INTRODUCTION
L’Organisation Mondiale de la Santé recommande l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois et
conseille de le poursuivre partiellement jusqu’à deux ans en plus d’une alimentation de complément
appropriée et sûre. [1]
On estime à 2,7 millions le nombre annuel des décès d’enfants imputables à la sous-nutrition, soit 45 %
de tous les décès d’enfants. L’alimentation du nourrisson et du jeune enfant est un domaine primordial
pour améliorer la survie des enfants et promouvoir une croissance et un développement sain. Les 2
premières années de vie d’un enfant sont particulièrement importantes car une nutrition optimale
pendant cette période aura pour effet de réduire le taux de morbidité et de mortalité, ainsi que le risque
de maladies chroniques, et de contribuer à un meilleur développement général. [2].
Le lait maternel est la principale source de nutriments pour l’enfant. Pendant les six premiers mois,
l’allaitement maternel exclusif, c'est-à-dire sans aucun autre ajout, est recommandé par l’OMS parce
qu’il transmet à l’enfant les anticorps de la mère et tous les éléments nutritifs nécessaires. En plus, le lait
maternel, étant stérile, permet d’éviter la diarrhée et d’autres maladies [3].
En effet, l’OMS considère l’allaitement comme la meilleure manière de nourrir les jeunes enfants et de
leur garantir la meilleure santé possible. Les institutions nationales et internationales de santé publique
érigent donc des biopolitiques quand ils affirment, comme l’OMS, que « l’allaitement est le moyen idéal
d’apporter aux nourrissons tous les nutriments dont ils ont besoin pour grandir et se développer en
bonne santé. Le colostrum, sécrétion lactée jaunâtre et épaisse produite à la fin de la grossesse,
constitue, ainsi que le préconise l’OMS, l’aliment parfait pour le nouveau-né qui doit commencer à
s’alimenter dès la première heure qui suit la naissance [4].
L’allaitement maternel présente de nombreux avantages pour la santé de l’enfant et celle de sa mère.
C’est la façon optimale de nourrir les nouveau-nés. En effet, l’allaitement maternel favorise la croissance
physique et affective de l’enfant, privilégie le lien mère-enfant, renforce l’immunité de l’enfant et réduit
les coûts liés à l’achat de lait artificiel et au recours aux soins [5-6].
L’allaitement optimal est tellement déterminant qu’il pourrait sauver chaque année la vie de 820 000
enfants de moins de cinq ans [2].
L’allaitement exclusif au sein diminue la mortalité infantile imputable aux maladies courantes de
l’enfance, comme les diarrhées ou les pneumonies, et il accélère la guérison en cas de maladie. Il
contribue à la santé et au bien-être des mères, aide à espacer les naissances, réduit le risque de cancer
ovarien ou mammaire, augmente les ressources de la famille et du pays. C’est un moyen sûr et
écologique d’alimenter l’enfant. Le lait maternel est donc sain, stérile, toujours à bonne température ;
en plus de sa composition parfaite pour la santé, dont les effets se mesurent jusqu’à l’âge adulte, allaiter
contribue également à consolider les liens mère-enfant [4].
Un allaitement maternel exclusif signifie qu’aucun autre aliment ni liquide n’est ajouté (sauf les
médicaments) y compris l’eau, même en saison chaude, puisque le lait maternel est un aliment complet
et répond aux besoins du nourrisson aussi bien en nutriments qu’en eau. Le lait maternel exprimé, c’est-
à-dire provenant de la mère, d’une banque de lait ou d’une nourrice est considéré dans cette catégorie
d’allaitement [7-8].
En Afrique de l’ouest et du centre, seulement 22 % des jeunes enfants de moins de 6 mois sont allaités
exclusivement au sein [5].
Introduction
Selon l'OMS et l'UNICEF le lait maternel est l'aliment naturel et idéal pour le nourrisson durant les
premiers mois de sa vie. Tout enfant doit recevoir exclusivement le lait de sa mère dès la naissance et le
plus longtemps possible pendant au moins les deux premières années de la vie (1). Le lait maternel a des
avantages énormes : C'est un aliment complet, équilibré, économique, spécifique et stérile, sa
température est idéale car il est donné directement du sein de la mère à la bouche de l'enfant (2).
L'allaitement maternel est une valeur sûre pour la santé de l'enfant et pour celle de la mère. Egalement
il est assorti de contractions qui favorisent l'involution utérine après l'accouchement et réduit donc les
hémorragies du post-partum. Il entraîne également une réduction du risque d'ostéoporose pour les
mères. L'allaitement au sein maintient une relation psychoaffective favorable au bon développement de
l'enfant et permet un meilleur épanouissement de la mère et de l'enfant (2). L'allaitement constitue la
meilleure façon de nourrir un nouveau-né en bonne santé.
En début de période de lactation, les avantages que procure le lait humain sont mieux perçus lorsque le
nourrisson reçoit l'allaitement maternel exclusif jusqu'à six mois (3). Certains travaux ont montré que
l'introduction précoce des aliments de complément est associée à une augmentation du risque des
maladies diarrhéiques (3,4), un raccourcissement de la durée de l'allaitement (5,6).
Selon l'OMS et l'UNICEF, seulement 55% des nourrissons dans le monde bénéficient pendant les 4
premiers mois de leur vie d'un allaitement maternel exclusif ce qui est très insuffisant.
Dans les pays en développement, on observe une tendance au déclin de l'allaitement maternel, surtout
dans les grandes villes. En Côte-d'Ivoire, des enquêtes réalisées dans certains quartiers d'Abidjan ont
révélé que 90% des mères donnaient en plus du lait maternel, du lait artificiel à des nourrissons de
moins de 4 mois (7). Au Sénégal, seuls 5% des nourrissons de moins de 5 mois sont exclusivement
nourris au sein alors que 61% de ce groupe d'âge reçoivent des suppléments d'eau et d'aliment (8). Au
Cameroun et d'après l'EDSC 2004 seulement 24% de nourrissons bénéficient d'un allaitement exclusif
jusqu'à 6 mois (9).
Les recommandations internationales émises par l'OMS et l'UNICEF préconisent depuis plusieurs
décennies déjà, l'allaitement maternel exclusif jusqu'à 6 mois, la poursuite de l'allaitement jusqu'à 2 ans
voire plus, complété par l'introduction progressive d'une alimentation solide diversifiée. Les
recommandations concernent tous les enfants du monde et pas uniquement ceux des pays dits en «
voie de développement » (10).
Dans les sociétés rurales traditionnelles d'Afrique, d'Asie, et d'Amérique du sud les femmes sont
valorisées par leur maternité où l'allaitement au sein prend une part importante. Cependant certaines
pratiques d'ordre socioculturelles ou religieuses peuvent empêcher un allaitement maternel exclusif
telle que la croyance du «colostrum mauvais» car considéré à tort comme sale (11). Plusieurs raisons
ont été évoquées pour expliquer ce déclin dans nos pays parmi lesquelles la perte des valeurs
traditionnelles, la migration des familles dans les villes, le retard de la première tétée, les pressions
commerciales (publicités) abusives des fabricants de laits artificiels (11,12)
Au Cameroun d'après l'Enquête Démographique et de Santé 2004 (9), plus de neuf enfants sur dix (94%)
nés durant les cinq dernières années ont été allaités bien que la majorité des enfants (60%) soient
allaités dans les 24 heures qui ont suivi leur naissance. Dans 62% des cas, ils ont reçu des aliments avant
le début de l'allaitement. Seuls 24% d'enfants ont été allaités exclusivement jusqu'à l'âge de six mois,
76% n'ont pas été allaités convenablement conformément aux recommandations de l'OMS. On note
aussi que la durée médiane de l'allaitement est de 19,2 mois pour l'Adamaoua, 15,7 mois pour le Centre,
17,2 mois pour l'Est, 20,9 mois pour l'Extrême Nord, 15,8 mois pour le Littoral, 20,7 mois pour le Nord,
20,0 mois pour le Nord-Ouest, 16,7 mois pour l'Ouest, 15,3 mois pour le Sud, et 16,7 mois pour le Sud-
Ouest.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
1. Moussa Salatou Diagana, tHélène Kane. Alimentation des nourrissons à Nouakchott : entre
recommandations médicales et instructions des grand-mères, Santé Publique 2016 ; 28 (2) : p 235-243
2. Organisation Mondiale de la Santé, Centre des médias, Alimentation du nourrisson et du jeune
enfant, fév 2018.
3. Cellule de Planification et de Statistique (CPS/SSDSPF), Institut National de la Statistique
(INSTAT/MPATP), INFO-STAT et ICF International, 2014.Enquête Démographique et de Santé au Mali
2012-2013. Rockville, Maryland, USA : CPS, INSTAT, INFO-STAT et ICF International.
4. Nathalie Gr. « Allaiter sur le web ». Entre biopouvoir et rituels numériques, Les Cahiers du numérique,
2013 ; 9(3) : p 63-81. http://www.cairn.info/revue-les-cahiers-du-numerique-2013-3-page-63.htm.
5. Traoré M et al. « Facteurs associés à l'allaitement maternel exclusif chez les mères d'enfants de
24mois à Bamako », Santé Publique 2014 ; 26 (2) : p 259-265.
6. Organisation Mondiale de la Santé, Daniel Epstein, Responsable de Communication, Genève.
Allaitement maternel: Communiqué de presse 30 juil. 2013.
7. Demmouche A., Beddek F, Moulessehoul S. Les déterminants du choix de l’allaitement chez une
population de l’ouest de l’Algérie (ville de Sidi Bel Abbes). Antropo, ISSN-e 1578-2603, 2013 ; 30 : 61-69
8. Rigourd V, Aubry S, Tasseau A et al. Allaitement maternel : bénéfices pour la santé de l’enfant et de sa
mère. J de pédiatr et puéricult, avr, 2013 ; 26 : p 90-99
9. Coulibaly A et al. « Facteurs socioprofessionnels et pratique de l'allaitement exclusif par les primipares
à Abidjan (Côte d'Ivoire) », Santé Publique 2014 ; 26(4) : p 555-562.
10. Djadou KE, Agbeko F, Guédéhoussou T, Dizewé K, Azoumah K, Agbèrè AD. Evaluation de l’allaitement
maternel exclusif chez les enfants de 0 à six mois dans le district de Tchaoudjo (Togo), J Afr Pediatr
Genet Med 2018; (4) : p 30-36
11. Adedemy J D, Bagnan-Tossa L , Noudamadjo A, Agossou J et Hounhakou P. Fréquence et facteurs
associés à la pratique de l’allaitement maternel exclusif de 0 a 6 mois à l’hôpital de la mère et de l’enfant
LAGUNE (HOMEL) de Cotonou, Journal de la Société de Biologie Clinique du Bénin, 2014 ; ( 021 ) : p 38-
44.
Anatomie fonctionnelle du sein lactant.
Des travaux de recherche en e´chographie ont remis en question un mode`le d’anatomie du sein lactant
reposant sur les descriptions des dissections anatomiques de Cooper et reste´ inconteste´ pendant plus
de 160 ans [14].
De nouvelles donne´es concernant le tissu glandulaire, les canaux lactife`res et la vascularisation
conduisent a` reconside´rer le roˆle des canaux et les me´canismes de transfert du lait et permettent de
mieux appre´hender la physiologie et la pathologie du sein lactant. Si le ratio tissu glandulaire/tissu
adipeux est en moyenne de 2:1, la proportion relative de l’un et de l’autre est tre`s variable selon les
seins, notamment pour ce qui est de la proportion de tissu adipeux intraglandulaire [12,14] : chez
certaines femmes le tissu adipeux peut repre´senter pre`s la moitie´ du volume tissulaire total, le volume
d’un sein n’est donc pas un indicateur de sa capacite´ fonctionnelle. A` l’exception du plan sous-cutane´,
graisse et tissu glandulaire sont intimement lie´s et donc inse´parables. Les deux-tiers du tissu
glandulaire se trouvent dans un rayon de 30 mm a` partir de la base du mamelon, draine´s par un re
´seau de canalicules et de canaux lobulaires, lobaires et principaux. Ce re´seau canalaire complexe n’est
pas dispose´ de manie`re syme´trique ou en rayon de roue mais est au contraire sinueux et encheveˆtre´
[11].
Les canaux principaux, d’un diame`tre moyen de 2 mm, sont tre`s superficiels ; ils sont facilement
compressibles et peuvent se boucher. Leur nombre, en moyenne de 9, est compris entre 4 et 18 et ils
s’abouchent a` la base du mamelon sans que soient mis en e´vidence a` leur extre´mite´ distale, de soi-
disant dilatations appele´es « sinus lactife`res » ce qui implique que la fonction des canaux est le
transport et non le stockage du lait[11,12,14].
L’ensemble de ces donne´es est important a` conside´rer, notamment en cas de chirurgie de re´duction
mammaire : il n’est pas possible de retirer se´lectivement le tissu adipeux sauf dans le plan sous-cutane
´ ; la plupart des me`res ont moins que les 15 a` 20 canaux habituellement de´crits et l’ablation de
seulement 4 d’entre eux pourrait comple`tement supprimer la fonction du sein chez certaines me`res ;
la conservation du tissu glandulaire pre´sent dans la re´gion re´troare´olaire pourrait pre´server une
partie du potentiel lactant des me`res subissant une chirurgie de re´ductionmammaire [14].