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Spectrométrie de Masse : Principe et Applications

Master sciences d environnement

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Spectrométrie de Masse : Principe et Applications

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Chapitre IV

SPECTROMETRIE DE MASSE

I-Introduction
1- Description de la méthode
La spectrométrie de masse constitue à bombarder la substance dont la structure est inconnue
par un faisceau d’électrons et à examiner la nature et l’abondance relative des ions positifs
résultant de cette opération.
Un spectre de masse est l’enregistrement des “dégâts” causés aux molécules lorsqu’elles sont
bombardées en phase gazeux par un faisceau d’électrons dans un instrument appelé
spectrométrie de masse. Les molécules initiales sont détruites et fragmentées en multiples
morceaux.
Cette technique est applicable pour des composés solides, liquides, et gazeux. Elle est utilisée
pour :
- localiser un gisement en analysant les hydrocarbures dans les roches.
- détecter et identifier l’usage de stéroïdes chez les athlètes.
- étudier la composition de molécules trouvées dans l’espace.
- détecter la présence de dioxines dans des aliments contaminés.
- étudier des mutations génétiques.
- découvrir de nouveaux marqueurs pathologiques.
- analyser et dater des pièces archéologiques.
- suivre les processus de fermentation…

II- Principe d’ionisation par impact électronique


Dans la spectrométrie un faisceau d’électrons très énergétique frappe l’échantillon comme le
montre la figure 1. Il se produit alors une ionisation des molécules :
M + e− → M.+ + 2e−
M.+ est un cation radical appelé ion moléculaire. Il correspond à la masse molaire du composé.
Cet ion moléculaire se décompose et produit des cations de masse inférieures ; appelés ions
fragments et des fragments neutres (radicaux ou molécules).
1
Fig.1 Impact électronique

Un filament porté à haute température par passage d’un courant, émet des électrons qui peuvent
être accélérés par une certaine ΔV.
Par exemple l’ion moléculaire M+. obtenu à partir d’une molécule diatomique A-B par
enlèvement d’un électron pourra en principe suivre l’un ou l’autre des quatre processus de
décomposition
AB + e− → AB +. + 2e−
A+ + B .
B + + A.
M .+ ≡ AB .+ { .+
A +B
B .+ + A
Ces décompositions conduisent fréquemment aux ions ou radicaux les plus stables.

III- Appareillage
Un spectromètre de masse est constitué de 5 parties fondamentales (figure 2) :
- système d’introduction de l’échantillon,
- une source : lieu d’ionisation des molécules et fragmentations des ions,
- analyseur : sépare les ions en fonction de m/z,
- détecteur : détecte les ions sortants et les exprime en fonction de leur abondance relative,
- enregistreur : système d’enregistrement et de traitement des données.

2
Fig.2 Spectromètre de masse

IV- Description d’un spectre de masse


Le spectre de masse d’un échantillon correspond aux variations de l’intensité du faisceau en
fonction du rapport m/z.
m : la masse
z : la charge
La présentation d’un spectre de masse se fait de 2 façons : par un tableau ou un diagramme.

1- cas d’un tableau


Les rapports m/z et les intensités sont donnés sur 2 colonnes parallèles.
Exemple : cas de H2O
m/z %
16 10
17 25
18 100

2- cas d’un diagramme


En abscisse on porte le rapport m/z en impact électronique, z presque égal à 1, et en ordonnée
on a l’intensité du pic appelé abondance relative (des ions).

3
Exemple : cas de H2O

H2O + 1e- H2O + 2e- m/z = 18

H2O H + OH+ m/z = 17

OH+ H + O m/z = 16

3- Les différents types de pics


3-1- le pic de base
C’est le pic le plus intense du spectre (ion le plus abondant) ; son abondance relative est noté
100.
Les intensités des autres ions sont calculées proportionnellement à cette valeur.
Exemple : cas de H2O
Le pic de base de H2O est m/z = 18.

3-2- le pic moléculaire ou pic parent


L’ion moléculaire ou l’ion parent est un cation radicalaire ayant la même masse que la
molécule neutre, avec un électron en moins. Le pic parent est le pic le plus éloigné dans le
spectre.
M + e- M + 2e-

Cas de H2O :

H2O + e- H2O + 2e- M = m/z = 18

3-3- les pics fragments


Lors de l’impact électronique l’ion moléculaire donnent naissance à des ions de nombre de
masse plus faible appelé ion fragment.
Exemple : cas de H2O
H 2O H + OH m/z = 17

OH H+O m/z = 16

3-4- Le pic d’ion métastable


Ce sont des pics diffus de formes aplatis, ils sont l’image d’ions qui se décomposent. Si la
décomposition se fait avant la chambre d’accélération on aura un pic normal sur le spectre :
M1 M2 + fragment neutre
( m1) (m2)

4
Si la décomposition est après la chambre d’accélération, une partie de l'énergie cinétique de

M1 est utilisée pour la fragmentation de l’ion final M. qui est donné d’une quantité de
mouvement inferieur à celle normalement associé à M2
La masse apparente du pic métastable est donné par la relation :
m22
m∗ =
m1
Une transition métastable donne 3 pics :
• 2 pics (normaux) à m1 et m2.
• 1 pic métastable à m*.
Pic faible de forme diffuse dont la position non nécessairement une valeur entière. Dans ces
conditions on peut dire que m2 vient de m1. On obtient un pic large et on note la valeur du
maximum du pic.

M2

M1


m22 m2 m1 m/z
m =
m1

V- Abondance isotopique ou amas isotopiques


La plupart des éléments naturels contiennent des isotopes, ils apparaissent dans le spectre de
masse.
Le tableau 1 représente les abondances relatives des isotopes des éléments courants.

5
Tableau 1 : Abondance relative des éléments courants

Exemple 1 : acétone CH3-CO-CH3


On peut avoir le spectre des pics ayant une masse supérieure à celle de l’ion moléculaire lié à
la présence des isotopes. Ainsi pour l’acétone :
On utilise le symbole M pour le pic moléculaire, m/z = 58 pic M
Intensité relative

H3C
Pic moléculaire à
C O m/z = 58
H3C
m/z

Pic moléculaire à
Intensité relative

m/z = 58 m/z = 59 correspond à un carbone


13
C.
59 (1 13C) m/z = 60 correspond à deux carbones
13
C ou à un oxygène 18O.
60 (2 13C ou 1 18O)
m/z

Les intensités relatives des pics de l’amas isotopiques sont données selon l’abondance
naturelle des différents isotopes.

6
✓ M : c’est le pic m/z = 58 qui correspond à l’abondance isotopique des atomes ( 12C, 1H,
16
O).
✓ M + 1 : c’est le pic m/z = 59 qui correspond à l’abondance isotopique du carbone 13C.
✓ M + 2 : c’est le pic m/z = 60 qui correspond à l’abondance isotopique de deux carbones
13
C ou un atome d’oxygène 18O.

Exemple 2 : molécule contenant un seul atome de chlore


M

Le pic M correspond à une molécule qui contient


35
M+2 Cl et celui à M + 2 à une molécule qui contient
37
Cl, leurs intensités relatives correspondent à 75 et
25 respectivement.
M+1 M+3 M+4

Le pic à M + 1 correspond à une molécule qui contient le 35Cl et un 13C (ou un 2H).
Le pic à M + 3 correspond à une molécule qui contient le 37Cl et un 13C (ou un 2H).
Le pic à M + 4 correspond à une molécule qui contient le 37Cl et un 18O (ou deux 13C ou un
13
C et un 2H).

Exemple 3 : molécule contenant un seul atome de brome

M M+2
Le pic M correspond à une molécule qui contient
79
Br et celui à M + 2 à une molécule qui contient
81
Br.
M+1
M+3 M+4

Le pic à M + 1 correspond à une molécule qui contient le 79Br et un 13C (ou un 2H).
Le pic à M + 3 correspond à une molécule qui contient le 81Br et un 13C (ou un 2H).
Le pic à M + 4 correspond à une molécule qui contient le 81Br et un 18O (ou deux 13C ou un
13
C et un 2H).

Dans le cas d’un ion qui contient plus d’un atome ayant des isotopes comme le carbone, le
chlore, le brome etc.., les intensités des pics sont calculées à partir de l’expression :
(a + b)n dans laquelle :
a : abondance relative de l’isotope le plus léger.
b : abondance relative de l’isotope le plus lourd.
n : nombre d’atomes de l’élément considéré.

7
Exemple 1 : Dans le cas de l’éthane (C2H6) :
Deux atomes de carbones
On aura : (a + b)2 = a2 + 2ab + b2
L’expression dans laquelle a2, 2ab, b2 correspondent aux abondances relatives des pics
contenant les isotopes a, ab ou b seulement. En remplaçant a et b par leur valeur dans le cas de
carbone :
(a + b)2 = (98,89)² + 2 × 98,89 × 1,1 + (1,1)2 = 9779,2 + 218 + 1,21
D'où les intensités relatives des pics observés dans la région de l’ion moléculaire :
12
CH3 - 12CH3 [M] : 97,8
12
CH3 - 13CH3 [M+1] : 2,2
13
CH3 - 13CH3 [M+2] : 0,01

Exemple 2 : Bromure de méthyle : CH3-Br

Elément Isotope le plus abondant Abondance relative des autres isotopes


35 37
Chlore Cl 100% Cl 32,5%
79 83
Brome Br 100% Br 98,0%

79
Br : 100 % a = 1
81
Br : 98 % b=1 amas isotopique :
(a + b)1 = a + b 2 pics M et M + 2 d’intensité relative 1 :1
1 1
M M+2

Exemple 3 : Dichlorométhane CH2Cl2


M = 84
35 37
Cl : 100% Cl : 32,5%
a=3 b=1
(a + b)² = a² + 2ab + b²
9 6 1
M M+2 M+4
3 pics M, M + 2, M + 4
Intensités relatives 9 : 6 : 1

8
Exemple 4 :
Un ion contenant 3 atomes de chlore, les intensités des pics de l’amas sont données par la
relation : (a + b)3 = a3 + 3a2b + 3ab2 + b3

a3 3a2b 3ab2 b3
35
Cl Cl 35Cl
35 35
Cl 35Cl 37Cl 35
Cl 37Cl 37Cl 37
Cl Cl 37Cl
37

M M+2 M+4 M+6


27 27 9 1

On remplace a par 3 et b par 1


M M+2

M+4
M+6

Si les composés contiennent à la fois n atomes de Cl et m atomes de Br, les intensités des pics
sont calculées à partir de la relation :
(a+b)n (c+d)m

Exemple : cas d’un ion comportant 2 atomes de Cl et un atome de Br n = 2 et m = 1


(a + b)2 (c + d)1 = a2c + 2abc + cb2 + a²d + 2abd + b²d
Les termes sont séparés et groupés par masse

M M+2 M+4 M+6


35
Cl 37Cl 79Br 35
Cl 37Cl 81Br
35 2abc = 6 2abd = 6
Cl 35Cl 79Br 35
37
Cl 37Cl 81Br
Cl 35Cl 81Br 37
Cl 37Cl 79Br
a²c = 9 b²d = 1
a²d = 9 cb² = 1
(6 + 9 = 15) (6 + 1 = 7)

4 pics M, M + 2, M + 4 et M + 6.
Intensités relatives : 9, 15, 7 et 1.

M M+2

M+4
M+6

9
VI- Principaux modes de fragmentation
La probabilité de rupture d’une liaison dans l’ion moléculaire dépend de l’énergie de cette
liaison et de la stabilité des ions formés. Un certain nombre de règles permettent de prévoir les
pics les plus abondants en fonction de la structure des composés de départ.

1-les hydrocarbures aliphatiques


Les spectres de masse sont faciles à interpréter. Le pic moléculaire est souvent de faible
intensité et plusieurs pics fragments sont séparés par 14 unités de masse (CH2).

1-1- Les alcanes


➢ Alcanes linéaires :
La fragmentation des hydrocarbures saturés (alcanes) a lieu par clivage homolytique.
Exemple : butane

m/

Clivage de deux façons :

+
[ CH3 CH2 CH2 CH3 ] CH3 CH2 CH2 + CH3
m/Z = 58 m/Z = 43

+
[ CH3 CH2 CH2 CH3 ] CH3 CH2 + CH2 CH3
m/Z = 29

La Fragmentation donnant m/Z = 43 préférentielle car il y a formation d’un cation plus stable.
Le pic m/Z = 43 est plus intense que celui à m/Z = 29.
➢ Alcanes ramifies :
Dans les hydrocarbures ramifiés la fragmentation se fait au point de ramification dans le sens
à donner le carbocation le plus stable.

10
Exemple : 2-méthylpropane

m/

+
CH3 CH + CH3

CH3
[ CH3 CH CH3 ] m/Z = 43

CH3
+
CH3 CH + CH3

CH3
m/Z = 15

Le cation isopropyle à m/Z = 43 est plus stable que le cation à m/Z = 15.
Ordre de stabilité du carbocation :

+
CH3 < R CH2 < R2CH+ < R3C+

➢ Cycloalcanes
Dans les cycloalcanes, le pic parent est plus intense et le pic de base est souvent la
perte de la ramification du cycle pour former le cation cycloalkyle.
On note aussi la coupure du cycle qui conduit à la perte courante d’une molécule
d’éthylène (CH2CH2), si elle est présente.

11
Exemple :

1-2-Les alcènes :
Dans le cas des alcènes les pics sont séparés de 14 unités de masse. Ils donnent très souvent
par ionisation un fragment de m/z = 41 qui correspond au cation allylique stabilisé par
résonnance.
Exemple : butène

m/z

12
CH3 CH2 CH CH2 CH3 + C+H2 CH CH2
m/z = 56 m/z = 41

CH2 CH C+H2

➢ Cycloalcènes
Les cycles non saturés subissent un clivage dite rétro DIELS-ALDER. Le clivage a lieu au
niveau des deux liaisons C-C situés en β par rapport à la double liaison du cycle. Il y a
élimination d’un carbure éthylénique sous forme de molécule.

2) Les aromatiques
Ils présentent habituellement un pic d’ion moléculaire intense car le noyau aromatique est
très stable et difficilement fragmentable.

2-1-Le benzène

51 77
39

m/z

13
Les fragmentations du benzène :
m/z = 77 : [M-H]+
m/z = 51 : C4H3+ [77-26 (acétylène)]
m/z = 39 : C3H3+ [51-12( C )

2-2- Les benzènes monosubstitués :


Clivage α : substituant différent d’un alkyle
Les benzènes monosubstitués perdent fréquemment leur substituant pour former le cation
phényle à m/z = 77.

Y
-Y m/z = 77
.

Clivage β : alkyle de type CH2-R


Dans le cas des composés aromatiques substitués par une chaine alkyle, la fragmentation se
fait de sorte à obtenir un ion stabilisé par résonance, c’est le cation aromatique tropylium à
m/z = 91.

14
Cet ion est fortement stabilisé et constitue souvent le pic de base du spectre de masse.
Cet ion C7H7+ n’a pas la structure benzyle mais la structure tropylium dans laquelle tous les
carbones et tous les hydrogènes sont équivalents.

Exemple : analyse du spectre du composé de formule brute C7H7Cl

91

126

128

Le pic le plus important à m/z = 91 correspond à l’ion tropylium


La structure est alors (91 + 35 = 126, 91 + 37 = 128)
Les principaux fragments sont :

15
+
CH2 Cl CH2

m/Z = 126 ou 128 m/Z = 91


ion tropylium

3) Les composés hydroxylés


3-1-Les alcools
Les différents alcools ne possèdent pas le même mode de fragmentations. Chaque spectre est
différent.
Le pic moléculaire est en général faible, même indétectable pour un alcool tertiaire. En
général, il y a clivage de la liaison C-C voisine du groupement OH, les alcools primaires
montrent un pic à m/z = 31 dû à +CH2-OH. Ce pic est un indicateur d’un alcool primaire.

H O CH2 CH2 CH2 CH2 CH3 CH3 CH2 CH2 CH2 + CH2 O H m/z = 31

De la même manière, les alcools secondaires et tertiaires donnent respectivement des pics dû
à +CHR-OH (m/z = 45, 59, 73 …) et à +CRR’-OH (m/z = 59, 73 …).

H3C CH CH2 CH2 CH3 H 3C CH2 CH2 + H3C CH m/z = 45


pic de base
OH OH

Plus rarement la liaison C-H en α est rompu, ça donne un pic à M – 1.

Un pic à M – 18 est en général observé, il résulte de la perte d’une molécule de H2O.

16
On peut avoir aussi les fragmentations de types :

R R

R' C CH2 O H OH + R' C CH2

R m/z =17
R'' R''
-
R' -e
C CH2 O H
R R
R''
R' C CH2 O H OH + R' C CH2

R'' R''

Exemple : Spectre de masse du propanol.

31

29
42
43 60

17
✓ Pic à m/z = 60

CH3 CH2 CH2 O H - e- CH3 m/z = 60


CH2 CH2 O H

✓ Pic à m/z = 43

maj +
CH3 CH2 CH2 O H CH3 CH2 CH2 + OH
m/z = 43
✓ Pic à m/z = 17

CH3 CH2 CH2 O min


H CH3 CH2 CH2 + OH
m/z = 17

✓ Pic à m/z = 42

CH3 CH CH2 CH3 CH CH2 + H2O

H O

H [ CH3 CH CH2 ] m/z = 42

✓ Pic à m/z = 31

CH3 maj
CH2 CH2 O H CH3 CH2 + CH2 OH
m/z = 31

✓ Pic à m/z = 29

min +
CH3 CH2 CH2 O H CH3 CH2 + CH2 OH
m/z = 29
Les phénols
Le pic moléculaire est très visible, ce qui facilite l’identification des phénols.

18
5) Les éthers
Les liaisons α adjacents aux hétéroatomes (comme N, O, S) sont préférentiellement
dissociées, parce que la charge résultante est stabilisée par l’hétéroatome.
Cette rupture est généralisée pour tous les dérivés de type :
R

R' Y , Y est OH, NH2, OR, X, ...


C

R''

R CH Y R' CH Y + R

R'

Dans le cas des esters on aura :

R O CH2 R' R O CH2 + R'

Exemple : 1-éthoxy1-méthyl propane

Et CH O CH2 CH3 Et CH O CH2 + CH3

CH3 CH3
M-15
m/Z = 87

Et CH O CH2 CH3 Et CH O CH2 CH3

CH3 CH3
M-15
m/Z = 87

Et CH O CH2 CH3 H3C CH O CH2 CH3

CH3 M-29
m/Z = 73

19
Les ions formés participent à la réaction onium dans laquelle un atome H est transféré du
reste alkyle à l’atome de O et le reste alkyle est éliminé.

H3C CH O CH2 H O CH2 + H3C CH CH CH3


m/Z = 31
CH H
H3C
m/Z = 87

Et CH O CH2 Et CH O H + CH2 CH2

H CH2 m/Z = 59

m/Z = 87

H3C CH O CH2 H3C CH O H + CH2 CH2

m/Z = 45
H CH2

m/Z = 73

On peut aussi avoir la rupture qui permet la formation des carbocations.

R O R' R + O R' si R+ est stable

Exemple :

+
Et CH O CH2 CH3 Et CH + O CH2 CH3

CH3 CH3

m/Z = 57

Et CH O CH2 CH3 + CH2 CH3 + O CH Et

CH3 m/Z = 29 CH3

20
6) Les amines
Les amines subissent la rupture α similaire à celle des éthers. Les ions ammonium obtenus
participent au réarrangement de la réaction onium.
Exemple : Dans le spectre de masse de N-butyl isopropyl méthylamine, on a les pics m/Z :
129, 114, 58, 86 et 44.

H 3C H3C
CH -e-
CH2 CH2 CH CH2 CH2 + 2e-
N CH2 CH3 +
H3C H3C N CH2 CH3
CH3 CH3
Fragmentation α Fragmentation α

CH3 CH3
H 3C
CH3 CH N Bu + .CH3 CH N CH2 + .CH2 CH2 CH3
H 3C
m/Z = 114
m/z = 86

21
CH3 CH3
H3C
CH3 CH N CH2 CH2 CH2 CH3 CH N CH2
H3C
m/Z = 114 m/z = 86

réaction onium réaction onium

CH3 CH3

CH3 CH N CH2 CH3 CH N CH2

H CH CH2 CH3 CH2 H

H H
CH3 CH N CH3 CH3 N CH2 + CH2 CH CH3
m/z = 58 m/z = 44

Exemple : Ethylamine
Dans le spectre de masse de l’éthylamine, on a les pics m/Z : 45, 44 et 30.

- e-
CH3 CH2 NH2 CH3 CH2 NH2 + 2 e-

m/z = 45
+
CH3 CH NH2 CH3 CH NH2 + H

H m/z = 44

+
CH3 CH2 NH2 CH2 NH2 + CH3

m/z = 30

22
7-Les composés carboxylés
Les fragments les plus souvent observés sont ceux qui conduisent à un ion oxonium ; Ainsi
on observe les mécanismes suivants :

voie homolytique

R1 R1
ionisation O
C O C
R2 R2

voie hétérolytique

R2 C O + R1
ion oxonium
R1 C O + R2
voie homolytique
R1
C O
R2

voie hétérolytique

R2 + R1 C O
+
R1 + R2 C O

Le mode de fragmentation le plus fréquent est la rupture α qui peut donner R1CO+ ou R2CO+.
Exemple : pentan-2-one

CH3 CH2
- C3H7
CH2 C CH3 CH3 C O

m/Z = 43

CH3 CH2 CH2 C - CH3


CH3 CH3 CH2 CH2 C O

m/z = 71

Chez les esters, les acides et les amines, on observe le même phénomène.

23
Exemple : acétone

CH3 C O + CH3
m/z = 43
voie homolytique
H3C
C O ion oxonium
H3C

m/z = 58 voie hétérolytique

+ CH3 + CH3 C O
pic moléculaire m/z =15

8- Réarrangement
Les réarrangements pouvant se produire sont très nombreux et compliquent souvent
l’interprétation du spectre de masse. Cependant certains sont très spécifiques et plus fréquents
Nous étudions ici qu’un seul type de réarrangement

Réarrangement de Mc Lafferty
C’est un transfert à six centres avec migration d’atome de H. Pour que ce type de
réarrangement puisse se produire, il faut un H sur l’atome (C, O, N, …) en γ (gamma) d’une
double liaison, groupement :

C O C C ...

Le processus peut se produire soit de manière concertée (I), soit par étape (II).

H
Y γ
I : CH2 CH Y H + CH2 CH2
β (γ) (β)
α

24
H
Y γ
II : CH2 CH Y H + CH2 CH2
β
(γ) (β)
α

CH2 CH Y H

Exemple 1 : un ester
Dans le spectre de masse du butanoate de méthyle, on a les pics m/Z :
102, 59, 31 et 74

O O
-
CH3 CH2 CH2 C -e CH3 CH2 CH2 C
O m/Z = 102 O
CH3 CH3
ion moléculaire

O
CH3 CH2 fragmentation CH2
CH2 C CH3 O C O CH3 CH2

O m/Z = 59
CH3

O
CH3 CH2 fragmentation O
CH2 C CH3 O + CH3 CH2 CH2 C

O m/Z = 31
CH3

H
H 2C O réarrangement
CH2 C O H CH2 CH2
Mc Laffecty
H 2C C O
CH2 O
CH3 CH3

m/Z = 74

25
Exemple 2 : N-butyl isopropylméthylamine

CH3 CH3
H3C
fragmentation
CH N CH2 CH2 CH2 CH3 CH3 CH N CH2 CH2 CH2 CH3
 +
H3C

H3C
H 3C
H
réarrangement CH H 2C
CH CH3
de Mc Lafferty γ N CH2 + H2C CH CH3
N
+
+
H3C CH2 H3C
CH2
β
m/z =72
α

VII-Autres techniques d’ionisation


L’impact électronique reste la technique la plus utilisée, son seul inconvénient et qu’il est si
puissant qu’il provoque une fragmentation si importante qu’il est parfois impossible
d’observer le pic moléculaire, dans ce cas, on a recours à une technique d’ionisation plus
douce.

1-Ionisation chimique (IC)


C’est une technique plus douce que l’IE. Un gaz réactif (méthane, isobutane, ammoniac) est
introduit dans la source et il est ionisé. Il ionise la substance par transfert de charge. Il se
produit des espèces positifs et négatifs. Cette technique est intéressante uniquement pour
l’identification du pic de base donc la masse moléculaire, mais elle ne fournit pas
d’informations sur la structure du fait de l’absence de fragments.

2-Bombardement par atomes rapides (FAB)


Ce procédé fait partie des procédés réservés aux composés non vaporisables sous vide.
L’ionisation est obtenue par bombardement avec un faisceau d’atomes neutres comme Xe ou
Ar animés d’une grande vitesse dirigés sur un solide provoquant sa désorption et son
ionisation. Ce procédé donne peu de fragmentation mais conduit à des ions moléculaires
intenses, notamment pour les macromolécules.

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3-Ionisation par désorption au laser d’une matrice (MALDI)
C’est un procédé particulièrement bien adapté aux macromolécules biologiques (protéines et
fragments d’ADN) ou autres polymères synthétiques

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