Terminale. Géographie. THEME 1. Chap. 1 p.
COLLEGE DU SACRE-CŒUR – FRERES GEMMAYZE
Chap. 1 – Mers et océans, vecteurs essentiels de la mondialisation
Introduction
Les espaces maritimes recouvrent 71 % de la surface du globe terrestre. Ils relient les continents et
les hommes, et n’échappent pas aux effets de la mondialisation : celle-ci est un processus qui se manifeste par
une explosion des flux marchands et d’informations à travers le monde. Or, une grande partie de ces flux
passe par les mers et les océans. Les espaces maritimes sont donc devenus des vecteurs essentiels de la
mondialisation.
Quelle est la place des espaces maritimes dans l’économie mondialisée ? Quels en sont les
acteurs et les enjeux ?
I. LA MARITIMISATION DES ECONOMIES
Le développement des échanges internationaux a donné aux espaces maritimes une importance
accrue. On parle de maritimisation des économies.
A. L’explosion des échanges internationaux
Depuis 1960, le trafic maritime n’a cessé d’augmenter avec l’ouverture des pays au libre-échange.
80 à 90 % des flux intercontinentaux de marchandises passent par la mer.
La révolution des transports maritimes :
Pour répondre à des besoins croissants, le transport maritime a dû s’adapter, avec la
conteneurisation. Les navires porte-conteneurs sont de plus en plus grands pour transporter
toujours plus de marchandises, et les ports se sont adaptés aussi pour les recevoir.
Voc. : conteneur, EVP, navire porte-conteneurs, gigantisme, ports à conteneurs, hub
Ce sont les grandes compagnies maritimes qui assurent le trafic de marchandises. En 2023 :
LES ACTEURS DU TRANSPORT DE CONTENEURS
er
1 RM MSC Suisse
2ème CMA-CGM France
3ème MAERSK Danemark
4ème COSCO Chine
5ème Hapag Llyod Allemagne
6ème Evergreen Taïwan
L’explosion des échanges concerne aussi bien les flux matériels (les marchandises) que les flux
immatériels (informations, capitaux) : les flux d’informations passent par des câbles sous-marins
posés sur le fond des océans (99% des flux – le reste par satellite).
B. La littoralisation des activités de production et d’échange :
Les littoraux, avec leurs ports et leurs métropoles, sont très attractifs pour la population et les
activités de production. Les grandes façades maritimes concentrent les industries, les services, les
activités, les richesses. Les ports sont essentiels pour les exportateurs et les importateurs.
Exemple : Shanghai est à la fois une porte d’entrée pour les importations chinoises d’énergie
et de matières premières, et un port pour exporter sa production vers le reste du monde.
Exemple : la Northern Range ou Rangée Nord (de l’Europe).
C. Les acteurs de ce processus sont les FTN, qui ont délocalisé leurs activités de production,
créant des flux de plus en plus importants, et les Etats qui aménagent ou créent des ports pour les
accueillir et pour attirer des industries dans les zones portuaires (ZIP) ZIP : zone industrialo-portuaire
Exemple : le port de Djebel Ali à Dubaï.
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II. LES RESSOURCES DES ESPACES MARITIMES
Mers et océans recèlent et fournissent d’importantes ressources.
A. Les ressources halieutiques sont les ressources issues de la pêche.
Une grande partie de la population mondiale vit sur les littoraux et se nourrit de la pêche. Mais la pêche
artisanale recule au profit de la pêche industrielle qui entraine une surexploitation qui menace les ressources.
B. Les ressources énergétiques :
Les hydrocarbures : gaz et pétrole off shore le golfe Arabo-Persique
Les mers et océans recèlent une grande partie des réserves mondiales de pétrole et de gaz.
Exemples : en mer du Nord, dans le golfe du Mexique, dans le golfe Arabo-Persique, en mer de
Chine méridionale, en Méditerranée orientale (au large du Liban).
Les gisements de pétrole off shore sont exploités dans des plateformes pétrolières. Ils assurent des
revenus importants aux pays riverains mais suscitent des rivalités et des tensions.
Les énergies marines renouvelables (EMR) : Les Etats impliqués dans la transition énergétique
(passer des énergies fossiles aux énergies renouvelables) développent les EMR (énergie marine
renouvelable) : les éoliennes offshore, la force des marées et des courants marins…
Exemple : l’Islande.
C. Les autres ressources sont également importantes et recherchées :
Le sable (de plus en plus rare, pour la construction), les métaux rares, les nodules polymétalliques,
les ressources biochimiques. Les océans sont aussi des réservoirs de biodiversité à protéger.
Pour avoir accès à ces ressources, la délimitation de la Z.E.E. est un enjeu national majeur.
Z.E.E. : ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
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III. LES FLUX MAJEURS ET LES GRANDES ROUTES DE LA MONDIALISATION
A. Des flux majeurs tracent les grandes routes du commerce mondial
Les principaux flux du commerce mondial relient les grands pôles de production et de
consommation à travers le Pacifique, l’Atlantique et l’océan Indien, entre l’Europe de l’Ouest (U.E.),
l’Amérique du Nord avec ses deux façades maritimes, la côte est (New York) et la côte ouest (Los
Angeles), et l’Asie orientale, dominée par la Chine et le Japon, Singapour et la Corée du Sud. Ce sont
les trois grandes aires de richesse de la planète.
Le Moyen Orient, avec ses hydrocarbures, constitue aussi une zone fortement reliée au reste du monde, par
l’océan Indien, la Méditerranée vers l’Europe du sud, ou la mer de Chine vers l’Asie orientale.
Des flux secondaires viennent compléter le trafic mondial, vers les régions plus éloignées ou
moins puissantes : Amérique du Sud, Australie, Afrique subsaharienne.
B. Des passages stratégiques EDC le détroit de Malacca EDC le détroit d’Ormuz
Une grande partie du trafic maritime mondial emprunte certains passages stratégiques qui sont des
points de passage obligés situés sur les routes principales :
les canaux : ……………..................................................................................................................................................................................
les détroits : …………….................................................................................................................................................................................
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nota bene : le canal du Mozambique n’est pas un canal
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Les flux maritimes reflètent la dépendance réciproque entre pays importateurs et exportateurs,
producteurs et consommateurs. Toute menace sur l’une de ces routes ou sur un point de passage
menace le fonctionnement de l’économie mondiale. Exemple : le blocage du canal de Suez par un
navire en 2021.
Le contrôle des routes maritimes et des points de passage stratégiques représentent un enjeu vital
pour les pays fortement dépendants de leurs échanges. Ce qui peut donner lieu à des tensions.
Exemple : le détroit d’Ormuz.
La libre circulation sur les mers et dans les passages stratégiques est un enjeu économique
vital mais aussi un enjeu politique de puissance.
C. La circulation des hommes et des flux illicites
Il existe aussi des flux maritimes illicites (illégaux, interdits) que les Etats s’efforcent de combattre,
alimentés par le trafic de drogue, d’armes, d’êtres humains…
Exemple : La Méditerranée est ainsi traversée par des flux de drogue venant du sud, et des
flux de migrants qui tentent de rejoindre l’Europe par des réseaux clandestins.
IV. INEGALITES ET ENJEUX AUTOUR DES ESPACES MARITIMES
Les espaces maritimes sont inégalement intégrés dans la mondialisation.
A. Les flux majeurs relient les trois pôles de l’économie mondiale qui sont les grandes aires de
puissance centrées ouvertes sur le monde par leurs façades maritimes et littoraux.
Les pays enclavés qui n’ont pas accès à la mer restent à l’écart de la mondialisation et de
ses flux, ou sont mal intégrés, c’est le cas d’un certain nombre de PMA africains, ou de la
Bolivie. PMA :
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Avec le réchauffement climatique, de nouvelles voies s’ouvrent dans l’Arctique et offrent
de nouvelles perspectives aux pays riverains : Russie, Canada, Etats-Unis avec l’Alaska,
Danemark avec le Groenland.
B. La montée en puissance de l’Asie orientale autour de la Chine
Le déplacement de la production industrielle vers l’Asie orientale : Chine, Japon, Corée
du Sud, Taïwan, et l’Asie du sud et du sud-est avec les pays ateliers ou émergents
(Inde, Bangladesh, Vietnam, Indonésie, Philippines …) se lit dans les flux et dans la
puissance des ports asiatiques : Singapour, Shanghai, Busan…
La puissance économique de la Chine se lit dans la puissance de ses ports : Shanghai,
Guangzhou, Shenzhen, Qing Dao … et l’importance des flux de marchandises à partir
de sa façade maritime et des flux de pétrole vers ses ports et ses usines.
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C. Les espaces maritimes sont devenus des enjeux de puissance
Le contrôle et la maîtrise des mers sont devenus un enjeu et une manifestation de la puissance
des grands Etats. Après le Royaume-Uni au XIXe siècle, après les Etats-Unis au XXe siècle, la Chine
manifeste sa puissance en affirmant et en développant sa présence sur les mers, une présence à la
fois commerciale et militaire (le collier de perles).
Les différents acteurs de la maritimisation, Etats, FTN, compagnies maritimes, ports … multiplient
les efforts et les aménagements pour rester dans la course.
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