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Symbolisme : Origines, Principes et Auteurs

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INTRODUCTION

I. CONTEXTE HISTORIQUE ET ORIGINES DU SYMBOLISME


II. PRINCIPES ET CARCTERISTIQUES
A. Subjectivité de la connaissance
B. Suggérassions
C. Importance accordée aux sensations

III. THEMES ABORDES


A. Mythologie
B. Mystère
C. Mélancolie et pessimisme

IV. FORMES ET PROCEDES


A. Allégorie
B. Synesthésie
C. Exclamation

V. AUTEURS REPRESENTATIFS
A. Paul Verlaine (1844-1896)
B. Arthur Rimbaud (1854-1891)
C. Stéphane Mallarmé (1842-1898)

CONCLUSION

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INTRODUCTION

La mouvance artistique symboliste a pour précurseur Baudelaire et pour


disciples Verlaine, Rimbaud, Mallarmé.

L'école symboliste nait officiellement en 1886 avec la publication dans Le


Figaro du « manifeste littéraire » de Jean Moréas et la parution du journal Le
symboliste.

Dans ce manifeste, Moréas expose les principes du courant : « La poésie


symbolique cherche à vêtir l’Idée d’une forme sensible qui, néanmoins, ne serait pas
son but à elle-même, mais qui, tout en servant à exprimer l’Idée, demeurerait sujette
».

Baudelaire est donc considéré comme un précurseur sans pour autant appartenir au
courant symboliste. Rimbaud, lui, est au cœur du courant avec sa célèbre formule,
illustrant la fonction du poète : « Je est un autre ».

Verlaine publie de nombreux recueils dont Poèmes saturniens (1866) et Fêtes


galantes (1869).

Mallarmé s’inscrit également dans le courant en l’orientant vers une poésie plus
hermétique, difficile d’accès aux lecteurs qui doivent à leur tour en déchiffrer le sens.

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I. CONTEXTE HISTORIQUE ET ORIGINES DU SYMBOLISME

Après la révolution de 1848, qui sonne la fin des dernières illusions romantiques en
matière de politique, les écrivains renoncent définitivement à relier un monde idéal et un
monde réel. Certains abandonnent donc les utopies, les grandes passions, les grands espoirs, et
choisissent la voie du réalisme, puis du naturalisme. D’autres, déçus par le matérialisme, le
scientisme et le positivisme qui se développent sous le Second Empire (nous sommes en pleine
Révolution Industrielle, rappelons-le), se réfugient dans l’idéal et le rêve, déjà fort présents chez
les romantiques, et jugés seuls capables de permettre au poète de s’évader de la laideur du

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monde moderne et d’évoluer dans un monde où la conscience peut vivre en parfaite harmonie
avec l’univers : ils fonderont le symbolisme.

Opposés au réalisme, au naturalisme, au Parnasse, et bien sûr aux règles classiques et au


positivisme ambiant, les symbolistes s’intéressent tout particulièrement à la poésie.

II. PRINCIPES ET CARCTERISTIQUES

A. Subjectivitée de la connaissance

Le symbolisme se caractérise par un individualisme violent, en tant que pleine


expression d’une subjectivité et de plusieurs visions du monde purement personnelles. On
revendique pleinement sa singularité et la poésie se doit de refléter les états d’âmes de chacun,
d’exalter la solitude, la sensibilité, l’artiste et de traduire les liens qui existent entre eux-mêmes,
leurs sens, l’art et la nature.

B. Suggérassions

Le but des symbolistes n’est pas foncièrement de « montrer », de « nommer », de « faire


voir » ce monde invisible au commun des mortels ; il est davantage de suggérer, d’évoquer, en
l’habillant de formes sensibles (par le biais d’allégories, par exemple).

« Nommer un objet, c’est supprimer les trois quarts de la jouissance du poème qui est faite du
bonheur de deviner peu à peu ; le suggérer, voilà le rêve. » Stéphane Mallarmé, Réponse à une
enquête de J. Huret.

On cherche donc plus à suggérer qu’à représenter ; la poésie se veut allusive plutôt que
descriptive ou explicative. On préfère, de très loin, la musicalité suggestive au plat réalisme des
descriptions, la fugacité, le changement et l’éphémère à la permanence, l’ambivalence à
l’identité précise, la nuance au tranché. Et les mots sont choisis pour ce qu’ils suggèrent, pas
pour ce qu’ils signifient – d’où une écriture travaillée jusqu’à, parfois, impénétrable… afin de
reproduire dans le texte l’harmonie de la musique.

C. Importance des sensations

Un idéal de synthèse et de fusion des sens (synesthésie) imprègne le symbolisme tout


entier : cette expérience subjective dans laquelle des perceptions relevant d’une modalité
sensorielle sont accompagnées de sensations relevant d’une autre. Ainsi, une odeur nous
rappelle une personne ou un lieu, une sensation un souvenir, un son une image… Ces liens
subtils et ces correspondances entre les parfums et les couleurs, les couleurs et les sons, les
parfums et les sons, les parfums et les images… sont vécus comme autant de vecteurs

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permettant au poète d’accéder à ce monde idéal. Sons, couleurs, visions participent à une même
intuition qui fait du poète un visionnaire, un voyant, une sorte de mage.

“J’inventai la couleur des voyelles ! – A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. – Je réglai
la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai
d’inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l’autre, à tous les sens dans l’alchimie du
verbe. ” Une Saison en Enfer, Rimbaud.

III. THEMES ABORDES

A. Mythologie

Par haine de la réalité contemporaine, haine double puisque cette réalité est haïe en tant
que telle, mais aussi comme la référence constante du roman naturaliste, l’idéalisme symboliste
est naturellement porté vers tous les lieux que proposent les rêves, les mythes, les légendes.

Il est vrai que depuis toujours la poésie est partie liée avec la mythologie et celle-ci est la
Muse, et tout poète peut dire, avec Nerval, qu’il est « fils de la Grèce » (« Myrtho »). Mais si
l’Antiquité classique a sa part dans la nostalgie symboliste, elle n’est cependant plus, comme au
temps du Parnasse ou de cette « École païenne » qui dénonçait Baudelaire en 1852, le modèle
dominant. Angélique ou pervers, le mysticisme vague du symbolisme, cet ultime avatar du
romantisme, ne se satisfait plus d’un idéal trop lié au génie classique et à la perfection formelle
du Parnasse.

B. Mystère

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Pour les poètes symbolistes, la mission de l'artiste consiste à déchiffrer les signes, à traduire
en termes concrets les réalités d'un monde spirituel qui s'expriment contrairement dans celui-ci.
C'est ainsi que la poésie symboliste est non pas descriptive, mais suggestive et musicale. Elle se
fait l'écho de l'intériorité mélancolique de l'artiste méditant sur son pouvoir créateur, pour qui
seul le poète est capable de déchiffrer les mystères, d'accéder à une réalité cachée. Dans son
poème « Correspondances », Baudelaire expose cette fonction du poète, être à part, élu qui a le
pouvoir de déchiffrer les « forêts de symboles ».

C. Mélancolie et pessimisme

Les œuvres symbolistes suggèrent généralement un monde mélancolique, onirique et


sombre, dominé par la solitude. La plupart des symbolistes sont pessimistes, et plus ou moins
obsédés par l'idée de la mort et de la douleur. Ils sont par ailleurs pour beaucoup très influencés
par la philosophie de Schopenhauer. On trouve donc un certain nombre d'œuvres, parfois
monumentales, liées à ces thèmes : La vie de l'Humanité de Gustave Moreau, mêlant la Genèse et
le mythe d'Orphée, se conclut sur le meurtre de Caïn ; le Triptyque de la Nature de Giovanni
Segantini s'achève sur le panneau de la mort.

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IV. FORMES ET PROCEDES

A. Allégorie

L’allégorie est une marque des auteurs symboliste. Dès 1857, Baudelaire utilise des allégories
dans Les Fleurs du Mal (“Spleen”):

- Et de longs corbillards sans tambours ni musiques,

Défilent lentement dans mon ame; l’Espoir,

Vaincu, pleure et l’Angoisse atroce, despotique,

Sur mon crane incliné plante son drapeau noir.

Allégorie permet aux poetes de suggérer un monde d’idées qui se cache derrière le monde
sensible.

B. Synesthésie

La synesthésie consiste à faire correspondre des sensations de nature différente. Ainsi,


Baudelaire dans le poème “Correspondances” fait correspondre des parfums à des sensations
auditives et visuelles:

“Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,


Doux comme les hautbois, vert comme les prairies"

C. Exclamation
Le poete symboliste est dans une recherche de l’absolu d’ou le recours féquent à
l’exclamation qui mime à la fois le désespoir et l’exaltation. Par exemple dans “Brise marine” de
Mallarmé:
- Je partirai! Steamer balançant ta mature,
Lève l’ancre pour une exotique nature!

V. AUTEURS REPRESENTATIF

A. Paul Verlaine (1844-1896)

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Paul Verlaine (1844-1896), l’un des plus grands poètes français, tient une place importante
dans le développement du symbolisme. Alors que nous avons tendance à le limiter à sa relation
avec le jeune Rimbaud, à ses élans mélancoliques et à ses frasques de vagabond céleste, Verlaine a
livré, avec L’Art poétique publié dans la revue Paris-Moderne en novembre 1882, un texte
fondateur du symbolisme.

Verlaine s’est fait connaître comme le poète des clairs-obscurs, mais il fut aussi un
jongleur de rythmes impairs, d’assonances, de paysages en demi-teintes. Ses poèmes,
notamment ceux rassemblés dans Romances sans paroles, sont à rapprocher de la peinture
impressionniste et de la musique, qui sont souvent associés au mouvement symboliste.

A. Arthur Rimbaud (1854-1891)

Arthur Rimbaud, est un poète prodige du XIXe siècle, il est connu pour sa poésie
révolutionnaire et sa vie tumultueuse. Mais derrière l’image de l’enfant terrible de la littérature,
se cache un poète qui s’est aussi nourri des courants littéraires et culturels de son époque. Les
écrits de Victor Hugo, Alfred de Musset et Gérard de Nerval ont nourri l’imaginaire du jeune
Rimbaud. Dans ses premiers poèmes issus des Cahiers de Douai, on peut discerner l’influence

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du romantisme, avec son penchant pour la nature, la passion et la rébellion contre les
conventions sociales.

À la fin du XIXe siècle, le symbolisme émerge en tant que mouvement littéraire majeur.
Rimbaud, bien que distant des cercles symbolistes, a été profondément influencé par cette
nouvelle approche de la poésie. Il a adopté l’idée de suggérer plutôt que de décrire
explicitement, créant des poèmes qui étaient autant des énigmes que des révélations. Son
célèbre poème “Le Bateau Ivre” en est un exemple remarquable.

B. Stéphane Mallarmé (1842-1898)

Stéphane Mallarmé (1842-1898), le lien entre sa poésie et la musique est là aussi


fondamental. Il faut « reprendre à la musique notre bien », affirme-t-il. On peut noter la
collaboration entre Mallarmé et Debussy, qui composa un opéra inspiré du texte mallarméen
L’Après-midi d’un faune (parmi les autres compositeurs à associer au symbolisme, nous
pouvons aussi citer Ravel, Fauré, et Satie).

En outre, aux yeux de Maître du symbolisme, comme le nommaient ses disciples, le


langage poétique est une énigme. « Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef
», affirme-t-il.

De plus, Mallarmé est celui à qui l’on doit la conception actuelle du symbolisme en
tant que mouvement littéraire défini. Il pense le monde en termes de représentation, et le
langage en termes de signes. Henri Mitterand explique :

Le symbolisme, chez lui, s’égale à la conviction austère que la seule mission du poète,
loin de tout message et de toute fiction, est de faire figurer l’absolu des choses dans un espace
lui-même épuré des mots et des vers. Le symbole coïncide chez lui avec la définition qu’il

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donnait de l’acte poétique en général : “La merveille de transposer un fait de nature en sa
presque disparition vibratoire selon le jeu de la parole.”

CONCLUSION

Français à l’origine (du moins en tant que mouvement), le symbolisme prend bientôt
une dimension internationale, et s’enracine plus particulièrement en Russie (Balmont, Blok),
en Angleterre (Oscar Wilde), en Belgique (Rodenbach), et même en Amérique latine (Rubén
Darío). Ainsi, pour la première fois dans l’histoire de la littérature, un mouvement esthétique
prend la dimension du monde moderne, étendant ses ramifications jusqu’au Japon où la
publication, en 1905, d’une anthologie des auteurs symbolistes français conduit certains
poètes nippons à envisager de nouvelles règles prosodiques. D’ailleurs, les apports du
symbolisme, qui marquent incontestablement de leur empreinte les théories surréalistes,
continuent de se faire sentir aujourd’hui encore chez nombre d’écrivains de tous pays.

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