RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL
UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR
FACULTÉ DES SCIENCES ET TECHNOLOGIES DE L’ÉDUCATION ET DE LA
FORMATION
DÉPARTEMENT DE MATHÉMATIQUES
GÉOMÉTRIE PLANE
CHAPITRE 5
Dr FAGUÈYE NDIAYE SYLLA
Chapitre 5. VECTEURS
Consigne: Observe un avion qui se déplace, suivant une ligne droite, d’un point A
vers un point B ou de B vers A. Cela permet d’introduire ce thème.
0.1 Définitions
0.1.1 Bipoint
Définition 0.1.1. On appelle bipoint un couple ordonné de deux points.
Soient A et B deux points distincts de l’espace affine; ils définissent un bipoint noté (A, B)
ou un bipoint noté (B, A). Les deux bipoints sont différents.
0.1.2 Segment orienté
Définition 0.1.2. Un segment [AB] est orienté s’il est surmonté d’une flèche. On le note
−→
[AB]. A est son origine et B est son extrémité.
0.1.3 Équipollence
−→ −→
Définition 0.1.3. Deux segments orientés, [AB] et [EF ], sont équipollents s’ils ont
même sens, même direction et même longueur.
L’équipollence est une relation d’équivalence. Des segments orientés équipollents ap-
partiennent à une même classe d’équivalence "ils représentent le même vecteur".
0.1.4 Vecteur
−→
Un bipoint (A, B) ou un segment orienté [AB] est représenté par le même vecteur,
−→
noté AB.
−→
Le vecteur AB peut être noté par une seule lettre →
−
u.
Deux vecteurs équipollents sont dits égaux.
Si les points A et B sont confondus alors il y a un déplacement nul de longueur nulle; il
→
−
est représenté par le vecteur nul [ O ].
0.1.5 Norme d’un vecteur
−→
Soit AB un vecteur donné. Une unité de longueur étant choisie sur la droite support
−→
du vecteur AB.
−→
Définition 0.1.4. On appelle norme ou longueur du vecteur AB la longueur du segment
−→ −→
orienté [AB] qui le définit ou la distance AB. On la note kABk.
−→ −→
Le vecteur AB est dit unitaire si kABk = 1.
0.1.6 Mesure algébrique d’un vecteur
−→
Soit AB un vecteur donné. Une unité de longueur étant choisie sur la droite support
−→
du vecteur AB. Cette droite support orientée est appelée axe. Il comporte une origine et
une unité de longueur.
−→
Définition 0.1.5. La mesure algébrique d’un vecteur EF , notée EF , porté par l’axe est
le nombre relatif dont la valeur absolue est la norme du vecteur lui même.
−→
EF = EF si EF a pour sens le sens positif de l’axe orienté.
−→
EF = −EF si EF a pour sens le sens négatif de l’axe orienté.
2
0.1.7 Abscisse d’un point
Définition 0.1.6. L’abscisse d’un M sur un axe orienté d’origine O est la mesure algé-
−−→
brique du vecteur OM .
0.1.8 Vecteurs opposés
−→ −→
Définition 0.1.7. Deux vecteurs AB et EF sont opposés si leurs supports sont parallèles
ou confondus et leurs mesures algébriques opposées.
−→ −→
Exemple 0.1.1. Les vecteurs AB et BA sont opposés.
0.1.9 Addition de deux vecteurs
Définition 0.1.8. La somme de deux vecteurs → −
u et →−v , notée →
−
u +→
−
v , est définie comme
suit:
−→
Méthode du triangle: On choisit deux bipoints (A, B) et (B, C) tels que → −
u = AB et
→
− −−→ −→ −−→
v = BC ( l’extrémité de AB étant l’origine de BC).
La somme →−
u +→ −v est le vecteur d’origine A et d’extrémité C.
3
Méthode du parallélogramme: On choisit deux bipoints (E, F ) et (E, G) tels que →
−
u =
−→ → − −−
→ −→ −
−→
EF et v = EG (les vecteurs EF et EG ayant la même origine).
−−→
La somme →
−u +→−v est le vecteur EH tel que EF HG soit un parallélogramme.
Propriétés 0.1.1. Soient →
−
u, →
−
v et →
−
w trois vecteurs donnés.
1. L’addition de deux vecteurs est commutative.
→
−
u +→
−
v =→
−
v +→
−
u.
2. L’addition de vecteurs est associative.
(→
−
u +→
−
v)+→
−
w =→
−
u + (→
−
v +→
−
v ).
3. L’addition a un élément neutre
→
− →
− →
− −
u + 0 = 0 +→
u =→
−
u.
4. Si →
−
u est un vecteur et −→
−
u son opposé alors
→
− −→ −→ →
−
u + (−u) = (−u) + →
−
u = 0.
4
0.1.10 Relation de Chasles
Soit trois points A, B et C d’un espace affine:
−→ −−→ −→
AB + BC = AC.
0.1.11 Multiplication d’un vecteur par un scalaire
Soit α un scalaire et →
−
u un vecteur.
Définition 0.1.9. Le produit α→−
u est un vecteur qui est défini comme suit:
1. Si α > 0 alors α→
−
u est le vecteur de même sens que → −
u dont la norme est α||→−u ||.
2. Si α < 0 alors α→
−
u est le vecteur de sens contraire à →
−
u dont la norme est |α|||→
−u ||.
→
− →
−
3. Si α = 0 ou →
−
u = 0 alors α→
−
u = 0.
Propriétés 0.1.2. Soient →
−
u et →
−v deux vecteurs donnés.
1. α(→
−
u +→−v ) = (→
−
u +→ −
v )α = α→
−u + α→
−v.
2. (α + β)→−
v = α→−
v + β→
−
v.
3. α(β →
−
v ) = (αβ)→
−v.
4. 1.→
−
v =→−
v.
→
−
5. 0.→
−
v = 0.
0.1.12 Vecteurs colinéaires
Soit α un scalaire et →
−
u un vecteur.
Définition 0.1.10. Les →
−
u et α→
−
u sont colinéaires ou parallèles.
5
0.1.13 Barycentre
Définition 0.1.11. Soient A1 , A2 , ...., Ap des points de l’espace affine E et α1 , α2 , ...., αp
des scalaires de somme non nulle.
p −−→ →
P −
L’unique point G de E tel que αi GAi = 0 est appelé barycentre de la famille des points
1
pondérés {(Ai , αi )}1≤i≤p ,
et on note G = Bar{(A1 , α1 ), (A2 , α2 ), ......, (Ap , αp )}.
Lorsque tous les αi sont égaux, le point G est appelé l’isobarycentre ou le centre de gravité
des points Ai .
Propriétés 0.1.3. Soit G = Bar{(A1 , α1 ), (A2 , α2 ), ......, (Ap , αp )}.
— Si les αi sont multipliés par un même scalaire non nul alors le point G ne change
pas.
Pk
— Si αi = λ, avec λ 6= 0 et k < p, alors il existe un point H, barycentre partiel du
1
système {(A1 , α1 ), (A2 , α2 ), ......, (Ak , αk )} tel que
G = Bar{(H, λ), (Ak+1 , αk+1 ), ......, (Ap , αp )}.
0.1.14 Représentation des vecteurs dans le plan
Repère orthonormé - repère orthogonal
→
−
Soient (xx0 ) et (yy 0 ) deux droites perpendiculaires en un point O. Désignons i le
→
−
vecteur unitaire de norme 1 et! de sens [Ox) et! j le vecteur unitaire de norme 1 et de
→
− 1 →
− 0
sens [Oy). On note i = j = .
0 1
→
− →
−
Les vecteurs i et j forment une base canonique en dimension deux. Elle est une base
→
− →
− →
− →
− →
− → −
orthonormée, car i et j sont orthogonaux et || i || = || j || = 1. On dit que (O; i , j )
est un repère orthonormé dans le plan.
→
− →
− →
− →
− →
− →−
Si || i || =
6 || j || et les vecteurs i et j orthogonaux alors le repère (O; i , j ) est ortho-
gonal.
L’axe (xOx0 ) est appelé l’axe des abscisses et et (yOy 0 ) est appelé l’axe des ordonnées.
Coordonnées d’un vecteur
→
− → −
Soit M un point dans le plan muni d’un repère orthogonal (ou orthonormé) (O; i , j ).
La droite passant par M parallèle à l’axe des ordonnées coupe l’axe des abscisses en un
point H.
6
D’après la relation de Chasles: ! ! !
−−→ −−→ −−→ →
− →
− 1 0 x
OM = OH + HM = x i + y j = x +y = .
0 1 y
Notons → −
u le vecteur représantant (O, M ). Les scalaires x et y sont les coordonnées ou
composantes du vecteur → −u,
→
− →
− →
−
u =x i +y j
x est l’abscisse de →
−
u et y est son ordonnée.
! !
0
x x
Théorème 0.1.1. Soit → −u un vecteur d’origine A et d’extrémité B alors
y y0
!
0
→
− −→ −→ −−→ →
− →
− x − x
u = AB = AO + OB = (x0 − x) i + (y 0 − y) j = .
y0 − y
Théorème 0.1.2. Deux vecteurs →
−
u et →
−
v sont égaux si et seulement si leurs composantes
correspondantes sont égales.
Corollaire 0.1.1. Soient Ai (xi ; yi ) dans le plan muni d’un repère orthonormé direct. Si
G = Bar{(A1 , α1 ), (A2 , α2 ), ......, (Ap , αp )} alors ses coordonnées (xG ; yG ) sont définies
par:
Pp Pp
α i xi αi y i
1 1
xG = p ; yG = p .
P P
αi αi
1 1
Cela peut être étendu dans l’espace.
7
0.1.15 Produit scalaire
Définitions et propriétés
Les définitions suivantes seront données dans l’espace (R3 ); l’étudiant les formulera
dans le plan (R2 ).
Définition 0.1.12. Soient → −
u et →
−v deux vecteurs de l’espace de représentants respectifs
(A, B) et (A, C). Soit H le projeté orthogonal de B sur (AC).
on appelle produit scalaire de →
−
u et →
−v le nombre réel défini par:
→
−
u .→
−
v := AH × AC.
Définition 0.1.13. Soient → −u et →
−v deux vecteurs de l’espace de représentants respectifs
(A, B) et (A, C). Soit θ est l’angle formé par →
−
u et →
−v alors
→
−
u .→
−
v := AB × AC cos θ.
Définition 0.1.14. Soient → −u = (x, y, z)⊥ et →
−v = (x0 , y 0 , z 0 )⊥ deux vecteurs de R3 . on
appelle produit scalaire de u et v le nombre réel défini par:
→
−
u .→
−
v := xx0 + yy 0 + zz 0 .
Ou
<→
−
u ,→
−
v >:= xx0 + yy 0 + zz 0 .
→
−
u et →
−
v sont orthogonaux si et seulement si < →
−
u ,→
−
v >= 0.
Propriétés 0.1.4. Soient →
−
u, →
−
v et →
−
w trois vecteurs de R3 .
1. < →
−
u ,→
−
v >=< → −v ,→
−
u >;
2. < →
−
u ,→
−v +→
−
w >=< →
−
u ,→
−
v >+<→
−
u ,→
−
w >;
→
−
3. < →
−
u , 0 >= 0;
4. < λ→
−
u ,→
−
v >= λ < →
−
u ,→
−
v >;
Remarque 0.1.1. L’équation d’une droite vectorielle ou d’un plan vectoriel dans R3 peut
être obtenue à l’aide du produit scalaire.
Proposition 0.1.1. Soit D une droite vectorielle de R3 , l’orthogonal de D, noté
→
− →
− →
− → −
D⊥ := { X ∈ R3 / ∀ Y ∈ D, < X , Y >= 0}
8
est un plan vectoriel supplémentaire de D.
Soit P un plan vectoriel de R3 , l’orthogonal de P, noté P ⊥ est défini par:
→
− →
− →
− →−
P ⊥ := { X ∈ R3 / ∀ Y ∈ P, < X , Y >= 0}
est une droite vectorielle supplémentaire de P.
A prouver par l’étudiant.
Norme
Définition 0.1.15. On appelle norme euclidienne ou longueur du vecteur →
−
u le réel noté
→
−
|| u || et défini par:
||→
−
u ||2 :=< →−
u ,→− p
u >= x2 + y 2 + z 2 .
Si →−
u est un vecteur unitaire alors ||→
−
u || = 1.
Propriétés 0.1.5. Pour tous → −u ,→−v ∈ R3
— On a ||→
−u || ≥ 0 (||→
−u || = 0 si et seulement si → −
u = 0);
→
− →
−
— Pour α ∈ R, on a ||α u || = |α||| u ||;
— ||→
−
u +→−v || ≤ ||→
−
u || + ||→−
v ||.
(Montrons d’abord que | < → −u ,→−
u > | ≤ ||→
−
u ||||→
−u ||.
Posons h(t) = || u + t v ||2 , on a h(t) = || u ||2 + 2t < →
→
− →
− →
− −
u ,→−
v > +t2 ||→
−
v ||2 .
h(t) est positive ou nulle pour tout t réel; ainsi son discriminant est
négatif ou nul. D’où 4 < → −
u ,→
−v >2 −4||→−
u ||2 ||→
−
v ||2 ≤ 0.)
Remarque 0.1.2. Soient → −u ,→−
v ,→ −
w trois vecteurs de R3 tels que → −u −→−
v soit orthogonal
→
− →
− →
− →
− 2 →
− →
− 2 →
− →
−
à v − w alors || u − w || = || u − v || + || v − w || . 2
0.1.16 Distance d’un point par rapport à une droite dans le plan
La distance d’un point P à une droite D du plan est la borne inférieure des distances
du point aux points de la droite D. On note
d(P, D) := inf d(P, M ).
M ∈D
Si P ∈ D alors d(P, D) = 0.
Théorème 0.1.3. Soit D une droite du plan d’équation ax + by + c = 0 et P = (x0 , y0 )
un point du plan la distance de P à D est définie par
|ax0 + by0 + c|
d(P, D) := √ .
a2 + b 2
Il existe un unique point H tel que d(P, D) = d(P, H).
9
Théorème 0.1.4. Soit H un plan dans l’espace d’équation ax + by + cz + d = 0 et
P = (x0 , y0 , z0 ) un point de l’espace, la distance de P à H est définie par
|ax0 + by0 + cz0 + d|
d(P, H) := √ .
a2 + b 2 + c 2
Il existe un unique point H tel que d(P, H) = d(P, H).
0.1.17 Produit vectoriel
Définition 0.1.16. Le produit vectoriel de →−
u et →
−
v , noté →−
u Λ→ −v est le vecteur de R3
défini par:
u1 v1 u2 v3 − u3 v2
→
−u Λ→
−v = u2 Λ v2 = u3 v1 − u1 v3 .
u3 v3 u1 v2 − u2 v1
Remarque 0.1.3.
→
−u Λ→−
u = 0.
Proposition 0.1.2. Soient →
−u ,→
−
v ,→−
w et →−
z des vecteurs, α et β des scalaires.
1. Bilinéarité: →
−
u Λ(α→
−
v + β→−
w ) = α(→−u Λ→
−v ) + β(→
−
u Λ→
−
w)
→
− →
− →
− →
− →
− →
− →
−
(α v + β w )Λ u = α( v Λ u ) + β( w Λ u )
2. Antisymétrie: →
−
u Λ→
−
v = −→
−
v Λ→
−
u
3. Identité de Lagrange:
<→−u Λ→−
v ,→
−
w Λ→−
z >=< → −
u ,→
−
w >.<→
−
v ,→
−
z >−<→
−
u ,→
−
z >.<→
−
v ,→
−
w >,
→
− →
− →
− →
−
Si u = w et v = z alors
||→
−
u Λ→
−
v ||2 = ||→
−
u ||2 .||→
−
v ||2 − (< →
−
u ,→
−
v >)2 .
4. →
−
u Λ(→
−v Λ→
−
w ) =< →−
u ,→
−
w >→ −v−<→ −
u ,→
−
v >→
−
w.
5. →
−
u Λ→
−v est orthogonal à →
−
u et à →
−
v.
6. Soient →
−
u et →
−
v d’angle θ alors
||→
−
u Λ→
−
v || = | sin θ| × ||→
−
u ||||→
−
v ||.
Preuve
A faire par l’étudiant.
Remarque 0.1.4. Le produit vectoriel n’est pas en général associatif.
Corollaire 0.1.2. Soient deux vecteurs →
−
u et →
−v unitaires et orthogonaux, posons
→
− →
− →
− →
− →
− →
−
w := u Λ v alors u , v , w forment une base orthonormée directe.
10
Preuve
La proposition précédente permet de prouver que u, v, w forment une base orthonormée
or on a det(→
−
u ,→−
v ,→
−w ) = (→
−
u Λ→
−v ).→
−
w = ||→
−
u Λ→
−
v ||2 > 0.
0.1.18 Produit mixte
Définition 0.1.17. Le produit mixte de trois vecteurs → −
u, →
−v et →
−w pris dans cet ordre est
→
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
−
le nombre, noté [ u , v , w ] et défini par [ u , v , w ] =< u , v Λ w > .
[→
−
u ,→
−
v ,→
−
w ] = det(→
−
u ,→
−
v ,→
−
w ).
Proposition 0.1.3. 1. [→
−u ,→
−v ,→
−
w ] = 0 si et seulement si →
−
u ,→
−
u ,→
−
w sont coplanaires.
2. < →
−
u ,→
−
v Λ→−w >=< → −
u Λ→−v ,→
−
w >.
3. Symétrie: [→
−
u ,→
−
v ,→
−
w ] = [→
−v ,→
−
w,→−u ] = [→
−
w,→−u ,→
−
v ].
4. Antisymétrie: [→
−u ,→
−v ,→
−
w ] = −[→
−v ,→−
u ,→−
w ].
5. [→
−u ,→
−
v ,→
−
w] = ||→
−u || × ||→
−
v Λ→
−
w || cos θ, avec θ ∈ [0, π] désigne l’angle entre →
−
u et
→
− →
−
v Λw.
Preuve
A faire par l’étudiant.
11