« Ma Bohème » de Rimbaud
Arthur Rimbaud (1854-1891)poète français. Il Manifeste de la révolte contre
l'ordre social, le conformisme et la religion du 19eme siècle À l'âge de 16 ans,
il écrit ma bohème qui évoque ses fugues. Il veut fuir ce monde contre lequel
il se révolte. Sonnet léger de forme traditionnelle , plein de fantaisie, de
jeunesse qui illustre l'errance de Rimbaud - Ma bohème, Sensation = On y
retrouve l'image du poète en saltimbanque rejeté par la société. Point
commun avec Baudelaire et Verlaine.
Problématique :
En quoi cette poésie "Ma bohème" reflète t'-elle l'esprit d'un poète adolescent
en mal de liberté et anti-conformiste au niveau créatif, poétique?
Plan:
1 er mouvement: un vagabondage personnel … vers 1 à 8
2 ème mouvement: … dans une nature flamboyante vers 8 à la fin
1 er mouvement: un vagabondage personnel … vers 1 à 8
• Le poème débute avec la première personne du singulier, permettant à
Rimbaud de nous inviter dans ses pensées et de dépeindre son portrait
mental et vestimentaire. L'imparfait à valeur descriptive accentue cette
peinture, avec une césure irrégulière introduisant une forme plus moderne au
sonnet. L'image des "poches crevées" illustre la pauvreté du jeune homme.
Arthur Rimbaud continue son autoportrait mental et vestimentaire en
évoquant son "paletot", qualifié d'"idéal" malgré sa pauvreté. Le poète se
décrit en errance sous le ciel, s'adressant directement à sa muse dans une
perspective antique, exprimant son bonheur à travers des exclamations. Le
passé composé introduit le deuxième quatrain, rapprochant le passé du présent,
comme si le souvenir des "amours splendides" était encore vif pour Rimbaud. Il
poursuit en décrivant ses vêtements usés, faisant écho au "Dormeur du Val", et se
comparant au PetitPoucet, un enfant abandonné, égrenant ses poèmes comme des
miettes. Rimbaud fait allusion à la Grande-Ourse, illustrant son sommeil à la belle
étoile avec une touche d'ironie populaire. Il personnifie les étoiles, les rendant
proches de lui et leur attribuant un son familier avec des allitérations et des
assonances. Les étoiles et la nature deviennent un refuge pour le poète, tel une mère
offrant protection .
2 ème mouvement: … dans une nature flamboyante vers 8 à la fin
• Le premier tercet débute avec une conjonction de coordination, introduisant le
poète dans un état d'écoute attentive de la nature, illustrée par le verbe à l'imparfait
"écoutais" et le participe passé "assis", évoquant l'immobilité. Rimbaud nous
transporte dans un instant suspendu où le son des étoiles devient perceptible.
Rimbaud évoque la fin de l'été, exprimant son affection pour ces soirées de
septembre. Les gouttes évoquées sont celles de la rosée, suggérées par l'enjambement
entre les vers, introduisant un phénomène naturel au vers suivant. Le dernier vers du
tercet évoque la rosée au début du jour, jouant avec les sens du mot "goutte" qui peut
également se rapporter à la sueur sur son front. Rimbaud compare poétiquement ces
gouttes de rosée au "vin de vigueur", rejetant ainsi la morale religieuse et suggérant
une synesthésie liée au goût du vin. Le dernier tercet témoigne de l'amour de
Rimbaud pour la poésie, transformant progressivement la nature en quelque chose de
mystérieux, notamment par l'évocation des "ombres". Rimbaud se réfère à la tradition
antique en comparant les ombres à des lyres, évoquant ainsi la figure d'Orphée. La
personnification des "pieds blessés" rappelle la douleur des longues heures de
marche, et la fin du sonnet se termine sans chute, renforçant ainsi sa modernité. Une
dernière exclamation exprime la joie ressentie par Rimbaud.
Dans ce poème, Rimbaud célèbre l’errance et le bonheur selon lui: celui du
bohémien. La nature offre au jeune homme une liberté physique et intellectuelle, qui
lui permet d’apprécier et de se libérer de la poésie traditionnelle en renouvelant les
exigences du sonnet. On retrouvera aussi cet émerveillement face à la nature des sens
dans Sensation, placé au début du recueil .