Problématique : Comment Rimbaud dénonce t'-il la misère
dans ce poème?
Introduction
Les Effarés est un poème de Rimbaud extrait
du recueil Poésies en parution posthume 1895. C'est une poésie inspirée du roman de
Victor Hugo, les Misérables ainsi que de ses personnages, Cosette et Gavroche,
victimes de la misère.
Rimbaud y peint une scène des rues de Paris à travers cinq enfants des rues, affamés
une nuit d'hiver. Ils regardent travailler un boulanger par un soupirail.
Alors adolescent, en fugue à Paris, il dénonce la misère, celle des enfants. C'est une
poésie constituée de 12 tercets de deux octosyllabes en rimes suivies et d'un
tétrasyllabe. Les Cahiers de Douai sont composés de 22 poèmes en deux liasses. Le
poème "Les Effarés" appartient au premier Cahier de Douai.
Problématique :
Comment Rimbaud dénonce t'-il la misère dans ce poème?
Mouvements :
Mouvement 1
L'opposition de deux mondes, celui du boulanger et celui des enfants des
rues affamés et transis de froid : les 5 premières strophes
Mouvement 2
L'enjeu satirique de la poésie ; les 7 dernières strophes
L'opposition de deux mondes, celui du boulanger et celui
des enfants des rues affamés et transis de froid
Mouvement 1 :
La poésie explore les contrastes entre le noir et le blanc, mettant en avant
l'opposition de la couleur noire dans la neige éclairée par le "grand soupirail".
Un groupe anonyme est introduit par l'expression familière "leurs culs en
rond", révélant finalement cinq enfants dans le vers 4. L'émotion du poète
transparaît à travers une ponctuation expressive, soulignant son jugement.
Les enfants passifs contrastent avec le boulanger actif, symbolisé comme le
créateur magique du "pain blond". Le quatrième vers, exprime la détresse du
poète par des interjections et une ponctuation expressive.
Le boulanger détient le pouvoir de donner ou de refuser le pain aux enfants
affamés, représenté symboliquement par le "fort bras blanc". Le four du
boulanger symbolise le foyer, transformant la pâte en "pain blond" comme un
acte magique. Le contraste entre l'extérieur froid où les enfants observent et
l'intérieur chaleureux du boulanger est souligné, accentuant leur quête de
chaleur. Cependant, le boulanger reste impassible, chantant et grognant,
évoquant une image démoniaque.
Les enfants, blottis et transis de froid, aspirent à la chaleur intérieure du
boulanger, comparée à la chaleur maternelle dans le vers 15. Le symbole du
foyer, représentant la famille chaleureuse et protectrice, fait défaut à ces
enfants privés de vie. La fascination des enfants pour l'intérieur chaleureux
du boulanger est renforcée par les sonorités évoquées par le "souffle du
soupirail rouge", révélant des odeurs et un peu de chaleur.
L'enjeu satirique de la poésie
Mouvement 2 :
Le deuxième mouvement de l'étude est marqué par des anaphores de
"quand" aux vers 16, 19 et 22, accompagné d'une accélération du rythme par
l'accumulation de propositions subordonnées circonstancielles de temps. Les
enfants, fascinés par le travail du boulanger, expriment une admiration
festive, mais le contraste entre cet enchantement et leur réalité précaire est
souligné par le complément circonstanciel "sous leurs haillons". Ils sont
décrits avec un langage animalier, "collant", "petits museaux roses",
"grognant", et leurs paroles semblent indistinctes.
Une atmosphère de prière silencieuse est évoquée, exprimant l'espoir des
enfants d'obtenir du pain. La lumière est associée à l'espoir, mais la
dimension religieuse est dénoncée avec la comparaison des enfants à des
pèlerins dont la prière reste sans réponse. Rimbaud dénonce la misère
sociale des enfants, illustrée par leurs vêtements en haillons et leur
souffrance face au froid, exprimée par des allitérations en "L" et en "R".
Le rejet au vers 35, "Au vent d'hiver...", sensibilise le lecteur à l'abandon de ces
enfants dans la rue. Le poème se termine par des points de suspension, reflétant
l'émotion de Rimbaud au-delà des mots et laissant place au silence.
Conclusion :
Dans cette poésie, Rimbaud dénonce la misère des enfants en suscitant la
compassion chez le lecteur par une versification contrastée. C'est une poésie
symbolique dont l'enjeu est satirique à plusieurs niveaux. Le poète dénonce
la faim, l'abandon, le pouvoir et la religion embourgeoisée.
Ouverture :
«Melancholia» est un poème de Victor Hugo, écrit en juillet 1838 à Paris et
paru en 1856 dans le recueil Les Contemplations. Dans ce poème en
alexandrins, Victor Hugo dénonce le travail dur et pénible des enfants. Victor
Hugo y dénonce les conditions de travail et de vie de son époque.