression et donc la
liberté de la presse. Elle permet le pluralisme en faisant vivre une multitude de courants de
pensées et d’opinions et offre un contre pouvoir face aux dirigeants politiques.
La pluralité des opinions, comme par exemple les journaux affilié à certains partis politiques
permettent des débats , elles permettent de juger et comparer les différents points de vue,
participant donc à la démocratie.
En France, la pluralité des médias est garantie par le conseil supérieur de l'audiovisuel, qui
veille à ce que chaque opinion soit également répartie.
Les médias jouent un rôle fondamental dans la participation politique des citoyens. En
période de campagne électorale, elle joue un rôle de médiateur entre le peuple et les partis
politiques, en donnant la parole aux nombreux candidats. Les personnes politiques mettent
en place des opérations médiatiques afin d'être écoutées et de convaincre.
Ils font en sorte que chacun puisse connaître le programme des uns et des autres. Ils
décryptent les mesures proposées et peuvent aller plus loin en proposant l’avis de
spécialistes.
Les médias permettent donc de se forger une opinion grâce à la multitude d'informations
proposées. Les personnes politiques mettent en place des opérations médiatiques afin
d'être écoutées et de convaincre.
Les médias sont aussi un moyen de révéler certains scandales. Cela peut aboutir a des
evenement politiques majeurs.
Par exemple en 1985, les révélations du journal Le Monde dans
le cadre de l’affaire du Rainbow Warrior mène à la démission du
ministre de la Défense de l’époque, au limogeage d’un amiral et
au procès de plusieurs responsables. En 2012, les révélations
de Mediapart sur le ministre du budget Jérôme Cahuzac, accusé
de détenir des fonds non déclarés en Suisse et à Singapour,
conduisent à son départ du gouvernement et à sa mise en
examen. En 2017, les révélations du Canard enchaîné sur l’emploi fictif de Pénélope Fillon,
épouse de François Fillon,conduisent à la mise en examen de l’homme d’État et à sa
condamnation, ainsi que celle de sa femme en 2022.
La naissance des réseaux sociaux a offert la possibilité à tous de s’exprimer et de
partager du contenu. Ils sont une révolution pour la liberté d’expression . Aujourd'hui, les
journalistes, experts et politiques n’ont plus le monopole de la parole comme autrefois,
chaque individu est capable de créer son propre contenu.
L’une des menaces majeures qui provient des réseaux sociaux sont leurs algorithmes.
Ils repèrent les contenus capables de faire le plus de vues et également de mettre en avant
le contenu le plus susceptible de plaire.
Les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), peuvent constituer une menace
pour la démocraties, ce sont eux qui concentre en
grande partie l’information sur internet et leurs
algorithmes peuvent poser problème : En août 2017
en Birmanie, une vague d'incitation à la haine contre
les rohingya inonde Facebook. Cette minorité
musulmane a toujours été harcelée dans son propre
pays, mais Facebook a contribué à amplifier le
phénomène à cause de l’algorithme Meta, si bien que
700000 Rohingya ont été contraints de quitter le pays
après un déchaînement de violence.
Autrefois, quand on avait une opinion marginale et qu’on l’exprimait autour de nous, les
gens n’y croyaient pas et oubliaient. Sur les réseaux, ce système est inversé , très vite, la
personne grâce a l’algorithme est mise en relation avec d’autres internautes qui partagent
des idées similaires. Les propos font beaucoup de bruit et les médias les mettent en avant
du fait que cette opinion est originale. On en accorde beaucoup plus d’attention qu’il le
mérite vu le peu de personne que ça concerne au départ.
Le problème est donc celui des lanceurs de fake news, les créateurs de fausses
informations. Les médias font perdre le sens des proportions.
Il existe aussi Le bashing médiatique. Il se produit lorsque les médias critiquent une
personne publique de manière acharnée, sans fournir d’arguments solides ou de preuves.
Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux facilitent ce phénomène, car sous couvert
de l’anonymat, les agresseurs n’ont plus peur des représailles. Elle affaiblit la démocratie en
véhiculant de fausses informations et en polarisant la société.
L’une des nouvelles menaces les plus importantes et l'émergence de l’intelligence
artificielle qui a permis depuis quelques années l'arrivée des deep fake : il s’agit d’une
méthode qui permet de superposer des fichiers vidéo ou audio existants sur d’autres fichiers
vidéo grâce à l’intelligence artificielle. Par exemple, elle peut changer le visage d’une
personne sur une vidéo ou reproduire la voix d’une personne pour lui faire dire des choses
inventées. Elles sont utilisées dans plusieurs domaines de manière malveillante. Ils sont
surtout connus pour avoir été utilisés afin de créer de fausses vidéos érotiques, mettant en
scène des célébrités mais peuvent aussi être utilisé pour créer des fakes news plus
crédibles et difficile à repérer en créant des discours ou des interviews fictifs de
personnalités politiques, ce qui peut semer la confusion et affecter la crédibilité des
informations diffusées.
Donald Trump a été au centre de plusieurs cas de deep fakes, tant en tant que victime que
comme instigateur. Comme la vidéo de campagne publiée par Ron DeSantis le montrait en
train d’étreindre et d’embrasser Anthony Fauci
sur la joue.
Deux semaines après l’invasion de l’Ukraine
par la Russie, un deepfake de Vlodomir
Zelensky a fait son apparition sur les réseaux
sociaux. Le président ukrainien y annonce la
reddition de l’Ukraine. C’est la première fois
qu’un deepfake fait office d’arme de
démobilisation de forces armées. L’utilisation la
plus dangereuse de la technologie deepfake
pourrait être de nature politique. une vidéo
deepfake pourrait montrer un dirigeant mondial
déclaré la guerre à une nation étrangère.
Une autre vidéo deepfake de 2018 met en scene l’ancien president Obama disant des faux
propos tel que “Le Président Trump n’est qu’une sombre merde. Vous voyez, je ne dirais
jamais ce genre de choses dans un discours public, mais quelqu’un d’autre oui, quelqu’un
comme Jordan Peele”
Le fait d'attiser la haine envers certains groupes comme par exemple en Birmanie ne
date pas d'hier, par exemple au Moyen Âge on se souvient entre autres de la chasse aux
sorcières lancées par l'église qui était l’unique source d'information pour la population.
L’existence d'une pluralité de médias est donc finalement le moyen de lutter contre la
radicalisation de la société.
C'est pourquoi certes les réseaux sociaux sont des espaces insensés ou circulent des
contenus controversés mais les réseaux sont tout à la fois inoffensifs et dangereux. Il se
peut aussi que ces dernières années les médias traditionnels aient donné une image
déformée.
Tant que la pluralité des médias est assurée, la démocratie n’à rien à craindre.