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Métropolisation : enjeux et inégalités globales

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La métropolisation dans le monde

Game of Thrones Saison 7 épisode 7 : 5:00-5:24 Jon


Snow et Tyrion Lannister
Métropolisation : processus de concentration de
populations, d’activités et de services dans des villes
de grande taille.
I) Les caractéristiques générales de la métropolisation :
A) Les métropoles : des espaces prospères, coeurs de
l’économie mondiale :
« Entassés là-dedans ! Qui pourrait vouloir vivre
ainsi ? » s’indigne Jon Snow, ce à quoi Tyrion Lannister
répond, qu’entre autres choses, « il y a plus de travail
en ville » . En effet, les métropoles concentrent les
richesses et les activités. Ainsi, certaines métropoles
d’envergure constituent les pierres angulaires de
l’économie de leur pays comme Séoul qui détient à elle
seule 47 % du PIB sud-coréen. Aujourd’hui, les 600
villes les plus peuplées du monde produisent 60 % de
la richesse mondiale.
Les métropoles disposent par ailleurs de quartiers
d’affaire (Central Business Districts en anglais) qui
sont les plaques tournantes de la finance d’un pays
comme le quartier de La Défense à Paris. La
domination des métropoles sur le reste du monde
n’est pas seulement économique ; elle est aussi
politique car celles-ci sont les sièges d’institutions
nationales et internationales d’envergure qui font des
métropoles de véritables centres de décision. Et cette
mainmise économique et politique est loin d’être sur
le déclin, bien au contraire, le pouvoir des métropoles
tend à être en constante croissance.
B) Des métropoles en croissance constante :
Historiquement, l’urbanisation s’est faite conjointement
avec l’invention de l’agriculture. Celle-ci a induit un
mode de vie sédentaire et une concentration des
activités en des lieux plus confinés qu’auparavant. La
première ville connue du monde est Jéricho en
Palestine qui aurait été fondée vers 9000 avant Jésus-
Christ et comptait 30 000 habitants à son apogée.
Depuis lors, ce processus de métropolisation s’est
nettement accéléré au point que Tokyo, la métropole la
plus peuplée du monde, compte aujourd’hui 37 000
000 d’habitants.
Un cap symbolique a été franchi en 2007, date à
laquelle la population urbaine mondiale a dépassé
celle des ruraux. Aujourd’hui, 55 % de la population
mondiale est urbaine, contre 10 % seulement en
1900. L’accélération du processus de métropolisation
est allé de pair avec les innovations scientifiques des
XIXème et XX ème siècles. Cette croissance des
grandes métropoles se fait au détriment des villes
moyennes et surtout des campagnes qui se vident
d’une partie de leurs habitants chaque année : ce
phénomène est appelé l’exode rural.
En plus de perdre des habitants, les campagnes
perdent également du terrain à cause de l’étalement
urbain. Chaque jour, les surfaces urbaines gagnent la
superficie de la ville de Paris au détriment du monde
rural. Et lorsque la croissance horizontale par
étalement urbain ne suffit plus, la croissance des
métropoles se fait verticale avec l’usage de gratte-
ciel ; le premier ayant été construit à Chicago au
début du XX ème siècle, le plus haut aujourd’hui
étant Burj Khalifa à Dubaï culminant à 828 m de haut.
C) Métropoles, inégalités et ségrégation :
La métropolisation est un processus mondial
différencié. Ainsi, le Nord économique a une
population à 80 % urbaine mais une croissance
urbaine de 0,5 % en moyenne tandis que les pays du
ou des Suds ont une population à majorité rurale
mais avec une croissance urbaine pouvant aller
jusqu’à 35 % en Inde, en Chine et dans la plupart des
pays d’Afrique. Les métropoles sont donc inégales
dans le monde mais inégale en leur sein même où de
profondes inégalités sont présentes.
Avec la gentrification urbaine (Cf chapitre 1848-1870 :
haussmanisme), le prix de l’immobilier a fortement
augmenté ce qui a exclu les populations pauvres de la
propriété en centre-ville. Les populations pauvres ont
donc été repoussées vers les marges de la ville, dans
les cas extrêmes dans des habitats informels : les
bidonvilles (Cf chapitre Chine : mingongs). Aujourd’hui,
40 % de la croissance urbaine se fait dans les
bidonvilles et 1,3 milliards de personnes dans le monde
y vivent. Afin de se démarquer des populations
pauvres, les propriétaires aisés peuvent se cloîtrer
dans des « gated communities » sécurisées, très
prisées dans des métropoles ségrégationnistes comme
Johannesburg.
II) La métropolisation : un processus mondial
différencié :
(vidéo the amazing spiderman 2)
A) Les métropoles prospères : cas d’étude : la mégalopolis
new-yorkaise :
New-York possède les grandes caractéristiques des
métropoles prospères. Sa mégalopole, comprenant une
aire urbaine s’étalant de Washington au Nord à Boston au
Sud, jouit d’un IDH moyen élevé : 0,91. New-York
concentre les populations puisqu’elle compte 8,4 millions
d’habitants mais aussi les richesses puisque de nombreux
lieux clefs pour le commerce et la finance comme Wall
Street mais de centres décisionnels importants comme le
Fonds Monétaire International (F.M.I). Le revers de la
médaille de cette concentration de population est la
congestion urbaine qui en découle.

La La Land scène d’exposition.
Afin de lutter contre ces pertes de temps en voiture, la
ville de New-York a investi dans son réseau de
transports (métro, autoroutes, rocades) afin de le
rendre plus fluide. Comme pour la plupart des grandes
villes du monde, le réseau de transport est dessiné en
étoile : les axes de transport convergent tous vers
New-York. En plus des problèmes de congestion
urbaine, de profondes inégalités sociales existent, dans
les grandes métropoles y compris riches comme New-
York. Ainsi, le salaire moyen par mois et par habitant
est de 6500 dollars à Manhattan contre moins de la
moitié au Bronx qui souffre par ailleurs d’une grande
insécurité.
« Du New Hampshire à la Virginie du Nord, et de la côte atlantique aux
pieds des Appalaches, s'étend une concentration urbaine et suburbaine
unique au monde, où se trouvent rassemblées cinq des plus grandes
villes américaines, Boston, New York, Philadelphie, Baltimore et
Washington. Cette Mégalopolis constitue en quelque sorte la grande rue
et le carrefour des États‑Unis. Elle représente seulement 1,8 % de la
surface des États‑Unis, mais 21 % de leur population [...]. Laboratoire de
la croissance urbaine, elle préfigure l'avenir de nos sociétés industrielles
modernes. Sa population [...] jouit d'un niveau de vie exceptionnel : dans
l'ensemble, c'est la plus riche, la mieux éduquée, logée et servie au
monde. Aucune autre région des États‑Unis n'a connu un tel peuplement.
Aucune n'eut dans le monde une telle importance, ni atteint un tel degré
de suprématie politique, économique et peut‑être même culturelle ».
Jean Gottmann
Revue française de science politique, 1963
B) Les métropoles des pays émergents : témoins de fortes
inégalités sociales : cas d’étude : Sao Paulo :
Si les inégalités sont importantes à New-York, elles sont d’autant
plus criantes dans des métropoles en développement comme à
Sao Paulo. L’IDH de Sao Paulo est de 0.75. Sao Paulo est la
métropole la plus peuplée du Brésil devant Rio de Janeiro et
Brasilia. Elle est passée de 1 million d’habitants en 1940 à 12
millions aujourd’hui. Mais cette croissance démographique
incontrôlée a un coût: il manque 400 000 logements à Sao Paulo
pour que des habitants qui ont pourtant les moyens de s’installer
en ville le fassent. Cette crise immobilière pousse les populations
les plus pauvres vers les favellas tandis que les plus riches se
tournent vers les alternatives proposées par le gouvernement
comme le programme Minha casa, minha vida.
C) Les métropoles des pays en voie de développement ou
non-développés : cas d’étude : Lagos :
Lagos quant à elle présente toutes les caractéristiques d’une
métropole encore en développement. Son IDH est faible :
0,53 ; elle compte 15,3 millions d’habitants dont 70 %
s’entassent dans des bidonvilles. La croissance urbaine y
est telle que, faute de place, les bidonvilles et les marchés
se déplacent sur l’eau, faute de mieux. Afin de gagner de la
place, certains riches promoteurs immobiliers financent
l’ensablement de la rive. Le taux de criminalité y est
extrêmement élevé, et la pollution omniprésente malgré la
faiblesse du secteur industriel car Lagos est un site
d’enfouissement de déchets métalliques, principalement le
plomb, ce qui pollue les nappes phréatiques. Malgré tout le
PIB moyen de Lagos est légèrement supérieur à celui qui est
observé ailleurs au Nigéria, raison pour laquelle la population
continue de s’y entasser.

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