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Marchés financiers et réglementation bancaire

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Chapitre 1A

Les marchés financiers


et la réglementation bancaire et financière

S U J E T S D E L’E XA M E N CO U V E R T S DA N S C E C H A P I T R E

Connaissances
Sujet Nb Type 7 questions de type C
à acquérir

Thème 1. Cadre 1.1 2 C Cadre de tutelle français : le législateur, le ministère de l’Économie,


institutionnel la Direction générale du Trésor et les autorités de tutelle
et réglementaire français, Répartition des compétences entre les 2 autorités de tutelle,
européen et international l’AMF et l’ACPR, et le pôle commun AMF-ACPR
Principaux objectifs, rôles et pouvoirs de l’AMF : le Règlement général
de l’AMF
Le Haut Conseil de stabilité financière
Rôle des associations professionnelles
Institutions consultatives : CCLRF, CCSF
1.2.1 2 C Processus législatif européen : le Conseil, la Commission, le Parlement,
et le processus du Trilogue
Architecture européenne de la régulation – EBA, ESMA, et EIOPA – et
leurs pouvoirs respectifs
Cadre réglementaire européen : niveaux I, II et III
Le marché unique des services financiers
L’union bancaire : le MRU, MSU, SGD
Le marché européen : le passeport européen et les procédures
d’équivalence
1.2.2 1 C Cadre de tutelle international :
− le FSB
− le Comité de Bâle
− l’OICV
− la coopération internationale
1.5.1 2 C Politique économique et monétaire, rôle de la BCE
Politique fiscale et budgétaire
Principaux indicateurs économiques (PIB, croissance, inflation,
taux d’intérêt, taux directeurs, change entre devises internationales)
Rôle des marchés financiers dans l’économie
Les fluctuations des marchés et leurs causes
Le cadre microprudentiel
Risque systémique et approche macroprudentielle

1. Utilité et acteurs des marchés financiers


a. Qu’est-ce qu’un marché financier ?
Les marchés financiers ne sont plus pour la plupart des lieux physiques où vendeurs et acheteurs
se retrouvent, mais des systèmes informatiques interconnectés permettant de relier l’ensemble des
agents économiques susceptibles d’y intervenir. Les interventions sont en grande partie menées par
4 Réussir l’examen AMF

des opérateurs professionnels qui consultent la liste des prix des autres intervenants de par le monde
à travers des écrans de cotations, l’ordinateur et le téléphone constituant leurs outils quotidiens.
Pour bien comprendre les multiples facettes des marchés, nous allons aborder les deux grands rôles
qu’ils remplissent, leurs divers modes d’organisation et les différents compartiments qui existent en
leur sein.
Nous verrons également que les marchés financiers permettent de gérer des risques, de les couvrir,
mais impliquent aussi une prise de risque à laquelle aucun acteur, qu’il soit professionnel ou simple
épargnant, ne peut échapper.

b. À quoi servent les marchés ? Que se vend-il ? Qui achète ?


Par nature, un marché permet la rencontre d’acheteurs et de vendeurs. Au sein des marchés finan-
ciers, on n’échange pas de biens physiques mais de l’argent et des instruments financiers.
Le principal rôle des marchés financiers est le financement des acteurs de l’économie. Celui-ci pren-
dra la forme d’un emprunt contracté directement auprès d’une contrepartie sur le marché monétaire,
ou d’une émission de titres de dette (obligations, titres négociables à court ou moyen terme) ou de
capital (actions).

1. Emprunter sur les marchés financiers


Pour se financer, des acteurs économiques peuvent contracter un emprunt auprès d’autres contre-
parties qui leur prêtent de l’argent. Le prix de l’emprunt est le taux d’intérêt. Un des acteurs va prêter
à l’autre une somme d’argent définie en contrepartie d’une rémunération, les intérêts. La durée peut
aller d’un jour (overnight) à plusieurs années. Le taux peut être fixe, variable, indexé… Évidemment,
ce ne sont pas les personnes physiques ou les entreprises de petite taille qui emprunteront sur les
marchés financiers ; elles se tourneront pour ce faire vers leurs banques. Les principaux intervenants
de ce marché des taux d’intérêt sont justement les banques entre elles. En effet, celles-ci placent tous
les jours leurs excédents de trésorerie ou se financent sur le marché des taux à court terme : le marché
monétaire. L’argent est la matière première dont les banques ont besoin pour ensuite la « revendre »
à leurs clients sous forme de prêts aux particuliers et entreprises.
La Banque centrale européenne (BCE) joue, dans ce marché des taux à court terme, un rôle par-
ticulier. C’est elle qui endosse le rôle de prêteur en dernier ressort. C’est la banque vers laquelle se
tourneront toutes les banques commerciales qui ne parviendraient pas à trouver les liquidités néces-
saires à leur fonctionnement dans le marché interbancaire (cf. Section 2.e, page 23).

2. Émission de titres de créance


Une entité qui cherche à se financer – qu’il s’agisse d’une banque, d’un État ou d’une grande
­entreprise – peut également emprunter en émettant des titres de créance, c’est-à-dire de dette.
Les marchés financiers permettent l’émission, la vente et la revente de titres financiers de dette
d’échéance courte ou longue. Ce sont par exemple des titres négociables à court ou moyen terme,
de maturité allant de un jour à 5 ans, ou des obligations dont la maturité dépasser les 50 ans.
L’État français émet ainsi régulièrement des obligations1 pour se financer, qui sont souscrites par
des ­investisseurs français et étrangers. Ils seront rémunérés par un taux d’intérêt déterminé à
l’émission.
Ces investisseurs pourront ultérieurement revendre ces titres dans le marché. Les marchés financiers
confrontent les ordres de vente ou d’achat des différents investisseurs et déterminent les prix aux-
quels les instruments vont s’échanger. Concrètement, de multiples écrans affichent à chaque instant
les prix, et éventuellement les quantités, souhaités à l’achat et à la vente pour chaque titre.

1. Ce sont des obligations assimilables du Trésor (OAT).


Chapitre 1A – Les marchés financiers et la réglementation bancaire et financière 5

Figure 1A.1 – Le transfert de liquidité

Investisseurs Émetteurs
− Particuliers − États
− Entreprises espèces − Collectivités
− Investisseurs institutionnels − Banques
• Assurances − Entreprises
• Caisses de retraite et prévoyance titres
• Organismes de placements
collectifs

Source : Älderney.

3. Marché d’actions
Les marchés financiers remplissent un rôle crucial de financement des acteurs économiques, que ce
soit par l’émission de titres de dette ou de prêts bilatéraux (de gré à gré). Par ailleurs, les entreprises
peuvent aussi se financer en ouvrant leur capital et en faisant appel à l’épargne publique pour placer
les actions qu’elles émettent. Dans ce cas, l’entreprise ne souscrit pas de dette, mais vend un droit
de propriété. L’acheteur est propriétaire d’une fraction de l’entreprise. Il a le droit d’influer sur ses
décisions, de toucher une partie des bénéfices que l’entreprise réalise et de revendre cette action sur
le marché (cf. Chapitre 7, page 448). Le marché des actions, la Bourse, est le marché le plus connu du
public. Toutefois, il est plus restreint en termes de volume que celui des produits de taux ou que celui
des changes.

4. Marché des changes


Le marché des changes regroupe toutes les opérations d’achat et de vente des devises. Il permet aux
entreprises, banques et investisseurs d’acheter et de vendre des devises étrangères immédiatement
(marché spot) ou dans le futur, mais à un prix convenu aujourd’hui (marché à terme). L’échange de
devises permet par exemple aux exportateurs de couvrir le risque de voir baisser le cours de la devise
dans laquelle ils vont vendre leur production.
Le taux de change représente la valeur d’une devise contre une autre. Il varie en fonction de l’offre et
la demande2.

Taux de change
Le niveau du taux de change entre deux devises varie en fonction de l’offre et la demande. Celles-ci
sont déterminées en grande partie par le niveau des taux d’intérêt qui se pratique au sein des deux
pays sur le marché monétaire.
Si le taux d’intérêt dans l’un des deux pays est supérieur à celui pratiqué dans l’autre, les inves-
tisseurs auront intérêt à emprunter de l’argent dans le pays qui pratique les taux d’intérêt les plus
faibles, à convertir cette somme dans la devise du pays qui pratique les taux d’intérêt les plus
élevés, puis à prêter cette somme dans ce pays pour bénéficier de ce taux d’intérêt plus élevé.
Mécaniquement, cette situation va impliquer une augmentation de la demande dans la devise du
pays qui pratique les taux les plus élevés et par le jeu de l’offre et de la demande une appréciation
du prix de la devise.

2. Hormis dans certains pays où les taux de change sont fixés par les banques centrales ou dans ceux qui pratiquent un
contrôle des changes, c’est-à-dire qui limitent la quantité de devise nationale pouvant être échangée contre des devises
étrangères.
6 Réussir l’examen AMF

Un marché pour professionnels


Le marché des changes est réservé aux professionnels. C’est le marché le plus actif du monde en
raison de ces mouvements spéculatifs et du fait que les investisseurs à la recherche des meilleurs
rendements vont de plus en plus placer leur argent sur des marchés de valeurs mobilières étrangers.
Si un investisseur achète une action dans un autre pays car il espère que l’entreprise va bien perfor-
mer, il aura besoin de réaliser des opérations en devises lorsqu’il l’achète puis lorsqu’il la revend.

5. Marchés financiers et échange des risques

Couvrir les risques futurs


Au-delà du financement des acteurs de l’économie, les marchés financiers permettent aussi de
­procéder à des échanges de risques financiers.
La finance est une histoire de risques. En tant qu’investisseur, vous prenez le risque que le prix des
instruments que vous avez achetés baisse. En tant que prêteur, vous courez le risque que votre client
fasse faillite et ne puisse pas vous rembourser. Dans les deux cas, la rémunération que vous attendez
doit prendre en compte ces risques. Vous allez ainsi exiger un rendement plus important si vous
­courez un risque que si vous n’en prenez aucun.
Les marchés financiers permettent de piloter l’exposition à ces risques à l’aide des instruments finan-
ciers de transfert de risque que sont les produits dérivés aussi appelés « instruments financiers à
terme ». Ces instruments tels que les options ou les futures, portent sur des livraisons dans le futur
d’autres instruments financiers et définissent dès aujourd’hui les termes de l’échange, notamment le
prix qui sera payé, supprimant ainsi toute incertitude.
Un contrat à terme par exemple sur action ou sur devise va ainsi permettre de fixer aujourd’hui le
cours d’achat d’une action ou d’une devise dans le futur. Il élimine donc le risque de hausse de prix
(en contrepartie, il élimine aussi l’opportunité d’une baisse).

Un marché de professionnels
Du fait de l’utilité incontestable de ces produits, les marchés dérivés sont très actifs, mais leur com-
plexité est telle qu’ils restent réservés aux spécialistes. Rares sont les particuliers qui s’y aventurent.
D’une façon générale, les particuliers qui investissent dans les marchés financiers le font sur les titres
financiers que sont les actions, les obligations et les OPC (organismes de placement collectif – les
fonds d’investissement).
Ils confient leurs ordres à un intermédiaire (courtier) qui est chargé de les exécuter sur un mar-
ché organisé, par exemple Euronext Paris. Si l’investisseur particulier peut trouver un grand panel
de produits sur ces marchés organisés (actions, obligations, OPCVM, produits dérivés, produits
hybrides…), une grande partie des échanges d’instruments financiers a lieu en dehors des marchés
organisés entre professionnels, sur des marchés dits « de gré à gré ».

6. Organisation des marchés : marchés organisés et marchés de gré à gré (OTC)


Il n’existe pas un marché financier mondial unique, mais une multitude de marchés. D’une part,
on trouve un grand nombre de marchés dits « organisés », à l’image de ceux gérés par Euronext
et, d’autre part, un grand nombre d’instruments qui s’échangent de gré à gré, directement entre
deux contreparties. Ces marchés de gré à gré (ou OTC, Over The Counter) enregistrent des volumes
d’échange beaucoup plus élevés que les marchés organisés notamment sur les crédits interbancaires,
les devises et les produits dérivés.
Les marchés organisés sont tenus par une entreprise qui organise les échanges entre participants, en
centralisant les ordres d’achat ou de vente, et une chambre de compensation qui facilite le transfert
de propriété des instruments financiers entre différents acteurs qui ne se connaissent pas.
Ils sont encadrés par une réglementation stricte et l’on y échange des instruments standardisés
(actions, obligations, instruments à terme simples…), alors que les marchés dits « OTC » ne sont en
Chapitre 1A – Les marchés financiers et la réglementation bancaire et financière 7

fait que la rencontre d’un acheteur et d’un vendeur qui déterminent les conditions ainsi que la nature
des instruments qu’ils souhaitent échanger. Ils déterminent donc librement les termes de l’échange.
Le marché monétaire, le marché des changes, le marché des instruments financiers à terme com-
plexes et des obligations sont des marchés principalement de gré à gré, réservés aux professionnels
des marchés financiers.
La réglementation internationale, particulièrement au sein de l’Union européenne, implique que de
plus en plus de marchés aujourd’hui essentiellement de gré à gré soient mieux encadrés et migrent
vers des marchés organisés. Le règlement MIFIR, limite ainsi le recours à des transactions de gré à
gré, notamment pour les actions les obligations et les instruments à terme standardisés.

Figure 1A.2 – Transaction de gré à gré ou marché multilatéral

Transaction de gré à gré

Acheteur Vendeur

Marché multilatéral = marché organisé

Plateforme
Acheteur Vendeur
de négociation

Source : Älderney.

Qu’est-ce qui fait bouger les cours de Bourse ?


L’art de prévoir les évolutions du cours d’une action s’apparente parfois à de la divination car
les paramètres à prendre en compte sont nombreux, interdépendants les uns des autres, et leur
impact peut lui-même varier dans le temps…
Les paramètres internes
La santé financière de l’entreprise est un paramètre prédominant. Si l’entreprise gagne des parts
de marché sans sacrifier sa rentabilité, il est probable que son action fera une bonne performance.
À l’inverse, si elle perd des marchés et voit ses marges rognées par de nouveaux concurrents, il est
peu probable que son action fera une bonne performance. Les marchés financiers étant le reflet
des anticipations, les perspectives de l’entreprise importent plus que ses performances passées.
Un analyste va examiner les comptes financiers passés de l’entreprise mais il va principalement
étudier ses orientations stratégiques et les comparer à celles de ses concurrents.
Les paramètres externes : le contexte économique
Pour analyser les perspectives d’avenir, les analystes financiers doivent tenir compte de l’envi-
ronnement de l’entreprise. Quels que soient la qualité de sa gestion et son niveau de profitabilité,
le contexte économique doit être intégré. Le taux de croissance du PIB, l’inflation, le taux de
­chômage, l’indice de confiance des décideurs économiques sont autant d’indicateurs qui per-
mettent de prendre le pouls d’une économie et de mesurer les facteurs exogènes qui pèsent sur les
résultats futurs de l’entreprise.
8 Réussir l’examen AMF

Les paramètres externes : l’offre et la demande


Les cours des actions sont souvent différents des prix théoriques des analystes, car il ne faut
pas oublier qu’une transaction résulte de la rencontre d’un acheteur et d’un vendeur, d’une offre
et d’une demande. Si beaucoup d’investisseurs sont inquiets des perspectives économiques
­mondiales ils vendront leurs actions pour acheter des obligations en général plus sûres que des
actions. Plus d’offre sur les actions et moins de demande : le cours de toutes les actions même
celle des entreprises en bonne santé baissera. Plus de demande sur les obligations : le prix des
obligations montera

c. Acteurs des marchés


1. Les établissements de crédit et les entreprises d’investissement
Les établissements de crédit (banques) et les entreprises d’investissement jouent un rôle de premier
plan. Les établissements de crédit sont actifs sur les marchés des prêts interbancaires, notam-
ment dans le cadre du refinancement des prêts accordés à leurs clients. Ils sont aussi actifs sur les
­marchés dérivés, afin de couvrir leurs risques dans le cadre de la gestion de leur bilan. Les entre-
prises ­d ’investissement ou les banques interviennent sur les marchés financiers pour le compte de
leurs clients, en contrepartie d’une rémunération, ou pour leur compte propre, engageant alors une
partie de leurs fonds propres pour miser, en vue de dégager un profit, sur l’évolution des prix des
­instruments financiers.
Les États se tournent vers les marchés afin de trouver une source de financement, notamment en
émettant des obligations.

2. Les entreprises
Les entreprises vont se tourner vers les marchés pour couvrir leurs risques, par exemple le risque de
change, pour celles qui sont exposées à l’international, ou le risque lié à la variation des taux d’inté-
rêt, pour celles qui souhaitent optimiser la gestion de leur dette. Certaines grandes entreprises ont
leurs propres salles de marchés. D’autres font appel aux banques d’investissement, les banques de
gros, qui offrent ce service afin de permettre aux entreprises d’accéder aux marchés. En émettant
des actions, des obligations ou des billets de trésorerie, les entreprises vont également faire un appel
public à l’épargne et trouver des sources de financement à leur activité.

3. Les investisseurs institutionnels


Les caisses de retraite et compagnies d’assurances constituent des acteurs majeurs des marchés sur
lesquels ils investissent les cotisations retraite, les primes d’assurance et les fonds que les épargnants
leur ont confiés en vue de dégager un rendement qui leur permettra par la suite de verser des retraites,
de payer les sinistres ou de rembourser les épargnants. Leur statut, en général très encadré, limite
leur capacité à investir de façon risquée. Elles investissent surtout en obligations, dans une moindre
mesure en actions et utiliseront des dérivés à la marge ;
Les sociétés de gestion investissent des fonds pour le compte de leurs clients qui leur confient leur
épargne, dans le cadre de fonds des organismes de placement collectif ou de mandat de gestion. Selon
les objectifs de placement et le type d’investisseur, les sociétés de gestion prendront très peu, un peu,
beaucoup ou énormément de risque.

4. Les particuliers

Les particuliers investissent en direct sur les marchés actions ou obligations, ou de façon inter-
médiée, en confiant leur épargne à des gérants privés pour les plus fortunés ou à des sociétés
de gestion dans le cadre d’organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM),
Chapitre 1A – Les marchés financiers et la réglementation bancaire et financière 9

c’est-à-dire des Sicav (sociétés d’investissement à capital variable) et des FCP (fonds communs de
placement). L’accès aux instruments financiers par les particuliers doit être réservé aux personnes
capables d’appréhender les risques inhérents à tout placement sur les marchés. Elles doivent être
orientées avec prudence et discernement vers un investissement adapté à leurs connaissances et à
leur situation financière.

d. Risques des marchés financiers


Il n’y a pas d’investissement sans risque. Le risque que chaque investisseur a en tête est évidemment
celui de baisse du prix de ses actifs. Si le scénario du cours de l’action qui s’écroule est un cauchemar
vécu par de nombreux investisseurs, bien d’autres risques sont présents sur les marchés. Si certains
risques peuvent être couverts, notamment par des produits dérivés, d’autres ne le peuvent pas.

1. Risque de marché
Le risque de marché représente la perte potentielle liée à un mouvement du marché auquel appartient
une valeur, et ce, indépendamment de la qualité intrinsèque de cette valeur.
Le risque de marché est constitué par le fait que les cours varient avec l’offre et la demande. Si la
demande se tarit, le cours peut baisser bien que les qualités intrinsèques de l’instrument financier ne
soient pas remises en cause.

2. Risque émetteur (dit « risque spécifique »)


La variation du prix est, dans ce cas, liée à l’évolution de la situation de l’émetteur perçue par les
investisseurs. Le prix d’une action baissera si l’entreprise annonce des pertes plus importantes
qu’anticipées ; le prix d’une obligation s’écroulera si son émetteur annonce qu’il est en cessation de
paiement.

3. Risque de crédit
C’est le risque de défaillance de l’emprunteur qui ne peut plus payer les intérêts ni/ou rembourser le
nominal. Il est couru par tout prêteur, et pas seulement par les détenteurs d’obligations ou d’autres
titres de créance. Plus le risque de crédit est élevé, plus le taux d’intérêt que l’emprunteur devra payer
l’est aussi. Ce surcoût représente une prime de risque.

4. Risque de liquidité
C’est le risque de ne pas pouvoir vendre un instrument financier lorsqu’on le souhaite, par exemple
pour faire face à un engagement. Sur les marchés financiers, cela se traduit par l’obligation de vendre
son actif à un prix anormalement bas.

5. Risque opérationnel
Il se définit comme le risque de pertes résultant de carences ou de défauts attribuables à des
­procédures, personnels et systèmes internes ou à des événements extérieurs. Il recouvre notam-
ment les fraudes internes et externes, les pertes résultant de manquements à la législation ou aux
­obligations p
­ rofessionnelles, les dommages corporels…

6. Risque de contrepartie
Le risque de contrepartie est le risque que la contrepartie fasse défaut après avoir conclu avec elle un
accord pour réaliser une transaction mais avant la livraison de l’instrument acheté ou le paiement
de l’instrument vendu.

7. Risque systémique
Tout investisseur est par ailleurs soumis à un risque commun à l’ensemble des acteurs financiers
dans le monde : le risque systémique. Il correspond au risque d’une mise en faillite de l’ensemble du
10 Réussir l’examen AMF

système financier. Comment cela est-il possible ? L’interconnexion des marchés crée des relations
de dépendance entre tous les acteurs des marchés financiers, quel que soit leur statut : investisseurs
institutionnels, banques, États, investisseurs particuliers. Ces réseaux sont la force des marchés mais
aussi leur faiblesse.
En effet, certains risques peuvent se diffuser entre les acteurs, notamment le risque de crédit. Si une
entreprise fait faillite, elle ne pourra ni rembourser les emprunts octroyés par sa banque, ni payer
les coupons des obligations qu’elle a émises. La faillite de cette entreprise est une mauvaise nouvelle
pour ses contreparties, c’est-à-dire la banque qui lui a prêté des fonds et les détenteurs des obligations
qu’elle a émises. Si l’entreprise qui fait faillite est une banque, c’est une mauvaise nouvelle pour tous
ceux qui ont des liens avec elle, c’est-à-dire pour une multitude d’autres banques et investisseurs
qui sont fragilisés et qui, à leur tour, risquent la faillite. Cet effet domino peut propager le risque à
l’ensemble des acteurs.

Risque systémique, crise financière et régulation


Ce scénario catastrophe a failli se réaliser lors de la faillite de la banque américaine Lehman
Brothers en 2008. Cette faillite a aggravé la crise, notamment parce que les liens entre les acteurs
étaient souvent tissés sur les marchés de gré à gré, non surveillés comme sur un marché organisé.
Dans ces conditions, il était pratiquement impossible de savoir qui serait touché par la faillite.
Quelles banques et quels fonds d’investissement allaient être bientôt fragilisés par des pertes
importantes ? Personne n’avait la réponse. C’est dans ce climat de méfiance que le fonctionne-
ment des marchés a été fortement perturbé, nécessitant l’intervention massive des États, pour
« relancer la machine ».
Cet épisode a eu des répercussions directes ou indirectes sur l’ensemble des agents économiques,
aggravant lourdement la crise financière et provoquant une crise économique durable. Il a ren-
forcé la thèse favorable à une réglementation adaptée pour les produits et les techniques les plus
risqués (titrisation et dérivés de crédit). Il a également motivé un contrôle plus poussé des acteurs
clés des marchés financiers que sont les établissements de crédit. Cette réflexion a donné lieu à
un renforcement de la réglementation prudentielle pour forcer les acteurs financiers à être plus
solides, avec des mesures spécifiques pour les banques de taille si grande qu’elles constituent à
elles seules un facteur de risque systémique (too big to fail).
Un des résultats de ces évolutions est qu’au moment de la crise du Covid en 2020, les établisse-
ments de crédit ont mieux tenu le choc car ils étaient plus solides.

e. Maîtriser les risques : rôle de la réglementation des établissements


financiers
Les établissements de crédit et les entreprises d’investissement remplissent un rôle vital dans
­l’économie. Ils interviennent dans le financement à court, moyen et long termes des entreprises et
des particuliers, diffusent les moyens de paiement nécessaires à toute activité et permettent le place-
ment de l’épargne publique.
La réglementation poursuit deux objectifs complémentaires : d’une part, assurer la sécurité du
­système financier, moteur de l’économie (c’est le rôle de la réglementation prudentielle) et, d’autre
part, garantir la protection des clients, notamment pour maintenir un niveau de confiance élevé dans
le système (c’est le rôle de la réglementation des affaires).

1. Réglementation prudentielle
La réglementation prudentielle du système financier vise à garantir la solidité et la pérennité du
­secteur financier en s’assurant que les établissements disposent de fonds propres suffisants pour faire
face aux pertes possibles engendrées par les risques qu’ils encourent dans leur activité (non-­paiement
Chapitre 1A – Les marchés financiers et la réglementation bancaire et financière 11

des intérêts ou non-remboursement des crédits octroyés, pertes sur leur portefeuille de valeurs
­mobilières, déséquilibre entre le coût de leurs ressources et leurs revenus).
La réglementation prudentielle qui prévaut dans l’Union européenne est fondée sur les principes des
Accords de Bâle. Le contrôle de son respect par les établissements de crédit et les entreprises d’inves-
tissement est réalisé par la BCE au sein de la zone euro. En France, elle est secondée par l’Autorité de
contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) qui a également pour mission de contrôler le respect des
normes prudentielles par les assurances et les mutuelles.
Figure 1A.3 – Schéma d’un bilan simplifié d’une banque

Engagements (Actif) Ressources (Passif)

Crédits aux clients Fonds Actions Autres


propres ordinaires capitaux

Crédits
Crédits
aux entreprises Dette long terme (obligations)
aux particuliers
et collectivités

Dépôts Dépôts
des clients Comptes
à vue /
à terme
livrets

Portefeuille de placement
en valeurs mobilières Dette court terme :
marché interbancaire / BCE

Source : Älderney.

2. Les Accords de Bâle


Le comité de Bâle joue un rôle moteur dans l’harmonisation des règles prudentielles et des méthodes
de contrôle des banques dans le monde. La législation européenne a relayé ce mouvement d’harmo-
nisation à l’échelle européenne avec l’instauration depuis 2006 de plusieurs directives CRD (Capital
Requirements Directives) et règlements CRR (Capital Requirements Regulations).

Le premier accord de Bâle : définir des montants de fonds propres pour faire face aux pertes possibles
Il date de 1988. Il a introduit la notion de ratio prudentiel. L’objectif était de traduire les risques que
les banques subissent, en pertes possibles et donc en montant de fonds propres minimaux qu’elles
doivent détenir pour faire face à ces pertes possibles. Les fonds propres constituent l’argent dont dis-
pose la banque qui peut être utilisé pour couvrir d’éventuelles pertes. Ils s’opposent aux dépôts des
clients et aux dettes contractées par la banque qui sont temporaires (les clients peuvent retirer leurs
dépôts et la banque doit rembourser ses dettes). Ils constituent donc la capacité de la banque à absorber
des chocs. Ils sont répartis en fonds propres de catégorie 1 (tier 1) qui rassemblent les fonds propres
les plus sûrs (le capital social, les résultats mis en réserve…) et en fonds propres c­ omplémentaires
de catégorie 2 (tier 2) considérés comme moins sûrs (certaines réserves et provisions, les obligations
convertibles, les emprunts subordonnés…).

Pondérer les engagements de la banque par les risques


Sous Bâle I, les risques étaient calculés en fonction des encours de crédit octroyés et pondérés selon
la nature du client (particulier, État, entreprise) et de la zone géographique (OCDE / hors OCDE) et
selon la nature du crédit consenti (type de crédit, présence ou non d’une garantie…).
12 Réussir l’examen AMF

L’accord de Bâle de 1988 a été rapidement revu en profondeur car sa conception des risques bancaires
était trop schématique3 et seul le risque de crédit était pris en compte et aucunement les risques de
marché ou opérationnels, et encore moins le risque de liquidité.

L’accord de Bâle II
Il a abouti en 2004 à une nouvelle réglementation visant à mieux prendre en compte la diversité des
risques et à inciter les établissements à en renforcer la gestion. Le dispositif Bâle II a introduit une
structure en trois piliers :
• Le « premier pilier » imposa aux banques un ratio minimum de 8 % entre leurs fonds propres et le
niveau des risques encourus. Ce ratio :
− prenait désormais en compte, outre les risques de crédit, le risque de marché et le risque opé-
rationnel,
− instaurait différents niveaux pour le calcul des exigences en fonds propres,
− améliorait la prise en compte des techniques de réduction des risques (garanties) ;
L’évaluation des risques pouvait être fondée sur un modèle standard proposé par l’autorité (le pré-
décesseur de l’ACPR en France à l’époque) ou sur un modèle interne créé au sein de l’établissement
et validé par l’autorité ;
• Le « deuxième pilier » établit un processus interne de surveillance prudentielle obligatoire ;
• Le « troisième pilier » imposa une transparence financière en obligeant les banques de commu-
niquer semestriellement des informations sur la structure et l’allocation de leurs fonds propres,
la nature de leurs expositions aux risques et les méthodes de mesure utilisées.
Les directives « CRD » (Capital Requirements Directives) 2006/48 et 2006/49/CE ont introduit dans
l’Union européenne un cadre prudentiel inspiré de ces principes.

Bâle III et CRD 4


Suite à la crise financière de 2008, le G20 a demandé une révision plus en profondeur de la régula-
tion bancaire. Le Comité de Bâle a produit un ensemble de nouvelles préconisations constituant les
Accords de Bâle III.
La CRD 4 a transposé ces préconisations pour les établissements de crédit de l’Union européenne :
• renforcement des exigences sur la quantité et la qualité des fonds propres avec l’introduction de la
notion de fonds propres « durs » ou CET 1 (Common Equity Tier 1) ;
• augmentation des exigences pour couvrir le risque de crédit avec certaines contreparties ;
• introduction de deux ratios de liquidité (un à court terme et un autre à moyen terme) pour
mesurer la capacité de l’établissement à dénouer ses positions rapidement et sans pertes
excessives ;
• introduction d’une limite de l’effet de levier pour une banque avec un ratio minimum à
­respecter entre le montant des fonds propres et celui du total des engagements (prêts consentis,
­investissements hors bilan).

3. Critères complémentaires européens pour les établissements d’importance significative (EIS)


La réglementation prudentielle au niveau européen a intégré une dimension supplémentaire
pour les établissements de taille suffisamment grande pour qu’ils revêtent un caractère systé-
mique. Ces ­établissements d’importance significative (EIS) sont par exemple les établissements
dont les actifs sont supérieurs à plus de 30 milliards d’euros et qui pèsent plus lourd que 20 %
du PIB du pays dans lequel ils sont implantés. Leurs éventuelles difficultés poseraient des

3. Le calcul des risques ne prenait pas en compte les techniques de gestion et de réduction du risque mises en place par
les banques, telles que la couverture par produits dérivés et l’identité des clients.
Chapitre 1A – Les marchés financiers et la réglementation bancaire et financière 13

problèmes à la stabilité générale du secteur financier et économique, le régulateur a donc décidé


d’augmenter le niveau d’exigence pour s’assurer qu’ils soient suffisamment solides et de leur
imposer des coussins de fonds propres « contra-cycliques » pour leur permettre d’absorber plus
de chocs.

Tableau 1A.1 – Les EIS en France

Sous-catégorie Taux de coussin EIS applicables au 1er janvier


Dénomination Adresse
d’EIS 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Sous-catégorie 2
16 Bd des Italiens
BNP PARIBAS (score de 330 0,375 % 0,75 % 1,125 % 1,50 % 1,50 % 1,50 %
75009 Paris
à 429)
29 Sous-catégorie 1
SOCIÉTÉ
Bd Haussmann (score de 130 0,25 % 0,50 % 0,75 % 1,00 % 1,00 % 1,00 %
GÉNÉRALE
75009 Paris à 229)
12 Pl. des
Sous-catégorie 1
CRÉDIT États-Unis
(score de 130 à 0,25 % 0,50 % 0,75 % 1,00 % 1,00 % 1,00 %
AGRICOLE 92120
229)
Montrouge
50 Av. Pierre- Sous-catégorie 1
Non
Groupe BPCE Mendes-France (score de 130 0,25 % 0,50 % 0,75 % 1,00 % 1,00 %
applicable
75013 Paris à 229)

À noter que les coussins sont calculés en fonction de l’activité réalisée 3 ans auparavant. Le groupe BPCE n’a
pas été désigné comme EIS au titre de l’exercice 2016 ce qui explique l’absence de coussin EIS en 2019 mais il
est redevenu EIS ­u ltérieurement.
Source : ACPR.

4. Le TLAC (Total Loss Absorbing Capacity) : limiter le bail out des États
Les banques d’importance systémique au niveau mondial sont également concernées par une mesure
initiée par le Financial Stability Board, l’organisation émanant du G20 créée à la suite de la crise de 2008
(cf. page 66).
Cette réglementation, intégrée dans le droit européen avec CRD 5, impose aux banques systémiques
de disposer d’un matelas de fonds propres et de dette à long terme émise par l’établissement (obliga-
tions, produits hybrides, actions…)4 qui représente au moins 16 % du total de leurs actifs pondérés
par les risques (risk weighted assets) augmenté à 18 % en 2022.
Le TLAC est proche dans ses objectifs comme dans son calcul d’un autre ratio prudentiel défini
dans le cadre européen, le MREL (Minimum requirement for own funds and eligible liabilities
– cf. page 34).

5. Bâle IV et l’output floor : limiter les dérogations


Revoir les méthodes de calcul des risques
La réglementation Bâle IV qui a été intégrée au sein de l’UE en 2018 dans la CRD 5 et le règlement
CRR 2 revoit les modèles de calculs standards des risques, limite les bénéfices des modèles de calculs
internes utilisés par les grandes banques via un plafond (output floor) mis en place entre 2023 et 2028
et instaure un ratio maximum de levier entre fonds propres et taille du bilan.

4. De type « dettes senior » qui ne sont pas en fonds propres.


14 Réussir l’examen AMF

Pourquoi autant de règles et de contraintes ?


Ces mesures nombreuses et complexes ont impliqué des changements importants pour les banques.
Elles modifient leur coût de refinancement ce qui induit sur l’activité de crédit une rentabilité plus
faible ou un coût du crédit pour le client plus élevé.
Cependant, on peut espérer que ces mesures éviteront de nouvelles crises financières comme celle
de 2008, aux conséquences autrement plus lourdes pour les banques, l’économie et les contribuables.
On notera d’ailleurs qu’au moment de la crise du Covid-19, les banques n’ont pas été le maillon faible
et ont tenu le choc.
Tableau 1A.2 – Bâle III et IV : 15 ans de mise en œuvre
(La date de début est toujours le 1er janvier de l’année indiquée.)
2020
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2023 2024 2025 - 2027 2028
- 2022
Fonds Ratio de levier Période d’évaluation parallèle : 01/01/2013 Définition Révision
propres – 01/01/2017 Publication à compter des ratios : des ratios
du 01/01/2015 Min. 3 %
Ratio minimal pour les actions ordinaires 3,5 % 4,0 % 4,5 % 4,5 %
et éléments assimilés de tier1 (CET1)
Volant de conservation des fonds propres 0,625 % 1,25 % 1,875 % 2,5 %
Ratio minimal CET1 + volant de 3,5 % 4,0 % 4,5 % 5,125% 5,75% 6,375 % 7,0 %
conservation
Ratio minimal Total des fonds propres 8,0 % 8,0 %
Ratio minimal Total des fonds propres + 8,0 % 8,625% 9,25 % 9,875 % 10,5 %
volant de conservation
Liquidité Ratio de liquidité à court terme 60 % 60 % 60 % 70 % 80 % 90 % 100 %
Ratio de liquidité à long terme 100 %
Couverture Exigence de fonds propres pour les Mise en
des risques placements en actions dans les fonds œuvre
et expositions aux contreparties centrales
Approche standard obligatoire pour le Mise en
risque de contrepartie œuvre
Dispositif révisé applicable à la titrisation Mise en
œuvre
Risque de taux d’intérêt Mise en
dans le portefeuille bancaire œuvre
Dispositif relatif aux grands risques Mise en
œuvre
Approche standard révisée pour le risque Mise en
de crédit œuvre
Cadre IRB révisé Mise en
œuvre
Cadre CVA révisé Mise en
œuvre
Cadre révisé du risque opérationnel Mise en
œuvre
Cadre révisé du risque de marché Mise en
œuvre
Output Floor 50 % 55 % 60 % / 65 % / 72,5 %
70 %
Chapitre 1A – Les marchés financiers et la réglementation bancaire et financière

Source : BRI.
15
16 Réussir l’examen AMF

6. Réglementation de la conduite des affaires


La réglementation relative à la conduite des affaires recouvre notamment la connaissance approfon-
die du client (le Know Your Customer, KYC – cf. Chapitre 6), le contrôle de l’information fournie aux
clients et du respect des règles d’exécution des transactions sur les marchés financiers, la prévention
des conflits d’intérêts au sein des établissements financiers…
Elle a donc pour objectif de protéger les consommateurs en instituant des règles de bonne conduite.

Questions clés ! (réponses en fin de chapitre)


Q1. Que signifie-t-on lorsque l’on dit qu’un établissement financier ou une infrastructure de
marché présente un risque « systémique » ?
1. Que leurs systèmes informatiques sont interconnectés et qu’un défaut opérationnel chez l’un
d’entre eux peut provoquer un blocage du système informatique financier à l’échelle de la pla-
nète.
2. Que leur faillite ou dysfonctionnement peut provoquer par réactions en chaîne des réper-
cussions pour tous les acteurs financiers et économiques dans le monde.
3. Que leur système de fonctionnement n’est économiquement pas viable et qu’ils ont donc
une grande chance de connaître des dysfonctionnements qui peuvent avoir des consé-
quences pour tous les autres acteurs.
Q2. Quel risque encoure un investisseur qui achète une obligation ?
a. Risque de crédit.
b. Risque de marché.
c. Risque opérationnel.
1. a uniquement.
2. a et b uniquement.
3. a, b et c.

Source : Älderney.

Quelques définitions à connaître


Déflation
La déflation est le gain du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une diminution
­générale et durable des prix ; c’est une inflation négative.
Dette de l’État
La dette de l’État est l’ensemble des emprunts qu’il a émis ou garantis et dont l’encours (c’est-à-dire le
montant total des emprunts) résulte de l’accumulation des déficits de l’État. Le traité de Maastricht,
entré en vigueur le 1er novembre 1993, a défini cinq critères de convergence que les États membres
doivent respecter pour passer à la monnaie unique, l’euro. Deux critères sont relatifs à la maîtrise des
déficits publics : le déficit des finances publiques ne devra pas dépasser 3 % du PIB pour l’ensemble des
administrations publiques et la dette publique devra être limitée à 60 % maximum du PIB.
Espace économique européen / EEE
L’objectif de l’Espace économique européen (EEE) est d’étendre le marché intérieur de la
­Communauté européenne à des pays de l’Association européenne de libre échange (AELE) qui ne
veulent pas ou ne sont pas prêts à entrer dans l’Union européenne (UE).
L’EEE vise ainsi à lever les obstacles pour créer un espace de liberté de circulation analogue à un
marché national. À ce titre, il inclut :
Chapitre 1A – Les marchés financiers et la réglementation bancaire et financière 17

– les quatre grandes libertés de circulation du marché intérieur : des personnes, des ­marchandises,
des services et des capitaux ;
– des politiques communautaires dites politiques « horizontales », principalement la politique de
concurrence.
En revanche, cet accord implique des limites :
Le libre échange ne couvre pas certains secteurs comme l’agriculture et la pêche.
L’extension du marché intérieur n’est pas complète : la libre circulation des personnes ne vaut que pour
les travailleurs salariés (alors qu’elle est totale pour tous dans l’Union européenne) ; les contrôles aux
frontières entre l’UE et les trois pays de l’AELE subsistent ; il n’y a pas de rapprochement des fiscalités.
L’EEE n’est pas une union douanière ; il ne dispose pas non plus d’une politique commerciale com-
mune vis-à-vis du reste du monde. L’EEE exclut les autres éléments de l’intégration européenne :
l’union économique et monétaire, la politique extérieure et de sécurité commune, la coopération
en matière de justice et d’affaires intérieures.
Les pays parties à l’accord sur l’EEE sont les pays membres de l’Union européenne ainsi que
l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège.
Inflation
L’inflation est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation
générale et durable des prix.
Pour évaluer le taux d’inflation, on utilise l’indice des prix à la consommation (IPC). Cette
mesure n’est pas complète, le phénomène inflationniste couvrant un champ plus large que celui
de la consommation des ménages.
Intérêts (comptabilité nationale)
Les intérêts constituent une forme de revenu de la propriété que reçoivent les propriétaires des
actifs financiers suivants : dépôts, titres (autres que les actions), crédits, autres comptes à recevoir.
Produit intérieur brut aux prix du marché/PIB
Agrégat comptable représentant le résultat final de l’activité de production des unités productrices
résidentes. Le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels
ou des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins les s­ ubventions sur les produits.
Taux de croissance
Le taux de croissance d’une grandeur (PIB, chiffre d’affaires, salaire…) mesure son évolution
d’une période à l’autre (mois, trimestre, année). Il est très généralement exprimé en pourcentage.
Ainsi, le taux de croissance du PIB entre l’année (n – 1) et l’année n est calculé par la formule :

(
PIBn − PIBn−1
PIBn−1 )
× 100
Union européenne/UE
Créée le 1er janvier 1993 par application du traité de Maastricht, l’Union européenne (UE) prend,
dans la construction européenne, le relais de la Communauté économique européenne (CEE).
L’UE est une union intergouvernementale, mais n’est pas un État destiné à se substituer aux
États membres existants. Elle est une entité juridique indépendante des États qui la composent et
­dispose de compétences propres (politique agricole commune, pêche, politique commerciale…).
Elle possède aussi des compétences qu’elle partage avec ses États membres et est reconnue comme
étant une organisation internationale. Sur le plan économique, elle dispose d’une union doua-
nière ainsi que, pour les États membres appartenant à la zone euro, d’une monnaie unique,
l’euro. L’Union est donc une structure supranationale hybride empreinte à la fois de fédéralisme
et ­d ’intergouvernementalisme. Les pays de l’Union européenne sont au nombre de 27 depuis la
sortie de la Grande-Bretagne, suite au référendum de 2016 dit « Brexit ».
18 Réussir l’examen AMF

Zone euro
La zone euro (ou UEM, Union économique et monétaire) est l’ensemble géographique constitué
par les 19 pays de l’Union européenne qui ont adopté l’euro comme monnaie nationale. Plusieurs
critères sont nécessaires pour rejoindre la zone euro : il s’agit des critères de convergence du traité
de Maastricht.
La zone euro a été créée en 1999 par 11 des 15 pays que l’UE comptait alors, rejoints par la Grèce
en 2001, la Slovénie en 2007, Chypre et Malte en 2008, la Slovaquie en 2009, l’Estonie en 2011, la Lettonie
en 2014 et la Lituanie en 2015. La Suède et le Danemark ont décidé lors de référendums qu’ils ne souhai-
taient pas adopter l’euro pour l’instant ; le Royaume-Uni ne participe pas non plus à la monnaie unique.

Questions clés ! (réponses en fin de chapitre)


Q3. L’indice des prix à la consommation (IPC) mesure l’inflation, à quoi cela correspond-il ?
1. Une baisse du pouvoir d’achat de la monnaie.
2. Une hausse de la valeur des biens par rapport à celle des services.
3. Une stagnation des prix des biens couplée à une baisse des revenus notamment du capital.
Q4. Le PIB est une mesure de :
1. la production de la richesse par les acteurs économiques résidant à l’intérieur d’un pays.
2. la valeur ajoutée des acteurs économiques basés dans un pays y compris leurs filiales
implantées à l’étranger et y compris les filiales basées dans le pays d’acteurs étrangers.
3. la somme du chiffre d’affaires ou recettes de tous les acteurs économiques et administra-
tions résidant dans un pays.

Source : Älderney.

Points clés à connaître


1. Les marchés financiers permettent le financement de l’économie par l’émission de titres finan-
ciers comme les actions ou les obligations.
2. Ils donnent également l’opportunité de couvrir les risques financiers grâce aux produits dérivés.
3. Investir dans les marchés financiers implique une prise de risque en fonction des instruments finan-
ciers : les risques de marché, de crédit, de taux ou de contrepartie sont parmi les plus importants.
4. La réglementation encadre les opérations sur les marchés financiers.
5. La régulation prudentielle vise à contrôler que les acteurs intervenant dans les marchés, et
notamment les banques, ne prennent pas de risques inconsidérés. Les Accords de Bâle
­constituent la fondation de cette réglementation.
6. La régulation des affaires vise à garantir que les investisseurs soient protégés dans leur relation
avec les établissements financiers.

2. Union européenne et politique monétaire au sein de l’Europe


a. Union européenne
L’activité des marchés financiers est vitale pour le financement des entreprises et des établissements
financiers. Elle est donc encadrée par la loi. Pour bien comprendre le cadre légal et réglementaire
en place en France (cf. page 37), il convient de le maîtriser en priorité à l’échelle européenne, car le

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