L3 Memo
L3 Memo
I
AVANT-PROPOS
En vue d’obtention du diplôme de la licence en Administration Economique et Sociale
(AES), les étudiants en troisième année de licence professionnelle à l'Ecole de Management et
d'Innovation Technologique doivent effectuer un stage auprès d'une entreprise publique ou
prive.
II
REMERCIEMENTS
Avant toute chose, je remercie Dieu tout puissant qui m’a donnée la force et la santé
afin que je puisse mener à bien ce travail.
III
RESUME
Ce mémoire se penche sur le rôle de l'administration publique dans le développement
local, en particulier dans le cadre de la décentralisation, qui cherche à rapprocher les services
publics des citoyens. À Madagascar, les réformes de décentralisation initiées depuis les années
1990 visent à renforcer l'autonomie des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD). Cette
étude se concentre sur l'administration publique au sein du District Isandra, en analysant
comment la décentralisation a influencé la gestion administrative et la qualité des services
publics. L'objectif principal est de mesurer l'impact de la décentralisation sur l'efficacité de
l'administration locale et de proposer des pistes d'amélioration. Pour cela, une recherche
documentaire, des entretiens et des observations sur le terrain ont été réalisés afin de recueillir
des données sur l’organisation des services publics et les budgets dans le District. Les résultats
montrent que la décentralisation ait permis une meilleure autonomie administrative, des défis
persistent, notamment dans la gestion budgétaire et la coordination entre les niveaux
d'administration. En outre, des faiblesses dans la répartition des ressources et des conflits de
compétences freinent l'efficacité de l'administration. Les perspectives de cette étude soulignent
l'importance de renforcer la gestion financière locale et de clarifier les attributions des différents
niveaux administratifs pour optimiser le développement local.
ABSTARCT
This dissertation looks at the role of public administration in local development,
particularly in the context of decentralisation, which seeks to bring public services closer to
citizens. In Madagascar, the decentralisation reforms initiated in the 1990s aim to strengthen
the autonomy of the Decentralised Territorial Authorities (DTAs). This study focuses on public
administration in the Isandra District, analysing how decentralisation has influenced
administrative management and the quality of public services. The main objective is to measure
the impact of decentralisation on the efficiency of local administration and to propose ways of
improving it. To achieve this, documentary research, interviews and field observations were
carried out to gather data on the organisation of public services and budgets in the district. The
results show that although decentralisation has led to greater administrative autonomy,
IV
challenges remain, particularly in budget management and coordination between levels of
administration. In addition, weaknesses in the allocation of resources and jurisdictional
conflicts are hampering administrative efficiency. The outlook for this study highlights the
importance of strengthening local financial management and clarifying the remits of the various
administrative levels in order to optimise local development.
V
LISTE DES FIGURES
Figure 1:Organigramme de l’EMIT Source : Ecole de Management et d’Innovation
Technologique .......................................................................................................................... 10
Figure 2:Représentation de cartographique du District d’Isandra. Source : OPCI Isandra ..... 11
Figure 3:L’organigramme du District d’Isandra Source : Le District d’Isandra en 202215
Figure 4:L’organigramme du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation (MID) Source :
Décret n° 2021-1164 du 27 octobre 2021 ................................................................................ 27
Figure 5:Processus de décentralisation Source : Vincent Lemieux, 1997, « La
décentralisation » : Edition de l’IQRC ..................................................................................... 39
Figure 6:Figure : organes d’une CTD Source : RasolofosonFetrarizoCR_ECO_M2_14 ..... 42
Figure 7:Structure du budget Source : Manuel de procédures budgétaires des Communes
rurales de 2ème catégorie. Le cadre général : » Principe budgétaire » 10p. .............................. 46
VI
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1:Tableau récapitulatif EMIT ....................................................................................... 4
Tableau 2:Limite physique du territoire Isandra ...................................................................... 12
Tableau 3:Donnée démographique Isandra .............................................................................. 12
Tableau 4:Planning durant le stage .......................................................................................... 17
Tableau 5:Répartition des établissements scolaires 1 .............................................................. 29
Tableau 6: Répartition des établissements scolaires 2 ............................................................. 29
Tableau 7:Répartition des centres de santé et du personnel médical ....................................... 30
Tableau 8:Taux de réussite et scolarisation par commune ....................................................... 32
Tableau 9:Taux de consultation et de vaccination ................................................................... 33
Tableau 10:Historique de la décentralisation ........................................................................... 35
Tableau 11:récapitulatif du transfert de pouvoir à Madagascar ............................................... 38
Tableau 12:Le régime de contrôle ............................................................................................ 48
Tableau 13: Le respect des délais ............................................................................................. 48
Tableau 14:étapes de la procédure en cas de non adoption du budget dans les délais ............. 49
VII
LISTE DES ABREVIATIONS
Abréviation Développement
AES Administration Economique et Social
AGT Administration Général et Territoriale
CA Conseil Administration
CAA Chef d’Arrondissement Administratif
CAC Centres d’Appui aux Communes
CAP Cellule d’Analyse et de Prospective
CD Chef District
CEG Collège d’Enseignement Générale
CIGSI Conception, Intégration et Gestion des Systèmes
Information
CIN Cartes d'Identité Nationales
CISCO Circonscription Scolaire
CM Communication Multimédia
CNMP Communication Numérique et Management de Projet
CSB Centres de Santé de Base
CTD Collectivité Territoriale Décentralisé
DAA Développement de l’Administration Administrative
DAII Développement Application Internet et Intranet
EMIT Ecole Management Innovation Technologie
FDL Fonds de développement local
FKT Fokotany
MIFANDRAI MIatrikaFampandrosoanaANDRAikitraIraisana
MID Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation
VIII
M2I Modélisation et Ingénierie Informatique
OPCI Organisme Public de Coopération Intercommunal
PDS Présidents de Délégation Spéciale
RE Représentant de l’Etat
RPCO Relations Publiques et Communication Organisationnelle
RPM Relation Publique et Multimedia
SG Secrétaire Général
SIGD Système d’Information, Géomatique et Décision
SSD Solid State Drives
STD Service Territoriale Déconcentré
TP Trésor Public
IX
SOMMAIRE
INTRODUCTION .................................................................................................................... 1
CONCLUSION ....................................................................................................................... 60
X
INTRODUCTION
La Décentralisation est un instrument essentiel pour renforcer la démocratie locale et
améliorer la gouvernance 1. Cette affirmation souligne l'importance de l'administration
publique au niveau des collectivités territoriales décentralisées d’où elle cherche à améliorer
l’accès aux services publics, notamment à Madagascar. Depuis son indépendance en 1960,
Madagascar a initié des réformes pour améliorer l'efficacité de son administration publique.
Elles ont été mises en place dans les années 1990 pour rendre les services publics plus
accessibles et réactifs. Malgré ces efforts, des défis persistent, notamment en matière de gestion
des ressources et d'application des régulations, ainsi que par des problèmes de coordination
entre les différents niveaux de l’administration2.
Cependant, il existe un paradoxe : même avec les efforts de décentralisation, les services
publics ne répondent pas toujours aux désirs des habitants. De ce fait, une question se pose :
comment l'organisation et la gestion des CTD influencent-elles l'efficacité des services publics
dans le District d'Isandra ?
1
PNUD. (2017). Rapport sur le développement humain 2017 : » La décentralisation et la gouvernance
locale »,45p.
2
Rapport de la banque mondial. « Décentralisation à Madagascar »,14p.
1
- Quels sont les principes fondamentaux de l'administration publique au District d'Isandra
et quel est leur impact sur le fonctionnement local ?
- Quelles caractéristiques de la décentralisation influencent la gestion des services publics
dans ce district ?
- Comment la gestion budgétaire et les régulations affectent-elles l’efficacité des services
administratifs locaux ?
Hypothèses :
Cette étude adoptera une approche qualitative, incluant des entretiens avec les personnels
administratifs, des analyses des documents réglementaires et des observations sur le terrain.
Ensuite, des collectes des données qui permettront de comprendre les défis et les réussites de
l'administration publique dans le cadre de la décentralisation au District d’Isandra. Ce mémoire
sera donc structuré en trois grandes parties :
- Matériel et Méthodes
- Résultats
- Discussions et Recommandations
2
PARTIE 1) MATERIEL ET METHODES
1.1 PRESENTATION DE L’EMIT
L'Ecole de Management et d’Innovation Technologique (EMIT) est une grande école
publique au sein de l'Université de Fianarantsoa, qui a basculé totalement vers le système
L.M.D. L’EMIT nous a reconnu comme étudiants.
1.1.1 Historique
3
Tableau 1:Tableau récapitulatif EMIT
Relations Publiques et
Modélisation et
Communication
Ingénierie Informatique Organisationnelle
Master
Management (M2I) (RPCO)
d’Entreprises et
Système d’Information,
Développement Communication
Géomatique et Décision (SIGD)
des Affaires Numérique et
(MEDA) Sciences des Données et Management de Projet
Intelligence Artificielle (CNMP)
(SDIA)
Source : Ecole de Management et d’Innovation Technologique
1.1.2 Missions
4
1.1.3 Formation existante
L’école présente actuellement deux cycles : Licence et Master. Chaque cycle possède
plusieurs parcours assurés par un chef de mention.
La condition d’accès en première année de Licence se fait par voie de concours pour les
titulaires d’un Baccalauréat général de toutes séries (A, C, D, S, L, OSE) ou d’un Baccalauréat
technique G1 et G2. A l’issue de la formation, les étudiants ont les compétences de :
5
• Mention « Relations Publiques et Multimédia », Parcours « Communication
Multimédia (CM) » et « Relations Publiques et Communication
Organisationnelle (RPCO) »
La condition d’accès en première année de Licence se fait par voie de concours pour les
titulaires d’un Baccalauréat général de toutes séries (A, C, D, S, L, OSE) ou d’un Baccalauréat
technique G1 et G2. A l’issue de la formation, les étudiants ont les compétences de :
La condition d’accès en première année de Master (M1) en S7 se fait par sélection de dossier
après l’obtention du diplôme de Licence en Administration Economique et Sociale, en Gestion
ou en Economie.
6
La condition d’accès en première année de Master (M1) en S7 se fait par sélection de dossier
après l’obtention du diplôme de Licence en Administration Economique et Sociale, en Gestion
ou en Economie.
La condition d’accès en première année de Master (M1) en S7 se fait par sélection de dossier
après l’obtention du diplôme de Licence en Informatique et en Mathématique et Informatique
pour les Sciences Sociales (MISS). Le Recrutement en S9 se fait par validation des crédits
acquis.
7
• Mention « Informatique », Parcours « Ingénierie Géo spatiale et Technologies
de l’Information (IGTI) » et Parcours « Sciences des Données et Intelligence
Artificielle (SDIAL
a condition d’accès en première année de Master (M1) en S7 se fait par sélection de dossier
après l’obtention du diplôme de Licence en Informatique et en Mathématique et Informatique
pour les Sciences Sociales (MISS). Le Recrutement en S9 se fait par validation des crédits
acquis
8
• Mention « Relations Publiques et Multimédia », Parcours « Communication
Numérique et Management de Projet (CNMP) »
9
Conseil d’Administration
Présidence de l’Université
Direction de l’EMIT
Secrétariat Principal
Responsable de Parcours MD
Responsable de Parcours
Responsable de Parcours
Responsable de Parcours
Responsable de Parcours
Service Comptable
Service Scolarité
SIGD
DA2I
RPM
AES
10
1.2 PRESENTATION DU DISTRICT ISANDRA
1.2.1 Historique
1.2.2 Localisation
11
Tableau 2:Limite physique du territoire Isandra
02 AMBONDRONA 20 102 11
03 ANDOHARANOMAINTSO 34.927 23
05 ANKARINARIVO 12.348 8
MANIRISOA
06 FANJAKANA 9.670 5
07 ANDREAMALAMA 14.816 5
09 ISORANA 22.928 10
12
10 MAHAZOARIVO 13.271 10
11 AMBALAMIDERA 5.867 2
AMBOHIMANANA
12 NASANDRATRONY 13 670 8
TOTAL 110
1.2.4 Mission
Le District est une structure administrative qui a pour mission de servir la population.
Le district a aussi pour mission le contrôle des actes administratifs des communes. Il a pour rôle
de gérer, de contrôler ; d’abord il gère tout ce qui concerne l’Administration (le personnel, les
crédits, la coordination, les besoins administratifs courants de la population ainsi que les
activités des Services extérieurs des ministères), d’assurer le bon fonctionnement de
l’Administration.
Le Chef de District exerce les attributions qui lui sont dévolues par la loi. Conformément
aux dispositions de l’article 9, alinéa 3 de la loi n° 2014-021 relative à la représentation de
l’État, le chef de District est assisté par deux adjoints : l’un chargé de l’administration générale
et territoriale et l’autre de l’appui aux communes et au développement local. Ils sont nommés
par arrêté du ministère chargé de l’intérieur.
13
L’adjoint au Chef du District chargé de l’appui aux communes et du développement
local s’occupe des tâches administratives de gestion et des activités spécifiques que le Chef lui
a déléguées. II s’occupe par exemple de suivi et évaluation des activités des communes. En
matière de développement, il assure en permanence le rôle de conseiller aux élus locaux.
Et enfin, il représente le District dans les activités ayant trait au développement et dont
le District est concerné. En référence aux riches du poste, l’Adjoint chargé des Affaires
générales et territoriales assure la réalisation pratique de la procédure de contrôle de légalité
pour le compte du District. En matière de gestion, il est le responsable de la comptabilisation
des valeurs fiduciaires à repartir aux Communes et aux CAA. Et enfin, c’est aussi l’Adjoint qui
signe la Carte nationale d’Identité et la délivrance des diverses autorisations et des récépissés
ci-après l’organigramme du District relatant les différents services et bureaux spécifiques
assurant les activités du District.
14
Figure 3:L’organigramme du District d’Isandra Source : Le District d’Isandra en 2022
15
1.3 METHODOLOGIE ET NOTIONS THEORIQUES
1.3.1 Méthodologie
L'équipe administrative du District Isandra m'a bien accueilli et m'a intégré dans les
diverses tâches quotidiennes liées à l'administration publique. J'ai eu l'opportunité de travailler
avec les responsables des services administratifs qui m'ont encadré et formé aux pratiques
administratives telles que la gestion des documents officiels et la saisie des données. Les heures
de travail étaient régulières :
[Link] Planning
Au cours de mon stage, les tâches effectuées ont été variées et étalées sur l’ensemble de
la période. Celles-ci peuvent être divisées en plusieurs catégories, allant de la saisie de données
sur les aménagements et les recensements, jusqu’à la gestion des cartes d'identité nationales,
avec des périodes dédiées à des activités spécifiques chaque semaine. Le tableau suivant détaille
la progression des activités hebdomadaires réalisées durant les trois mois de stage, du 24 juin
2024 au 24 septembre 2024.
16
Tableau 4:Planning durant le stage
Semaine 6
Semaine 9
Semaine 10
Semaine 11 Assistance à la gestion des cartes d'identité
nationales : collecte d’informations
Semaine 12
Semaine 13
Semaine 14 Finalisation du stage et remise du rapport
d’activité
Source : Auteur
17
[Link] Matériels utilisés
Pendant mon stage au sein du District Isandra, j'ai eu l'opportunité de manipuler et
d'examiner divers documents internes et données statistiques essentiels au bon fonctionnement
de l’administration publique locale. Ces documents sont des outils administratifs fondamentaux
pour la gestion des services publics, la prise de décision, et la coordination des différentes tâches
liées à la décentralisation.
Registre des cartes d'identité nationales (CIN) : Ce registre est un document central qui
liste toutes les cartes d'identité émises par le district. Il permet de suivre le nombre de cartes
délivrées, les demandes en cours, et de vérifier les informations des citoyens. J'ai participé à la
gestion de ce registre, notamment lors des tâches de plastification et tamponnage des cartes.
Registre des naissances, mariages, et décès : Ce registre contient les enregistrements des
actes civils relatifs à l’état civil de la population. Il est utilisé pour mettre à jour les statistiques
démographiques du district et contribue à la gestion des services d'état civil. Ce registre est
également important pour les recensements effectués au niveau local.
• Documents de recensement
Le recensement est un processus vital pour obtenir des informations précises sur la
population du district, ses besoins, et son évolution. Les documents de recensement que j'ai
manipulés durant mon stage parlent des données sur la population, les aménagements, ainsi que
des informations économiques et sociales.
• Données statistiques
Les données statistiques que j’ai recueillies sont les données concernant la démographie
et les données concernant l’infrastructure.
• Données budgétaires
Les données financières constituent une autre source importante de statistiques au sein
du District Isandra. Elles disposent des informations sur les subventions reçues, les dépenses
effectuées, ainsi que les allocations budgétaires destinées aux projets de développement locaux.
Ces données sont essentielles pour évaluer l’efficacité de la gestion budgétaire et proposer des
améliorations.
18
Loi 2014-021 et Décret 1929 : Ces deux textes réglementaires sont des références
majeures dans la gestion administrative au sein du District Isandra. Ils définissent les
responsabilités du district en tant qu’entité déconcentrée de l’État. J’ai consulté ces documents
pour comprendre les fondements légaux de certaines décisions administratives prises au niveau
local.
[Link] Observation
J’ai eu l'occasion d'observer le déroulement des activités administratives au sein du
District Isandra, en me concentrant sur le fonctionnement des services publics et la gestion
quotidienne des documents officiels.
La journée a commencé avec l'ouverture des bureaux pour l'accueil des citoyens, venus
pour diverses démarches administratives, telles que la demande de cartes d'identité nationales
(CIN) ou des documents d'état civil. J'ai observé que les employés administratifs étaient chargés
de vérifier les documents des citoyens et de les guider à travers le processus de délivrance des
documents.
Une partie de l'observation a porté sur la gestion des cartes d'identité. Les agents
administratifs procédaient à la vérification des informations, à la plastification des cartes, puis
à leur tamponnage officiel. J'ai pu observer que cette tâche, bien qu'essentielle, était ralentie par
le manque de personnel et de matériel adéquat.
Cette observation m'a permis de mieux comprendre les défis quotidiens auxquels sont
confrontés les employés administratifs du district, notamment le manque de ressources et la
gestion complexe des demandes citoyennes.
19
Le manque de personnel a ralenti la mise à jour des données et la gestion des dossiers.
Le district ne disposait pas de suffisamment de ressources humaines pour traiter les demandes
des citoyens dans des délais rapides.
Les entretiens avec certains responsables ont été difficiles à organiser en raison de leurs
emplois du temps chargés. Cela a réduit la possibilité d'obtenir des informations détaillées sur
certaines questions spécifiques.
Le stage, bien que riche en expériences, n'a duré que trois mois. Cela n’a pas permis
d’obtenir des informations exhaustives sur l'ensemble des communes du district, ni de mener
des recherches approfondies dans toutes les zones couvertes par le district.
20
1.3.2Notion théoriques3
[Link] Administration publique
L'administration publique regroupe l'ensemble des structures étatiques qui assurent la
mise en œuvre des politiques publiques et la gestion des affaires publiques. Dans un État
unitaire tel que Madagascar, l'administration publique peut être soit centralisée soit
décentralisée. Bien que Madagascar soit reconnu comme un État indivisible, il adopte une
organisation territoriale où certaines compétences sont transférées aux Collectivités
Territoriales Décentralisées (CTD). Ces entités autonomes disposent d'une personnalité morale
et d'une autonomie administrative, leur conférant ainsi la capacité de gérer localement des
affaires spécifiques, comme la gestion des services publics et des infrastructures.
[Link] Décentralisation
La décentralisation est un principe fondamental dans l'organisation administrative de
Madagascar. Elle se définit comme le transfert de compétences de l'État central vers les
collectivités territoriales. Ce processus permet aux collectivités locales de jouir d'une autonomie
administrative et financière, renforçant ainsi leur capacité à gérer les affaires locales et à
répondre aux besoins spécifiques de la population. Trois formes principales de décentralisation
peuvent être distinguées :
• Décentralisation politique
• Décentralisation administrative
Elle concerne la répartition des responsabilités administratives entre l'État central et les
collectivités locales, telles que les régions et les communes. La déconcentration est souvent
confondue avec la décentralisation, mais il s'agit ici du transfert de compétences vers des
représentants locaux de l'État, tels que les préfets ou les gouverneurs, sans autonomie véritable
des collectivités locales.
3
DROIT DE COLLECTIVITE : » Evolution de l’Administration territoriale à Madagascar »,1-25 p.
21
• Décentralisation financière
Pour assurer leurs missions, les collectivités territoriales doivent disposer de ressources
financières autonome et suffisantes, leur permettant de financer les services publics locaux et
d'investir dans des projets de développement.
- La création des provinces autonomes en 1946, qui a posé les bases d’une organisation
territoriale décentralisée.
- Les réformes de 1973, qui ont établi le Fokonolona comme une cellule administrative
décentralisée, jouant un rôle clé dans la gestion locale.
- La Constitution de 1992, qui a renforcé la décentralisation en instaurant les communes
et les régions comme principales collectivités territoriales, dotées de compétences
élargies et d’une autonomie accrue dans la gestion des affaires locales.
22
PARTIE 2) RESULTATS
2.1 STRUCTURE ET ORGANISATION
[Link] Historique
L'évolution de l'administration publique dans le District d'Isandra doit être comprise à
travers le prisme des réformes politiques et administratives qui ont eu lieu à Madagascar, en
particulier depuis les années 1990. Ce district, situé dans la région de Haute Matsiatra, a été
directement influencé par les processus de décentralisation qui ont redessiné le paysage
institutionnel du pays.
Les textes juridiques jouent un rôle fondamental dans l'établissement des fondements de
l'administration publique locale. La Constitution malgache de 2010 stipule clairement le
principe de décentralisation comme un impératif de gouvernance démocratique, soulignant la
4
« Historique de la décentralisation » [Link] de la
décentralisation Page consulté le 30/09/2024
5
Loi n° 2014-020 sur les ressources des collectivités locales,5 p.
23
nécessité d’un état décentralisé capable de répondre aux besoins spécifiques des différentes
régions, y compris le District d'Isandra.6
De plus, plusieurs décrets et lois organiques ont été élaborés pour encadrer la gestion
des affaires locales, tels que la loi sur la décentralisation promulguée en 2003, qui a renforcé
les compétences des collectivités territoriales. Ces cadres législatifs ont non seulement établi
les bases institutionnelles pour l'administration publique, mais ils ont également amélioré la
transparence et la responsabilité devant les citoyens7.
Par ailleurs, le District d'Isandra a été amené à appliquer des politiques de gestion
participative, favorisant l'inclusion des populations locales dans les processus décisionnels.
L’approche de budget participatif a été introduite comme une pratique encourageant les
citoyens à s'engager activement dans la gestion de leurs ressources locales, témoignant des
nouvelles orientations de la gouvernance publique.
Ce cadre juridique assure que le Chef de District joue un rôle de coordination entre les
Services Déconcentrés de l'État et les Collectivités Territoriales Décentralisées (Art. 10). Le
6
Déclarations et textes décrets concernant la décentralisation (1982-2003).
[Link] Page consulté le 30/09/2024
7
[Link] : « Décentralisation à Madagascar ». Https://[Link]/curated/pt/
Page consulté le 30/09/2024
8
LOI 2024-021 : Relative à la représentation de l’Etat,3 p.
24
Chef de District est ainsi un acteur clé dans l'application des politiques publiques locales et le
soutien aux communes dans leur gestion administrative.
En outre, le chef de l'exécutif a la charge de représenter la CTD dans toutes ses relations
juridiques et administratives (Art. 10). Cette représentation inclut les actions en justice, pour
lesquelles le chef de l’exécutif peut désigner un avocat ou un responsable juridique pour
défendre les intérêts de la collectivité (Art. 10). Ces fonctions sont essentielles pour garantir
que la gestion des affaires locales est en conformité avec les règlements nationaux, tout en
permettant une certaine autonomie dans l'administration quotidienne du district.
25
politiques nationales, tout en répondant aux besoins spécifiques des communautés locales. Dans
ce cadre, le chef de l'exécutif peut solliciter l'appui technique et administratif des services de
l'État pour mettre en œuvre des projets ou résoudre des problèmes spécifiques au niveau local
(Art. 19). Cette interaction entre l'État et les CTD est renforcée par le principe de redevabilité,
qui oblige le chef de l'exécutif à impliquer les citoyens dans les décisions relatives au
développement local (Art. 21). Ce principe encourage la transparence et la participation
citoyenne, des valeurs essentielles pour assurer le succès des politiques de décentralisation à
Madagascar9.
9
Décret n° 2015-960 : fixant les attributions du chef de l’exécutif des Collectivités territoriales
décentralisées.,2-4 p.
26
MINISTRE
DELED INDDL
DAT DAF DACTD
DPSE ONCD
DAGOSP DSI DCFE
DFP UCGPP
DIE PRMP
DIRCOM
DAS EC
Cellule Anti-
PRÉFECTURE Corruption
DISTRICT
Figure 4:L’organigramme du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation (MID) Source : Décret n° 2021-1164 du 27 octobre 2021
27
2.1.2. Fonction des services publics
Ces services jouent un rôle fondamental dans le développement des communes et sont gérés
en coordination avec les services déconcentrés de l'État.
10
Monographie OPCI: « Historique », 6 p.
28
Primaire de niveau 1. Chaque Commune dispose au moins un CEG. Trois lycées dont 01
public assurent l’éducation secondaire de second cycle.
Préscolaire 9 9 10
Ecole primaire 117 57 116 61 395 107 372 1 103 7
Formation technique
Le ratio élève par classe dans le niveau primaire est respectivement de 53 et 48 élèves
pour le public et privé. Pour le niveau secondaire premier cycle, ce ratio est de 60 dans le CEG
public et de 27 pour le collège privé. Au niveau de lycée public, ce ratio est de 65 élèves. Il n’y
a pas de centre de formation technique officielle. Le CEG vert d’Isorana assure à la fois
l’enseignement générale et agricole. Mais la communauté des sœurs d’Isorana offre de
formation à la carte au jeune d’Isandra. D’autres fréquentent le centre de formation agricole
ECAR Andriamboasary.
Environ 36727 enfants et jeunes, soit 25% de la population sont à l’école. L’école privée
draine 20,39% de cette population scolaire. Le taux brut de scolarisation en 2010 est de 73%.
public privé
pub pv pub pv défi pro déf pro
Préscolaire 509 10
Ecole primaire 23508 6619 395 107 372 1 103 7
er 4986 408 76 76
secondaire 1 cycle
nd 393 53 19 7 6
,secondaire 2 cycle
formation technique
29
• Encadrement sanitaire
Sur le plan sanitaire, le district dispose de Centres de Santé de Base (CSB) dans chaque
commune, bien que ces centres soient confrontés à un manque de personnel médical qualifié.
Le document Monographie OPCI indique que les centres de santé sont parfois mal équipés,
avec des délais d’attente longs pour les consultations et des pénuries de médicaments courantes.
Ces centres doivent également faire face à une forte demande de la population, exacerbée par
l’isolement de certaines communes rurales.
Toutes les communes disposent de centre sanitaire, commune membre de l’OPCI dispose
un centre de santé de base niveau II. Plus de 45% des infrastructures sont en mauvaise état. On
compte 02 formations sanitaires privées dans l’OPCI (à Isorana et Soatanana)
Seulement 02 Communes au niveau de l’OPCI ont un médecin. La majorité des CSB sont tenu par
de sage-femme ou infirmière. Le reste est constitué par 21 personnels administratifs (dispensateur,
gardien).
30
en raison de sa géographie et des infrastructures souvent dégradées, présente des défis
significatifs pour l'accès des habitants aux services de base tels que l'éducation et les soins de
santé.
L'un des principaux enjeux concerne l'enseignement. Selon une étude menée par la
Banque mondiale, l'accès aux établissements scolaires dans les zones rurales est souvent limité,
avec des écoles distantes nécessitant des déplacements importants pour les élèves. En outre, des
pénuries de personnel qualifié, comme des enseignants formés, exacerbent les inégalités
éducatives. Des données montrent que de nombreux enfants dans des zones reculées du District
d'Isandra n'ont pas accès à un enseignement de qualité, ce qui impacte leur développement et
leurs perspectives d'avenir11.
Pour ce qui est des soins de santé, les maisons de santé pluri-professionnelles, bien
qu'étant un outil essentiel pour améliorer l'accès aux soins, ne sont souvent pas disponibles dans
des zones isolées. Les rapports de la Cour des comptes indiquent que la répartition inégale des
infrastructures de santé entre les zones urbaines et rurales crée des disparités dans l'accès aux
services médicaux. Les routes en mauvais état et le manque de moyens de transport rendent
difficile l'accès aux structures de santé pour une partie de la population, aggravant ainsi les
inégalités en matière de santé publique.
L'analyse des écarts d'accès aux services entre les zones urbaines et rurales du District
d'Isandra révèle plusieurs facteurs déterminants. Tout d'abord, la géographie joue un rôle
essentiel. Les zones rurales, souvent montagneuses, sont moins accessibles et moins desservies
par les infrastructures de transport. L'absence de routes en bon état limite les déplacements non
seulement pour les usagers des services mais aussi pour le personnel médical et éducatif, qui
trouve difficile de rejoindre ces endroits reculés12.
11
World Bank. (2020). » education à Madagascar », 7p.
12
Rasanandray, A. (2021) : Étude sur l'accès à l'éducation dans les districts ruraux de Madagascar. Thèse de
doctorat, Université de Toamasina.
31
les parents peuvent être réticents à envoyer leurs enfants dans des écoles où le personnel est
inexpérimenté ou absent.
• Éducation
Le district fait face à des défis majeurs en matière de performance éducative. Selon les
statistiques de la Monographie OPCI, les résultats aux examens dans les communes rurales sont
en baisse, en raison du manque de matériel pédagogique, du faible encadrement des élèves, et
de la surcharge des classes. Le ratio élèves/enseignant est particulièrement préoccupant, avec
une moyenne de 45 élèves par enseignant, ce qui compromet la qualité de l’éducation.
Le ratio élève par maitre (fonctionnaire et subventionné) dans le niveau primaire est de 66
élèves. Dans le privé, ce ratio est 43 élèves. Pour le niveau secondaire premier cycle, ce ratio
est de 32 élèves par maître. Au niveau du lycée, on a 30 élèves par maitre.
En 2010, le taux de réussite au CEPE (80%) est en augmentation, tandis que la réussite au
BEPC (43,8%) est en baisse. La majorité des admis au BEPC poursuit leur étude dans le
territoire.
2369 2% 30 % 40 % 20 % 5%
• Santé
13
Monographie OPCI : « Service à la population »25-26p.
32
En ce qui concerne la performance des services de santé, le district rencontre des
difficultés d'efficacité dues à la pénurie de personnel et à l’insuffisance des infrastructures
sanitaires. Les taux de vaccination et de consultation médicale dans certaines communes
sont en deçà des standards, en partie à cause de l’inaccessibilité des CSB et de la mauvaise
répartition des ressources sanitaires.
En 2010, la consultation au niveau des CSB s’élève à 17662 patients contre 6127 dans le
privé. Les femmes qui accouchent au niveau du CSB est de 1775. Le taux moyen de vaccination
est de 84,22%. Le taux de la consultation prénatale est de 25,8%. Le taux de couverture
contraceptive reste encore faible soit 6,2 %, les patients ont accès seulement aux médicaments
basiques tels que :
▪ PHAGECOM : 11
▪ PHACOM : 0
▪ Dépôt de médicament : 0
▪ Mutuel de santé : 04
De ce fait, les principales maladies sont démontrées au tableau ci-dessous :
Paludisme 46 0,2 %
▪ Evacuation sanitaire
▪ Nombre : 165 par an
▪ Moyen : Taxi brousse
33
2.2 LES ENJEUX DE LA DECENTRALISATION
C’est depuis l’antiquité, pendant les règnes des égyptiens, des romains, etc. qu’on a
remarqué les premières formes du développement local par le biais de la décentralisation. Mais
le concept moderne du développement local n’est apparu que vers la fin des années cinquante
sous la forme de théorie du développement endogène, par John Friedmann et Walter Stöhr.
Selon Frédéric TESSON, Il part d’une idée très simple : les potentiels locaux (ressources
naturelles, individuelles, sociales) peuvent mobiliser et orienter le dynamisme
socioéconomique. Ainsi, se sont multipliées les approches consistant à favoriser l’organisation,
l’harmonisation et la synchronisation des ressources locales afin de créer un nouveau genre de
dynamisme. C'est une approche volontariste, axée sur un territoire restreint, élaborant le
développement comme une démarche issue de la population vers les pôles décideurs,
privilégiant ainsi les ressources locales.
Cette décentralisation a vu le jour dans les pays développés mais trois cas sont les plus connus
:
▪ La France
Elle date des années 60. Elle fut une contestation contre une politique de décentralisation
et de régionalisation traduite par l’aménagement du territoire au service du développement
économique de la France. Ces aménagements étaient conçus avec les technocrates mais à
l’échelle nationale. Donc, c’est la contestation d’un développement local technocrate qui est à
l’origine de la forme de décentralisation qu’on voit actuellement.
▪ Les USA
L’expérience de la Sillicon Valley. C’était une initiative privée dans les années 60 et 70
qui a conduit à un SPL.
▪ L’Italie
14
RasolofosonFetrarizoCR_ECO_M2_14 : LES COLLECTIVITES TERRITORIALES
DECENTRALISEES AU CŒUR DU PROCESSUS DE
DEVELOPPEMENT LOCAL, CAS DE LA COMMUNE P.21-24
34
L’Etat a décidé d’aider les régions sud (les plus pauvres) en facilitant l’implantation des
activités dans ces territoires par des mesures de défiscalisation et une politique de migration.
➢ La Décentralisation à Madagascar
NOV 1995 Première élection des maires et des conseils municipaux pour un mandat
de 4 ans
2002 Suite à la crise politique, les gouverneurs, élus, des provinces autonomes
sont remplacées (à titre provisoire) par des Présidents de délégation
Spéciale (PDS), nommés par le Président de la République. Les 6 PDS ont
été remplacés en février 2003
35
NOV 2003 Mise en place des 22 Régions : la Région, à vocation essentiellement
économique et social assure la coordination, l’harmonisation et
l’impulsion du développement économique et social initié à la base (loi
2004 – 001 relative aux régions et décret n° 2004-859 du 17 septembre
2004).
36
Ce tableau retrace le parcours de Madagascar en matière de délégation de pouvoir ou
de transfert de pouvoir. Ce qui est étonnant, ce sujet reste toujours d’actualité malgré l’absence
d’une réelle concrétisation.
37
Tableau 11:récapitulatif du transfert de pouvoir à Madagascar
Source : Maksim Lucien G, Enseignant chercheur, Cours de Droit des Collectivités, Janvier
2009
15
Rapport de la Banque Mondial (2016). » La décentralisation à Madagascar »26-33p.
38
l'efficacité des services publics. Par exemple, certaines communes d'Isandra peinent à maintenir
leurs infrastructures scolaires et sanitaires, en raison des insuffisances budgétaires et de la
mauvaise répartition des fonds entre le district et les communes. De plus, la gestion des
ressources naturelles et des infrastructures de base connaît des blocages dus à des
chevauchements d’attributions avec l’État central.
Figure 5:Processus de décentralisation Source : Vincent Lemieux, 1997, « La décentralisation » : Edition de l’IQRC
D'autre part, les citoyens expriment des opinions mitigées. D'après les entretiens menés,
certains habitants se disent satisfaits des efforts du district pour améliorer l'accès aux services
16
RasolofosonJamesH_ECO_Lic_19 : La Décentralisation appui au développement local à MADAGASCAR : Cas
du District Isandra ,29p.
39
publics, notamment en matière d'éducation et de santé. Cependant, une partie de la population
déplore l'inefficacité de certaines politiques locales, pointant du doigt les retards dans la mise
en œuvre des projets d'infrastructure et la mauvaise gestion des fonds publics.
Un autre défi perçu est le manque de communication entre les autorités locales et les
citoyens, ce qui limite la participation publique et la transparence des décisions. Malgré les
tentatives de mettre en place des cadres de concertation, les citoyens estiment souvent que leurs
voix ne sont pas suffisamment entendues dans le processus décisionnel.
40
2.2.2 Délimitation des attributions
➢ Organe de CTD18
17
MamisoaTahinaMY_ECO_M1_17 : L’Influence de la décentralisation de l’investissement public sur le
développement socio-économique des territoires de MADAGASCAR ,4p.
18
RasolofosonFetrarizoCR_ECO_M2_14 : LES COLLECTIVITES TERRITORIALES
DECENTRALISEES AU CŒUR DU PROCESSUS DE
DEVELOPPEMENT LOCAL, CAS DE LA COMMUNE ,31 p.
41
Figure 6:Figure : organes d’une CTD Source : RasolofosonFetrarizoCR_ECO_M2_14
➢ Qualification 19
Les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) ont pour mission de gérer les
affaires locales dans des domaines essentiels tels que la sécurité publique, l'aménagement du
territoire, le développement économique, et la préservation de l’environnement (Art. 14). Ces
compétences, transférées par l’État, doivent être exercées de manière autonome par chaque
niveau de CTD (commune, région, province) sans tutelle directe de l'État (Art. 18). Les
communes, par exemple, se concentrent sur la gestion des services publics de proximité tels
que l'état civil, la santé de base, et l’éducation primaire (Art. 28). Malgré cette répartition claire,
plusieurs limites sont observées dans la mise en œuvre :
• Manque de ressources
Le transfert des compétences n'est pas toujours accompagné des ressources financières et
matérielles nécessaires, ce qui freine l’efficacité des CTD (Art. 25).
• Capacité administrative
Certaines CTD manquent de capacités techniques et administratives pour gérer efficacement
leurs compétences, notamment en matière de planification et de gestion budgétaire.
19
LOI ORGANIQUE n°2014-018 : régissant les compétences, les modalités d’organisation et de fonctionnement
des Collectivités Territoriales Décentralisées, ainsi que celles de la gestion de leurs propres affaires, 8p
42
[Link] Coordination entre les Districts et les Communes
La collaboration entre le district et les communes est essentielle pour assurer une gestion
locale efficace, mais elle fait face à des défis importants. Bien que le district joue un rôle de
supervision et de soutien technique aux communes dans l'exécution de leurs compétences, des
problèmes de coordination subsistent, notamment en matière de gestion budgétaire et de
réalisation des infrastructures.
Les communes et le district ont tous deux des responsabilités en matière de gestion des
ressources naturelles, notamment pour la préservation de l’environnement et la lutte contre les
feux de brousse. Cependant, il est souvent observé que ces compétences se chevauchent, créant
des confusions entre les différents acteurs. Par exemple, dans certaines régions, des projets de
reforestation ou de gestion des terres sont initiés à la fois par le district et les communes, ce qui
entraîne des duplications d'efforts ou des conflits d'autorité.
43
Cependant, l’absence d’une délimitation claire des compétences, associée à un manque de
coordination entre les deux niveaux, conduit à des retards et des blocages dans l’exécution des
projets.
44
2.3 IMPACT DE LA GESTION ADMINISTRATIVE
• La spécialité : les dépenses et les recettes ne sont autorisées que pour un objet particulier
fixé par le niveau du vote.
• La sincérité : les inscriptions budgétaires ne sont ni surévaluées, ni sous évaluées.
• L’équilibre : le budget de la CTD doit être présenté et voté en équilibre. Le budget est
en équilibre réel lorsque la section de fonctionnement et la section d’investissement sont
l’une et l’autre votées en équilibre.
Le budget des Communes rurales est exécutoire sous deux conditions :
- La publication par voie d’affichage ou par tout autre moyen de diffusion par les soins
du Chef de l’Exécutif.
20
Manuel de procédures budgétaires des Communes rurales de 2ème catégorie. Le cadre général : » Principe
budgétaire » 10p.
45
Selon l’article 23 du décret n° 2015-959 : relatif à la gestion budgétaire et financière des
collectivités territoriales décentralisées. Les documents budgétaires d’une collectivité
territoriale décentralisée sont constitués du :
Figure 7:Structure du budget Source : Manuel de procédures budgétaires des Communes rurales de 2ème catégorie. Le cadre
général : » Principe budgétaire » 10p.
➢ Analyse 22:
21
Décret n° 2015-959 : relatif à la gestion budgétaire et financière des collectivités territoriales
décentralisées,5p
22
Cour des comptes. (2022), « Le budget de l’Etat en 2022 » [Link]
46
Une analyse comparative des besoins budgétaires et des fonds disponibles révèle des
disparités notables. Les besoins en infrastructures, en particulier, excèdent souvent les
allocations budgétaires. Par exemple, un rapport de 2021 indique que le district nécessite
environ 1,5 million d'euros pour la réhabilitation des routes rurales, alors que les fonds
réellement alloués par l'État ne dépassent pas les 600 000 euros. Cette sous-allocation met en
lumière le défi auquel le district est confronté dans l'exécution de projets essentiels à
l'amélioration de la qualité de vie de ses habitants.
La répartition des ressources financières entre les différents secteurs est également
inégalement proportionnée. Alors que l'éducation et la santé reçoivent une attention budgétaire
proportionnelle à leur importance, des secteurs tels que l'eau potable et l'assainissement se
voient souvent négligés, malgré leur impact fondamental sur le bien-être des communautés
rurales.
47
[Link] Contrôle de légalité budgétaire23
Le budget traduit les choix financiers, économiques et politiques de la Collectivité.
Compte tenu de leur importance pour le bon fonctionnement de la CTD et pour la réalisation
de son programme de développement, les documents budgétaires : budget primitif, compte
administratif, budget additionnel et budget rectificatif, doivent faire l’objet d’une attention
particulière.
24
Tableau 12:Le régime de contrôle
23
Manuel de contrôle de légalité des actes de CTD MADAGASCAR 30p.
24
Rapport de la banque mondial (2016). » la décentralisation à Madagascar »,33p.
48
Tableau 14:étapes de la procédure en cas de non adoption du budget dans les délais
Des cas d'irrégularités dans la gestion des comptes budgétaires ont été documentés. Par
exemple, le résultat d'une inspection a révélé que certaines dépenses n'étaient pas correctement
justifiées, et que des délais dépassés pour la soumission des rapports financiers
compromettaient l'intégrité de la gestion budgétaire. Ces irrégularités mettent en évidence la
nécessité d'améliorer la gouvernance et le contrôle des finances publiques, afin d'assurer une
meilleure responsabilité des fonds.
49
2.3.2 Textes réglementaires
L'effet de ces textes sur la performance administrative est significatif, ils permettent une
certaine autonomie aux CTD, favorisant ainsi une approche plus participative dans la gestion
des affaires publiques. Toutefois, l'application de ces lois reste inégale, souvent tributaire des
compétences et ressources disponibles au niveau local.
L'absence de formation continue pour les agents publics sur ces textes représente un
autre défi majeur. Sans une compréhension adéquate des lois et règlements, les fonctionnaires
sont souvent incapables de les appliquer correctement, ce qui limite l’efficacité de
l’administration.
50
rigides issues de textes anciens peuvent retarder la réponse et limiter les capacités
d'intervention.
51
PARTIE 3) DISCUSSIONS ET
RECOMMANDATIONS
3.1. POINT FORTS ET OPPORTUNITES
La décentralisation a joué un rôle crucial dans le rapprochement des services publics des
citoyens, en particulier dans les secteurs de la santé et de l'éducation. Bien que les
infrastructures existantes soient souvent limitées, la présence de centres de santé de base et
d'écoles dans presque toutes les communes a considérablement amélioré l'accessibilité pour la
population locale. Cela a permis de répondre plus efficacement aux besoins fondamentaux des
citoyens, en particulier dans les zones rurales où l'accès à ces services était historiquement
difficile.
52
3.1.4 Développement économique local
La gestion des ressources naturelles et des infrastructures locales, qui relèvent des
compétences des collectivités territoriales, ouvre des perspectives prometteuses pour un
développement économique durable. L'amélioration des infrastructures de transport et de
communication, par exemple, peut faciliter l'accès aux marchés pour les producteurs locaux,
stimulant ainsi l'économie régionale. En investissant dans ces infrastructures, on peut non
seulement améliorer la qualité de vie des habitants, mais aussi contribuer à la réduction de la
pauvreté, en particulier dans les zones rurales où les opportunités économiques sont souvent
limitées.
53
3.2. FAIBLESSES ET MENACES
L'un des principaux défis auxquels le District d'Isandra est confronté réside dans le
manque de ressources financières adéquates. Bien que la décentralisation offre une certaine
autonomie dans la gestion des affaires locales, les fonds alloués par l'État demeurent
insuffisants pour répondre aux besoins croissants des secteurs de la santé, de l'éducation et des
infrastructures. Les subventions de l'État, souvent tardives ou en quantités limitées, entravent
la capacité des collectivités locales à mettre en œuvre efficacement leurs politiques publiques.
Cette situation conduit à des retards ou à l'annulation de plusieurs projets de développement,
affectant directement la qualité des services offerts aux citoyens.
Un autre obstacle majeur réside dans la mauvaise coordination entre le district et les
communes sous sa responsabilité. Le manque de communication et de collaboration entre les
différents niveaux d'administration entraîne des duplications d'efforts et une mauvaise
répartition des tâches. Par exemple, certains projets d'infrastructure, tels que la construction de
routes, sont souvent retardés ou mal gérés en raison d'une confusion des responsabilités entre
les autorités du district et celles des communes. Cette situation nuit à l'efficacité des
interventions et peut engendrer des frustrations au sein de la population, qui attend des résultats
concrets.
54
3.2.4 Menaces liées à la gestion des ressources naturelles
La gestion des ressources naturelles constitue également une menace potentielle pour le
développement durable du District d'Isandra. L'exploitation non durable des ressources peut
entraîner des dégradations environnementales, compromettant ainsi la capacité des générations
futures à bénéficier de ces ressources. De plus, les changements climatiques et les catastrophes
naturelles représentent des risques accrus pour les communautés locales, exacerbant les
vulnérabilités économiques et sociales. Il est donc essentiel d'adopter des pratiques de gestion
durable pour protéger les ressources locales tout en assurant un développement économique
viable.
55
3.3. RECOMMANDATIONS
La gestion des affaires publiques doit être appuyée par des outils modernes de suivi et
d’évaluation des projets et des budgets. Le district pourrait adopter des logiciels de gestion
budgétaire adaptés aux réalités locales afin de mieux suivre l'exécution des projets publics.
Il est nécessaire d’améliorer la coordination entre le district et les communes pour éviter
les chevauchements d’attributions et les retards dans la réalisation des projets.
Des réunions régulières entre les autorités locales des différentes communes devraient
être instaurées pour mieux planifier et coordonner les actions en mettant en place un comité de
coordination qui réunit régulièrement les chefs des différentes communes pour évaluer les
besoins, partager les ressources, et synchroniser les projets.
56
Les subventions de l’État étant souvent insuffisantes et irrégulières, le district doit
chercher à diversifier ses sources de financement. Cela peut se faire par la mobilisation des
ressources locales via une meilleure collecte des taxes, ainsi que par la coopération
décentralisée avec d'autres régions ou pays.
Renforcer les mécanismes de collecte des taxes locales en mettant en place des
programmes de sensibilisation pour encourager les citoyens à payer leurs taxes, tout en
modernisant les systèmes de collecte.
Il est essentiel de revoir les priorités budgétaires au sein du district pour allouer les
ressources là où elles sont les plus nécessaires. La gestion budgétaire doit être axée sur des
priorités locales clairement définies, avec un suivi strict des dépenses pour éviter le gaspillage
et les détournements.
Établir des budgets participatifs, où les citoyens et les autorités locales déterminent
ensemble les priorités de dépenses publiques, afin de mieux répondre aux besoins réels de la
population.
Le contrôle de la légalité des dépenses doit être renforcé pour garantir une gestion
budgétaire transparente et efficace. Les procédures de vérification des dépenses publiques
doivent être revues pour s’assurer que les fonds sont utilisés à bon escient.
Instaurer des audits réguliers et indépendants des comptes du district, en partenariat avec
des organismes de contrôle externes, pour assurer une plus grande transparence dans la gestion
budgétaire.
57
3.3.3 Mise à jour des textes réglementaires
Certains textes juridiques qui encadrent la gestion des CTD sont obsolètes ou ne tiennent
plus compte des réalités locales. Une mise à jour des textes réglementaires est nécessaire pour
clarifier les compétences des différentes entités administratives et éviter les chevauchements
d’attributions.
Il est impératif de proposer une réforme législative qui clarifie les attributions
respectives des districts et des communes, et qui instaure des mécanismes pour encourager la
coopération intercommunale.
Les lois actuelles doivent être adaptées aux réalités spécifiques du District Isandra,
notamment en ce qui concerne la gestion des ressources naturelles et des infrastructures. Les
textes doivent permettre une plus grande flexibilité aux responsables locaux pour adapter les
décisions à leur contexte.
Proposer des amendements aux lois existantes en tenant compte des particularités
locales, comme la répartition des compétences en matière de gestion des ressources naturelles.
58
3.3.4 Amélioration de la gestion des services publics
L’amélioration des infrastructures de base telles que les routes, les écoles, et les centres
de santé est essentielle pour le développement du district. Le district doit s’assurer que les
infrastructures sont construites et entretenues régulièrement, avec une planification à long
terme.
Le district doit mettre en place des stratégies pour rendre les services publics plus
accessibles à la population, notamment dans les zones rurales reculées. Il est crucial de
rapprocher les centres de santé et les écoles des habitants pour répondre à leurs besoins de base.
Construire des centres multiservices dans les communes rurales, regroupant des services
de santé, d’éducation, et des infrastructures administratives pour faciliter l’accès des citoyens.
La gestion durable des ressources naturelles est un enjeu capital pour le District Isandra.
Des mesures doivent être prises pour protéger les ressources locales tout en assurant un
développement durable des activités économiques.
59
CONCLUSION
En somme, l'administration publique occupe une place centrale dans le développement
local, surtout dans le cadre de la décentralisation qui vise à améliorer l'accès aux services pour
les citoyens. Les réformes de décentralisation à Madagascar ont permis de renforcer l'autonomie
des CTD, mais des défis subsistent, notamment en matière de gestion des ressources et de
coordination entre les différents niveaux administratifs.
Les Districts ayant une structure organisationnelle bien définie ont réussi à améliorer
l'efficacité de leurs services publics. La mise en place d'un cadre de coordination et de
communication entre les différents niveaux administratifs a été identifiée comme un facteur clé
dans l'amélioration de l'accès et de la qualité des services offerts, validant ainsi notre première
hypothèse.
La deuxième hypothèse est également confirmée étant donné que les résultats montrent
la répartition floue des compétences entre le district et les communes entraîne des surcharges
de responsabilités et des problèmes de coordination, ce qui ralentit le développement local. Les
difficultés de collaboration entre les niveaux d’administration ont été identifiées comme un
obstacle majeur à une gestion efficace.
Cette recherche ouvre la voie à des études futures sur la manière dont d'autres districts
malgaches gèrent des défis similaires liés à la décentralisation. Une question pertinente pour
des recherches ultérieures pourrait être : Comment la participation des citoyens dans la gestion
des affaires publiques peut-elle être renforcée pour améliorer encore davantage l'efficacité des
services dans le cadre de la décentralisation ? Cette question pourrait conduire à des
investigations approfondies sur les mécanismes de participation et d'engagement citoyen,
contribuant ainsi à une meilleure gouvernance locale.
60
BIBLIOGRAPHIE
• Sources orales
Interviews auprès de :
• Sources juridiques
Décret n° 2015-959 : relatif à la gestion budgétaire et financière des collectivités territoriales
décentralisées,5p.
Décret n° 2015-960 : fixant les attributions du chef de l’exécutif des Collectivités territoriales
décentralisées,2-4 p.
Loi n° 2014-020 sur les ressources des collectivités locales,5 p.
• Thèses et mémoires
MamisoaTahinaMY_ECO_M1_17 : L’Influence de la décentralisation de l’investissement
public sur le développement socio-économique des territoires de MADAGASCAR 4p.
Rasanandray, A. (2021) : Étude sur l'accès à l'éducation dans les districts ruraux de
Madagascar. Thèse de doctorat, Université de Toamasina.
• Rapports
61
PNUD. (2017). Rapport sur le développement humain 2017 : » La décentralisation et la
gouvernance locale »,45p.
• Documents
62
WEBOGAPHIE
« Déclarations et textes décrets concernant la décentralisation » (1982-2003).
[Link] Page consulté le 30/09/2024
63
LISTE DES ANNEXES
ANNEXE 1 : BUREAU DU DISTRICT ISANDRA
XI
ANNEXE 2 : LE PARALLELISME ADMINISTRATIF
XII
TABLE DES MATIERES
AVANT-PROPOS ................................................................................................................... II
RESUME ................................................................................................................................. IV
SOMMAIRE ............................................................................................................................ X
INTRODUCTION .................................................................................................................... 1
XIII
[Link] Observation ............................................................................................................................ 19
[Link] Limites rencontrées durant le stage....................................................................................... 19
1.3.2 NOTION THEORIQUES ..................................................................................................................... 21
[Link] Administration publique ........................................................................................................ 21
[Link] Décentralisation ..................................................................................................................... 21
[Link] Collectivités Territoriales Décentralisées ............................................................................... 22
[Link] Historique de la décentralisation à Madagascar .................................................................... 22
XIV
3.2.4 MENACES LIEES A LA GESTION DES RESSOURCES NATURELLES ................................................................. 55
3.3. RECOMMANDATIONS ....................................................................................................... 56
3.3.1 AMELIORATION DE LA GESTION ADMINISTRATIVE ................................................................................. 56
3.3.2 OPTIMISATION DE LA GESTION BUDGETAIRE........................................................................................ 56
3.3.3 MISE A JOUR DES TEXTES REGLEMENTAIRES ........................................................................................ 58
3.3.4 AMELIORATION DE LA GESTION DES SERVICES PUBLICS .......................................................................... 59
CONCLUSION ....................................................................................................................... 60
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................. 61
WEBOGAPHIE ...................................................................................................................... 63
XV