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Projet de fin d’études

Université Cadi Ayyad Groupe Office Chérifien des Phosphates


Ecole Nationale des Sciences Appliquées Pôle Industriel/Maroc Phosphore
Safi Safi

MEMOIRE DE PROJET DE FIN D’ETUDES


Effectué en vue de l’obtention du diplôme d’Ingénieur d’Etat
En Génie des Procédés et Matériaux Céramiques

Thème :

Optimisation de la désulfatation-décantation de l’acide


phosphorique des lignes NISSAN

Encadré par :

M. Mohamed LECHGAR (OCP) M. Fahd OUDRHIRI HASSANI (ENSA de Safi)

Réalisé par :

Rachid SEMLALI EL IDRISSI & Jihad Daryf

Service : IDS/M/P/E

Période : Du 15/02/2012 au 15/06/2012


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Projet de fin d’études

SUJET DE STAGE

La désulfatation de la bouillie d'acide phosphorique est une opération nécessaire pour


répondre aux exigences qualité de nos clients en termes de sulfates libres. Cette opération
entrave la marche des unités filtration NISSAN et par voie de conséquence la limitation des
cadences de marche.
Maroc phosphore I envisage la solution de la désulfatation d'acide 30% après
filtration, il est demandé de:
Faire un bilan matière au niveau du décanteur dédié à cette opération de
traitement.
Déterminer la capacité maximale de désulfatation.
Optimiser la génération et le recyclage des boues décantées.
Déterminer la marche optimale avec génération d'un taux de solide conforme au
niveau de l'over flow du décanteur.
Comparer la désulfatation d'acide 30% à l'atelier de traitement acide 54% de
Maroc Chimie.
Envisager la production d'acide reconcentré (60% P2O5) destiné au client
FOSBRASIL à base d'un acide produit 30% traité au niveau des décanteurs.
Voir la possibilité de recycler la totalité des boues générées au niveau de l'atelier
de stockage dans le décanteur.

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Projet de fin d’études

DEDICACE

A nos parents

A nos frères et sœurs

A tous les membres de nos familles

A tous ceux qui nous sont chers…

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Projet de fin d’études

REMERCIEMENT

Au terme de ce projet de fin des études, nous tenons tout d’abord à


adresser nos sincères remerciements à M. MAHROU, chef de la division, qui
nous a donné la possibilité de réaliser notre travail au sein du service Stockage
et expédition de MPI.

Nous remercions également, notre responsable de stage à l'OCP,


M. LECHGAR chef du service stockage et expédition ainsi que notre
encadrant à l'ENSA de Safi M. OUDRHIRI, qui sans eux, ce projet n’aurait
pas vu le jour.

Nous ne saurions remercier suffisamment M. LOUHZ, chef de service


phosphorique, pour son aide et son encouragement tout au long de notre
période de stage.

Nos remerciements vont aussi à M. BOUSBOULA, M. ELKARARI et


tout le personnel du service stockage et expédition pour leurs aides, leurs
soutiens et tous documents qu’ils nous ont fournis.

Enfin, à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à l'élaboration de


ce mémoire, qu'ils trouvent ici l'expression de notre profonde gratitude.

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Projet de fin d’études

RESUME

La production de l'acide phosphorique par le procédé humide, de Maroc Phosphore I,


consiste en la dissolution du minerai de phosphate dans l'acide sulfurique. Ceci conduit à un
mélange de l'acide phosphorique et de diverses impuretés, principalement les sulfates libres.
La purification de l'acide phosphorique se fait par une opération de désulfatation-décantation.
La désulfatation se fait en premier lieu par ajout du phosphate broyé à l’acide phosphorique
que nous voulons purifier. Ensuite, une décantation est réalisée dans un décanteur à
recirculation des boues dans le but est de séparer le liquide clarifié des boues générées.
Dans cette étude nous avons choisi de traiter le problème d’optimisation de la
désulfatation-décantation de l'acide phosphorique. Le travail effectué se décline en plusieurs
phases dont la première est l’établissement d’un bilan matière au niveau de système de
désulfatation-décantation afin de calculer la quantité de phosphate broyé à ajouter. Puis
l'établissement d'une étude expérimentale dont les résultats ont servi comme donnés à la
détermination de la capacité maximale qu’on peut désulfater. Ensuite nous avons fait une
comparaison entre le processus de désulfatation-décantation de Maroc Phosphore 1 et celui de
l'atelier Traitement d'acide de Maroc chimie en vue d’apporter quelques améliorations
possibles à notre système (MP1) .La dernière phase consistera en la modélisation du taux de
solide d’acide clarifié et ceci en utilisant comme outil les plans d’expériences.

Mots-clés : acide phosphorique, phosphate, sulfates libres, désulfatation, décantation,


décanteur à recirculation des boues, plans d’expériences

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‫‪Projet de fin d’études‬‬

‫يهخص‬
‫ذرًثم عًه‪ٛ‬ح إَراج الحامض انفٕسفٕس٘ ‪،‬تانٕحذج انصُاع‪ٛ‬ح فسفٕس انًغشب األٔل‪ ،‬ف‪ ٙ‬ذفاعم انفٕسفاط‬
‫انخاو يع حًض انكثش‪ٚ‬ر‪ٛ‬ك‪ْٔ .‬زا ‪ٚ‬ؤد٘ إنٗ يض‪ٚ‬ح يٍ الحامض انفٕسفٕس٘ ٔانشٕائة انًخرهفح انر‪ٙ‬‬
‫َزكش يٍ ت‪ُٓٛ‬ا انكثش‪ٚ‬راخ انحشج‪ .‬ذرى عًه‪ٛ‬ح ذُق‪ٛ‬ح حًض انفٕسفٕس‪ٚ‬ك يٍ خالل عًه‪ٛ‬ح ك‪ًٛٛ‬ائ‪ٛ‬ح ذسًٗ‬
‫"إصانح انكثش‪ٚ‬راخ" ‪٠‬‬

‫أٔال‪ ،‬ذرى "إصانح انكثش‪ٚ‬راخ" ف‪ ٙ‬يفاعم تئضافح انفٕسفاط عهٗ الحامض انفٕسفٕس٘ انًشاد ذُق‪ٛ‬رّ‪ .‬ثى‬
‫ذه‪ٓٛ‬ا عًه‪ٛ‬ح انرصف‪ٛ‬ح يٍ أخم فصم انسائم انًصفٗ(الحامضانفٕسفٕس٘) ٔانٕحم انُاذح عٍ إضافح‬
‫انفٕسفاط‪٠‬‬

‫في هذه الدراسة اخترنا كموضوع "تحسين عمليتي إزالة الكبريتات وتصفية الحامض الفوسفوري"‪٠‬‬

‫ٔذُقسى ْزِ انذساسح إنٗ عذج يشاحم‪ ،‬أٔنٓا ْٕ ذحق‪ٛ‬ق ذٕاصٌ انًادج ف‪َ ٙ‬ظاو انرخهص يٍ يادج‬
‫انكثش‪ٚ‬راخ‪ٔ،‬رنك نحساب كً‪ٛ‬ح انفٕسفاط انر‪ًٚ ٙ‬كٍ اٌ ذضاف‪ ٠‬ثى ‪ٚ‬رى إخشاء دساسح ذدش‪ٚ‬ث‪ٛ‬ح نهرصف‪ٛ‬ح‬
‫ح‪ٛ‬ث اسرخذيد انُرائح عهٗ انُحٕ انٕاسد ف‪ ٙ‬ذحذ‪ٚ‬ذ انكً‪ٛ‬ح انقصٕٖ نهحايض انفٕسفٕس٘ انًًكٍ‬
‫يعاندرٓا‪ .‬ثى قًُا تًقاسَح عًه‪ٛ‬ر‪" ٙ‬إصانح انكثش‪ٚ‬راخ" ٔانرصف‪ٛ‬ح ت‪ ٍٛ‬انٕحذج انصُاع‪ٛ‬ح فسفٕس انًغشب‬
‫األٔل ٔيحطح يعاندح انحايض انفٕسفٕس٘ تك‪ًٛٛ‬اء انًغشب إلخشاء تعضا نرحس‪ُٛ‬اخ عهٗ انُظاو نذ‪ُٚ‬ا‪.‬‬
‫ٔانًشحهح انُٓائ‪ٛ‬ح ‪ٚ‬رى ًَزخح يعذل انصهة ف‪ ٙ‬انحايض انفٕسفٕس٘ تاسرخذاو كٕس‪ٛ‬هح ذصً‪ٛ‬ى‬
‫انرداسب‪٠‬‬

‫‪Page | 6‬‬
Projet de fin d’études

ABSTRACT

The production of phosphoric acid by the wet process, in the unit phosphoric of
Morocco Phosphorus I, involves the dissolution of phosphate ore in sulfuric acid. This leads
to amixture of phosphoric acid and various impurities, mainly free sulfates.
The purification of phosphoric acid is done by an operation of sulphates removal and
settling. In the first place the removal of sulphates takes place in a reactor by addition of
phosphate with phosphoric acid to be purified. Then, the settling is carried out in a decanter
with a sludge recirculationin order to separate the liquid clarified and the settled sludge.
In this study we chose to treat the optimization problem of sulphates removal and
settling of phosphoric acid. The work is divided into several phases; the first is to establish a
material balance for the system of sulphates removal and settling in order to calculate the
amount of phosphate to be added. Then an experimental study about settling is performed
and the results were used as given in determining the maximum capacity of phosphoric acid
to be purified. Then we made a comparison between the two operations of sulfates removal-
settling in Morocco Phosphorus I and one in Morocco chemistry to make some
improvements to our system. The final phase will be the modeling of solids content in the
acid clarified using as a tool designed experiments.

Keywords: phosphoric acid, phosphate, sulfates free, sulphates removal, settling, clarifier
with sludge recirculation, design of experiments.

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Projet de fin d’études

Liste des figures

Figure 1.1 Schéma de Maroc phosphore I .......................................................................... 22


Figure 1.2 Schéma de l'unité broyage ................................................................................. 24
Figure 1.3 Schéma de l'unité réaction ................................................................................. 26
Figure 1.4 Schéma de l'unité filtration ................................................................................ 27
Figure 1.5 Schéma d'un échelon de concentration .............................................................. 29
Figure 1.6 Schéma du stockage de l'acide phosphorique .................................................... 31
Figure 1.7 Schéma de l'expédition de l'acide phosphorique ............................................... 32
Figure 1.8 Schéma du procédé RHONE-POULENC ......................................................... 32
Figure 2.1 Courbe de sédimentation (h,t) ........................................................................... 42
Figure 2.2 Forces agissantes sur la particule ....................................................................... 43
Figure 2.2 Schéma d’un décanteur circulaire classique....................................................... 46
Figure 3.1 Unité désulfatation ............................................................................................. 49
Figure 3.2 Désulfatation d’une seule ligne (circuit fermé) ................................................. 54
Figure 3.3 Désulfatation d’une seule ligne (circuit ouvert) ................................................ 55
Figure 3.4 Variation de volume (cm3 ) en fonction du temps (min) lors de la
sédimentation en éprouvette ................................................................................................ 58
Figure 3.5 Détermination du temps de séjour (1 ère méthode) ............................................. 59
ère
Figure 3.6 Détermination du temps de séjour (1 méthode) lors du premier essai de
décantation ........................................................................................................................... 59
Figure 3.7 Double décantation ............................................................................................ 62
Figure 4.1 Comparaison des courbes de sédimentation avec et sans recyclage des boues.. 65
Figure 4.2 Schéma du décanteur avec recirculation des boues ........................................... 66
Figure 4.3 Système à étudier ............................................................................................... 70
Figure 4.4 Résultats selon JMP 10 ...................................................................................... 73
Figure 4.5 Effet de l'interaction des facteurs taux de solide de l'acide et taux de solide
des boues ............................................................................................................................. 76
Figure 4.6.a Cartographie du taux de solide en fonction des facteurs densité et taux de
solide dans l'acide ................................................................................................................ 77
Figure 4.6.b Cartographie du taux de solide en fonction des facteurs densité et taux de
boues...................................................................................................................................... 77

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Projet de fin d’études

Figure 4.6.c Cartographie du taux de solide en fonction des facteurs taux de solide dans
l'acide et taux de solide dans les boues ................................................................................ 78
Figure 5.1 Production de l'acide phosphorique "FOSBRASIL".......................................... 82
Figure 5.2 Flowsheet de l'atelier TA (Réacteur de désulfatation ........................................ 85
Figure 5.3 Comparaison entre l’atelier TA de MC et l’unité désulfatation de MP1 ........... 87
Figure 5.4 Débouchage manuel de conduite ....................................................................... 90
Figure 5.5.a Transfert par débordement .............................................................................. 91
Figure 5.5.b Transfert via une pompe ................................................................................. 91
Figure 5.6 Doseur de phosphate (Atelier TA) ..................................................................... 92

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Projet de fin d’études

Liste des tableaux

Tableau 2.1 Composition représentative du phosphate brut G10 et de ses acides 30% et
54% en P2 O5 ....................................................................................................................... 35
Tableau 2.2 Analyse des impuretés des différentes qualités du phosphate brut de
Youssoufia ......................................................................................................................... 36
Tableau 2.3 Influence des principales impuretés contenues dans l’acide phosphorique .. 39
Tableau 3.1 Temps de séjour relatif à chaque essai de sédimentation ............................. 60
Tableau 4.1 Donnés du plan d’expériences ...................................................................... 71
Tableau 4.2 Matrice d’expériences et leurs réponses ....................................................... 71
Tableau 4.3 Matrice d’expériences et résultats avec les interactions entre les facteurs ... 72
Tableau 5.1 Exigences du client "FOSBRASIL" au niveau de l'acide phosphorique ...... 81
Tableau 5.2 Comparaison des paramètres de marche ....................................................... 88
Tableau 5.3 Comparaison des équipements ..................................................................... 89

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Projet de fin d’études

LISTE DES ABREVIATIONS

APP: Acide Phosphorique Purifié.


CAP: Concentration d’Acide Phosphorique.
DAP: Di-Ammonium Phosphate.
DCP: Di Calcic Phosphate.
MAP: Mono-Ammonium Phosphate.
MCP: Mono Calcic phosphate.
MPI: Maroc Phosphore I.
NPK: engrais à base d’azote (N), phosphore(P) et de potassium(K).
OCP: Office Chérifien des Phosphates.
PC, MC: Maroc chimie.
PP , MP1: Maroc phosphore 1.
PM, MP2: Maroc phosphore 2.
PI: Infrastructure portuaire.
TSP: Triple Super Phosphate.
B.M: Bilan matière.

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Projet de fin d’études

Sommaire
Sujet de stage .................................................................................................................... 02
Dédicace ............................................................................................................................ 03
Remerciement .................................................................................................................. 04
Résumé .............................................................................................................................. 05

‫ م لخص‬.............................................................................................................................. 06
Abstract ............................................................................................................................ 07
Liste des figures ................................................................................................................ 08
Liste des tableaux ............................................................................................................. 10
Liste des abréviations ...................................................................................................... 11
Table des matiè res ........................................................................................................... 12
Introduction générale ...................................................................................................... 15

Chapitre 1: Présentation du groupe OCP & Procédé de fabrication de l'acide


phosphorique
I- Introduction .................................................................................................................. 18
II- Aperçu géné ral du groupe OCP ................................................................................ 18
II.1- Quelques dates clés ................................................................................................ 18
II.2- Phosphates: Quelques repères ................................................................................ 19
II.3- Diversification des produits de l’OCP ................................................................... 20
III- Description du pôle industriel: Maroc phosphore Safi ......................................... 21
III.1- Maroc Chimie (IDS/PC) ....................................................................................... 21
III.2- Maroc Phosphore I (IDS/PP) ................................................................................ 21
III.3-Maroc Phosphore II (IDS/PM) ............................................................................... 23
III.4. Infrastructure portuaire de Safi (IDS/PI) ............................................................... 23
IV- Procédé de fabrication de l'acide phosphorique ..................................................... 23
IV.1- Procédé NISSAN .................................................................................................. 23
IV.2- Procédé RHONE-POULENC ............................................................................... 32
V- Conclusion ............................................................................................................................ 33

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Projet de fin d’études

Chapitre 2: Etude bibliographique


I- Introduction .................................................................................................................. 35
II- Composition et impuretés du phos phate et de l'acide phosphorique .................... 35
II.1- Composition du phosphate et de l'acide phosphorique .......................................... 35
II.2- Impuretés dans l'acide phosphorique ...................................................................... 36
III- Source et influence des impuretés dans l'acide phosphorique ............................. 38
III.1- Sources d’impuretés de l’acide phosphorique ...................................................... 38
III.2- Influence des impuretés de l’acide......................................................................... 38
IV- Purification de l'acide phosphorique .................... ................................................... 40
IV.1- Raisons de la purification de l’acide phosphorique .............................................. 40
IV.2- Procédés de purification d’acide phosphorique à l’OCP ...................................... 40
IV.3- Décantation ........................................................................................................... 41
IV.3.1- Théorie de décantation .................................................................................. 41
IV.3.2- Théorie de KYNCH ...................................................................................... 42
IV.3.3- Types de suspensions en décantation ............................................................ 44
IV.3.4- Vitesse de sédimentation des particules dans un liquide .............................. 45
IV.3.5- Exemples des équipements de décantation ................................................... 45
V- Conclusion ................................................................................................................... 47
Chapitre 3: Bilan matiè re/ unité désulfatation & Capacité maximale de
désulfatation
I- Introduction .................................................................................................................. 49
II- Bilan matiè re ............................................................................................................... 49
II.1- Calcul du taux de sulfate requis ............................................................................. 50
II.2- Calcul du débit de phosphate requis ....................................................................... 51
II.3- Bilan matière .......................................................................................................... 53
III- Détermination de la capacité maximale de désulfatation-Décantation ............... 57
III.1- Essais expérimentaux de décantation .................................................................... 57
III.2- Détermination du temps de séjour (résolution graphique) .................................... 59
III.3- Détermination de la capacité maximale de décantation ........................................ 60
III.4- Détermination de la capacité maximale de désulfatation ...................................... 61
IV- Double décantation ................................................................................................... 62
IV- Conclusion ................................................................................................................. 62

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Projet de fin d’études

Chapitre 4: Optimisation de la décantation d’acide phosphorique et de la


génération de boues

I- Introduction .................................................................................................................. 64
II- Importance de la recirculation des boues ................................................................ 64
III- Bilan en matière solide au niveau du décanteur .................................................... 65
IV- Plan d'expériences factoriel complet ....................................................................... 68
IV.1- Terminologie ......................................................................................................... 68
IV.2- Objectifs du plan d’expériences ............................................................................ 68
IV.3- Hypothèses ............................................................................................................ 69
IV.4- Système à étudier .................................................................................................. 70
V- Conclusion ................................................................................................................... 79
V- Solutions et améliorations proposées......................................................................... 79

Chapitre 5: Optimisation de la décantation d’acide phosphorique et de la


génération de boues

I- Introduction .................................................................................................................. 81
II- Acide « FOSBRASIL » .............................................................................................. 81
IV.1- Présentation du client « FOSBRASIL » ............................................................... 81
IV.2- Production de l’acide « FOSBRASIL » ................................................................ 82
III- Comparaison entre l’atelier TA de MC et l’unité désulfatation de MP1 ........... 84
III.1- Présentation de l'atelier traitement d'acide de MC ................................................ 84
III.2- Comparaison entre l’atelier TA de MC et l’unité désulfatation de MP1 ............. 87
III.2.1- Paramètres de marche ..................................................................................... 88
III.2.2- Equipements et dimensionnement .................................................................. 89
III.2.3- Recyclage des boues ....................................................................................... 89
III.3- Points à améliorer au niveau de l’unité désulfatation de MP1 .............................. 90
III.3.1- Installation d'un cyclone en amont du réacteur de désulfatation ..................... 90
III.3.2- Installation d'une pompe de transfert entre le réacteur et le décanteur ............ 90
III.3.3- Installation d'un doseur de phosphate en aval de la trémie .............................. 92
V- Conclusion ................................................................................................................... 92
Conclusion générale ......................................................................................................... 93
Références bibliographiques ........................................................................................... 95

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Projet de fin d’études

INTRODUCTION GENERALE

Ces dernières décennies, il s’est développé une prise de conscience de l’importance


des équilibres écologiques dans le milieu naturel, équilibres menacés par la pollution
industrielle. Un nouvel état d’esprit préside : on cherche à réduire au maximum la pollution
des milieux récepteurs.

Les phosphates (par suite l’acide phosphorique) qui sont répandus massivement dans
le sol doivent par conséquence contenir le moins d’impuretés.

Dans cette optique, Maroc Phosphore I s’intéresse à la purification de l’acide


phosphorique produit par voie humide. Ce milieu contient les sulfates libres qui sont
considérés comme des impuretés. Afin d’éliminer ces sulfates libres, l’atelier phosphorique
NISSAN de Maroc phosphorique I adopte un procédé de désulfatation suivie d’une
décantation.

Dans ce contexte, s’inscrit notre projet intitulé «Optimisation de la désulfatation-


décantation de l’acide phosphorique des lignes NISSAN».

Ainsi, dans le premier chapitre de ce mémoire, nous la consacrerons à la présentation


d’abord groupe Office Chérifien des Phosphates (OCP) qui est groupe responsable de la
fabrication de l'acide phosphorique au Maroc.

Ensuite, en deuxième chapitre, nous définirons dans une revue de littérature les
différentes impuretés susceptibles de nuire à la qualité de l’acide phosphorique parmi
lesquelles les sulfates libres. Aussi, nous allons aborder l’opération de désulfatation-
décantation permettant d’éliminer les sulfates libres et de débarrasser l’acide désulfaté d u
solide pour avoir un acide clarifié respectivement.

La désulfatation consiste à ajouter du phosphate à l'acide phosphorique produit afin de


diminuer ce taux de sulfate. Un bilan matière autour de l'unité désulfatation est établi dans le
troisième chapitre afin de connaître la quantité exacte de phosphate à ajouter. Ainsi que

Page | 15
Projet de fin d’études

dans le même chapitre des essais expérimentaux seront réalisées visant à visualiser le
comportement du mélange dans le décanteur.

Le quatrième chapitre sera consacré à une comparaison entre l'unité désulfatation de


Maroc Phosphore I et l'atelier Traitement d'Acide de Maroc Chimie qui nous permettra de
déterminer les points à améliorer au niveau de l'unité de Maroc Phosphore I.

Enfin en dernier chapitre, nous allons montrer d’une part l’importance de recyclage
des boues dans le décanteur et d’autre part nous allons utiliser comme outil les plans
d’expériences pour modéliser et optimiser le taux de solide dans l’acide clarifié à la sortie du
décanteur.

Page | 16
Projet de fin d’études

CHAPITRE 1 :

PRESENTATION DU GROUPE
OCP
&
PROCEDE DE FABRICATION DE
L'ACIDE PHOSPHORIQUE

Page | 17
Projet de fin d’études

I. Introduction

L'acide phosphorique est un composé chimique qui présente une grande importance au
niveau industriel car il intervient dans de nombreuses applications telles que la fabrication
des engrais phosphatés, le traitement des surfaces métalliques, la synthèse organique, la
fabrication des détergents, l'industrie alimentaire, etc.

De par son importance dans cette étude, le processus de production de l'acide


phosphorique est décrit plus en détail dans ce premier chapitre. Cependant, avant de
présenter cette description il est utile de présenter le groupe Office Chérifien des Phosphates
(OCP) qui est groupe responsable de la fabrication de l'acide phosphorique au Maroc.

II. Aperçu général du groupe OCP

Leader mondial sur le marché du phosphate et produits dérivés, créé en 1920 en tant
qu’office devenu société anonyme en 2008, l’OCP est spécialisé dans l’extraction, la
valorisation et la commercialisation du phosphate et ses produits dérivés.

L'OCP a pour mission de maximiser la contribution globale des ressources


phosphatières au développement national dans le respect de ses responsabilités sociétales et
environnementales.

Ses 90 ans d’expérience dans la mine et 45 ans dans la chimie lui permettent d’offrir
l’une des plus larges gammes de roche pour divers usages.

L'OCP joue un rôle économique et social important dans les six régions du Maroc où
se trouvent ses quatre centres miniers et ses deux centres industriels : Benguerir, Khouribga,
Laâyoune, Youssoufia, JorfLasfar et Safi. Il emploie directement plus de 18000 personnes.
Il y crée richesses et emplois, y dispense des formations, s’y approvisionne ou sous-traite
auprès d’un réseau dense d’entreprises locales qu’il contribue parfois à créer [1].

II.1.Quelques dates clés

1920 : Création, le 7 Août, de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP)

1921 : Début de l’exploitation minière (Khouribga)

1921 : Première exportation de phosphate (Casablanca)


Page | 18
Projet de fin d’études

1965 : Début des opérations chimiques (Safi)

1975 : Création du Groupe OCP

1998 : Début de la production d’acide phosphorique purifié (JorfLasfar)

2008 : Le Groupe OCP devient OCP S.A.

II.2.Phosphates : Quelques repères

>>Le phosphore, dont le minerai de phosphate est riche, est essentiel à toute forme de
vie : il ne peut y avoir d’ADN sans phosphore. Environ 1% du poids d’un être humain est
composé de phosphore, entretenu par les aliments absorbés et se fixant, notamment, dans les
cellules, où il sert de support à l’énergie, et dans les os et les dents.

>>Environ 85% de l’utilisation des phosphates concernent la production d’engrais, le


reste étant à usage industriel et d’additifs alimentaires.

>>Les principales réserves de minerai de phosphate dans le monde proviennent de


dépôts sédimentaires des bassins océaniques préhistoriques, où la vie marine prospérait.
Elles sont estimées à plusieurs siècles d’exploitations pour le Maroc, détenteur des
premières réserves mondiales.

>>Au-delà de l’eau et du rayonnement solaire, les plantes ont un besoin vital de trois
composants essentiels à leur développement harmonieux : l’azote (N), le phosphore (P) et le
potassium (K). Les terres arables contiennent naturellement, dans des proportions très
variables, ces trois éléments. Jusqu’aux premières décennies du XXe siècle, la croissance de
la production agricole ne nécessitant pas d’apports importants de ces éléments (au-delà du
séculaire fumier). Entre 1900 et 2000, la production agricole mondiale a augmenté de 600%.
Désormais, entre 40 et 60% de la production agricole mondiale nécessitent l’utilisation des
engrais ternaire NPK (à base d’azote,phosphore et de potassium).

>>Le phosphate, dans l’état actuel des connaissances scientifiques est l’une des rares
matières premières au monde insubstituable.

>>Le phosphate, comme la potasse (surtout pour les sols bien dotés), ne nécessite pas
d’application sur les champs cultivés aussi régulière que les engrais azotés pour assurer les

Page | 19
Projet de fin d’études

besoins des plantes, d’où une forte sensibilité de la demande en phosphates à la conjoncture
économique et agricole.

C'est pourquoi l'OCP diversifie ses produits afin de viser tous les domaines.

II.3.Diversification des produits de l’OCP [2]

L’OCP offre une large gamme de produits adaptée à la diversité des sols et des
variétés végétales.

Les produits commercialisés

 Phosphate
 Acide phosphorique marchand (H3 PO 4 )
 Acide phosphorique purifié (APP)
 Di-Ammonium Phosphate (DAP)
 Triple Super Phosphate (TSP)
 Mono-Ammonium Phosphate (MAP)

Les produits en développement

 Engrais spéciaux
 Liquiphos 40 : Formulation ternaire riche en phosphate répondant à des besoins
importants en phosphore des cultures maraichères et arboricoles. Utilisé en fertigation et
permettant aussi le débouchage des goutteurs grâce à son action acidifiante.
 Liquiphos 30 : Formulation équilibrée et acidifiante, destinée à la fertigation des
cultures maraichères et arboricoles à différentes stades de croissance.
 Agrimap : engrais acidifiant destiné aux stades de démarrage et de croissance,
riche en phosphore et en azote ammoniacal.
 NPK :trois formules régionales d’engrais NPK destinées à soutenir la productivité
du blé dans les régions : Gharb/Saiss, Chaouia/Tadla et Doukkala.
 Compléments d’aliment pour bétail et volaille
 Phosphate monocalcique (MCP)
 Phosphate bicalcique (DCP)

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Projet de fin d’études

Afin de procéder à la fabrication de tous ces éléments, l'OCP doit être bien organiser,
c'est pourquoi on désigne l'usine de Safi de pôle industriel puisque qu'il regroupe plusieurs
division qui sont elles mêmes divisées en différents services et ateliers.

III. Description du Pôle Industriel : Maroc Phosphore Safi

Premier site chimique du Groupe OCP, le complexe de Safi a démarré en 1965 pour
valoriser les phosphates de Gantour.

Il se compose de quatre division: Maroc Chimie, Maroc Phosphore I, Maroc


Phosphore II et la division infrastructure portuaire qui assure l’importation des matières
premières et l’exportation des produits finis.

III.1. Maroc Chimie (IDS/PC)

La division Maroc Chimie, créée en 1965, est destinée à la valorisation des phosphates
et la production de l’acide phosphorique et les engrais TSP. Elle se compose de deux ateliers
de fabrication d'acide sulfurique, deux ateliers de fabrication d'acide phosphorique et trois
unités d’engrais.

III.2. Maroc Phosphore I (IDS/PP)

Pour faire face à la concurrence mondiale, la division Maroc Phosphore I s’engage à


satisfaire les exigences de ses clients en termes de qualité, quantité et délais, elle produit
deux qualités d’acide phosphorique : normal et désulfaté.

MPI comporte 4 ateliers principaux :

 Atelier énergie et fluides


 Cet atelier traite l’eau douce (eau de barrage) de capacité de 1.000 m3 /h ;
 Station de pompage d’eau de mer d’une capacité de 18.000 m3 /h ;
 Trois groupes turboalternateurs de puissance 43.2 Mw.
 Atelier sulfurique
Il a été mis en place pour produire l’acide sulfurique nécessaire à l’attaque du
phosphate. Il est constitué de :

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Projet de fin d’études

 Une unité de fusion et de filtration de soufre de capacité 536 t/h ;


 Quatre lignes de production d’acide sulfurique de capacité unitaire 1.500 t/j
utilisant le procédé POLIMEX.
 Atelier phosphorique
Il dispose de quatre lignes : A, B, D et F dont le rôle est la production de l’acide
phosphorique, selon deux procédés différents:
 NISSAN (Lignes A, B, D) ;
 RHONE-POULENC (ligne F).

La division comporte aussi un parc de stockage d’acide phosphorique et d’une unité


d’expédition du produit fini (trains).
L’ensemble des ateliers de Maroc Phosphore I est schématisé dans la figure suivante:

Energie ONE

Fuel
Centrale
Traitement
Eau Thermique
douce Des eaux

Eau de
mer

Atelier Production
soufre liquide et
Stockage Acide
acide Sulfurique

Soufre Phosphorique

Atelier Production
Acide

Phosphate Phosphorique

Figure 1.1 : Schéma de Maroc Phosphore I

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Projet de fin d’études

III. 3. Maroc Phosphore II (IDS/PM)

Cette entité a pour rôle de valoriser le phosphate humide provenant de Benguerir. Pour
cela, il dispose d’une laverie de phosphate, de deux ateliers sulfurique et phosphorique ainsi
que d’une centrale électrique.

III.4. Infrastructure portuaire de Safi (IDS/PI)

Cette division, située au niveau du port, a pour activité la réception des matières
premières et le chargement du phosphate et ses dérivés destinés à l’exportation.

 Matières importées : soufre solide.


 Produits exportés : L’acide phosphorique, les engrais TSP et le phosphate brut.

Comme indiqué précédemment, la production de l'acide phosphorique dans la


division MPI suit soit le procédé NISSAN soit le procédé RHONE-POULENC, la différence
entre ces deux procédés repose sur le matériel utilisé ainsi que les étapes suivies.

IV. Procédé de fabrication de l'acide phosphorique


IV.1. Procédé NISSAN

Dans le procédé NISSAN, on fait intervenir les étapes suivantes :

 Broyage;
 Réaction-Filtration;
 Concentration d’Acide Phosphorique (CAP);
 Stockage d’acide phosphorique.

 Broyage
Le phosphate provenant de Youssoufia est stocké dans le hall de stockage. Il est
ensuite soutiré à travers trois tunnels pour être transporté par des bandes alimentant les
lignes A, B et D. Ensuite, il alimente une trémie ayant une forme cylindrique à fond
conique. Par le biais d’une bascule intégratrice, le phosphate est acheminé vers le broyeur.
Le phosphate brut est repris du tube broyeur à l’aide de l’air de circulation produit par le
ventilateur exhausteur et séparé en fonction de la granulométrie dans le séparateur

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Projet de fin d’études

dynamique. L’excès d’air du circuit de broyeur est dirigé vers les filtres à manches pour
récupérer les fines particules ayant échappées au cyclonage.

Figure 1.2 : Schéma de l’unité broyage

 Réaction /filtration/désulfataion

Réaction

L’unité de réaction d’acide phosphorique selon le procédé NISSAN, de Maroc


Phosphore I est conçue pour l’attaque du phosphate par l’acide sulfurique par voie humide.
Chaque ligne comporte les équipements suivants : deux pré- mélangeurs, deux digesteurs,
quatre cristalliseurs et un laveur Korting.

Pré-mélangeurs: C'est un réacteur bien agité de capacité 10 m3 qui contient la bouillie


composée du phosphate broyé, de l'acide sulfurique à 98% et de l'acide de retour H 3 PO4 à
20% en P2 O 5 . Son rôle est de rendre le phosphate tricalcique en phosphate monocalcique
selon la réaction suivante :
Ca3 (PO4 )2 + 4H3 PO4 3 Ca(H2 PO4 )2

Durant cette réaction la température s'élève à 85°C.

Digesteurs: Ce sont deux cuves agitées et identiques de capacité 100 m3 . Au niveau


de ces deux cuves, se déroulent les réactions suivantes :

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Projet de fin d’études

Les réactions principales :

Ca3 (PO4 ) + 4H3 PO4 3Ca(H2 PO4 )2


Ca(H2 PO4 )2 + H2 SO4 + ½ H2 O 2H3 PO4 + (CaSO4 , ½ H2 O)

Les réactions secondaires:

CaCO3 + H2 SO4 + ½ H2 O (CaSO4 , ½ H2 O) + CO2 + H2 O


H2 SiF6 2HF + SiF4
(CaSO4 , ½ H2 O) + 3/2H2 O (CaSO4 , 2H2 O)
SO3 + H2 O H2 SO4

La température de la bouillie dans le premier digesteur est de 90°C, dans le second


digesteur, elle est de 95°C. Le temps de séjour de la bouillie dans les deux digesteurs est
d’environ 50 min.
Laveur Korting: Les gaz produits lors de la réaction sont exclus du digesteur grâce à
une dépression créée par l'eau de mer, cette dernière sert aussi au lavage de ces gaz et cela se
fait dans le laveur Korting. Les gaz aspirés subissent une douche par l'eau de mer, ceux qui
sont solubles dans l'eau sont rejetés dans la mer alors que ceux qui ne le sont pas sont saturés
par l'eau et rejetés dans l'atmosphère.
Cristalliseurs: La bouillie qui sort du deuxième digesteur est composée
essentiellement d'acide phosphorique, d'acide sulfurique et de gypse sous forme semi-
hydratée (CaSO 4 , ½ H2 O). A ce stade, s'effectue la transformation de l’hémi- hydrate en
dihydrate par refroidissement de la bouillie avec l'air apporté à l'aide d'un ventilateur. La
cristallisation se fait dans quatre cuves appelées cristalliseurs de capacité égale à 750 m3
chacune, les cuves sont agitées, disposées en série, reliées par des rigoles et destinées à
refroidir la bouillie pour favoriser la formation du gypse dihydrate.

Les températures dans les cristalliseurs sont :


- Cristalliseur I : 65°C
- Cristalliseur II : 60°C
- Cristalliseur III : 57°C
- Cristalliseur IV : 55°C
La bouillie passe environ 2h30min dans chacun des cristalliseurs.

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Projet de fin d’études

Figure 1.3: Schéma de l’unité réaction

Filtration
Le but de la filtration est la séparation entre la phase liquide (acide) et la phase solide
(gypse ou gâteau).
La bouillie sortie du quatrième cristalliseur est dirigée vers un distributeur à l'aide
d'une pompe pour être acheminée par gravité vers le filtre UCEGO.
Filtre UCEGO:C'est un filtre de forme ronde, il représente l'élément le plus important
de l'installation, il nous permet de savoir le rendement en P 2 O5 . Le filtre est constitué d'un
plateau mobile qui renferme plusieurs tuyaux collecteurs pour les filtrats provenant de la
table filtrante et d'un plateau fixe qui comprend des compartiments dans lesquels on
recueille les différents filtrats. La table du filtre est constituée de six secteurs :
 Pré secteur;
 Secteur acide fort;
 Secteur acide moyen;
 Secteur acide faible;
 Lavage des toiles;
 Extraction du gypse.

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Projet de fin d’études

Figure 1.4 : Schéma de l’unité filtration

o Pré-secteur :La bouillie tombe directement sur les toiles filtrantes, la zone où il n’y a
pas encore formation du gâteau, le filtrat plein du solide passe pour rejoindre l’acide
de retour.
o Secteur acide fort :A ce stade, le filtrat recueilli a une teneur de 30% en P 2 O5 , nommé
acide fort, est aspiré vers le séparateur d’acide puis repris par une pompe et envoyé
vers le stockage.
o Secteur acide moyen :Le gâteau formé après filtration de l’acide fort contient des
quantités importantes de P2 O5 , c’est pour cela le lavage du gâteau est indispensable.
Le lavage est réalisé à contre-courant par l’acide faible (6à8%).Le filtrat, après cette
opération, enrichi jusqu’à une teneur de 18 à 20% en P2 O5 , est mélangé avec l’acide
du pré-secteur puis repris par une pompe et renvoyé vers le pré- mélangeur.
o Secteur acide faible : Le gâteau du gypse contient toujours de P 2 O5 , un deuxième
lavage est fait par l’eau gypseuse. Cette opération permet d’extraire le maximum
d’acide produit. Le filtrat obtenu contient 6à8% en P 2 O5 est refoulé vers le premier
lavage.

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Projet de fin d’études

o Extraction du gypse : L’évacuation du gypse est effectuée en continu par un dispositif


d’extraction constitué d’une vis sans fin, faisant to mber le gâteau dans un entonnoir à
gypse où il est entraîné par l’eau de mer, puis évacué vers l’égout.
o Lavage toiles : La couche mince du gypse qui n’a pas été extrait par la vis, est lavée
par l’eau filtrée.
o Séchage toiles : Après l’opération de lavage, l’eau est renvoyée vers le bac d’eau
gypseuse.

Désulfatation
Une certaine teneur en acide sulfurique libre dans la bouillie du phosphate est
nécessaire pour le processus de cristallisation du gypse et d’hydratation des cristaux.
L’expérience montre qu’un excès en acide sulfurique libre de 3 à 4% dans le filtrat de la
bouillie garantit une hydratation optimale, une croissance parfaite des cristaux et un degré
d’attaque important. Du fait que la concentration du filtrat acide de 30% en P 2 O5 à 54% en
P2 O 5 augmente forcément la teneur en acide sulfurique d’environ 6 à 7%, une désulfatation
est nécessaire. Cette dernière consiste en la réduction de l’acide sulfurique libre dans l’acide
phosphorique et elle est effectuée actuellement, après la filtration, dans un réacteur à l’aide
du phosphate broyé. L’acide désulfaté passe par la suite dans un décanteur pour le clarifier.
N.B : Il est à noter qu’auparavant la désulfatation s’effectuée avant la filtration.

 Unité concentration d’acide phosphorique

La concentration consiste à augmenter la teneur de l’acide en P 2 O5 de 30% à 54% en


faisant évaporer une quantité d’eau contenue dans l’acide 30%. L’ébullition se fait sous vide
à 80 mm Hg et à une température de 80°C. La dépression créée par une unité à vide
constituée principalement par des éjecteurs et des laveurs.

Description du circuit acide dans un échelon: Une pompe de circulation refoule


l’acide à travers une pipe vers l’échangeur pour le chauffer, puis il pénètre tangentiellement
dans le bouilleur pour favoriser la séparation gaz liquide. Sous une dépression de 80 mm Hg,
la température d’ébullition d’eau devient seulement 80°C, la vapeur d’eau et les gaz sont
aspirés par l’unité à vide.

Dans les deux premiers échelons, l’acide produit à une teneur de 46% en P 2 O5 , pour le
concentrer jusqu’à 54% on le fait passer dans le troisième échelon.

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Projet de fin d’études

Les trois échelons constituent une ligne de concentration, ils sont identiques et
fonctionnent sous le même principe. Chaque échelon est équipé d’un bouilleur, d’une pipe,
d’un échangeur et de trois pompes : pompe de circulation, pompe à condensat et pompe
transporteuse.

Incondensable Grand laveur


Eau de mer (Condenseur)
Vapeur Coude DN 900
4,5 bars

Colonne DN 900

GAZ
02 petits
laveurs

Pot
Bouilleur
Conduites Conduite
500
DN 100

Coude 800

Comp. 800

Porte
visite
Cône
inclinée
supérieur
Entrée
Vapeur
Garde hydraulique
0,75 bar
Échangeur de
chaleur
ACP produit 54 ou 58% Colonne 800 Sortie
condensat
Compensateur
Appoint ACP 30 ou 52% Cône inférieur
DN 600 DN 800
Pompe de circulation

Pipe

Figure 1.5 : Schéma d’un échelon de concentration

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Projet de fin d’études

 Description de l’unité à vide :

Elle a pour but le lavage des gaz issus de la concentration et la création d’une
dépression au niveau du bouilleur pour diminuer la température d’ébullition d’ eau. Elle est
constitué de:

Un grand laveur :Dans lequel l’eau de mer entre tangentiellement pour la création
d’une dépression qui va aspirer les gaz au niveau du bouilleur.

Deux petits laveurs :Les gaz, qui ne sont pas lavés par le grand laveur, sont introduits
par des éjecteurs. L’eau de mer qui entre du haut du petit laveur va absorber une partie des
gaz, l’autre partie sera éjectée dans un pot pour le lavage final.

Un pot: C’est une petite cuve dont le but est le lavage final et la diminution du bruit
des gaz.

Quatre éjecteurs :Leur but est d’augmenter la vitesse d’entraînement des gaz et de
créer par conséquent une dépression très importante au nivea u du bouilleur.

Garde hydraulique: Elle rassemble l’eau de lavage issue des quatre appareils afin de
la mélanger avec le gypse (résultat de la filtration) pour faciliter son écoulement vers la mer.

 Unité stockage/expédition

Stockage acide phosphorique: La concentration entraîne un accroissement de la


teneur en matière solide avant que l'acide ne soit introduit dans les réservoirs de stockage, la
teneur en matière solide doit être abaissée en dessous de 0,5% par une clarification
appropriée. Les matières solides qui se déposent sont transportées sous forme de boue qui
est ramenée vers la réaction. Le refroidissement de l'acide clarifié chaud est effectué dans
deux échangeurs de chaleur installés en série et refroidis à l'eau de mer. L'acide refroidi est
stocké dans deux réservoirs froids, un système de raclage et des pompes de circulation y
empêchent un dépôt de matière solide. La station de clarification est composée de cinq
séparateurs se débarrasse de ses matières solides.

Ainsi le procédé NISSAN permet d'obtenir un meilleur rendement, mais avec une
grande consommation d'énergie.

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Projet de fin d’études

ACP 58% Clarifié vers Stockage final ACP 54% Clarifié Froid vers Stockage final
U33
Arrivée Bac à boues
boues Boues
04DT03 04AT03 04BT03 des vers RF
bacs
5 000 m3 5 000 m3 5 000 m3 Bâtiment Administratif

ACP 58% Froid ACP 54% Froid Clarifié


Clarifié

03BT05 03AT05 04AT02 04BT02 04DT02 03DT03

1 500 m3 1 500 m3 1 500 m3 1 500 m3 1 500 m3 1 500 m3

ACP 58% Froid

Refroidisseurs

ACP 58%
Chaud

03DT05 04DT01 04AT01


Vue
04BT01 03AT03 03BT03
panoramique :
1 500 m3 1 500 m3 1500 m3 1500 m3 1 500 m3 1 500 m3
OCP SAFI

Arrivée ACP 58% ACP 52%Vers échelon Arrivée ACP 52% Arrivée ACP 30%
Produit par l'échelon de ACP 30%
produisant ACP 58% Produit par l'échelon de concentration
Vers les unités de
conce ntration
conce ntration
Produit par les lignes Réaction Filtration

Figue1.6 : Sché ma du stockage de l’acide phosphorique

Expédition acide phos phorique: Elle est composée de deux voies ferrées de
chargement : la voie N°1 et la voie N°2.Chaque voie est munie de 3 lignes A, B, D. Chaque
ligne est constituée d’une jupe de raccordement avec les sous rames. Le chargement se fait
par gravite et à partir de Maroc Phosphore II et Maroc Chimie le chargement se fait par des
pompes. Il y a 2-3 rames / poste, la rame se compose de 17 à 19 wagons.

Wagons 45- 50 T P2 O5

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Projet de fin d’études

U33

04XT04 OU

04XT05

Rampe principale d'a limentation DN 400

Vanne à papillon DN Vanne à papillon DN


Débitmètre
200 200Vanne
LD DN 50 de
Vanne pneumatique Vanne DN 200
Flexibl désaérage
Vanne Flexible
e Jupe Trou DN 250 Vanne DN 50
Jupe Jupe LA raccordement
LD d'homm de désaérage
LB citernes
e d'alime
Machine Citern
ntation
e
Vanne de vidange DN 80

Figure 1.7 : Schéma de l’expédition de l’acide phosphorique

IV.2. Procédé RHONE-POULENC

Le procédé RHONE-POULENC est reconnu mondialement (utilisé dans 26 pays). Au


Maroc, il est utilisé en dix unités dont deux à Safi et huit à JORF-Lasfar. Maroc phosphore
1 dispose d’une ligne de production d’acide phosphorique selon ce procédé Rhône Poulenc

Figure 1.8: Schéma du procédé RHONE-POULENC

Cette ligne dispose des unités suivantes : l'unité broyage, l'unité réaction, l'unité
filtration et l'unité de concentration.

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Projet de fin d’études

V. Conclusion

Cette description du groupe OCP et ses activités nous a permis d'une part d'avoir une
idée générale sur le rôle des différentes unités de production de l'acide phosphorique au sein
de la division MP1 et d’autre part de donner au lecteur une vision claire sur le procédé de
fabrication afin qu’ils puissent mieux suivre notre travail.

Le prochain chapitre concernera une étude bibliographique qui portera sur tous les
éléments nécessaires qui serviront de base pour traiter l'ensemble du sujet.

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Projet de fin d’études

CHAPITRE 2 :

ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE

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Projet de fin d’études

I. Introduction

L’objectif de notre sujet est la réduction du taux de sulfates libres (%H2 SO4 ) présents
dans l'acide phosphorique et qui sont des impuretés comme beaucoup d'autres présentes dans
cet acide, c'est pourquoi ce chapitre contiendra une présentation de différentes impuretés y
compris les sulfates libres existantes dans la roche de p hosphate et l’acide phosphorique,
ainsi que les différentes opérations nécessaires à la réduction ou voir même la suppression
de ces impuretés.

II. Composition et impuretés du phosphate et de l'acide phosphorique [3]


II.1.Composition du phosphate et de l'acide phos phorique

Les analyses des différents essais au laboratoire central de Maroc Chimie, pour la
période de 01 Janvier 2012 au 15 Février 2012, nous ont permis d’estimer les teneurs en
éléments essentiels dans l’acide produit et le phosphate brut G10 (Phosphate de Youssoufia)
utilisé actuellement par Maroc Phosphore I. Les différents résultats sont donnés dans le
(Tableau 2.1).

Phosphate G10 Acide 30%P2 O5 Acide 54%P2 O5


Elé ment Acide 30%P2 O5
(brut) clarifié
CaO (%) 48 - - -
H2 O(%) 4 - - -
CO2 (%) 5,80 - - -
SiO2 (%) 7,57 - - -
H2 SO4 (%) - 2,48 2,20 3,09
SO3 (%) - - - -
MgO (%) 0,62 0,74 - 1,51
Cd (ppm) 8,40 - - -
M.org (%) 2,06 - - -

Tableau 2.1: Composition représentative du phosphate brut G10 et de ses acides 30


et 54% P2 O5

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Projet de fin d’études

II.2.Impuretés dans l'acide phosphorique

L’acide phosphorique produit contient une grande variété d’impuretés qui nécessite
des traitements physico-chimiques pour éliminer les plus nuisibles. Afin de connaître ces
impuretés, on présente tout d’abord la composition de diffé rents qualités de phosphate brut
traitées au niveau de Maroc Phosphore I (Tableau 2.2).

Elé ment Y1 design Y1 exploitation Y2 Y23 Y21 Y1C


CaO (%) 51,77 51,02 53,89 52,63 51,97 50,40
SO3 (%) 1,47 1,58 2,38 2,55 1,82 1,59
CO2 (%) 5,88 5,89 3,69 3,89 4,74 5,11
F- (%) 4,15 3,92 4,02 3,92 4,17 3,46
SiO2 (%) 2,94 3,81 1,14 3,64 3,82 5,34
MgO (%) 0,3 0,56 0,49 0.74 0,65 0,63
Al2 O3 (%) 0,49 0,45 0,29 0,32 0,4 0,48
Na2 O (%) 0,77 -- -- -- 0,94 1,04
K2 O (%) 0,08 -- -- -- 0,07 0,06
Cl-(ppm) 250 240 235 240 300 --
%M.org 0,01 2,08 0,25 0,36 -- 0,15
%Humidité 1,1 2,47 1,14 0,24 0,43 1,5
Cd (ppm) -- -- -- -- -- 12,58
As (ppm) -- -- -- -- -- 6,37

Tableau 2.2: Analyse des impuretés des différentes qualités du phos phate brut de
Youssoufia

Depuis le démarrage de l’atelier NISSAN, plusieurs qualités de phosphates ont été


utilisées selon les différentes couches exploitées dont les qualités: Y1 , Y2 , Y23 , Y21 et Y1C.

Le présent paragraphe contient un historique d’exploitation suivant les principales


qualités de phosphate utilisées à l’atelier phosphorique de MPI.

 Le phosphate Y1 de design :

L’atelier NISSAN est destiné à la production de l’acide phosphorique concentré 30%


P2O5avec le phosphate clair de Youssoufia Y1.

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Projet de fin d’études

 Le phosphate Y1 d’exploitation :

Le phosphate Y1 d’exploitation, utilisé de 1976 à 1989,a un comportement différent


de celui du design suite à des écarts enregistrés au niveau de certains éléments constitutifs,
notamment : P2O5 et CaO.

L’exploitation de cette qualité a connu des difficultés de fonctionnement du procédé


de la désulfatation entre autres le bouchage des cônes des décanteurs et les problèmes des
pompes à vis utilisées pour le soutirage des boues.

 Le phosphate Y2 :

Ce phosphate est utilisé suite à l’épuisement du phosphate Y1. Cette qualité est
calcinée et difficilement broyable.

En plus, ce phosphate a une faible réactivité en comparaison avec le phosphate


Y1utilisé auparavant. Des paramètres de marche contraignants pour le procédé NISSAN ont
été alors adoptés.

 Le phosphate Y23 :

Pour corriger le phosphate Y2 notamment en % SiO2 en % Al2O3 et en % Fe2O3, des


investigations ont été envisagées en vue de remplacer Y2 par un autre phosphate permettant
d’améliorer les performances de la réaction filtration.

Les investigations ont abouti à l’utilisation d’une nouvelle qualité dite Y23 (qualité
obtenue en mélangeant 90% du phosphate Y2 et 10% de la couche C3 de BENGUERIR).

 Le phosphate Y21 :

Compte tenu des difficultés présentées par le phosphate Y23 et particulièrement


l’encrassement des équipements et circuits, le pôle chimie de Safi, les responsables de
Maroc Phosphore I et le pôle Mine de Youssoufia ont mis au point un nouveau phosphate
permettant d’améliorer la productivité des lignes et d’éviter les problèmes précités. Ce
phosphate est obtenu en faisant un mélange des phosphates Y2 et Y1 (60% Y2 et 40% Y1 ).
Cette qualité est utilisée depuis 2001.

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Projet de fin d’études

 Le phosphate Y1C :

Depuis la fin de l’exercice 2005, le phosphate Y1C est utilisé au niveau des unités de
réaction de MPI, ce phosphate est composé du phosphate clair et du phosphate clair calciné.

Ces impuretés présentes au niveau de l'acide peuvent provenir de diverses sources et


ont des influences différents les uns des autres comme le montre le paragraphe ci-après.

III. Source et influence des impuretés dans l'acide phosphorique


III.1.Sources d’impuretés de l’acide phosphorique

 Sources primaires

Les études effectuées sur les impuretés de l’acide pho sphorique montrent que la roche
de phosphate naturel est leur principale source. En effet, cette roche est constituée en
proportions variables par un mélange complexe formé d’une cinquantaine d’éléments
chimiques tels que la fluoropatite, quartz SiO 2 , carbonesous forme de CaCO 3 et de matières
organiques, métaux et d’autres substances comme CaO, SO 3 , SiO 2 , Al2 O3 , K2 O, Na2 O, CO 2 ,
etc.

 Sources secondaires

Ces impuretés ont pour origine soit les additifs chimiques tels que : les dispersants, les
antimoussants, les agents de floculation et de conditionnement, soit l’acide sulfurique et
l’eau de procédé qui introduisent de faible quantité d'impuretés tel que : Fe, Al, Si, etc.

On cite aussi la corrosion, l’abrasion et l’érosion des équipements qui introduisent


essentiellement le fer comme impureté.

III.2. Influence des impuretés de l’acide

La présence des impuretés dissoutes dans l’acide phosphorique a des effets néfastes
sur sa qualité. Toutefois ces impuretés peuvent avoir des effets bénéfiques sur le procédé de
fabrication d’acide phosphorique. Le (Tableau 2.3) résume l’effet des principales impuretés
contenues dans l’acide phosphorique :

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Projet de fin d’études

Elément Limite Effets bénéfiques Effets nuisibles


Forme avec HF de l’acide fluosilicique (H 2 SiF6 ) :
SiO2 réactive réduit la corrosion des équipements et favorise la
cristallisation
SiO2 inerte Abrasion provoquée par la silice libre sous forme de quartz et les
silicates insolubles
CO2 <4 % Consommation d’acide sulfurique et formation de mousses à la
surface des réacteurs
Consommation d’acide sulfurique, forme des complexes
<2,5 % et phosphatés qui augmentent la viscosité de l’acide , ce qui entraine
Al2 O3 Favorise la cristallisation
> 0,20 % des pertes de P2 O5 lors de la filtration et par conséquent diminution
du rendement de production
FeO3 < 1,5 % Augmente la viscosité d’acide dans les boues

MgO <0,3-0,4 % Elément nutritif (oligoélément) Forme de complexes phosphatés qui augmentent la viscosité de
l’acide, rend la concentration de l’acide difficile.
CaO CaO/P 2O5 <1,6% Augmente la consommation de l’acide sulfurique
SO3 Réduit la consommation d’acide sulfurique Corrosion
Sous-produit récupérable sous forme de H 2 SiF6
F- <4% pour produire des fluosilicates et des fluorures de La partie non fixée par la silice forme l’acide HF qui entraine la
Ka, Na, Al et de la cryolithe(NaAlF6 ) corrosion et la formation des boues.

Cl- <1000 ppm Formation de HCl : corrosion.


Cd < 26 ppm Métal lourd toxique, contamination
As, Hg, Pb, Se < 14 ppm Indésirable dans l’acide et le gypse, éléments toxiques

Tableau 2.3: Influence des principales impuretés contenues dans l’acide phosphorique

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Projet de fin d’études

Afin d'éliminer les impuretés nuisibles dans l'acide phosphorique, on procède par la
purification de l'acide qui consiste en des opérations physico-chimiques qui réduisent ou
suppriment ces impuretés.

IV. Purification de l'acide phosphorique


IV.1.Raisons de la purification de l’acide phosphorique

L’utilisation de l’acide phosphorique dans les différe nts domaines exige des qualités
d’acide qui respectent les normes en vigueur dans chaque domaine. C’est ainsi que :

 Pour les engrais solides, sauf exception, on ne purifie pas l’acide.


 Pour les engrais liquides (ou en suspension), on doit éviter les précipités dans la
fabrication (en particulier des solutions de polyphosphate d’ammonium). Il faut
donc enlever la grande partie des impuretés fluorées et métalliques.
 Pour les détergents, on doit éliminer la mauvaise couleur. Dans ce cas il est
recommandé de purifier le phosphate et l’acide.
 Pour les usages techniques, telle que la métallurgie, on doit utiliser un acide très
bien purifié en métaux, dont notamment le plomb.
 Pour l’agro-alimentaire et pour les usages pharmaceutiques, on doit avoir un acide
très pur.

IV.2.Procédés de purification d’acide phosphorique à l’OCP

L’élimination des impuretés se fait par des opérations physico-chimiques de traitement


d’acide phosphorique.

Les principaux traitements que subit l’acide phosphorique produit dans Maroc
Phosphore Safi sont :

 La décadmiation : elle consiste à réduire la teneur en Cdpar ajout d’acide

sulfurique à 98% H2 SO 4 ;

 La défluoration : l’objectif de cette opération est la réduction de la teneur en fluor

par ajout de la silice ;

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Projet de fin d’études

 La désarséniation : elle consiste en la précipitation de l’arsenic sous forme de

sulfure. L’agent de précipitation utilisé est une solution d’hydrosulfite de sodium

(Na*, HS*) ayant un titre en NaHS de 30 % poids. Cette solution est préparée

par dissolution de NaHS solide dans l’eau.

 La désulfatation : elle est réalisée dans un réacteur agité qui est chauffé à 90°C,

elle consiste à réduire la teneur en acide libre H2 SO4 par l’ajout de phosphate

broyé.

Cette désulfatation est suivie d’une opération de décantation afin de séparer l’acide
désulfaté du solide dû à l’ajout de phosphate. Ainsi une prise d’information sur cette
opération est requise avant toute expérimentation en relation avec le sujet.

IV.3.Décantation [5]

La décantation est une opération unitaire, parmi les techniques de séparation liquide-
solide, basée sur le phénomène de sédimentation, qui consiste à séparer d’un liquide les
particules en suspension en utilisant les forces gravitaires. Les procédés mis en œuvre
diffèrent selon que l’on recherche seulement à augmenter la concentration des solides
(épaississage) ou que l’on vise à obtenir un liquide clair à partir d’une suspension diluée
(clarification).

La sédimentation est réalisée sur différents types de matières solides en suspension,


parmi lesquelles on peut distinguer deux comportements opposés : celui des particules
grenues, qui décantent indépendamment les unes des autres, et celui des particules plus ou
moins floculées, qui ont des vitesses de chute variables, fonction de la taille des flocs et de
leur abondance.

La théorie de la décantation et la procédure de dimensionnement des appareils tiennent


compte de ces considérations.

IV.3.1.Théorie de décantation

IL existe plusieurs théories de décantation, parmi ces théories, on cite :

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Projet de fin d’études

-Théorie de KYNCH ;

- Théorie de HAZEN ;

IV.3.2.Théorie de KYNCH

Kynch(1952)propose la théorie suivante :La vitesse de chute de particules rigides en


sédimentation libre ne dépend que de la concentration locale en solide de la suspension. Elle
est une fonction décroissante de la concentration en solide. Les particules de même
dimension, de même forme et de même masse volumique sont équitombantes et leur
concentration est uniforme pour chaque niveau de la colonne de sédimentation.

Ainsi, à partir d’essais en éprouvette, Kynch trace le diagramme (h, t) (figure 2.1) en
mesurant la concentration des matières en suspension dans l’éprouvette dans les différents
temps

Figure 2.1: Courbe de sédimentation (h,t)

A t0 l’éprouvette, de hauteur h0 ,est remplie de la suspension initiale de concentration


en matières solide C0 . Dès que les particules commencent à sédimenter, à un certain temps
t1 , on visualise l’apparition d’une interface de hauteur h1 entre la phase liquide et la phase
solide. Cette interface descend au fur et à mesure jusqu’à atteindre une hauteur limite
h3 .Avec cette courbe, Kynch a défini quatre phases de décantation.

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Projet de fin d’études

Phase AB : phase de décantation GRENUE

La décantation des particules discrètes est caractérisée par conservation de leurs


propriétés physiques initiales (forme, dimension, densité) au cours de leur chute. La vitesse
de chute est indépendante de la concentration en solide c'est pour cette raison qu'on peut
appliquer la loi de stocks pour déterminer cette vitesse. Pour qu'une particule chute il faut
que sa vitesse augmente jusqu'à ce que les forces de décantations (poids) équilibrent les
forces de frottements. Considérons les forces agissantes sur une particule isolée dans un
liquide :

Figure 2.2 : Forces agissantes sur la particule

D’après la figure 2.2, la particule en suspension est soumise à trois forces: G, la


pesanteur : F, la réaction I: l'inertie.

Phase BC : phase de sédimentation diffuse ou de coalescence (flocon)

Ce type de décantation est caractérisé par l’agglomération des particules, c'est la phase
de sédimentation diffuse ou de coalescence, c'est une partie recti1ignequi traduit une vitesse
dechute constante (la pente bc). Les propriétés physiques de ces particules (for mes,
dimensions, densité) sont donc modifiées.

La concentration initiale de matières en suspension C 0 a un rapport avec la vitesse de


chute. On trouve ce type de décantation dans les décanteurs de traitement des eaux et dans
les décanteurs secondaires des usines d'épuration.

Phase CD: phase de décantation freinée

Elle est relative à une décantation globale d'un ensemb le de particules qui ont une
concentration très élevée, ce qui entraîne la formation d'une couche de particules suspendue
en matières en suspension, c'est la sédimentation en piston, à ce stade on assiste à un

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Projet de fin d’études

ralentissement de la vitesse de chute des particules, on trouve ce type de décantation dans la


partie profonde du décanteur.

Phase DE : phase de décantation en compression des boues

Au point D de la courbe, les particules sont très proches les unes par rapport aux
autres, elles entrent en contact et exercent une compress ion et reposent sur les couches
inférieures, dans cette zone, le phénomène de consolidatio n est relativement lent, ce qui
entraîne une vitesse de chute presque nulle.

Remarque : Il faut noter que la transition entre les différentes phases se fait demanière
continue et le classement qui vient d’être proposé constitue une simplification pour mieux
les caractériser.

Après avoir parlé de la théorie de décantation, nous allons présenter au paragraphe


suivant les types de suspension rencontrés dans la décantation.

IV.3.3.Types de suspensions en décantation

Selon la concentration en volume des solides, on distingue deux types de suspension :

 Suspensions diluées

Lorsque la concentration en volume des solides en suspension est inférieure à 0,5 %,


on considère que les particules sont suffisamment éloignées les unes des autres et que, de ce
fait, chacune d’entre elles sédimente comme si elle était isolée dans le liquide. En fonction
du nombre de Reynolds de la particule, il existe trois régimes de sédimentation : un régime
laminaire ou régime de Stokes, un régime de transition et un régime turbulent ou régime de
Newton.

 Suspensions concentrées

Dès que la concentration volumique en solides devient élevée (> 0,5 %), les
interactions entre particules ne sont plus négligeables. La sédimentation est gênée et la
vitesse de décantation freinée. Les particules adhèrent entre elles et la masse décante en
piston avec une interface nette entre les boues et le liquide surnageant.

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Projet de fin d’études

Théoriquement, pour calculer la vitesse de sédimentation, il faut faire intervenir la


masse volumique et la viscosité équivalente de la suspension.

IV.3.4.Vitesse de sédimentation des particules dans un liquide

La théorie de la sédimentation de solides fins dans un liquide, qui obéit à la loi de


Stokes, montre que la vitesse de chute d’une particule est proportionnelle à la différence des
masses volumiques entre la particule et le liquide et au carré de la dimension de la particule.

La loi de Stocks, en régime laminaire, s’écrit Ulim = 0,545. ( sf ).f 1.d2

Avec Ulim : vitesse limite de chute

f,s : les masses volumiques du fluide et solide respectivement

f : viscosité dynamique du fluide

d : diamètre d’une particule sphérique

En conséquence, tout phénomène susceptible d’augmenter le diamètre des particules


favorise la sédimentation de façon très significative, de sorte que la floculation est devenue
une partie intrinsèque de la sédimentation. La plupart des matériaux en suspension dans un
liquide sont naturellement floculés et, de ce fait, peuvent être concentrés par sédimentation,
bien que celle-ci soit parfois très lente.

IV.3.5.Exe mples des équipe ments de décantation [6]

Il existe plusieurs types des équipements de décantation dont le choix tient compte de
plusieurs considérations, notamment de la concentration de la suspension (suspension
diluée, suspension concentrée), de la dimension et de la nature des particules (particule s
grenues, floculées...), de la fonction recherchée (clarification, épaississage), des débits à
traiter, etc. Dans ce paragraphe nous allons vous présenter deux types de décanteurs. Tout
d’abord les décanteurs circulaires classiques pour mieux comprendre le mécanisme de
décantation à l’échelle industriel. Ensuite les décanteurs à contact de boues dont le décanteur
à recirculation de boues nous intéresse dans cette étude.

 Décanteurs circulaires classiques

Les décanteurs comportent les éléments suivants (Figure 2.3) :

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Projet de fin d’études

- la cuve avec une goulotte périphérique pour recueillir la surverse, qui est évacuée par
débordement, et un orifice central ménagé à sa base pour évacuer les sédiments ;

- la chambre d'alimentation consistant en un cylindre recevant la pulpe à traiter. Elle


peut être pourvue de dispositifs servant à la floculation ;

- le mécanisme de raclage, dont le rôle est d'entraîner les solides décantés vers l'orifice
d'évacuation par un mouvement de rotation lente des râteaux. À cette action principale
s'ajoute un effet de consolidation des boues qui augmente leur concentration en solides. Le
mécanisme de raclage est entraîné par une tête de commande située sur la colonne centrale
ou sur une poutre reposant sur la cuve, ou encore par un chariot roulant sur le bord de la
cuve, qui entraîne une poutre dans un mouvement circulaire communiquant elle- même le
mouvement de rotation à la colonne centrale.

Figure 2.3: Schéma d’un décanteur circulaire classique

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Projet de fin d’études

 Décanteurs à contact de boues

L'obstacle majeur à une bonne décantation est la mauvaise floculation des particules
(trop faible, ou trop forte d'où une viscosité élevée).

Le principe de ces appareils vise à favoriser la formation de particules plus grosses,


qui décantent plus rapidement, en mélangeant des boues déjà décantées à la suspension à
décanter, préalablement conditionnée avec un coagulant et éventuellement un floculant.

On distingue quatre types de décanteurs à contact de boues :

 Le décanteur à lit de boues, dont la vitesse ascensionnelle est de 2 à 4 m/h. Il


s'agit de faire circuler l'eau brute de bas en haut à travers la masse de boue
formée par floculation. On récolte en surface l'eau clarifiée par son passage à
travers le lit de boues. Le débit peut atteindre jusqu'à 1 300 000 m3/h.
 Le décanteur lamellaire, dont la vitesse ascensionnelle est de 4 à 8 m/h. Il
fonctionne selon le même principe que le précédent mais la présence des
compartiments lamellaires augmente la surface de décantation
considérablement et permet des installations plus compactes.
 Le décanteur à recirculation de boues, dont la vitesse ascensionnelle est de
2,5 à 7 m/h. Les boues sont recyclées. Après prélèvement du liquide clarifié,
elles sont mélangées avec la nouvelle suspension à traiter avant d'être à
nouveau laissées en décantation.
 Le décanteur-épaississeur, dont la vitesse ascensionnelle dans la zone de
décantation lamellaire est de 20 à 30 m/h. Il est composé d'un décanteur à
recirculation de boues externes et d'un système de décantation lamellaire. Les
boues extraites sont déshydratées sans épaississeur intermédiaire.

V. Conclusion

Cette revue de littérature nous a permis de mettre l’accent sur les différentes
impuretés susceptibles de nuire à la qualité de l’acide phosphorique parmi lesquelles les
sulfates libres. Aussi, nous avons abordés l’opération de désulfatation-décantation
permettant d’éliminer les sulfates libres et de débarrasser l’acide désulfaté du solide pour
avoir un acide clarifié.
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Projet de fin d’études

CHAPITRE 3 :

BILAN MATIERE / UNITE


DESULFATATION

&

CAPACITE MAXIMALE DE
DESULFATATION

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Projet de fin d’études

I.Introduction

Afin de satisfaire les exigences des clients au niveau de la qualité de l'acide


phosphorique produit, l'OCP utilise différentes opérations physico-chimiques pour traiter les
éléments nuisibles à la conformité de l'acide. L'un des éléments les plus importants est le
taux de sulfate (%H2 SO4 ) présent dans l'acide phosphorique et qui ne doit pas dépasser une
teneur de 2.5% pour un acide concentré à 30% en P 2 O 5 , c'est pourquoi nous procédons à
une opération de désulfatation qui consiste à ajouter du phosphate à l'acide phosphorique
produit afin de diminuer ce taux de sulfate pour atteindre une valeur inférieure à 2.5%.

Au niveau de l'unité de désulfatation de MP1, on ajoute du phosphate de manière


aléatoire jusqu'à obtenir un taux de sulfate acceptable, sauf qu'on génère des pertes au
niveau de la quantité de phosphate utilisé car on ne peut pas être sûr que la totalité du
phosphate a réagi. C'est pourquoi nous établirons un bilan matière autour de l'unité
désulfatation afin de connaître la quantité exacte de phosphate à ajouter pour répondre aux
exigences demandées en termes de sulfates.

II.Bilan matière

La désulfatation s’effectue par l’ajout du phosphate dans un réacteur équipé d’un


agitateur et alimenté tangentiellement par l’acide phosphorique arrivé du filtre, ce qui
produit un mélange d’acide phosphorique et de phosphate finement broyé qui sera acheminé
vers un décanteur afin de séparer les boues de l’acide désulfaté et ensuite transféré vers un
bac tampon et enfin le stockage. (Figure 3.1).
Phosphate broyé

H3PO4

Réacteur

Décanteur
H3PO4 clarifié vers
stockage

Boues

Figure 3.1: Unité désulfatation


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Projet de fin d’études

L’atelier de fabrication d’acide phosphorique dispose de quatre lignes : A, B, D et F,


selon deux procédés : NISSAN (Lignes A, B, D) et RHONE-POULENC (ligne F).

Les lignes pouvant être désulfatées sont les lignes B et D en raison de leur proximité
de l’unité de désulfatation, par contre les deux autres lignes sont en marche normale. Le
mélange des quatre lignes doit avoir un taux de sulfate aux environs de 2,2 % pour être
conforme aux exigences des clients qui demandent un taux de sulfate (≤ 2,5%) pour un acide
phosphorique de concentration de 30% en P 2 O5 , donc les possibilités qu'on peut étudier sont
la désulfatation d’une seule ligne (B ou D) ou bien la désulfatation des deux lignes en même
temps (B et D). Pour cela il faut calculer dans les deux cas le taux de sulfate requis et le
débit de phosphate nécessaire pour réaliser cette opération et aboutir au bilan matière
recherché.

II.1.Calcul du taux de sulfate requis

 Une seule ligne :


En marche normale, l’acide phosphorique produit contient un %H2 SO 4 aux environs
de 2.8%, donc il faut calculer le taux de sulfate nécessaire pour désulfater une seule ligne et
avoir un mélange avec un taux de sulfates de 2.2%.

Soit :

- QM : le débit massique du mélange des 4 lignes de production.

- QA, QB , QD, QF : les débits massiques des lignes A, B, D et F.

- x, y, z, t : le taux de sulfate respectivement dans les lignes A, B, D et F.

- La ligne D Celle qui sera désulfatée.

- Le débit massique journalier des quatre lignes est identique et égale à 1786 tonnes
de H3 PO4 .

𝑸𝑨 ∗ 𝒙 + 𝑸𝑩 ∗ 𝒚 + 𝑸𝑫 ∗ 𝒛 + 𝑸𝑭 ∗ 𝒕 = (𝑸𝑴 ∗ 𝟐. 𝟐)

𝑸𝑴 ∗ 𝟐, 𝟐 − 𝑸𝑨 ∗ 𝒙 − 𝑸𝑩 ∗ 𝒚 − (𝑸𝑭 ∗ 𝒕)
𝒛=
𝑸𝑫
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Projet de fin d’études

𝟕𝟏𝟒𝟒 ∗ 𝟐, 𝟐 − 𝟏𝟕𝟖𝟔 ∗ 𝟐, 𝟖 − 𝟏𝟕𝟖𝟔 ∗ 𝟐, 𝟖 − (𝟏𝟕𝟖𝟔 ∗ 𝟐, 𝟖)


𝒛=
𝟏𝟕𝟖𝟔

A.N : z = 0.4%

 Deux lignes :
Dans ce cas, on introduit le mélange des deux lignes (B et D) dans le pré- mélangeur.

Soit:

- QC : le mélange des deux lignes B et D.

- QA, QF : les débits massiques des lignes A, F.

- x, z, t : le taux de sulfate respectivement dans les lignes A, (B et D) et F.

Le débit massique journalier des quatre lignes identique et égale à 500 t(P2 O 5 )

𝑸𝑨 ∗ 𝒙 + 𝑸𝑪 ∗ 𝒛 + 𝑸𝑭 ∗ 𝒕 = (𝑸𝑴 ∗ 𝟐. 𝟐)

𝑸𝑴 ∗ 𝟐, 𝟐 − 𝑸𝑨 ∗ 𝒙 − (𝑸𝑭 ∗ 𝒕)
𝒛=
𝑸𝑪

𝟕𝟏𝟒𝟒 ∗ 𝟐, 𝟐 − 𝟏𝟕𝟖𝟔 ∗ 𝟐. 𝟖 − (𝟏𝟕𝟖𝟔 ∗ 𝟐. 𝟖)


𝒛=
𝟑𝟓𝟕𝟐

A.N: z = 1.6%

II.2.Calcul du débit de phosphate requis

 Une seule ligne :

Les réactions misent en jeu au niveau du réacteur sont les suivantes :

CaO(Phosphate) + H2 SO4 + H2 O CaSO4 , 2 H2 O

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Projet de fin d’études

H2 SO4 SO4 2- + 2H+

Donc: n(CaO) = n(H2 SO4 )

𝒎(𝐂𝐚𝐎) 𝒎(𝑯𝟐𝐒𝐎𝟒 )
=
𝑴(𝐂𝐚𝐎) 𝑴(𝑯𝟐𝐒𝐎𝟒 )

𝒎 𝑯𝟐 𝐒𝐎𝟒 . 𝑴(𝐂𝐚𝐎)
𝒎(𝐂𝐚𝐎) = (1)
𝑴(𝑯𝟐𝐒𝐎𝟒 )

Or, on connait le débit d’acide phosphorique (H3 PO 4 ) et non celui de l’acide sulfurique
(H2 SO4 ) : m(H3 PO4 ) = 64m3 /h = 80.12 t/h ( ρ = 1.25 t/m3 )

Conversion du débit d'H3 PO 4 en H2 SO4 :

On sait que: m(H2 SO4 ) = [%H2 SO4(entrée) - %H2 SO4(sortie)]*m(H3 PO4 )

A l’entrée du pré- mélangeur, le % d’H2 SO4 est de 2.8%, à la sortie il doit être égal à
0,4%.

Donc: m(H2 SO4 ) = 0.024*m(H3 PO4 ) m(H2 SO4 ) = 1.92 t/h

Dans (1):

𝟏.𝟗𝟐∗𝟓𝟔
A.N: m(CaO) = m(CaO) = 1.09 t/h
𝟗𝟖

D’après les analyses du phosphate sec du mois de janvier et février (Cf. chapitre 2 ),
on trouve que le phosphate utilisé à une teneur moyenne en CaO de 48%.

Donc : m(CaO) = 0.48*m(phosphate sec)

m(phos phate sec) = m(CaO)/0.48 m(phos phate sec) = 2.27 t/h

Or, le phosphate qu’on utilise est humide et d’après les analyses, son taux d’humidité
est de 4%.

Donc le débit nécessaire est de: m(phosphate humide) = m(phosphate sec) / (1-0.04)

A.N : m(phos phate humide) = 2.36 t/h

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Projet de fin d’études

Donc, pour désulfater une seule ligne de production d’acide phosphorique avec un débit
de 80.12 t/h (64m3 /h) d’une teneur en sulfate de 2,8% jusqu’à 0,4%, on doit introduire une
quantité de phosphate égale à 2.36 t/h.

 Deux lignes :

Les réactions mises en jeu conduisent à l’équation :

𝒎 𝑯𝟐 𝐒𝐎𝟒 . 𝑴(𝐂𝐚𝐎)
𝒎(𝐂𝐚𝐎) = (1)
𝑴(𝑯𝟐𝐒𝐎𝟒 )

Or, on connait le débit d’acide phosphorique et non pas celui de l’acide sulfurique :
m(H3 PO4 ) = 128m3 /h = 160.24 t/h.

Conversion du débit d'H3 PO 4 en H2 SO4 :

On sait que: m(H2 SO4 ) = [%H2 SO4(entrée) - %H2 SO4(sortie)]*m(H3 PO4 )

A l’entrée du pré- mélangeur, le % d’H2 SO4 est de 2.8%, à la sortie il doit être égal à
1.6%.

Donc : m(H2 SO4 ) = 0.012*m(H3 PO4 ) m(H2 SO4 ) = 1.92 t/h

De la même manière que précédemment, on obtient:

m(phosphate humide) = 2.36 t/h

Donc, pour désulfater deux lignes de production d’acide phosphorique avec un débit
de 160.24 t/h (128m3 /h) d’une teneur en sulfate de 2,8% jusqu’à 1,6%, on doit introduire une
quantité de phosphate égale à 2.36 t/h.

En se basant sur ces résultats, nous pourrons établir un bilan matière autour de l'unité
désulfatation.

II.3.Bilan matière

Afin de réduire le taux de sulfate de l'acide phosphorique on ajoute du phosphate, c'est


pour cela qu'on se confronte au problème de la génération des boues au niveau du décanteur,
car plus on ajoutera de phosphate plus on créera des boues.

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Projet de fin d’études

Le décanteur utilisé dans cette unité dispose d'un racleur (annexe 4) qui permet de
diriger les boues vers des conduites de transfert, si la viscosité de ces boues est peu
importante alors elles seront recyclées vers ce même décanteur et on parle de circuit fermé
(Figure 3.2), mais si la viscosité des boues est trop importante alors elles seront transférées
vers les digesteurs de la réaction et on parle alors de circuit ouvert (Figure 3.3).

Dans notre étude, nous avons uniquement établi le bilan dans le cas d'une se ule ligne
désulfatée car nous devions faire des analyses au niveau de l'unité et l'option toujours
utilisée par les opérateurs est celle d'une seule ligne désulfatée.

 Circuit fermé :
Soit :

- QA le débit d’acide phosphorique produit par la ligne B ou D.

- Qϕϕ le débit de phosphate broyé.

- QB le débit des boues recyclées.

- QAC le débit de l’acide clarifié.

Qϕϕ
QA QAC

QB

Figure 3.2 : Désulfatation d’une seule ligne (circuit fermé)

B.M.Global : QA+ Qϕϕ = QB + QAC

Or : QB=0 car on procède en circuit fermé.

Donc : QAC = QA+ Qϕϕ

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Projet de fin d’études

A.N : QAC = 80.12 + 2.36


QAC = 82.48 t/h

 Circuit Ouvert :
Soit :

- QA le débit d’acide phosphorique produit par la ligne B ou D.

- Qϕϕ le débit de phosphate broyé.

- QB le débit des boues recyclées.

- QAC le débit de l’acide clarifié.

Qϕϕ
QA QAC

Q(B)

Figure 3.3: Désulfatation d’une seule ligne (circuit ouvert)

Pour calculer le débit des boues dans le cas du circuit ouvert, on a du faire quelques
analyses pour le taux de solide (Annexe 1) ainsi que le taux de sulfates (%H2 SO4 ) (Annexe
2), et ceci pour l’acide phosphorique à l’entrée du décanteur, à la sortie et même pour les
boues, les résultats obtenues sont présentées sous forme de tableau (Annexe 3).

Le résultat moyen des analyses des boues nous donne un taux de sulfate de :

%H2 SO 4 ≈ 10%

B.M.Global : QA+ Qϕϕ = QB + QAC

(Or : Q(B) ≠ 0 car on procède en circuit ouvert).

B.M.Partiel/H2 SO4 : 2.8%*QA + 2.14%*Qϕϕ = 0.4%*QAC + 10%*QB

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Projet de fin d’études

Or : QA= QAC.

𝟎.𝟎𝟐𝟖∗𝟖𝟎.𝟏𝟐+𝟎.𝟎𝟐𝟏𝟒∗𝟐.𝟑𝟔 −(𝟎.𝟎𝟎𝟒∗𝟖𝟎.𝟏𝟐)
A.N : QB =
𝟎.𝟏

QB = 19.73t/h

Tout au long de notre période de stage, nous n'avons fait que des analyses par rapport
à une seule ligne désulfatée, c'est ce qui nous a poussé à calculer la capacité maximale de
désulfatation pour savoir si le fait de n'utiliser qu'une seule ligne désulfatée est un choix ou
bien une contrainte liée à la capacité du matériel utilisé pour cette désulfatation.

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Projet de fin d’études

III.Détermination de la capacité maximale de la désulfatation-décantation

L’atelier phosphorique NISSAN a pour mission de produire l’acide phosphorique 30%


en P2 O 5 en utilisant 3 lignes identiques A, B, D. Les deux lignes B et D peuvent être
désulfatées alors que ligne A est en marche normale c.à.d. qu'elle produit l’acide
phosphorique non clarifié et le renvoie par la suite vers le stockage. Ceci dit, l’atelier
désulfate souvent la ligne B ou D et rarement une ligne et plus (par exemple la ligne B et
une petite partie de la ligne D). C'est pourquoi nous pouvons poser la question suivante :
quelle est la quantité maximale qu’on peut désulfater pour atteindre nos objectifs sans
entraver la marche normale du décanteur ?

Afin de répondre à cette question nous devons déterminer la capacité maximale du


mélange (acide phosphorique, phosphate) pouvant être décanter puisque ce mélange passe
toujours par le décanteur afin de séparer l’acide désulfaté des boues engendrées lors de la
réaction de désulfatation.

Pour se faire, nous allons procéder par des essais expérimentaux visant à visualiser le
comportement du mélange dans le décanteur. Ces essais se basent sur le traçage d'une
courbe de sédimentation à travers laquelle nous déterminerons graphiquement le temps de
séjour nécessaire pour la décantation des particules solides d u mélange. Nous utiliserons
ensuite ce temps de séjour pour remonter à la capacité maximale pouvant être décantée.

III.1.Essais expérimentaux de décantation


 Décantation en cylindre

La décantation en cylindre est une méthode simple traditionnellement utilisée pour


estimer les caractéristiques de floculation et de sédimentatio n de la boue. Le cylindre de
sédimentation consiste en un cylindre gradué de 0,5 litre rempli d'une suspension homogène
de boue et de liquide. Les agglomérats de boue sédimentent et se déposent au fond du
cylindre sous l'action de la gravité.

 Courbe de sédimentation

Après avoir prélevé un échantillon du mélange à l’entrée du décanteur, nous le versons


dans une éprouvette cylindrique de section S (Annexe 4). On étudie ensuite le
comportement de la suspension (mélange) en sédimentation en traçant soit la variation de la
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Projet de fin d’études

hauteur h de l’interface séparant le liquide clair de la suspension ou soit la variation du


volume V en fonction du temps écoulé depuis le début de la décantation. La vitesse de
sédimentation est représentée à tout moment par la tangente à la courbe obtenue . et on a :

V= - dh /dt

La (Figure 3.4) présente les résultats de la position de l'interface de sédimentation en


fonction du temps lors de la sédimentation en éprouvette.

600

500

400
Volume(cm 3 )

300

200

100

0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400

Temps (min)

Figure 3.4: Variation de volume (cm3 ) en fonction du temps (min) lors de la


sédimentation en éprouvette

D’après cette courbe de sédimentation on constate que :

 Au départ les gros grains sédimentent rapidement et se déposent sur le fond de


l’éprouvette ce qui explique l'augmentation rapide de la hauteur de cette zone. Ensuite
apparait une interface entre un liquide clair et une phase bo ueuse (Annexe 4) qui peut elle-
même être divisé en deux parties : une partie supérieure conservant l’aspect de la suspensio n
de départ et une zone inférieur d’aspect intermédiaire.
 La vitesse de sédimentation de la suspension faible est plus importante que celle
de la suspension forte.

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Projet de fin d’études

 D'après cette courbe, on pourra déterminer le temps de séjour de la suspension.


III.2.Détermination du te mps de séjour (résolution graphique)

Pour dimensionner tout décanteur, il faut passer par la détermination du temps de


séjour. Ce dernier est défini par deux méthodes :

1ère méthode : elle propose de choisir un point intermédiaire de la courbe CD (Figure


3.5). La tangente en (m) coupe l'horizontal d'ordonnée (hr) en un point K d'abscisse (t). Cette
valeur est le temps qui est utilisé pour le dimensionnement du décanteur.

Figure 3.5: Détermination du te mps de séjour (1 ère méthode)

Dans notre étude, l'utilisation de cette méthode nous a permis de tracer la courbe de la
(Figure 3.6) :

600

500

400
Volume(cm 3 )

300

200
m
100
K
0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400

Temps (min)

Figure 3.6: Détermination du te mps de séjour (1 ère méthode) lors du premier


essai de décantation
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Projet de fin d’études

D’après la courbe, on obtient un temps de séjour de 720 min, c.à.d. 13,3 h.

Afin de calculer un temps de séjour moyen, on a effectué d'autres essais dont les
courbes sont présentées en (Annexe 5).

Le tableau 3.1 regroupe les temps de séjour calculé pour chaque essai.

Essai 1 2 3 4 5 6
Temps de séjour (min) 720 700 880 920 890 930

Tableau 3.1: Te mps de séjour relatif à chaque essai de sédimentation

Ces différences entre les temps de séjour ne peuvent être expliquées que par le taux de
solide présent dans chaque échantillon de la suspension initiale qui varie selon l’instabilité
de la marche de processus de décantation.

Ainsi, d’après ces essais expérimentaux de sédimentation par éprouvette cylindrique,


nous estimons un temps de séjour moyen de 836 min c.à.d. environ 14h.Ce temps de séjour
sera utilisé pour déterminer la capacité maximale des suspensions qu’on peut décanter.

III.3.Détermination de la capacité maximale de décantation

Le débit maximal de la suspension à décanter (Q) peut être calculé par la relation
suivante:

V
Q=
t

Avec : Q = débit de suspension à décanter (m3 /h)

V = capacité du décanteur (volume) (m3 )

t = temps de séjour (h)

La capacité de décantation V est donnée dans une fiche de données du décanteur


(Annexe 6), cette capacité est égale à 1250 m3 .

1250
Donc le débit maximal de décantation sera : Q =
14
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Projet de fin d’études

Q = 89,28 m3 /h

Ce débit permettra de calculer la capacité maximale de suspension pouvant être


désulfatée.

III.4.Détermination de la capacité maximale de désulfatation

La capacité maximale de désulfatation désigne, le débit à introduire à l’entrée du


réacteur de désulfatation. Pour calculer ce débit, on suit le raisonnement suivant :

D'après le bilan matière effectué pour calculer le débit de phosphate nécessaire pour
désulfater une seule ligne de production (paragraphe I.2.2), on détermine le rapport entre le
débit massique de phosphate et celui de l’acide phosphorique à désulfater :

Pour une ligne : le débit d’acide phosphorique est : mACP = 80,12 t/h

Le débit de phosphate est : mᵩᵩ = 2,36 t/h

𝑚 ᵩᵩ 2,36
On calcul le rapport : = 80,12 ≈ 0.03
𝑚 𝐴𝐶𝑃

Donc le débit massique total à la sortie du réacteur (ou bien entrée décanteur) sera :

mT = mACP + 0,03.mACP

mT = 1,03.mACP (1)

Et on connais le débit maximal de décantation : Q = 89,28 m3 /h

Or, l’acide phosphorique a une densité, en moyenne, de 1,3.

Donc, le débit massique de décantation est: mT = 1,3.Q

mT = 116,064 t/h

A partir de la relation (1), on trouve :

mACP = 86,67 t/h

C’est la capacité maximale qu’on peut désulfater et qui correspond a peu près à une
ligne et demi de production.

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Projet de fin d’études

IV. Double décantation

Au niveau du service stockage/expédition chargé de la désulfatation, on envisage


d’utiliser un autre décanteur afin d’améliorer la qualité de l’acide clarifié obtenu au niveau
de l’unité désulfatation. Ce deuxième décanteur sera situé en aval du premier et son rôle sera
simplement de rendre l’acide plus clair avec un taux de solide minimal (Figure 3.7).

Il faut signaler aussi qu’au niveau de ce décanteur il n’y aura pas de désulfa tation
donc on pourra l’utilisé pour recycler la totalité des boues présentes au niveau du service
stockage (Cf. chapitre 5).

Ligne B Vers stockage

Ligne D
Ligne A Vers stockage

Vers digesteurs Vers digesteurs

Figure 3.7: Double décantation

V. Conclusion

Ce chapitre nous a permis d'une part de calculer le débit exact de phosphate à


introduire dans le réacteur de désulfatation pour atteindre les exigences des clients de l'OCP
et éviter les pertes de phosphate dans ce réacteur; et d'autre part de calculer la capacité
maximale de la bouillie pouvant être désulfatée ce qui nous a permis de connaitre la limite
des équipements utilisés dans cette unité de désulfatation.

Cependant, il existe un problème au sein de cette unité de désulfatation, qui est celui
de la génération des bous au niveau du décanteur et aussi au niveau des bacs de stock age
final de l'acide phosphorique. C'est ce qui nous a poussés à faire une étude sur ces boues afin
d'optimiser leur génération et leur recyclage dans l'unité de désulfatation de MPI ainsi que
l'ensemble des bacs du service stockage et expédition.

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Projet de fin d’études

CHAPITRE 4 :

OPTIMISATION DE LA
DECANTATION DE L'ACIDE
PHOSPHORIQUE ET DE LA
GENERATION DES BOUES

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Projet de fin d’études

I. Introduction

La décantation à recirculation des boues (Cf. chapitre 2 paragraphe IV.3.5) est le


procédé adopté pour clarifier l’acide phosphorique dans Maroc Phosphore I. Elle consiste à
recycler les boues décantées vers l’entrée du décanteur. Ce recyclage des boues a pour objet
d’augmenter la vitesse de sédimentation des particules solides dans le décanteur et par
conséquent favoriser la séparation de l’acide clarifié des boues décantées. Toutefois nous
devons recycler un débit des boues avec une concentration bien déterminée en matière solide
d’une manière de ne pas avoir un taux de solide élevé dans l’acide clarifié (l’over-flow du
décanteur). Ainsi, nous allons étudier l’influence des différents paramètres, entre autres le
taux de solide dans les boues, sur le taux de solide au niveau de l’over-flow du décanteur.

Pour ce faire, nous allons montrer d’abord l’importance de recyclage des boues, en
faisant une petite comparaison entre la décantation d’acide désulfaté avec et sans recyclage
des boues. Ensuite, établir un bilan en matière solide au niveau de décanteur afin d’estimer
le débit des boues à recycler. Enfin nous allons utiliser comme outil les plans d’expériences
pour modéliser et optimiser le taux de solide dans l’over-flow du décanteur.

II. Importance de la recirculation des boues

Pour montrer le rôle primordial de recyclage des boues décantées, nous avons effectué
deux essais de décantation en éprouvette avec et sans recyclage des boues. C’est à dire un
essai avec l’acide désulfaté sans le mélanger avec les boues et l’autre essai en mélangeant
l’acide désulfaté avec les boues de recyclage. La Figure 4.1 montre les courbes de
sédimentation en éprouvette des deux essais.

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Projet de fin d’études

600

500

400 sans recyclage


Volume(cm 3 )

300

200
avec recyclege
100

0
0 20 40 60 80 100 120

Temps (min)

Figure 4.1 : Comparaison des courbes de sédimentation avec et sans recyclage des boues

La courbe de sédimentation de l’essai 1(courbe en marron) représente bel et bien


celle de la théorie de Kynch que nous avons vue précédemment où la décantation commence
dès le départ après avoir versé le mélange dans l’éprouvette.

Par contre, la décantation sans recyclage des boues est très lente au départ. Elle
nécessite, selon la courbe de sédimentation de l’essai 2 (courbe en bleue), à peu près 80 min
pour s’accélérer.

Nous pouvons dire que la vitesse de sédimentation avec recyclage des boues est plus
élevée que celle sans recyclage des boues ce qui favorise la décantation de l’acide
phosphorique.

C'est pourquoi nous avons décidé d'établir un bilan en matière solide afin d’estimer le
débit des boues recyclées.

III. Bilan en matière solide au niveau du décanteur

La Figure 4.2 illustre le schéma du décanteur avec recirculation des boues :

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Projet de fin d’études

MAD
M
MBR
BR

MAC

Décanteur

MBD

Figure 4.2 : Schéma du décanteur avec recirculation des boues

Avec :

MAD : débit massique d’acide désulfaté

MAC : débit massique d’acide clarifié

MBD : débit massique des boues décantées

MBR : débit massique des boues recyclées

TS1 : taux de solide d’acide désulfaté

TS2 : taux de solide des boues décantées

TS : taux de solide d’acide clarifié

Bilan globale : MAD + MBR = MBD + MAC

Bilan partiel par rapport au solide : (MAD + MBR).TS1 = MBD.TS2 + MAC. TS(1)

Or, à l’équilibre, en régime continu, nous considérons qu’il n’y a pas accumulation de solides
dans l’appareil et l’on peut écrire :MBR = MBD

𝑇𝑆1 .𝑀𝐴𝐷 − 𝑇𝑆 .𝑀𝐴𝐶


De (1), on obtient : M BD =
𝑇𝑆2 −𝑇𝑆1

Pour une production d’une seule ligne, on a : MAD = 80,12 t/h

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Projet de fin d’études

Et en régime permanant le débit d’acide clarifié est pratiquement égal au débit d’entrée
d’acide désulfaté : MAD = MAC = 80,12 t/h.

Pour les taux de solide de l’acide désulfaté et les boues décantées, nous prenons les valeurs
moyennes calculées lors des analyses effectuées au laboratoire :

TS1 = 20% et TS2 = 40%

Quant au taux de solide de l’acide clarifié, Maroc Phosphore I admet un pourcentage de 1%.

En remplaçant donc tous les paramètres par leurs valeurs numériques, nous obtenons :

MBD = 76,114 t/h

Or la densité des boues, en moyenne, est égale à 1,5 M BD = 50,74 m3 /h

Ce débit calculé est pratiquement réalisable puisqu’il peut être généré par la pompe de
recirculation des boues dont le débit maximal est 59,4 m3 /h.

Généralement, pour une alimentation donnée, le débit d’extraction des boues de la


sous- verse doit être maximal afin d’assurer un niveau minimal de pulpe épaissie dans le
décanteur. En effet, si le soutirage de la sous- verse est insuffisant, les boues vont alors
occuper de plus en plus de place et peuvent se retrouver dans la surverse, co mpromettant ainsi
l'efficacité de l'opération de clarification. Le choix de la concentration et du débit des boues
peut influencer donc sur la décantation en particulier sur le taux de solide d’acide clarifié.
Dans ce contexte, nous allons étudier au paragraphe suivant l’influence des boues et les
éventuels paramètres sur le taux de solde d’acide clarifié. C’est ainsi que nous allons utiliser
un plan d’expériences factoriel complet pour optimiser le taux de solide au niveau de l’over-
flow.

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Projet de fin d’études

IV. Plan d’expériences factoriel complet

Le plan d’expériences est une méthode puissante d’expérimentation qui présente sous
forme d’équation mathématique un système complexe, le principe est de trouver une relation
entre les paramètres d’entrée et les résultats mesurables de sortie.

Il permet d'organiser au mieux les essais qui accompagnent une recherche scientifique
ou des études industrielles. Ils sont applicables à de nombreuses disciplines et à toutes les
industries à partir du moment où l’on recherche le lien qui existe entre une grandeur d’intérêt
ou de sortie, y, et des k variables d’entrées ou facteurs, xk . Il faut penser aux plans
d'expériences si l’on s’intéresse à une fonction du type : Y= f(x1 , x2 , x3 , … xk )

L’étude d’un phénomène se ramène à déterminer la fonction f( ) qui lie la réponse


Yaux différents facteurs x1 , x2 , …, xk . Pour approfondir cette approche il faut introduire
quelques notions particulières et une terminologie spécifique aux plans d’expériences [7].

IV.1.Te rminologie

 Paramètres: les variables du système ou ses facteurs.


 Modalité/niveau: c’est la valeur d’un paramètre à un stade particulier de l’expérience,
on représente les valeurs réelles par des unités codées (-1 et 1) pour ne pas complexer
le plan.
 Interaction : influence d’un facteur sur un autre.

IV.2.Objectifs du plan d’expé riences

 Connaître le comportement du système étudié ;


 Optimiser, maitriser et modéliser le système considéré ;
 Évaluer la part de chacun des paramètres étudiés sur la décantation d’acide ;
 Déterminer le facteur le plus influent ;
 Déterminer les conditions dans lesquelles les perfo rmances les plus optimales sont
réalisées en termes de taux de solidedans l’acide clarifié.

Avant d’entamer le plan d’expériences pour notre système étudié, nous allons faire
quelques hypothèses.

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Projet de fin d’études

IV.3.Hypothèses

Les principaux facteurs régissant la séparation liquide clarifié-boues lors de la


décantation d’acide phosphorique sont:

 La densité d’acide phosphorique (1);


 Le taux de solide d’acide phosphorique (2) ;
 Le taux de solide des boues (3) ;
 La viscosité d’acide phosphorique (4) ;
 La température de milieu réactionnel (5) ;
 Le système de décantation (6) ;
 Qualité du phosphate : chimique et physique (7).
Normalement, pour obtenir un plan d’expériences pertinent, le parfait ça serait d’ét udier
tous les paramètres qui influent sur le système considéré qui est dans notre cas la décantation de
l’acide phosphorique, mais vu les contraintes et les obligations, on ne peut varier certains
facteurs, d’où les hypothèses suivantes :

1. Vu qu’il s’agit toujours d’une même réaction entre un phosphate broyé et l’acide
phosphorique, nous supposons que la température de milieu réactionnel est constante
ainsi que la viscosité de l’acide phosphorique qui dépend de la température. Nous
considérons donc que les facteurs 4 et 5 sont gardés constants.
2. Le bac de décantation existe déjà avec des dimensions bien déterminées pour séparer
le liquide-solide, nous considérons donc que le système de décantation, le facteur 6,
est invariable.
3. Durant le suivi, la ligne D réalise la production en utilisant le phosphate G10 (voir le
tableau 2.1 chapitre 2), alors on admet ainsi que le facteur 7 est gardé constant, avec
des petites fluctuations au niveau de la composition chimique du phosphate G10, et
concernant la granulométrie du phosphate qui est la même qui se dirige vers l’attaque,
nous la considère aussi constante.
4. Les facteurs auxquels nous pouvons accéder sont la densité d’acide phosphorique, le
taux de solide d’acide phosphorique et le taux de solide des boues, et ceci vu qu’il y a
toujours des analyses au laboratoire pour le suivi de ces facteurs. Par conséquent, nous
allons étudier notre système à travers les facteurs 1, 2 et 3.

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Projet de fin d’études

IV.4.Système à étudier

Facteur 1 : Densité d’acide


d Réponse
phosphorique

Facteur 2 : Taux de solide Système Taux de solide d’acide


d’acide phosphorique
Ts1 Y clarifié en %
Décanteur
Facteur 3 : Taux de Ts2
solide des boues

Figure 4.3 : Système à étudie r

Suite aux données du suivi de la production de la ligne D, nous avons adopté un plan
d’expériences factoriel complet à 3 facteurs et à 2 niveaux, avec :

 Les facteurs (d, Ts1 et Ts2 ) représentent respectivement la densité d’acide phosphorique, le
taux de solide d’acide phosphorique et le taux de solide des boues ;
 La réponse Y représente le taux de solide d’acide clarifié en %.

Et pour le traitement des données et l’interprétation du plan d’expériences, nous avons


utilisé le logiciel JMP10, c’est un logiciel de statistiques dans lequel une partie est consacrée
aux plans d'expériences.

Nous allons exposer notre travail et les résultats étape par étape.

Pour le calcul moyennant l’utilisation de logiciel JMP10, les différentes étapes sont données
en annexe 7.

 Modélisation du système

Puisque nous avons trois facteurs à deux niveaux, le plan d’expériences correspondant est :
3
2 = 8 expériences

Nous cherchons à trouver une fonction de transfert entre les facteurs d’entrées (densité
d’acide phosphorique, le taux de solide d’acide phosphorique et le taux de solide des boues) et la
réponse qui est le taux de solide d’acide clarifié en %.
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Projet de fin d’études

Les données du plan sont présentées dans le (Tableau 4.1):

Densité en Taux de solide dans Taux de solide dans les


Niveau / facteur
Kg/m3 l’acide en % boues en %
Niveau bas -1 1280 0,5 40
Niveau haut 1 1300 1,3 50

Tableau 4.1 : Donnés du plan d’expé riences

Ce tableau est important car les conclusions de l’expérimentation ne seront valables qu’à
l’intérieur dans le domaine d’étude de chaque facteur. Si l’on opère par exemple avec une
densité de 1400 et un taux de solide des boues de 60 %, nous ne pourrons pas utiliser les
conclusions de cette étude.

Nous pouvons représenter le plan par des matrices, la matrice d’expériences en unités
codées pour faciliter les calculs (Tableau 4.2).

Expérience d Ts1 Ts2 Y(Ts )


1 -1 -1 -1 Y1 = 1,83 %
2 1 -1 -1 Y2 = 0,91 %
3 -1 1 -1 Y3 = 1,58 %
4 1 1 -1 Y4 = 0,71 %
5 -1 -1 1 Y5 = 1,72 %
6 1 -1 1 Y6 = 0,96 %
7 -1 1 1 Y7 = 2,26 %
8 1 1 1 Y8 = 1,69 %

Tableau 4.2 : Matrice d’expériences et leurs réponses

Le modèle correspondant à notre système, s’écrit :

Y (Ts) = a0+ a1.d + a2.Ts1 + a3.Ts2 + a12.d.Ts1 + b13.d.Ts2 + a23.Ts1.Ts2


Avec :

 a0 : la moyenne des réponses ;

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Projet de fin d’études

 d, Ts1 et Ts2 : sont respectivement densité d’acide phosphorique, le taux de solide d’acide
phosphorique et le taux de solide des boues ;
 a1,a2 et a3 : des coefficients relatifs aux facteurs d, Ts1 et Ts2 ;
 d.Ts1 ,d.Ts2 et Ts1 .Ts2 : les interactions entre les facteurs ;

 a12,a13 et a23 : des coefficients relatifs aux interactions d.Ts1 ,d.Ts2 et Ts1 .Ts2 .
 Calculs

Pour trouver le coefficient constant a0 , il suffit de diviser la somme des réponses sur
le nombre d’expériences,

Y 1 +Y 2 +Y 3 +Y 4 +Y 5 +Y 6 +Y 7 +Y 8
On a: a0 = = 1,4575 %
8

Calcul des coefficients relatifs aux trois facteurs étudiés et leurs interactions

Pour effectuer les calculs nous utiliserons le (Tableau 4.3) où tous les niveaux bas et haut
des facteurs ainsi que leurs interactions sont présentés en unités codées. Ainsi par exemple,
d*Ts1 est le produit des niveaux des facteurs 1 et 2 ; en unités codées, ce produit est égal à – 1
(d*Ts1 = –1*+1 = +1*–1 = – 1) ou à +1 (d*Ts1 = –1*–1 = +1*+1 = +1).

Expérience d Ts1 Ts2 d. Ts1 d. Ts2 Ts1 . Ts2 Y(Ts )


1 -1 -1 -1 1 1 1 Y1 = 1,83 %
2 1 -1 -1 -1 -1 1 Y2 = 0,91 %
3 -1 1 -1 -1 1 -1 Y3 = 1,58 %
4 1 1 -1 1 -1 -1 Y4 = 0,71 %
5 -1 -1 1 1 -1 -1 Y5 = 1,72 %
6 1 -1 1 -1 1 -1 Y6 = 0,96 %
7 -1 1 1 -1 -1 1 Y7 = 2,26 %
8 1 1 1 1 1 1 Y8 = 1,69 %
a1 a2 a3 a12 a13 a23

Tableau 4.3 : Matrice d’expériences et résultats avec les interactions entre les facteurs

Nous calculons un coefficient en faisant la somme des réponses divisée par le nombre
d’expériences (8) où chaque réponse est multipliée par l’unité codée (1 ou -1) selon la colonne

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Projet de fin d’études

correspondante à chaque coefficient. Nous calculons le coefficient a 1 pour bien expliquer la


démarche :

(−1).Y 1 +(1).Y 2 + −1 .Y 3 + 1 .Y 4 +(−1).Y 5 +(1).Y 6 +(−1).Y 7 +(1).Y 8


a1 = = -0,39
8

Nous procéderons de la même façon pour calculer les autres coefficients du modèle,
nous obtenons donc :
a2 = 0,1025
a3 = 0,2
a12 = 0,03
a13 = 0,0575
a23 = 0,215
On peut déterminer aussi ces coefficients en utilisant le logiciel JMP10 (voir annexe 7).
Le résultat obtenu est affiché comme dans la (Figure 4.4) :

Figure 4.4: Résultats selon JMP 10

Nous vérifions que les coefficients estimés sont égaux aux ceux que nous avons calculés
littéralement. De plus ce logiciel permet aussi de calculer plusieurs paramètres statistiques
relatifs au modèle développé permettant de juger la validatio n de ce modèle.

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Projet de fin d’études

Finalement le modèle représentant notre système s’écrit :

Ts en % = 1,4575 - 0,39.d + 0,1025.Ts1 + 0,2.Ts2 + 0,03.d.Ts1 + 0,0575.d.Ts2 + 0,215.Ts1 .Ts2

 Vérification du modèle

Exemple 1

Soit la densité d’acide phosphorique, le taux de solide d’acide phosphorique et le taux


de solide des boues respectivement au niveau 1, -1 et 1 :

Donc :

Ts en % = 1,4575 - 0,39 - 0,1025 + 0,2 - 0,03 + 0,0575 - 0,215 = 0,9775%

Et suivant l’expérience 6, le taux de solide d’acide clarifié correspondant à ce cas est égal à
0,96%.

Exemple 2

Soit la densité d’acide phosphorique, le taux de solide d’acide phosphorique et le taux


de solide des boues respectivement au niveau 1, 1 et 1.

Donc :

Ts en % = 1,4575 - 0,39 + 0,1025 + 0,2 + 0,03 + 0,0575 + 0,215 = 1,6725%

Et suivant l’expérience 6, le taux de solide d’acide clarifié correspondant à ce cas est égal à
1,69%.

On admet que ce modèle est valide, l’erreur est négligeable, elle est dû soit aux valeurs
eux même de départ, soit de la négligence de l’interaction d.Ts1 .Ts2 d’ordre 3. La validité du
modèle s’avère aussi à travers le logiciel JMP10 qui nous a donné un coefficient de
régressionR2 = 0,998791 (plus R2 proche de 1 plus le modèle est valide).

 Interprétation des résultats du plan d’expériences

On connaît maintenant, les valeurs :


– du coefficient du facteur 1 (d) :a1 = - 0,39;
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Projet de fin d’études

– du coefficient du facteur 2 (Ts1 ) :a2 = 0,1025;


– du coefficient du facteur 3 (Ts2 ) :a3 = 0,2.
Or, d’une manière générale, quand le modèle choisi est un polynôme, les coefficients
des termes du premier degré sont les effets des facteurs.

D’où :

 Effet de la densité d’acide phosphorique: E1 = |a1 |= 0,39


 Effet taux de solide d’acide phosphorique :E2 = |a2 |= 0,1025
 Effet taux de solide des boues :E3 = |a3 |= 0,2

On a:

E1 > E2 >E3 , donc le facteur le plus influent est la densité, suivie de taux de solide des
boues et en dernière position le taux de solide d’acide phosphorique. Calculons maintenant la
part de chaque facteur sur le système étudié.

 Calcul de la part de chaque facteur sur le système étudié

En prenant en considération que ces trois facteurs, à savoir la densité d’acide


phosphorique, le taux de solide d’acide phosphorique et le taux de solide des boues, la part de
chaque facteur sur le système étudié peut être calculée.

La part de chaque paramètre est :

E1
%E1 = .100 = 0,56%
E 1 +E 2 +E 3

E1
%E2 = .100 = 0,15%
E 1 +E 2 +E 3

E1
%E3 = .100 = 0,29%
E 1 +E 2 +E 3

 Les interactions

On suit le même raisonnement, et on classe les interactions par ordre d’importance,

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Projet de fin d’études

Ts1 .Ts2 >d.Ts1 >d.Ts2

 Interprétation des résultats du plan d’expériences selon le logiciel JMP10

Nous construisons un diagramme qui indique les effets principaux des facteurs(voir
annexe 8), c’est-à-dire les coefficients des termes du premier degré du modèle mathématique.
Ce diagramme peut être construit avec les unités codées ou avec les unités normales.
L’impression visuelle est la même. Pour la présentation des résultats,il est plus commode
d’employer les unités normales qui donnent immédiatement les valeurs de comparaison.

Les interactions entre les facteurs (Figure 4.5)

Un diagramme des d’interactions indique les effets d’un facteur au niveau bas et au
niveau haut d’un autre facteur.Nous savons que si les droites des effets ne sont pas parallèles,
il y a une interaction significative

Figure 4.5 : Effet de l'interaction des facteurs taux de solide de l'acide et taux de solide
des boues

Nous constatons que les droites d’interaction des facteurs densité et taux de solide de
l'acide sont presque parallèles ce qui signifie que leur effet est peu significatif.De même pour
les droites d’interactions des facteurs densité et taux de solide des boues.

Par contre, les droites d'interaction des facteurs taux de solide de l'acide et taux de
solide des boues ne sont pas parallèles, nous pouvons dire donc que l’interaction de ces deux
facteurs représente un effet important sur le taux de solide est

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Projet de fin d’études

Cartographies du taux de solide en fonction des facteurs (Figure 4.6.a ; Figure 4.6.b ; Figure
4.6.c):

Figure 4.6.a : Cartographie du taux de solide en fonction des facteurs densité et taux de
solide dans l'acide

Figure 4.6.b : Cartographie du taux de solide en fonction des facteurs densité et taux de
solide dans les boues

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Projet de fin d’études

Figure 4.6.c : Cartographie du taux de solide en fonction des facteurs taux de solide dans
l'acide et taux de solide dans les boues

Le plan d’expériences montre l’influence de la densité d’acide phosphorique, le taux


de solide d’acide phosphorique et le taux de solide des boues sur le taux de solide d’acide
clarifié. Les informations pouvant être extraites de cette études ont, dans les intervalles
considérés :

 Au fur et à mesure que la densité d’acide augmente, le taux de solide d’acide clarifié
diminue.
 le taux de solide d’acide clarifié s’améliore lorsque le taux de solide des boues ou d’acide
augmente.
 le taux de solide d’acide clarifié est meilleur pour la densité d’acide près de 1300.

D’après le plan d’expériences et son interprétation, c’est évident que le facteur le plus
influençant est la densité d’acide, suivi du taux de solide des boues, et en dernière position le
taux de solide d’acide, on constate aussi que les conditions des paramètres étudiés et pour
lesquelles les meilleures exigences sont satisfaites sont (selon les graphiques d’iso réponses):

 d = [1290 – 1300]
 TS1 = [1,3 – 1,4%]
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Projet de fin d’études

 TS2 = [40 - 43%]

V. Conclusion

La densité d’acide dans est le facteur le plus influençant, le pivot qui commande les
performances de la décantation, et qui surement par son contrôle et sa régulation, on aura
garanti les meilleures exigences possibles.

La modélisation a permis de déterminer le taux de solide optimum dans la solution


d'acide clarifié dont le nombre varie entre 0,95 et 1%. Elle a permis aussi, à base du logiciel
JMP10, d'étudier l'effet de certains paramètres sur le taux de solide d’acide clarifié, tels que
la densité d’acide phosphorique, le taux de solide d’acide phosphorique et le taux de solide
des boues. La comparaison entre les résultats calculés et ceux obtenus expérimentalement
permet de considérer le modèle élaboré comme étant validé.

VI. Les solutions et améliorations proposées


A partir de cette étude, nous avons proposé quelques solutions et recommandations à
adopter pour optimiser l’unité de désulfatation-décantation de Maroc Phosphore I, à savoir :

 Faire un suivi permanant des différents paramètres de désulafation-décantation


 Agir sur la densité d’acide phosphorique, le facteur le plus influent, en ajoutant
l’eau de dilution en cas des densités élevées (>1300) et les boues en cas des
densités faibles d’une manière à rester dans l’optimu m [1290 – 1300] ;
 Faire un suivi du taux de solide des boues qui est le deuxième facteur le plus
influent représentant un effet de 20% et une forte interaction avec le taux de
solide d’acide selon le modèle établi précédemment.
 Installer un dispositif de mesure en continu du couple exercé par le mécanisme
d'entraînement. Les systèmes de protection consistent en une alarme de
surcharge de type hydraulique, mécanique ou électrique, qui déclenche une
alarme sonore et un arrêt de moteur suivant le niveau de la surcharge de
décanteur avec les boues.
 asservir la vanne de débit des boues recyclées à la mesure du couple de torsion.
Si on atteint une valeur critique du couple due à la surcharge du décanteur avec
les boues, la vanne change directement le débit des boues vers le circuit ouvert
pour soulager le racleur.
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Projet de fin d’études

CHAPITRE 5 :

ETUDE DE LA POSSIBILITE
DE PRODUCTION DE
L'ACIDE FOSBRASIL A
PARTIR DE L'ACIDE
CLARIFIE
&
COMPARAISON ENTRE
L’UNITE DESULFATATION
DE MPI ET L’ATELIER
TRAITEMENT D’ACIDE DE
MAROC CHIMIE

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Projet de fin d’études

I. Introduction
L'un des clients les plus importants de l'OCP est le client "FOSBRASIL" car c'est un
client qui exige un acide phosphorique avec une valeur de sulfate de très basse.
Cet acide est produit au niveau d'un atelier de traitement d'acide qui se situe au niveau
de Maroc chimie, cet atelier est une unité récente (2003) qui traite l'acide phosphorique
produit au niveau de Maroc chimie, son unique rôle est de réduire les teneurs des
différentes impuretés présentes dans l'acide. Cet atelier dispose de nouvelles technologies
qui permettent de réaliser facilement les opérations de purification de l'acide produit.
Le but de ce chapitre est d'étudier la possibilité de produire l'acide du client
"FOSBRASIL" au niveau de l'unité désulfatation de MP1 ainsi que de faire une comparaison
entre cette unité et l'atelier "traitement d'acide" de Maroc Chimie afin d'établir une liste
d'améliorations à apporter à MP1 pour aboutir aux mêmes résultats.

II. Acide "FOSBRASIL"


II.1.Présentation du client "FOSBRASIL"

"FOSBRASIL" est un client brésilien régulier de l'OCP, chaque mois ce client


demande une quantité de 10.000 t(de solution d'acide phosphorique) avec des exigences bien
déterminées , comme le montre le tableau (Tableau 5.1):

% P2 O5 58 - 60

% H2 SO4 1.2 max

Tableau 5.1: Exigences du client "FOSBRASIL" au niveau de l'acide phosphorique

Afin de pouvoir produire cet acide phosphorique nommé "FOSBRASIL" au niveau de


l'unité de désulfatation de MP1, nous ne baserons sur les résultats obtenus dans les
précédents chapitres de notre projet (Cf. chapitre 3 et chapitre 4).

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Projet de fin d’études

II.2.Production de l'acide "FOSBRASIL"

Comme indiquer précédemment, l'acide "FOSBRASIL" de concentration (58-60%)


doit avoir un taux de sulfate (%H2 SO4 < 1.2), c'est pourquoi afin de produire cet acide nous
utiliserons l'acide clarifié obtenu au niveau du décanteur de l'unité désulfatation de MPI lors
de la désulfatation d'une seule ligne de production (Cf. chapitre 3) comme le montre la
Figure 5.1:

Phosphate
1er échelon de concentration 2eme échelon de concentration
H3 PO4

Décanteur

H3PO4 30%

%H2SO4 = 0.4
Débitmètre
H3PO4 54%
H3 PO4 58%
%H2SO4 = 0.6 - 0.7
Vanne %H2SO4 = 0.9 - 1

Stockage acide "FOSBRASIL"

Figure 5.1: Production de l'acide phos phorique "FOSBRASIL"


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Projet de fin d’études

L'acide phosphorique (30% P2O5) à la sortie du décanteur, d'une teneur en sulfate de


0.4%, est conduit vers un 1er échelon de concentration afin d'augmenter sa concentration en
P2O5 en évaporant l'eau présente dans l'acide (Cf. chapitre 1); A la sortie du 1er échelon,
l'acide à un concentration de 54% P2O5 et un taux de sulfate de 0.6% à 0.7 %.

L'acide phosphorique "FOSBRASIL" est ensuite introduit vers un deuxième échelon


de concentration et à sa sortie, il sera concentrer à 58-60% en P2O5 et son taux de sulfate
atteindra (0.9% à 1%).

Nous choisirons le stockage de cet acide en tranches d'heures par jour car le client
"FOSBRASIL" demande une quantité de 10.000 (t de solution / mois) qui est équivalente à
10.000*60% = 6000 (tP2O5 / mois); or on sait que le débit d'acide phosphorique à la sortie
du décanteur est de 80.12 (t de solution/h) qui est équivalente à 80.12*30% = 24 (t de
P2 O5 /h). Après calcul, pour un mois de 30 jours, il faut ouvrir la vanne de stockage à 100%
(annexe 8) pendant une durée d'a peu près 11 jours afin de satisfaire la quantité demandé
par le client "FOSBRASIL".

Donc pendant 11 jours/mois, l'acide à la sortie du décanteur sera dirigé vers le bac de
stockage de l'acide "FOSBRASIL" et au cours des autres jours, l'acide désulfaté sera conduit
vers les autres bacs de stockage du service stockage et expédition afin d'être mélanger aux
autres lignes de production (Cf. chapitre 3).

L'avantage de cette production d'acide phosphorique "FOSBRASIL" au niveau de la


désulfatation de MP1 est la réduction du coût de production de cet acide, car jusqu'à
aujourd'hui l'acide phosphorique "FOSBRASIL" est produit à Maroc chimie et vendu à MP1
avec un prix de 6424 dh / t de solution, or que si l'acide est produit au niveau de l'unité de
désulfataton de MP1 son prix sera le même de l'acide normal désulfaté au niveau de la
division et qui est de 5263 dh / t de solution.

Afin d'améliorer la production de l'acide phosphorique désulfaté en général et celle de


l'acide phosphorique "FOSBRASIL" en particulier, nous avons choisi de faire une
comparaison entre l'unité de désulfatation de MP1 et l'atelier traitement d'acide de Maroc
chimie pour cibler les points à améliorer au niveau de la désulfatation de MP1.

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Projet de fin d’études

III. Comparaison entre l'unité désulfatation de MP1 et l'atelier traitement


d'acide de Maroc chimie
III.1.Présentation de l'atelier traitement d'acide de MC

Afin de répondre à la demande accrue en matière de qualités techniques d’acide


phosphorique, l’unité de traitement d’acide phosphorique de Maroc Chimie utilise plusieurs
moyens d’épuration à savoir :

La décadmiation;

La désulfatation;

La défluoration;

La désursaturation;

La désarseniation.

Ces moyens de purification permettent de réduire la teneur de quelques impuretés


présentes dans l’acide à des seuils bien déterminés, ces seuils sont établis suivant les
critères des clients et on parle ainsi de performances attendues.

 Performances attendues

Capacité : Capacité journalier projetée : 700T P2 O5

Décadmiation: Réduction de la teneur en Cd de 40 ppm à moins 10 ppm.

Désulfatation: Réduction de la teneur en SO 3 de 6,5% à moins 1% (acide 54%).

Défluoration: - Réduction de la teneur en fluor de 0,23% à moins 0,12%.

- Teneur en fluore dans les rejets (après lavage) ≤ 5 mg/Nm3 .

Désarseniation: - Réduction de la teneur en Arsenic de 7 ppm à moins 1 ppm.

- Teneur en H2 S dans les rejets (après lavage) ≤ 10 ppm.

Cependant, ces procédés de purification ne sont pas toujours simples, comme le


montre le paragraphe suivant qui donne une description complète des différentes
opérations de purification de l’atelier TA de Maroc Chimie.

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Projet de fin d’études

 Description des diffé rentes opérations de traitement


 Décadmiation
La bouillie 30% provenant de l’atelier de fabrication de l’acide phosphorique est
constituée d’un solide riche en gypse dihydrate, c’est ce gypse qui permettra l’opération de
décadmiation en substituant les ions Cd 2+ présents dans l’acide phosphorique par les ions
Ca2+ contenus dans la bouillie.

 Désulfatation

La désulfatation est réalisé dans un réacteur (Figure 5.2) qui est chauffé à 90°C, elle
consiste à réduire la teneur en acide libre H2 SO4 à 1%, par l’ajout de phosphate broyé, La
réaction est :

CaO(Phosphate) + H2 SO4 + H2 O CaSO4 , 2H2 O ; à 90°C

Figure 5.2: Flows heet de l'atelier TA (Réacteur de désulfatation)

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Projet de fin d’études

 Défluoration

L’objectif de la défluoration est de réduire la teneur en fluor par ajout de la silice.


Cette opération est réalisée dans le même réacteur que celui de la désulfatation; les réactions
mises en jeu sont les suivantes :

6HF+ SiO2H2 SiF6 +2H2 O à 90°C

H2 SiF6 SiF4 + 2HF

La quantité de silice à ajouter dépend de la teneur en fluor contenu dans l’acide à


traiter, elle est mesurée par un dosomètre et mélangée avec l’acide dans un mélangeur avant
son introduction dans le réacteur.

 Désursaturation

L’acide phosphorique sortant du réacteur de désulfatation, défluoration, est chargé en


matières solides. Le désursaturateur permet grâce au temps de séjour et un refroidissement
naturel d’obtenir un acide désurasaturé.

 Décantation

La clarification se fait dans un décanteur pour permettre la séparation de l’acide clair


traité des boues.

 Désarseniation

La désarseniation consiste en la précipitation de l’arsenic sous forme de sulfure.


L’agent de précipitation utilisé est une solution d’hydrosulfite de sodium (Na*, HS*) ayant
un titre en NaHS de 30 % en poids. Cette solution est préparée par dissolution de NaHS
solide dans l’eau dans la cuve agitée.

Le principe de la désarseniation par les sulfures (NaHS) repose sur les réactions
suivantes :

En phase aqueuse, le pH est compris entre 7 et 12

NaHS Na+ + HS- (Réaction prédominante)

Dans l’acide phosphorique : HS- + H+ H2 S

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Projet de fin d’études

8H2 S + 2As 3 + + 2As5 + As2S3 + As2S5 + 16H+

A la sortie du réacteur de désarséniation, l’acide phosphorique contient du H2S


gazeux.
Le dégazage de l’acide est effectué dans un dégazeur. Ces gaz sont aspirés vers une
tour de lavage où ils sont lavés avec une solution de soude diluée. Cette soude réagit avec
H2S pour former NaSH qui est récupéré pour la désarséniation de l’acide.

Les réactions de neutralisation sont :

NaOH + H2 S NaSH + H2 O
2NaOH + H2 S Na2 S + H2 O

L’acide phosphorique désulfaté et désarsenié s’écoule du dégazeur vers le répartiteur.


Cet acide contient de précipités arsénieux difficiles à décanter ainsi que les solides formés
par la désulfatation; on lui ajoute dans le répartiteur un floculant qui favorise la décantation
des solides dans le décanteur.

III.2.Comparaison entre la désulfatation de l’atelier TA de MC et celle de l’unité


désulfatation/décantation de MP1

Phosphate broyé

H3 PO4

Decanteur

H3 PO4 clarifié

Boues

Figure 5.3: Comparaison entre l’atelier TA de MC et l’unité désulfatation de MP1

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Projet de fin d’études

Cette comparaison sera sous forme de tableaux comparatifs et elle portera sur
différents critères (Tableau 5.2 & Tableau 5.3).

III.2.1.Paramètres de marche

Paramètres de marche Désulfatation (TA/MC) Désulfatation (MP1)


Acide phosphorique à Acide phosphorique à
Acide traité
concentration de 54% P2 O5 concentration de 30% P2 O5
Taux de sulfate de l’acide à
2.5% à 3% (acide à 54%) 2.6% à 2.8% (acide à 30%)
l’entrée de l’unité
Taux de sulfate de l’acide à la
≤ 1% (acide à 54%) ≤ 1% (acide à 30%)
sortie de l’unité
Temps de séjour au niveau du
24 h à 30 h 14 h
décanteur
Débit d'H3 PO4 à l’entrée 20 m3 /h 60 m3 /h à 120 m3 /h

Tableau 5.2: Comparaison des paramètres de marche

Le débit d’acide phosphorique de l’unité TA à Maroc chimie est inférieur à celui de


MP1 car l’acide utilisé est concentré à 54 en P 2 O5 . Ce qui veut dire que la viscosité de
l’acide est plus importante et ainsi la vitesse de sédimentation sera plus longue, c’est ce qui
se traduit aussi par le temps de séjour de l’acide au niveau du décanteur qui est plus
important dans l’atelier TA ( 24 à 30h) au lieu de 14h dans MP1.

Le taux de sulfate à la sortie de l’unité restera le même dans l’atelier TA car l’acide
commercialisé est celui de 54% en P2O5, alors que le taux de sulfate de l’acide à la sortie de
l’unité désulfatation à MP1 connaîtra une augmentation car il sera reconcentré pour être
commercialisé.

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Projet de fin d’études

III.2.2.Equipements et dime nsionne ment

Equipements et
Désulfatation (TA/MC) Désulfatation (MP1)
dimensionnement
Doseur de phosphate Présence Absence
Cyclone avant le Réacteur Présence Absence
Pompe de transfert entre le
Présence Absence
réacteur et le décanteur
Hauteur Réacteur 9m 5m
Diamètre extérieur Réacteur 4.8 m
Surface Réacteur 38 m² 18 m²
Volume utile Réacteur 342 m3 90 m3
Hauteur décanteur 8.95 m 8m
Diamètre décanteur 24 m 15 m
Surface décanteur 452 m² 156 m²
3
Volume utile décanteur 4045 m 1250 m3

Tableau 5.3: Comparaison des équipe ments

La présence du doseur de phosphate en aval de la trémie permet de contrôler la


quantité de phosphate à introduire dans le réacteur.

La présence du cyclone permet d'éviter la réaction entre le phosphate et les gaz


présents dans l'acide phosphorique.

III.2.3.Recyclage des boues

Au niveau de l'atelier TA de Maroc chimie , les boues du décanteur sont toujours


recyclé vers un bac de stockage appelé "bac à boues" avec un débit de 6 m3 /h, sauf en cas
d'arrêt de l'unité TA pour lavage ou tout autre problème on procède en circuit fermé (boues
recyclées vers le décanteur); alors que dans l'unité de désulfatation de MP1 on vérifie l'état
du racleur du décanteur manuellement et on procède soit en circuit fermé (boues vers le
décanteur) si le racleur n'est pas trop tendu soit en circuit ouvert (boues vers les diges teurs)
si le racleur est tendu.

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Projet de fin d’études

Cette comparaison nous a permis de déceler quelques améliorations matérielles


pouvant être apportées au niveau de l’unité désulfatation de MP1.

III.3. Points à améliorer au niveau de la désulfatation de MP1


III.3.1.Installation d'un cyclone en amont du réacteur de désulfatation

Dans l'atelier TA de Maroc chimie, on note la présence d'un cyclone en dessus du


réacteur de désulfatation, dont le rôle est d’éviter toute réaction entre le phosphate et les gaz
dégagés par l'acide phosphorique dans le réacteur, et ainsi le colmatage du phosphate sur la
surface du réacteur de désulfatation, contrairement à l'atelier de désulfatation de MP1 où on
a toujours ce problème de colmatage et on doit toujours porter quelques coups sur la surface
externe pour déboucher la conduite, comme illustre la photo (Figure 5.4).

Figure 5.4: Débouchage manuel de conduite

II.3.2.Installation d'une pompe de transfert entre le réacteur et le décanteur

Comme cité précédemment au niveau de l'unité de désulfatation de MP1, le produit du


mélange de la réaction entre le phosphate et l'acide phosphorique au niveau du réacteur est
transféré dans le décanteur par débordement (Figure 5.5.a) au contraire de l'atelier TA de
Maroc chimie où le transfert se fait via une pompe (Figure 5.5.b) comme le montre les
schémas suivant:

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Projet de fin d’études

Réacteur

Décanteur

Figure 5.5.a: Transfert par déborde ment

Réacteur Décanteur

Figure 5.5.b: Transfert via une pompe

L'avantage de la pompe de transfert est son emplacement, car comme le montre la


(Figure 5.5.b), elle se situe en bas du réacteur ce qui laisse au mélange (phosphate + acide
phosphorique) tout le temps de séjour nécessaire pour favoriser au maximum la réaction, par
contre, lors du transfert par débordement le phosphate est introduit au ha ut du réacteur et le
transfert se fait au même niveau, ce qui peut controversé la réaction et agir sur le mélange
transféré vers le décanteur.

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Projet de fin d’études

III.3.3.Installation d'un doseur de phosphate en aval de la trémie

Le doseur de phosphate permet de régler la q uantité de phosphate exact à introduire


dans le réacteur, son absence au niveau de l'unité désulfatation de MP1 est la cause des
pertes de grandes quantités de phosphates au niveau du réacteur (chapitre 3).
Donc, l'une des solutions possibles est d'installer un doseur, comme celui présent dans
l'atelier TA de Maroc chimie (Figure 5.6).

Figure 5.6: Doseur de phos phate (Atelier TA)

IV. Conclusion
Ce chapitre nous a permis de mettre en place un procédé simple de fabrication de
l'acide phosphorique "FOSBRASIL" au niveau de la division de MP1 en se basant sur
l'acide désulfaté présent dans l'unité de désulfatation de MP1, ainsi que de montrer quelques
points à améliorer au niveau de cette unité en se basant sur une comparaison entre l'atelier de
traitement d'acide de Maroc chimie et la désulfatation de MP1.

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Projet de fin d’études

CONCLUSION GENERALE

Cette description du groupe OCP et ses activités nous a permis d'une part d'avoir une
idée générale sur le rôle des différentes unités de production de l'acide phosphorique au sein
de la division MPI et d’autre part de donner au lecteur une vision claire sur le procédé de
fabrication afin qu'il puisse mieux suivre notre travail.

La recherche bibliographique effectuée lors de ce travail a permis d'établir


l'importance de la purification de l'acide phosphorique obtenu par l’opération de
désulfatation-décantation permettant d’éliminer les sulfates libres et de débarrasser l’acide
désulfaté du solide pour avoir un acide clarifié.

Cette désulfatation d’acide phosphorique s’effectue par ajout du phosphate broyé dont
la quantité à ajouter dépend de la teneur de sulfates libres présentes dans l'acide. C’est ainsi
que le bilan matière a permis de calculer le débit exact de phosphate à introduire dans le
réacteur de désulfatation.

L’étude expérimentale de la décantation en éprouvette cylindrique nous a permis de


déterminer la capacité maximale de la bouillie pouvant être désulfatée ce qui permet de
remonter à la limite des équipements utilisés dans l’unité de désulfatation.

Afin d’apporter quelques améliorations aux équipements de désulfatation-décantation,


une comparaison a été réalisée entre l'unité désulfatation de Maroc Phosphore I et l'atelier
de traitement d'acide de Maroc Chimie. Mais le problème qui subsiste au niveau de la
décantation est l’entraînement du solide dans l’over- flow du décanteur ce qui augmente la
teneur en solide de l’acide clarifié dans les deux unité ( MC et MPI).

C’est ainsi qu'à la fin de cette étude, dont l’objectif d’optimiser le taux de solide dans
l’acide clarifié nous avons tenté de développer un modèle qui traite ce problème. Ce modèle
a été réalisé par des plans d’expériences et ceci en limitant le nombre des facteurs
influençant sur ce taux de solide, simplifiant ainsi le système étudié, mais tout en gardant
pour objectif de se rapprocher du système réel.

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Projet de fin d’études

La modélisation nous a permis de déterminer le taux de solide optimum dans la


solution d'acide clarifié dont le nombre varie entre 0,95 et 1%. Elle a permis aussi, à base du
logiciel JMP10, d'étudier l'effet de certains paramètres sur le taux de solide d’acide clarifié,
tels que l'effet de la densité d’acide phosphorique, l’effet du taux de solide d’acide
phosphorique et l'effet du taux de solide des boues. La comparaison entre les résultats
calculés et ceux obtenus expérimentalement permet de considérer le modèle élaboré comme
étant validé.

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Projet de fin d’études

BIBLIOGRAPHIE

[1] www.ocpgroupe.ma ;

[2] Rapport annuel 2009 de l’OCP ;

[3] Lechgar M., Rapport de stage de titularisation (2006), Division Maroc Phosphore I;

[4] données d’étude des équipements, fournies par le bureau d’étude de Maroc Phosphore I ;

[5] Blazy P., Jdid E., « Techniques de l’ingénieur – Génie des procédés », Décantation,
aspects théoriques ;

[6] Blazy P., Jdid E., « Techniques de l’ingénieur – Génie des procédés », Décantation,
équipements et procédés ;

[7] Goupy J., Creighton L. « Introduction aux plans d'éxpérience », 3ème édition ; 2006

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Projet de fin d’études

ANNEXES

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Projet de fin d’études

Annexe 1 : Mode opératoire pour le calcul du le taux de


solide

Calcul du taux de solide :


Pour déterminer le taux de solide massique dans l'acide phosphorique à l'entrée du
décanteur, l'acide phosphorique à la sortie du décanteur et les boues on utilise le conne de
sédimentation gradué de IMHOFF (Figure 1) , ce conne permet, pour tout échantillon
d'acide ou de boues, la sédimentation du solide dans la base du conne alors que le liquide
(l'acide) se dépose en haut du conne comme le montre la (Figure 2).

A l'aide des graduations, on détermine le taux de solide volumique et ensuite en utilise


la relation de IMHOFF suivante afin de déterminer le taux de solide massique:

Taux de solide massique = 0.68 * taux de solide volumique

Figure 1: Conne de sédimentation de IMHOFF

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Projet de fin d’études

Figure 2: Séparation de l'acide et du solide

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Projet de fin d’études

Annexe 2 : Mode opératoire pour le calcul du le taux de


sulfate (%H2SO4)

Calcul du taux de sulfate (%H2SO4) :


Le contrôle de la teneur en sulfates libres (SO 4 2-) dans l'acide phosphorique à l'entrée
du décanteur, la sortie du décanteur et les boues se fait au laboratoire local par:

 Calcul de la densité de l'échantillon par un densimètre (Figure 1).


 Titrage de 2cm3 du l'échantillon par le chlorure de baryum (BaCl2 - 0.2N),
l'indicateur (colorant) utilisé et le sulfonazo III et l'acétone comme catalyseur, une fois le
virage est atteint, on procède à la lecture de la tombée de burette dans un tableau où elles
sont reportées les valeurs correspondantes réalisées par des essais à l'avance pour re ndre
pratique et facile la lecture du résultat trouvé (Figure 2).

La réaction du titrage s’écrit :

BaCl2 + H2SO4  BaSO4 + 2HCl

Figure 1: Densimètre

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Projet de fin d’études

En calculant la densité de l'échantillon et le volume nécessaire pour le virage de


l'indicateur (tombée de burette), on détermine le taux de sulfate par la relation
suivante :

𝑻.𝑩 ∗ 𝟎.𝟗𝟖
%H2 SO4 = 1 +
𝑫𝒆𝒏𝒔𝒊𝒕é

Avec :

- T.B : Tombé de burette en ml


- 0.98 : Concentration de H2SO4 dans l’acide phosphorique

Figure 2: Dosage de l’échantillon par BaCl2

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Projet de fin d’études

Annexe 3 : Analyses entrée décanteur, sortie


décanteur,boues

N° Echantillon Densité Taux de sulfate TS


03BT03 (Entrée décanteur) 1280 1.3% 13%
1 04BT02 (Sortie décanteur) 1275 0.9% 1.3%
04DT03 (Boues) 1295 9.92% 38%

03BT03 (Entrée décanteur) 1295 1.4% 14.2%


2 04BT02 (Sortie décanteur) 1281 1% 1.5%
04DT03 (Boues) 1298 10.35% 43%

03BT03 (Entrée décanteur) 1276 1.45% 14%


3 04BT02 (Sortie décanteur) 1283 1.15% 1.45%
04DT03 (Boues) 1286 10.46% 45%

03BT03 (Entrée décanteur) 1296 1.32% 13.8%


4 04BT02 (Sortie décanteur) 1285 1.05% 1.5%
04DT03 (Boues) 1300 9.87% 38%

03BT03 (Entrée décanteur) 1294 1.25% 14.5%


5 04BT02 (Sortie décanteur) 1286 1.1% 1.4%
04DT03 (Boues) 1285 10.32% 39%

03BT03 (Entrée décanteur) 1288 1.23% 13.9%


6 04BT02 (Sortie décanteur) 1279 0.89% 1.4%
04DT03 (Boues) 1290 9.95% 42%

03BT03 (Entrée décanteur) 1287 1.1% 14.1%


7 04BT02 (Sortie décanteur) 1290 0.85% 1.3%
04DT03 (Boues) 1296 10.14% 45%

03BT03 (Entrée décanteur) 1278 1.3% 13.8%


8 04BT02 (Sortie décanteur) 1284 1.03% 1.52%
04DT03 (Boues) 1284 9.83% 42%

03BT03 (Entrée décanteur) 1290 1.1% 13.7%


9 04BT02 (Sortie décanteur) 1278 0.6% 1.5%
04DT03 (Boues) 1291 10.26% 40%

03BT03 (Entrée décanteur) 1278 1.36% 14%


10 04BT02 (Sortie décanteur) 1280 1.02% 1.37%
04DT03 (Boues) 1290 9.99% 39%
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Projet de fin d’études

03BT03 (Entrée décanteur) 1275 1.25% 14.1%


11 04BT02 (Sortie décanteur) 1281 0.95% 1.43%
04DT03 (Boues) 1294 10.1% 40%

03BT03 (Entrée décanteur) 1282 1.3% 13.8%


12 04BT02 (Sortie décanteur) 1279 1.02% 1.35%
04DT03 (Boues) 1292 9.79% 48%

03BT03 (Entrée décanteur) 1278 1.25% 13.9%


13 04BT02 (Sortie décanteur) 1283 0.92% 1.5%
04DT03 (Boues) 1287 10.44% 39%

03BT03 (Entrée décanteur) 1280 1.02% 14.3%


14 04BT02 (Sortie décanteur) 1281 0.59% 1.52%
04DT03 (Boues) 1300 10.32% 42%

03BT03 (Entrée décanteur) 1276 1.22% 13.8%


15 04BT02 (Sortie décanteur) 1271 0.96% 1.46%
04DT03 (Boues) 1282 9.92% 43%

03BT03 (Entrée décanteur) 1291 1.05% 14%


16 04BT02 (Sortie décanteur) 1294 0.76% 1.54%
04DT03 (Boues) 1295 9.88% 47%

03BT03 (Entrée décanteur) 1286 1.6% 13.9%


17 04BT02 (Sortie décanteur) 1295 1.02% 1.39%
04DT03 (Boues) 1289 10.18% 40%

Tableau 1 : Résultats d’analyses pour une seule ligne désulfatée

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Projet de fin d’études

Annexe 4 :

Figure 1 : Eprouvette Vide Figure 2 : Eprouvette contenant l'échantillon

Figure 3: Apparition de 4 phases Figure 4: Décantation de l'acide

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Projet de fin d’études

Annexe 5 : Courbes des essais de sédimentation


600 600
500 Essai 1 500 Essai 2
Volume(cm 3 )

Volume(cm 3 )
400 400
300 300
200 200
100 100
0 0
0 500 1000 1500 0 200 400 600 800 1000 1200

Temps (min) Temps (min)

600 600
500 Essai 3 500 Essai 4
Volume(cm 3 )

Volume(cm 3 )

400 400
300 300
200 200
100 100
0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 0 500 1000 1500

Temps (min) Temps (min)

600 600
500 Essai 5 500 Essai 6
Volume(cm 3 )

Volume(cm 3 )

400 400
300 300
200 200
100 100
0 0
0 500 1000 1500 0 500 1000 1500

Temps (min) Temps (min)

Figure 1 : Courbes des essais de sédimentation

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Projet de fin d’études

Annexe 6 : Données d'étude pour le réacteur de


désulfatation et le décanteur

Récipient n° 03DT02
Client OCP Maroc
Lieu Safi
Diamètre extérieur(m) 15
Hauteur(m) 8
Volume utile (m3 ) 1250
Fluide procédé (liquide) Acide phosphorique
Densité (kg/m3 ) 1,73
Température de service (°C) 50
Concentration 32% P2 O5
Température d’utilisation admissible (°C) 70
Fluide d’essai Eau
Protection surface intérieure Caoutchoutage et revêtement en briques

Tableau 1 : Données d’étude pour réservoir de décantation

Récipient n° 03DD20
Client Maroc phosphore
Lieu Safi
Diamètre extérieur(m) 4,8
Hauteur(m) 5
Volume utile (m3 ) 89,5
Fluide procédé (solide/liquide) Phosphate brut, acide phosphorique
3
Densité (kg/m ) 1400
Température de service (°C) 50
Concentration 30% P2 O5
Température d’utilisation admissible (°C) 70
Fluide d’essai Eau
Protection surface intérieure Caoutchouc-butyl,dureté shore ASS°+- 5°

Tableau 2 : Données d’étude pour réacteur de désulfatation

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Projet de fin d’études

Annexe 7 : Utilisation du logiciel JMP10


Accès au plan d’expériences factoriel complet

Définition des niveaux et la réponse

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Projet de fin d’études

Définition des facteurs

Construction du plan et attribution des réponses

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Projet de fin d’études

Calcul des coefficients du modèle

Nous continuerons avec JMP10 pour modéliser la fonction y(TS) = f(d,Ts,Ts2). Nous
exécutons alors le script en cliquant de la droite de la souris sur Modèle :

Exécution du modèle

La fenêtre suivante s’affichera, en sélectionnant la réponse et en choisissant les effets du


modèle et on clique sur exécuter

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Projet de fin d’études

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Projet de fin d’études

Annexe 8
Les effets des facteurs (Figure 5.11.a ; Figure 5.11.b ; Figure 5.11.c)

Figure 5.11.a : Effet du facteur densité de l'acide phos phorique

Figure 5.11.b: Effet du facteur taux de solide de l'acide phosphorique

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Projet de fin d’études

Figure 5.11.c: Effet du facteur taux de solide des boues

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