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Chapitre 2

Transformation de Fourier dans L1(R)


et L2(R) 1

Contents
2.1 Transformation de Fourier dans L1 (R) . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2 Propriétés graphiques pour la Transformations d’un graphe . 12
2.3 Transformation de Fourier dans L2 (R) . . . . . . . . . . . . . . 17
2.3.1 Extension de la Transformée de Fourier aux fonctions de carré
intégrable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.3.2 Deux théorèmes utiles dans la pratique . . . . . . . . . . . . . . 20
2.3.3 Transformation de Fourier-Plancherel et produit de convolution 20

On munit R de la tribue borelienne et de la mesure de Lebesgue. Dans ce chapitre,


nous étudions les principales propriétés de la transformation de Fourier dans les espaces
L1 (R) et L2 (R). Dans le chapitre suivant, nous allons voir comment ces propriétés se
généralisent d’une manière directe aux cas L1 (Rn ) et L2 (Rn ).

2.1 Transformation de Fourier dans L1(R)


Nous adoptons la définition suivante de la transformation de Fourier dans L1 (Rn ).

Définition 2.1.1 Soit f ∈ L1 (R). la transformée de Fourier de f est l’application F(f ) =


fb définie sur R par Z
F(f )(ξ) = f (ξ) =
b f (x)e−2iπxξ dx. (2.1)
R

La transformation de Fourier F est l’application définie sur L1 (R) qui à f fait associer
l’application F(f ).
1
Ce chapitre est le contenu du document [4, 3, 5]

9
10 MATHÉMATIQUES DE L’INGÉNIEUR

Remarque 2.1.1 Soit f ∈ L1 (R). Si f est paire ([Link] (−x) = f (x)p.p) alors, pour ξ ∈ R,
on a, Fourier de f est l’application F(f ) = fb définie sur R par
Z +∞
F(f )(ξ) = f (ξ) =
b f (x) cos(2πxξ)dx
0

en particulier, fb est paire.


Remarque 2.1.2 Soit f ∈ L1 (R). Si f est impaire ([Link] (−x) = −f (x)p.p) alors, pour
ξ ∈ R, on a, Fourier de f est l’application F(f ) = fb définie sur R par
Z +∞
F(f )(ξ) = f (ξ) = −2i
b f (x) sin(2πxξ)dx
0

en particulier, fb est impaire.


Quelques exemples de transformées de Fourier.
Un calcul simple montre que
sin(2aπξ)
(1) F(1[−a,a] )(ξ) = πξ
.
(2) F(1]0,+∞] e−ax )(ξ) = a+2iπξ 1
, a> 0.
(3) F(e−a|x| )(ξ) = a2 +4π
2a
2 ξ2 , a > 0.

Théorème 2.1.1 On munit C0 (R) de la norme uniforme k · k∞ . La transformation de


Fourier F est une application linéaire de L1 (R) dans C0 (R), continue et de normé égale
à 1.
La démonstarion de ce théorème repose essentielement sur le lemme fondamental suivant.

Lemme 2.1.1 (Le lemme de Reimann-Lebesgue). Soit f ∈ L1 (R). Alors


Z
lim f (x)eiλx dx = 0.
|λ|→∞ R
λ∈R

Proof. Soit ε > 0. La densité de Cc∞ (R) dans L1 (R), garentit l’existence d’une appli-
cation h ∈ Cc∞ (R) qui vérifie kf − hk1 ≤ 2ε . Comme eiλx = 1, alors, pour tout λ ∈ R, on
a Z Z
ε
f (x)e dx − h(x)eiλx dx ≤ .
iλx
R R 2
D’autre part, une intégration par parties montre que, pour tout λ ∈ R? , on a
Z Z
1
iλx
h(x)e dx = h0 (x)eiλx dx
R |λ| R
kh0 k1

|λ|
→ 0 lorsque |λ| → +∞.
Taoufik Moulahi 11

Ainsi, il existe A > 0 tel que, pour tout λ ∈ R? , avec |λ| ≥ A, on a


Z
ε
h(x)eiλx dx ≤ .
R 2

En conclusion, pour tout λ ∈ R? , avec |λ| ≥ A, on a


Z
f (x)eiλx dx ≤ ε.
R

Ce qui achève la preuve 

Lemme 2.1.2 (Continuité d’une intégrale dépendant d’un paramétre). Soient A


et I deux intervalles de R. Soit l’application

f : A × I −→ R ou C
(x × t) −→ f (x, t)

Si
1- La fonction x 7→ f (x, t) est dérivable sur A.
2- La fonction t 7→ f (x, t) est continues sur I.
R
3- Il existe une fontion ϕ définie et continue sur I telle que I ϕ(t)dt est convergente et
∀ (x, t) ∈ A × I, f (x, t) ≤ ϕ(t) (hypothèse de domination).
Alors la fonction

F : A −→ R ou C
Z
x −→ f (x, t)dt
I

est continue sur A.

Preuve du théorème 5.35. Soit f ∈ L1 (R). Le théorème de la continuité sous le


signe intégrale et le lemme de Lebesgue précédent assurent que la fonction fb appartient à
l’espace C0 (R). Ainsi, F est une application bien définie de L1 (R) dans C0 (R). La linéarité
de l’application F est triviale. Pour tout f ∈ L1 (R), il est clair que
Z
kf k∞ = sup |f (ξ)| ≤ |f (x)|dx = kf k1 .
b b
ξ

Alors, F : L1 (R) → C0 (R) est continue et sa norme est inférièure à 1. En fin, comme

b[− 1 , 1 ] k∞ = sup sin πξ = 1,


k1[− 1 , 1 ] k = k1
2 2 2 2
ξ πξ

alors la norme de F est exatement égale à 1. 


12 MATHÉMATIQUES DE L’INGÉNIEUR

2.2 Propriétés graphiques pour la Transformations d’un


graphe
Taoufik Moulahi 13
14 MATHÉMATIQUES DE L’INGÉNIEUR

Proposition 2.2.1 Soit f ∈ L1 (R). Alors


(1) Pour tout a ∈ R, on a F(f (x − a))(ξ) = e−2iaπξ F(f (x))(ξ).
(2) Pour tout a ∈ R, on a F(e2iaπx f (x))(ξ) = F(f (x))(ξ − a).
(3) Pour tout λ ∈ R? , on a F(f (λx))(ξ) = 1
|λ|
F(f (x))( λξ ).
La démonstration de cette proposition est triviale, il suffit chaque fois de faire le change-
ment des variables convenable.

Proposition 2.2.2 (Transformée de Fourier d’une dérivée). Soit m ∈ N? et soit


f : R → C une application telle que : f ∈ C m−1 (R) est C 1 par morceaux et, pour tout
j ∈ 0, · · · , m, f (j) ∈ L1 (R). Alors,

F(f (m) )(ξ) = (2iπξ)m F(f )(ξ).

En particulier, pour tout ξ ∈ R? , , on a tout on a

kf (m) k1
|F(f )(ξ)| ≤ ).
2π|ξ|m

Cette proposition se démontre aisément par recurrece sur m et à l’aide d’une intégartion
par partie où on utilise le résulat élémentaire suivant : Si f est C 1 par morceaux avec f
et f 0 ∈ L1 (R) alors f (x) → 0 lorsque |x| → +∞.
Proposition 2.2.3 (D’erivée d’une transformée de Fourier) Soit m ∈ N? et soit
f ∈ L1 (R) telle que, pour tout j ∈ 0, · · · , m, l’application x :7→ xj f (x) appartient à L1 (R)
alors F(f ) est de classe C m (R) et pour tout k ∈ 0, · · · , m, et tout ξ ∈ R, on a

F(f )(k) (ξ) = (−2iπ)k F(xk f (x))(ξ).

La démonstration de cette proposition est une application directe du théorème de la


dérivation sous le signe intégrale

Lemme 2.2.1 (Dérivabilité d’une intégrale dépendant d’un paramétre). Soient


A et I deux intervalles de R. Soit l’application

f : A × I −→ R ou C
(x × t) −→ f (x, t)

Si
1- La fonction t 7→ f (x, t) est continue par morceaux et intégrable sur I.
∂f (x,t)
2- La fonction t 7→ ∂x
) est continue par morceaux sur I.
∂f (x,t)
3- La fonction x 7 → ∂x
est continue sur A.
R
4- Il existe une fontion ϕ définie et continue sur I telle que I ϕ(t)dt est convergente et
∀ (x, t) ∈ A × I, ∂f∂x
(x,t)
≤ ϕ(t) (hypothèse de domination).
Taoufik Moulahi 15

Alors la fonction

F : A −→ R ou C
Z
x −→ f (x, t)dt
I

∂f (x,t)
est définie et dérivable sur A et, ∀x ∈ A, on a F 0 (x) =
R
I ∂x
dt.

Proposition 2.2.4 (Transformation de Fourier et convolution dans L1 (R)).) Si


f, g ∈ L1 (R) alors f ? g ∈ L1 (R) et pour tout ξ ∈ R, on a

F(f ? g)(ξ) = F(f )(ξ)F(g)(ξ). (2.2)

Proof. Soient f, g ∈ L1 (R). Le théorème de Fubini-Tonelli assure que f ? g ∈ L1 (R).


Montrons l’égalité (2.2). Soit ξ ∈ R,.
Z Z 
F(f ? g)(ξ) = f (x − y)g(y)dy e−2iπxξ dx.

Le théorème de Fubini-Tonelli assure que l’application (x, y) 7→ |f (x − y)g(y)| est inté-


grable, alors d’après le théorème de Fubini, on a
Z Z 
F(f ? g)(ξ) = f (x − y)e−2iπ(x−y)ξ dx g(y)e−2iπyξ dy.
Z 
0
0

−2iπx ξ
= f (x )e dx g(y)e−2iπyξ dy

= F(f )(ξ)F(g)(ξ)


Nous ennonçons maintenant le deuxième théorème principal de ce chapitre.
Théorème 2.2.1 (Le théorème d’inversion de Fourier) Soit f ∈ L1 (R) telle que
fb ∈ L1 (R). Alors Alors l’application ϕ définie sur R par :
Z
ϕ(x) = fb(y)e2iπyx dy
R

appartient à C0 (R) et vérifie

f (x) = ϕ(x) pp
f (a) = ϕ(a) si f est continue en a.

En d’autre termes

fb(x) = f (−x) pp
b

fb(a) = f (−a) si f est continue en a


b
16 MATHÉMATIQUES DE L’INGÉNIEUR

Corollaire 2.2.1 La transformation de Fourier F : L1 (R) → C0 (R) est injective.

La démonstration du théorème (2.2.6) utilise les deux lemmes élémentaires et utiles sui-
vants
2 π 2 ξ2
Lemme 2.2.2 Soit a > 0. Alors F(e−ax )(ξ) = e−

a
a . En particulier, φb = φ où
2
φ(x) = e−πx .
2
Proof. On pose u(ξ) = F(e−ax )(ξ). La proposition (2.2.3) montre que l’application u est
dérivable sur R et vérifie
Z
0 2
u (ξ) = −2iπ xe−ax e−2iπxξ dx
Z
iπ 2 0
= e−ax e−2iπxξ dx
a
Z −2iπxξ
iπ 2 d(e )
=− e−ax dx
a dx
2π 2 ξ
=− u(ξ).
a
Par conséquent,
r
−ax2
2 2
− π aξ π − π 2 ξ2
u(ξ) = F(e )(ξ) = u(0)e = e a
a


Proposition 2.2.5 (Formule d’échange) Si f, g ∈ L1 (R) alors fbg ∈ L1 (R) f gb ∈


L1 (R) et Z Z
f gdx = f gbdx.
b (2.3)

La première partie du lemme est due au fait fb, gb ∈ L∞1 (R). L’égalité (2.3) est une simple
conséquence du théorème de Fubini.

Proposition 2.2.6 (Transformationde Fourier et produit de convolution) Soit


f ∈ L1 (R) telle que fb ∈ L1 (R). Alors pour tout g ∈ L1 (R), on a f g ∈ L1 (R) et

fcg = fb ? gb

Proof. D’après le théorème d’inversion de Fourier, f ∈ L∞ (R) ; par conséquent, la


fonction f g ∈ L1 (R) Pour tout ξ ∈ R, on a
Z
f ? gb(ξ) = hξ (ν)b
b g (ν)dν
Taoufik Moulahi 17

où hξ (ν) = fb(ξ − ν). Le lemme 2.2.5 assure alors que


Z
f ? gb(ξ) = b
b hξ (ν)b
g (ν)dν
Z
= e−2iπξν fb(−ν)b g (ν)dν
b
Z
= e−2iπξν f (ν)b
g (ν)dν

= fcg(ξ).

2.3 Transformation de Fourier dans L2(R)


Nous rappelons tout d’abord que l’espace L2 (R) muni du produit scalaire usuel
Z
hf, giL2 = f (x)g(x)dx.

est un espace de Hilbert.


La théorie au sens L2 (R) qui en résulte est beaucoup plus symétrique que la théorie
au sens à L1 (R), puisque dans L2 (R), les fonctions f et fb jouent le même rôle.

2.3.1 Extension de la Transformée de Fourier aux fonctions de


carré intégrable
la définition de la Transformée de Fourier donnée par la formule (2.1) n’est pas direc-
tement applicable à une fonction quelconque de L2 . Toutefois, cette définition convient
lorsque f ∈ L1 (R) ∩ L2 (R) et on démontre que fb appartient aussi L2 (R) et kf2 k = kfbk2 .
Cette isométrie de f ∈ L1 (R) ∩ L2 (R) dans L2 (R) s’étend en une isométrie de L2 (R) sur
L2 (R) et cette extension permet de définir la Transformée de Fourier (on peut aussi l’ap-
peler la Transformée de Fourier-Plancherel) pour toute fonction f de L2 (R). Les résultats
les plus importants sont le théorème de Plancherel et le théorème de Plancherel-Riesz.

Théorème 2.3.1 (Théorème de Plancherel-Riesz) Il existe une unique application


linéaire continue Φ : L2 (R) −→ L2 (R) telle que, pour tout f ∈ L1 (R) ∩ L2 (R) on a

Φ(f ) = fb.

Définition 2.3.1 L’application Φ est dite la transformation de Fourier-Plancherel. Pour


f ∈ L2 (R) , Φ(f ) est dite la transformée de Fourier-Plancherel de f

La proposition suivante est parfois utile pour déterminer la transformée de Fourier-


Plancherel des fonctions appartenant à L1 (R) \ L2 (R)
18 MATHÉMATIQUES DE L’INGÉNIEUR

Théorème 2.3.2 Soit f ∈ L2 (R). Pour tout A > 0, on pose gA l’application définie sur
R par :
Z A
gA (ξ) = e−2iπxξ f (x)dx
−A
2
Alors gA −→ Φ(f ) dans L (R) lorsque A → +∞.
Proof. D’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz, pour tout A > 0, la fonction fA = 1]−A,A[ f
appartient à l’espace L1 (R) ∩ L2 (R), alors F(fA ) = fbA = ϕA . D’autre part, d’après le
théorème de la convergence dominée fA → f dans L2 (R) lorsque A → +∞. Alors, par
continuité de la transformation de Fourier-Plancherel, on a ϕA → F(f ) dans L2 (R) lorsque
A → +∞. Ce qui termine la preuve. 
Proposition 2.3.1 (L’égalité de Fourier-Plancherel) La transformation de Fourier-
Plancherel Φ : L2 (R) −→ L2 (R) est une isometrie. Ainsi, pour tous (f, g) ∈ L2 (R) ×
L2 (R), on a
hΦ(f ), Φ(g)iL2 (R) = hf, giL2 (R)
c’est à dire Z Z
f (x)g(x)dx = Φ(f )(ξ)Φ(g)(ξ)dx

Théorème 2.3.3 (Théorème de Plancherel) Soit f ∈ L1 (R)∩L2 (R). Alors fb ∈ L2 (R)


et on a
kf k2 = kfbk2
L’extension de la transformation de Fourier à L2 (R) se fait en utilisant la densité de
(L1 (R) ∩ L2 (R; k · k2 ) dans L2 (R) et la complétion de L2 (R). C’est une application du
résultat de topologie suivant.
Lemme 2.3.1 Soient E et F deux espaces vectoriels normés, F complet et G un sous-
espace vectoriel dence dans E. Si u est une application linéaire continue de G dans F ,
alors il existe un prolongement unique u
e de E dans F et la norme de u e linéaire continue
de E dans F et la norme de u e est égale à la norme de u.
D’après le Théorème de Plancherel ( théorème 2.3.3), F est une isométrie de (L1 (R) ∩
L (R) dans L2 (R). En applicant le lemme ci-dessus avec E = F = L2 (R) et G = (L1 (R) ∩
2

L2 (R)), on obtient le théorème suivant.


Proposition 2.3.2 (Formule d’inversion de Fourier-Plancherel dans L2 (R)) Pour
tout f ∈ L2 (R), on a

Φ ◦ Φ(f )(ξ) = f (−ξ), ∀ ξ ∈ R.


En particulier, Φ : L (R) −→ L2 (R) est un isomorphisme et Φ−1 est l’application définie
2

sur L2 (R) par : pour tout f ∈ L2 (R).


Φ−1 (f )(x) = Φ(f )(−x) p.p.
Taoufik Moulahi 19

Exemple 2.3.1 Soit la fonction f donnée par le graphe suivant

(1) Exprimer les fonctions représentées ci-dessous en fonction de f .


(2) Exprimer les transformées de Fourier des fonctions f1 , f2 , f3 et f4 en fonction de la
transformée de Fourier de f .

 2
sin(πξ
(3) Montrer que la transformée de Fourier de f est : F(f (t))(ξ) = πξ
.
(4) En déduire la valeur de l’intégrale suivante
Z 
sin(πξ 4

R πξ
20 MATHÉMATIQUES DE L’INGÉNIEUR

2.3.2 Deux théorèmes utiles dans la pratique


comme on vient de le voir dans la remarque précédente f ∈ L1 (R)\L2 (R), F(f ) est
donnée par une limite dans L2 (R), donc le calcul se fait par approximation.
Donnons un autre cas particulier intéressant.
Théorème 2.3.4 soit f ∈ L2 (R)\L1 (R). S’il g ∈ L1 (R) telle que ϕ(g) = f alors F(f ) =
g.

Proposition 2.3.3 (Formule d’échange) soit (f, g) ∈ L2 (R)×L2 (R). Alors f Φ(g), Φ(f )g ∈
L1 (R) et on a Z Z
f (ξ)Φ(g)(ξ)dξ = Φ(f )(ν)g(ν)dν.
R R

2.3.3 Transformation de Fourier-Plancherel et produit de convo-


lution
Théorème 2.3.5 (1) Si (f, g) ∈ L1 (R) × L2 (R) alors f ∗ g ∈ L2 (R) et on a

Φ(f ∗ g) = F(f )F(g).

(2) Si (f, g) ∈ L2 (R) × L2 (R) alors f g ∈ L1 (R) et on a

F(f g) = Φ(f ) ∗ Φ(g).

Mise en garde : Si (f, g) ∈ L2 (R) × L2 (R), on sait que f ∗ g est bien définie, continue
sur R et tend vers 0 quand |x| tend vers +∞. Mais, on ne sait pas si f ∗ g appartient à
L1 (R) où à L2 (R), et on ne peut pas a priori parler de F(f ∗ g).

Proposition 2.3.4 (Transformée de Fourier d’une dérivée). Soit m ∈ N? et f ∈


C m (R) telle que pour tout k ∈ 0, · · · , m, f (k) ∈ L2 (R), alors,

Φ(f (m) )(ξ) = (2iπξ)m Φ(f )(ξ) p.p.ξ ∈ R.

Remarque 2.3.1 Le théorème 2.2.3 n’a pas d’analogue dans le cadre L2 (R). En effet, si
les fonctions x 7→ xf (x) appartiennent à L2 (R), il n’est pas toujours vrai que fb soit de
classe C 1 .

Exemple 2.3.2 soient a ∈]0, +∞[ et f la fonction définie sur R par


x
f (x) = .
x 2 + a2
(1) Vérifier que f appartient L2 (R) et n’appartien pas à L2 (R).
(2) Calculer la transformée de Fourier de f , qu’on notera aussi fb.
(3) La fonction fb est-elle continue sur R.
Taoufik Moulahi 21

Preuve 2.3.1 soient a ∈]0, +∞[ et f la fonction définie sur R par


x
f (x) = .
x2 + a2
(1) Vérifier que f appartient L2 (R) et n’appartien pas à L2 (R).
1
Réponse : Il est claire que la fonction f est continue sur R. D’autre part, f (x) ∼±∞ x
2 1
donc f ∈ L1 (R). Enfin, f (x) ∼±∞ x2
donc |f |2 est intègrable sur R et donc
f ∈ L2 (R).
(2) Calculer la transformée de Fourier de f , qu’on notera aussi fb.
Réponse : On définit La fonction x 7−→ sign(x) par

 −1 si x < 0  |x|
si x 6= 0
sign(x) = 0 si x = 0 = x
0 si x = 0,
1 si x > 0

On sait que la transformée de Fourier pour la fonction x 7−→ e−b|x| est donnée par
2b
F(e−b|x| )(ξ) = , b > 0.
b2 + 4π 2 ξ 2
Donc d’une manière siminaire pour la transformée de Fourier de la fonction x 7−→
e−b|x| sign(x) on trouve que

−4iπξ
F(sign(x)e−b|x| )(ξ) = , b > 0,
b2 + 4π 2 ξ 2
en particulier si b = 2πa, on obtient
1 −iξ
F(sign(x)e−2πa|x| )(ξ) = ,
π a2 + ξ 2
ce qui est équivalent
ξ
F(sign(x)iπe−2πa|x| )(ξ) = ,
a2 + ξ2
donc on applique la transformée de Fourier inverse, on obtient que
 x 
F 2 (ξ) = sign(−ξ)iπe−2πa|−ξ| = −iπsign(ξ)e−2πa|ξ| ,
a + x2

(3) La fonction fb est-elle continue sur R.


Réponse : La fonction fb n’est pas continue en 0, donc n’est pas continue sur R.
Chapitre 3

Transformation de Laplace 1

Contents
3.1 TransforInée de Laplace des fonctions . . . . . . . . . . . . . . 22
3.2 Transformée inverse de Laplace . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.3 Résolution d’une équation différentielle linéaire . . . . . . . . 32

Ce chapitre est consacré à l’étude d’une transformation intégrale d’un usage fréquent :
la transformée de Laplace. C’est en gros la généralisation de la transformée de Fourier.
La classe des fonctions admettant une transformée de Laplace est plus vaste que celle
des fonctions pour lesquelles la transformée de Fourier est définie. La transformée de
Laplace F (p) est une fonction de la variable complexe p. Néanmoins, dans beaucoup
d’applications, l’utilisation des transformées de Laplace se résume à des manipulations
algébriques et à la consultation d’un dictionnaire de transformées. Nous allons d’abord
étudier la transformée de Laplace d’une fonction f (x) localement integrable définie sur
R+ (fonction causale, c’est-à-dire f (x) = 0 pour x < 0). On étudie le problème d’inversion
de la transformée de Laplace qui consiste à déterminer une fonction f (x) dont F (p) soit la
transformée de Laplace. Ensuite on étudie la transformée de Laplace des distributions. La
transformée de Laplace est un outil très efficace pour résoudre des équations différentielles
ordinaires ou aux dérivées partielles ainsi que des équations fonctionnelles ou intégrales.
Le reste dl ! chapitre comporte de nombreux exercices importants complètement résolus
ainsi que des exercices proposés avec éventuellement des réponses ou des indications.

3.1 TransforInée de Laplace des fonctions


Définition 3.1.1 Soit f : R → R (ou C), une fonction localement som- mable. On
appelle transformée de Laplace de f (x) la fonction notée L{f (x)} ou F (p) de la variable
1
Ce chapitre est le contenu du document [4]

22
Taoufik Moulahi 23

complexe p = σ + iω définie par


Z +∞
L{f (x)}(p) = F (p) = f (t)e−pt dt (3.1)
0

La fonction f est appelée original de F et F l’image de f.


Les notations de la transformée de Laplace sont très variées. Citons à titre d’exemple :
F (p) = L{f (x)}, L(f )(p).
Remarque 3.1.1 1) Il faut noter que F (p) n’existe pas toujours. Pour s’en convaincre,
2
il suffit de choisir l’exemple f (x) = ex . Pour cette fonction l’intégrale ci-dessus
n’est pas définie. En effet
Z +∞ Z +∞
t2 −pt 2
e e dt = et −pt dt
0
Z0 +∞ 2 2
t− p2 − p4
= e dt
0
p (3.2)
u=t− +∞
2
Z
2 − p4 2
= e eu du
− p2
2
eu ≥ 1 Z +∞
≥ du = +∞
− p2

donc σ0 = +∞.
2) Les valeurs de f pour x < 0, n’interviennent pas dans la définition ci-dessus. Une
fonction f telle que : f (x) = 0 pour x < 0 est dite causale. Evidemment, on peut
rendre une fonction causale en la multipliant par la fonction de Heaviside.
3) Sif : R → R (ou C) est une fonction localement integrable, on définit la transformée
de Laplace bilatérale par
Z +∞
L{f (x)}(p) = F (p) = f (t)e−pt dt.
−∞

Notons que la transformée de Laplace de f définie par (3.1) coincide avec la trans-
formée de Laplace bilatérale de H(x)f (x) où H(x) est la fonction de Heaviside.
4) Soit f une fonction définie sur R+ et possédant une transformée de Fourier fb. Soit
p = σ + iω ∈ C. Pour σ = 0, l’expression
Z +∞
ω
F (iω) = f (x)e−iωx dx = fb( )
−∞ 2π
détermine un lien entre transformées de Laplace et de Fourier. La transformée de
Laplace peut-être considérée comme une extension de la transformée de Fourier. Par
ailleurs, pour σ quelconque fixé, on a
Z +∞
F (σ + iω) = e−σx f (x)e−iωx dx
−∞
24 MATHÉMATIQUES DE L’INGÉNIEUR

c’est-à-dire F (σ + iω) est la transformée de Fourier de la fonction f (x)e−σx prise


ω
en 2π .
5) Si f est une fonction définie sur R, nulle pour tout x < 0, continue par morceaux
sur [0, +oo[ et si en outre ils existent des constantes M > 0 et σ0 telles que :
|f (x)| < M eσ0 x , ∀ x > x0 , (la fonction f est dite de type exponentielle à l’infini),
alors la transformée de Laplace existe pour tout σ > σ0 .

Proposition 3.1.1 Si l’intégrale (3.1) converge pour <e(p) = σ0 , alors il en est de même
pour tout p tel que : <e(p) > σ0 .

Proof. En effet, on a

|f (x)e−px | = |f (x)|e−σx ≤ |f (x)|e−σ0 x .


R +∞ R +∞
Puisque −∞ |f (x)|e−σ0 x dx existe, on en déduit que −∞ |f (x)e−px |dx existe aussi. Par
conséquent, la transformée de Laplace F (p) existe dans le demi-plan défini par {p ∈ C :
<e(p) ≥ σ0 }, ce qui achève la démonstration. 

Corollaire 3.1.1 Si l’intégrale (3.1) diverge pour <e(p) = σ0 , alors il en est de même
pour tout p tel que : <e(p) < σ0 .

Définition 3.1.2 Soit f ∈ Lloc ([0, +∞[). Le nombre

σ0 = inf{σ ∈ R : f (x)eσx ∈ Lloc ([0, +∞[)},

s’appelle abscisse de convergence absolue de la fonction f . Le demi-plan de convergence


{p = σ + iω : <e(p) = σ > σ0 } est le domaine de integrabilité sur lequel F (p) est défini.

Exemple 3.1.1 La fonction échelon unitaire est notée H(t), est définie par :
(
0 si t < 0
H(t) =
1 si t > 0

La transformée de Laplace de l’échelon unitaire est donc donnée par :


Z +∞ Z +∞  −pt +∞
−pt −pt e
L{H(t)}(p) = H(t)e dt = e dt =
0 0 −p 0

On a donc :
1
L{H(t)}(p) = .
p
pourvu que <e(p) > 0, c’est-à-dire l’abscisse de covergence est σ0 = 0.

Nous allons étudier ci-dessous un certain nombre de propriétés élmentaires sur les
transformées de Laplace.
Taoufik Moulahi 25

Propriété 3.1.1 (Linéarité) La transformée de Laplace est une application linéaire.


Plus précisément, Pour tout α, β ∈ C, pour toutes fonctions f, g, d’abscisses de conver-
gence respectives σ0 , ς0 , alors
L{αf + βg} = αL{f (x)} + βL{g(x)} = αF (p) + βG(p).
où <e(p) > max{σ0 , ς0 },
Proof. En effet, si les fonctions f et g admettent des transformées de Laplace
Z +∞ Z +∞
−px
L{f (x)}(p) = F (p) = f (x)e dx, L{g(x)} = G(p) = g(x)e−px dx,
0 0

alors
Z +∞
L{αf + βg} = (αf (x) + βg(x))e−px dx
0
Z +∞ Z +∞
−px
=α f (x)e dx + β g(x)e−px dx
0 0
= αL{f (x)} + βL(§){g}
= αF (p) + βG(p),
où α et β sont des constantes. Si les abscisses de convergence de f et g sont respectivement
σ0 et ς0 , alors le domaine de convergence sur lequel αf + βg est défini est
{p ∈ C : <e(p) > max{σ0 , ς0 }}.

Propriété 3.1.2 (Translation) Si L{f (x)}(p) = F (p), alors
L{f (x − c)}(p) = e−cp F (p), <e(p) > σ0
Proof. Posons 
f (x − c) si x > c
g(x) =
0 si x < 0,
Z +∞
L{g(x)}(p) = g(x)e−px dx
Z0 c Z +∞
−px
= g(x)e dx + g(x)e−px dx
0 c
Z +∞
= f (x − c)e−px dx, t = x − c
c
Z +∞
−cp
=e f (x)e−px dx,
0
= e−cp F (p)
ce qui achève la démonstration. 
26 MATHÉMATIQUES DE L’INGÉNIEUR

Propriété 3.1.3 Si L{f (x)}(p) = F (p), alors

L{f (x)e−αx }(p) = F (p + α), <e(p + α) > σ0 .

Proof. On a évidemment
Z +∞
−αx
L{f (x)e }(p) = f (x)e−(α+p)x dx = F (p + α),
0

d’où le résultat. 
Propriété 3.1.4 (Changement d’échelle) Si L{f (x)}(p) = F (p), alors
1 p
L{f (cx)}(p) = F ( ), c > 0.
c c
Proof. On a évidemment
Z +∞ Z +∞
1 p 1 p
L{f (cx)}(p) = f (cx)e−px dx = f (t)e− c t dt = F ( ),
0 c 0 c c
où t = cx, ce qui achève la démonstration. 
Propriété 3.1.5 (Conjugaison complexe). Si L{f (x)}(p) = F (p), alors

L{f (x)}(p) = F (p).

Proof. On a
Z +∞ Z +∞
−px
L{f (x)}(p) = f (x)e dx = f (x)e−px dx = F (p),
0 0

et la démonstration s’achève. 

Exemple 3.1.2 On a
(a) Z +∞
−αx 1
L{e }(p) = f (x)e−(α+p)x dx = , <e(p) > −<e(α)
0 α+p
(b)
eiωx + e−iωx
L{cos(ωx)}(p) = L{ }(p)
2
1 1
= L{eiωx }(p) + L{e−iωx }(p) (propriété 3.1.1)
2 2

1 1  1 1 
= +
2 −iω + p 2 iω + p
p
= 2 , <e(p) > 0.
p + ω2
Taoufik Moulahi 27

(c) De même on obtient


eiωx − e−iωx ω
L{sin(ωx)}(p) = L{ }(p) = 2 , <e(p) > 0.
2i p + ω2
Proposition 3.1.2 La transformée de Laplace d’une fonction localement integrable f, est
une fonction holomorphe dans le domaine de integrabilité {p ∈ C : <e(p) > σ0 } et on a
la formule
Z +∞
(n)
F (p) = (−x)n f (x)e−px dx = (−1)n L{xn f (x)}.
0
R +∞
Proof. Soient F (p) = 0 f (x)e−px dx, la transformation de Laplace de f et σ0 l’abscisse
de convergence de f . En dérivant formellement les deux membres, on obtient successive-
ment, Z +∞ Z +∞
0
F (p) = xf (x)e−px dx, F (n) (p) = (−x)n f (x)e−px dx.
0 0
Montrons que l’abscisse de convergence de (−x)n f (x) est encore σ0 . En effet, par hypo-
thèse f est localement integrable, donc on ne tiendra pas compte des grandes valeurs de
x. Or à l’infini, les fonctions f (x)e−px et (−x)n f (x)e−px ont même comportement, donc
elles ont le même abscisse de convergence. Pour établir la formule de dérivation ci-dessus,
il suffit de vérifier les conditions d’application du théorème de dérivation sous le signe
integrale. Notons que pour tout p = σ + iω avec σ > σ0 , on a
|(−x)n f (x)e−px | ≤ xn |f (x)|e−σ0 x .
La fonction xn |f (x)|e−σ0 x est integrable et on en déduit que (−x)n f (x)e−px est integrable
aussi et qu’il est donc évidement de dériver sous le signe integrale tant que σ > σ0 . La
démonstration s’achève. 
Exemple 3.1.3 Déterminons la transformée de Laplace de xn . D’après la proposition
précédente, on a L{xn f (x)}(p) = (−1)n F (n) (p). Ici f (x) = 1 et F (p) = p1 , d’où
 1 (n)
L{xn }(p) = (−1)n .
p
Explicitement, on a
1 2 n!
L{x}(p) = , L{x2 }(p) = 3 , L{xn }(p) = n+1 .
p2 p p
Le résultat suivant joue un rôle important dans la résolution des équations intégrales.

Propriété 3.1.6 Si L{f (x)}(p) = F (p) et L{g(x)}(p) = G(p),


L{(f ? g)(x)}(p) = F (p)G(p), <e(p) > max{σ0 , ς0 }.
σ0 et ς0 , sont les indices de integrabilité de f et g respectivement
28 MATHÉMATIQUES DE L’INGÉNIEUR

Proof. On définit la fonction f ∗ g par


Z x
(f ∗ g)(x) = f (x − t)g(t)dt, pour tout x ≥ 0.
0

On a
Z +∞ Z +∞ Z x 
−px
L{(f ? g)(x)}(p) = (f ? g)(x)e dx = f (t)g(x − t)dt e−px dx.
0 0 0

Notons que : 0 ≤ t ≤ x, 0 ≤ x < ∞ ou 0 ≤ t < ∞, t ≤ x < ∞. Pour pouvoir utiliser le


théorème de Fubini, il faut s’assurer que l’intégrale double :
Z +∞ Z x
f (t)g(x − t)e−px dtdx.
0 0

converge. En effet, en posant τ = x − t et en tenant compte du fait que le jacobien est


égal à 1, cette intégrale se ramène à
Z +∞ Z x Z +∞ Z +∞
−px −pt
f (t)g(x − t)e dtdx = f (t)e dt g(τ )e−pτ dτ.
0 0 0 0

Cette dernière existe car par hypothèse L{f (x)} et L{g(x)}, existent. Dès lors,

L{(f ? g)(x)}(p) = L{f (x)}(p)L{g(x)}(p) = F (p)G(p),

ce qui achève la démonstration. 

Proposition 3.1.3 Soit f une fonction localement integrable. On suppose que pour tout
0
x > 0, f est continue, sa dérivée f (x) existe et est continue par morceaux. S’il existe des
constantes M > 0 et σ0 telles que : |f (x)| ≤ M eσ0 x , pour tout x > x0 , alors
0
L{f (x)}(p) = pL{f (x)}(p) − f (0+ ) = pF (p) − f (0+ ), <e(p) > σ0

Proof. On a pour tout p ∈ C tel que : <e(p) > σ0 ,


Z +∞ Z u
0 0 −px 0
L{f (x)}(p) = f (x)e dx = lim f (x)e−px dx.
u→+∞
0 ε→0 ε

En faisant une intégration par parties, on obtient


Z u Z u
0 −px −pu −pε
f (x)e dx = f (u)e − f (ε)e + p f (x)e−px dx.
ε ε

Comme |f (u)| ≤ M eσ0 u , alors

|f (u)e−pu | ≤ M eσ0 u |e−pu | = M e(σ0 −σ)u , p = σ + iω.


Taoufik Moulahi 29

Cette dernière expression tend vers 0 lorsque u → +∞ car <e(p) = σ > σ0 ,. Dès lors,
Z ∞  Z +∞ 
0 −px
lim f (x)e dx = lim p f (x)e−px dx − f (ε)e−pε ,
ε→0 ε ε→0 ε

et cette limite existe si et seulement si f (0+) = limε→0 f (ε), existe. D’où,


Z +∞
0
L{f (x)}(p) = p f (x)e−px dx − f (0+ ) = pL{f (x)}(p) − f (0+ )
0

ce qui achève la démonstration. 

Corollaire 3.1.2 D’une façon générale : Notons aussi que les expressions ci-dessus se
généralisent par récurrence pour les dérivées d’ordres supérieures. Par exemple pour l’ex-
pression obtenue dans la proposition précédente, supposons que f est localement integrable,
0
f est conti- nue pour tout x > 0, les dérivées f (x), · · · , f (n−l) (x) existent et sont conti-
nues par morceaux, il existe des constantes M > 0 et σ0 telles que : |f (x)| ≤ M eσ0 x pour
tout x > x0 , alors

0
L{f (n) (x)}(p) = pn F (p) − pn−1 f (0+ ) − pn−2 f (0+ ) − · · · − pf (n−2) (0+ ) − f (n−1) (0+ ).

Proposition 3.1.4 Si L{f (x)}(p) = F (p), alors


nZ x o F (p)
L f (t)dt (p) = , <e(p) > max{0, σ0 }.
0 p
Rx
Proof. Posons g(x) = 0
f (t)dt. D’après la proposition précédente, on a

L{g 0 (x)}(p) = pL{g(x)}(p) − g(0+ ) = pL{g(x)}(p),

car g(0) = 0. Or g 0 (x) = f (x), d’où L{g 0 (x)} = L{f (x)}. On en déduit que pL{g(x)} =
L{f (x)}, c’est-à-dire
nZ x o 1 F (p)
L f (t)dt = L(f (t)) = ,
0 p p
ce qu’il fallait démontrer. 

Lemme 3.1.1 (Division par t) On a


 f (t)  Z +∞

L (p) = L f (t) (u)du
t p
30 MATHÉMATIQUES DE L’INGÉNIEUR

Proof. On a
Z +∞ Z +∞ e−pt 
−pt f (t)
e dt = f (t) dt
0 t 0 t
Z +∞  Z +∞ 
−ut
= f (t) e du dt
0 p
Z +∞ Z +∞
= e−ut f (t)dudt
0 p
Théorème Z +∞ Z +∞
de Fubini
= f (t)e−ut dtdu
p 0
Z +∞ 
= L f (t) (u)du.
p


Proposition 3.1.5 (Comportement à l’infini). Si f est une fonction ayant un abs-
cisse de convergence σ0 , alors pour <e(p) > σ0 , on a
lim F (p) = 0
p→+∞
R +∞
Proof. Soit F (p) = 0
f (x)e−px dx. Posons p = σ0 + iω = σ0 + reiθ . Pour − π2 ≤ θ ≤ π2 ,
on a cos θ > 0 et
lim |f (x)e−px | = lim |f (x)|e−σ0 x e−r cos θx = 0,
p→+∞ p→+∞

et il suffit d’utiliser le théorème de convergence dominée pour avoir le résultat. Pour θ = π2 ,


p = σ0 + ir et
Z +∞
F (p) = f (x)e−σ0 x e−irx dx = F{f (x)e−σ0 x }, (F : transformée de Fourier)
0
Le résultat découle du lemme ou théorème de Riemann-Lebesgue. 
Proposition 3.1.6 (Théorème de la valeur initiale). Soit f une fonction ayant une
transformée de Laplace et telle que f (0+ ) existe. Alors,
lim pF (p) = f (0+ ).
p→+∞

Proof. On a
Z +∞
0
L{f (x)}(p) = f 0 (x)e−px dx = pF (p) − f (0+ ), (Proposition 3.1.3)
0
D’après la proposition précédente, toute transformée de Laplace tend vers 0 quand p →
+∞. Par conséquent

lim (pF (p) − f (0+ )) = 0,


p→+∞

ce qui achève la preuve. 


Taoufik Moulahi 31

Proposition 3.1.7 (Tthéorème de la valeur finale ).Soit f une fonction ayant une
transformée de Laplace et telle que limx→+∞ f (x) = f (+∞) existe et est finie. Alors,

lim pF (p) = f (+∞).


p→0

Proof. D’après le théorème de convergence dominée, on a


Z +∞ Z +∞
0 −px
lim f (x)e dx = f 0 (x)dx = f (+∞) − f (0+ )),
p→0 0 0

Or d’après la proposition 3.1.3, on sait que :

L{f 0 (x)} = pF (p) − f (0+ )

En comparant avec ce qui précède, on obtient

lim (pF (p) − f (0+ )) = f (+∞) − f (0+ ),


p→+∞

et le résultat en découle. 

3.2 Transformée inverse de Laplace


La transformée de Laplace étant un opérateur bijectif, sa bijection inverse existe. Elle
est unique et on l’appelle original de F ; on a alors L−1 F (p) (t) = f (t). La définition
mathématique de la transformée de Laplace inverse se base sur une intégrale de contour
dans le plan complexe, l’utilisation de cette définition exige une connaissance de l’Analyse
complexe. En pratique
• On détermine la transformée inverse de F (p) directement de la table.
• Il faut d’abord exprimer ou décomposer F (p) en une somme de termes dont les trans-
formées inverses sont dans la table.
• Utiliser la table conjointement avec une ou plusieurs propriétés.
• S’il y a des retards, les traiter en premier,séparément.
• Pour des fractions rationnelles, on décompose dans l’ensemble des réels en éléments
simples.
• Pour les éléments simples de première espèce se traitent facilement. Pour ceux de se-
conde espèce, on doit mettre leur dénominateur sous forme canonique, pour retrouver des
originaux en sinus ou en cosinus
Exemple 3.2.1 Calculer la transformées inverses des fonctions suivantes
(1) Si F (p) = p23p+7
−2p−3
4
= p−3 1
− p+1 donc f (t) = (4e3t − e−t )H(t).
3p+1 2 −2p+1
(2) Si F (p) = (p−1)(p2 +1)
= p−1
+ p2 +1
donc f (t) = 2et − 2 cos(t) + sin(t).

Propriété 3.2.1 (1) Transformée inverse de Laplace d’une translation

Si L−1 F (s) (t) = f (t) alors L−1 F (s − a) (t) = eat f (t).


 
32 MATHÉMATIQUES DE L’INGÉNIEUR

(2) Transformée inverse de Laplace d’une homothétie : Soit λ > 0,


1 t
Si L−1 F (s) (t) = f (t) alors L−1 F (λs) (t) = L−1 F (s) ( ).
  
λ λ
(3) Transformée inverse de Laplace d’une homothétie : Soit λ > 0,
1 t
Si L−1 F (s) (t) = f (t) alors L−1 F (λs) (t) = L−1 F (s) ( )
  
λ λ
F (p) f (t)
1
H(t)
p
1
t
p2
n!
n+1
tn
p
1
e−at
p+a
1
te−at
(p + a)2
w
sin(wt)
p + w2
2
w
sh(wt)
p2 − w 2
p
cos(wt)
p2 + w 2
p
ch(wt)
p − w2
2
e−ap
u(t − a)
p
1 δ(t)
−ap
e δ(t − a)
2wp
t sin(wt)
(p + w2 )2
2

p2 − w 2
t cos(wt)
(p2 + w2 )2
w
e−at sin(wt)
(p + a)2 + w2
p+a
e−at cos(wt)
(p + a)2 + w2

3.3 Résolution d’une équation différentielle linéaire


On cherche la solution x(t) de l’équation différentielle :
(
x00 (t) + 4x0 (t) + 3x(t) = 2e−2t
x(0) = 0, x0 (0) = 1.
Taoufik Moulahi 33

Prenons la transformée de Laplace de chaque membre de l’égalité. La transformée du


membre de droite est :
2
L(2e−2t )(p) =
p+2
Notons X(p) la transformée de Laplace de la fonction x(t). Par linéarité, la transformée
de Laplace du premier membre est :

L(x00 (t) + 4x0 (t) + 3x(t))(p) = L(x00 (t))(p) + 4L(x0 (t))(p) + 3L(x(t))(p)
= p2 X(p) − px(0) − x0 (0) + 4pX(p) − 4x(0) + 3X(p)
= (p2 + 4p + 3)X(p) − 1

On obtient :
2 2 1
(p2 + 4p + 3)X(p) − 1 = ⇔ X(p) = + .
p+2 (p + 2)(p + 1)(p + 3) (p + 1)(p + 3)
Une décomposition en éléments simples de chaque fraction rationnelle en p donne :
2 −2 1 1
= + +
(p + 2)(p + 1)(p + 3) p+2 p+1 p+3

1 1/2 1/2
= −
(p + 1)(p + 3) p+1 p+3
Autrement dit, il vient :
−2 3/2 1/2
X(p) = + +
p+2 p+1 p+3
Reste à déterminer la transformée inverse de cette expression, par linéarité on a :
     
−1 1 3 −1 1 1 −1 1
x(t) = −2L + L + L
p+2 2 p+1 2 p+3

la solution est donc finalement :


3 1
x(t) = −2e−2t + e−t + e−3t .
2 2
Cet exemple montre comment résoudre un problème différentiel au moyen de la transfor-
mée de Laplace. Cette méthode comporte trois étapes :
1. Dans un premier temps, on prend la transformée de Laplace du problème. Une équa-
tion différentielle linéaire à coefficients constants devient alors une simple équation
polynômiale en p.
2. Dans un second temps, on résout le problème en p, autrement dit on détermine X(p)
qui est la transformée de Laplace de la solution.
3. Enfin, il suffit d’effectuer la transformée inverse pour obtenir la fonction x(t) solution
du problème différentiel.
34 MATHÉMATIQUES DE L’INGÉNIEUR

Exercice
Résoudre l’équation suivante :
(
y 00 (t) + 2y 0 (t) + 5y(t) = sin(t)
y(0) = 1, y 0 (0) = 2.

f (t) F (p)
1
u(t)
p
1
t
p2
n!
tn
pn+1
1
e−at
p+a
1
te−at
(p + a)2
w
sin(wt)
p2 + w 2
p
cos(wt)
p2 + w 2
e−ap
u(t − a)
p
δ(t) 1
−ap
δ(t − a) e
2wp
t sin(wt)
(p + w2 )2
2

p2 − w 2
t cos(wt)
(p2 + w2 )2
w
e−at sin(wt)
(p + a)2 + w2
p+a
e−at cos(wt)
(p + a)2 + w2

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