Dysplasie rénale : diagnostic et imagerie
Dysplasie rénale : diagnostic et imagerie
RADIOLOGIE PEDIATRIQUE
F. AVNI, A. LAHOCHE
M. BLOUET, B. LELOUTRE
M. CASSART, F. AVNI
Apports des interactions et échanges entre Paris et Bruxelles. Exemples choisis autour des pathologies
Application de l’IA au diagnostic des maladies osseuses constitutionnelles (projet SUOG). ........................... 53
L’évolution de la dysplasie gléno-humérale dans la paralysie néonatale du plexus brachial après chirurgie
E. GRIMPREL
M. GUESMI
3
B. MOREL, A. FIEVET
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La dysplasie rénale sous toutes ses formes
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Les malformations des reins et des voies urinaires (CAKUT) représentent 20-30% des
malformations présentes à la naissance et leur prévalence se situe entre 3 et 7/ 1000
naissances. Elles causent 7% des insuffisances rénales terminales de l’adulte. Le spectre des
CAKUT est large ; parmi les anomalies représentées, l’hypoplasie et la dysplasie rénale
(souvent regroupées sous le vocable hypodysplasie) ont potentiellement comme
conséquence une importante altération de la fonction rénale.
Il est primordial de réaliser le diagnostic des dysplasies rénales afin d’éviter des
complications et des altérations fonctionnelles supplémentaires. Les biopsies systématiques
étant impossibles, l’imagerie (l’échographie première, cystographie, scintigraphie, IRM…)
représente depuis toujours une méthode alternative de diagnostic. Cependant, depuis de
nombreuses années, des controverses existent quant au diagnostic précis et aux prises en
charges optimales, ce d’autant que les dysplasies rénales peuvent faire partie de syndromes
polymalformatifs.
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syndromique, dysplasie rénale kystique obstructive, dysplasie associée au reflux vésico-
urétéral.
- À la question quel est pour vous l’aspect caractéristique d’un rein dysplasique
(plusieurs réponses possibles) ? 85% des participants ont répondu un petit rein
hyperéchogène, 32% un grand rein hyperéchogène, 80% un rein HE avec kystes.
- À la question quand demanderiez-vous une imagerie complémentaire ? 75% ont
répondu lorsque les 2 reins sont atteints alors que 53% ont répondu en cas d’un petit
rein unilatéral.
- A la question quel examen complémentaire réaliseriez-vous ? > 80% ont répondus une
cysto et un DMSA, seuls 16% ont répondu une IRM et 6% un CT scan.
- A la question demanderiez-vous un examen génétique en cas d’anomalie kystique
unilatérale ? 50% ont répondu non, 15% oui, 35% parfois; le demanderiez-vous en cas
d’antécédents familiaux 83% ont répondu oui.
- De manière unanime, quelle que soit la spécialité médicale des participants,
l’échographie représentait l’examen d’imagerie indispensable pour aborder les
dysplasies rénales et permettre d’orienter diagnostics et mise au point.
L’échographie est certainement l’examen clé ; ceci, cependant à condition de réaliser
un examen détaillé de l’écho-architecture rénale en utilisant des sondes de haute fréquence
en privilégiant autant que possible l’abord postérieur. L’examen doit comprendre la mesure
des reins (comparée à des abaques), l’évaluation de l’épaisseur du cortex, de l’échogénicité
du parenchyme et de la médullaire, de la différenciation C-M, de la présence de kystes, des
cavités rénales.
Bien entendu l’échographie doit s’intégrer dans la prise en charge globale des
patients. Ce d’autant que l’échographie n’évalue pas la fonction rénale. Cette évaluation est
du ressort de la biologie et de la scintigraphie (Potentiellement l’IRM).
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classification de Potter. Le parenchyme rénal est remplacé par de multiples kystes de taille
variable ne communiquant pas entre eux. L’origine causale est discutée et potentiellement
multiple: la mauvaise connexion entre le bourgeon urétéral et le blastème rénal, une
mauvaise re-canalisation de l’uretère, une interférence génétique dans le développement
rénal. La DRMK est le plus souvent unilatérale, Une DRMK bilatérale est létale.
Dans le suivi, l’attention doit être portée sur l’involution du rein dysplasique mais
aussi sur le caractère rassurant de l’hypertrophie compensatrice. Inversement, l’absence
d’hypertrophie doit questionner sur la fonction du rein controlatéral.
Contrairement aux publications anciennes, il a été démontré que la DRMK peut avoir
une transmission héréditaire.
La dysplasie rénale syndromique est un terme général qui recouvre des pathologies
rénales non isolées d’origine génétique entrant dans le cadre de syndromes
polymalformatifs variés. Le diagnostic différentiel entre les différents syndromes voire la
différentiation entre DRKS et DRMK sont parfois difficiles; ce sont les anomalies associées
qui permettent souvent d’obtenir le diagnostic final.
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Il faut noter que contrairement à la DRMK, les reins des DRKS sont souvent (en tous
les cas au moins partiellement) fonctionnels.
Des travaux récents mettent en avant la relation entre RVU et anomalies génétiques.
Ceci est confirmé par le fait que de nombreux syndromes peuvent inclure un RVU ( Bardet
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Biedl, Di George, Goldenhar, Townes Brocks…). Les uropathies en général et le RVU en
particulier, résulteraient d’une « interruption » de la ramification du bourgeon urétéral et de
la différentiation cellulaire. Des mutations des gènes PAX2, EYA1 ou encore SALL1 seraient
impliquées (entre autres).
Des controverses persistent et des confirmations doivent encore être apportées: tous
les reflux doivent-ils être détectés ? Faut-il demander une enquête génétique
systématique ? Faut-il examiner les fratries ?.
b. « Hypodysplasies » rénales
Comme indiqué au début de ce travail, les approches diagnostiques et de prise en
charge des dysplasies et des hypodysplasies rénales sont très variables suivant les équipes.
Une tentative de consensus a fait récemment l’objet d’une publication par Kohl S & al en
2022. Les auteurs ont tenté (sur base d’un consensus d’un groupe d’experts) de s’accorder
sur les critères pathologiques, cliniques, d’imagerie et de génétiques qui permettraient
d’optimiser tant l’approche diagnostique que la prise en charge.
Les auteurs proposent donc de différentier dysplasie d’hypoplasie rénale sur base de
l’échographie. Dans les deux cas les reins peuvent être petits; cependant, un rein
dysplasique se caractérise par l’absence d’une différentiation cortico-médullaire (DCM) alors
que cette DCM sera présente dans les hypoplasies. L’idée est de pouvoir vérifier l’hypothèse
que la présence d’une DCM à l’échographie serait un facteur de meilleur pronostic pour la
fonction rénale et son évolution au long cours.
Un arbre décisionnel (Tableau 1) est proposé utilisant comme point de départ comme
base l’échographie; cet arbre décisionnel attire l’attention sur les anomalies dont la
présence indique un risque accru d’évolution péjorative et qui nécessitent un suivi plus
rapproché (par ex. consultation 2x/ an). Il devrait servir de base aux corrélations
échographiques et cliniques et orienter les indications d’examens complémentaires.
À noter que les auteurs concluent qu’en l’absence de dilatation des voies urinaires, il
n’est pas nécessaire de réaliser une cystographie ni un examen scintigraphique. Ils estiment
enfin que des examens génétiques devraient être proposés dans des cas familiaux,
syndromiques ainsi qu’en cas de dysplasie bilatérale.
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Absence de DCM et/ou amincissement cortical diffus
OUI NON
Dysplasie Rénale
Taille < 2DS Taille nle Taille < 2DS << Nle
Taille
Unilatérale Bilatérale
<<< Kystes Bilatérale Unilatérale
Tableau 1 Arbre décisionnel pour l’approche des dysplasies et hypoplasies rénales basé
sur les présentations échographiques
Les cadres à traits interrompus indiquent les cas présentant un risque accru d’évolution vers
l’IRC. La taille du rein est évaluée sur base de la publication de Obrycki & al. (Les percentiles
2,5 et 97,5 correspondent à respectivement – ou + 2DS). La présentation d’une dilatation des
voies urinaires et les antécédents du patient sont des éléments additionnels qui doivent être
pris en compte.
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Références
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Obrycki L Sarnecki J Likosick M & al Kidneys lengths normative values in children aged 0-19
years : a multicenter study Pediatr Nephrol 2022;37 :1075-1085
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IMAGERIE DES INFECTIONS ORL EN PEDIATRIE
Blouet M., Leloutre B.
Introduction
Les infections ORL sont des affections très fréquentes en pédiatrie, d’expression
clinique variable selon l’âge, le plus souvent bénignes mais dont les complications
peuvent, dans de rares cas, mettre en jeu le pronostic vital.
Leur diagnostic est le plus souvent clinique, l’imagerie joue un rôle important pour
évaluer le siège et l’extension en profondeur d’un processus infectieux, rechercher
d’éventuelles complications loco-régionales (voire à distance) et guider rapidement la
prise en charge thérapeutique. L’analyse de l’imagerie en coupes nécessite une
bonne connaissance anatomique notamment des espaces cervicaux profonds ainsi
que des voies de dissémination de l’infection.
Adénopathies cervicales
* Adénopathies cervicales réactionnelles (adénite)
Elles sont très fréquentes dans la petite enfance, de diagnostic purement clinique, et
surviennent classiquement dans un contexte viral. Elles sont généralement
superficielles, latérales et postérieures. Si l’échographie est toutefois réalisée, elle
montre des ganglions ovalaires hypertrophiés, hypoéchogènes différenciés, avec un
hile graisseux, hypervascularisés et une infiltration hyperéchogène des tissues
graisseux adjacents.
* Adénophlegmon - abcès
Les adénopathies cervicales peuvent se surinfecter et évoluer vers des adénites
suppurées plus ou moins confluentes (adénophlegmon) voire vers une collection
liquidienne purulente organisée avec une coque fibro-inflammatoire (abcès). Les
signes cliniques (tuméfaction inflammatoire, douloureuse, flucutante ou indurée)
amènent à réaliser une échographie qui confirmera éventuellement le caractère
collecté et permettra de guider une ponction ou de réaliser un simple suivi.
* Adénopathies spécifiques
L’aspect clinique et échographique oriente parfois vers une étiologie précise,
notamment s’il s’agit d’une adénopathie isolée et trainante, parfois indurée, avec des
signes inflammatoires locaux et généraux peu marqués. Dans ce contexte, le contact
avec un chat est à rechercher (maladie des griffes du chat : Bartonellose). Il peut
s’agir aussi d’une adénite tuberculeuse ou à mycobactérie atypique, parfois
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compliquée d’un trajet fistuleux. L’échographie caractérise l’adénopathie qui est
souvent plus hétérogène, parfois avec un piqueté hyperéchogène.
* Diagnostics différentiels
Dans un contexte sub-fébrile, des adénopathies indolores, persistantes et nettement
hypoéchogènes doivent faire évoquer une maladie de Hodgkin, ou sa forme
nodulaire à prédominance lymphocytaire (paragranulome nodulaire de Poppema).
Infections rhino-pharyngées
* Phlegmon et abcès péri-amygdaliens
Ce sont des complications d’une angine qui concernent surtout l’adolescent. Ils
peuvent être responsables d’un trismus, d’une odynophagie, d’une dysphagie. Le
diagnostic est évoqué à l’examen endo-buccal. Si l’examen clinique est limité par le
trismus, si l’on suspecte une atteinte profonde ou en l’absence d’amélioration
clinique voire en cas d’aggravation clinique d’une angine sous traitement, un scanner
avec injection est justifié.
Dans le cas particulier d’une angine qui s’aggrave sous traitement au cours d’une
mononucléose infectieuse, on peut trouver de volumineuses amygdales
hétérogènes, parfois associées à un œdème sous-muqueux de la paroi pharyngée
postérieure qui régresse rapidement sous corticothérapie.
Un diagnostic différentiel à connaître est la surinfection d’un kyste du 2 ème arc
branchial.
* Suppurations rétro-pharyngées
Elles se développent à partir de ganglions situés dans l’espace rétro-pharyngé.
L’âge moyen de survenue est 3-4 ans (2/3 des cas avant 6 ans). Le torticolis fébrile
est un signe d’orientation majeur, le refus du décubitus dorsal est un signe de
gravité. Il existe souvent une AEG, une dysphagie, une odynophagie, parfois un
trismus et une hypersialorrhée. Le syndrome inflammatoire biologique est franc.
La radiographie de profil est peu contributive et n’a pas d’indication. Dans ce
contexte, l’épaississement des tissus mous pré-rachidiens n’est pas forcément en
rapport avec un abcès rétro-pharyngé mais peut simplement correspondre à une
suffusion oedémateuse pré-rachidienne (hypodense et non rehaussée après
injection en scanner), fréquente et qui ne doit pas être drainée. On retrouve
fréquemment une cyphose cervicale réactionnelle.
L’échographie réalisée par un opérateur expérimenté a une valeur d’alerte. En
positionnant correctement la sonde très latéralement elle peut repérer l’abcès rétro-
pharyngé qui siège en profondeur par rapport à l’axe jugulo-carotidien, à proximité du
rachis. L’échographie est parfois mise en défaut quand l’abcès est très haut situé
dans le cavum. Elle permet, si nécessaire, d’assurer le suivi lésionnel sous
traitement.
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Le scanner avec injection (protocole double imprégnation) est le gold standard pour
le diagnostic. L’IRM est en cours d’évaluation et est souvent moins disponible en
urgence. Sur l’imagerie en coupes, un abcès rétro-pharyngé refoule l’artère carotide
interne en dehors. Le scanner va aider à différencier, avec une spécificité de 71%,
une adénite inflammatoire, un adénophlegmon ou amas d’adénites suppurées (plage
ovalaire hypodense correspondant à la zone de nécrose purulente) et un abcès
(collection purulente hypodense avec une coque périphérique fibro-inflammatoire
rehaussée après injection). Il évalue le retentissement sur les voies aériennes
supérieures.
L’abcès rétro-pharyngé est une urgence thérapeutique. Le traitement médical
antibiotique seul est de plus en plus souvent privilégié. Le drainage chirurgical est
réservé aux abcès très volumineux (> 2-3 cm) ou mal tolérés. La compression des
voies aériennes est classique. Les autres complications sont très rares : thrombose
de la veine jugulaire interne VJI, syndrome de Grisel (torticolis par subluxation
atloïdo-axoïdienne), extension inférieure et postérieure de l’atteinte infectieuse.
* Diagnostics différentiels
Un torticolis fébrile peut être en rapport avec une spondylodiscite cervicale, une
arthrite C1-C2 ou encore une ostéite de la base du crâne.
* Entité particulière : le syndrome de Lemierre
Cette affection rare mais grave correspond à une septicémie qui complique une
infection ORL parfois passée inaperçue. Elle touche principalement l’adolescent et
l’adulte jeune. Le germe classiquement en cause est le Fusobactérium nécrophorum.
Ce syndrome est caractérisé par l’association d’une thrombose septique de la veine
jugulaire interne et d’emboles septiques (poumon, os, rein, foie). Il faut savoir y
penser devant tout sepsis d’origine inexpliquée.
Infections naso-sinusiennes
Ces infections varient selon l’âge du fait de la pneumatisation progressive des sinus
de la face chez l’enfant (Tableau 1). Pour interpréter correctement l’imagerie
sinusienne des enfants, le radiologue doit connaître cette séquence ainsi que
l’ossification progressive de l’étage antérieur de la base du crâne (-> 2 ans) et la
conversion progressive de la moelle osseuse hématopoïétique en moelle osseuse
graisseuse (-> 6-7 ans).
La radiographie des sinus n’est jamais indiquée chez l’enfant (guide du bon usage
des examens d’imagerie 2013).
Une imagerie en coupes (TDM ou IRM) n’est pas indiquée en cas de rhino-sinusite
aigue non compliquée, mais seulement face à une situation trainante, inhabituelle ou
un contexte spécifique (aspergillose, immunodépression, pré-greffe).
En dehors des ethmoïdites, les sinusites aigues de l’enfant sont rares avant l’âge de
5 ans.
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* Ethmoïdite aigue
Il s’agit d’une urgence thérapeutique qui touche le nourrisson (dès l’âge de 6 mois) et
le jeune enfant. Classiquement, l’enfant présente un œdème périorbitaire
(initialement palpébral supérieur) unilatéral fébrile. Des signes de gravité, parfois
difficiles à objectiver chez le jeune enfant, sont à rechercher : troubles oculomoteurs,
exophtalmie irréductible, baisse d’acuité visuelle, signes neurologiques. L’atteinte est
classée en 5 stades de gravité croissante (classification de Chandler, tableau 2)
L’enjeu de l’imagerie est de rechercher une éventuelle extension rétro-septale de
l’infection qui aggrave le pronostic et modifie la prise en charge thérapeutique. A cet
effet, en l’absence de signe de gravité, l’échographie peut être réalisée en 1°
intention en effectuant un examen comparatif à l’aide d’une sonde linéaire
positionnée à l’angle externe de l’orbite et réclinée en dedans. Elle ne fait pas le
diagnostic positif d’ethmoïdite, mais cherche une atteinte rétro-septale qui se traduit
par une collection hypo échogène, le long de la lame papyracée, refoulant en dehors
le muscle droit médial. L’exploration est toutefois parfois limitée, notamment dans la
région orbitaire supérieure.
En cas de signes cliniques de gravité et/ou d’atteinte chez le grand enfant (> 8 ans
dans notre centre), un scanner cérébral et facial, ou idéalement une IRM avec
injection, doit être réalisé d’emblée. Une imagerie en coupes est également
nécessaire en cas d’échographie non contributive ou en l’absence d’amélioration
clinique voire en cas d’aggravation clinique après 24h d’antibiothérapie. Elle permet
une analyse précise du comblement sinusien, de l’éventuelle atteinte orbitaire et
recherche surtout des complications intracrâniennes (empyème, abcès cérébral,
thrombose de la veine ophtalmique supérieure voire du sinus caverneux)
* Sinusites frontale et sphénoïdale
Elles touchent le grand enfant et l’adolescent.
En cas de céphalées fébriles avec apparition de signes neurologiques (troubles de
conscience, convulsions…), il faut savoir penser à une sinusite aigue compliquée et
réaliser en urgence un scanner ou une IRM cérébro-faciale avec injection à la
recherche de complications infectieuses neuro-méningées voire vasculaires.
Les germes retrouvés classiquement dans les sinusites sont Streptococcus
pneumoniae, Haemophilus influenzae, Moraxella catarrhalis. Staphylococcus aureus,
Streptococcus pyogenes et anaérobies (Fusobactérium nécrophorum) sont plus
fréquents dans les formes graves.
La sinusite frontale peut se compliquer d’empyème, d’abcès cérébral frontal voire de
thrombose du sinus longitudinal supérieur. Le « Pott’s puffy tumor » est une
complication qui associe une ostéite de l’os frontal avec ostéolyse en regard du
comblement sinusien, une collection épidurale frontale et un épaississement voire
une collection sous-périostée sous-cutanée frontale
La sinusite sphénoïdale est à risque de complication vasculaire (thrombose du sinus
caverneux ou atteinte carotidienne dans la loge caverneuse)
En l’absence de prise en charge adaptée rapide, l’évolution de ces sinusites aigues
compliquées d’atteinte encéphalique peut, dans de rares cas, être fatale.
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Infections des glandes salivaires
* Parotidite aigue :
Cette infection aigue de la parotide est le plus souvent d’origine virale, fréquemment
bilatérale (paramyxovirus : oreillons) chez l’enfant en âge (pré-)scolaire. Le
diagnostic est clinique en présence d’une tuméfaction pré-auriculaire douloureuse,
fébrile, parfois associée à une otalgie. L’échographie retrouve une glande
hypertrophiée, d’échostructure hyperéchogène, parfois hétérogène,
hypervascularisée en doppler couleur. Le traitement est alors symptomatique.
Beaucoup plus rarement, la parotidite peut être d’origine bactérienne (= parotidite
aigue suppurative, plus souvent à staphylocoque doré) chez le nouveau-né
prématuré ou chez le patient immuno-déprimé. Elle se manifeste par une tuméfaction
unilatérale inflammatoire, parfois associée à un écoulement purulent à l’orifice du
canal de Sténon L’aspect échographique est comparable avec, dans certains cas,
visualisation d’abcès parotidien hypoéchogène. Le traitement repose alors sur
l’antibiothérapie parfois associé à une ponction -drainage.
Dans les plus rares cas de collection parotidienne d’évolution insidieuse, sans
amélioration sous antibiothérapie et parfois compliquée d’une fistulisation cutanée, il
faut savoir penser à une atteinte tuberculeuse ou à mycobactéries atypiques.
Une poussée de parotidite aigue peut survenir dans un contexte de parotidite
chronique (notamment parotidite récurrente juvénile entre 2 et 15 ans, souvent
spontanément résolutive à la puberté). La parotide apparaît alors d’échostructure
hétérogène, pseudo-micronodulaire (zones focales anéchogènes correspondant à
des dilatations acinaires et zones focales échogènes en rapport avec du mucus au
sein de ces dilatations).
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Certaines formes « pseudo-solides » échogènes (à contenu épais) sont à différencier
d’une thyroïde ectopique en s’assurant de la présence de la glande thyroïde au sein
de sa loge. Le traitement repose sur l’exérèse chirurgicale (en raison du risque accru
de cancer : 2%).
* Vestiges branchiaux
L’absence d’involution des arcs branchiaux peut conduire à la formation de sinus,
fistule ou kyste qui peuvent se surinfecter. Les kystes du deuxième arc branchial sont
les plus fréquentes
- du 1° arc
Il représente moins de 10% des anomalies branchiales. Le diagnostic est le plus
souvent posé avant l’âge de 10 ans. Les présentations cliniques sont variables. Il
peut s’agir d’une tuméfaction péri-auriculaire molle et indolore à l’état quiescent,
devenant inflammatoire et douloureuse en cas de surinfection. Trois type de
manifestations cliniques sont alors retrouvées :
- otorrhée purulente avec un orifice fistuleux interne sur le plancher du conduit auditif
externe
- orifice fistuleux externe dans le triangle de Poncet (MAE, os hyoïde, mandibule).
- parotidite, avec masse kystique ou trajet fistuleux
En présence d’une tuméfaction, l’échographie retrouve un kyste simple anéchogène
ou bien un kyste à contenu épais voire un abcès en cas de surinfection. Il faut
toujours rechercher un trajet fistuleux vers le CAE.
Le bilan lésionnel peut être au mieux précisé à froid par une IRM (++ séquence T2
pour visualiser la fistule), qui précisera le rapport au nerf facial.
Les diagnostics différentiels peuvent être une ADP nécrotique, un lymphangiome
kystique ou une tumeur kystique parotidienne surinfectés.
- du 2° arc (3°)
C’est la plus fréquente des anomalies branchiales (95%). Il existe 2 pics de
fréquence : < 5 ans et 2°-3° décades. Il se traduit par une tuméfaction latéro-
cervicale rénitente, mobile, indolore qui peut devenir inflammatoire en cas de
surinfection. Il siège de façon caractéristique en dehors de l’axe jugulo-carotidien, en
avant et en dedans du muscle sterno-cléido-mastoïdien SCM et en arrière de la
glande sous-maxillaire. Il peut être bilatéral. On en décrit 4 types selon la localisation
précise. L’orifice fistuleux interne (inconstant) siège en arrière de la loge
amygdalienne. L’orifice fistuleux externe siège en regard du bord antérieur du SCM.
Il est difficile à différencier du kyste du 3° arc branchial, qui est beaucoup plus rare et
qui siège dans le triangle cervical postérieur ou en para-laryngé. L’orifice fistuleux
interne siège dans le sinus piriforme et l’orifice fistuleux externe est de même
topographie que celui du 2° arc.
- du 4° arc
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Cette anomalie branchiale est exceptionnelle (< 1-2%) et correspond au reliquat du
canal ultimo-branchial (entre le pharynx et le pôle supérieur de la para-thyroïde). Il
peut se manifester en période néonétale, par un détresse respiratoire suite à
l’expansion kystique brutale. Il faut savoir l’évoquer en cas d’infections ou d’abcès
thyroïdiens récidivants, notamment à gauche. En phase quiescente, l’échographie
peut retrouver un kyste accolé à la thyroïde. En cas de surinfection, l’aspect est celui
d’une hémi-thyroïdite avec un lobe thyroïdien hypertrophié, hétérogène, un placard
inflammatoire péri-thyroïdien voire un abcès. La présence d’air au sein de cette
lésion peut attester de la communication fistuleuse (inconstante) avec le fond du
sinus piriforme qui pourra être objectivée en endoscopie, et traitée par cautérisation.
Le bilan lésionnel loco-régional peut être précisé par une IRM.
Infections du rocher
* Otites
Les enfants sont sujets aux otites moyennes aigues (OMA) et aux otites séro-
muqueuses récidivantes qui peuvent justifier la pose d’aérateurs trans-tympaniques
dans la petite enfance. L’hypertrophie des végétations adénoïdes peut en être un
facteur favorisant. Toutefois, la radiographie du cavum de profil, classiquement
réalisée à la recherche de cette hypertrophie, n’a pas d’indication (selon le guide du
bon usage des examens d’imagerie médicale 2013). En effet, la fiabilité des mesures
radiographiques est discutable et la corrélation entre ces mesures et la nécessité
d’une adénoïdectomie n’est pas démontrée.
En cas d’otite chronique évolutive avec suppuration et examen otoscopique suspect
(poche de rétraction…), un scanner des rochers sans injection pourra être réalisé à
la recherche de signe direct (comblement tissulaire nodulaire de l’oreille moyenne)
ou indirects (ostéolyse, lyse ossiculaire) de cholestéatome.
* Mastoïdite aigue extériorisée
Cette infection mastoïdienne peut compliquer une OMA chez le nourrisson et le
jeune enfant (++ 6 mois-3 ans). Son incidence est faible depuis le traitement par
antibiotiques des OMA. Elle se traduit par une tuméfaction rétro-auriculaire,
soulevant le pavillon de l’oreille, associée à une otalgie fébrile. L’échographie peut
retrouver une collection rétro-auriculaire parfois en regard d’une solution de
continuité de la corticale osseuse. Un bilan lésionnel exhaustif par un scanner
cérébral et des rochers avec injection est nécessaire, notamment en cas de signes
neurologiques associés, de sepsis sévère et à visée pré-opératoire. Il recherche une
lyse osseuse (mastoïde, articulation temporo-mandibulaire, base du crâne), un abcès
sous-périosté et d’éventuelles complications intra-crâniennes (empyème, abcès
cérébral, thrombose veineuse des sinus sigmoïde/ latéral). Un empyème rétro-
mastoïdien peut parfois est difficile à différencier d’une thrombose du sinus latéral.
La mastoïdite de Bezold est une forme particulière de mastoïdite au cours de laquelle
l’atteinte osseuse induit une extension de l’infection vers les muscles digastrique et
SCM avec un risque d’atteinte vasculaire et médiastinale.
* Pétrosite ou apicite pétreuse
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C’est une complication rare d’une OMA ou d’une mastoïdite par extension du
processus infectieux à l’apex pétreux (surtout s’il est pneumatisé). Le scanner montre
un comblement diffus de l’apex pétreux associé à une ostéolyse plus ou moins
marquée. L’IRM avec injection met en évidence un net rehaussement inflammatoire
de l’ensemble de l’apex pétreux. Cette atteinte peut être responsable d’un syndrome
de Gradenigo qui associe une OMA, une névralgie faciale rétro-orbitaire et une
diplopie homolatérale par lésion des nerfs V et VI au niveau de la base du crâne.
* Diagnostics différentiels :
-Hystiocytose
-OMCR
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L’IRM corps entier permet de rechercher des atteintes asymptomatiques, et donc de
conforter le diagnostic dans les formes classiques, ce qui peut éviter des biopsies.
Plus fréquente chez la femme adulte, elle peut se rencontrer chez l’adolescente (la 1 ère
cause d’hyperthyroidie chez l’enfant reste la maladie de Basedow). Elle se manifeste
initialement par un goitre douloureux récent, de la fièvre, des signes inflammatoire
biologiques, et des signes d’hyperthyroïdie peuvent être présents : tachycardie,
tremblements, sueurs abondantes, douleurs musculaires. La compression qu’exerce
le goitre sur les structures adjacentes peut être responsable de troubles de la
déglutition ou d’une dysphagie.
L’échographie montre une volumineuse thyroïde avec des plages hypo échogènes mal
limitées, sa vascularisation va de faible à normale en Doppler couleur.
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23
Schéma 1 : Trajet de migration de la glande thyroïde
Sinus maxillaires : début de pneumatisation à partir de 18 mois, croissance lente de 4 à 8 ans, rapide
entre 8 et 12 ans
24
LES SYNDROMES DE PREDISPOSITION GENETIQUE AUX CANCERS
Liesbeth Cardoen1, Nayla Nicolas1, Franck Bourdeaut2, Marion Gauthier-Villars3, Fatoumata Simaga3, Hervé
Brisse1
Introduction
Le terme Syndrome de Prédisposition Génétique aux Cancers (SPC) est utilisé pour décrire
l’existence chez un individu d’un trait génétique constitutionnel (ou « germinal ») qui
augmente son risque de développer un cancer ou plusieurs cancers selon un spectre connu.
On estime que 10% des cancers pédiatriques surviennent dans un tel contexte de
prédisposition et sont donc associés à une altération génétique constitutionnelle pouvant
concerner d’autres apparentés[1-3].
Le terme de cancer « familial » est employé pour décrire un ensemble de cancers survenant
dans une même famille, par opposition aux cancers « sporadiques » qui constituent la
majorité des cancers observés. On rappelle néanmoins qu’une altération génétique
constitutionnelle (ou un variant pathogène) peut être héritée d’un parent mais aussi acquise
de novo (lors de l’embryogenèse), d’où parfois l’absence d’histoire familiale malgré la
présence chez un individu d’une altération constitutionnelle prouvée (c’est par exemple
fréquemment le cas chez les patients atteints de rétinoblastome bilatéral ou multifocal).
Les SPC peuvent être transmis sur un mode dominant ou récessif. Dans le mode dominant, il
peut s’agir d’une mutation activatrice de type gain de fonction au niveau d’un oncogène
(exemple des mutations constitutionnelles MET, RET, CDK4) ou d’une mutation inactivatrice
(perte de fonction) d’un gène suppresseur de tumeur (exemple de la mutation RB1 du
rétinoblastome héréditaire, selon le modèle de Knudson). Dans le modèle récessif, il s’agit
généralement d’une mutation inactivatrice sur les deux allèles (exemple des déficits de
réparation de l’ADN, fréquemment associés aux hémopathie malignes : CMMR-D, syndromes
de Bloom, Fanconi, Werner, Ataxie-Telangiectasie).
Ces altérations génétiques ont parfois une pénétrance incomplète, c’est-à-dire que le risque
tumoral peut être différent pour des individus d’une même famille, pourtant porteurs de la
même altération (la pénétrance étant la portion d'individus possédant un génotype donné qui
exprime le phénotype correspondant). Cette pénétrance incomplète est observée par
exemple pour les altérations de ALK et SUFU. Cette pénétrance est variable entre individus
mais aussi variable dans le temps pour un même individu, ce qui explique la survenue parfois
retardée de cancers à l’âge adulte, alors que l’altération génétique est présente dès la
naissance (exemple du syndrome de Lynch).
25
Lorsqu’une altération génétique prédisposante est identifiée, la question du dépistage
tumoral précoce se pose logiquement, chez l’adulte comme chez l’enfant. Néanmoins, le
bénéfice du dépistage est d’autant plus important que la probabilité de survenue d’un cancer
est élevée. Les études récentes chez l’enfant considèrent qu’il est légitime de mettre en place
un dépistage systématique lorsque le risque de cancer avant l’âge de 20 ans dépasse le seuil
de 5%[4]. Le bénéfice est incertain lorsque le risque est estimé entre 1 et 5% et la décision est
alors prise au cas par cas avec les familles. Le problème actuel reste néanmoins l’estimation
de ce risque tumoral, encore très difficile pour nombre de SPC par manque de données
épidémiologiques chez l’enfant.
Nous présentons de façon synthétique dans ce document les principaux SPC de l’enfant
associés aux tumeurs solides (cancers hématologiques non inclus) et le rôle de l’imagerie au
regard des recommandations actuelles de dépistage.
Certains types histologiques font aussi systématiquement suspecter un SPC, notamment les
formes anaplasiques de RMS, carcinomes des plexus choroïdes ou coricosurrénalomes
typiquement associés au syndrome de Li-Fraumeni, les hémangioblastomes typiquement
26
associés à la maladie de Von Hippel-Lindau, ou les glioblastomes à grandes cellules,
typiquement observés dans les CMMR-D et syndrome de Lynch
Parfois, c’est l’identification d’une altération génétique somatique (dans les cellules
tumorales) qui va faire suspecter un SPC au niveau constitutionnel (exemple : l’absence
d’altération de la béta-caténine dans une tumeur desmoïde peut être évocatrice d’une autre
activation de la voie WNT par la présence d’une altération constitutionnelle du gène APC). Il
en est de même pour des altérations tumorales de PHOX2B ou ALK dans les neuroblastomes
(néanmoins, on estime à 1% seulement la probabilité d’un variant ALK constitutionnel chez les
patients atteints de neuroblastome). En revanche, les tumeurs malignes liées à un transcrit de
fusion simple et identifiable au niveau somatique ne sont habituellement pas associées à un
SPC (exemple : sarcome d’Ewing et rhabdomyosarcome alvéolaire).
Dans toutes ces situations, les enfants et leurs parents sont adressés en consultation
d’oncogénétique assurée par un conseiller en génétique et/ou un médecin généticien. Si le
risque de SPC est réel, une recherche d’altération constitutionnelle sera proposée pour
l’enfant atteint et les apparentés. La stratégie de dépistage et de prévention sera ensuite
adaptée au cas par cas et associée à une prise en charge psychologique.
Les techniques exposant aux rayonnements ionisants doivent être évitées au maximum chez
l’enfant dont on connait la radiosensibilité élevée, mais d’autant plus chez les enfants dont le
SPC entraîne une hypersensibilité aux rayonnements, principalement les syndromes : LFS, RB1,
Gorlin, et les syndromes associés à une anomalie de réparation de l’ADN.
L’exploration des poumons, notamment chez les jeunes enfants porteurs d’une mutation
DICER1, reste une difficulté puisque celle-ci repose encore traditionnellement sur les rayons
X. La radiographie de thorax de face simple soit être privilégiée relativement au scanner. Celui-
ci peut néanmoins être employé en premier bilan de référence, et dans ce cas réalisé à la dose
la plus faible possible, en privilégiant les équipements les plus récents (avec détecteurs de
haute sensibilité et algorithmes de reconstruction itérative). L’emploi de l’IRM pulmonaire
avec des séquences adaptées à TE minimal (ZTE/UTE) serait une alternative intéressante si on
parvenait à confirmer que sa sensibilité est suffisante dans ces indications.
27
L’échographie doivent être privilégiée pour les explorations abdomino-pelviennes
(éventuellement en alternance avec l’IRM chez les patients nécessitant un suivi par IRM corps
entier) comme pour la thyroïde. Le suivi échographique pour le dépistage des tumeurs de
Wilms est par exemple une méthode régulièrement employée. Elle doit être adaptée au
risque, variable selon les SPC, maximum (50%) pour les syndromes WT1, variable pour le BWS,
en fonction des altérations génétiques causales (4 sous-groupes)[5, 6]. Compte tenu de la
rapidité de développement de cette tumeur embryonnaire, les échographies sont réalisés de
façon trimestrielles, au risque sinon de voir des formes symptomatiques dans l’intervalle.
L’échographie est également recommandée tous les 3 à 4 mois chez les enfants porteurs d’une
mutation P53 (LFS) pour le dépistage des corticosurrénalomes[7].
L’IRM est évidemment l’examen de choix pour les explorations du SNC et du système
musculo-squelettique. Les protocoles techniques IRM proposés dans la littérature sont
variables et ceux effectivement réalisés en routine sont encore très disparates. Les questions
traditionnelles soulevées par les IRM itératives chez l’enfant sont évidemment au premier plan
dans ces stratégies de dépistage. Les examens doivent être réalisés autant que faire se peut
sans AG ni sédation médicamenteuse, en employant tous les moyens classiques à disposition
(contention chez le nourrisson, IRM-jeu, hypnose…). Le temps d’exploration doit donc être
optimisé et par conséquent le nombre de séquences aussi. De même, les indications
d’injection de produit de contraste doivent être réduites au maximum.
Pour les IRM corps entier, le protocole pourrait ne comporter que des séquences STIR
coronales et axiales T2 +/- axiales DWI. La réalisation de séquences T1
complémentaires est proposée par certaines équipes pour réduire les faux-positifs sur
le squelette[9].
Pour le SNC, le dépistage pourrait être réalisé avec un examen court sans injection
associant a minima une séquence anatomiques T2 (3D autant que possible, +/- FLAIR)
et une séquence de diffusion. Une injection de PDC est parfois recommandée pour le
premier examen uniquement (qui sert de référence pour le suivi). Les IRM étant
recommandées avec une fréquence annuelle, l’alternance à 6 mois entre IRM
cérébrale et corps entier permet d’optimiser le dépistage.
Pour le sein chez la femme jeune, l’IRM et l’échographie sont les examens de
référence. L’IRM mammaire n’est recommandée chez la fille qu’après 18 ans en cas de
syndrome LFS.
Les limites de l’IRM corps entier en terme de sensibilité et de spécificité doivent être bien
connues :
Les faux négatifs sont possibles pour les lésions en bordure du champ de vue,
notamment sur les membres supérieurs et pour les lésions cutanées ou digestives. Les
séquences coronales manquent aussi de sensibilité pour la détection des lésions
costales, scapulaires, sternales et ganglionnaires de petite taille. Les séquences axiales
28
complémentaires sont donc recommandées[10]. Certains auteurs[9] recommandent
une double lecture systématique et l’emploi de comptes rendus structurés pour
optimiser la sensibilité.
Plusieurs études ont également rapporté un taux élevé de faux-positifs[11, 12]. La
présence de moelle rouge en abondance chez l’enfant, parfois hétérogène, est un
piège classique et peut être faussement interprété comme une infiltration tumorale.
Chez l’enfant sain, des hypersignaux T2 focaux sur la moelle osseuse sont
fréquemment observés sur le squelette, notamment sur le bassin[12]. La détection de
lésion bénignes telles que les angiomes hépatiques, les kystes rénaux ou thyroïdiens
peut également conduire à des explorations complémentaires stressantes pour les
familles.
Le bénéfice de l’IRM corps entier a essentiellement été étudiée chez les patients porteurs
d’une mutation constitutionnelle de TP53 (syndrome de Li-Fraumeni)[9, 13-16]. Chez l’enfant,
Anupindi et col. ont initialement rapporté sur une série de 24 patients une excellente valeur
prédictive négative (100%) et une faible VPP (25%)[11]. La série pédiatrique la plus récente de
l’équipe de Toronto[9] portait sur une cohorte de 31 patients et plus de 700 examens ; la
sensibilité et la spécificité de l’IRM étaient de 100% et 97% pour le dépistage des tumeurs
abdominales, 50% et 94% pour celles du SNC, et seulement 40% et 38% pour les lésions
musculo-squelettiques.
Conclusion
Les radiopédiatres seront de plus en plus sollicités dans les années à venir pour le suivi des
SPC identifiés chez les enfants atteints de cancer ou chez leurs apparentés. Des études
multicentriques seront nécessaires pour définir les meilleures stratégies d’imagerie à
employer, les meilleurs protocoles techniques en IRM et devront évaluer précisément le
rapport entre le bénéfice réel pour les patients, en termes de survie et qualité de vie, et le
coût du dépistage radiologique, incluant le coût financier mais aussi conséquences
psychologiques et la iatrogénie induite par les faux positifs du dépistage.
29
30
Annexes
SNC
Méningiome NF2
Schwannome Schwannomatose
Tête et cou
Rétinoblastome RB héréditaire
Thorax
Pleuropneumoblastome Sd DICER1
Abdomen
Cancer gastrique PAF, NF1, triade de Carney, NEM1, CMMR-D, Sd Lynch, LFS
31
Tumeurs colorectales PAF, CMMR-D, Sd Lynch
Tumeur de Wilms Syndromes WT1 (WAGR, Sd Deny-Drash, Sd Frasier), WT2 (BWS), Sd Simpson-Golabi-Behmel, Sd
Perlman, Fanconi D1 (BRCA2, PALB2), Sotos, BUB1, variants TRIM28 (Wilms épithélial)
Pelvis
SCCOHT (Small cell carcinoma of the ovary Sd de prédisposition aux tumeurs rhabdoïdes type 2
hypercalcemic type)
SN sympathique
Neuroblastome NB héréditaire (ALK), Sd hypoventilation central congénital (PHOX2B), RASopathie, BWS, Noonan
SN périphérique
Tissus mous
Rhabdomyosarcome LFS (hors pelvis), RASopathie (pelvis: Costello), Sd RB héréditaire, NF1, BWS, Sd DICER1, Sd Gorlin
Os
32
Gènes Transmi
Principales tumeurs solides associées Fréquence Signes cliniques associés Recommandations de dépistage en imagerie
impliqués ssion
Syndromes
phéochromocytome
corticosurrénalome
hémopathies malignes (NHL) taches café au lait et écho abdominopelvienne /6 mois à partir de 1 an
CMMR-D
MLH1, MSH2, hyper/hypopigmentation, anomalies
MSH6, PMS2 (bi AR cancers associés au syndrome de Lynch (digestifs) veineuses de développement,
Constitutional mismatch
allélique) agénésie du corps calleux, déficit
repair deficiency[18, 19] immunitaire
sarcome (os et tissus mous) IRM corps entier annuelle à partir de 6 ans
pilomatricome
33
cancer de la thyroïde écho thyroïdienne /3 ans à partir de 8 ans
pinéaloblastome
pas de dépistage systématique à l'étage crânien
blastome de l'hypophyse
adénome parathyroïdien 95
Néoplasie endocrine
MEN1 (11q13) AD hyperparathyroïdisme primaire
multiple, type 1[24]
TNE pancréatique 40-75 IRM abdominopelvienne annuelle à partir de 10 ans
34
TNE hypophysaire (prolactinome, GH-adénome) 30-55 IRM cérébrale /3 ans à partir de 5 ans
angiofibrome facial
lipome
collagénome
leiomyome
adénome parathyroïdien
neurofibrome plexiforme 30
autre gliome
MPNST
35
cancers du tractus gastro-intestinal, pancréas, sein
(âge adulte)
adénome hypophysaire
polypose intestinale
cancer colorectal
cancer de l'estomac
cancer du pancréas
fibrome de Gardner
ostéome
kyste épidermique
36
(syndromes de Cowden) malformation vasculaire, déficience
cancer du sein, de l'endomètre, colorectal,
intellectuelle/autisme
carcinome à cellules renales et mélanome (âge
adulte)
Lhermitte-Duclos
AT/RT
AT/RT
Syndrome de pas de dépistage systématique
prédisposition aux tumeur rhabdoïde
SMARCA4 AD N/A
tumeurs rhabdoïdes, type
2[23] carcinome non à petites cellules de l'ovaire
écho abdominopelvienne /6 mois
hypercalcémiant (SCCOHT)
rétinoblastome
mélanome
oncocytome
37
carcinome à cellules rénales IRM abdominopelvienne /1 à 3 ans
angiofibrome
fibrome unguéal
hamartome gingival
hamartome rétinal
tumeur neuro-endocrine
kyste rénal
kyste osseux
carcinome des cellules rénales 17-70 IRM abdominopelvienne annuelle à partir de 10 ans
phéochromocytome 10 à 25
kyst rénal 42
kyst pancréatique 21
38
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39
40
ÉCHANGES TRANSFRONTALIERS ET MULTICENTRIQUES: QUELLE BONNE
MANIERE DE PROGRESSER…. !
[Link]@[Link]
avnifreddy@[Link]
41
Les livres, les cours et les réunions (pluridisciplinaires) font progresser nos
connaissances et nous amènent à dépasser nos limites. Les échanges entre « collègues » sont
tout aussi importants, encore faut-il trouver les interlocuteurs non seulement compétents
mais qui ont en plus la générosité de partager. Il faut aussi avoir de la constance et de la
patience car les réponses aux interrogations n’arrivent pas toujours immédiatement. Enfin,
dans chaque domaine, quelle chance d’avoir un expert référent pour lequel chaque cas paraît
« simple ».
1. Néphrocalcinose
Une néphrocalcinose (NC) résulte de dépôts de cristaux d’oxalate (le + souvent) ou de
phosphate de calcium dans la lumière des tubules, au sein des cellules épithéliales des
tubules rénaux ou encore dans le tissu interstitiel. Ces dépôts surviennent à la suite d’un
défaut des mécanismes de rétention des cristaux. La NC peut éventuellement conduire à la
formation d’urolithiases mais représente une entité différente. La NC est un diagnostic
histologique, en particulier si les dépôts sont microscopiques, cependant, l’imagerie au
travers de l’échographie peut être très suggestive.
42
les formes mixtes, l’ensemble du rein apparaît (fortement) hyperéchogène sans
différentiation cortico-médullaire (DCM).
Ce sont les mises au point des NC médullaires qui sont les plus complexes; des
étiologies très différentes peuvent produire les mêmes images échographiques Il s’agit
d’investiguer les antécédents personnels et familiaux, la présence de maladies préexistantes;
vérifier l’âge de découverte, la prise de médicaments, la tension artérielle, les signes
fonctionnels urinaires et compléter si le contexte le nécessite, par des examens
génétiques.….Cette mise au point permet globalement de différentier trois groupes (les
groupes présentant une hypercalciurie avec (1) ou sans (2) hypercalcémie et le groupe
comprenant les cas sans hypercalciurie (3)). Dans chaque groupe, différentes étiologies
pourront être envisagées. Sans oublier qu’en fonction de l’âge, la liste des diagnostics
différentiels pourra varier. Dans ce cadre, il faut désormais envisager le diagnostic possible
d’une NC médullaire fœtale ainsi que ses diagnostics différentiels.
43
échographiques seront souvent identiques quelle que soit l’étiologie. Les mises au point
biologique et génétique ainsi que dans certains cas les malformations associées permettent
dans certains cas d’orienter vers un diagnostic précis.
Chez le grand enfant, deux diagnostics différentiels doivent être envisagés : la polykystose
rénale autosomique récessive (PKRAR) qui détermine un piqueté hyperéchogène diffus (lié à
la présence de microkystes et de dépôts de cristaux hyalins) ainsi que la drépanocytose.
Chez les patients drépanocytaires les pyramides apparaissent hyperéchogènes en rapport
potentiellement avec l’inflammation chronique et des ischémies médullaires.
Chez les enfants plus jeunes et en période néonatale d’autres diagnostics et d’autres
diagnostics différentiels doivent être envisagés. En terme de NC médullaire, il faut surtout
envisager le syndrome de Bartter néonatal ; il s’agit d’une maladie métabolique de
transmission autosomique récessive (4 types en fonction de la mutation (Type I – Gène
SLC12A1 – 15g15-21 (NKCC2) ; Type II – Gène KCNJ1 – 11q24-25 (ROMK) ; Type IV – Gène
BSND – 1p31 (+ surdité)). Le début des symptômes peut se situer déjà in utéro et se traduit
par hydramnios et un retard de croissance. Les naissances sont souvent prématurées.
L’hypercalciurie et une NC augmentant progressivement sont la règle. La gamme des
diagnostics différentiels d’une NC dans cette tranche d’âge est plus large que chez le grand
enfant (Tableau IV) et les examens complémentaires appropriés doivent être effectués en
fonction des données cliniques et des antécédents.
Les causes de NC corticale sont plus limitées. Une nécrose corticale doit être
envisagée dans les où l’ensemble du cortex apparaît hyperéchogène, aminci et
éventuellement calcifié (de manière diffuse). Il faut plutôt évoquer des séquelles de
44
thrombose de veine rénale, si les calcifications sont linéaires interlobaires et/ou
périvasculaires.
Une NC mixte (médullaire + corticale) correspond dans la plupart des cas à une
hyperoxalurie primitive de forme infantile. C’est une maladie autosomique récessive
résultant d’un défaut du métabolisme du glyoxalate (co-enzyme de la vitamine B6 dans les
peroxysomes hépatiques). Elle provoque une excrétion excessive d’oxalate de calcium. Il s’en
suit des dépôts d’oxalate rénaux dans différents organes dont les yeux et les reins. La greffe
hépato-rénale constitue à ce jour le seul traitement de cette maladie.
- Par exemple lors d’une transmission bi-allélique, une polykystose rénale autosomique
dominante(PKRAD) peut apparaître sous la forme de très gros reins présentant de
45
multiple microkystes qui suggèrent une polykystose rénale autosomique récessive
(PKRAR). Le pronostic de cette forme de PKRAD est plus péjoratif.
- Par ailleurs, dans une même famille porteuse de PKRAD, les reins d’un fœtus atteint
apparaitront soit sous la forme classique (cortex hyperéchogène, augmentation de la
DCM) soit sous une forme glomérulokystique (reins diffusément hyperéchogènes
avec des kystes sous capsulaires).
Les polykystoses héréditaires font partie intégrante des ciliopathies. L’atteinte multi-
organique est la règle. Plus particulièrement, les polykystoses autosomiques récessives et
dominantes présentent par définition une atteinte hépatique concomitante. Pour les PKRAR,
cette atteinte (de type fibrose hépatique progressive) s’exprime habituellement dans
l’enfance au-delà de 6 ans. Certains cas peuvent se déclarer plus précocement comme par
exemple l’association d’une polykystose et d’un syndrome de Caroli ; on peut citer
également, les kystes du cholédoque associés aux mutations HNF1β. Des complications liées
aux atteintes hépatiques (non détectées) peuvent survenir dans la petite enfance (! aux
septicémies).
A la naissance, une échographie de confirmation suffit sauf s’il existe une anomalie
du rein controlatéral (20% des cas) (SJPU ou RVU). Si des anomalies sont observées au
niveau du rein controlatéral, des examens complémentaires seront nécessaires
(cystographie, examens fonctionnels) en fonction du diagnostic suspecté. IL faut également
rester vigilant à l’hypertrophie compensatrice ; en son absence, une mauvaise fonction de ce
rein devra être envisagée.
La théorie qui prévaut quant à constitution des DRMK est celle du défaut de
connexion entre le bourgeon urétéral et le blastème métanéphritique. D’autres théories
sont rapportées dans la littérature, impliquant des mutations génétiques ou encore un
défaut de recanalisation de l’uretère durant l’embryogénèse. D’autres théories enfin,
insistent sur le développement concomitant d’une anomalie supérieure (la DRMK) mais aussi
inférieure de l’insertion de l’uretère. Cette insertion inférieure peut se faire soit de manière
ectopique dans le col vésical voire en extravésical (au niveau des vésicules séminales chez le
garçon, au niveau du col ou du vagin chez la fille) soit sous la forme d’une urétérocèle. Des
complications infectieuses sont possibles; de plus comme quelques néphrons peuvent quand
même être fonctionnels, un peu d’urine est produit et des fuites urinaires peuvent survenir,
surtout chez la petite fille.
Les DRMK peuvent se développer dans des reins dupliqués et des reins ectopiques.
Classiquement la DRMK se développe dans le pyélon supérieur et plus rarement dans le
pyélon inférieur. L’involution est la même que pour un rein simple. Une DRMK peuvent aussi
survenir dans un rein en fer à cheval ou dans un rein pelvien.
Les associations entre DRMK et anomalies des organes génitaux internes chez la fille
sont également classiques. De ce fait, lors de l’échographie de confirmation, il faut
absolument vérifier les organes génitaux. Dans ce cadre, il faut souligner l’association décrite
entre duplication utérine, hémivagin borgne et DRMK (ou agénésie rénale unilatérale)
homolatérale correspondant au syndrome de Herlyn Wunderlich.
Enfin, et contrairement à ce qui a été longtemps rapporté, la DRMK peut avoir une
transmission héréditaire dans 8-10 %% des cas. On peut signaler en particulier les cas
survenant dans le cadre des mutations HNF1β
47
4. Et ce n’est pas tout….
À suivre…..
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49
Tableau I Causes de néphrocalcinose en fonction de la biologie
- Hyperparathyroïdie primaire
- NEM type 1
- Sd de William et Beuren
- Trisomie 21
- Hypercalcémie et hypercalciurie familiale
- Sarcoïdose
- Malabsorption intestinale
- Hypothyroïdie
- Iatrogène : hypervit D, A, Ca²+
- Hypercalciurie idiopathiqe
- Hypercalciurie iatrogène
- Acidose tubulaire distale
- Sd Bartter
- Sd Dent
- Sd hypercalciurie hypomagnésie
- Sd hypocalcémie hypercalciurie
- Lepreschaunisme
- Furosémide, théophylline +/- corticoïdes
- Nutritions parentérales
- Régime cétogène
Absence d’hypercalciurie
- Oxalose
- Excès de minéralo-corticoïdes
- Hypokaliémie chronique ( Liddle, Hyperaldo, SAG)
- Nécrose corticale
- Thrombose ders veines rénales
- Nécrose papillaire
50
Tableau II NC avec hypercalciuries génétiques
- Acidose tubulaire distale
- Sd de Bartter
- Sd de Lowe
- Sd de Dent
- Hypomagnésémie familiale avec hypercalciurie et NC (FHHNC)
- Hypocalcémie AD (Mutation CaSR)
- Plus rarement: cystinose, Wilson, tyrosinémie I, pseudohypoaldostéronisme
51
52
Application de l’IA au diagnostic des maladies
osseuses constitutionnelles (projet SUOG).
F. DHOMBRES, B. BIRENE, C. GAREL
Les maladies osseuses constitutionnelles (MOC) constituent un groupe hétérogène de 461 maladies
rares comprenant des dysostoses osseuses et des ostéochondrodysplasies [1]. Elles représentent 18,4
% de toutes les anomalies congénitales entre 2011 et 2017 signalées aux registres européens
d'anomalies congénitales [Centre collaborateur de l'OMS pour la surveillance des anomalies
congénitales. Rapport de surveillance annuel. Rapports EUROCAT. 2020]. Le diagnostic exact de ces
maladies peut être réalisé dans moins de 50 % des cas par une échographie prénatale [2]. Outre le
diagnostic exact, il est essentiel d'établir le pronostic vital et fonctionnel le plus précis possible pour le
fœtus, afin de fournir un conseil prénatal approprié aux parents et d'orienter les investigations
génétiques.
Les données sur ces pathologies rares sont éparses et hétérogènes. Actuellement, aucun modèle ne
permet de représenter l’ensemble de ces pathologies (y compris leur phénotypes prénataux) pour en
assurer une caractérisation précise, indispensable au raisonnement médical et au développement de
méthodes d'aide au diagnostic en l'imagerie fœtale.
Nous avons développé un outil intelligent pour l’assistance des opérateurs en échographie, quelles
que soient ses compétences, et qui a été validé pour les grossesses précoces [3, 4]. Le projet Smart
Ultrasound in Obstetrics and Gynecology (SUOG) [5] étend cette approche aux anomalies fœtales, y
compris les troubles osseux. Cet assistant repose sur un raisonnement automatisé basé sur une base
de connaissances informatisée, validée par des experts et couplée à la reconnaissance d'images. Cet
assistant suggère à l'opérateur les vues échographiques à réaliser afin d'identifier les signes (ou
phénotypes) nécessaires au diagnostic, afin de lui proposer un protocole personnalisé d’acquisition et
d’interprétation d’images.
Nous présenterons lors de cet EPU les principes de conception de l’outil et les étapes et de sa
validation appliquée aux MOC.
La liste des pathologies osseuses couvertes a été établie à partir de la classification radiographique
pédiatrique décrite par Le Merrer [7]. Cette liste a été étendue pour inclure les maladies décrites dans
des ouvrages de référence [8, 9] et des ressources pédagogiques du Diplôme universitaire
d'échographie fœtale et du Diplôme universitaire de médecine fœtale [10].
53
Les signes ont d'abord été identifiés à partir des ouvrages de références [8, 9]. Dans un deuxième
temps, nous avons complété les signes manquants nécessaires à la description des pathologies, à partir
des données de la littérature après une recherche PubMed : « Skeletal dysplasia, Prenatal Diagnosis,
Osteochondrodysplasia, Ultrasonography, Ultrasound, Dysostosis » puis à partir de la Human
Phenotype Ontology (HPO) [[Link] pour chaque pathologie.
Pour chaque terme (et synonyme), une recherche manuelle a été utilisée pour enrichir ces annotations
avec des références externes aux codes OMIM (Online Mendelian Inheritance in Man), aux codes
ORDO (Orphanet Ontology of rare diseases), aux concepts du métathésaurus Unified Medical Language
System (UMLS), aux codes du thésaurus des Medical Subject Headings (MeSH) et aux codes du Genetic
and Rare Diseases Information Center (GARD).
La représentation formelle et explicite de ces concepts est réalisée dans un modèle sémantique
hiérarchique (une ontologie) comprenant des relations et des propriétés pour relier les signes, les vues
échographiques et les pathologies. La génération de l'ontologie du domaine des maladies osseuses
constitutionnelles sous une forme computationnelle, en langage OWL, a été réalisée à partir de
l'ensemble des données collectées manuellement (données tabulaires). L'ontologie résultante est
centrée sur les signes : toutes les connaissances représentées ont des relations avec eux.
L'ontologie résultante couvre 149 maladies osseuses constitutionnelles et 1903 signes échographiques
associés. Cette ontologie de domaine des MOC constitue une partie de l'ontologie SUOG.
La validation du système a été effectuée à la fois sur une sélection de cas de MOC adressés à un centre
expert prénatal et sur une série de cas de maladies osseuses prénatales rapportés dans la littérature
des 10 dernières années. La sélection des cas publiés a été effectuée par une revue de littérature des
publications de rapports de cas dans PubMed, entre janvier 2010 et décembre 2020 (cases reports
indexés par "pregnancy" et "ultrasound" et "bone disease", en anglais).
L’analyse des 26 cas de notre centre, correspondant aux 8 MOC les plus fréquentes, a montré que le
système a suggéré le bon diagnostic dans tous les cas. L’analyse des 100 cas prénataux de MOC
rapportés dans la littérature correspondait à 48 pathologies différentes. Le système a suggéré le bon
diagnostic dans plus de 90 % des cas, et il était unique dans plus de 50 % des cas.
Website : [Link].
54
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57
58
EVOLUTION DE LA DYSPLASIE GLENO-HUMERALE DANS LA PARALYSIE NEONATALE DU PLEXUS
BRACHIAL APRES CHIRURGIE DE REEQUILIBRAGE AXIAL.
Introduction : Les enfants souffrant d'un déficit des muscles rotateurs externes de l'épaule
séquellaire d’une paralysie néonatale du plexus brachial (PNPB) peuvent développer une
dysplasie gléno-humérale liée à l’asymétrie de la balance musculaire axiale, les rotateurs
internes d’épaule devenant prédominants. Les interventions chirurgicales de rééquilibrage
de l'épaule, notamment par transfert tendineux, apportent des améliorations fonctionnelles.
Cependant, l'influence de l'âge au moment de la chirurgie sur le remodelage ostéoarticulaire
reste incertaine. Le but de cette étude était d'évaluer l'impact de l'âge sur le remodelage
glénohuméral.
Matériel et Méthodes : Nous avons effectué une revue rétrospective des données d'imagerie
par résonance magnétique pré- et postopératoires des enfants ayant eu un transfert
tendineux pour réanimer la rotation externe active dans le cadre d'une PNPB. L'influence de
l'âge au moment de la chirurgie sur la version de la glène, la forme de la glène, le
pourcentage de la tête humérale antérieure (PHHA) à la ligne médiane de la glène, et la
déformation glénohumérale ont été analysés.
Discussion : Dans cette étude, nous avons mis en évidence l'influence de l'âge sur les
capacités de remodelage ostéoarticulaire, avec des différences moins importantes chez les
patients âgés de plus de 5 ans, et ce pour tous les critères IRM étudiés. Cette limite d'âge de
5 ans semble cohérente avec la littérature existante. Ces constatations se rapprochent des
remodelages des cotyles après traitement des dysplasies luxantes des hanches. Cette étude
doit néanmoins être considérée à la lumière de ses limites, notamment la taille relativement
faible de l'échantillon qui nous a empêché d'évaluer l'impact d'autres facteurs sur le
remodelage, comme la sévérité de la dysplasie initiale. De plus, les patients n'avaient pas
atteint la maturité osseuse au moment de l'évaluation finale, ce qui peut limiter nos
conclusions puisque le remodelage pouvait encore avoir lieu. Cependant, notre cohorte
semble cohérente avec les séries précédemment publiées.
Conclusion : Dans le cadre d'une dysplasie glénohumérale liée à une PNPB, le rééquilibrage
axial chirurgical de l'épaule permet un remodelage articulaire significatif sur l’ensemble des
paramètres IRM mesurés, à condition que le patient soit âgé de moins de 5 ans au moment
de l'intervention.
59
60
MENINGITE : QUAND ET POURQUOI DEMANDER UNE IMAGERIE ?
Emmanuel Grimprel
Sorbonne Université
S’agissant de processus morbides touchant également le système nerveux central que les méninges
enveloppent, la question de l’intérêt de l’imagerie (tomodensitométrie ou IRM essentiellement) pour
le diagnostic de lésions parenchymateuses et vasculaires et la prise en charge du patient est souvent
et légitimement posée.
Dans le cadre des méningites de nature néoplasique, l’imagerie est quasi systématiquement
demandée dans le cadre d’un bilan d’extension de la maladie, à visée à la fois pronostique et
thérapeutique.
Au cours des maladies inflammatoires touchant le système nerveux central, l’imagerie est également
souvent utile pour préciser le diagnostic lésionnel et participer au suivi évolutif.
Ces deux situations ne rentreront pas dans le périmètre de cette présentation qui se focalisera sur
l’indication de l’imagerie cérébrale au cours des méningites de nature infectieuse.
Les méningites infectieuses sont en pédiatrie le plus souvent d’origine virale (90%), en grande
majorité aujourd’hui dues aux divers entérovirus neurotropes épidémiques. Leur évolution est, sauf
exception, bénigne et l’imagerie cérébrale n’a quasiment aucune indication dans ce type de situation.
Les seules exceptions sont l’errance diagnostique, et surtout les infections gravissimes à certains
entérovirus (EV71) responsables de rhombencéphalites aiguës sévères et délabrantes du nourrisson
et du jeune enfant. Le second bémol concerne l’infection à herpès-virus simplex (1 et 2) qui réalise en
réalité non pas une « méningite » mais également ici une « encéphalite aiguë » dont le diagnostic est
principalement clinique. La réaction méningée n’est qu’accessoire tant au diagnostic (on parle alors
de « méningo-encéphalite ») qu’au pronostic. L’imagerie est par contre un élément clé du diagnostic
et du suivi évolutif de ces encéphalites qui ne sont pas non plus dans le périmètre de cette
présentation.
Revenant aux méningites infectieuses, c’est au cours des méningites bactériennes (et accessoirement
et beaucoup plus rarement, fongiques) que la question de l’indication d’une imagerie est le plus
souvent posée. Pour autant, l’imagerie est loin d’être systématiquement utile dans ce contexte et
l’on peut ainsi distinguer plusieurs situations au cours de la prise en charge du patient souffrant de
méningite bactérienne (confirmée ou supposée).
La première situation est celle d’une très forte suspicion clinique de méningite bactérienne mais pour
laquelle il existe certaines contre-indications neurologiques à la ponction lombaire comme
61
l’existence d’une importante hypertension intracrânienne clinique (avec risque d’engagement
cérébral secondaire à la ponction) et/ou une suspicion de processus expansif intra cérébral
(principalement devant des signes de localisation et/ou des crises épileptiques focales et récentes).
Le traitement antibiotique doit être instauré immédiatement et l’imagerie est un impératif préalable
avant de procéder secondairement (ou non) à la ponction lombaire.
Une fois le diagnostic de méningite bactérienne posé devant l’analyse du liquide cérébrospinal,
l’imagerie est loin d’être utile à la période initiale. Elle risque même d’être nuisible à la prise en
charge du patient qui nécessite des soins continus (antibiothérapie et sédation antalgique) et d’éviter
les gestes intempestifs et douloureux susceptibles d’aggraver l’instabilité hémodynamique
systémique et cérébrale et l’oedème cérébral qui auront un impact majeur sur l’évolution et les
séquelles. Deux exceptions toutefois à cette abstention d’imagerie en phase précoce :
- Un tableau clinique grave initial qui fait rechercher des complications précoces de type
hypertension intracrânienne massive ou accident vasculaire ischémique (qui nécessiteront
des mesures réanimatoires immédiates, spécifiques et adaptées) ;
- Une méningite puriforme aseptique (hors situation de méningite dite « décapitée) qui
impose de se poser la question d’un foyer infectieux péri-méningé comme par exemple un
empyème ou un abcès cérébral.
C’est ensuite au cours de la surveillance du patient sous traitement que pourra se poser dans un
second temps la question de l’imagerie. Lorsque l’évolution clinique est défavorable par rapport à ce
qui est généralement attendu (persistance de la fièvre, mauvaise récupération voire aggravation
neurologique) l’imagerie permet de diagnostiquer les principales complications infectieuses
(principalement les empyèmes) et vasculaires (thromboses). L’imagerie est ici indispensable car elle
conduit à des thérapeutiques spécifiques urgentes (drainage chirurgical, anticoagulation).
A la phase tardive de la prise en charge, lorsque l’infection est d’ailleurs guérie, l’imagerie a encore
certaines indications particulières comme :
Enfin, situation qui peut paraître incongrue, l’imagerie peut exceptionnellement « aider » à établir ou
infirmer rétrospectivement un diagnostic de méningite bactérienne. Deux exemples :
- La ponction lombaire n’a pas pu être effectuée et ne le peut toujours pas… Pourtant
l’antibiothérapie à dose méningée a clairement amélioré un état septique sévère sans
diagnostic établi, et la durée du traitement va dépendre du diagnostic final posé ;
- Une expertise est demandée par un juge au cours d’une procédure judiciaire autour d’un cas
de « bébé secoué » et l’avocat « dénialiste » propose en alternative l’hypothèse d’un
accident hémorragique ou infectieux à l’origine des lésions observées chez un nourrisson
décédé qui n’a pas pu avoir de ponction lombaire mais seulement des imageries cérébrales.
L’exercice est difficile car l’imagerie (y compris IRM) est dite « possiblement normale » au
cours des méningites bactériennes, ce qui peut toutefois paraître étonnant…
62
TRUCS ET ASTUCES POUR DEVENIR INCOLLABLE SUR L’IMAGERIE DU
CHOLESTÉATOME
Myriam GUESMI
Service d’imagerie pédiatrique, hôpitaux de Nice CHU-Lenval
I. DÉFINITIONS ET ÉPIDÉMIOLOGIE
Le cholestéatome est la plus dangereuse forme d’otite chronique. C’est une lésion bénigne
qui peut toutefois être localement invasive et dont le potentiel ostéolytique peut conduire à
de graves complications loco-régionales, voire plus rarement cérébro-méningées.
Chez l’enfant, cette lésion est plus agressive que chez l’adulte.
Le cholestéatome est défini par la présence de tissu épithélial malpighien kératinisant (centre
amorphe), entouré de tissu granulomateux inflammatoire (matrice active), au sein des cavités
tympano-mastoïdiennes, et plus rarement au sein du conduit auditif externe.
Il existe une prédominance masculine (ratio : 1,5-3G/1F) ainsi qu’un terrain familial
(pénétrance incomplète : possible intrication de facteurs génétiques et environnementaux).
Les patients porteurs d’une fente palatine présentent un risque 100 à 200 fois plus grand que
la population générale de développer un cholestéatome.
- le cholestéatome acquis qui peut toucher les enfants comme les adultes.
63
diagnostiques et d’une meilleure sensibilisation des professionnels de santé permettant un
diagnostic plus précoce (âge médian au diagnostic : 3 à 5 ans).
L’incidence de la forme acquise tend, quant à elle, à régresser grâce à une meilleure prise en
charge des pathologies otitiques de l’enfant.
II. ETIOPATHOGÉNIE
- théorie de l’hyperplasie des cellules basales : une réaction inflammatoire induirait une
prolifération papillaire (remplie de kératine) au sein des cellules de la couche basale de
l’épithélium de la pars flaccida avec envahissement secondaire de l’espace de Prussack.
Les états pré-cholestéatomeux font le lit de ces cholestéatomes acquis. Il est donc important
de les définir et de les identifier.
Ils correspondent à des otites chroniques associées à une poche de rétraction tympanique
évolutive à risque de transformation en cholestéatome.
Ces poches de rétraction siègent principalement en regard de la pars flaccida (de siège
postéro-supérieur).
64
- les poches de rétraction otorrhéiques (secondaires à une perforation tympanique),
- les poches de rétraction non contrôlables à l’otoscopie (fond de la poche invaginée vers
l’attique non visible en otoscopie: possible cholestéatome associé ?)
Dans la majorité des cas, le diagnostic de cholestéatome repose sur l’examen clinique.
1. Circonstances de découverte
Le cholestéatome acquis se développe généralement chez des patients ayant des antécédents
d’otites chroniques.
Les deux principaux symptômes pouvant le révéler sont une otorrhée purulente d’odeur fétide
résistante aux traitements antibiotiques et une hypoacousie de transmission d’évolution
progressive ou rapide.
D’autres symptômes plus rares doivent faire suspecter des complications du cholestéatome :
otorragie ou otorrhée de LCR, otalgie, acouphènes, vertiges, hypoacousie de perception,
paralysie faciale, céphalées…
65
2. Diagnostic otoscopique
Cet examen peut mettre en évidence une masse blanchâtre rétro-tympanique, une
perforation ou une poche de rétraction marginale laissant échapper des squames
épidermiques mêlés à du pus.
- otoscopie : masse blanchâtre en arrière d’une membrane tympanique intacte, pars tensa et
pars flaccida normales,
- par contre des antécédents d’otites moyennes ne permettent pas d’exclure le diagnostic
A. Technique
Le scanner des rochers est l’examen de référence dans l’exploration des rochers.
Une acquisition hélicoïdale sans injection est réalisée. A partir de coupes natives infra-
millimétriques, des reconstructions multiplanaires sont effectuées, notamment dans le plan
66
du canal semi-circulaire latéral (principal plan d’analyse) et dans d’autres plans adaptés aux
éléments à analyser (double obliquité possible).
Doté d’une haute résolution spatiale, le scanner permet d’analyser finement les différentes
structures du rocher.
a. Définition
Elles correspondent à un état inflammatoire chronique (> 3 mois) de la muqueuse des cavités
tympano-mastoïdiennes avec présence d’un épanchement au sein de la caisse du tympan,
sans signe d’infection aigue.
- persistance d’une surdité de transmission ou d’une surdité mixte après un traitement bien
conduit qui peut faire suspecter une anomalie congénitale ou acquise de la chaine ossiculaire ;
- aspiration de squames épidermiques lors d’une myringotomie pour pose d’aérateurs trans-
tympaniques ;
- fibrose et ostéosclérose des parois de la caisse (otite fibro-adhésive) : ponts osseux entre les
osselets et les parois de la caisse conduisant à une ankylose ;
- lyse ossiculaire : la longue apophyse de l’enclume est la structure ossiculaire la plus fragile ;
67
Certains aspects scannographiques post-opératoires des otites séro-muqueuses sont à
connaître :
Le cholestéatome est visualisé sous forme d’une masse tissulaire non calcifiée, nodulaire,
parfois polylobée, à bords convexes.
Le scanner peut mettre en évidence une lyse ossiculaire associée qui sera suspecte de
cholestéatome en cas d’atteinte de la tête du marteau, du corps de l’enclume et de la
superstructure de l’étrier. Une simple déminéralisation osseuse de la partie supérieure du
marteau et de l’enclume a la même valeur sémiologique qu’une lyse.
La comparaison avec le côté controlatéral permet de rechercher des zones d’ostéolyse des
parois, parfois minimes.
- le tegmen tympani
Il est parfois physiologiquement très aminci. En cas de suspicion de lyse, une IRM avec une
séquence coronale en coupes fines en pondération T2 est nécessaire pour rechercher une
méningo(-encéphalocèle), une extension intra-crânienne, une complication infectieuse
cérébro-méningée.
68
Cette atteinte est rare et tardive. Elle fait suspecter une fistule avec extension labyrinthique
du cholestéatome qui peut être objectivée en IRM sur une séquence en coupes fines infra-
millimétriques fortement pondérée en T2 (disparition du signal liquidien labyrinthique).
Cette coque est parfois physiologiquement très fine voire déhiscente ou difficile à visualiser
au contact d’un comblement diffus de la caisse du tympan. Sa lyse est donc difficile à affirmer.
Le chirurgien doit être avisé pour éviter de léser ce nerf dénudé.
- la mastoïde
L’aspect de « lissage » par destruction des fines cloisons est fréquent mais peu spécifique
(cavité antro-mastoïdienne unique)
Une thrombophlébite secondaire à un cholestéatome est très rare chez l’enfant mais nécessite
un complément d’exploration par une angio-IRM.
b. Bilan pré-opératoire
Il faut notamment préciser s’il existe une atteinte du rétro-tympanum (sinus tympani et
récessus du facial) qui correspond à une zone d’accès chirurgical difficile avec un risque plus
élevé de résiduel.
- l’anatomie de la mastoïde et notamment son degré de pneumatisation qui peut influer sur
la voie d’abord chirurgicale,
- les variantes anatomiques veineuses à risque chirurgical tels qu’un sinus sigmoïde très
antérieur et superficiel ou la procidence/déhiscence de la coque osseuse du golfe jugulaire à
la partie postéro-inférieure de la caisse du tympan.
69
c. Aspects particuliers
A. Indications
Elle est parfois réalisée en pré-opératoire car, à la différence du scanner, elle permet de
préciser l’extension et les limites d’un cholestéatome au sein de remaniements
inflammatoires adjacents.
B. Technique
Le protocole est standardisé et la durée de l’examen varie entre 15 et 20 mn (sur une IRM
1,5T).
La séquence essentielle à réaliser est la séquence de diffusion. Elle peut être réalisée dans les
plans axial et/ou coronal. Depuis plusieurs années, on utilise des séquences de diffusion non
echoplanar (non EPI) qui, contrairement aux séquences echoplanar, permettent de
s’affranchir des artéfacts de susceptibilité et de distorsion dus aux interfaces air-os et en
regard de la base du crâne.
Quand on utilise la séquence HASTE (Siemens), on réalise deux séquences de diffusion, une
avec un b0 et l’autre avec un b1000 (ou un b800) puis on établit une cartographie ADC.
70
Grâce aux améliorations techniques, ces séquences sont de plus en plus performantes (coupes
fines : 2-3 mm, meilleure résolution spatiale).
L’acquisition dans le plan coronal permet une meilleure évaluation du tegmen tympani et de
l’anatomie des cavités tympano-mastoïdiennes.
Ainsi, on réalise une séquence T1 SE en coupes fines (2 mm) dans le plan axial ou coronal,
voire une séquence T2 SE, et toujours une séquence 3D fortement pondérée en T2 en coupes
infra-millimétriques.
L’injection de gadolinium n’est plus nécessaire dans cette indication car il a été démontré
qu’elle n’augmente pas la précision diagnostique par rapport à l’utilisation de la séquence de
diffusion seule. En cas d’injection à visée diagnostique, la séquence T1 doit être réalisée à un
temps tardif (environ 45 mn après l’injection).
C. Aspects IRM
La séquence de diffusion repose sur le principe du mouvement brownien des molécules d’eau.
Ainsi, en IRM, en raison de son contenu en kératine au sein duquel les molécules d’eau ne
peuvent pas diffuser librement, le cholestéatome apparaît en franc hypersignal sur la
séquence de diffusion (b0 et b1000) et présente un ADC bas (restriction de la diffusion), à
l’inverse du tissu fibro-cicatriciel ou de la muqueuse inflammatoire.
D. Atouts de l’IRM
L’IRM est d’autant plus intéressante dans le suivi post-opératoire que l’examen otoscopique
est souvent limité, notamment chez l’enfant, en raison d’un greffon cartilagineux qui opacifie
le tympan. Elle permet notamment d’explorer des régions profondes non accessibles à
l’examen otoscopique.
71
La précision diagnostique de la diffusion pour la détection post-opératoire d’un
cholestéatome est similaire chez les enfants et chez les adultes.
L’apport du scanner dans le suivi post-opératoire est, quant à lui, limité en raison des
remaniements dus au geste chirurgical, parfois difficiles à distinguer de remaniements fibro-
inflammatoires et d’un éventuel cholestéatome résiduel ou récidivant.
Par ailleurs, l’IRM est intéressante pour le suivi au long cours car il s’agit d’une technique non
invasive qui est non irradiante et qui ne nécessite pas d’injection intra-veineuse de gadolinium
ni d’anesthésie générale. Dans notre centre, chez les jeunes enfants de moins de 3-4 ans, nous
avons recours à une sédation par administration en intra-rectal de Pentobarbital (5 mg/kg).
Dans certains centres pédiatriques, en cas d’exérèse chirurgicale initiale jugée complète, l’IRM
peut représenter une alternative au second look chirurgical systématique à 1 an (à Nice : IRM
de contrôle à 12-15 mois de la chirurgie initiale). Toutefois, dans ce cas, il faut se méfier des
patients perdus de vue.
E. Limites de l’IRM
A l’inverse du scanner, l’IRM ne permet pas d’analyser les structures osseuses et donc de
mettre en évidence des lyses osseuses et/ou ossiculaires.
a. Faux négatifs
Il faut connaître les limites de la diffusion notamment en termes de sensibilité avec des faux
négatifs principalement dus à l’absence de détection de très petits cholestéatomes (seuil de
détection : 2-3 mm) et ce malgré les améliorations techniques.
D’autres faux négatifs peuvent être dus à des cholestéatomes présentant une faible quantité
de kératine (absence d’hypersignal en diffusion) ou bien à des poches de rétraction vides
(auto-atticotomie, cholestéatome aspiré lors de l’otoscopie).
b. Faux positifs
Ainsi, certains hypersignaux diffusion peuvent être dus à du cérumen (parfois associé à un
ADC bas). Toutefois, l’aspect linéaire, « en rails » et la localisation dans le conduit auditif
externe, mieux visualisés sur la séquence T1, aident à redresser le diagnostic.
72
- du liquide protéique épais,
- un contenu purulent,
- du tissu graisseux
Les autres causes de faux positifs de la diffusion sont plus rares (artéfacts liés au matériel
dentaire, tympanosclérose, carcinome épidermoïde du conduit auditif externe).
Une concertation étroite entre le radiologue et le chirurgien ORL est tout à fait essentielle.
Ainsi, le radiologue doit être renseigné sur les données opératoires (type de chirurgie,
extension lésionnelle per-opératoire, matériaux utilisés, qualité de l’exérèse…).
Il doit également être avisé des symptômes du patient et des données de son examen
otoscopique concomitants de l’IRM post-opératoire.
En cas d’hypersignal diffusion, il faut toujours rechercher s’il est associé à un hypersignal T1,
non caractéristique d’un cholestéatome et qui pourrait correspondre à un granulome à
cholestérine, à du liquide protéique épais, à du tissu graisseux. L’analyse conjointe des
séquences T1 et de diffusion permet ainsi d’augmenter la spécificité de l’IRM dans la détection
d’un cholestéatome.
Certaines équipes ont recours à une technique de fusion des images de diffusion et des images
du scanner. En associant la forte spécificité de la diffusion pour le diagnostic de cholestéatome
à la haute résolution spatiale du scanner, cette technique permet d’évaluer au mieux la
topographie de la lésion au sein des cavités tympano-mastoïdiennes en précisant les rapports
anatomiques osseux. Elle aide le chirurgien à planifier et à ajuster son geste opératoire.
La réalisation d’une 1ère IRM de contrôle à plus d’un an de la chirurgie initiale pourrait
permettre d’augmenter la sensibilité de l’IRM dans la détection d’un cholestéatome résiduel
(diminution du nombre de faux négatifs correspondant à de très petites lésions résiduelles
73
sous-diagnostiquées car non détectables sur des IRM post-opératoires réalisées plus
précocement).
V. TRAITEMENT CHIRURGICAL
1. Buts
Le traitement d’un cholestéatome est exclusivement chirurgical et son but est triple :
2. Techniques
C’est une technique sûre et efficace qui permet de pallier aux contraintes de soin liées à une
large cavité d’exérèse et de diminuer le risque de récidive.
Ce comblement n’a pas de retentissement sur l’audition et permet une éventuelle reprise
chirurgicale.
74
Il est réalisé à l’aide de verre bioactif (sous forme de granules ou de pâte) qui est un matériau
synthétique, ostéoconducteur qui possède des propriétés antibactériennes.
1. Risque de récurrence
Dans les mois ou années qui suivent l’exérèse d’un cholestéatome, peut survenir une
« récurrence » cholestéatomateuse qui nécessitera une reprise chirurgicale.
Le risque de résiduel est plus fréquent chez l’enfant que chez l’adulte et d’autant plus fréquent
qu’il existe une atteinte de la chaine ossiculaire, du rétrotympanum et que l’exérèse
chirurgicale a été difficile et suboptimale.
Il y a trois fois plus de risque de cholestéatome résiduel suite à une technique chirurgicale
fermée (voie d’abord étroite) que suite à une technique ouverte.
La classification de Potsic (2002) est une classification pronostique qui permet d’établir une
corrélation entre le stade initial de la maladie et la probabilité d’un cholestéatome résiduel en
post-opératoire.
- stade I : atteinte isolée d’un seul quadrant tympanique sans atteinte ossiculaire ni
mastoïdienne
- stade II : atteinte de plusieurs quadrants sans atteinte ossiculaire ni mastoïdienne
- stade III : atteinte ossiculaire sans atteinte mastoïdienne
- stade IV : atteinte mastoïdienne
Le risque de résiduel varie entre 13% en cas de stade I et 67% en cas de stade IV.
La récidive cholestéatomateuse est plus rare. Elle se développe à partir d’une nouvelle poche
de rétraction ou d’une nouvelle perforation tympanique dont le diagnostic peut être posé par
l’examen otoscopique.
75
2. Suivi clinique et IRM
Toutefois, un suivi post-opératoire (clinique et IRM) prolongé, pendant au moins 5 ans, est
préconisé.
Il existe un consensus concernant l’imagerie pré-opératoire qui repose sur le scanner des
rochers.
Concernant le suivi post-opératoire, le 1er contrôle IRM est généralement réalisé à 18 mois.
Les 2/3 à 3/4 des équipes s’accordent sur la réalisation d’un suivi en IRM tous les 1 à 2 ans,
pendant au moins 5 ans, cette durée dépendant surtout de l’extension lésionnelle initiale.
Le scanner est réservé à certaines situations dans le suivi post-opératoire (baisse auditive,
importante extension lésionnelle initiale).
CONCLUSION
En raison de son potentiel d’agressivité locale, il est essentiel d’en poser le diagnostic
précocement afin d’améliorer le pronostic (moins de complications, geste chirurgical plus
limité, moins de risque de récurrence post-opératoire).
76
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Acta Otolaryngol. 2017;137(7):690-694
78
Un problème de vésicule ? Suivez le guide !
Introduction :
La synthèse de la bile débute dans le foie à partir de la 12 ème semaine d’aménorrhée, date à
laquelle la vésicule biliaire, le canal cystique et le cholédoque sont perméables, ceci
permettant l’écoulement de la bile dans le tube digestif (1).
La vésicule biliaire peut être visualisée en anténatal à partir de 14 ème -16ème semaine
d’aménorrhée. Il s’agit d’une structure elliptique à paroi échogène et à contenu anéchogène,
située sous le foie droit, à droite de la veine ombilicale. En période néonatale, sa longueur
reste inférieure à 3cm et son diamètre transverse inférieur à [Link] paroi est fine et régulière.
La prévalence de la lithiase biliaire est estimée entre 0,13 % et 2% des enfants âgés moins de
19 ans, intéressant la vésicule biliaire dans 80 à 90% des cas.
Bien que les anomalies vésiculaires soient diverses, il faut toujours garder en tête que l’atrésie
des voies biliaires doit être évoquée en premier lieu devant toute anomalie morphologique
vésiculaire et non seulement en l’absence de visualisation de vésicule.
79
Anomalie morphologique :
En échographie, réalisée après un jeun de 4h, la présence d’une vésicule biliaire de petite taille
ou l’absence de visualisation de vésicule, une vésicule à paroi irrégulière, une lumière
interrompue et une absence de vidange après tétée, constituent des éléments d’orientation.
La présence d’une vésicule biliaire normale ne permet pas toutefois d’exclure le diagnostic.
En raison de sa faible résolution spatiale, la cholangio IRM n’a pas un grand apport pour le
diagnostic.
Le gold standard reste l’opacification des voies biliaires, soit par cholécystographie per
cutanée si la vésicule biliaire est ponctionnable, sinon au bloc opératoire précédée d’une
biopsie hépatique avant une chirurgie de Kasaï. Le diagnostic est retenu devant l’absence de
reflux dans les voies biliaires intra hépatiques (2).
2. Adénomyomatose :
C’est une anomalie rare dans la population pédiatrique dont ‘étiopathogénie reste mal
connue. Il s’agit d’une anomalie bénigne acquise, due à une hypertrophie de la muqueuse de
la vésicule qui s’invagine au sein d’une musculeuse épaissie conduisant à la formation de
tractus sinusaux : sinus de Rokitansky-Aschoff (3).
Cliniquement, elle peut se manifester par des douleurs abdominales et des vomissements ou
être totalement asymptomatique (3).
80
En échographie, elle peut prendre une forme diffuse ou segmentaire, intéressant dans ce cas
le fond vésiculaire. Les signes évocateurs sont la présence d’un épaississement pariétal diffus
ou segmentaire, avec petites formations anéchogènes en son sein (sinus d’Aschoff dilatés),
des artéfacts en queue de comète au sein des sinus dilatés. Une association avec des lithiases
a été décrite.
L’IRM peut objectiver de multiples images liquidiennes au sein de la paroi vésiculaire épaissie
réalisant un aspect en collier de perles pour la forme diffuse.
C’est une dysplasie vésiculaire congénitale rare décrite commue une vésicule comportant plus
que 3 septa. Seize cas pédiatriques ont été décrits dans la littérature anglophone depuis 1963
jusqu’à ce jour. Plusieurs hypothèses ont été émises quant à son origine : la première étant
celle d’un défaut de maturation embryologique précoce avec vacuolisation incomplète du lit
vésiculaire. La deuxième étant celle d’un défaut de plissement vésiculaire avec une croissance
vésiculaire plus rapide que celle du lit vésiculaire. En anténatal, elle peut se traduire par
l’absence de visualisation de vésicule biliaire. Dans ce cas, l’atrésie des voies biliaires serait le
premier diagnostic à évoquer (4).
En échographie, elle réalise un aspect caractéristique en nid d’abeille, qui n’est toujours pas
évident. En cas de doute, une IRM avec injection intraveineuse de produit de contraste hépato
spécifique ou une scintigraphie biliaire permettent de confirmer le diagnostic.
4. Cholécystite aigue:
La forme la plus répandue est la forme lithiasique avec un calcul enclavé dans le collet
vésiculaire ou des micro calculs vésiculaires migrant dans le canal cystique et responsable
d’une obstruction aigue. Le traitement associé antibiothérapie et cholécystectomie.
81
Il existe également des formes alithiasiques, associées plus souvent à des infections (gastro
entérite, septicémie, pneumonie) ou des vascularites. La stase biliaire provoque une ischémie
focale et une inflammation pariétale. Selon certains auteurs, la forme alithiasique est plus
fréquente dans la population pédiatrique comptant entre 50 et 70% des cas (5). C’est la forme
observée surtout chez les enfants en réanimation, présentant également un sepsis, et qui sont
sous nutrition parentérale prolongée, favorisant ainsi une stase biliaire et une ischémie focale.
Anomalies de nombre :
1. Duplication :
Il s’agit d’une anomalie congénitale rare dont la prévalence est estimée à environ 1 /4000
patients .
Sa pathogénie est mal connue. Certains auteurs pensent qu’il s’agit d’un dédoublement du
bourgeon vésiculaire (6).
2. Agénésie :
C’est l’absence de vésicule biliaire associée ou non à l’absence du canal cystique. Elle serait
due à un défaut de développement du diverticule cystique ou de sa vascularisation. Une
82
origine génétique a été évoquée par certains auteurs (1). Cette entité peut s’intégrer dans un
syndrome malformatif associant des anomalies cardiovasculaires, génito urinaires, gastro
intestinales, pariétale abdominale et plus rarement du système nerveux central. Elle a été
rapportée dans le syndrome de Steinfeld (8), le syndrome d’Alagille (9), le syndrome
craniomicromélique (10) et la mucoviscidose.
La cholangio IRM permet de confirmer l’absence de vésicule biliaire et du canal cystique. Des
complications à type de lithiase de la voie biliaire principale ou de dilatation compensatrice
du cholédoque ont été rapportées.
Ce diagnostic ne doit être retenu qu’après avoir éliminé une éventuelle atrésie des voies
biliaires et les causes de vésicule non visualisée (mucoviscidose, hypothyroïdie).
Anomalie de position :
1. Ectopie vésiculaire
C’est une anomalie congénitale rare due à une migration inappropriée du bourgeon
cystique. Les localisations les plus fréquentes sont : sous le lobe gauche, inter hépato
diaphragmatique, inter hépato pariétale et rétro hépatique (7). Une vésicule ectopique
peut être visualisée en anténatal sur une coupe transversale de l’abdomen à gauche de la
veine ombilicale(1) .
Une association malformative est notée dans certains cas, à type d’agénésie du lobe droit
du foie ou une duplication de la voie biliaire principale.
Elle serait due à une anomalie de la migration entraînant un long mésocyste avec absence
de fixation vésiculaire à la face inférieure du foie (1).
Deux types de vésicule flottante ont été décrits (11) : Le type 1 avec une vésicule
totalement entourée par du péritoine, suspendue librement dans la cavité abdominale et
rattachée à la face inférieure du foie par le mésentère du canal cystique. Le type 2 : la
83
vésicule et le canal cystique présentent un mésentère propre, libre et mobile, le fond
vésiculaire étant dans le pelvis.
Anomalie du contenu :
1. Lithiase
La prévalence de la lithiase biliaire est estimée entre 0,13 % et 2% des enfants âgés moins de
19 ans.
Elle intéresse la vésicule biliaire dans 80 à 90% des cas, pour 10% au niveau de la voie biliaire
principale.
Chez l’enfant, elle est souvent due à une maladie chronique sous-jacente telle qu’une anémie
hémolytique, une mucoviscidose, nutrition parentérale prolongée, un syndrome de grêle
court. Une association a été décrite entre l’administration de Ceftriaxone et la formation de
lithiase vésiculaire(13).
Chez l’adolescent, tout comme chez l’adulte, elle est souvent de nature cholestérolique (14).
84
2. Polype
Il s’agit d’une entité rare chez les enfants. Les polypes sont classés en primitifs et secondaires.
Un polype primitif est formé en histologie par une prolifération adénomateuse, une
hyperplasie épithéliale, des hétérotopies gastriques ou encore un polype cholestérolique. Un
polype secondaire est associé à la leucomalacie métachromatique, à la maladie de Peutz
Jeghers ou à une anomalie de la jonction bilio pancréatique(12).
3. Cancer vésiculaire
Très rare dans la population pédiatrique, il résulte d’une dégénérescence d’un polype
adénomateux en un carcinome invasif. Le cancer de la vésicule biliaire est la tumeur maligne
la plus fréquente des vois biliaires caractérisée souvent par un retard diagnostic et corrélé à
un mauvais pronostic (16).
Conclusion :
Les anomalies vésiculaires sont diverses chez l’enfant, mais il faut toujours penser à l’atrésie
des voies biliaires en présence d’une vésicule de morphologie anomale, en l’absence de
vésicule ou même devant une vésicule normale dans un contexte évocateur. L’échographie
reste l’examen de première intention pour la pathologie vésiculaire, la cholangiographie
percutanée peut également présenter un apport diagnostic et thérapeutique.
85
GUIDE DIAGNOSTIQUE DEVANT UNE
ANOMALIE VESICULAIRE
86
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87
88
HISTIOCYTOSE LANGERHANSIENNE CHEZ L’ENFANT
I Définition
II Epidémiologie (1 et 2)
En France, avant l’âge de 15 ans, l’incidence annuelle de l’HL est d’environ 4,6 cas par million
d’enfants, soit environ 55 nouveaux cas par an, dont 10% de formes graves. (3)
Les cas prévalents sont environ de 600 pour la population pédiatrique française, constituée
de 11 millions d’enfants.
L’incidence est plus élevée chez les nourrissons et diminue avec l’âge.
III Etiologie
L’HL est une maladie acquise, sans cause vraie identifiée, mais survenant parfois après une
stimulation antigénique, comme une infection virale ou un vaccin.
Un seul facteur prédisposant est indiscutable : le tabagisme actif dans les formes
pulmonaires de l’adulte jeune. (4,5)
IV Physiopathologie
L’HL est une pathologie clonale de cellules macrophagiques, ayant les caractéristiques des
cellules de Langerhans en microscopie électronique et en immuno-histochimie.
89
Les cellules de Langerhans « normales » sont des cellules appartenant au système
monocytes-macrophages et sont normalement présentes au niveau de la peau.
Une mutation BRAF V600E est retrouvée de façon récurrente dans cette pathologie. (11-13)
BRAF est une kinase, participant à la voie de signalisation des MAP kinases. C’est une voie
essentielle pour la transmission des signaux de prolifération, de différenciation et de survie
cellulaire. Elle est retrouvée dans de nombreux cancers.
La mutation BRAF V600E et de façon plus large, la présence de mutations au sein de la voie
des MAP kinases est un fait maintenant acquis dans l’HL.
Cette prolifération s’associe à une accumulation de ces cellules dans les organes cibles.
En dépit de la clonalité de cette maladie, elle ne possède pas les caractéristiques classiques
d’un cancer ; habituellement, les lésions histiocytaires sont
L’identification de ces mutations présente un intérêt clinique car il a été montré que :
- la mutation BRAF V600E est corrélée aux formes sévères du nourrisson et aux
formes neuro-dégénératives. (14,15)
- cela pouvait constituer un biomarqueur moléculaire de suivi de l’activité de la
maladie dans le sang. (16)
- qu’elle constitue une voie thérapeutique, via les inhibiteurs de BRAF ou les
inhibiteurs de MEK (précurseur de BRAF dans la voie des MAP kinases)
- présentant une atteinte d’un organe à risque (foie, rate, moelle osseuse) ou une
atteinte sévère d’un autre organe (poumons, SNC…)
90
V Présentation clinique
L’HL est une maladie rare et très polymorphe, en raison des différents organes qu’elle peut
toucher.
La plupart des organes peuvent être atteints et les plus fréquents sont l’os (80%), la peau
(33%), l’hypophyse (25%).
D’autres organes peuvent être concernés comme le poumon, le foie, la rate et le système
hématopoïétique dans 15 % des cas, les ganglions dans 5 à 10% et le système nerveux
central (en dehors de l’hypophyse) dans 2 à 4% des cas. (18)
- maladie mono-systémique
- maladie multi-systémique, c’est-à-dire plus d’un organe atteint sans atteinte d’organe à
risque, ni atteinte pulmonaire
Selon la présentation clinique, des appellations différentes de la maladie sont utilisées dans
la littérature : granulome éosinophile, maladie de Hand-Schuller- Christian, maladie de
Letterer Siwe, maladie d’Hashimoto Prizker…
Les formes multi viscérales, les plus fréquentes chez les enfants de moins de 2 ans, sont les
formes les plus graves.
Actuellement, la mortalité de l’HL chez l’enfant est très faible, inférieure à 1%.
Des séquelles tardives sont néanmoins retrouvées dans 30 à 40% des cas ; il s’agit
d’insuffisance respiratoire chronique, d’insuffisance hépato-cellulaire, de cholangite
sclérosante, d’atteinte neuro-dégénérative, de surdité, d’atteinte hypophysaire…..
VI Diagnostic
Le diagnostic d’HL repose à la fois sur un contexte clinique compatible ET sur l’examen
histologique et immuno-histochimique.
Il s’agit :
- chez l’enfant, de l’association d’un diabète insipide et d’au moins une lacune osseuse
à l’emporte-pièce.
- chez l’adulte jeune, d’une atteinte pulmonaire exclusive, présentant des images
tomodensitométriques compatibles et en présence d’un tabagisme actif.
La règle reste donc le diagnostic histologique et aucun traitement par cytostatiques ne doit
être entrepris sans confirmation histologique. (17)
Lors d’un diagnostic d’HL, l’intérêt du bilan d’extension est de recueillir les éléments
nécessaires à la décision thérapeutique.
L’échographie abdominale ne pose pas de problème particulier, mais son intérêt est très
faible, en cas d’examen clinique normal et devant l’absence d’anomalie biologique.
Par contre, la réalisation de radiographies d’un squelette en totalité est contestée du fait de
son irradiation et de son intérêt diagnostique mais surtout thérapeutique modeste.
En effet,
Enfin, les lésions des membres sont plus souvent symptomatiques alors que les lésions du
rachis peuvent être asymptomatiques et pourtant présenter un risque fonctionnel et
motiver une prise en charge thérapeutique spécifique.
92
Ces considérations ont conduit à proposer de nouvelles stratégies en imagerie au
diagnostic d’une HL, confirmée en histologie. (17)
Ainsi, toutes les lésions symptomatiques doivent être explorées selon la modalité
d’imagerie la plus pertinente ET le bilan systématique peut être réalisé selon 2 modalités
différentes :
- Radiographies centrées sur le crâne (F et P), rachis en totalité (F et P), bassin de face et
thorax de face.
Le Pet scanner (FDG) apporte des informations sur l’extension de la maladie (23), mais il
n’est pas validé dans cette indication. Il n’apparait pas modifier la prise en charge des
patients, tout en étant par ailleurs irradiant.
Quant à l’IRM corps entier, elle non plus, n’est pas validée dans cette indication.
Pourtant, non irradiante, elle apparait tout à fait performante pour identifier les lésions
osseuses (24), mais elle pose essentiellement des difficultés organisationnelles. Il s’agit de
l’accessibilité à la machine, de la longueur de l’examen mais surtout de la nécessité du
recours à une anesthésie générale chez les enfants de moins de 5 ans, population la plus
fréquemment atteinte au cours de cette pathologie (âge médian : 3.5 ans).
93
IX Aspects radiologiques typiques des lésions osseuses
Dans 80% des HL, il existe une atteinte osseuse et dans 2/3 des cas, un seul os est atteint.
Tous les segments peuvent être touchés, mais l’atteinte des petits os des mains et des pieds
est exceptionnelle. (25)
Le crâne reste la localisation la plus fréquente, suivie par les os longs, les vertèbres, le bassin
et les côtes. (26-28)
L’aspect radiologique est très variable mais la lésion de granulome éosinophile correspond,
en général, à une plage d’ostéolyse, de type géographique, de siège médullaire, sans
matrice tumorale identifiable (un séquestre osseux à l’intérieur de la lésion est possible)
(29)
Les radiographies standard sont insuffisantes et une imagerie en coupes (IRM au mieux) est
indiquée.
L’extension aux parties molles est en général notable, plus volumineuse en extra qu’en
intracrânien.
Plage d’ostéolyse à bords nets, polycycliques, sans liseré d’ostéo-condensation. Il n’y a pas
de réaction périostée. L’atteinte des parties molles adjacentes est possible.
Diagnostic différentiel en cas de lésion unique : kyste dermoïde ou épidermoïde, mais celui-
ci est entouré d’un liseré d’ostéo-condensation et est situé de façon préférentielle au pied
d’une suture.
94
1.2 Orbite
L’atteinte isolée de l’orbite n’est pas prédictive d’une forme systémique ou d’une atteinte du
système nerveux central. (30)
1.3 Temporal
L’atteinte temporale est le plus souvent associée à d’autres localisations mais elle est
souvent révélatrice la maladie devant un tableau d’otites répétées ou chroniques.
Le diagnostic radiologique est difficile et il repose donc sur la TDM, qui montre une ostéolyse
extensive de la mastoïde, un comblement de la caisse du tympan, qui respecte le plus
souvent les osselets. L’atteinte de l’apex pétreux est rare.
Diagnostics différentiels :
- cholestéatome
- rhabdomyosarcome botryoïde du conduit auditif externe (rare +++), qui atteint plus
fréquemment l’apex pétreux et épargne la mastoïde.
1.4 Mandibule :
2. Os longs
L’atteinte histiocytaire peut siéger dans n’importe quelle partie de l’os, mais les atteintes
épiphysaires et corticales pures sont rares.
Dans cette localisation, tous les aspects radiologiques peuvent se voir. Cependant, au niveau
de la diaphyse, on rencontre plus souvent un aspect de tumeur agressive (plage d’ostéolyse
extensive à bords flous associée à une réaction cortico-périostée)
95
Au niveau de la métaphyse, un aspect particulier est à connaitre : la lyse métaphysaire juxta-
conjugale. Il s’agit d’une destruction de la plaque du cartilage de conjugaison, qui s’élargit et
qui s’étend à la métaphyse mais respecte l’épiphyse.
Diagnostics différentiels :
3. Rachis
L’atteinte rachidienne peut être retrouvée sous la forme d’un GE isolé comme sous une
forme diffuse de la maladie.
Les lésions sont, le plus souvent, localisées en cervical ou dorsal et touchent très rarement le
sacrum. (32)
Les signes fonctionnels sont variables (douleurs, contractures, scoliose…) mais l’absence de
signe neurologique est le plus souvent la règle chez l’enfant. (32) Une symptomatologie
médullaire ou radiculaire doit toujours faire discuter un autre diagnostic, en particulier une
pathologie maligne.
L’aspect typique correspond à la vertebra plana décrite par Calvé. Au début, il existe un
tassement vertébral antérieur avec un bord antérieur, qui devient convexe.
Au stade de la vertebra plana, le corps vertébral est réduit à une mince bande, aplatie de
quelques millimètres de hauteur et de densité accrue. Le bord antérieur dépasse de
l’alignement antérieur des corps vertébraux et la partie postérieure du corps garde une
certaine hauteur.
L’évolution se fait vers une restauration partielle de la hauteur du corps vertébral, qui prend
entre 1 et 4 ans.
D’autres aspects moins typiques peuvent se voir : tassement incomplet, asymétrique, lyse de
l’arc postérieur…
4. Bassin
L’os iliaque est l’os le plus souvent atteint avec une localisation très évocatrice au niveau du
rebord supra-cotyloïdien.
96
Les radiographies mettent en évidence une plage d’ostéolyse irrégulière, sans liséré d’ostéo-
condensation et dont les bords peuvent être nets ou flous. Une zone d’ostéo-condensation
au bord supérieur de l’ostéolyse est assez caractéristique de l’HL.
5. Côtes
Plage d’ostéolyse à bords nets, sans liseré d’ostéo-condensation, mais avec souvent une
réaction cortico-périostée uni ou pluri-lamellaire.
1. La peau
L’atteinte cutanée est fréquente chez le petit enfant. Le diagnostic est clinique et
histologique. Elle consiste le plus souvent en un rash prédominant au niveau du périnée et
des plis.
L’atteinte hépatique est fréquente dans les formes systémiques du petit enfant.
- une hépatosplénomégalie
3. Système lymphatique
Les localisations ganglionnaires sont possibles, plus fréquentes en cervico-médiastinal.
Dans les formes systémiques, l’atteinte du thymus est possible. Il apparait alors, augmenté
de volume, polylobé, pouvant être compressif.
97
On peut visualiser des kystes intra-thymiques mais aussi des calcifications (micro ou macro-
nodulaires) alors très évocatrices du diagnostic. (33)
4. Poumons
La réalisation systématique d’une radiographie thoracique fait partie des recommandations
internationales. (21)
Chez l’enfant, elle se rencontre préférentiellement dans les formes systémiques du petit
enfant.
L’aspect typique est celui d’un syndrome interstitiel avec présence de micronodules centro-
lobulaires (qui peuvent s’excaver) et de kystes.
Le diagnostic repose sur l’IRM avec de façon isolée, associée ou décalée dans le temps :
98
XI Prise en charge thérapeutique
De nos jours, 50 à 60 % des patients relèvent d’un traitement par voie générale. Ce
traitement initial est en général prescrit pour 12 mois et selon une stratégie thérapeutique
en 2 étapes. Le traitement de première ligne associe : corticoïdes, Vinblastine +/- Purinétol
®. En cas d’échec de ce traitement, il pourra être proposé en seconde ligne, soit une
thérapie ciblée soit un traitement associant :
2-Cda et Aracytine.
Les lésions osseuses relèvent en général d’une prise en charge orthopédique par
immobilisation (corset ou plâtre en fonction du site anatomique) associée à un traitement
symptomatique de la douleur, si besoin par antalgiques de pallier 2 ou par anti-
inflammatoires non stéroïdiens per os.
Il est recommandé de faire une surveillance en imagerie des lésions présentes au diagnostic,
selon la modalité d’imagerie la plus adaptée.
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101
102
PANORAMA DES PATHOLOGIES CEREBRALES NEONATALES
A. FIEVET, B. MOREL
1. Introduction
Le cerveau néonatal est en plein développement. La complexification de la giration cérébrale
se fait durant la période fœtale. A terme, elle est comparable à celle de l’adulte mais la
myélinisation du cerveau est évolutive et se termine vers l’âge de 2 ans [1]. La période
périnatale est à risque de souffrance cérébrale. Elle est également propice à la découverte de
malformation cérébrale et de pathologie métabolique. L’imagerie permet d’explorer ces
pathologies multiples.
2. Imageries
2.1. Échographie transfontanellaire
L’échographie transfontanellaire est l’examen de première intention pour l’exploration
cérébrale du nouveau-né car non irradiante, disponible et a un faible coût. L’abord se fait par
la fontanelle antérieure qui se ferme entre 9 et 15 mois. Deux sondes sont nécessaires : une
sonde microconvexe de 5 à 8 Mhz et une sonde de haute fréquence de 10 à 12 Mhz pour une
meilleure visualisation des espaces péri cérébraux et des zones superficielles du parenchyme
cérébral. Dix coupes sont recommandées, 5 coronales (sillons olfactifs, cornes frontales des
ventricules latéraux, 3e ventricule, carrefours ventriculaires, substance blanche pariéto-
occipitale), une sagittale médiane stricte et 4 parasagittales (passant par les ventricules
latéraux et la substance blanche latérale aux ventricules latéraux). Les premières anomalies
morphologiques détectées à l’ETF augmentent de façon significative lorsque l’âge
gestationnel diminue et sont hautement prédictives de la survenue d’anomalies sévères à la
sortie de l'hôpital [2].
2.2. Scanner
Le scanner est une imagerie irradiante. Son accès est facile et la réalisation de l’examen est
rapide. Elle n’est utilisée que dans les pathologies traumatiques ou les situations d’urgences
103
lorsque l’IRM n’est pas disponible. Le scanner peut être utile pour la recherche de calcification
cérébrale.
2.3. IRM
L’IRM cérébrale est l’examen le plus performant dans l’exploration des pathologies
néonatales. Son accessibilité est moindre et son coût est supérieur à celle des autres types
d’imageries. Elle nécessite l’immobilité de l’enfant soit par endormissement après la prise d’un
biberon pour le nouveau-né, soit par une sédation médicamenteuse.
2.3.1. Protocole
Le protocole de base comporte des séquences axiales T2 TSE, T1 EG, diffusion et de
susceptibilité magnétique. En fonction des indications, les séquences suivantes pourront
compléter l’examen : FLAIR (après l’âge de 2 ans), 3D TOF, spectroscopie…
104
2.3.4. Séquence de diffusion
Elle mesure à l’échelle microscopique le mouvement des molécules d’eau dans les tissus. C’est
la séquence qui permet la détection la plus précoce d’altération des tissus telle qu’une lésion
ischémique intra parenchymateuse cérébrale. Il y a une dynamique des modifications propres
aux nouveaux nés et aux prématurés. Elle dépend du degré de myélinisation. Cette séquence
est utilisée pour l’accident vasculaire cérébral ischémique à la phase hyper aiguë mais
également dans l’exploration de lésion tumorale ou abcès. Le gradient b1000 permet de
détecter l’anomalie, l’ADC (coefficient apparent de diffusion) permet de la caractériser. L’AVC
ischémique et l’abcès ont un ADC diminué à la différence d’une tumeur avec œdème
vasogénique dont l’ADC est augmenté.
105
d’échographie transfontanellaire. La classification de Papile décrivait initialement 4 stades [8].
L’hémorragie de grade 4, décrite initialement comme l’extension hémorragique
parenchymateuse de proximité d’un saignement intra ventriculaire, est en réalité un infarctus
hémorragique par thrombose veineuse rétrograde des veines de drainage de la substance
blanche, associée à une hémorragie de la matrice germinale ou intra ventriculaire [9, 10]. Cet
infarctus veineux (ou infarctus de Volpé) survient dans les premiers jours de vie, souvent en
région fronto-pariétale. Le volume de cet infarctus veineux est très variable et sans proportion
directe avec le grade de l’HIV fréquemment de grade 3. Le pronostic de l’infarctus veineux
hémorragique est fonction de l’étendue des lésions, de leur caractère uni ou bilatéral et de
l’état de la substance blanche restante. Il en existe donc 3 stades :
1. matrice germinale,
2. intra ventriculaire sans dilatation ventriculaire,
3. intra ventriculaire avec dilatation ventriculaire.
106
pronostic de la forme classique de leucomalacie, lié à la taille des lésions kystiques, leur
étendue et leur localisation par rapport au sillon central, n’est pas applicable au grand
prématuré [12].
107
latéraux, la disposition radiaire des sillons de la face médiale du cerveau, l’absence de visibilité
du cavum du septum pellucidum et un 3e ventricule ascensionné.
3.2.3. Holoprosencéphalie
L'holoprosencéphalie est une malformation précoce est de mauvais pronostic. Elle est due à
un arrêt précoce du clivage du prosencéphale en deux vésicules telencéphaliques et en
diencéphale. Elle peut être complète (holoprosencéphalie alobaire) ou partielle
(holoprosencéphalie semi lobaire ou lobaire). La forme lobaire se présente par une cavité
ventriculaire unique avec un plexus choroïde unique. Pour l’holoprosencéphalie semi lobaire,
il existe une ébauche de scissure interhémisphérique postérieure et une ébauche de
séparation hémisphérique cérébrale en regard des lobes pariétaux et occipitaux.
L'holoprosencéphalie lobaire est de diagnostic plus difficile, avec une absence de cavité
septale, une fusion des piliers du trigone et une partie antérieure du genou et du corps du
corps calleux non identifiable [19, 20]. Il s'y associe un trajet anormal au doppler couleur de
l'artère cérébrale antérieure.
108
Une mégagrande citerne est une augmentation des espaces liquidiens rétrocérébelleux sans
ascension de l'insertion de la tente du cervelet, ce qui le différencie avec le kyste arachnoïdien
rétrocérébelleux.
Une poche de Blake persistante est une dilatation kystique du 4e ventricule, surélevant le
vermis morphologiquement normal à la différence de la malformation de Dandy Walker [21].
Le rhombencéphalosynapsis est une fusion des hémisphères cérébelleux avec une absence de
vermis. Le diamètre transverse du cervelet est de petite taille avec une absence de
l’indentation postéromédiane habituelle et un passage en pont des folia d’un hémisphère à
l’autre. Une dilatation triventriculaire d’amont est souvent associée en raison d’une sténose
de l’acqueduc associée.
L’hypoplasie d’un hemisphère cerebelleux doit faire rechercher un syndrome PHACES [22].
4. Infections cérébrales
Elles peuvent être congénitales ou acquise.
109
des plages en hypersignal T2 à l’IRM avec un risque d’évolution en cavitation sous forme
d’association de plusieurs formations kystiques. La ventriculite est fréquemment observé sous
forme d’une hyperéchogénicité de la paroi ventriculaire à l’échographie. Le risque
d’hémorragie intra ventriculaire est augmenté. Un abcès intra parenchymateux peut se
développer. Il se présente à l’échographie sous forme d’une image nodulaire hypoéchogène
entouré d’une paroi hyperéchogène se traduisant à l’IRM comme une image en cocarde avec
rehaussement pariétal.
Certains germes ont une rapidité d’évolution et un pronostic très défavorable, comme le
Bacillus cereus [24]. En 48h, peut se développer une méningoencéphalite avec un œdème
cérébral majeur à type d’effacement des sillons corticaux. Il apparaît concomitamment une
hyperéchogénicité en plage de l'ensemble de la substance blanche périventriculaire avec
certaines plus marquées qui sont confluentes associée à des cavitations liquidiennes de la
substance blanche. À distance, la destruction du parenchyme cérébral forme de larges cavités
porencéphaliques à l’étage supratentoriel.
6. Pathologies métaboliques
Le tableau neurologique néonatal peut être grave, sous forme d’un coma, d’une hypotonie
axiale marquée, de convulsions. Les circonstances évocatrices sont la consanguinité, un
intervalle libre, l’apparition de symptômes lors d’un changement de régime ou encore des
odeurs inhabituelles (sirop d’érable, odeurs de pieds en sueurs…). Devant une IRM cérébrale
sans signe majeur de lésion hypoxo-ischémique doit faire rechercher une maladie
métabolique sous-jacente. La leucodystrophie est une anomalie de la substance blanche par
110
erreur innée du métabolisme ou de la structure de la myéline. Les maladies métaboliques sont
très nombreuses et variées. Certaines se manifeste dès la période anté/périnatale, d’autres
sont de présentation plus tardive dans l’enfance [27].
111
7. Conclusion
Les pathologies cérébrales néonatales sont nombreuses. Le premier mois de vie est à risque
de souffrance cérébrale, majoré en cas de prématurité. Le diagnostic de malformation
cérébrale et de maladie métabolique est propice en période néonatale, dont la modalité de
référence privilégiée est l’IRM cérébrale.
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114
ÉCHOGRAPHIE PULMONAIRE NEONATALE
Catherine Sembély, Asma Chichti, Delphine Mitanchez, Baptiste Morel
1. Introduction
115
2.2.1. Mouvement pleuropulmonaire normal
Mouvement de va-et-vient de la plèvre viscérale contre la paroi thoracique en fonction des
mouvements respiratoires. En mode M, ce mouvement apparaît comme le signe de la plage
«seashore sign ».
2.2.2. Ligne A :
Cet artéfact de répétition (réverbération des échos ultrasonores) correspond à
des lignes horizontales hyperéchogènes parallèles à la ligne pleurale (Figure 1).
2.2.3. Lignes B :
Il s'agit d'artefacts correspondant à des images linéaires hyperéchogènes
perpendiculaires à la surface de la plèvre, mobiles avec les mouvements respiratoires
(Figure 1). Elles ne s’atténuent pas avec la profondeur et effacent les lignes A. Ces
lignes peuvent être considérées comme normales lors des 48 premières heures après
la naissance. Un nombre supérieur à 3 par espace intercostal est considéré comme
pathologique. La présence de lignes B représente le plus souvent une accumulation de
liquide interstitiel, rarement une cicatrice pleurale.
Figure 1 : nouveau-né de 34 SA pris en charge pour une encéphalopathie anoxo-ischémique sévère. Poumons
normaux avec présence de lignes A physiologiques et B en nombre limité, non coalescentes.
116
3.1. Maladie des membranes hyalines
La maladie des membranes hyalines (MMH) touche le plus souvent les prématurés en raison
d’une immaturité pulmonaire. L’échographie pulmonaire pourrait apprécier le degré de
nécessité de recourir à l’instillation de surfactant, en particulier chez les prématurés de moins
de 33 SA sous ventilation non invasive [4, 5]. En effet, le score LUS (Lung Ultrasound Score) de
gravité croissante obtenu allant de 0 (lignes A uniquement), 1 (présence de 3 lignes B,
espacées), 2 (lignes B coalescentes, donnant une échogénicité diffuse, avec ou sans
atélectasie, Figure 2) et 3 (atélectasies étendues, Figure 3) déterminé dans les trois zones
respectives de chaque poumon (latérale, antéro-supérieure et antéro-inférieure), est corrélé
aux besoins en oxygène chez le nouveau-né à terme ou prématuré et a une bonne prédiction
de l’administration de surfactant chez les nouveau-nés de moins de 34 SA [4].
Figure 2 : naissance prématurée à 27 SA, compliquée de maladie des membranes hyalines. Lignes B
coalescentes (flèches blanches) avec début d’atélectasie (tête de flèche).
Figure 3 : naissance prématurée à 27 SA, compliquée de maladie des membranes hyalines. Atélectasie lobaire
supérieure droite (flèche). Visibilité du thymus (T).
117
3.2. Détresse respiratoire transitoire néonatale
3.3. Bronchodysplasie
3.4. Pneumothorax
118
Figure 4 : naissance à 37 SA d’un nouveau-né atteint d’atrésie de l’œsophage opérée. Pneumothorax droit
drainé. Artefact lié au pneumothorax visible sous la forme de lignes A (étoiles blanches), sans mouvement
visible en mode TM (lignes parallèles, flèches blanches).
3.5. Pneumopathie
119
3.6. Épanchement pleural
Un épanchement liquidien pleural est aisément diagnostiqué par la présence d’une image
anéchogène ou hypoéchogène, déclive, mobile avec les mouvements respiratoires (Figure 5).
De fines cloisons échogènes peuvent être présentes selon la nature de l’épanchement
liquidien. Les radiologues ont l’habitude d’étudier la topographie et de quantifier l’importance
de ces épanchements.
3.7. Atélectasie
Une atélectasie, lorsqu’elle atteint la périphérie de la plèvre, va donner une image de
condensation alvéolaire avec un poumon hépatisé, proche de celui observé lors d’une
pneumonie. La différence se fera sur ses contours qui apparaissent réguliers, bien limités. Le
bronchogramme aérique dynamique sera, par définition théoriquement absent, en cas
d’absence complète de ventilation du segment atélectasié. En cas d’épanchement liquidien
pleural important, une atelectasie sous-jacente peut être objectivée (Figure 6). Chez les
adultes, ce critère distinguerait une pneumonie d’une atélectasie. Un second critère est le
caractère pulsatile ou non de la vascularisation pulmonaire. En l’absence de flux pulsatile, le
parenchyme pulmonaire est considéré comme atéléctasié [19].
120
Figure 6 : nouveau-né atteint de trisomie 21 avec cardiopathie et entérocolite ulcéronécrosante. Epanchement
pleural latéral avec poumon sous-jacent atélectasié et bronchogramme aérien (flèche).
Conclusion
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122
PNEUMOPEDIATRIE : DISCUSSION RADIOCLINIQUE
Introduction
L’objectif de cet enseignement est de présenter une sélection de dossiers discutés pendant le
staff hebdomadaire multidisciplinaire de pneumopédiatrie de l’Hôpital Trousseau pour
corréler la présentation clinique à l’imagerie et donner des pistes de prise en charge. Sans
prétention à l'exhaustivité, nous pourrons ainsi discuter de la conduite à tenir devant des
infections pulmonaires, des pathologies malformatives ou acquises. Des cas cliniques
concernant les pathologies interstitielles diffuses et les pathologies bronchiques serons
également discutés.
Infections
123
En cas d’évolution inhabituelle avec mauvaise réponse au traitement, la tomodensitométrie
avec injection peut être discutée pour rechercher une forme nécrosante, un abcès, une
composante bulleuse, une fistule bronchopleurale et un pyopneumothorax.
L’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) thoracique sans injection et le scanner avec
injection ont démontré une excellente corrélation pour la détection des condensations, des
nodules, des composantes aériques ou zones d’hyperinflation, de l’épanchement pleural et
des adénopathies. Si les performances de l’IRM permettent probablement dans ces
indications de répondre comme la tomodensitométrie aux questions posées, son accessibilité
et la durée de l’examen ne permettent pas d’en proposer la réalisation dans la pratique
clinique.
S’il existe une composante aérique et/ou un antécédent de pneumopathie dans le même
territoire, une radiographie de contrôle à distance jusqu’à normalisation et/ou un examen
tomodensitométrique doivent être programmés (au moins à 6 mois de l’infection) pour
s’assurer de l’absence de malformation pulmonaire sous-jacente (même en présence
d’échographies anténatales sans anomalie rapportée).
Malformations
La prise en charge des malformations pulmonaires, chez les nouveau-nés, les nourrissons ou
les jeunes enfants, n’est pas standardisées. Concernant l’imagerie, si la malformation a été
détectée en anténatal, une radiographie est réalisée à la naissance et un examen
tomodensitométrique sera réalisé avec injection généralement après 4 semaines de vie. L’IRM
pourra être considerée comme examen complémentaire ou dans le suivi. Toutefois les
protocoles d’imagerie dépendent des différents protocoles chirurgicaux. En effet la résection
chirurgicale élective est débattue, en particulier en Europe. En revanche aux Etats Unis une
résection chirurgicale est recommandée, même chez les enfants asymptomatiques, du fait du
risque infectieux et du risque de transformation maligne. Par ailleurs l’intervention précoce
avant la surinfection augment la probabilité d’une chirurgie par thoracoscopie sans
complication péri et post chirurgicale.
124
Pneumothorax et pneumomédiastin
Le diagnostic de pneumothorax est fait sur une radiographie en inspiration, debout. Rarement
un complément en expiration peut être nécessaire pour mieux visualiser un pneumothorax de
faible abondance. Chez le nouveau-né ou le petit nourrisson, la radiographie est réalisée en
position couchée. Dans ce cas, la sémiologie est différente et il peut être difficile de
différencier un pneumothorax le long du bord externe du médiastin d’un pneumomédiastin.
Le diagnostic est également fait sur une radiographie standard. Il est simple si l’air bordant la
plèvre médiastinale est associé à un emphysème sous-cutané cervical ou si l’air dissèque
plusieurs structures médiastinales. Une tomodensitométrie est réalisée seulement en cas de
doute diagnostique et pour la recherche étiologique.
Corps étrangers
Les passages aux urgences pédiatriques pour suspicion d’inhalation de corps étranger sont
fréquents, en particulier entre 6 mois et 3 ans (acquisition de la préhension et mise des
objets à la bouche). Le corps étranger est rarement radio-opaque. La radiographie du thorax
sera réalisée en inspiration et en expiration pour rechercher un trappage secondaire à une
obstruction bronchique partielle. L’obstruction complète est responsable d’une atélectasie,
puis elle peut entrainer une surinfection locale. Comme sus-décrit, un corps étranger peut
aussi être responsable d’un pneumothorax ou d’un pneumomédiastin.
Des Recommandation de Bonne Pratique (RBP) labellisées par la Haute Autorité de santé
existent concernant le diagnostic et la prise en charge des enfants ayant ingéré une pile
bouton ou une pile plate. Elles sont disponibles sur le site [Link] .
125
Le diagnostic d’inhalation de corps étranger doit également être évoqué en dehors du
contexte de l’urgence, même en absence d’un antécédent de syndrome de pénétration,
devant une toux chronique ou une pneumopathie à répétition dans le même territoire. Dans
ces cas, une tomodensitométrie avec injection est réalisée. En revanche en urgence sa
réalisation n’est pas consensuelle, car la fibroscopie bronchique doit être priorisée. Si la
suspicion clinique et/ou radiologique est forte, la priorité est l’extraction du corps étranger
en urgence par un fibroscope rigide au bloc opératoire sous anesthésie générale, pour éviter
le risque de complication aigüe (gêne respiratoire) ou chronique (séquelle avec dilatation
des bronches).
Comme indiqué lors des Journées de Radiologie Pédiatrique de Trousseau de 2019, les
pneumopathies interstitielles diffuses (PID) chroniques de l’enfant sont un groupe hétérogène
de pathologies pulmonaires rares, mais responsables d’une morbidité et mortalité élevées.
Dans la littérature anglo-saxonne, les PID de l’enfant sont désignées par le terme « ChILD »
(pour « Childhood Interstitial Lung Disease »).
Pathologie bronchique
Devant une toux grasse prolongée de plus de 8 semaines chez l’enfant sans cause aigüe
évidente et/ou persistante malgré un traitement de première intention, il faut savoir évoquer
une bronchite chronique responsable de dilatation des bronches (DDB) et réaliser un examen
tomodensitométrique (plus performant que la radiographie pour le diagnostic positif).
Le diagnostic de DDB est posé sur l’augmentation du ratio entre le diamètre interne de la
bronche et l’artère pulmonaire adjacente. Ce rapport augmente avec l’âge. Les
recommandations de la task-force Européenne de la European Respiratory Society plaident
pour un rapport > à 0,8 mais c’est le rapport > à 1 (moins sensibles mais très spécifiques) qui
reste habituellement utilisé.
En cas de confirmation radiologique, un bilan étiologique spécifique doit être réalisé chez
l’enfant (mucoviscidose, déficit immunitaire, dyskinésie ciliaire primitive), selon les
recommandations des différents PNDS.
126
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* Évaluation diagnostique et prise en charge des affections liées ou associées à CFTR
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pnds/
* Protocole National de Diagnostic et de Soins (PNDS) - Pneumopathies interstitielles diffuses (PID) de
l’enfant – Octobre 2017
* Protocole National de Diagnostic et de Soins (PNDS) - Dyskinésies ciliaires primitives (DCP) – Janvier
2018
128
* Protocole National de Diagnostic et de Soins (PNDS) - Pneumopathie d’hypersensibilité de l’enfant –
Mars 2020
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HYPERTENSION ARTERIELLE DE L’ENFANT : QUELLE IMAGERIE ?
Anca TANASE, Alexandra NTORKOU, Karim BEGAOUI, Marianne ALISON
Imagerie pédiatrique et fœtale, Hôpital Robert Debré, Université Paris Cité
1. Généralités
1.1 Définition
L’hypertension artérielle (HTA) de l’enfant de moins de 13 ans est définie par une pression
artérielle systolique et/ou diastolique moyenne calculée sur au moins 3 mesures ≥ au 95 ème
percentile en fonction de l’âge, du sexe et de la taille. La mesure doit être réalisée avec un
brassard adapté à l’enfant. Une mesure ambulatoire de la pression artérielle (Holter) peut
être nécessaire pour éliminer l’effet « blouse blanche » (1).
Pour les enfants de plus de 13 ans, l’hypertension artérielle se définit par des valeurs
≥130/80 indépendamment ses autres critères (âge, sexe , taille) (2).
1.2 Symptômes
L’hypertension artérielle a peu de symptômes fonctionnels : céphalées, acouphènes,
myodésopsies, épistaxis, et au stade de complication : œdème aigu du poumon et
encéphalopathie hypertensive (1). Elle sera découverte le plus souvent de façon fortuite lors
d’une mesure réalisée en consultation ou au cours d’une hospitalisation.
2. Orientation clinique
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- souffle abdominal en cas de sténose des artères rénales, syndrome de Cushing (facies
caractéristique, hirsutisme, acné)
- masse abdominale palpable en cas de tumeurs rénales, surrénaliennes ou de
polykystose rénale
- épisodes paroxystiques de flush (bouffée de chaleur), diaphorèse (hypersudation),
palpitations et/ou céphalées dans le phéochromocytome.
3. Imagerie
En cas de diagnostic d’HTA confirmée, l’échographie rénale avec Doppler est l’examen
indiqué en première intention.
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En raison de la petite taille des artères rénales chez les enfants, la sténose artérielle peut
être difficile à visualiser directement, mais le mode Doppler permet de rechercher des signes
indirects: index de résistance intra rénaux diminués voire flux de type tardus parvus.
3.2 Angioscanner
Il sera également indiqué lorsque l’échographie est incomplète, douteuse ou même négative
dans un contexte avec forte suspicion clinique (rénine élevée, neurofibromatose,
Bourneville, Williams-Beuren (1).
Cet examen non invasif, a l’avantage de coupler une acquisition centrée sur les reins et les
surrénales et une angiographie par voie veineuse couvrant l’ensemble de l’aorte thoraco-
abdominale à partir de la valve aortique jusqu’à la bifurcation de l’aorte abdominale.
Cet examen bénéficie d’une résolution spatiale supérieure à celle de l’angio IRM, ce qui le
rend performant pour la mise en évidence des sténoses des artères rénales avec une
sensibilité estimée à 95% pour les sténoses tronculaires. Il permet de rechercher des
sténoses uni ou multifocales, d’évaluer leur l’extension et de quantifier le degré des sténoses
afin de caractériser les sténoses sévères avec retentissement sur la perfusion du
parenchyme rénal des sténoses compensées.
La sensibilité de l’angioscanner pour le diagnostic des sténoses artérielles est limitée pour les
vaisseaux de petit calibre chez les jeunes enfants et pour les artères rénales intra
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parenchymateuses. Il ne permet pas toujours une quantification précise des sténoses des
fibrodysplasies musculaires et reste limité pour l’analyse des artères dysplasiques et
tortueuses. Dans ces cas, l’angiographie standard avec cathetérisation peut avoir un intérêt
diagnostique.
La même acquisition permet également l’étude des loges rénales et surrénaliennes. Pour les
masses tumorales rénales, surrénaliennes et rétro péritonéales, le scanner permet la
caractérisation de la nature des lésions et l’analyse des rapports avec les pédicules
vasculaires.
3.3 IRM
L’angioIRM reste d’application difficile pour l’exploration des sténoses des artères rénales en
raison de sa moins bonne résolution spatiale.
Il est par contre plus performant pour l’analyse de la paroi artérielle (épaississement, signes
d’inflammation).
Ses limitations chez le jeune enfant sont la nécessité d’avoir recours à une sédation. Chez le
grand enfant, la réalisation de séquences en apnée nécessite la bonne coopération du
patient.
L’angiographie est le gold standard pour le diagnostic de sténose des artères rénales
notamment de petit calibre (intra rénale). Son principal inconvénient est son caractère
invasif et la nécessité d’une anesthésie générale /sédation.
En pratique, elle est toujours précédée d’un angioscanner artériel diagnostique, et n’est
réalisée qu’après indication multidisciplinaire le plus souvent à visée thérapeutique. C’est en
effet la technique de référence en radiologie interventionnelle pour le traitement des
sténoses (dilatation, pose de stent).
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Pour ne pas méconnaitre une sténose des artères rénales, notamment intra rénale, certaines
équipes recommandent le recours à l’angiographie lorsque la probabilité d’une atteinte réno
vasculaire est élevée, notamment dans les cas suivants (4).
- Clinique : HTA très élevée ou difficile à contrôler (systolique >180mmHg) ; HTA non
contrôlée avec > 1 médicaments
- HTA symptomatique - symptômes neurologiques ; cardiopathie hypertensive
- HTA et souffle abdominal
- HTA et antécédent de cathétérisme de l’artère ombilicale
- HTA chez un patient avec NF1
- HTA et analyses biologiques montrant une rénine augmentée ou une hypokaliémie
modérée
- Imagerie non invasive évocatrice de maladie vasculaire rénale :
. doppler anormal sur l’aorte/ les artères rénales (après exclusion d’une coarctation
aortique)
4. Etiologies
L’hypertension artérielle primaire ou essentielle sans cause identifiable est rare chez
l’enfant, notamment avant 6 ans. C’est la cause la plus fréquente chez les enfants de plus de
6 ans bien qu’une étiologie secondaire soit retrouvée chez 40% des patients (4). Les facteur
de risque sont l’origine ethnique (africaine), le sexe masculin, l’obésité, les antécédents
familiaux d’HTA, de diabète type II, la sédentarité, un régime hypersodé, une
hypercholestérolémie, un tabagisme actif ou passif (5).
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4.2 Hypertension artérielle secondaire
C’est la cause la plus fréquente d’HTA chez les enfants de plus jeune âge.
Les anomalies du parenchyme rénal, quelle qu’en soit la cause, sont l’étiologie la plus
fréquente (80 % des patients) (4), suivies des étiologies renovasculaires.
Les autres étiologies sont plus rares : pathologies cardiovasculaires congénitales ou
acquises (coarctation aorte, syndrome médio aortique, vascularite), phéochromocytome,
maladies endocriniennes (tumeurs sécrétantes, anomalies surrénaliennes, hyperthyroidie)
(6).
Certaines malformations aortiques peuvent être de révélation tardive sur une HTA
Coarctation aortique
Hypoplasie aortique
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4.3.2. Anévrysme de l’aorte abdominale
C’est une pathologie très rare chez l’enfant. Comme chez l’adulte, il peut être sacculaire ou
fusiforme. L’hypertension peut apparaître si les artères rénales naissent de l'anévrysme et si
elles sont sténosées, occluses, ou comprimées par l'anévrysme (8)
L’anévrysme peut être secondaire à une sténose (dilatation post sténotique) ou à certaines
pathologies : dysplasie artérielle, maladies des tissus conjonctifs, post traumatique,
infectieux (notamment infection mycotique), sclérose tubéreuse (9, 10).
C’est la cause la plus fréquente de sténose de l’artère rénale chez l’enfant (11). Elle peut
toucher les artères rénales mais aussi les artères extra rénales (mésenterique , tronc
coeliaque, artères carotides) .Elle touche souvent les artères rénales principales de manière
bilatérale, proximale, (pouvant associer des anévrysmes post sténotiques), mais aussi les
artères intrarénales ou les artères accessoires. Le traitement peut être endovasculaire ou
chirurgical.
Elles peuvent provoquer une sténose artérielle rénale (takayasu, Kawasaki, périartérite
noueuse). L’imagerie va montrer l'épaississement circonférentiel pariétal, des sténoses
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focales, des occlusions artérielles, des anévrysmes. Les reins peuvent apparaître atrophiques
et hypoperfusés, avec des encoches focales secondaires à des infarctus focaux (13).
La compression extrinsèque par des masses rénales / rétropéritonéales peut se révéler par
une HTA. L’imagerie met en évidence les rapports anatomiques de la lésion avec les
pédicules vasculaires rénaux.
Conclusion
L’imagerie a un rôle crucial pour la recherche de l’étiologie d’une l’HTA confirmée, celle-ci
étant le plus souvent secondaire chez l’enfant. L’échographie rénale avec doppler est
l’examen de première intention parfois complétée par un angioscanner des artères rénales
en cas de suspicion d’anomalie artérielle. L’IRM est intéressante pour l’exploration de la
paroi des gros vaisseaux dans le cadre des vascularites.
Références
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(2) Flynn JT, Kaelber DC, Baker-Smith CM, Blowy D, Carrole AE, Daniels SR et al. Clinical
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Pediatr Radiol 43, 502–505 (2013).
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(5) Flynn J, Zhang Y, Solar-Yohay S, Shi V. Clinical and demographic characteristics of
children with hypertension. Hypertension. 2012;60(4):1047–1054.).
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nephrology. 7. Berlin Heidelberg: Springer-Verlag; 2016. p. 1998)
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(8) Patricia K Castelli, Jonathan R Dillman, Ethan A Smith, Ranjith Vellody, Kyung
Cho, James C Stanley. Imaging of Renin-Mediated Hypertension in Children – AJR
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(9) Sarkar R, Coran A, Cilley RE, Lindenauer SM, Stanley JC. Arterial aneurysms in
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(10) English WP, Edwards MS, Pearce JD, Mondi MM, Hundley JC, Hansen KJ.
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(11) Srinivasan A, Krishnamurthy G, Fontalvo-Herazo L, et al. Spectrum of renal
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(12) Tedesco MA, Di Salvo G, Ratti G, Natale F, Calabrese E, Grassia C, Iacono A,
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Lancet 2008; 371:1453–1463
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