Montage de traitement du signal n°19 -
Échantillonnage des signaux : réalisation, spectres
et restitution
François Caire - Thomas Lepetit
10 mars 2010
Table des matières
1 Échantillonnage d'un signal analogique 3
1.1 Échantillonnage idéal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Échantillonnage réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.1 Limites du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.2 Réalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
[Link] Structure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
[Link] L'interrupteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
[Link] Nécessité du blocage . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Échantillonnage blocage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.1 Modélisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.2 Structure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.3 Dimensionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
[Link] Durée des impulsions . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
[Link] Mesure de Rdson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
[Link] Choix de la capacité . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.4 Améliorations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
[Link] Isolation du signal d'entrée . . . . . . . . . . . . . . 10
[Link] Impédance de charge . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2 Restitution, analyse spectrale 11
2.1 Cadre de l'étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.1 Le repliement de spectre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2 Inuence du ltrage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.3 Inuence de la désynchronisation des générateurs . . . . . . . . . . . 12
2.4 Eet du blocage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.4.1 Perte d'information . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.4.2 Amplitude des raies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.4.3 Quantication de la distorsion (Taux de Distortion Harmonique 17
1
Introduction
Les récents et fulgurants développements de l'informatique, à travers l'augmen-
tation considérable de la capacité de stockage et de l'échange d'informations via
internet rendent capitale la numérisation de l'information dans tous les domaines
(audio, video...). De surcoît, l'utilisation grandissante de commandes numériques de
processus ou de traitements numériques du signal placent le procédé de numérisation
de l'information au coeur de nombreux systèmes industriels.
L'échantillonnage est la première opération consistant à transformer un signal
analogique en un signal pouvant être interprété par une unité de numérisation.
Il constitue donc la première transformation du signal et donc la première source
potentielle de détérioration.
Son étude apparaît donc essentielle et est l'objet de ce montage.
2
Chapitre 1
Échantillonnage d'un signal
analogique
1.1 Échantillonnage idéal
Ce type d'échantillonnage, comme son nom l'indique, n'est pas réalisable en pra-
tique mais permet de prédéterminer l'allure des signaux observés en pratique, tant
du point de vue spectral que temporel comme nous allons le voir.
Considérons un signal analogique s(t) que l'on souhaite numériser. Pour cela il
est nécessaire, comme nous l'avons vu dans l'introduction, de transformer ce signal à
temps continu en un signal à temps discret permettant une quantication des valeurs.
L'étude théorique de cette transformation, communément appelée échantillon-
nage, nécessite l'introduction de diérents paramètres et notions :
la période d'échantillonnage Te et la fréquence correspondante Fe
le signal échantillonné idéal, noté s∗ (t)
le signal échantillonné à temps discret noté sT D [k[ P
On rappelle l'expression du peigne de Dirac : δTe (t) = k δ(t − kTe ).
Le signal s∗ (t) s'écrit donc :
X
s∗ (t) = s(t).δTe (t) = δ(t − [Link] ).s(kTe )
k
Le signal à temps discret, quant à lui, s'écrit directement :
sT D [k] = s(kTe ), ∀k ∈ Z
L'analyse spectrale des diérents signaux précités permet de mettre en évidence
des propriétés importantes des signaux échantillonnés, notamment à travers la com-
paraison avec le spectre initial. Calculons la transformée de Fourier du signal échan-
tillonné idéal. Le peigne de Dirac étant une fonction périodique, on peut calculer
son développement en série de Fourier d'où l'on déduit l'expression suivante :
1 X t
δTe (t) = exp(j2πk )
Te k Te
3
On en déduit directement, par linéarité de la TF, l'expression de sa transformée
de Fourier, notée ∆Te (f ) :
1 X k 1
∆Te (f ) = δ(f − ) = δ 1 (f )
Te k Te Te
Te
Ainsi, l'impulsion de Dirac étant l'élément neutre du produit de convolution, et
la TF d'un produit étant le produit de convolution des TF, on en déduit directement
le spectre du signal échantillonné idéal en fonction de celui du signal s(t) :
1 X
S ∗ (f ) = . S(f − [Link] )
Te k
On voit donc que l'opération d'échantillonnage a conduit à une périodisation du
spectre du signal initial autour des fréquences multiples de Fe et à une modication
1
de l'amplitude des composantes spectrales (multiplication par ).
Te
Ainsi, il apparait que pour un spectre de raies (ex : sinusoïde),si les raies de
fréquences maximales du signal échantillonné sont trop proches de Fe , les raies se-
condaires introduites par l'échantillonnage seront repliées et apparaîtront dans le
spectre basse fréquence du signal échantillonné, conduisant à une incapacité à res-
taurer le signal initial par un simple ltrage passe-bas. La limite haute, permettant
F
de reconstruire la sinusoïde basse fréquence par ltrage passe-bas est fmax = e .
2
Ceci constitue le théorème de Shannon qui quantie la limite théorique d'une
reconstruction sans pertes d'informations.
Remarque : le théorème de Shannon n'est qu'une condition susante de recons-
truction sans pertes puisque, dans le cas d'un signal sinusoïdal, on peut imaginer,
lorsque cela est possible, récupérer le contenu spectral (raie en f ) par un ltrage
passe-bande même si la condition précitée n'est pas vériée.
1.2 Échantillonnage réel
La réalisation pratique de l'échantillonnage idéal nécessiterait de pouvoir créer
des impulsions inniment brèves (Dirac) et qui auraient donc une énergie innie
(spectre constant pour chaque raie). Ainsi, il apparaît que le modèle présenté dans la
partie précédente ne saurait représenter nement la transformation réellement subite
par le signal et ne permet qu'une première approche grossière de l'échantillonnage
en pratique.
1.2.1 Limites du modèle
Ainsi, dans le cadre de l'étude expérimentale de l'échantillonnage, on travaillera
à l'aide d'impulsions carrées de largeur minimale (pour les générateurs basses fré-
quences Agilent, la valeur extrême est de quelques ns). Or, le fait d'utiliser de telles
4
signaux va avoir pour eet de modier l'amplitude des composantes spectrales du
signal échantillonné (par rapport au résultat attendu dans la théorie). En eet, une
sinusoïde échantillonnée via le procédé précédent peut être vue comme le produit
de la sinusoïde initiale par un signal carré de période Te et de largeur τ (rapport
τ
cyclique Tτe ), d'amplitude 1 et centrée en
2
Ce signal carré peut, quant à lui s'écrire comme le produit de convolution d'un
peigne de Dirac de période Te convolué avec une porte de largeur τ et d'amplitude
1.
Ainsi, sa transformée de Fourier s'écrira :
τ X k
X(f ) = .sinc(π.τ.f ). δ(f − )
Te k
Te
Et donc, le spectre de la sinusoïde échantillonnée s'écrira :
τ X k
Sreel (f ) = .sinc(π.τ.f ). S(f − )
Te k
Te
Remarque : ce résultat peut se démontrer sans faire appel à la notion de distri-
bution de Dirac mais en utilisant la décomposition en série de Fourier su signal.
Or, τ Te et donc la pseudo-période du sinus-cardinal est très grande et n'est
donc pas visible à l'analyseur de spectre, comme le montre le schéma de la gure
1.1. La seule vérication possible de ceci portera sur l'amplitude des raies comme
nous le verrons dans la deuxième partie.
Figure 1.1 Spectre du signal echantillonné réel dans le cas d'une sinusoïde
1.2.2 Réalisation
[Link] Structure
La structure utilisée pour la réalisation de l'échantillonnage est celle de la gure
1.2 qui est très simple.
Elle est composée d'un interrupteur commandable et d'une résistance R reliée
à la masse. On ferme l'interrupteur pendant un bref instant à des intervalles ap-
pelés intervalles d'échantillonnage. Ces derniers peuvent être xes (fermeture de
5
Figure 1.2 Structure générale de l'échantillonneur
l'interrupteur tous les Te période d'échantillonnage) ou variables. Dans le cadre de
ce montage nous nous limiterons à l'étude de l'échantillonage à intervalles xes. La
résistance R permet de relier la sortie à la masse lorsque l'interrupteur est ouvert.
Nous avons donc un signal à temps continu qui est nul quasiment tout le temps sauf
pendant les durées τ durant lesquelles l'interrupteur est fermé et pour lesquelles la
sortie vaut s(t) = R+RRds e(t). La résistance R doit être très supérieure à Rdson (qui
on
est comme nous le verrons de l'ordre de la dizaine d'ohms) mais pas trop grande
pour qu'un courant puisse circuler dans l'interrupteur (l'impédance d'entrée de l'os-
cilloscope étant de 1 M Ω) et pas trop faible an de ne pas atteindre un courant
maximal trop important. En pratique nous avons choisi une résistance de 1kΩ.
[Link] L'interrupteur
Le choix de la technologie Metal Oxyde Semiconductor ou technologie MOS s'est
imposé à nous de part la simplicité de sa mise en oeuvre et par le fait que l'impédance
à l'état passant Rdson soit à peu près constante quelle que soit la valeur de la
tension d'entrée e(t).
Commande de l'interrupteur La commande de l'interrupteur est réalisée par
un train d'impulsions espacées de Te et de largeur τ la plus faible possible (pour
tendre vers l'échantillonnage idéal. L'amplitude de ces impulsions devait être supé-
rieure à une tension de seuil (3V) xée par le constructeur du composant DG303A
que nous avions choisi pour réaliser la fonction interrupteur commandé.
Finalement, le signal obtenu est représenté sur la gure 1.3 :
On observe bien des raies "nes" dont les amplitudes à chaque instant corres-
pondent à celle de la sinusoïde au même instant. De plus, la manipulation a ici été
réalisée en synchronisant les deux GBF ensembles et donc, les deux signaux appa-
raissent xes. En eet, dans le cas général, les instants de fermeture de l'interrupteur
ne correspondent pas toujours à la même valeur durant une période du signal.
[Link] Nécessité du blocage
Nous avons vu que la nalité de l'échantillonnage consiste en une numérisation du
signal analogique pour un traitement quelconque, c'est-à-dire la quantication des
6
Figure 1.3 Sinusoïde pure échantillonnée (Fe = 20kHz, f = 1kHz )
valeurs prises par le signal aux diérents instants d'échantillonnage. Cette opération
est réalisée par un Convertisseur Analogique Numérique (qui ne sera pas présenté ici)
nécessitent une stabilisation durant une durée minimale du signal, an d'en eectuer
le codage sur n bits. On voit alors la nécessité de stabiliser le signal échantillonné
an de permettre sa numérisation.
1.3 Échantillonnage blocage
La solution choisie an d'eectuer cette stabilisation est un bloqueur d'ordre
zéro qui aura pour fonction de maintenir le signal échantillonné à sa valeur courante
durant toute une période d'échantillonnage.
1.3.1 Modélisation
L'opération que va donc subir le signal échantillonné créé précédemment peut
être considérée comme un ltrage linéaire dont la réponse impulsionnelle est une
porte de largeur Te et d'amplitude 1 :
La réponse en fréquence de ce ltre s'écrit donc :
H(f ) = Te exp(−jπ[Link] ).sinc(π.[Link] )
Ce "ltrage" a donc deux conséquences importantes :
T
introduction d'un retard pur de valeur e
2
distorsion du spectre par multiplication par un sinus cardinal
Nous verrons par la suite comment ces phénomènes vont détériorer la qualité de
la reconstruction.
7
Figure 1.4
1.3.2 Structure
La structure de l'échantillonneur-bloqueur d'ordre 0 utilisé est celle de la gure
1.5 :
Figure 1.5 Montage échantillonneur-bloqueur
On remplace donc la résitance placée en sortie de l'interrupteur par une capacité
qui va assurer le maintien de la tension à ses bornes (tension de sortie) durant les
instants où l'interrupteur sera ouvert. De plus, pour s'assurer que cette capacité
ne se décharge pas dans la résitance d'entrée du dispositif placé en aval (unité de
mesure, CAN, etc), on place un montage suiveur en sortie.
Le dimensionnement des diérents éléments nécessite une étude plus précise du
fonctionnement.
1.3.3 Dimensionnement
[Link] Durée des impulsions
L'analyse de la structure a mis en évidence la nécessité d'une capacité qui main-
tient la valeur du signal échantillonné pendant le temps nécessaire à la conversion
eectuée par le CAN. Il convient à présent de s'intéresser au régime transitoire pen-
dant lequel la capacité se charge et se décharge. En eet, si la durée τ pendant
laquelle l'interrupteur est fermé est insusante pour que la capacité atteigne la va-
leur du signal d'entrée à l'instant d'échantillonnage considéré, alors la valeur nale
de la tension aux bornes de la capacité (signal échantillonné bloqué) ne correspondra
pas à la valeur du signal d'entrée que nous voulions échantillonner. Ceci se traduira
8
par un facteur multiplicatif global (<1) entre le signal échantillonné bloqué et le
signal de départ. Ces limitations sont illustrées sur les gures 1.6 et 1.7.
Figure 1.6 Signal échantillonné avec τ = 200ns
Figure 1.7 Signal échantillonné avec τ = 50ns
[Link] Mesure de Rdson
La mesure de Rdson a été faite à l'aide d'un pont diviseur de tension. Nous avons
choisi une résistance R de 51Ω (mesurée à l'anaylseur d'impédance) et à partir d'une
9
tension constante à l'entrée de 10V nous avons mesuré une tension de sortie de 6V
soit une résistance à l'état passant de 33Ω ce qui correspond bien à la valeur donnée
par le constructeur.
[Link] Choix de la capacité
La valeur de la capacité doit être choisie telle que sa charge puisse être eectuée
en un temps τ correspondant à la durée d'un pulse, donc au temps durant lequel
l'interrupteur sera fermé. Il est donc clair que la constante T ( = RDSon .C ) devra
être faible devant la largeur d'un pic de la commande.
On choisit donc (RDSon = 33Ω) C = 1.5nF , ce qui nous assure un facteur 10
entre les deux temps considérés ( on prend τ = 100ns ).
1.3.4 Améliorations
[Link] Isolation du signal d'entrée
L'impédance de sortie du générateur étant de 50Ω, et celle de l'entrée du circuit à
transitor MOS n'étant pas innie, on place en sortie du générateur un étage suiveur
an de ne pas induire d'atténuation du signal (pont diviseur de tension) avant son
échantillonnage.
[Link] Impédance de charge
Comme on l'a vu, pour s'aranchir de l'impédance de charge susceptible de
provoquer la décharge de la capacité et donc un mauvais maintien du signal, on
place un autre montage suiveur en sortie de l'échantillonneur-bloqueur.
10
Chapitre 2
Restitution, analyse spectrale
2.1 Cadre de l'étude
Nous nous sommes intéréssés jusqu'ici à l'échantillonnage de signaux analogiques
et à leur mise en forme en vue d'une conversion analogique numérique. Une fois
numérisés et après avoir subi des traitements numériques, ces signaux sont à leur
tour convertis en signaux analogiques à l'aide d'un bloqueur d'ordre zéro. Nous
disposons alors de signaux ayant la même forme (nous ne nous intéresserons pas ici
à l'opération de quantication qui est présente dans la pratique) que les signaux
échantillonnés bloqués à l'entrée du convertisseur analogique numérique. Le but ici
est de restituer (par ltrage) le signal original. Nous allons donc quantier la perte
d'information liée à l'échantillonnage bloquage, tant d'un point de vue temporel que
fréquentiel et comparer le signal restitué au signal de départ (retard, diminution de
l'amplitude...)
2.1.1 Le repliement de spectre
Comme il est prévu par la théorie, le repliement de spectre est l'un des phénomène
les plus limitant dans l'échantillonnage. En eet, l'expansion spectrale du signal que
l'on souhaite numériser devra nécessairement être inférieure à la moitié de Fe , sous
peine d'obtenir un signal complètement dénaturé après reconstruction, comme le
montre la gure 2.1 où l'on a essayé d'échantillonner une sinusoïde de fréquence
18kHz à la fréquence Fe = 20kHz . Après reconstruction par ltrage passe-bas,
nous nous retrouvons donc logiquement avec une sinusoïde de fréquence 2 kHz (on
imagine aisément l'eet sur un signal sonore tel que de la musique) :
An de s'aranchir de ce phénomène, nous avons utilisé un ltre passe-bas (ap-
pelé ltre anti-repliement placé en amont de tout le système d'échantillonnage et
dont la fréquence de coupure a été choisie de façon à atténuer toutes les fréquences
parasites (non souhaitées, ex : bruit, etc) supérieures à la valeur limite de la bande
utile choisie.
11
Figure 2.1 Illustration temporelle du repliement de spectre
2.2 Inuence du ltrage
La reconstitution du signal échantillonné-bloqué nécessite un ltrage passe-bas.
Le ltre choisi est un ltre du second ordre, de fréquence de coupure fc = 3kHz .
Ce ltre va avoir pour rôle d'éliminer les fréquences supplémentaires introduites
par l'échantillonnage via la périodisation du spectre et le blocage d'ordre 0 an de
récupérer le signal analogique initial ou, en tout cas de s'en approcher.
Ce retard va donc introduire une première distorsion du signal reconstruit.
2.3 Inuence de la désynchronisation des généra-
teurs
An de créer le signal à échantillonner et le signal d'horloge qui commande
l'interrupteur, nous avons utilisés deux GBF qui, dans le cas général n'étaient pas
synchronisés entre eux. Ceci a pour eet d'échantillonner le signal sinusoïdal à des
fractions diérentes de sa période et conduit donc à une variation de l'amplitude du
signal échantillonné bloqué comme l'illustrent les gure 2.2, 2.3 et 2.4 :
Ceci peut également être observé au niveau spectral puisque si l'on se place à la
F
limite du théorème de Shannon (f = e ), où l'on s'attend à voir l'amplitude de la
2
raie de la sinusoïde initiale et celle de la raie repliée (due à l'échantillonnage) qui
Fe
sont confondues pour une sinusoïde de fréquence se sommer. On remarque que
2
l'amplitude du pic à cette fréquence varie au cours du temps. En eet, il s'agit de la
somme de la composante basse fréquence du sinus et de celle du spectre transposé
par échantillonnage qui vont, selon le déphasage entre les GBF former aléatoirement
12
Figure 2.2 signal échantillonné-bloqué observé avec GBF désynchronisés
Figure 2.3 capture d'écran à un instant donné (achage de l'oscilloscope stopé)
des interférences constructives ou destructives.
2.4 Eet du blocage
Une autre cause de distorsion est le blocage qui, comme on l'a vu, va introduire un
Te
retard constant (de valeur ) par rapport au signal initial en plus d'une distorsion
2
13
Figure 2.4 capture d'écran à un instant t2
du spectre en sinus cardinal.
2.4.1 Perte d'information
An de pouvoir visualiser l'eet seul du blocage sur le signal reconstruit, il est
nécessaire de le comparer au signal d'entrée, après avoir fait subir à celui-ci le même
ltrage passe-bas. Il est donc nécessaire d'utiliser deux ltres identiques. Une ma-
quette réalisant cette fonction est disponible, sur laquelle sont montés deux ltres
du second ordre de caractéristiques proches sur lesquels les réglages du coecient
d'amortissement m et de la fréquence propre non-amortie ω0 sont possibles.
La gure 2.5 montre une acquisition des deux signaux que l'on souhaite comparer.
On observe bien que leurs fréquences sont identiques, et qu'il apparaît un retard. La
T
mesure de ce retard permet bien de vérier la valeur théorique ( e ) :
2
De plus, on peut, à l'aide d'un analyseur de spectre observer, dans un premier
temps le spectre de la sinusoïde pure an de le comparer à celui du sinus échan-
tillonné, puis du sinus échantillonné et bloqué. Les gures 2.6 et 2.7 montrent ces
diérents spectres pour une fréquence de la sinusoïde de 3kHz et une fréquence
d'échantillonnage de 20 kHz et un temps de pulse ∆t = 100ns.
On vérie ici que l'on a une périodisation du spectre initial (raie en 3 kHz) autour
des multiples de la fréquence d'échantillonnage (Fe = 20kHz ). De plus, il est à noter
τ
que l'amplitude des raies a bien été multipliée par .
Te
An de mieux visualiser l'allure et les caractéristiques du sinus cardinal introduit
par l'opération de blocage et que l'on devine sur la gure 2.7 il est intéressant
d'observer le spectre obtenu pour un signal d'entrée possédant un spectre plus riche,
par exemple un signal carré de rapport cyclique inférieur à 0,5 (on pourrait aussi
14
Figure 2.5 Signal initial et signal reconstruit (Fe = 5kHz , f = 1kHz )
Figure 2.6 Comparaison des spectres d'un sinus et d'un sinus échantillonné
utiliser une sinusoïde dont on ferait varier la fréquence (sweep)) comme c'est le cas
sur la gure 2.8 :
On observe alors de façon plus précise l'enveloppe en sinus cardinal et on vérie
bien que les fréquences d'annulation sont des multiples de Fe .
2.4.2 Amplitude des raies
An de vérier l'armation vue lors de l'étude des limites du modèle (inuence
de la largeur des impulsions brèves), une mesure est eectuée à l'aide d'un analyseur
15
Figure 2.7 Spectre d'une sinusoïde échantillonnée-bloquée (Fe = 20kHz, f =
3kHz )
Figure 2.8 Spectre d'un signal carré (Fe = 20kHz, f = 1, 2kHz, α = 0.17)
16
sur l'amplitude du spectre d'un signal sinusoïdal échantillonné.
Les paramètres expérimentaux sont les suivants :
amplitude de la sinusoïde : 4 V
fréquence d'échantillonnage : Fe = 20kHZ
durée d'une impulsion : ∆t = 1µs
On mesure une amplitude de la raie du sinus initial pur de 3,90 V à l'aide de
la fenêtre d'apodisation at-top, contre 79 mV pour la sinusoïde échantillonnée. On
vérie bien que
∆t 1.10−6
H0 × A = ×A= × 3.7 = 79mV.
Te 5.10−5
où H0 est l'amplitude de la première composante du développement en série de
Fourier du signal carré de rapport cyclique ∆t
Te
.
2.4.3 Quantication de la distorsion (Taux de Distortion Har-
monique
Le taux de distorsion harmonique peut permettre de quantier la distorsion
introduite par un processus tel que l'échantillonnage. Ici, l'étude de son évolution
en fonction de la fréquence d'échantillonnage a été réalisée et le tracé de la gure
2.9 a été obtenu :
Figure 2.9 Tracé du taux de distorsion harmonique pour une sinusoïde (f =
1kHz )
On remarque sans trop de surprise que le Taux de Distorsion Harmonique dimi-
nue lorsque la fréquence d'échantillonnage augmente.
17
Conclusion
L'échantillonnage de signaux analogiques permet une numérisation des informa-
tions et donc leur traitement numérique, ce qui rend ce procédé très utile et très
utilisé dans la pratique. En eet, sa mise en oeuvre simple permet, comme on l'a vu
d'obtenir des performances honorables à traitement.
En revanche, cette technique présentant des limitations multiples, telles que le
repliement de spectre, elle n'est pas utilisable dans tous les domaines et notamment
les transmissions hautes fréquences (utlisisation encore de nos jours de technologies
analogiques).
18