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M ÉMORIAL DES SCIENCES MATHÉMATIQUES

C H . R IQUIER
La méthode des fonctions majorantes et les systèmes
d’équations aux dérivées partielles
Mémorial des sciences mathématiques, fascicule 32 (1928)
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MÉMORIAL
DES

SCIENCES MATHÉMATIQUES
PUBLIE SOUS LE PATRONAGK DE

L'ACADÉMIE DES SCIENCES DE PARIS,


DES ACADÉMIES DE BELGRADE, BRUXELLES, BUCAREST, COÏMBRE. CRACOV1E, K1EW,
MADRID, PRAGUE, ROME, STOCKHOLM (FONDATION MITTAG-LEFFLER), ETC.,
DE LA SOCIÉTÉ MATHÉMATIQUE DE FRAÏNCK, AVEC LA COLLABORATION DE NOMBREUX SAVANT?.

DIRECTEUR :

Henri VILLAT
Correspondit ut «le l'Académie d e s S c i e n c e s de Paris,
Professeur à la Sorbonne,
Directeur du <» Journal de Mathématiques p u r e s et a p p l i q u é e s . ».

FASCICULE XXXII

La Méthode des Fonctions majorantes et les systèmes d'Équations


aux dérivées partielles
PAU M. CH. RIQLIER
Correspondant de l'Institut, Professeur honoraire à l'Université de Caen.

PARIS
GAUTHIER-VILLAKS ET C", ÉDITEURS
LIBRAIRES DU BUREAU UKS LONGITUDES, DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE

Quai des Grands-Augustins, ïï.

1928
AVERTISSEMENT

La Bibliographie est placée à la fin du fascicule, immédiatement


avant la Table des Matières.
LA

MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES


ET LES

SYSTEMES D'EQUATIONS AUX DERIVEES PARTIELLES

Par M. Ch. RIQUIER

CHAPITRE ] .
CAUCHY INITIATEUR DE LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES;
APERÇU HISTORIQUE.

Principe de la méthode.

1. Dans l'étude des systèmes, quels qu'ils soient, d'équations aux


dérivées partielles, la question qui, logiquement, précède toutes les
autres est celle de l'existence même de leurs intégrales.
Cauchy parvint, le premier, en considérant les cas les plus simples,
qui se présentent tout d'abord, à des démonstrations rigoureuses.
Dans les tomes XIV, W et YVI des Comptes rendus de L'Académie
des Sciences (1842 et i843), il prouve l'existence des intégrales
d'un système d'équations différentielle^ ordinaires, en précisant ce
que l'on doit entendre par intégrales généralesd'un pareil système;
puis il étudie au même point de vue un système linéaire de m équa-
tions aux dérivées partielles du premier ordre, impliquant un nombre
égal de fonctions inconnues,

MÉMORIAL DES SC. MATH. — N° 3 2 .


2 CH. RIQUIER.

et tel qu'on puisse le résoudre par rapport aux m dérivées


ÔT3X drzo àizm
Ht' ~dt' *"' ~dff

toutes relatives à une même variable t. Ce dernier résultat, malgré


tout l'intérêt qu'il présentait, est resté pendant longtemps peu connu :
mais, depuis un demi-siècle environ, la méthode employée par
Cauchy, sous le nom de Calcul des limites, pour démontrer la con-
vergence des développements des intégrales, a pris progressivement
une très grande extension; elle porte aujourd'hui le nom de Méthode
des fonctions majorantes. Indiquons-en brièvement le principe, et
définissons tout d'abord les fonctions dites majorantes.
Les notations jr, y, . . . désignant des variables indépendantes, si,
dans toute l'étendue de quelque domaine ayant pour centre le
point (.r 0 , y0, • • -)î u n e f° n c t ion F ( # , y, . . .) est exprimable à
l'aide d'une série procédant suivant les puissances entières et posi-
tives de x — / 0 l J — J'o> • • •. cette fonction, qui, par le fait même*
est analytique, est dite régulière au point (# 0 , j ' 0 , . . .).
Si deux fonctions, f(x, y, . . .), y(x, y, . . . ) , sont l'une et l'autre
régulières au point (j?0, y0, . . .), si," de plus, les valeurs en ce point
de cp(#,j', . . .) et de toutes ses dérivées sont réelles, positives, et
respectivement supérieures aux modules dos valeurs correspondantes
de f(x,y, . . .) et de ses dérivées semblables, la fonction ¢ ( ^ , ^ , . . .)
est dite, au point (x0, y0, . . .), majorante de f(x, y, . . . ) .
Cela étant, et un système différentiel étant donné, le principe de
la méthode consiste à établir, si possible, une correspondance terme
à terme entre deux groupes de développements entiers, savoir :
D'une part, dans le système donné, les développements formels
d-es intégrales hypothétiques dont on cherche à prouver l'existence
effective;
D'autre part, dans un système auxiliaire approprié, obtenu par
l'application d'un mécanisme où interviennent les fonctions majo-
rantes, les développements, nécessairement convergents, d'intégrales
effectives convenablement choisies.

Et il faut, pour le succès de la méthode, qu'en s'appuyant sur la


convergence (certaine) des développements du second groupe, on
puisse, de la correspondance .ainsi établie et de la définition des
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 3

fonctions majorantes,, conclure, à plus forhe* raison, àlia convergence


des développements du premier groupe.
Pour faire saisir plus nettement cette indication générale, forcé-
ment un peu vague, nous considérerons le cas le plus simple, celui
d'un système d'équations différentielles ordinaires (n° 2 , infra)^
nous nous attacherons'd'ailleurs uniquement à mettre le mieux pos-
sible l'idée directrice en lumière, sans nous astreindre en aucune
façon à suivre pas à pas les indications du texte même de Cauchy, et
sans nous interdire aucune modification pouvant contribuer à une
clarté plus grande des raisonnements.

2. Considérons donc un système d'équations différentielles ordi-


naires résolu par rapport aux dérivées des fonctions inconnues qui
s'y trouvent engagées, et mis sous la forme

-^=. U(x, M, v, ..., «0,

dw ™, \
3J- = W(*, «,*,...,w):
dans ces formulas, //,<», . . ., w désignent des fonctions inconnues
de la variable indépendante x, laquelle est, indifféremment, réelle
ou imaginaire, et les seconds membres sont des fonctions connu-es
de x, u, P, . . ., w\ supposant essentiellement que ces dernières sont
analytiques, on ne considère, parmi les intégrales du système, que
ceMes qui elles-mêmes sont analytiques, et, parmi les intégrales
analytiques, que celles qui satisfont à la condition suivante :
« Il existe quelque région de l'espace i [x] 1 telle que non seu-
lement ces intégrales y soient régulières, mais que, de plus, les
valeurs qu'elles y prennent, associées à celle de la variable jr, ne
sortent jamais d'une région de l'espace \\x, u, v, . . ., w]l où les
seconds membres du système le soient aussi. »
De pareilles intégrales seront qualifiées d'ordinaires : du fait
même qu'elles sont ordinaires, elles vérifient, non seulement les
équations du système (i), mais encore toutes celles qui s'en déduisent
par différentialions.
4 CH. RIQUIER.

Cela posé, si l'on désigne par (x0, w0? ^o> • • •> w<>) u n P ° i n t de
l'espace ["[#, M, r, . . ., iv]~j où les seconds membres du système (i)
soient tous réguliers (n° 1), le système (i) admet un groupe d'in-
tégrales ordinaires, et un seul, satisfaisant aux conditions
initiales
l II = M0

{•?.) < > pour x = x0.

Les indications qui suivent ( I , II, III, infra) permettront de


reconstituer la démonstration in extenso de cette propriété.

I. S'il existe un groupe d'intégrales ordinaires répondant aux


conditions initiales (2), ce groupe est unique, et les développements
des intégrales à partir de x0 peuvent être facilement reconstruits.
Adjoignons en effet aux équations (1) toutes celles qui s'en déduisent par
différentiations, et partageons l'ensemble de ces relations en groupes suc
ces^ifs, Gi, G2, G 3 , . . . , d'après les ordres croissants 1, 2, 3, . . . de leurs pre
miers membres. Les groupes ainsi obtenus présentent manifestement la struc-
ture suivante :

Le groupe G l 5 qui n'est autre que (1), aura pour premiers membres
du dv dw
dx' dx' ' dx

et ne contiendra dans ses seconds membres que la variable indépendante x et


les intégrales u, v, . . . , w.
Le groupe G 2 aura pour premiers membres les dérivées secondes des inté-
grales, et ne contiendra dans ses seconds membres que la variable, les inté-
grales, et leurs déri\ccs premières.
Le groupe G 3 aura pour premiers membres les dérivées troisièmes des
intégrales, et ne contiendra dans ses seconds membres que la variable, les
intégrales, et leurs dérivées premières et secondes.
Et ainsi de suite indéfiniment.
Gela posé, attribuons à x s'a valeur initiale XQ : comme on doit avoir

u = u0, v = P'0, . . ., w = WQ pour x = xQi

les valeurs initiales des seconds membres de Gi sont connues, et, par suite, les
valeurs initiales des dérivées premières
du dv dw
dx dx - dx
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 5

Cela étant, les valeurs initiale* des seconds membres de G 2 sont elles mêmes
connue^, et, par suite, les valeurs initiales des dérivées secondes; à leur tour,
les valeurs initiales des seconds membres de Gà le seront aussi, et, par suite,
les valeurs initiales des dérivées troisièmes; et ainsi de suite indéfiniment. Or,
les valeurs initiales des intégrales et de leurs dérivées de tous ordres ne sont
autres, aux facteurs numériques connus près, que les coefficients de leurs
développements à partir de x0 : il ne peut donc exister plus d'un groupe
d'intégrales répondant aux conditions initiales ( 2 ) , et les développements de
ces intégrales peuvent être reconstruits a priori.

IL Si les développements, reconstruits a priori, des intégrales


hypothétiques répondant au Y conditions initiales (2) sont conver-
gents, leurs sommes constituent effectivement un groupe d'inté-
grales du système (1)
Désignons en effet par S„, S t , S(l, les sommes des déxcloppements, et
considérons un domaine ©, de centre x0, dont le rayon soit suffisamment petit
pour que chacune des fonctions de x en lesquelles se transforment, par la
substitution de S w , S,,, . . . , S,,, à K, C, . . . , w>, les deux membres des diverses
équations (1) soit exprimable, dans le domaine dont il s'agit, par la somme
d'une série entière en x — x0, En vertu même du calcul qui a fourni les coef-
cients des développements, la valeur initiale x0 de x, prise conjointement
avec les valeurs initiales u0, v0, . . ., w0 de S«, S t ,, . . ., S u , et avec celles de
toutes leurs dérivées, \érifie numériquement les équations (1) et toutes leurs
équations dérivées, en sorte que les fonctions

. ^/S„ dS„ dSw


de dx ' dx

et leurs dérivées de tous oidres sont, pour x = x0, numériquement égales aux
fonctions
f L)(.2?, o a , o^, . . . , o t v ) ,

1 ?

[ W(a?, S M , S„, . . . , S„.)

et à leurs d é m é e s semblables; donc, en vertu d'un théorème fondamental sur


l'égalité identique entre deux fonctions analytiques, les fonctions ( 3 ) sont
identiquement égales aux fonctions ( 4 ) dans toute l'étendue du domaine $).

III. Tout revient donc à prouver la convergence des développe-


ments, construits a priori, des intégrales hypothétiques : comme
nous l'avons exposé ailleurs (voir Les systèmes d'équations aux
dérivées partielles, n° 114, alinéas 11 à VIII; c'est aux alinéas V
6 CH. RIQUIER.

et VI qu'interviennent lés fonctions majorantes), on peut commencer


par établir cette convergence dans le cas où les seconds membres
de (1) sont supposés indépendants de la variable x; on en déduit
ensuite très facilement le cas général.

3. Des raisonnements mis en œuvre dans l'exemple qui fait l'objet


du numéro précédent, un triple fait se dégage :
La méthode des fonctions majorantes ne s'applique qu'aux sys-
tèmes différentiels du monde analytique.
Elle ne vise, dans ces systèmes, que les intégrales analytiques
ordinaires.
Elle considère dé pareilles intégrales comme déterminées par un
système de conditions dites initiales.
Les Chapitres qui suivent feront ressortir de plus en plus nettement
la nécessité, imposée par la méthode même, du point de vue dont
nous venons de formuler la synthèse.

Aperçu historique.

• ht. Le principe de la méthode des fonctions majorantes a été adopté,


après Cauchy (1842 et i843), par un grand nombre de géomètres.
En 1856, Briot et Bouquet, dans un Mémoire sur les systèmes
d'équations différentielles ordinaires (*), donnèrent une démonstra-
tion simplifiée de l'existence de leurs intégrales.
En 1872, le même point fut établi pour les systèmes dits complète-
ment intègrables d'équations différentielles totales, et deux géo-
mètres, Méray et Bouquet, en publièrent presque simultanément la
solution ( 2 ) .
En i8~5, les résultats, encore peu connus, de Cauchy sur les sys-
tèmes partiels furent établis de nouveau par Darboux et par Mme de
Kowalevsky : cette dernière y avait été conduite par la considé-
ration du système partiel qui porte son nom, système composé
d'équations en nombre égal à celui des fonctions inconnues, et tel,
qu'en désignant par

les fonctions dont il s'agjt et par


kiy £2, . . . , Â~A,
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 7

les «ordres respectifs du système par r a p p o r t à e l l e s , celui-ci -soit


résoluble par r a p p o r t aux dérivées

dxA\ dxAi 9
' dxk'g

toutes relatives à une même variable x. Les recherches de M me de


Kowalevsky ont fait l'objet d ' u n Mémoire publié dans le Journal de
Crelle ( 3 ) ; D a r b o u x , qui avait entrepris de son côté une recherche
analogue, s'est borné à i n d i q u e r sa démonstration dans deux Notes
c o m m u n i q u é e s à l'Académie des Sciences ('* ).

5 . Les quelques travaux q u e nous avons cités j u s q u ' i c i ne visent


q u e des cas relativement aisés à traiter : ces cas étant mis à part,
l'étude des conditions d'existence des intégrales présente des compli-
cations multiples, et elle a nécessité de laborieuses et persévérantes
recherches.
E n 1880, Méray publia un Mémoire où il se proposait de traiter la
question d'une façon générale ( 5 ) . Ce travail, qui mettait en lumière
divers principes i m p o r t a n t s , ne s'appliquait cependant q u ' a u x sys-
tèmes du premier o r d r e ; il contenait d'ailleurs une fausse extension
de la méthode des fonctions majorantes, et formulait, relativement à
la convergence des développements des intégrales, une conclusion
t r o p hâtive, et, dans bien des cas, erronée ( ° ) : pour cette double
raison, il était loin de d o n n e r la solution c h e r c h é e . Sa lecture, tou-
tefois, puis, en 1890, une collaboration fournie à Méray en vue de
r é p a r e r l ' e r r e u r commise ( 7 ) , ont été le point de départ des travaux
de M. R i q u i e r : i n d i q u o n s sommairement les contributions de ce
géomètre à la méthode dont nous retraçons l'historique, avec les con-
clusions qu'il en a tirées p o u r la théorie générale des systèmes diffé-
rentiels du m o n d e analytique ( 8 ) .

6. Alors q u e le travail publié en 1890 p a r Méray et M. R i q u i e r se


bornait à l'étude d ' u n e classe, relativement fort restreinte, de sys-
tèmes d'équations aux dérivées partielles, alors» q u e , même chez des
auteurs ayant le goût et le souci des vues élevées, la considération
t r o p exclusive des systèmes du premier o r d r e n'avait rendu possibles
que de très vagues aperçus sur les systèmes quelconques, M. Riquier
8 CH. RIQUIER.

a pu, par la considération des types complètement intégrables d'ordre


supérieur, y substituer des résultats précis sur le nombre et la nature
des éléments arbitraires qui figurent dans les intégrales générales. La
fixation, dont il a fait connaître le mécanisme, de Y économie des
conditions initiales à imposer aux intégrales (°) (voir Chap. II,
injra), l'introduction des cotes, qui l'a conduit, pour les dérivées
des fonctions inconnues, à un classement fécond en résultats, celle
de la forme orthonome (voir Chap. III, infra), dont il a établi les.
conditions de passivité, et à laquelle il a étendu la Méthode des fonc-
tions majorantes, jouent dans ses travaux un rôle capital; cette forme,
supposée passive, comprend comme cas très particuliers tous les
t\pes complètement intégrables antérieurement examinés. Mettante
profit sa très grande souplesse, M. Riquier a pu montrer que, sauf
constatation éventuelle d'incompatibilité, tout système différentiel du
monde analytique est, en théorie pure, réductible à une forme com-
plètement intégrable, et que sa solution générale dépend, par suite,
de fonctions (ou constantes) arbitraires en nombre fini ( 1 0 ) ; puis,
comparant, dans deux formes complètement intégrables d'un même
système différentiel, le nombre et la nature des éléments arbitraires
que l'économie des conditions initiales met en évidence, il a établi
l'invariance de deux entiers caractéristiques, qui lui fournissent la
base d'une notion nouvelle, celle du degré de généralité d'un sys-
tème (voir Chap. IV, infra) ( n ) .

7. Bien que ces résultais fondamentaux, déduits de la considé-


ration des systèmes orlhonomes passifs, fussent désormais acquis, il
n'en était pas moins utile de poursuivre l'étude des questions d'exis-
tence, et de chercher à généraliser, en les simplifiant, si possible, les
règles déjà établies. Dans cette voie, un important progrès a été
réalisé : d'une part, grâce à un lemme de nature algébrique qu'il a
signalé ( , 2 ) , M. Riquier a rendu la méthode des fonctions majorantes
applicable à des cas beaucoup plus étendus; d'autre part, grâce à
certaines réductions (fondées sur la considération du Tableau des
conditions initiales) des systèmes différentiels étudiés, il a substitué
à la règle primitive exprimant les conditions d'intégiabilité complète
des systèmes orthonomes une règle, notablement plus avantageuse,
applicable, elle aussi, à des systèmes plus généraux ( , 3 ) . Nous don-
nons au Chapitre V, en l'éclairant de quelques exemples (n , s 38, i2
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 9

et 43, infra), l'indication succincte de ces nouveaux résultats : con-


ditionnés (il ne saurait en être autrement) par des restrictions d'iné-
galité, ils se formulent en énoncés précis, et ouvrent à la Méthode
des fonctions majorantes un champ d'application des plus vastes, que
les travaux postérieurs, quelque distingués qu'ils soient, n'ont pas
élargi ( " ) .
Et ici se pose une question que nous signalons à l'attention des
chercheurs : un pareil élargissement est-il encore possible? Ou bien,
au contraire, les restrictions d'inégalité auxquelles il vient d'être fait
allusion englobent-elles tous les cas de quelque importance où la
Méthode puisse» intervenir avec succès? Une certitude positive sur
ce point fournirait, pour l'orientation de futurs travaux, une indica-
tion des plus précieuses.

8. Un théorème quelconque d'existence étant supposé établi, une


élude fort intéressante, dans les cas où elle est possible, consiste à
prolonger analytique ment les intégrales, c'est-à-dire à délimiter,
autour des domaines de convergence primitivement assignés à leurs
développements fondamentaux, certaines régions, plus ou moins
étendues, où elles soient calculables par cheminement; mais les résul-
tats obtenus dans ce genre de recherche sont jusqu'à présent peu
nombreux : l'un d'eux, qui fait l'objet du Chapitre VI, est basé sur
la considération des fonctions majorantes ( IJ >); il assure, pour cer-
tains systèmes d'équations aux dérivées partielles linéaires, la possi-
bilité du prolongement analytique des intégrales dans les limites où
cette possibilité existe à la fois pour les coefficients du système et
pour les déterminations initiales des intégrales.

9. Les intégrales dont on prouve l'existence par la méthode des


fonctions majorantes étant, comme nous l'avons dit (n° 3), nécessai-
rement ordinaires, il semble tout d'abord que le titre même du pré-
sent Volume y interdise toute considération ayant trait aux intégrales
singulières : c'est là toutefois une impression superficielle que la
réflexion ne tarde pas à modifier. Si l'on observe, en effet, que les
intégrales ordinaires, d'une part, et singulières, d'autre part,
doivent, si leur définition est bien posée, se trouver, du seul fait de
cette définition, en opposition logique (le A et le non A ) , on sentira
combien il est opportun de donner une réponse immédiate à de?
tù CH, RFQUrER.

questions qui d'elles-mêmes se posent, de préciser, dans le setis


voulu, la notion, trop souvent confuse, d'intégrales singulières, et
de l'illustrer par une brève indication des premières conséquences
qu'elle entraîne ( , c ) .

CHAPITRE H.
ÉCONOMIE DES CONDITIONS INITIALES DANS LES SYSTÈMES DIFFÉRENTIELS EÊSOrtLS-
PAR RAPPORT A DIVERSES DÉRIVÉES DES FONCTIONS INCONNUES.

Fonctions schématiques et coupures ( I7 ).

10. L'expression la plus générale d'une fonction de x, y, . . .


régulière au point (x0, y0, . . . ) s'obtient, comme il ressort d'une
définition rappelée plus haut (n° 1), par la considération d'une série
entière en x — x0, y — y 0 , .. ., dont tous les coefficients sont arbi-
traires, et soumis, dans leur ensemble, à la seule restriction de la
convergence. Un pareil développement, à coefficients tous indéter-
minés, constitue ce que nous nommerons une fonction schématique
de x, y, . . . ayant pour termes élémentaires les termes mêmes du
développement; si, comme cas extrême, le nombre des variables
indépendantes se réduit à zéro, le développement se réduit à une
simple constante schématique, que nous assimilerons souvent, pour
l'uniformité du langage, à une fonction schématique dégénérée.
(Il importe d'observer que si quelques-uns des coefficients, fut-ce
même un seul, viennent à être remplacés par des valeurs numériques
particulières au lieu de rester arbitraires, le développement considéré
cesse par là même d'être une fonction schématique; c'est ce qui
arrive, notamment, si l'on en supprime un ou plusieurs termes
élémentaires.)
Si, dans une question où les variables indépendantes son! xr y, . . .,
on est conduit à considérerune fonction schématique de quelques-unes
de ces dernières, celles d'entre les différences x — x%, y—ye, ...
dont la fonction schématique ne dépend pas lui seront dites
étrangères : si, notamment, la fonction schématique est dégénérée,
les différences x — x{), y—y0, . . . lui sont toutes étrangères; si
elle dépend de toutes les variables x, y, . . ., aucune des différences
dont il s'agit ne lui est étrangère.
ll
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES.

Considérons actuellement g fonctions schématiques (dégénérées-mi


non) de telles ou telles des variables x', y, . . ., et indiquons, suivant
les conventions ordinaires de l'écriture algébrique, en premierfKeu,
que chacune d'elles doit être multipliée par tel ou tel monôme entier
en x - x0, y — y0, . . . ayant pour coefficient l'unité (avec un degré
positif ou nul); en second lieu, que ces ^produits doivent être ajoutés
les uns aux autres : nous aurons ainsi une expression de la forme
n-g

2 O — **)"»(y —j'o)b* • • • Fo„,


n= \

où a,n bn, . . . désignent des entiers positifs ou nuls, Bn un groupe


de variables indépendantes extrait du groupe total x, y, . . ., et F$n
une fonction schématique des seules variables 9n. Une pareille expres-
sion portera le nom de somme schématique, et, parmi les divers
facteurs qui concourent, comme il vient d'être dit, à sa formation,
nous distinguerons,-d'une part, les g facteurs schématiques
Eo,, F6iï ..., FQ,.,

d'autre part, les g facteurs monômes correspondants


(x — x0)ai(y — 70)'' 1 • - . ,
(x — œ0)">(y— y0)°>

(x — x0)as(y—yo)bs..
Les termes élémentaires de la somme seront les produits partiels
qu'on obtient, sans réduction de termes semblables, en multipliant
les termes élémentaires de tout facteur schématique par le facteur
monôme qui lui correspond; dans le cas où les produits partiels.dont
il s'agit sont tous dissemblables, la somme schématique sera dite
irréductible. Enfin, les termes schématiques de la somme seront
les g produits
(x—X0)<*n(y—yQ)l>n . . . F0W (n = 1 , 2, . . . , g),

dont chacun fournit tout un groupe de termes élémentaires; un terme


schématique sera dit dégénéré, si le facteur schématique qui y figure
est lui-même dégénéré, et il ne fournira alors qu'un seul terme
élémentaire de la somme.
Cela posé, considérons, d'une part, une fonction schématique
12 CH. RIQUIER.

de x, y, . . ., d'autre part, un ensemble, E, formé avec des monômes


entiers par rapport à x — x0, y—y0, ..., qui présentent tous un
degré supérieur à zéro, aient pour coefficient l'unité, et soient en
nombre essentiellement limité : si, dans le développement de la fonc-
tion schématique, on supprime tous les termes élémentaires qui
admettent pour diviseur quelqu'un des monômes de l'ensemble, la
portion restante du développement se nommera le résidu de la
coupure E, pratiquée dans le développement total.
On peut évidemment, sans changer le résidu, supprimer de l'en-
semble E tout monôme qui admettrait pour diviseur quelque autre
monôme du même ensemble : en opérant les suppressions de ce genre
jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus de possible, on tombe finalement sur
un ensemble que nous qualifierons d'irréductible. D'après cela, si,
dans une fonction schématique de x, y, . . ., on se propose d'opérer
une coupure à l'aide d'un ensemble donné, celui-ci, moyennant la
suppression éventuelle de quelques-uns des monômes qui le consti-
tuent, peut toujours être supposé irréductible.
Enfin, les monômes de l'ensemble donné étant tons, par hypothèse,
de degré supérieur à zéro, si, comme nous allons en formuler la
possibilité, on met le résidu de la coupure sous la forme d'une somme
schématique irréductible, l'expression ainsi obtenue, dont tous les
facteurs monômes sont nécessairement distincts, en contiendra un, et
un seul, de degré zéro.
Voici maintenant l'énoncé de la proposition capitale à laquelle il
vient d'être fait allusion :
Si, dans une fonction schématique, on se propose d'opérer une
coupure à laide d'un ensemble E, l'application d'un procédé tout
élémentaire (dont l'indication se trouve contenue dans la démonstra-
tion; voir Les systèmes d'équations aux dérivées partielles, n° 81)
fournit pour le résidu une somme schématique irréductible.

11. Supposons actuellement que le résidu d'une coupure E,


pratiquée dans le développement d'une fonction schématique de x,
y, . . ., ait été mis, d'une manière quelconque, sous la forme d'une
somme schématique irréductible,
n=g
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. , l3

(où an, b/n . . . désignent des entiers positifs ou nuls, 9n un groupe


de variables extrait du groupe total x, y, . . ., et Frj#i une fonction
schématique des seules variables 9,,); puis, désignons par «„ le groupe
de variables complémentaire du groupe 9„, c'est-à-dire tel que l'en-
semble de ces deux groupes reproduise une fois et une seule chacune
des variables indépendantes x, y, . . . .
Cela posé, si, considérant le développement schématique total
de notre fonction, on en prend (terme à terme) la dérivée d'ordres
partiels an, bn, . . . , et qu'on attribue ensuite aux variables du
groupe M,, leurs valeurs initiales, on tombe sur un développement,
<Den, ne dépendant évidemment, comme F$n, que des seules variables
du groupe 0n. Or, ces deux développements, FQ^, ¢ ^ , peuvent se
déduire l'un de l'autre par des dérivations (ni des quadratures
(exécutées terme à terme); la convergence du premier dans cer-
taines limites entraine d'ailleurs .celle du second dans les mêmes
limites, et réciproquement.
(Voir Les systèmes, etc., n° 82.)

12. Supposons que, dans une question quelconque, u désigne une


fonction inconnue des variables x, y, . . ., assujettie, entre autres
conditions, à être régulière au point ( ^ 0 , j 0 , . . . ) ; tous les coefficients
de son développement à partir des valeurs particulières x0, y0, . . .
étant, jusqu'à nouvel ordre, indéterminés, ou, en d'autres termes, le
développement étant, jusqu'à nouvel ordre, schématique, désignons
par E un ensemble donné, et considérons le résidu de la coupure
pratiquée dans le développement à l'aide de E (n° 10); supposons
enfin que, parmi les coefficients, jusqu'ici tous indéterminés, du
développement de u, ceux du résidu soient assujettis à avoir des
valeurs numériques assignées d'avance (et choisies de telle façon que
le résidu soit convergent). Cela étant, si le résidu, considéré d'abord
schématiquemenl, a été mis sous la forme d'une somme schématique
irréductible telle que (i), la donnée, dont il s'agit pourra se formuler
des deux manières suivantes :

Ou bien on se donnera (numériquement, comme il vient d'être


dit) les g fonctions
F F
8i> 8o •;,, Fôj

qui figurent (schématiquement) dans l'expression ( i ) ;


l4 CH. RIQUIER.

On bien, faisant successivement

on se donnera (numériquement) la fonction des variables 9n à laquelle


se réduit

Ôxa» dyb".. .

,par l'attribution aux variables co„ de leurs valeurs initiales.

Moyennant le recours éventuel à des quadratures, cette seconde


donnée est, comme nous venons da le voir (n° 11), entièrement
équivalente à la première, et se compose de développements
convergeant respectivement dans les mêmes limites.
Le lecteur trouvera dans l'Ouvrage déjà cité (Les Systèmes, etc.,
nos 83 et 84) quelques exemples destinés à éclairer les considérations
qui précèdent.

Économie des conditions initiâtes.

13. Établi donné un sy stème différentiel, S, résolu par rapport à


•diverses dérivées des fonctions inconnues, u, v, . . . , qui s'y trouvent
-engagées, nous conviendrons de dire qu'une dérivée de ces fonctions
est principale relativement au système, lorsqu'elle coïncide, soit
avec quelqu'un des premiers membres, soit avec quelqu'une de leurs
dérivées; nous conviendrons de dire, dans le cas contraire, qu'elle
est paramétrique.
Considérant, dans un pareil système S, un groupe d'intégrales que
nous supposerons développables, à partir des valeurs initiales x0,
y0, . . . choisies pour les variables indépendantes x,y, . . ., -en séries
entières par rapport aux accroissements x — x0, y — y0, . . ., nous
nommerons détermination initiale de l'une d'entre elles la portion
de son développement formée par l'ensemble des termes qui, aux
facteurs numériques connus près, ont pour coefficients les valeurs
initiales de la fonction et de ses dérivées paramétriques de tous ordres;
la portion restante, où figurent de même les valeurs initiales des
dérivées principales, se nommera la partie principale du dévelop-
pement.
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. l5

On peut, à l'aide des notions établies sur les fonctions schématiques


et les coupures, obtenir (Tune manière fort simple la forme schéma-
tique des déterminations initiales d'un groupe quelconque d'intégrales
u, v, . . . : il est clair, en effet, que, si les dérivées de u qui figurent
dans les premiers membres du système S ont pour ordres partiels
respectifs, relativement à x, y, . . .,

a', p', ...,

il suffit, pour avoir la forme schématique de la détermination initiale


de u, de pratiquer, dans le développement schématique de cette
fontion, la coupure
{x — XQY {y— y^p' ...,
(x-xQr{y-y»)$\..,

En conséquence (nos 10, 11 et 12), la donnée des déterminations


initiales d'un groupe d'intégrales (hypothétiques) équivaut à celle de
fonctions (ou constantes) en nombre essentiellement fini, et, pour se
donner arbitrairement les déterminations dont il s'agit, il suffit
d'imposer aux intégrales et à telles ou telles de leurs dérivées, en
nombre essentiellement limité, la condition de se réduire respective-
ment, pour les valeurs initiales de tels ou tels groupes de variables, à
des fonctions arbitraires des groupes de variables restants (chacune
de ces fonctions doit, naturellement, être supposée développable à
partir des valeurs initiales des variables dont elle dépend). Ainsi se
trouve fixé ce que l'on peut appeler l'économie des conditions
initiales du système.
(Voir Les systèmes, etc., n° 90.)

14. La fixation, qui vient d'être exposée, de l'économie des condi-


tions initiales trouve sa première application dans le problème général
du Calcul inverse de la dérivation, lequel peut s'énoncer comme il
suit :

Chercher toute fonction des variables .xy y,*., développable à


l6 CH. RIQUIER.

partir de valeurs données, x0, y0, . . ., et donton suppose données


telles ou telles dérivées (ces dernières nécessairement développables,
comme la fonction cherchée, à partir de xQ, y0, . . . ) .
Bornons-nous à l'indication sommaire des résultats.

I. Nous poserons tout d'abord les définitions suivantes ( , 8 ) :


Si l'on considère deux dérivées (distinctes) d'une fonction quel-
conque, F(x, y, . . . ), et que l'on adjoigne mentalement à chacune
d'elles la suite indéfinie de ses propres dérivées, tout terme commun
aux deux groupes illimités ainsi obtenus se nommera une résultante
des deux dérivées en question. Pour passer de la fonction ¥(x,y, . . .)
à l'une ou à l'autre de ces dernières, il faut exécuter sur elle certaines
différentiations, dont quelques-unes peuvent être les mêmes de part
et d'autre : en désignant par le symbole D. l'ensemble des différen-
tiations communes, et par les symboles D ' . , D". l'ensemble des
différentiations restantes pour la première et la seconde dérivée
respectivement, les deux dérivées considérées peuvent évidemment
s'écrire
ï).D'.F(x,y, . . . ) , D.D'.F(*,y, . . . ) ,

et l'on voit sans peine : i° qu'elles admettent

D.D'.D".F(*,j, ...)

comme résultante unique d'ordre minimum; 2° que le groupe


complet de leurs résultantes s'obtient en adjoignant à celle d'ordre
minimum la suite indéfinie de ses propres dérivées.
Considérons maintenant un système différentiel résolu par rapport
à diverses dérivées des fonctions inconnues qui s'yr trouvent engagées,
et, dans ce système, deux équations ayant pour premiers membres
respectifs deux dérivées d'une même inconnue; puis prenons la
résultante d'ordre minimum de ces dérivées, et répétons l'opération
en faisant varier de toutes les manières possibles le choix de la fonc-
tion inconnue et celui des deux équations sur les premiers membres
desquelles on doit opérer : les résultantes, en nombre essentiellement
limité, que nous obtiendrons ainsi, se nommeront, par rapport au
système donné, les dérivées cardinales de ses diverses fonctions
inconnues. Il va sans dire que toute fonction inconnue dont une seule
LA METHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 17

dérivée (au plus) figure dans les premiers membres du système


n'admet aucune dérivée cardinale.

IL CONDITIONS DE POSSIBILITÉ DU PROBLÈME; SOLUTION GÉNÉRALE. —


Considérons un système différentiel ayrant pour premiers membres
(tous distincts) diverses dérivées de la fonction inconnue (unique) u,
et pour seconds membres diverses fonctions données de x, y, . . .,
toutes développables à partir de xQ, yQ, . . . .
Pour qu'un pareil système admette quelque intégrale u déve-
loppable à partir de x0, y0, . . . , il est nécessaire que les diverses
expressions déduites du système pour une même dérivée cardinale
quelconque de u soient identiquement égales entre elles.
Ces identités étant supposées satisfaites, il existe une infinité
d*intégrales développables à partir de «r0, y0, . . . ; l'une quel-
conque d'entre elles se trouve entièrement déterminée si l'on se
donne les fonctions ou constantes (arbitraires), en nombre fini,
dont la connaissance équivaut à celle de sa détermination initiale
os
(n 12, 13), et elle ne peut manquer d'être développable dans
les limites où le sont à la fois les fonctions dont il s'agit et les
seconds membres du système.
Enfin, pour avoir la solution générale du problème posé, il
suffit d'en connaître une solution particulière quelconque.
,9
(Voir Les systèmes, etc., n° 93) ( ) .

III. R E C H E R C H E , DANS L E CAS DE P O S S I B I L I T É , DE LA S O L U T I O N P A R T I -


CULIÈRE RÉPONDANT A DES CONDITIONS INITIALES DONNÉES. Cette
recherche se ramène à une recherche du même genre successivement
exécutée sur diverses équations dont chacune a la forme

du j.

ou, en d'autres termes, à un certain nombre de quadratures. La


seule inspection des équations proposées et du Tableau des condi-
ditions initiales, ces dernières étant convenablement écrites, suffît
d'ailleurs pour qu'on puisse former immédiatement le
quadratures successives.
(Voir Les systèmes, etc., nos 9o, 9«, 97) ( 2 0 ). / *
MKMORTAT. DES SC. MATH. — N° 3 2 .
1$ CH. RrQUIER.

CHAPITRE III.

LES SYSTÈMES ORTHONOMES ; LEURS CONDITIONS DE PASSIVITE;


EXTENSION A CES SYSTÈMES DE LA METHODE DES FONCTIONS MUORANTES.

Systèmes passifs; systèmes complètement intégrables.

15. Nous dirons q u ' u n système différentiel est limité ou illimité,


suivant qu'il se compose d'un n o m b r e limité ou illimité d'équations,
et nous supposerons expressément que tout système différentiel
directement donné est limité. Nous supposerons en o u t r e q u e , les
seconds membres du système ayant été réduits à zéro (par la simple
transposition des termes qu'ils contenaient), les premiers membres
sont des fonctions analytiques des diverses quantités qu'ils ren-
ferment. Nous ne considérons enfin, parmi les intégrales du système,
que celles qui elles-mêmes sont analytiques, et, parmi les intégrales
analytiques, que celles qui satisfont à la condition suivante :

« O n peut assigner quelque domaine tel, €|ue n o n seulement les


intégrales dont il s'agit y soient régulières, mais que, de plus, leurs
valeurs, prises conjointement avec celles de leurs dérivées et des
variables indépendantes, restent toujours intérieures à quelque
domaine où les premiers membres du système le soient aussi. »

(II va sans dire que le* deuv domaines dont l'existence est imposée par
la condition ci-dessus font respecthement partie de deux espaces essen-
tiellement différents : ^i Ton désigne par x\ y, . . . les \ariables indé-
pendantes, et par ô, . . . les diverses inconnues et dérivées figurant effec-
tivement dans les premiers membres du système, le premier de ces deux
domaines fait partie de l'espace l[x+ . . .y, • ..}_L et le second de l'es-
pace [[.r, y a, . . . ] ] . )

De pareilles intégrales seront qualifiées d'ordinaires : ainsi se


trouve généralisée la définition formulée au Chapitre I p o u r les sys-
tèmes d'équations différentielles ordinaires.
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 19

La substitution d'intégrales ordinaires connues dans les équations


du système considéré en transforme les divers premiers membres
en diverses fonctions composées des variables, des intégrales et <de
quelques-unes de leurs dérivées. D'après la définition même des
intégrales ordinaires, et entre les limites assignées par cette définition,
les règles établies pour les fonctions composées sont applicables aux
premiers membres.dont il s>'agit; d'ailleurs, chacun d'eux étant iden-
tiquement nul après la substitution indiquée, toutes ses dérivées Je sont
aussi, et Von peut, en conséquence, diffèrentier indéfiniment les
relations du système.

16. Si aux équations qui composent un système (Limité) donné S


on adjoint toutes celles qui s'en déduisent par de simples différentia-
tions, le groupe illimité résultant de cette adjonction s'appellera le
système S prolongé.
D'après ce qui vient d'être dit (n° 15), un groupe quelconque d'in-
tégrales ordinaires du système S satisfait identicfiiement à toutes les
relations du système S prolongé : dès lors, si l'on convient de consi-
dérer pour un instant les variables x, y, . . ., les fonctions inconnues
u, v, . . ., et leurs dérivées de tous ordres comme autant de variaMes
indépendantes distinctes, le système S prolongé ne peut manquer
d'être numériquement vérifié par des valeurs particulières quel-
conques, x0, >'OÎ • • • ? de x, y, . . . , prises conjointement avec les
valeurs correspondantes des intégrales considérées et de leurs dérivées
de tous ordres (cela, bien entendu, dans les limites assignées par la
définition même des intégrales ord naires).
inversement, supposons que, dans un domaine où les premiers-
membres de S soient réguliers (les seconds membres étant supposés
nuls), le système S prolongé admette quelque solution numérique;
supposons en outre que, en désignant par x0, y0, . . . les valerars
numériques de x, y, . . . , les développements, entiers en x — x0,
y—y0, . . . , qui ont pour coefficients, aux facteurs numériques
connus près, les valeurs numériques (figurant dans la solution .con-
sidérée) de u, v, . . . et de leurs dérivées de tous ordres soient
convergents. Cela étant, tes sommes des développements dont il
s'agit constituent un groupe d'intégrales ordinaires du sys-
tème S.
(Voir Les systèmes, -etc., n° 99.)
20 CH. RIQUIER.

17. Dans un système différentiel résolu par rapport à diverses


dérivées des fonctions inconnues qui s'y trouvent engagées, les inté-
grales doivent, conformément à notre définition du n° 15, être quali-
fiées d'ordinaires, s'il existe quelque domaine tel, que non seulement
les intégrales dont il s'agit y soient régulières, mais que, de plus,
leurs valeurs, prises conjointement avec celles de leurs dérivées et
des variables indépendantes, restent toujours intérieures à quelque
domaine où les seconds membres du système le soient aussi. Les
théorèmes d'existence ultérieurement indiqués se rapporteront tous
aux intégrales ordinaires de certains systèmes différentiels possédant
la double propriété d'être résolus par rapport à diverses dérivées
des fonctions inconnues qui s'y trouvent engagées, et de ne contenir
dans leurs seconds membres aucune dérivée principale.
Considérons donc un système différentiel, S, qui jouisse de cette
double propriété; nous dirons qu'il est passif', si, assimilant pour un
instant les variables x, y, . . ., les inconnues u, v, . . . et leurs déri-
vées de tous ordres à autant de variables indépendantes distinctes, on
peut, par voie d'éliminations, déduire du système S prolongé (n° 16)
un système numériquement équivalent résolu par rapport aux dérivées
principales : chacune de ces dernières se trouve ainsi exprimée à l'aide
des variables indépendantes, des fonctions inconnues et de leurs déri-
vées paramétriques, et il va sans dire qu'à chacune d'elles est sup-
posée correspondre, dans le système numériquement équivalent à S
prolongé, une formule unique de résolution. La solution numérique
générale de S prolongé est alors fournie par un groupe illimité de
formules où les variables, les inconnues et leurs dérivées paramé-
triques de tous ordres reçoivent des valeurs arbitraires (tout au moins
dans les limites où certaines restrictions d'inégalité se trouvent
vérifiées pour elles), tandis que les dérivées principales se trouvent
entièrement déterminées en fonctions de ces diverses quantités. [Une
restriction d'inégalité évidente doit être dans tous les cas sous-enten-
due : c'est que les valeurs numériques des diverses quantités figurant
dans les seconds membres (analytiques) de S ne doivent pas excéder
les limites où ces seconds membres sont à la fois réguliers; car la
considération du système S prolongé, obtenu par l'application indé-
finie aux équations de S de l'algorithme des fonctions composées,
n'est légitime que s'il s'agit d'intégrales ordinaires.]
Ln système passif, S, n'admet au plus qu'un seul groupe
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 21

d'intégrales ordinaires répondant à des conditions initiales


données, et les développements de ces intégrales hypothétiques à
partir des valeurs initiales des variables peuvent être facilement
reconstruits.
Dans un système passif, la question de savoir si le groupe
(forcément unique) d'intégrales hypothétiques répondant à des
conditions initiales données existe effectivement se résout par
l'affirmative dans le cas où leurs développements construits a
priori sont tous convergents, par la négative dans le cas con-
traire.
(Voir Les systèmes, etc., n° 101.)
Enfin, un système différentiel, S, jouissant de la double propriété
spécifiée au début du présent numéro, sera dit complètement intè-
grable, s'il admet un groupe d'intégrales (effectives), et un seul,
répondant à des conditions initiales arbitrairement choisies, tout au
moins dans les limites où certaines restrictions d'inégalité se
trouvent vérifiées pour ces dernières [on sous-entend toujours,
notamment, puisqu'il s'agit d'intégrales ordinaires, que les valeurs
initiales des diverses quantités figurant clans les seconds membres
(analytiques) de S ne doivent pas excéder les limites de régularité
communes aux seconds membres dont il s'agit].

18. Soient
x, y, ..., .
u, v, ...

des notations (en nombre limité) désignant, les premières diverses


variables indépendantes, les dernières diverses fonctions inconnues
de ces variables. A chacune des quantités x, y, . . ., u, v, . . . faisons
correspondre un entier (positif, nul ou négatif), que nous nommerons
la cote de cette quantité; puis, considérant une dérivée d'ordre quel-
conque /• de lune des fonctions u, v, ..., nommons cote de la
dérivée en question l'entier obtenu en ajoutant à la cote de la fonction
celles des /• variables de différenliation.
Supposons maintenant que les cotes respectives des diverses va-
riables indépendantes soient toutes égales à i, celles des fonctions
inconnues étant quelconques; puis, considérant, soit une fonction
composée différentielle de u, v, . . . ( 2 1 ), soit une relation différen-
22 -OH. R*QUI£R.

lielle entre u, v, . . ., nommons cote de l'expression ou de la relation


dont il s'agit la cote raaxima des inconnues et dérivées qui y figurent
effectivement (abstraction totale étant faite, dans cette évaluation,
des variables indépendantes elles-mêmes). Cela étant, il est clair que
toute différentiation première exécutée, suivant l'algorithme des fonc-
tions composées, sur l'expression ou la relation considérée augmente
d'une unité la cote de cette dernière.
Observons encore qu'en désignant par <p la cote minima des diverses
fonctions inconnues, toute dérivée d'ordre n de ces dernières aura
une cote au moins égale à n -f-<p, puisque" la cote de toute variable
indépendante est supposée égale à i. Il résulte de laque la cote d'une
dérivée d'ordre quelconque ne tombe jamais au-dessous de i -h cp, et
que, si l'on désigne parc un entier déterminé quelconque (n'excédant
pas cette limite), le nombre des dérivées possédant une cote égale à-e
est essentiellement limité.

19. Considérons un système différerLtiel, S, impliquant les fonc-


tions inconnues u, v, . . . des variables indépendantes x, y, . . .-, et
satisfaisant aux diverses conditions A, B, C, formulées ci-après :

A. Le système S est résolu par rapport à diverses dérivées des


fonctions inconnues qui s'y trouvent engagées, et les seconds
membres sont indépendants de toute dérivée principale.
B. En attribuant, dans toutes les équations du système, aux
variables indépendantes des cotes toutes égales d i, et aux in-
connues des cotes respectives convenablement choisies, chaque
second membre ne contient, outre les variables indépendantes„
que des quantités (inconnues ou dérivées) dont la cote ne surpasse
pas celle du premier membre correspondant.
Désignant alors par o la cote minima des premiers membres de S, et parta-
geant les relations de S prolongé en groupes (limités) successifs,

SÔJ Sg +1 , .-•, Se, ....,

d'après les cotes croissantes,


-B, 8 + i, .-.., C, ....,

de leurs premiers membres, nous adjoindrons aux 'hypothèses A et B, ci-


tfes-sws énoncées, l'hypothèse suivante :
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 23

C. En imposant éventuellement aux valeurs numériques des quan-


tités qui figurent dans les seconds membres de' S telles ou telles res-
trictions d'inégalité, on peut, des groupes successifs (en nombre
illimité)

extraire respectivement des groupes,

0) *8, ti+i, ..., tc, ..-,

tels que l'un quelconque d'entre eux. tc, composé d'équations en


nombre exactement égala celui des dérivées principales de coteC,
soit résoluble par rapport à elles. Les groupes partiels (1) sont alors
successivement résolubles par rapport aux dérivées principales de
cotes
8, 3 + i, .. , C, ...,

et cela quelles que soient (sauf les restrictions éventuelles d'illégalité


auxquelles il est fait allusion plus haut) les valeurs numériques
attribuées aux variables x, y, -. ., aux inconnues u, v, « . ., et aux
dérivées paramétriques.
Cela posé, et les conditions A, B, C, ci-dessus énoncées, étant
supposées satisfaites :

i° Le système S admet au plus un groupe d'intégrales ordi-


naires répondant à des conditions initiales données.
2° Pour que le système S soit passif, il faut et il suffit que
l'élimination des dérivées principales de cotes

8, 8 + !, ..., C,

effectuée entre les équations


Ss 7 Sfi+ir •••» Se,

conduise, quel que soit C, à des identités (c'est-à-dire à des rela-


tions que vérifient toutes valeurs numériques des quantités x, y, ,. .,
u7 v, . . . et des dérivées paramétriques, considérées comme autant
de variables indépendantes distinctes).
3° Pour que le système S soit complètement inlègrable (n° 17),
il faut et il suffit, en premier lieu, qu'il soit passif, et% en second
24 CH. RIQUIER.

lieu, que les développements (construits a priori) des intégrales


hypothétiques qui répondent à des conditions initiales arbitraires
admettent toujours quelque domaine de convergence.
(Voir Les systèmes, etc., n° 103.)

Définition des systèmes orthonomes.

20. Soient, comme au n° 18,

x, y, ...,
u, v, ...

des notations (en n o m b r e limité) désignant, les premières diverses


variables indépendantes, les dernières diverses fonctions inconnues
de ces variables. A chacune de ces quantités attribuons p cotes suc-
cessives arbitrairement choisies (p^.i). Désignons enfin par ô,
àr deux quantités appartenant à l'ensemble que forment les. fonc-
tions u, v, . . . et leurs dérivées de tous ordres, par

Cf, C-2, . . ., Cp,

C|, C), • • ., C/t

les cotes respectives de ces deux quantités, et convenons de dire que o


est normale ou anormale par r a p p o r t à à, suivant que les différences
successives
Cj — C j , C> C2, ..«i Cp Cp

satisfont ou non à la double condition : i° que ces différences ne


soient pas toutes nulles; 2° que la première d'entre elles non égale à
zéro soit positive.
Considérons maintenant un système différentiel impliquant les
fonctions inconnues u, v, . . . des variables indépendantes x, y, . . .,
et possédant, comme dans l'h\ pothèse A du n° 19, la double propriété :
i° d'être résolu par rapport à diverses dérivées de ces inconnues ;
2° de ne contenir dans ses seconds membres aucune dérivée prin-
cipale. P u i s , à chacune des quantités x, y, . . ., u, v, . . . attribuons,
conformément aux indications qui précèdent, p cotes successives, sous
la seule condition que les cotes premières de toutes les variables
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 25

indépendantes aient pour valeur commune l'unité. Cela étant, le


système considéré sera dit orthonome, si, moyennant un choix conve-
nable de l'entier/? et des cotes que l'on a commencé par attribuer aux
variables et aux inconnues, chaque second membre ne contient effec-
tivement, outre les variables indépendantes, que des quantités
(inconnues ou dérivées) qui soient normales p a r r a p p o r t au premier
membre correspondant.
[ Voir dans FOu\ rage déjà cité [Les systèmes, etc., n° 105 ) les exemples
donnés pour éclairer cette définition; ils permettent, notamment, de se
rendre compte que les systèmes enxisagés par Darboux et Mme de kov\a-
lesvsky ne constituent qu'un cas très particulier des systèmes ortho-
nomes.]

21 et 2 2 . Tout système orthonome satisfait aux conditions A,


B, C du ?i» 19.
(Voir Les systèmes, etc., n os 106, 107, 108.)
P o u r q u ' u n système orthonome soit complètement intégrable, il est
donc nécessaire et suffisant (n° 19), en premier lieu, qu'il soit passif,
et, en second lien, que les développements (construits a priori) des
intégrales hypothétiques qui répondent à des conditions initiales arbi-
traires admettent toujours quelque domaine de convergence.
Nous nous occuperons tout d'abord de la passivité. Dans le cas où
deux premiers membres au moins sont des dérivées d'une même
inconnue, il semble, d'après ce qui a été dit plus haut (n° 19), qu'on
ne puisse en général exprimer la passivité qu'à l'aide d'un nombre
infini de relations dont chacune doit être identiquement vérifiée : ces
identités toutefois, ainsi qu'on va le voir, résultent, à litre de consé-
quences nécessaires, d'un nombre essentiellement limité d'entre elles.

Règle provisoire de passivité d'un système orthonome.

2 3 . Soient :

S un système orthonome;
à la cote première minima de ses premiers membres;

Se? SG-HJ S&+"?

les relations du système S prolongé (n° 16) partagées en groupes


26 CH. RIQUIER.

successifs d'après les cotes premières croissantes,


8, 8 + 1, 8 + 2, ...

de leurs premiers membres;


& la cote première maxima des dérivées cardinales (n° 14) des
inconnues.
Pour que le système S soit passif, ou, en d'autres termes, pour
que l'élimination des dérivées principales de cotes premières

effectuée entre les équations

Sa, S 8+1, ..., Sc,

conduise, quel que soit C, à des identités, il suffit que cela ait lieu
pour C = £2.
S'il n'y a pas de dérivées cardinales (comme, par exemple, dans
les systèmes kowalevskiens), la passivité a Heu d'elle-même.
(Voir Les systèmes, etc., nos 109 à 112.)
[Cette règle provisoire sera, dans un Chapitre ultérieur (Chap. V),
simplifiée et généralisée.]
Si les relations ainsi obtenues ne sont pas, comme l'exige la passi-
vité, identiquement vérifiées, et si l'on cesse, en conséquence, d'y
considérer comme indépendantes les quantités autres que x, y, . . .,
elles se présentent comme étant, au point de vue de l'intégration,
des conséquences du système donné, c'est-à-dire qu'elles ne peuvent
manquer d'être satisfaites par tout groupe d'intégrales ordinaires de
ce système : au cas donc où, sans être identiquement vérifiées,
quelques-unes d'entre elles ne contiendraient que les seules
variables x, y, . . . , le système proposé n'admettrait aucun
groupe d'in tègrales ordinaires.
Cette remarque s'applique, en particulier, au système différentiel
(manifestement orthonome) dont nous avons dit un mot à propos du
Calcul inverse de la dérivation (n° 14) : dans ce système, les condi-
tions de passivité, suffisantes pour l'existence de l'intégrale qui répond
à des conditions initiales données, sont en même temps nécessaires à
l'existence de toute intégrale, parce qu'elles ne contiennent, comme
1-e s seconds membres du système, que les seules variables indépen-
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 27

dantes; c'est pourquoi on les nomme, en pareil cas, conditions


d'intègrabilité.

Convergence des développements


des intégrales d*un système orthonome; théorème d'existence.

24. Soient :
S un système orthonome;
S et A les cotes premières respectivement minima et maxi-nura de ses
premiers membres;
Sg, S§+1, S'A_, SA+I, ...

les relations de S prolongé distribuées en groupes successifs d'après


les cotes premières croissantes de leurs premiers membres;
tç un groupe partiel extrait de S c sous la seule condition d'avoir
pour premiers membres, sans omission ni répétition, les diverses
dérivées principales de cote première C.
Cela étant, si, dans le système orthonome S, on considère un
groupe d'intégrales (ordinaires) hypothétiques répondant à des
conditions initiales données, les développements (bien déterminés)
construits a priori à l'aide des valeurs initiales données et de
celles que fournit la résolution successive (toujours possible) des
groupes
t?ji ^S-f-l, #A, *A-M; — • •>

par i^apport aux dérivées principales, sont nécessairement conver-


gents.
Voir Les systèmes, etc., n° 114 : c'est, comme nous l'avons dit plus
haut (n° 6), par une extension de la méthode des fonctions majo-
rantes que la convergence des développements envisagés se trouve
établie.

25. TraéoRETVTE D'EXISTENCE.— Tout système orthonome passif est


complètement intègrable, c'est-a-dire admet un groupe (unique)
d'intégrales ordinaires répondant à des conditions initiales arbi-
trairement choisies.
C'est ee qui résulte du simple rapprochement des nos 22^15 24.
28 CH. RIQUIER.

CHAPITRE IV.
EXISTENCE DES INTÉGRALES ORDINAIRES DANS UN SYSTÈME DIFFÉRENTIEL
QUELCONQUE DU MONDE ANALYTIQUE; DEGRÉ DE GÉNÉRALITÉ DU SYSTEME.
APPLICATIONS.

Possibilité théorique de la réduction à une forme complètement


intégrable d'un système différentiel quelconque du monde ana-
lytique.

2 6 . Nous p r é s e n t e r o n s tout d'abord une r e m a r q u e générale sur


le genre de raisonnement q u ' o n est obligé de faire dans une sem-
blable question, quel q u e soit d'ailleurs le mode de réduction
adopté. O n doit en effet, quel q u e soit ce mode, résoudre successive-
ment par r a p p o r t aux fonctions i n c o n n u e s et à leurs dérivées, consi-
dérées dans u n certain o r d r e , certaines relations, dont les unes sont
d o n n é e s , et d o n t les autres s'introduisent dans le cours des calculs;
or, on admet q u e chacune des résolutions s u c c e s s h e s auxquelles on
est ainsi conduit puisse s'effectuer conformément au p r i n c i p e général
des fonctions implicites sans que les résolutions antérieures en soient
troublées : cette présomption relative à la marche normale des calculs
se justifie toutefois assez fréquemment p o u r q u e les déductions qui
vont suivre conservent toute leur valeur générale. Cette réserve faite,
voici comment la possibilité théorique à laquelle il est fait allusion
dans le titre ci-dessus a été établie par M. Riquier : les raisonnements
dont il a fait usage s'appuient sur un certain n o m b r e de lemmes qui
se trouvent tous exposés en détail dans l'Ouvrage cité (Les sys-
tèmes, etc., n° 2 1 4 ) , mais dont l'un, en raison de son importance c a p i -
tale, doit faire ici l'objet d'une mention spéciale :
Soient
(i) u, v, ...

diverses fonctions i n c o n n u e s ( e n n o m b r e limité) des variables i n d é -


pendantes
x, y, . . . . z.

Considérant un ensemble limité formé avec des dérivées ( d ' o r d r e


positif ou n u l ) de u, v, . . . , convenons de dire ( c o m m e si les déri-
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 29

véés en question étaient les premiers membres d'un système différen-


tiel résolu par rapport à elles) qu'une dérivée quelconque de u, v, ...
est principale relativement à cet ensemble, si elle coïncide avec
quelqu'un des termes de l'ensemble ou quelqu'une de leurs dérivées;
convenons de dire, dans le cas contraire, qu'elle est paramétrique
par rapport à l'ensemble.
Cela posé, si l'on forme successivement, avec des dérivées de u,
v, . . . , divers ensembles (limités) dont chacun ne contienne que
des dérivées paramétriques par rapporta tous les précédents, le
nombre de ces ensembles est forcément limité.

27. Etant donné un système différentiel (limité), dont les pre-


miers membres {après réduction des secondswà zéro) sont dévelop-
pables dans quelque domaine, on peut, dans les circonstances
générales, et sauf la rencontre de relations non identiques entre
les seules variâtes indépendantes, en déduire, sans changement
de variables ni intégration, un système complètement intègrable
tel, que le deuxième système èquivaille au premier au point de
vue de l'intégration.
(Voir Les systèmes d'équations aux dérivées partielles, n° 215.)

28. Mode de réduction plus général. Voir ibid., n° 216.

Comparaison entre les degrés de généralité de deux formes passives


provenant d'un même système différentiel.

29. Supposons que, dans un système différentiel passif, on ait, par


un procédé quelconque, fixé l'économie des conditions initiales, ce
qui met en évidence diverses fonctions (ou constantes) arbitraires en
nombre fini. Cela étant, nommons arbitraire de genre h toute fonc-
tion arbitraire de h variables (les constantes arbitraires sont, d'après
cette définition, des arbitraires de genre zéro); puis, désignons par A
le genre maximum des arbitraires qui figurent dans ces conditions
initiales, et appelons \x le nombre des arbitraires qui, parmi elles, sont
de genre 1. On voit immédiatement que le nombre des arbitraires
restantes peut être augmenté au delà de toute limite : si l'on désigne,
en effet, par n un entier positif aussi grand qu'on le voudra, et par x0
3-0- C». RIQUIER.

une valeur initiale de x, toute fonction arbitraire, €>(#,./-., — , z),


des p variables x, y, . . ., z peut être mise sous lia foriane

tyoiy, ...., «) + (# — x0) 'W {y z) + ix — XQ)"- <\>2()\ . . . . s ) '


+
+ (x — x0)»-i '\>n-i(y z) + (X — Xi)" W(x, y, . . . , s).

on figurent, avec u n e arbitraire de genre /;,

(i) W(.v,y,...,z\

n arbitraires de genre p — i ,

(*) tyo(y,-.-**), <WO'. . . . , *), W ; r - ^ ) j •••> 'K-i'(xr--- 5 * ) ;

en conséquence, la donnée de la fonction arbitraire <$>(xryr . . . , z)


équivaut visiblement à celle des fonctions arbitraires ( i ) et (2.)».
Considérons maintenant un système différentiel quelconque, s u p -
posons-le réduit, de diverses m a n i è r e s , à une forme passive r et com-
parons, dans ces diverses formes, le n o m b r e et la nature des éléments
arbitraires que l'économie des conditions initiales met en évidence :
il est clair, d'après ce qui précède, q u e les résultats intéressants d'une
semblable comparaison ne peuvent se rapporter qu'aux valeurs prises,
dans les formes considérées, par les entiers A et JJU Nous allons, dans
ce qui suit, énoncer à ce sujet une loi générale.

30. E t a n t donné un système différentiel, S, résolu par r a p p o r t à


diverses dérivées ( d ' o r d r e s positifs ou nuls) des fonctions inconnues
q u i s'y trouvent engagées, si, dans les déterminations initiales des
intégrales hypothétiques, on considère tous les coefficients comme
arbitraires, ces déterminations initiales schématiques peuvent, comme
nous l'avons établi (n 09 10 et 13), se représenter par des sommes sché-
matiques irréductibles. P o u r un même système, S, il existe presque
toujours diverses manières de représenter, à l'aide de pareilles
sommes, l'ensemble des déterminations initiales : considérant l'une
quelconque des représentations dont il s'agit, nous désignerons d'une
manière générale par A le genre maximum des arbitraires qui y
figurent, et par p. le nombre de celles dont le genre est A.
Cela posé, il est facile de se convaincre que, pour un même sys-
tème, S>, les nombres A et /J. gardent des valeurs constantes.
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 3l

quelque choix cjue l'on fasse parmi les représentations diverses


dont nous venons de parler.
(Voir Les systèmes, etc., n° 219.)

31. Un système différentiel quelconque étant donné, lorsque no*is


considérerons une des formes passives auxquelles on peut le réduire,
nous supposerons toujours, conformément à ce que permet de cons-
tater l'exposé des méthodes de réduction à une forme complètement
intégrable (Les Systèmes, etc., nos 215 et 216), que la forme passive
prolongée équivaut numériquement au système primitif prolongé,
et, par suite, que si deux formes passives proviennent d'un même
système différentiel, ces deux formes prolongées équivalent numé-
riquement l'une à rautre.
Considérons maintenant, en même temps qu'une forme passive, le
groupe illimité des formules qui donnent la solution numérique géné-
rale de cette forme prolongée, et où les quantités principales se
trouvent, comme nous l'avons vu dans la définition de la passi-
vité (n° 17), exprimées à l'aide des variables indépendantes et des
quantités paramétriques. Cela étant, nous dirons qu'une forme pas-
sive est ordinaire, si, en attribuant à chacune des variables indépen-
dantes une cote (unique) égale à î et à chacune des fonctions incon-
nues une cote (unique) convenablement choisie, les formules dont il
s'agit satisfont toutes, sauf un nombre essentiellement limité d'entre
elles, à la condition que le second membre de chacune ait une cote
au plus égale à celle du premier membre correspondant. Telle est r
par exemple, la forme orthonome passive.

32. Si l'on réduit à une forme passive ordinaire ( n ° 3 1 ) un


système différentiel chaîné quelconque (non impossible), les
nombres À et p, définis au n° 30, ont des valeurs indépendantes
du mode de réduction adopté.
Si Von réduit ce même système à une forme passive quelconque,
et qu'on désigne par L, M les valeurs constantes de 1, p qui se
rapportent aux formes passives ordinaires, on a nécessairement,
ou bien
L — X > o.
ou bien
L — A = o, M — n > o,
32 CH. RIQUIER.

ou bien enfin
L — X = o, M — \x = o.

(Voir Les systèmes, etc., n° 221.)


Ajoutons que les valeurs constantes gardées par les n o m b r e s X et \x
dans toutes les formes passives ordinaires auxquelles on p e u t r é d u i r e
le système différentiel donné sont i n d é p e n d a n t e s du c h a n g e m e n t des
variables et des inconnues ( 2 2 ) .

3 3 . E t a n t donnés deux systèmes passifs, S', S", désignons par X',


jjt/ etX", JUL" les valeurs de X,p qui s'y r a p p o r t e n t respectivement ( n ° 3 0 ) ,
et convenons de dire que les formes passives S', S" ont un degré de
généralité égal, si les deux différences
X'— X", jx'_ JJL"

s'annulent à la fois; convenons de dire, dans le cas contraire, q u e la


forme S' a u n degré de généralité supérieur ou inférieur à celui
de la forme S", suivant que la première de ces d e u x différences qui
ne s'annule pas est positive ou négative.
Il résulte i m m é d i a t e m e n t de cette convention que si l'on considère
trois systèmes passifs, S', S", S w , d o n t le p r e m i e r soit plus général
que le second et le second plus général q u e le troisième, le premier
ne peut m a n q u e r d'être plus général que le troisième. D é s i g n o n s en
effet par
X'. V ; X", u"; X'", {x!"

les valeurs de X, p. q u i se r a p p o r t e n t respectivement aux trois sys-


tèmes, et écrivons en un Tableau rectangulaire les différences
>/ _ \\ [X' _ !JL",

X'—X'", fJL"- p " \

X'-X'", \*!—\Lm\

dans ce Tableau, le d e r n i e r n o m b r e de chaque colonne verticale est


la somme des deux n o m b r e s placés au-dessus de lui. E n conséquence,
si chacune des deux premières lignes horizontales possède la double
propriété q u e les deux différences qu'elle contient ne s ' a n n u l e n t pas
à la fois et que la première d'entre elles n o n égale à zéro soit posi-
tive, la troisième ligne horizontale ne p o u r r a m a n q u e r d'en j o u i r
aussi.
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 33

Cela étant, la proposition du n u m é r o p r é c é d e n t p e u t s'exprimer


plus brièvement en disant que, parmi toutes les formes passives
sous lesquelles on peut mettre un système différentiel donné (non
impossible), les formes passives ordinaires présentent un degré de
généralité constant, qui se trouve être, de plus, supérieur ou égal
à celui de toute autre.
Ce degré constant sera, par définition même, le degré de généra-
lité du système donné.
Le cas où X est nul d o n n e lieu à deux propositions intéressantes,
p o u r lesquelles nous renverrons le lecteur à l'ouvrage cité (n o s 226
et 2 2 7 ) .

Application des théories générales à diverses questions.

34. Nous nous b o r n e r o n s à énoncer les questions envisagées et


les résultats obtenus ( 2 3 ) .

I. DÉFORMATIONS FINIES D'UN MILIEU CONTINU DANS L'ESPACE A


n DIMENSIONS. — Désignant par ( / , k) une combinaison de deux
entiers, distincts ou n o n , pris dans la suite î, 2, . . ., n, p a r / j L y ^ = ^j
une fonction donnée des n variables indépendantes

X i, X -2, . . ., Xa
et par
u, v w,

n fonctions inconnues de ces variables, M. Riquier considère le sys-


tème des — - é q u a t i o n s aux dérivées partielles

du du ùv ùv dw dw __
h
àxj à xi, dxj dx/c ''' dxj dx/c ~ '

bien que ces équations ne contiennent pas explicitement u, v, . . . ,'w9


il est toujours permis de les considérer comme subsistant entre

X\, &'l &n*


U, V, w<

et les n2 dérivées premières de u, v, . . ., w par r a p p o r t à x{, o?2, . . . ,


xn, soit en tout n(n H- 2) quantités : il va sans dire alors q u e , dans
MÉMORIAL DES SC. MATH. — N° 3 2 . 3
34 CH. RIQUIER.

les solutions numériques du système ( i ) , les valeurs de u,-v, . . -, w


sont entièrement arbitraires.
Cela étant, l'application des théories générales conduit tout d'abord
à la conclusion suivante :
Pour que le système (i) possède quelque groupe d'intégrales, il
est nécessaire que les —'•—- fonctions données py^ et leurs dérivées
premières et secondes satisfassent à certaines relations, en nombre
—- -, qu on nommera, pour cette raison, conditions de possi-
bilité.
Inversement, les conditions de possibilité étant supposées véri-
fiées, à toute solution numérique du système (i) [subsistant, comme
il a été dit plus haut, entre n(n-\-2.) quantités] correspond un
groupe unique d'intégrales, et il suffit, pour avoir les intégrales géné-
rales du système, dépendant de constantes arbitraires, de
connaître un seul de ces groupes d'intégrales particulières.
M. Riquier se pose ensuite, au sujet des fonctions données p-y,/i,
une question qui n'avait pas encore été examinée : puisqu'elles
doivent vérifier identiquement les conditions de possibilité, un point
intéressant consiste à rechercher quels sont, dans le choix de ces
fonctions, les éléments dont on peut disposer arbitrairement. Pour
résoudre cette question, on considère, dans les conditions de possi-
bilité, les • -fonctions \XJ^ comme des inconnues, et l'on met
le système différentiel résultant sous une forme orthonome complète-
ment intégrable : une pareille réduction, toujours possible au point
de vue théorique à l'aide de différentiations et d'éliminations (n os 27
et 28), mais souvent inexécutable au point de vue pratique, peut
s'effectuer, dans le cas actuel, par le moyen simple d'une résolution
d'équations linéaires. Cela fait, il ne reste plus qu'à fixer, dans la
forme ainsi obtenue, l'économie des conditions initiales : le résultat
ainsi obtenu présente cette particularité remarquable que n des
fonctions \x. convenablement choisies, par exemple

f*l,«< ^1,3^ - • •, 1*1,«'

^2,3,

sont entièrement arbitraires.


LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 35

II. DÉTERMINATION DES SYSTÈMES DE COORDONNÉES CURVILIGNES


ORTHOGONALES A n VARI\BLES. — Dans le système ( i ) , p r é c é d e m m e n t
examiné, M. R i q u i e r considère le cas particulier où les diverses
fonctions JUL pourvues d'indices inégaux sont i d e n t i q u e m e n t n u l l e s ;
l'examen de ce cas lui fournit une méthode très simple pour étudier
le système des —- ' équations aux dérivées partielles

, . Ou du dv dv dw dw __
dxj dxk ûXj dx/c ''' dxj dx/£ "~

où (j, k) désigne une combinaison q u e l c o n q u e de deux entiers d i s -


tincts pris dans la suite i, 2, . . . , n. Il arrive à ce résultat q u e la
solution générale du système ( 2 ) contient (avec diverses arbitraires
d é p e n d a n t de moins de deux variables) — fonctions arbitraires
de deux variables : ainsi se trouve caractérisé le d e g r é de généralité
de cette solution.

CHAPITUE V.

NOUVELLE EXTENSION DE LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES; SIMPLI-


FICATION ET EXTENSION DE LA RÈGLE DE PASSIVITÉ; NOUVEAUX THÉO-
RÈMES D'EXISTKNCK ( 2 4 ) .

Convergence de certains développements.

35. La nouvelle extension, ci-après i n d i q u é e , de la m é t h o d e des


fonctions majorantes est basée sur u n lemme algébrique qui se for-
mule ainsi :
Considérons u n système de q équations du premier d e g r é à
q i n c o n n u e s , par exemple, de trois équations du p r e m i e r degré à
trois i n c o n n u e s , ayant la forme suivante :

x = ay + b z + c ,
y = ex-irfz-hk,
! z = mx + ny + / ? .
36 CH. RIQUIER.

En même temps que (i), considérons le système

i
x = Xy-h B z + G,
ty = Ea? + F z + K ,
z= M.r+ N 7 + V,
et supposons :
i° Que le Tableau
( A, B, C,
(3) E, F, K,
( M, N, P

ait tous ses éléments positifs ou nuls, ceux de la dernière colonne


de droite étant tous positifs;
20 Que, dans le Tableau
a, b, c,
e, / , k,
m, n, p,

les éléments aient leurs modules respectivement inférieurs ou égaux


aux éléments correspondants du Tableau ( 3 ) ;
3° Que le système (2) admette une solution, (X, Y, Z), en nombres
positifs.

Cela étant, le système (1) est nécessairement résoluble par rap-


port à x, y, z, et les valeurs de ces variables qui le vérifient ont
des modules respectivement inférieurs ou égaux à \ , Y, Z ( 2 5 ).

36. Considérons un système différentiel, S, satisfaisant aux trois


conditions ci-après :

A. Le système S est résolu par rapport à diverses dérivées des


fonctions inconnues qui s'y trouvent engagées, et les seconds
membres sont indépendants de toute dérivée principale.
B. En attribuant, dans toutes les équations du système, aux
variables indépendantes des cotes respectives toutes égales à 1, et
aux inconnues des cotes respectives convenablement choisies,
chaque second membre ne contient, outre les variables indépen-
dantes, que des quantités (inconnues et dérivées) dont la cote ne
surpasse pas celle du premier membre correspondant.
C. En désignant par à et A les cotes respectivement minima et
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJOPANTES. 37

maxima des premiers membres de S, et par


Sg? Sg+i, Sg+2,

les relations du système S prolongé (n° 16) partagées en groupes


successifs d'après leurs cotes croissantes
8, 8 + 1, 3 + 2, ...,

on peut, des groupes


Sfi, ^8+-1: •••, SA

(en nombre A — ô 4- i), extraire respectivement des groupes


*8> '8+i > •••) t\,

possédant la double propriété de se composer d'équations en


nombres respectivement égaux à ceux des dérivées principales de
cotes
8, 8 + i. .. , A,

et d'être successivement résolubles par rapport à ces dérivées.

En d'autres termes, nous supposons que le déterminant différentiel


de l'ensemble de ces groupes par rapport à l'ensemble de ces dérivées
est une fonction non identiquement nulle (des variables, des incon-
nues, et des quelques dérivées paramétriques figurant dans les seconds
membres de S ) ; et nous nous astreignons à ne considérer les diverses
quantités dont dépend cette fonction que dans les limites où sa valeur
numérique reste différente de zéro.
Dans un système ainsi défini, considérons un groupe d'intégrales
ordinaires hypothétiques répondant à des conditions initiales don-
nées. Cela étant, si les valeurs numériques initiales choisies pour
les quantités qui figurent dans les seconds membres de S satis-
font (en outre de celle qu'exige déjà la condition C) à certaines
restrictions d'inégalité :
i° Pour toute valeur de l'entier (algébrique) C supérieure à A,
tout groupe partiel, tc, extrait de S c sous la seule condition
d'avoir pour premiers membres (sans omission ni répétition) les
diverses dérivées principales de cote G, est résoluble par rapport
à ces dernières.
2°Les développements (bien déterminés) construits à l'aide des
38 CH. RIQUIER.

valeurs initiales données et de celles que fournit la résolution suc-


cessive des groupes
ti, ts+t, ..., t&, *A+i< 'A+«> •••

sont convergents.
Dans cette nouvelle extension de la méthode des fonctions majo-
rantes, le lemme formulé au n° 35 joue un rôle capital, sur lequel,
faute de place, nous ne pouvons insister ici; nous ne pouvons non
plus, pour la même raison, indiquer comment on forme les nouvelles
restrictions d'inégalité auxquelles il est fait allusion ci-dessus.
(Voir Les systèmes, etc., n° 167.)

Premier théorème d'existence.

37. Considérons un système différentiel, S, remplissant la double


condition ci-après :
i° Le système S est résolu par rapport à diverses dérivées des
fonctions inconnues qui s'y trouvent engagées, et les dérivées dont
il s'agit appartiennent respectivement à des inconnues toutes dif-
férentes; les seconds membres sont d'ailleurs indépendants de
toute dérivée principale.
-2° En attribuant, dans toutes les équations du système, aux
variables des cotes respectives toutes égales à i, et aux inconnues
des cotes respectives convenablement choisies, chaque second
membre ne contient, outre les variables indépendantes, que des
quantités (inconnues et dérivées) dont la cote ne surpasse pas
celle du premier membre correspondant.
Cela étant, et dans les limites où les valeurs initiales choisies
pour les quantités qui figurent dans les seconds membres satis-
font aux diverses restrictions d Inégalité successivement men-
tionnées au n° 36, le système dont il s'agit est complètement intè-
grable.
Effectivement, le groupe général, S c , de la suite
(0 S2, S 8 f l Sc, ...
contient, en pareil cas, un nombre d'équations précisément égal au
nombre des dérivées principales de cote C. Cela étant, choisissons
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 39

d'une façon arbitraire les conditions initiales imposées aux intégrales


hypothétiques, en assujettissant simplement les valeurs initiales des
quantités qui figurent dans les seconds membres de S :

i° A ce que les groupes


SSJ Sg + 1 , .... SA

soient résolubles chacun par rapport aux dérivées'principales de


cote égale à son indice, c'est-à-dire à ce que la restriction d'inéga-
lité imposée, au début du n° 36, par la condition C se trouve satis-
faite;
2° A ce que les restrictions d'inégalité spécifiées à la suite dans
le même n° 36 le soient également.

Il résulte alors de la proposition énoncée au n°36 que les groupes (i),


où l'on suppose remplacées par les valeurs initiales données les
variables, les inconnues et leurs dérivées paramétriques de tous
ordres, sont successivement résolubles par rapport aux dérivées prin-
cipales de cotes
8, 8+ i G,

et que les développements (uniques) construits à l'aide des valeurs


initiales, tant données que calculées, sont de toute nécessité conver-
gents : leurs sommes fournissent donc des intégrales effectives du
système proposé S.

38. Considérons, par exemple, l'équation très simple

d'u .// du du d22u d> uu\


d* s

dxdy

qui remplit la double condition énoncée au début du n° 37, ainsi qu'on Je voit
eu attribuant à x, y, u les cotes respectives i, î, c, où c désigne un entier
algébrique choisi comme on voudra : pour qu'elle admette une intégrale, et
une seule, répondant à des conditions initiales données, il suffit, en désignant
à u
, ' e -
par A et B les dérivées partielles du second membre J par rapport a -r-;
et -y^ respectivement, que k module initial du produit AB soit inférieur

à !(..).
(Voir Les systèmes, etc., n° 169.)
4o CH. RIQUIER.

Simplification de la règle de passivité d'un système orthonome.

39. Lorsque, dans une fonction schématique de variables en


nombre quelconque, on a à effectuer une coupure E (n os 10 et suiv.),
l'opération peut toujours, comme nous l'avons établi (voir Les sys-
tèmes, etc., n°?85 et 86), être conduite de telle façon que la somme
schématique irréductible obtenue pour le résidu remplisse à la fois
les diverses conditions suivantes :

Si Von partage les facteurs monômes, qui figurent dans cette


somme schématique, en groupes successifs d'après leurs degrés
croissants, ces degrés forment une progression arithmétique de
raison i commençant par zéro.
Si, considérant l'un quelconque des groupes ainsi formés, on
multiplie l'un des facteurs monômes qui y figurent successive-
ment par chacune des différences étrangères au facteur schéma-
tique correspondant, et qu'on répète cette opération pour tous les
facteurs monômes du groupe, on ne reproduit (aux coefficients
schématiques près) d'autres termes élémentaires du résidu que
les facteurs monômes du groupe suivant, et on les reproduit tous.
(En particulier, les multiplications opérées sur le dernier groupe ne
reproduisent aucun terme élémentaire du résidu.)
Enfin, si, dans l'ensemble des produits que fournissent les mul-
tiplications effectuées sur les divers groupes, on considère ceux
qui ne sont semblables à aucun ternie élémentaire du résidu, on y
retrouve, entre autres monômes, ceux dont se compose l'en-
semble E quand on l'a rendu irréductible.

(Dans le cas où le résidu de la coupure ne contient qu'un nombre


limité de termes élémentaires, il est clair que toute somme schéma-
tique irréductible exprimant ce résidu ne contient que des termes
schématiques dégénérés, qui sont ces ternies élémentaires eux-
mêmes, et que, par suite, une pareille somme est unique : elle pos-
sède donc nécessairement les propriétés ci-dessus spécifiées. On
observera seulement que, chacun des facteurs schématiques étant
alors dégénéré, toutes les différences obtenues en retranchant de
chaque variable sa valeur initiale lui sont nécessairement étrangères.)
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 4ï

40. De cette proposition résulte la suivante, relative à la forme


des conditions initiales dans un système différentiel :
Soit S un système différentiel résolu par rapport à diverses
dérivées des fonctions inconnues qui s'y trouvent engagées, et tel
qu'aucun des premiers membres n'y soit une dérivée de quelque
autre : dans ce système, ré par tissons par la pensée les conditions
initiales en groupes, suivant qu elles se rapportent à telle ou telle
inconnue. Cela posé, l'application d'un procédé tout élémentaire
permet de mettre les conditions initiales sous une forme telle, que
les diverses circonstances suivantes s'y trouvent réalisées :
Si Von partage le groupe relatif à une inconnue quelconque,
u par exemple, en sous-groupes successifs d'après les ordres crois-
sants des premiers membres, ces ordres forment une progression
arithmétique de raison i commençant par zéro.
Si Von considère l'un des sous-groupes ainsi formés, qu'on exé-
cute sur l'un quelconque de ses premiers membres les diverses
différentiations premières n'intéressant aucune des variables dont
dépend (schématiquement) le second membre correspondant, et
qu'on répète l'opération sur tous les premiers membres du sous-
groupe, l'ensemble des résultats ainsi obtenus ne contient d'autres
dérivées paramétriques que les premiers membres du sous-groupe
suivant, et il les contient tous. (En particulier, les différentiations
ainsi exécutées sur le dernier sous-groupe ne fournissent que des
dérivées principales.)
Enfin, si, considérant l'ensemble de toutes les conditions ini-
tiales, on effectue sur le premier membre de chacune les diffé-
rentiations indiquées, on retrouve parmi les résultats tous les
j)remiers membres du système S.
Effectivement, le groupe de conditions initiales relatif à u s'ob-
tient, comme il a été dit plus haut (n° 13), en pratiquant une cer-
taine coupure dans une fonction schématique des variables indépen-
dantes x, y, . . . ; d'ailleurs, pour avoir les divers monômes de
l'ensemble à l'aide duquel on doit effectuer la coupure, il suffit de
prendre, parmi les premiers membres de S, ceux qui sont des déri-
vées de l'inconnue u, et d'en déduire respectivement, par la considé-
ration des ordres partiels de dérivation, certains monômes entiers
par rapport aux différences x — x0, y—y0, . . . . Or, puisque, en
vertu de notre hypothèse, aucun des premiers membres du système S
4a CH. RIQUIER

n'est une dérivée de quelque autre, Fensemb'e ainsi obtenu est irré-
ductible. Cela étant, la proposition à démontrer est une conséquence
immédiate de celle qui se trouve formulée au n° 39,
Il importe de faire l'observation suivante :
Si, attribuant à chacune des variables indépendantes du
système S une cote ( unique) égale à i, et à chacune de ses fonctions
inconnues une cote (unique) quelconque, on désigne par T la cote
maxima des premiers membres des conditions initiales (mises
sous la forme que nous venons d'indiquer), la cote maxima des
premiers membres de S ne peut, en vertu de la dernière partie de
notre énoncé, surpasser T -f- i.

41. Nous pouvons maintenant formuler la règle simplifiée de


passivité à laquelle fait allusion le titre du présent paragraphe.
Soit S un système or thon orne tel qu'aucun des premiers
membres n'y soit une dérivée de quelque autre : pour que ce
système soit passif [et, par suite (n os 19 et 25), complètement inté-
grante}, il faut et il suffit que C élimination des dérivées princi-
pales de cotes premières
8, 8 + i, ..., r + 2,

effectuée entre les équations


S g, Sg+i, . . ., Sr+?j

conduise à des identités.


(Voir Les systèmes, etc., n° 163.)
(On suppose, bien entendu, que, dans le système orthonome S,
ci-dessus envisagé, deux premiers membres au moins sont des dérivées
d'une même inconnue, sans quoi, comme il a été dit au n° 23, la
passivité aurait lieu d'elle-même.)

42. Premier exemple : voir Les systèmes, etc., n° 164.

43. Deuxième exemple : voir Les systèmes, etc., n° 165.

Extension de la règle simplifiée de passivité.

44 et 45. Etant donné un système différentiel (d'ordre quelconque)


résolu par rapport à diverses dérivées premières des fonctions incon-
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 43

nues qui s'y trouvent engagées, on peut, pour en disposer nettement


les diverses équations, les écrire dans les cases d'un quadrillage rectan-
gulaire dont les lignes correspondent aux variables indépendantes, x,
y, . . ., et les colonnes aux fonctions inconnues, u, v, . . ., en mettant
l'équation qui aurait, par exemple, — pour premier membre, dans la
case qui appartient à la fois à la colonne ( M ) et à la ligne (x).
Considérant un système de cette espèce, nous dirons que son Tableau
est régulier, si l'on peut adopter pour les lignes de ce Tableau,
c'est-à-dire pour les variables du système, un ordre tel, que les cases
vides de chaque colonne se trouvent situées au bas de cette colonne.
Il est clair que, lorsqu'on parcourt de bas en haut les lignes successives
d'un pareil Tableau, le nombre des cases vides ne va jamais en
augmentant; on peut d'ailleurs, l'ordre des lignes étant ainsi fixé,
adopter en même temps pour les colonnes un ordre tel, qu'en parcou-
rant de droite à gauche ces colonnes successives, le nombre des cases
vides n'aille pas non plus en augmentant.

46. Les systèmes d'équations aux dérivées partielles auxquels


nous allons, dans ce qui suit, étendre la règle simplifiée de passivité
remplissent d'abord, entre autres conditions, celles, désignées par A,
B, C, que nous formulons ci-après :

A. Le système considéré, S, est résolu par /apport à diverses


dérivées des fonctions inconnues qui s'y trouvent engagées, aucun
des premiers membres n'y est une dérivée de quelque autre, et les
seconds membres sont indépendants de toute dérivée principale.
(Cette hypothèse est un peu moins compréhensive que l'hypothèse A
du n° 36, puisque aucun des premiers membres de S ne doit être,
ici, une dérivée de quelque autre.)
B. En attribuant, dans toutes les équations du système, aux
variables indépendantes des cotes respectives toutes égales à i, et
aux inconnues des cotes respectives convenablement choisies,
chaque second membre ne contient, outre les variables indépen-
dantes, que des quantités (inconnues et dérivées) dont la cote ne-
su rpasse pas celle du premier membre correspondant.
C'est, textuellement, l'hypothèse B du n° 36.
Mettons alors les conditions initiales du système S sous une forme lelte, qee
44 CH. RIQUIER.

les circonstances énumérées au n° 40 se trouvent réalisées; puis, désignons


par 8 et A les cotes respectivement minima et maxima des premiers membres
de S, et par T la cote maxima des premiers membres des conditions ini-
tiales : on a forcément, en vertu d'une observation faite (n°-40),

Cela étant, on peut évidemment, des groupes


s§, Sg-H, — Sr+i

du système S prolongé (n° 16), extraire respectivement des groupes,


(i> *6, /fi+i, .... *r+i,

possédant la double propriété de se composer d'équations en nombres respec-


tivement égaux, à ceux des dérivées principales de cotes
8, 8+i, ..., T + i,

et de contenir les groupes,

(¾) -SB, *&+i, . .., *A,

de cotes respectives
8, 8 + i, ..., A,
qui figurent dans le système S non prolongé. (La chose est possible, dans
tous les cas, d'une manière au moins, et, dans l'immense majorité des cas, de
plusieurs manières.)
Nous ferons alors l'hypothèse suivante :

C. Il existe quelque suite, ( i ) remplissant les conditions ci-dessus


indiquées, et telle que les groupes

/§, /g+i, ..., /r+i

soient successivement résolubles par rapport aux dérivées princi-


pales de cotes
8, 8 + i, ..., r + i.

E n d'autres termes, nous supposons que le déterminant différentiel


de l'ensemble de ces groupes par r a p p o r t à l'ensemble de ces dérivées
soit une fonction n o n identiquement nulle (des variables, des incon-
nues, et des quelques dérivées paramétriques figurant dans les seconds
membres de S ) ; et nous nous astreignons à ne considérer les diverses
quantités dont dépend cette fonction que dans les limites où sa valeur
n u m é r i q u e reste différente de zéro.
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 45

(L'hypothèse C du présent numéro 46, analogue à l'hypothèse C


du n° 36, est toutefois moins compréhensive : car A s'y trouve rem-
placé par r + i, qui lui est au moins égal; et, d'autre part, l'ensemble
des groupes (i), considéré ci-dessus, est assujetti à contenir l'ensemble
des groupes (2) du système S non prolongé.)

47. Lorsqu'un système différentiel, S, remplit les trois condi-


tions A, B, C formulées au n°40, on en peut déduire un système
du premier ordre, 2, impliquant, avec les jonctions inconnues
de S, certaines de leurs dérivées à titre d'inconnues adjointes, et
jouissant par rapport à S de la propriété suivante :
Si l'on forme successivement, dans l'ancien système S, puis
dans le nouveau 2, un ensemble composé des inconnues et de leurs
dérivées paramétriques, les deux ensembles ainsi obtenus se
correspondent terme à terme, et le second se déduit du premier par
de simples changements de notations; de même, et toujours aux nota-
tions près, l'économie des conditions initiales est identique dans
les deux systèmes. (Quant aux dérivées principales du nouveau
système, elles coïncident, aux notations près, les unes avec des
dérivées principales, les autres avec des dérivées paramétriques de
l'ancien.)
(VoirLes systèmes, etc., Chap. IX.)

48. Les mêmes choses étant posées et les mêmes notations étant
adoptées qu'au numéro précédent, supposons qu'à la restriction
d'inégalité impliquée par l'hypothèse C du n° 46 s'adjoigne celle-ci :

« Le système du premier ordre 2, déduit de S, peut, par un chan-


gement linéaire et homogène des variables indépendantes, suivi d'une
résolution convenable, être transformé en un syslème du premier ordre
à Tableau régulier (n° 45), dont les colonnes comprennent respecti-
vement les mêmes nombres d'équations que celles de 2. »

(Voir Les systèmes, etc., n° 161, IL)


Cette nouvelle hypothèse étant adjointe aux hypothèses A, B, C du
n° 46, et la notation T ayant le même sens qu'au n° 40, pour que le
système proposé S soit passif, il jaut et il suffit (comme au n° 41)
46 CH. RIQUIER.

que l'élimination des dérivées principales de cotes


8, 8 + 1, ..., r + 2,

effectuée entre les équations


Sfi, Se+i, >.., Sr+a,
conduise à des identités.
On retrouve ainsi, accompagnée de restrictions, la règle simplifiée
relative aux systèmes orthonomes.
. (Voir Les systèmes, etc., Chap. X.)

Deuxième théorème d'existence.


49. Les mêmes choses étant posées qu'au n° 48, et les restrictions
spécifiées à la fin du n{) 36 étant, de plus, supposées satisfaites,
pour que le système S soit complètement intégrable, il faut et il
suffit qu'en attribuant aux notations o et T les mêmes significa-
tions respectives que dans ce qui précède, l'élimination des
dér ivèes p r in c ipa les de co tes
8. 8 + i, ..., r + 2,

effectuée entre les équations


Sg, Sg + i, ..., Sr+2,
conduise ù des identités.
Car, la convergence des développements se trouvant assurée par
suite des restrictions spécifiées en dernier lieu {n° 36, in fine), il est
nécessaire et suffisant, pour l'intégrabilité complète, que le système S
soit passif.

CHAPITRE VI.
EXAMEN DJ£ CERTAINS SYSTÈMES DIFFÉRENTIELS LINEAIRES ; APPLICATION
DES FONCTIONS MAJORANTES AU PROLONGEMENT ANALYTIQUE DE LEURS
INTÉGRALES (27).

Systèmes phanéronomes, passifs et linéaires;


rayons de convergence des développements de leurs intégrales.

50. Un système différentiel, où se trouvent engagées les fonctions


inconnues ?/, v, . . . des-variables indépendantes x, y, . . ., sera dit
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 4?

phanèronome, s'il remplit à la fois les diverses conditions suivantes ;


i° Le système est résolu par rapporta diverses dérivées des fonc-
tions inconnues, et les seconds membres sont indépendants de toute
dérivée principale.
2° En attribuant, dans toutes les équations du système, aux
variables x, y, . . . des cotes respectives toutes égales à i, et aux
inconnues u, v, . . . des cotes respectives convenablement choisies,
chaque second membre ne contient, outre les variables indépendantes,
que des quantités (inconnues et dérivées) dont la cote tombe au-des-
sous de celle du premier correspondant.

Les systèmes phanèronome s ne constituent, d'après cela, qu'un cas


particulier de ceux que nous avons nommés orthonomes (Chap. III) :
en conséquence, tout système phanèronome passif est complète-
ment intègrable.

51. Les systèmes différentiels examinés dans le présent Chapitre


sont ceux qui possèdent la triple propriété d'être : i°phanéronomes;
2° passifs; 3° linéaires par rapport à l'ensemble des fonctions
inconnues et de leurs dérivées. Et comme cet examen a pour objet
le calcul par cheminement de leurs intégrales, les premières recherches
à effectuer doivent naturellement porter sur les rayons de convergence
des développements de ces intégrales. Or, en nommant, comme
d'habitude, coefficients du système les fonctions des seules variables
indépendantes qui figurent dans les seconds membres, soit comme
multiplicateurs des inconnues ou de leurs dérivées, soit comme termes
indépendants de ces quantités, on peut établir la proposition sui-
vante :

Si; dans un système différentiel possédant la triple propriété


d'être :

i° phanèronome; 2° passif ; 3° linéaire par rapport à l'ensemble


des fonctions inconnues et de leurs dérivées,
on considère les intégrales répondant à des conditions initiales
données, les développements de ces-intégrales, effectués à partir
des valeurs initiales des variables, ne peuvent manquer de con-
verger dans les limites oà convergent à la jois les développements
48 CH. RIQUIER.

des coefficients et ceux des fonctions données figurant dans les


co n dit io n s in itia les.
En supposant, pour fixer Jes idées, qu'il y ait trois variables indépendantes,
x, y, z, la démonstration de cette propriété repose, comme on le verra
{Annales de l'Ecole Normale, i<)o3), sur la considération du système passif
d'équations différentielles totales
M
(l + o)),
dx (I — X)8+1(\ — y)S (t — z)*
, x i à(û __ M ,

<fa _ M
Oz ~ (i — x)* (i—y)? (i — z)e+^1 "^^

où w désigne une fonction inconnue de x, y, z, M une constante positive


quelconque, g un entier positif également quelconque. Dans ce système, Jes
intégrales développables en une série entière par rapport à x, y, z sont
données par la formule
G es u-.fi*ii—j)S(\—*)8

où C désigne une constante arbitraire; on en déduit immédiatement que les


développements entiers dont il s^agit admettent des rayons de conver-
gence tous égaux à i.
Cette propriété appartient, notamment, à l'intégrale particulière du sys-
tème (i) qui répond à la condition initiale
oi = o pour x, y, z = o, o, o;

les dérivées de tous ordres de cette intégrale particulière ont d'ailleurs,


comme on le voit sans peine d'après la forme des seconds membres du sys-
tème, des valeurs initiales toutes positives.
En prenant connaissance de la démonstration détaillée qui, dans le Mémoire
cité, fait l'objet du n° 2, le lecteur se rendra compte du rôle capital qu'y joue
la considération du système (i).

Systèmes phanéronomes, passifs et linéaires ; calcul par cheminement


de leurs intégrales.

5 2 . U n développement fondamental donné, procédant suivant les


puissances entières et positives de x — x0, y — yQ, . . . (et admettant
quelque domaine de convergence), définit, autour du point fonda-
mental (.r 0 , y0, . . .), ce que l'on n o m m e u n élément de fonction ana-
l\ tique, ou encore une pseudo-fonction de x, y, . . . .
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 49

[Si l'on considère deux chemins brisés partant du point (x0, y0, . . . ) et
aboutissant au même sommet final, ces deux chemins, à supposer qu'ils soient
l'un et l'autre praticables par rapport au développement donné, peuvent con
duire, suivant les cas, soit au même développement final, soit, au contraire,
à deux développements distincts : d'où la dénomination de pseudo fonction.]

Si à Ce développement fondamental on substitue sa dérivée d'ordres


partiels />,</, . . . , tout chemin brisé praticable relativement aux
anciennes données l'est encore relativement aux nouvelles, et les déve-
loppements successifs obtenus dans le second cas sont les dérivées
d'ordres partiels p, q, . . . de ceux q u ' o n obtient dans le premier.
Cette deuxième pseudo-fonction se n o m m e la dérivée d'ordres par-
tiels p, q, . . . de la proposée.
Enfin, si l'on considère simultanément diverses pseudo-fonctions
de x, y, . . . définies par un même point fondamental et divers déve-
loppements fondamentaux, une expression de forme entière p a r r a p -
port aux sommes de ces développements et de leurs dérivées d'ordres
quelconques définit évidemment une nouvelle pseudo-fonction; et
tout chemin praticable à la fois p o u r les diverses pseudo-fonctions
données ne peut m a n q u e r de l'être aussi p o u r la nouvelle.

5 3 . Etant d o n n é , dans l'espace [x,y, . . .] , le chemin brisé

(x0,y0,..), (a?i,7i. . . . ) , (#2,72, ..)> .., (^,/^--),


(I)
I (X,Y....,

formons, avec les coordonnées de deux sommets consécutifs quel


conques, le Tableau des différences

X| XQ, X% X\, ...J •&• ^gl


Y
ri—yo, y% — yu •••: — y g,

et évaluons, dans les lignes respectives de ce T a b l e a u , les plus grands


modules, \J.X, \J.Y, . . . , que présentent les différences dont il s'agit : ces
quantités JJ.X, /JL7, . . . se nommeront les écarts maxima du chemin
brisé ( i ) .
Considérons maintenant, d'une part, une pseudo-fonction de x,
y, . . . , définie, conformément aux explications qui précèdent, par un
MEMORIAL DES SC. MATH. — N» 3 2 . 4
50 CH. RIQUIER.

point fondamental, (xQ, y0, . . . ) , et par u n développement fonda-


mental; d'autre part, u n e région continue, %, extraite de l'espace
\[x, y, . . . ] |, et contenant le point (x0, y0, . . . ) . Nous dirons que
la pseudo-fonction dont il s'agit est calculable par cheminement
dans la région % avec les rayons de convergence R^, R v , . . . , si
tout chemin brisé ayant son premier sommet au point fondamental,
ses divers sommets dans la région U , et des écarts maxima respecti-
vement inférieurs à R x , R } , ..., est praticable pour la pseudo-fonction
et conduit à des développements successifs admettant tous comme
rayons de convergence R. r , R T , . . .

54. Considérons actuellement, comme au n ° 5 1 , un système diffé-


rentiel, S, possédant la triple propriété d'être : i° phanèronome;
2° passij ; 3° linéaire par rapport à l'ensemble des fonctions
inconnues et de leurs dérivées. E n prenant p o u r point de départ la
propriété formulée plus haut (n° 5 1 ) relativement aux rayons de con-
vergence des développements fondamentaux d'un groupe d'intégrales,
on aboutit à cette conclusion, que les intégrales dont il s'agit ne
peuvent m a n q u e r d'être calculables par cheminement dans les limites
où leurs déterminations initiales, d'une part, et les coefficients du sys-
tème, d'autre pari, le sont à la fois.
Dans le Mémoire cité au début du présent Chapitre, le lecteur
trouvera, avec les indications détaillées qui donnent à ce bref énoncé
toute la précision voulue, l'exposé complet des raisonnements que
nécessite sa démonstration générale.

CHAPITRE VII.

DES INTÉGRALES SINGULIÈRES ( * 8 ) .

5 5 . La définition qui nous semble devoir être adoptée p o n r les


intégrales singulières consiste à la faire découler, par simple opposi-
tion logique, de celle des intégrales ordinaires (voir la définition du
n° 15-, rappelée plus loin au n" 5 9 ) : elle est donc, comme cette der-
nière, basée sur la considération d'un caractère qui peut se manifester
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 5ï

ou disparaître suivant la forme que l'on donne au système différentiel


étudié. Elle nous a conduit, après constatation de certaines propriétés
dont jouissent les intégrales générales d'un système total passif, à for-
muler, p o u r divers types de systèmes d'équations aux dérivées par-
tielles qui se rencontrent fréquemment, des énoncés où interviennent,
en même temps que les intégrales singulières du système envisagé, les
intégrales générales d'un système total correspondant. Voici, très
brièvement résumés, la méthode que nous avons suivie et les résultats
que nous avons obtenus.

5 6 . I. Considérant une fonction analytique de x, y, . . . , définie


par un simple développement entier en x—• x0, y—y$, . . . , nous
nommerons phase de nullité de cette fonction l'extrémité finale de
tout arc continu (voir Les systèmes, etc., n° 37) partant du point fon-
damental (x0, y0, . . . ) et jouissant de la propriété suivante : « La
fonction considérée, calculable par cheminement sur l'arc dont il
s'agit, atteint la valeur zéro à son extrémité finale; mais elle ne l'atteint
jamais tant que l'on s'astreint, pour chacune des indéterminées
(réelles) dont l'arc dépend, à faire exclusion de la valeur finale, en
remplaçant celle-ci par une autre située en deçà et indéfiniment voi-
sine. »
IL Considérant u n groupe de fonctions analytiques de x, y, . . .
en nombre limité, définies chacune par u n simple développement
entier en x — x0, y—y0, . . . , nous nommerons phase singulière
du groupe l'extrémité finale de tout arc continu, (51, partant du point
fondamental (x0, y0, . . .) et jouissant de la propriété suivante : « Les
diverses fonctions du groupe sont toutes calculables par cheminement
sur l'arc (5L tant que l'on s'astreint, p o u r chacune des indéterminées
dont l'arc dépend, à faire exclusion de la valeur finale, en remplaçant
celle-ci par une autre située en deçà et indéfiniment voisine; mais
l u n e au moins des fonctions du groupe cesse d'être calculable sur
l'arc (5t, si l'on n'exclut p o u r aucune des indéterminées la valeur
finale. »

57. Étant donné le système total passif du premier ordre

(i) j ^ a F , , / ^ , ..*, xh, ut, . . , . I*A) (I' = I, 2 , . - , k\j=u^m, ...ri),


52 CH. RIQUIER.

considérons le groupe des seconds membres F , j , et proposons-nous


d'en rechercher les phases singulières. Les intégrales générales,

(¾) ui= U/(a?i, . . . , xh, Ci, . . . , ¾ ) (i = i, i, .... &),

du système (i) ayant été formées de telle façon que, pour les valeurs
fondamentales des h variables x, elles se réduisent à de simples fonc-
tions linéaires des constantes arbitraires d , . . . CA, traçons, à partir
du point fondamental de l'espace [#«, . . ., %h\ L tin arc, (SLX (p, ...).
dépendant d'un groupe d'indéterminées, p, . . . ; puis, à partir du
point fondamental de l'espace M C,, . . ., CA] , un arc, (Slc(q, . . . ) ,
dépendant d'un deuxième groupe d'indéterminées, q, . . ., qui n'offre
aucune indéterminée commune avec le groupe/?, . . . . En supposant
les intégrales générales (2) calculables par cheminement sur l'arc

[ax(P, ..-.,), ac(q, ...)],


le point (w,, . . ., Uh) décrira, à partir du point fondamental de l'es-
pace \\ii\i • • •, ujç] 1, un arc, 6ilt (p, . . ., q, . . . ), dépendant à la fois
des indéterminées p, . . . et des indéterminées q, . . ., et, dès lors, le
point (57,, ..., Xh, u{, ..., Uh) décrira, à partir du point fondamental
:
derespace[[^,,.,,,^A,z/ l ,...,ï^]J,rarc[(5l a .(/?,...),(5l^/>v--^v-0]
soient
(?!<•• » ÇA) l'extrémité finale de l'arc 6ix(p, ...);
(ÏI 5 •••, TA) » ftc(?, •••);
O,, . . . , UA-) » &u(p, ..., g, ...)

Cela posé, si l'arc \&Lœ(p, . . .), &Lc(q, . . .)1, praticable pour le


calcul par cheminement des intégrales générales (2), fournit,
par son extrémité finale
(l, ..., ?/„ y,, . . . , v/,),

une phase de nullité du déterminant différentiel

_ <J(U„ ..., U*)


^ - ^ ( 0 , , . . . , C*)'

l'arc \6Lx(p, . . . ) , <9Lu(p, . . . , ^ , . . . ) 1 ne pourra manquer de


LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 53

journir, par son extrémité finale

(Ci, •••• ?/*: »i, — '->/.),

une phase singulière du groupe des seconds membre^ F^y.


D ' o ù la conséquence suivante :
Les intégrales générales, (2), du système (1) ayant la forme ci-dessus
spécifiée, et ces intégrales étant supposées connues, considérons le
système obtenu en adjoignant aux k relations ( 2 ) la relation

„. <>(Ui U/,) n.
(3) = 0
* ( < • „ . . . . c,) -

dans ce système, qui relie les A -h 2 A' indéterminées

Xi, Xh, Mj, ..., w/o Ci, ..., CA,

toute solution n u m é r i q u e ,
,J
(Ei EA» "I» *> Ti5 •• > VA),

fournira, en y faisant abstraction des valeurs y,, . . . , y A de C i , . . . ,


CA, la phase singulière
U
(El» E/l5 l> •• «5 "J*)

du groupe des F / j , à la condition toutefois que

(Ci, . . . , tA, y,, . . . , YA-)

soit l'extrémité finale d'un arc [&.*;(/?, . . . ) , C l c ( ^ , . . .)1 praticable


pour le calcul par cheminement des intégrales générales ( 2 ) , et tout le
long duquel, en excluant la valeur finale de chacune des indéter-
minées p, . . ., q, . . . , le déterminant différentiel A n'atteigne jamais
la valeur numérique zéro. Sous réserve de cette restriction, indispen-
sable pour la rigueur, on se trouve conduit à éliminer, si possible,
C , , . . . , CA entre les k + 1 équations du système fini [(2), ( 3 ) ] .
Observons m i i n t e n a n t qu'en raison des conditions particulières
imposées ci-dessus aux équations intégrales ( 2 ) , leur formation p r é -
sentera souvent de grandes difficultés, et que, dès lors, les calculs à
effectuer p o u r l'élimination, ainsi que les vérifications relatives à la
restriction de cheminement, deviendront pratiquement inexécutables;
mais on peut tout d'abord, en ce qui concerne le calcul d'élimination,
s'affranchir entièrement de ce surcroît de complications.
54 CH. RIQUIER.

Effectivement, si, dans l'espace à h + k dimensions (réelles ou


imaginaires)
[ja?!, . . , Xh. uu MA-]],

on considère la figure variab'e à k paramètres que définit le système


des k équations

C Mi ( * i Xh, "i "/., G,, C/J = o,


(4)
( MA(^J ocu, ui uk, G,, CA) = o.

cette figure variable à h dimensions admet, en général, une


enveloppe à h -+- k — i dimensions, dont l'équation réduite s'ob-
tiendra par l'élimination des paramètres G,, . . ., CA entre les
k équations ( 4 ) et la relation

(5)
<nc t , ..., CA-)-°

[à cause de l'équation ( 5 ) , cette élimination ne peut s'effectuer par la


résolution des équations ( 4 ) ] ; ^ système [(4)i ( 5 ) ] , e / i général
normalement résoluble par rapport à k + i des coordonnées^
définira une caractéristique à h —i dimensions.
Exemples :
i° h =s i, k = i. — Dans l'espace H"x, y\\, la ligne variable F(x, y, C) = o
admet, en général, une ligne enveloppe, dont l'équation réduite s'obtient par
l'élimination du paramètre C entre les deux équations

¥(x, 7 , G) = o, 5Ô = °5

l'enveloppe touche d'ailleurs en un simple point chacune des enveloppées.


'2° h = i, k = 2. — Dans l'espace \[x, y, z]j, la ligne variable

¥x{x, y, z, C,, C 2 ) = o,
Fo(x,y, z, Ci, C2) = o

admet, en général, une* surface enveloppe, dont l'équation réduite s'obtient


par l'élimination des paramètres Ci, C2 entre les trois équations

l'enveloppe touche d'ailleurs en un simple point chacune des enveloppées.


LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 56

'$" h = 2, k— i. — Dans l'espace \\x, y, z]l, la surface variable

L(x,y, z, G) = o

admet, en général, une surface enveloppe, dont l'équation réduite s'obtient


par l'élimination du paramètre C entre les deux équations

, âh
L = o, ^ = o ;

l'enveloppe se raccorde d'ailleurs suivant une ligne avec chacune des enve-
loppées.

O n conclut de là q u e , dans l'élimination indiquée plus haut sur le


système [ ( 2 ) , ( 3 ) ] , le résultat est indépendant de l'écriture
adoptée pour les équations intégrales générales du système (1),
lesquelles, définissant toujours, dans l'espace

[[>!, Xh, UU . ., Uk]j,

la même famille de figures, ne peuvent m a n q u e r , quand on effectue


sur ces figures une r e c h e r c h e d'enveloppe, de conduire toujours au
même résultat.
S i , après avoir procédé à cette recherche le plus simplement q u ' o n
aura pu, on trouve trop incommodes les vérifications relatives à la
restriction de cheminement telle que nous l'avons formulée, on
tâchera d'apercevoir, soit par l'examen direct du groupe des F;j,
soit par toute autre voie qui semblera pralicable, si les divers points
d e l'espace
[[a?i, ,..,*•/,. Mi, .. .. MA]].

fournis par l'élimination sont bien tous des phases singulières (n° 5 6 , II)
de ce g r o u p e .

5 8 . Etant donné u n système partiel du p r e m i e r o r d r e , linéaire par


r a p p o r t aux dérivées des fonctions inconnues qui s'y trouvent enga-
gées, et présentant la structure de ceux que l'on considère dans la
méthode d'intégration de Jacobi généralisée ( 2 9 ) , on peut, à l'aide
d'un mécanisme très simple, lui faire correspondre un système total
auxiliaire tel : i° que la passivité du système partiel entraîne celle du
56 CH. RIQUIER.

système total; 2° que les phases singulières du groupe des seconds


membres soient fournies, dans l'un et dans l'autre système, p a r les
extrémités finales des mêmes arcs.
T o u t système partiel non linéaire du premier ordre n'impliquant
q u ' u n e seule fonction inconnue, et résolu par r a p p o r t à diverses déri-
vées (premières) de cette inconnue, jouit de la même propriété ( 3 0 ) .

5 9 . Considérons actuellement un système quelconque d'équations


aux dérivées partielles dont les premiers membres soient analytiques
et les seconds membres nuls, et n'envisageons, parmi ses intégrales,
que celles qui elles-mêmes sont analytiques : conformément à la
définition fondamentale du n° 15, un groupe de pareilles intégrales
est dit ordinaire, si l'on peut assigner aux variables indépendantes
quelque domaine de variation tel, que non seulement les intégrales
dont il s'agit y soient régulières, mais que, de plus, leurs valeurs,
prises conjointement avec celles de leurs dérivées et des variables
indépendantes, restent toujours intérieures à quelque domaine où
tous les premiers membres du système le soient aussi.
Dans ce même système, un groupe d'intégrales (analytiques) sera
dit singulier, s'il n'est pas ordinaire, ou, en d'autres termes, si, dans
la région de convergence du groupe formé par les développements
initiaux des intégrales, et aussi loin que ce groupe puisse être p r o -
longé analytiquement, les valeurs des intégrales, prises conjointement
avec celles de leurs dérivées et des variables indépendantes, ne sortent
jamais d'une région où le groupe formé par l'association des premiers
membres cesse d'être régulier; d'une région, notamment, dont tous
les points soient des phases singulières (n° 56, II) de ce dernier
groupe.
Il importe de ne jamais perdre de vue la relativité de la distinction
ainsi établie entre les intégrales ordinaires et les intégrales singu-
lières : un système différentiel étant d o n n é , une même figure intégrale
peut être, p o u r lui, tantôt ordinaire, tantôt singulière, suivant que
le système est mis sous telle ou telle forme.
Par exemple, l'équation aux dérivées partielles

/ ^ i _ —Y—El —-
\ dx J ày 1 dx ày ~~
n'admet évidemment aucune intégrale singulière, puisque son premier membre
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 57

j. , âz âz .., ,
est une fonction entière de x, y, z, y-? — > considères pour un instant
comme cinq variables indépendantes distinctes; en particulier, les intégrales
évidentes
z = C(x -\-y) ( C constante arbitraire)
en sont des intégrales ordinaires. Mais, si l'on écrit l'équation sous la forme

âz , àz /âz âz _
dx " i)y y dx ùy ~ '

il résulte de la théorie analytique de la fonction radicale que ces mêmes inté-


grales deviennent singulières.

11 va sans dire, enfin, q u e , lorsqu'il s'agit d'un système différentiel


résolu par r a p p o r t à telles ou telles des quantités qui figurent dans
ses équations, c'est, d'après les définitions posées, le groupe des
seconds membres que l'on doit envisager p o u r opérer la distinction
entre les deux sortes d'intégrales.

6 0 . La méthode que nous allons indiquer, applicable aux divers


types de systèmes passifs du premier ordre ci-après énumérés, permet
souvent de réaliser un notable progrès dans la recherche de leurs
intégrales singulières.

I. Systèmes passifs d'équations différentielles totales du pre-


mier ordre. — Considérons le système ( i ) ; les variables i n d é p e n -
dantes qui s'yr trouvent engagées étant en n o m b r e h, et les fonctions
inconnues en n o m b r e A', ses intégrales analytiques, tant ordinaires
que singulières, sont des figures à h dimensions situées dans l'espace
à h + À" dimensions (réelles ou imaginaires) | [ J ? I , -..,Xfy, M,, . . . , Uk\ .
Se reportant aux-conclusions finales du n° 57 sur les phases singu-
lières des seconds membres d'un système total passif, on formera les
équations intégrales générales,

\i(xx, . . . , xh, Mi, . . . , M,,, d , . .., CA) = o,

U(a?i, . . . , XH, ui, ..., MA, Ci, . . . , CA) = o,

du système ( i ) , auxquelles on adjoindra la relation

à( I, U)
<>(Ci, . - . , Ck)
58 CH. RIQUIER.

En éliminant, si possible, entre ces À' -f- i relations l'une des cons-
tantes arbitraires, CA par exemple, on obtiendra, dans l'espace à
h + k dimensions, une famille de figures à h dimensions, dépendant
des paramètres Ci, . . ., CA_I, et dont tout point sera, sauf vérifica-
tion, une phase singulière du groupe des seconds membres F ; j . On
tâchera alors d'apercevoir si l'attribution à C,, . . ., CA_, de telles ou
telles valeurs convenablement choisies peut fournir des figures inté-
grales du système (i).

IL Systèmes passifs du premier ordre ayant la forme linéaire


par rapport aux dérivées des fonctions inconnues,-et intégrables
par ki méthode de Jacobi généralisée. — Supposons, pour fixer les
idées, que le système considéré implique les trois fonctions incon-
nues u, v, w des cinq variables indépendantes x, y, z, s, t, et qu'il
soit résolu par rapport aux dérivées (premières) relatives à x, y, z de
ces inconnues; ses intégrales analytiques, tant ordinaires que singu-
lières, sont des figures à cinq dimensions situées dans l'espace à huit
dimensions \[x, y, z, s, t, u, v, w ] ] .
Au système partiel donné on fera correspondre un système total
auxiliaire, impliquant les cinq fonctions inconnues s, t, u, v, w des
variables x, y, z, et jouissant, vis-à-vis du système partiel, de la
double propriété énoncée au n° 58. On formera ensuite les équations
intégrales générales du système auxiliaire, et, les seconds membres de
ces dernières étant supposés nuls, on égalera à zéro le déterminant
différentiel de leurs premiers membres, pris par rapport aux cons-
tantes arbitraires a, (3, y, ô, A. En éliminant, si possible, entre ces six
relations, trois des cinq constantes, y, d, 7. par exemple, on obtiendra,
dans l'espace à huit dimensions, une famille de figures à cinq dimen-
sions, dépendant des paramètres a, (3, et dont tout point sera, sauf
vérification, une phase singulière pour le groupe des seconds membres
du système total auxiliaire, donc aussi du système partiel proposé.
On tâchera alors d'apercevoir si l'attribution à a, (3 de telles ou telles
valeurs convenablement choisies peut fournir des figures intégrales
de ce dernier.

III. Systèmes passifs et non linéaires du premier ordre n'im-


pliquant qu'une seule fonction inconnue. — Supposons, pour
fixer les idées, que la fonction inconnue, u, qui se trouve engagée
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 5g

dans le système, dépende des cinq variables x, y, z, s, t, et q u e le


, y du du du

système soit résolu p a r r a p p o r t a -r—? — ? — •


A u système partiel donné on fera correspondre un système total
auxiliaire, impliquant les cinq fonctions inconnues s, t, u, j - ? -r- des
trois variables x, y, z, et jouissant, vis-à-vis d u système partiel, de la
double propriété énoncée au n° 5 8 . E n opérant* mutatis mutandis,
comme nous l'avons indiqué p o u r les systèmes du type II, on tombera
sur une relation où ne figurent, à l'exclusion de toute constante a r b i -
i . , du du -, ,
traire, que les quantités x, yy z, s, t, uy -p? -r-> et dont toute solution
n u m é r i q u e sera, sauf vérification, une phase singulière p o u r le groupe
des seconds membres du système total auxiliaire, donc aussi d u sys-
tème partiel proposé. O n tâchera alors d'apercevoir si quelque inté-
grale de' l'équation ainsi obtenue vérifie en même temps ce dernier
s> stème.

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE.

( 1 ) BRIOT et BOUQUET, Mémoire sur les /onctions définies par les équations
différentielles {Journal de l'École Polytechnique, cahier XX XVI).
( 2 ) MERAY, Revue des Sociétés savantes, Sciences mathématiques, physiques et
naturelles, t. III, 1868; Nouveau Précis d'Analyse infinitésimale, 1872, p. i43. —
BOUQUET, Bulletin des Sciences mathématiques et astronomiques y t. III, 1872,
p. 265.
Une nouvelle démonstration du même point, pour laquelle M. Riquier a prèle sa
collaboration à Méray, a été publiée en 1889 dans les Annales de VÉcole Normale
(MÉRAY et RIQUIER, Sur la convergence des développements des intégrales d'un
système d'équations différentiel/es totales); elle se trouve reproduite dans l'Ou-
vrage de Méray ayant pour titre : Leçons nouvel/es sur l'Analyse infinitésimale
et ses applications géométriques (Première Partie, p. 2.36 et suiv.).
( 3 ) Tome L\XX.
( 4 ) Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. LX\X, p. 101 et 317.
(5) MÉRAY, Démonstration générale de Vexistence des intégrales des équations
aux dérivées partielles {Journal de Mathématiques pures et appliquées, 3e série,
t. VI).
( 6 ) Voir RIQUIER, Les systèmes d'équations aux dérivées partielles. Préface.
C) MÉRAY et RIQUIER, Sur la convergence des développements des intégrales
6o CH. RIQUIER.
ordinaires d'un système d'équations différentielles partielles {Annales de VEcole
Normale, 1890).
Ce dernier Mémoire a suggéré à Bourlel le sujet de sa Thèse de doctorat {Sur les
équations aux dérivées partielles simultanées qui contiennent plusieurs fonctions
inconnues, 1891). Bourlet parvint à établir qu'un système différentiel quelconque est
réductible à une forme du premier ordre dans laquelle la convergence des déve-
loppements des inlégrales est assurée ; mais, sauf des cas fortuits, la forme dont il
s'agit n'était pas complètement intégrable, et, par suite, ne faisait nullement
connaître le nombre et la nature des éléments arbitraires dont dépendent les inlé-
grales générales.
( 8 ) Les diverses recherches résumées aux nos 6 et 7 se trouvent exposées en détail
dans l'Ouvrage d'ensemble qu'indique la note ( 6 ).
( 9 ) Sur la forme que prend, par la suppression de certains termes, un déve-
loppement en série entière {Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 3i mai
1898),
( t 0 ) Ce résultat, e\posé dans le Chapitre XIV de l'Ouvrage cité {Les systèmes, etc.),
a été publié par M. Riquier dès 1893 {Comptes rendus de l'Académie des Sciences,
28 mars 1892, 07 février 1893, i\ avril 1893; Annales de l'École Normale, 1893).
Trois ans après, M. Delassus, à l'aide d'une méthode toute différente essentielle-
ment basée sur le changement des variables, s'efforça de donner une deuxième solu-
tion du problème déjà résolu par M. Riquier [Extension du théorème de Cauchy
aux systèmes les plus généraux d'équations aux dérivées partielles {Annales de
l'École Normale, 1896)]; mais les résultats qu'il a obtenus ne présentent pas toute
la généralité qu'il leur attribuait, et, comme l'ont signalé MM. Gunther et Robinson
{Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 14 avril 1913), il existe des systèmes
auxquels cette méthode ne s'applique pas.
( 11 ) Les systèmes, etc., Chap XIV; Comptes rendus de l'Académie des Sciences,
22 janvier 1900.
(") Et que d'autres auteurs ont utilisé après lui; nous en reproduisons l'énoncé
au n° 35 du présent fascicule.
(") Sur l'existence, dans certains systèmes différentiels, des intégrales répon-
dant à des conditions initiales données {Annales de VÉcole Normale, 1904); Sur
les conditions d'intégrabilité complète de certains systèmes différentiels {Annales
de l'Ecole Normale, 1907); Les systèmes, etc., Chap. IX et X.
( 14 ) La Thèse de doctorat de M. Maurice Janct, notamment Sur les systèmes
d'équations aux dérivées partielles, 1920, a pour objet, comme le dit l'auteur
lui même, un nouvel exposé des résultats de M. Riquier : c'est pourquoi, faute
de place, nous nous bornons à la mentionner dans cette note.
( 1 5 ) RrQuiER, Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 23 décembre 1901;
Annales de l'École Normale, 1903.
(16) Un Mémoire de M. Riquier, résumé au Chapitre VII du présent fascicule,
a paru sur ce sujet dans les Annales de l'École Normale, 1927.
( n ) Il va sans dire que la signification actuelle du mot coupure n'a rien de
commun avec celle qu'on lui donne couramment dans la théorie des fonctions d'une
variable imaginaire.
( 1 8 ) Les systèmes, etc., n° 92.
( 19 ) Dans le cas où les seconds membres du système se réduisent tous a zéro, on
est conduit à un résultat particulièrement simple {ibid., n° 94).
(20) Le n° 97 est consacré à des exemples.
( 2 1 ) Les systèmes, etc., n° 65,
LA MÉTHODE DES FONCTIONS MAJORANTES. 6l
(") Voir à ce sujet le Mémoire de M. Riquier ayant pour titre : Sur le degré
de généralité d'un système différentiel quelconque {Acta mathematica, t. XXV,
p. 348 et 349).
23
( ) Voir, pour l'exposé détaillé, Les systèmes, etc., Chap. XI; voir aussi, au
Chapitre XIV, les n" 224 et 225.
( 24 ) Pour la démonstration détaillée des résultats résumés dans le Chapitre V du
présent fascicule, voir Les systèmes, etc., Chap. IX et X.
( 25 ) Ainsi qu'il est dit au Chapitre I du présent fascicule (n° 7), ce lemme, que
d'autres auteurs ont ensuite utilisé, a été signalé par M. Riquier.
( 26 ) Une recherche antérieure (GOURSAT, Comptes rendus de l'Académie des
Sciences, 2 novembre 1897) assignait comme condition suffisante à l'existence de
l'intégrale l'égalité A0 B0 = 0, qui se trouve renfermée comme cas particulier dans
l'inégalité m o d ( A 0 B 0 ) < 7«
Une recherche postérieure, qui ne repose pas sur la considération des fonctions
majorantes (GUNTHER, Bec. Math., XXXII, n° 1, 1924 ), astreint simplementla quan-
tité
tité A
A0B
B0—
— 7 àà n'être
n'être pas
pas un
un nombre
nombre positif
positif :: cette
cette der
dernière condition renferme a
0 0 7
4
son tour comme cas particulier l'inégalité mod(A 0 B 0 ) < j»
(21 ) RIQUIER, Sur le calcul par cheminement des intégrales de certains systèmes
différentiels {Annales de l'École Normale, 1903).
(28) Le Chapitre VII du présent fascicule est, comme nous l'avons dit plus haut,
le résumé d'un Mémoire récemment paru (1927) dans les Annales de l'École
Normale.
(29) Ces systèmes peuvent impliquer un nombre quelconque de fonctions inconnues
(voir Les systèmes, etc., n° 200).
(30) C'est ce que nous indiquons en détail dans le Mémoire, auquel fait allusion
la note ( 28 ).
TABLE DES MATIÈRES.

Pages.
CiiAHTRE I. — Cauchy initiateur de la Méth'ode des fonctions majorantes;
aperçu historique i
CHAPITRE II. — Economie des conditions initiales dans les systèmes différentiels
résolus par rapport à diverses dérivées des fonctions inconnues 10
CHAHTRF III. — Les systèmes orlhonomes; leurs conditions de passivité; exten-
sion à ces systèmes de la Méthode des fonctions majorantes ^. 18
CHAPITRE IV. — Existence des intégrales ordinaires dans un système différentiel
quelconque du monde analytique; degré de généralité du système. Applica-
tions 28
CHAPITRE V. — Nouvelle extension de la Méthode des fonctions majorantes;
simplification et extension de la règle de passivité; nouveaux théorèmes
d'existence 35
CHAPITRE VI. — Examen de certains systèmes différentiels linéaires; application
des fonctions majorantes au prolongement analytique de leurs intégrales 46
CHAPITRE VII. — Des intégrales singulières 5o

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