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Le Rapport Art-Artistes-Société Et La Sociologie de L'art: Jean-Guy Lacroix

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2024 23:51

Cahiers de recherche sociologique

Le rapport art-artistes-société et la sociologie de l’art


Jean-Guy Lacroix

Numéro 16, printemps 1991

Art, artistes et société

URI : [Link]
DOI : [Link]

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Éditeur(s)
Département de sociologie - Université du Québec à Montréal

ISSN
0831-1048 (imprimé)
1923-5771 (numérique)

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Citer ce document
Lacroix, J.-G. (1991). Le rapport art-artistes-société et la sociologie de l’art.
Cahiers de recherche sociologique, (16), 5–8. [Link]

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Cahiers de recherche sociologique, no 16, printemps 1991

Présentation
Le rapport art-artistes-société et
la sociologie de Tait

Jean-Guy LACROIX

Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l'augmentation du volume de


la production artistique, la croissance de la masse des artistes, la diversification des
activités artistiques et leur intégration à un nombre grandissant d'activités sociales
non seulement de loisir et d'éducation mais aussi de production (v.g. la mise à
contribution du design), le développement des institutions muséale et symphonique
et celui des industries culturelles, indiquent que les arts sont devenus une activité
sociale de premier plan. Non seulement jouent-ils un rôle de plus en plus
important dans le développement socioéconomique, mais ils sont intimement
intégrés au mouvement de reproduction du mode d'organisation sociale du
capitalisme dominant les sociétés contemporaines du début du 21e siècle.

Les arts ne constituent plus une activité ostentatoire, un luxe financé par
d'autres secteurs d'activités sociales. Ils ne sont plus d'emblée une activité
entièrement improductive... de capital. Ils deviennent eux aussi un champ de mise
en valeur et d'accroissement du capital. Toutefois, selon Becker, l'intégration des
arts au mouvement de valorisation monétaire des activités humaines provoque dans
le champ artistique une confusion complète entre la valeur proprement artistique et
la valeur financière1. Cette transformation indique donc que les arts occupent une
nouvelle place dans la dynamique des sociétés et que leur fonction sociale a changé,
bref, que le rapport entre l'art et la société a subi une modification structurelle qui
questionne la finalité même de l'art.

Dans ce processus, les artistes sont devenus de plus en plus importants et


nécessaires parce que le résultat de leur travail constitue le substrat, le support, le
motif, le prétexte, sans lequel la valorisation capitaliste de la production artistique
ne pourrait s'effectuer. Pourtant et paradoxalement, comme quelques enquêtes l'ont
montré, très peu d'artistes, sauf un très peut nombre de vedettes, ont "profité" de ce

1
H. S. Becker, "La distribution de l'art moderne", dans R. Moulin (dir.),
Sociologie de l'art, Paris, La Documentation française, 1986, p. 438.
6 Art, artistes et société

développement. Par ailleurs, la transformation de l'organisation du travail


artistique sous l'impact de l'industrialisation et de la marchandisation croissantes de
la culture et des arts révèle que le rapport entre l'art et les artistes a lui aussi subi
un changement de nature.

Les initiatives de développement culturel et artistique, les commissions


d'enquête concernant l'économie du domaine des arts autant que du statut des
artistes, les revendications des artistes concernant leur statut, la mise en place
d'organismes spécialisés d'animation (v.g. les Maisons de la culture) ou de
recherche (tel l'Institut québécois de recherche sur la culture), l'attention portée au
développement des industries culturelles par un nombre grandissant d'états, la tenue
de colloques et séminaires tant internationaux que nationaux sont autant
d'indicateurs que le rapport art-artistes-société est devenu une préoccupation
d'envergure sociétale et un objet majeur d'interrogation scientifique que la
sociologie n'a pas ignoré.

La sociologie de Fart

L'intérêt de la sociologie pour l'art n'est pas nouveau. Chamboredon et Menger


mentionnent, en introduction d'un numéro de la Revue française de sociologie, que
Marx, Durkheim et Weber avaient fait de l'art un objet d'étude sociologique
important2. Ce n'est toutefois ni l'antériorité ni "l'éternité" de la question, mais
bien le "fait social" de la nouvelle place de l'art dans le complexe des rapports
sociaux qui a suscité l'intérêt croissant des sociologues pour la problématique du
rapport art-artistes-société. Dans ce contexte, comme l'a déjà souligné Raymonde
Moulin3, la sociologie de l'art a gagné quelques galons. Pourtant, dans l'ensemble
des sociologies sectorielles ou régionales, elle n'occupe toujours qu'une place
quelque peu marginale, que Jean-Claude Chamboredon a qualifié de "(...) fort peu
cristallisée (...)"4« H était urgent de remédier à la chose et plusieurs chercheurs et
publications s'y sont déjà consacrés depuis quelques années. Le présent recueil
d'articles s'incrit dans la poursuite de cette réflexion et n'a comme seule prétention
que de fournir quelques contributions supplémentaires à la problématique du rapport
art-artistes-société.

En premier lieu, il nous a semblé nécessaire, afin de souligner la contribution


des artistes à la production de la société québécoise, de rendre hommage à quatre
grands artistes récemment décédés: le poète chansonnier Félix Leclerc, le peintre
Jean-Paul Mousseau, le comédien Jean Duceppe et le peintre Jean-Paul Lemieux.

2
J. C. Chamboredon et P.-M. Menger, "Présentation", Revue française de
sociolgie, vol. XXVII, no 3, juillet-septembre 1986, p. 363.
3
R. Moulin, "Introduction", Sociologie de l'art, op. cit., p. XIII.
4
J. C. Chamboredon, "Production symbolique et formes sociale. De la sociologie
de l'art et de la littérature à la sociologie de la culture", Revue française de
sociologie, op. cit., p. 505.
Présentation 7

La première contribution est de Raymonde Moulin. La directrice du Centre de


sociologie des arts de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris
identifie dans un premier temps les acteurs qui dirigent le marché de l'art
contemporain. Puis, dans un deuxième temps, elle montre comment les conserva-
teurs des musées d'art contemporain se situent à l'intersection des univers de l'art et
de l'économie et construisent leur pouvoir sur la maîtrise de l'information
concernant la valeur des créateurs.

La seconde contribution vient du directeur du CERP (Créations et Recherche


Pluridisciplinaire, Université Libre de Bruxelles). Le texte d'André Nayer porte sur
le statut de l'artiste et se penche sur la contradiction entre l'importance sociale du
travail des artistes et la précarité de leurs conditions de vie et de travail. Dans la
deuxième partie de son article, Nayer examine les paramètres dont il faudrait tenir
compte pour réformer véritablement et en profondeur le statut de l'artiste.

Nathalie Heinich, membre du Groupe de sociologie politique et morale de


l'École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris, s'intéresse de son côté aux
carrières artistiques. Elle démontre que dans l'actuel modèle de réussite artistique la
personnalité de l'artiste est aussi importante que l'œuvre, ce qui constitue une
désacralisation des œuvres et une sacralisation des créateurs.

Rose-Marie Arbour, du département d'histoire de l'art de l'Université du Québec


à Montréal, s'est donné comme objectif de dévoiler la fonction idéologique de l'art.
Pour ce faire, elle montre comment les sculptures de Claire Hogenkamp étaient
une critique de la féminité et de la masculinité construites à partir de l'imagerie
publicitaire et de la photographie commerciale.
Pierre-Michel Menger, directeur de recherche au Centre National de la
Recherche Scientifique (CNRS) et chargé de conférence à l'École des Hautes Études
en Sciences Sociales de Paris, s'est intéressé aux formes et procédures de la
valorisation des œuvres en comparant les créations musicales savantes aux
créations populaires. Il démontre commentTinstitution d'un patrimoine d'œuvres
classiques et l'action d'intermédiaires dont le rôle est de statuer sur la valeur des
œuvres contemporaines travaillent à lever l'incertitude sur la valeur et constituent
des mécanismes de socialisation durisqueartistique.

Intitulé "L'effet critique de l'art: qu'en savons-nous?", l'article de Francine


Couture, du département d'histoire de l'art de l'Université du Québec à Montréal,
s'attaque à l'épineuse question de l'effet de certaines œuvres sur les normes
artistiques en place. En analysant la réaction des critiques montréalais à un
ensemble de sculptures cinétiques soumis au public durant les années 1960, elle
révèle comment ces œuvres eurent un effet de rupture sur les modèles disponibles
d'évaluation.

Vera Zolberg, de la faculté des gradués de la New School for Social Research
de New York, a analysé les rapports entre les musées d'art contemporain et les
8 Art, artistes et société

artistes. Elle souligne que ces relations ont toujours été difficiles, mais qu'elles
sont caractérisées par des tensions particulièrement fortes quand les artistes
s'organisent en communauté s'engageant socialement sur la base d'une
identification sexuelle, raciale ou encore ethnique.
Finalement, Jean-Guy Lacroix s'est intéressé à l'idéologie d'artiste. Après avoir
précisé de quoi elle se constitue, il examine comment les écoles de formation en art
l'inocule et quelle est le rôle de cette idéologie dans la réalisation ou non de
l'autonomie de l'art.

Jean-Guy LACROIX
Département de sociologie
Université du Québec à Montréal

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